jeudi 18 mars 2010

Des négociations secrètes entre l'occupation et l'autorité palestinienne

[ 17/03/2010 - 11:56 ]
Beyrouth – CPI

Le journal libanais "al-Diyar" a dévoilé dans son édition publiée, le mardi 16/3, l'existence des négociations sécrètes entre l'occupation israélienne et l'autorité palestinienne dirigée par l'ex-président, Mahmoud Abbas, dans une capitale européenne et sous la surveillance américaine. 
Le journal a rapporté d'après des responsables diplomatiques arabes à Beyrouth que les négociations sécrètes sont continuelles entre le gouvernement sioniste d'extrême droite dirigé par Benjamin Netanyahu et l'autorité d'Abbas. 
"Ces négociations sont continuelles depuis plus de deux mois dans une capitale européenne et sous la surveillance directe de la direction américaine, où l'un des adjoints de la ministre américaine des affaires étrangères, contacte les négociateurs palestiniens et sionistes de façon continuelle", a ajouté le journal. 
Des masses médias hébreux ont souligné dernièrement qu’il existe des négociations continuelles non-annoncées entre l'occupation et l'autorité de Ramallah, malgré l'escalade de la politique de judaïsation et de colonisation dans la ville occupée d'al-Qods.

150 blessés durant la bataille de la défense d'al-Aqsa

[ 17/03/2010 - 11:49 ]
Al-Qods occupée – CPI

Plus de 150 Palestiniens ont été blessés, le mardi 16/3, lors des affrontements continuels qui ont éclaté depuis les premières heures de l'aube avec les forces de l'occupation dans différentes régions de la Cisjordanie occupée et la ville occupée d'al-Qods, après l'annonce sioniste de l'ouverture de la synagogue sioniste "Hourva", près de la mosquée sainte d'al-Aqsa. 
Des sources médicales ont dit au correspondant du centre palestinien d'information que 50 blessés ont été transportés vers plusieurs hôpitaux après qu'ils se sont exposés aux tirs des forces occupantes. 
Les sources ont ajouté que l'occupation a interdit aux équipes médicales d'arriver aux régions qui témoignent de violents affrontements, comme la vieille ville.
On souligne que l'occupation a utilisé de nouveaux types de Gaz bizarres.

L'occupation approuve un nouveau plan colonial à al-Qods

[ 17/03/2010 - 12:01 ]
Al-Qods occupée – CPI

Le comité de la planification et de la construction à la municipalité d'al-Qods a approuvé, le lundi 15/3, lors de sa séance hebdomadaire, des nouveaux plans pour construire des nouvelles unités coloniales dans la parti Est de la ville occupée d'al-Qods, simultanément avec les marches organisées pour soutenir les lieux saints et refuser la judaïsation.
Le journal sioniste "Israël aujourd'hui" a publié dans son dernière édition que le comité a approuvé la plupart des demandes de la construction et le projet de l'élargissement de la colonisation dans certains régions comme le quartier de Jilo, Rmout, Tel Français et Oub Tour et dans les quartiers arabes comme Djabal al-Moukaber et Ras al-Amoud.
Cette décision vient après que le gouvernement sioniste a approuvé la construction de 1600 nouvelles unités coloniales lors de la visite du vice-président américain, Joseph Biden, à la région.

Pr. Christophe OBERLIN : "Israël Palestine, une autre analyse"

Publié le 17-03-2010
Quelle réalité de la situation en Palestine et quelles perspectives de paix ? Le Pr. Christophe Oberlin*, réfute des points de vue couramment énoncés par les grands médias, les dirigeants politiques occidentaux, et certains courants qui affirment leur solidarité avec la cause palestinienn
"Un an après les massacres de Gaza, grands médias et responsables politiques occidentaux semblent s’accorder sur la même ligne. Les Palestiniens, en particulier ceux de Gaza, massacrés l’an dernier et soumis au blocus international, ont droit à notre compassion. Sur le plan politique, il n’y a pas d’autre solution que de reprendre la politique des petits pas après le « processus d’Oslo », de remettre en piste le « quartette » et sa « feuille de route », et de continuer à encourager « l’autorité palestinienne » à poursuivre les contacts avec Israël, tant il est vrai que le pire serait l’absence de dialogue. Quand à l’autorité, légalement élue, qui administre la bande de Gaza, attendons son effondrement « spontané ».
Cette vision, largement consensuelle, même dans certains milieux « pro palestiniens », repose sur un certain nombre d’idées qui seraient "indiscutables".
- Il faut privilégier la Cisjordanie, car on y vit mieux, et le Fatah, parti laïc et démocratique, y est majoritaire.
- Le Hamas est un mouvement terroriste, théocratique, qui suscite un rejet grandissant dans la bande de Gaza.
- Le mur souterrain, en voie de finalisation entre Gaza et l’Egypte, va stopper la contrebande d’armes et affaiblir le Hamas.
- La clé de l’ouverture d’une vraie négociation de paix est la reconnaissance préalable du droit à l’existence d’Israël par les Palestiniens. Et cette négociation aboutira nécessairement à un compromis douloureux pour les deux parties.
- Avec la création d’un état palestinien démilitarisé sur la plus grande partie de la Cisjordanie et à Gaza, la paix sera définitivement assurée dans cette région du monde.
Et si nos observateurs, stratèges et responsables politiques se trompaient sur toute la ligne ?
Il faut privilégier la Cisjordanie, car on y vit mieux, et le Fatah, parti laïc et démocratique, y est majoritaire :
Ayant séjourné plusieurs dizaines de fois à Gaza et en Cisjordanie depuis près de neuf ans, le ressenti de mes amis palestiniens de tous les bords politiques m’apparait différent. Non, on ne vit pas mieux en Cisjordanie. Certes, les conditions économiques y sont sans doutes meilleures, encore qu’on ait vu il n’y a pas si longtemps des médecins fréquenter la soupe populaire… Surtout, on vit plus mal dans sa tête. Les innombrables blocages à la circulation sont de moins en moins acceptés par la population. Et les rafles nocturnes de jeunes palestiniens par l’armée israélienne, quotidiennes, minent l’esprit des parents comme celui des enfants. Le gouvernement du Fatah, incapable de protéger ses enfants, est largement discrédité. Le résultat de véritables élections libres n’est pas garanti pour le Fatah. Par contre des fraudes massives, largement encouragées par l’occupant, sont prévisibles, dès lors que tous les élus de l’opposition n’auraient pas été libérés préalablement pour faire campagne et participer au contrôle démocratique.
Suspendre l’aide actuelle fournie à l’autorité palestinienne à la libération de prisonniers politiques, la suppression de l’assignation à résidence des députés libérés, la réouverture du parlement, seraient des mesures positives que la communauté internationale pourrait imposer, seules mesures pouvant conduire à des élections irréprochables, comme celles de février 2006 (remportées largement par le Hamas).
Le Hamas est un mouvement terroriste, théocratique, qui suscite un rejet grandissant dans la bande de Gaza :
Point n’est besoin de rappeler, sauf aux gens de mauvaise foi, que le terrorisme est l’arme de ceux qui n’en ont pas. Et peut-on imaginer l’apocalypse qui résulterait d’un Hamas qui aurait les mêmes armes et en ferait le même usage qu’Israël ? Par ailleurs le Hamas, qui a conquis le pouvoir par des élections irréprochables, serait bien d’accord d’y renoncer à la suite d’un revers électoral. A l’heure où certains ont souhaité inscrire le christianisme dans la constitution européenne, il y a de véritables relents racistes à supposer qu’un parti marqué par l’Islam ne peut qu’être une théocratie anti-démocratique. J’ai interrogé personnellement en tête à tête, il y a quelques semaines dans la bande de Gaza, un ancien ministre Fatah et un député actuel indépendant. Aucun des deux n’a été en mesure de me citer un seul responsable Fatah en prison actuellement à Gaza. J’entends d’ici hurler mes détracteurs. Mais s’il y en a, pourquoi ne me les ont-ils pas mentionnés ?
Quant aux élections, il y a beaucoup de raisons de penser que le Hamas les remporterait. Depuis l’évacuation des colonies en aout 2005, on ne se fait plus mitrailler tous les jours à partir des colonies. La sécurité est revenue. On peut circuler du nord au sud de la bande de Gaza. Les salaires coupés par Ramallah aux fonctionnaires qui continuent de travailler, sont payés par le Hamas. Les fonctionnaires payés par Ramallah à condition de rester chez eux, ont mauvaise presse. Les hôpitaux, les écoles, les universités (100 000 étudiants) fonctionnent. Et si c’était aux Palestiniens de choisir eux-mêmes leurs dirigeants ? Et si le Hamas austère était aujourd’hui le parti auquel s’identifiait le mieux un peuple en lutte pour sa survie et sa dignité ?
Le mur souterrain, en voie de finalisation entre Gaza et l’Egypte, va stopper la contrebande d’armes et affaiblir le Hamas :
Aujourd’hui les tunnels fonctionnent à plein régime. Chaque tunnel est enregistré à la mairie de Rafah. Les employés sont déclarés, leurs revenus garantis, ainsi que les indemnités en cas d’accident. L’essence est quatre fois moins chère qu’en Israël, le sac de ciment est à 50 shekels (le double du sac importé s’il était possible de s’en procurer). Ceux qui ont découpé à l’arc électrique le mur de dix km de long entre Gaza et l’Egypte en janvier 2008, sont évidemment capables de percer n’importe quel coffre fort. Un tunnel de 300 mètres se construit en six semaines. Nombres de tunnels sont creusés sous le mur souterrain. La construction de ce mur souterrain est un habillage psychologique pour une certaine opinion occidentale, et une raison de plus pour l’opinion égyptienne de détester son président à vie. Si des élections à Gaza avaient pour objet de conforter une administration pour sa bonne gestion, le Hamas serait aujourd’hui réélu.
La clé de l’ouverture d’une vraie négociation de paix est la reconnaissance préalable du droit à l’existence d’Israël par les palestiniens. Et cette négociation aboutira nécessairement à un compromis douloureux pour les deux parties :
Comme souvent lorsqu’on n’obtient pas une réponse satisfaisante, c’est que la question est mal posée. Les Palestiniens, à supposer qu’on le leur demande, ne reconnaitront jamais le droit à l’existence d’un pays qui s’est constitué en dehors de tout droit. Ce qu’ils pourraient éventuellement accepter, c’est l’existence de cet Etat, à condition qu’on les remercie, pourrait on ajouter ! Ce qui veut dire qu’une telle acceptation ne pourrait, éventuellement, que constituer l’ultime aboutissement d’une négociation, et non pas son préalable. Quant au « compromis douloureux », il n’est pas imaginable que les Palestiniens reclus dans 22% de la Palestine historique acceptent en leur âme et conscience d’en donner d’avantage. Il ne pourrait s’agir que d’une contrainte, non d’une paix qui est la reconnaissance du droit des autres.
Avec la création d’un Etat palestinien démilitarisé sur la plus grande partie de la Cisjordanie et à Gaza, la paix sera définitivement assurée dans cette région du monde.
Rien ne sera définitif sans la paix des esprits de tous ceux qui vivent aujourd’hui en Israël-Palestine. La « solution » de deux Etats est probablement une étape nécessaire qui permettra aux ressentiments les plus forts de s’atténuer. Mais ces deux Etats devront avoir les mêmes prérogatives, notamment le « monopole de la violence volontaire » selon Max Weber, c’est-à-dire une police pour faire respecter ses lois, et une armée pour assoir sa diplomatie. A cet égard l’acquisition, faute de mieux (une dénucléarisation des grandes puissances), de la technologie nucléaire par l’Iran devrait faire franchir un pas vers la table de négociation.
Mais la question israélienne ne sera pas réglée pour autant. Aucun Etat ne pourra survivre indéfiniment en limitant les droits d’une partie de sa population, en fonction d’une origine ethnique « vraie ou supposée ». Certains parlent déjà d’un « Kosovo en Galilée ». Les Palestiniens israéliens auront nécessairement un jour leurs pleins droits, et le caractère « juif » de l’Etat devra être abandonné. Alors les deux entités qui se seront affrontées pendant plus d’un siècle ouvriront leurs frontières, pour leur plus grand bien être, et pour celui de leurs enfants."
Christophe OBERLIN
* Le Pr. Christophe Oberlin, chirurgien, spécialiste mondialement renommé pour ses techniques innovantes de réparation des lésions nerveuses, effectue régulièrement des missions de chirurgie et d’enseignement dans la Bande de Gaza. En 2010, il s’est rendu sur place à l’occasion de sa 28ème mission chirurgicale, en compagnie d’une équipe de médecins venus de plusieurs pays.
Cet article est à paraître dans le mensuel Afrique-Asie sous le titre : « Israël Palestine, une autre analyse »
CAPJPO-EuroPalestine

