dimanche 14 mars 2010

Une autre lecture de l’assassinat d’Al-Mabhouh

dimanche 14 mars 2010 - 06h:55
Ramzy Baroud - The Palestine Chronicle
Imaginons seulement ce qui se passerait si le Hamas décidait de riposter, étendant le champ de bataille de la bande de Gaza au reste du monde.
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Al-Mabhouh a de plus été, et avec cynisme, spolié de son rapport personnel à l’événement.
L’assassinat du militant palestinien, Mahmoud al-Mabhouh, le 19 janvier 2010, fut manifestement un acte bien prémédité, violent et sadique, commis par des assassins israéliens, dans la pseudo sécurité d’un pays souverain.
Oui, Mahmoud al-Mabhouh était un militant palestinien. Nous n’avons aucune raison de penser le contraire. Il a passé des années de sa vie dans les prisons israéliennes - et un an dans une prison égyptienne - pour son militantisme politique. Cela ne donne pour autant aucune crédibilité à l’accusation par Israël de meurtres d’Israéliens. Cette allégation devient même plus problématique alors que l’assassinat d’al-Mabhouh fut, d’après la presse britannique, ordonné par des politiciens israéliens de droite et accusés de crimes de guerre.
Selon le Sunday Times, Meir Dagan, l’actuel directeur du Mossad a informé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu du projet d’assassinat lors d’une réunion, début janvier. « Le peuple d’Israël a confiance en vous. Bonne chance, » aurait déclaré Netanyahu à la fin de cette réunion.
Il est déjà scandaleux que les assassins aient utilisé des passeports européens « falsifiés », de même que des cartes de crédit d’une banque américaine, pour réaliser leur projet. Mais le plus affligeant, c’est que cette action cruelle et calculée n’ait inspiré guère plus que des manifestations d’ « indignation ». Nous sommes-nous à ce point « résignés » à l’impunité israélienne ?
Qu’en est-il de l’inviolabilité de la vie, de la souveraineté des nations et du respect du droit international ? Sont-ils bon à jeter dès que la victime est palestinienne, et que le lieu du crime est un pays arabe ?
Al-Mabhouh a de plus été, et avec cynisme, spolié de son rapport personnel à l’évènement. Nous ne savons que peu de chose sur l’homme en dehors de ce que les Israéliens voulaient qu’on sache - un agent important du Hamas responsable de l’enlèvement et du meurtre de deux soldats israéliens, l’un des fondateurs de la branche militante du Hamas, Izz al-Din al-Qassam, et l’intermédiaire entre le Hamas à Gaza et la Force des gardes révolutionnaires al-Quds en Iran.
Qui a inventé cette histoire si furieusement réductionniste de la vie d’al-Mabhouh, en un si court laps de temps ? Sa famille ? Le Hamas ? Les médias palestiniens ? Non, aucun de ceux-là. L’inventeur de cette biographie c’est Israël, le pays même qui l’a assassiné. C’est cela qui est vraiment scandaleux : c’est l’assassin qui écrit et convainc le monde de l’histoire de la victime. Et les médias, ravis, courent avec lui.
Evidemment, un Palestinien aurait raconté l’histoire d’al-Mabhouh en des termes totalement différents. Il dirait qu’il est né à Jabalia, l’un des camps de réfugiés les plus pauvres et les plus peuplés de Gaza. Ces seuls mots clés - Gaza, pauvres, peuplés, réfugiés - aident à démêler la véritable histoire d’al-Mabhouh. C’est l’histoire qui est celle de gens qui vivent encore dans une angoisse, une pauvreté et une résistance extrêmes, dans la bande de Gaza - et ailleurs - mise en état de siège inhumain et de guerres successives par la quatrième puissance militaire du monde. Son histoire n’est pas celle de soldats de l’occupation enlevés mais de millions de réfugiés, ce n’est pas celle de l’Iran mais de Gaza et de la Palestine, ce n’est pas celle d’hôtels de luxe mais de camps de réfugiés effroyablement délaissés.
Mais les Palestiniens - comme de nombreux peuples opprimés dans le monde - n’ont pas droit à leur propre narration. Leur histoire est négligeable, si ce n’est totalement hors propos. Israël commet l’assassinat, Israël donne l’explication et, finalement, Israël s’en tire tant pour le crime que pour le mensonge. L’assassinat d’al-Mabhouh pourrait finir par inspirer quelques documentaires qui éclaireraient sur la nature d’assassin des militants palestiniens, et le génie inégalable des représailles israéliennes. Un autre Munich de Steven Spielberg est peut-être en gestation. La première scène ne montrerait pas la famille d’al-Mabhouh, obligée de fuir son village de Palestine après la boucherie ineffable perpétrée par les militants sionistes en 1948. Non, elle montrerait plutôt un Palestinien à la peau noire, menaçant, abattant deux soldats israéliens sans défense suppliant qu’on leur laisse la vie sauve.
On nous dit plus ou moins d’oublier al-Mabhouh. Après tout, son nom est utilisé accolé à ceux du Hamas et de l’Iran, dans la même phrase. Cela devrait suffire pour nous comprendre que sa vie n’était pas indispensable - comme celle des plus de 1 400 Palestiniens qui furent tués par l’armée israélienne à Gaza entre décembre 2008 et janvier 2009. Israël peut bien préparer une nouvelle agression contre la Bande en pleine misère. Les tunnels qui constituent une bouée de sauvetage pour la grande majorité des Palestiniens à Gaza sont régulièrement détruits par l’aviation israélienne, dynamités et barrés par un mur d’acier égyptien. Les Gazaouis sont également interdits de tout armement pour se défendre. La « communauté internationale » s’est réunie maintes fois pour s’assurer qu’aucune arme ne parvenait à Gaza. les Etats-Unis en particulier sont absolument inflexibles sur cette question - mais pas inflexibles du tout pour assurer que la nourriture et les médicaments arrivent dans la Bande. Al-Mabhouh peut avoir été tué parce qu’Israël pensait qu’il armait la résistance. Ceci expliquerait en partie pourquoi la « communauté internationale » ne s’est pas émue du meurtre. Al-Mabhouh peut encore avoir été impliqué dans un manquement au consensus occidental sur l’interdiction de nourriture et d’armes pour Gaza.
L’Union européenne est préoccupée simplement parce qu’elle a été mêlée à l’histoire, mais pas par l’assassinat lui-même. Une déclaration de l’UE à Bruxelles, du 22 février, condamne le « fait que les personnes impliquées dans cette action ont utilisé des passeports falsifiés d’Etats membres de l’UE ». Elle ne cite aucunement le nom d’Israël. Comme le Financial Times l’a conclu, « La critique d’Israël a eu la force que l’Union européenne pouvait se permettre, compte tenu que l’Allemagne, l’Italie et plusieurs autres pays mettent grandement l’accent sur leurs relations étroites avec Israël ».
Imaginons seulement ce qui se passerait si le Hamas décidait de riposter, étendant le champ de bataille de la bande de Gaza au reste du monde. L’UE exprimerait-elle sa désapprobation devant l’utilisation par le Hamas de passeport falsifié, en s’abstenant de citer le nom du mouvement : dans la crainte, disons, de contrarier les pays musulmans ?
Non. Car quand la victime est un Palestinien et les assassins sont des Israéliens - 27 à ce jour -, c’est une histoire totalement différente, et une conception de la justice totalement différente.
* Ramzy Baroud (son site : http://www.ramzybaroud.net) écrit pour PalestineChronicle. Son dernier livre est Mon père était un combattant de la liberté : l’histoire indicible de Gaza » (Pluto Press, Londres) est disponible sur Amazon.com
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10 mars 2010 - The Palestine Chronicle - traduction : JPP
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8342

