dimanche 6 juin 2010

Israël doit être poursuivi devant la justice internationale (Navi Pillay)

Samedi, 05 Juin 2010 22:41 
IRIB - Navi Pillay, haut commissaire des Nations unies aux Droits de l'Homme, a, de nouveau, réclamé, samedi, la levée du blocus de la bande de Gaza, par les Israéliens, qu'elle a qualifié d'illégal. "Le droit humanitaire international interdit comme méthode de guerre d'affamer les civils, tout comme de leur imposer des sanctions collectives.", a-t-elle dit. Navi Pillay a déclaré que l’opération israélienne contre la "flottille de la liberté" pour Gaza ne pouvait avoir aucune justification juridique, a rapporté l’AFP. Elle a exigé des poursuites judiciaires internationales contre le régime israélien. Lundi dernier, déjà, devant le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU, réuni, à Genève, en session plénière, Mme Pillay, qui était, durant 4 ans, magistrate à la CPI, s'était déclarée choquée par l'opération de l'armée israélienne.  

Nous reviendrons

Gaza - 06-06-2010
Par Free Gaza Movement 
Aujourd’hui, le Premier Ministre Israélien, Benjamin Netanyahu a applaudi le résultat paisible de l’opération d’arraisonnement de notre bateau dans les eaux internationales en violation directe de la loi de la mer.
À travers son rédacteur de discours, il a dit : « Aujourd’hui, nous avons vu la différence entre un bateau d’activistes pour la paix, avec qui nous ne sommes pas d’accord mais dont nous respectons le droit à avoir une opinion différente de la nôtre, et un bateau de la haine organisé par des turcs violents et extrémistes de la terreur ».
Donc, nous tenons à rappeler à Mr Netanyahu que l’unique haine en évidence à bord des six bateaux, lundi matin, provenait des assaillants israéliens. Les soldats israéliens ont violemment pris d’assaut la flottille entière, donnant des coups, tirant sur les passagers et les encagoulant comme s’ils étaient à Abu Ghraib.
« Les personnes ont été touchées aux bras, aux jambes, à la tête, de partout. Nous avons eu tellement de blessés. C’était un bain de sang », a dit Laura Stuart, mère de famille et sauveteuse britannique qui était à bord du Mavi Marmara.
Elle décrit les tentatives frénétiques pour traiter les blessés dans une salle de soins improvisée sur le bateau et celles, qui ont échouées, pour réanimer des mourants.
De fait, nous avertissons Mr Netanyahu que nous allons revenir dans les prochains mois avec une autre flottille et que ses actions ainsi que celles de ses soldats ont dynamisé des milliers de personnes qui se sont présentées pour nous aider et pour participer au prochain voyage. Nous tenons aussi à rappeler à Mr Netanyahu que l’arraisonnement de notre bateau, le Rachel Corrie, est un acte violent qui s’ajoute à la longue série d’actes violents contre des civils, perpétrés par Israël cette semaine.

Contact:
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Mary Hughes 00 357 96 38 38 09

Erdogan envisage lui-même de se diriger vers la bande de Gaza

05/06/2010   
Selon la presse turque, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan envisage de se rendre en personne vers la bande de Gaza pour briser le siège imposé par l'armée de l'occupation israélienne,  une idée qu’il a exposé aux instances officielles proches de lui. 
Selon des sources turques haut-placées, Erdogan a même informé l’administration américaine qu'il a l'intention de demander à la marine turque d’accompagner une nouvelle flotte humanitaire prête à aller à Gaza, mais l’administration américaine lui avait demandé d'attendre pour étudier la question. 
"Même si le monde entier détourne le regard de ce carnage, la Turquie ne le fera pas; si le monde reste en spectateur, la Turquie ne regardera pas, les bras croisés, le sang couler, et si le monde tourne le dos à la Palestine, la Turquie ne tournera pas le dos à al-Qods, à Gaza et au peuple palestinien", avait  déclaré Erdogan dans une allocution prononcée hier  devant une foule imposante à Konya, martelant: "Que personne n'éprouve la patience de la Turquie". 
Erdogan a tenu à souligner que chaque ville palestinienne avait la même place que chaque ville de Turquie : «le sort de Jérusalem est liée au sort d'Istanbul.. et le sort de la bande de Gaza est intimement liée à celui d'Ankara. "  
Et de poursuivre : "Israël considère le nourrisson palestinien comme un terroriste et largue contre des bombes à phosphore; on voit aujourd'hui certains pays du monde qui le soutiennent et couvrent ses crimes".
Erdogan a appelé l'humanité et les pays du monde à protester contrele  carnage commis par « Israël » dans les eaux internationales. "Il s'agit d'un problème entre Israël et 32 pays du monde participant à la flottille de la liberté agressée par Israël", a fait noter  Erdogan, qui invite tous les pays du monde, dont entre autre la Russie, l'Allemagne, le Royaume Uni et la France, en particulier, à faire preuve d'équité en traitant cette agression "intervenue dans les eaux internationales, contre un navire civil et non militaire, levant le drapeau blanc".
Il a affirmé que la Turquie a ouvert son enquête et travaillera pour que son enquête s'étende et prenne un caractère régional et international.
Il faut dire que le  gouvernement turc est affronté à de fortes pressions politiques et populaires internes pour annuler ses accords militaires avec « Israël », mais l'établissement militaire turque s'y oppose totalement 
A cet égard, Bülent Arınç, vice-Premier Ministre turc, a indiqué que son pays est en train de reconsidérer les accords de son pays avec « Israël » et qu'il pourrait aller jusqu'à les réduire au minimum ses relations avec ce dernier. "Nombre d'accords intervenus entre les deux parties dans les domaines militaires et économiques sont mis à l'examen, et nous sommes fort sérieux à ce sujet", a-t-il précisé.
Ceci dit, l’ambassadeur turc à Washington, Namik Tan a indiqué que son pays pourrait couper ses relations diplomatiques avec « Israël », si ce dernier ne présentait pas au peuple turc et à son gouvernement des excuses officielles.  
Namik Tan, qui s’exprimait devant un certain nombre de journalistes dans la capitale américaine, a ajouté que l’entité sioniste pouvait empêcher  la détérioration des relations entre les deux pays, sous trois conditions : la première, présenter des excuses publiques,  la seconde accepter une enquête indépendante et transparente des événements de l'opération israélienne contre la flotte, et la troisième  lever le siège imposé à la bande de Gaza.  
Tan a mis en garde « Israël » qu’il est sur le point de perdre  un ami.

Flottille: "Israël" décore le commando qui a tué le plus de pacifistes!

5/06/2010  
Plus arrogant tu meurs ! Un adage qui s’applique parfaitement à « Israël » !
En effet, selon les médias israéliens, un  des membres de l’unité d’élite, la Shayetet 13 (commando marin), entraînée pour des opérations chirurgicales contre un ennemi armé, mais qui a exécuté le massacre de  la flottille internationale de la Liberté, sera décoré d’une médaille d’honneur, et la raison : il a tué le plus de pacifistes possible, soit 6 sur 9 à bord du navire turc de Marmara.
Les sources ont fait valoir que « le soldat a tué six passagers et qu’ainsi il a réussi à protéger le reste des membres du commando marin qui ont été blessés suite aux  attaques des voyageurs ».
L‘identité du soldat en question, gradé de Premier sergent n’a pas été révélée  pour des raisons de sécurité. Il était le dernier d’un groupe de 15 militaires israéliens à atterrir à bord de Marmara à partir d'un hélicoptère militaire, ajoute les sources.

Contre le terrorisme d’État israélien, solidarité avec le peuple palestinien !

