jeudi 24 septembre 2009

L’équation de Barack Obama

publié le mercredi 23 septembre 2009

Gilles Paris

Soient deux échecs : obtenir un gel de la colonisation en Cisjordanie de la part des autorités israéliennes, obtenir des gestes de bonne volonté des pays arabes influents qui n’ont pas encore normalisé leurs relations avec les Etats-Unis.

Soit un passif : trois processus de paix ratés, Oslo (1993-2000), la “feuille de route” (été 2003) et Annapolis (novembre 2007-été 2008).

Que pense donc faire Barack Obama, déterminé officiellement à ne pas attendre “la dernière année” de son mandat pour tenter de forcer la paix ?

Premiers éléments de réponse mardi 22 septembre avant le sommet tripartite de New York, le premier entre Israéliens et Palestiniens depuis la victoire de Benyamin Nétanyahou aux élections israéliennes de février.

“Le temps où on parle d’engager les négociations est révolu, a assuré M. Obama selon l’AFP, le moment est venu d’aller de l’avant, le moment est venu de montrer la souplesse, le bon sens et l’esprit de compromis nécessaires pour atteindre nos objectifs. Les négociations sur le statut permanent doivent commencer, et elles doivent commencer rapidement”, ”En dépit des obstacles, en dépit du poids de l’histoire, nous devons trouver un moyen de sortir de l’impasse dans laquelle des générations d’Israéliens et de Palestiniens se sont retrouvés piégés, dans un cycle infini de conflit et de souffrance”.

Bref, l’administration américaine semble vouloir contourner l’obstacle du gel de la colonisation pour ouvrir immédiatement des négociations sur le statut final des territoires palestiniens selon la terminologie d’Oslo. Elément nouveau, la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, entre dans le jeu.

Le prix à payer pour les Palestiniens est d’oublier le préalable du gel. Pour les Israéliens, l’administration ne compte pas relâcher sa pression. Arrivé en bonne posture à New York, sans avoir fait de concession majeure, M. Nétanyahou n’en a pas encore fini avec M. Obama.

publié sur le blog du Monde "Guerre ou Paix"

http://israelpalestine.blog.lemonde.fr/

Fraude sur les étiquettes

publié le mercredi 23 septembre 2009

Ralf Beste et Christoph Shult
Le conflit du Proche-Orient préoccupe un tribunal des finances allemand : L’Union européenne peut-elle pénaliser la politique contestée de colonisation israélienne ?

La colonie israélienne Ma’ale Adumim trône comme une forteresse au sommet d’un plateau de roche rouge. Dans la Bible, on appelait la route qui mène à ce plateau, « la route rouge escarpée ».

40 000 personnes vivent dans la plus grande colonie israélienne située en Cisjordanie palestinienne et leur nombre augmente chaque semaine. A sa périphérie, des bulldozers font de la place pour de nouvelles maisons. Aucune autre colonie ne s’est développée aussi rapidement ces dernières années que celle de Ma’ale Adumim.

A l’orée de la zone industrielle, se trouve l’usine de l’entreprise Soda-Club. Son portail métallique a été peint en bleu et vert pour être assorti au logo moderne de l’entreprise. Une caméra enregistre quiconque s’approche de la porte. L’usine fabrique des appareils de table pour gazéifier l’eau plate, comme ceux utilisés dans les cuisines en Allemagne. Et pour ceux qui préfèrent un goût plus sucré, Ma’ale Adumim fournit aussi le sirop.

Les visites de journalistes ne sont pas désirées. Le directeur du marketing, Asaf Snear, prétend au téléphone qu’il s’agit d’une protection contre l’espionnage industriel.

Mais il existe une autre raison à cette crainte par rapport aux médias : les produits de Soda-Club sont au cœur d’un litige avec la république Fédérale d’Allemagne qui pourrait bien durcir considérablement le débat actuel sur la politique israélienne de colonisation.

Le tribunal des Finances de Hambourg doit maintenant décider si les appareils de Soda-Club fabriqués à Ma’ale Adumim peuvent être importés dans l’Union européenne, exemptés de droits de douane, comme tous les autres produits industriels israéliens. Ou bien si, selon Bruxelles, ils n’entrent pas dans cette catégorie car fabriqués dans les colonies israéliennes, situées dans les territoires occupés.

La vraie question est donc : Ma’ale Adumim fait-elle partie d’Israël ? L’UE n’a pas officiellement reconnu les prétentions d’Israël sur Ma’ale Adumim comme sur les autres colonies. Mais en pratique, elle a fait peu de chose.

Mais cela pourrait maintenant changer. Le tribunal de Hambourg a pris contact avec la Cour européenne de Justice pour obtenir une « décision préliminaire » qui réglerait la question d’une manière contraignante pour les 27 Etats membres de l’Union européenne. On s’attend à ce que la décision soit rendue dans les prochains mois. Si les droits de douane peuvent être prélevés, cela équivaudra à un verdict de culpabilité contre la politique israélienne de colonisation. La question délicate qui est posée est celle-ci : l’Allemagne et l’UE doivent-elles accepter la façon dont Israël traite les territoires occupés, ou doivent-elles utiliser leur arme la plus décisive, à savoir les sanctions économiques.

Formellement, les juges sont appelés à rendre une décision seulement sur une somme de 19 155,46 €. La société allemande Brita GmbH, a importé des appareils à gazéifier l’eau et du sirop de Ma’ale Adumim. La société a également classé ces marchandises comme des produits « Made in Israël » et prétendu qu’ils devaient dès lors être exonérés de droits de douane.

Mais le bureau principal des douanes du port de Hambourg n’a pas voulu laisser passer les choses. Les douaniers allemands ont demandé à leurs homologues israéliens où les produits avaient exactement été fabriqués. La réponse contenait qu’ils avaient été fabriqués dans une zone « sous administration des douanes israéliennes ». Les douaniers de Hambourg ont demandé, sans céder, si les produits avaient été fabriqués dans des colonies israéliennes, ils n’ont eu aucune réponse. Alors, les Allemands ont décidé de prélever un droit sur les marchandises.

Brita GmbH a porté plainte. L’affaire a atteint rapidement d’autres sphères. La Commission européenne a exprimé sa satisfaction. Elle veut faire de ce litige avec l’entreprise Soda-Club un exemple contre Israël. Dans une note interne, elle a sollicité le « soutien » des Etats membres. Le ministre allemand des Affaires étrangères suit ce « cas hautement explosif » avec intérêt, et une certaine sympathie. L’UE est prête à la confrontation quand il s’agit d’un nouveau gouvernement israélien nationaliste de droite. Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE ont mis provisoirement en attente le « réhaussement » diplomatique prévu des relations avec Israël.

Aujourd’hui, l’Europe veut se servir de ce différend douanier pour exercer de nouvelles pressions sur Israël. L’UE est le deuxième marché le plus important pour les produits israéliens, après les Etats-Unis. En 2008 , les entreprises israéliennes ont exporté 12 milliards d’euros de marchandises vers l’Europe. On estime qu’un tiers de ces marchandises a été fabriqué, totalement ou partiellement, dans les territoires occupés. La plupart d’entre elles sont arrivées en Europe exonérées de droits de douanes : un fonds israélien de dédommagement créé pour les exportations soumises aux droits de douane n’a guère été utilisé au cours de l’année dernière.

Sous le pression de l’UE, Jérusalem a signé un accord en 2005 demandant à tout exportateur israélien de fournir à l’agence des douanes le lieu et le code postal de l’usine où chaque produit a été fabriqué. Mais quand les exportateurs israéliens déclarent délibérément une fausse adresse, les douaniers n’ont pas les moyens de réagir. Le gouvernement britannique plaide depuis longtemps au sein des 27, pour que les consommateurs sachent exactement d’où proviennent les marchandises israéliennes. Les Israéliens réagissent piqués au vif. Cela veut-il dire dorénavant en Europe : « N’achetez pas chez les juifs » ?

Précisément pour les Allemands, c’est une question très sensible. Ce qui est d’autant plus étonnant, c’est la façon directe dont le gouvernement allemand s’exprime sur l’affaire Soda-Club. A une question des Verts au Bundestag, le gouvernement a déclaré qu’il ne saurait y avoir d’exonération de droits de douanes pour des « marchandises venant de territoires occupés ».

En attendant, la société Soda-Club fait exactement ce que font beaucoup d’Israéliens quand il s’agit du conflit palestinien : elle ignore le problème. A la question posée à Soda-Club, comment elle réagit aux critiques de produire dans une colonie, le directeur du marketing, Snear, répond : « Soda-Club est une entreprise apolitique. »’

Publié par Der Spiegel 29/2009 du 13 juillet 2009

http://wissen.spiegel.de/wissen/dok...

traduction : F. Diehlmann, Afps

Déclaration de Principes et Objectifs

publié le mercredi 23 septembre 2009

Coalition pour mettre fin au siège illégal de Gaza
"les conséquences de l’état de siège « sont indéniablement une souffrance massive, créée en grande partie par Israël, mais avec la complicité active de la communauté internationale, en particulier des États-Unis et de l’Union européenne".

