jeudi 5 novembre 2009

La fin de la propagande sioniste internationale

Monde - 04-11-2009
Par Faouzi Elmir
Blog de Faouzi Elmir : Le Bulletin de l’International.
Il faut d’abord dire quelques mots sur ce que nous entendons par propagande sioniste internationale. Il convient de distinguer entre propagande sioniste internationale et propagande sioniste menée à l’intérieur de l’État d’Israël. Une propagande sioniste internationale est le fait de groupes, de partis politiques, de lobbies juifs et non juifs, de gouvernements comme ceux des États-Unis et de l’Union européenne, etc. Par leur défaitisme, les pays arabes font indirectement de la propagande sioniste internationale. Rappelons qu’une propagande vise des objectifs et nécessite une organisation sophistiquée.

L’objectif de la propagande est la modification de la posture psychologique des individus en vue de l’action ou de prise de position par rapport à un problème donné. Pour atteindre son objectif, la propagande utilise des moyens de communication de masse, les mass medias. Dans nos sociétés capitalistes, ceux qui peuvent faire de la propagande, ce sont les grands groupes capitalistes et les États qui les servent, c’est-à-dire ceux qui détiennent les moyens financiers pour acheter et contrôler les mass medias.

Contrairement aux apparences trompeuses, il n’y a pas plusieurs propagandes dans les sociétés capitalistes, il ne saurait y avoir qu’une seule, la propagande capitaliste. Les « deux partis uniques » qui alternent au pouvoir pour mieux gérer les intérêts du Capital aux États-Unis et en Europe sont élus avec l’aide des mass medias détenues et contrôlées par ce même Capital.

Pour dissiper un dernier malentendu lourd de conséquences, il n’y a aucune différence entre la propagande politique des capitalistes privés et la propagande d’État, car l’une et l’autre concourent à une même fin, créer des individus aliénés et abrutir les masses pour mieux les dominer.

Cela dit, s’il est impossible de mener une contre-propagande à l’intérieur des États, il n’en est pas de même à l’échelle internationale où une propagande politique peut être combattue et neutralisée par une propagande adverse du fait de l’existence de clivages idéologiques entre les États. Par exemple, à l’époque de l’Union soviétique et du bloc socialiste, la propagande capitaliste internationale avait en face d’elle une propagande capable de la contrecarrer.

Pour annihiler les effets d’une propagande adverse, il faut d’abord se doter de moyens humains et matériels équivalents. Il faut ensuite repérer les thèmes centraux de la propagande adverse et les réfuter systématiquement en faisant apparaître leurs visées idéologiques et politiques. Aujourd’hui, grâce à l’internet et aux satellites, la propagande capitaliste et impérialiste mondiale a du plomb dans l’aile et elle commence à être combattue, neutralisée et démasquée comme propagande.

Mais dès lors qu’une propagande a été démasquée comme propagande, elle perd ses effets escomptés. Nous nous trouvons aujourd’hui dans le même cas de figure qu’à l’époque de l’union soviétique et du bloc de l’Est, avec l’émergence d’une contre-propagande menée sur la scène internationale par de nouveaux dirigeants politiques comme le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et le président vénézuélien Hugo Chavez, qui n’hésitent pas à se servir des conférences internationales comme tribune politique pour vilipender le sionisme et l’impérialisme. Sans parler d’autres supports d’information indépendants qui ne sont plus tributaires des multinationales de l’information occidentales pour retransmettre leurs propres images, fabriquer leurs propres nouvelles et fournir leurs propres interprétations des faits et des événements. Nous voilà donc à un tournant qui annonce non seulement la fin de la propagande capitaliste, impérialiste et sioniste mais la fin de toutes les propagandes.

LE DESSOUS DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE

Quand on parle de la propagande sioniste internationale, on pense immédiatement et machinalement au lobby israélien aux États-Unis et en Europe. C’est notamment la thèse soutenue en 2006 par John Mearsheimer et Steven Walt, qui considèrent que la politique étrangère américaine au Moyen-Orient est sous influence d’un puissant lobby israélien qui lui imprime ses actions et ses orientations.

Sans nier aucunement l’influence de ce lobby, surtout au congrès et à la Chambre des Représentants, sa puissance a été exagérée volontairement justement par la propagande sioniste internationale elle-même pour faire croire que les juifs sont des hommes super intelligents, dotés d’un QI supérieur aux autres et d’un pouvoir manipulateur hors du commun.

On parle trop souvent du lobby israélien aux États-Unis ou en Europe mais on ne parle pas assez ou pas du tout de tous ces groupes obscurs et de tous ces lobbies non juifs et non sionistes qui exercent discrètement et sournoisement une influence considérable sur les orientations de la politique étrangère américaine et européenne au Moyen-Orient. Les villes américaines sont peuplées de groupes de pression, de think tanks de tous genres, d’institutions, civiles, religieuses, politiques, de centres de recherche politiques, stratégiques et militaires, de fondations comme le NED (National Endownment for Democracy), Fondations Soros, Fondations Rockefeller etc. qui sont des groupements non juifs et non sionistes mais qui font une propagande active et efficace tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des États-Unis en faveur du soutien inconditionnel à l’entité sioniste en Palestine. Le lobby israélien aux USA et en Europe ne représente en fait qu’un petit groupe très minoritaire par rapport à une myriade d’autres groupes non juifs et non sionistes qui agissent dans l’ombre et qui apportent un soutien indéfectible à Israël.

Rappelons par ailleurs que le but de ces groupes non juifs et non sionistes n’est pas franchement l’amour du juif et l'État d’Israël mais la planification et la préparation des prochaines guerres impérialistes au Moyen-Orient. Plus précisément, le travail de ces think tanks non juifs et non sionistes consiste à semer des troubles et à fomenter des conflits au sein des sociétés arabo-musulmanes quand bien même ces dernières représentent un terrain fertile et réceptif à toutes les sollicitations extérieures du fait de leur composition ethnique et religieuse.

Ceux qui mettent en avant ou exagèrent la puissance du lobby israélien cherchent en réalité à détourner les regards du vrai danger qui menace le Moyen-Orient, qui est moins l’entité sioniste que la soldatesque des États-Unis. En se focalisant sur le lobby israélien aux États-Unis, on occulte par ailleurs les vraies motivations de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient qui, rappelons-le au passage, ne sont ni morales, ni religieuses ni éthiques mais la protection des intérêts du capital et des multinationales. Israël représente certes une menace permanente au Moyen-Orient mais ce qui menace le plus cette région, c’est l’impérialisme américain. Le soutien américain inconditionnel n’est pas spécifique au seul État d’Israël, c’est une constance de la politique étrangère américaine que l’on relève dans bien d’autres régions du monde, en Afrique, en Europe ou en Amérique latine.

L’aide apportée par les États unis à leurs alliés est conditionnée comme toujours par leur degré de fidélité et leur coopération directe ou indirecte pour la protection des intérêts des multinationales américaines. Par conséquent, le soutien des États-Unis à l’État d’Israël dépend de la position hautement stratégique qu’occupe l’entité sioniste dans la mise en œuvre de l’hégémonie américaine au Moyen Orient. Ce sont cet enchevêtrement et cette collusion entre les intérêts stratégiques et tactiques des États-Unis et d’Israël qui empêchent de bien discerner les objectifs visés par la propagande impérialiste américaine et ceux de la propagande sioniste internationale.

Essayons de voir par ailleurs de quelle manière la propagande sioniste internationale sert les intérêts du grand capital américain et accessoirement le grand capital européen au Moyen-Orient.

L’existence de l’État sioniste au cœur du Moyen-Orient est d’abord et avant tout une source de conflits et de tensions permanents dans cette région du monde. C’est déjà une affaire juteuse pour les États-Unis et pour l’Europe, ou plus précisément pour les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel. À intervalles réguliers, pour pouvoir survivre et maintenir l’unité de ses populations que tout sépare, l’histoire et la géographie, Israël est condamné à faire des guerres et à entretenir des tensions permanentes au Moyen-Orient.

Dans les années 1950, Moshé Dayan a affirmé qu’Israël n’avait pas besoin d’une alliance militaire car il n’est menacé ni par ses voisins arabes ni par les Palestiniens qui n’ont pas d’armes. La grande menace qui pèse sur Israël, dit-il, est le maintien de son unité intérieure et dans ce dessein il fallait sans cesse faire peur aux Israéliens en leur racontant des histoires comme par exemple les Américains et les Anglais sont en train de débarquer dans le désert du Néguev.

Cet aveu de Moshé Dayan confirme le fait que l’État d’Israël n’est pas un État créé pour des juifs européens persécutés et victimes de l’antisémitisme et de l’holocauste, mais comme une simple base militaire occidentale, appelée à jouer le rôle de gendarme et du berger allemand au Moyen-Orient. Ces guerres à répétition sont donc du pain béni pour les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel américain et européen. D’ailleurs, si l’État sioniste n’avait pas existé, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel l’aurait inventé. Autrement dit, Israël n’est autre chose qu’un marchepied et un pion au service des marchands d’armes et du complexe militaro-industriel.

Après chaque conflit armé, les marchands d’armes et les représentants du complexe militaro-industriel américain et européen accourent en Israël pour faire le point avec les militaires sionistes sur l’efficacité des armes utilisées contre les populations civiles palestiniennes et libanaises, et cela dans le but de les perfectionner pour les prochaines guerres. Après chaque guerre, les think tanks états-uniens, européens et sionistes se mettent aussitôt au travail pour préparer les prochaines guerres moyen-orientales avec à la clé le futur plan de campagne et le prochain ennemi à abattre. Avec les guerres et les conflits armés au Moyen-Orient, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel font deux coups avec une seule pierre en vendant les armes dernier cri aux Israéliens et les armes défensives ou presque obsolètes aux États arabes voisins.

Naturellement avant chaque guerre, il faut préparer psychologiquement les opinions publiques occidentales grâce à une intense propagande. Depuis l’effondrement de l’Union soviétique, la collusion entre la propagande impérialiste américaine et la propagande sioniste internationale est parfaite et les deux propagandes ont travaillé ensemble, main dans la main et elles ont conjugué leurs efforts pour en finir avec tous les régimes qui faisaient obstacle à l’hégémonie des États-Unis au Moyen-Orient.

