vendredi 25 septembre 2009

Téhéran prêt à une rencontre entre experts iraniens et étrangers

25/09/2009
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a exhibé hier à l’Assemblée générale de l’ONU un document officiel du IIIe Reich – datant de 1942 – qui traite de l’extermination des juifs par les nazis. Il a également critiqué les conclusions du rapport de la commission de l’ONU qui affirmait que soldats israéliens et activistes palestiniens ont commis des crimes de guerre lors de l’intervention israélienne dans la bande de Gaza en décembre et janvier derniers. « Plutôt que de condamner les terroristes et leurs soutiens iraniens, certains ici aux Nations unies ont condamné leurs victimes », a-t-il déclaré.Ray Stubblebine/Reuters
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a exhibé hier à
l’Assemblée générale de l’ONU un document officiel du IIIe Reich
– datant de 1942 – qui traite de l’extermination des juifs par les nazis.
Il a également critiqué les conclusions du rapport de la commission
de l’ONU qui affirmait que soldats israéliens et activistes palestiniens
ont commis des crimes de guerre lors de l’intervention israélienne
dans la bande de Gaza en décembre et janvier derniers. « Plutôt que
de condamner les terroristes et leurs soutiens iraniens, certains ici aux
Nations unies ont condamné leurs victimes », a-t-il déclaré.Ray Stubblebine/Reuters
Ahmadinejad propose que des experts nucléaires de son pays rencontrent des experts étrangers afin de régler la question du caractère du programme nucléaire controversé de Téhéran.
Le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni en sommet exceptionnel sous la présidence de Barack Obama, a adopté hier à l'unanimité une résolution appelant à l'instauration d'un monde dénucléarisé. La résolution 1887, rédigée par les États-Unis, appelle tous les États à respecter leurs obligations aux termes du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), et ceux qui ne l'ont pas signé à le faire au plus tôt afin de le rendre universel. Elle appelle tous les États à négocier en vue d'une réduction des arsenaux nucléaires existants et à œuvrer à l'élaboration d'un traité de désarmement général et complet sous strict contrôle international. M. Obama a cité un de ses prédécesseurs à la Maison-Blanche, le républicain Ronald Reagan, en disant à ses 14 collègues du Conseil : « Une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit donc jamais être livrée. » « Nous ne devons jamais cesser nos efforts avant de voir le jour où les armes nucléaires auront été éliminées de la surface de la Terre (...) Bien que nous ayons évité un cauchemar nucléaire pendant la guerre froide, nous sommes maintenant face à une prolifération dont l'échelle et la complexité exigent de nouvelles stratégies », a-t-il ajouté.
L'adoption de cette résolution intervient alors que les grandes puissances avaient averti mercredi que de nouvelles sanctions pourraient être infligées à Téhéran s'il refusait d'obtempérer à l'exigence de l'ONU qu'il suspende ses activités d'enrichissement d'uranium. Hier, dans un entretien accordé à Newsweek et au Washington Post, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a avancé une nouvelle proposition en disant souhaiter que des experts nucléaires de son pays rencontrent leurs homologues étrangers, et notamment américains, afin d'ôter toute suspicion sur le programme nucléaire de Téhéran. « Pourquoi ne pas simplement les laisser s'asseoir et discuter pour voir à quoi ils peuvent aboutir ? Je pense que ce serait une bonne chose », a-t-il déclaré. Une telle rencontre serait une première.
M. Ahmadinejad a également indiqué que l'Iran proposerait d'acheter aux Américains l'uranium enrichi dont il a besoin pour ses besoins médicaux. Il a précisé que cette offre serait formulée par un haut diplomate iranien lors de la réunion qui doit se dérouler le 1er octobre à Genève avec les six pays chargés du dossier nucléaire iranien (Allemagne, États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni). « Je crois que c'est une proposition très solide qui constituerait une bonne occasion de commencer » à établir un lien de confiance entre les États-Unis et l'Iran, et « d'engager une coopération », a-t-il estimé. Une vingtaine de produits médicaux sont actuellement fabriqués dans un réacteur nucléaire de recherche de Téhéran, utilisé pour produire des isotopes radioactifs destinés à établir des diagnostics et traiter des maladies, a expliqué M. Ahmadinejad, indiquant que davantage de combustible nucléaire était nécessaire. Il a également répété que l'Iran n'avait aucun intérêt à acquérir d'arme nucléaire.
Les propos de M. Ahmadinejad ont été interprétés comme un geste encourageant par les experts. « C'est vraiment nouveau. Je vais être optimiste et dire que cela témoigne d'une nouvelle approche », a réagi pour l'AFP l'analyste Jacqueline Shire, du centre de réflexion ISIS. « C'est la première véritable concession » de M. Ahmadinejad, renchérit Joe Cirincione, président du Ploughshares Fund, qui rappelle que l'AIEA « demande cela depuis des années ». Concrètement, explique Fariborz Ghadar, du centre de recherches en géopolitique CSIS, « une rencontre entre experts permettrait d'identifier enfin les spécialistes iraniens et surtout de découvrir où ils en sont techniquement, quel est le niveau de leurs connaissances et de leur expérience ».
Les États-Unis ont néanmoins pris acte froidement de l'offre de M. Ahmadinejad. « Si l'Iran a des propositions constructives pour répondre aux inquiétudes de la communauté internationale sur son programme nucléaire, il dispose de canaux diplomatiques pour le faire », a indiqué à l'AFP Philip Crowley, le principal porte-parole du département d'État.
La Chine, elle, a réitéré son opposition à des sanctions contre l'Iran. « Nous croyons toujours que sanctions et pressions ne sont pas une voie de sortie », a affirmé la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mme Jiang Yu. Sans citer l'Iran ni la Corée du Nord, le président chinois Hu Jintao a appelé à New York à des « mesures crédibles » pour combattre la prolifération des armes atomiques. Son homologue russe, Dmitri Medvedev, a estimé que le plus grand danger était que des composants nucléaires se retrouvent « dans les mains de terroristes » et a appelé à trouver des moyens pour l'éviter.
Côté britannique, le ton était plus dur, le Premier ministre Gordon Brown appelant à des sanctions « nettement plus sévères » contre l'Iran. Le président français, Nicolas Sarkozy, a quant à lui évoqué des « sanctions massives, dans les domaines financier et énergétique », avant la fin de l'année contre l'Iran s'il continue à vouloir se doter de l'arme nucléaire, comme Paris l'en accuse. Mercredi, M. Sarkozy avait déjà déclaré à ses collègues qu'alors qu'ils discourent, l'Iran poursuit imperturbablement son programme.
En soirée, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a, pour sa part, appelé la communauté internationale à empêcher les « tyrans de Téhéran » de se doter de l'arme nucléaire. « La plus grande menace à laquelle le monde est confronté est l'alliance entre fondamentalisme religieux et les armes de destruction massive », a-t-il déclaré.
Dans un communiqué diffusé par sa mission diplomatique aux Nations unies, l'Iran a rejeté les « allégations totalement fausses » faites à l'ONU, notamment par la France et la Grande-Bretagne, sur son programme nucléaire controversé, accusant Paris et Londres d'ignorer « délibérément et cyniquement » leurs propres obligations découlant du TNP. Et à Téhéran, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a affirmé que les Iraniens devaient être vigilants face aux « complots » des États-Unis et de la Grande-Bretagne.