vendredi 27 mai 2011

La Nakba qui attend l’Amérique

publié le vendredi 27 mai 2011
William A. Cook

 
OPINION :
Le refus d’un état palestinien aboutira donc à un état israélien non démocratique d’apartheid contrôlé par une minorité, comme l’Afrique du sud il y a des dizaines d’années.
"A partir du moment où nous avons choisi d’assumer un rôle qui comprend la domination permanente du monde par les armes, nous nous sommes retrouvés seuls -craints, haïs, corrompus et corrupteurs, maintenant "l’ordre" par le terrorisme d’état et la corruption et adonnés aux rhétoriques mégalomaniaques et aux sophismes qui invitaient littéralement le reste du monde à s’unir contre nous. Nous sommes montés sur le tigre napoléonien. La question était -allions nous en en descendre un jour et serait-ce même possible ?" (Chalmers Johnson, The Sorrows of Empire 284).
La semaine dernière, la communauté mondiale a pu constater la justesse de la prémonition que Johnson a eue il y a six ans en voyant les efforts de Netanyahu et Obama pour contrôler le tigre lâché par la création de l’état d’Israël - à coup de fourberies, de terrorisme et de puissance militaire- au milieu du monde arabe, état qui doit maintenant faire face au printemps arabe qui naît des cendres des dictateurs déchus. La coercition, la corruption et la puissance militaire pouvaient créer une illusion de stabilité aussi longtemps que des accords fournissaient les milliards de dollars nécessaires à la police de la sécurité, à l’entraînement des troupes par les USA, au soutien technique et au matériel militaire qui maintenaient les dictateurs au pouvoir.
Mais deux facteurs : le fait que l’oligarchie issue des multinationales ("corpocracy") qui gouverne cet empire le contraint à obéir aux désidératas de son enfant adopté, et la guerre sans fin qu’il mène pour soutenir sa croissance économique, ont terriblement affaibli les USA comme le montrent leurs futiles efforts pour contenir le terrorisme dans tout le Moyen Orient. Désormais les USA se retrouvent sans pouvoir, sans ressources et sans amis, manipulé par les sionistes israéliens comme Sharon, Olmert, et Netanyahu qui méprisent la faiblesse des USA et tiennent son Congrès prisonnier par la force, la corruption et le mensonge, les mêmes méthodes qu’Israël a utilisées contre les peuples du Moyen Orient pour créer l’illusion de pouvoir.
Ironiquement dans son discours à l’AIPAC et à Netanyahu, lundi, Obama a dressé une carte démographique qui contraint Israël et la communauté mondiale à voir ce qui motive réellement le parti du Likoud au moment même où il prétend que "la paix est le premier objectif d’Israël". La population palestinienne de la Palestine historique sera égale à la population juive avant 2014 (Palestine Bureau of Statistics). Ce fait matériel (litt."sur le terrain") montre que les Palestiniens seront majoritaires à l’ouest du Jourdain ; L’ironie réside dans une déclaration du Likoud qui est passée inaperçue : "Le gouvernement d’Israël rejette absolument la création d’un état palestinien à l’ouest du Jourdain". Non seulement ceci signifie que le gouvernement israélien rejette totalement un état palestinien (d’une manière comparable en vérité au refus du Hamas de reconnaître Israël) mais il le fait alors même qu’il est confronté à l’évidence incontournable que les Juifs seront alors minoritaires en Palestine. Le refus d’un état palestinien aboutira donc à un état israélien non démocratique d’apartheid contrôlé par une minorité, comme l’Afrique du sud il y a des dizaines d’années.
Mais le discours d’Obama a été plus loin que les statistiques démographiques. Il a essayé d’expliquer aux Israéliens que les murs et les barrières de maillon de chaînes ne pourraient pas contenir les 6,1 millions de futurs Palestiniens même avec des barbelés, des tours de contrôle et de la haute technologie. Comment Israël pourrait-il contrôler une population supérieure en nombre à la sienne, entassée sur 15% de la Palestine historique pendant que sa propre population en occupe 85% ? (PCBS). Comment la communauté mondiale pourrait-elle accepter une situation d’une telle injustice, surtout que ces chiffres ne comprennent pas les 5,6 millions de réfugiés qui vivent dans divers pays arabes. Selon le droit international, ces personnes ont le droit du retour et beaucoup d’entre elles auraient le droit de revenir sur des terres qui sont maintenant revendiquées par Israël. Obama laisse entendre qu’Israël doit choisir entre accepter un accord qui donnerait assez de terre et de ressources aux Palestiniens ou affronter l’inévitable dissolution de l’état juif si la solution d’un seul état devient une réalité de facto. En 2002 le prince saoudien a proposé un plan de paix basé sur les frontières de 1967 qui incluait une totale reconnaissance de l’état d’Israël par tous les pays arabes. Israël et les USA l’ont rejeté d’emblée.
Obama n’a pas dit au gouvernement israélien ce qu’il devait faire, mais il a noté que les temps changent (times are a changin’). Il ne sera plus possible, sous-entend Obama, d’accueillir parmi l’élite les quelques personnes qu’on peut soudoyer pour qu’ils acceptent de signer avec Israël un pseudo accord de paix comme ceux qui ont été signés en Egypte et en Jordanie, ni de contraindre les pairs de Kadhafi à conclure des accords de pétrole juteux, ni d’envahir illégalement un pays qui n’a rien fait aux USA comme nous l’avons fait en Irak et en Afghanistan pour mettre en place des leaders complaisants qui feront ce que veulent nos entreprises. Non, les temps ont changé ; le nouvel Arabe se rend compte que les ressources des USA s’épuisent, il est conscient de sa crise économique et de sa dette colossale, il voit l’étau qui se resserre sur les Juifs à cause de la croissance de la population palestinienne, il veut la justice pour lui-même et pour les Palestiniens et il sait qu’il peut forcer la communauté internationale à se réveiller à travers l’assemblée générale de l’ONU.
Obama n’a que trop conscience du peu de pouvoir qu’il a en tant que président des USA. Il sait que les représentants du peuple sont aux mains des multinationales et du lobby israélien. Cela signifie qu’il ne peut rien faire en matière de législation ni de politique étrangère ou intérieure s’il s’oppose aux sionistes qui contrôlent son gouvernement et qu’il ne sera pas non plus réélu. C’est un homme enchaîné et soumis à ses maîtres. Mais il sait aussi que cette soumission est un danger pour les USA, que ses soldats sont au service d’une puissance étrangère et que la haine des étasuniens brûle le coeur de ceux qui vivent sous la botte des troupes israéliennes.
Mark Perry fait état d’un briefing d’un caractère explosif unique de l’amiral Mullen selon lequel les dirigeants arabes les plus importants pensent que l’administration étasunienne est incompétente et incapable de tenir tête à Israël ; il parle aussi de ceux du General Petraeus qui voit la soi-disant "relation spéciale" avec Israël comme un risque pour les vies des Etasuniens et leurs intérêts.
Le briefing de janvier de Mullen était une première. Aucun commandant précédent du CENTCOM (Commandement central des USA) ne s’était jamais exprimé sur ce qui était considéré essentiellement comme une question politique ; c’est pourquoi ceux qui ont fait ce rapport à Muller ont insisté sur le fait que leurs conclusions étaient le fruit d’un tour de la région effectué en 2009 sur les instructions de Petraeus au cours duquel ils avaient parlé à des dirigeants arabes importants. "Partout où ils sont allés, le message était assez humiliant" a dit un officier du Pentagone qui connaît le briefing. "Non seulement les USA sont considérés comme faibles mais sa puissance militaire dans la région diminue." (voir Mark Perry, “Putting American Lives At Risk")
Voici la déclaration faite par le général Petraeus au nom du Centcom devant le comité des services armés du Sénat le 16 mars 2010 :
Il n’y a pas de progrès suffisant vers une paix générale au Moyen Orient. Le conflit qui ne se résout pas entre Israël et certains de ses voisins entrave notre capacité à faire avancer nos intérêts dans le territoire placé sous notre responsabilité (AOR). Les tensions entre Israël et les Palestiniens dégénèrent souvent en violences et en confrontations armées d’importance. Le conflit engendre des sentiments anti-étasuniens qui sont dûs au sentiment que les USA favorisent Israël. La colère arabe au sujet de la question palestinienne limite la force et la profondeur des partenariats entre les USA et les gouvernements et les peuples de l’AOR et entame la légitimité des leaders arabes modérés de la région. Al-Qaeda et d’autres groupes militants exploitent cette colère pour obtenir du soutien. le conflit augmente aussi l’influence à l’Iran sur le monde arabe à travers ses obligés, le Hizbollah au Liban et le Hamas.
Obama a compris les implications pressantes de la renaissance des aspirations humanitaires des peuples de Tunisie, d’Egypte, de Libye, du Barhein, du Yémen, d’Arabie Saoudite, de Syrie, de Jordanie, d’Iran et même de Palestine, surtout de Palestine, car ces aspirations submergent les bureaux des représentants de l’ONU pour exiger la reconnaissance des citoyens occupés et assiégés de Palestine. On s’attend à ce qu’en septembre prochain, l’Amérique Latine, l’Asie, la plus grande partie de l’Europe et tous les pays arabes acceptent comme membre à part entière l’état palestinien dans les frontières de 1967 et alors le long calvaire du peuple palestinien durant 63 ans d’un processus de paix toujours saboté par Israël, touchera à sa fin (Voir Jeff Halper, “Israel is the Problem,” The Plight of the Palestinians).
Ce vote va mettre Israël dans une position intenable parce que les USA vont être obligés de renoncer au rôle de protecteur d’Israël pour qui ils ont défié l’ONU pendant toutes ces années, faisant de l’ONU une institution sans objet et sans pouvoir et anéantissant les aspirations de la communauté mondiale. Les discours d’Obama devant le Congrès et l’AIPAC contraindront Netanyahu soit à accepter des négociations de paix qui verront la création d’un état palestinien viable soit à négocier avec l’ONU au lieu des Etats-Unis la création d’un état palestinien, une perspective qui ne plaît pas à Israël. Cependant la vérité est que l’état d’Israël a été reconnu par l’ONU par un vote de l’assemblée générale en 1949 rendant donc difficile un vote similaire au profit des Palestiniens. C’est seulement si l’ONU intervient pour établir des frontières légitimes aux deux pays, créant ainsi une situation équitable de départ, qu’une paix juste et réelle deviendra possible.
Netanyahu, au contraire, a ignoré ces implications et tenté de défendre la rhétorique mégalomaniaque d’Israël,
• une rhétorique qui fait grand cas de la menace contenue dans la charte du Hamas de ne pas reconnaître l’état d’Israël mais oublie de parler au monde du rejet pur et simple d’un état palestinien dans le propre programme du Likoud ;
• une rhétorique qui prétend que les frontières de 1967 sont indéfendables pour Israël tout en niant les massacres de Palestiniens avant et après la mise en oeuvre du plan de partition de l’ONU qui s’est soldé par la confiscation de 21000 dounams (1 dounam:1000m2) de terre en Galilée, Al-Muthalath et dans le Negev.
• une rhétorique qui déclare que les colonies doivent rester en Cisjordanie au même titre que l’autoroute d’apartheid que seuls les Juifs ont le droit d’utiliser en dépit du fait qu’il y a jusqu’à 517 774 Juifs éparpillés en Cisjordanie rendant une Palestine viable impossible tandis que 1496 dounams, de plus ont été confisqués pour construire le mur d’expansion et d’annexion pour les colonies en expansion ;
• une rhétorique qui exige que les Palestiniens reconnaissent Israël comme un état juif et démocratique même si cette définition est un oxymore qui a comme conséquence de faire des arabes israéliens des citoyens de seconde classe, tandis qu’Israël refuse la création d’un état palestinien à l’ouest du Jourdain ;
• une rhétorique qui exige que les Palestiniens rejettent la violence alors qu’Israël occupe leur pays illégalement ainsi que des terres libanaises et syriennes et a assassiné sans relâche des Palestiniens depuis sa création, un fait qui est attesté par d’innombrables résolutions de l’ONU.
En ce temps de commémoration, il faut que le peuple des USA réfléchisse sur le rôle qu’il a joué dans la naissance ratée de l’état d’Israël et la désastreuse catastrophe qu’a subie le peuple palestinien. Ironiquement, la plupart des Etasuniens ne peuvent se souvenir ni de la Déclaration d’Indépendance d’Israël ni de la Nakba et pourtant en 2011 leur existence économique, politique et internationale est tributaire des décades de soutien inconditionnel que le gouvernement étasunien à donné à l’état terroriste d’Israël. Ironiquement au moment où le président Obama donne un aperçu de ce que l’évolution de la situation au Moyen Orient lui inspire, le "soutien indéfectible" à l’état d’Israël a déjà provoqué la condamnation universelle de son pays considéré comme une nation qui a perdu son honneur, en qui on ne peut pas avoir confiance et à qui il faut mieux ne pas avoir à faire car il ne lui reste plus aucune velléité de rendre justice aux faibles et aux personnes sans défenses. Voilà peut-être ce qui mène la puissance étasunienne à la catastrophe : notre politique de domination du monde au profit de notre élite économique.
William A. Cook est professeur d’Anglais à l’Université de La Verne dans le sud de la Californie. Il écrit fréquemment pour des sites Internet comme The Palestine Chronicle, MWC News, Atlantic Free Press, Pacific Free Press, Countercurrents, Counterpunch, World Prout Assembly, Dissident Voice, et Information Clearing House. Il a écrit plusieurs livres dont "Tracking Deception : Bush Mid-East policy, The Rape of Palestine, The Chronicles of Nefaria", un roman, et "The Plight of the Palestinians" qui va sortir. On peut le joindre à wcook@laverne.edu or www.drwilliamacook.com
Publié par Countercurrents
et en français par le Grand Soir
traduction : D. Muselet