La première guerre du Golfe avait déjà été planifiée une dizaine d’années avant, c’est-à-dire après la fin de la guerre Iran-Irak en 1980. Avant le 11 septembre 2001, la propagande impérialiste et la propagande sioniste avaient déjà désigné les futurs ennemis à abattre, les États de l’Axe du mal ou les États voyous (Rogue States), l’Irak, l’Iran et la Corée du Nord. Pour mener leur propagande guerrière et pour violer psychiquement les opinions publiques occidentales, les marchands d’armes et le complexe militaro-industriel ont fait main basse sur les mass medias aux États-Unis et en Europe. Aux USA, parmi les dix grands groupes de communication, sept sont contrôlés par des marchands d’armes et par le complexe militaro-industriel. Par exemple, General Electric est la maison mère de la chaîne américaine NBC.

Le cas de la France est assez éloquent à cet égard puisque les mass medias sont aujourd’hui contrôlées par deux marchands d’armes, Lagardère et Dassault. La collusion est donc parfaite entre les intérêts du complexe militaro-industriel américano-européen, la propagande sioniste internationale et la propagande impérialiste américaine.

CONTRE-PROPAGANDE ET NEUTRALISATION DE LA PROPAGANDE SIONISTE INTERNATIONALE

La propagande sioniste internationale est fondée sur la suggestion émotionnelle qui a si bien réussi à Hitler pour accéder au pouvoir en Allemagne. La propagande de type émotionnel n’est pas à vrai dire une prérogative des dictatures, car on trouve aux États-Unis et en Europe des techniques similaires visant à exciter l’émotivité et l’impulsivité des individus. Dans le plan de campagne de la propagande sioniste internationale, on trouve une série de fables et de légendes fabriquées pour le besoin de la cause, comme le droit historique des juifs sur la terre de la Palestine et l’holocauste devenu une industrie. L’holocauste, qui est une autre manière d'exciter l’émotivité, a été mis à contribution pour légitimer l’occupation israélienne et pour couvrir les exactions et les atrocités commises à l’égard des populations civiles palestiniennes. (Sur les origines du sionisme, lire cet excellent article de René Castillon. Pour une critique pertinente du droit historique des juifs, voir l’article documenté de Frédéric Courvoisier sur le site Mecanopolis, « L’exil du peuple juif remis en cause ».)

Aujourd’hui, le thème de l’éternelle victimisation du juif est en perte de vitesse et ne fait plus recette. Les crimes à répétition commis par les forces d’occupation sioniste en Palestine et l’extension de la colonisation de la terre palestinienne démasquent jour après jour les mensonges de la propagande sioniste internationale. Quand on parle de la fin de la propagande sioniste, cela veut dire concrètement qu’une propagande adverse, en l’occurrence une propagande antisioniste, fera appel à des données factuelles pour montrer que la propagande sioniste internationale n’est qu’un tissu de mensonges. La propagande antisioniste se doit d’évoquer des faits et des événements réels en évitant la propagande émotionnelle. Pour convaincre, la propagande antisioniste doit diffuser ses propres images, produire ses propres informations et donner ses propres interprétations des faits et des événements. Les multinationales de l’information occidentales n’ont plus aujourd’hui le monopole de la production des images et de l’information et elles ont perdu du coup l’exclusivité dans l’interprétation des faits. Les sources d’information se diversifient et se multiplient en permettant à tout un chacun de confronter des points de vue différents sur la même question.

Aujourd’hui, chacun des protagonistes au Moyen-Orient possède ses propres moyens de propagande par lesquels il s’exprime et combat la propagande adverse. Pendant la première guerre du Golfe, CNN était le seul organe de propagande américano-sioniste. Depuis, CNN a perdu le monopole de la propagande à cause de l’émergence d’une chaîne arabe concurrente, Al-Jazira. Pendant la guerre libanaise de l’été 2006, l’aviation israélienne a bombardé en premier Al-Manar, l’organe de propagande du Hezbollah. Le Hamas palestinien a sa radio et sa télévision. Sous la pression du lobby sioniste en France, le gouvernement français a interdit la diffusion de la chaîneAl Manar.

Durant la guerre sur Gaza, malgré le bouclage et l’interdiction faite aux journalistes étrangers de filmer le massacre et des exactions commis à l’égard des populations civiles palestiniennes, le monde entier a tout de même pu découvrir à travers les images diffusées par la chaîne Al-Jazira, les corps d’enfants palestiniens, déchiquetés et brûlés par les bombes à phosphore. Le monde entier a ainsi pu voir et constater de visu, la sauvagerie et la barbarie sioniste en Palestine. Grâce aux images d'Al-Jazira et d’observateurs étrangers, européens, américains, le monde entier a pu se rendre compte que les victimes d’hier de l’holocauste juif deviennent aujourd’hui à leur tour des bourreaux et des criminels de guerre en commettant massacre après massacre à l’égard les populations civiles palestiniennes. La propagande sioniste internationale ne pouvait rien contre les images diffusées par satellite, car ces images parlent d’elles-mêmes et elles n’ont besoin ni de long discours ni de commentaires. Les membres des ONG et des organisations internationales de défense des droits de l’homme présentes sur place durant la guerre contre Gaza ont tout vu et ils ont filmé les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par l’armée sioniste dans les territoires occupés. D’ailleurs, pour établir son rapport, la commission Goldstone qui, par ailleurs a été empêchée d’enquêter sur place, a puisé l’essentiel de ses informations dans les reportages et les rapports réalisés par des ONG et des organisations humanitaires indépendantes.

N’ayant plus la maîtrise absolue de la production de l’image et de l’information, la propagande sioniste internationale s’est trouvée désarmée et elle a du coup manqué son objectif, celui de berner et de manipuler, comme par le passé, les opinions publiques occidentales. La mobilisation sans précédent de celles-ci en faveur des Palestiniens et contre Israël durant la guerre de Gaza, une attitude contrastant bizarrement avec les positions pro-sionistes des gouvernements européens, montrent à quel point la propagande sioniste internationale a perdu la guerre de l’image et de l’information et elle s’est démasquée comme propagande.

Les enceintes internationales deviennent de plus en plus un lieu de propagande antisioniste. Au mois de septembre, lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations-unies, le colonel Kadhafi, après avoir déchiré la Charte des Nations Unies, a accusé l’organisation onusienne d’avoir fomenté et cautionné 67 guerres depuis sa création et il a réclamé, entre autres, l’ouverture d’une enquête internationale sur le massacre de Sabra et Chatila et l’invasion de la Bande de Gaza en 2008. Les fulminations et diatribes du président vénézuelien Hugo Chavez contre l’impérialisme américain et l’expulsion de l’ambassadeur israélien pendant la guerre de Gaza s’apparentent à une forme de propagande antisioniste. La colère et le départ précipité de Davos en Suisse du premier ministre turc, Regip Taeb Erdogan, suite à des propos prononcés par le président israélien Shimon Peres contre le Hamas palestinien sont une manière personnelle de s’opposer à la propagande sioniste internationale.

Par ailleurs, certains chefs d’États arabes osent aborder la question du nucléaire israélien en brisant un tabou sur la question de l’arme atomique au Moyen-Orient. Le colonel Khadafi a déclaré lors d’une interview diffusée lundi 26 octobre par la chaîne britannique Sky News, que les Égyptiens, les Syriens et les Saoudiens ont le droit de posséder l’arme atomique au même titre qu’Israël. Dans une interview au Sunday Times, le premier ministre turc Erdogan a reproché à l’Occident son acharnement à l’égard du nucléaire iranien alors que les mêmes membres du Conseil de Sécurité qui veulent empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, possèdent chacun son propre arsenal nucléaire.

Depuis deux décennies, les délégations des États arabes demandent à l’AIEA d’enquêter sur le nucléaire israélien mais en vain. Dernièrement, une résolution présentée par les pays arabes et votée par 49 voix contre 45, demande au président de l’AIEA Mohammed El Baradei de soumettre le nucléaire israélien à des inspections au même titre que le nucléaire iranien. Mais Israël a refusé toute inspection de ses installations nucléaires ainsi que toutes formes de coopération avec l’agence onusienne sous prétexte qu’il n’est pas signataire du traité de non-prolifération nucléaire. Quelle serait l’attitude de la soi-disant communauté internationale si c’est un État arabe qui refusait l’inspection de ses installations nucléaires ? Bush et Blair ne sont-ils pas allés en Irak sous prétexte que le régime de Saddam Hussein cachait des armes de destruction massive ? Comprenne qui pourra.

Indéniablement, c’est le président iranien Mahmoud Ahmadinejad qui se révèle sur la scène internationale comme un redoutable propagandiste antisioniste en brisant des tabous et en mettant en selle des thèmes que personne n’ose aborder en Occident tels l’holocauste et l’antisémitisme, sous peine d’être poursuivi et condamné pour négationnisme. Il faut bien reconnaître qu’avant Ahmadinejad, aucun chef d’État n’a eu le courage et n’a osé poser la question de l’holocauste, de l’antisémitisme et les conditions qui ont été à l’origine de la création de l’État d’Israël. Quand le président iranien monte sur les tribunes internationales, il pose la question de l’holocauste et de l’origine de l'État d’Israël en avançant des arguments dont certains sont certes discutables et même critiquables, mais d’autres sont pertinents.

Je reproduis ici un extrait d’une interview donnée par la président iranien à l’hebdomadaire Newsweek, où il aborde entre autres la question de l’holocauste et les victimes juives de la Seconde Guerre mondiale.

Newsweek : Alors que l’Iran tente de renouer des liens avec l’Occident, pourquoi à nouveau nier la réalité de l’Holocauste, quand ces thèses sont si aisément réfutables ? Ne pensez-vous pas que l’Holocauste est un sujet important ?

Mahmoud Ahmadinejad : Oui, je pense que c’est le plus grand crime du XXe siècle.