samedi 5 juin 2010 - 07h:15
Lutte Ouvrière
Une nouvelle fois, le gouvernement israélien a écrit une page sanglante de la guerre qu’il mène au peuple palestinien, en faisant arraisonner par ses commandos, dans un assaut meurtrier, les navires qui se dirigeaient vers Gaza.
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Plusieurs centaines de militants pro-palestiniens, de membres d’associations humanitaires et de personnalités, accompagnant la livraison de 10 000 tonnes de matériel destinées à la population de la bande de Gaza, voulaient ainsi attirer l’attention sur le blocus qui continue à cerner ce territoire palestinien.
Livrer une centaine de maisons préfabriquées, cinq cents fauteuils roulants électriques et du matériel médical à des Gazaouis étranglés depuis trois ans par ce blocus israélien qui n’autorise que le passage au compte-gouttes de quelques produits, c’était sans doute là la « provocation » qu’invoquent les représentants israéliens pour tenter, cyniquement, de justifier leur attaque meurtrière ! Car, quels que soient les prétextes à leur intervention, des allégations de « légitime défense » à la fable du « guet-apens » qui aurait été tendu au commando, les militaires israéliens ont délibérément tué au moins neuf personnes et en ont blessé plusieurs dizaines d’autres.
Cet acte commis sciemment, à la suite de toute une préparation des dirigeants politiques, des militaires, des services spéciaux, met en lumière la morgue et l’aplomb avec lesquels les dirigeants d’Israël entendent traiter la « question palestinienne ». C’est en affichant le mépris le plus total pour l’indignation que ne manqueraient pas de susciter, dans l’opinion publique internationale, leurs actes sanglants, qu’ils poursuivent, non seulement le blocus décidé il y a trois ans, après la victoire électorale du Hamas à Gaza, mais aussi leur guerre, ouverte ou sporadique, contre le million et demi d’habitants enfermés dans le champ de ruines qu’ils ont fait de la bande de Gaza.
C’est avec le même mépris, la même tranquille certitude d’être soutenus, sans défection depuis 1967, par les grandes puissances, qu’ils avaient mené, trois semaines durant, une guerre terrible aux Palestiniens de Gaza, il y a un an et demi, en décembre 2008 et janvier 2009. Plus de mille quatre cents morts, des milliers de blessés, tel avait été le bilan de l’opération « Plomb durci » au cours de laquelle les bombardements de maisons, d’écoles, d’hôpitaux, sous prétexte de débusquer des « terroristes », avaient surtout frappé la population civile !
Soutenus, ils l’ont été en fait, par tous ceux qui, devant l’indignation de l’opinion publique, blâmaient tout au plus la « disproportion » du pilonnage israélien, comme s’il ne s’agissait pas d’une guerre faite à tout un peuple au nom du droit du plus fort.
À nouveau, les dirigeants israéliens se soucient bien peu de « droit international », de « feuille de route » et de « processus de paix », et encore moins de la réprobation de l’opinion publique. Ils ont la certitude d’agir avec l’aval tacite des grandes puissances impérialistes. Si, pour le communiqué, celles-ci manifestent leur désapprobation vis-à-vis des méthodes ou de la « disproportion » de l’agression israélienne, elles n’en marquent pas moins, chaque fois qu’elles le peuvent, leur soutien aux gouvernants de cet État qui acceptent de jouer pour leur compte les gendarmes du Moyen-Orient. Ainsi Netanyahou était présent à Paris, il y a quelques jours à peine, dans le cadre d’une réunion ministérielle de l’OCDE, le groupe des trente-et-un pays les plus développés, dans lesquels Israël venait d’être admis.
La politique des dirigeants israéliens et la force militaire dont ils disposent sont trop utiles aux dirigeants occidentaux, dans une région du monde aussi stratégique et riche en pétrole que le Moyen-Orient. Cela mérite bien d’oublier que cet État occupe indûment les territoires palestiniens depuis plus de quarante ans, au mépris de toutes les résolutions de l’ONU et de tout ce que l’on nomme « le droit international« , qu’il affame un peuple et piétine ses droits les plus élémentaires !
La réprobation suscitée dans de nombreux pays où des manifestations de colère se sont déjà exprimées, a peu de poids, sans doute, pour l’instant, face à ces intérêts diplomatiques et économiques qui renforcent les Netanyahou et autres Lieberman. Mais en France, en Europe, aux États-Unis, mais aussi en Israël, les travailleurs ne peuvent que se sentir solidaires du peuple palestinien, indépendamment d’ailleurs de tout sentiment d’appartenance nationale ou religieuse. Il ne s’agit pas seulement de se sentir solidaires d’un peuple qui souffre, mais de condamner la politique des dirigeants occidentaux, qui est la principale responsable du maintien dans le monde de situations de tension et de guerre, comme celle du Moyen-Orient, et cela pour la défense de leurs intérêts.
Ce serait aussi l’intérêt de la population israélienne elle-même de rompre avec une politique qui dresse contre elle tous les peuples de la région, au lieu de chercher à vivre en paix avec ceux-ci, et d’abord avec le peuple palestinien, dans le plein respect de ses droits.
Dénonçant « l’attaque meurtrière de la flottille de la liberté pour Gaza par l’armée israélienne dans les eaux internationales », le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens appelle à une manifestation samedi 5 juin à 15 heures à Paris, Place de la Bastille en direction de la Concorde
Lutte Ouvrière appelle ses militants et sympathisants à s’y joindre.
4 juin 2010 - Lutte Ouvrière - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.lutte-ouvriere-journal.o...
 http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8865

