mercredi 8 juin 2011

Malgré les massacres, nous retournerons en Palestine

Palestine - 7 juin 2011
Par Fadwa Nassar
20 ou 24 Palestiniens froidement assassinés par les soldats sionistes, dans le Golan syrien. C’est le bilan de la journée du retour, organisée par les jeunes réfugiés Palestiniens ayant décidé que le retour en Palestine est la réponse adéquate à la Nakba, qui a eu lieu en mai 1948. Les soldats sionistes ont également blessé 350 Palestiniens, dans le Golan, et environ 120 Palestiniens à l’entrée de la ville d’al-Quds, au poste militaire de Qalandia. Les témoignages affirment que les assassins sionistes ont tiré pour atteindre la poitrine et la tête. Le 5 juin 2011, la machine de guerre sioniste a froidement tiré sur une population armée de courage et de détermination. Malgré ce nouveau massacre commis par les soldats de l’entité coloniale, nous retournerons en Palestine.
Malgré les massacres, nous retournerons en Palestine
Des manifestants se portent au secours d'un homme blessé par les troupes israéliennes, frontière israélo-syrienne, Hauts du Golan, 5 juin 2011 (photo Ariel Schalit/AP)
Ou plutôt, ce nouveau massacre commis par les colons qui ont occupé notre pays, en 1948, ne fait que nous rendre encore plus déterminés à poursuivre ce chemin, malgré toutes les entraves qui se dressent et qui se dresseront sur le chemin du retour. Car nous avons compris ce qui dérange les sionistes et nous n’avons plus peur de leurs balles ni de leurs chars, ni de leur folie meurtrière. Nous ne réclamons que notre droit, la libération de la Palestine occupée et le retour des réfugiés.
Notre détermination à retourner fait trembler les envahisseurs sionistes, qui ne s’attendaient pas à ce que les jeunes Palestiniens réfugiés parviennent à rompre cette « sainte alliance » qui a fait que depuis des décennies, les réfugiés sont empêchés de retourner, par eux-mêmes, et qu’ils devraient attendre les bons vouloirs des négociateurs et des cercles impérialistes pour permettre à certains d’entre eux de retourner, non sur leurs terres et maisons occupées en 48, mais sur le bout de territoire qu’ils appellent « Etat palestinien » qu’ils auraient l’intention de rendre à l’Autorité palestinienne.
L’ancien chef d’Etat-major de l’armée d’assassins, Dan Halutz, vient de mettre en garde contre la poursuite des massacres à la frontière syrienne, disant que « l’augmentation du nombre de martyrs mettra Israël dans une position critique » . Il est clair que la détermination des jeunes à retourner en Palestine ne peut que les mettre dans l’embarras, car elle fait exploser, à leur tête et à la tête de tous les comploteurs qui ont empêché ce retour pendant 63 ans, cette question - le retour des réfugiés - légitime, juste et humaine.
Les Palestiniens veulent retourner en Palestine, les Palestiniens veulent libérer la Palestine. Depuis les révolutions arabes en Tunisie et en Egypte, la colère gronde parmi les réfugiés, mais l’espoir aussi. En Palestine, malgré le défaitisme d’une certaine jeunesse abreuvée de mensonges et de clichés américano-sionistes par les responsables à Ramallah et les ONGs destructrices, la jeunesse palestinienne, celle que l’Autorité poursuit et jette en prison, a décidé d’affronter les envahisseurs, aux portes d’al-Qods, défiant l’armée barbare sioniste. Car al-Qods est également une question clé. Depuis les accords d’Oslo, les sionistes soutenus par les Américains et Européens, ainsi que par l’ONU et ses divers organismes, colonisent et expulsent les Palestiniens. Du bout de leurs lèvres, certains protestent, mais dans la réalité, ils financent et laissent faire les criminels colonialistes.
Il faut cependant déplorer l’attitude des forces sécuritaires libanaises qui ont empêché le rassemblement palestinien aux frontières entre le Liban et la Palestine occupée. Le mouvement du Jihad islamique, par l’intermédiaire de son responsable au Liban, Hajj Abou Imad Rifaï, a fermement critiqué la décision de l’armée libanaise qui, selon lui, a été dictée par les pressions américaines. Une quinzaine de Palestiniens ont réussi, dimanche 5 juin, à se rendre à la frontière, vers Adayssé, mais les FSI les ont ramenés au-delà du fleuve Litani, ligne considérée comme étant la limite que les Palestiniens ne devraient pas franchir.
L’attitude des autorités libanaises est « compréhensible », d’après les diverses déclarations de responsables palestiniens à Beyrouth, car il est vrai que le Liban subit des pressions internationales de tout genre, d’autant plus que la résistance islamique du Hezbollah y est présente. Mais admettre cette réalité ne signifie pas que les frontières avec la Palestine occupée doivent être bannies aux Palestiniens. C’est pourquoi la coalition palestinienne ayant appelé au rassemblement a déclaré qu’il a été ajourné, et non supprimé, ce qui signifie qu’elle poursuivra les négociations pour permettre une présence palestinienne aux frontières, malgré l’hostilité des pro-américains libanais et des pressions américaines.
Quant à une certaine soit-disant opposition syrienne, son attitude et ses mensonges servent à alimenter la propagande sioniste, puisqu’elle a déclaré que le régime syrien aurait payé mille dollars à chaque participant à la marche du retour. Une telle attitude n’est pas nouvelle de la part des agents de l’impérialisme et du sionisme dans notre région. Non seulement ces agents refusent et craignent de montrer la réalité sur le terrain, mais depuis que la résistance existe dans notre nation, contre toutes les injustices et les oppressions, contre les occupations et colonisations de nos pays, il y a toujours eu des faibles d’esprit et des incapables malades pour tourner en dérision la résistance, pour faire douter de sa capacité à remporter des victoires, pour faire douter de la justesse de son choix et mettre en doute la moralité des résistants. Ces gens-là existent, ils sont parmi nous. Mais leurs affabulations ne cachent que leur panique de voir s’effondrer l’empire de leurs pourvoyeurs.
Plus au sud, la bande de Gaza attend la flottille internationale qui a l’intention de briser le blocus imposé par les sionistes et leurs complices internationaux. Là aussi, les pressions ne se sont pas faits attendre, et même M. Ban Kin Moon, secrétaire général de l’ONU, ne s’est pas privé d’être le porte-parole des sionistes, demandant aux gouvernements occidentaux de stopper cette initiative de solidarité avec la population palestinienne de Gaza. A l’approche de la mise en route de la Flottille, les pressions deviennent de plus en plus fortes. De quoi ont peur, les colons de l’entité sioniste ? Que craignent tous les cercles impérialistes dans le monde, y compris ceux qui se prétendent « neutres », comme l’ONU et consorts ? Pourquoi se sont-ils tous mis à hurler, en chœur avec les balles tirées par les sionistes, face aux images des marches du retour que les Palestiniens ont lancées ?
Malgré la prétendue communauté internationale, et contre la colonie sioniste, nous retournerons en Palestine.
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