Vous êtes donc d’accord sur le fait que le sujet est important. Pensez-vous que l’Holocauste est encore d’actualité aujourd’hui, qu’il nous concerne encore aujourd’hui par ses effets ?

Pouvez-vous m’expliquer en quoi il influe sur les questions de l’heure ?

Ce que je pense importe peu, M. le président, c’est ce que vous pensez qui compte.

Bien sûr, mais je voudrais que nous puissions échanger nos points de vue afin de pouvoir régler une question.

Le monde voudrait savoir ce que vous pensez.

De quel monde parle-t-on ici ?

L’Iran tente d’améliorer ses relations avec l’Occident, c’est du moins ainsi que je le comprends. Il est clair que l’Holocauste a eu lieu. Pourquoi dire qu’il n’a pas eu lieu ? Pensez-vous qu’il ne devrait pas y avoir un état Juif ? Pas d’Israël ?

Ce que je dis est extrêmement clair. C’est une approche académique d’un sujet d’importance capitale, qui se fonde également sur des considérations humanitaires. Ce que je dis, c’est que bien des choses sont survenues tout au long de l’histoire, et qu’au cours de la seconde guerre mondiale, bien des crimes ont été commis. Plus de 60 millions de gens ont été tués, encore plus déplacés. Il se pose donc un certain nombre de questions spécifiques quant aux événements de la seconde guerre mondiale, et je pense qu’on ne pourra trouver de réponses à ces questions dans la propagande que diffusent les médias. Au bout du compte, il faut des réponses convaincantes à ces questions. La première chose que je voudrais comprendre, c’est la raison pour laquelle, étant donné tout ce qui s’est passé au cours de la seconde guerre mondiale, on met l’accent sur l’Holocauste plus que sur tout autre [événement] ?

Disons que les crimes de Staline étaient de même gravité.

La seconde question est : pourquoi les hommes politiques en occident sont tellement obsédés par ce problème ? La troisième question est : de quelle façon cet événement est-il relié aux problèmes que nous pouvons observer autour de nous dans le monde d’aujourd’hui ? Fut-il un événement historique isolé, sans impact sur la situation présente ? La question qu’on doit se poser ensuite est : si cet événement s’est produit, où s’est-il produit, qui en sont les responsables, et quel fut le rôle du peuple palestinien ? Quel crime a-t-il commis pour mériter ce qu’il a subi en conséquence ? Pour quelle raison le peuple palestinien devrait-il être brimé ? Saviez-vous que plus de cinq millions de Palestiniens ont été déplacés, et bénéficient du statut de réfugié ? Quel rôle ont-ils joué dans l’Holocauste ? Pourquoi exploite-t-on l’Holocauste comme prétexte à l’occupation de la terre d’un autre peuple ? Pourquoi les Palestiniens devraient-ils donner leur vie en échange ? Vous devez savoir que les habitants de Gaza ont dû subir plusieurs embargos.

Et ceux-ci ont lancé des frappes contre Israël au moyen de missiles.

En fin de compte, les habitants de Gaza sont dans leur maison, c’est leur vie, et c’est leur terre. Qui est l’occupant ici ? Quel régime d’occupation est condamné par les résolutions des Nations Unies ? Quel esprit juste pourrait accepter qu’un événement qui s’est déroulé en Europe entraîne l’occupation de sa terre, autre part dans le monde ? Si un crime a été commis en Europe, pourquoi les habitants de Palestine devraient-ils en payer le prix ? La question est simple à comprendre. Malheureusement, les politiciens occidentaux refusent de répondre à ces questions, et préfèrent changer le sujet. Nous sommes opposés par principe au meurtre d’êtres humains. Soixante millions de gens ont été tués à l’époque [de la seconde guerre mondiale] et c’est effectivement très regrettable. Peu importe quelles étaient leur foi ou leurs opinions — c’étaient des êtres humains et leurs vies auraient dû être respectées du seul fait que c’étaient des êtres humains. Je voudrais souligner que nous ne vivons pas dans le monde d’il y a soixante ans. Nous vivons aujourd’hui. Nous considérons l’Holocauste comme un prétexte au génocide commis sur le peuple palestinien.

Lire l’intégralité de cet interview.

(...)

À Genève, le 20 avril 2009, lors de la conférence de Durban II sur le racisme, Ahmadinejad évoque les conditions dans lesquelles a été fondé l’État d’Israël provoquant ainsi le retrait précipité des délégations occidentales présentes dans la salle.

Voila ce que dit le président iranien à propos de l'État d’Israël « A la fin de la deuxième guerre mondiale, prenant prétexte des souffrances juives ils (les Européens, ndlr) ont eu recours aux moyens militaires pour créer une nation de sans abris. Ils ont envoyé des migrants d’Europe et des États-Unis et d’autres parties du monde afin d’établir un gouvernement totalement raciste dans la Palestine occupée. » (sur l’analyse du discours d’Ahmadinejad à la conférence de Durban sur le racisme à Genève, lire l’article de Frédéric Courvoisier :Mahmoud Ahmadinejad à la Conférence de « Durban II » : Une vérité qui dérange.)

En guise de conclusion, il convient d’évoquer la géographie politique du vote du rapport Goldstone. L’analyse du vote marque la fin de la propagande sioniste internationale et une timide prise de conscience des pays du Tiers-monde vis-à-vis d’un État, l’État sioniste, qui, jusqu’ici, a violé toutes les lois internationales et qui a bénéficié, grâce à la complicité occidentale, d’une impunité parfaite. Mais n’allons pas vite en besogne, car ce n’est pas demain que nous verrons les criminels de guerre sionistes, les mains enchaînées, en train de répondre de leurs crimes devant un Tribunal Pénal International, devant la Cour Pénale Internationale ou devant une instance pénale nationale.

Après la guerre de Gaza, l’inquiétude gagne le rang des hauts responsables militaires et politiques israéliens menacés de poursuites judiciaires ou d’arrestations lors de leurs déplacements à l’étranger. Pour les informer sur les pays à risque, notamment l’Espagne, une cellule spéciale a été mise en place au Ministère des Affaires étrangères.

Cela étant dit, revenons à présent au rapport Goldstone. Le rapport Goldstone a été adopté par le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU par 25 voix contre 6 voix.

Les États qui ont voté pour le rapport Goldstone sont : Bahreïn, Djibouti, Egypte, Jordanie, Qatar, Arabie saoudite, Pakistan, Indonésie, Bangladesh, Sénégal, les Etats d’Amérique centrale et du sud (Brésil, Argentine, Bolivie, Chili, Cuba, Nicaragua), Nigeria, Afrique du sud, Zambie, Ghana, Inde, Philippines, Chine, Russie.

Les États qui ont voté contre, ce sont les États-Unis et leurs satellites, Italie, Hollande, Norvège, Slovaquie, Ukraine et Hongrie.

11 Pays se sont abstenus comme l’Allemagne, la France, la Slovénie, le Japon, la Corée du sud, le Mexique.

Mais ce qui attire l’attention lors de ce vote est l’attitude de la Bosnie-Herzégovine qui a voté contre le rapport Goldstone alors que les Bosniaques ont vécu une situation dramatique similaire à celle que vivent aujourd’hui les Palestiniens sous l’occupation israélienne.

Bien que voué, comme tous les autres rapports, aux oubliettes de l’histoire, le rapport Goldstone a tout de même révélé un phénomène inédit, la fin de la propagande sioniste internationale qui ne peut plus cacher les images de l’horreur et de la barbarie israélienne en Palestine et qui n’a plus assez de ressources pour manipuler comme bon lui semble les opinions publiques occidentales ou non occidentales et de ce fait on ne peut que s’en féliciter.

L'Assemblée générale discute du rapport Goldstone sur le conflit à Gaza


Gaza

4 novembre 2009 – L'Assemblée générale de l'ONU a commencé mercredi à débattre du rapport de la Mission des Nations Unies d'établissement des faits sur le conflit à Gaza, qui estime que des crimes de guerre ont été commis à la fois par Israël et les Palestiniens lors de ce conflit entre décembre 2008 et janvier 2009.

Le rapport de cette mission dirigée par le Juge Richard Goldstone, un ancien procureur au Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY) et au Tribunal sur le Rwanda (TPIR), a été transmis par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

Le Conseil des droits de l'homme a adopté le 16 octobre une résolution dans laquelle il approuve les recommandations contenues dans le rapport Goldstone et a appelé toutes les parties concernées à garantir leur mise en œuvre.

Le rapport a mis en lumière un certain nombre de cas concrets de violations des droits de l'homme et du droit international imputables à l'armée israélienne et au mouvement palestinien Hamas dans le territoire de Gaza. Il recommande que le Conseil de sécurité se saisisse de la question et intime aux parties l'ouverture d'enquêtes, à défaut de quoi, dans les six mois, le Conseil devrait référer la situation à la Cour pénale internationale (CPI).

La séance de l'Assemblée générale fait suite à une demande du groupe des Etats arabes à New York, soutenue par les 118 membres du Mouvement des non-alignés, pour que soit examiné le rapport lors de la première semaine de novembre.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé à Israël et aux Palestiniens de mener « des enquêtes complètes, indépendantes et crédibles » conformément aux recommandations du rapport Goldstone.

Mercredi, l'observateur permanent de la Palestine, Riyad Mansour, a estimé que l'adoption par le Conseil des droits de l'homme du rapport Goldstone et de ses recommandations constituait une étape significative pour la fin de la « culture insidieuse » de l'impunité qui a trop longtemps prévalu et pour que justice soit rendue au peuple palestinien.

De son côté, la représentante d'Israël, Gabriela Shalev, a estimé que le rapport dont est saisie l'Assemblée a été « conçu dans la haine et exécuté dans le péché », car il a été fait par un organe politisé ayant des conclusions prédéterminées.

