jeudi 3 septembre 2009

Première rencontre ministérielle palestino-israélienne sous Netanyahu

03/09/2009

Le roi d’Espagne Juan Carlos accueillant chaleureusement le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Javier Soriano/AFP
Le roi d’Espagne Juan Carlos accueillant chaleureusement le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. Javier Soriano/AFP
CONFLIT Abbas estime que les jours à venir seront « un moment décisif » pour décider de la tenue d'une éventuelle réunion tripartite sur le Proche-Orient

Le ministre palestinien de l'Économie Bassam Khouri a rencontré hier le ministre israélien du Développement régional Sylvan Shalom. Il s'agit des premiers contacts au niveau ministériel entre Palestiniens et Israéliens depuis l'entrée en fonctions du gouvernement de Benjamin Netanyahu le 31 mars. « La rencontre n'était pas liée aux négociations de paix », a souligné M. Khouri à l'issue de la réunion à Jérusalem. « Notre position est claire, à savoir pas de négociations sans un gel de la colonisation. » M. Khouri a ajouté que la réunion avait porté sur les dossiers économiques, l'Autorité palestinienne reprochant à Israël de ne pas respecter ses engagements en la matière.
Après la rencontre, une commission mixte économique israélo-palestinienne devrait discuter des moyens de favoriser la circulation des marchandises et des personnes à l'intérieur de la Cisjordanie et entre celle-ci et Israël. M. Khouri a précisé que Palestiniens et Israéliens devaient désormais se réunir toutes les cinq semaines pour discuter des questions économiques.

Avant l'entrevue, M. Shalom s'est félicité que les « Palestiniens se rendent compte qu'ils sont les premiers à subir les conséquences de leur boycottage des rencontres avec des responsables israéliens ».
De leur côté, le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero ont estimé hier à Madrid que les jours à venir seront « un moment décisif » pour décider de la tenue d'une éventuelle réunion tripartite sur le Proche-Orient entre Mahmoud Abbas, Benjamin Netanyahu et le président américain Barack Obama. Le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, présent à cet entretien, a indiqué à M. Abbas qu'il se rendrait à partir de lundi au Proche-Orient, où, outre ses contacts avec des responsables israéliens et palestiniens, il rencontrera George Mitchell. M. Abbas a réitéré que le gel de la colonisation en Cisjordanie constituait « une condition sine qua non » à la tenue d'une telle réunion, a-t-on précisé. Si Israël accédait à cette demande, la réunion pourrait se tenir fin septembre à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.
Israël a refusé jusqu'à présent un tel gel. Et Benjamin Netanyahu n'a pas l'intention d'y procéder, a assuré l'un de ses ministres, Yossi Peled, cité hier par le Jerusalem Post. « J'ai entendu de mes propres oreilles le Premier ministre dire qu'il n'avait pas l'intention de geler la construction dans les colonies ou à Jérusalem », a déclaré M. Peled, ministre sans portefeuille, lors d'une rencontre avec des membres de son parti, le Likoud (droite), selon le quotidien en langue anglaise.
Washington, soutenu par les grands pays européens, réclame le gel total de la colonisation en préalable à une reprise des négociations de paix. Toutefois, l'administration Obama a paru reculer récemment sur cette question face à l'opposition d'Israël. Plus de 300 000 colons juifs sont installés en Cisjordanie et quelque 200 000 Israéliens vivent dans une douzaine de quartiers de colonisation érigés dans la partie orientale de Jérusalem.
L'éventuelle tenue d'une rencontre tripartite sur le P-O a été évoquée par des responsables israéliens ces dernières semaines. MM. Abbas et Netanyahu ne se sont jamais rencontrés depuis que ce dernier a pris ses fonctions début avril à la tête d'un gouvernement de droite. MM. Abbas et Zapatero ont jugé « fondamental » que cette réunion ait lieu car « elle donnerait le coup d'envoi » d'une reprise des négociations de paix, suspendues depuis la fin 2008, selon la présidence espagnole.
L'orient le jour

La prison pour les Palestiniens

publié le mercredi 2 septembre 2009

Nadir Dendoune
Aujourd’hui : souvenirs de prison.

Les mamans palestiniennes se blindent le cerveau comme pas possible. Elles savent qu’un jour ou l’autre le bras armé de l’Etat passera leur faire un petit coucou à la maison pour emmener leur fiston au poste de police. Après, si tout se passe comme prévu selon les règles de la only democracy in the middle east, le petit ira faire un séjour dans une Fleury-Mérogis locale. Sur place, selon de nombreux témoignages d’anciens prisonniers palestiniens, sont organisées des séances de torture à la Jean-Marie Le Pen quand il servait sous le drapeau Bleu-Blanc-Rouge, pendant la guerre d’Algérie.

Au moindre soupçon, à la moindre dénonciation, la police israélienne ne prend aucun risque et embarque manu-militari les « suspects ». Les rejetons croupissent alors dans des prisons, parfois plusieurs mois, aux réputations pas très musulmanes, en attendant leur procès.

Depuis 1967, 700 000 Palestiniens ont goûté aux geôles israéliennes, c’est comme si en France, on avait arrêté en quarante ans, 12 millions de personnes !

Une pensée spéciale à notre compatriote Salah Hamouri, emprisonné depuis quatre ans et pas assez pur-porc pour que Sarko fasse pression pour le libérer. Bref, c’est toujours la même rengaine au pays des doigts de l’Homme. J’avais rencontré un « barbu » en zonzon (barbe bien taillée, rien à voir avec la mienne), un « hadj » (celui qui fait son pèlerinage à la Mecque acquiert le titre de hadj), on fait de belles rencontres parfois en taule, pas toujours, je vous l’accorde, la prison y a rien de mieux pour parfaire son éducation balbutiante de « caillera », bravo les politiques. Je lui avais raconté mon histoire, je lui avais dit qu’on m’avait enfermé dans la cage aux folles à cause du Nikon D80 qui prend des photos plus vite qu’un puceau qui s’apprête à perdre sa virginité.

Il avait eu confiance, une bonne gueule le Nadir, bronzé bien-beau-gosse, et il s’était alors confié. Les keufs s’étaient pointés chez lui à l’aube, lui avaient mis une cagoule sur la tête, avec cette chaleur, le pauvre j’ai pensé. Il avait été dénoncé par une tierce personne et forcément lui avec sa barbe de « frère muz », il faisait un coupable idéal. S’en était suivi un interrogatoire très musclé. Le Palestino pensait que c’était chaud pour son derrière parce qu’on lui reprochait d’entretenir des relations serrées avec le Hamas, élu démocratiquement mais pas considéré comme légitime par Israël et la communauté internationale de la condescendance.

On était arrivé ensemble dans la cellule et il avait été sympa avec moi, il m’appelait son frère de l’Algérie. Le barbu n’était pas serein, il redoutait d’être condamné à une lourde peine d’emprisonnement. Citoyen israélien, il était marié et avait trois enfants en bas âge. Je l’avais quitté, j’avais la chance d’être un franchouillard, d’avoir un avocat, d’avoir le soutien du syndicat de la presse et du consulat de la France.

Quelques jours plus tard, je me suis rendu au camp de réfugiés de Jénine, au nord de la Cisjordanie, (Jénine devenue « célèbre » après l’opération rempart : du 3 au 11 avril 2002, Tsahal avait pénétré à l’intérieur du camp pour rechercher des membres d’organisations terroristes, plusieurs ONG avaient alors parlé de plusieurs centaines de morts, la plupart des civils et parmi eux beaucoup de femmes et d’enfants, cette attaque faisait suite à l’attentat du 27 mars survenue à l’hôtel Park de Netanya où 29 Israéliens avaient été tués). Sur place, j’avais pris un kébab avec un ancien taulard. Il avait séjourné à deux reprises dans une prison israélienne, on le soupçonnait de vouloir se faire sauter comme un feu d’artifice en plein milieu d’une bourgade remplie de Juifs. La première fois, on l’avait gardé huit semaines puis on l’avait libéré, comme ça, sans procès, sans explication. La deuxième fois, il était resté trois mois et il avait été jugé : interdiction de venir en Israël pendant cinq ans.

Bien entendu, durant ces deux périodes d’incarcérations, il avait eu droit à un traitement de faveur : on l’empêchait de dormir en le réveillant toutes les heures, on lui posait les mêmes questions pour qu’il pète un câble et qu’il se mette à table. Il m’a même dit qu’il recevait régulièrement des charges électriques, les vicelards lui avaient installé des électrodes sur ses tétons. Je pourrais vous en délivrer d’autres de témoignages d’anciens prisonniers mais comme c’est l’heure du dîner pour vous, je vais m’arrêter là. En plus, je sais très bien que toutes ces histoires de prison, ça casse un peu le moral et que c’est pas comme ça qu’on arrive à voir la vie en rose. Comme je suis sympa, je vais finir par une note un peu plus gaie : j’ai assisté à des retrouvailles prisonnier-maman alors que je me trouvais dans le camp de Deisheh, à quelques lieues de Ramallah, et on peut dire ce qu’on veut sur les Bougnoules-Hommes, par exemple que la sensibilité chez eux elle est au chômage ou que leurs sentiments sont enterrés cinquante mètres sous terre, et bien, le type que j’ai vu et qui venait de passer six années en cabane, je vous jure sur les deux choses que j’ai le plus cher au monde, c’est-à-dire ma maman et ma dignité, et bien le gars il chialait comme une madeleine et sa mère, elle avait les yeux comme le Gange.

Ça tirait dans tous les sens avec des Kalachnikov, j’ai même cru à un moment qu’on se battait pour de vrai. Dehors, ça chantait, ça dansait, ça s’embrassait, on aurait dit une fête où deux êtres qui s’aiment viennent de se dire oui. C’est à ce moment que j’ai vraiment compris que ce peuple, il avait trop lu Nietzche (ce qui ne te tue pas, te rend plus fort) et que jamais il ne baissera les bras. Et vous savez, moi, je trouve que les gens courageux, y a rien de meilleur et c’est pour ça que je commence à pleurer tous les soirs parce que mon voyage arrive bientôt à sa fin.

L’Etat de fait accompli !

publié le mercredi 2 septembre 2009

Massoud Al-Héfnawi
Il serait naïf de demander à un grand responsable de l’Etat de mettre à exécution une politique dont il n’est pas lui-même convaincu. C’est le cas du ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, auquel les Etats-Unis et la communauté internationale demandent de geler les implantations, de mettre à exécution la Feuille de route et d’œuvrer à l’instauration de deux Etats !

Mais voyez comment Lieberman répond avec ironie et avec défi ! Il annonce dans ses déclarations que ceux qui parlent de la solution de deux Etats ne comprennent rien à ce qu’ils disent. Il confirme de plus qu’il est impossible de geler les implantations et qu’il ne s’attend pas à un règlement permanent avec les Palestiniens avant 16 ans. Malgré tout ceci, Lieberman déclare qu’il n’entravera pas les activités du premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, qui a rencontré la semaine dernière à Londres l’émissaire américain, Georges Mitchell, pour étudier le dossier des implantations et qu’il ne se dressera pas contre les efforts de la reprise des négociations de paix.

Cependant, nous savons très bien que Netanyahu n’est pas moins extrémiste et raciste que son ministre des Affaires étrangères. C’est ainsi que la répartition minutieuse des rôles et la tergiversation du gouvernement israélien rendent simple farce tout discours sur le processus de paix dans la région et sur la détermination de Washington de parvenir à la solution des deux Etats et d’arrêter l’implantation. L’intransigeance israélienne nous conduit donc à un cercle vicieux qui ne réalise aucune avancée, nous entraînant dans un précipice dangereux.

Ce sont certainement les sentiments de colère et de dépression qui ont poussé le premier ministre palestinien, Salam Fayyad, à déclarer, la semaine dernière dans le Times britannique, que l’Autorité palestinienne allait probablement réduire les négociations de paix et déclarer l’instauration d’un Etat de fait accompli que ce soit avec ou sans la coopération d’Israël ! Cependant, la réalité indique que c’est Israël qui impose le fait accompli à travers l’augmentation des activités d’implantation d’une manière qui menace la possibilité de l’instauration d’un Etat palestinien et défie les demandes de la communauté internationale.

Il incombe aux Etats-Unis et à la communauté internationale de cesser leur politique douce avec Israël et ses responsables extrémistes. Il leur incombe d’utiliser de véritables outils de pression et de lui imposer des sanctions s’ils veulent vraiment une solution juste de la cause palestinienne et une paix globale et permanente dans la région.

