dimanche 18 avril 2010

Votez le désinvestissement : vous ne serez pas seuls

dimanche 18 avril 2010 - 07h:56
Judith Butler
The Nation 
Lutter contre la peur au nom de la justice sociale fait partie d’une longue et vénérable tradition juive ; elle n’est pas nationaliste, c’est vrai, et cette lutte est engagée non seulement pour ma liberté, mais pour l’ensemble de nos libertés.
Note de l’éditeur : le texte qui suit est celui du discours du Professeur Judith Butler, prononcé le mardi 13 avril devant les étudiants de l’université de Berkeley, Californie.
Le 18 mars, le conseil des étudiants de Berkeley avait voté à 16 contre 4 en faveur du désinvestissement des fonds de leur université dans les entreprises General Electric et United Technologies car celles-ci contribuent à infliger des souffrances à des civils par leur participation à l’occupation illégale israélienne, et même à l’agression contre Gaza. Une semaine plus tard, le président du conseil y opposait son veto. Les opposants à cette proposition engagèrent ensuite une campagne féroce de désinformation ; les membres du conseil des étudiants furent inondés de lettres, et Alan Dershowitz put alors venir sur le campus.
Pour plus d’informations sur le projet de résolution : http://salsa.democracyinaction.org/....
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J’ai appris, quand j’étais petite fille juive, dans ma synagogue, qu’il faut impérativement réagir contre toute injustice sociale.
Commençons en partant de l’idée qu’il est très difficile d’entendre le débat qui est le nôtre ici. On entend quelqu’un dire une chose, et on craint qu’il n’ait dit autre chose. Il est difficile de croire les mots, ou même de savoir ce que les mots veulent dire vraiment. C’est donc le signe qu’il existe une certaine crainte dans la salle et aussi, une certaine suspicion quant aux intentions des orateurs, et une crainte de ce qu’impliquent tant les mots que les actes. Bien sûr, ce soir vous n’avez pas besoin que je vous fasse un cours de rhétorique, mais peut-être que, si vous avez un instant, nous pourrions faire une pause et nous pencher sur ce qui est réellement en jeu dans ce vote, et sur ce qui ne l’est pas. Permettez-moi de me présenter d’abord. Je suis juive et je fais partie du corps des enseignants d’ici, à Berkeley, je suis membre aussi du conseil consultatif de la Voix juive pour la Paix, de la commission exécutive U.S. de la Faculté pour la Paix palestino-israélienne - une organisation internationale -, membre du Tribunal Russel pour les droits humains en Palestine, et membre du conseil d’administration du Théâtre de la Liberté de Jénine. Je travaille à un livre qui étudie les critiques juives contre la violence d’Etat, la vision des juifs de la cohabitation, et l’importance de la « mémoire » dans les traditions philosophiques et poétiques juives et palestiniennes.
Il n’y a pas UNE voix juive
Ce que je veux vous dire d’abord, c’est qu’on pourrait à peine faire une table de juifs dans ce pays - même en Europe et surtout en Israël - sans qu’il n’y ait un désaccord énorme entre eux sur le statut de l’occupation, de l’agression militaire israélienne et de l’avenir du sionisme, sur le binationalisme et la citoyenneté dans les territoires appelés Israël et Palestine. Il n’y a pas UNE voix juive, et ces dernières années on a même pu constater que les divergences grandissaient parmi nous, on le voit bien d’ailleurs avec la multiplication des organisations juives qui ne sont pas d’accord avec l’occupation, et qui critiquent et s’opposent activement à la politique militaire et à l’agression. Rien qu’aux U.S.A. et en Israël, vous avez : Voix juive pour la paix, Juifs américains pour une juste paix, Juifs contre l’occupation, Boycott de l’intérieur, New Profile, Les Anarchistes contre le mur, Les Femmes en noir, Qui profite ?, B’Tselem, Zochrot (Se souvenir), Black Laundry, Juifs pour une Palestine libre (zone Bay), Pas le temps de célébrer, et d’autres encore. La naissance de J Street témoigne d’un effort important pour créer une voix alternative à l’AIPAC, et bien que J Street se soit opposé au projet de résolution qui vous est soumis, la jeune génération de cette organisation a vivement contesté le choix de sa direction. Vous le voyez, même là il y a des fissures, des divisions et des désaccords.
Donc, si quelqu’un dit que c’est offenser les « juifs » que de s’opposer à l’occupation, vous devez alors rechercher combien il y a de juifs déjà contre l’occupation, et savoir si vous voulez être avec, ou contre eux. Si quelqu’un vous dit que les « juifs » s’expriment d’une seule voix sur cette question, vous pourrez rechercher où est l’erreur quand on imagine les juifs comme une force unique, une opinion unique, unanime. Car ce n’est pas vrai. Les organisateurs de la table ronde de lundi soir, à Hillel, ont fait en sorte qu’il n’y ait pas de voix discordantes. Et même maintenant, alors que les manifestations en Israël augmentent en nombre et en volume contre les saisies illégales des terres palestiniennes, il se forme une coalition qui monte avec tous ceux qui veulent s’opposer aux joug militaire injuste, à la confiscation illégale des terres, et qui sont attachés aux normes du droit international, même quand les nations refusent de respecter ces normes.