A l'issue du débat qui devait se prolonger jeudi, l'Assemblée générale devait adopter une résolution.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20520&Cr=Gaza&Cr1=

L'ambassadeur d'Israël attaqué par des œufs pourris à Trabzon en Turquie

04 Nov 2009

Ankara / Des étudiants turcs ont jeté des œufs pourris sur l'ambassadeur israélien à Ankara, au moment où il était en train de visiter aujourd'hui l'un des campus universitaires au nord de Turquie et ce, en signe de protestation contre les pratiques israéliennes répressives à l'encontre du peuple palestinien.
"Les manifestants qui se sont ressemblés devant l'université turque /KTU/ dans la ville /Trabzon/ ont obligé l'ambassadeur israélien, Gaby Lévy d'annuler sa visite au campus universitaire" a rapporté l'agence d'information turque /Anatolie/.
Deux jours avant cet incident, l'ambassadeur israélien Lévy s'est retrouvé dans l'embarras quand le maire de ville turque Rize, M. Halil Bekirci a condamné les politiques israéliennes basées sur l'expansion et l'occupation, ajoutant que la soit disant auto-défense ne légitime pas l'assassinat des enfants.
N.S. & T. Slimani

Hillary Clinton atteint Le Caire au cœur…

Le gel des colonies n’est plus une priorité pour l’Égypte

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, n’a pas eu besoin de rhétorique et de gros efforts de persuasion pour faire revenir son allié égyptien à de meilleurs sentiments, dans la foulée de la polémique sur le gel des colonies. Il lui a suffi d’un tête-à-tête agrémenté de quelques phrases à très forte charge sentimentale pour que son homologue, Ahmed Abou El Gheït, charmé, tombe dans ses bras…

Mme Clinton, qui maîtrise décidément à la perfection l’art de dire une chose et son contraire selon la tribune, n’a pas été jusqu’à faire un dessin pour faire tourner la tête à l’Egypte. « Les Etats-Unis n’ont pas changé leur position concernant leur refus des activités de colonisation. » « Je peux assurer que notre objectif est de parvenir à un véritable Etat (palestinien), avec une vraie souveraineté », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse avec son homologue égyptien Ahmed Abou El Gheït. Et pour mieux faire passer la pilule, la secrétaire d’Etat américaine est allée jusqu’à assurer qu’« il n’y a de doute dans l’esprit de personne que la voie vers un Etat palestinien (...) doit inclure toutes les questions (...) et cela comprend celle de Jérusalem ». A la bonne heure ! On aurait dit une autre personne qui parlait, l’autre jour, depuis Abou Dhabi… Mais ces propos lénifiants semblent avoir suffi pour titiller l’ego des officiels égyptiens, faussement ombrageux. Preuve en est que M. El Gheït a immédiatement saisi la perche tendue par Mme Clinton en avalant son discours sur la nécessité de reprendre les négociations de paix sans condition. C’est-à-dire sans le gel des colonies, comme le réclame Israël ! « Nous devons nous concentrer sur l’objectif final plutôt que perdre du temps à exiger telle ou telle chose », a-t-il déclaré. L’exigence du gel de colonies est donc une « perte de temps » selon Le Caire…

Meilleurs sentiments

La secrétaire d’Etat américaine a donc brillamment réussi son examen de passage au Caire, avec les compliments de MM. Moubarak et El Gheït. Pourtant, elle n’a pas vraiment cédé sur ses déclarations antérieures qui avaient mis en boule les responsables égyptiens. Loin s’en faut. « Ce que nous avons reçu des Israéliens est sans précédent et constitue un mouvement positif (…) ce n’est pas ce que nous préférons », a-t-elle réitéré hier. « C’est comme pour les progrès faits par les Palestiniens en matière de sécurité », a ajouté Mme Clinton. Et de préciser : « Ma conviction personnelle est que rien ne doit affecter notre engagement et notre détermination à aller de l’avant. Il y a certes des obstacles, mais nous ne pouvons pas laisser quoi que ce soit nous dissuader. » La patronne du département d’Etat a donc obtenu le sauf-conduit de l’Egypte pour la feuille de route d’Israël, au grand dam de l’autorité palestinienne. « Si (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu continue de construire 3000 logements, exclut Jérusalem et les bâtiments publics, la relance des négociations est mort-née », a affirmé hier le négociateur palestinien Saëb Erakat à Ramallah, en Cisjordanie. Mais la priorité de Mme Clinton est la reprise illico presto des discussions et exit l’encombrant sujet des colonies. « En fin de compte, les discussions sur les colonies avanceront quand on entrera dans la négociation sur les frontières », a-t-elle déclaré à des journalistes. Autrement dit, que les Israéliens continuent à construire des colonies où bon leur semble, après on reparlera !

Par Hassan Moali

Amr Moussa : « C’est inacceptable ! »

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a critiqué hier la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton pour ses déclarations sur la colonisation juive, réitérant le refus des Arabes d’une reprise des négociations sans gel des colonies.
« Demander aux Palestiniens de reprendre les négociations sans arrêt de la colonisation est inacceptable », a affirmé M. Moussa à des journalistes au Caire. « Il n’est pas possible de négocier alors que la colonisation se poursuit et les conditions israéliennes sont impossibles à accepter par les Palestiniens et les Arabes », a-t-il ajouté. Mme Clinton a provoqué le mécontentement des Palestiniens en appuyant une offre israélienne de gel partiel et non complet de la colonisation, qualifiée de « sans précédent ». « La position arabe est claire : pas de négociations avec poursuite de la colonisation ou exclusion de Jérusalem du gel de la colonisation », a souligné pour sa part M. Moussa. D’après lui, cette question sera discutée le 12 novembre au siège de la Ligue arabe au Caire par le comité de l’initiative de paix arabe, qui compte 13 pays. M. Moussa a également critiqué Mme Clinton pour avoir évoqué la possibilité d’un règlement de la question des colonies par le biais d’un accord, lors des négociations, sur les frontières de l’Etat palestinien. « Si elle (l’Administration américaine) n’a pas pu arrêter la colonisation ou la geler pour une période temporaire, ce qui est simple, est-il possible d’imaginer de parvenir à un accord sur l’établissement d’un Etat palestinien sur les frontières de 1967 dont Jérusalem, si facilement ? », s’est-il interrogé.
Par R. I.

Peu de chances d’élections en janvier, admet l’Autorité palestinienne

05/11/2009
Le négociateur palestinien Saëb Erakat a émis des doutes hier sur la possibilité d'organiser des élections générales palestiniennes le 24 janvier prochain, après la décision du Hamas d'interdire le scrutin dans la bande de Gaza qu'il contrôle. « On ne peut pas avoir des élections sans Gaza car on ne peut pas avoir d'État palestinien sans Gaza », a déclaré M. Erakat lors d'une conférence de presse à Ramallah (Cisjordanie). Selon lui, le maintien du scrutin sans la participation des Gazaouis « mènerait à une séparation totale entre la Cisjordanie et Gaza ». C'est la première fois qu'un haut responsable de l'Autorité palestinienne admet ouvertement que le scrutin pourrait ne pas avoir lieu, depuis la décision du Hamas.

Gaza : les États arabes insistent à l’ONU pour obtenir des enquêtes

05/11/2009
Une boutique palestinienne de souvenirs propose des écharpes au nom du juge sud-africain Richard Goldstone.                                                                                                                Marco Longari/AFP
Une boutique palestinienne de souvenirs propose des écharpes au nom du juge sud-africain Richard Goldstone. Marco Longari/AFP
Israël mène une campagne diplomatique tous azimuts contre le rapport.
Les pays arabes et non alignés ont demandé hier à l'ONU de soutenir leur demande qu'Israël et les Palestiniens ouvrent des enquêtes sérieuses sur les violations du droit international commises lors du conflit de Gaza à l'hiver dernier.
Au moins 43 orateurs devaient s'exprimer, lors d'un débat à l'Assemblée générale, sur le rapport controversé de la commission Goldstone, qui accuse les deux parties de « crimes de guerre » et de « possibles crimes contre l'humanité » lors de l'offensive militaire israélienne à Gaza en décembre-janvier. À l'issue du débat, qui selon l'observateur de la Palestine Riad Mansour se prolongera jusqu'à aujourd'hui, l'Assemblée devrait adopter un projet de résolution déposé par le groupe arabe avec le soutien des non-alignés, qui « approuve » le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone.
Ce rapport recommande la saisine de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye si Israël et le Hamas, qui contrôle Gaza, n'effectuent pas dans les six mois des enquêtes crédibles sur la manière dont le conflit a été mené. Le projet de résolution déposé à l'ONU demande à Israël et aux Palestiniens d'ouvrir dans les trois mois des enquêtes « indépendantes, crédibles et conformes aux critères internationaux » sur les « graves violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme dont fait état le rapport ». Il exprime la volonté de l'Assemblée de faire le point au bout de trois mois sur l'application de la résolution, « en se réservant la possibilité de saisir d'autres organes pertinents de l'ONU, dont le Conseil de sécurité ».
Ce texte devrait trouver facilement une majorité parmi les 192 États membres de l'Assemblée, selon les diplomates. Les États-Unis devraient voter contre, tandis que la majorité des membres de l'UE devraient soit s'abstenir, soit voter la résolution. Les résolutions de l'Assemblée générale n'ont pas le caractère contraignant de celles du Conseil de sécurité mais n'en ont pas moins un certain poids moral, car elles représentent les vues de la majorité des États du monde.
Plaidant au nom des non-alignés pour l'adoption de la résolution, l'ambassadeur d'Égypte, Maged Abdel Aziz, a estimé « impératif que l'Assemblée générale démontre sans équivoque son engagement pour les droits de l'homme et la protection des civils, tant du côté palestinien que du côté israélien ».
M. Mansour a souligné l'une des conclusions du rapport Goldstone selon laquelle l'offensive militaire israélienne à Gaza avait été « préparée dans toutes ses phases de manière délibérément disproportionnée » et « visait à punir, humilier et terroriser la population civile ».
Israël, qui avait lancé une offensive en réponse à des tirs de roquettes sur son territoire à partir de Gaza par les militants palestiniens, rejette le rapport comme étant « inique, saugrenu et unilatéral ». L'État hébreu, qui mène une campagne diplomatique tous azimuts contre le rapport, craint qu'il finisse devant le Conseil de sécurité puis la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, qui pourrait engager des poursuites contre ses hauts responsables militaires ou politiques.
Son ambassadrice, Gabriela Shalev, a de nouveau rejeté le rapport Goldstone qui, selon elle, dénie à Israël le droit de se défendre contre le terrorisme. Elle a également critiqué le bien-fondé du débat à l'Assemblée générale de l'ONU, où existe historiquement une large majorité propalestinienne. « Plutôt que d'affronter le terrorisme, l'Assemblée générale a de nouveau choisi d'ignorer la réalité (...) ; cet organe lance une nouvelle campagne contre la victime du terrorisme, le peuple d'Israël », a-t-elle déclaré.