Gaza : des difficultés et un désespoir sans fin

publié le jeudi 26 mai 2011
Comité international de la Croix-Rouge

 
Mathilde De Riedmatten, chef adjointe de la sous-délégation du CICR à Gaza, décrit la situation qui prévaut dans l’enclave côtière et comment les Gazaouis continuent de lutter au quotidien.
Comment décririez-vous la situation humanitaire dans la bande de Gaza aujourd’hui ?
Le CICR est préoccupé par le fait qu’un million et demi de Gazaouis ne peuvent pas mener une existence normale et digne. Pratiquement personne ne peut quitter la bande de Gaza, même pas pour aller en Cisjordanie où bon nombre ont de la famille ou y ont déjà travaillé. Les établissements de santé souffrent des restrictions imposées par Israël sur le transfert du matériel médical, des matériaux de construction et de nombreux articles de base nécessaires à l’entretien. Les installations eau et assainissement sont mises à rude épreuve depuis de nombreuses décennies. Le fait qu’elles soient en état de fonctionner, même de manière rudimentaire, est redevable aux efforts de certaines organisations humanitaires. Les bâtiments qui ont besoin d’être réparés depuis des années et les nombreux bâtiments détruits durant l’opération militaire israélienne à Gaza en 2008-2009 ne peuvent pas être réparés ou reconstruits car il n’est pas autorisé d’introduire de grandes quantités de matériaux de construction de base comme le béton dans la bande de Gaza.
La violence fait régulièrement des victimes civiles dans la bande. Ces derniers mois, bon nombre de personnes ont été tuées ou blessées lors d’une escalade de la violence et quelquefois même au cours d’hostilités ouvertes. Les incidents de sécurité dans la zone située entre Gaza et Israël entraînent souvent la perte de vies humaines ou la destruction de biens ou de moyens de subsistance. Nous déplorons les victimes civiles et continuons de rappeler à toutes les parties qu’il faut épargner aux civils les effets des hostilités. Toutes les précautions possibles doivent être prises pour éviter des victimes civiles.
Le personnel du CICR suit constamment de près la situation des civils, tels que les agriculteurs et les ramasseurs de décombres, qui n’ont d’autre alternative que de vivre et de travailler dans des zones proches d’Israël. La zone située le long de la clôture, qui s’étend sur 300 mètres dans la bande de Gaza, a été déclarée zone d’exclusion par les Forces de défense israéliennes. Une zone beaucoup plus vaste, qui s’étend sur presque un kilomètre dans la bande de Gaza, est considérée comme dangereuse en raison des incursions de l’armée israélienne et de l’utilisation de balles réelles. Chaque fois que les civils subissent un préjudice direct dans de tels incidents, nous documentons les cas et faisons part de nos préoccupations de manière bilatérale et confidentielle aux parties concernées.
Pouvez-vous nous en dire plus sur la situation économique ?
Gaza est plus tributaire que jamais de l’aide extérieure. Les jeunes – jusqu’à 50 pour cent du million et demi d’habitants de la bande de Gaza ont moins de 18 ans – souffrent de l’absence terrible de perspectives et mènent un combat permanent pour garder espoir en l’avenir.
Les limites strictes sur les importations et l’interdiction quasi absolue sur les exportations imposées par Israël rendent impossible la reprise économique. Le taux de chômage est actuellement de près de 40 pour cent et restera très élevé tant que l’économie ne pourra pas reprendre. Cette situation difficile exacerbe les difficultés déjà considérables liées à l’effondrement des secteurs jadis prospères de l’économie.
Au fil des années, l’accès aux terres propres à l’agriculture a été réduit par les restrictions imposées dans les zones proches d’Israël, le nivellement des terres et la destruction des arbres par les Forces de défense israéliennes. Pour aggraver encore la situation, le prix élevé voire la pénurie totale de certains intrants agricoles comme notamment les engrais et les pesticides, et le manque de possibilités d’exportation ont pesé lourdement sur le secteur primaire. En outre, de nombreux pêcheurs ont perdu leurs moyens de subsistance après qu’Israël ait réduit la zone de pêche à trois milles marins de la ligne côtière de Gaza.
Comme Israël conserve un contrôle effectif sur la bande de Gaza, en particulier en maintenant l’autorité sur le mouvement des personnes et biens, il doit s’acquitter des obligations qui lui incombent en vertu des règles du droit applicable en cas d’occupation et permettre à la population civile de mener une vie aussi normale que possible.
Israël a assoupli le régime de bouclage en juin 2010. Est-ce que cela a eu un effet positif sur la vie des habitants ordinaires de la bande de Gaza ?
La restriction sur le mouvement des personnes hors de la bande de Gaza reste inchangée. Le système des permis instauré par Israël, associé à des contrôles rigoureux, signifie que seules les personnes ayant besoin de soins médicaux qui répondent à des critères stricts de sécurité sont autorisées à sortir en empruntant soit le passage de Rafah vers l’Égypte soit celui d’Erez vers Israël. Très peu d’autres personnes sont autorisées à sortir de Gaza.
L’entrée de biens dans la bande de Gaza demeure encore très limitée, non seulement en termes de quantité mais aussi en termes de produits autorisés. Des retards importants sont fréquents. Certains biens autorisés sont si chers que leur disponibilité n’a que peu d’importance pour la grande majorité de la population qui n’aurait jamais eu les moyens de les acheter. Même si l’exportation de certaines cultures de rapport comme les œillets et les fraises a fait l’objet d’une couverture médiatique, le niveau réel des exportations hors de la bande de Gaza demeure pratiquement nul. Les importations de matériaux de construction et de matières premières sont encore pour la plupart interdites bien qu’elles soient vitales pour l’infrastructure du territoire et la reprise économique.
À moins d’un changement politique qui s’accompagnerait de la liberté de mouvement des Gazaouis et de l’accroissement des importations de divers biens et d’importantes exportations, il n’y aura pas d’amélioration.
Comment le CICR peut-il contribuer à atténuer les effets du bouclage ?
Pour aider les familles à joindre les deux bouts, nous avons mis en place des programmes « argent contre travail » et lancé des projets qui équipent les agriculteurs en outils et semences afin d’améliorer le rendement des récoltes.
Nous faisons aussi tout notre possible pour nous assurer que les personnes blessées et malades bénéficient de soins médicaux en apportant un soutien aux services d’urgence du ministère de la Santé et du Croissant-Rouge palestinien. La Société nationale dispense des soins d’urgence pré-hospitaliers et assure des consultations en plus des nombreuses autres tâches humanitaires qu’elle effectue dans la bande de Gaza. Le CICR soutient aussi le Centre des membres artificiels et de poliomyélite, unique installation de ce genre dans la bande de Gaza, qui a traité plus d’un millier de patients en 2010.
Nos ingénieurs eau et assainissement concentrent leurs efforts sur le traitement des eaux usées. Dans une usine récemment achevée à Rafah, une partie des eaux usées traitées peuvent en toute sécurité s’écouler dans les nappes phréatiques et les remplir, constituant la seule source d’eau propre dans la bande de Gaza. Grâce aux derniers travaux de rénovation de l’usine, les eaux usées une fois traitées pourraient bientôt servir à des fins agricoles par exemple pour l’irrigation des arbres.