Cinq ans de prison pour un innocent ça suffit ! Israël doit libérer Salah Hamouri

publié le samedi 13 mars 2010
Comité régional de soutien pour la libération de Salah Hamouri

 
Mobilisation dans le Nord et le Pas de calais

Samedi 13 mars, à Grenay à 11 heures, salle des mariages de la Mairie, Salah Hamouri deviendra Citoyen d’Honneur de la Ville

Salah Hamouri, jeune Franco-Palestinien de 23 ans, originaire de Jérusalem, est en prison en Israël. Il est tout à fait innocent. Jugé par un tribunal militaire israélien siégeant en Cisjordanie occupée, il a été condamné à 7 ans de prison. Aucune preuve concrète de ce qui lui est reproché : vouloir attenter à la vie d’une personne, appartenance au Front Populaire de Libération de la Palestine, n’a pu être présentée. Il est otage de l’occupation israélienne qui juge ceux qu’elle opprime.
Malgré toutes les démarches effectuées à l’initiative de sa famille et de son comité de soutien, malgré les assurances officielles prodiguées, Salah Hamouri est toujours en prison. Fin juillet, alors qu’un espoir d’élargissement s’ouvrait avec la réunion de la commission de remise de peine, la réponse des juges militaires est tombée : c’est non à toute libération. Cette réunion au mépris du droit international s’est déroulée alors que le consul de France adjoint à Haïfa était interdit de salle d’audience, et des accusations nouvelles, toutes aussi arbitraires que les accusations initiales, ont été avancées.
Pire il apparaît, suite à l’intervention de Salah, confirmées par sa mère Denise, que les conditions minimales en matière de détention ne sont pas respectées. Salah Hamouri, comme les autres prisonniers de la prison israélienne de Gilboa n’a pas d’accès libre à la presse, et il n’a pas plus de deux livres par mois.
Salah Hamouri aura très bientôt passé cinq ans en prison. Aucune charge concrète n’a pu être réunie contre lui. Il est temps que les autorités françaises mettent en cause une sentence totalement illégitime : invoquer la « clémence » d’une juridiction illégale ne peut que prolonger l’enfermement de notre compatriote. Salah Hamouri doit rejoindre les siens à Jérusalem.

Prolongation jusqu'à mardi prochain du bouclage total de la Cisjordanie

14/03/2010
Barak a ordonné samedi de proroger jusqu'à mardi minuit le bouclage
 total de la Cisjordanie./
Barak a ordonné samedi de proroger jusqu'à mardi minuit le bouclage total de la Cisjordanie./ AFP
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a ordonné samedi de proroger jusqu'à mardi minuit, le bouclage total de la Cisjordanie censé s'achever à samedi minuit, a annoncé un porte-parole de l'armée.
Le bouclage strict a été décidé "pour motifs sécuritaires", compte tenu d'un risque d'attentats, selon cette source. Il a pris effet à minuit dans la nuit de jeudi à vendredi.
L'armée israélienne boucle systématiquement la Cisjordanie pour chaque fête juive. C'est la première fois depuis plus d'un an qu'une telle mesure est prise alors qu'aucune célébration n'est prévue en Israël.
http://www.lorientlejour.com/category/M.O+et+Monde/article/650204/Prolongation_jusqua_mardi_prochain_du_bouclage_total_de_la_Cisjordanie.html

Lula se pose en médiateur entre Israël et l'Iran

14/03/2010

En recevant la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton la semaine dernière, Lula, qui s'oppose à de nouvelles sanctions contre Téhéran, avait affirmé qu'il ne fallait pas "mettre l'Iran le dos au mur"./ AFP
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva effectue la semaine prochaine une délicate visite au Proche-Orient où il tentera de favoriser les négociations de paix israélo-palestinienne et prônera le dialogue avec l'Iran, un sujet de désaccord majeur avec Israël.
Cette première visite d'un chef de l'État brésilien en Israël, dans les Territoires occupés et en Jordanie, de lundi à jeudi, intervient après l'annonce par Israël de sa volonté de bâtir 1 600 logements dans Jérusalem-est annexée.
Le Brésil a condamné cette décision controversée qui a donné un nouveau coup d'arrêt à la relance du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, suspendu depuis la guerre de Gaza, en décembre 2008.
Mais le principal différend avec Israël devrait être la question nucléaire iranienne, jugée comme la menace la plus sérieuse par l'État hébreu. En recevant la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton la semaine dernière, Lula, qui s'oppose à de nouvelles sanctions contre Téhéran, avait affirmé qu'il ne fallait pas "mettre l'Iran le dos au mur".
Dans une interview à plusieurs médias dont le quotidien israélien Haaretz publiée vendredi, Lula enfonce le clou. "On doit éviter de faire en Iran ce qu'on a fait en Irak. Et avant toute sanction, on doit tout faire pour favoriser la paix au Proche-Orient. D'où ma visite en Israël, en Palestine et en Jordanie et la raison de ma visite en Iran au mois de mai".
En novembre dernier, Lula avait déjà accueilli successivement à Brasilia les présidents israélien Shimon Peres, palestinien Mahmoud Abbas et iranien Mahmoud Ahmadinejad.
"Je crois qu'à travers le dialogue, nous pourrons résoudre tous les conflits qui paraissent aujourd'hui insolubles", a ajouté le président brésilien dont le pays siège comme membre non-permanent au Conseil de sécurité de l'ONU.
Israël, comme les Occidentaux, soupçonne l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme civil et prône un durcissement des sanctions internationales. L'État hébreu n'exclut pas non plus des frappes militaires.
Dans sa tournée au Proche-Orient, le président Lula "fera part de l'intérêt du Brésil de participer au processus de paix", a déclaré le porte-parole de la présidence, Marcelo Baumbach. Ce voyage représente l'effort le plus visible du Brésil pour devenir un acteur dans les négociations, même si cette ambition a déjà été écartée par Israël.
Lundi, Lula rencontrera à Jérusalem le président Shimon Peres, le Premier ministre Benjamin Netanhayu et la dirigeante de l'opposition, l'ex-chef de la diplomatie Tzipi Livni. Il rencontrera aussi le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas et le Premier ministre palestinien Salam Fayyad. Il est prévu qu'il passe la nuit à Bethleem avant de se rendre à Ramallah.
En Israël, Lula devrait condamner l'extension des colonies israéliennes, tandis qu'il devrait redire aux Palestiniens son soutien à la solution des deux États.
Pour l'analyste politique David Fleischer, de l'Université de Brasilia, il est encore difficile de savoir si les pays traditionnellement influents dans la région accepteront de faire une place au Brésil. "L'Égypte a beaucoup d'influence dans cette région, ainsi que plusieurs pays européens et les États-Unis et ce sont eux qui décident de la façon de négocier", a-t-il dit.
http://www.lorientlejour.com/category/M.O+et+Monde/article/650181/Lula_se_pose_en_mediateur_entre_Israel_et_lIran.html