L’Union européenne, quel rôle réel sur le terrain?

Processus de paix. A l’occasion de la prochaine visite en Israël, ce mercredi 17 mars, de Catherine Ashton, Haute représentante de la politique étrangère de l’Union européenne, des questions se posent sur le rôle de l’UE dans le conflit israélo-palestinien.
Premier partenaire économique d’Israël d’un côté, plus gros donateur d’aides et de budgets aux Palestiniens de l’autre, l’Union européenne est souvent montrée du doigt par l’une ou l’autre partie du conflit. Tantôt accusée de parti pris, tantôt d’acteur absent, marginalisé ou inefficace, elle continue néanmoins à jouer le rôle de médiateur dans cette région sensible du monde, soucieuse qu’elle est de mesurer le poids de sa diplomatie à l’étranger.
En tant que membre important et l’un des fondateurs du Quartette — réunissant les Etats-Unis, l’Union Européenne (UE), la Russie et les Nations-Unies —, l’Europe a joué un rôle central dans la rédaction de la « feuille de route », qui montre aux parties la voie à suivre pour qu’Israël vive en paix et en sécurité aux côtés d’un Etat palestinien viable et démocratique. Elle garde depuis une vision plutôt stable sur ce conflit, même si elle échoue parfois à adopter une position unie et à délivrer un message clair aux différents protagonistes.
Ainsi, selon l’Union européenne, les Palestiniens ont le droit à l’autodétermination. Elle convient également de la nécessité d’établir un Etat de Palestine démocratique, viable, pacifique et souverain, sur la base des frontières de 1967.
En 1973 déjà, lors du sommet de Copenhague, l’Europe réclamait le retrait d’Israël des territoires occupés et la création d’un Etat palestinien. La déclaration finale du sommet de Venise de juin 1980 suit cette logique et reste dans le même esprit.
Cependant, cette bonne volonté apparente et ces déclarations de principe restent théoriques, car sur le terrain, l’Europe a bien du mal à contrebalancer l’influence de la puissance américaine qui, généralement, patronne les négociations directes et indirectes entre Israéliens et Palestiniens.
Que ce soit à cause des divergences au sein de l’Union — la Grèce, l’Irlande et la Belgique suivant une ligne plutôt ferme envers Israël, en opposition avec la « souplesse » de l’Allemagne, de la République tchèque ou des Pays-Bas — ou à cause du rôle secondaire de gardien de la paix qu’elle a volontiers accepté, l’Europe garde une influence symbolique, même si son appui financier est bien concret.
Beaucoup d’Israéliens refusent de voir l’Europe comme partenaire politique sérieux, à l’image des Etats-Unis. Le gouvernement israélien fait parfois sourde oreille devant les appels des Vingt-Sept, ou accepte modérément et avec réserve, comme dans le cas épineux de faire de Jérusalem une capitale conjointe des deux Etats, hébreu et palestinien.
Pourtant, la tournée au Proche-Orient d’Ashton démontre une volonté pour l’UE de reprendre la main sur un dossier sensible. La Haute représentante le déclare elle-même : « J’ai demandé à me rendre à Gaza » parce que « j’ai besoin de me faire une idée du problème et des questions que nous avons à résoudre ».
Le désir de voir l’UE se muer en acteur, comme le disait le ministre espagnol Miguel Angel Moratinos, est donc un souhait d’actualité, qui risque cependant de se heurter à des obstacles sur le terrain. En effet, un groupe de députés européens qui tentaient de se rendre à Gaza en décembre dernier s’est vu barrer la route, aucune garantie donc pour Catherine Ashton, qui prévoit elle aussi de se rendre dans le bastion du Hamas et de mener à bien son projet.
Quoi qu’il en soit des résultats de cette tournée, la position de l’UE au sein du Quartette ainsi que son poids économique dans la région seront toujours une porte ouverte pour l’Europe sur des perspectives intéressantes. Certains argueront que pour ce faire, un changement de stratégie est préalablement nécessaire. Plus de risques politiques à prendre et le courage d’endosser un rôle principal pour régler ce conflit qui perdure depuis des années peuvent être le chemin de ce changement.
Pacynthe Sabri

« Les agissements d’Israël ne laissent guère d’espoir à la résolution de la crise »

Mohamad Sobeih, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe pour les affaires de la Palestine, évoque les perspectives de réussite des négociations indirectes avec l’Etat hébreu.
Al-Ahram Hebdo : Pouvez-vous nous expliquer ce que l’on entend par les négociations indirectes ? Et en quoi peuvent-elles être différentes de celles qui les ont précédées ?

