jeudi 19 novembre 2009

Résister par les études

Gaza - 19-11-2009
Par Marryam Haleem
« Ce fut le plus beau jour de ma vie, » explique Ahmad. « Une libération. »
« Allons, » lui dis-je en riant, tandis que nous descendions la rue poussiéreuse de Gaza, le soleil méditerranéen tapant fort sur nos visages. « Ca n’a pas pu être aussi pénible. Je veux dire, nous détestons tous l’école à un moment ou à un autre, mais il y a aussi des moments agréables. »
Il me regarde, pas du tout convaincu. « Le jour où j’ai obtenu mon diplôme universitaire fut le plus beau jour de ma vie, » répète-t-il avec force. Puis il ajoute, plus pour lui que pour moi, « Je voudrais pouvoir effacer tous les souvenirs du temps que j’ai passé à l’école. »


Le premier jour de classe d’Ahmad a eu lieu en 1991, pendant la Première Intifada palestinienne. Il avait alors 6 ans et il vivait à Beit Hanoun, au nord de Gaza. Ahmad était un bon écolier qui prenait plaisir à aller à l’école. Il travaillait beaucoup et était toujours le premier de sa classe. Après la signature des Accords d’Oslo en 1993 et la création de l’Autorité Palestinienne, on peut dire que la vie à Gaza a approché un certain degré de normalité. Et lorsqu’il a fini l’école primaire en 2000, en récompense pour ses résultats scolaires, Ahmad a reçu le cadeau de toute une vie. Lui, ainsi que 19 autres collégiens de Gaza, a été sélectionné par le Ministère de l’Education pour participer à un Camp d’Eté aux Etats-Unis.

Son séjour en Amérique a été formidable. Quelle aventure pour un adolescent de 14 ans ! Il a amélioré son anglais, il s’est fait de nouveaux amis, il a connu un monde nouveau et différent dans le bel Etat du Maine – un monde ouvert, libre et plein de possibilités. Il est rentré à Gaza après cette excursion d’un mois, plein d’espoir.

Mais la Deuxième Intifada a éclaté deux mois après son retour, au début de sa première année de lycée. La tentative brutale d’Israël d’écraser l’Intafada s’est ressentie dans toute la Cisjordanie occupée et à Gaza. « Il n’y avait aucun espace, » explique Ahmad, décrivant comment l’offensive israélienne a eu un impact sur tous les aspects de la vie personnelle de chaque individu palestinien. La vie estudiantine n’était qu’un d’entre eux.

Aller à l’école est devenu dangereux. Avoir une scolarité normale est devenu impossible. En trois ans d’études secondaires, l’école d’Ahmad a été bombardée six fois par les chars israéliens, deux fois pendant que les étudiants étaient à l’intérieur.

« Tous les jours, il y avait des manifestations contre les attaques à Gaza et en Cisjordanie, parce que nous avions tellement de martyrs... Pas d’école. Juste des manifestations… Il fallait aller manifester contre les attentats horribles contre ces enfants et ces jeunes partout. »

Pourtant, malgré toute cette folie, les étudiants se sont accrochés autant qu’ils le pouvaient à leur enseignement. Ils allaient consciencieusement à l’école, pour autant que les circonstances le leur permettaient. Mais même cet effort fut souvent cassé. Trop souvent, les élèves faisaient le chemin pour la trouver fermée. Ils demandaient les raisons des fermetures. Les réponses devinrent le refrain de leur vie.

Pourquoi ?

Parce que les chars israéliens se rapprochent de l’école, donc il n’y a pas école aujourd’hui.

Pourquoi ?

Parce que des gens de notre ville sont tombés en martyrs et qu’il y a des manifestations, donc il n’y a pas école aujourd’hui.

Pourquoi ?

Parce que les chars ont bouclé Beit Hanoun et que les enseignants ne peuvent pas sortir. Donc il n’y a pas école aujourd’hui.

C’est dans cet environnement qu’Ahmad et ses copains de classe (ceux qui n’ont pas été tués) sont arrivés à leur troisième et dernière année de lycée en 2003. C’est pendant cette année finale que les lycéens passent le tawjihi qui détermine leurs études futures et leur carrière.

« Le Tawjihi, » décrit Ahmad avec justesse, « c’est une étape dans la vie. »

L’année du tawjihi a commencé assez normalement – c’est-à-dire pour un Palestinien de Gaza. Des attaques normales. Des tirs normaux. Des couvre-feux normaux. Mais deux mois avant l’examen, l’armée israélienne a lancé le siège de Beit Hanoun. Personne n’a pu entrer. Personne n’a pu sortir. Tous les jours, il y eut des attaques et des explosions. Tous les jours il y eut des blessés et des martyrs.

« Nous n’avons pas véritablement étudié, » dit Ahmad. « Rien. Tu ne peux pas étudier quand les gens meurent. »

Pourtant la date des examens est arrivée. Le premier jour d’examen était le 9 juin 2003 – et l’armée israélienne était toujours à Beit Hanoun.

« Que faire ? » dit Ahmad. « Nous devions passer nos examens. Alors nous avons décidé d’aller à l’école, même si les chars israéliens étaient aux portes de l’école. »

Et ils y sont allés. En dépit du fait qu’ils n’avaient rien préparé du tout, à cause du siège et des meurtres. Les examens ont eu lieu pendant un mois. Tous les jours, les lycéens y sont allés. Et tous les jours, les chars israéliens étaient aux portes de l’école.

« Ce fut le pire mois, » dit Ahmad. « Tout le temps du lycée, tu attends et tu te prépares pour réussir tes examens finals, et au dernier moment, tu n'arrives pas à étudier parce que ta ville est sous attaque. »

Les soldats sont partis après 67 jours de siège. Puis les résultats aux examens ont été publiés.

« J’ai réussi mon examen, » dit Ahmad, « avec une moyenne de 83,5. Mention Très bien. »

Pourtant, en même temps, il ajoute : « Tu ne sais pas ce qui se passe. Tu vas étudier pour la vie dont tu rêves. Et tu te rends compte que tu ne peux pas l’avoir à cause des obstacles dressés par les ennemis. Et ce sont des obstacles terribles. Ce ne sont pas de simples obstacles que n’importe qui peut traverser.»

« C’est la guerre partout. Et des gens meurent partout. Et tu ne sais pas. C’est peut-être ton tour. Je veux dire que nous croyons en Dieu, et nous savons qu’on va tous mourir. Mais quand ça arrive d’une façon aussi continue, avec des attaques tous les jours, tu ne peux t’empêcher de t’inquiéter tout le temps. Alors, la question était, qu’est-ce que je dois faire ? Est-ce que je dois combattre et résister ? Est-ce que je vais étudier comme moyen de résister, comme meilleure façon de résister ? Est-ce que je reste, effrayé, à ne rien faire, avec ma famille ? »

« J’ai commencé à penser que peut-être le pouvoir de mes études à l’avenir serait plus grand que le pouvoir d’une pierre contre un char. Je me suis posé la question des millions de fois, si je devais faire pareil (et attraper des pierres pour les lancer sur les chars israéliens comme beaucoup de jeunes palestiniens). Même si c’était peu de chose. »

« Il y en a qui disent que c’est stupide, une pierre contre un char. Mais ce qui compte, c’est la volonté et la détermination de ces jeunes. Ca vient du dedans, c’est très profond. Que tu n’as peur de rien. Tu veux juste te battre, résister, pour tes droits. Même si cela te prend la vie, te prend tout ; je crois que c’est mon droit, et je dois le faire. »

C’est une façon de résister. Mais Ahmad a décidé de résister par les études.

« Il fallait que je m’occupe de ma famille. Arriver à ce que mes parents voulaient pour moi. Ils voulaient que nous fassions des études, que nous ayons une bonne vie, de bons métiers, une bonne place dans la communauté. C’est donc la décision que j’ai prise. »

« Tu ressens beaucoup de choses, mais tu dois continuer. Il faut juste continuer à se battre, par tes études, et par tes rêves, et par ce en quoi tu crois. C’était ça que je ressentais. »

« Je n’ai jamais pensé à abandonner. Je n’ai jamais entendu une voix qui me dise, maintenant tu dois abandonner. Et chaque fois que quelque chose de dur arrivait, ou une catastrophe, ça m’a donné plus de force pour continuer. »

« Parce que cette vie est devenue normale pour nous – une vie anormale pour les autres est normale pour nous. Donc nous avons dû trouver un autre mode de vie. C’est notre réalité. Nous avons dû faire face à la réalité, quelle qu’elle soit. Et ça nous a aidé à comprendre cette vie, en dépit de tout ça. »

« Et malgré tous les défis auxquels nous sommes confrontés, malgré toute cette puissance qui combat et détruit tout ici à Gaza, nous devons continuer. Ca ne va pas nous arrêter. Parce que si nous nous arrêtons, ça ne nous aidera pas. Les Israéliens continueront. Que nous nous arrêtions ou non, ils continueront d’essayer de prendre ce qu’ils veulent. Alors pourquoi leur donner plus de chances de prendre ce qu’ils veulent ? Nous aussi devons continuer. »

Il fait une pause à la fin de ce long monologue. « Que ça a été dur, » dit-il doucement.

Mais les difficultés ont continué après son inscription en maîtrise de technologie de l’information à l’Université de Gaza.