Baraka: Livni n'a pas abandonné la mentalité du «Mossad»

Ecrit par Leyla Jad
02/09/2009
JERUSALEM – Le député palestinien à la Knesset Muhammad Baraka a attaqué le leader de l’opposition Tzipi Livni, qui demande que les citoyens Arabes d’Israël acceptent les symboles d’Israël et du mouvement sioniste.
D’après Baraka, président du Front Démocratique pour la Paix et l’Egalité (Hadash), Livni «n’a pas abandonné la mentalité du Mossad», une des trois agences de renseignement d’Israël, auprès de laquelle travaillait l’ancien ministre des Affaires étrangères.

Au cours d’un discours donné dans une école de Tel Aviv mardi, Livni a critiqué les citoyens Arabes, le Haut Comité Arabe, le comité de l’Education et le Comité des conseils arabes locaux, pour avoir refusé de chanter l’hymne national israélien dans les écoles arabes, «incompatible avec notre identité», selon Baraka.

«Les dirigeants de la communauté arabe devraient prêcher la coexistence, au lieu de la ségrégation», a dit Livni.

Elle a ajouté: «J’ai dit aux dirigeant arabes qu’ils ne peuvent pas dire de soutenir la solution de deux Etats, et d’autre part avoir des problèmes avec le drapeau israélien, l’hymne national ou des symboles religieux».

Tzipi Livni a même osé demandé que chaque jeune, garçon ou fille, en Israël soit recruté dans l’armée du Tsahal, en se référant aux jeunes arabes.

Muhammad Baraka a déclaré que «Le clivage entre les Arabes et les Israéliens dans ce pays est la conséquence inévitable de la politique israélienne de discrimination raciale». (PNN)

L’acte de naissance de l’enjeu religieux du conflit

Mosquée d’Al-Aqsa. L’incendie de la mosquée d’Al-Aqsa marque, selon plusieurs analystes, le passage du conflit palestino-israélien vers de nouveaux enjeux plutôt religieux.

Alors qu’il s’agissait au départ d’un conflit plutôt politique dominé par la notion d’un nationalisme arabe luttant pour la liberté face à un Israël qui est un suppôt du colonialisme. Pour les Arabes, il s’agissait pratiquement de restituer aux Palestiniens leurs territoires usurpés en 1948. Certes, la dimension confessionnelle a toujours existé et surtout du côté israélien. Israël s’est toujours présenté comme un Etat juif, selon les théories sionistes. Et aujourd’hui d’ailleurs, alors que l’extrême-droite a pris le gouvernail, la chose a pris une allure officielle. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, insiste sur le statut juif de l’Etat d’Israël, de quoi faire des Palestiniens qui y résident, des descendants des Palestiniens de 1948, des citoyens de seconde zone.

On peut donc dire que cet aspect a été mis en forme dès l’incendie du 21 août 1969. Œuvre d’un illuminé comme l’a prétendu Israël, il est venu néanmoins concrétiser les conceptions de l’establishment israélien. Comme le souligne le journaliste René Naba dans une étude sur la question, l’incendie est intervenu deux ans après la guerre de juin 1967. Israël au cours de cette vaste agression avait occupé le Sinaï, le Golan et surtout la Cisjordanie et Jérusalem-Est, ce qui restait du territoire de la Palestine occupée en 1948. Déjà les scènes hystériques, dont ont fait preuve de nombreux soldats israéliens lorsqu’ils se sont trouvés sur l’esplanade des Mosquées, témoignaient de ce qui allait venir. Désormais Jérusalem-Est, Al-Qods, allait devenir au cœur d’un différend religieux. Du côté arabe, juin 1967 était déjà une vraie humiliation. Et l’incendie « va servir de détonateur à la résurgence du sentiment religieux dans l’espace arabo-musulman, avec pour inéluctable conséquence la marginalisation progressive du nationalisme arabe, le fer de lance de la revendication indépendantiste de la période post-coloniale », estime Naba.

Et on a vu après l’incendie toute une mobilisation du monde musulman, qui, en dépit de son soutien passé aux Arabes dans leur lutte pour récupérer leur territoire, restait quand même assez passif pour ne pas dire indifférent. Ceci a donné lieu au premier sommet islamique le 1er septembre 1969, à Rabat, sous l’égide des monarques arabes proaméricains, Fayçal de l’Arabie saoudite et Hassan II du Maroc, épaulés en la circonstance par le Chah d’Iran Reza Pahlévi et le Pakistan, le plus grand état islamique après l’Indonésie et une des grandes puissances militaires d’Asie. René Naba souligne à juste titre que « l’acte de naissance de l’islamisme politique, une date fondatrice de l’histoire de la sphère arabo-musulmane », date de l’incendie.

De plus, il est bien à noter que l’exploitation de la religion à des fins politiques s’est manifestée à cette époque dans le contexte de la guerre froide. L’Amérique, la première, a mobilisé le facteur religieux pour combattre l’Union soviétique, que ce soit en Europe de l’Est ou plus tard en Afghanistan. Et d’ailleurs même avant 1967, l’Amérique a fait répandre comme instrument de propagande anti-nasserienne, la lutte contre l’athéisme. Les talibans ne sont-ils pas un produit du far west qui s’est retourné contre lui ? Israël aussi a voulu favoriser le religieux contre l’OLP et le Hamas auparavant conçu comme un mouvement de bienfaisance a été bien toléré au départ, croyant détourner les Palestiniens de leurs revendications politiques.

A présent cet aspect s’exacerbe de plus en plus et Israël joue toujours avec le feu.

Ahmed Loutfi


Des flammes toujours vives

Mosquée d’Al-Aqsa. Le 40e anniversaire de l’incendie qui a ravagé, le 21 août 1969, ce lieu saint de l’islam, œuvre d’un forcené selon Israël, intervient en pleine judaïsation de Jérusalem. Le sinistre marquait en fait le début de tout un processus.


40 ans se sont écoulés, un flash-back vient frapper les mémoires arabes et palestiniennes : la mosquée d’Al-Aqsa en flammes. A cette occasion, le président du Conseil des secrétaires de l’institution internationale Al-Qods, Youssof Al-Qaradawi, a invité à une « journée de solidarité des mosquées de la nation avec la mosquée d’Al-Aqsa » le vendredi 28 août. C’est en 1969 qu’un certain Michael Denis Rohan, extrémiste juif de nationalité australienne, mettait le feu le 21 août à l’intérieur de la mosquée.

Mais les choses devraient-elles en rester là ? Un accident et un jour de commémoration ? Sûrement pas. En fait, cet incendie n’était que le prélude d’un processus de judaïsation de la ville de Jérusalem. Le fameux rêve sioniste qui a, depuis toujours, existé : construire, sur les ruines de la mosquée d’Al-Aqsa et sur celles de Qobbat Al-Sakhra (le Dôme du Rocher), le « Troisième temple ». Il s’agit d’un vieux plan qui plaide pour la destruction du troisième lieu saint de l’islam.

Mohamed Sobeih, secrétaire général adjoint de la Ligue arabe aux affaires de la Palestine, affirme que « l’incendie de la mosquée n’a jamais été la première ou la dernière opération. Il s’agit dans le fond d’un plan complet et bien défini qui vise le remaniement total des traits de Jérusalem ».

En effet, le plan israélien consistant à expulser le plus grand nombre possible d’Arabes est en réelle application depuis bien longtemps. Israël n’a jamais cessé ses manœuvres. Depuis 1970, les autorités d’occupation israélienne ont commencé d’intensifs travaux de fouilles juste sous la mosquée d’Al-Aqsa sur les côtés sud et ouest. De même, un large tunnel a été ouvert sous le secteur de prière des femmes (1977). Deux ans plus tard, un nouveau sillon était creusé sous la mosquée, allant d’est en ouest.

En 2007, les travaux ont repris et n’ont jamais cessé. Une quête biblique d’un autre temps, pour ressusciter les fragments souterrains d’une civilisation enfouie et, surtout, faire valoir un droit présent sur le sol palestinien. Des travaux qui, selon des experts, menacent les fondations de l’esplanade des Mosquées. Tout ça n’est qu’un alibi sauvage au service de la destruction de ce haut lieu symbolique pour tous les musulmans. D’ailleurs, combien de fois les Palestiniens ont-ils été empêchés d’aller prier dans leur mosquée ? Israël interdit fréquemment aux Palestiniens de la Cisjordanie et de la bande de Gaza l’accès à Jérusalem-Est, annexée après sa conquête en 1967, ainsi qu’à toute autre partie du territoire israélien. A l’heure du Ramadan, il impose de nouvelles restrictions aux habitants de la Cisjordanie. Lors du premier vendredi du mois sacré, beaucoup se sont retrouvés privés de leur droit d’aller prier dans leur mosquée. Seuls les hommes âgés de plus de cinquante ans et les femmes dont l’âge dépasse la quarantaine pouvaient pénétrer dans la mosquée.

Pour Emad Gad, rédacteur en chef d’Israeli Digest, le plan israélien consiste à éliminer peu à peu la présence arabe et palestinienne de la Cisjordanie, que ce soit en les empêchant d’y prier ou encore par le biais des fouilles : « Les Israéliens veulent à tout prix s’emparer de Jérusalem et le judaïser. Plus le temps passe, plus ils trouvent des prétextes pour leur projet de judaïsme ». Et d’ajouter : « Actuellement, ils travaillent surtout sur l’élimination radicale de tout signe arabe ou musulman. Ils tentent de changer la constitution architecturale d’Al-Qods ».

Nouvelle judaïsation

Ceci se confirme dans les faits, puisque le ministère israélien des Transports a annoncé, il y a tout juste un mois, qu’il avait décidé de gommer les noms arabes sur les panneaux indicateurs des localités situées en Israël. Une mesure présentée comme réponse au refus des Palestiniens de désigner des localités israéliennes par leurs noms en hébreu. Seul le terme hébreu sera gardé. Ainsi apparaîtra Jérusalem seulement en hébreu, « Yerushalayim », sans qu’il n’y ait plus mention du terme arabe usuel d’Al-Qods (la sainte), accolé entre parenthèses. Même dans la signalisation en lettres latines, « Jérusalem » deviendra « Yerushalayim ». La décision ne concerne pas seulement la Ville sainte, mais aussi Nazareth, la plus grande ville arabe d’Israël (appelée Nassera en arabe, Natzraz en hébreu) ainsi que d’autres grandes villes. D’autre part, selon le Centre palestinien d’information, pour mettre la main sur l’ancien bourg de la ville d’Al-Qods, les Israéliens ont consacré un milliard de dollars pour la judaïsation de leur prétendue « vallée sainte ». Un projet destiné à détourner quelque deux kilomètres et demi du côté sud-est de l’ancien bourg palestinien d’Al-Qods. Le projet, dont la réalisation s’étale sur quatre ans, comporte la construction d’un réseau de rues encerclant l’ancien bourg d’Al-Qods, changeant surtout le terrain au profit d’associations coloniales sionistes, ainsi que des bureaux officiels israéliens. Désormais, un Palestinien, même originaire de la région, ne pourra construire dans la zone se trouvant entre la montagne Mokabber et le quartier Al-Cheikh. Les sources juridiques du CPI précisent que le financement (plus d’un milliard de dollars) sera en partie pris en charge par des sionistes et des Occidentaux.

S’il est difficile de déterminer avec exactitude la provenance de ces fonds, elle reflète en revanche l’attitude européenne vis-à-vis d’Israël. L’Europe a toujours gardé une position indécise, ce à quoi Sobeih renchérit : « Il est temps que l’Europe abandonne sa position molle à l’égard de la politique israélienne ».

A l’heure actuelle, Benyamin Netanyahu sillonne l’Europe dans le but de convaincre les Européens de marginaliser les questions politiques au profit de la dimension humanitaire et financière. Et pour cause, les commentaires ne vont pas dans son sens. En effet, « le gouvernement allemand est d’avis qu’aucune nouvelle colonie ne devrait être construite dans les territoires occupés », déclarait le porte-parole adjoint du gouvernement, Klaus Vater. De son côté, la Russie appelait Israël à « stopper immédiatement » la colonisation. Présidente de l’Union européenne, la Suède a, quant à elle, rappelé que « ce genre d’action est illégale au regard du droit international », alors qu’Israël venait de donner son feu vert pour judaïser la partie est de Jérusalem. En effet, 596 logements ont été construits dans les implantations israéliennes de Cisjordanie depuis le début de l’année. Aujourd’hui, on dénombre plus de 300 000 colons juifs en Cisjordanie ainsi que 200 000 Israéliens vivant dans les quartiers de colonisation à Jérusalem-Est, selon le rapport « Contourner le gel de la colonisation » du mouvement anticolonisation La Paix maintenant.