L'Europe invite Netanyahu à être à la hauteur du processus de paix

14/03/2010

Ashton entame dimanche sa première visite dans la région, jusqu'au 
18 mars.
Ashton entame dimanche sa première visite dans la région, jusqu'au 18 mars.
La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a appelé samedi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à "faire preuve de leadership", dans une interview accordée à quelques journalistes en Finlande.
Elle s'exprimait à la veille du début de sa première visite dans la région, jusqu'au 18 mars. Elle est attendue le 17 mars en Israël.
- Que vous inspire la décision d'Israël d'autoriser la construction de nouveaux logements à Jérusalem-est?
"Je suis très préoccupée, je suis préoccupée qu'Israël ait annoncé cela juste au moment où les pourparlers indirects allaient commencer" entre Israéliens et Palestiniens. "Cela dit je reste d'avis qu'il nous faut relancer les négociations, que la solution passe par un accord. Et les négociations indirectes, impulsées par George Mitchell (l'émissaire américain pour le Proche-Orient), marquent le début de ce processus. Je pense que ces négociations indirectes doivent aboutir à des négociations sérieuses, dont fera partie la question des frontières, qui permettra de résoudre celle des colonies" israéliennes.
- Que comptez-vous dire précisément au Premier ministre israélien?
"Ce que je vais lui dire c'est qu'il est dans une position unique. Il jouit d'une forte cote de popularité en Israël, ce qui n'est pas toujours le cas" pour un chef de gouvernement en exercice dans le pays, "et il y a eu un calme relatif (sur le front des attentats ou tirs de roquettes en Israël) au cours des derniers mois. C'est le moment où un dirigeant doit faire preuve de leadership en saisissant la chance d'amener durablement son peuple vers la prospérité et le calme. Et cela ne peut être réalisé qu'en obtenant un accord" de paix.
- Quels arguments a l'UE pour se faire entendre des Israéliens, quand même les États-Unis n'y arrivent pas?
"Nous fournissons d'énormes montants d'aide humanitaire et au développement dans la région. Nous avons une relation commerciale forte avec Israël et Israël veut relever le niveau de ses relations avec nous. Nous sommes donc un partenaire significatif" d'Israël. "Notre ambition est de faire en sorte qu'ils sachent que la solution passe par un accord négocié, et nous sommes d'avis que cela doit se passer rapidement et maintenant. L'opportunité qui s'offre à Israël - tout comme aux Palestiniens - est d'obtenir le renforcement de leur relation avec nous qu'ils souhaitent pour l'avenir".

La situation régionale est très volatile, estime Hariri

14/03/2010
Saad Hariri : Le Liban et la Syrie sont deux pays voisins, unis par
 leur identité arabe./
Saad Hariri : Le Liban et la Syrie sont deux pays voisins, unis par leur identité arabe./ AFP
Le Premier ministre Saad Hariri a mis en garde, dans une interview accordée à l'agence de presse allemande, DPA, de l'instabilité qui règne dans la région : "Nous vivons dans une région volatile, et cette instabilité résulte de l'incapacité d'avancer sérieusement et rapidement avec le processus de paix", a-t-il assuré. Le chef du gouvernement a ajouté que toute éventuelle guerre dans la région serait le résultat direct de "l'inaction de la communauté internationale et son échec dans la résolution du conflit israélo-arabe."
"Toutes les guerres israéliennes, dont le Liban a été victime, ont été lancées par l'État hébreu. La décision n'a jamais été la nôtre. C'est le Liban qui en a payé le prix le plus élevé, que ce soit au niveau des victimes humaines, des Libanais déplacés ou de la destruction de l'infrastructure du pays", a déclaré M. Hariri. Interrogé sur les menaces israéliennes de tenir le gouvernement responsable d'une éventuelle attaque du Hezbollah, le président du Conseil a répondu : "Ce n'est pas la première fois que le Hezbollah fait partie du gouvernement. Ces déclarations sont la preuve que les Israéliens sont toujours  à la recherche de prétextes." "Le parti chiite est représenté au sein du Parlement et dans le gouvernement suite à des élections démocratiques", a-t-il précisé.
Sur les relations libano-syriennes, M. Hariri a assuré qu'elles sont "sur le bon chemin". "Nous sommes deux pays voisins, unis par notre identité arabe. Notre approche mutuelle est positive et le restera, et c'est dans le cadre d'un appronfondissement de nos discussions à tous les niveaux que va s'inscrire ma prochaine visite à Damas", a-t-il assuré.
Outre son voyage en Syrie, le Premier ministre a annoncé qu'il se rendra aujourd'hui en Allemagne pour discuter de la coopération entre les deux pays de la façon dont il faudrait protéger le Liban des conflits régionaux.

Les provocations israéliennes se multiplient à la frontière

14/03/2010
Ces provocations israéliennes interviennent alors que les 
responsables locaux planchent, dans le cadre de la conférence de 
dialogue national, sur une stratégie de défense capable de protéger le 
pays face aux menaces de l'État hébreu.
Ces provocations israéliennes interviennent alors que les responsables locaux planchent, dans le cadre de la conférence de dialogue national, sur une stratégie de défense capable de protéger le pays face aux menaces de l'État hébreu.
L'État hébreu multiplient ses provocations avec une nouvelle incursion, samedi, de chars de l'armée israélienne à la frontière libanaise. Ceux-ci ont traversé la ligne de démarcation technique et ont pris poste dans la région de Wazzani avant de quitter les lieux en direction des territoires occupés. Des patrouilles de l'armée libanaise et de la Finul se sont largement déployées dans la zone pour observer la situation.

Vendredi, une incursion israélienne avait aussi été signalée à une distance d'environ 2 kilomètres de la localité de Ghajar, selon un communiqué publié par le porte-parole officiel de la Finul, Niraj Sing.
Ces provocations israéliennes interviennent alors que les responsables locaux planchent, dans le cadre de la conférence de dialogue national, sur une stratégie de défense capable de protéger le pays face aux menaces de l'État hébreu.
Le mois dernier, Israël avait accusé Beyrouth de laisser le Hezbollah introduire clandestinement des armes au Liban en "violation flagrante" des résolutions de l'ONU. Les responsables israéliens ont également averti que toute attaque par le Hezbollah déclencherait une réponse ferme contre le Liban dans son ensemble. De son côté, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a promis que son groupe s'en prendrait à l'infrastructure israélienne, y compris à l'aéroport de Tel Aviv, si Israël attaquait le Liban. Damas a averti pour sa part qu'il soutiendrait "le gouvernement et le peuple libanais contre toute éventuelle agression israélienne contre le Liban." Cependant, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a par la suite cherché à apaiser les tensions, affirmant que son pays voulait la paix avec tous ses voisins.
Michael Williams, coordinateur spécial de l'ONU pour le Liban, a minimisé vendredi les risques de reprise des hostilités entre Israël et le Hezbollah, mais a exhorté les deux côtés à cesser leur rhétorique "incendiaire". "Cette rhétorique publique et ce recours à l'outrance contreviennent à l'esprit de la résolution 1701 et sont fondamentalement contre-productifs", a-t-il dit.
La résolution 1701 avait mis fin en 2006 à un conflit armé dans le sud du Liban entre Israël et le Hezbollah, qui avait fait plus de 1 200 morts côté libanais, essentiellement des civils, et plus de 160 côté israélien, principalement des soldats. Mais un cessez-le-feu permanent n'a pas été signé.

Des dizaines d'agents du Mossad travaillent dans le Golfe comme des entraîneurs

[ 13/03/2010 - 19:02 ]
Al-Nassera – CPI

Le journal hébreu "Yediot Ahronot" a dévoilé dans sa dernière édition que des dizaines de cadres de réserve de l'armée de l'occupation israélienne et des agents du Mossad travaillent dans les pays du Golfe sous le nom d'une compagnie spéciale d'entraînement qui entraîne des unités spéciales pour effectuer plusieurs missions.
Le journal a ajouté que les éléments du Mossad et les officiers de l'armée sioniste travaillent dans plusieurs pays, depuis plus de 25 ans, en portant des noms et cartes d'identités de plusieurs pays européens, comme l'Allemagne et les Pays-Bas, alors qu'ils parlent l'anglais lors de leurs exercices.
Ces agents contrôlent les entraînements concernant les moyens de protection des puits de pétrole et la préparation des groupes pour poursuivre les terroristes, notamment dans les régions résidentielles, selon le journal.
Ahronot a indiqué que les entraînements comportent différentes étapes, en soulignant qu'ils étaient écrits en langue hébreu, puis ont été traduits en anglais pour les distribuer aux unités.
Le journal sioniste a prétendu que ce projet est fini avant 3 mois et que tous les officiers et agents du Mossad sont retournés à l'entité sioniste après la fin des entraînements, en publiant des photos de certains entraîneurs sionistes qui portaient des noms européens de crainte de s'exposer à des dangers en cas de découverte de leur identité sioniste.