L’affrontement, selon Benyamin Nétanyahou

publié le jeudi 26 mai 2011
Agnès Gruda

 
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a prononcé hier un discours décevant et belliqueux, dépourvu de la moindre prise à laquelle s’accrocher pour relancer les plus minimales négociations de paix [1].
Son ton était solennel, ses mots choisis avec précaution, les blagues complices alternant avec les envolées dramatiques. Même sa cravate, d’un bleu démocrate, semblait afficher sa volonté de réconciliation. Mais, sous ce glaçage diplomatique, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a prononcé hier un discours décevant et belliqueux, dépourvu de la moindre prise à laquelle s’accrocher pour relancer les plus minimales négociations de paix.
Jeudi, dans sa longue déclaration sur le Proche-Orient, le président Obama avait tracé ses propres conditions pour trouver enfin une solution au conflit israélo-palestinien. Il y a prôné un règlement fondé sur « les frontières de 1967 » - c’est-à-dire les limites territoriales antérieures à la guerre des Six Jours, à l’issue de laquelle Israël a étendu son emprise à la Cisjordanie, à Jérusalem-Est et à la bande de Gaza.
Ce principe n’est pas nouveau. De nombreuses tentatives de négociations prônaient déjà un retour aux frontières de 1967, sauf pour quelques importantes implantations juives en Cisjordanie, dont l’annexion à Israël devrait faire l’objet d’une compensation territoriale.
Le caractère historique du discours d’Obama ne tenait donc pas tant à son contenu qu’à son contenant : pour la première fois, ce modèle de règlement territorial était énoncé publiquement par le président américain en personne.
C’était assez pour jeter un grand coup de froid entre le président des États-Unis et le leader de la droite israélienne. Celui-ci a pu aussi être incommodé par une référence à « l’occupation » israélienne en Cisjordanie, terme tabou aux yeux de l’État hébreu. Benyamin Nétanyahou a pris la peine d’y répondre, hier, en soulignant que le peuple juif ne peut pas être considéré comme un occupant en « Judée et en Samarie » - noms bibliques de ce qui constitue l’actuelle Cisjordanie - et que la présence de colons juifs n’a rien à voir avec celle des Belges au Congo [2].
Cela dit, il s’est montré ouvert à de douloureux compromis territoriaux et à évacuer certaines colonies juives en Cisjordanie, tout en gardant les plus importantes et les plus stratégiques. Mais son élan pacifiste s’est arrêté là : à cette timide acceptation d’un règlement territorial que tous savent incontournable.
Puis le premier ministre Nétanyahou a énuméré ses conditions à la reprise de pourparlers. Rejet de toute demande relative au droit de retour des réfugiés palestiniens. Maintien d’une présence militaire israélienne dans la vallée du Jourdain, à la frontière de la Jordanie. Rejet de toute prétention palestinienne sur Jérusalem-Est. Rejet, également, de tout dialogue avec le Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle la bande de Gaza et qu’il a comparé à Al-Qaïda. Enfin, reconnaissance inconditionnelle de l’État juif par les Palestiniens.
Benyamin Nétanyahou n’est pas né de la dernière pluie. Il sait très bien que ces exigences ne peuvent pas être posées comme préalables à des négociations. C’est comme si un employeur se disait disposé à négocier avec un syndicat, mais uniquement si celui-ci accepte d’abandonner son droit de grève. Une demande inacceptable, que l’on ait envie de faire la grève ou non.
Contrairement à ce qu’avaient laissé entendre de proches collaborateurs de Nétanyahou, le discours d’hier n’offrait aucune ouverture au processus de paix. Mais plutôt des tas de prétextes pour que le conflit perdure. Nétanyahou s’est-il cantonné dans cette attitude par défi contre Obama ? Par aveuglement ? Ou par stratégie ? Si oui, laquelle ?
Un article paru hier dans le journal Haaretz avance une hypothèse à ce sujet. « La vérité est simple et concrète : Nétanyahou n’est prêt à aucun accord, à aucun compromis ni à aucun retrait territorial », écrit Nehemia Shtrasler.
Lorsqu’il a été élu premier ministre pour la première fois, en 1996, Benyamin Nétanyahou a tout fait pour torpiller les fameux « accords d’Oslo », conclus sous les auspices de Bill Clinton. Quand il a été réélu, en 2009, plusieurs pensaient que le temps lui aurait fait gagner en modération. C’était une illusion, selon Nehemia Shtrasler. Selon lui, « Nétanyahou est exactement le même qu’en 1996 ». Il mise sur le temps, croyant que celui-ci joue en sa faveur. Que les révolutions qui agitent le monde arabe finiront par produire une crise majeure qui détournera l’attention de Washington du conflit israélo-palestinien. Ce qui lui permettra de gérer le conflit avec les Palestiniens selon la seule manière qu’il semble connaître : l’affrontement.
Obama se laissera-t-il embobiner par Nétanyahou, à qui, chose troublante, le Congrès a même réservé une longue ovation ? Ou tiendra-t-il bon face à ce chef au discours mielleux, implacable ? À suivre.
La Presse
publié par Cyberpresse
ajout de notes : CL, Afps