Human Rights Watch a appelé le blocus de Gaza une « violation grave du droit international. »

L’ancien président américain Jimmy Carter a dit que la population de Gaza est traitée « comme des animaux » et a réclamé la « fin du siège de Gaza — et de la privation d’un million et demie de personnes des nécessités de vie de base."

L’une des expertes mondiales sur la question de Gaza, Sara Roy de l’Université Harvard, a dit que les conséquences de l’état de siège « sont indéniablement une souffrance massive, créée en grande partie par Israël, mais avec la complicité active de la communauté internationale, en particulier des États-Unis et de l’Union européenne. »

La loi est claire. L’humanité en a lourd sur la conscience.

Pourtant, le siège de Gaza continue.

Il est temps d’agir !

La marche vers la Liberté

La Coalition pour mettre fin au siège illégal de Gaza va envoyer des milliers de personnes du monde entier à la bande de Gaza.

Le 1er janvier 2010, nous allons marcher jusqu’au poste de contrôle d’Erez, tout près de la population de Gaza, dans une manifestation non-violente, brisant le blocus illégal.

La marche est inspirée de Mahatma Gandhi.

Gandhi appelait son mouvement Satyagraha—la force de la vérité. La vérité est que le siège israélien de la bande de Gaza est illégal et inhumain.

Gandhi a dit que la non-violence exige plus de courage et est plus efficace que la violence. Nous voulons prouver, par nos actes, la véracité des idées de Gandhi.

Nous n’avons pas peur, nous ne reviendrons pas en arrière, nous ne laisserons pas mourir Gaza.

Gandhi a dit que le but de l’action non-violente est « d’accélérer » la conscience de l’humanité. Nous voulons amener l’humanité à ne pas se contenter de déplorer la brutalité israélienne, mais à activement y mettre fin.

Nous nous inspirons également de la lutte pour les droits civils aux États-Unis.

Si Israël dévalue la vie des Palestiniens, nous devons - tout comme les blancs du nord sont descendus au sud lors du l’Été de la Liberté - nous interposer et protéger les Palestiniens de la brutalité israélienne.

Si Israël défie le droit international, alors nous devons - tout comme des commissaires fédéraux ont été envoyés pour faire respecter la loi de la terre contre les shérifs racistes du sud - envoyer des commissaires non-violents de partout au monde pour faire respecter la loi de la communauté internationale dans la bande de Gaza.

Nous ne prenons pas parti dans la politique interne palestinienne. Nous sommes simplement du côté du droit international et du respect humain.

Nous organisons cette manifestation comme la première étape d’une longue campagne non-violente.

Le siège est illégal.

Le mur est illégal.

Les colonies sont illégales.

Les fermetures et les couvre-feux sont illégaux.

Les barrages routiers et postes de contrôle sont illégaux.

La détention et la torture sont illégales.

La vérité est que si le droit international était respecté, l’occupation ne pourrait avoir lieu.

La manifestation ne peut réussir que si nous éveillons la conscience de l’humanité.

Si nous conduisons des milliers de personnes à Gaza et si des millions d’autres dans le monde assistent à cette manifestation via internet, nous pouvons mettre fin au siège, sans qu’une goutte de sang ne soit versée.

Si le monde entier nous regarde, Israël ne peut pas faire feu.

La paix à reculons

publié le mercredi 23 septembre 2009

Benjamin Barthe
L’histoire d’Annapolis, comme celle de Camp David, a son revers, fait d’une accumulation de gestes de défiance et de petites mesquineries généralement passés sous silence.

La scène se passe en décembre 2007, dans un grand hôtel de Jérusalem. Quelques semaines plus tôt, à Annapolis, dans le Maryland, aux Etats-Unis, un processus de négociations israélo-palestinien, le dernier en date jusqu’à aujourd’hui, a été remis sur les rails, et les experts des deux camps ont repris leurs contacts. Ce jour-là, le chef de la délégation palestinienne, l’inamovible Saëb Erakat - de toutes les discussions depuis 1991 -, est très mécontent. "Un gros appel d’offres était sorti dans la presse pour la colonie d’Har Homa", à Jérusalem-Est, raconte un membre de la délégation palestinienne.

Aussitôt la réunion commencée, le négociateur palestinien proteste. Son interlocutrice israélienne, Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères, minimise la portée de l’annonce. "Saëb a alors brandi une liste de tous les appels d’offres en cours", poursuit le Palestinien. "Les adjoints de Livni ont jeté un oeil au document et se sont esclaffés en disant : "Vous faites mal votre boulot, il y en a beaucoup plus que ça !""

Si le fiasco des négociations de Camp David, en 2000, avait été amplement analysé, bien moins connus sont les ressorts de l’échec du processus enclenché à Annapolis. Ce cycle de négociations, lancé en fanfare par George W. Bush, promettait de faire aboutir en l’espace d’un an le processus de paix israélo-palestinien. C’est cette dynamique que Barack Obama va tenter de relancer en rencontrant les dirigeants israélien et palestinien - moins le Hamas, toujours jugé infréquentable à Washington -, mardi 22 septembre, à New York.

Pendant de longs mois, personne n’a su ce qui s’était dit au cours des négociations conduites dans le Maryland en 2007, pas plus qu’entre le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et le premier ministre israélien d’alors, Ehoud Olmert. Le secret a été bien gardé. Puis au printemps, dans deux entretiens accordés au magazine américain Newsweek et au quotidien israélien Haaretz, Olmert, qui avait été contraint de quitter ses fonctions à la suite de scandales financiers, se mit à parler.

Il dévoila le plan de paix qu’il avait soumis au président Abbas : un retrait de 93 % de la Cisjordanie qui laisserait les principaux blocs de colonies (Ariel, Gush Etzion et Maaleh Adumim) sous la tutelle d’Israël ; en guise de compensation, une cession de territoires israéliens et l’octroi d’un corridor vers la bande de Gaza, soit une offre équivalente, en superficie, à 100 % de la Cisjordanie ; la division de Jérusalem entre quartiers juifs et arabes à l’exception des lieux saints, qui seraient gérés par un comité international ; pas de reconnaissance d’un droit au retour pour les réfugiés palestiniens, mais un "geste humanitaire" envers 2 000 ou 3 000 d’entre eux, autorisés à retourner sur la terre de leurs aïeux.

A Paris, dans les cercles du pouvoir, l’offre d’Olmert avait été diffusée dès le mois de février par Bernard Accoyer, le président de l’Assemblée nationale qui, de passage à Jérusalem, avait été reçu par le premier ministre israélien. D’après Ehoud Olmert, le leader palestinien n’avait jamais donné suite à son offre. Certains se sont mis à douter. Les Palestiniens n’auraient-ils pas raté une occasion ? "Le syndrome Camp David s’est remis en marche", confesse un diplomate français. Une allusion aux pourparlers du même nom, en juillet 2000, dont l’échec fut imputé aux Palestiniens, jugés coupables d’avoir refusé une offre présentée comme "généreuse". "L’attitude d’Abbas a déçu Olmert, ajoute un diplomate israélien. Même s’il n’était pas en mesure d’appliquer son plan, il aurait voulu que les Palestiniens prennent date, et que d’une manière ou d’une autre, son plan soit officiellement enregistré."

Mais l’histoire d’Annapolis, comme celle de Camp David, a son revers, fait d’une accumulation de gestes de défiance et de petites mesquineries généralement passés sous silence. Selon les Palestiniens, Mahmoud Abbas s’est méfié d’une offre formulée seulement oralement, par un premier ministre aux abois. Olmert lui avait d’ailleurs montré une carte traduisant territorialement cette offre de paix, mais sans lui fournir de copie. Sur le fond, l’internationalisation des lieux saints de Jérusalem, et donc de l’esplanade des Mosquées, n’était pas du goût du raïs palestinien, tout comme le passage à la trappe du droit au retour des réfugiés que les Palestiniens revendiquent.

Pendant plusieurs semaines, il ne donna pas suite à la proposition. "Les écarts étaient trop importants", finit-il par expliquer laconiquement au Washington Post, fin mai. De crainte d’être stigmatisé comme un obstacle à la paix comme le fut Yasser Arafat après Camp David, Abbas dépêcha Saëb Erakat le 18 décembre 2008 à Washington, aux derniers jours de la présidence Bush. L’émissaire y présenta une contre-proposition des Palestiniens, qui avait été transmise par écrit aux Israéliens.