Par la piraterie, Israël se dévoile aux yeux du monde

samedi 5 juin 2010 - 11h:52
Hazem Jamjoum - Silvia Cattori
L’universitaire palestinien Hazem Jamjoum, 28 ans, de passage à Genève le jour où la marine israélienne a stoppé dans le sang la Flottille de la liberté, répond aux questions de Silvia Cattori.
L’attaque par les commandos israéliens d’un convoi humanitaire en Méditerranée a ouvert les yeux d’une partie de l’opinion publique internationale sur la réalité du blocus de Gaza. Cette prise de conscience citoyenne devrait se traduire par un renforcement du boycott contre les produits de l’apartheid. Dans l’entretien qu’il a accordé à Silvia Cattori, l’universitaire palestinien Hazem Jamjoum décrit également la situation politique en Palestine occupée, entre un Fatah qui s’accroche au pouvoir, malgré le désaveu populaire, et un Hamas ostracisé par la communauté internationale, bien que démocratiquement élu.
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Le 31 mai 2010, les pirates israéliens ont attaqué des navires civils dans les eaux internationales.
Silvia Cattori : Ce lundi, 31 mai, avez-vous été surpris en apprenant que la marine israélienne avait attaqué la flottille d’aide humanitaire, et tiré sur les navigants qui voulaient se rendre à Gaza ?
Hazem Jamjoum (1) : L’attaque contre la Flottille de la Liberté était d’une certaine manière attendue car le gouvernement israélien et l’armée avaient fait savoir assez clairement qu’ils n’allaient pas autoriser des militants à entrer à Gaza. J’ai été très choqué lorsque j’ai appris qu’ils avaient tué et blessé de nombreuses personnes. On pouvait s’attendre à ce qu’ils empêchent les bateaux de passer et qu’ils arrêtent les militants. Mais qu’ils utilisent cette violence, tirent à balles réelles, ce fut un grand choc pour moi.
Je pense que cela dévoile la logique selon laquelle les militaires israéliens agissent, en ce sens qu’Israël a montré depuis 62 ans qu’il n’avait aucun problème à tuer des gens (2), à commettre des actes de piraterie ou à violer le droit international. Il devient de plus en plus clair qu’Israël considère qu’il peut continuer de perpétrer des meurtres, qu’il s’agisse de Palestiniens ou de non-Palestiniens. Du reste ce n’est pas la première fois qu’Israël tue des non-Palestiniens.
A l’évidence, la communauté internationale a montré qu’elle ne veut prendre aucune mesure concrète pour punir Israël ou pour lui demander des comptes pour les crimes qu’il commet.
Silvia Cattori : L’attaque de la flottille par les troupes de la marine israélienne en pleine mer a soulevé immédiatement une vague de réactions sans précédent. Des réactions bien plus massives contre Israël que lors des bombardements qui, en huit minutes, avaient laissé près de 300 morts sur le sol à Gaza, le 27 décembre 2008. Est-ce à dire que les vies palestiniennes ne méritent pas la même attention ?
Hazem Jamjoum : C’est un vaste sujet. Premièrement, je pense que, malheureusement, les médias, tout comme Israël, portent peu d’attention à la vie des Palestiniens et des Arabes en général. Alors que des Arabes sont tués quotidiennement en Irak depuis 2003, cela provoque à peine quelques commentaires à la télévision. C’est pareil avec la Palestine : Israël tue des Palestiniens depuis 62 ans, et d’une manière de plus en plus massive depuis la seconde Intifada, sans que cela ne fasse d’éclat. Je pense que si cette attaque est si importante pour les médias, c’est parce que, parmi les 700 personnes qui étaient sur ces bateaux, ce sont des internationaux qui ont été tués et blessés. Depuis le carnage de Gaza en 2008-2009 il y a eu le développement d’un mouvement international très fort ; la critique sur la politique d’Israël a traversé toutes les strates de la société. L’importance donnée par les médias à l’attaque contre la flottille, met en évidence combien le mouvement a grandi. Il y a des milliers de gens qui ont donné leur argent pour financer ces bateaux.
Silvia Cattori : Avez-vous été surpris par le fait que les États-Unis n’ont pas condamné l’acte de piraterie d’Israël et n’ont pas demandé la levée du blocus ?
Hazem Jamjoum : Pas vraiment. Les États-Unis n’ont jamais tenu Israël comme responsable de ce blocus. Il est devenu très clair qu’ils ne feraient rien pour le lever. Raison pour laquelle c’est cette flottille de la liberté - avec le large soutien du mouvement qui se bat pour lever le blocus - qui allait le faire.
Cette flottille apportait une aide humanitaire, mais ce n’était pas une simple action caritative ; c’était une action politique ; c’était une déclaration politique. L’objectif des organisateurs de la flottille était que, puisque les gouvernements du monde se montrent incapables de tenir Israël pour responsable de ce blocus médiéval - nous n’avons jamais vu un blocus contre une population comme celui-ci depuis près de 800 ans - la flottille allait le faire.
C’était cela le but de cette flottille. C’est aussi le but de la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) lancée en 2005 par toutes les organisations de la société palestinienne ; des partis, des syndicats, etc. Cette campagne a commencé à prendre de l’ampleur et à se développer rapidement après le carnage à Gaza, quand les gens, dans le monde entier, ont commencé à voir Israël pour ce qu’il est : un régime d’apartheid, d’occupation, de colonisation. Et l’extension de ce mouvement a rendu, même les médias, plus sensibles à la réalité, au fait qu’Israël n’est pas un État destiné à protéger sa population juive, mais un État qui commet des crimes contre les non juifs d’une manière continue.
Silvia Cattori : Pensez-vous que cette attaque en mer permettra d’en finir avec l’impunité et avec la protection qu’Israël a toujours eue de la part de nos médias ?
(JPG) Hazem Jamjoum : Oui, Israël était très protégé jusqu’à maintenant, par les médias, les institutions, les pouvoirs. Surtout en Europe où les organisations juives ont utilisé avec succès la culpabilité du génocide de la seconde guerre mondiale, pour mentir en disant, par exemple, que les Palestiniens étaient partis parce que les dirigeants arabes leur avaient dit de le faire. Succès obtenu également en faisant peur aux gens qui critiquaient Israël car cela les exposerait à se voir accusés d’« antisémitisme ».
Or quand vous voyez l’armée israélienne utiliser des chars et des F 16 pour bombarder des populations civiles qui ne sont pas en mesure de se défendre et n’ont nulle part où aller parce que la frontière est toujours fermée, ou quand vous voyez Israël encercler des internationaux, des humanitaires, des députés membres de divers parlements, et commencer à tirer sur eux et sur leurs bateaux, il devient difficile d’accuser ceux qui critiquent l’État d’Israël qui agit de la sorte, d’avoir un comportement « antisémite ».
La seconde chose est l’augmentation des gens de confession juive qui réalisent qu’Israël a fait cela depuis 62 ans au nom des juifs, en abusant du nom des juifs pour couvrir ses crimes. Je crois que le nombre croissant de juifs qui disent « Vous ne pouvez pas continuer de dire cela en mon nom », qui s’opposent au sionisme et à son fondement, qui s’opposent aux crimes commis par Israël, est aussi un important phénomène.
Silvia Cattori : Si Israël a pu poursuivre durant 62 ans sa politique d’épuration ethnique, basée sur la haine et la déshumanisation, n’est-ce pas parce que sa propagande a toujours réussi à renverser la donne ; il a transformé les victimes palestiniennes de sa politique d’apartheid en terroristes ; présenté ses voisins Arabes et musulmans comme inférieurs, violents, fanatiques ?
Hazem Jamjoum : Pas seulement Israël du reste. Si vous regardez les films d’Hollywood qui font le portrait des Arabes et des musulmans en général, en particulier depuis la soi-disant « guerre contre le terrorisme » - mais même avant - vous constatez que ce portrait, dans la culture populaire, est une déshumanisation qui est complètement raciste. Certes, Israël l’a utilisée à son profit depuis 62 ans. Ce prétendu « monde civilisé occidental », voit les Arabes et les musulmans comme des barbares sauvages, des sous-hommes. Si vous regardez les médias israéliens, les Palestiniens, les Israéliens arabes sont décrit comme des sauvages violents, fous, irrationnels. Il y a là un grand travail à faire pour gagner ce combat contre les stéréotypes racistes ; contre cette imagerie dégradante à l’égard des Arabes et des musulmans ; et pour expliquer que cette barbarie ne correspond pas à la réalité et que l’histoire montre tout ce que les civilisations occidentales leur ont en fait emprunté ou, comme on peut le voir dans les musées, physiquement volé.
Silvia Cattori : Ce qui rend le contexte encore plus difficile à comprendre au dehors, est que les autorités de Ramallah et leurs représentants à l’extérieur font le jeu de l’occupant israélien. Le jour même de l’attaque israélienne contre la flottille, Elias Sambar, représentant palestinien à l’UNESCO, (invité sur la chaîne de télévision France 2) ne cachait pas cette fracture. « Vous savez ce que je pense du Hamas » disait-il à Daniel Shek, ambassadeur d’Israël en France, qui n’avait pas de mots assez durs pour incriminer le Hamas. Comment comprendre cette complaisance à l’égard d’un occupant colonial qui martyrise si cruellement la Palestine et un tel mépris, de la part d’un diplomate palestinien, de l’autorité du Hamas issue des urnes ?
Hazem Jamjoum : Cette direction palestinienne a mis toute sa stratégie dans un mauvais panier, à savoir l’idée que, en parlant avec Israël et en convaincant la communauté internationale, elle pourra apporter la preuve que, d’une manière ou d’une autre, la négociation pourra aboutir à donner leurs droits aux Palestiniens. Au cours des 13 à 14 dernières années, il est apparu parfaitement - et criminellement - clair que ces négociations bénéficiaient uniquement à Israël qui les utilise comme méthode pour voler les terres en renvoyant toujours à plus tard la soi-disant « solution », et en utilisant ce temps pour continuer de consolider son régime d’apartheid, son vol de la terre palestinienne et la construction de ses colonies.
La diabolisation du Hamas va de pair avec la diabolisation générale des groupes politiques islamiques, et également avec la préparation d’une guerre contre l’Iran, le Hamas étant décrit comme faisant partie du camp iranien. Il faut que cela soit clair : le Hamas est aussi le choix populaire, élu démocratiquement en 2006, et nous considérons ce vote comme un vote de rejet des négociations. Quand les Palestiniens ont voté en 2006 en faveur du Hamas, ils ont dit au Fatah qu’ils n’acceptaient pas les négociations. Parce qu’elles ont prouvé qu’elles étaient un échec. Le fait que ce leadership à Ramallah continue les « discussions de proximité » et les négociations ne fait que prouver que sa stratégie a échoué.
Silvia Cattori : Il semble que le président Mahmoud Abbas n’ait pas véritablement appelé à mettre fin au blocus. Est-ce bien ainsi ?
Hazem Jamjoum : Je ne sais pas. Je ne me souviens pas. Ils ont critiqué le blocus à un certain moment, mais je ne sais pas s’ils ont vraiment essayé de manière consistante et systématique de travailler au travers des Nations Unies et au travers de leurs contacts internationaux pour briser le blocus de Gaza.
Il est parfaitement clair que les dirigeants de Ramallah ont pris très fortement position contre le Hamas et voient le Hamas comme quelque chose qui brise leur monopole politique et comme une menace. Ils suivent la même ligne qu’Israël vis-à-vis du Hamas et cela est extrêmement regrettable ; en particulier quand, parfois, ils saisissent l’occasion de parler de réconciliation avec le Hamas et dans le même souffle ils s’opposent totalement au Hamas et le diabolisent.
Je pense que les deux parties, aussi bien la direction du Fatah que celle du Hamas, doivent revenir aux demandes fondamentales des gens. Ils doivent couper leurs liens avec le régime d’apartheid et revendiquer les droits fondamentaux des Palestiniens - le droit de retour des réfugiés et la pleine égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël - qui ont été complètement laissés de côté dans l’agenda du leadership palestinien, alors qu’ils représentent la grande majorité des Palestiniens dans le monde : il y a environ 6,4 millions de réfugiés palestiniens dispersés dans le monde, et environ 1,5 million de Palestiniens qui sont citoyens d’Israël. Ils sont négligés par les deux directions [du Fatah et du Hamas, ndt].
Silvia Cattori : Le refus des États-Unis de condamner Israël au Conseil de Sécurité et d’exiger la fin du blocus israélien vous a-t-il surpris ?
Hazem Jamjoum : Non, je ne suis pas surpris. Les États-Unis sont très clairs ; Israël est l’allié stratégique numéro un des États-Unis dans la région. Ils considèrent Israël comme étant une extension des États-Unis au Moyen Orient. C’est ainsi que le gouvernement des États-Unis voit Israël depuis les années 70. Je pense que les politiciens états-uniens croient en cette politique ; en dépit du fait que l’intérêt que représente Israël pour les États-Unis soit extrêmement contestable. Les militaires états-uniens - tout récemment le général Petraeus - ont dit très clairement que les États-Unis perdent des vies à cause de leur soutien à Israël. C’est un aveu très exact. Les gens qui, au sein du département d’État US ont dit, dès 1948, que le soutien à Israël est en fait contraire aux intérêts économiques et stratégiques des États-Unis, avaient raison.
Silvia Cattori : Cela ne changera pas ?
Hazem Jamjoum : Je pense que cela changera, que cela doit changer, vu l’élargissement aux États-Unis du mouvement qui appelle au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions (BDS) contre Israël, et le soutien au BDS du Green Party qui est le troisième parti, le soutien de politiciens de plus en plus nombreux, en particulier ceux qui ont visité Gaza après le carnage, et ceux qui ont le courage de dire leur opinion. Mais les politiciens ne peuvent pas simplement s’opposer à Israël car cela entraîne des conséquences ; cela demande que le mouvement social aux États-Unis devienne plus fort, et je pense que ces mouvements qui sont critiques vis-à-vis d’Israël et demandent la fin de la politique d’apartheid d’Israël sont en train de se développer. Je suis prudemment optimiste. Cela exige plus de travail.
Il ne s’agit pas seulement du soutien des États-Unis. L’Europe est le plus grand importateur de produits israéliens dans le monde, alors que les relations entre les États-Unis et Israël sont surtout basées sur la finance et les investissements. C’est pourquoi la campagne de BDS est si importante. Comme marché de produits, l’Europe est le marché principal. Après le marché interne entre Israël et la Palestine, le plus gros est avec l’Union Européenne ; l’Union Européenne a un accord de libre échange avec Israël, et les échanges culturels sont très importants. Tout cela représente un défi.
[1] Spécialisé dans le domaine des Relations internationales et des études relatives à la Paix et aux Conflits, Hazem Jamjoum est l’un des membres fondateurs de la Coalition Against Israeli Apartheid , du Sumoud Political Prisoners Solidarity Group, et de l’ Israeli Apartheid Week. Réfugié palestinien de la troisième génération, il est responsable de la rédaction et chargé de la communication du Badil Resource Center for Palestinian Residency & Refugee Rights à Béthléem, Palestine, une des organisation qui a participé au lancement, en 2005, de l’appel au Boycott, Désinvestissement et Sanctions contre Israël (BDS)
[2] Voir un exposé (en anglais) d’Hazem Jamjoum : http://www.youtube.com/watch?v=mXlh....
Lire l’article d’Hazem Jamjoum : Not an analogy : Israel and the crime of apartheid , The Electronic Intifada, 3 avril 2009.
4 juin 2010 - Silvia Cattori - source : Voltaire
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8870