Clinton s’emploie à rassurer et obtient l’appui du Caire

05/11/2009
La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, avec son homologue égyptien, Ahmad Aboul Gheit.KHALED DESOUKI/AFP
La secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, avec son homologue égyptien, Ahmad Aboul Gheit.KHALED DESOUKI/AFP
Les Palestiniens ne veulent pas « négocier pour le plaisir de négocier », déclare Erakat.
La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a intensifié ses efforts hier au Caire pour rassurer Palestiniens et pays arabes après des déclarations controversées sur la colonisation israélienne, obtenant un appui de l'Égypte mais sans convaincre la Ligue arabe.
Après un entretien de plus d'une heure avec le président Hosni Moubarak, qualifié de « constructif » et « positif », Mme Clinton a réaffirmé sa détermination à faire avancer le processus de paix israélo-palestinien. « Je peux assurer que notre objectif est de parvenir à un véritable État (palestinien), avec une vraie souveraineté », a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue égyptien Ahmad Aboul Gheit. « Il n'y a de doute dans l'esprit de personne que la voie vers un État palestinien (...) doit inclure toutes les questions (...), et cela comprend celle de Jérusalem », revendiquée comme capitale par les deux camps, a-t-elle ajouté. La partie orientale de la ville est annexée depuis 1967 par Israël.
Mme Clinton a également affirmé que rien ne pouvait la « dissuader » de poursuivre les efforts de relance du dialogue israélo-palestinien, bloqué depuis près d'un an, alors que les doutes se sont multipliés dans le monde arabe sur la volonté ou la capacité des Américains. « Ma conviction personnelle est que rien ne doit affecter notre engagement et notre détermination à aller de l'avant. Il y a certes des obstacles, mais nous ne pouvons pas laisser quoi que ce soit nous dissuader », a-t-elle dit.
La responsable américaine a également poursuivi ses efforts pour clarifier des déclarations qualifiant de « sans précédent » une proposition israélienne de gel partiel de la colonisation, qui exclurait Jérusalem. Ces paroles ont semé le doute sur la volonté américaine de parvenir, comme promis aux Arabes et aux Palestiniens, à un gel complet. « Notre politique concernant les activités de colonisation n'a pas changé », a assuré Mme Clinton. « Ce que nous avons reçu des Israéliens est sans précédent » et constitue « un mouvement positif », mais « ce n'est pas ce que nous préférons », a poursuivi la secrétaire d'État. « C'est comme pour les progrès faits par les Palestiniens en matière de sécurité », a-t-elle dit.
M. Aboul Gheit lui a apporté son soutien, en affirmant que « les États-Unis n'ont pas changé leur position concernant leur refus des activités de colonisation ». Il a également appuyé les efforts américains, en n'excluant pas le principe d'une reprise de négociations israélo-palestiniennes sans conditions.
Le chef de la Ligue arabe, Amr Moussa, a en revanche assuré que « la position arabe est claire : pas de négociations avec poursuite de la colonisation ou exclusion de Jérusalem du gel de la colonisation ».
Les Palestiniens réclament un gel complet de la colonisation avant de reprendre les négociations avec Israël. « Si (le Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu continue de construire 3 000 logements, exclus Jérusalem et les bâtiments publics, la relance des négociations est mort-née », a affirmé de son côté le négociateur palestinien Saëb Erakat à Ramallah, en Cisjordanie. « On ne va pas continuer des négociations pour le seul plaisir de négocier. Les Israéliens ont le choix : les colonies ou la paix. J'espère qu'ils choisiront la paix », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, est « consterné » par le comportement d'Israël à Jérusalem-Est, y compris la démolition d'habitations palestiniennes, et appelle Israël à cesser ces « actes de provocation », a indiqué sa porte-parole, Michèle Montas.
L'Égypte, ferme alliée de Washington, était la dernière étape d'une tournée de Mme Clinton au Proche-Orient.

J’irai à Gaza

publié le jeudi 5 novembre 2009

JC Lefort
Je vous appelle à participer massivement à cette marche internationale

J’irai à Gaza le 1er janvier 2010

Je participerai à la « Marche pour la liberté » qui doit entrer le 1er janvier à Gaza par le point de passage de Rafah en Egypte.

J’irai pour dire et crier avec des milliers d’autres personnes venues de partout dans le monde : « Le blocus inhumain et illégal de Gaza doit cesser immédiatement » ! ».

J’irai car, un an après les terribles événements qui ont ensanglanté la bande de Gaza l’an dernier, je veux manifester ma solidarité concrète à la population gazaouie.

J’irai car après la publication du « rapport Goldstone », qui parle de « crimes de guerre » voire de « crimes contre l’humanité » perpétrés par l’armée israélienne, il est inadmissible que se dérobent la France et l’Union européenne, qui se réclament des Droits de l’Homme, et que pareils crimes ne soient pas estimés par elles comme devant être absolument jugés par un tribunal international.

J’irai, avec d’autres responsables de l’AFPS [1] et avec des personnalités françaises, pour manifester concrètement sur place l’engagement de notre association pour cette cause qui s’appelle liberté pour Gaza.

J’irai car comme être humain, tout simplement, qui se distingue de l’animal par sa capacité à être solidaire, social. Je suis solidaire de cette population.

J’irai le 1er janvier 2010 à Gaza car je ne vois pas comment rester à Paris alors que c’est un drame terrible qui existe là-bas. Dans ses « Caractères », Jean de La Bruyère écrivait : « Il y a une espèce de honte à être heureux à la vue de certaines misères ». Ce n’est ni généralisable ni jugement porté mais je me sens touché parce qu’ils sont touchés.

Je vous appelle à participer massivement à cette marche internationale dont toutes les modalités pratiques sont en ligne sur notre site et disponibles auprès de nos comités locaux. [2]

Jean-Claude Lefort, Le 6 novembre 2009

[1] Représenteront également l’Afps à Gaza : Claude Léostic, vice-présidente de l’Afps et des membres du Conseil national

[2] http://www.france-palestine.org/mot...

Le rapport qui accuse Israël devant les Nations unies

publié le jeudi 5 novembre 2009

Entretien avec Jean Ziegler
Entretien avec Jean Ziegler, vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, alors que le rapport Goldstone est en débat à l’Assemblée générale de l’organisation internationale.

Une assemblée générale extraordinaire des Nations unies a lieu aujourd’hui pour débattre du rapport Goldstone qui accuse Israël et le Hamas de crimes de guerre durant l’offensive sur Gaza en décembre et janvier derniers. Il enjoint aux deux parties de lancer des enquêtes dans les six mois, sous peine de voir engagées des poursuites devant la Cour pénale internationale de La Haye. La résolution présentée par les pays arabes, et qui devrait faire l’objet d’un vote, demande que l’assemblée « requière du secrétaire général qu’il transmette le rapport (…) au Conseil de sécurité ». Les États-Unis et les pays européens devraient s’y opposer.

Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté une résolution soutenant les recommandations du rapport du juge Goldstone, sans l’accord des pays occidentaux. Que pensez-vous des modalités de cette adoption  ?

Jean Ziegler. Il est scandaleux que les gouvernements occidentaux n’aient pas voté pour cette résolution qui demandait pourtant l’évidence aux deux parties, Hamas et gouvernement israélien, ouvrir des enquêtes sur les crimes constatés dans le rapport du juge Goldstone. Sinon, le Conseil de sécurité devrait transférer le dossier à la Cour pénale internationale (CPI). Sous la pression américaine, les Européens n’ont pas voté. C’est aussi une profonde déception vis-à-vis du gouvernement Obama, qui n’a pas seulement été instrumentalisé par les Israéliens, mais a pris l’initiative  : il a exercé une pression extrême sur Mahmoud Abbas pour que son ambassadeur à Genève s’oppose à la résolution.

Quelle suite peut-on attendre après cette adoption  ?

Jean Ziegler. La résolution adoptée demande que des enquêtes nationales soient menées, notamment sur le terrorisme d’État israélien, et que des procès soient ouverts pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité contre un certain nombre de responsables désignés dans le rapport. Si Israël ne donne pas suite, ce qui est probable, le rapport dit que le Conseil de sécurité de l’ONU doit demander l’ouverture d’une procédure devant le CPI, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre relevant de sa compétence. L’incertitude est la suivante  : les Américains vont-ils opposer leur veto au Conseil de sécurité de l’ONU  ? Le faire reviendrait à ratifier les crimes commis par Israël. Le masque tomberait alors totalement.

En quoi ce rapport et l’adoption de cette résolution constituent-ils, quoi qu’il arrive, une avancée  ?

Jean Ziegler. C’est la première fois qu’une commission d’enquête est acceptée en territoires occupés par le gouvernement israélien. En 2006, après les massacres de Beit Hanoun, la commission dirigée par l’archevêque Desmond Tutu avait été refoulée. Cette fois, les autorités ont dû accepter sous la pression de l’opinion publique, y compris en Occident.

Pendant seize jours, Richard Goldstone et ses collaborateurs ont séjourné et enquêté à Gaza, menant plus de 1 800 entretiens. Le résultat est une formidable masse de documents. Même les ambassadeurs occidentaux à l’ONU, qui n’ont pas voulu adopter la résolution, ont reconnu que c’est un travail extraordinairement précieux et précis.