Nouvelle flottille pour Gaza en juin ; Mankell à bord

publié le jeudi 26 mai 2011
L’Express et Afp

 
L’auteur suédois de romans policiers Henning Mankell fera de nouveau partie de la flottille internationale qui doit tenter d’acheminer de l’aide humanitaire à Gaza fin juin.
Une flottille internationale de 15 navires prendra la mer dans la dernière semaine de juin pour acheminer de l’aide humanitaire à Gaza, un an après un raid israélien meurtrier sur une première flotille, a affirmé vendredi une ONG turque, coorganisatrice du projet. A bord des navires, affrétés par 22 ONG, prendront place quelque 1.500 militants en provenance de plus d’une centaine de pays [1].
Parmi eux, Henning Mankell le "père" du commissaire Wallander, qui avait déjà participé il y a un an à un premier convoi intercepté en mer par l’armée israélienne au cours d’un raid meurtrier, fera partie de la délégation suédoise à bord de la "flottille de la liberté 2", indique l’ONG dans un communiqué.
Huit Suédois figurent déjà parmi les militants pro-palestiniens d’une centaine de pays, qui doivent embarquer sur une quinzaine de navires, selon Ship to Gaza. Au total, Ship to Gaza Suède s’attend à ce qu’une vingtaine de Suédois embarquent sur la nouvelle flottille, explique l’ONG qui précise qu’elle a refusé de nombreuses candidatures.
Le précédent de 2010
Le 31 mai 2010, une première flottille composée de six navires ayant à bord 682 personnes avait été interceptée par l’armée israéliennes dans les eaux internationales. Neufs ressortissants turcs, dont une personne ayant aussi la nationalité américaine, avaient été tués au cours de l’opération à bord du navire amiral de la flottille, le Mavi Marmara, affrété par une ONG islamiste turque.
Le drame avait provoqué la réprobation internationale et de vives tensions entre la Turquie et Israël.
[1] un bateau suisse se joindra à la Flottille de la Liberté :
CONFERENCE DE PRESSE "UN BATEAU SUISSE POUR GAZA"
"Le bateau suisse partira aux alentours de la dernière semaine de juin et son retour est prévu à la fin du mois de juin. Il restera deux ou trois jours sur place", a indiqué mardi le président de l’ONG genevoise "Droit pour tous", à l’origine du projet. Le port de départ a été choisi, mais pas divulgué pour l’instant. Une participation allemande s’est par ailleurs greffée au navire suisse.
Quelque 220 ONG helvétiques soutiennent le projet, par des messages de soutien ou la récolte de fonds. Les conseillers nationaux Joseph Zisyadis (POP/VD), Carlo Sommaruga (PS/GE), Jean-Charles Rielle (PS/GE), ainsi que le chanteur Michel Bühler ont confirmé leur présence sur le bateau suisse en partance vers Gaza, a précisé M. Gharbi. Il comptera au total 40 à 45 personnes, dont 10 Allemands.
Le retard de financement face à l’afflux d’inscriptions, ainsi que des décalages dans la coordination européenne expliquent le report du départ. Il a aussi été repoussé pour permettre à de nouveaux arrivants d’intégrer l’expédition.
Le coût de l’aventure helvétique est devisé à quelque 300’000 euros (environ 370’000 francs), y compris le prix du bateau. La participation suisse est de deux tiers et l’allemande d’un tiers.
Le bateau va aussi et surtout embarquer environ 4’000 tonnes d’aide, principalement sous forme de matériel médical et de maisons préfabriquées.
titre modifié et ajout de note : CL, Afps

Netanyahou pour une solution "créative"

publié le vendredi 27 mai 2011
Renée-Anne Gutter

 
Son refus de revenir aux frontières d’avant 1967 est idéologique et sécuritaire.
Benjamin Netanyahou a bouclé mercredi (25 mai) sa croisade politique à Washington, sans percée diplomatique et plus résolu que jamais à refuser tout retour aux frontières d’avant juin 1967. A la colère des Palestiniens. Mais à la satisfaction des Israéliens. Selon les derniers sondages, 61 % des Israéliens rejettent la formule Obama qui base tout futur règlement avec les Palestiniens sur les lignes de 1967 avec des échanges de territoires. Et 70 % félicitent M. Netanyahou pour avoir ouvertement tenu tête au président américain sur ce point.
M. Netanyahou décrie les frontières d’avant la guerre des Six-Jours pour des raisons à la fois idéologiques et sécuritaires. Il l’a redit mardi devant le Congrès américain : la "Judée-Samarie" (Cisjordanie) est "la patrie ancestrale du peuple juif". "Nous n’y sommes pas des occupants étrangers, comme étaient les Britanniques en Inde ou les Belges au Congo", a souligné le Premier israélien.
Les colonies juives en Cisjordanie sont donc à ses yeux un prolongement inhérent à l’Etat juif et sioniste. Mardi, M. Netanyahou s’est dit prêt à être "généreux au sujet de la superficie d’un futur Etat palestinien" et à laisser quelques colonies isolées hors de la future frontière israélienne. Mais il refuse de céder les grands blocs d’implantations juives.
L’aire construite et habitée par les 300 000 colons de "Judée-Samarie" ne couvre aujourd’hui qu’un pour-cent de la Cisjordanie. Mais la juridiction municipale de ces colonies, c’est-à-dire le territoire que les autorités israéliennes ont octroyé à chaque colonie à des fins diverses, s’étend au total sur 42 % de la Cisjordanie. Aux dépens des 2,5 millions de voisins palestiniens.
Bien que M. Netanyahou n’ait jamais élaboré officiellement à ce sujet, l’on croit savoir que pour préserver les blocs d’implantation juive, il voudrait annexer au moins 10 % de la Cisjordanie. Il maintiendrait ainsi quelque 250 000 colons sur place.
A cela, il ajoute divers lieux d’importance sécuritaire à ses yeux. Dont la vallée du Jourdain qui longe la frontière jordanienne et fournit à Israël la profondeur stratégique vitale pour défendre son front oriental. M. Netanyahou n’exige pas de l’annexer à proprement parler, mais bien d’y garder une présence militaire.
Or, rien que cette vallée représente environ un tiers de la Cisjordanie. Et c’est sans compter avec la Jérusalem-Est palestinienne, déjà annexée unilatéralement depuis 1967, dont M. Netanyahou ne veut pas se séparer. Plus de 200 000 Israéliens y vivent aux côtés d’environ 250 000 Palestiniens.
Mardi, tout en réitérant son intention de garder Jérusalem comme la "capitale unifiée" d’Israël, M. Netanyahou a pour la première fois déclaré qu’"avec créativité et bonne volonté, une solution pourrait être trouvée".
Il n’a pas précisé sa pensée, mais les analystes n’excluent pas qu’il proposerait aux Palestiniens d’établir leur future capitale dans les banlieues de Jérusalem-Est situées en dehors de l’aire municipale annexée.
Cela ne suffira cependant pas aux Palestiniens qui veulent récupérer leur Jérusalem-Est citadine, avec la vieille ville en son cœur qui englobe les lieux saints musulmans et chrétiens.
publié par la Libre Belgique

Gaza : la résurrection de Rafah

publié le vendredi 27 mai 2011
Gilles Paris

 
La nouvelle Egypte tient sa parole. Le ministre des affaires étrangères Nabil Al-Arabi de l’ère post-Moubarak l’avait promis, le point de passage de Rafah, entre son pays et Gaza, sera rouvert de manière permanente à partir du samedi 28 mai. Pour l’étroite bande de terre, cette annonce ouvre une brève dans le blocus imposé par Israël depuis la prise de contrôle du Hamas, en juin 2007.
La muraille héritée d’Israël entre Gaza et l’Egypte jetée à terre en janvier 2008
A bien des titres, cette décision qui témoigne d’une évolution notable du Caire dépuis l’éviction de Hosni Moubarak est historique. A partir de 1967, la frontière sud de Gaza était passée sous le contrôle israélien. Elle était devenu de plus en plus étanche au fil des années, la route Salaheddine, le principal axe de Gaza qui traverse la bande de terre du nord au sud, se terminant sur ce cul-de-sac.
C’est par Rafah que Yasser Arafat était revenu en terre palestinienne, en juillet 1994, un an après la signature des accords d’Oslo. Avec le déclenchement de la seconde intifada, en septembre 2000, la question du "corridor de Philadelphie", l’appellation israélienne de cette portion de frontière surveillée par l’armée, était devenu centrale. Pour Israël, le maintien d’un contrôle était crucial pour éviter la contrebande d’armes, au prix de la destruction de centaines de maisons palestiniennes, jugées trop proches de cette zone.
Muraille de fer (érigée sur une portion de cette frontière), projet de creusement de douves gigantesques reliées à la mer pour interdire le creusement de tunnels de contrebande, l’état-major israélien se livra à un véritable concours Lépine auquel le premier ministre Ariel Sharon mit fin en décidant un retrait total du territoire en 2005.
Ce fut ensuite l’Egypte qui pris le relais avec le même objectif : contenir les Palestiniens, surtout après la prise de contrôle du Hamas. L’Egypte en fut même réduit à installer des plaques d’acier dans les sables, après l’offensive israélienne contre le Hamas (27 décembre 2008-17 janvier 2009), à l’invitation pressante d’Israël et des Etats-Unis pour faire barrage à la contrebande d’armes comme en témoignent les câbles diplomatiques révélés par WikiLeaks.
Rafah devrait revivre avec la réouverture du point de passage mais partiellement. Il faut parier en effet que l’Egypte, en dépit de cette décision, continuera à respecter l’accord de 2005 qui stipule que seules les personnes sont habilitées à emprunter ce point de passage. Quant à l’aéroport palestinien mis hors d’état de fonctionner par Israël, il passera beaucoup de temps avant qu’il soit relancé. Tout comme le port évoqué mille fois et sans cesse remis à plus tard par Israël pour raison de sécurité.
publié sur le blog du Monde "Guerre ou Paix"