On sait peu de chose sur cette offre palestinienne. D’après un diplomate européen qui a vu la carte attenante, celle-ci prévoyait qu’Israël annexe 1,9 % de la Cisjordanie avec un échange de territoires équivalents. Une réunion était ensuite prévue à la Maison Blanche, le 3 janvier. "Mais au lieu de venir à Washington pour que nous posions nos cartes respectives sur la table, Olmert est allé à Gaza", affirme Saëb Erakat, en référence à l’offensive israélienne, déclenchée le 27 décembre.

A Jérusalem, ce rendez-vous raté n’émeut guère les bons connaisseurs du conflit. Pour eux, Annapolis a été au mieux un exercice théorique, au pire un trompe-l’oeil. Certes, près de 200 séances de négociations se sont tenues en l’espace d’un an, tous niveaux confondus. Mais l’intensification de la construction dans les colonies (en hausse de 40 % par rapport à 2007, selon le bureau des statistiques israéliens) a fait comprendre que les meilleures intentions ne suffiraient pas. Un jour d’abattement, un conseiller palestinien a fait le compte : "Durant l’année 2008, 2 200 logements ont été mis en chantier dans les colonies de Cisjordanie. Cela fait dix maisons de plus pour chaque séance de négociation. Les Israéliens n’étaient tout simplement pas sérieux", assure-t-il.

Le traitement réservé au personnel de la Negociation Support Unit (NSU), l’équipe qui fournit une expertise technique et juridique aux négociateurs palestiniens, donne une bonne idée de cette mauvaise volonté. D’origine arabe mais détenteurs de passeports étrangers, ces consultants jouissent théoriquement de facilités pour se déplacer. Or, nombre d’entre eux, de retour d’un séjour à l’étranger, ont été refoulés à la frontière par les gardes-frontières israéliens. Ils ont dû patienter des jours, voire des semaines, à Amman, en Jordanie, mobiliser la direction palestinienne, solliciter des interventions étrangères, pour qu’Israël les autorise simplement à remettre le pied à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne.

Au printemps 2008, l’Union européenne, dont certains pays membres financent la NSU, s’était plainte de ces pratiques auprès d’Olmert. Sans résultat. "Le postulat du processus de paix, dit Ziyad Clot, un avocat franco-palestinien, ancien de la NSU, est que si on met les deux parties autour d’une table de négociations, on aboutira tôt ou tard à un accord. Or, à mon sens, le conflit est tellement asymétrique que cette conception ne tient plus la route. A moins qu’Obama exerce d’énormes pressions sur Israël, je ne vois pas comment l’OLP pourrait obtenir par la négociation un accord à peu près conforme à ses droits."

Les diplomates dépêchés au chevet d’Annapolis ont vite partagé ce désenchantement. En public, pas un mot. Mais à huis clos, les langues se sont rapidement déliées. Celle de Tony Blair, par exemple, l’envoyé spécial du Quartette au Proche-Orient, qui lors d’une réunion au Quai d’Orsay, en juillet 2008, s’emporte contre ce qu’il décrit comme un immobilisme israélien. Ou celle de Keith Dayton, le général américain chargé de la réforme des services de sécurité palestinien en Cisjordanie. Au début de l’année 2008, lors d’une rencontre avec les consuls européens à Jérusalem-Est, il critique la poursuite des incursions de l’armée israélienne dans les villes de Cisjordanie, qui sapent selon lui les progrès réalisés par ses protégés : "Tout se passe comme si les Israéliens ne cherchaient pas à mettre en oeuvre la solution à deux Etats", lâche-t-il. Un diplomate présent se rappelle du murmure médusé qui parcourut l’assistance. "Qu’un général américain se soit permis un tel commentaire, cela en disait très long sur la nature du processus de paix d’Annapolis."

La palme de l’absurde revient à la mission européenne Eupol Copps, chargée d’entraîner la police civile palestinienne. En 2008, elle passe commande de gilets pare-balles. De peur qu’un tel accessoire ne tombe dans les mains de "terroristes", les autorités israéliennes autorisent l’importation des gilets, mais refusent celle des plaques de protection. "C’est symptomatique du refus de coopération des Israéliens", dit un diplomate européen, familier des questions de sécurité.

Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou qui a succédé à Ehoud Olmert, en mars, s’est saisi de cet échec et de la proposition israélienne restée lettre morte pour justifier son peu d’entrain à négocier. "Plus Israël avance vers les Palestiniens, plus ils s’éloignent, a assuré Uzi Arad, le conseiller à la sécurité nationale du premier ministre, dans une interview au Haaretz. Même les modérés ne veulent pas d’un règlement."

Marwan Barghouti, le leader du Fatah incarcéré à vie en Israël, a suivi les aléas d’Annapolis depuis sa cellule. En juin 2008, pour remercier Bernard Kouchner, le ministre français des affaires étrangères, d’avoir rencontré sa femme Fadwa, il lui avait fait parvenir une lettre. "Le premier jour de la paix sera le dernier jour de l’occupation", y écrivait le héraut de la seconde Intifada. Avant toute reprise effective du dialogue israélo-palestinien, et pour se prémunir contre une nouvelle déception, il n’est pas inutile de méditer cette remarque.

UM-Shmum, UM-Boom

publié le mardi 22 septembre 2009

Uri Avnery, le 19 septembre 2009
Maintenant un profond débat se déroule sur le rapport Goldstone. Non pas sur son contenu, Dieu merci. Qu’y a-t-il là-dedans à discuter ? Mais sur le seul point qui soit réellement important : notre gouvernement a-t-il eu raison en décidant de boycotter la commission ? Peut-être aurait-il mieux valu participer aux délibérations ? Notre Ministère des Affaires Étrangères a-t-il agi de façon aussi idiote que d’habitude ? (Notre ministère de la Défense, naturellement, ne se comporte jamais de façon idiote.) Des milliers de paroles sur cette question fondamentale pour le monde entier se sont répandus dans les journaux, à la radio et à la télévision, avec l’intervention de tous les commentateurs qui se respectent.

N’Y A-T-IL aucune limite aux manœuvres de ces ignobles antisémites ?

Cette fois ils ont décidé de calomnier les Juifs avec une nouvelle accusation de meurtres. Non pas la vieille accusation d’assassiner des enfants chrétiens et d’utiliser leur sang pour préparer le matzoth de la Pâque, comme dans le passé, mais celle de l’assassinat massif de femmes et d’enfants à Gaza.

Et qui ont-ils placé à la tête de la commission chargée de ce travail ? Ni un Britannique négateur de l’Holocauste, ni un Néo-nazi allemand, pas même un fanatique iranien, mais, entre toutes les personnes possibles, un juge juif qui porte le nom vraiment juif de Goldstone (Goldstein à l’origine, naturellement). Et pas simplement un Juif qui porte un nom juif, mais un sioniste, dont la fille, Nicole, est une sioniste enthousiaste qui a fait son “aliyah” et qui parle couramment l’Hébreu. Et pas simplement un sioniste juif, mais un Sud Africain qui s’opposa à l’apartheid et qui fut nommé à la Cour Constitutionnelle du pays lorsque ce système fut aboli.

Et cela pour diffamer l’armée la plus morale du monde, venant à peine de mener la guerre la plus juste de l’histoire !

Richard Goldstone n’est pas le seul Juif manipulé par la conspiration antisémite mondiale. Tout au long des trois semaines de la guerre de Gaza, plus de 10.000 Israéliens ont manifesté contre elle encore et encore. Ils furent photographiés portant des pancartes affichant “Arrêtez le massacre à Gaza”, “Halte aux crimes de guerre”, “Israël commet des crimes de guerre”, “Le bombardement de civils est un crime de guerre”. Ils chantaient ensemble : “Olmert, Olmert, c’est vrai – Ils t’attendent à La Haye !”

Qui aurait cru qu’il y avait autant d’antisémites en Israël !

LA RÉACTION OFFICIELLE d’Israël au rapport Goldstone aurait été amusante, si l’affaire n’avait été aussi grave.

À l’exception des “habituels suspects” (Gidéon Lévi, Amira Hass et leurs semblables), la condamnation du rapport fut unanime, totale et extrême, de Shimon Peres, cet avocat de chaque abomination jusqu’au dernier scribouillard de la presse.

Personne, mais vraiment personne, n’a traité le sujet lui-même. Personne n’a examiné le détail des conclusions. Avec une telle diffamation antisémite, il n’en est nullement besoin. En réalité, il n’est nullement nécessaire de lire le rapport.

L’opinion publique, dans toute sa diversité, s’est levée comme un seul homme pour s’opposer au complot, comme il a appris à le faire au cours d’un millénaire de pogroms, face à l’inquisition espagnole et à l’Holocauste. Une mentalité d’assiégé, la mentalité du ghetto.

La réaction instinctive dans une telle situation est la négation. Ce n’est tout simplement pas vrai. Cela ne s’est jamais produit. C’est un ramassis de mensonges.