Le Hamas appelle les Etats du monde à boycotter Israël et à briser le siège de Gaza

samedi 5 juin 2010 - 10h:17
Brigades Ezzedeene
Khaled Mechaal, dirigeant du Hamas [mouvement de la résistance palestinienne] a appelé tous les États à couper les liens diplomatiques avec Israël et a exhorté Moscou et Washington à mettre fin au blocus de Gaza, après que neuf personnes aient été assassinées quand Israël a attaqué les navires d’aide humanitaire destinés à Gaza.
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Khaled Mechaal, dirigeant du Hamas, mouvement de la résistance palestinienne
Israël a attaqué lundi six navires en route pour le territoire palestinienne, et placés en détention ou déporté des centaines de militants qui étaient à bord. L’attaque a soulevé une indignation internationale, en particulier en Turquie, d’où sont originaires une partie des tués.
« Nous appelons toutes les nations arabes et islamiques, et tous ceux qui ont des relations avec Israël, à couper toutes leurs liens et contacts dans toutes les domaines et à tous les niveaux avec l’entité sioniste », a déclaré M. Mechaal, s’exprimant depuis Sanaa, la capitale yéménite.
« Le maintient de contacts et de relations avec Israël serait une récompense pour leurs crimes », a-t-il ajouté.
Meshaal, responsable en exil du mouvement islamiste, a appelé le président américain Barack Obama et le président russe Dmitri Medvedev à forcer Israël à lever le blocus sur Gaza.
« Prenez l’initiative audacieuse d’une décision historique pour briser le blocus de Gaza et obliger Israël à le faire », a déclaré M. Mechaal.
Il a également appelé l’Egypte à maintenir le poste frontière de Rafah - le seul à ne pas être sous contrôle [direct] israélien - ouvert en permanence. L’Égypte a fait savoir plus tôt qu’il serait ouvert « pour une durée illimitée » pour permettre aux Palestiniens et à l’aide humanitaire de traverser la frontière.
« Plus de blocus à compter d’aujourd’hui, le blocus de Gaza n’est pas acceptable à compter d’aujourd’hui. J’affirme que le blocus, comme moyen politique de forcer la bande de Gaza, le Hamas et la résistance à succomber, a échoué. Ses objectifs politiques ont échoué », a déclaré M. Mechaal.
L’Union européenne, un des premiers donateurs pour les Palestiniens, et la Russie ont exigé une enquête sur l’action militaire israélienne contre la flottille d’aide, ainsi que la fin de l’embargo.
Meshaal a critiqué la déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies concernant l’action d’Israël, qui appelle à une « enquête prompte, impartiale, crédible et transparente conformément aux normes internationales » et condamne « ces actes qui ont abouti à la perte de ... civils et de nombreux blessés ».
"Nous disons clairement que nous ne pouvons pas laisser Israël échapper à la punition. Ce que le Conseil de sécurité a fait aujourd’hui - sous la menace d’un droit de veto des Etats-Unis, sous leur pression et leur attitude biaisée - est une trahison de l’Humanité et pas seulement de la population de Gaza et ses sympathisants », a déclaré M. Mechaal.
Israël doit être puni « ... et nous demandons que soient traduits en justice le ministre de la guerre Ehud Barak, le premier ministre Benjamin) Netanyahu et tous les dirigeants sionistes, comme criminels de guerre », a-t-il conclu.
3 juin 2010 - Brigades Ezzedeene Al-Qassam - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.qassam.ps/news-2918-Hama...
Traduction : Info-Palestine.net
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8864

L’Etat juif doit cesser de se considérer comme "une villa dans la jungle"

samedi 5 juin 2010 - 11h:11
Raja Shehadeh
Israël ne peut ignorer la force des mouvements de masse. Il faut remonter loin pour comprendre la violence avec laquelle le raid a été lancé sur la flottille, provoquant la mort de certains passagers et en blessant d’autres.
Tout dépend d’où on part. Il y a dix ans, la loi n’interdisait pas aux citoyens israéliens de pénétrer dans les villes palestiniennes de la Cisjordanie, et la bande de Gaza n’était pas assiégée comme elle l’est aujourd’hui. Il est bien plus facile d’imposer votre définition du peuple que vous avez ghettoïsé si vous n’autorisez pas vos citoyens à juger par eux-mêmes. Soixante-dix ans auparavant, sous le mandat britannique, il existait un certain nombre de villes et villages palestiniens dont la population était mixte, à la fois juive et arabe. En remontant encore plus loin dans le temps, on s’aperçoit que sous l’Empire ottoman, il n’y avait aucune frontière dans toute la méditerranée orientale : ni entre les Etats-nations arabes (Syrie, Jordanie, Liban), ni avec l’Etat juif d’Israël.
La réalité présente est tout autre. Pour aller de Ramallah, où je vis, jusqu’à Haïfa, où ma grand-mère résidait avant 1948, il me faut traverser cinq barrières israéliennes. L’ensemble israélo-palestinien est devenu une poupée russe, chaque frontière en contenant une autre qui en contient une autre. Si on longe la vallée du Jourdain en voiture, les frontières se succèdent, avec leurs fils de fer barbelé et leurs miradors. L’une d’entre elles est située sur un monticule à flanc de colline, près de l’entrée du terminal cisjordanien du pont Allenby. Avec de petites pierres, les fonctionnaires israéliens y ont représenté l’étoile de David et l’insigne de la police israélienne, cherchant à s’approprier notre terre en la parant des symboles de leur Etat. Tout comme le sceau qu’ils apposent à nos papiers d’identité, c’est leur façon de montrer que la zone n’est plus considérée comme un territoire occupé mais fait bel et bien partie de l’Etat juif.
"Nous ne sommes ni l’Amérique du Nord ni l’Europe de l’Ouest", a dit Ehud Barak, ministre israélien de la Défense, aux commandos qui ont participé lundi dernier au raid mortel contre la "flottille de la liberté" qui se dirigeait vers Gaza. "Nous vivons au Moyen-Orient, là où il n’y a pas de pitié pour les faibles, ni de seconde chance pour ceux qui ne savent pas se défendre." Ehud Barak aime à décrire Israël comme "une villa dans la jungle".
Les hommes politiques israéliens comme lui semblent congénitalement incapables de concevoir que leur pays puisse vivre autrement que comme un Etat-forteresse, défendu par une armée puissante, ne vivant que par les armes. Israël ne cherche ni à se rapprocher des millions d’Arabes qui l’entourent, ni à communiquer pacifiquement, ni à apprendre la langue pour trouver sa place et s’intégrer. Il s’impose par la force et ne connaît que la langue du pouvoir et de la violence.
Mais de la même manière qu’ils aiment à se distinguer, dans cette jungle moyen-orientale d’indomptés, les dirigeants israéliens actuels se complaisent dans leur fantasme préféré, selon lequel leur pays appartient à l’Ouest. Pourquoi devraient-ils ouvrir leurs frontières à leur "voisins terroristes" ? Mieux vaut fermer hermétiquement le pays tout en maintenant un contact aérien avec l’Ouest en passant par-dessus la mer.
Les événements qui se sont déroulés en pleine mer lundi 31 mai ont perturbé ce faux équilibre. Ces bateaux qui venaient défier la volonté politique d’Israël de maintenir le siège de Gaza contenaient des centaines d’Occidentaux. Nombre d’entre eux étant connus pour leur contribution à ce que l’Ouest compte de mieux en matière d’écrivains, d’hommes politiques et de défenseurs des droits de l’homme. Les propagandistes israéliens auraient dû réfléchir à deux fois avant de les désigner comme terroristes. Pourtant, c’est ce qu’ils ont fait. Ils n’avaient pas le choix.
Naturellement, ça n’a pas marché. Il est facile d’attribuer les pires qualités à ceux qui sont enfermés dans le ghetto tant que les voix des victimes n’en franchissent pas les murs. Mais malgré sa longue expérience et ses exploits passés, la propagande israélienne n’a pas pu convaincre le monde entier que les Américains, Britanniques, Irlandais et Suédois présents sur les bateaux étaient des terroristes et, pire encore, des membres d’Al-Qaida.
L’une des explications avancées pour justifier l’attaque lancée contre ces bateaux était qu’ils défiaient la politique d’Israël envers Gaza. Mais c’était précisément l’objectif officiel des organisateurs. Désespérant de la capacité de leurs gouvernements à prendre leurs responsabilités pour faire appliquer le droit international afin de protéger les droits d’une population d’un million et demi d’assiégés, ces membres de la société civile avaient choisi d’agir par eux-mêmes.
Israël ne peut ignorer la force des mouvements de masse. Il faut remonter loin pour comprendre la violence avec laquelle le raid a été lancé sur la flottille, provoquant la mort de certains passagers et en blessant d’autres. Lors du premier soulèvement palestinien, les dirigeants israéliens avaient eu la même réaction. Rabin, alors Premier ministre, avait dit à son armée : "Brisez-leur les os". Il voulait faire peur aux manifestants qui étaient désarmés, afin qu’ils restent chez eux. Mais cette tactique n’avait pas plus fonctionné qu’aujourd’hui.
Où que ce soit dans le monde, chacun vit dans son monde. En Palestine, cependant, les murs qui nous entourent sont érigés contre notre volonté. Toutefois, il nous est donné de vivre de précieux moments : quand il se met à pleuvoir, le ciel semble être notre seule limite. Lorsque le reste de l’humanité, conscient de l’injustice qui nous est faite dans nos espaces confinés, vient à notre rescousse, il prouve là que Barak a tort.
Quand des bateaux amènent des activistes du monde entier vers Gaza, une seconde chance nous est offerte pour retrouver notre humanité, et se rappeler que notre monde peut être une terre d’accueil.