Un tsunami juridique en route

L’importance de l’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU c’est que, pour la première fois, ce seront les Palestiniens qui décideront quel cadre juridique international s’applique sur leur territoire.
La prudente politique étrangère d’Israël en matière de questions juridiques au cours des 44 dernières années va probablement s’effondrer en septembre. Les mécanismes de défense juridique construits depuis l’occupation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza pour lutter contre le "danger" de juridiction internationale quant à son comportement envers des millions de personnes qui sont sous son contrôle sont susceptibles de se transformer en poussière sous le coup de boutoir des démarches diplomatiques.
En effet, si la communauté internationale reconnaît un Etat palestinien, deux questions se posent :

-  la question de savoir si les officiers des Forces de Défense d’Israël qui sont impliqués dans des assassinats, en tirant sur des manifestants non armés et utilisant des bombes au phosphore, seront interrogés et jugés à la Cour pénale internationale à La Haye,

-  et celle de savoir si les traités internationaux relatifs aux droits de l’homme (et autres traités) seront applicables à Israël durant les actions dans les territoires palestiniens, ne seront plus décidées dans les bureaux du gouvernement à Jérusalem, mais plutôt dans les couloirs de la Mouqataa à Ramallah.
En même temps que le « tsunami » diplomatique prévu par le Ministre de la Défense Ehud Barak, Israël peut s’attendre à un tsunami juridique qui, pour la première fois, va réclamer le paiement d’un prix pour les violations des droits de l’homme dans les territoires occupés.
Le conflit israélo-palestinien, et l’occupation prolongée des territoires palestiniens conquis par Israël en 1967, ne sont pas une question interne israélienne. Il s’agit d’un conflit international dans lequel la communauté internationale a un intérêt légitime.
Pourtant, pendant les années d’occupation, l’État d’Israël a empêché les mécanismes légaux des Nations Unies, lesquels traitent de la protection des droits de l’homme, de se pencher sur ses agissements. Ainsi, par exemple, Israël s’est abstenu d’accorder des pouvoirs au Comité des Nations Unies sur les droits de l’homme pour examiner les plaintes de Palestiniens contre l’armée israélienne.
(Le comité est un organisme professionnel qui se compose d’experts de renommée mondiale en matière de droits de l’homme, par opposition au Conseil des droits de l’homme, qui est un organe politique composé de représentants des pays.)
De la même façon, dans les territoires, Israël a refusé d’appliquer les différentes conventions en matières de droits humains qui traitent, entre autres, de la discrimination envers les femmes, des droits de l’enfant, de la discrimination raciale et pour autres causes, et de la torture. Certains des plus talentueux défenseurs d’Israël ont été envoyés à Genève pour affirmer que ces traités ne sont pas contraignants pour Israël au-delà de la Ligne verte.
Israël se considère comme le représentant des victimes et des survivants de l’Holocauste, et en tant que tel a été l’un des initiateurs de la création d’une cour pénale internationale pour crimes de guerre. L’importance de l’isolement juridictionnel est survenu quand Israël a décidé de ne pas ratifier le statut de la cour afin de ne pas lui accorder le pouvoir d’enquêter et de statuer sur des crimes qui auraient été/seraient commis par des officiers et des soldats israéliens.
Au cours des 44 années, Israël a réussi à confier le soin de juger ses actions dans les territoires occupés à la Haute Cour de Justice, qui a approuvé presque toutes les politiques et pratiques de l’armée dans les territoires, renforçant l’occupation et rendant possibles des violations massives des droits de l’homme en raison de son soutien.
Israël a réussi à confier les enquêtes relatives à ses crimes aux avocats/procureurs militaires, lesquels ont agi de telle sorte que la pratique de l’enquête aboutisse à ce que l’application de la rigueur de la loi aux soldats et officiers qui l’avaient violé soit une sorte de miracle.
Tout cela est sur le point de prendre fin. Le jugement des actions d’Israël en matière de droits de l’homme est apparemment sur le point confié aux des nations du monde. Pour devenir internationalisé.
Si la Palestine est acceptée comme membre à part entière de l’ONU en septembre, le bouton "contrôle de compétence" sur les événements qui auront lieu en Cisjordanie et la bande de Gaza, sera, dans une large mesure, transféré de Jérusalem à Ramallah, de Benjamin Netanyahu à Mahmoud Abbas - parce que la signification de l’acceptation de la Palestine en tant que membre de l’ONU emportera pour celui-ci la faculté souveraine de signer des traités internationaux, d’adhérer à de tels accords internationaux et d’accepter l’autorité juridictionnelle des tribunaux internationaux quant à ce qui a lieu sur son territoire.
Le jeune Etat de Palestine agira sagement s’il décide, tout de suite après l’adhésion à l’ONU, de signer tous les principaux traités en matière de droits de l’homme et toutes les clauses ou protocoles qui accordent aux organismes professionnels le pouvoir d’examiner les plaintes formées par des civils pour violation de leurs droits.
Si le gouvernement palestinien décide également de signer et de ratifier le statut de Rome de la Cour pénale internationale, les territoires de Cisjordanie et de Gaza seront placés sous l’autorité du tribunal international en matière d’enquêtes et de poursuites.
L’importance de l’adhésion d’un Etat palestinien à l’ONU, c’est que, pour la première fois, ce seront les Palestiniens qui décideront du cadre juridique international ayant force obligatoire sur leur territoire. Après plus de 40 ans dans le désert de l’occupation, les Palestiniens auront la possibilité d’influencer leur destin par des moyens légaux.
* Michael Sfard avocat, est le conseiller juridique de la Yesh Din, organisation de défense des droits de l’homme.
29 avril 2011 -publié par Haaretz http://www.haaretz.com/print-editio...
Traduction : Wassyla-Heyett

Des figures de la gauche israélienne pressent l’Europe de reconnaître l’Etat de Palestine

publié le vendredi 27 mai 2011
Benjamin Barthe

Dans une lettre ouverte, une vingtaine de personnalités de la gauche israélienne, comme Avraham Burg, ancien président de la Knesset et de l’Agence Juive, appellent les Etats européens à voter en faveur de l’indépendance de la Palestine, au mois de septembre prochain, lors de l’Assemblée générale des Nations Unies [1].
Fort du blanc-seing de la Banque Mondiale et du FMI qui ont estimé dans de récents rapports que l’Autorité palestinienne disposait d’institutions dignes d’un Etat, le président palestinien est déterminé à faire reconnaître la Palestine comme un membre à part entière de l’ONU, en obtenant le soutien des deux tiers des Etats membres.
Prenant acte de l’intransigeance du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, exprimée mardi 24 mai dans un discours devant le Congrès américain, et du renoncement de la Maison Blanche à exercer de réelles pressions sur lui, les signataires appellent les capitales européennes à reconnaître un Etat palestinien sur les frontières de 1967, avec échanges de territoires de taille équivalente et Jérusalem-est pour capitale.
"En tant qu’Israéliens, nous déclarons que le jour où les Palestiniens proclameront leur indépendance dans un Etat souverain, destiné à vivre dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël, nous soutiendrons cette proclamation", peut on lire dans le document qui doit être rendu public vendredi 27 mai et que Le Monde s’est procuré en avance.
A Washington, sous les applaudissements des "congressmen", Netanyahou avait écarté tout retrait sur les lignes de 1967 et toute division de Jérusalem, deux paramètres communément considérés comme les conditions sine qua non à tout règlement du conflit au Proche-Orient.
Outre Avraham Burg, un ex-baron du parti travailliste, reconverti en pourfendeur des dérives du sionisme depuis qu’il a quitté la politique en 2004, la lettre a été paraphée par d’anciens hauts responsables de l’appareil d’Etat israélien comme Michaël Ben Yaïr, procureur général dans les années 90, par plusieurs sommités du monde de la recherche, comme les philosophes Yirmiyahou Yovel et Avishaï Margalit ainsi que par des vedettes de la scène culturelle, comme le romancier Nir Baram.
"LA PAIX PRISE EN OTAGE PAR LE ‘PROCESSUS DE PAIX’"
"La paix a été prise en otage par le ‘processus de paix’, écrivent les pétitionnaires. La continuation de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-est (…) démontre que l’actuelle direction israélienne utilise le processus de paix comme une manœuvre de diversion plutôt qu’un moyen de résoudre le conflit ".
Le timing de la publication coïncide avec une tournée en Europe du président américain Barack Obama, durant laquelle il devrait s’efforcer de dissuader ses interlocuteurs de soutenir la stratégie onusienne de Mahmoud Abbas et de son Premier ministre Salam Fayyad. Si le président français Nicolas Sarkozy a laissé entendre dans un entretien à L’Express qu’il pourrait répondre favorablement à la demande palestinienne, Londres et surtout Berlin semblent moins disposés à le faire.
" Nous sommes réalistes, nous savons qu’aussi prestigieux soient-ils, nos signataires ne peuvent pas grand-chose face à la détermination diplomatique américaine, affirme Hillel Ben Sasson, l’un des initiateurs de la lettre ouverte, membre du comité de solidarité avec Sheikh Jarrah, un quartier de Jérusalem-est, menacé par la colonisation juive. Mais nous voulons faire comprendre aux Européens, qu’après la visite désastreuse de Netanyahou à Washington, c’est à eux qu’il appartient de nous sauver de nos dirigeants. S’ils disent oui à l’Etat palestinien en septembre, nous avons une chance d’empêcher un nouveau bain de sang et de relancer les négociations de paix sur la base d’une plateforme décente".
A la fin du mois d’avril, à Tel Aviv, plusieurs dizaines d’artistes et d’intellectuels israéliens, dont le professeur de sciences politiques Zeev Sternhell, avaient déjà lancé un appel à la création d’un Etat palestinien, face au bâtiment même où l’Etat d’Israël avait été proclamé, en 1948.
Ces initiatives, qui tentent de ressusciter le camp de la paix, tombé dans le coma durant la seconde Intifada, ne semblent pas émouvoir l’opinion publique. Selon un sondage publié par le quotidien Haaretz, 47% des Israéliens estiment que le voyage de Netanyahou à Washington est un "succès" et seulement 10% le voient comme un "échec".
publié par le Monde
ajout de note : CL, Afps