Les rappels à l’ordre sont nombreux, mais les réprimandes concrètes se font discrètes. Si ce n’est la convocation de l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis, copiée par la France, l’Europe brasse de l’air. Pourtant, il y aurait du mieux. Sous l’administration Bush « l’Europe ne se mêlait pas des histoires politiques d’Israël ». Comment expliquer, alors, ce regain d’intérêt diplomatique pour le dossier israélo-palestinien ? D’après Emad Gad, « depuis toujours, l’Europe attend de connaître le positionnement américain, puis elle s’aligne. Or, c’est la première fois que les Etats-Unis réclament le gel des colonies. L’Administration Bush avait pour habitude d’être en osmose avec la Knesset ». Dans un deuxième temps, le vieux continent doit aussi apprendre à composer avec la prise de conscience qu’a occasionnée l’offensive israélienne de 23 jours. En effet, des milliers d’Européens avaient manifesté de Stockholm à Rome en passant par Madrid et Copenhague pour condamner l’opération « Plomb durci », la plus violente depuis l’occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967. Quoi qu’il en soit, « aussi longtemps que les Etats-Unis supporteront les actions dans les faits (avec quelques remontrances occasionnelles verbales), et tant que l’Europe fera mine de suivre, Israël continuera d’une manière ou d’une autre », avertit Noam Chomsky.

Rien de choquant de la part des Européens puisque les pays arabes eux-mêmes n’en font pas plus. Les pays de la Ligue arabe savent aussi faire preuve de mollesse lorsqu’il s’agit d’Israël. C’est d’ailleurs ce qui a poussé le cheikh Tayssir Al-Tamimi, haut expert juriste palestinien, à demander la grande Intifada des musulmans pour sauver la Ville sainte de l’occupation sioniste. Tout en évoquant les atrocités commises à l’encontre du peuple palestinien dans cette ville sainte, il a rappelé aux pays arabes et islamiques qu’il leur incombait de se soulever en bloc pour libérer la sainte Qods par une grande Intifada. Il a aussi reproché aux Etats arabes leur négligence envers la situation de cette ville sainte occupée. Et d’ajouter que « ces Etats ne se contentent pas de simples condamnations verbales et ne mènent pratiquement aucune démarche concrète. Les réactions des pays arabes face aux crimes des occupants de la Noble Qods sont très faibles ».

L’urgence de la situation doit être prise en compte, car la charge émotive et la capacité mobilisatrice de cet édifice religieux sont considérables dans tout le monde arabo-musulman.

Le mouvement du Hamas, quant à lui, n’a pas choisi de garder le silence. Il a mis en garde contre les tentatives israélo-américaines d’internationaliser la mosquée sainte d’Al-Aqsa, et de judaïser la ville d’Al-Qods occupée.

Le mouvement palestinien a refusé les tentatives de remettre le contrôle de la mosquée sainte d’Al-Aqsa au département israélien des antiquités au lieu du ministère jordanien des Waqfs.

Dans un communiqué publié par son bureau d’informations, le Hamas a appelé, le vendredi 28 août, les pays arabes et occidentaux à « ne pas permettre à l’occupation de faire passer ce plan dangereux ».

Dans un registre plus ferme, le chef du groupe Hezbollah, cheikh Hassan Nasrallah, a lancé : « Les Israéliens doivent comprendre que la destruction de la mosquée d’Al-Aqsa conduirait à la destruction de l’entité sioniste (Israël) (...) Nous ne devrions pas rester les bras croisés à attendre que l’événement arrive, pour ensuite pleurer et nous frapper le visage. Dès aujourd’hui, des dispositions devraient être prises, et des messages envoyés, pour empêcher les extrémistes ne serait-ce que d’oser penser à perpétrer un tel acte ».

En fait, ce sont les seuls cris d’appel à l’union et à la solidarité de la part des pays arabes. Sinon, c’est le silence complet. Emad Gad martèle : « Que ce soient les dirigeants arabes ou les organisations qui doivent assurer la pérennité d’Al-Qods, ils ne s’intéressent qu’à faire valoir leurs prises de positions. Ils prennent la parole, mais ça s’arrête là. Quant aux réactions concrètes pour sauver ce lieu saint, on ne les a pas vues jusqu’à présent ».

Cela étant, les manœuvres israéliennes perdurent. Les Etats-Unis et l’Europe blâment mais ne découragent pas, et les Etats arabes font preuve de mutisme. En d’autre terme, jusque-là, chacun est resté à sa place. Alors qu’il ne s’agit plus seulement du peuple palestinien, mais de la menace de destruction d’un symbole fort de l’islam.

Chaïmaa Abdel-Hamid
Maude Girard


mercredi 2 septembre 2009

Une station de radio palestinienne sacagée par l’armée d’occupation

mardi 1er septembre 2009 - 20h:10

Palestine Media Center


NdT : Radio Bethlehem a semble-t-il trouvé des moyens de secours pour reprendre ses émissions, mais sans que nous sachions si c’est avec la couverture habituelle.

(JPG)

Les soldats de l’occupation israélienne ont investi mardi soir les locaux de radio Bethlehem 2000 à Beit Jala, près de la ville cisjordanienne de Bethléem, et ont confisqué son équipement.

Reporters sans frontières condamne l’attaque israélienne

Le directeur de la station, George Qanawati a déclaré que les soldats ont confisqué tout l’équipement et que la station est hors antenne.

Qanawati a condamné l’attaque israélienne et considère que c’est une tentative pour faire taire les médias. La radio émettait en ligne et aussi sur les ondes. Le site Internet de la radio affiche actuellement un écran noir où on peut lire en rouge :

« Veuillez nous excuser, nos émissions ont été arrêtées quand les soldats de l’occupation ont fait irruption dans nos locaux et ont confisqué notre équipement ».

Entre-temps Reporters sans frontières a condamné l’armée israélienne pour avoir attaqué radio Bethlehem 2000, à Bethléem, l’avoir fermée et confisqué son équipement. L’association a ajouté que l’attaque est arbitraire et viole la liberté de la presse.

Dans un communiqué de presse, l’association Reporters sans frontières a dit que l’armée israélienne n’a pas fourni d’explication pour la fermeture de la station et elle a demandé instamment à l’armée de rendre le matériel confisqué et de permettre à la station de reprendre ses émissions sans délai.

L’armée d’occupation n’a pas présenté de mandat, mais elle a confisqué l’équipement. L’un des soldats a « justifié » l’attaque en disant « nous ne voulons plus entendre Radio Bethlehem 2000 ».

Radio Bethlehem 2000 a été fondée en 1996. Reporters sans frontières a dit que la station n’émet pas de programmes politiques sensibles et ne diffuse que de la musique et des programmes locaux.

Pour écouter la station voyez ici :

http://radiobethlehem2000.net/home_en/

Palestine Media Center - Cet article peut être consulté ici :
http://www.palestine-pmc.com/detail...
Traduction : Anne-Marie Goossens

Les pièges de la conscience nationale palestinienne

mardi 1er septembre 2009 - 07h:13

Haidar Eid - The Electronic Intifada


Le sixième congrès du Fatah, qui s’est tenu à Bethléem au début du mois, nous a fait assister aux premières loges au dernier acte d’une phase importante du nationalisme palestinien.

(JPG)
Les dirigeants du Fatah, dont certains viennent d’être élus au comité central du parti, en prière devant la tombe de feu le dirigeant et fondateur du Fatah, Yasser Arafat, 13 août 2009 (Omar Rashidi/MaanImages)

S’il est vrai que la conférence s’est tenue sur sol palestinien, c’était néanmoins sous la surveillance attentive de soldats israéliens. Le fait que le mouvement de libération palestinien (Fatah) n’ait atteint aucun de ses objectifs déclarés a été symbolisé par la tenue de la conférence sous occupation. Ceci ne reflète pas uniquement la fin du Fatah - faction qui a dominé l’organisation de libération de la Palestine (OLP) pendant des décennies- mais la fin générale du nationalisme palestinien contemporain.

Un mouvement de libération nationale dont les slogans initiaux étaient « la liberté est au bout du fusil » , « libération depuis le Jourdain jusqu’à la Méditerranée » et « le droit au retour est sacro-saint », ce mouvement est entré dans une phase postcoloniale sans avoir obtenu l’indépendance. Le spectre des accords d’Oslo flottait partout à la conférence, mais personne ne voulait en parler. Sans les accords d’Oslo, tous ces anciens combattants devenus politiciens n’auraient pas obtenu un permis israélien pour pénétrer sur un territoire contrôlé par Israël.

Le discours d’ouverture, prononcé par le président du Fatah, Mahmoud Abbas, a été approuvé en tant que déclaration politique de la conférence. Le discours lui-même montrait le but qu’avaient visé Oslo, Taba, la feuille de route et le sommet d’Annapolis, à savoir transformer un mouvement d’auto-détermination et de libération en œuvre caritative sur laquelle on appose l’étiquette « indépendance ». L’ordre du jour n’a jamais prévu de procéder à un examen critique des 20 années qui se sont écoulées depuis le cinquième congrès du Fatah, ni même de la période qui a suivi les désastreux accords d’Oslo, signés en 1993. S’interroger sur la raison pour laquelle Israël avait toléré le tenue de la conférence était également un sujet tabou.

La volte-face opérée par l’aile droite palestinienne, représentée par les fondateurs et la direction actuelle du Fatah, ne devrait surprendre personne étant donné qu’elle a historiquement exprimé une conception non démocratique du monde, que ce soit en général ou par rapport au programme palestinien en particulier. Cette absence de démocratie résulte bien entendu de ses contacts directs et intimes avec les régimes arabes officiels.

A cause de cette orientation dominante, ce leadership, avec l’appui total de la « gauche »ONG-isée, ne pouvait pas accepter les résultats des élections palestiniennes de janvier 2006. (Depuis la signature des accords d’Oslo, les financements étrangers des organisations non-gouvernementales - ONG - peuplées de gauchistes, ont amené la dépolitisation et la démobilisation de ces groupes. C’est ce que l’on entend par « NGO-isation »).

Comme les intellectuels les plus critiques l’ont dit, ces élections ont été de fait les seules élections non ethno religieuses qui se soient jamais tenues dans tout le Moyen-Orient. Au lieu de tirer les leçons des erreurs historiques passées et au lieu de faire fond sur les réalisations sans précédent du pouvoir populaire dans le monde arabe, la principale force laïque palestinienne s’est efforcée de trouver des explications emberlificotées à son échec électoral.

Par son analyse mécanique et apitoyée des événements dans la bande de Gaza, le Fatah a dit clairement : la situation dans la bande de Gaza a été causée par le Hamas démocratiquement élu. Il ne fait aucune mention du rôle joué par le général usaméricain Keith Dayton qui forme des milices contre la résistance sous le contrôle nominal de l’Autorité palestinienne, et oublie qu’Israël souhaite éliminer toutes les formes de résistance qu’elles soient violentes ou non.

Oslo a été associé à la corruption et au bradage des principes de libération et d’autodétermination - définis par le droit international.

L’objectif déclaré pour lequel coulent des rivières de sang (et le sang n’a pas encore séché dans les rues de Gaza) est devenu la création d’un État palestinien « indépendant » de quelque dimension que ce soit (la solution des « deux Etats »). Mais les Palestiniens qui suivent la conférence ne voient pas comment cette solution conduirait à l’application de la résolution 194 des Nations unies qui prévoit le retour des réfugiés palestiniens et leur dédommagement. Une autre question troublante que les participants à la conférence ont préféré éluder c’est comment un État palestinien pourrait mettre fin au système d’apartheid brutal imposé au 1,4 million de Palestiniens autochtones qui sont citoyens d’Israël.

Que le Fatah ignore le changement de paradigme résultant du massacre de Gaza et réitére la vieille conviction selon laquelle les accords signés entre Israël et l’Autorité palestinienne sont la seule route politique vers un État palestinien, montre qu’il a perdu confiance dans la capacité du peuple palestinien à recouvrer sa terre et ses droits. Cette approche nie la fermeté indéniable et sans précédent dont a fait preuve la population de Gaza ; elle nie la résistance populaire croissante en Cisjordanie et au succès du mouvement mondial de boycott, désinvestissement et sanctions.

Au lieu de cela, on nous demande à répétition de faire confiance à la bienveillance des États-Unis, de l’Union européenne, et des régimes arabes réactionnaires pour nous donner un État tronqué comme si Gaza 2009 ne s’était jamais produit.

