mardi 19 octobre 2010

Il reste peu de temps pour éviter une crise au Proche-Orient

18 octobre 2010 à 13h20
Agence France-Presse
New York
Il reste peu de temps pour sortir de l'impasse actuelle dans les négociations entre Israël et les Palestiniens et éviter une nouvelle crise au Proche-Orient, a souligné lundi un haut responsable de l'ONU devant le Conseil de sécurité.
«Nous sommes dans une impasse. Les parties ne se sont pas rencontrées depuis le 15 septembre», a déclaré Oscar Fernandez-Taranco, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques. Mais, a-t-il ajouté, «nous avons une fenêtre brève et cruciale pour surmonter le blocage actuel».
«Des efforts diplomatiques intenses conduits par les États-Unis et soutenus par tous les membres du Quartette (ONU, États-Unis, Union européenne et Russie) sont en cours pour créer les conditions permettant la poursuite des négociations», a-t-il dit.
«Ces efforts ont été rendus encore plus difficiles par le feu vert du gouvernement israélien le 14 octobre à des appels d'offre pour 238 unités de logements dans les colonies de Ramot et Pisgat Zeev à Jérusalem Est, contraires au droit international et allant directement à l'encontre des efforts du Quartette», a-t-il ajouté.
«Nous avons besoin de progrès dans les prochaines semaines. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon continue de croire que si la porte de la paix se referme, il sera très difficile de la rouvrir», a-t-il ajouté.
«Il n'y a pas d'alternative à une solution négociée avec pour effet la création d'un État de Palestine viable et indépendant vivant aux côtés de l'État d'Israël en paix et dans la sécurité», a-t-il dit.
De son côté, Riyad Mansour, observateur permanent de la Palestine à l'ONU, a souligné que «la cessation de toutes les activités israéliennes de colonisation dans les territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem Est, est essentielle pour la reprise d'un processus crédible» de négociations.
L'ambassadeur israélien à l'ONU Meron Reuben a quant à lui reconnu que «la paix ne peut être trouvée que par des négociations directes et des compromis des deux parties».
«La colonisation est l'une des nombreuses questions qui doit être résolue dans des négociations», a-t-il dit. «L'histoire nous a montré qu'elle (la colonisation) n'est pas un obstacle sur le chemin de la paix», au regard des accords de paix conclus avec l'Égypte et la Jordanie, a-t-il ajouté.
Les États-Unis ont demandé à Israël de proroger le gel de la colonisation et leur représentant à la réunion du Conseil, Brooke Anderson, a réaffirmé la «déception» américaine après l'annonce vendredi de nouveaux appels d'offre à Jérusalem-Est. Ceci est «contraire à nos efforts pour reprendre les négociations», a-t-elle dit.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a réaffirmé dimanche l'opposition des Palestiniens à des négociations sans un gel complet de la colonisation par Israël, soulignant qu'il s'agissait là d'une demande avancée par l'ensemble de la communauté internationale. Les pays arabes ont donné un mois aux États-Unis pour réussir à sortir de l'impasse.
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