mercredi 3 mars 2010

Selon une chercheuse, Damas envisagerait une paix par étapes avec Israël

03/03/2010
La Syrie envisage la paix et une normalisation graduelle avec Israël, a déclaré au Haaretz Gabrielle Rifkind, qui dirige le département du Proche-Orient du Oxford Research Group. Mme Rifkind, une spécialiste en résolution des conflits qui s'est rendue en Syrie à plusieurs reprises, a rencontré le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Moallem, en décembre dernier. Ce dernier lui aurait déclaré que Damas est prêt à une approche par étapes du dossier. Selon Gabrielle Rifkind, après un retrait israélien de la moitié des territoires occupés du Golan, les deux États déclareraient, dans un premier temps, la fin de l'état de conflit entre eux. Après un retrait israélien des trois quarts du Golan, Damas serait d'accord pour l'ouverture d'un bureau pour les intérêts israéliens à l'ambassade américaine à Damas. Un retrait total permettrait ensuite à la Syrie d'ouvrir une ambassade en Israël.  Interrogé sur les relations entre Damas et le Hamas et le Hezbollah, Moallem aurait déclaré que ces questions ne seraient abordées qu'après un retrait total du Golan. D'un point de vue de résolution de conflits, souligne encore la spécialiste, en cas d'accord entre la Syrie et Israël sur le Golan, « Damas pourrait jouer un rôle de médiateur entre Israël, le Hamas et le Hezbollah, ce qui pourrait radicalement améliorer les chances d'une trêve de long terme - voire même de résolution permanente des conflits - entre ces parties ».
Le chef de la diplomatie turque Ahmet Davutoglu a, pour sa part, déclaré hier lors d'une conférence de presse conjointe au Caire avec son homologue égyptien Ahmad Aboul-Gheit que la Turquie est prête à reprendre sa médiation entre Israël et la Syrie « s'il y a une volonté politique des deux côtés ».
La Syrie et Israël ont engagé en mai 2008 des négociations de paix indirectes par le biais de la Turquie, mais celles-ci ont été rompues après le déclenchement, il y a plus d'un an, de la dévastatrice offensive militaire d'Israël contre le mouvement islamiste palestinien Hamas dans la bande de Gaza. En décembre dernier, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman avait écarté la reprise des négociations indirectes avec la Syrie par l'intermédiaire de la Turquie. « Nous voulons des négociations directes (avec la Syrie), une fois à Damas et une fois à Jérusalem », avait-il dit.