Mohamad Sobeih : Il s’agit, en fait, de négociations ou de pourparlers qui se font de manière séparée entre les deux camps et durant lesquels aucun des Palestiniens ni des Israéliens ne se rencontrent. Ces négociations indirectes se font par l’intermédiaire des Etats-Unis, qui les considèrent comme étant un premier pas pouvant mener par la suite à des négociations directes et plus efficaces.
Quant au camp palestinien, il s’est trouvé en pleine  négociation, de plus en plus plongé dans la tourmente de la colonisation israélienne qui, sans cesse, ne fait que confisquer les territoires palestiniens, judaïser Al-Qods et commettre des agressions, et tout cela sous l’égide des négociations. Ainsi, l’Etat palestinien ne fait que se réduire et perdre tous ses traits et son identité. C’est pourquoi les Palestiniens ont voulu mettre un terme à ces agissements israéliens et stopper ces agressions en déclarant qu’ils refusaient toute négociation aussi longtemps que la colonisation se poursuit. C’est dans le contexte de cette déclaration palestinienne que l’administration américaine a décidé de lancer ces négociations indirectes. Mais le problème est que la colonisation n’a jamais cessé, pourtant, son gel est l’un des principes de l’accord d’Oslo.
— Pourquoi les Palestiniens ont-ils accepté ces négociations s’ils n’ont pas grand espoir en leur réussite ?
— Abou-Mazen, après avoir rencontré les dirigeants américains et après avoir présenté la vision américaine à la Ligue arabe, a voulu donner une chance au processus de paix et ne pas être un obstacle face à cette expérience, et a donc accepté ces négociations indirectes.
Lorsque le camp arabe a accepté ces négociations séparées, indirectes ou bilatérales, il a tenu à savoir de l’administration américaine le délai, question temps de ces négociations, et en cas d’échec, quelle serait l’alternative ? Il faut aussi savoir que la décision palestinienne et la proposition américaine ont été bien accueillies par le monde entier, notamment l’Union Européenne (UE), la Chine, le Japon et beaucoup d’autres qui ont soutenu cette démarche jusqu’à ce que Netanyahu soit venu donner une forte claque à l’Amérique en lançant le nouveau projet d’installation de 1 600 unités de logement dans les colonies. Les Israéliens ont ainsi envoyé un message aux Américains disant qu’ils rejettent toutes les déclarations et les actions des USA. Ils ont ainsi mis la direction américaine en position gênante et délicate.
— Quelle est la situation aujourd’hui après que la Ligue arabe a déclaré qu’elle ne ferait aucune négociation si ces colonies ne sont pas arrêtées ?
— Il faut savoir que la position de la Ligue arabe n’est dans le fond que ce que veulent les Palestiniens et ce à quoi a appelé Mahmoud Abbass. Aujourd’hui, les Palestiniens, tout aussi bien que la Ligue arabe, ont appelé à ce que les colonies soient démantelées au plus vite possible. On invite aussi à ce que tous les pays et les puissances, comme les Etats-Unis, la Chine et l’UE, qui avaient encouragé cette démarche, fassent tous de leur mieux pour arrêter les violations israéliennes. Et j’insiste à dire que la Ligue arabe ne veut plus entendre de déclarations vaines, mais exige des actions concrètes pour que ces violations ne se répètent pas de nouveau de la part des Israéliens.
— En cas d’arrêt de ces colonies, y aura-t-il espoir en un changement ?
— Si on parle de l’état actuel des choses, les agissements actuels d’Israël ne laissent guère d’espoir à la résolution de cette crise. Dans le fond, Israël ne veut pas mener de négociations, mais après l’appel de l’administration américaine, Abou-Mazen s’est trouvé en situation délicate, car il ne veut pas être un obstacle face au processus de paix et ces négociations bilatérales qui ne devaient durer que 4 mois. Aujourd’hui, les USA dénoncent vigoureusement les comportements israéliens, car leur crédibilité devant le monde entier est atteinte et en réel danger. Je crois que nous sommes devant une chance de connaître la position véritable de Washington vis-à-vis de cette question. Prendra-t-elle une position concrète ou au contraire continuera-t-elle sa complaisance avec Israël ?
— Mais on ne peut pas nier que les Israéliens ont mis les Américains en position délicate et gênante, qu’en pensez-vous ?
— La direction israélienne actuelle est formée de l’extrême droite, qui est un groupe qui a été atteint de la folie de la force et de l’orgueil. Pour ce groupe, il est la puissance que tout le monde entier doit respecter et prendre en considération, même en ce qui concerne les Etats-Unis. Il s’agit d’un gouvernement bien dangereux.
— Pourquoi, selon vous, Israël a-t-il choisi ce moment précis pour augmenter ses provocations ?
— Il n’est pas question d’un temps précis. Il s’agit en fait d’une politique déterminée et d’un cycle continu de violations qu’il applique successivement, mais le rythme devient de plus en plus rapide. Car, comme je l’ai déjà dit et je le répète, ce gouvernement se comporte sans le moindre sens de responsabilité et ne fait que jouer avec le feu et n’a aucune estimation des conséquences de ses comportements.
— L’UE tente d’être présente à la résolution de cette crise, comment voyez-vous sa participation ?
— La position de l’UE est, à mon avis, plus avancée que celle des Etats-Unis. Mais elle a aussi besoin d’appliquer sa politique de manière concrète, on a besoin d’une politique plus pratique et non pas d’une action à distance. Mais on ne peut pas nier que sa participation est une attitude relativement positive.
— Comment voyez-vous l’état actuel des choses ?
— A mon avis, la situation devient de plus en plus dangereuse et de plus en plus délicate. Les Américains appellent à la sécurité israélienne. Mais les Arabes  s’interrogent sur les limites de cette sécurité. Il faut que les Américains nous le précisent. Cette sécurité implique-t-elle la judaïsation totale d’Al-Qods, l’implantation des colonies et les agressions ? Ceux qui veulent garantir la sécurité israélienne doivent savoir que c’est en vivant dans les frontières qui leur sont précisées dans les accords qu’ils trouveront leur sécurité. Mais dans le contexte des agressions et de la destruction continuelle, il est difficile de parler de la moindre sécurité. Pas de sécurité en pleine usurpation des droits.
Propos recueillis par Chaïmaa Abdel-Hamid

Des diplomates français dénoncent l’intransigeance israélienne

Seize hauts diplomates français, « qui ont terminé leur mission publique », viennent d’adresser au président de la République une lettre ouverte dans laquelle ils suggèrent que la France prenne une initiative pour relancer les négociations entre Israéliens et Palestiniens, dans le but de mettre un terme à un conflit qui « demeure au cœur de l’avenir du Proche-Orient et affecte l’ensemble du monde arabo-musulman ».
Voilà des extraits de cette lettre.
— Cette négociation se déroulerait « sous le contrôle d’une conférence internationale qui veillerait à la mise en œuvre, dans des délais déterminés, de l’accord à intervenir et des garanties nécessaires ». A leurs yeux, le Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Nations-Unies, Russie) « devrait jouer un rôle majeur dans le suivi de cette prescription internationale ». « Fait exceptionnel, relèvent-ils, un accord est intervenu entre les 27 pays membres (de L’Union européenne) pour rappeler à Israël ses devoirs à l’égard de la communauté internationale et les graves conséquences d’une situation qui perdure depuis plus de 40 années d’occupation (le mur, les colonies, les spoliations) ».
— « Jamais le gouvernement israélien, pressé par ses colons, n’a été aussi intransigeant, jamais la représentation palestinienne divisée n’a été aussi faible. Et cependant, les chances de la paix sont réelles », estiment les auteurs de cette lettre, qui constatent la « modération » palestinienne et « l’offre arabe de reconnaissance pleine et entière d’Israël si l’Etat palestinien est créé selon une équité historique avec Israël ».
— Les principes de base de la négociation qu’ils préconisent se fondent sur les « termes de référence » établis depuis les accords d’Oslo et repris par la feuille de route de 2003. Les frontières de l’Etat palestinien à créer doivent être celles de 1967 (sauf échanges de territoires mutuellement agréés), Jérusalem doit être partagée, avec garantie d’accès aux lieux saints, et une solution doit être apportée au problème des réfugiés

La recette magique n’opère pas

Processus de paix . On a cru qu’il allait être relancé avec la nouvelle formule américaine de négociations indirectes. Mais Israël a une fois de plus tout saboté avec ses projets de colonisation, narguant même l’Amérique et son vice-président Joe Biden.
On disait que Joe Biden était le sauveur. L’homme qui devait relancer les négociations palestino-israéliennes, en état de léthargie depuis des mois. Le vice-président américain semblait avoir donné toutes les satisfactions à Israël lors de la tournée qu’il vient d’effectuer dans la région afin de mettre en marche le processus dit de « négociations indirectes », qualifiées aussi de « négociations de proximité », si l’on reprend la définition américaine. Un moyen de sortir de l’impasse. Et pour obtenir l’approbation de Tel-Aviv, la première chose dont Biden a parlé était la sécurité d’Israël ... « Les Etats-Unis promettent un soutien absolu et total à la sécurité d’Israël ... face à l’Iran ». L’Etat hébreu exerce donc un vrai chantage avec l’histoire du nucléaire iranien qu’il tente de placer, en priorité, en tête de tous les agendas et dont il se sert pour reléguer aux oubliettes justement la question palestinienne. Biden a voulu un peu amadouer les Israéliens en attendant qu’ils réagissent de manière un peu positive sur le dossier de la crise proche-orientale. Mais qu’est-il arrivé ? Parti vers la région avec toute la prouesse de Rocky, ce super boxeur du cinéma américain, comme le dit le Los Angeles Times, il est revenu furieux et humilié. Voire, c’est au beau milieu de son voyage qu’Israël l’a vraiment nargué. Le gouvernement Netanyahu a déclenché une crise diplomatique avec l’administration Obama, en pleine visite de Biden, en donnant son feu vert à la construction de 1 600 nouveaux logements à Ramat Shlomo, un quartier de colonisation occupé par des Juifs ultra-orthodoxes dans un secteur arabe de Jérusalem annexé par Israël. Déjà, le ministre israélien de l’Environnement, Gilad Erdan, avait annoncé la construction de 112 logements dans une colonie de Cisjordanie (lire page 4). La réaction palestinienne ne s’est pas faite attendre : le président palestinien Mahmoud Abbass a informé la Ligue arabe qu’il ne reprendrait pas les négociations avec Israël sans un arrêt de la colonisation à Jérusalem-Est, comme l’a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat : « M. Abbass a informé Amr Moussa (le secrétaire général de la Ligue arabe) qu’il ne pouvait pas retourner à la table des négociations sans l’annulation du projet de construction de ces logements-est ». Il a également fait part de sa décision au vice-président américain. Le pire, ce sont les tentatives d’excuses d’Israël. Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a fait part de ses « regrets », non pour la décision de construire ces logements, mais plutôt « pour le moment malheureux de l’annonce du projet ». C’était donc une sorte de gaffe, mais rien ne présage d’un recul en ce qui concerne le fond même de la question. Rien donc qui implique une volonté israélienne d’aller de l’avant dans le processus de négociations. Ce qui compte, c’est l’annulation de la construction des colonies et non pas le moment choisi pour les annoncer, ce qui témoigne, somme toute, d’une tentative de mettre les Américains devant le fait accompli. Rien de nouveau sous le soleil. Les retards sont toujours provoqués par Israël et se succèdent, en dépit de toute une infrastructure de négociations mise au point avec la participation des grandes puissances et de l’Onu.

Et si ces derniers temps on a parlé de ces négociations indirectes, on se demande s’il s’agit d’un recul ou d’une manière plutôt pragmatique d’approcher la question. « La question est empreinte de mystère. Depuis Oslo, on parlait de négociations directes. Et voici soudainement qu’il est question de négociations indirectes. C’est quoi alors ? Juste parler de questions qui ne soient pas épineuses. Nous sommes finalement face à une tentative de ne pas reconnaître que le processus de paix s’est tout à fait effondré. Tous les partenaires ne peuvent pas l’annoncer. Il s’agira de parler, parler et encore parler », souligne Saïd Okacha, spécialiste des affaires israéliennes au Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram. Ceci est bien vrai, et si l’on tente de sauver les apparences, c’est qu’il n’est guère dans l’intérêt des deux parties et de leur parrain américain d’annoncer leur échec parce qu’ils devront assumer des responsabilités face à leurs peuples, l’Autorité palestinienne surtout. « Mahmoud Abbass, s’il reconnaissait l’échec du processus, devrait abdiquer et être remplacé par quelqu’un d’autre », ajoute Okacha.
L’implantation des colonies n’est en fait qu’une suite logique du principe idéologique sioniste qui consiste à annihiler la présence et l’identité palestiniennes.
Une pluie de condamnations vient de tomber sur Israël suite à l’annonce par le gouvernement israélien de droite de Benyamin Netanyahu de la construction de 1 600 logements juifs à Ramat Shlomo, un quartier juif orthodoxe érigé dans le secteur de Jérusalem-Est, dont l’annexion par Israël en 1967 n’est pas reconnue par la communauté internationale. C’est en pleine tentative de relance du processus de paix et au lendemain de l’annonce de la mise en chantier de 112 logements dans une colonie juive de Cisjordanie que la décision de Netanyahu est lancée. En effet, ce feu vert à la poursuite de la colonisation, actuellement le sujet le plus sensible du dossier proche-oriental, est intervenu en pleine visite du vice-président américain Joe Biden, dont le pays vient d’arracher une reprise de négociations indirectes entre Israël et les Palestiniens. « La décision du gouvernement israélien (...) sape (...) la confiance dont nous avons besoin maintenant afin de commencer et produire des négociations fructueuses », a estimé Biden à Ramallah, aux côtés du président palestinien Mahmoud Abbass. De même, le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, a condamné la décision du ministère israélien de l’Intérieur alors qu’il doit se rendre en mars en Israël, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.
Une question idéologique
Au regard du droit international, l’implantation de colonies est illégale, a rappelé le porte-parole du secrétaire général dans un communiqué publié mardi soir au siège de l’Onu à New York.
En réalité, les Israéliens ne semblent pas vouloir renoncer ni à leur rêve, ni à leur idéologie. Rien de nouveau et tout le monde le sait très bien ; ces colons sont les porteurs d’une idéologie basée sur la domination juive de toutes les terres de la Palestine historique, qui représentent pour eux le grand Israël. Et ils s’opposent non seulement à tout retrait, aussi minime soit-il, des territoires palestiniens occupés, mais professent aussi un non-stop à la construction de colonies.
C’est d’ailleurs ce qu’affirme Mohamad Khamis, rédacteur en chef du journal Al-Qods, qui explique que le fond du projet israélien est basé sur la confiscation de plus en plus des territoires palestiniens et les faire habiter par des immigrés, « l’idéologie sioniste étant fondée sur la colonisation de ces territoires. Donc, il existe un conflit démographique et géographique, et c’est le cœur du projet sioniste. L’expansion coloniale est la base fondamentale de l’idéologie sioniste ». Pourtant, selon la feuille de route de 2003, Israël doit geler l’élargissement des colonies juives. Ce n’est pas tout ; en fait, la réussite du mouvement sioniste est liée au nombre de territoires colonisés. Déjà en 2009, on pouvait compter 10 000 colons de plus. C’est ce qu’a précisé le Bureau central des statistiques israélien qui vient de publier — une  coïncidence ? —,  avec l’annonce de Netanyahu, les premiers chiffres concernant l’évolution de la population israélienne en Cisjordanie, hors Jérusalem-Est en 2009. Cette population a enregistré en 2009 une hausse de 4,9 %, certes légèrement plus faible qu’en 2008 (5,1 %), mais qui se traduit par un accroissement de 10 000 Israéliens et le franchissement de la barre de 300 000 personnes. En ajoutant Jérusalem-Est, le chiffre total d’Israéliens installés dans des territoires conquis militairement en 1967 est sans doute très proche du demi-million. Comme le souligne le Bureau israélien, la moitié de cette population supplémentaire enregistrée en 2009 concerne les trois plus grandes colonies que les Israéliens entendent annexer. Les deux premières, Modiin Illit (44 000 habitants) et Betar Illit (36 000), peuvent être élargies d’autant plus facilement qu’elles jouxtent la Ligne verte de 1949. Il n’en va pas de même avec Maale Adoumim (34 000), à l’est de Jérusalem, où l’expansion est plus difficile. Mais elle pourrait, en cas de connexion forcée avec la ceinture de quartiers de colonisation érigés à l’est de la Ville sainte, parachever ce dispositif visant à rendre impossible une partition de Jérusalem.
La situation devient de plus en plus claire. l’implantation des colonies n’est, en fait, qu’une suite logique du principe idéologique sioniste qui consiste à s’emparer du maximum de territoires possible. C’est ce qu’a signalé Pierre Stambul, penseur juif français anti-sioniste, dans un dossier spécial « Sionisme : un siècle de falsifications », tiré du numéro de février 2010 du mensuel Alternative libertaire. L’auteur affirme que l’ouverture des archives a établi avec certitude ce que les Palestiniens ont toujours dit : l’expulsion de 800 000 personnes en 1948 était délibérée et il n’y aura pas de solution à cette guerre sans réparation de ce crime fondateur. La confiscation des terres, les villages rasés dont les traces ont été effacées et le refus du retour des expulsés étaient prémédités. Le remplacement des Palestiniens par les Juifs venus du monde arabo-musulman a été organisé. Le sionisme a construit un Etat ethnique où les non-juifs sont des sous-citoyens (...) Le sionisme ne s’est pas achevé avec la création d’Israël. Ce qui est à l’œuvre aujourd’hui, c’est « l’achèvement de la guerre de 1948 », la tentative de faire en sorte que les Palestiniens, comme les aborigènes d’Australie, ne puissent plus jamais revendiquer leurs droits.
Chaïmaa Abdel-Hamid
http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2010/3/17/leve1.htm

mercredi 17 mars 2010

Violences à Jérusalem : Ban appelle au calme et à la retenue

Colonie israélienne près de Jérusalem.
16 mars 2010 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a appelé mardi au calme et à la retenue à Jérusalem, où des heurts ont eu lieu, soulignant que le statut de la ville sainte pour trois religions est sujet à des négociations.
« Je m'envole ce soir pour la réunion du Quatuor à Moscou et je vais travailler avec nos partenaires et avec les deux parties afin de trouver un moyen de relancer les discussions pour une résolution juste de ce conflit », a déclaré M. Ban lors d'une conférence de presse au siège des Nations Unies à New York.

Il a également réitéré « directement et sans équivoque » que « les colonies sont illégales au regard du droit international ».

Selon des informations parues dans la presse, des heurts ont éclaté entre manifestants palestiniens et policiers israéliens déployés en force mardi à Jérusalem-est. Des arrestations ont eu lieu et deux policiers ont été blessés dans la ville, où 3.000 membres des forces de l'ordre ont été déployés.

En outre, à Gaza, « la politique israélienne de blocage détruit l'espoir d'une vie meilleure pour tous et l'espoir d'un relèvement après la destruction et la douleur de la récente guerre », a poursuivi Ban Ki-moon.

Elle est également « contreproductive » et « bloque la voie vers un futur pacifique pour toutes les parties au conflit », a déclaré le Secrétaire général, appelant à un changement de direction.
http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=21468&Cr=Isra%EBl&Cr1= 

L’heure de vérité pour Nétanyahou

Pour le gouvernement israélien, relancer la colonisation juive à Jérusalem-Est est-il plus important, à l’heure de la menace iranienne, que l’appui vital de l’allié américain ?
16.03.2010 |  Allouf Ben | Ha'Aretz
Benyamin Nétanyahou (à gauche) et Joe Biden. Dessin de Dave Brown 
paru dans The Independent, Londres.
Benyamin Nétanyahou (à gauche) et Joe Biden. Dessin de Dave Brown paru dans The Independent, Londres.
La crise qui couvait entre Israël et les Etats-Unis depuis le retour au pouvoir, le 31 mars 2009, de Benyamin Nétanyahou a enfin éclaté. Barack Obama ne s’est pas privé de dénoncer l’humiliation infligée au vice-président Joe Biden lorsque Israël a annoncé la construction de 1 600 nouveaux logements à Jérusalem-Est, au cours de ce qui était censé être une visite d’amitié. Refusant les excuses partielles de Nétanyahou, le président des Etats-Unis exige désormais qu’il accomplisse des “actions spécifiques” pour prouver son engagement dans les relations bilatérales et dans le processus de paix.
Washington n’a révélé ni le contenu de l’ultimatum ni la liste des exigences soumises au Premier ministre israélien. Y répondre risque toutefois de menacer la coalition gouvernementale, car cela heurtera les partis d’extrême droite, Israel Beiteinou [extrême droite russophone] et le Shas [ultraorthodoxes séfarades], et jettera le trouble au sein de son propre parti, le Likoud. Pour le chef du gouvernement, c’est l’heure de vérité. Il va devoir choisir entre, d’une part, ses convictions idéologiques et son alliance politique avec l’extrême droite, et, d’autre part, l’indispensable appui américain. C’est un choix difficile. S’il décide de geler, ou seulement de réduire les projets de construction à Jérusalem-Est, sa coalition s’effondrera ; s’il décide d’affronter l’administration américaine en espérant que ses alliés au sein du Congrès et de la communauté juive américaine le soutiendront au nom de leur engagement envers la “capitale éternelle du peuple juif”, il compromettra la nécessaire coopération militaire entre Israël et les Américains face à l’Iran. Nétanyahou sait que ce sont les Etats-Unis qui fournissent le carburant et les pièces détachées nécessaires à l’aviation israélienne, ainsi que les systèmes d’alerte antimissiles. Il sait aussi que, face à la menace que représente l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad, Israël n’a pas d’autres alliés. L’administration Obama s’était ­abstenue d’exercer des pressions fermes sur Nétanyahou, craignant que cela ne conduise à une crise politique en Israël, à un schisme dans la société israélienne, voire à une ­mutinerie au sein des forces armées. Ainsi, en novembre 2009, le gou­vernement Nétanyahou a convenu d’un gel temporaire de la colonisation de peuplement, sauf à Jérusalem-Est. Cette fois, le Premier ministre a cru qu’il pourrait survivre à la crise en présentant ses excuses à Joe Biden pour le moment “malheureux” de l’annonce du plan de construction, mais sans promettre que les unités de logements à Ramat Shlomo ne seraient pas cons­truies, ni que la politique d’implantation à Jérusalem-Est allait s’infléchir.
Ses adversaires au sein de l’administration Obama ont vu là une occasion en or de donner à Nétanyahou une leçon d’honneur national. Joe Biden a été humilié à Jérusalem, et l’Amérique nous a rendu la monnaie de notre pièce : une conversation téléphonique longue et orageuse entre la secrétaire d’Etat Hillary Clinton et Nétanyahou, une convocation de l’ambassadeur d’Israël à Washington, une condamnation par le Quartette et, enfin, lors d’interviews à CNN et à NBC, une réprimande publique et sans appel adressée par Mme Clinton au Premier ministre. Pour être certain que le gouvernement israélien ne puisse attribuer la mauvaise humeur américaine à la seule Hillary Clinton, le président Obama aurait lui-même décidé de la teneur du message à délivrer.
Parlant de “l’insulte” faite aux Etats-Unis et du “coup porté aux relations bilatérales”, Hillary Clinton a souligné qu’elle ne comprenait pas comment une telle décision avait pu être prise juste après que Joe Biden eut réitéré l’engagement des Etats-Unis en faveur de la sécurité d’Israël. Plusieurs médias américains ont interprété ces propos comme le signe que l’appui militaire de Washington à Israël n’était pas inconditionnel. Enfin, rejetant l’argument de Nétanyahou affirmant que le nouveau chantier de construction avait été approuvé à son insu, Hillary Clinton lui a rappelé qu’en tant que Premier ministre il était responsable des actes de son gouvernement. Nétanyahou doit se rendre à Washington pour prendre la parole devant la conférence de l’AIPAC [lobby pro-israélien], qui se déroule du 21 au 23 mars. Les responsables américains ont d’ores et déjà décidé de limiter leurs contacts avec lui, sauf s’il se soumet à une partie de leurs conditions. Si, toutefois, il devait annuler son voyage, cela serait interprété comme la preuve du sérieux de la crise américano-israélienne.

Le président al-Assad reçoit la haute représentante de l'UE Catherine Ashton

16 Mar 2010

Damas /  Le président Bachar al-Assad a examiné aujourd'hui avec la haute représentante de l'UE pour les affaires étrangères, politiques et sécuritaires, Mme Catherine Ashton, le rôle de l'UE dans la région et la possibilité de le ranimer.
Le président al-Assad a affirmé, à cet effet, la nécessité pour l'UE de fixer la nature du rôle qu'elle veut jouer au Moyen-Orient, et de tenir un dialogue à cet effet avec les pays de la région et les grandes puissances dans le monde.
L'entretien a porté également sur les relations de coopération entre la Syrie et l'UE, où les deux parties ont affirmé leur souci de poursuivre le développement de ces relations dans tous les domaines.
Mme Ashton a insisté, dans ce sens, sur le désir de l'UE de relancer le processus de partenariat syro-européen.
Les deux parties se sont mises d'accord à cet effet, de tenir une réunion au niveau des experts pour examiner les interrogations et les réserves qui entravent la signature de l'accord de partenariat entre elles.
 Examinant la situation et le processus de paix dans la région, Mme Ashton a affirmé la détermination de l'UE à doubler ses efforts et à œuvrer auprès de toutes les parties pour réaliser un progrès dans le processus de paix et parvenir à une paix régionale globale versant dans l'intérêt de la sécurité et de la stabilité du Moyen-Orient et de tout le monde.
Dans le même contexte, M.Walid al-Mouallem, ministre des affaires étrangères, a rencontré Mme Ashton en présence de M.Abdel Fattah Ammoura, ministre adjoint des affaires étrangères.
L.A.
http://www.sana.sy/fra/51/2010/03/16/278255.htm 

Le Hamas, 4 ans après sa victoire électorale

Palestine - 17-03-2010
Par Ahmad Yousef

Ahmed Yousef et vice-ministre des affaires étrangères et ancien conseiller politique du Premier ministre palestinien Ismail Haniyeh. 
Janvier 2010 marque le quatrième anniversaire du Hamas au gouvernement après sa victoire aux élections parlementaires de 2006 et la formation de son gouvernement en mars de la même année. Autre particularité de cette année : elle marque la quatrième année de la transition réussie du Hamas en parti politique, en dépit des procès et tribulations rencontrées et imposées par certains membres de la communauté internationale qui ont tenté de le renverser et de contrecarrer la démocratie palestinienne.
Le Hamas avait l’ambition de mettre en œuvre sa Plateforme de Changement et Réforme, une plateforme qui demandait la fin de la corruption gouvernementale, la transparence et la participation au gouvernement de tous les partis politiques.
Il faut le rappeler, beaucoup des candidats inscrits sur les listes de la plateforme Changement et Réforme, tant au niveau local que national, étaient des Palestiniens de tous horizons qui avaient des points de vue et des affiliations politiques diverses. Les résultats de l’élection de 2006 furent vraiment un signal et un phare de l’exigence palestinienne de changements et de réformes de gouvernance et des politiques du passé. L’appel à des changements et des réformes fut entravé par l’ingérence extérieure dans les affaires internes qui a conduit à la dispersion des projets réformateurs du Hamas, culminant dans des différends bilatéraux avec les opposants politiques, en particulier le mouvement Fateh.
Les gens pragmatiques, rationnels et sages du mouvement ont essayé de résoudre les défis consécutifs aux élections. Par exemple, le docteur Azeez Dweik, président du Conseil législatif palestinien (CLP), a proposé un Programme de Réforme nationale. Le programme conduisait à un programme d’Accord national. Alors que nous tentions d’appliquer l’Accord national, des disputes politiques et des conflits armés ont forcé la direction à se détourner de la réforme intérieure. En conséquence, la situation sur le terrain devint plus chaotique dans les mains de l’appareil de sécurité préventive et les flammes du chaos furent alimentées par l’aide et l’interférence de certains gouvernements occidentaux, à savoir les Etats-Unis.
Les Etats-Unis avaient appelé à des élections palestiniennes démocratiques. Pourtant, lorsque le bloc Changement et Réforme du Hamas a remporté la victoire, ces appels du gouvernement US à la démocratie palestinienne se turent et des sanctions économiques furent imposées. Le peuple palestinien a été puni, économiquement et militairement, pour avoir exercé son droit et avoir participé au processus démocratique vénéré par l’Occident. Le comportement de l’administration US ne fut pas sans rappeler ses initiatives politiques passées suite aux élections de partis politiques nord-africains et d’Amériques Centrale et du Sud qu’elle n’appréciait pas. Ce type de comportement n’est pas seulement antidémocratique, il contrevient aux droits consacrés par la Charte des Nations Unies qui appelle au respect et à la non ingérence dans les affaires intérieures des autres.
L’ingérence dans les affaires internes palestiniennes et l’aide au renversement du gouvernement Hamas ont eu lieu au nom de la soi-disant « Guerre contre le terrorisme. » La Guerre contre le terrorisme a servi de prétexte à l’élimination d’un parti politique jugé non conforme aux intérêts des Etats-Unis, c’est-à-dire au soutien d’« Israël. » Cette politique fut de plus amplifiée par une collusion régionale et les attaques israéliennes quotidiennes en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza.
En dépit des pressions imposées de l’extérieur, le Hamas, au nom de l’intérêt national palestinien, a ouvert la porte à la formation d’un gouvernement d’Unité nationale basé sur l’Accord de La Mecque. Le but de l’Accord de La Mecque était de mettre un terme aux ingérences extérieures et de donner aux Palestiniens une chance de bâtir leur propre système politique démocratique fondé sur la participation, la transparence et les libertés qui font partie intégrante de la Déclaration des Droits de l’Homme des Nations Unies.
Dans le gouvernement d’Unité nationale, un programme politique commun fut présenté et accepté tant par le Hamas que le Fatah. Ce programme donnait au Président Abbas mandat pour négocier avec Israël ; les résultats de ces négociations seraient discutés et approuvés par le peuple palestinien et, enfin, le droit du peuple palestinien à résister à l’occupation, reconnu par le droit international, aussi longtemps qu’Israël continuerait à occuper nos terres en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza, était confirmé.
Malheureusement, le gouvernement d’Unité nationale n’a pas duré plus de trois mois et, pendant ce laps de temps, les poursuites contre les membres du Hamas ont augmenté. Le chaos sur le terrain a conduit à ce qui est appelé la Prise de pouvoir militaire de juin 2007. Les partis politiques palestiniens ont fait de nombreuses erreurs pendant cette période, des erreurs qui ne devraient pas empêcher et n’empêcheront pas la réunification et la réconciliation palestiniennes.
Le Hamas a essayé de briser l’isolement politique qui lui était imposé, ainsi que sur les Palestiniens, en allant en Europe présenter notre point de vue et nos positions. Il a continué de discuter avec la « communauté internationale » par des canaux directs et indirects pour tenter de restaurer la démocratie palestinienne et parvenir à l’unité nationale. La division entre la Cisjordanie et la Gaza ne peut perdurer, car nous sommes frères et sœurs maintenant et dans l’avenir. Nous, Palestiniens, avec l’aide de nos frères et sœurs du monde entier, nous vaincrons.
La Bande de Gaza : stabilisation de la sécurité et accalmie
La Bande de Gaza n’a pas connu de situation de calme et de sécurité depuis la création de l’Autorité palestinienne en 1994. La sécurité et le calme ont cependant été instaurés après les événements de juillet 2007. Tous les visiteurs dans la Bande de Gaza ont été témoins de cette situation – il n’y a plus de présence militaire dans la rue, on constate une absence de chaos et de désordre et, finalement, la primauté de la loi et l’ordre, dans le respect de tous, prévalent.
Les efforts de réconciliation, des efforts sans fin
Après juin 2007, la division entre les deux principaux partis, le Fatah et le Hamas, s’est aggravée. Nombre de pays ont essayé d’intervenir pour la réconciliation, mais le fossé demeure profond. Ces interventions extérieures ont été contrecarrées par le soutien implicite et continu des Etats-Unis à Israël. Entre temps, le Général Dayton a poursuivi la mise en œuvre de sa vision sécuritaire en Cisjordanie, une vision en harmonie avec celle d’Israël.
Le document égyptien pour mettre fin à la division palestinienne
Depuis plus d’un an, l’Egypte a tenté de réduire le fossé entre le Fateh et le Hamas. Cet effort a réussi à atténuer les différends et à pousser chaque bord vers la réconciliation avec une vision agréée par tous les partis, et pas seulement le Fatah et le Hamas.
L’atmosphère était propice à la signature de l’accord lors d’une cérémonie organisée au Caire à la fin octobre 2009. Cependant, les suites du report du vote sur le rapport Goldstone, suite à une demande présentée par le Président Abu Mazen, ont engendré un état de confusion politique et d’accusations qui ont aggravé les relations entre les deux partis. A cause du tollé qui s’en est suivi et qui a directement touché le Président Abu Mazen, l’Autorité nationale palestinienne a demandé que le rapport soit représenté à la discussion et au vote devant l’Assemblée Générale des Nations Unies.
Le Caire a adressé le document mettant fin à la division palestinienne tant au Fatah qu’au Hamas, pour signature. La signature était censée avoir lieu sans objection, de manière à ce que la réconciliation entre dans sa deuxième phase. Celle-ci concerne l’application des conditions stipulées dans le document : former le Comité national suprême, organiser de nouvelles élections, activer l’OLP, réformer les appareils sécuritaires et parvenir à une réconciliation interne.
Le Fatah a signé le document égyptien, tandis que le Hamas a hésité, demandant des clarifications sur certains points du document. De plus, on pensait que l’Egypte prendrait l’initiative d’inviter les parties à une session finale, ou du moins demanderait à toutes les factions à mettre la touche finale au document. Malheureusement, le Caire a poussé à la signature du document et a affirmé que les commentaires et les réserves émis par le Hamas et les autres factions politiques palestiniennes seraient pris en considération pendant la phase de mise en œuvre directe de réconciliation sur le terrain.
La situation a entraîné un arrêt complet de tout dialogue et des efforts pour parvenir à la réconciliation et à l’unité palestinienne. Nous avons tous commis des erreurs et leur nature et leur gravité varient. Malgré cela, nous vaincrons. Aujourd’hui, des initiatives arabes, libyennes et saoudiennes existent pour surmonter les obstacles qui entravent la signature du document égyptien pour la réconciliation nationale. Nous espérons que ces initiatives seront fructueuses lorsqu’elles seront présentées, pendant le sommet arabe à venir, le 27 mars à Tripoli.
Les défis qui nous attendent
Les Palestiniens font face à quatre principaux défis :
1) mettre fin à la fracture interne et ramener l’unité entre la Bande de Gaza et la Cisjordanie,
2) lever le siège imposé à la Bande de Gaza,
3) mobiliser le soutien arabe, musulman et international aux Palestiniens,
4) mettre fin à l’occupation et établir un Etat palestinien libre, souverain et indépendant.
Conclusion
Il ne fait aucun doute que ces enjeux sont interconnectés et interdépendants. On ne peut en réaliser un sans les autres. J’espère que le travail de chacun d’entre nous, et ensemble, permettra d’arriver à la réconciliation, et à mettre fin à l’occupation israélienne, à la construction des colonies israéliennes et à l’expropriation des terres palestiniennes. Il est temps, pour tous les Palestiniens, les Arabes, les musulmans et les internationaux, de mettre de côté nos différences personnelles, factionnelles et politiques ; il est temps de ne faire qu’un, comme frères et sœurs, pour vaincre l’injustice et défendre les droits consacrés par le droit international et les droits de l’homme garantis à tous par Dieu. Pour reprendre les paroles de Martin Luther King, « nous vaincrons. »

Au diable l’unité nationale si elle implique de capituler devant Israël

Palestine - 16-03-2010
Par Khaled Amayreh 
Il est évident que la grande majorité des Palestiniens aimeraient voir le Fatah et le Hamas régler leurs différends. Il va sans dire que la scission violente entre les deux groupes a infligé d’immenses dommages à la cause palestinienne et induit Israël à mener quelques-unes des agressions les plus provocantes contre notre peuple.
Néanmoins, restaurer l’unité nationale à n’importe quel prix serait une faute stratégique. Dans la vie réelle, l’amputation d’un membre désespérément incurable est nécessaire pour sauver le reste du corps. De même que lorsqu’une partie d’une pomme est pourrie, soit on en retire la partie abimée, soit on jette la pomme toute entière.














Les hommes d'Abbas en train de faire le sale boulot de l'occupant.
En Palestine occupée, des élections furent organisées en 2006, sur l’insistance des Etats-Unis, et en coordination avec la puissance occupante, Israël. Cependant, quand les nationalistes islamiques palestiniens, à savoir le Hamas, eurent remporté les élections, toutes les portes de l’enfer se sont grand ouvertes à Washington D.C. et dans les capitales européennes. L’onde de choc a même touché les capitales des tyrans arabes marionnettes des US(a) qui ont considéré que la victoire du Hamas était un facteur de déstabilisation susceptible de séduire les masses arabes opprimées et de les pousser à se lever pour la liberté et la démocratie.
Très vite, un blocus hermétique financier, économique et même humain a été imposé à Gaza, qui est finalement devenue la plus grande prison du monde, une sorte de ghetto de Varsovie de notre époque, tout ça parce que le peuple palestinien avait osé élire un parti politique qu’Israël, les Etats-Unis et les tyrans arabes n’aimaient pas.
Les réactions spasmodiques, en particulier des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux, ont montré que l’engagement de l’Ouest sur la question de la démocratie était en grande partie fallacieux et dépendait principalement de la mesure à laquelle le résultat d’un processus démocratique était compatible avec les intérêts globaux de l’Amérique.
En d’autres termes, les Etats-Unis et leurs alliés auraient accueilli la démocratie à bras ouvert si les « bonnes personnes », c’est-à-dire le Fatah, avaient été portées au pouvoir. Toutefois, lorsque les « mauvaises personnes », c’est-à-dire le Hamas, gagnent, alors le processus démocratique, peu importe son équité, sa liberté et sa transparence, est carrément rejeté.
La scandaleuse conduite américaine, qui continue sous l’administration Obama, a souligné le fait que des pays comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, utilisaient la démocratie et les droits de l’homme de façon sélective pour conforter leurs « alliés » et nuire à leurs « ennemis. »
Ce qui nous ramène à la Palestine, où les Etats-Unis ont dépensé des milliards de dollars pour empêcher la réconciliation. D’abord les US(a) ont persuadé et enhardi le tristement célèbre Muhammad Dahlan et ses sbires à mener un coup d’Etat à Gaza contre le gouvernement démocratiquement élu, forçant ce dernier à lancer une action préemptive qui a fait avorter le complot imaginé par les Américains.
Les Américains n’ont pas abandonné, et le Général Keith Dayton s’est échiné, plutôt avec succès, à créer une police d’Etat sans Etat en Cisjordanie, une entité dont l’objectif principal est d’éradiquer le Hamas au nom d’Israël. Pour sa part, l’autorité palestinienne a fait tout ce qu’elle pouvait pour plaire à Dayton et à ses maîtres israéliens, souvent en torturant et en assassinant les opposants politiques islamiques au point que certains détenus ont dit préférer languir dans les geôles israéliennes plutôt que dans celles gérées par les voyous de Dayton.
La sauvagerie de l’Autorité palestinienne fut motivée par divers facteurs, dont des pulsions primitives de vengeance. Une moralité basse et une primitivité culturelle ont aussi contribué aux graves abus infligés à des milliers de personnes emprisonnées ou convoquées pour interrogatoire.
Cependant, le moteur principal derrière l’inquisition dirigée par le Fatah contre le Hamas en Cisjordanie a toujours été d’obtenir un certificat de bonne conduite d’Israël. C’est la raison pour laquelle le gouvernement de l’AP s’est toujours enorgueilli d’être publiquement félicité par les officiers de l’armée israélienne au sujet de la « coordination sécuritaire » entre les deux bords. Eh bien, pour ceux qui ne le savent pas, la coordination sécuritaire, dans le contexte palestino-israélien, n’est rien moins qu’une « apostasie nationale. » C’est un processus par lequel le soi-disant gouvernement « national » palestinien est transformé, de son plein gré, en un ‘judenrat’ (1) palestinien, préservé par des milliers de kapos armés par les Etats-Unis dont le boulot principal est de supplicier et « pacifier » leur peuple pour le compte d’Israël.
L’Autorité palestinienne, la fille légitime de l’OLP, a fait tout son possible pour apaiser et plaire à Israël, dans l’espoir que ce dernier finirait par la récompenser avec quelques réalisations politiques. Israël cependant, qui considérait l’AP comme un groupe de collaborateurs, d’informateurs et de fonctionnaires carriéristes minables, a compris que l’AP méritait le mépris, et rien d’autre que du mépris.
Choquée et déçue, l’AP a commencé à se conduire comme une putain pendant le mois de Ramadan, comme dit le proverbe palestinien. Elle s’est mise à accuser le Hamas de l’échec du « processus de paix », comme si ce processus à la mauvaise réputation aurait pu réussir même si le Hamas avait été complètement inexistant.
Comme la partie pourrie de la pomme du proverbe, l’AP veut que le Hamas soit témoin de la liquidation de la cause palestinienne sous la rubrique de la réconciliation nationale.
Eh bien, au diable la réconciliation nationale si le prix à payer est de succomber aux diktats israéliens. Les Palestiniens ont convenu d’une série de lignes rouges pour ce qui concerne un éventuel accord de paix avec l’entité sio-nazie, connue sous le nom de « constantes nationales. » Alors, pourquoi le Fatah est-il de fait en train de renier ces constantes ?
Si le Fatah veut continuer à glisser sur la pente qui mène à la liquidation de la cause palestinienne, alors qu’il y aille seul. Le Hamas et les autres factions palestiniennes réellement patriotiques ne se joindront pas au chœur des bénéficiaires d’Oslo.
Ce qui ne veut pas dire pourtant que le Hamas n’est pas intéressé à réduire, et même combler, le fossé avec le Fatah.
Cependant, la restauration de la réconciliation nationale ne peut se réaliser que sur la base de la fermeté en face de l’insolence et de l’arrogance israéliennes, pas sur la base d’un agrément d’Oslo périmé et enterré depuis longtemps, quelque utilité présumée il ait pu avoir.
Enfin, si le Fatah cherche vraiment la réconciliation nationale, il doit d’abord cesser d’être à la botte de Keith Dayton et mettre immédiatement fin à la campagne vicieuse de chasse aux sorcières contre les partisans du Hamas en Cisjordanie.
Mais il est évident que les mesures dures, et même draconiennes, prises contre les activistes islamiques suggèrent que la réconciliation avec le Hamas et le dernier point de l’ordre du jour du Fatah.
En bref, la balle est dans le camp du Fatah. Elle y a toujours été.

(1) Les Judenrats (conseil juif en allemand), étaient des corps administratifs formés dans les ghettos juifs, sous l'ordre des autorités nazies. (Wikipédia)
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13585&type=analyse&lesujet=Collabos

De quelques fictions étasuniennes et de quelques autres sionistes‏

USA - 16-03-2010
Par Badia Benjelloun 
Les US(a) nous ont habitués à faire de la communication l’essentiel de leur activité diplomatique et étrangère, désormais, ils règlent leurs guerres coloniales avec de fausses informations et de grandes fictions larga manu. Robert Gates est allé faire une visite surprise à Kaboul ce 8 mars pour constater que la ‘dernière plus grande offensive menée en Afghanistan depuis 2001’ contre la ville de Marja en février menée par les forces otanesques sous la direction du général Mac Chrystal a été un fiasco.














Pas moins de 15.000 hommes ont été déployés pour épurer de ses Talibans une ville de 125.000 habitants. En fait de centre urbain dense aux mains de rebelles nationalistes qualifiés par nécessité publicitaire de trafiquants de drogue, il s’agit un ensemble de bourgades agricoles étendues sur 200 km2.
Pitoyable.
Tout aussi pathétique le camouflet infligé à l’administration Obama. Elle a eu l’impertinente audace de proposer un gel de la colonisation par l’entité sioniste des dits Territoires Palestiniens, appellation journalistique destinée à avaliser la fragmentation de la Palestine.
Ce gel devait, dans l’esprit de la pâle diplomatie clintonienne, servir d’alibi pour maintenir une autre fiction, celle des négociations pour la Pax Hebraïca.
La créature en est venue à diriger son créateur. L’abandon des poursuites à l’égard des correspondants de l’espion Larry Franklin, deux éminents membres de l’AIPAC, Steve Rosen et Keith Weissman n’en est pas la moindre des preuves.
Pour le don des 3 milliards versés annuellement par le créateur dans les caisses du régime de Tel Aviv, celui-ci entend en disposer à sa manière. Il fait savoir d’ores et déjà qu’il est tenté de renoncer à l’acquisition du fameux futur avion furtif F-35 de Lockheed Martin en raison du refus du DoD* de livrer les codes sources à son client, débiteur et maître à la fois. Puis, furent mis en avant le coût très élevé de 200 millions $ US l’unité, enfin le retard estimé à plus de plus de deux années (en réalité plus personne n’ose plus avancer de délai) pour une première livraison. Ce découplage patent entre les Complexes militaro-industriels étasunien et de l’entité sioniste est l’autre soufflet appliqué du revers sur les reliefs convexes céphaliques US chrétiennement tendues à leur créature
L’hilarante Rhodam Clinton a servi sa lassitude de la désinvolture du Premier du régime de Tel Aviv en l’enveloppant de la mention obligatoire du soutien indéfectible à la sécurité de l’État colonial. Il est vrai que ce Premier est paré d’un bien curieux titre de gloire, celui d’être le fils d’un devin qui a prédit l’effondrement des trois tours de Manhattan plus de 11 ans auparavant.
L’entité sioniste adresse une multitude de messages contradictoires à la cantonade, elle vient d’en envoyer un réchauffé plutôt qu’un nouveau par la voix de Lihudi Barak. il reconnaît que l’Iran ne représente pas une menace existentielle imminente pour lui.
À quoi sert donc tout le pilonnage médiatique préparant l’opinion à une attaque sur l’Iran ?
Depuis que la République Islamique a été déclarée élément de l’axe du Mal par Bush le Deuxième, il a été donné de voir plus d’une fois les refus plus ou moins polis des US(a) d’intervenir militairement pour interrompre cette prétendue marche irrésistible de l’Iran vers l’arme nucléaire. Le programme d’enrichissement de l’uranium n’est probablement pas arrivé à un point critique pour construire une bombe. La construction du réacteur de Busheir a pris un retard imposé par l’allié russe qui en module la vitesse. Les 16 agences de renseignement étasuniennes ont été formelles en 2007 à ce sujet.
Le projet initial d’Obama d’une concertation étasuno-russe pour relancer le programme Start II de réduction des armes nucléaires n’est plus à l’ordre du jour dans les deux agendas.
Il a été enseveli sous l’avancée du protocole des radars et parapluies anti-missiles que les US(a) n’ont pas renoncé à installer dans les pays de la Nouvelle Europe, Pologne, Tchéquie et autre prétendant à intégrer l’OTAN.
Ce mode nouveau de la présence des US(a) en Europe est-il une réponse à l’Allemagne qui réclame la dénucléarisation de son territoire et au nouveau gouvernement japonais qui semble exiger l’évacuation de son île Okinawa ? Il va rendre l’Europe plus sûre non pas pour les Européens qui n’ont en principe rien à craindre d’une attaque russe, et encore moins iranienne mais pour les intérêts US.
Sous prétexte que l’occupation continue de l’Irak et de l’Afghanistan a favorisé la montée de l’importance géostratégique de l’Iran dans cette région des Marches du Caucase, les baathistes irakiens accusent volontiers leur voisin et ancien ennemi perse d’être un allié des US(a). Il s’agit d’une erreur de perspective qui poursuit sous une autre forme celle de Saddam Hussein qui avait pris Rumsfeld dans les années 80 pour un partenaire sérieux et sincère contre la Révolution Islamique de Khomeini. Aujourd’hui, l’amiral Mullen échange avec des responsables de l’armée iranienne des données pour éviter toute provocation israélienne dans le détroit d’Ormuz. Cette coordination ponctuelle faite pour éviter une réédition d’un Pearl Harbour conçu par Tel Aviv ne signifie nullement un renversement d’alliance.
Donc si les US(a) ne craignent rien de l’Iran, rien de la Russie, pourquoi ce besoin compulsif de se refaire des bases militaires européennes ?
Va-t-on continuer à feindre de ne pas voir que le roi est nu ?
Le dollar personnage central dans la politique hégémonique étasunienne a eu un comportement correct ces dernières semaines, il s’est bien apprécié par rapport à l’euro, passant du plus haut 1,60 $ en avril 2008 à 1,38 $.
Dit en termes moins avantageux pour l’Union Européenne élargie aux 25, l’attaque ciblée sur le maillon grec a permis un nouvel équilibre du marché des changes, rejetant à une échéance plus lointaine la perte de statut de monnaie de réserve mondiale du billet vert.
Pourtant, le déficit du gouvernement étasunien record pour le mois très court de février, 230 milliards d’us $ fait prédire une somme annualisée de 2500 milliards de dépenses excessives, aggravant la dette publique globale qui frisera les 125% du PIB dans deux ans.
À ce titre les cueilleurs d’olives ne sont pas plus pécheurs que les mangeurs de hamburgers.
L’intervention des fonds spéculatifs contre l’Euro, aidée par les agences de notation privées étasuniennes, sera interprétée d’ici peu pour ce qu’elle est, une vraie guerre, ‘de basse intensité’ contre les peuples européens avec l’assentiment au mieux passif de leurs dirigeants.

* Department of Defense
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13583&type=analyse&lesujet=N%E9olib%E9ralisme