Se taire devant l’injustice est criminel
J’ai appris, quand j’étais petite fille juive, dans ma synagogue - qui n’était pas un bastion du radicalisme - qu’il faut impérativement réagir contre toute injustice sociale. On m’a dit d’avoir le courage de m’exprimer pour m’y opposer, de parler fort, même quand certains vous accusent de créer des fissures dans l’entente générale, même quand ils menacent de vous censurer et de vous punir. La pire injustice, ai-je appris, c’est de rester silencieux face à une injustice criminelle. Et cette tradition de l’éthique sociale juive a été capitale pour combattre le nazisme, le fascisme et toute forme de discrimination, et son importance devint essentielle dans la lutte pour l’élaboration des droits des réfugiés après la Seconde Guerre mondiale. Bien sûr, il n’existe pas d’analogies strictes entre le Seconde Guerre mondiale et la situation contemporaine, et il n’existe pas d’analogies strictes entre l’Afrique du Sud et Israël. Mais il existe un cadre général de réflexion sur la cohabitation, sur le droit de vivre libérés de toute agression militaire extérieure, sur les droits des réfugiés, et ceci constitue la base de nombreuses lois internationales que les juifs et les non-juifs ont voulu adopter afin de vivre dans un monde plus juste, non pas juste pour simplement telle ou telle nation, mais pour toutes les populations, sans distinction de nationalité et de citoyenneté. Si certains d’entre nous espèrent qu’Israël se conforme au droit international, c’est précisément pour qu’un peuple puisse vivre parmi les autres peuples, dans la paix et la liberté. Ce n’est pas délégitimer Israël que d’exiger qu’il se conforme au droit international. En effet, cette conformité au droit international est la meilleure façon d’obtenir une légitimité, le respect et une place durable parmi les peuples du monde.
Bien sûr, on pourrait débattre des formes politiques qu’Israël et la Palestine doivent prendre pour que le droit international soit respecté. Mais ce n’est pas la question qui vous est posée ce soir. Le temps ne nous manque pas pour examiner cette question, et je vous invite à vous joindre à moi pour le faire d’une façon lucide dans l’avenir. Mais pensez à ceci attentivement : le projet de résolution que avez devant vous ne vous demande pas de prendre position sur Israël. Je sais, c’est ce qu’il paraît faire depuis la discussion qui a porté sur cela. Mais le projet pose en fait deux questions qu’il est très important d’examiner. La première est simplement celle-ci : il y a deux entreprises qui non seulement ont investi dans l’occupation israélienne du territoire et du peuple palestiniens, mais encore qui profitent de cette occupation, et qui sont soutenues en partie par des fonds investis par l’université de Californie. Ces entreprises sont General Electric et United Technologies. Elles construisent des avions destinés à bombarder et à tuer, et qui ont bombardé et tué des civils, comme cela fut amplement démontré par Amnesty International et Human Rights Watch. Il vous est demandé de vous prononcer en faveur de votre désinvestissement de ces deux entreprises. PAS de retirer les fonds de toutes les entreprises qui travaillent avec Israël. Pas de vous résoudre à désinvestir de chez des hommes d’affaires ou des citoyens israéliens sur la base de leur citoyenneté ou de leur appartenance nationale. Ce qui vous est demandé, c’est seulement que vous appeliez au désinvestissement de ces entreprises-là, précisément, qui fabriquent des armes de guerre qui tuent des civils. C’est ça la vérité.
Désinvestissement : quel que soit le criminel, quelle que soit la victime
Si les journaux ou d’autres veulent tenir des propos incendiaires et dire qu’il s’agit là d’une attaque contre Israël, ou d’une attaque contre les juifs, ou d’une montée de l’antisémitisme, ou qu’il s’agit d’un acte affichant une insensibilité à l’égard des sentiments de certains de nos étudiants, alors, tel que je le vois, vous n’avez réellement qu’une seule réaction à avoir. Allons-nous nous laisser intimider et abandonner une position qui est juste ? Il est absolument immoral que des conseils universitaires investissent dans des entreprises quand elles tirent profit du meurtre de civils sous une occupation militaire prolongée manifestement illégale au regard du droit international. Le meurtre de civils est un crime de guerre. En votant oui, vous dites que vous ne voulez pas que l’argent de votre université soit investi dans des crimes de guerre, et que vous défendez ce principe quel que soit l’auteur des crimes de guerre et quelles qu’en soient les victimes.