En soi, c’est une réaction naturelle. Quand un être humain doit affronter une situation qu’il est incapable de gérer, la négation est le premier refuge. Si les choses ne se sont pas produites, il n’est nullement besoin d’y faire face. Fondamentalement, il n’y a aucune différence entre les négateurs du génocide arménien, les négateurs de l’anéantissement des Indiens d’Amérique et les négateurs des atrocités de toutes les guerres.

De ce point de vue, on peut dire que la négation est presque “normale”. Mais avec nous elle a évolué vers une forme d’art.

NOUS AVONS une méthode particulière : lorsque survient quelque chose que nous n’avons pas envie d’affronter, nous dirigeons les projecteurs sur un détail précis, quelque chose de complètement marginal, et nous commençons à mettre l’accent sur ce détail, à en discuter, à l’examiner sous tous les angles comme s’il s’agissait d’une question de vie ou de mort.

Prenez la guerre du Kippour. Elle a éclaté parce que pendant six années, à partir de la guerre de 1967, Israël avait navigué comme une Nef des Fous, intoxiqué par des chants de victoire, des albums de victoire et la croyance en l’invincibilité de l’armée israélienne. Golda Meir traita le monde arabe avec un franc mépris et rejeta les ouvertures de paix de Sadate. Résultat : plus de 2000 jeunes Israéliens tués, et qui sait combien d’Égyptiens et de Syriens.

Et de quoi discutait-on avec passion ? De l’“Omission”. “Pourquoi n’avait-on pas rappelé les réservistes à temps ? Pourquoi n’avait-on pas mis en mouvement les chars à l’avance ?” Ménahem Begin tonna à la Knesset, quantité de livres et d’articles furent écrits sur la question et une super commission d’enquête judiciaire délibéra.

La première guerre du Liban fut une faute politique et un échec militaire. Elle a duré 18 ans, a donné naissance au Hezbollah et en a fait une force régionale. Et de quoi discutait-on ? De savoir si Ariel Sharon avait trompé Begin et s’il était responsable de sa maladie et finalement de sa mort.

La seconde guerre du Liban fut une honte de bout en bout, une guerre inutile qui causa des destructions massives, des massacres en masse et la fuite de centaines de milliers de civils innocents de leurs maisons, sans aboutir à une victoire israélienne. Et quel était l’objet de nos discussions ? Dans quel but fut constituée une commission d’enquête ? Pour examiner la façon dont fut prise la décision de déclencher la guerre. Y avait-il eu un processus de prise de décision approprié ? Y avait-il eu un travail d’état-major correct ?

À propos de la guerre de Gaza, il n’y a pas eu de discussion du tout, parce que tout fut parfaitement réalisé. Une campagne brillante. Une direction politique et militaire merveilleuse. C’est vrai, nous n’avons pas convaincu la population de la Bande de Gaza de renverser ses dirigeants ; c’est vrai, nous n’avons pas réussi à libérer le soldat capturé Gilat Shalit ; c’est vrai, le monde entier nous a condamné – mais nous avons tué une quantité d’Arabes, nous avons détruit leur environnement et nous leur avons donné une leçon qu’ils n’oublieront pas.

Maintenant un profond débat se déroule sur le rapport Goldstone. Non pas sur son contenu, Dieu merci. Qu’y a-t-il là-dedans à discuter ? Mais sur le seul point qui soit réellement important : notre gouvernement a-t-il eu raison en décidant de boycotter la commission ? Peut-être aurait-il mieux valu participer aux délibérations ? Notre Ministère des Affaires Étrangères a-t-il agi de façon aussi idiote que d’habitude ? (Notre ministère de la Défense, naturellement, ne se comporte jamais de façon idiote.) Des milliers de paroles sur cette question fondamentale pour le monde entier se sont répandus dans les journaux, à la radio et à la télévision, avec l’intervention de tous les commentateurs qui se respectent.

POURQUOI DONC le gouvernement israélien a-t-il boycotté la commission ? La véritable réponse est tout à fait simple : il savait très bien que la commission, n’importe quelle commission, devrait aboutir aux conclusions auxquelles elle a abouti.

En fait, la commission n’a rien dit de nouveau. Presque tous les faits étaient déjà connus : le bombardement de quartiers civils, l’utilisation d’obus à dispersion de fléchettes et de phosphore blanc contre des cibles civiles, le bombardement de mosquées et d’écoles, l’empêchement des équipes de secours de se porter vers les blessés, le meurtre de civils en fuite portant des drapeaux blancs, l’utilisation de boucliers humains, et plus encore. L’armée israélienne n’a pas autorisé la présence de journalistes sur le terrain, mais la guerre était abondamment couverte dans tous ses détails par les médias internationaux, le monde entier y assista en temps réel sur ses écrans de télévision. Les témoignages sont tellement nombreux et cohérents que toute personne douée de raison peut en tirer ses propres conclusions.

Si les officiers et les soldats de l’armée israélienne avaient témoigné devant la commission, elle aurait peut-être été impressionnée aussi par leur point de vue – la peur, la confusion, le défaut de directives – et les conclusions se seraient peut-être révélées moins sévères. Mais l’orientation principale n’en aurait pas été changée. Après tout, toute l’opération était fondée sur la supposition qu’il était possible de renverser le gouvernement du Hamas à Gaza en causant des souffrances intolérables à la population civile. Les dommages aux civils ne furent pas “collatéraux”, qu’ils aient été évitables ou inévitables, mais représentaient un élément central de l’opération elle-même.

En outre, les règles d’engagement étaient conçues pour obtenir “zéro perte” parmi nos forces – éviter les pertes à tout prix. C’est la conclusion que notre armée – dirigée par Gabi Ashkenazi – a tiré de la seconde guerre du Liban. Les résultats parlent d’eux-mêmes ; 200 Palestiniens morts pour chaque soldat israélien tué par l’adversaire – 1400 contre 6.

Toute enquête véritable doit inévitablement conduire aux mêmes conclusions que celle de la commission Goldstone. C’est pourquoi, il n’y avait du côté israélien aucune envie d’une véritable enquête. Les “investigations” qui ont eu lieu étaient une farce. La personne responsable, l’Avocat Général Militaire, le brigadier portant kippa Avichai Mendelblit, était chargé de cette tâche. Il a été promu cette semaine au grade de major général. La promotion et le moment choisi veulent tout dire.

AINSI IL est clair qu’il n’y a aucune chance pour que le gouvernement israélien ouvre tardivement une véritable enquête, comme le demandent les militants de la paix israéliens.

Pour être crédible, une telle enquête devrait avoir le statut de Commission d’Enquête d’État telle que définie par le droit israélien, dirigée par un juge de la Cour Suprême. Elle devrait mener ses enquêtes de façon publique, à la vue des médias israéliens et internationaux. Elle devrait inviter les victimes, des habitants de Gaza, pour témoigner aux côtés des soldats qui ont pris part à la guerre. Elle devrait enquêter en détail sur chacune des accusations que l’on trouve dans le rapport Goldstone. Elle devrait vérifier les ordres donnés et les décisions prises, depuis le chef d’état-major jusqu’au niveau des troupes. Elle devrait étudier les briefings des pilotes de l’armée de l’air et des opérateurs de drones.

Cette liste suffit à montrer clairement pourquoi une telle enquête n’aura pas lieu et ne peut pas avoir lieu. Au lieu de cela, la machine de propagande mondiale israélienne va continuer à diffamer le juge juif et les gens qui l’ont missionné.

Toutes les accusations israéliennes contre les Nations Unies ne sont pas sans fondement. Par exemple : pourquoi l’organisation enquête-t-elle sur les crimes de guerre à Gaza (et dans l’ancienne Yougoslavie et au Darfour, enquêtes auxquelles Goldstone a participé comme procureur général) et pas sur les actions des États-Unis en Irak et en Afghanistan ou celles des Russes en Tchétchénie ?

Mais le principal argument du gouvernement israélien est que les Nations Unies sont une organisation antisémite et que sa Commission des Droits de l’Homme est doublement antisémite

LES RELATIONS D’ISRAËL avec les Nations Unies sont très complexes. L’État a été fondé sur la base d’une résolution des Nations Unies, et il n’aurait sans doute pas pris naissance précisément à ce moment-là et dans ces circonstances s’il n’y avait pas eu une telle résolution. Notre Déclaration d’Indépendance s’appuie largement sur cette résolution. Un an plus tard, Israël était admis comme membre des Nations Unies malgré le fait qu’il n’avait pas autorisé les 750.000 (à l’époque) réfugiés palestiniens à revenir chez eux.