Raja Shehadeh est avocat et écrivain palestinien. Dernier ouvrage paru : Naguère en Palestine (Galaade Editions, 368 p., 21,90 euros).
4 juin 2010 - Le Monde - Traduit de l’anglais par Emilie Lacape
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8869

L’intervention israélienne racontée par Henning Mankell

publié le samedi 5 juin 2010
Jens Littorin | Dagens Nyheter

 
L’auteur de romans policiers suédois était à bord d’un des bateaux qui se rendaient à Gaza. Libéré par les Israéliens, il est rentré chez lui. Il rapporte la façon dont l’assaut a été mené par Tsahal et ne cache pas sa colère à l’égard de Tel-Aviv.
L’écrivain suédois Henning Mankell a dénoncé la disproportion de l’assaut israélien contre la flottille pour Gaza, estimant que l’attaque était un signe d’affaiblissement d’Israël [1]. Henning Mankell se trouvait à bord d’un des bateaux où sont intervenus les commandos israéliens, ainsi que dix autres Suédois, arrêtés comme lui après l’assaut qui a fait au moins neuf morts. "Que se passera-t-il l’an prochain lorsque nous viendrons avec des centaines de bateaux ? Tireront-ils une bombe atomique ?", a déclaré l’auteur de romans policiers à succès, peu après avoir atterri le 1er juin en Suède. Deux autres militants suédois, le député Mehmet Kaplan et le médecin Victoria Strand, sont rentrés en Suède avec lui, après avoir choisi l’expulsion plutôt que des poursuites judiciaires en Israël.
Henning Mankell a été l’un des premiers Suédois relâchés par les Israéliens. Le Dagens Nyheter l’a rencontré chez lui, dans le centre-ville de Göteborg. Il est installé sur le canapé de son bureau, vêtu de noir et portant les chaussettes bleues données par la compagnie aérienne. Tous ses effets personnels ont en effet disparu lorsque les soldats israéliens ont pris d’assaut le navire à bord duquel il se trouvait pour tenter de rallier Gaza. L’écrivain raconte qu’après avoir passé 72 heures sans fermer l’œil, il a enfin pu dormir tout son saoul et qu’il se porte bien en dépit des circonstances. En revanche, il nourrit une grande colère à l’égard des événements, du gouvernement et de l’armée israélienne. "Jamais Israël n’a été autant condamnée dans le monde. L’État hébreu s’est enfermé dans une impasse. Le monde aujourd’hui n’est plus celui qu’il était la semaine dernière", assure-t-il.
"Ce qui me travaille beaucoup, c’est la stupidité israélienne. S’ils avaient voulu nous stopper sans perdre la face, ils n’avaient qu’à détruire les hélices ou les gouvernails et remorquer les navires vers le large. Mais s’engager consciemment dans une confrontation violente et tuer des gens, cela me dépasse", ajoute-t-il. Puis il raconte ce qui s’est passé à bord. "J’étais de quart de minuit à trois heures. C’était calme. Je suis allé me coucher, mais je n’ai pas eu le temps de m’endormir car quelqu’un est venu me dire qu’il se passait quelque chose. Nous avons vu des hélicoptères qui larguaient des hommes et nous avons entendu des rafales. Il était alors 4h30. À 4h35, ils ont pris notre navire à l’abordage. Nous étions réunis sur la passerelle, et ils nous ont dit de descendre à l’intérieur du bateau. Il y en a peut-être quelques-uns qui ont pris un peu leur temps et ils se sont immédiatement fait tirer dessus avec des pistolets type Taser. Un autre a reçu une balle en caoutchouc", explique-t-il. "Au bout d’un moment, un soldat cagoulé est venu nous dire qu’ils avaient découvert des armes. Et ce parfait crétin est arrivé avec mon rasoir et un cutter qu’il avait trouvé dans la cuisine. Puis il a déclaré qu’il devait nous emmener avec lui, car nous étions des ’terroristes’".
Lorsqu’on lui demande s’il a eu peur, Henning Mankell répond par la négative. "Je n’ai pas particulièrement peur pour ma personne. Je peux toujours m’appuyer sur l’expérience de la violence que j’ai rencontrée en Afrique. Néanmoins, il subsiste toujours la peur d’être maltraité, même si je savais qu’ils savaient qui j’étais. C’était clair", affirme-t-il. Dans l’attaque, le romancier a perdu, entre autres, son ordinateur, son téléphone portable, son portefeuille et ses cartes de crédit. Il n’hésite à traiter les militaires israéliens de voleurs. La veille du départ, il avait travaillé sur le manuscrit de la quatrième partie de la série télévisée sur Ingmar Bergman qu’il est en train d’écrire. Sur la suite à donner à cette affaire, l’écrivain a son idée. "Naturellement, il faut envisager sérieusement de traîner Israël devant la Cour pénale internationale, mais je crois qu’il est important de traiter une chose après l’autre", explique-t-il, et d’ajouter que : "Je vends beaucoup de livres en Israël et je vais voir si j’interdis la traduction de mes livres en hébreu. En même temps, je ne veux pas toucher les mauvaises personnes, donc il faut que j’y réfléchisse".
[1] voir aussi B. Langlois dans Politis :

israël dans l’impasse

C’est le jugement du grand romancier suédois Henning Mankell, qui était à bord d’un des bateaux de la flottille humanitaire pour Gaza.
La propagande israélienne, fort active et fort bien relayée partout dans le monde occidental comme on sait, aimerait beaucoup accréditer l’idée que les militants humanitaires embarqués dans la flottille empêchée si brutalement de rejoindre Gaza, sont pour la plupart des fanatiques musulmans, turcs ou arabes, liés au Hamas.
Elle est malheureusement pour elle sérieusement mise à mal par des témoignages comme celui de Henning Mankel, de retour en Suède après son expulsion d’Israël (à lire dans Courrier international), et qui était à bord d’un des bateaux arraisonnés. Difficile en effet de faire croire que le père du célèbre commissaire Kurt Wallander est un fou d’Allah antisémite !
Cet homme placide, âgé de 62 ans, dont l’œuvre est mondialement connue, est un antiraciste affirmé, et nombre des enquêtes de son héros récurrent tournent autour de crimes racistes commis par des nostalgiques du nazisme, ou fustigent l’apartheid sud-africain, que Mankell a bien connu pour vivre à mi-temps en Mozambique (un de ces romans, La Lionne blanche, se déroule en partie en Afrique du Sud)..
C’est donc en connaisseur du racisme d’Etat et du scandale des bantoustans qu’il témoigne son soutien au peuple palestinien, qui connaît une situation comparable à celle des noirs dans l’ancien régime de Prétoria.
Il pense que, « jamais aussi condamné dans le monde », Israël « s’est enfermé dans une impasse » et affirme que « le monde aujourd’hui n’est plus celui qu’il était la semaine dernière. »
L’enfermement des Palestiniens se retournerait, en somme, contre ses auteurs …