Naturellement, vous devez clairement vous demander si vous appliqueriez les mêmes règles à n’importe quelle autre occupation ou situation militaire destructrice où sont commis des crimes de guerre. Et je note que le projet qui vous est présenté s’engage à élaborer une politique de désinvestissement de toute entreprise mêlée à des crimes de guerre. De sorte que le projet contient en lui-même une revendication universelle et une trajectoire universaliste. Il recommande explicitement « une politique de désinvestissements supplémentaires afin de maintenir les investissements de l’université hors des entreprises qui apportent leur soutien à des crimes de guerre à travers le monde, comme ceux qui furent commis au Maroc, au Congo, et en d’autres lieux comme précisés par les résolutions des Nations unies, et d’autres organisations importantes des droits de l’homme. » Ce n’est pas Israël qui est ciblé. En l’occurrence, c’est l’occupation qui est visée, et il y a de nombreux Israéliens à dire qu’Israël doit être distingué de son occupation illégale. C’est manifestement en cela que cet appel au désinvestissement est un appel sélectif : il n’appelle pas à se désinvestir de toutes les entreprises israéliennes ; au contraire, il appelle au désinvestissement de ces deux entreprises dont on connaît parfaitement les liens avec les crimes de guerre.
Alors, créons un précédent pour une politique plus solide d’investissements éthiques applicable à toutes les entreprises dans lesquelles les conseils d’universités investissent. C’est le début d’une séquence que les deux côtés à ce différend manifestement veulent. Israël n’est pas ciblé en tant que nation qu’il faut boycotter - notons d’ailleurs qu’Israël en tant qu’Etat n’est pas boycotté par la présente résolution. Mais l’occupation par Israël n’est pas pour autant dispensée des règles internationales. Si vous voulez dire que l’interprétation historique de la genèse d’Israël lui permet d’avoir une position exceptionnelle dans le monde, alors vous vous trouvez en désaccord avec ceux des premiers penseurs sionistes, Martin Buber et Judah Magnes entre autres, qui pensaient qu’Israël devait non seulement vivre à égalité avec les autres nations, mais devait aussi se montrer exemplaire quant aux principes d’égalité et de justice sociale, dans ses actes et dans sa politique. Rien dans l’histoire d’Israël ou celle du peuple juif n’autorise les crimes de guerre, et rien n’exige que nous réservions, le cas échéant, notre jugement sur les crimes de guerre. Nous pouvons débattre longuement de l’occupation, mais je ne suis pas sûre que nous pourrions en trouver la justification dans le droit international, ni de la privation de millions de personnes de leur droit à l’autodétermination, ni de l’absence de toute protection contre les harcèlements policiers et militaires et contre les destructions. Mais, encore une fois, nous pouvons avoir cette discussion, et nous n’avons pas besoin de la clore pour comprendre le choix spécifique que nous avons à faire. Vous n’êtes pas tenus de donner une opinion définitive sur l’occupation pour admettre qu’investir dans des entreprises qui commettent des crimes de guerre est une erreur complète et en le disant, vous rejoindrez les juifs, les musulmans, les hindous, les chrétiens et tant d’autres populations de diverses traditions religieuses et laïques qui pensent que la gouvernance, la justice et la paix exigent d’être conforme avec le droit international et les droits de l’homme et de s’opposer aux crimes de guerre. Ce que vous dites, c’est que vous refusez que notre argent parte dans des bombes, des hélicoptères et du matériel militaire qui anéantissent la vie de civils. Vous ne le voulez pas dans ce contexte, et vous ne le voulez dans aucun contexte.
Les juifs et le droit international
Une partie de moi-même aimerait faire une plaisanterie : où en seraient les droits de l’homme internationaux sans les juifs ! Nous avons contribué à l’élaboration de ces droits, à Nuremberg et aussi à Jérusalem, alors à quoi ça rime que certains vous disent que ce serait faire preuve d’insensibilité à l’égard des juifs que de se manifester en faveur du droit international et des droits de l’homme ? C’est un mensonge - et c’est une opinion monstrueuse à l’égard de ce que signifie être juif. Elle déshonore les traditions profondes de justice sociale apparues avec la lutte contre le fascisme et avec toutes celles contre le racisme : elle réduit à néant la tradition de Ta’ayush (Vivre ensemble), la relation éthique avec les non-juifs qui est la substance de l’éthique juive, et elle efface aussi la valeur qui est donnée à la vie, quelles que soient la religion ou la race de ceux qui vivent. Vous n’avez pas besoin de démontrer que la lutte contre cette occupation est la même que la lutte historique menée contre l’apartheid pour savoir que chaque lutte a sa propre dignité et sa propre valeur absolue, et que l’oppression, dans cette myriade de formes, n’a pas à être absolument identique pour être tout autant une faute. Entre nous, l’occupation et l’apartheid constituent deux versions différentes du colonialisme de peuplement, mais nul besoin pour nous d’une totale compréhension de cette convergence et divergence pour régler la question qui nous est posée aujourd’hui. Rien dans le projet qui vous est soumis ne dépend d’un caractère continu dans cette analogie. En votant pour cette résolution, vous vous mettez du côté des juifs progressistes, où qu’ils soient, et du côté des grands principes de la justice sociale, ce qui signifie que vous vous mettez du côté de ceux qui ne se contentent pas de défendre leur propre communauté, mais toute l’humanité, et qui le font, en partie, tant en raison des valeurs religieuses que non religieuses qui sont les leurs.