D’autre part, le rapport a été adopté, le mécanisme est en route. Même s’il se heurtait finalement au veto américain au Conseil de sécurité, il va renforcer l’opposition interne en Israël, aider l’opinion publique mondiale à prendre conscience de l’effroyable tragédie vécue par le 1,5 million de personnes enfermées dans le ghetto de Gaza, et rendre très difficile la poursuite de la politique de soutien de l’Union européenne à la politique d’occupation du gouvernement de Tel-Aviv. Le travail réalisé dans ce rapport a une importance historique. C’est un immense acquis pour la vérité et la justice internationale.

entretien réalisé par Charlotte Bozonnet

publié par l’Humanité

http://www.humanite.fr/2009-11-04_I...

Ban Ki-moon se dit « consterné » par la colonisation en Palestine

publié le mercredi 4 novembre 2009

Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Reuters
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, se dit « consterné par la poursuite de certains actes de la part d’Israël à Jérusalem-Est », a fait savoir sa porte-parole. Dans un communiqué publié mardi, il déplore « la démolition d’habitations palestiniennes, l’expulsion de familles palestiniennes et l’installation de colons dans des quartiers palestiniens ».

Aux yeux du secrétaire général, « ces actes attisent les tensions, causent des souffrances et sapent davantage la confiance. »

Le communiqué a été publié après l’éviction d’une famille palestinienne de Jérusalem-Est, présentée comme « le plus récent incident ». Selon des policiers et des témoins, des dizaines de colons israéliens ont pris possession de la maison après que la famille palestinienne, qui en revendiquait la propriété, eut perdu sa bataille légale.

Ban Ki-moon a en outre appelé Israël à cesser ses « actes de provocation » et à geler toute activité de colonisation.

M. Ban a tenu ces propos quelques jours après la polémique suscitée par la prise de position de la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, sur la colonisation israélienne.

Le week-end dernier, Mme Clinton a soutenu la proposition israélienne d’un gel partiel des colonies, qu’elle a qualifiée de « sans précédent ». Ses déclarations ont semé la consternation chez les Palestiniens. Elle a cependant tenté de se faire rassurante, lundi, affirmant que la position américaine sur les colonies juives restait inchangée et que Washington n’acceptait pas « la légitimité de la poursuite des implantations ».

La question des colonies juives est l’un des principaux litiges opposant Israéliens et Palestiniens et l’un des obstacles à la reprise du dialogue, interrompu depuis l’offensive militaire israélienne contre la bande de Gaza, l’hiver dernier.

Le rapport Goldstone devant l’ONU

L’ONU tiendra par ailleurs mercredi une assemblée générale extraordinaire pour débattre du rapport de la mission d’enquête sur les exactions commises au cours de ce conflit. Réalisé par le juriste sud-africain Richard Goldstone, le document de 574 pages accuse tout autant le Hamas que l’État juif de crimes de guerre et évoque de « possibles crimes contre l’humanité ». Il est cependant plus dur à l’endroit d’Israël.

Mardi, l’État hébreu [1] a appelé la communauté internationale à s’opposer à l’adoption du rapport, affirmant que les Palestiniens « manipul[aient] les institutions internationales. Le ministère israélien des Affaires étrangères a soutenu qu’il « port[ait] atteinte non seulement à Israël, mais aussi à tout État démocratique et pacifique qui doit faire face au terrorisme ».

Le même jour, la Chambre des représentants des États-Unis s’est prononcée contre le rapport onusien. Les élus de la Chambre basse ont approuvé une résolution appelant « le président [Barack Obama] et la secrétaire d’État [Hillary Clinton] à rejeter sans équivoque tout soutien ou tout examen futur » du document. Le projet a été adopté à 344 voix contre 36, avec 22 abstentions. Même s’il est symbolique, leur vote est en phase avec la position de l’administration Obama, qui a déjà indiqué que le rapport est susceptible de gêner le processus de paix au Proche-Orient.

Soutenus par les Palestiniens, les pays arabes ont en outre fait circuler un projet de résolution demandant que le rapport Goldstone soit présenté devant le Conseil de sécurité. Ils appellent également les deux parties à suivre les recommandations de Richard Goldstone et à ouvrir des enquêtes indépendantes sur les allégations de crimes de guerre à l’intérieur d’un délai de six mois. Faute de quoi, ils suggèrent que la Cour pénale internationale de La Haye engage des poursuites.

Leur résolution sera soumise mercredi au vote des membres de l’Assemblée générale. Elle devrait aisément obtenir la majorité grâce au soutien du mouvement des non-alignés et du groupe des 77, une coalition de pays en développement. De leur côté, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) devraient tous s’opposer à leur demande. Les résolutions de l’Assemblée générale ne sont cependant pas contraignantes.

Israël a essuyé une première défaite diplomatique lorsque le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a approuvé le rapport, à la mi-octobre.

Les combats visés par le document onusien ont fait quelque 1400 morts du côté palestinien [2] et 13 du côté israélien entre le 27 décembre 2008 et le 18 janvier 2009. La vaste offensive d’Israël était [3] une riposte aux tirs de roquettes palestiniens contre son territoire [4].

[1] encore une fois, terme inexact et qui annihile les 20 % de la population d’Israël qui sont palestiniens

[2] dont une grande majorité de civils

[3] selon la thèse israélienne que la présentation malencontreuse des journalistes fait ici passer pour une réalité

[4] tirs de roquettes artisanales qui en 7 ans ont fait 13 morts dont 4 pendant cette dernière guerre israélienne contre la population de Gaza. Les 9 autres morts israéliens sont des soldats.

publié par Radio Canada

http://www.radio-canada.ca/nouvelle...

Notes et modification du titre : C Léostic, Afps

L’UE invitée à rehausser ses relations avec Israël

publié le mercredi 4 novembre 2009

Bulletin quotidien UE-Israël
L’UE accorde la priorité à ses relations avec Israël, son "partenaire naturel"

L’UE et Israël ont achevé leurs négociations sur la libéralisation du commerce des produits agricoles, avec une ou deux restrictions. Les détails ne sont pas donnés à ce stade mais une source communautaire révèle que cet accord entre les 27 Etats membres a été acquis le 20 octobre et devrait être signé dans un avenir proche. Un autre accord sur la mise en place d’un cadre pour la certification des produits pharmaceutiques est annoncé et devrait être finalisé très prochainement. On peut donc voir à Bruxelles un réchauffement des relations avec Israël malgré une apparente distance politique et bien que le ministre israélien des Affaires étrangères ait déclaré fin septembre n’être pas content de l’avancée des relations bilatérales. Il ressentait un manque de "réponse" de l’UE et affirmait qu’il ne doit pas y avoir de " conditionnalité".

La décision prise il y a plus d’un an par les Etats membres de rehausser les relations UE-Israël est toujours d’actualité, a déclaré à Jérusalem le Vice- président de la Commission Günter Verheugen, lors d’un discours à l’intention des dirigeants économiques, des politiques et des médias à l’occasion d’une conférence sur "Israël et l’élargissement de l’UE" organisée le 15 octobre par la délégation de la Commission en Israël.

L’UE accorde la priorité à ses relations avec Israël, son "partenaire naturel ", a déclaré Verheugen. Même dans le "cercle des amis " (càd les pays qui sont inclus dans la politique de voisinage), c’est un pays "atypique" qui mérite un statut spécial car il est proche de l’UE en ce qui concerne le développement économique et la stabilité de sa démocratie et de ses institutions, a-t-il poursuivi. Les relations à développer seront peaufinées afin quelles soient aussi proches et semblables que possible des relations avec la Norvège et l’Islande qui sont membres de la zone économique européenne, a-t-il affirmé . Verheugen a appelé à un "calendrier positif ", dans le cadre de l’accord d’association, à des perspectives nouvelles intéressantes pour le développement à venir des relations UE-Israël, puisque leUE et Israël travaillent déjà ensemble sur un grand nombre de sujets. Il a mentionné l’environnement, l’énergie, les connections internet à haut débit, la science et la technologie, Galiléo, et la lutte contre le blanchiment de l’argent et le financement du terrorisme. Verheugen a quand même fait allusion à la situation politique, affirmant qu’il fallait espérer qu’avec le temps le Moyen-Orient connaîtrait la même paix et la même stabilité que l’Europe avait acquise.

Le "calendrier positif" dont il a parlé doit être mis sur le même plan que les appels à intensifier les pressions sur Israël ou même au boycott émis par des associations de la société civile en Europe. Selon Verheugen, les appels au boycott des produits israéliens ne peuvent se justifier et sont un choix "facile" qui ne résoudrait en rien le conflit. Cette phrase rassurante a eu un large écho dans la presse israélienne et sur divers médias électroniques (des associations européennes et israéliennes) qui font autorité sur la politique israélienne -signe que la menace de boycott est prise très au sérieux. Le gouvernement israélien a déjà fait savoir qu’il comptait obtenir le soutien de l’UE pour redorer l’image ternie du pays. Incapable d’expliquer les raisons de son opération à Gaza, condamné dans un rapport présenté par un juif sud-africain, cela fait 40 ans qu’Israël est au banc des accusés, selon Ido Aharoni, spécialiste en communications au ministère des Affaires étrangères, qui est cité dans la presse électronique. D’après le Jerusalem Post le premier ministre Benjamin Natanyahou a déclaré qu’il fallait contrer les efforts continus pour démolir la légitimité d’Israël : "La bataille la plus importante que nous devons mener est celle de l’opinion publique".

Lors d’une rencontre à la mi septembre entre Rafik Barak, Vice-directeur général au ministère des Affaires étrangères, et un représentant européen, Israël a demandé qu’aient lieu des visites à plus haut niveau, telle celle du Commissaire Verheugen décrit comme "un bon ami du pays", et a mentionné explicitement la visite des commissaires Rehn et De Gucht (ce qui n’est pas confirmé par Bruxelles pour le moment). Israël a aussi appelé à une plus grande implication de l’UE qu’il souhaite moins ambigüe quand elle donne son avis sur la solution à deux Etats, la liberté de mouvement dans les territoires occupés, la sécurité et la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif.

Bruxelles, le 23 octobre

Communiqué par S. Zimmermann ((NPK-NL) à la CECP (plateforme européenne des comités Palestine...)