L'occupation attaque une marche pacifique au village de Beit Amr à al Khalil

[ 13/03/2010 - 17:28 ]
Al Khalil – CPI

Les forces de l'occupation ont agressé, aujourd'hui matin, le samedi 13/3, une marche pacifique organisée par les habitants du village de Beit Amr, au nord d'al Khalil, en frappant sauvagement les manifestants.
Des sources locales et témoins oculaires ont dit que les soldats sionistes ont attaqué une manifestation pacifique organisée par les habitants du village de Beit Amr et des solidaires étrangers qui sont venus pour protester contre les mesures oppressives des forces occupantes qui interdissent les fermiers du village d'arriver à leurs terres agricoles.
Les sources ont ajouté que les soldats sionistes ont lancé des bombes sonores et lacrymogènes sur les participants et se sont accrochés avec les habitants du village et les solidaires étrangers, en arrêtant 3 journalistes qui sont venus à la région pour couvrir cette marche pacifique.

L'occupation poursuit son siège contre al-Qods et al-Aqsa

[ 13/03/2010 - 17:20 ]
Al-Qods occupée – CPI

L'organisation d'al-Aqsa pour les legs pieux et les patrimoines a dit que l'occupation israélienne poursuit son siège contre la ville occupée d'al-Qods et la mosquée sainte d'al-Aqsa, en interdisant aux Palestiniens qui ont moins de 50 ans de faire la prière dans la mosquée sainte, et en obligeant des centaines de fidèles des habitants de la ville sacrée et des territoires occupés en 1948 de faire leur prière sur les barrages installés par l'occupation ou dans les rues qui dirigent vers la mosquée sainte.
L'organisation d'al-Bayareq a affirmé qu'elle a organisé un voyage vers la mosquée d'al-Qods comportant 30 bus, dans le cadre de la marche d'al-Bayareq à travers les villages et villes palestiniens dans les territoires occupés en 1948, mais les forces occupantes ont tenté dès les premières heures du matin d'aujourd'hui, le samedi 13/3, d'interdire les bus d'arriver à la ville sacrée, en installant des barrages dans plusieurs endroits.
De son côté, le directeur de l'organisation d'al-Bayareq, Nasser Khaled, a dit que son association envoie, durant toute l'année, des centaines de bus dans le but de faire la prière dans la mosquée sainte d'al-Aqsa, en exprimant son refus et sa condamnation aux mesures sionistes oppressives qui ont empêché les croyants d'arriver à al-Aqsa.

Des milliers de Palestiniens manifestent pour soutenir Al Aqsa et les lieux saints

[ 13/03/2010 - 12:31 ]
Gaza – CPI

Des dizaines de milliers des habitants de la Bande de Gaza ont participé dans une marche massive organisée, le vendredi 12/3, par les factions de la résistance palestinienne pour se solidariser avec les lieux saints et contester contre les politiques sionistes de judaïsation et de colonisation.
Les manifestants ont commencé leurs marches à partir des mosquées et se sont dirigés vers la cour du conseil législatif palestinien, à Gaza.
Le membre du bureau politique du mouvement Hamas, Dr. Khalil Al-Hayya a affirmé que cette marche est sans précédente parce qu'elle comporte toutes les factions de la résistance palestinienne dans la Bande de Gaza.
Il a souligné que cette marche montre l'importance de l'unité palestinienne pour protéger les lieux saints, en déclarant que les manifestants ont préféré lever le drapeau palestinien pour confirmer le sens de l'unité nationale.
Il a appelé également à une Intifada contre l'occupation, en disant : "notre peuple doit faire face partout aux plans sionistes qui visent la démolition de nos lieux saints".
Al-Hayya a exprimé son étonnement envers les négociateurs du mouvement Fatah qui s'approchent avec l'occupant au moment où ce dernier accentue ses plans et agressions contre notre peuple, ses lieux saints et ses territoires, en saluant les habitants de la ville occupée d'al-Qods qui défendent al-Aqsa, tout en s'interrogeant : "où est rôle de la nation arabe et islamique?"
Finalement, il a appelé à l'union des efforts pour protéger al-Aqsa et les lieux saints.

De son côté, le membre du bureau politique du mouvement du Djihad islamique, Dr. Mohamed al-Hendi, a insisté sur l'attachement au choix de la résistance, en appelant à l'unité palestinienne pour faire face aux plans sionistes.

Des blessés lors des marches hebdomadaires contre le mur d'apartheid

[ 13/03/2010 - 10:08 ]
Ramallah – CPI

Des sources locales ont dit, le vendredi 12/3, que plusieurs citoyens palestiniens ont été blessés, alors que des dizaines d'autres ont été asphyxiés lors des attaques des soldats de l'occupation contre les participants aux marches hebdomadaires organisées dans de nombreux villages palestiniens pour condamner le mur d'apartheid sioniste.
Dans le village de Bilin, le comité populaire anti-mur a organisé une marche pour se solidariser avec les lieux saints islamiques et la ville occupée d'al-Qods, avec la participation des habitants du village, ainsi que des activistes de paix et des solidaires étrangers qui ont porté les drapeaux palestiniens et les slogans qui condamnent la politique coloniale sioniste dont la décision du premier ministre sioniste, Benjamin Netanyahu d'annexer la mosquée d'Ibrahimi et de Bilal Ben Rabah à la liste prétendue des patrimoines sionistes.
Dans le village voisin de Naline, plusieurs Palestiniens ont été asphyxiés par les attaques des forces occupantes qui ont lancé des bombes sonores et lacrymogènes contre les participants dans cette marche hebdomadaire.
Des centaines d'habitants du village et des villages voisins se sont dirigés après la grande prière de vendredi vers les terres menacées de confiscation, où les soldats sionistes ont lancé des bombes sonores et lacrymogènes sur les manifestants, en causant l'asphyxie des dizaines de personnes.
Dans le village de Maassara, deux citoyens palestiniens ont été blessés lorsque les forces occupantes ont attaqué les participants qui contestaient dans une marche hebdomadaire contre le mur d'apartheid installé illégalement dans ce village, au sud de Bethléem.

Haaretz : les Etats-Unis donnent le feu vert à l'occupation pour élargir la colonisation

[ 13/03/2010 - 10:33 ]
Al-Qods occupée – CPI

Le journal hébreu "Haaretz" a dit que la direction américaine a donné le feu vert à l'occupation pour accentuer la colonisation dans la ville occupée d'al-Qods, en soulignant que le vice-président américain, Joseph Biden, était en colère à cause du temps de l'annonce des nouvelles unités coloniales.
L'écrivain et analyste sioniste, Ekva Dar, a dit que la colère américaine vient à cause des annonces du gouvernement de Netanyahu aux nouvelles plans de construction des unités coloniales lors des visites des responsables américains, à la région.
Il a ajouté, le vendredi 12/3, que Netayahu a déclaré que l'annonce de ces plans n'était pas prévue durant la semaine dernière, en répondant d'une manière ridicule et humiliante à l'hôte américain, Biden.