« J’ai été confronté à beaucoup de difficultés lorsque j’étais au lycée parce que c’était l’Intifada, mais ça a été encore pire à l’université, » explique Ahmad. « Beit Hanoun est l’endroit le plus violent de la Bande de Gaza parce qu’il est très proche de la frontière avec Israël, alors nous subissons régulièrement des attaques. Tous les jours il se passe quelque chose. Des gens sont tués. Des gens sont blessés. Des maisons démolies. Des terres détruites. La ferme de mon père a été démolie au bulldozer quatre ou cinq fois. Les maisons de la plupart de mes cousins ont été visées. »

« A cause des attaques continues sur ma ville, je n’ai pas pu assister à tous les cours. Il y avait des attaques toutes les semaines, quelquefois tous les jours, et je ne pouvais pas quitter la maison, c’était trop dangereux. Et j’ai dû rester aussi à la maison quand il y avait des attaques autour de la ville, ou autour de l’université. »

« Plusieurs fois, je n’ai pas pu passer les partiels. »

« J’avais travaillé tout le trimestre et au moment de l’examen, il y avait des attaques à Beit Hanoun, des amis ou des gens de ma famille tués, et j’ai manqué mes examens. J’aurais dû avoir mon diplôme en 2008, mais je l’ai eu en 2009, avec un an de retard à cause des attaques. Des attaques qui n’ont jamais cessé. Même maintenant. En particulier dans ma ville. »

Ahmad aurait dû avoir son diplôme en décembre 2008, mais une fois encore, des événements l’en ont empêché.

« La fin décembre s’est avérée être le début d’une guerre, et non le début des examens de fin de cycle. Ce fut un gros… je ne sais pas comment décrire, » dit-il. « C’était comme ‘voilà ton cadeau de remise de diplôme : tu ne seras pas diplômé. Attends la mort.' »

Son mois d’examen s’est transformé en un mois de terreur.

« Ce fut 23 jours, » dit-il, « mais tu peux dire 23 semaines. 23 mois. 23 ans. 23 siècles. C’était interminable. Tu restes à attendre, instant après instant. Et tu ne sais rien. Tu ne peux ressentir que l’obscurité. Pas de lumière, ni espoir ni sécurité, ni droits de l’homme. Juste 23 jours de ténèbres. Pleins d’horreur. Pleins de victimes. Massacres. Tout est terrible. Je ne trouve pas les mots. »

Mais ces jours sont passés. Et il a trouvé assez de force pour se relever des décombres et finir ce qu’il avait commencé. Il a été diplômé, enfin, au printemps dernier. Mais non sans sacrifices et pertes que personne ne devrait avoir à endurer.

« Ces cinq années à l’université, je le dis et je le répèterai toujours, » conclut Ahmad, « ces cinq ans ont été les années les plus terribles de ma vie. Même si elles sont censées être les meilleures années, les plus belles. Le moment de sortir et de découvrir la vie. Mais je n’ai pas découvert la vie. J’ai découvert des catastrophes, vraiment, ici à Gaza. »

Violence croissante des colons israéliens contre les Palestiniens - rapport


Le mur séparant Israéliens et Palestiniens à Bethléem.

18 novembre 2009 – Le Bureau des Nations Unies chargé de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) relève une violence croissante des colons israéliens contre les Palestiniens, dans son rapport mensuel sur le Territoire palestinien occupé publié mercredi.

Le rapport note ainsi qu'en moyenne 13 Palestiniens ont été blessés chaque mois en 2009 lors d'incidents impliquant des colons israéliens. OCHA relève en particulier de nombreuses attaques contre des Palestiniens récoltant leurs olives.

Concernant Jérusalem-Est, la Coordination humanitaire des Nations Unies constate qu'Israël a exproprié environ 35% de cette zone au bénéfice des colonies de peuplement israéliennes, alors que seulement 13% sont disponibles pour des constructions palestiniennes. OCHA rappelle en outre que le territoire est déjà construit et que là où les constructions sont possibles, les contraintes bureaucratiques israéliennes rendent extrêmement difficile pour les résidents palestiniens d'obtenir des permis de construire.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20631&Cr=Isra%EBl&Cr1=Palestiniens

Ryadh : «La poursuite de la colonisation à El Qods est l'obstacle majeur au processus de paix»

La poursuite de la colonisation israélienne à El Qods occupée est l'"obstacle majeur" au processus de paix, a affirmé hier un haut responsable saoudien, alors qu'Israël vient d'autoriser la construction de 900 nouveaux logements dans la partie orientale de la ville sainte. "La colonisation, et plus particulièrement à El Qods-Est, est l'obstacle majeur au processus de paix", a déclaré à la presse le porte-parole du ministère saoudien des Affaires étrangères, Oussama Nougali. Le porte-parole a estimé à ce propos que "sans la prise de mesures décisives" pour un gel de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, "il serait très difficile d'avancer sur la voie de la paix". Les forces d'occupation israéliennes ont donné mardi une autorisation pour la construction de 900 nouveaux logements dans la ville d'El Qods pour étendre la colonie de Gilo, construite sur un territoire palestinien occupé par Israël lors de la guerre de 1967. L'Autorité palestinienne, par la voix de son principal négociateur Saëb Erakat, a condamné "sévèrement" ces nouvelles constructions, en précisant que "le seul moyen de revenir à un véritable processus de paix" est l'arrêt de la colonisation.

L’État hébreu ne veut plus de médiation turque avec Damas, affirme Erdogan

19/11/2009
Israël ne fait plus confiance à la Turquie comme médiateur de discussions de paix avec la Syrie, mais le président syrien n'accepterait vraisemblablement pas que la France reprenne ce rôle de médiateur, a déclaré hier le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Il a imputé le revirement israélien au Premier ministre Benjamin Netanyahu, dont la position tranche avec celle de son prédécesseur, Ehud Olmert. La Turquie, seul membre musulman de l'OTAN, a facilité l'an dernier des contacts centrés sur une demande syrienne de retrait total d'Israël du plateau du Golan, dont l'État hébreu s'est emparé en 1967. De son côté, Israël a accusé Damas d'armer des activistes au Liban et dans la bande de Gaza. « Sur cette question (de la médiation), la position d'Israël est qu'il ne nous fait pas confiance », a dit M. Erdogan lors d'une conférence de presse à Rome où il assistait au sommet de la FAO. Les relations entre la Turquie et Israël se sont tendues depuis l'incursion israélienne dans la bande de Gaza, lancée en décembre dernier. M. Netanyahu et le président syrien Bachar el-Assad ont rencontré séparément la semaine dernière Nicolas Sarkozy et Israël s'est dit prêt à discuter.

Le dos au Mur

Par Christian Merville | 19/11/2009
LE POINT
Ah ! Ce Nobel de la paix que Barack Obama semble condamné à traîner longtemps encore comme un forçat son boulet... Qualifier de « potentiellement très dangereuse » la décision israélienne de poursuivre la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est, sans accompagner ses propos de menaces de sanctions, revient à reconnaître son impuissance. Voici donc le président de l'unique superpuissance qui rejoint un roi d'Arabie saoudite voyant dans l'obstination de Benjamin Netanyahu un « obstacle majeur à la paix ». La belle affaire, doit-on se dire à Tel-Aviv, où le souci majeur à l'heure actuelle est d'enfouir à six pieds sous terre cette notion absurde de réconciliation que l'on ne finit pas de rabâcher depuis un certain plan de partage voté jadis par les Nations unies.
Si le président américain fait état de son inquiétude, son équipe, elle, se dit consternée (« dismayed », a osé mardi Robert Gibbs) et se contente d'appeler les deux parties à éviter toute action unilatérale susceptible de nuire au bon déroulement des négociations. Tout potentiel observateur est prié de signaler l'existence de ces dernières si d'aventure il lui arrivait d'en exhumer la trace fossilisée.
Entre l'an 2000, date de l'éclatement de la seconde Intifada, et 2006, plus de 3 400 Palestiniens sont morts, le Hamas est sorti vainqueur d'une consultation populaire reconnue par le monde entier comme libre, 400 kilomètres de mur ont été érigés qui atteindront une longueur de plus de 600 kilomètres à l'achèvement du projet, enfin le nombre de colons qui squattent en Cisjordanie des terrains arabes devrait atteindre bientôt le demi-million. Mais, victoire de la justice : une maison palestinienne dans la partie est de Jérusalem a été détruite hier par l'armée parce qu'elle avait été édifiée sans permis, a fait savoir la police. Et tant pis si aussi bien les accords d'Oslo de 1993 que la feuille de route de 2003 appelaient à un arrêt des implantations. On sait depuis deux semaines - relisez les propos tenus au début de ce mois par Hillary Clinton - que la promesse d'une simple limitation de la colonisation représentait un fait « sans précédent ». La secrétaire d'État aurait pu ajouter : « ... Et sans suite. »
Les quelques semaines passées auront sonné le glas des espoirs US d'apporter un semblant de normalisation à une situation qui, au fil des soixante ans passés, n'a fait que se dégrader. Adieu l'idée de gel, adieu la reprise du dialogue, oublié le discours du Caire. Il ne reste plus aujourd'hui, à Ramallah, qu'un vieil homme en nette perte de vitesse, et à Tel-Aviv que des faucons qui ne cherchent même pas à se parer du plumage des colombes. Dans le quartier de Gilo, foi d'Elie Yishaï, ministre de l'Intérieur, un millier de maisons vont être créées. À l'adresse de tous ceux qui n'auraient rien compris au grappillage élevé par Israël au rang de véritable art, Tzipi Livni a expliqué : il s'agit « d'un consensus interne s'inscrivant dans le cadre de toute discussion future sur les frontières permanentes ». Si on a bien compris, c'est donc d'un à-valoir que l'on parle là.
Abandonné par son sponsor américain, combattu par Avigdor Lieberman et consorts, débordé sur son aile extrémiste par un Hamas plus intransigeant que jamais, critiqué par ses compagnons du Fateh, Abou Mazen a feint de se retirer, comme Achille, sous sa tente avant de se raviser et de botter en touche. Va donc, avec l'aval du Conseil de sécurité de l'organisation internationale, pour un État palestinien dans les territoires occupés depuis juin 1967, ce qui devrait permettre, dans son esprit, de débloquer le dialogue. L'auteur de cette fumeuse idée craignait, à juste titre, une fin de non-recevoir israélienne et américaine, d'ailleurs exprimée dès le début de la semaine courante. Mais le coup fatal a été porté par le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, dont le pays préside actuellement l'Union européenne, et qui a jugé le projet - admirez l'enrobage diplomatique - « quelque peu prématuré ». Plus hypocritement, dans la capitale fédérale, on l'avait appuyé mais « comme le résultat d'un processus entre les deux parties ».
Le Mur est en passe de remplir sa part de la mission séparatrice ; l'avènement d'un cabinet composé d'ultras qui feraient paraître le rabbin Meir Kahane comme une réincarnation de Yasser Arafat se charge du reste, avec le précieux concours d'une administration US encline à se rendre à la triste évidence : ne parlons plus de paix, tout au plus de détente. Le fond du problème réside dans le fait que la détente, les Israéliens gardent le doigt dessus.