Mais cette lune de miel a rapidement tourné au vinaigre. David Ben-Gourion parlait avec mépris de UM-Shmum (“UM” est le sigle hébreu pour “Nations Unies”, le préfixe “shm” signifie mépris). Depuis lors jusqu’à aujourd’hui même, Israël a systématiquement violé presque chacune des résolutions qui le concernait, se plaignant qu’il y avait une “majorité automatique” de pays arabes et communistes ligués contre lui. Cette attitude a été renforcée lorsque, à la veille de la guerre de 1967, les troupes des Nations Unies dans le Sinaï furent retirées précipitamment à la demande de Gamal Abd-el Nasser. Elle le fut aussi par la résolution des Nations Unies (annulée ensuite) assimilant le sionisme au racisme.

Maintenant cet argument reprend de nouveau de la vigueur. Les Nations Unies, à ce que l’on dit, sont anti-israéliennes, ce qui veut dire (évidemment) antisémites. Toute personne qui agit au nom des Nations Unies est quelqu’un qui a la haine d’Israël. Au diable les Nations Unies. Au diable le rapport Goldstone.

C’est là, cependant, une politique tristement à courte-vue. L’opinion publique à travers le monde entend parler du rapport et se souvient des images vues sur les écrans de télévision pendant la guerre de Gaza. Les Nations Unies jouissent de beaucoup de respect. À la suite de l’opération “plomb durci”, la réputation d’Israël dans le monde s’est durablement dégradée, et ce rapport va la dégrader encore davantage. Cela aura des conséquences pratiques – politiques, militaires, économiques et culturelles. Il n’y a qu’un idiot – ou un Avigdor Lieberman – qui puisse ignorer cela.

À défaut d’enquête israélienne crédible, il y aura des exigences pour que le Conseil de Sécurité des Nations Unies porte la question devant la Cour Pénale Internationale de La Haye. Barack Obama aurait alors à décider s’il doit opposer son véto à une telle résolution - un geste qui causerait un grave dommage aux États-Unis, et pour lequel il exigerait d’Israël un prix élevé.

Comme on l’a dit précédemment : UM-Shmum pourrait se transformer en UM-Boom. (NdT : c’est-à-dire rugissement ou grondement des Nations Unies).

Article publié le 19 septembre 2009 sur le site de Gush Shalom, en hébreu et en anglais – Traduit de l’anglais « Um-Shmum, Um Boom » pour l’AFPS : FLPHL

Iran/Israël | Les enjeux sous jacents de la confrontation (part.3/3)

publié le mardi 22 septembre 2009

René Naba
Dispositifs et Cibles des protagonistes

1• Le dispositif israélien [1] :

Paris, 19 septembre 2009. Le dispositif israélien repose sur le système balistique de la famille américaine des GBU, plus communément désignés de « Bunkers Busters », littéralement des « imploseurs de fortifications ». Le GBU 27, d’une longueur 4,2 mètres, pour un poids 900 kg, a une force de pénétration de 2,4 mètres de béton. Le GBU 28 d’une longueur 5,5 mètres, pour un poids 2,268 kg, a une force de pénétration de six mètres de béton. L’onde de choc dégagée détruirait toute construction, jusqu’à cent mètres sous terre.

A la balistique de fabrication américaine, se superpose le dispositif balistique de fabrication israélienne : Popeye-3, missile air-sol d’une portée de 350 km, les missiles de la famille Jéricho 1 Jéricho 2 et probablement Jéricho 3 qui peut en théorie atteindre Téhéran. La marine israélienne a testé avec succès, le 26 juillet 2009, un système amélioré de son missile antimissile « Barak ». Tiré à partir d’une vedette Saar-5, le nouveau missile « Barak » a été développé conjointement par des experts de l’armée et de la marine israéliennes, l’Institut Rafael pour le développement des armements et le Centre pour la recherche spatiale d’Israël. Ce système de défense est développé en complément du « Dôme d’acier », voué à l’interception de roquettes d’une portée allant de 4 à 70 km.

Israël est en outre crédité d’un arsenal nucléaire, l’un des plus importants hors du monde occidental, de l’ordre de 150 à 200 ogives nucléaires et d’une puissante aviation de guerre : 710 avions de combat avions, notamment des chasseurs bombardiers F-15 et F-16, 181 hélicoptères de combat, ainsi que de nombreux drones (avions sans pilote) d’attaque et de reconnaissance.

Une technologie de pointe produite par l’industrie militaire israélienne lui assure une grande opérabilité tout terrain notamment avec le premier robot soldat produit par la firme « Elbit Systems ». Transportable dans le sac à dos d’un soldat, ce robot soldat, le « VIPeR », est opérationnel tout terrain. Armé d’un fusil mitrailleur UZI, télécommandé, il est capable de lancer des grenades et de tirer à la mitraillette. Israël détient le record mondial en matière de dépenses d’armement par habitant, de l’ordre de 1.429 dollars par an par habitant (chiffres 2006). Sa période de circonscription est parmi les plus longues du monde : trois ans pour les hommes et deux ans pour les femmes avec une période de réserve d’un mois par an.

2• La défense balistique iranienne

Un commandement autonome de l’armée de l’air, qui repose sur un double réseau de missiles et une inconnue :

Le brouillage médiatique le plus complet règne quant à La possession par l’Iran du missile russe S-300 d’une portée de 150 km. La presse israélienne a fait état, à deux reprises, de visites secrètes à Moscou des dirigeants israéliens –le président Shimon Pères (août) et le premier ministre Benyamin Netanyahu (septembre)- en vue d’inciter les dirigeants russes à renoncer à renforcer la défense balistique iranienne, alors que des informations de la presse occidentale ont fait état, celles-là, de la livraison par la Russie de ce missile de haute altitude à l’Iran, sans que toutefois cette information n’ ait été confirmée ou infirmée tant du côté russe que du côté iranien. Selon ces informations, l’Iran disposerait de deux batteries de ces missiles d’une portée de 150 km, portant une charge de 143 kg et long de 7 mètres. Le S-300 peut suivre 24 cibles et tirer quatre missiles en même temps à partir d’une plateforme mobile (camion).

La décision américaine de renoncer à installer un bouclier anti-missile en Tchéquie, un « casus belli » pour Moscou, a été interprétée comme relevant d’un marchandage plus vaste visant à conduire la Russie à se démarquer un tant soit peu de l’Iran et à refreiner ses livraisons d’armes sophistiquées à la République Islamique, y compris les S-300.

Au-delà du S-300, la défense balistique iranienne repose sur un double réseau de missiles, un système de défense et d’interception et un système de riposte.

•Un système de défense et d’interception matérialisé principalement par sept batteries anti-aériennes de basse et moyenne altitude, de quatre lanceurs Tor-M1/SA-15 Gumblet fournis par les conglomérats russes Koupol et Almaz Anteny, et, selon des informations persistantes de la presse, par un dispositif articulé autour du missile russe S-300, l’équivalent du Patriot Pac-3, le missile américain déployé dans le désert du Néguev pour la protection des sites israéliens. Missile de haute altitude, long de 7 mètres, d’une portée de 150 km, portant une charge de 143 kg, le S-300 peut suivre 24 cibles et tirer quatre missiles en même temps. L’Iran disposerait de deux batteries de ces missiles qui peuvent être titrées d’une plateforme mobile (camion).

•Un système de riposte représenté par la gamme des missiles balistiques de type Scud, de la famille Shahab, développée avec le concours de la Corée du Nord et couvrant une distance de 300 à 1.500 kms. Shahab 1 a une portée de 300 km, Shahab 2 de 500 km. Le missile de troisième génération, Sahab 3, est une variante du missile nord coréen No Dong I. D’une longueur de 16 mètres, pesant 16.000 kg, propulsé par un carburant liquide, Sahab 3 dispose d’une portée de 1500 km, qui le met en mesure d’atteindre Tel Aviv, Karachi, Riyad ou Ankara.

En outre l’Iran assure détenir une « bombe intelligente » baptisée « Ghassed » (messager) de 900 kg. Version améliorée du KAB-500 kr, Ghassed est une bombe planeuse d’origine russe à guidage TV, armée d’une ogive de perforation d’armure ou de bunker. La bombe peut être lancée à partir d’un chasseur-bombardier de conception iranienne « Saegheh » (éclair), produit à partir d’une synthèse de la technologie, russe, chinoise et nord-coréenne. Ce dispositif est complété par une aviation militaire comptant près de cinquante chasseurs-bombardiers peu performants face aux nouveaux appareils de supériorité aérienne du parc occidental, mais que l’Iran s’est appliquée à moderniser par un investissement de l’ordre de huit cent millions de dollars, en particulier la flotte de fabrication soviétique, les Sukhoï et les Mig.

Au plan naval, l’Iran peut aligner une flotte de sous-marins de fabrication iranienne ou russe, une flotte d’aéroglisseurs, l’une des plus importantes du monde, de ROV (véhicules actionnés à distance), de navires de surface de différentes tailles, d’unités aéroportées comprenant plusieurs escadrons d’hélicoptères, des dragueurs de mines et un important arsenal de missiles antinavires. La flotte sous-marine iranienne comprend également des « sous-marins de poche » de fabrication iranienne.