L'occupation ferme al-Qods devant les fidèles palestiniens

[ 13/03/2010 - 10:17 ]
Al-Qods occupée – CPI

Les forces de l'occupation ont fermé les portes de la mosquée sainte d'al-Aqsa devant les Palestiniens qui se sont dirigés vers la ville occupée d'al-Qods pour faire la grande prière de vendredi 12/3, en conséquences, 3 mille croyants seulement ont pu arriver à al-Aqsa, alors qu'elle comptait plus de 30 mille fidèles, tous les vendredi.
Des observateurs ont considéré que cette mesure et pratique oppressive israélienne est une nouvelle escalade contre les Palestriniens qui veulent faire leur prière dans la mosquée d'al-Aqsa.
Ces mesures sionistes ont obligé des milliers de fidèles de faire leurs prières devant les barrages militaires sionistes.
Des sources locales ont dit que les forces occupantes ont confisqué les cartes d'identité des croyants, dans une tentative pour les terroriser, mais les palestiniens ont refusé ces mesures en s'accrochant avec les soldats sionistes dans différentes régions de la ville sacrée.
Les sources ont indiqué que plusieurs croyants palestiniens ont été blessés après les attaques des soldats sionistes qui ont utilisé les bâtons, les bombes sonores et lacrymogènes ainsi que les balles en métal.

Mordechai Vanunu demande le retrait de sa candidature au Prix Nobel de la Paix

Publié le 13-03-2010
L’opposant israélien qui a fait 18 ans de prison dans les geôles israéliennes pour avoir dénoncé l’activité nucléaire clandestine de son pays, refuse d’être Nobelizable, en expliquant qu’il n’est pas question qu’on lui décerne un prix accordé au criminel de guerre Shimon Peres

"Pas question, vient de déclarer Vanunu, d’être mis sur le même plan qu’un homme qui a joué un rôle ignoble dans l’introduction d’armes nucléaires au Moyen-Orient, dans le massacre de Qana et dans les crimes de guerre perpétrés à Gaza, comme de la brutale occupation israélienne de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie."
« Vanunu nous a écrit cette année et l’an passé des lettres dans lesquelles il indiquait explicitement qu’il ne voulait pas être candidat au Prix Nobel de la Paix. La raison qu’il a donnée était que Shimon Peres avait reçu ce prix, qu’il attribuait à Peres la paternité de la bombe atomique israélienne, et qu’il ne souhaitait être associé à Peres en aucune manière » , rapporte Geir Lundestad, Directeur de l’Institut Nobel de Norvège et Secrétaire du Comité Nobel, 24 février 2010.
Rannie AMIRI*, souligne dans Counterpunch :
Pour la première fois dans l’histoire du Comité Nobel de Norvège, a été présentée – par l’impétrant lui-même – une requête préalable de retrait de candidature. Il a été révélé la semaine dernière que, dans une lettre au Comité, Mordechai Vanunu avait demandé que sa candidature fût retirée. Le fait est suffisamment inhabituel en soi pour que Geir Lundestad reconnaisse le fait même qu’une candidature avait été reçue, et qui plus est, pour qu’il révèle la requête de Vanunu.
Mais pour Vanunu – un homme à qui le Nobel de la Paix devrait avoir été décerné voilà longtemps – la démarché était en pleine cohérence avec la dignité, l’intégrité et le caractère sans compromission de quelqu’un à qui le monde est grandement redevable.
Mordechai Vanunu a travaillé comme technicien sur le site nucléaire de Dimona ; dans le désert du Néguev, de 1976 à 1985. Dans une interview de 1986 au Sunday Times, il a révélé courageusement, pour la première fois, l’activité nucléaire clandestine de son pays. Une semaine avant la publication de l’interview, une ruse d’un agent du Mossad l’a amené de Londres à Rome, où il a été appréhendé et expédié vers Israël. Sous des procédures secrètes, Vanunu a été jugé pour trahison, prestement déclaré coupable et condamné à 18 ans d’emprisonnement. Il en a passé plus de onze en isolement.
Vanunu a été relâché de la prison Shikma d’Ashkelon en avril 2004, non contrit et non repentant. « Je suis fier et heureux d’avoir fait ce que j’ai fait », a-t-il déclaré. Quant à avoir enduré presque deux décennies d’incarcération ? « J’ai dit au Shabak [Shin Bet], au Mossad : ̎ Vous n’êtes pas parvenus à me briser, vous n’avez pas réussi à me rendre fou ̎ .
Les conditions de son élargissement lui interdisent de parler à des journalistes, des partisans ou des non-Israéliens de quelque sorte que ce soit. Ses déplacements sont limités à l’intérieur même du pays, avec interdiction complète d’en sortir.
En 2007, Vanunu fut pris en violation de ses engagements, en partie pour avoir tenté de voyager de Jérusalem à Bethléem, ce qui l’a ramené en prison pour trois mois de plus.
Le fait de sa conversion au christianisme et de son soutien aux droits des Palestiniens n’ont fait qu’aggraver le mépris dont l’accablent ses concitoyens, qui lui accolent le qualificatif de traître et délateur, alors qu’il a été comme une sirène qui a alerté le monde sur les bombes nucléaires clandestines d’Israël et sur l’introduction au Moyen-Orient d’armes de destruction massive.
Vanunu tient à rappeler que Shimon Peres (celui qui est invité par le maire de Paris à inaugurer "l’Esplanade bel Gourion" le 13 avril prochain, NDLR) censé inaugurer la : l’architecte du programme d’armes nucléaires d’Israël. En 1953, le premier ministre israélien David ben Gourion nomme le jeune Shimon Peres directeur général du ministère de la défense. C’est dans ces fonctions que Peres a contribué à établir en 1956 le Protocole de Sèvres (dans le contexte de l’attaque franco-britannico-israélienne contre Suez). Ces rencontres l’ont conduit à obtenir l’aide de la France dans la construction du centre de recherches nucléaires du Neguev. L’implication décisive de Peres dans le développement des capacités nucléaires d’Israël est exposée en détail dans Shimon Peres – The Biography de l’historien Michael Ben-Zohar. Le livre divulgue de nouvelles informations sur la manière dont Peres a servi d’architecte occulte de la puissance militaire israélienne, en acquérant secrètement des armes et en achetant à la France un réacteur atomique.
C’est cette prétendue « colombe » qui, en tant que ministre des affaires étrangères, avait été en 1994 le lauréat du Nobel de la Paix, en même temps que le premier ministre Yitzhak Rabin et que Yasser Arafat, président de l’autorité nationale palestinienne.
Shimon Peres fut aussi l’apologiste d’un massacre. Ce fut au cours de la campagne israélienne « Raisins de la colère » au Liban qu’a eu lieu en avril 1996 le massacre de Qana. Sur une base des Nations Unies proche du village de Qana, 800 civils libanais avaient trouvé refuge contre les combats. Avec le mépris le plus radical à la fois envers l’ONU et envers les civils qu’elle abritait, les Israéliens ont bombardé la base, tuant 106 innocents et en blessant plus d’une centaine.
Israël a d’abord prétendu avoir ciblé les positions du Hezbollah et non la base de l’ONU (dont il connaissait pourtant les coordonnées exactes). Il a ensuite déclaré que le site avait été frappé par inadvertance, par cause de « ciblage incorrect imputable à des données erronées » et d’utilisation de cartes périmées (les explications indéfiniment re-fabriquées qu’offrent les Israéliens sur une frappe délibérée d’un local des Nations Unies, et qui allaient se répèter en 2008-2009 pendant la guerre de Gaza).
C’est Peres, premier ministre d’alors, qui a finalement justifié l’attaque, en en faisant porter le blâme sur le Hezbollah par le prétexte usé, discrédité et rabâché du « bouclier humain » (un autre subterfuge exploité de nouveau par l’armée israélienne pour rationaliser le massacre de civils lors de la guerre de Gaza).
Une enquête subséquente des Nations Unies a conclu qu’il était invraisemblable que le bombardement du site de Qana ait été dû à de lourdes erreurs techniques ou procédurales. Une enquête conduite par Amnisty International a conclu que l’attaque était « intentionnelle et condamnable ». Le rapport établi par Human Rights Watch indiquait de même : « Nous avons déclaré qu’il s’agissait là d’un massacre intentionnel, perpétré au moyen de missiles et d’explosifs de haute efficacité ».
"Le Comité Nobel ne devrait pas seulement continuer à considérer Vanunu comme éligible, mais lui attribuer le prix, ne serait-ce que pour se réhabiliter lui-même, en tant que corps capable de reconnaître les actes, non les espérances. Les projecteurs de la honte seraient alors braqués sur Israël empêchant Vanunu de se rendre en Norvège comme lauréat – même si, probablement, il persisterait à décliner ce prix. S’il était permis à Vanunu de tenir une conférence de presse, l’occasion lui serait donnée de révéler au monde le rôle ignoble de Peres dans l’introduction d’armes nucléaires au Moyen-Orient, de rappeler le massacre de Qana commis sous son autorité, de parler des crimes de guerre perpétrés à Gaza et de la brutale occupation israélienne de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie. Il est temps que, de nouveau, résonne la sirène. "
Rannie AMIRI
*Rannie Amiri est un commentateur indépendant au Moyen-Orient. Il peut être contacté à l’adresse suivante : rbamiri@yahoo.com
(Traduit de l’anglais par Anne-Marie Perrin pour CAPJPO-EuroPalestine)
CAPJPO-EuroPalestine