Obama réagit vivement contre les nouvelles constructions à Jérusalem-Est

19/11/2009
Les autorités israéliennes ont démoli hier une maison palestinienne construite « sans permis » à Jérusalem-Est, un acte qui « crée une situation d’apartheid de facto », a déploré le négociateur palestinien Saëb Erakat. Ammar Awad/Reuters
Les autorités israéliennes ont démoli hier une maison palestinienne construite « sans permis » à Jérusalem-Est, un acte qui « crée une situation d’apartheid de facto », a déploré le négociateur palestinien Saëb Erakat. Ammar Awad/Reuters
Une maison palestinienne démolie par la police à Jérusalem-Est.
Israël a défendu hier la décision de construire de nouveaux logements à Jérusalem-Est annexée, en pleine polémique sur le contentieux des colonies, une initiative qui suscite de vives critiques de la communauté internationale. Toutefois, en soirée, Yossi Beilin, l'ancien chef du parti de gauche laïque Meretz, a indiqué que le Premier ministre Benjamin Netanyahu doit bientôt annoncer un moratoire de 10 mois de la construction à l'intérieur des colonies en Cisjordanie occupée, qui ne concernera pas Jérusalem. « Les Palestiniens refuseront et cette démarche (de M. Netanyahu) constituera en fait une marche arrière, qui conduira au vide politique et au démantèlement de l'Autorité palestinienne », a estimé M. Beilin. Concernant la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est, le président américain Barack Obama a déploré cette décision qu'il a qualifiée de potentiellement « très dangereuse », dans une interview à la chaîne Fox News. « Je crois que la construction de logements supplémentaires dans les colonies ne contribue pas à la sécurité d'Israël. Je pense que cela rend plus dur le fait de faire la paix avec ses voisins », a dit M. Obama. « Je crois que cela rend les Palestiniens amers, de telle manière que cela peut finir par être très dangereux », a-t-il ajouté. L'Union européenne s'est dit « consternée » tandis que la Russie a qualifié cette décision « d'inacceptable ». La France a, pour sa part, « regretté » cette initiative par la voix de son chef de la diplomatie Bernard Kouchner, en visite en Israël, et appelé l'État hébreu et les Palestiniens à « reprendre les négociations politiques ». « Pour le moment, il faut repartir dans des discussions humaines face à face, les yeux dans les yeux », a ajouté M. Kouchner, en rappelant que « la position de la France est l'arrêt de la colonisation ». L'annonce israélienne a aussi été « déplorée » par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, tandis que l'Arabie saoudite a qualifié la colonisation « d'obstacle majeur » à la paix.
Le ministre israélien de l'Intérieur, Élie Yishaï, avait auparavant défendu sa décision d'autoriser la construction de près de 1 000 nouveaux logements à Gilo, un quartier juif à Jérusalem-Est. « Geler la construction à Gilo est comme geler la construction dans n'importe quel quartier de Jérusalem et d'Israël », a-t-il dit à l'AFP. « La construction à Jérusalem ne peut être arrêtée et Gilo se trouve dans Jérusalem. » La poursuite de la construction à Gilo est un « consensus israélien qu'il faut comprendre pour toute discussion sur les frontières permanentes dans le cadre d'un futur accord de paix », a de son côté réagi la dirigeante de l'opposition israélienne, Tzipi Livni, après une rencontre avec M. Kouchner. La colonisation israélienne des territoires palestiniens occupés constitue le principal obstacle à une reprise des négociations de paix suspendues depuis près d'un an et provoque des frictions entre alliés américain et israélien. Les Palestiniens réclament l'arrêt total des constructions en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, avant de revenir à la table des négociations. Israël s'y refuse et offre de renouer le dialogue sans conditions préalables. L'Autorité palestinienne a « sévèrement » condamné l'initiative israélienne et réitéré son exigence d'un gel de la colonisation avant une reprise des pourparlers. « Les colonies doivent être stoppées. C'est le seul moyen de revenir à un véritable processus de paix », a indiqué le négociateur palestinien Saëb Erakat. Par ailleurs, les autorités israéliennes ont démoli hier une maison palestinienne construite sans permis à Jérusalem-Est, un acte qui « crée une situation d'apartheid de facto », a déploré M. Erakat. Enfin, l'armée israélienne a averti un groupe de rabbins qu'elle ne tolérerait pas qu'ils soutiennent des manifestations politiques de soldats étudiant dans leurs séminaires dans le cadre de leur service armé, a indiqué un communiqué militaire.
Cette mise en garde est survenue après que deux groupes de soldats eurent brandi lors de cérémonies militaires des banderoles indiquant qu'ils refuseraient de participer à d'éventuelles opérations visant à évacuer des colonies juives en Cisjordanie occupée.

Les critiques se multiplient contre Israël

publié le jeudi 19 novembre 2009

Le NouvelObs
Israël a décidé, mardi, de construire près de 1.000 nouveaux logements à Jérusalem-est annexée, en pleine polémique sur le contentieux des colonies, une initiative qui suscite de vives critiques de la communauté internationale.

Bernard Kouchner a "regretté" la décision d’Israël de construire près de 1.000 logements à Jérusalem-est, et a appelé à reprendre les négociations politiques "face à face". De son côté l’Union européenne s’est déclarée "consternée".

Israël a décidé, mardi, de construire près de 1.000 nouveaux logements à Jérusalem-est annexée, en pleine polémique sur le contentieux des colonies, une initiative qui suscite de vives critiques de la communauté internationale. En visite en Israël, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a "regretté" mercredi 18 novembre la décision d’Israël a appelé à reprendre les négociations politiques "face à face". "C’est évidemment une décision que nous regrettons. Mais en même temps, ça a toujours été fait ainsi. Pour le moment, il faut repartir dans des discussions humaines, face à face, les yeux dans les yeux", a-t-il dit après la signature à Jérusalem d’une convention de réhabilitation d’un hôpital de Gaza. Il y a "un moment politique à trouver" et "ce ne peut être que le gouvernement israélien qui le fasse", avait-il expliqué mardi en rencontrant Mahmoud Abbas. "Du côté palestinien, je le pense vraiment, les choses sont tout à fait prêtes à être décidées". Bâti sur des terres palestiniennes confisquées, le quartier de Gilo, situé près de Bethléem en Cisjordanie, compte plus de 30.000 habitants et fait partie de la ceinture du "Grand Jérusalem" établie par Israël pour renforcer son contrôle sur la ville.

Une annexion pas reconnue

La présidence de l’Union européenne s’est déclarée "consternée". "La présidence rappelle que les activités de colonisation, de démolition et les expulsions à Jérusalem-est sont illégales au regard du droit international", a affirmé la présidence suédoise de l’UE dans un communiqué rédigé en anglais.

"Ces activités laissent entrevoir également (quel sera) le résultat des négociations sur le statut final et menacent la viabilité d’une solution comportant deux Etats", a déploré la présidence européenne avant de rappeler que l’UE "n’a jamais reconnu l’annexion de Jérusalem-est en 1967" par Israël. La partie orientale de Jérusalem, où vivent quelque 200.000 Israéliens -installés dans une douzaine de nouveaux quartiers- ainsi que 270.000 Palestiniens, a été conquise pendant la guerre de juin 1967, puis annexée. Cette annexion n’a jamais été reconnue par la communauté internationale.

"Jérusalem, future capitale de deux Etats"

"Les mesures prises par le gouvernement israélien contreviennent aux appels répétés de la communauté internationale, y compris du Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU, ndlr), et vont à l’encontre de la création d’une atmosphère propice" à un règlement "viable et crédible du conflit entre Israéliens et Palestiniens", a estimé l’UE. "S’il doit y avoir une paix véritable, une voie doit être trouvée" pour le règlement du statut de Jérusalem en tant que "future capitale de deux Etats", a affirmé la présidence suédoise.