Bibi ne lâche rien, sous les vivats du Congrès US

25/05/2011
Acclamé quasi continuellement par les membres du Congrès américain devant lesquels il s'exprimait hier, Benjamin Netanyahu n'a fait aucune concession pour le processus de paix et a réitéré son refus d'un retour aux frontières de 1967 prôné par Barack Obama. « Les Palestiniens n'ont plus qu'un seul choix : aller à l'ONU en septembre », a réagi un négociateur palestinien.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prononcé hier un discours sans concession pour le processus de paix. « Israël sera généreux quant à la taille de l'État palestinien mais nous serons très fermes quand il s'agira du tracé de la frontière. C'est un principe important », a assuré le chef du gouvernement israélien aux élus américains, tout en réitérant son refus d'un retour aux frontières de 1967 qu'il a qualifiées « d'indéfendables », déclenchant par ces paroles une salve d'applaudissements. Applaudissements qui résonnent comme un nouveau camouflet pour Obama qui avait estimé la semaine dernière que ces lignes d'armistice devraient servir de base, en tenant compte des évolutions depuis 1967, pour la négociation avec les Palestiniens.
« Nous reconnaissons qu'un État palestinien doit être suffisamment grand pour être viable, indépendant et prospère », a déclaré M. Netanyahu, dont le discours a été brièvement interrompu par une manifestante hostile aux colonies. M. Netanyahu a assuré être prêt à « des compromis douloureux » pour parvenir à la paix avec les Palestiniens. « Ce n'est pas facile pour moi, a-t-il expliqué, car je reconnais que dans une paix véritable, nous devrons abandonner des parties de l'ancestrale patrie juive. » M. Netanyahu a admis qu'après un accord de paix, certaines colonies d'implantation juives se retrouveraient à l'extérieur des frontières d'Israël.
M. Netanyahu est par ailleurs demeuré inflexible sur Jérusalem, dont les Palestiniens revendiquent la partie est. La Ville sainte, pour M. Netanyahu, est et doit rester la capitale indivisible d'Israël. Il a aussi rejeté l'idée d'un droit au retour des réfugiés palestiniens - un point avec lequel M. Obama s'était montré d'accord. Le Premier ministre israélien n'a par ailleurs rien lâché de sa combativité envers le Hamas, jurant qu'Israël ne négocierait pas avec la « version palestinienne d'el-Qaëda ».
L'un des enjeux, pour Netanyahu, est d'empêcher par une initiative la tentative des Palestiniens de faire voter à l'ONU, en septembre, la reconnaissance de leur État. Cette démarche doit être combattue, a plaidé M. Netanyahu devant un Congrès très largement acquis à sa cause, qui l'a d'ailleurs longtemps ovationné à son arrivée. M. Netanyahu a en outre été ovationné debout près d'une trentaine de fois pendant son discours par les parlementaires des deux bords, qu'il considère comme ses « amis ». Un chiffre comparable à celui réalisé par le président Obama lui-même. De son côté, l'administration Obama n'avait envoyé que deux représentants : les ministres de l'Intérieur Ken Salazar et du Logement Shaun Donovan. Assis côte à côte tout près du podium, les deux hommes ont écouté et applaudi aussi.

Les Palestiniens décidés à aller à l'ONU
Les Palestiniens ont immédiatement réagi en accusant M. Netanyahu « d'ajouter des obstacles à la paix », selon le porte-parole du président Abbas. Le discours de Netanyahu ne laisse aux Palestiniens « pas d'autre choix que d'aller à l'ONU en septembre » pour demander la reconnaissance de leur État, a réagi un négociateur palestinien. Ils ne comptent toutefois pas le proclamer « unilatéralement », a déclaré hier à Moscou un responsable du Fateh.
Le Hamas, quant à lui, a affirmé hier que le discours de Netanyahu « pose aux Palestiniens des conditions impossibles à réaliser » et prouve qu'il « ne veut d'aucun processus de paix dans la région ». M. Netanyahu « essaie de tromper le monde en parlant de la possibilité de reconnaître un État palestinien, en en détruisant les fondements et en refusant de se retirer sur les frontières de 1967, de Jérusalem, ou le retour des réfugiés », a estimé le responsable du Hamas.
En Israël, l'analyste Yossi Alpher a déclaré que « si le Premier ministre a fait la paix avec le Congrès américain, il n'a présenté aucune formule de paix avec les Palestiniens ». « Rien dans ce qu'il a dit ne peut permettre de relancer les négociations. Je ne peux que répéter ce que je dis depuis deux ans : il n'y a pas de processus de paix, il n'y a pas la moindre perspective de processus de paix et nous ferions mieux de nous concentrer sur ce qui va se passer en septembre », a-t-il averti.
Le blogueur Shmuel Rosner, du journal Jerusalem Post, a également été l'un des premiers à réagir au discours. « Israël sera généreux sur la taille de l'État palestinien, mais comment ? Netanyahu ne l'a pas précisé », s'est-il interrogé : « Si beaucoup de terres restent dans des mains israéliennes, où Netanyahu trouvera-t-il le territoire supplémentaire requis pour une telle générosité ? » M. Netanyahu a également pris soin de remercier M. Obama pour son engagement « ferme » envers la sécurité d'Israël. Un président américain que le discours de Netanyahu « laisse les mains vides, sans "idées" à partir desquelles travailler », selon Shmuel Rosner.
(Source : AFP)  

L’Égypte va rouvrir le poste- frontière de Rafah le 28 mai

27/05/2011
L'Égypte rouvrira sa frontière avec la bande de Gaza au point de passage de Rafah « sur une base quotidienne » à compter du 28 mai afin d'alléger les restrictions pesant sur la population palestinienne de cette étroite bande côtière soumise à un blocus israélien, a annoncé l'agence de presse MENA. Cette mesure est, semble-t-il, une nouvelle illustration de l'inflexion de la politique égyptienne depuis « la révolution du Nil ». Début mai, le ministère égyptien des Affaires étrangères avait annoncé que Le Caire envisageait d'ouvrir le poste-frontière de Rafah de manière permanente.
À Gaza, un porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, s'est félicité de cette « décision courageuse et responsable, en accord avec le pouls de l'opinion arabe, égyptienne et palestinienne ». « Nous espérons qu'il s'agit d'un pas vers la levée totale du blocus de Gaza », a-t-il indiqué, appelant « le monde à suivre l'exemple de l'Égypte (...) en vue de la levée de ce siège ». L'Union européenne a également salué cette décision, se disant « prête à réactiver sa mission à Rafah pour assurer son rôle de tierce partie prévu par l'accord de 2005 », faisant état de « consultations politiques en cours avec l'Autorité palestinienne, l'Égypte et Israël à cet égard ». Toutefois, Israël a regretté la décision égyptienne. « Sans un contrôle strict et efficace, l'ouverture de Rafah va permettre le trafic d'armes et l'entrée de terroristes d'el-Qaëda et de l'Iran dans la bande de Gaza », s'est inquiété le ministre du Développement régional, Sylvan Shalom.
Jérusalem va être agrandie
Par ailleurs, plusieurs hauts responsables israéliens ont participé mercredi à l'inauguration d'une implantation juive de 60 logements - l'enclave de Maale Hazeitim - au cœur du quartier palestinien de Ras al-Amoud, dans Jérusalem-Est annexée, initiative qualifiée de « provocation » par les opposants à la colonisation. Mercredi également, les autorités israéliennes ont repoussé les limites de Jérusalem, annonçant leur intention d'y bâtir 50 000 logements destinés à des juifs, autant qu'à des Arabes, au cours des 20 prochaines années. Les terrains nécessaires seront pris sur un kibboutz et pas en Cisjordanie occupée, ont-elles assuré.
En outre, la côte de popularité du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a connu une forte poussée après son voyage aux États-Unis, où il a rejeté les propositions du président Barack Obama sur les négociations avec les Palestiniens, selon un sondage publié hier. M. Netanyahu recueille 51 % d'opinions favorables, contre 36 % défavorables, le reste étant sans opinion. Deux mois auparavant, M. Netanyahu n'avait recueilli que 38 % d'opinions favorables.
(Source : agences)