Enfin, laissez-moi dire ceci. Vous ressentez peut-être une peur en votant pour cette résolution. J’ai eu peur moi aussi en venant ici ce soir. Vous craignez peut-être de passer pour des antisémites, de ne pouvoir faire face à l’idée qu’on vous prenne pour quelqu’un d’indifférent à la nécessité d’Israël de se défendre, quelqu’un d’indifférent à l’histoire de la souffrance juive. Peut-être serait-il mieux de se rappeler les mots du Primo Levi (écrivain italien, Turin, 1919-1987) qui a survécu à cet internement tyrannique à Auschwitz et qui a eu le courage de s’opposer aux bombardements israéliens sur le sud du Liban au début des années 1980. Il a publiquement critiqué Menachem Begin qui ordonnait le bombardement des centres civils, et il a reçu des lettres qui lui demandaient s’il se souciait de tout le sang juif qui avait coulé. Il écrit :
« Je réponds que ce sang versé me fait mal, tout comme le sang versé de tout autre être humain. Mais il y a encore ces lettres déchirantes. Et j’étais tourmenté par ces lettres parce que je sais qu’Israël a été créé par des gens comme moi, qui ont seulement eu moins de chance que moi. Des hommes avec un numéro d’Auschwitz tatoué sur le bras, sans maison ni patrie, fuyant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, qui ont construit, dans Israël, une maison et une patrie. Je sais tout cela. Mais je sais aussi que c’est l’argument préféré de Begin pour sa défense. Et je nie tout bien-fondé à cette défense. »
Comme l’historien israélien Idith Zertal l’exprime clairement, on ne peut se servir de cette souffrance historique, la plus atroce, pour légitimer un caractère destructeur militaire ; ce serait un usage cruel et retors de l’histoire de la souffrance, pour justifier le malheur de la souffrance des autres.
Lutter contre la peur au nom de la justice sociale fait partie d’une longue et vénérable tradition juive ; elle n’est pas nationaliste, c’est vrai, et cette lutte est engagée non seulement pour ma liberté, mais pour l’ensemble de nos libertés. Alors, rappelons-nous qu’il n’y a pas UN juif, pas même en Israël, et que ceux qui disent cela ne cherchent qu’à vous intimider et à limiter votre force critique. En votant pour cette résolution, vous entrez dans un débat déjà ouvert, crucial pour que se concrétise la justice, une justice qui implique qu’on ait le courage de s’exprimer contre l’injustice, ce que j’ai appris lorsque j’étais enfant mais que chacune et chacun d’entre nous apprend, encore et encore. Je comprends que ce n’est pas facile de s’exprimer ainsi. Mais si vous vous battez contre l’incapacité de s’exprimer pour ce qui est juste, alors vous êtes en plein dans cette lutte contre l’oppression et pour la liberté, une lutte qui sait qu’il n’y a pas de liberté pour un s’il n’y a pas de liberté pour tous. Certains, sûrement, vous accuseront de haïr, mais peut-être ces accusations sont, elles, l’expression de la haine. Il ne s’agit pas de rentrer dans ce cycle de menace et de peur et de haine, c’est le cycle infernal de la guerre elle-même. Il s’agit de quitter le discours de guerre et d’affirmer ce qui est juste. Vous ne serez pas seuls. Vous parlerez à l’unisson des autres, et vous ferez en réalité un pas vers la réalisation de la paix et des principes de non violence et de cohabitation qui, seuls, peuvent servir de fondement à la paix. Vous aurez le soutien d’un mouvement qui grandit, dynamique, intergénérationnel et mondial, en vous exprimant contre l’anéantissement militaire de vies innocentes et contre les profits d’entreprises qui comptent sur ces destructions. Vous serez avec nous, et nous serons, plus que certainement, avec vous. (JPG)

Judith Butler est professeur de rhétorique et de philosophie à l’université Berkeley, Californie, USA.
Elle est signataire notamment de la déclaration « Rompre la loi du retour » israélienne
 ; de la déclaration de Toronto contre l’occupation ;
elle est membre du comité de parrainage du Tribunal Russel.
13 avril 2010 - The Nation - Sous-titrage et traduction : JPP