Israël, une image en lambeaux

publié le vendredi 4 juin 2010
Denis Sieffert

 
Gageons qu’il ne se passera rien de bien méchant pour Israël du côté des sanctions, résolutions onusiennes et autres commissions d’enquête ; mais, parallèlement, l’image de ce pays part en lambeaux
Comme un aveu du crime, la censure est tombée lourdement sur l’information dès l’aube de ce lundi 31 mai. Dix morts ? Douze ? Puis neuf. Chiffre encore provisoire. Et des dizaines de blessés. Quarante peut-être. À peine le monde entier avait-il pris connaissance de l’événement qu’un épais silence s’abattait, exactement semblable à celui qui avait isolé Gaza en décembre 2008 et janvier 2009. Silence, on tue ! Nous savons ce qui est advenu à Gaza. Quand les images et le son ont été rétablis, par les chaînes arabes d’abord, on a dénombré mille quatre cents morts, et découvert un champ de ruines. Il n’est pas inutile de se rappeler que cet épisode tragique avait déjà suscité indignation, protestations et demandes d’enquête internationale. Et puis quoi ? Rien. Le rapport Goldstone a été jeté aux orties. Israël a été depuis intégré à l’OCDE. La France a demandé que l’on rehausse le niveau des accords commerciaux entre l’État hébreu et l’Union européenne. Et voilà qu’un an et demi après, les commandos de choc de la marine israélienne ouvrent le feu sur une flottille humanitaire qui transportait des produits de première nécessité, des maisons préfabriquées à installer sur les ruines de janvier 2009 et du matériel médical. Tuent neuf personnes, blessent et emprisonnent. Bis repetita. Indignation, protestations et demandes d’enquête.
Émettons ici deux pronostics d’apparences contradictoires : gageons qu’il ne se passera rien de bien méchant pour Israël du côté des sanctions, résolutions onusiennes et autres commissions d’enquête ; mais, parallèlement, l’image de ce pays part en lambeaux, ses explications alambiquées de l’agresseur agressé ne sont plus crues, et son capital de sympathie originelle – le pays refuge après la Shoah – est à peu près dilapidé.
C’est peut-être cette contradiction qui est la plus explosive, car elle rejaillit sur l’ensemble des relations internationales. C’est l’opposition entre les peuples et les grandes puissances occidentales. Certes, les protestations officielles sont sans doute un peu plus vives cette fois. Il est vrai que le Hamas n’est pas là pour offrir ne serait-ce qu’un semblant d’alibi. Empiriquement, peut-être, sentimentalement, sûrement, ce sont les peuples qui ont raison. L’analyse juste est plutôt du côté des manifestants qui sont descendus dans les rues du monde entier tout au long de la journée de lundi. Parce que ceux-là, qui ne font pas dans la diplomatie, ni ne sont prisonniers d’un entrelacs d’intérêts économiques, stratégiques et politiques, ont intégré une donnée fondamentale que les chancelleries, et la plupart des commentateurs ne peuvent exprimer : à savoir qu’Israël (ses dirigeants et une partie de ses élites) ne veut pas la paix. En tout cas, pas maintenant. Car Israël n’a pas renoncé à l’annexion de la Cisjordanie, et il lui faut pour y parvenir du temps, toujours du temps. D’où un énorme contresens dans les explications que l’on lit ici ou là, et qui ont en commun d’analyser, depuis dix ans, les faits et gestes des dirigeants israéliens comme autant « d’erreurs ». Nos analystes seraient les seuls à comprendre, et les dirigeants seraient des sots. C’est d’ailleurs la logique de la pétition « Appel à la raison », si médiatiquement valorisée ces jours-ci. Les uns sincères, d’autres moins, y prenaient en charge les intérêts d’Israël au point de donner des conseils en communication aux dirigeants de ce pays : « Ne faites pas cela, ce n’est pas bon pour votre image ! »
Une semaine plus tard, les promoteurs de cette démarche sont ridiculisés. Parce que leur logique n’est pas celle des dirigeants israéliens. Pourquoi ceux-ci seraient-ils les seuls au monde à ne pas comprendre que les bombes sur Gaza sont impopulaires et qu’elles renforcent le Hamas ? Comme le blocus et ce sadisme d’État qui consiste à laisser pourrir les denrées destinées à la population. Et que l’opération de lundi matin donne une fois de plus raison aux plus radicaux du côté palestinien tout en décrédibilisant ceux qui sont engagés dans la négociation. Lundi, au prix de neuf vies humaines, l’heure de la discussion sur le statut final d’un État palestinien s’est encore un peu plus éloignée. Et d’ici là la colonisation se poursuivra. Le reste est littérature et bons sentiments. Les dirigeants israéliens savent parfaitement que cette politique tendue vers l’objectif a un prix. Ils savent qu’ils ont quelques jours difficiles à passer. Pour que cela passe plus vite et mieux, ils déploient leurs communicants. Tous excellents. Ce sont, nous dit-on, les commandos de choc aéroportés, harnachés et armés jusqu’aux dents qui ont été agressés. Ils étaient en légitime défense. Les humanitaires étaient en réalité des « terroristes »…
Chez nous, le porte-parole de l’UMP s’est empressé de reprendre tout ça. Toute honte bue. Ce qui explique que Bernard Kouchner n’ait vu dans cette affaire qu’un « incident regrettable ». On fera surtout grief à Israël d’avoir lancé son assaut meurtrier dans les eaux internationales… Quelques milles nautiques plus loin, tout aurait paru normal. Il y a tout de même dans tout ça quelque chose de nouveau. La violence extrême, « disproportionnée » comme disent aimablement les grandes ambassades, qui a toujours été la méthode d’Israël – frapper très fort pour terroriser –, vise à présent les humanitaires internationaux, comme les ONG israéliennes. C’est qu’Israël se découvre un nouvel ennemi. Les campagnes internationales de boycott, l’émergence, en Palestine même, de mouvements non-violents, les diverses missions civiles inquiètent de plus en plus l’État hébreu. L’armée tire aujourd’hui sur ces militants. Elle a commencé bien avant ce maudit lundi 31 mai. Cela, c’est aussi une conséquence de cette contradiction que l’on notait plus haut entre l’inertie officielle et la mobilisation des opinions.

