mardi 2 août 2011

Des colons juifs terrorisent les Palestiniens dit un général israélien

lundi 1er août 2011 - 12h:55
Catrina Stewart - The Independent
Un haut gradé de l’armée israélienne prévient que le « terrorisme juif » sans entrave contre les Palestiniens de Cisjordanie occupée menace d’entrainer le territoire dans un autre conflit.
Tenant des propos pour le moins inhabituels, le major général Avi Mizrahi prend pour cible les colons extrémistes israéliens et dit que la « yeshiva » ou le séminaire religieux de Yitzhar, l’un des plus radicaux bastions de Cisjordanie, devrait être fermé, le décrivant comme étant la source du terrorisme contre les Palestiniens.
Ces remarques du général lui mettront probablement à dos le gouvernement israélien pro-colons qui a su contrer les efforts dirigés par les États-Unis visant à freiner l’expansion des colonies afin de relancer les efforts de paix. Le ministre des Affaires étrangères d’Israël, Avigdor Lieberman, vit lui-même dans une colonie de Cisjordanie. Toutes ces colonies sont illégales en regard du droit international.
L’armée observe avec inquiétude une recrudescence de la violence des colons extrémistes qui, ces derniers mois, ont incendié une mosquée en Cisjordanie, mis le feu à des oliveraies palestiniennes, et vandalisé des propriétés palestiniennes. Les colons ont tué trois Palestiniens cette année.
« Ce qui se passe sur le terrain est du terrorisme » a déclaré le général Mizrahi à la Chaîne 2 lors de l’émission Rencontre avec la presse, et « nous devons réagir ». L’armée israélienne, a-t-il dit, craint que « ce terrorisme contre les Palestiniens ne mette le feu aux poudres dans les territoires ».
Dans ses critiques, le général souligne que le haut commandement militaire se sent frustré d’être dans l’incapacité de maîtriser les colons violents.
Les Palestiniens et des ONG israéliennes accusent fréquemment l’armée d’être aux côtés des colons dans ces attaques contre les Palestiniens, et intiment à l’armée de répondre à son obligation de protéger les citoyens et de ne pas faire de politique.
Le nombre des incidents violents a grimpé ces derniers mois, en partie à la suite du meurtre un peu plus tôt cette année de cinq membres, dont trois enfants, d’une famille juive à Itamar, une colonie près de Naplouse. Deux Palestiniens sont accusés de ce crime.
Des groupes de défense des droits humains avancent que les colons les plus radicaux, dont beaucoup sont opposés à la solution à deux États puisqu’ils croient que tout Israël leur a été conféré par Dieu, agissent pour contrer la reconnaissance de l’État de la Palestine par les Nations-Unies en septembre 2011.
Certains craignent que la flambée des agressions contre les Palestiniens pourrait accroître les frustrations qui montent avec la stagnation du processus de paix et déclencher des émeutes plus violentes.
« L’armée a très peur que (les actions des colons) à un moment critique ne déclenchent une troisième Intifada » dit Adam Keller, porte-parole de l’organisation des droits de l’homme Gush Shalom, en se référant au soulèvement de masse des Palestiniens.
« Le fait que l’armée soit nerveuse rend les colons plus agressifs » dit-il.
Le général israélien Mizrahi blâme les tribunaux israélien pour avoir échoué à garder le contrôle sur les colons les plus radicaux qui sont une petite proportion des quelque 500 000 colons israéliens vivant au-delà de la Ligne verte, cette frontière d’Israël reconnue internationalement, à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
18 juillet 2011 - The Independent - traduction par l’organisation de Montréal Paju complétée par Info-Palestine.net
Lien