jeudi 6 août 2009

Les enfants des captifs palestiniens réussissent leur pari, leurs études


[ 06/08/2009 - 01:42 ]
Gaza – CPI

« J’aurais aimé que ma joie ait été doublée au moment où les résultats du Bac ont été déclarés, en voyant mon père sortir de prison. Mais malheureusement, la joie n’a pas été complète ». Ainsi nous a parlé Ossama, fils de Wasfi Qabha.

En effet, Wasfi Qabha, ancien ministre palestinien des captifs, devait quitter les prisons israéliennes le mardi 21 juillet 2009. Mais au dernier moment, il a été reconduit à sa cellule sous cette fameuse « détention administrative ».

Une réussite contre l’occupation

Ossama continue à parler à l’envoyé de notre Centre Palestinien d’Information (CPI). Les occupants israéliens auraient voulu entamer ma volonté, en prenant mon père en captivité. Mais nous avons pu réussir, et avec mention en prime. Nous avons pu sourire, en dépit des larmes. Nous avons pu contrecarrer l’occupant qui veut nous interdire la joie, conclut Ossama.

Embrasser mon père

Nour, la fille du captif Fouad Abou Rijialai, a aussi réussi son Bac. Elle aussi vit des sentiments mitigés. La joie de la réussite n’est pas totale. « Je n’ai pas pu embrasser mon père. J’espère cependant pouvoir le faire le jour de l’inscription à l’université ».

Elle espère également que tous les enfants des captifs aient les meilleurs résultats, une consolation sans prix pour leurs parents isolés du monde.

Cette réussite est un vrai défit et une vraie joie, confirme sa mère, surtout qu’elle a été arrachée en ces temps très difficiles, sous l’occupation et sous cet injuste blocus.

Cette réussite est un cadeau que la mère de Nour dédie à tous les captifs.

Cette réussite participe beaucoup à renforcer le moral de nos captifs, estime Mme Yousef Mosaliha, femme de captif et mère de Yacine qui vient, lui aussi, de réussir son Bac.

Ma réussite aurait été totale si mon père avait été à mes côtés, dit de son côté Ahmed, fils du captif Nahed Attallah.

S’il avait été à mes cotés, il m’aurait aidé dans mes études universitaires et tous leurs frais.

Cette année qui vient de voir son dernier jour était des plus difficiles, ajoute-t-il. Sous le blocus et pendant et après la guerre agressive israélienne menée contre Gaza, le climat n’était guère propice à une étude fructueuse. Il lance alors un appel pour qu’on tâche sérieusement de mettre un terme à cet injuste blocus et pour libérer tous les captifs palestiniens.

Indignation

Le centre Libres pour les études des captifs a catégoriquement condamné cette décision de l’occupant de prolonger la détention de l’ancien ministre Qabha. Et ce n’est pas la première fois que Mr Qabha est privé de la joie de voir un de ses enfants réussir le Bac.

Les captifs palestiniens privés de cette joie ne sont pas peu nombreux, dit pour sa part le centre palestinien pour la défense des captifs.

Un nouveau crime

Les occupants israéliens privent les pères captifs de la joie de voir leurs enfants réussir leurs études. Ils viennent de plus d’interdire à quelque 2000 mille captifs palestiniens l’inscription à l’examen du Bac !

Une nouvelle fois, ils les privent de leurs droits les plus élémentaires.