mardi 28 juillet 2009

Un ballet diplomatique à Tel-Aviv contre… Téhéran


 Un ballet diplomatique à Tel-Aviv contre… Téhéran

Israël agite l’épouvantail de l’Iran pour faire oublier le gel des colonies

La lune de miel semble reprendre de plus belle entre Tel-Aviv et Washington. Finis les échanges à fleurets mouchetés entre l’Administration Obama et le cabinet de l’intraitable Netanyahu autour du gel des colonies juives.



Ce dernier semble avoir eu le dernier mot au regard de la chaude poignée de main hier entre son ministre de la Défense, Ehud Barack, et son homologue américain, Robert Gates. Le ministre israélien du Commerce, de l’Industrie et de l’Emploi, Binyamin Ben Eliezer, a dit hier tout haut ce que tout le monde pensait déjà sur la capacité des Etats-Unis à forcer la main au grand allié Israël. Sur les ondes de la radio publique israélienne, ce ministre a résumé un peu les résultats des entretiens entre Gates et Netanyahu : « Les Etats-Unis commencent à comprendre que la construction dans les colonies va se poursuivre. » Les menaces publiques de Barack Obama ne sont finalement qu’une petite tempête – verbale – dans un verre d’eau.

No, you can’t

Signe de ce retour à la « normale » entre Tel-Aviv et Washington, hier il a été beaucoup plus question du nucléaire iranien que du gel des colonies… ! Les responsables israéliens ont habilement surfé sur la prétendue menace iranienne pour détourner l’objet d’une rencontre qui avait vocation de trouver une solution à la colonisation sauvage des territoires palestiniens. Robert Gates, bon gré mal gré, s’est donc laissé entraîner dans un débat sur la meilleure façon de corriger Téhéran. Point de déclarations sur le gel des colonies, censée être la pomme de discorde entre son Administration et le cabinet du Premier ministre israélien. Le président américain, Barack Obama, qui a mis « trois fers » au feu du Proche-Orient – Robert Gates, George Mitchell et James Jones – pour théoriquement l’éteindre, et débloquer le processus de paix, semble avoir un souci autrement plus important, celui de requinquer son image vis-à-vis des Israéliens. Pour cause, des centaines d’ultra-nationalistes israéliens, des colons pour la plupart, ont manifesté hier à Jérusalem contre « les pressions » de l’Administration américaine de Barack Obama.

Arborant des affiches dans lesquelles on pouvait lire « Oui à l’indépendance d’Israël, Non au diktat américain » et « Obama, sache que le pays de la bible appartient au peuple de la Bible » ou encore « Israël ne doit pas capituler ». C’est pourquoi Robert Gates et avant lui George Mitchell et aujourd’hui James Jones auront à cœur de détourner leur mire sur Téhéran pour recevoir l’onction de l’Etat hébreu. Dans un parfait partage des rôles, Ehud Barack envoyaient hier l’étincelle en déclarant qu’« Israël demeurait sur sa position de base selon laquelle aucune option ne doit être écartée contre l’Iran ». Robert Gates saisit, reprend au vol et annonce ceci : « Il est clair que si le processus ne réussit pas, les Etats-Unis sont prêts à faire pression pour de nouvelles sanctions sévères qui ne seraient pas progressives. » De son côté, Hosni Moubarak a rassuré George Mitchell qu’il mène une médiation dans le cadre du dialogue entre les mouvements palestiniens rivaux Hamas et Fatah pour la libération du soldat israélien Gilad Shalit… En somme, c’est un chassé-croisé diplomatique (américain) des plus fructueux pour Israël. Quand au gel des colonies réclamé à cor et à cri, c’est une toute autre histoire… Il est par conséquent difficile de donner corps à cette « paix globale au Proche-Orient » réclamée dimanche par George Mitchell aussi longtemps que les Etats-Unis continueront de voir avec des œillères israéliennes.



Par Hassan Moali