"Inadmissible"

Plus sévère, la Russie a estimé que la décision d’Israël d’autoriser la construction de nouveaux logements était "inacceptable". "Moscou réagit à ces annonces avec une extrême préoccupation. De tels agissements sont inacceptables pour le processus de paix au Proche-Orient", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. "Nous espérons que ces projets seront réexaminés par le gouvernement israélien", a-t-il ajouté. Membre du Quartette, la Russie considère que ces mesures sont "inadmissibles alors que toutes les forces se concentrent sur le rétablissement du dialogue israélo-palestinien", selon le communiqué.

Violation du droit international

La Suisse a dénoncé mercredi "les projets israéliens d’implantation et la destruction d’habitations dans le Territoire palestinien occupé, (qui) constituent une violation du droit international humanitaire". Le gouvernement suisse a rappelé dans un communiqué que le droit international "interdit à toute force d’occupation de détruire des biens dans un territoire occupé ou de procéder au déplacement de la population civile".

La Suisse a demandé au gouvernement israélien de "renoncer sans délai à ces activités et de mettre un terme à tous les projets d’implantation dans le Territoire palestinien occupé".

Israël se défend

Les Palestiniens réclament l’arrêt total de la construction en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-est, avant de revenir à la table des négociations. Israël s’y refuse et offre de renouer le dialogue sans conditions préalables. La classe politique israélienne a défendu la décision de construire de nouveaux logements à Gilo. "Gilo est un consensus israélien et il faut le comprendre pour toute discussion sur les frontières permanentes dans le cadre d’un futur accord de paix", a souligné dans un communiqué la chef de l’opposition, Tzipi Livni, après avoir rencontré Bernard Kouchner. La décision israélienne survient au moment où le contentieux sur la colonisation entrave les efforts de relance du processus de paix, en particulier américains.

Encore raté, monsieur Mitchell

publié le mercredi 18 novembre 2009

Gilles Paris
Provocation ou certitude de l’habituelle impunité, les autorités israéliennes intensifient la colonisation à Jérusalem :

"L’affaire fait la “une” du Yedioth Aharonoth israélien du 17 novembre.

Pour témoigner de la persistante opposition des Etats-Unis à l’entreprise de colonisation des territoires palestiniens, l’émissaire américain, George Mitchell, avait demandé le gel d’un projet immobilier concernant le quartier de Gilo, au sud de Jérusalem.

Demande refusée par les autorités israéliennes qui assurent que Gilo (30 000 habitants), situé au delà de la Ligne verte, fait partie intégrante d’Israël. Résultat : 900 logements supplémentaires autorisés mardi (depuis le début septembre, le nombre total doit dépasser largement les 3 000 unités de logements annoncés.)" [1]

Par aileurs, selon l’Associated Press, les condamnations sont unanimes après l’annonce d’un projet de construction dans une colonie, ndrde Jérusalem-Est :

"La commission de planification de Jérusalem a déposé mardi un projet de construction de 900 unités d’habitation à Gilo, quartier juif [2] de Jérusalem-Est que les Palestiniens revendiquent, déclenchant les critiques des Palestiniens mais aussi une dénonciation particulièrement virulente de la part des Etats-Unis, qui ont jugé cela "consternant". Le négociateur palestinien Saeb Erekat a vivement condamné cette décision d’expansion de Gilo, où vivent déjà quelque 40.000 juifs. Selon lui, elle "montre que cela ne rime à rien de reprendre des négociations tant que ce genre de choses continue".

A Washington, le porte-parole de la Maison Blanche Robert Gibbs a jugé "consternant" ce projet d’expansion, qui rend "plus difficiles" les efforts de relance du processus de paix menés par les Etats-Unis. Il a critiqué toute mesure "susceptible d’anticiper unilatéralement, ou semblant anticiper sur des négociations" : la question de Jérusalem doit "être réglée via des négociations entre les parties", a-t-il ajouté.

"Les Etats-Unis sont également opposés à d’autres pratiques d’Israël à Jérusalem liées au logement, y compris le comportement constant d’évictions et de démolitions de maisons palestiniennes", a conclu Robert Gibbs.

Nabil Abu Rdeneh, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, a estimé qu’il "s’agit d’un message adressé au président Obama, lui disant qu’Israël se fiche de la position américaine". Il "devrait y avoir une vraie pression américaine sur les Israéliens pour qu’ils arrêtent tous ces actes", lesquels selon lui "prouvent qu’Israël ne veut pas la paix et ne veut pas relancer le processus de paix", a-t-il estimé.

Londres aussi a critiqué ces projets. "Le Secrétaire au Foreign Office a toujours été très clair sur le fait d’un accord crédible comprend Jérusalem comme capitale partagée. Agrandir les implantations sur des terres occupées à Jérusalem-Est rend cet accord bien plus difficile. Cette décision sur Gilo est mauvaise et nous nous y opposons", a fait savoir la

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a lui aussi dénoncé l’action israélienne, estimant, selon sa porte-parole Michele Montas, que "de telles actions mettent à mal les efforts en vue de la paix et mettent en doute la viabilité de la solution de deux Etats".

Dans un communiqué, les services du Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou ont défendu ce qu’ils ont qualifié de "procédure de routine de la commission de planification", et ajoutant que "le quartier de Gilo est partie intégrante de Jérusalem".

Environ 180.000 Israéliens vivent dans les quartiers construits autour de Jérusalem-est, l’Etat hébreu, qui considère que Jérusalem-Est -annexée en 1967- fait partie d’Israël, refuse toute restriction des constructions. Les Palestiniens pour leur part considèrent ces quartiers juifs comme des colonies de peuplement alors que l’Etat hébreu exclut de facto Jérusalem-Est de toutes les discussions sur le gel des constructions.

La rapidité avec laquelle la Maison Blanche a réagi, alors que Gibbs se trouve en Chine avec Obama, pourrait bien être la conséquence des déclarations malheureuses de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton il y a trois semaines à Jérusalem.

Alors que les Palestiniens réclament le gel total de la colonisation, elle avait pour sa part estimé que le gouvernement israélien faisait preuve de retenue sur le dossier et dit déceler des pas en avant positifs. Des propos qui avaient suscité la colère du monde arabe et une immense déception vis-à-vis de la position de Washington."

[3]

[1] http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/

[2] "quartier" est le terme utilisé par les autorités d’occupation israéliennes. Il s’agit bel et bien d’une colonie de peuplement, illégale

[3] Associated Press, relayé par Yahoo

http://fr.news.yahoo.com/3/20091117...

Notes : C. Léostic, Afps

Intro et synthèse : C. Léostic, Afps

Pour répondre à la volte-face américaine Mahmoud Abbas a opté pour la troisième voie

publié le jeudi 19 novembre 2009

Djamel Bouatta
L’Autorité nationale palestinienne cherche à devenir un membre à part entière à l’ONU. C’est ce qu’a affirmé le négociateur palestinien Saeb Erekat à la Radio de l’armée israélienne. Si un siège de l’ONU n’équivaut pas à un État en termes juridiques, cela contribuerait aux efforts des Palestiniens pour obtenir la reconnaissance internationale de leur État.

L’idée d’obtenir un siège à part entière au sein de l’Organisation internationale intervient au moment où la partie palestinienne a constaté un changement de la position d’Obama en faveur d’Israël après avoir promis le contraire. Le successeur de Bush junior semblait, en effet, soutenir au tout début de sa prise de fonction la demande palestinienne selon laquelle les négociations de paix ne pourraient pas reprendre sans un gel total de la construction des colonies de peuplement par les Israéliens.

Mais à la fin du mois d’octobre, le gouvernement américain a fait une volte-face, puisque la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton, en visite en Israël, a déclaré que le gel de la construction des colonies juives n’était jamais une condition préalable aux négociations. Elle a aussi fait l’éloge de ce qu’a fait jusqu’ici le gouvernement israélien du Premier ministre Benjamin Netanyahu !

Le président palestinien Mahmoud Abbas s’est alors trouvé dans une véritable impasse. Il avait fait savoir qu’il ne se représenterait pas aux élections palestiniennes de janvier prochain, pensant, au fond de lui, forcer la main de Barack Obama pour que les États-Unis fassent pression sur leurs protégés israéliens. Il a vu tout faux. Le président américain s’est plié devant la détermination de Netanyahu.

Abbas, devant l’échec des Américains à faire redémarrer le processus de négociations avec les Israéliens, le refus de Hamas à rentrer dans le moule palestinien et l’impatience de la jeune génération du Fatah à prendre les rênes du pouvoir, avait convoqué le corps électoral pour le 24 janvier. Hamas qui tient Gaza ne veut pas d’élection dans l’enclave qu’il tient encore même au prix d’une crise humanitaire. Abbas est sauf tout de même en retirant sa candidature d’un scrutin qui n’aura pas lieu !

Concrètement, cela signifie qu’Abbas pourra prolonger son séjour à la tête de l’Autorité palestinienne. En effet, il est difficile d’entrevoir la démission, c’est un choix difficile à assumer et ce n’est pas dans les mœurs de la région. Il reste qu’il n’aura pas réussi à créer ne serait-ce qu’un contexte favorable à une reprise des négociations pour l’établissement d’un État palestinien. Chez les Palestiniens, c’était, bien avant le jeu d’Abbas, la grande désillusion. Cette désillusion est d’autant plus douloureuse que les Palestiniens tombent de haut. Outre le volte face d’Obama, les Palestiniens devaient se rendre compte que les Européens restaient également alignés sur Israël. Ils ont voté le report puis le réexamen du rapport Goldstone sur la guerre de Gaza.