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Israel s’inquiete du boycott de ses produits militaires

vendredi 27 mai 2011
Par YAAKOV KATZ
La préoccupation grandit en Israël : si une déclaration d’indépendance unilatérale des Palestiniens a lieu cette année, des pays autour du monde pourraient boycotter les produits militaires israéliens.
Photo : Courtesy , JPost
Cette crainte, exprimée par de hauts responsables de la Défense, intervient peu avant le Salon du Bourget le mois prochain, où du matériel israélien sera présenté en vue de nouvelles ventes.
"Nous devons nous préparer à l’éventualité que la déclaration unilatérale d’un Etat palestinien indépendant aux Nations Unies en septembre puisse conduire à un boycott des équipements militaires israéliens", selon les déclarations d’un haut responsable de la Défense cette semaine.
En 2010 et 2009, Israël était le quatrième plus gros exportateur d’armes et de palteformes militaires dans le monde, derrière les Etats-Unis, La Russie et la France. Ces exportations israéliennes ont atteint environ 7,5 milliards de dollars chaque année.
Les responsables de la Défense sont déjà préoccupés par la façon dont l’année 2011 va s’achever pour les grandes sociétés de cette industrie : Israel Aerospace Industries, Elbit Systems et Rafael Advanced Defense Systems. Et ce en raison de la récession économique globale et des retraits prévus des armées occidentales d’Irak et d’Afghanistan.
Les affaires avec la Turquie, qui fut un des clients importants, sont suspendues alors que les tensions restent vives entre Jérusalem et Ankara après le raid de Tsahal contre le Mavi Marmara l’année dernière.
Les deux marchés à risque dans l’éventualité d’un boycott sont l’Europe et l’Amérique du Sud. Les ventes à l’Europe sont restées stables depuis des années mais les compagnies israéliennes sont parties à la recherche de nouveaux contrats en Amérique du Sud.
Un exemple : le Brésil. Ce pays a signé un accord de confidentialité avec Israël en 2010 en vertu duquel il ne peut transférer de technologie confidentielle à une tierce partie, ce qui ouvre la voie à la vente par les sociétés israéliennes de certains de leur systèmes les plus avancés.
Démonstration de l’intérêt israélien croissant pour l’Amérique du sud : la forte participation d’entreprises israéliennes à l’exposition Défense et Aérospatiale d’amérique latine qui s’est tenue à Rio de Janeiro en avril. Les entreprises israéliennes sont en lice pour des contrats comme pour des offres concernant la sécurité intérieure : le Brésil accueillera la Coupe du monde de football en 2014 et les Jeux Olympiques en 2016."
Source : http://fr.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1302257327522&pagename=JFrench%2FJPArticle%2FShowFull
CAPJPO-EuroPalestine
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Tournée de conférences du Pr Christophe Oberlin

jeudi 26 mai 2011
Le Pr Christophe Oberlin, qui anime depuis une dizaine d’années une équipe chirurgicale d’intervention et de formation chirurgicales en Palestine, effectue ces jours-ci une tournée de conférences en France.
Le Pr Oberlin y présentera, d’une part, les objectifs de la grande mission internationale Bienvenue Palestine, du 8 au 16 juillet 2011, à l’appel de quinze associations de la société civile palestinienne de Jérusalem et de Cisjordanie .
Et d’autre part ses « Chroniques de Gaza », un livre retraçant les dizaines de déplacements que le chirurgien a effectués dans le territoire assiégé, y compris pendant le massacre de masse perpétré par l’armée israélienne en décembre 2008 – janvier 2009.
MARSEILLE (13) – 27 mai A l’invitation de Marseille-Palestine ; vendredi 27 mai, à 19 heures, 26 rue Nationale
CREIL (60) – 4 juin A l’invitation de Creil-Palestine ; samedi 4 juin, 15 heures, au Centre culturel de la Faïencerie, rue de la Faïencerie
MONTPELLIER (34) – 7 juin A l’invitation des Amis du Monde Diplomatique et d’AFPS34 ; mardi 7 juin à 19 heures, Salon du Belvédère (Terrasses du Corum) arrêt de tram Corum.
MULHOUSE (68) – 14 juin A l’invitation de Justice pour la Palestine ; mardi 14 juin à 20 heures, 44 rue des Franciscains.
CAPJPO-EuroPalestine
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Flers : échec à l’intimidation d’Alex Moumbaris, grâce à la mobilisation

mercredi 25 mai 2011
Suite à une mobilisation de nombreuses associations en France, le procureur zélé qui avait convoqué Alex Moumbaris, mardi devant le tribunal de Flers, pour avoir publié dans sa revue mensuelle un bilan positif de la campagne internationale Boycott, Désinvestissement, Sanctions, n’a pas osé évoquer la moindre sanction !
Le procureur d’Argentan David Pamart avait cru bon de s’autosaisir après la parution d’un article sur les succès de BDS, dans la revue mensuelle "démocrite", réalisée par Alex Moumbaris, et tirée à 500 exemplaires.
Courageux, mais pas téméraire, il a demandé au procureur adjoint Henri Chappe de convoquer ce militant au tribunal de Flers hier mardi 24 mai à 10 H 30 pour répondre de l’accusation suivante : "Appel public à la discrimination et non déclaration d’un écrit périodique au procureur de la république avant publication"
Mais Alex n’était pas seul. Non seulement de nombreux militants, associations, lui avaient témoigné leur solidarité par écrit et par téléphone, mais une trentaine de personnes se sont déplacées hier de Paris et de plusieurs localités de la région, pour venir faire un petit tour à Flers.
"Finalement, il n’a pas du tout été question de boycott, mais seulement du fait que je n’avais pas dûment signalé la mutation de ma publication quand j’ai déménagé", a déclaré Alex Moumbaris en sortant d’un entretien de moins de 15 minutes avec un procureur délégué qui l’a reçu à huis clos et qui a vite refermé à clef la porte de son bureau après cette audience !



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Netanyahou pris à partie en plein congrès américain puis devant l’AIPAC

mercredi 25 mai 2011
Ci-dessous l’éditorial du journal Haaretz. On appréciera la "démocratie" consistant à expulser et à blesser les militants qui ne sont pas d’accord avec la politique criminelle d’Israël

La militante juive américaine nommée Rae Abileah, 28 ans, d’origine israélienne, membre de l’association CODEPINK
Le discours du premier ministre Benjamin Netanyahou devant la session commune du Congrès a été interrompu par une militante de gauche qui a appelé à l’arrêt de l’occupation israélienne en Palestine. La perturbatrice s’appellet Rae Abileah, une militante juive américaine, d’origine israélienne, qui travaille avec l’organisation des droits de l’Homme CODEPINK.
Abileah s’est mise debout dans sa tribune, au moment où Netanyhaou félicitait les Etats-Unis d’avoir tué Oussam Ben Laden et elle a hurlé « Stop aux crimes de guerres d’Israël ».
Dans la déclaration rendue publique peu après l’incident, CODEPINK a déclaré : « Le premier ministre Netanyahou dit que les frontières de 1967 sont impossibles à protéger. Mais ce qui est réellement impossible à protéger c’est l’occupation de la terre, la famine à Gaza, l’emprisonnement des dissidents et l’absence d’égalité de droits dans la prétendue démocratie israélienne. En tant que juive et contribuable américaine, je ne peux garder le silence quand ces crimes sont commis en mon nom et avec mon argent ».
Netanyahou est resté impavide et a félicité les Etats-Unis pour ses lois démocratiques qui offre des tribunes à la liberté de parole et à la liberté de contestation. « Vous ne trouverez pas ce type de contestation à Téhéran » a dit Netanyahou, « Voilà une véritable démocratie ». Lundi, Netanyhaou a de nouveau été interrompu par des militants de gauche qui l’ont chahuté et ont critiqué sa politique à l’encontre des Palestiniens, tandis qu’il parlait devant l’AIPAC, le lobby pro israélien.
Les militants de l’association Move Over AIPAC, du moins ceux d’entre eux qui se disent juifs, se sont levés en brandissant des bannières et ont fait des déclarations critiquant la politique d’Israël.
Le discours de Netanyahou devant l’Assemblée générale des Fédérations Juives à la Nouvelle Orléans en novembre 2010 avait été marqué par des perturbations répétées au sein de l’auditoire, pour protester contre la législation sur le serment de loyauté imposé à l’égard de l’Etat juif et contre l’occupation par Israël de la Cisjordanie, avant l’expulsion des manifestants."
N.d T. : la manifestante Rae Aileah, prise à partie par des membres de l’AiPaC a été hospitalisée, atteinte au cou et aux épaules.
http://www.haaretz.com/news/diplomacy-defense/heckler-yells-stop-israeli-war-crimes-during-netanyahu-s-speech-to-congress-1.363856
(Traduit par Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine)
CAPJPO-EuroPalestine
Lien 