Les simagrées de Mme Ashton et de l’UE

Publié le 13-03-2010

Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’UE, s’est dite "très préoccupée" par la progression de la colonisation israélienne et a réclamé des "négociations de paix immédiates", sans pour autant proposer la moindre sanction contre Israël, mais en sanctionnant le Hamas, qu’elle annonce ne pas vouloir rencontrer lors de son passage à Gaza la semaine prochaine !
On sait ce que valent les "exhortations à la paix" de l’Union Européenne. Elles ne trompent plus personne : des paroles verbales et rien que cela.
La paix ? Quelle paix ? Comme disait Shamaï Leibovitz, avaocat israélien et refuznik, "demander  la paix entre un occupant et un occupé, c’est comme demander la paix entre un violeur et sa victime, pendant l’acte". D’abord la fin de l’occupation, et ensuite la table des négociations.
Mme Ashton compte sur la bonne volonté de Benjamin Nétanyahou et a appelé le premier ministre israélien à "faire preuve de leadership" dans son pays en faisant progresser les efforts de paix.
La présidence espagnole de l’UE a également fait des déclarations cocasses : "Jusqu’à présent, il n’est pas trop tard, mais si nous attendons encore plus de deux ans il sera trop tard car il n’y aura plus d’objet à négocier, plus de territoire", du fait de la progression des colonies juives en Cisjordanie, a estimé le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos. Il sera à cette date "extrêmement difficile de fixer des frontières" entre l’Etat hébreu et un Etat palestinien, a-t-il estimé. De surcroît, "la direction palestinienne modérée ne serait pas capable de se maintenir en place en tant que partenaire" dans les négociations, a-t-il ajouté.
En clair, on peut cautionner le vol et les annexions israéliennes actuelles et à venir pendant les deux prochaines années, mais après on n’aura même plus de bantoustans à proposer !
"Mme Ashton doit se rendre jusqu’au 18 mars en Egypte, en Syrie, au Liban, en Jordanie, en Israël, où elle est attendue le 17 mars, et dans les Territoires palestiniens. Elle doit notamment se rendre à Gaza, mais a prévenu samedi qu’elle n’avait pas l’intention de rencontrer des responsables du Hamas" indiquent les agences de presse.
Le Hamas aurait-il été moins démocratiquement élu que M. Netanyahou ? Il est vrai qu’il est moins performant dans l’assassinat de civils et qu’il a en plus le tort d’avoir proposé à plusieurs reprises une trêve de 10 ans, à condition qu’Israël se retire sur ses frontières internationalement reconnues.
Mais Mme Ashton, ne veut pas de cette paix là, qui s’appuierait sur le droit international. Elle veut une paix des faits accomplis, qui cautionne tous les vols et toutes les annexions israéliennes. Mais manque de chance pour elle, Israël a fait savoir qu’il n’avait aucune intention de mettre un terme à la colonisation et au nettoyage ethnique des Palestiniens.
CAPJPO-EuroPalestine

samedi 13 mars 2010

Le peuple d'Alexandrie par milliers dans la rue pour la Palestine‏

Egypte - 12-03-2010
Par Al Jazeera 
À l'appel des Frères Musulmans, des milliers de personnes ont manifesté aujourd'hui dans les rues d'Alexandrie leur soutien à la Palestine et leur protestation contre la judaïsation des lieux sacrés musulmans par les sionistes.



















Les manifestants ont appelé à couper les relations avec les sionistes et à chasser l'ambassadeur sioniste d'Egypte.
La police a chargé et attaqué les manifestants, des dizaines de personnes ont été interpelées et blessées.

La situation des mouvements de solidarité en Italie après la Gaza Freedom March et le Convoi Viva Palestina

Italie - 12-03-2010

Par Diana Carminati > carmidia@hotmail.com  
Un mois après mon retour et une analyse à distance de l’expérience vécue pendant les 20 jours de voyage (21 décembre 2009-9 janvier 2010), j’essaie d’analyser la valeur politique du Viva Palestina Convoy à Gaza.
Le long voyage et son issue positive ont été le résultat d’un travail effectué sur la durée, de façon capillaire et à un niveau local, par des activistes britanniques, des militants des mouvements radicaux antiracistes anglais et des jeunes appartenant aux 2ème et 3ème générations d’immigrés du Moyen-Orient. Travail, évidemment, d’années, capable donc d’aboutir à l’organisation de trois voyages à brève distance en un an, sur une idée du député anglais George Galloway après l’agression israélienne à Gaza de début 2009.


















