vendredi 7 mai 2010

Lettre aux parlementaires français concernant la candidature d’Israël à l’OCDE

publié le jeudi 6 mai 2010
JC Lefort
 
Cette question pose une série de questions politiques majeures.

La France, selon la Convention de l’OCDE qui siège à Paris, est dépositaire des instruments de ratification.
Paris, le 5 mai 2010
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
L’OCDE examine actuellement, dans la plus grande intimité, la possibilité de faire de l’Etat israélien le 32ème membre de l’Organisation.
Une réunion doit avoir lieu demain, le 6 mai, pour discuter de cette possibilité qui est sur la table depuis un moment. Le 10 mai les Etats membres doivent donner un avis et se prononcer sur cette éventualité. Et à la fin du mois de mai, en présence du premier ministre israélien, cette adhésion « subreptice » devrait être actée formellement.
Nous attirons donc votre attention sur le fait que la représentation nationale est mise hors jeu de ce processus. Cela alors que la France, selon la Convention de l’OCDE qui siège à Paris, est dépositaire des instruments de ratification.
Cette situation est d’autant plus choquante que cette question pose une série de questions politiques majeures. Il convient de savoir en effet que les paramètres économiques israéliens incluent ceux de l’occupation des Territoires palestiniens et même ceux du plateau du Golan syrien.
Accepter ce pays dans cette Organisation ce serait entériner de facto cette occupation illégale et unanimement condamnée internationalement, inclus celle de Jérusalem-Est. Ce serait non seulement faire entrer « le Grand Israël » dans l’OCDE, et donc l’acter, mais aussi donner des signes d’encouragement à la politique extrême de Benjamin Netanyahu dont la politique provocatrice tourne le dos à la paix et à tout effort de paix.
Nous sommes donc, et vous encore plus directement, placés devant un problème de démocratie – qui donc décide en France de ces question ? – et de politique.
A toutes fins utiles, nous voulons attirer votre attention sur ce point majeur dès lors qu’il concerne la question sensible du Proche-Orient, clairement au cœur de l’instabilité régionale et internationale.
Nous vous prions de croire, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, à l’assurance de nos sentiments distingués.
Jean-Claude Lefort
Député honoraire
Président de l’AFPS