mercredi 10 mars 2010

Biden promet un soutien US « absolu » à la sécurité d’Israël

10/03/2010
Le président israélien devisant sur le temps avec le vice-président
 des États-Unis. AFP/David Furst
Le président israélien devisant sur le temps avec le vice-président des États-Unis. AFP/David Furst
L'État hébreu a donné son feu vert à la construction de 1 600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, déclenchant l'ire des Palestiniens.

Les États-Unis ont réitéré hier leur soutien « total » à la sécurité d'Israël au moment où Israéliens et Palestiniens commencent un dialogue indirect censé déboucher sur une véritable reprise du processus de paix, avec en toile de fond la poursuite de la colonisation israélienne et la crise nucléaire iranienne.
« La pierre angulaire de notre relation (entre les États-Unis et Israël) est notre engagement absolu, total et sans réserve en faveur de la sécurité d'Israël », a déclaré le vice-président américain Joe Biden, en visite officielle en Israël et dans les territoires palestiniens.
« Des progrès ont lieu au Moyen-Orient lorsque chacun sait bien qu'il n'y a pas la moindre distance entre les États-Unis et Israël. Et il n'y a aucune distance entre les États-Unis et Israël quand il s'agit de la sécurité d'Israël », a insisté M. Biden à l'issue d'un entretien avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Le dirigeant américain a également rappelé la détermination de Washington à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire, une perspective qui inquiète les Israéliens. Le président israélien Shimon Peres a de son côté réclamé des « sanctions morales », en sus de sanctions économiques, contre l'Iran.
M. Biden est le plus important responsable américain à effectuer une visite officielle en Israël et les Territoires depuis l'arrivée au pouvoir du président Barack Obama l'an dernier.
Il s'est félicité de la reprise du dialogue indirect entre Israéliens et Palestiniens alors que le processus de paix est interrompu depuis la fin 2008. Les États-Unis ont annoncé lundi, après des mois de navettes de leur envoyé spécial George Mitchell, que les deux parties avaient commencé des négociations indirectes, dites « négociations de proximité », sous leur égide. « Je suis très heureux que vous et les dirigeants palestiniens ayez accepté de lancer des pourparlers indirects », a déclaré M. Biden. « Nous espérons que ces pourparlers déboucheront sur des négociations et des discussions directes, il le faut », a-t-il dit à M. Netanyahu qui réclame lui-aussi des pourparlers face à face avec les Palestiniens.
« Le président Obama et moi sommes persuadés que la meilleure garantie à long terme pour la sécurité d'Israël est une paix globale au Moyen-Orient », a souligné le vice-président américain.
Ses hôtes israéliens l'ont toutefois mis en garde contre tout excès d'optimisme. « Même à Hollywood, le happy end n'arrive pas avant la fin », a plaisanté Shimon Peres, vétéran de la politique israélienne, qui a connu tous les aléas du processus de paix israélo-palestinien depuis les accords d'Oslo (1993).
Côté palestinien, le principal négociateur Saëb Erakat n'a pas dissimulé son agacement. « Si les Israéliens veulent des négociations directes, qu'ils stoppent les colonies », a déclaré M. Erakat aux journalistes à Ramallah (Cisjordanie).
M. Biden se rendra aujourd'hui à Ramallah pour rencontrer les dirigeants palestiniens, le président Mahmoud Abbas et le Premier ministre Salam Fayyad. L'Autorité palestinienne de M. Abbas a accepté sans enthousiasme les « discussions de proximité », pour une période limitée de quatre mois, après avoir réclamé en vain un gel complet de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée. M. Erakat a du reste prévenu qu'il s'agissait de la « dernière tentative » pour parvenir à « une solution de deux États pour deux peuples (palestinien et israélien ».
Malgré cette avalanche de critiques concernant la colonisation, le ministère israélien de l'Intérieur a approuvé hier la construction de 1 600 nouveaux logements pour des colons juifs à Jérusalem-Est, secteur à majorité arabe et annexé par Israël en 1967. Elle concerne le quartier de Ramat Shlomo, une colonie juive dans le secteur oriental de la Ville sainte.
Cette décision a été vivement critiquée par les dirigeants palestiniens. « La décision de construire à Jérusalem-Est revient à dire que les efforts des Américains ont échoué avant même que ne commencent les négociations indirectes » entre Israël et les Palestiniens, a indiqué le porte-parole de la présidence de l'Autorité palestinienne Nabil Abou Roudeina. « Il est clair qu'Israël ne veut pas la paix ou des négociations, et l'administration américaine devra répondre aux provocations israéliennes sans attendre et décider d'urgence d'une action efficace », a-t-il encore dit, alors que le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé en soirée le président de la Ligue arabe Amr Moussa pour le presser de prendre des mesures adéquates après qu'Israël a annoncé un nouveau projet de colonisation.
Enfin, la décision d'Israël « sape la confiance nécessaire », a regretté hier soir M. Biden, alors que la Maison-Blanche a condamné le feu vert des autorités israéliennes.