lundi 13 décembre 2010

Train Tel-aviv/Jérusalem ; lettre à la société Pizzarotti

publié le samedi 11 décembre 2010

Confédération générale du travail en Italie et fédération de la construction.
 
Objet : projet de train rapide Tel Aviv Jérusalem
Distingué Docteur Pizzarotti,
Nous nous adressons à vous après avoir été à plusieurs reprises sollicités par des associations israéliennes engagées dans la défense des droits humains et de la solution pacifique et négociée du conflit qui depuis plus de 60 ans détruit la vie et les espoirs de vie commune pacifique d’Israéliens et de Palestiniens.
Vous-même pouvez visiter le site internet israélien Who profits from the occupation et trouver comme information dans les titres de la page d’accueil la dénonciation de l’implication de votre Société dans le projet de construction du TGV qui reliera Tel Aviv à Jérusalem. Si même notre organisation est opposée à toute forme de boycott, elle ne peut renoncer à défendre des principes et des valeurs fixés par la Déclaration Universelle des Droits de l’ Homme des Nations Unies et par les Conventions et Résolutions qui en sont issues, définissant les règles de la vie commune auxquelles toutes les nations civiles doivent se tenir, agissant activement pour l’affirmation de la paix, de la sécurité et du développement.
De tels principes et valeurs ont été adoptés par le Conseil d’Administration de votre société dans son propre Code Ethique (chap 2 §1) et seraient violés de manière explicite et incontestable dans le cas d’implication dans les travaux de construction du nouveau tracé, par l’intermédiaire de la société S.P.R., dont la SPA Pizzarotti est propriétaire à 50%.
Le tracé de la ligne ferroviaire traversera trois villages palestiniens, expropriant de nouveaux terrains aux familles palestiniennes, ce qui entraîne l’annexion de ces terrains par Israël. Ceci viole les Résolutions des Nations Unies et les Accords de Paix d’Oslo, qui définissent le territoire du futur Etat palestinien, les frontières précédant la guerre de juin 1967, et viole en outre les Conventions de Genève sur les devoirs des forces occupantes qui ne peuvent modifier ou construire des implantations ou toute oeuvre d’infrastructure si non à des fins militaires directes et très strictes dans les territoires occupés.
Le problème de l’occupation et de l’annexion du territoire palestinien à l’Etat israélien, comme vous devez le savoir, est un des points les plus délicats et controversés qui rendent impossible la solution du conflit et pour cette raison il y a une haute sensibilité, attention et dénonciation de la part de la communauté internationale vis-à-vis des entreprises israéliennes et internationales qui réalisent des activités économiques en profitant du système d’occupation israélienne des territoires palestiniens à l’intérieur de la dite "ligne verte", qui fixe la limite, internationalement reconnue de l’Etat d’ Israël.
Nous vous invitons donc à reconsidérer que la participation au projet, du moment où il viole les droits humains fondamentaux et les Résolutions des Nations Unies, met à risque l’image et la crédibilité éthique de votre Groupe. Dans l’attente de recevoir un avis de réception à cette présente, nous vous adressons nos salutations cordiales.
N.R Départ.international CGIL http://www.cgil.it/
traduction de l’italien : B. Ravenel, Afps