samedi 16 octobre 2010

Israël, Etat du peuple juif : des nuances entre Américains et Européens

publié le vendredi 15 octobre 2010
Gilles Paris

 
Israël Etat juif pour les seuls juifs..."Sans rien retrancher de son objectif d’obtenir une prolongation du gel de la colonisation, le département d’Etat américain a repris à son compte cet objectif israélien"
C’est l’élément aujourd’hui mis en avant par les autorités israéliennes depuis les négociations d’Annapolis, qui a presque remplacé l’exigence de sécurité qui prévalait jusqu’à présent. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou s’y est encore référé devant la Knesset, le 11 octobre, en demandant que les Palestiniens reconnaissent Israël comme nation des juifs, ce qui marginalise 20% d’Arabes israéliens. Les Palestiniens s’y refusent jusqu’à présent en considérant que la nature d’Israël ne les regarde pas. Sur ce point, il existe une nuance entre Américains et Européens.
Sans rien retrancher de son objectif d’obtenir une prolongation du gel de la colonisation, le département d’Etat américain a repris à son compte cet objectif israélien, comme en atteste cette déclaration de son porte-parole, le 12 octobre :
“Nous avons reconnu la nature spécifique de l’Etat israélien. C’est un Etat pour les juifs. C’est aussi un Etat pour d’autres citoyens d’autres croyances. Mais c’est l’aspiration qui est au coeur de l’exigence israélienne... que nous soutenons : la reconnaissance qu’Israël fait partie de cette région, l’acceptation par les pays de cette région de la reconnaissance d’Israël en tant que patrie du peuple juif. C’est à cela qu’ils veulent arriver par la négociation... Et ils comprennent les aspirations des Palestiniens à avoir leur Etat." [1]
Et les Européens ? Dans le même temps, ils privilégient une autre approche si on se fie aux déclarations de la porte-parole du la Haute représentante, Catherine Ashton.
“L’UE soutient la solution de deux Etats démocratiques vivant côte à côte dans la paix et la sécurité” qui ”devront garantir pleinement l’égalité de tous leurs citoyens. Dans le cas d’Israël, cela veut dire qu’ils soient juifs ou pas”.
En 2006, après la victoire du Hamas aux législatives palestiniennes, le Quartet (rassemblant les Etats-Unis, la Russie, l’Union européenne et les Nations unies) avait fixé trois conditions au Hamas :
“La position du Quartette est que les membres d’un futur gouvernement palestinien doivent s’engager à la non violence, à reconnaitre Israël et à accepter les accords et engagements précédemment signés, y compris la Feuille de route" [2]
Reconnaissance d’Israël, donc, sans autre précision. [3]
[1] Citation complète en anglais, sur l’article source :
We have recognized the special nature of the Israeli state. It is a state for the Jewish people. It is a state for other citizens of other faiths as well. But this is the aspiration of the – what Prime Minister Netanyahu said yesterday is, in essence, the – a core demand of the Israeli Government, which we support, is a recognition that Israel is a part of the region, acceptance by the region of the existence of the state of Israel as the homeland of the Jewish people and that is what they want to see through this negotiation. We understand this aspiration and the prime minister was talking yesterday about the fact that just as they aspire to a state for the Jewish people in the Middle East, they understand the aspirations of the Palestinian people for a state of their own.” Traduction : C. Léostic, Afps
[2] It is the view of the Quartet that all members of a future Palestinian Government must be committed to non-violence, recognition of Israel, and acceptance of previous agreements and obligations, including the Road Map.” Traduction : CL)
publié sur le blog du Monde "Guerre ou Paix"
Intro et ajout de notes : CL, Afps