7 janvier 2010 - les premiers véhicules du Convoi Viva Palestina entrent à Gaza

Aux 350 militants de diverses appartenances politiques et religieuses, musulmans, catholiques, protestants, juifs, représentants d’ONG, journalistes, militants du PSC (Palestine Solidarity Campaign), partis d’Angleterre le 6 décembre, se sont joints une délégation belge composée de 11 personnes et une ambulance, une centaine d’adhérents de l’organisation d’aide humanitaire turque Insan Hak ve Hurriyetleri /Insani Yardim Vakfi (IHH) (63 véhicules), une délégation d’activistes malaisiens et un avocat des droits de l’homme engagés depuis des années dans le mouvement anti-guerre (Perdana Global Peace Organization), une délégation jordanienne, et deux italiens d’ISM-Italia. L’objectif n’était pas seulement humanitaire, car le recueil et le transport de 200 véhicules environ avec du matériel médical et scolaire ont été le résultat de mois, si ce n’est d’années d’intervention politique pour renforcer les liens de solidarité avec les Palestiniens de Gaza dans les pays traversés.
L’entrée à Gaza a été obtenue après une série de négociations, propositions successives et interventions diplomatiques d’« acteurs » institutionnels importants comme le gouvernement turc. Ce qui a pesé aussi est d’être arrivé à activer, avec une bonne visibilité, une partie de l’opinion publique des pays du Moyen-Orient traversés. Comme les rencontres avec les groupes liés au mouvement politique et de résistance Hamas.
L’accueil souvent très « actif » reçu de la part des associations professionnelles proches du mouvement et solidaires avec le gouvernement Hamas, dans les villes traversées, a donné la mesure, même dans des sensibilités religieuses ou laïques diverses des participants, de ce que sont les forces qui ont offert un accueil réel et visible, dans le silence par contre (indifférence ou peur ?) de beaucoup, comme par exemple dans la très moderne capitale de la Jordanie, qui a en son sein une composante très élevée de réfugiés palestiniens. Hospitalité parfois dans les maisons, comme c’est arrivé à Aqaba puis en Syrie, à Damas et Latakia; et comme ces offres spontanées des commerçants, à Aqaba encore, ou de certains propriétaires d’hôtels qui ont mis à disposition des chambres gratuites pour les activistes du convoi.
Un des objectifs du convoi a été justement celui d’organiser dans les pays arabes une liaison entre organisations européennes de solidarité et organisations locales. Importante par ex. la rencontre à Amman non seulement avec les associations professionnelles, mais avec un comité de femmes qui a organisé une réception pour les femmes du Convoi, où la parole a été donnée à chacune pour rapporter les activités réalisées dans leur propre pays, et qui a été un moment d’authentique échange à un niveau personnel.
Dans les discours faits pendant le voyage, à l’occasion des diverses rencontres, G. Galloway a souvent déclaré : « Je ne suis pas un soutien du Hamas, mais je suis en faveur de la démocratie et des droits de l’homme. Le peuple palestinien a été puni par Israël pendant trois longues années pour avoir donné sa préférence électorale au Hamas. Moi je n’accepte pas cette façon de penser. Le peuple palestinien peut se gouverner et élire ses propres gouvernants. Pour cela, je condamne fortement Israël et les gouvernements qui le soutiennent ». Il a ensuite ajouté : « J’ai fait appel aux gouvernements arabes. Il est temps qu’ils se réveillent de leur coma. Le premier ministre Erdogan, Ahmadinejad et le président vénézuélien Chavez soutiennent le peuple palestinien. Quand les gouvernements des pays arabes commenceront-ils à soutenir la cause palestinienne ? La Palestine doit être votre cause pour la justice, votre terre. Le Venezuela est très loin, mais la Palestine est par contre très proche ».
La meilleure participation des musulmans, en particulier des jeunes, peut-elle n’être perçue que comme une adhésion au nom de la foi ? Peut-elle être vue ou représentée comme une adhésion à « une guerre de religion », à une « choc de civilisations » entre fondamentalismes, comme c’est souvent décrit par des experts « analystes » nationaux largement incompétents ? Les plus jeunes, en particulier les jeunes US, physiquement et culturellement « très américains » (par ex. dans leur façon d’être très cordiale avec les femmes) et avec des backgrounds intellectuels différents, faisaient leurs cinq prières rituelles. Mais, dans les déclarations spontanées de certains, par ex. dans l’autobus US avec qui j’ai fait le voyage, peu avant l’arrivée dans la Bande de Gaza, on sentait une préparation politique de grande qualité dans leur façon de saisir la signification d’ensemble de la solidarité avec Gaza, de la lutte contre le projet impérialiste, colonial et raciste de constituer ce « nouveau Moyen Orient » adapté aux objectifs occidentaux.
Après la fin du voyage, après la remise des véhicules, des médicaments et du matériel scolaire, et le retour « forcé » immédiat à l’aéroport du Caire, comme des déportés, de nouveaux voyages sont déjà en préparation, avec des modalités à réexaminer, parce que le gouvernement égyptien a affirmé qu’il interdira la livraison d’aide humanitaire à Gaza sauf à travers le Croissant rouge égyptien (chapeauté par l’épouse de Moubarak, NdT).
Les nouveaux convois seront organisés par mer et prévoient le rassemblement de divers groupes internationaux provenant d’autres aires géographiques, signe manifeste que la mobilisation de solidarité à l’égard de la population de Gaza s’est renforcée avec ce travail unitaire au niveau local.
La situation des mouvements de solidarité en Italie
Venons-en à l’analyse de ce qu’est dans la phase actuelle la situation italienne des mouvements de solidarité avec la Palestine, aujourd’hui, au début de 2010, après les expériences de la Gaza Freedom March (GFM) et du Convoi Viva Palestina et après les attaques égypto-israéliennes contre les groupes qui veulent rompre le siège.
En Italie organiser une initiative semblable à celle du convoi est encore très difficile. Nous ne sommes pas encore à la seconde et troisième génération d’immigrés, comme en Angleterre ou en France. En plus de la crise économique qui touche avant tout les couches les plus faibles, exploités et marginaux de la force travail, c’est-à-dire les immigrés, est en cours une virulente campagne d’incitation au racisme et de négation des droits humains et civils les plus élémentaires. Objets de chantages sur le plan du travail, réprimés dans leurs demandes de dignité et d’identité religieuse et culturelle, il est difficile que puisse se développer à bref délai, dans les communautés d’immigrés arabes musulmans, une solidarité visible et active à l’égard des populations « sœurs » comme celle de Palestine. Même entre les Palestiniens en Italie c’est très difficile, parce que les différences sociales, la sécurité du travail, le prestige acquis, le propre confort, souvent aussi la peur de chantages policiers (parce qu’il est facile d’être immédiatement désignés, même sans Patriot Act comme « terroristes »), tout cela fonctionne pour réduire au silence même les plus préparés et les plus actifs. Ce n’est que l’an dernier, après le massacre de Gaza, que des dizaines de milliers de personnes de la communauté musulmane ont participé aux manifestations locales et à celle nationale du 17 janvier.
Le jugement sur le travail à l’intérieur des mouvement italiens dans la dernière année, tient compte des expériences de travail sur le « terrain », de l’expérience vécue au Caire par la GFM, de la lecture des divers communiqués des dirigeants italiens des deux délégations (Forum Palestina et Action for Peace), de certains dossiers ultérieurs (fin janvier 2010), de deux interviews sur Una Città (février 2010), du document écrit et signé par des dizaines de militants de base, « autonomes critiques », qui ont voulu discuter et critiquer les décisions prises par les sommets de la GFM et organiser des manifestations au Caire, et d’autres articles et documents sortis ces derniers jours. Les manifestations au Caire ont abouti à une bonne visibilité et à donner un sens à ceux qui étaient allés rappeler le massacre et manifester leur solidarité.
Le document officiel de la délégation de Action for Peace-FIOM (principal syndicat des métallos italiens, NdT), reconnaît les lacunes, organisatrices et de préparation politique et le travail qui reste à faire. Les premiers documents de Forum Palestina n’ont pas fait d‘évaluations critiques, en donnant un jugement positif, et ce n’est que ces dernières semaines qu’ils ont reconnu des problèmes dans l’organisation et des erreurs d‘évaluation.