Sa marge de manœuvre rétrécie, l’Autorité palestinienne n’avait d’autre choix que, soit décréter unilatéralement la création d’un État palestinien, soit se démanteler et replacer ainsi Israël dans son rôle d’occupant. L’État hébreu ne veut ni de l’une ni de l’autre.

Et voila la troisième voie, c’est-à-dire, s’en remettre encore aux instances internationales. Une voie encore incertaine car le conseil de sécurité est sous droits de veto américain et français, deux soutiens d’Israël. Abbas aurait pu démissionner, c’est la solution la plus dangereuse à ses yeux car, à qui transmettre cette situation sans issue ? Hormis les islamistes personne n’en voudra. Abbas a accédé à la tête de l’Autorité palestinienne à l’issue des élections de janvier 2006, tenues après la mort de Yasser Arafat. Son règne est marqué par une confrontation entre son parti, le Fatah, et le Hamas. Et pour corser le tout, l’arrivée de Netanyahu qui remet en cause le processus de négociation et qui ne veut rien céder.

publié par Liberté Agérie

http://www.liberte-algerie.com/edit.php?

mercredi 18 novembre 2009

Washington ne permettra jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance

17/11/2009 En visite dans les territoires occupés par "Israël", une délégation de sénateurs américains a participé au « Forum Saban » qui se tient en ce moment. Joe Lieberman (Indépendant) et Ted Kaufmann (Démocrates) ont tous deux affirmé lors de leur intervention que « les Etats-Unis ne permettraient jamais aux Palestiniens de déclarer leur indépendance de manière unilatérale ».


Joe Lieberman a insisté sur « la nécessité d’une solution négociée entre les deux parties », et Kaufmann a accusé les Palestiniens « de perdre du temps avec ce genre de déclarations car ils savent très bien que les Etats-Unis ne laisseront pas une telle initiative arriver devant l’ONU ».

Joseph Lieberman s’est aussi référé au dossier iranien, estimant « que s’il était d’accord avec l’approche de Barack Obama de vouloir tenter un dialogue avec Téhéran, il fallait admettre aujourd’hui que les Iraniens n’ont pas été à la hauteur et qu’il va probablement falloir changer de stratégie ».

« Il faut trouver des moyens pour faire pression de manière forte sur le régime iranien sans que ce soit le peuple qui en pâtisse », a-t-il ajouté. Sur ce point, tous les membres de la délégation, Démocrates comme Républicains, étaient d’accord, tout comme sur leur soutien affiché à "Israël".

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=111631&language=fr

USA : La Maison Blanche accuse Israël de compliquer les efforts de paix

La Maison Blanche s'est dite "consternée" hier devant l'autorisation donnée par les autorités israéliennes à la construction de 900 nouveaux logements dans Jérusalem-est annexée, et a accusé Israël de compliquer la relance des efforts de paix avec les Palestiniens.
"Nous sommes consternés devant la décision prise par la commission de planification de Jérusalem" sur l'expansion du quartier de Gilo à Jérusalem, a dit le porte-parole du président Barack Obama, Robert Gibbs, dans l'une des réactions les plus vigoureuses de la Maison Blanche à l'encontre d'Israël. "Au moment où nous nous employons à relancer les négociations, de tels agissements rendent nos efforts plus difficiles", a-t-il dit.

Ban déplore la décision d'Israël d'agrandir une colonie en territoire palestinien


A Ramallah, en Cisjordanie, le mur séparant Israéliens et Palestiniens.

17 novembre 2009 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déploré mardi la décision du gouvernement israélien d'agrandir la colonie de Gilo, construite en territoire palestinien occupé par Israël depuis la guerre de 1967.

“Le Secrétaire général réitère sa position que les colonies sont illégales et appelle Israël à respecter ses engagements inscrits dans la Feuille de route à cesser toutes les activités de colonisation, dont la croissance naturelle », a dit sa porte-parole dans une déclaration.

M. Ban “estime que de tels actes mettent à mal les efforts pour la paix et créent un doute sur la viabilité de la solution à deux Etats », a-t-elle ajouté.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20620&Cr=Isra%EBl&Cr1=

La grande désillusion de Mahmoud Abbas


La grande désillusion de Mahmoud Abbas

L’Union européenne estime « prématurée » la création d’un état palestinien

Première désillusion pour l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. L’Union européenne a décliné diplomatiquement mais fermement, hier, la perspective d’une proclamation d’un Etat palestinien.

Cette réponse intervient au lendemain d’une requête déposée par l’Autorité palestinienne demandant à l’UE de soutenir la création unilatérale d’un Etat avec Jérusalem comme capitale. C’est « prématuré », a jugé Bruxelles par la voix de ses représentants, hier, devant les journalistes. « Je ne pense pas que nous en soyons là. J’aimerais que nous soyons en mesure de reconnaître un Etat palestinien mais il faudrait d’abord qu’il y en ait un, donc je pense que c’est quelque peu prématuré », a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt. Le diplomate en chef de l’Union européenne, Javier Solana, a aussi estimé qu’un tel processus devait « prendre du temps » et se dérouler « dans le calme et au moment approprié ». « Je ne pense pas que le moment soit venu aujourd’hui d’en parler. » La commissaire européenne aux relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, lui a fait écho en disant qu’« il était trop tôt pour dire quoi que ce soit à ce sujet », tout en soulignant que la question « des frontières de 1967 » pour un futur Etat palestinien « serait importante ». Et le chef de la diplomatie finlandaise, Alexander Stubb, a vu dans la démarche palestinienne une opération tactique visant à faire pression sur Israël en vue d’une relance des négociations sur le processus de paix. « Je pense qu’il faut vraiment avancer pas à pas », a-t-il dit, jugeant que « toutes les méthodes de négociation sont utilisées » pour tenter de sortir le processus de paix de l’ornière. Il s’est refusé à comparer les territoires palestiniens au Kosovo, dont plusieurs pays européens ont reconnu l’indépendance déclarée pourtant unilatéralement et malgré l’opposition de la Serbie et de la Russie. « Le Kosovo est différent de la Palestine, la Palestine est différente de l’Abkhazie et l’Abkhazie est différente de l’Ossétie du Sud », a-t-il dit, en référence aux deux Républiques sécessionnistes de Géorgie.

Vérité au Kosovo, erreur en Palestine !

Les différents responsables européens s’exprimaient devant des journalistes en marge d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Bruxelles. Ils réagissaient à une requête officielle déposée la veille par l’Autorité palestinienne. Cette dernière a demandé à l’Union européenne de soutenir sa démarche en vue d’une reconnaissance par le Conseil de sécurité de l’ONU d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem pour capitale. L’Union européenne est la principale pourvoyeuse d’aide financière aux Palestiniens et adopte à leur égard une attitude traditionnellement plus favorable que les Etats-Unis. Washington a déjà réaffirmé son opposition à une proclamation unilatérale d’un Etat palestinien, en soulignant que cet Etat devrait naître par la négociation entre Israël et les Palestiniens. Des dirigeants israéliens ont pour leur part menacé les Palestiniens de rétorsion s’ils réclament la reconnaissance d’un Etat indépendant sans accord avec Israël, tout en doutant de leur détermination à mettre à exécution un tel projet. Ainsi, après les alliés américains, voilà que l’Union européenne dresse, elle aussi, son barrage devant le dessein national Palestinien de proclamer son Etat. De fait, c’est Mahmoud Abbas qui a donné son onction à toutes les concessions possibles pour relancer le processus de paix, qui se retrouve dans une posture des plus inconfortables. Il n’a pu obtenir ni le gel total ou même partiel des colonies ni le soutien à un Etat palestinien. En revanche, Benyamin Netanyahu a réussi sur les deux tableaux en poussant même le président Obama à se dégonfler devant la communauté internationale s’agissant des colonies. Même après avoir miroité sa démission pour forcer la main aux Européens et Américains, Mahmoud n’a pas obtenu ce qu’il désire. Et cela apporte de l’eau au moulin du mouvement Hamas qui a le mérite de ne pas se faire d’illusion sur les intentions de Washington et Bruxelles.

Par Hassan Moali

http://www.elwatan.com/La-grande-desillusion-de-Mahmoud

Netanyahu s’alarme des actes de désobéissance dans l’armée

18/11/2009
Benjamin Netanyahu s'est dit alarmé hier par les cas de désobéissance au sein de l'armée israélienne, au lendemain du refus d'une poignée de militaires d'obtempérer à l'ordre de démantèlement d'une colonie sauvage proche de Hébron, en Cisjordanie.
Une demi-douzaine de soldats ayant participé à cet acte de mutinerie ont été relevés de leurs fonctions et deux d'entre eux ont été condamnés quasiment sur-le-champ par une cour martiale, respectivement à 20 et 14 jours de prison. Trois semaines plus tôt, plusieurs militaires avaient brandi des pancartes proclamant « Nous ne nous sommes pas enrôlés pour évacuer des Juifs » lors d'une parade marquant la sortie de leur promotion sur la place du mur des Lamentations, à Jérusalem.
« Notre sécurité et notre existence dépendent des forces de défense israéliennes. Si vous encouragez la désobéissance, vous provoquerez la chute de l'État », a affirmé Benjamin Netanyahu. « Il n'y a pas de place pour la désobéissance », a déclaré le Premier ministre à la presse au lendemain de l'incident de lundi, qui pose une nouvelle fois la question de l'attitude de l'armée en cas d'accord territorial avec les Palestiniens.