À en juger par un tel dispositif, tout porte à croire que l’Iran pratiquera la guérilla navale à coup d’opérations commandos, comme tend à le démontrer le dernier coup de main contre une unité britannique au printemps 2007 où Téhéran avait réussi à capturer quinze marins anglais.

3• Les cibles potentielles des raids israéliens

Neuf sites nucléaires iraniens ont vocation à faire l’objet de cibles potentielles du raid israélien :

Cinq sites majeurs, principalement situés dans le sud du pays : Arak, sud de Téhéran, chargé de la production de l’eau lourde, Natanz, sud-est de Téhéran, chargé de l’enrichissement de l’uranium, Ispahan, dans le sud du pays, qui abrite un centre de recherche, Gachine, à proximité de Banda Abbas, le port iranien sur le golfe, qui recèle un mine d’uranium, enfin Bouchehr, important centre de production électrique.

Et quatre sites mineurs : trois sites situés au nord de Téhéran (Karaj, Lavizan-Shiam et Parchine) et un neuvième Sakhand à la hauteur d’Ispahan, dans le sud du pays.

Au vu dispositif israélien, l’Iran ne parait pas devoir se contenter d’opérations de harcèlement, mais pourrait moduler sa riposte en fonction de la frappe adverse et le cas échéant compter sur son propre hinterland stratégique d’une densité démographique sans pareille pour des opérations « derrière les lignes ennemies » avec le concours de ses alliés régionaux, notamment une large fraction de l’importante communauté chiite du monde arabe implantée à Bahreïn, en Arabie saoudite, dans la région pétrolifère de l’est du Royaume, dans la zone pétrolière du Nord du Koweït ainsi qu’en Irak et au Liban, dans la zone limitrophe d’Israël.

Tirant les enseignements des trois dernières guerres du Golfe (1979-89), 1990-1991 et 2003), l’Iran a considérablement renforcé sa flotte militaire au cours de la dernière décennie, présentant ses nouvelles réalisations au cours de grandes manœuvres navales. Lors de ces exercices, en avril et en août 2006, l’Iran a présenté les derniers-nés de sa flotte, notamment le dernier torpilleur de patrouille, petit bâtiment efficace dans l’attaque de grands navires de guerre. Doté d’une technologie de pointe sans doute parmi les plus avancées du monde notamment en ce qui concerne les équipements électroniques, pouvant atteindre une vitesse de pointe de 45 nœuds, le Joshan de même que son frère jumeau, le Peykan, disposent d’une redoutable puissance de feu. Patrouilleur lance-missiles, armé en supplément d’un canon sous-marin de 76 mm, à usage variable, le plus moderne du monde, appelé Fajr, il peut atteindre des cibles sous-marines et aériennes distantes de 19 km.

L’Iran a également développé sa coopération avec l’Erythrée et disposerait depuis décembre 2008 de facilités navales au port d‘Assab, sur la côte orientale de l’Afrique. L’Iran y aurait déployé des bâtiments de guerre, y compris des sous-marins, et se place en mesure de neutraliser la navigation dans le Golfe et le détroit d’Ormuz en cas d’attaque israélienne. Djibouti, en guerre larvée contre l’Erythrée, abrite une base militaire permanente française, ainsi qu’une base des forces spéciales américaines et de l’Etat-major américain pour l’Afrique (Africom), le camp Lemonnier, visant à « sécuriser » le détroit de Bâb el Manded, à la jonction du Golfe et de la mer Rouge.

Contrairement à la Corée du Nord, l’autre puissance rebelle nucléaire, adossée physiquement à la Chine sur 1.416 km de frontières, l’Iran est entourée de cinq puissances nucléaires (Russie, Ukraine, Inde, Pakistan et Israël). Son accession au seuil nucléaire répond donc à des considérations légitimes en ce qu’il lui permet de se prémunir contre un environnement hostile de surcroît nucléarisé. Et de lui épargner un sort comparable à son voisin irakien. Mais en instaurant un « équilibre de la terreur » au Moyen orient, la bombe iranienne risquerait de modifier radicalement le rapport des forces au niveau régional et provoquer un bouleversement stratégique majeur de la zone.

Dans cette perspective, la neutralisation de l’Iran ne répondrait donc pas exclusivement à des considérations de formalisme juridique, -le respect de la légalité internationale, tant bafouée par ailleurs par les États occidentaux eux-mêmes-, voire même au souci de la non prolifération atomique, mais relèverait d’impératifs militaires sous-jacents : Le maintien d’une supériorité stratégique d’Israël sur l‘ensemble des pays du Moyen-Orient réunis, et, au-delà, la persistance de la mainmise occidentale sur les réserves énergétiques de l’Asie occidentale et le contrôle des nouveaux oléoducs stratégiques en construction depuis l’Asie centrale, une des motivations latentes de l’intervention américaine en Afghanistan et en Irak.

La dernière transaction militaire américaine à destination du Moyen-Orient tendrait à accréditer la thèse du primat israélien qui trouve sa justification la plus récente dans le comportement de la précédente administration républicaine à l’égard de ses amis et alliés au Moyen-Orient. Le président George Bush a en effet promis à Israël, en août 2007, des fournitures d’armes de l’ordre de trente milliards de dollars sur dix ans, à titre gracieux, en contrepartie de la vente d’équipements militaires d’une valeur équivalente à quatre pays arabes représentant une population de cent millions d’habitants.

Pays frontalier de l’Irak et de l’Afghanistan, les deux plus importants abcès de fixation de l’armée américaine de l’époque contemporaine, bordant tout aussi bien le golfe arabo-persique que l’Océan indien, l’Iran représente la plus forte concentration industrielle de la zone intermédiaire qui va du sud de l’Europe aux confins de l’Inde. La réussite de sa stratégie valoriserait sa politique d’autosuffisance technologie et militaire, de la même manière qu’un succès politique ou militaire du Hezbollah chiite libanais ou du Hamas sunnite palestinien réhabiliterait l’esprit de résistance face à la finlandisation des esprits en cours dans le monde arabe, à l’effet de réhabiliterait la guérilla criminalisée sous l’ère Bush au prétexte de la « guerre contre le terrorisme ». Le succès iranien ferait en outre perdre à Israël son statut de relais stratégique majeur de l’Occident dans la zone et frapperait de caducité l’option arabe de vassalisation à l’ordre israélo américain, déterminant du coup la nouvelle hiérarchie des puissances dans l’ordre régional. Tel est le véritable enjeu, sans doute le plus important par sa force d’attraction symbolique, de la confrontation irano israélienne.

[1] « Les scénarios possibles » d’une confrontation entre Israël et l’Iran, Cf. Le journal Le Monde 20 juillet 2009

Le syndicat Solidaires Industrie appelle au boycott d'Israel

Publié le 23-09-2009


L’Union syndicale Solidaires Industrie rejoint la campagne nationale et internationale de Boycott, Désinvestissement, Sanction (campagne BDS) contre Israël lancée par les organisations palestiniennes en 2005.

Communiqué :

"L’Union syndicale Solidaires Industrie rejoint la campagne nationale et internationale de Boycott, Désinvestissement, Sanction (campagne BDS) contre Israël lancée par les organisations palestiniennes en 2005.

Israël impose un régime d’Apartheid aux palestiniens. Le monde a refusé l’apartheid en Afrique du Sud, il le refuse aussi en Palestine. La société civile palestinienne a lancé un appel à une campagne non-violente de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) en 2005 tant qu’Israël ne respectera pas le droit international. Quasiment aucune des résolutions de l’ONU n’ont été respectées depuis 1948 par cet état colonial qui discrimine la population palestinienne et qui étend sans limite le territoire de ses colonies. La fiction de deux Etats initiée aux accords d’Oslo en 1993 est largement mise à mal aujourd’hui et les ouvriers et paysans palestiniens vivent sous un régime d’occupation militaire.

Nous exigeons avec la société civile palestinienne qu’Israël respecte les préceptes du droit international en :

1. Mettant fin à son occupation et à sa colonisation de toutes les terres Arabes et en démantelant le Mur,

2. Reconnaissant les droits fondamentaux des citoyens Arabo-Palestiniens d’Israël à une égalité absolue

3. Respectant, protégeant et favorisant les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés, comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU.

Déjà, plus de 200 organisations et syndicats par le monde ont signé cet appel. Dans un cadre syndical les TUC britanniques viennent de s’y associer ainsi que l’Union syndicale Solidaires en France. Nous les rejoignons après nos camarades de Sud Education, Sud Santé Sociaux, Sud Etudiant et Sud Recherche.