Il n’a pas été pipé mot du fait qu’Israël a rendu la création d’un État indépendant sur 22 % de la Palestine historique - Cisjordanie et Gaza - impossible. Beaucoup de Palestiniens et d’intellectuels internationaux ont déjà conclu que la solution des deux États était périmée à cause de la colonisation israélienne de la Cisjordanie. Alors quelle est l’alternative du Fatah et du reste du mouvement national palestinien ?

Ce que nous avons vu à Bethléem concrétise ce que Franz Fanon appelait « les pièges de la conscience nationale - » bien que sous un aspect palestinien. L’ironie bien sûr est que Fanon théorisait sur les États postcoloniaux futurs d’après l’indépendance. Il parlait de l’assujettissement néocolonial des élites locales. Voitures noires, costumes à la mode, gardes du corps, caractérisent entre autres les nouveaux riches de la Palestine (occupée). Fanon disait avec mépris « la classe moyenne nationale qui prend le pouvoir à la fin du régime colonial est une classe moyenne sous-développée. Elle n’a pratiquement pas de pouvoir économique et de toute manière elle n’est en aucune mesure comparable à la bourgeoisie de la métropole qu’elle espère remplacer » (mes italiques).

Mais nous, en Palestine, sommes-nous proches de la fin du régime colonial ? C’est ici que réside la différence capitale entre la bourgeoisie nationale de, disons l’Algérie ou l’Afrique du Sud, et la nôtre. Nous avons fétichisé l’État avant d’accéder à l’indépendance ; ce jeu - et ce n’est pas surprenant - est encouragé par les États-Unis, Israël et même les régimes arabes officiels. Qu’est donc l’indépendance en fin de compte ? Un hymne national, un drapeau, des ministères, un premier ministre et un président ? Nous les avons déjà.

Pour Fanon, le cycle de la délusion, de l’ostracisme et de la dépendance ne faiblit pas après l’indépendance. Et nous n’en sommes même pas encore là !

* Haidar Eid est un commentateur politique indépendant.

25 août 2009 - The Electronic Intifada - Cet article peut être consulté ici :

http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction : Anne-Marie Goossens

Les avocats égyptiens appellent à l'expulsion de l'ambassadeur sioniste au Caire

[ 01/09/2009 - 11:53 ]
Le Caire – CPI

Les avocats égyptiens ont demandé l'expulsion de l'ambassadeur sioniste au Caire parce que l'Égypte représente le cœur de la nation islamique, tout en appelant également les organisations et unions internationales à intervenir immédiatement pour punir les extrémistes afin qu'ils cessent leurs agressions et violations contre la mosquée sainte d'al-Aqsa.

A la fin de leur congrès qui a eu lieu, le lundi 31/8, dans le siège de leur syndicat, sous le titre "les agressions sionistes contre al-Aqsa pendant le Ramadhan", les avocats égyptiens ont appelé les leaders des pays arabes et islamiques à intervenir rapidement et informer les ambassadeurs sionistes de leur colères et refus à ces agressions.

Ils ont affirmé que la mosquée d'al-Aqsa est un lieu sacré et qu'ils refusent les violations des colons extrémistes sionistes qui ont tenté d'envahir et profaner la mosquée sainte, ainsi que la participation des autorités sionistes dans ces agressions en protégeant les extrémistes.

Le professeur en droit international, Dr. Abdallah Acha'al, a affirmé de son côté qu'on doit présenter les responsables sionistes aux tribunaux internationaux et faire face aux agressions sionistes répétées contre al-Qods et al-Aqsa.

De plus, l'ambassadeur Mohamed Soubih, délégué de la Palestine a appelé à renforcement du soutien financier aux habitants de la ville occupée d'al-Qods, en saluant leur patience devant les tentatives et violations sionistes continuelles.

WALL STREET JOURNAL: ISRAËL RISQUE D'ATTAQUER L'IRAN

Mardi 01 Septembre 2009


Wall Street Journal: Israël risque d'attaquer l'Iran
e Wall Street Journal a mis en garde le président américain Barack Obama, en déclarant qu'il devait impérativement stopper le programme nucléaire iranien "s'il ne voulait pas devoir subir les conséquences d'une offensive israélienne." Il a précisé qu'un affrontement militaire serait inévitable si l'Occident ne se décidait pas à agir rapidement.

Dans l'éditorial d'aujourd'hui, le journal a accusé Obama d'avoir gaspillé son temps, au cours des premiers mois de son mandat, à tenter de convaincre Israël de ne pas attaquer les installations nucléaires iraniennes au lieu d'essayer de persuader la communauté internationale de prendre des mesures plus efficaces pour stopper le développement du programme de Téhéran.
Et de souligner dans les colonnes du journal: "Les officiers américains et israéliens avec lesquels nous nous sommes entretenus sont certains qu'un raid israélien pourra porter sérieusement atteinte aux projets des Iraniens, même si certaines installations sont épargnées." Il a encore souligné que "Téhéran avait constaté la faiblesse des institutions internationales et savait en revanche que seul Israël saurait réagir s'il le faut."

Et de poursuivre: "Les Iraniens ont compris que l'ONU ne constitue pas pour eux une menace, pas plus d'ailleurs que l'Agence internationale de l'Energie atomique." L'Occident, pour l'auteur de l'édito, ne souhaite pas non plus intervenir et le président Obama "continue à supplier l'Iran d'entamer un dialogue."

Et de conclure: "Plus l'Occident et l'Onu feront preuve de faiblesse, plus il semblera évident qu'Israël attaquera."

Traduction Alter Info

http://www.elnashra.com/news-2-332310.html

"Israël" prépare une campagne de propagande et de relations publiques aux USA !!

Israel - 01-09-2009
Par Al Manar
Le ministère israélien des affaires étrangères a lancé une campagne de relations publiques et de propagande de grande envergue aux États-Unis dans le but de renforcer le soutien des Américains à Israël, a rapporté le quotidien en ligne palestinien Arabs 48.

"Les colonies ne sont pas un obstacle pour la paix… l'agression arabe a précédé la construction des colonies…Israël invite les Palestiniens aux négociations sans conditions préalables… les Palestiniens devraient aspirer à l'avenir et non retourner au passé…Le conflit n'est pas entre les juifs et les Arabes, mais entre les extrémistes et les modérés", telles sont les idées principales présentées par le chef de la diplomatie sioniste Avigdor Lieberman lors d'une conférence de presse.

Et de préciser que la campagne qui devra durer plusieurs semaines débutera dimanche prochain en collaboration avec des sociétés américaines, l'ambassade "d'Israël" à Washington et d'autres consulats. Y participeront également des ministres, des hommes diplomatiques, d'anciens ambassadeurs, des consuls et des émissaires spéciaux israéliens.

Dans le cadre de cette campagne, ils devront prononcer des allocutions dans plusieurs endroits, notamment dans les campus d'universités et dans les centres de recherches. Ils tiendront également des réunions avec des personnalités politiques, des membres du Congrès américain, des responsables au sein de l'administration américaine, des maires, et des journalistes. Et ils rencontreront les représentants d'organisations et d'associations juives, chrétiennes.
Source : Al Manar

Un œil attentif sur Al-Aqsa

Jérusalem - 01-09-2009
Rapport annuel de l’Institution Internationale d’al-Quds - Beyrouth à l’occasion de la commémoration de l’incendie criminel de la mosquée al-Aqsa, 21 août 2009
Par Institution Internationale d'al-Quds
Le projet sioniste a aujourd’hui dépassé l’étape consistant à essayer de prouver l’existence du temple sous la mosquée, ayant échoué à le faire, pratiquement, et ses missions archéologiques l’ayant clairement déclaré, et il est passé à celle où il invente cette présence (la sainte Urshalim) selon deux parcours principaux : entériner « le droit des juifs à prier dans le mont du temple » et inventer des traces de « la sainte Urshalim » dans ce mont, quelle que soit la confirmation de ces allégations, vraies ou fausses.





















Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Résumé exécutif

L’Institution Internationale d’al-Quds publie un rapport régulier sur les violations à l’égard de la mosquée al-Aqsa et le développement des mesures de l’occupation sioniste. Ce rapport est le troisième de la série, il observe les agressions au cours de la période située entre le 21/8/2008 et 21/8/2009. Il tente de présenter une approche globale du projet de judaïsation de la mosquée al-Aqsa sur les plans politique, religieux et juridique, il discute ensuite en détail tous les actes commis, les excavations, les constructions et les confiscations, sous et autour de la mosquée, comme il discute leur parcours et évolution tout au long des années d’observation, et dévoile ses détails et ses buts à partir des informations disponibles les plus récentes. L’occupant vise la fondation d’une ville juive sous et autour de la mosquée, qui en est le centre, il construit une infrastructure complète pour une présence juive sous et autour de la mosquée.

En troisième lieu, le rapport traite de la présence humaine juive effective dans la mosquée al-Aqsa et les tentatives d’intervenir dans son administration. Il observe les invasions et les déclarations des personnalités officielles, des extrémistes juifs et des appareils sécuritaires, examine le parcours et les souhaits de chacune de ces parties, analyse comment les rôles sont répartis entre ces parties, qui visent à réaliser un but commun, le partage de la mosquée entre juifs et musulmans lorsque l’occasion se présentera, tout comme il observe l’interdiction persistante des travaux de réfection des parties de la mosquée, et l’entrave incessante des actions des employés des Awqaf, qui constituent le nerf exécutif de cette administration, en vue de paralyser le travail de ce département et l’empêcher d’accomplir ses tâches, pour limiter son rôle et ses prérogatives et arracher l’exclusivité musulmane au profit du département israélien archéologique.

Finalement, le rapport étudie le contrôle de l’entrée à la mosquée, les tentatives de l’occupation de modifier les règles du contrôle de ses portes, la limitation du mouvement des fidèles selon les zones géographiques et l’âge, de façon à ce que le nombre des fidèles chute de manière inaccoutumée, les jours du vendredi qui ont correspondu à la période de l’agression contre la bande de Gaza.

Mais le nombre des fidèles s’accroît et décroît, arrivant au mois de ramadan jusqu’à ces centaines de milliers, indiquant clairement par là l’impuissance de la poigne sécuritaire de l’occupation face à la foule humaine considérable des fidèles vers al-Aqsa les vendredis du mois de ramadan, et notamment le 27 du mois.

I - EVOLUTION DE L’IDEE DE LA PRESENCE JUIVE DANS LA MOSQUEE AL-AQSA

A – la position politique


Le projet sioniste a aujourd’hui dépassé l’étape consistant à essayer de prouver l’existence du temple sous la mosquée, ayant échoué à le faire, pratiquement, et ses missions archéologiques l’ayant clairement déclaré, et il est passé à celle où il invente cette présence (la sainte Urshalim) selon deux parcours principaux : entériner « le droit des juifs à prier dans le mont du temple » et inventer des traces de « la sainte Urshalim » dans ce mont, quelle que soit la confirmation de ces allégations, vraies ou fausses.

L’évolution politique la plus marquante au cours de la période couverte par ce rapport est l’accès du chef du Likoud, Benyamin Netanyahou, au pouvoir dans l’Etat de l’occupation, suite aux élections parlementaires au mois de mars 2009, où l’alliance de la droite a gagné. L’accession de Netanyahou à la tête du gouvernement signifie le retour à l’adoption politique officielle et déclarée de l’idée « d’autoriser les juifs à prier dans la mosquée al-Aqsa », ce qui signifie accorder au projet « de la création de la capitale sacrée juive » un vif élan, puisque Netanyahou est l’un des plus fermes à soutenir ce projet.

L’accession de Netanyahou au rang de premier ministre a été accomplie dans des conditions propices en ce qui concerne l’idée du « droit des juifs sur le mont du temple », l’ambiance dans l’Etat de l’occupation aujourd’hui pousse globalement en direction de l’achèvement au plus vite du projet de la construction de la « ville sainte juive », le partage de la mosquée al-Aqsa et l'entérinement du « droit juif » comme fait accompli. Cela s’accompagne d’un désintérêt arabe et islamique officiel et une tiédeur populaire, ainsi qu’un recul des capacités des Palestiniens à affronter les mesures de l’occupation, à cause de leur division interne et la négligence par l’autorité palestinienne du dossier d’al-Quds.

