mardi 7 septembre 2010

Assad : Les négociations de paix doivent inclure le Hamas

07/09/2010
Le président syrien partageant un moment de détente avec des enfants trisomiques dans un hôtel à Damas. Louai Beshara/AFP
Le président syrien partageant un moment de détente avec des enfants trisomiques dans un hôtel à Damas. Louai Beshara/AFP 
Le président syrien Bachar el-Assad a jugé hier, lors d'un entretien avec le roi Abdallah II de Jordanie, que les négociations directes récemment entamées entre l'Autorité palestinienne et les Israéliens doivent inclure « tous les représentants du peuple palestinien », dont le Hamas.
Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a prévenu hier qu'il empêcherait toute prolongation du gel partiel de la colonisation en Cisjordanie occupée, qui expire le 26 septembre. « Il n'y a aucune raison de prolonger ce gel. Israël Beiteinou a suffisamment d'influence et de pouvoir au sein du gouvernement et du Parlement pour faire en sorte qu'aucune proposition de prolongation du gel passe », a-t-il dit à la radio militaire.
M. Lieberman dirige le parti ultranationaliste Israël Beiteinou, deuxième composante de la majorité après le Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Il a été tenu à l'écart de la reprise le 2 septembre à Washington des négociations directes israélo-palestiniennes. 
L'Autorité palestinienne a fait savoir que la relance de la colonisation, qui compromet selon elle la viabilité du futur État palestinien, mettrait fin aux négociations. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a indiqué avoir de nouveau prévenu à Washington l'administration américaine et M. Netanyahu que les pourparlers s'arrêteraient si le gel n'était pas renouvelé. Les discussions « se poursuivront jusqu'à la fin du mois et si le gouvernement prolonge la décision d'arrêter la colonisation, nous continuerons à négocier. S'il ne le fait pas, nous partirons », a déclaré M. Abbas au quotidien palestinien al-Ayyam, lors de sa visite en Libye dimanche.
Le 26 septembre marque la fin du moratoire de dix mois décrété par le gouvernement pour la construction de logements dans les implantations de Cisjordanie où vivent plus de 300 000 colons israéliens. Cette mesure avait été prise sous la pression du président américain Barack Obama qui souhaitait ainsi favoriser une reprise des négociations directes gelées depuis 20 mois.
M. Netanyahu a laissé entendre qu'il n'avait pas l'intention de prolonger ce moratoire, tout en se gardant de le dire publiquement à Washington. M. Lieberman a répété qu'il était « impossible de parvenir à un accord final en trouvant d'ici à un an des solutions à des problèmes émotionnels et compliqués tels que Jérusalem, les réfugiés (palestiniens), les implantations juives et la reconnaissance d'Israël comme État du peuple juif ». « La seule chose réelle que nous puissions atteindre, c'est un accord intérimaire à long terme », a dit M. Lieberman en évoquant la possibilité d'un État palestinien « aux frontières temporaires ». « On court trop vite. Pour les Palestiniens, ces discussions servent de prétexte pour faire en sorte qu'Israël soit accusé de leur échec, c'est la raison pour laquelle ils exigent la poursuite du gel » de la colonisation, selon lui.
Hier, M. Netanyahu a déclaré que les divergences entre les positions israéliennes et palestiniennes sont telles que seules des négociations continues peuvent permettre de les surmonter. Commentant pour la première fois la reprise des pourparlers de paix directs jeudi dernier à Washington, il a dit espérer que le président palestinien Mahmoud Abbas poursuivrait ces discussions malgré les désaccords.
 Parallèlement, à Damas, le président syrien Bachar el-Assad a accueilli le roi Abdallah II de Jordanie qui a assisté avec le président égyptien Hosni Moubarak à la reprise des négociations jeudi dernier à Washington. Le souverain hachémite a informé le président Assad des « derniers développements liés à ces pourparlers », a indiqué l'agence officielle syrienne SANA. « L'administration américaine est décidée à parvenir à un accord de paix (dans la région), car la paix ne sera durable que si elle est globale » et comprend tous les pays de la région, a ajouté le souverain hachémite lors de l'entretien.
Pour sa part, le président Assad a jugé nécessaire « la participation de tous les représentants du peuple palestinien à ces négociations », dans une allusion au Hamas dont le chef en exil Khaled Mechaal vit à Damas. M. Assad, toujours cité par SANA, « a réitéré la volonté de la Syrie de réaliser une paix juste et globale » et averti que « la politique israélienne d'agression et de colonisation représente un véritable obstacle à la paix ».