Au dela du boycott économique, universitaire, culturel et institutionnel nous insistons sur notre rôle d’organisation syndicale. Les droits des travailleurs palestiniens dans les frontières de 1948 ou dans celles de 1967 n’ont pas de rapport avec ceux des autres citoyens israéliens. La discrimination est patente, 50.000 ouvriers agricoles palestiniens travaillent dans les colonies et la vallée du Jourdain sans droits, avec des salaires inférieurs de moitié au salaire minimal israéliens.

Les ouvriers de l’industrie connaissent des conditions de travail très dangereuses dans des usines chimiques ou métallurgiques sans protection légale, avec de très nombreux accidents du travail et d’intoxication par les composants chimiques qu’ils manipulent, sans la possibilité de se faire soigner en Israël à cause du Mur.

De nombreuses sociétés françaises travaillent pour Israël. Dans les années 1980 la campagne de Boycott pour l’Afrique du sud avait entraîné des réactions syndicales dans les usines françaises Alstom qui construisaient les centrales nucléaires pour ce pays raciste.

Aujourd’hui toujours chez Alstom des réactions ont lieu contre la construction du tramway de Jérusalem qui va augmenter la discrimination à l’égard des palestiniens. En Languedoc Roussillon nos camarades de Solidaires 34 luttent contre la société israélienne Agrexco qui ne respecte pas les droits des palestiniens. Une action syndicale est possible.

Nous appelons tous les syndicats de Solidaires Industrie à participer à la campagne de Boycott d’Israël.

Solidaires Industrie est aux côtés et soutient dans leurs luttes les travailleurs palestiniens."

22/09/2009

http://www.solidaires-industrie.org/Boycott-Israel

CAPJPO-EuroPalestine

Le gouvernement espagnol rejette d'un concours une université israélienne basée dans les territoires occupés

Publié le 22-09-2009


Le gouvernement espagnol vient de refuser que l’université d’Ariel, située dans une colonie israélienne en Cisjordanie, participe à un concours international organisé par l’Espagne sur la "maison solaire".
Le Ministre Espagnol du Logement a disqualifié le "Centre Universitaire de Samarie", dans la colonie d’Ariel en Cisjordanie, de la compétition finale du concours international ouvert aux départements universitaires d’architecture pour dessiner et construire des maisons autosuffisantes, utilisant l’énergie solaire.

Sergi Vega, directeur du concours « Solar Decathlon », parrainé par l’Espagne, a écrit à l’Université d’Ariel :« La décision a été prise par le gouvernement espagnol parce que votre université est située dans un territoire occupé de Cisjordanie. Le gouvernement espagnol s’est engagé à soutenir l’accord international dans le cadre de l’Union Européenne et des Nations Unies concernant cette zone géographique ».

Le centre universitaire d’Ariel s’était retouvé en finale de ce concours conjointement à 22 autres universités mondiales, après deux ans de collaboration avec les organisateurs de la compétition et le gouvernement espagnol. Dans ce cadre, l’université avait même reçu une bourse de 100 000 euros des organisateurs du concours pour la construction d’un prototype de maison pour la compétition finale prévue à Madrid en juin 2010.

L’annulation de la participation de l’équipe israélienne à la compétition a été réclamée à l’initiative de l’association "Architects and Planners for Justice in Palestine" (Architectes et Promoteurs pour la Justice en Palestine), afin de relayer l’appel au boycott universitaire lancé contre Israël par le Comité palestinien (Boycott, Divestment & Sanction Campaign).

« Nous rejetons avec mépris la déclaration partiale que nous avons reçue du Ministère Espagnol du Logement", a déclaré la direction de l’université illégalement installée en terrtoire palestinien.

Collaboration avec l’occupant

En France, le Pr Pascale Rollet de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, s’est distingué par son soutien au colonialisme israélien. Elle a envoyé à l’université occupante le message suivant : « Je ne suis pas d’accord avec la décision espagnole parce que les activités de l’université d’Ariel sont dirigées vers l’excellence universitaire pour la paix. Recevez mon amical et très grand soutien dans cette difficile situation ».

Chacun appréciera.

Source : http://www.ynetnews.com/articles/0,7340,L-3779907,00.html

(Traduit par Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestine

mardi 22 septembre 2009

L’Union européenne va-t-elle pénaliser les exportations des colonies israéliennes ?

lundi 21 septembre 2009 - 06h:03

Ralf Beste et Christoph Shult - Der Spiegel


L’Europe est-elle vraiment prête à manifester son aversion pour les colonies israéliennes de Cisjordanie en prélevant les droits de douanes sur les produits fabriqués dans ces colonies ? Un tribunal fiscal de Hambourg pourrait bientôt fournir la réponse à cette question délicate.

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Colonie israélienne la plus importante dans les zones de Cisjordanie administrées par les Palestiniens, Ma’ale Adumim est occupée par 40 000 personnes.


Plus qu’un désaccord douanier

La colonie israélienne Ma’ale Adumim s’est installée comme une forteresse au sommet d’un plateau de roche rouge. Dans la Bible, on appelait la route qui mène à ce plateau, « la route rouge escarpée ».

Colonie israélienne la plus importante dans les zones de Cisjordanie administrées par les Palestiniens, Ma’ale Adumim est occupée par 40 000 personnes. Des bulldozers sont en train de préparer des parcelles de terrains pour de nouvelles constructions à sa périphérie. Sa population grossit chaque semaine et ces dernières années, elle s’est développée plus rapidement que dans tout autre colonie.

En limite de la zone industrielle de la colonie, il y a une usine exploitée par une entreprise appelée Soda-Club. Sa porte métallique a été peinte en bleu et vert pour l’assortir au logo de l’entreprise, d’un style moderne. Une caméra enregistre les mouvements de quiconque s’approche de la porte. L’usine fabrique des appareils pour la gazéification de l’eau plate, comme ceux utilisés dans les cuisines en Allemagne. Et pour ceux qui préfèrent un goût plus sucré, Ma’ale Adumim fournit aussi le sirop.

Les journalistes qui demandent à visiter Soda-Club ne sont pas les bienvenus. Le directeur du marketing, Asaf Snear, prétend au téléphone que c’est pour se protéger de l’espionnage industriel.

Mais il existe une autre raison à ce rejet de l’attention des médias : les produits de Soda-Club sont au cœur d’un désaccord juridique avec l’Allemagne qui pourrait bien de façon significative pimenter un débat déjà animé sur la politique coloniale d’Israël.

Le tribunal des Finances de Hambourg doit maintenant décider si les appareils de Soda-Club fabriqués à Ma’ale Adumim peuvent être importés, libres de taxes, en Union européenne, comme tous les autres produits industriels israéliens. Selon Bruxelles, les produits de l’entreprise ne doivent pas entrer dans cette catégorie car fabriqués dans les colonies israéliennes, situées dans les territoires occupés.

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Position de Ma’ale Adumim, la colonie qui se développe le plus en Cisjordanie occupée.
(Der Spiegel)

La vraie question est donc : Ma’ale Adumim fait-elle partie d’Israël ? L’UE n’a pas officiellement reconnu les prétentions d’Israël sur Ma’ale Adumim comme sur les autres colonies. Mais en pratique, elle fait peu de chose pour s’opposer aux activités coloniales israéliennes.

Mais cela pourrait maintenant changer. Le tribunal de Hambourg a pris contact avec la Cour européenne de Justice pour obtenir une « décision préliminaire » qui réglerait la question d’une manière contraignante pour les 27 Etats membres de l’Union européenne. On s’attend à ce que la décision soit rendue dans les prochains mois. Si la Cour décide que des droits de douane peuvent être prélevés, cela équivaudra à une décision contre la politique coloniale d’Israël. La question délicate qui est posée : l’Allemagne et l’UE doivent-elles accepter la façon dont Israël traite les territoires occupés, ou doivent-elles utiliser leur arme la plus décisive : les sanctions économiques.

Un dossier « fortement explosif »

Formellement, les juges sont appelés à rendre une décision sur une somme de 19 155,46 €. Brita GmbH, une société allemande, a importé des appareils à gazéifier l’eau et du sirop qui viennent de Ma’ale Adumim. La société a également classé ces marchandises comme des produits « fabriqués en Israël » et prétendu qu’ils devaient dès lors être exonérés de droits de douane.

Mais le bureau principal des douanes sur le port de Hambourg n’a pas voulu poursuivre cette politique. Les agents douaniers allemands ont contacté leurs homologues israéliens pour savoir où exactement avaient été fabriqués ces produits. Quand la réponse est arrivée, elle disait qu’ils avaient été fabriqués dans une zone « sous administration des douanes israéliennes ». Quand les agents de Hambourg ont répondu en demandant si les produits avaient été fabriqués dans des colonies israéliennes, ils n’ont eu aucune réponse. Alors, les Allemands ont prélevé un droit sur les marchandises. Et Brita a déposé plainte contre cette décision.