Tout ceci se passe avec l’émergence d’une nouvelle vision américaine qui se comporte avec la question d’al-Quds comme une ville multi-religieuse ou une capitale religieuse ouverte à toutes les religions, et dont les lieux saints devraient être administrés par une partie internationale commune, sur la base de « l’autorisation aux fidèles des trois religions d’arriver à leurs lieux saints ». Cette proposition américaine a été favorablement accueillie assez rapidement par une certaine partie arabe officielle, sans réaliser ses dimensions et ses résultats, et nous pensons que si cette proposition est appliquée, elle ne fera que reproduire la vision israélienne d’al-Quds, exposée dans le plan de « Urshalim d’abord », mais sous couvert de la légalité internationale, cette fois-ci, d’autant que le régime arabe et islamique officiel est incapable d’imposer ses points de vue dans la communauté internationale, vu sa dispersion et sa division, et par conséquent, il ne pourra pas imposer ses points de vue au sujet de l’administration internationale commune de la ville. Comme nous le voyons, l’acceptation de cette proposition constituera la perte du seul élément de force arabe et islamique dans la question d’al-Quds, qui est le droit arabe et islamique évident et indiscutable sur la ville d’al-Quds, soutenu par le droit international. De plus, toute tentative d’imposer ce genre de vision sera capable de déplacer le conflit sur al-Quds d’un conflit avec l’occupant en un conflit avec l’intérieur arabe et islamique, d’autant que cette vision fut unanimement refusée par les savants religieux, et qu’elle n’a aucune chance d’être appliquée, risquant de se perdre dans les détails.

B – la position religieuse

La question de la prière dans « le mont du temple » n’est plus une revendication portée par un petit groupe de rabbins financés par les juifs et chrétiens sionistes riches. Après avoir été le centre d’un refus absolu en 1967, puis devenu le centre de soutien d’une minorité isolée, elle est portée aujourd’hui par un large courant, le front de ceux qui appellent à accorder le « droit de prier dans la mosquée al-Aqsa » aux juifs s’élargissant sans cesse depuis 2000. Il faut remarquer que les changements de cette attitude religieuse ont toujours accompagné les changements de la position politique relative à la présence des juifs « dans le mont du temple ».

A la fin du mois d’août 2008, parallèlement à la commémoration de « la destruction du temple » chez les Juifs, les milieux juifs dans l’Etat de l’occupation ont assisté à une nouvelle recrudescence de la discussion autour du « droit des juifs à prier dans le mont du temple » entre les deux camps, d’une part les juifs religieux non nationalistes, ou les non sionistes, les haridim, et à leur tête les rabbins Ovadia Yousif, Shalom Eliahou et Hayim Kivinski, et d’autre part, les juifs religieux nationalistes, ou les sionistes, et à leur tête le rabbin Moshe Tendler, suite à la visite de ce dernier à la mosquée al-Aqsa, en juillet 2008, dans une tournée filmée, appelant les juifs à visiter le lieu. Les trois rabbins ont répondu à cette visite en envoyant une lettre au rabbin « du mur occidental et des lieux saints », lui demandant de renouveler l’interdiction religieuse pour les juifs d’entrer à la mosquée al-Aqsa, « le mont du temple », et que cette interdiction soit généralisée à tous les juifs, afin de ne pas « souiller la pureté du mont », considérant que l’entrée des juifs « au saint des saints », même sans intention, est considérée comme un interdit majeur dans la législation juive.

Alors que le premier camp rassemble près de vingt députés au parlement, l’influence du second camp est plus décisive sur le gouvernement ; c’est lui qui gère l’ensemble des affaires des « lieux saints juifs » à al-Quds, soit le mur d’al-Bouraq, les excavations, la synagogue qui l’entoure, la « ville de David » et autres lieux. Cela est dû, à notre avis, au fait que le second camp, qui soutient la prière des juifs dans « le mont du temple » est plus organisé et jouit d’un financement plus large de la part des riches sionistes, juifs et chrétiens, aux Etats-Unis, alors que le premier camp compte, pour son financement, sur le soutien local et celui de l’Etat de l’occupation. Hors de cette discussion, l’association « les gardiens du mont du temple » et plusieurs associations similaires moins importantes ont poursuivi leurs activités pour construire les éléments du « temple » juif et préparer ses nécessités et ses costumes.

Le résultat du sondage d’opinion mené par le quotidien hébreu Yediot Aharonotle 30/7/2009 est formel sur la suprématie des partisans de « la construction du temple » dans la société sioniste d’aujourd’hui, puisque 64% des habitants de l’Etat de l’occupation soutiennent la reconstruction de « troisième temple ». Les juifs religieux, évidemment, sont les plus partisans de cette idée, leur pourcentage ayant atteint 98,5% parmi eux, alors que le soutien des juifs laïques à cette idée est de 47%. Quant au public général (qui ne se définit ni religieux, ni laïque), son soutien a atteint 91%.

C – la situation juridique

Immédiatement après l’occupation de la mosquée al-Aqsa en 1967, le parlement de l’occupation a émis une loi qu’il a nommée loi de « la protection des lieux saints », qui interdit aux juifs d’entrer dans la mosquée. Les groupes extrémistes ont essayé de récuser cette loi, mais en vain. La situation juridique commence à changer, parallèlement aux situations politique et religieuse. En 1993, la cour suprême de l’Etat occupant émet une résolution où elle considère que le « mont du temple » est le lieu le plus sacré pour les juifs, il est le cœur de l’Etat d’Israël et une partie prenante de ses terres, ce qui signifie qu’il est soumis à sa loi, qui garantit à tous les citoyens la liberté de culte et d’accès aux lieux saints, sans distinction.

La cour a de nouveau confirmé sa résolution et son développement le 23/6/2003 lorsqu’elle permet à des juifs de visiter la mosquée al-Aqsa et d’y prier, considérant qu’il s’agir de leur « droit naturel » et finalement, au mois d’octobre 2005, elle émet une résolution permettant au groupe « les gardiens du temple » d’y prier entre sept heures du soir et neuf heures du matin, lorsque le nombre de fidèles musulmans est relativement réduit dans la mosquée.

La période couverte par notre rapport n’a pas assisté à une évolution significative sur le plan juridique, la situation étant restée telle quelle, les juifs, du point de vue juridique, sont autorisés à entrer dans la mosquée et d’y prier, individuellement ou en petits groupes, et en groupes élargis à des moments précis. La police de l’occupation a continué à interdire les entrées massives des groupes et les prières en public, au moment où se trouvent les fidèles musulmans, en vue d’empêcher toute réaction risquant d’embraser la région.

Tant que la position politique évolue dans le sens d’assurer tout ce qui est nécessaire pour entériner « le droit des juifs sur le mont du temple », accompagnée du développement de la position religieuse et tant que les organisations juives extrémistes continuent leurs actions, en suscitant des problèmes et des antécédents avec la police de l’occupation, pour l’entraîner au-devant de la Cour dans le but d’émettre de nouvelles résolutions, qui confirment encore plus la présence juive dans la mosquée, l’évolution des décisions de la Cour en faveur de la présence juive dans al-Aqsa, loin d’être impensable, semble plutôt inévitable.


II – LES EXCAVATIONS ET CONSTRUCTIONS SOUS ET AUTOUR DE LA MOSQUEE AL-AQSA

A – les excavations


Le projet de construction de la « ville sainte juive » dans la mosquée al-Aqsa et aux alentours a assisté au mois de février 2008 à une évolution significative et inhabituelle, consistant à déplacer ce projet de la phase de silence et de dissimulation à celle de la déclaration et de l’adoption semi-officielle, de sorte que l’architecte de la municipalité, Yoram Zamouch a publiquement annoncé le plan « Urshalim d’abord » qu’il avait préparé. L’année 2009 a vu la proclamation des détails de ce projet, et ses activités sont entrées dans le cadre de l’adoption officielle claire, et au début de son application pratique. Le plan de « Urshalim d’abord » vise principalement à :

- Accélérer le processus de développement du bassin sacré, en vue d’attirer des dizaines de millions de touristes par an, pour faire connaître le patrimoine historique des juifs » (construction de la ville sainte juive).

- « Etablir un pont de confiance et de travail en commun avec les responsables de l’administration des Awqaf musulmans et chrétiens dans le bassin, et par conséquent, mettre en place une autorité composée d’un appareil n’appartenant pas à une nationalité ou une orientation religieuse, visant à ouvrir le site entièrement aux touristes et pèlerins, quelles que soient leurs nationalités ou religions » (permettre officiellement aux juifs de participer à l’administration de la mosquée al-Aqsa et d’y accéder).

Selon ce plan, l’exécution du projet sera officiellement confiée à une grande compagnie qui sera fondée au nom de « al-Quds d’abord », et coûtera environ 2 milliards de shekels (400 millions de dollars), et comportera la fondation de 15 projets principaux pour judaïser al-Quds, 9 visant la mosquée al-Aqsa, et son exécution durera six ans, ce qui signifie qu’elle s’achèvera en l’an 2014, selon les premières estimations.

Comme l’a vu la première phase couverte par le rapport, les travaux ont commencé dans 5 nouveaux sites d’excavations, 4 au sud de la mosquée et un à l’ouest. Un site a été équipé à l’ouest dans une excavation précédente, pour que le nombre de sites d’excavation, autour de la mosquée al-Aqsa, s’élève à 25, douze actifs, et 13 achevés. Du point de vue géographique, onze de ces sites se trouvent au sud de la mosquée, et 13 à l’ouest et l’un au nord.

1 – Les excavations dans la partie méridionale

Ces excavations au sud de la mosquée al-Aqsa visent à fonder ce qui s’appelle « la ville de David », qui est une ville s’étendant, selon les allégations sionistes, du complexe de la source de Selwan jusqu’aux murs nord de la mosquée al-Aqsa. La partie principale responsable des excavations au sud de la mosquée est l’association El-Aad (vers la ville de David). Cette période couverte par le rapport a vu le début de l’action dans 4 nouveaux sites d’excavations au sud de la mosquée al-Aqsa, alors que le travail se poursuit dans trois autres, le nombre des sites d’excavations au sud de la mosquée s’élevant à 11, 7 actifs et 4 achevés.

2 – Les excavations de la partie occidentale

La partie occidentale de la mosquée al-Aqsa est considérée comme le nerf principal de la ville juive que l’occupant construit sous la mosquée. Il s’y trouve tous les lieux de visite, et par elle passe la route qui relie le sud de cette ville à Silwan au nord, près de la Via Dolorosa, et s’y trouve également la plupart des entrées de cette ville. L’association « protection du patrimoine du mur occidental » est la principale responsable des excavations de cette partie, et l’association Atarit Kohinim s’est récemment activée dans cette partie.

Au cours de la période couverte par le rapport, le travail a commencé dans un seul nouveau site à l’ouest de la mosquée, et un nouveau site a été ouvert dans le bas du mur occidental de la mosquée, consistant à rénover une excavation déjà présente. L’ensemble des sites d’excavations s’élève à 13, dont 4 actifs et 9 achevés. Parmi les excavations les plus importantes dans la partie occidentale, le réseau de souterrains du mur occidental, dont les travaux ont conduit le 28/7/2009 à la chute d’un pin âgé de 300 ans dans la zone située en face de la porte Qatanin, près de la fontaine Qaytabay. Si cela s’avère vrai, c’est le plus proche point du Dôme du Rocher auquel sont parvenues les excavations jusqu’à aujourd’hui, et par conséquent, il n’est pas exclus que les excavations atteignent le bas du Dôme du Rocher, dans les prochains mois.

3 – les excavations dans la partie nord

Les excavations de la partie nord sont centrées dans l’angle nord-ouest de la mosquée al-Aqsa, et précisément dans la zone de l’école Umariya, qui jouxte la via dolorosa. L’occupation prétend que « le bassin al-Qabbara », ou de l’oiseau, se trouve sous l’école ‘Umariyya. A notre avis, le souterrain qui est creusé dans cette partie formera l’entrée nord de la ville juive sous la mosquée, et l’occupation a choisi l’école Umariya donnant sur la via dolorosa précisément pour relier la ville juive à cette route, et unifier les tournées touristiques, entre sites chrétiens et sites juifs, en vue de faire apparaître comme si ces derniers font partie prenante de la ville d’al-Quds, pour entériner l’idée d’un patrimoine judéo-chrétien commun dans la ville.

B – Construction et confiscation des terres autour de la mosquée

L’Etat de l’occupation vise, par la construction et la confiscation des terres dans la mosquée al-Aqsa et ses environs, à ajouter le caractère juif autour d’al-Aqsa, assurer la présence juive dans la mosquée en faisant des bâtiments des points de départ en direction de la mosquée, et leur utilisation comme centres de rassemblement pour investir la mosquée, ou pour masquer les travaux d’excavation, ou pour accentuer la présence sécuritaire dans la mosquée.