Traduit de l’anglais par C. Léostic, Afps

Le revirement de Washington rebute les Palestiniens

publié le mercredi 4 novembre 2009

Agnès Rotivel
La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a achevé hier sa tournée au Proche-Orient sur un échec. L’Autorité palestinienne a en effet refusé de reprendre les négociations avec Israël, après que Washington eut abandonné sa précondition d’un arrêt de la colonisation israélienne dans les Territoires occupés.

Pourquoi les Palestiniens refusent-ils de reprendre les négociations ?

L’Autorité palestinienne a opposé dimanche une fin de non-recevoir aux pressions américaines et israéliennes en faveur d’une reprise des négociations au Proche-Orient. Selon le négociateur palestinien Saëb Erakat, le processus de paix est « à un tournant critique. Faire pression sur les Palestiniens pour qu’ils fassent davantage de concessions afin d’accommoder l’intransigeance d’Israël n’est pas la réponse, a-t-il souligné dans un communiqué au ton tranchant. Les Palestiniens ne peuvent accepter la poursuite de la construction des colonies ou la colonisation de la terre palestinienne en violation des lois internationales. » La veille, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas avait signifié cette position à la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton.

Lors d’une visite à Jérusalem, celle-ci avait plaidé en faveur d’une relance des négociations « dès que possible » et sans condition préalable. Se rangeant sans ambiguïté du côté du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, elle avait salué ses propositions sur une limitation de la colonisation, les qualifiant de « sans précédent ». Selon Saëb Erekat, le nombre des colons israéliens en Cisjordanie a augmenté de 17 % depuis 2003.

Pourquoi cette volteface américaine ?

Six mois après le discours du Caire du président américain Barack Obama, Washington a établi la hiérarchie de ses priorités au Proche- et Moyen-Orient. Jusqu’alors, l’administration Obama – comme la majeure partie de la communauté internationale – exigeait d’Israël qu’il gèle totalement la colonisation avant un redémarrage des pourparlers de paix. Mais elle a essuyé un refus d’Israël, malgré les nombreuses démarches du négociateur George Mitchell.

Constatant son échec, Washington considère que le dossier iranien est désormais prioritaire et que la bonne volonté israélienne sur ce dossier lui est indispensable. En échange de sa concession sur la colonisation, Israël accepterait de faire profil bas sur l’Iran et cesserait toute menace d’intervention militaire, pour ne pas contrecarrer les efforts américains visant à obtenir une suspension du programme nucléaire de Téhéran (lire ci-contre).

Quelles sont les conséquences pour les Palestiniens ?

La résolution du conflit au Proche-Orient et son corollaire, la création d’un futur État palestinien semblent du coup repoussés aux calendes grecques. La relation entre les États-Unis et Israël apparaît clairement prioritaire aux yeux de l’administration Obama, et le droit des Palestiniens à avoir un État, secondaire. C’est le retour à la doctrine qui a dominé sous toutes les administrations américaines, républicaines et démocrates, selon laquelle le conflit israélo-palestinien étant un conflit de « basse intensité », il n’est pas prioritaire de le résoudre.

Mais c’est aussi l’image du président Barack Obama qui risque d’en subir les conséquences, et la crédibilité de ses promesses qui est remise en cause. Après avoir soulevé l’enthousiasme du monde musulman lors de son discours du Caire le 4 juin, il ne fait guère mieux que son prédécesseur, George W. Bush. Sans compter que les hésitations et les retournements de la politique américaine font une victime collatérale, le président Mahmoud Abbas, désormais discrédité auprès des Palestiniens.

publié par La Croix le 3 novembre

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« Il serait bon que tous les jeunes Français aient une fois dans l’année l’occasion de chanter la Marseillaise »

publié le jeudi 5 novembre 2009

Comité national de soutien à Salah Hamouri
Voilà ce que déclarait récemment Monsieur Eric Besson, un ministre de la République, dans le cadre d’un débat national sur l’identité nationale.

L’objet de notre « Comité de soutien » n’est pas d’entrer dans quelque aspect politique autre que celui qui nous occupe.

Mais au titre de notre objet, une question se pose : comment Salah Hamouri pourrait-il chanter « La Marseillaise », lui qui est en prison illégitimement depuis plus de 4 ans en Israël et que « la France a laissé tombé » ? Salah Hamouri est Français. Il est jeune. Mais il ne peut pas chanter « La Marseillaise ». Il ne peut pas chanter par conséquent, ce couplet de l’hymne national :

Quoi ! Des cohortes étrangères

Feraient la loi dans nos foyers !

Dieu ! Nos mains seraient enchaînées !

Nos fronts sous le joug se ploieraient !

De vils despotes deviendraient

Les maîtres de nos destinées !

Les maîtres de nos destinées… c’est nous ! Allez, donnons un nouvel élan à nos efforts pour la libération de Salah !

Au nom de « La Marseillaise » !

Et quelle est donc l’identité nationale de Salah Hamouri ? Il est Français mais délaissé par la France ? C’est quoi l’identité nationale pour Salah Hamouri ? Un franco-palestinien fait-il partie de la nation française ? Assurément oui ! Sauf que non… Exigeons la libération de Salah Hamouri !

Au nom de l’identité nationale !

« Le déséquilibre des forces retarde le règlement du conflit palestino-israélien »

publié le jeudi 5 novembre 2009

entretien avec Lakhdar Brahimi
Ancien secrétaire général adjoint des Nations-Unies et ex-ministre algérien des Affaires étrangères, Lakhdar Brahimi a été l’envoyé spécial de cette organisation internationale dans plusieurs zones de conflit. Il livre son expérience dans la résolution des conflits, notamment celui entre Palestiniens et Israéliens.

Al-ahram hebdo : Vous étiez l’envoyé spécial des Nations-Unies dans plusieurs conflits du monde, dont ceux de l’Iraq (janvier-juin 2004) et de l’Afghanistan (juillet 1997-octobre 1999). Quelles leçons tirez-vous de cette vaste expérience dans la résolution de conflits, tel celui entre Palestiniens et Israéliens ?

Lakhdar Brahimi : La première leçon que l’on apprend lorsque nous avons affaire à des conflits c’est qu’il n’y a pas deux situations que l’on peut comparer ou résoudre de la même manière. Donc, il n’y a pas de formule qu’on ait pu utiliser quelque part et qu’on pourra répéter ailleurs. Chaque nouvelle situation demande que l’on s’y adapte. Il y a parfois des éléments de ressemblance, mais la question fondamentale est que les situations sont toujours différentes les unes des autres, et donc, on ne peut pas les comparer. Dans le cas spécifique du conflit israélo-palestinien, la question la plus difficile c’est que les rapports de force ne changent jamais. En Afghanistan, par exemple, on voit par moments que les talibans deviennent de plus en plus forts, même face aux forces américaines et celles de l’Otan. Mais dans le cas des Palestiniens, cela ne se passe pas de cette manière. La situation de conflit dans ce cas ne coûte pas beaucoup aux Israéliens, et cela fait qu’ils ne se sentent pas pressés de le résoudre.

Y a-t-il un moyen de changer cet équilibre de forces ?

— Il est vrai que la majorité des Israéliens se sentent très à l’aise dans cette situation. Mais il y a quand même une minorité d’Israéliens très inquiète et qui pense que la paix est dans leur propre intérêt, surtout à long terme. Mais en même temps, il faut renforcer le côté palestinien, et pour cela, il faut qu’il y ait de l’unité dans les rangs palestiniens. De plus, je dis toujours que les Arabes semblent, depuis longtemps, avoir abandonné les Palestiniens. Il est temps qu’ils raffermissent leur attitude vis-à-vis d’Israël.

Vous étiez aussi l’émissaire du secrétaire général de l’Onu en Afrique du Sud à la veille de la fin du régime de ségrégation raciale et l’accession de la majorité noire au pouvoir en 1994. Quelles sont les différences entre le cas sud-africain et celui des Palestiniens dans les territoires occupés ?

— En Afrique du Sud, il y avait une résistance armée, mais il y avait aussi un soutien international très important que l’on ne voit pas tellement dans le cas de la Palestine. Le support que les pays africains apportaient alors à l’ANC (Congrès national africain) était beaucoup plus fort et important que celui que les pays arabes accordent aux Palestiniens. L’ANC était à 100 % soutenu par la totalité des pays de l’Afrique. Aussi dans le cas de l’Afrique du Sud, il n’y avait pas de luttes internes comme on le voit aujourd’hui chez les Palestiniens.

L’une des raisons qui fait que l’Etat hébreu refuse toute solution à son conflit avec les Palestiniens est qu’il se sent invincible, étant donné sa détention de l’arme nucléaire. Une situation qui crée des émules puisque l’Iran semble, lui aussi, chercher la possession de l’arme atomique. Que pensez-vous de l’effet de cette course à l’armement nucléaire dans la région ?

— Je pense que cette région doit être dépourvue de l’arme nucléaire. Il faudrait peut-être organiser une conférence internationale où Israël et l’Iran participeraient et accepteraient de dénucléariser la région. Si cela ne se passe pas, l’Iran va essayer d’avoir l’arme nucléaire et tout autre Etat arabe essayera de faire la même chose. Mais de toute manière, s’agissant de la question du nucléaire, il y a actuellement un mouvement qui est en faveur du désarmement nucléaire. Il devra y avoir une conférence sur cette question à la fin de cette année ou au début de l’année prochaine. Il y a un très grand intérêt autour de cette question et une pression palpable aux Etats-Unis pour le désarmement nucléaire.

Et comment ce courant en faveur d’une dénucléarisation va-t-il se répercuter sur les pays qui ont déjà l’arme nucléaire, comme Israël, l’Inde ou le Pakistan ?

— Il ne s’agit pas de faire une révolution, mais c’est quand même significatif que, pour la première fois, il y a eu une résolution internationale de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) qui demande à Israël, par exemple, de se soumettre au contrôle de l’AIEA.

Pensez-vous que l’Iran cherche à se doter de l’arme nucléaire et que son programme civil cache d’autres intentions plus belliqueuses ?