Washington : dénonciation de l’AIPAC (vidéo)

mardi 24 mai 2011 
Petite intervention chantante et dansante de Juifs américains dans le métro de Washington pour dénoncer le lobby israélien aux Etats-Unis et la politique collabo d’Obama avec l’occupant israélien.
CAPJPO-EuroPalestine

mardi 24 mai 2011

« La lutte contre la normalisation » appelle à boycotter l’université Hachémite en Jordanie

[ 23/05/2011 - 16:25 ]
CPI
Amman-CPI
Le comité jordanien de « la lutte contre la normalisation » , a appelé les syndics de travail à boycotter la faculté Hachémite, l’une des plus grandes universités étatiques en Jordanie, et à suspendre toute coopération avec elle  en réponse aux informations sur la participation de cette faculté à des activités de normalisation avec l’occupant sioniste, dont la dernière en date était le projet de construction d’une unité de dessalement en coopération avec la faculté hébreu de Ben-Gurion.
Dans un communiqué de presse publié aujourd’hui, lundi 23/05/2011, par l’agence Qods-Press, le président du comité, Badi Refaia, a assuré que le comité étudie la possibilité de prendre un certain nombre de mesures pour imposer la lutte contre la normalisation au sein de l’université hachémite et d’autres université en Jordanie, et ce partant de sa conviction des dangers de la normalisation académique  qui est refusée par une large majorité populaire, estudiantines et ouvrière.
Rafaia a mentionné que le projet de la construction d’une unité de dessalement des eaux souterraines au sein de l’université hachémite en coopération avec la faculté hébreu de Ben-Gurion n’est pas le premier projet qui prouve l’implication de l’administration de cette université et qu’elle a « des premières dans la normalisation avec l’occupant ».
Le président du comité a attiré l’attention sur la possibilité d’organiser des activités scientifiques avec des pays européens, arabes et asiatiques au lieu de les organiser avec les institutions de l’occupant sioniste. Il a tenu à ajouter que le comité syndical de la lutte contre la normalisation va commencer prochainement par imposer des mesures fermes contre toute activité normalisatrice au sein des universités jordaniennes et particulièrement l’université hachémite.

L’occupant projette finir la destruction de la route de "Bab al-Maghariba" (Porte des Magrébins)

[ 23/05/2011 - 20:32 ]
Al- Qods occupée- CPI
L’institution d’al-Aqsa pour le "Wakf et le patrimoine"  a mis en garde que l’occupant sioniste et ses bras exécutifs préparent le chemin pour achever la destruction de la route de "Bab al Maghariba" (porte des Magrébins) qui côtoie la sainte mosquée d’al-Aqsa, afin  de construire un pont militaire et de judaïser la région ouest de la mosquée.
L’institution al-Aqsa a précisé dans un communiqué paru, aujourd’hui, 23/05/2011, que les préparatifs sionistes effectués sur le terrain et tout ce qui apparait des plans structuraux et architecturaux de l’occupant et de ses bras et ce qui s’ensuit des déclarations médiatiques, montrent clairement que l’occupant insiste à achever la destruction de "Bab el Maghariba" qui constitue une parti prenante de la sainte mosquée d'al-Aqsa, afin de réaliser plusieurs objectifs qui menacent réellement la sainte mosquée.
"L’architecte de la municipalité juive à al-Qods a annoncé, ce matin, dans la radio sioniste que la municipalité va prendre des mesures juridiques pour détruire le pont provisoire prés de "Bab al-Maghariba", dans la vieille ville, cela si le présumé « la caisse du legs du mur d'al-Bouraq» ne parvient pas à le détruire, sous prétexte qu’il représente une menace pour le public", a révélé l'institution d'al-Aqsa.
L’architecte de la municipalité a précisé qu’"il faut défendre l’utilisation de ce pont vu qu’il ne garantit pas les besoins sécuritaires et civils".
L'institution d'al-Aqsa a considéré que la déclaration de cet architecte n’est qu’une comédie où les rôles sont répartis entre les différents bras de l’occupant pour achever la destruction de ce qui était resté de "Bab al-Maghariba" qui côtoie et emmène à la sainte mosquée d'al-Aqsa. Rappelons qu’en février 2007, l’occupant avait commencé la destruction de cette route après l’écroulement de quelques unes de ses parties, suite aux travaux sionistes de creusement. L’occupant avait alors construit un pont provisoire en bois qui a été utilisé pour les prises d’assauts de la mosquée sainte par les forces occupantes, les colons et les touristes.
L’institution d'al-Aqsa a ajouté que les comités de la planification et de la construction dans la municipalité hébreue à al-Qods occupée a donné son accord,  quelques mois auparavant, à plusieurs plans sionistes dont certains préentés par la soit-disant « Caisse du legs des lamentations ( d'al-Bouraq)» qui est un organisme gouvernemental sous tutelle du bureau du président du gouvernement sioniste et qui vise la judaïsation de la mosquée sainte), et qui ont tous le même but qui est la destruction de "Bab el Maghariba" et la judaïsation de toute la zone d'al Bouraq, ainsi que la partie sud-ouest de la sainte mosquée. Alors ce qu’on dit aujourd’hui de la destruction de ce provisoire pont en bois n’est que du camouflage pour dissimuler la destruction de la rue de "Bab el Maghariba".
Selon les médias sionistes cette destruction n’attend qu’une décision du président du gouvernement qui a décrété, lui-même en 1996, la décision de l’ouverture du tunnel à l’ouest de la sainte mosquée d'al-Aqsa, ce qui a déclenché les célèbres événements connus par « la révolte du tunnel ».
L’institution d'al-Aqsa a rapporté que « par la destruction de "Bab el Maghariba", l’occupant veut réaliser plusieurs objectifs, tel la construction d’un pont moderne qui facilitera à un grand nombre de ses forces et ses équipements la prise d’assaut de la sainte mosquée d'al-Aqsa, ainsi que de permettre à un grand nombre de colons et des groupes juifs d’attaquer la mosquée. Cette opération touche en définitif une partie de la sainte mosquée, en détruisant un important monument d'al-Aqsa et judaïsant l’enceinte de la mosquée, en plus de la zone d’al-Bouraq, pour que ce pont militaire soit relié à un réseau de tunnels creusés sous la mosquée sacrée et son entourage, afin de l’étrangler enfin par un étau qui se resserre au dessus et au dessous de la terre.

"Human Rights Watch" exige une enquête sur la mort de 15 Palestiniens à l'anniversaire de la Nakba

[ 23/05/2011 - 20:57 ]
Al-Qods occupée – CPI
L'Organisation "Human Rights Watch" a appelé l'occupation sioniste mettre en œuvre des enquêtes immédiates, approfondies et indépendantes sur les attaques commises contre les marches pacifiques à la 63ème commémoration de la Nakba, qui ont entraîné la mort de 15 Palestiniens et la blessure des centaines.
L'organisation a souligné dans un communiqué publié, le samedi 21/5, à la martyre de 14 personnes,  lors des manifestations qui ont été organisées, au sud du Liban, le Golan syrien occupé, la Cisjordanie et la Bande de Gaza, lors des marches pour commémorer la Nakba Palestinienne et que le 15ème martyr est mort suite de ses graves blessures, le 16 mai.
Sarah Leah Whitson, directrice de l'organisation "Human Rights Watch", dans la région du Moyen-Orient, a déclaré que les forces de l'occupation répondent, dans un état tout à fait normal pour eux, avec des balles réelles sur des jeunes qui lancent des pierres, ce qui par conséquent était la mort de 15 personne, et les preuves montrent que l'occupation a sous-estimé la vie des manifestants.
Elle a ajouté dans un rapport que l'ONU doit surveiller chaque enquête sioniste à la mort de 15 manifestants, pour déterminer si elle est conforme aux normes internationales.
Les forces occupantes avaient tué 10 personnes qui manifestaient sur les frontières libanaises avec la Palestine occupée en 1948, près du village libanais de Maroun al-Ras, alors que les soldats sionistes ont tué quatre autres, quant ils ont traversé les frontières de la Syrie dans le village de Majdal Shams, dans le Golan syrien occupé.
"Human Rights Watch" a confirmé qu'il faut aussi enquêter sur des incidents qui ont eu lieu dans la Bande de Gaza et en Cisjordanie.
Whitson a déclaré qu'il ne doit pas permettre aux forces occupantes d'ignorer les preuves que leurs soldats ont utilisé une force non nécessaire qui a conduit à la mort des civils.
"L'enquête doit être menée de façon crédible, et en cas de l'existence des preuve à commettre des crimes doivent rendre les poursuites et l'imposition de sanctions appropriées", a-t-elle ainsi ajouté.