Malgré 42 ans de mainmise sur la mosquée al-Aqsa et la vieille ville, l’occupation sioniste continue à agir avec grande précaution, s’agissant de construire dans ses places et son environnement, ce qui est dû au complexe de la peur qu’elle ressent envers la mosquée al-Aqsa, depuis la création de son Etat, à cause des violentes réactions palestiniennes, arabes et islamiques à chacune de ses tentatives de se retrouver publiquement dans la mosquée et ses environs, à commencer par la révolte d’al-Bouraq, en 1929 jusqu’à l’Intifada al-Aqsa, en 2000. Bien que ce complexe de peur ait retardé et limité en fait l’action des sionistes, ce mur de dissuasion est en train de s’écrouler à cause des faibles réactions aux agressions successives et inhabituelles contre la mosquée.

1 – Plan de domination de la partie sud-ouest de la mosquée

Le 15/2/2004, une partie de la route reliant la place al-Bouraq à la porte al-Maghariba s’effondre au cours d’une tempête de neige, à cause des excavations faites en-dessous et l’interdiction permanente de sa réfection. Les autorités de l’occupation empêchent sa reconstruction et installent à sa place un pont en bois, puis au mois de février 2007, elles détruisent la route, préparant l’élargissement du lieu, conçu pour la prière des femmes dans place al-Bouraq, et l’établissement d’un pont en fer à la place du pont en bois permettant l’entrée des blindés et un grand nombre de soldats de l’occupation à la mosquée al-Aqsa. L’Etat de l’occupation confie le projet de construction du mur, à « l’association pour la protection du patrimoine du mur occidental » qui a commencé le travail en réparant les salles musulmanes découvertes en vue de les utiliser, au lieu de les détruire, comme lieux pour la prière des femmes, et finalement, à et en construisant le pont suspendu reliant la place al-Bouraq à la porte al-Maghariba.

Dans un précédent historique, des personnalités indépendantes des Palestiniens de 48, et sur une initiative personnelle, ont présenté une requête au tribunal central de l’occupation à al-Quds, le 16/6/2008, pour faire cesser les travaux d’excavation et de construction sur la colline al-Maghariba. C’est la première fois qu’un Palestinien et arabe se dirige vers un tribunal de l’Etat de l’occupation pour régler un conflit concernant la mosquée al-Aqsa.

Un grand nombre d’institutions et de personnalités maqdisites et palestiniennes, ont affirmé leur refus formel de présenter ce genre de requête qui entérine le pouvoir de l’autorité de l’occupation sur la mosquée al-Aqsa, et à notre tour, nous considérons que cette requête est une erreur historique à l’encontre de la mosquée et de la nation, et appelons ses auteurs à la retirer immédiatement.

2 – Plan de domination du pourtour de la porte Silsila, à l’ouest de la mosquée

Le 12/10/2008, l’association « Atarit Kohinim » inaugure officiellement la synagogue de Hammam al-Ayn « la tente d’Isaac » dans le quartier Bab el-Wad, à l’ouest de Souk al-Qattanin. Ainsi, l’occupation a fait un pas en avant de taille en vue de contrôler le pourtour de bab al-Silsila, à l’ouest de la mosquée. Il a fixé ses assises dans le lieu, s’est trouvé un centre pour organiser et administrer les activités des colons contre les Palestiniens habitant aux alentours, et contre la mosquée al-Aqsa, ce qui fera de la synagogue Hammam al-Ayn et de son pourtour un centre de tension et d’agressions contre les Palestiniens et leurs propriétés, au cours des mois et années prochaines.

3 – Plan de contrôle du cimetière al-Rahma, à l’est de la mosquée

Le projet de judaïsation de l’est de la mosquée al-Aqsa est l’un des principaux éléments du plan « al-Quds d’abord », que l’occupation a commencé au début de cette année, et où elle essaie de judaïser l’est de la mosquée en assurant son contrôle sur les terres du cimetière al-Rahma, qui jouxte le mur oriental d’al-Aqsa pour les transformer en jardin biblique qui serait dénommé jardin de la « pente des prodigues ». L’occupant a entrepris d’importants pas au cours des années passées, et au cours de la période couverte par le rapport, l’occupation a continué à viser le cimetière. La « cour suprême » de l’Etat a accepté une requête présentée par des personnalités et institutions juives pour confirmer que le cimetière de la porte al-Rahma est un jardin public, et a autorisé de cerner le cimetière par 1800m2 de barbelés pour empêcher les musulmans d’y entrer et de creuser de nouvelles tombes dans la zone quadrillée. Les parties responsables des jardins de l’Etat ont aussitôt commencé à agir, transformant effectivement 200m2 de la zone visée en jardin public.

4 – Plan pour renforcer la domination sécuritaire sur la mosquée al-Aqsa

Le 7/3/2009, le comité local d’organisation et de construction dans al-Quds, a approuvé l’installation d’un nouveau centre de police, près de l’entrée des souterrains du mur occidental, au nord de la place al-Bouraq, d’une superficie de 140 m2. Ce centre sera, après sa construction, le quatrième centre de la police de l’occupation dans la mosquée al-Aqsa et ses alentours.


III – ASSURER LA PRESENCE JUIVE A L’INTERIEUR D’AL-AQSA ET INTERVENIR DIRECTEMENT DANS SON ADMINISTRATION

A – Invasion de la mosquée al-Aqsa et déclarations hostiles


L’incursion menée par Ariel Sharon, l’ancien premier ministre de l’occupation, dans la mosquée al-Aqsa le 28/8/2000, a représenté un tournant dans l’obsession des sionistes relative à leur présence directe dans la mosquée al-Aqsa, et a constitué un véritable point de départ pour entériner « le droit historique juif » de leur présence dans la mosquée.

Concrètement, leur présence a commencé au moyen de l’entrée individuelle des extrémistes juifs à la mosquée, accompagnés par des policiers. Ces tentatives ont été couronnées de succès par l’émission d’une résolution par la Cour suprême le 23/6/2003 sur le droit des juifs à visiter « le mont du temple » et d’y prier. Les extrémistes sont alors passés à une phase plus avancée où les organisations extrémistes appelaient à des incursions collectives dans la mosquée menées par des groupes comprenant entre 30 et 50 personnes. Ces tentatives furent couronnées par la décision du tribunal en octobre 2005 qui autorisa la célébration des cultes collectifs dans la mosquée, au moment où le nombre des fidèles musulmans dans la mosquée est faible, et aujourd’hui, les organisations juives extrémistes sont passées à une phase supérieure, qui est celle des invasions collectives pendant la présence des fidèles musulmans, espérant créer un précédent et que les conditions du « droit des juifs » à se trouver dans la mosquée soit acquis pour tout le temps.

Cette polémique entre extrémistes et tribunal se déroulait avec le soutien, la participation et l’aide de personnalités officielles importantes. Ces incursions visaient, en même temps, à faire de la présence juive dans la mosquée une question quotidienne, à laquelle les gens s’habituent et qui se trouve dans le domaine du « naturel ».

Les appareils sécuritaires, à leur tour, ont considéré que les jugements promulgués par « la Cour suprême » ont donné l’occasion pour modifier leurs tâches aux alentours de la mosquée. Elles mettent au point, le 9/6/2005, ce qu’elles ont appelé « l’espace sécuritaire », qui permet aux forces de l’occupation de surveiller tous les mouvements à l’intérieur de la mosquée al-Aqsa et ses environs, tout comme elles ont constitué une unité d’intervention rapide à l’intérieur de la mosquée, qui a déjà mené plusieurs manœuvres.

1 – Incursions et déclarations des personnalités officielles

Le nombre des incursions sur la mosquée al-Aqsa, de la part des personnalités officielles, au cours de la période couverte par ce rapport, est de 5, la plus dangereuse ayant été celle du ministre de la sécurité intérieure de l’Etat de l’occupation, Ishaaq Aharonovitch, considéré pratiquement comme la personnalité sioniste officielle la plus élevée ayant pénétré la mosquée, depuis son occupation jusqu’à nos jours. La seconde évolution dans ce domaine concerne le jour où s’est tenu au parlement de l’occupation la discussion et l’étude des « moyens d’entériner le contrôle et la souveraineté israélienne sur le mont du temple ».

Les personnalités officielles ont continué à couvrir l’effort insistant des organisations juives extrémistes, que ce soit en soutenant cet effort à prouver « le droit juif sur le mont du temple », par une pratique concrète dont le degré s’élève d’année en année, ou en faisant entrer l’idée de « la domination sur le mont du temple » dans la vie publique officielle, afin qu’elle soit objet de discussions et de recommandations, prélude à être objet d’une décision.

2 – incursions et déclarations des extrémistes juifs

Le rapport a dénombré trente incursions des extrémistes juifs, ce qui veut dire que la moyenne annuelle des incursions a été multipliée par 4, en comparaison avec le rapport précédent. Les incursions au cours de cette période se sont caractérisées par les provocations manifestes, leur durée et leur succession pendant de longues heures, et par leur insistance sur de nouveaux points, au nord de la mosquée, comme les portes Ghawanmé, Hatta et al-Nazer, et elles se manifestent sous la forme de manifestations précises, au cours de l’année. La proportion de ceux qui sont arrêtés par les soldats de l’occupation est en baisse, et par conséquent, le degré d’affrontements entre les attaquants juifs et les fidèles musulmans est beaucoup plus élevé.

Quant aux déclarations des organisations extrémistes juives, elles montrent leurs buts et intentions en toute clarté, ne prennent aucun détour ni diplomatie, elles appellent à « libérer le mont du temple des musulmans » et à « détruire la mosquée al-Aqsa », menaçant qu’elles allumeraient un feu qui « incendierait la ville sainte avec ses habitants », si elles sont interdites de pratiquer leurs rites collectifs dans « le mont du temple ». La discussion publique tourne, entre leurs deux pôles, autour « du meilleur moyen » d’assurer la présence juive dans « le mont du temple », et les opinions exprimées vont de l’appel incessant à détruire la mosquée et la construction du temple sur ses ruines, ou le recours à une solution plus applicable et mieux présentée aux musulmans, consistant à partager la mosquée entre musulmans et juifs.

3 – Incursions et déclarations des appareils sécuritaires

Les forces de l’occupation, au cours de la période couverte par le rapport, ont mené 8 incursions, ce qui signifie que les agressions des appareils sécuritaires sur la mosquée al-Aqsa ont augmenté par deux fois, au cours de la période, par rapport aux années 2006-2008. Les incursions ont visé à rassembler le plus grand nombre de photos et de clichés visuels des parties couvertes de la mosquée, à empêcher les activités organisées à l’intérieur de la mosquée, et à commettre intentionnellement ce qui souille la mosquée ou à protéger et couvrir ceux qui commettent de tels actes.

L’orientation la plus significative et la plus grave des appareils sécuritaires a été d’entreprendre des manœuvres vives qui préparent le partage de la mosquée et la fermeture de ses places sud-ouest, comme celle qui s’est déroulé le 11/6/2009, expérience menée sur le terrain par la fermeture des places où se trouvaient les fidèles, pendant de longues heures. La manœuvre menée le 18/8/2009 confirme cette orientation, au cours de laquelle la police israélienne s’est entraînée à grimper sur les murs sud sud-ouest de la mosquée à partir de l’extérieur, pour monter sur les toits des bâtiments, en préparation pour une intervention rapide au cas où les fidèles musulmans ferment les portes de la mosquée. Ces manœuvres sécuritaires confirment que la décision de partager la mosquée a mûri chez les décideurs israéliens, elle attend juste l’occasion propice pour être appliquée dans les mois ou les années suivantes.

Il semble que les équipes d’experts qui ont accompagné les incursions sécuritaires prenaient des mesures et des échantillons du sol et de la structure, préparant les plans architecturaux détaillés pour modifier le lieu tel qu’il est proposé par le plan « Urshalim d’abord », qui envisage de faire des parties sud de la mosquée une partie de la ville juive sacrée.

B – l’intervention directe dans l’administration de la mosquée

Le département des Awqaf d’al-Quds est dépendant du ministère des Awqaf, lieux saints et affaires musulmanes en Jordanie, organisme qui supervise officiellement la mosquée al-Aqsa et les Awqaf d’al-Quds, et qui a le droit exclusif de l’administrer, de s’en occuper, de le réparer et d’arranger ses affaires, et ceci, conformément au droit international, qui considère la Jordanie comme étant le dernier pouvoir local ayant supervisé ces lieux saints avant leur occupation, et selon l’accord de paix jordano-israélien signé en 1994 et connu sous le nom d’accord de « Wadi Araba ». Les Awqaf d’al-Quds dépendaient du ministère ottoman des Awqaf jusqu’à l’occupation britannique de la ville, où le conseil islamique supérieur, présidé par le mufti d’al-Quds, Hajj Amîn al-Hussaynî, a assumé la charge de superviser la mosquée al-Aqsa et l’ensemble des lieux saints jusqu’en 1948. Ensuite, les Awqaf d’al-Quds sont passés sous la direction du ministère jordanien des Awqaf, lors de l’occupation de la partie occidentale d’al-Quds en 1948, jusqu’à présent.

