mercredi 19 août 2009

Moubarak à Obama : « Il faut avancer vers une solution définitive au P-O »

19/08/2009

Obama a « levé tous les doutes » sur les relations entre les États-Unis et le monde musulman, a déclaré hier Hosni Moubarak.Jim Young/Reuters
Obama a « levé tous les doutes » sur les relations entre les États-Unis et le monde musulman, a déclaré hier Hosni Moubarak.Jim Young/Reuters
Washington espère présenter un plan de paix en septembre au moment de l'ouverture de la nouvelle session de l'Assemblée générale des Nations unies.

Le président égyptien, Hosni Moubarak, reçu lundi à la Maison-Blanche par son homologue américain, Barack Obama, a insisté sur la nécessité d'un accord de paix définitif au Proche-Orient. M. Moubarak a jugé hier qu'il fallait s'attaquer au cœur des négociations de paix israélo-palestiniennes en vue d'une solution définitive. « Nous devons avancer vers le statut final » des territoires palestiniens, a-t-il déclaré à la presse. Le statut final doit notamment trancher la question des frontières, du statut de Jérusalem, des colonies, des réfugiés et de l'État palestinien.
Par ailleurs, aux côtés de son hôte américain, M. Moubarak a assuré hier que celui-ci avait « levé tous les doutes » sur les relations entre les États-Unis et le monde musulman lors de son discours au Caire en juin. Parallèlement, selon un porte-parole de M. Moubarak, le président américain a dit hier à son homologue égyptien que Washington espérait présenter un plan de paix pour le Proche-Orient en septembre, au moment de l'ouverture de la nouvelle session de l'Assemblée générale des Nations unies.

Mais à la Maison-Blanche, le porte-parole Robert Gibbs a nuancé cette annonce en précisant qu'il espérait de nouveaux progrès mais qu'il n'était « pas au courant d'un plan précis ».
De son côté, M. Obama a appelé tous les acteurs du Proche-Orient à prendre des « risques » pour redémarrer le processus de paix.
Dans une interview diffusée lundi sur la chaîne de télévision américaine CBS, le président Moubarak avait estimé que le temps des accords provisoires était révolu et qu'un accord définitif devait être négocié. Dans cette interview, M. Moubarak a souligné la position renforcée du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dit Abou Mazen, depuis le récent congrès de son parti le Fateh, ce qui selon lui en fait un partenaire fiable pour la paix. Le président égyptien a également mis en exergue les efforts de son pays pour tenter de résoudre la question de la rivalité interpalestinienne entre le mouvement islamiste Hamas qui a pris le contrôle de Gaza en 2007 et le Fateh. L'Égypte est aussi impliquée dans des tractations entre Israël et le Hamas en vue d'un échange de prisonniers.
Mais pour M. Moubarak, les pays arabes songent à « la reconnaissance d'Israël et la normalisation des relations après, et non avant, qu'on parvient à une paix juste et durable », a-t-il dit dans une autre interview lundi au quotidien égyptien proche du pouvoir al-Ahram.
Outre le président Obama, M. Moubarak a exposé sa position auprès de la secrétaire d'État Hillary Clinton, du directeur du renseignement américain Dennis Blair et de responsables de la communauté juive américaine.
Âgé de 81 ans, M. Moubarak, au pouvoir depuis 1981, est un allié-clé des États-Unis au Proche-Orient. La dernière visite de M. Moubarak aux États-Unis remonte à 2004. Il avait alors rencontré le président George W. Bush à Crawford (Texas, Sud).
l'orient le jour