L’affaire est venue rapidement devant la Commission européenne qui a voulu se saisir de ce différend juridique avec Soda-Club pour faire un exemple à propos d’Israël. Dans une note interne, elle a sollicité le « soutien » des Etats membres de l’Union européenne. Le ministre allemand des Affaires étrangères suit ce « dossier hautement explosif » avec quelque intérêt, et même une certaine sympathie.

L’UE était déjà prête à la confrontation quand fut formé le nouveau gouvernement israélien, de droite et nationaliste. Les 27 ministres des Affaires étrangères de l’UE mirent provisoirement en attente le « renforcement » des relations avec Israël qui était prévu.

Aujourd’hui, l’Europe espère se servir de ce différend douanier pour effectuer de nouvelles pressions sur Israël. L’UE est le deuxième marché le plus important pour les produits israéliens, après les Etats-Unis. En 2008 par exemple, les entreprises israéliennes ont exporté 12 milliards d’euros (16,8 milliards de dollars) de marchandises vers l’Europe. On estime qu’un tiers de ces marchandises a été fabriqué, totalement ou partiellement, dans les territoires occupés. La plupart arrivent en Europe exonérées de taxes, et le fonds de remboursement israélien pour les exportations soumises aux droits de douane n’a guère été utilisé au cours de l’année dernière.

En réaction aux pressions de l’UE, Jérusalem a signé un accord en 2005 demandant à tout exportateur israélien de fournir à l’agence des douanes le lieu et le code postal de l’usine où chaque produit a été fabriqué. Mais quand les importateurs israéliens déclarent délibérément un lieu inexact des origines, les agents de douane n’ont pas les moyens de réagir.

La situation a incité le gouvernement britannique à exhorter les 26 autres Etats de l’UE à s’entendre sur une procédure qui permettrait aux consommateurs de savoir d’où provenaient exactement les marchandises israéliennes. Cette proposition inquiète de nombreux Israéliens. Cela veut-il dire que bientôt, les gouvernements de l’Europe vont dire à leurs consommateurs : « N’achetez pas chez les juifs » ?

Etant donné l’histoire du pays, on comprend que ce soit une question très sensible en Allemagne. Cela rend d’autant plus surprenant le fait que le gouvernement allemand ait été disposé à commenter publiquement le dossier Soda-Club. En réponse à une question d’un parlementaire de l’opposition, du parti des Verts, le gouvernement a déclaré qu’il ne pouvait y avoir aucune dispense des droits de douane pour des « marchandises venant de territoires occupés ».

En attendant, la société Soda-Club fait exactement ce que font beaucoup d’Israéliens quand il s’agit du conflit palestinien : elle ignore le problème. Quand on a demandé à Soda-Club quelle était sa réaction devant les gens qui la critiquent pour la fabrication de ses produits dans une colonie, le directeur du marketing, Snear, a répondu : « Soda-Club est une entreprise apolitique. »’

14 juillet 2009 - Der Spiegel - traduction de l’allemand en anglais : Christopher Sultan - traduction de l’anglais : JPP

Un autre hiver rigoureux est attendu à Gaza

dimanche 20 septembre 2009 - 07h:37

Karin Friedemann (Lettre d’Amérique)


L’hiver arrive et il fera un froid mordant à Gaza. Beaucoup de Gazaouis, dont les maisons ont été détruites par les forces israéliennes de défense, n’ont aucun abri et souffriront terriblement. Les familles vivent toujours parmi les décombres de leurs maisons et n’ont pas les ressources pour réparer les dégâts.

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Le blocage illégal de la mer par les Israéliens emprisonne littéralement les habitants de Gaza. Israël empêche l’entrée à Gaza, non seulement des matériaux de construction, mais aussi du café, du thé, du papier, des livres scolaires, des jouets pour les enfants et de milliers d’autres articles. La Palestine n’est pas un pays pauvre et les Palestiniens ne sont pas pauvres. Ils sont forcés de vivre dans la pauvreté.

"Le blocus, bien que commencé par Israël, ne pourrait pas réussir sans la complicité des gouvernements, notamment celle de gouvernements arabes. Au passage de Rafah, le gouvernement égyptien a refusé l’entrée d’assistance. L’Egypte a brûle des stocks de nourriture et de médicaments. Ceci montre que l’objectif est de faire le nettoyage ethnique de Gaza, en laissant sa population mourir de faim et de maladies curables, tout comme en Irak où 650,000 enfants environ sont morts suite aux sanctions économiques," dit Anisa Abdel Fattah, Présidente du Comité pour l’interdiction des sanctions économiques, lequel compte tenir sa conférence à Washington, DC, le 29 septembre.

Comme la communauté internationale n’arrive pas à protéger les Palestiniens, il faut que nous, en tant que citoyens privés, intervenions directement pour résoudre la crise.

"Quand les gouvernements ne protègent pas les droits humains, les civils doivent intervenir. Les civils ont un rôle très important à jouer, particulièrement quand les institutions gouvernementales ne font pas leur travail en défendant la loi et les droits de l’homme," a dit Arraf Huwaida, Présidente du Mouvement Free Gaza, pendant une conférence à l’Université américaine de Beyrouth. Mme Arraf a raconté sa rencontre avec un vieux Gazaoui qui l’a interpellée dans la rue.

"Il avait les larmes aux yeux. Il a dit : vous nous avez fait espérer que notre peuple, notre famille à l’extérieur, ne nous ont pas oubliés."

Il y a une année, 44 citoyens ordinaires de 17 pays différents ont navigué à Gaza depuis Chypre dans deux petits bateaux en bois. Ils ont fait ce que nos gouvernements ne voulaient pas faire : ils ont brisé le siège israélien. Pendant l’année écoulée, le Mouvement Free Gaza a organisé sept autres voyages, et est arrivé à Gaza à cinq reprises, amenant avec lui des journalistes, des militants des droits humains, des parlementaires et d’autres personnes intéressées. Il a sorti des douzaines d’étudiants palestiniens et des patients et ont aidé à réunir des familles séparées par le siège. Ce sont les seuls bateaux qui soient arrivés à Gaza depuis plus de quarante-deux ans.

À trois occasions, y compris lors de la dernière tentative en juin, la marine israélienne a bloqué les bateaux.

Richard Falk, Rapporteur spécial de L’ONU sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens a déclaré, "le débarquement à Gaza de deux bateaux en bois portant des militants des droits de l’homme est une victoire symbolique importante... Par dessus tout, ce que nous testons est de voir si l’engagement imaginatif de citoyens privés peut influencer la lutte menée par des peuples assiégés pour obtenir leurs droits humains fondamentaux et si le courage et l’engagement de ces citoyens peuvent éveiller l’humanité à la tragédie qui se joue actuellement."

L’ancien Premier ministre malaisien, le docteur Mahathir Mohamad, qui a rencontré les membres du Mouvement Free Gaza à Chypre, a été choqué de voir la taille minuscule du bateau de pêche restant pour les prochains voyages vers Gaza. "Pourtant, 25 personnes ont osé voyager sur ce bateau minuscule, dormant sur le pont, souffrant du mal de mer, sans nourriture convenable et forcés de faire face aux attaques israéliennes... Je ne pense pas que je serais capable de supporter l’inconfort et les dangers que confrontent les militants du Mouvement Free Gaza. Tout que je peux faire est leur donner mon appui moral...."

Il y a indubitablement urgence à lever des fonds pour l’achat du bateau parce les Palestiniens seront touchés par l’approche de l’hiver. "Nous voulons acheminer des matériaux de construction car il nous faut reconstruire les maison ; les Palestiniens vivent maintenant dans des tentes et quand l’hiver arrivera, ce sera épouvantable pour les vieux, les malades et les enfants. Beaucoup d’entre eux risquent de mourir à cause de l’hiver." Mme Abdulla, banquière à Bahreïn, qui a voyagé par mer à Gaza avec le groupe en 2008, a dit, "je pense que spécialement les Arabes devraient y aller. Ils devraient à tout le moins soutenir le mouvement financièrement. Chacun est obligé de faire quelque chose pour arrêter cette tragédie." Ceux qui veulent aider la cause peuvent visiter www.freegaza.org.

Indépendamment des menaces et de l’intimidation israéliennes, les volontaires de Free Gaza continueront à défier directement l’armée israélienne avec leurs petits bateaux, démontrant concrètement que ce siège n’a rien à voir avec la sécurité et qu’il est simplement un acte illégal de punition collective.

* Karin Friedemann est une auteure basée à Boston qui traite des affaires du Moyen-Orient et de la politique US. Elle est Directeure de la Division des droits et libertés civils musulmans pour l’Association nationale des femmes musulmanes étasuniennes.

16 septembre 2009 - Khaleejtimes - Cet article peut être consulté ici :
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Traduction : Anne-Marie Goossens