Avec l’accentuation de la tendance sioniste, sur les plans théorique et pratique, à assurer « le droit juif sur le mont du temple », la limitation du rôle des Awqaf islamiques et l’intervention dans ses prérogatives et spécialisations sont devenues une question essentielle, voire inévitable, et cela se déroule selon trois parcours :

1 – Interdiction de rénover et intervention dans le travail du département des Awqaf

Les autorités de l’occupation imposent, depuis 2000 une interdiction stricte de faire entrer des matériaux de construction et de réfection. Les autorités de l’occupation avaient précédemment interdit les Awqaf de réparer la colline al-Maghariba, jusqu’à ce qu’elle s’effondre à cause des excavations et des facteurs naturels, le 15/2/2004, comme elles leur a interdit, tout au long de ces années, de réparer les fissures dans le mur sud-ouest, et continuent à interdire jusqu’à présent la réfection du mur méridional, ou d’entreprendre de grands travaux de réfection dans les places, ce qui limite le rôle des Awqaf, à présent, à entreprendre juste des travaux urgents de réparation.

Cette interdiction de réfection vise d’une part à causer des dommages et laisser s’effondrer des bâtiments de la mosquée, et d’autre part, à trouver la justification, auprès des médias, pour l’intervention de l’autorité archéologique israélienne, sous le prétexte que les Awqaf n’accomplissent pas les travaux nécessaires dont a besoin la mosquée, en vue de briser la contrôle exclusif des Awqaf et mettre la mosquée dans le cadre des prérogatives des autorités sionistes. La municipalité d’al-Quds avait déjà considéré les places de la mosquée comme des « jardins publics » soumis à ses prérogatives.

Cette politique a été suivie au cours de la période couverte par le rapport, où les autorités de l’occupation ont empêché les travaux de dallage de certaines places de la mosquée al-Aqsa, et ont agressé les bénévoles qui essayaient d’entrer à al-Aqsa portant les dalles et les matériaux de construction. De plus, l’autorité archéologique du gouvernement de l’occupation a mené elle-même des travaux de réfection et de modification dans le mur al-Bouraq, bien que le département des Awqaf avait déjà réparé ce mur.
Malgré ces entraves, le département des Awqaf islamiques a réussi le 24/8/2008 à inaugurer un centre de réparation des documents dans la mosquée al-Aqsa, et a terminé les travaux d’embellissement du plafond en bois dans la seconde allée du dôme de la mosquée al-Qibali.

2 – Entraves au déplacement des fonctionnaires des Awqaf

Les évolutions qui ont eu lieu au cours de la période couverte par le rapport confirment certainement qu’une politique spécifique vise les fonctionnaires des Awqaf, car ils sont les bras exécutifs du département des Awqaf, qui est visé par la modification de ses prérogatives et de sa supervision.

L’évolution la plus grave à ce propos a été l’arrestation de l’imam de la mosquée al-Aqsa, sheikh ‘Ali Abbassî, à l’aube du 9/7/2009, et son bannissement de la mosquée al-Aqsa, bien que sheikh Abbassî dirige la prière des fidèles dans la mosquée depuis de longues années, et qu’il y a un siège permanent. De plus, l’entrave au déplacement des fonctionnaires des Awqaf, au cours de la période du rapport, a insisté sur les gardiens de la mosquée et les équipes techniques et des ingénieurs.

Concernant les gardiens, les autorités de l’occupation adoptent depuis des années, la politique d’arrestation ou d’emprisonnement, ou bien interdisent à certains gardiens de la mosquée d’intervenir pour stopper les incursions ou empêcher les extrémistes juifs d’entrer dans la mosquée, en vue de les neutraliser et en faire un exemple pour leurs collègues gardiens. Cette politique s’est poursuivie au cours de la période du rapport, le chef des gardiens d’al-Aqsa, Muhammad Ismaïl al-Turk, ayant été interdit d’entrer dans la mosquée.

Quant aux équipes techniques et des ingénieurs, elles ont besoin d’entreprendre des expériences et de prendre des mesures détaillées intérieures et extérieures pour préparer des projets d’ingénierie précis. Ces équipes sont quasiment interdites de prendre des mesures ou d’entreprendre des expériences sur le pourtour externe d’al-Aqsa, et faire entrer des appareils et du matériel à l’intérieur est fortement contrôlé et doit avoir l’aval de l’occupation. Ce qui signifie, sur le plan pratique, l’empêchement des Awqaf à mettre au point des projets détaillés de construction et de rénovation de la mosquée, ce qui, avec le temps, le montrera comme étant incapable d’administrer et de prendre soin de la mosquée. Ce qui servira de justification, devant les parties internationales, et notamment l’UNESCO, pour intervenir et « sauver » ce patrimoine humain avant qu’il ne soit détruit par « l’incapacité des Awqaf » et accordera aux autorités de l’occupation la couverture internationale pour intervenir dans l’administration de la mosquée.

Les graves conséquences à l’entrave du mouvement des équipes techniques et des ingénieurs dépendant des Awqaf, s’appliquent essentiellement sur les excavations de la colline al-Maghariba et le projet de pont de remplacement, où la Jordanie n’a pas réussi jusqu’à présent à présenter un projet architectural complet du pont, à cause de l’interdiction faite à ses équipes techniques d’utiliser le matériel ou même de prendre des photos, bien que deux visites sur le terrain aient eu lieu, depuis le 6/2/2007. Le comité du patrimoine de l’Unesco a étudié l’affaire d’al-Maghariba lors de ses réunions tout au long des années 2008-2009, et le représentant de l’occupation a présenté des projets complets, alors que la Jordanie n’a pas pu présenter des projets alternatifs au projet israélien, d’où la menace de voir adopté le projet israélien lors des prochaines réunions.

Bien que le rôle du département des Awqaf musulmans à al-Quds ait été restreint de façon dramatique au cours des années passées, et bien que la période couverte par le rapport a assisté à des points culminants inhabituels au niveau de la restriction ou du déni de ce rôle, de manière à nous faire dire quenous traversons aujourd’hui une phase décisive où nous assistons au démantèlement du droit exclusif musulman sur la mosquée, qui serait arraché aux prérogatives des Awqaf jordanien, à tout jamais, au profit du département archéologique israélien. Le département des Awqaf et ses responsables dans le ministère jordanien des Awqaf a évité la confrontation politique avec l’Etat de l’occupation concernant ces graves développements, au niveau des entraves à la rénovation au mouvement de ses fonctionnaires. Il y a un besoin urgent, aujourd’hui, à entreprendre des actions politiques urgentes et fermes pour mettre fin à ces interventions israéliennes, et protéger le droit exclusif musulman sur la mosquée, et le droit exclusif de sa supervision par les Awqaf jordanien.

3 – Maîtrise de l’entrée à la mosquée et entrave au déplacement des fidèles

Officiellement, le département des Awqaf musulmans dans al-Quds est la partie responsable de la supervision de toutes les portes de la mosquée al-Aqsa et le responsable du contrôle de ceux qui y rentrent, il détient les clés des quatorze portes de la mosquée, à l’exclusion de la porte al-Maghariba, dont l’occupation détient les clefs depuis 1967. Le mardi 18/8/2009, un grave précédent a eu lieu, avec la tentative de changer les règles du contrôle des portes de la mosquée, lorsque les forces de la police israélienne ont cassé les serrures de la porte al-Nazer, dans la partie nord ouest de la mosquée, installant une nouvelle serrure dont elle a gardé les clefs. Mais la riposte du département des Awqaf musulmans a été, cette fois-ci, exceptionnelle et immédiate, lorsqu’il a pris l’initiative de casser la serrure installée par la police, aidée par les fidèles qui se sont massés à l’endroit et a installé une nouvelle serrure dont il a gardé les clefs.

En 2000, une nouvelle mesure importante a été prise pour maîtriser l’entrée à la mosquée, où l’autorisation d’entrer des touristes a été transférée, du département des Awqaf, aux mains de l’occupation et de l’autorité archéologique israélienne, ce qui a signifié la suppression des entraves relatives à la pudeur et le respect de la sacralité du lieu, qui étaient imposées aux touristes, à qui est présentée l’histoire de la mosquée al-Aqsa du point de vue juif, qui la considère « accidentelle et étrangère » sur le « mont du temple », tout comme ce changement couvre l’entrée de groupes importants de juifs qui ne portent pas la nationalité israélienne, sous prétexte d’être des touristes.

De plus, l’occupation domine entièrement l’environnement de la mosquée, elle impose des entraves particulières sur l’entrée à la ville ancienne, par toutes ses portes, elle installe des barrages fixes et d’autres volants pour la police de l’occupation à toutes les entrées de la ville, à l’intérieur et aux alentours, pour empêcher l’entrée des fidèles musulmans à la mosquée, ces entraves sont soit géographiques, soit liées à l’âge.

Géographiquement, les habitants de la bande de Gaza et de la Cisjordanie et tous ceux qui ne portent pas des cartes bleues, parmi les habitants des zones situées autour d’al-Quds, sont formellement interdits d’entrer à la mosquée al-Aqsa. Quant aux catégories d’âge, les autorités de l’occupation empêchent, depuis le début de l’intifada en 2000, tous ceux qui sont âgés de moins de 40 ans parmi les hommes d’entrer à la mosquée, le vendredi, et cette interdiction a évolué au début de 2009, parallèlement à la guerre menée par l’occupation contre Gaza, où elle a été élargie pour comprendre les habitants de la Palestine occupée en 1948, et l’âge étant parfois relevé pour atteindre 55 ans, la prière du vendredi 9/1/2009 a été la moins suivie dans la mosquée depuis des décennies, le nombre de fidèles ne dépassant pas le chiffre de 3000.

La capacité des Palestiniens à accéder à la mosquée oscille d’une période à l’autre. Si le nombre des fidèles a juste atteint le chiffre de 3000 lors de la prière du vendredi 9/1/2009, il a atteint, au mois de ramadan, un chiffre exceptionnel, et notamment la nuit du 27 ramadan en 2008, où le nombre de fidèles a atteint, selon les estimations de la presse, le chiffre de 500.000, ce qui est dû au fait que la poigne sécuritaire de la police de l’occupation est incapable d’affronter la marée humaine impressionnante déferlant vers la ville, vers l’ancienne ville, par toutes ses portes. Ce qui confirme, et l’expérience le prouve formellement, que la marée humaine à l’intérieur de la Palestine reste l’arme la plus efficace pour la protection de la mosquée dans la situation actuelle.


IV – LES RECOMMANDATIONS

Face à ces résultats, nous affirmons que l’indicateur principal duquel tient compte l’occupant dans ses mouvements en direction de la mosquée al-Aqsa est le calcul des gains et pertes. L’avancée sans précédent à tous les niveaux est principalement due à l’absence de réaction de colère chez les Palestiniens, à laquelle l’occupant s’était habitué chaque fois qu’il agressait al-Aqsa, et l’absence de réactions au niveau arabe et islamique, officiel et populaire. Nous affirmons que le succès ou l’échec de l’occupation à réaliser le rêve « d’Urshalim sainte » est entre nos mains, nos réactions envers cette question vont pouvoir déterminer la vitesse de sa réalisation, chaque fois que nos mouvements sont plus importants et plus efficaces et s’élèvent vers des niveaux supérieurs, nous déplaçons ce rêve hors du champ du possible.

Sur cette base, nous posons les recommandations suivantes entre les mains de tous ceux qui sont concernés par la mosquée, son sort et son avenir, et proclamons, en tant qu’institution civile consacrée à al-Quds, notre disposition à coopérer avec tous ceux qui veulent agir pour protéger et soutenir la mosquée al-Aqsa, par tous les moyens possibles.

A – Recommandations aux masses arabes et musulmanes

Les manifestations et rassemblements populaires ne sont pas des moyens inutiles, au contraire, ce sont des facteurs importants dans la lecture de l’indicateur du gain et de la perte, chez l’occupant. Nous appelons toutes les parties actives à des réactions géantes, massives, organisées, pour adresser un message clair lors de toute agression future contre la mosquée, et appelons à ce que ce mouvement soit unitaire et uniquement consacré au soutien de la mosquée, et dépourvu de toute utilisation politique interne. Comme nous appelons à agir sur le long terme en relevant la prise de conscience grâce à la connaissance de la mosquée et de sa situation, car c’est la seule garantie pour agir et bouger pour le soutien à la mosquée.