Kouchner pour une relance des négociations de paix en priorité

18/11/2009
Hier, Bernard Kouchner a rencontré, à Amman, Mahmoud Abbas.Khalil Mazraawi/AFP
Hier, Bernard Kouchner a rencontré, à Amman, Mahmoud Abbas.Khalil Mazraawi/AFP
La France et l'UE doivent se mobiliser pleinement, au côté des États-Unis, pour recréer une dynamique, plaide le ministre des AE.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a appelé hier, comme les États-Unis et l'UE, à relancer en priorité les négociations de paix entre Israël et les Palestiniens. « Je souhaite insister sur l'urgence d'une relance des négociations pour aboutir à la création d'un État palestinien, malgré les difficultés », a déclaré M. Kouchner. « Il faut trouver les moyens de surmonter l'impasse actuelle », a-t-il poursuivi dans une interview publiée par le quotidien palestinien de Jérusalem al-Quds.
Le chef de la diplomatie française s'est entretenu en soirée à Amman avec le président palestinien Mahmoud Abbas avant de rencontrer aujourd'hui les dirigeants israéliens dans le cadre d'une visite éclair au Proche-Orient. M. Kouchner a affirmé que Mahmoud Abbas était « indispensable » pour le processus de paix.
Avant son entretien avec M. Abbas, M. Kouchner a indiqué vouloir convaincre les responsables palestiniens « qu'il est maintenant temps de mettre fin aux divisions, de se regrouper pour construire ensemble l'État et négocier l'accord de paix ». « Je m'adresserai aux responsables israéliens pour leur dire que l'Autorité palestinienne et son chef, Mahmoud Abbas, est leur partenaire pour la paix », a-t-il ajouté dans son interview à al-Quds.
Les négociations de paix achoppent sur le contentieux des colonies, les Palestiniens réclamant d'abord un arrêt total des implantations en Cisjordanie occupée tandis que le gouvernement Netanyahu offre un gel partiel de la construction et réclame une reprise des discussions « sans condition préalable ». La communauté internationale est favorable à un gel complet de la colonisation.
Interrogé sur l'échec de l'administration américaine à relancer le processus de paix, M. Kouchner a reconnu que les efforts américains n'avaient « pas encore produit les effets escomptés ». « Mais il s'agit aujourd'hui de surmonter les blocages. » « La détermination du président (Barack) Obama reste entière et la nôtre aussi. Par la nôtre, j'entends celle de la France et de l'Union européenne, qui doivent se mobiliser pleinement, au côté de l'administration américaine, pour recréer une dynamique », a plaidé le ministre français.

Le Hamas contre un État palestinien avant la fin de l’occupation israélienne

18/11/2009
Israël autorise 900 nouveaux logements à Jérusalem-Est.
Le Hamas s'est dit opposé hier à la proclamation d'un État palestinien avant la fin de l'occupation israélienne en Cisjordanie, alors que l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas cherche à obtenir une reconnaissance par l'ONU d'un tel État.
Pour créer un État indépendant, « notre peuple doit avoir mis fin à l'occupation, car notre terre est sous occupation, les colonies sont établies partout et les barrages militaires (israéliens) divisent la Cisjordanie », écrit le Hamas dans un communiqué publié à Damas où réside le chef en exil du mouvement Khaled Mechaal. « La proclamation d'un État palestinien doit être le résultat de l'(action) de la résistance pour mettre fin à l'occupation (...) et non pas une décision prise par (l'Autorité palestinienne) pour remplir le vide après l'échec de la solution politique », ajoute-t-il.
Après onze mois de blocage du processus de paix avec Israël, l'Autorité palestinienne a annoncé dimanche, dans l'espoir de sortir de l'impasse, qu'elle demanderait au Conseil de sécurité de l'ONU de reconnaître leur indépendance dans les frontières de 1967. Le Hamas et l'Autorité palestinienne sont à couteaux tirés depuis juin 2007, lorsque le mouvement islamiste a chassé le Fateh du président palestinien Mahmoud Abbas de la bande de Gaza. « L'idée proposée par l'Autorité palestinienne est irréalisable puisque celle-ci continue de s'en prendre à la résistance et de coopérer avec l'ennemi (israélien) sur le plan de la sécurité », poursuit le Hamas.
Parallèlement, Mahmoud Abbas a affirmé hier que la décision de chercher à obtenir du Conseil de sécurité de l'ONU une reconnaissance d'un État indépendant n'était pas « unilatérale ». « C'est une décision émanant du comité de suivi de la Ligue arabe qui s'est réuni au Caire récemment. Ils se sont mis d'accord sur le fait d'aller au Conseil de sécurité pour qu'il dise son soutien à un État palestinien indépendant », a précisé le président de l'Autorité palestinienne lors d'une conférence de presse au Caire après un entretien avec le président Hosni Moubarak.
Le 12 novembre, les chefs de diplomatie et les représentants de 14 pays arabes ont décidé, lors d'une réunion du comité de suivi de l'initiative de paix arabe, de s'adresser au Conseil de sécurité pour lui demander de « reconnaître un État palestinien dans les frontières de 1967 ». Ils ont demandé une réunion du Conseil ministériel arabe pour entériner cette décision.
L'Union européenne a jugé, de son côté, hier, « prématurée » la demande de soutien que lui a adressée l'Autorité palestinienne en vue d'une reconnaissance par le Conseil de sécurité de l'ONU d'un État indépendant. Washington a aussi réaffirmé son opposition à une proclamation unilatérale d'un État palestinien, en soulignant que celui-ci devrait naître par la négociation avec Israël.
Par ailleurs, le ministre israélien de l'Intérieur, Élie Yishaï, a autorisé hier la construction de 900 nouveaux logements dans Jérusalem-Est annexée, dans le quartier de Gilo, en pleine controverse sur les colonies juives, a-t-on appris de source officielle. La radio militaire israélienne avait indiqué auparavant que le Premier ministre de l'État hébreu Benjamin Netanyahu avait rejeté une demande américaine pour un gel de la construction de dizaines de logements dans ce même quartier de colonisation de Jérusalem-Est.
La Maison-Blanche s'est dit « consternée » hier devant l'autorisation donnée par les autorités israéliennes et a accusé Israël de compliquer la relance des efforts de paix avec les Palestiniens.

Le chaudron de M. Netanyahou

publié le mardi 17 novembre 2009

Alain Gresh
Tout le monde connaît le fameux principe de Sigmund Freud, dit du chaudron. « Je n’ai pas volé le chaudron ; d’ailleurs il était troué ; qu’en aurais-je fait ? » Les dirigeants israéliens, et notamment le premier ministre Benyamin Netanyahou, l’ont adapté à leur pays au lendemain de la guerre contre Gaza. Il se résume à deux propositions : Nous n’avons commis aucun crime durant cette guerre ; il faudrait changer les lois internationales pour les adapter à la guerre contre le terrorisme.

C’est ce que résume un article de Haaretz du 21 octobre, traduit sur le site de l’ambassade de France à Tel-Aviv, « Le Premier ministre Netanyahu : nous œuvrerons pour que les lois internationales de la guerre soient adaptées à la lutte antiterroriste » (Barak Ravid et Entshel Pfeffer) :« Netanyahou souhaite mobiliser plusieurs pays occidentaux impliqués dans la lutte antiterroriste en faveur de l’élaboration de nouvelles règles de la guerre qui permettront aux pays de se défendre contre les offensives terroristes. »

Durant les semaines qui ont suivi la publication du rapport Goldstone, l’argumentation du gouvernement israélien a été de nier les accusations, d’affirmer qu’Israël respectait les lois de la guerre, que son armée était la plus morale du monde. Dans ces conditions, pourquoi demander maintenant le changement des lois de la guerre ? D’autant que les différentes conventions sur le droit de la guerre prennent en compte les luttes insurrectionnelles, et que les combattants sans uniforme sont aussi tenus à certaines règles (d’où les conclusions du rapport Goldstone dénonçant certaines actions du Hamas).

A moins, et c’est évidemment la bonne réponse, que le gouvernement israélien actuel, comme ses prédécesseurs, ne se sente nullement tenu par ces lois. Au nom du combat contre le terrorisme, on peut torturer, tuer des civils, commettre des assassinats ciblés... Et, aussi, réduire les libertés publiques, comme Netanyahou l’avait proposé dans un livre publié en 1995, Fighting Terrorism : How Democracies Can Defeat Domestic and International Terrorists, dont on trouvera ici un compte rendu (élogieux) en anglais. Six ans avant le 11-Septembre, il avait anticipé les pratiques que l’administration Bush allait mettre en œuvre...

Cette réflexion sur le terrorisme n’est pas nouvelle en Israël. Elle s’est traduite notamment par une importante coopération avec l’Afrique du Sud de l’apartheid dans les années 1980, coopération à la fois opérationnelle et « théorique » pour lutter contre les terroristes de l’ANC ou de l’OLP... Le très respecté Jaffa Center for Strategic Studies a développé dès les années 1970 des études de « terrorologie » et a coopéré dans ce domaine avec le Centre de recherche sur le terrorisme du Cap (sur la coopération des deux pays durant la période de l’apartheid, lire « Regards sud-africains sur la Palestine », Le Monde diplomatique, août 2009).