— Les Iraniens disent qu’ils ne sont pas intéressés à la bombe. Ce qu’ils font est certainement légal, tout à fait autorisé par l’AIEA. S’ils cachent quelque chose ou s’ils ont des intentions pour plus tard, on n’en sait rien. Mais pour le moment, ce qu’ils font est légal.

Où en est-on de la réforme tant attendue des Nations-Unies ?

— Le mouvement de réforme des Nations-Unies, c’est comme un cheval de mer. Quelque chose dont on parle tout le temps. Cela a commencé avec l’ancien secrétaire général Boutros Boutros-Ghali, continué avec Kofi Annan et se poursuit maintenant avec Ban ki-Moon. Dans cette question, il y a deux choses. D’abord, il y a l’aspect facile qui intéresse même les grandes puissances : la réforme administrative. Il s’agit par exemple de la diminution du personnel et des dépenses. On nous disait à un moment qu’il ne fallait pas, par exemple, imprimer sur le papier. Si on souhaitait le faire, il fallait sortit à l’extérieur. C’est ce que j’appelle les réformes pour amuser la galerie.

Mais il y a les réformes fondamentales, qui concernent notamment le Conseil de sécurité. Tout le monde est maintenant d’accord que celui-ci a été dépassé par les événements. Il a été constitué en 1945, après la deuxième guerre mondiale. Le monde a changé depuis, pas le Conseil de sécurité. Jusqu’à présent, les efforts pour élargir le Conseil de sécurité ont été un échec. Il est vrai qu’ils continuent encore, mais je n’ai pas l’impression qu’on soit proche d’une solution ou d’un changement. Le Conseil de sécurité ne reflète plus du tout la réalité du monde d’aujourd’hui qui possède de nouvelles dimensions, avec l’émergence de nouveaux pôles régionaux.

Etant donné cette incapacité à réformer le Conseil de sécurité, l’on parle de plus en plus aujourd’hui de créer de nouveaux organismes, comme celui du G20 dans le domaine économique. Mais cela ne va pas remplacer le manque existant au Conseil de sécurité, car les questions de paix et de sécurité ne peuvent pas être données au G20.

Pourquoi ?

— Parce que la charte des Nations-Unies dit que c’est au Conseil de sécurité de traiter ces questions. Pour charger le G20 des questions de la paix et de sécurité, il faut changer la charte. Et les cinq pays permanents, qui ont une position clef, et en particulier le droit de veto, ne vont pas accepter la réforme de la charte. Ce qu’on est en train d’essayer de faire c’est changer la charte pour que la composition du Conseil de sécurité soit modifiée, mais on n’arrive pas à se mettre d’accord sur cela. Et il sera encore plus difficile de se mettre d’accord sur la création d’un organisme qui dépossédera le Conseil de sécurité actuel de ses prérogatives. Là, il y a deux problèmes. Le premier c’est le P5, les cinq pays permanents qui sont très contents et très heureux de cette situation et ne veulent pas qu’elle change. Mais il y a malheureusement aussi le désaccord entre les pays du Sud. Les pays de l’Amérique latine ne sont pas d’accord pour que le Brésil les représente, les pays africains ne sont pas d’accord pour que l’Afrique du Sud ou le Nigeria les représente. Pour les pays asiatiques, il y a des pays qui s’opposent à la candidature de l’Inde. Même en Europe, il y a des divergences terribles. L’Italie a combattu ouvertement pour que l’Allemagne ne devienne pas membre permanent du Conseil de sécurité. Il y a aussi des gens qui disent que l’Union européenne a déjà deux pays membres du Conseil de sécurité et qu’il ne faut pas en rajouter un troisième, etc.

Le monde arabe devrait-il avoir un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu ?

— Je pense que le monde arabe est trop affaibli pour pouvoir prétendre à un siège permanent au Conseil de sécurité de l’Onu. La coopération entre les pays arabes est tellement faible que l’on parle beaucoup plus aujourd’hui d’une représentation islamique, pas d’une représentation arabe. Alors, nous avons l’Iran qui a annoncé publiquement qu’il voulait un siège au Conseil de sécurité. Et il y a aussi l’Indonésie, ils n’ont rien dit, mais il y a des gens qui disent que l’Indonésie est le pays musulman le plus peuplé du monde. On parle donc d’une représentation de ce pays. Je regrette de dire que, pour le moment, on ne parle pas beaucoup d’une représentation arabe.

Propos recueillis par Randa Achmawi

publié par al-Ahram hebdo en français

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra...

Tel-Aviv prépare une nouvelle guerre contre le Liban

publié le mercredi 4 novembre 2009

Richard Labévière
Après avoir écarté l’éventualité d’un bombardement de sites nucléaires iranien, l’état-major israélien privilégie des opérations « régionalisées ». Contrairement aux bombardements de l’été 2006, l’option terrestre est maintenant privilégiée.

Celle-ci requiert l’engagement de quelque 120 000 fantassins, un grand déploiement d’artilleries et un millier de blindés. Les réservistes israéliens vivant en France et dans d’autres pays méditerranéens ont été, d’ores et déjà, mis en alerte. Ultra secret, leur calendrier de retour en Israël s’étale du début novembre à la fin décembre. Dernièrement, les forces spéciales israéliennes, qui avaient échoué à s’implanter dans le Sud-Liban en août 2006, ont été réorganisées et sont engagées dans des programmes d’entraînement intensifs dans le secteur des fermes de Chebaa.

L’axe de pénétration de la première vague d’assaut emprunterait la Bekaa-Est, le long de la frontière syrienne avant de se scinder en deux fronts nord-est et sud-ouest. Cette opération ne vise pas une réoccupation durable du Liban-Sud, mais voudrait « casser le réarmement du Hezbollah et l’empêcher de déployer, à nouveau, des moyens militaires au sud du Litani », a expliqué le chef d’état-major israélien, Gabi Ashkenazi, à son homologue français, le général Jean-Louis Georgelin, le 4 octobre dernier à Paris.

Quelques heures auparavant, Ashkenazi s’était entretenu avec le chef des armées américaines, l’amiral Mullen, en villégiature en Normandie. Il a, bien sûr, été question du prochain exercice de défense israélo-américain « Junifer Cobra », prévu à la fin octobre. Ces manœuvres antimissiles doivent permettre de tester les systèmes antimissiles Hetz (Arrow), Thaad (haute altitude), PAC-3 et le dispositif AEGIS, impliquant la marine et l’aéronavale. D’autres manœuvres « Junifer Cobra » de même type ont déjà eu lieu ces cinq dernières années, mais cette nouvelle édition devrait engager — pour la première fois — des missiles intercepteurs et un nouveau système radar.

L’escapade française d’Ashkenazi, qui a duré moins de douze heures, a largement été commentée dans la presse israélienne après avoir « fuité » par un porte-parole de l’armée. Israël a voulu faire savoir qu’il abandonne temporairement l’option d’un raid aérien sur des objectifs nucléaires iraniens. A son retour, Ashkenazi a répété à la radio militaire que « la meilleure façon de lutter contre le nucléaire iranien consiste à imposer des sanctions », ajoutant que, si elles échouent, « Israël aura parfaitement le droit de se défendre avec tous les moyens nécessaires ».

Une nouvelle guerre contre le Liban s’inscrit, dès maintenant, dans cette rhétorique des « moyens nécessaires » qui comprennent aussi la répétition toujours possible de l’opération « Plomb durci » contre Gaza en janvier 2009. Toutefois, cette dernière hypothèse ne présente ni un caractère d’urgence politique, ni la garantie de pouvoir changer la donne stratégique régionale. Par contre, une nouvelle guerre contre le Liban aurait la préférence du cabinet israélien pour trois raisons. Premièrement : l’armée israélienne veut sa revanche sur le Hezbollah après le fiasco de sa guerre ratée de l’été 2006. Deuxièmement, Tel-Aviv essaiera de la vendre à ses alliés comme une nouvelle opération de police régionale susceptible de renforcer la stabilité du Liban. Troisièmement, et là réside sa dimension essentielle : en s’en prenant de nouveau au Hezbollah, Tel-Aviv envoie un signal à Téhéran et Damas qui soutiennent l’organisation politico-militaire libanaise.

Cette planification militaire correspond à une période « intermédiaire », commentent plusieurs sources du Département d’Etat alors que des pourparlers secrets se dérouleraient entre Israéliens et Palestiniens afin de préparer un « Oslo II ». Cette négociation de « haut niveau » se déroulerait depuis septembre dernier sur le territoire des Etats-Unis. Elle constituerait la raison principale pour laquelle le président palestinien, Mahmoud Abbass, a accepté — à la demande des Etats-Unis — le report en mars du vote d’une résolution du Conseil des droits de l’homme des Nations-Unies sur le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone accusant Israël de « crimes de guerre » durant son offensive contre Gaza durant l’hiver 2008/2009.

Dans ce contexte, plusieurs sources du Département d’Etat américain estiment qu’une nouvelle guerre israélienne « défensive » contre le Liban pourrait favoriser le lancement d’« Oslo II », la grande initiative attendue de l’administration Obama. Doublement confronté à un redéploiement difficile de ses troupes en Iraq et à un choix stratégique capital d’augmentation ou de stagnation de ses effectifs et matériels en Afghanistan, le gouvernement du nouveau prix Nobel de la paix a impérativement besoin d’une relance de quelques négociations israélo-palestiniennes.

Même si l’on sait que le gouvernement Netanyahu s’est clairement prononcé contre un Etat palestinien et pour une continuation sine die de la colonisation, même si l’on sait que le Sénat américain n’est pas prêt à forcer l’Etat hébreu à faire des concessions significatives à la partie palestinienne, la grande presse internationale pourra enfin reparler d’un « processus de paix ». Refaire de la communication à partir d’un tel processus, même si celui-ci s’abîme de nouveau dans le simulacre, constitue désormais la priorité de Washington et de Tel-Aviv. Une fois encore, le Liban risque de servir de champ d’expérimentation à un marché de dupes.

publié par al-Ahram hebdo en français

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra...