lundi 19 octobre 2009

Rapport Goldstone ; Des Israéliens approuvent

publié le dimanche 18 octobre 2009

Serge Dumont
Des voix, certes peu nombreuses, réussissent à faire entendre leur différence

« Le rapport de la commission Goldstone ne devrait pas être rejeté a priori. » A l’instar de l’ex-ministre et ex-député Yossi Beilin, plusieurs personnalités israéliennes appellent les dirigeants de l’Etat hébreu à « faire preuve de plus de discernement » dans leur condamnation radicale de l’enquête menée au nom du Conseil des droits de l’homme.

Certes, ces voix ne sont pas nombreuses. Pourtant, les ex-ministres Yossi Sarid et Shulamit Aloni, quelques professeurs d’université et intellectuels réussissent à faire entendre leur différence. A ce jeu-là, Shulamit Aloni se montre d’ailleurs la plus incisive. « En évoquant des crimes de guerre envers la population civile palestinienne, Richard Gold stone a confirmé ce que beaucoup d’Israéliens savent de longue date sans oser se l’avouer », lance-t-elle.

Outre les grandes organisations israéliennes de défense des droits humains, les dix députés arabes à la Knesset estiment que le rapport Goldstone « est un document de première importance ». « Il marque une étape cruciale pour l’affirmation des droits de l’homme », proclame le député Ahmed Tibi.

Actuel ministre de la Sécurité sociale, Yitzhak Herzog (travailliste) n’approuve pas le rapport Gold stone, mais ne le condamne pas a priori. Il a en tout cas été le seul membre du gouvernement à exiger que son pays participe à l’enquête au lieu de la boycotter. « Si nous avions agi différemment, nous ne nous serions sans doute pas retrouvés en position aussi délicate sur la scène internationale », lâche-t-il.

Incompréhension

Des propos que confortent ceux de David Bouskila, le maire de Sderot (la ville la plus touchée par les roquettes du Hamas). « Lorsque Richard Goldstone enquêtait dans la région, je lui ai demandé pourquoi il ne venait pas visiter ma ville au lieu de se cantonner à la bande de Gaza. Il m’a répondu qu’il le ferait volontiers mais que le gouvernement israélien lui interdisait l’accès à la zone », raconte-t-il. « Je ne comprends pas l’attitude de nos dirigeants. »