Toute cette agitation gouvernementale israélienne tient, bien évidemment, à l’impact du rapport Goldstone, dont on trouvera une analyse détaillée par Isabelle Avran sur le site de l’Association France-Palestine Solidarité, « Rapport Goldstone ; Mettre fin à l’impunité, condition de la paix » (12 novembre 2009). Le président Shimon Pérès s’est livré à une attaque violente contre le juge sud-africain, s’attirant une réponse cinglante du journaliste Gideon Levy, « Peres, not Goldstone, is the small man » (Haaretz, 15 novembre 2009) : « Pérès, pas Goldstone, est un petit homme »...

publié sur le blog du Monde diplomatique "Nouvelles d’Orient"

http://blog.mondediplo.net/2009-11-...

« J’attends le jour où je détruirai ce mur de ma pioche »

Un journaliste palestinien de Ramallah est parti à la rencontre des habitants du désormais célèbre village de Biliin, coupé en deux par le mur d’Israël. Témoignage.

Depuis février 2005, les habitants du village de Biliin organisent tous les vendredis une marche contre le mur de séparation. Ces paysans ne connaissent pas le désespoir. Ils se dirigent vers le point de passage de Biliin en répétant des dénonciations contre le mur. Ils essayent de prendre d’assaut le point de passage. Les soldats de l’occupation s’opposent à eux avec des bombes lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Ils repartent alors de là où ils sont venus, soignent leurs malades et reviennent le vendredi suivant.

Malgré des dizaines de blessés et un martyr, les habitants de Biliin refusent de se plier au fait accompli. Ils ont gagné l’estime des associations des droits de l’homme. Ils ont gagné la solidarité de dizaines de personnes du monde entier et même d’Israéliens qui refusent le mur de séparation. Ils ont même gagné la solidarité de l’ancien président américain Jimmy Carter qui a tenu à leur rendre visite un vendredi et à participer à leur marche. Il a également visité la tombe de leur martyr qui a trouvé la mort par les balles de l’occupation.

Ceux qui se rendent à Biliin, à 26 km à l’ouest de Ramallah, rencontrent des hommes, des femmes et des jeunes qui ne connaissent pas le fait accompli et qui ne l’acceptent pas. On entend des histoires de souffrance et de douleurs engendrées par ce mur de séparation qui a divisé le village en deux, à tel point que les frères peuvent être séparés. L’un d’un côté et l’autre de l’autre côté. L’histoire la plus cruelle est celle du paysan Fathi Abou-Rahma. Sa maison se trouve d’un côté du mur et sa terre de l’autre. Il est alors obligé, ainsi que sa femme et ses enfants, de faire face chaque jour aux soldats de l’occupation au point de passage de Biliin.

Considéré comme un danger potentiel

Fathi Abou-Rahma retournait la terre avec sa pioche alors que sa femme plantait des graines d’oignon sous l’olivier lorsque je les ai rencontrés. En lui posant une question sur le mur de séparation, il a répondu avec confiance et spontanéité qu’il disparaîtra certainement. Il a 5 garçons et 5 filles qui sont tous les jours exposés au danger s’ils passent le point de passage, car ils sont jeunes et cet âge est considéré par les Israéliens comme un danger potentiel à la sécurité. Un de ses enfants a même été détenu pendant 5 mois dans la prison de Ofer. « Le retour à la maison à l’extérieur du mur est beaucoup plus facile que la sortie. Il n’y a pas d’inspection de papiers ni de fouilles comme c’est le cas à l’entrée, sauf si les paysans portent des bagages ou des sacs. En effet, les Israéliens souhaitent que tous les Palestiniennes sortent ».

Fathi Abou-Rahma ne cultive maintenant que 8 donums (1 donum = 1 000 mètres carrés) d’un total de 20 donums. Une partie du reste a été confisquée pour y construire le mur de séparation, alors que des colonies se sont étendues sur une autre partie. Il a intenté en vain de nombreux procès. « Bien que le prix du donum s’élève à 30 000 dollars dans ce village, les colons juifs nous ont offert 150 000. Cependant, pas un pouce à Biliin ne leur été a été vendu ».

Après la construction du mur en février 2005, Abou-Rahma a été obligé de se rendre tous les matins à Ramallah pour obtenir un permis de passage de la colonie de Beit Ayelle, où se trouve un poste de l’armée israélienne. On refusait souvent de le lui accorder pour divers prétextes. « Et même quand je l’obtiens, je peut rester pendant des heures devant le point de passage sans qu’on ne me laisse passer ». Cette situation a duré deux ans, puis les Israéliens se sont soumis à la pression des habitants de Biliin. Ils les ont exemptés des permis en juin 2007 tant que leur carte d’identité indique qu’ils habitent Biliin, pour les femmes et les hommes de plus de 45 ans. Le point de passage de Biliin est aujourd’hui le seul de la Cisjordanie où il est permis de passer avec seulement une carte d’identité. Cependant, les Israéliens ont augmenté les mesures d’inspection pour étouffer les habitants et les pousser à vendre leurs terres.

Jeté à terre et tabassé

Les enfants de Fathi tentent d’accompagner tous les jours leurs parents à leur terre, mais le père et la mère les en empêchent. Ils ont peur qu’ils ne soient frappés ou détenus au point de passage. La femme de Fathi raconte qu’elle se rend maintenant tous les jours à la terre avec son mari car elle est trop grande pour qu’il la cultive seul, alors qu’autrefois elle ne s’y rendait qu’un jour ou deux, car elle était obligée de se rendre à Ramallah pour obtenir une autorisation.

Mais sans permis, lorsque les paysans de Biliin se rendent le matin au point de passage, ils le trouvent fermé. Ils appellent alors les soldats, mais ces derniers ne répondent que lorsqu’un grand nombre se rassemble. Les soldats les font alors entrer par la première porte et ceux qui viennent après doivent attendre jusqu’à ce qu’ils terminent le premier groupe. Les soldats examinent ensuite les cartes d’identité, font passer les paysans par les portes électroniques, fouillent leurs effets puis leur rendent les cartes d’identité. Et quand il y a des soldates, elles entreprennent une fouille corporelle des femmes avant de les laisser passer. « Parfois, les soldats arrêtent les inspections et nous laissent attendre pour aller prendre le petit-déjeuner ou boire un thé. Des fois, ils en ont assez des inspections. Ils font alors sortir les gens et ferment les portes. D’autres jours, ils ne permettent à personne d’entrer et s’ils voient un jeune homme parmi les personnes qui attendent de passer, ils s’attaquent à lui et le frappent », raconte Oum Khamis, femme d’Abou-Rahma.

C’est d’ailleurs ce qui est arrivé à son fils Helmi qui a retourné la gifle à un soldat. Les soldats l’ont alors jeté à terre et l’ont tabassé. Helmi allait presque mourir entre leurs mains. Il a été condamné à 5 mois de prison pour atteinte à un soldat, bien qu’il ait été hospitalisé pendant 17 jours en conséquence des coups reçus.

Abou-Rahma raconte que son fils Achraf a construit une hutte à l’extérieur du mur de séparation sur lequel il a planté le drapeau palestinien. Il a alors été arrêté et n’est revenu qu’après 9 jours d’enquêtes. Quand il est revenu, il a construit une pièce en briques au-dessus de laquelle il a planté le drapeau. Il a alors été incarcéré pendant 3 jours. Ensuite, il a jeté des pierres sur les soldats au point de passage et s’est enfui. Les soldats ont alors défoncé sa maison à l’aube et l’ont arrêté. Il a été condamné à 7 mois de prison. Aujourd’hui, il ne fait rien d’autre que d’attendre la marche du vendredi. Bien qu’il ait été blessé à plusieurs reprises, il insiste à prendre la tête de la marche. « J’attends le jour où je détruirai ce mur de ma pioche pour atteindre nos terres. Je n’ai pas vu nos terres depuis février 2005, pareil pour mes cousins qui habitent de l’autre côté du mur, car s’ils sortent de là-bas, ils ne pourront pas y revenir », raconte Helmi.

Khaled Al-Asmaï

Ce mur qui broie en silence

Palestine. 790 km de long et 8 mètres de haut, voilà la description physique du mur de séparation érigé par Israël. L’autre description, morale celle-là, c’est une Cisjordanie morcelée, des familles séparées, des agriculteurs qui n’ont plus accès à leurs terres. Bref, une population qui agonise lentement. Une vraie stratégie d’anéantissement.

Il y a les murs en béton, comme le mur de Berlin dont on vient de fêter le 20e anniversaire de la chute, il y a les murs plus sournois de l’incompréhension et du refus de l’autre, il y a ceux invisibles mis sur la route tragique des migrants vers le nord et les murs du silence. Mais aucun ne ressemble au mur d’Israël. Au-delà des appellations : mur de séparation, de ségrégation et de la honte, il est l’incarnation lourde et flagrante d’une politique d’anéantissement de l’autre qui remonte à loin et dont le tracé empêche de facto la création de l’Etat Palestinien dont la proclamation a été annoncé il y a 21 ans le 15 novembre 1988 à Alger. « Le consensus actuel en Israël est en faveur d’un Etat comprenant environ 90 % de la Palestine, pourvu que ce territoire soit entouré de barrières électrifiées et de murs, visibles et invisibles », écrit Ilan Pappe, l’un des nouveaux historiens israéliens, « dissident ». Il est connu pour sa critique des politiques sionistes d’Israël et dans son livre édifiant Le nettoyage ethnique de la Palestine. Il met en avant la politique d’épuration ethnique engagée par Israël depuis 1948. Dans ce livre, il écrit que c’est dans la Maison Rouge à Tel-Aviv, siège d’abord l’Union locale du syndicat ouvrier et ensuite quartier général de la Haganah, que « par un froid mercredi après-midi celui du 10 mars 1948, onze hommes, vieux dirigeants sionistes et jeunes officiers juifs, ont mis la dernière main à un plan de nettoyage ethnique de la Palestine ». C’était « le plan D » Daleth en hébreu. Tel fut le lancement de la machine avec déjà une énumération détaillée des moyens à même de faire évacuer les Palestiniens : intimidations massives, siège et pilonnage, incendie des maisons, des biens et démolitions … La machine n’a jamais cessé de fonctionner et de s’adapter depuis, pour aboutir à la décision israélienne unilatérale sous Sharon, en 2002, d’ériger le mur. Une entreprise soutenue même par les pacifistes sous couvert de se prémunir contre les attentats. Plus qu’une barrière de défense, c’est d’abord et surtout un mur de l’apartheid visant à nettoyer encore une fois le terrain des Palestiniens. Le mur sépare et élimine par différents moyens toute une population. Voilà pourquoi il est différent de tous les autres murs.

