dimanche 7 novembre 2010

Pour la reconnaissance de l’Etat de Palestine : Les Palestiniens saisiront le Conseil de sécurité

06-11-2010
Le négociateur palestinien M. Mohammed Shtayyeh,   proche conseiller du président de l’Autorité palestinienne M. Mahmoud Abbas  a affirmé  hier que les palestiniens  sont persuadés " qu’il ne faut plus  compter sur les seules négociations pour parvenir à l’établissement d’un Etat  palestinien".
"L’entourage du président palestinien s’est persuadé qu’il ne faut plus  compter sur les seules négociations pour parvenir à l’établissement d’un Etat  et préparer la prochaine étape de négociations", a-t-il  notamment dit sur les  ondes de Radio France international (RFI).   "Une fois expiré le délai d’un mois fixé au 8 novembre par la Ligue arabe  pour l’extension fort peu probable du gel des constructions israéliennes, les  dirigeants palestiniens comptent dévoiler leur plan B : saisir le Conseil de  sécurité des Nations unies pour obtenir la reconnaissance de l’Etat de Palestine,  sans attendre le consentement d’Israël", a-t-il ajouté.      "Dans un premier temps, nous demanderons aux Etats-Unis de reconnaître l’Etat  palestinien dans les frontières de 1967. En cas de refus, nous irons devant  le Conseil de sécurité de l’ONU", a poursuivi M. Shtayyeh. Si, a-t-il ajouté, le Conseil nous "oppose un veto, nous pourrons encore  nous retourner vers l’Assemblée générale et demander l’activation du mécanisme   +Union pour le maintien de la paix+ par lequel l’Assemblée peut se substituer  au Conseil de sécurité en cas de blocage".    
"Enfin, nous pouvons également demander que les Territoires palestiniens  soient placés sous la tutelle de l’ONU. Toutes ces options sont sur la table",  a-t-il dit notamment.
Pour M. Mohammed Shtayyeh, le processus des pourparlers "ne mène  nulle part. Nous négocions depuis dix-neuf ans et les Israéliens continuent  de prendre notre terre et nos ressources en eau".  " L’Autorité palestinienne est une autorité sans autorité", a-t-il ajouté,  relevant que celle-ci "ne fait rien de plus que de la gestion municipale avec  l’argent des pays donateurs : une route par-ci, une école par-là..".  Il a par ailleurs estimé que la décision de mettre un terme à l’occupation  "ne doit pas être laissée aux seuls Israéliens", soulignant qu’ils "ne sont  pas prêts à nous accorder davantage qu’une autonomie. La communauté internationale  doit réfléchir à des alternatives. Le statu quo est intenable", a-t-il ajouté. "Si l’ONU nous accorde cet acte de naissance, ce sera la première fois  qu’un Etat de Palestine est officiellement reconnu dans les frontières de 1967",  a poursuivi ce négociateur, ajoutant que "cela peut changer le rapport de force  dans les négociations avec Israël".  "En cas de refus, nous conservons une dernière option : revenir à l’occupation  israélienne totale et laisser le gouvernement israélien prendre en charge totalement  la gestion des Territoires occupés. Nous entrerons alors dans une nouvelle forme  de lutte. Un homme, une voix dans le cadre d’un seul Etat, comme en Afrique  du Sud", a-t-il conclu.
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