B – Recommandations aux masses palestiniennes

Notre peuple dans les terres occupées en 1948 constitue la première ligne de défense, avec la population ferme et tenace d’al-Quds, qui agit et réagit aux menaces qui visent quotidiennement la mosquée. Nous louons leurs efforts et les appelons à les intensifier, et accroître les projets populaires pour la protection de la mosquée, et notamment ses parties sud-ouest, face à la porte al-Maghariba et ouest, face à la porte Silsila. Quant à notre peuple en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, nous les supplions pour que rien ne les détourne de porter attention sur la situation dans la mosquée al-Aqsa, pour laquelle a été déclenchée la deuxième intifada, alors qu’aujourd’hui, la situation est beaucoup plus grave qu’elle ne l’était en 2000.

C – recommandations aux forces et organisations de la résistance

Les forces de la résistance sont un acteur important, sinon essentiel, dans la lecture de l’indicateur de gain et de la perte chez l’occupant, elles déterminent son comportement avec la mosquée. Par conséquent, nous appelons les forces de la résistance, dans ses différentes composantes, à exercer leur rôle en déterminant l’orientation de l’indicateur du gain et de la perte. Tout comme nous les appelons à adopter une stratégie commune qui dépasse la réaction spontanée aux événements, et faire face de manière organisée et progressive aux menaces que nous avons décrites, et qui visent la mosquée. Tout comme elles sont appelées à déterminer leur position vis-à-vis de la vision proposant que la mosquée al-Aqsa soit un espace ouvert à toutes les religions, et celle qui appelle à l’accès de toutes les religions à leurs lieux saints dans al-Quds, placée sous contrôle international.

D – Recommandations à l’Autorité palestinienne

Pour faire face à ce qui se déroule aux alentours de la mosquée, face au grave danger qui menace le sort de la mosquée al-Aqsa, et l’adoption officielle par le gouvernement de l’occupation des actions visant son partage et l’entérinement de la présence juive, nous appelons l’Autorité palestinienne, dans les termes les plus fermes, à refuser toute concession à propos de « l’arrêt des agressions contre al-Aqsa » considéré comme une condition préalable entre les mains de tout négociateur. Face aux déclarations citées par le rapport de quelques responsables de l’Autorité, qui se disent prêts à transférer la souveraineté sur al-Quds à une partie tierce, et approuver la vision d’Obama sur al-Quds, nous appelons les responsables de l’Autorité à revoir cette vision et ses conséquences, de manière réfléchie, d’autant que du point de vue pratique, elle ne sera qu’une reproduction du plan de l’occupation visant la judaïsation de la ville, plan connu par « Urshalim d’abord », sous couverture de la légalité internationale. Le principe d’arracher le droit exclusif musulman sur la mosquée a été accueilli, et le sera aussi, par un large refus musulman au niveau des savants religieux, et ne sera en aucun cas accepté par les masses de cette nation, la tentative de l’imposer ne fera que déplacer la bataille sur al-Quds, d’une bataille contre l’occupant vers une bataille interne.
De même, tout en sachant que la formule par laquelle est née l’Autorité lui interdit toute possibilité de se trouver ou d’influer effectivement sur al-Quds, et les entraves supplémentaires posées par les arrestations lors de tout mouvement dans al-Quds, nous appelons cependant l’Autorité à trouver des alternatives créatives pour agir dans al-Quds, même s’il s’agit de moyens non traditionnels, selon la conception ministérielle et bureaucratique.

E – Recommandations au gouvernement jordanien

L’occupation cherche par tous les moyens à resserrer l’étau sur les Awqaf musulmans dans al-Quds, en les empêchant toute réparation et rénovation, en entravant le mouvement de ses fonctinnaires de manière à les empêcher d’accomplir leurs tâches, il invente des prétextes pour l’intervention du département archéologique israélien dans les travaux d’entretien et de construction, ce qui signifie une tentative d’arracher le droit exclusif musulman sur la mosquée. Face à ce défi historique, nous appelons le gouvernement jordanien à mener l’affrontement politique avec l’occupant, à proclamer un refus ferme, de haut niveau, pour toute entrave au travail des Awqaf, ou toute intervention dans son travail, et à affirmer le refus formel et définitif de toute tentative d’arracher cet droit exclusif musulman sur la mosquée, et toute tentative d’arracher le droit exclusif de sa supervision par les Awqaf jordanien, mais cet effort exige de mettre à disposition tous les outils diplomatiques et institutionnels possibles.

Tout comme nous appelons le gouvernement jordanien à adopter les efforts populaires et non gouvernementaux arabes et musulmans, qui souhaitent le voir prendre en charge la protection exclusive musulmane de la mosquée, et à protéger et maintenir son rôle, à ne pas se comporter dans un esprit de compétition, ces efforts peuvent appuyer la position des Awqaf jordanien, le soutenir et le compléter. Ces institutions peuvent apporter beaucoup, elles sont les parties qui peuvent traduire la considérable énergie émotionnelle des masses de la nation arabo-islamique en un véritable soutien à al-Aqsa, à ses défenseurs et sa population.

F – Recommandations aux gouvernements arabes et islamiques

A partir des premières indications officielles suggérant la disposition de quelques responsables arabes à accepter le transfert de la souveraineté sur al-Quds à une partie tierce, ce qui signifie de fait qu’ils ont accepté la vision d’Obama à propos d’al-Quds, nous les appelons comme nous avons appelé les responsables de l’Autorité palestinienne, à revoir cette vision et ses conséquences de manière réfléchie, d’autant que, sur le plan pratique, elle constituera une reproduction du plan de judaïsation de la ville d’al-Quds, par l’occupation, plan connu sous l’appelation « Urshalim d’abord », sous une couverture légale internationale et que le principe d’arracher le droit exclusif musulman sur la mosquée a été, et sera affronté par une refus islamique large au niveau des savants religieux, et ne sera, en aucune manière, accepté par les masses de cette nation, et la tentative de l’imposer ne signifie en fait que déplacer le conflit sur al-Quds d’une bataille avec l’occupant vers une bataille interne.

Comme nous appelons les gouvernements arabes et islamiques à cesser d’agir avec la question de la mosquée al-Aqsa comme s’il s’agissait d’une affaire interne palestinienne ou jordanienne, ou une affaire du ressort du comité al-Quds issu de l’Organisation de la conférence islamique, et les appelons à agir dans le cadre d’une stratégie claire et précise pour empêcher le partage de la mosquée, au moins, si elles ne peuvent la libérer, comme nous les appelons à soutenir et à appuyer le rôle que le régime jordanien se doit d’adopter en tant que légataire des lieux saints et à constituer un front de pression commun avec tous les acteurs internationaux, sur l’Etat de l’occupation, au moins au sujet d’al-Quds.

G – Recommandations aux organismes et organisations internationales

La Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique s’accordent sur une position claire à propos de la mosquée et le droit historique arabe et islamique à son égard. Elles ont formé, chacune d’elle, des bureaux ou des conseils supposés assumer la responsabilité du soutien à al-Quds et les lieux saints, et notamment l’OCI, fondée suite à l’incendie de la mosquée al-Aqsa en 1969, et dont est issu le comité al-Quds supposé mener un mouvement officiel et méthodique pour la protection d’al-Quds. A partir de là, nous appelons à une action commune et efficace entre les deux organisations, et demandons au comité d’al-Quds d’assumer son rôle supposé, utilisant les résolutions internationales qui confirment le droit historique sur al-Quds et al-Aqsa dans toutes les institutions internationales. Après avoir rappelé les principales résolutions du conseil de sécurité en relation avec la mosquée et leur contenu, après avoir souligné que le conseil de sécurité pratique en vérité une politique préférentielle dans l’application de ses résolutions, et que les Nations-Unies sont incapables de les faire appliquer, nous appelons à réaliser au moins le minimum, et appelons l’UNESCO et les institutions concernées à maintenir la mosquée al-Aqsa et al-Quds à la tête des sites du patrimoine mondial menacé, à archiver tout ce qui est détruit de ce patrimoine humain par les autorités de l’occupation et à agir effectivement en s’y opposant par les moyens disponibles.

H – Recommandations aux parties agissant en faveur d’al-Quds

Les institutions civiles et les organismes d’al-Quds sont appelées à considérer que l’effort pour protéger la mosquée al-Aqsa et les lieux saints est prioritaire parmi leurs actions, et sont appelées à considérer que les prochaines années sont des années de mobilisation générale pour le soutien et l’appui aux projets de protection de la mosquée al-Aqsa, sur les plans financier, médiatique et la mobilisation populaire, et pour donner tout ce qui est nécessaire pour assurer la réussite de ces projets qui donnent les moyens aux fidèles d’être présents, tout au long de la journée, dans la mosquée al-Aqsa, ou les projets qui assurent les travaux de réfection, réparation et rénovation. Ils sont également appelés à consacrer des efforts en direction d’intenses relations publiques, pour inciter les organisations, organismes et Etats à bouger dans ce sens, élever le niveau de pression sur l’occupation et influer sur ses intérêts.

I – Recommandations aux personnalités religieuses

Face à cette grave vision proposée aujourd’hui, consistant à transformer la mosquée en un lieu d’adoration pour les croyants des différentes religions, le devoir des savants de la nation consiste à montrer l’attitude légale correcte vis-à-vis de cette question et vis-à-vis du principe d’arracher le droit exclusif musulman sur la mosquée. De plus, la mosquée al-Aqsa est une cause large pouvant rassembler les musulmans, quelles que soient leurs écoles et confessions, au moment où nous avons le plus besoin de cette unité, et où la mosquée a largement besoin de ce soutien et de cet appui.

J – Recommandations aux organismes et organisations juridiques

La question de la mosquée al-Aqsa est rattachée à celle de la liberté de culte et de croyance, garantie par les traités des droits de l’homme. Il est donc inconcevable de se comporter avec comme s’il s’agissait d’une question religieuse relevant des seules références religieuses. Ces organisations et organismes sont appelés à activer cette question à différents niveaux juridiques et internationaux, pour accroître la pression et assiéger les actions de l’occupation contre la mosquée al-Aqsa.

K – Recommandations aux médias

A partir des remarques concernant la faiblesse de la couverture médiatique relatives aux affaires d’al-Quds et de la mosquée al-Aqsa, sur les plans quantitatif et qualitatif, par les médias arabes et islamiques, qui ne leur accordent pas la priorité même lorsqu’ils ont la possibilité de les suivre, cette faiblesse ne fait exception que pour un nombre très limité de médias qui font effectivement de la question d’al-Quds leur priorité, nous appelons à réserver un intérêt principal pour couvrir les nouvelles d’al-Quds et de la mosquée al-Aqsa, et à mettre au point les outils nécessaires, et garder cette affaire parmi les affaires essentielles dans tous les moyens d’information, que ce soit dans les dialogues ou les documentaires, pour souligner dans la conscience que tous les sacrifices et les acquis pour affronter le projet de l’occupation doivent se concentrer, finalement, pour changer en mieux la situation d’al-Quds et de la mosquée al-Aqsa.

L – Résumé en chiffres

1 - Les excavations sous et autour de la mosquée al-Aqsa
- Excavations achevées : 13
- Excavations actives : 12 (1)
Soit un total de 25.

2 - Présence juive dans et autour des places de la mosquée
Type d’agressions et nombre de fois :
- Constructions : 6
- Confiscations : 2
- Bâtiments construits précédemment : 4
Soit un total de 12.

3 - Invasions de la mosquée al-Aqsa
* Invasions au cours de la période actuelle (du 21/8/2008 au 21/8/2009)
- Personnalités officielles : 5
- Extrémistes : 30
- Appareils sécuritaires : 8
Soit un total de 43.

* Invasions au cours de la période précédente (du 21/8/2006 au 21/8/2008)
- Personnalités officielles : 3
- Extrémistes : 12
- Appareils sécuritaires : 6
Soit un total de 21.

* Taux de changement (en comparaison avec la moyenne annuelle)
- Personnalités officielles : 333%
- Extrémistes : 500%
- Appareils sécuritaires : 267%
Soit un total de + 410%.


[1] Dont cinq nouvelles, commencées au cours de la période couverte par le rapport.
Traduction : CIREPAL, Centre d’Information sur la résistance en Palestine