mercredi 22 juin 2011

Israël a démoli plus de maisons palestiniennes en 6 mois que sur tout 2010 (ONG)

22/06/2011
L'administration militaire israélienne en Cisjordanie occupée a démoli en moins de six mois en 2011 plus d'habitations palestiniennes que sur toute l'année 2011, a affirmé mercredi l'organisation israélienne de défense des droits de l'Homme B'Tselem.
Les autorités d'occupation israéliennes ont détruit en l'espace d'une semaine, les 14 et 21 juin, une trentaine de structures d'habitation en Cisjordanie, dans la vallée du Jourdain (est) et la région d'Hébron (sud), relève B'Tselem ainsi que, de son côté, Human Rights Watch (HRW), les deux organisations appelant à l'arrêt de ces démolitions.
Dans un communiqué, B'Tselem indique que, selon son décompte, "103 structures d'habitation" abritant 706 Palestiniens, dont 341 mineurs, ont été démolies.
Par comparaison, en 2010 l'ONG avait recensé 86 destructions de ce type, qui avaient privé de foyer 472 Palestiniens, dont 223 mineurs.
De son côté, Human Rights Watch précise dans un communiqué que les destructions le 14 juin dans la région de Jéricho ont abouti au déplacement de 100 personnes et celles du 21 juin de 40 personnes dans deux localités proches de Toubas, dans le nord-est de la Cisjordanie.
D'après les données de l'ONU, qui suit un mode de calcul distinct de celui de B'Tselem, Israël avait démoli en 2011 en Cisjordanie 207 structures appartenant à des Palestiniens, tous types confondus, provoquant le déplacement de 459 personnes, soit un doublement des destructions et un triplement du nombre de sans-logis par rapport à la même période en 2010, souligne HRW.
"Le droit de l'occupation applicable à la Cisjordanie interdit aux forces israéliennes de détruire des propriétés privées palestiniennes et d'évacuer des civils à moins que leur propre 'sécurité' ou des 'raisons militaires impératives' ne l'exigent", rappelle l'organisation, citant la Quatrième Convention de Genève.
L'argument de l'administration militaire israélienne selon laquelle ces structures ont été édifiées sans permis des autorités d'occupation ne suffit donc pas à justifier ces opérations, selon HRW.