Desseins inavoués mais connus

Sur son tracé, il avale toutes les ressources en eau, englobe des terres et des colonies et coupe Jérusalem-Est de la Cisjordanie. Voilà les desseins inavoués du mur, comme le constatent les différentes organisations sur place et même un rapport datant du 15 décembre 2008, tenu confidentiel, et rédigé par les consuls généraux des pays de l’Union européenne sur place. Ce rapport pointe du doigt le gouvernement israélien, l’accusant d’utiliser le développement de la colonisation, la construction du mur de séparation, l’instauration d’un régime de permis de résidence et de déplacement des Palestiniens, pour poursuivre activement et illégalement l’annexion de Jérusalem. « La poursuite de la construction du mur contribue à saper les bases de futures négociations, 86 % du trajet de la barrière, y compris à Jérusalem-Est étant à l’intérieur de la ligne verte de 1949 ». Ce rapport qui, lui, a été englouti par le mur du silence a d’ailleurs fait l’objet d’un livre intitulé Le Rapport occulté, présentation de René Backmann (Salvator, Paris, 2009).

Il s’agit d’abord de 300 000 Palestiniens qui vivent aujourd’hui entre la ligne verte (ligne d’amnistie de 1949) et le mur coupé de la Cisjordanie et des moyens de subsistance. 42 villages palestiniens sont enfermés complètement. En contrepartie, le mur intégrera de l’autre côté plus de 414 000 colons israéliens, c’est-à-dire jusqu’à 90 % de la population totale des colons dans le Territoire palestinien occupé.

Au-delà de ses 790 km de long prévus et de ses 8 mètres de haut, il est en train de broyer les Palestiniens dans leur essence même. Il coupe la Cisjordanie en îlots séparés. Jérusalem-Est sera isolée du reste de la Cisjordanie. Les autres villes et villages de la Cisjordanie vivront au compte- goutte des permis et des check- points et des moyens élémentaires de vie.

Mainmise sur l’eau et les terres

Le tracé du mur illustre une intention flagrante de mainmise sur les ressources en eau et de spoliation, encore une fois, des terres palestiniennes.

Il rase 250 ha des terrains palestiniens abritant 70 % des oliviers de la zone et les deux sources principales de la population, l’agriculture et l’élevage, sont en passe d’être anéanties. En fait, le drame est déjà enclenché. Les agriculteurs palestiniens doivent désormais obtenir des permis pour accéder à leur terres d’exploitation. Amnesty international rapporte le cas d’un des villages. A Jayyous, à la frontière de la Cisjordanie entre Israël et le mur, les familles sont séparées et les agriculteurs n’ont plus accès à leurs terrains agricoles sauf en obtenant un permis israélien. « Dans ce village, 30 permis ont été annulés fin juin 2007 sans justification », relève l’organisation.

Oxfam–Solidarité, une autre organisation d’aide internationale, incrimine ces permis délivrés au compte-goutte : « Certains Palestiniens découvrent par exemple qu’ils sont repris sur une liste noire établie par les Israéliens et n’ont donc aucun espoir d’obtenir un permis. Ceux qui n’y figurent pas peuvent réclamer l’accès à leurs terres, mais doivent pour cela présenter des papiers d’identité, disposer de documents qui prouvent qu’ils sont propriétaires des terres ou qu’ils en ont hérité, remplir divers formulaires et avoir des photos des parcelles … ». Il faut ensuite que la porte agricole la plus proche soit ouverte, ce qui n’est pas toujours le cas. L’organisation rapporte les propos de Sharif Omar, agriculteur de 66 ans : « Il y a deux ans, je suis resté sept mois sans pouvoir me rendre sur mes terres ». Et d’ajouter : « En nous empêchant d’accéder à nos terres, les Israéliens ont beau jeu ensuite de déclarer que nous ne nous en occupons pas ». En effet, l’organisation révèle que les autorités israéliennes, une fois les agriculteurs séparés de leurs terres, font appel à des lois datant des Ottomans et des Britanniques, ainsi qu’à celle « des propriétaires absents » pour tenter de mettre un cadre légal à ces confiscations. Il y a aussi un autre moyen de dépossession : les noms de familles. Israël a imposé aux Palestiniens d’ajouter un nom de famille au prénom suivi de celui du père et du grand-père utilisés d’habitude. « Les terres de ma famille sont enregistrées sous le nom de mon père Mohamad Omar Mohamad. Mon nom est Sharif Mohamad Omar Mohamad, ce qui devient pour les Israéliens Sharif Mohamad Omar Mohamad Khalid. Mon fils aîné Azzam s’appelle donc Azzam Sharif Mohamad Khalid et mon petit-fils Sharif Azzam Sharif Khalid. A priori, il n’y a plus aucun lien apparent entre leur nom et celui de mon père. Dans quelques années, les Israéliens pourront donc affirmer que mon petit-fils n’a aucun lien avec la terre familiale », prévoit l’agriculteur. Comme les agriculteurs, les étudiants ne peuvent pas se rendre à leur écoles et les malades ont du mal à avoir accès aux soins. Sur son tracé, le mur a englouti les ressources en eaux. Ainsi à Qalqylya (nord de la Cisjordanie ), complètement encerclée par le mur dont les 50 mille habitants sont isolés, 40 % des terres et le tiers des puits sont de l’autre côté du mur. Et justement sur cette question de l’eau dans un rapport daté du 27 octobre 2009, Amnesty international accuse Israël de priver les Palestiniens des ressources aquifères en Cisjordanie. Rapport très mal accueilli par Israël. L’organisation révèle à quel point les politiques et pratiques discriminatoires d’Israël en matière d’eau bafouent les droits des Palestiniens. 80 % de l’eau de Cisjordanie va à Israël (300 litres par pers) et 20 % aux Palestiniens (70 litres par pers). « Par ailleurs, ajoute le rapport, les limitations sur les déplacements des personnes et des biens dans les territoires occupés accentuent les difficultés pour mettre en place des projets d’eau dans les villages ». L’armée israélienne détruit même les cuves de récupération d’eau des pluies que les villageois installent et confisque les camions citernes. « Quelque 450 000 colons utilisent autant d’eau que toute la population palestinienne », commente le rapport. Pour dire que le mur d’Israël cristallise la ségrégation dans toutes ses formes.

Nouvelle arme, vieille stratégie

Et pourtant, rien n’a pu arrêter son avancée qui se fait aux prix de discriminations multiples et de violations incessantes au droit international sous les yeux du monde, afin de rendre la vie des Palestiniens impossible et les pousser ainsi à partir vers d’autres cieux plus cléments. Même l’avis de la Cour Internationale de Justice (CIJ), émis le 9 juillet 2004, qui qualifie l’édification du mur comme contraire au droit international et met Israël dans l’obligation de réparer tous les dommages. En attendant sur le terrain, les Palestiniens continuent à s’opposer à ce symbole d’apartheid. Le 7 novembre, des Palestiniens ont abattu un pan du mur et l’opération a été menée par des Palestiniens aidés par des activistes. Et tous les vendredis, des villages organisent des marches de protestation vers le mur. Ce fut le cas ce vendredi 13 novembre dans le village de Biliin dans la région de Ramallah, où le mur isole 60 % des habitants de leurs terres agricoles. Et puis, il y a Biliin où les manifestants ont scandé « De Berlin à Biliin » (voir reportage page 5). Pour crier au monde que tous les murs à travers l’histoire ont fini par tomber. Mais faudrait-il avant que le mur du silence tombe, que des rapports, comme celui des consuls généraux de l’Union européenne, soient immédiatement publiés et mis au grand jour et que des rapports comme celui de Goldstone ne soient pas broyés par des arsenaux de procédures politico-juridiques qui empêchent une condamnation internationale.

Car en attendant, la machine israélienne ne cesse d’avancer, resserrant chaque jour l’étau autour de toute une population. L’épuration, reconnaît l’historien Pappe dans un entretien publié le 23 mars 2007 par le quotidien italien Il manifesto, « se réalise de diverses manières. Il y a soixante ans, on recourait aux armes pour obliger les gens à fuir. Maintenant, à cause du contrôle des médias et des institutions internationales, on utilise d’autres méthodes. Rendre la vie impossible, restreindre les possibilités économiques et réduire la capacité de développement : ces nouvelles stratégies fonctionnent d’autant mieux qu’elles se conjuguent avec le refus d’une véritable négociation avec les Palestiniens ». Dans ces nouvelles stratégies, le mur de l’anéantissement s’inscrit désormais comme l’arme idéale qui fait proprement « une sale besogne ».

Najet Belhatem