La sécurité a bon dos

publié le samedi 5 juin 2010
Dominique Eddé

 
Il n’y a rien de neuf dans ce qu’Israël vient de faire au large de Gaza. Il y a des lustres que le pouvoir israélien prend le bon sens du monde en otage. Provoque et alimente ses ennemis, jusqu’à la folie. Transgresse le droit, la loi, les limites.
Table sur la peur pour faire peur à la paix. Ne comprend le rapport au voisin qu’en termes de mépris et de force. Condamne l’avenir en sabotant le présent. Met son peuple en danger au prétexte de le protéger, offense sa mémoire au nom de la mémoire. L’entretient dans l’ignorance et la haine du Palestinien.
Transforme les chancelleries en serviteurs obséquieux. Met en échec tous ceux qui, dans le monde arabe, essayent de construire des ponts, de calmer les esprits. Instaure l’apartheid en se proclamant démocrate. Traite d’antisémite quiconque ose lever le doigt et se réjouit de l’antisémitisme qui justifie les ghettos, les murs, l’enfermement. Ne rate pas une occasion de mettre le feu, partout où le bois est sec. Partout où les gens sont humiliés, les têtes explosives.
Se moque de ses dissidents qui peuvent toujours causer. Se moque de l’Europe qui paye, sans broncher, les factures des lendemains de bombardements. Se moque à présent de Barack Obama et de ses désirs de paix. Il demande l’arrêt de la colonisation ? Elle repart de plus belle. Il pousse la Turquie à raisonner l’Iran ? On torpille la Turquie. Il plaide pour un monde sans nucléaire ? Grand bien lui fasse. C’est bon pour les autres.
Et après ? Jusqu’où ? Jusqu’à quand ? Les grandes puissances auront-elles, cette fois, la volonté élémentaire de retirer à Israël son permis de conduire au bord du précipice ? Auront-elles le courage de renoncer à traiter ce pays en exception ? De voir en ce "traitement de faveur", l’aveu d’une dangereuse lâcheté ?
Qu’Israël, grisé par son impunité et sa puissance, pousse toujours plus loin son droit d’en user, d’en abuser, c’est irresponsable, mais c’est cohérent. Ce qui n’est ni cohérent ni responsable, c’est l’entêtement de l’Europe et des Etats-Unis à se laisser intimider par ce pays roi, gratifié d’avance, quoi qu’il fasse, du droit au dernier mot. A se laisser dicter, par lui, l’ordre du jour, le ton, la conduite, l’échelle des valeurs et des priorités. A lui inventer des "excuses" chaque fois que s’impose la "sanction". A le semoncer un peu, pour toujours mieux le conforter. A confier, pour finir, le destin de la région, et peut-être bien davantage, à sa terrible conception de la survie : l’état de guerre permanent. Ce dernier constituant, en soi, l’état d’exception, la sortie du droit. La mort anticipée de toute négociation.
Partant de là, la boucle est bouclée. La sécurité a bon dos : l’impasse engendre l’impasse, la surenchère, la surenchère, la haine, la haine. Le tout sur le pied de guerre. Israël est servi : Mahmoud Ahmadinejad est à la hauteur du rôle. Et puisque nous l’évoquons, venons-en à la question majeure - aussi taboue que décisive - de ce conflit : Jérusalem.
En l’ayant abandonnée à Israël, en ayant renoncé au projet du "bon sens" ainsi que l’appelait Germaine Tillion, celui qui en aurait fait le centre et le bien commun des trois monothéismes, l’Occident a capitulé sur l’essentiel : le lieu physique et symbolique de la paix.
Dommage. Il y a eu un moment où Arabes et Israéliens sont sortis de leurs tranchées, où ils se sont regardés. Où ils étaient presque prêts à faire cohabiter leurs mémoires. Ce qui est grave, très grave, c’est qu’Israël est en train de reprendre aux yeux du monde arabe et musulman la figure d’un ennemi sans visage. Il n’est de pire danger pour un peuple que de priver son adversaire du moyen de le connaître.
Cette dernière répétition sera-t-elle la répétition de trop ? Barack Obama aura-t-il la force de dire haut et fort : "A présent, ça suffit !" ? Pour l’heure, il semble que non. On condamne, on ferme les yeux, on attend que ça retombe. Et on se paye le luxe, avec ça, de ne pas comprendre ceux qui pètent les plombs.
Dominique Eddé est écrivaine libanaise.
publié par le Monde

Hariri discute avec deux congressmen du raid israélien

06/06/2010
La levée du blocus de Gaza et l'acheminement de l'aide humanitaire
 au peuple palestinien sont une nécessité selon le sénateur US Baird. /
La levée du blocus de Gaza et l'acheminement de l'aide humanitaire au peuple palestinien sont une nécessité selon le sénateur US Baird. / Dalati et Nohra
Le Premier ministre Saad Hariri a reçu, samedi, à Beyrouth une délégation du Congrès américain. Les sénateurs Lincoln Davis et Brian Baird ont discuté avec Hariri des derniers développements politiques au Moyen-Orient et dans la région, notamment du raid israélien contre la "flottille de la liberté" qui a fait lundi 9 morts, dont 8 Turcs et 1 Américain d'origine turque.
"En tant que sénateur américain, je suis conscient de la nécessité de lever le blocus de la bande de Gaza", a affirmé Baird, en ajoutant que l'acheminement de l'aide humanitaire au peuple palestinien devrait se poursuivre.
Baird a affirmé que la réalisation de la paix au Proche-Orient est un premier objectif à achever non seulement dans l'intéret des pays de la région, mais aussi dans l'intérêt international.
Le Premier ministre Saad Hariri avait fermement condamné lundi l'assaut israélien meurtrier contre le convoi d'aide à Gaza considérant qu'il représente une étape "dangereuse et folle" et avait fait appel à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU qui, à son tour, s'est contenté, après plus de 12 heures de discussions, de demander une enquête "impartiale" sur l'intervention militaire israélienne. Les États-Unis, avaient bataillé ferme à l'ONU avec la Turquie  pour éviter une déclaration plus dure à l'égard de l'État hébreu.
De son côté, le président américain Barack Obama avait exprimé "ses profonds regrets pour les pertes de vies humaines"  sans toutefois condamner le raid israélien meurtrier contre la flottille humanitaire pour Gaza. 

Un bateau de Libanais va tenter cette semaine de forcer le blocus de Gaza

06/06/2010

Un bateau partira de Beyrouth à la fin de la semaine prochaine 
avec à son bord 50 journalistes et 25 militants européens, dont certains
 députés
Un bateau partira de Beyrouth à la fin de la semaine prochaine avec à son bord 50 journalistes et 25 militants européens, dont certains députés", a annoncé Thaer Ghandour, de "Reporters sans chaînes", lors d'une conférence de presse à Beyrouth.
Humanitaire Deux ONG pro-palestiniennes au Liban ont lancé samedi un appel de fonds en vue d'acheter un bateau qui devrait se diriger de Beyrouth vers la bande de Gaza la semaine prochaine, avec à son bord de l'aide et des dizaines de journalistes arabes et étrangers. Il est à noter que le secrétaire général du Hezbollah Hassan Nasrallah avait appelé, vendredi soir, à la formation d'autres "flottilles de la liberté", avec une forte participation libanaise, afin de lever le blocus imposé à Gaza.
""Le Mouvement Libre Palestine" et "Reporters sans chaînes" annoncent qu'un bateau partira de Beyrouth à la fin de la semaine prochaine avec à son bord 50 journalistes et 25 militants européens, dont certains députés", a annoncé Thaer Ghandour, de "Reporters sans chaînes", lors d'une conférence de presse à Beyrouth.
Le bateau transportera également de l'aide, des médicaments et du matériel scolaire "pour les enfants assiégés de Gaza". "Nous lançons un appel à tous les personnes libres de ce monde pour qu'elles contribuent au fonds pour l'achat d'un bateau", a précisé M. Ghandour.
Les organisateurs ont précisé qu'ils étaient en contact avec des journalistes arabes et européens pour "assurer une plus large participation", sans plus de détails.

De violents affrontements entre les Palestiniens et des colons sionistes à Naplouse

[ 05/06/2010 - 11:06 ]
Naplouse – CPI

Des dizaines de colons sionistes ont envahi, la nuit dernière, la région du tombeau du prophète Youssef pour effectuer des rites sous la protection de l'armée de l'occupation israélienne, au moment où les milices d'Abbas se cachaient dans leurs sièges, dans le cadre des coordinations avec les autorités occupantes.
Des témoins oculaires ont déclaré que des centaines de colons sionistes ont envahi la tombeau du prophète Youssef et que plusieurs jeunes du camp de Balata voisin ont lancé des pierres sur les blindés sionistes qui protégeaient les extrémiste sionistes.

Deux palestiniens blessés par les tirs d'un colon sioniste au nord d'al Khalil

[ 05/06/2010 - 10:12 ]
Al Khalil – CPI

Deux adolescents palestiniens ont été blessés, le jeudi 3/6, par les tirs d'un colon sioniste à l'entrée du camp d'al-Aroub, au nord d'al Khalil, en Cisjordanie occupée.
Une source médicale à l'hôpital al-Ahli dans la ville d'al Khalil a dit qu'on a transporté deux adolescents palestiniens à l'hôpital suite à leur blessure par les tirs d'un colon sioniste et que l'état d'un adolescent est très grave.
Des témoins oculaires ont déclaré qu'un colon sioniste extrémiste a arrêté sa voiture à l'entrée du camp d'al-Aroub et a ouvert le feu de son arme sur les élèves Palestiniens lors de leurs retour de l'école au au camp de Beit Amr, avant de prendre la fuite, devant les soldats sionistes qui se trouvaient sur un Chech-point installé à l'entrée du camp depuis le début de l'Intifada d'al-Aqsa.

L’occupation agresse violemment les manifestants Palestiniens en Cisjordanie

[ 05/06/2010 - 11:37 ]
Cisjordanie - CPI

Plusieurs manifestations se sont déroulées, le vendredi 4/6, dans différents villages et villes de la Cisjordanien pour contester contre l’agression et le crime solennel de l’armée israélienne qui a pris en cible les membres du convoi de la flottille "Liberté", où plus de 19 militants pacifistes ont été tués et des dizaines d'autres ont été différemment blessés.
«Les forces armées sionistes ont agressé et torturé les manifestants qui sont sortis pour condamner l’agression sioniste contre la flottille de la "Liberté", en blessant un citoyen et asphyxiant des dizaines de Palestiniens et d'activistes solidaires, à Naline, en lançant du gaz lacrymogène et des balles en caoutchouc», ont affirmé des sources bien informées qui ont participé à la marche hebdomadaire de Naline,  pour protester contre le mur de séparation raciste, ainsi que la politique d’apartheid et de punition collective.
Les manifestants portaient les drapeaux des pays dont leurs ressortissants ont participé à la flottille «Liberté», en symbolisant le bateau turc «Marmara» agressé violemment par l’armée israélienne, et levant le drapeau turc, ainsi que les photos des martyrs de Naline qui ont tués pour défendre leur terre et droits légitimes.

Le mouvement islamique accuse les sionistes d'avoir tenté d'assassiner le Cheikh Raed Salah

[ 05/06/2010 - 12:21 ]
Saout al-Haq – CPI

Le mouvement islamique dans les territoires palestiniens occupés en 1948 a accusé, dans un communiqué, l'entité sioniste et ses soldats criminels d'avoir tenté d'assassiner son président, Cheikh Raed Salah, lors de l'attaque des forces de l'occupation contre la flottille "Liberté".
Le mouvement a qualifié les pratiques de l'entité sioniste d'actes sauvages et qu'on doit la punir et sanctionner pour stopper son entêtement.

Des mouvements européens pour juger l'occupation au niveau international

[ 05/06/2010 - 13:10 ]
Bruxelles – CPI

La campagne européenne anti-blocus sioniste contre Gaza, l'une des organisations fondatrices de la coalition "la Flottille de la Liberté", a entamé des pas pour présenter des plaintes juridiques contre les autorités sionistes à cause du massacre perpétré par les commandos de la marine sioniste contre les solidaires étrangers sur la flotte "Liberté", en tuant 9 pacifistes et blessant des dizaines d'autres.
Dans une déclaration de presse, le membre de la campagne, Amyein Abou Rached, a dit, le samedi 5/6, que la campagne a tenu plusieurs rencontres avec une équipe d'avocats et de juristes pour entamer des pas sérieux et poursuivre les responsables et les soldats sionistes devant les tribunaux internationaux, au Pays-Bas, à cause du crime perpétré contre le convoi de la "liberté" dans les eaux internationales.
"Les rencontres ont étudié la possibilité de poursuivre et condamner les dirigeants de l'occupation devant les tribunaux internationaux", a ajouté Abou Rached, en précisant l'existence d'une vision claire au niveau des bases juridiques pour poursuivre les sionistes, tout en soulignant que la campagne européenne qualifie ce massacre d'un crime contre la paix mondiale et l'humanité, ainsi qu'une violation claire à la charte de la cour pénale internationale à La Haye.
Notons que 6 citoyens français qui étaient sur la Flottille "Liberté" ont présenté des plaintes juridiques en France contre les autorités sionistes à cause des agressions, enlèvement et  arrestation contre eux.

Norvège:l'annulation d'une réunion internationale à cause de la participation d'un officier sioniste

[ 05/06/2010 - 13:15 ]
Oslo – CPI

L'armée norvégienne a annulé une réunion internationale à cause de l'opposition du ministère norvégien de la défense à la participation d'un officier sioniste suite au massacre perpétré par les forces occupantes contre la Flottille "Liberté".
Le porte-parole de l'armée norvégienne a dit, le samedi 5/6, que le ministère de la défense est insatisfait de la participation d'un officier de l'armée sioniste à cette réunion, quelques jours seulement, après l'utilisation de la violence par les forces occupantes contre des bateaux civils.
Notons que cette position norvégienne vient dans le cadre d'un état de colère européen contre l'entité sioniste après le massacre de la flottille "Liberté".

Les Etats-Unis soutiennent le massacre sioniste contre la flottille "Liberté"

[ 05/06/2010 - 14:20 ]
Washington – CPI

Les Etats-Unis ont considéré que le massacre perpétré par les forces de l'occupation contre les solidaires étrangers qui étaient sur la flottille humanitaire "Liberté" d'un pas justifié en renouvelant son engagement à la sécurité de l'entité sioniste.
Le vice-président américain, Joseph Biden, a dit dans un entretien télévisé : "Israël" possède tout le droit pour intercepter ou perquisitionner tous les bateaux qui veulent briser le sévère blocus sioniste contre la Bande de Gaza", selon ses prétentions.
Biden a porté les solidaires qui étaient sur le convoi humanitaire "Liberté" responsables de leur négligence aux menaces sionistes pour changer le chemin des bateaux vers Ashdod et d'avoir interdit aux autorités sionistes de transporter les aides à la Bande de Gaza.
Les Etats-Unis avaient voté, le mercredi dernier, contre la décision du conseil de l'ONU des droits de l'homme qui condamne l'occupation israélienne à cause de son massacre perpétré contre les solidaires internationaux sur la flottille "Liberté".

Erdogan : Hamas est un mouvement national qui lutte contre l’occupation

[ 05/06/2010 - 15:52 ]
Konya/Turquie - CPI

Le premier ministre turc, Rajev Tayyeb Erdogan, a souligné que le destin de la Turquie et de la Palestine est commun et qu'ils ont des relations communes profondes, en précisant que le Hamas est un mouvement national qui lutte pour libérer son pays, la Palestine, qui a été occupée par "Israël".
«Le Hamas a été élu de façon libre et démocratique par le peuple palestinien, et que l’attaque des forces israéliennes contre les pacifistes de la flottille "Liberté" est un crime très flagrant contre l’humanité et les ressortissants de plus de 32 pays au monde», a dit Erdogan en contestant contre le terrorisme d’état de l’occupation israélienne contre la flottille "Liberté".
Lors de son discours dans la ville turque de «Konya», le vendredi 5/6, Erdogan a condamné d’un ton très ferme les pratiques sauvages de l’occupation israélienne, en méprisant le silence honteux et étrange de la communauté internationale, et attaquant le gouvernement de l’entité sioniste qui a donné le feu vert à ses forces pirates de perpétrer un crime très flagrant dans les eaux internationales contre des pacifistes humanitaires.
«J’adresse un message très fort à tous les pays du monde, en leurs disant : "Si vous voulez être justes, il faut donc que vous traitiez la question palestinienne avec justice, en soulignant que l’agression israélienne a été exécuté dans les eaux maritimes internationales contre un navire civil», a protesté Erdogan contre la politique de deux poids deux mesure de la communauté internationale, tout en appelant à une commission internationale indépendante pour enquêter sur l’assaut sauvage et criminel de l’ennemi terroriste sioniste.
Erdogan a attaqué la communauté internationale en condamnant son silence méprisable et réclamant : «Il y a des règles durant toute guerre, et que certaines parties possèdent l’immunité, alors comment les occupants israéliens ont-ils choisi d'attaquer un navire civil levant un drapeau blanc».

Al-Khoudari : les opérations sionistes de piraterie ne peuvent pas arrêter l'Intifada des bateaux

[ 05/06/2010 - 17:47 ]
Gaza – CPI

Le président du comité populaire anti-blocus, le député Jamal al-Khoudari a exprimé sa forte condamnation à l'opération de piraterie des forces sionistes contre le bateau "Rachel Corrie" en l'emmenant vers le port sioniste d'Asdoud, dans les territoires palestiniens occupés en 1948.
Il a affirmé que les attaques sionistes de piraterie contre les convois maritimes ne peuvent pas arrêter l'Intifada des bateaux.
Dans une déclaration de presse publiée, le samedi 5/6, al-Khoudari a ajouté que les solidaires internationaux font peur à l'occupation israélienne parce qu'ils démasquent ses pratiques inhumaines et montrent la vérité au monde entier sur la situation critique des Gazaouis et leur grande souffrance à cause de l'embargo sioniste injuste.
Le député palestinien a souligné que la guerre contre les solidaires est une nouvelle confirmation qui montre que la Bande de Gaza vit toujours sous le blocus, contrairement aux déclarations des leaders de l'occupation israélienne.
Il a précisé que ces solidaires ont le droit d'arriver aux côtes de la Bande de Gaza, et que le peuple palestinien possède également le droit de contacter le monde extérieur.

Le Vietnam renonce à la visite de Pérès suite au massacre contre la flotille Liberté

[ 05/06/2010 - 18:42 ]
Al-Qods occupée – CPI

Le gouvernement du Vietnam a renoncé à une visite prévue du président de l'entité sioniste, Shimon Pérès, à cause du massacre perpétré par les forces de l'occupation israélienne contre la flottille "Liberté" en causant la mort et la blessure des dizaines de solidaires internationaux.
La radio sioniste a rapporté, le samedi 5/6, que les autorités de l'occupation tentent de contacter le gouvernement vietnamien pour discuter de la tension créée après l'attaque des forces israéliennes contre la flottille "Liberté et coordonner pour une nouvelle date de la visite de Pérès au Vietnam.
Notons que les relations étrangères de l'état de l'occupation ont été frappées dans plusieurs pays dans le monde après le crime sioniste contre le convoi de la liberté.