Les défauts rencontrés dans les pratiques des mouvements, et qui sont souvent le résultat de la tradition politique de la gauche, ne s’arrêtent pas là et, sur certains de ceux-ci, il convient de s’arrêter et de discuter car si l’on continue dans cette direction, on ne fera pas que répéter les erreurs du passé mais on contribuera encore plus à augmenter le niveau de division et de fragmentation à l’intérieur des mouvements.
Autoréférentialité, triomphalisme et information à sens unique
J’ai participé au Convoi VP britannique non pas seulement pour une simple expérience de rencontre et connaissance [des groupes organisateurs, NdT], (comme en septembre avec une délégation de Codepink) mais parce que les modalités du convoi britannique me semblaient politiquement très intéressantes. J’ai eu la mauvaise surprise de relever certaines erreurs dans les documents italiens : non seulement pour avoir donné peu de visibilité à l’initiative du Convoi VP, mais pour en avoir parfois donné parfois une information aussi hâtive qu’incorrecte : « une partie [seulement] du Convoi est entrée à Gaza ».
Ce n’est pas vrai (1). Il en ressortait que la GFM, organisée par le groupe états-unien Codepink et d’autres groupes européens, sud-africains et australiens, était la seule initiative importante. Désagréable aussi de trouver toujours dans les documents d’autres inexactitudes ( ?) dans l’information comme par exemple le fait que le Hamas serait intervenu le dernier, en manipulant l’initiative de la société civile de Gaza : en l’utilisant à son avantage, en faisant de la « propagande » [ ?!] en emmenant la petite délégation visiter les lieux de destruction etc. Je suis allée en septembre 2009 (du 16 au 19) dans la Bande de Gaza avec une délégation restreinte de Codepink, qui allait justement déterminer les derniers points de l’organisation de la marche. Nous sommes allés visiter les principaux lieux dévastés par l’agression israélienne et le parcours de la marche, de Jabalya à Eretz, accompagnés par le responsable des relations internationales du Ministère de l’éducation du gouvernement Hamas. On venait à peine d'apprendre que le gouvernement du Hamas aussi avait donné son approbation et une des deux dirigeantes de l’équipe de Codepink était heureuse de cette nouvelle adhésion !! Car, aussi, en même temps que les structures gouvernementales locales, il était nécessaire, et c’était la responsabilité du gouvernement local d’organiser le service de sécurité autour de la manifestation d’un millier d'occidentaux dans une zone « de guerre ». J’ai rencontré Haider Eid, un des organisateurs à Gaza pour la société civile de la GFM, en dehors des réunions de Codepink, j’ai écouté avec d’autres les discussions et les difficultés sur la première phase de l’organisation de la marche, dont certains des premiers organisateurs, comme N. Finkelstein, s’étaient retirés pour des problèmes politiques sur les modifications de la plateforme requises par les Palestiniens.
Paranoïa idéologique et volonté d’ignorer les processus historiques
Il y a dans la gauche italienne, même radicale, une obsession persistante à criminaliser de façon ostentatoire le Hamas, en faisant abstraction d’une évaluation politique sérieuse, fruit de lectures attentives et d’approfondissements, dérivant des analyses les plus récentes des experts, Palestiniens et internationaux (2). De nombreux groupes, pas tous certes, se limitent depuis des années à ne proposer que les lectures les plus banales, comme l’a dit récemment Michele Giorgio (correspondant en Israël du manifesto, NdT) dans un entretien pour la journée à la mémoire de Stefano Chiarini (journaliste au manifesto, spécialiste du Moyen-Orient, fondateur de « Pour ne pas oublier Sabra et Chatyla », décédé en février 2007, NdT), avec des schémas idéologiques et péjoratifs, en utilisant le même langage que les medias occidentaux. Et comme c’est souvent le cas, la communication écrite ou verbale consacrée à discréditer les adversaires est violente. Elle semble proposer et se proposer comme une guerre « de religion », alors que la nature des « conflits » au Moyen Orient est l’énième attaque du néo-capitalisme et du néo-colonialisme.
Quelques exemples seulement parmi tant d’autres. Certains groupes ont continué à affirmer que « Hamas a fait un coup d’Etat » en juin 2007, en oubliant toute l’histoire précédente du refus immédiat de la communauté internationale de reconnaître la victoire du parti Hamas en janvier 2006 : parti dont la candidature politique avait été acceptée par les gouvernements occidentaux en 2005 (3). Ces mêmes gouvernements qui ont refusé de reconnaître la gravité de la tentative faite pour renverser le gouvernement du Hamas à Gaza en 2007, par Mohamed Dahlan, chef des services de sécurité de l’ANP (Autorité Nationale Palestinienne), faite avec la complicité directe d’Israël et de la CIA. En ignorant ou en méprisant les versions des analystes anglo-saxons, et de journalistes accrédités qui par contre concordent sur ce point (4).
Le thème des fillettes mariées à Gaza est revenu dans un document et de façon plus prudente (5). Le sujet est douloureux et compliqué, car le problème a existé et perdure à Gaza, où le niveau de pauvreté des familles a dépassé 60%, comme dans d’autres sociétés et dans les couches le plus pauvres du monde. C’est un problème de pauvreté, bien sûr, et aussi de patriarcat des plus rétrograde, mais non spécifique au Hamas. Déjà en 2002, lors d’une visite au WEP (Women Empowerment Project) de Gaza, Hadja el Serraj, la directrice du Centre WEP et sœur d'Eyal Serraj, psychiatre connu du GCMHP, nous racontait angoissée comment augmentait le pourcentage des mariages précoces, fruit des conditions de vie de plus en plus misérables de la population de Gaza, obligée de « céder » ses filles, bouches en moins à nourrir. Et on était encore dans une administration dirigée par le Fatah.
On pourrait parler sans fin d’une situation sociale qui s’est de plus en plus aggravée : alors qu’on ne parle que de « militarisation » de la Bande, on devrait analyser la situation sociale des jeunes de Gaza, sans autre avenir qu’un salaire de soldat ou de policier, souvent unique soutien de familles entières, aujourd’hui au service de Hamas, comme ils étaient il y a dix ans au service de Fatah et de l’ANP. L’unique dignité pour un jeune reste in fine un uniforme et une arme. Sur ce sujet et les accords d’Oslo, voir l’important travail, ample, précis, de Laetitia Bucaille, sociologue française (6).
Dans une des interviews publiées sur Una città (7) de février 2010, on met en avant, de façon obsédante, aveugle, banalisante aux limites du ridicule, les déclarations de certaines personnes, entrées comme représentants de la GFM, qui affirment « Au jour de l’an, il y a eu une soirée de musique et une fête avec un groupe de rap palestinien de Gaza. Les habitants (sic) ont remercié les internationaux ‘Heureusement que vous étiez là parce qu’ici on n’aurait jamais pu faire la fête. Ici on ne peut pas faire la fête, faire de la musique, danser parce que le Hamas ne l’autorise pas…’ ». Bien sûr à Gaza c’est difficile de faire la fête au jour de l’an ! Bien sûr les jeunes rappeurs et pas qu’eux voudraient faire la fête ! Pas seulement à cause du Hamas. Peut-être y avait-il aussi… l’anniversaire du massacre à commémorer !
Le regard « orientaliste » et paternaliste insistant oublie que le monde musulman fête un « Jour de l’an » à la fin du Ramadan et cette année, en septembre, j’étais présente, et j’ai assisté aux festivités traditionnelles ; on oublie la situation de deuil dramatique de centaines de familles, après le massacre, d’extrême pauvreté d’une bonne partie de la population, de siège et d’attaques qui continuent chaque semaine ; la nuit du 7 janvier une petite fille de 6 mois a été tuée avec deux autres civils, par un tir d’artillerie israélienne contre une maison de Khan Younis ; on oublie qu’une population d’observance musulmane stricte (certes le parti Hamas, gouvernement de facto depuis février 2010, dans un territoire « en guerre », contrôle davantage) n’est pas encline à danser selon les modalités des fêtes occidentales.
On persiste à demander, voir les derniers documents de certains groupes, une « paix juste », à soutenir la solution de « 2 Etats pour deux peuples », alors que depuis des années des observateurs majeurs et des journalistes palestiniens, israéliens et anglo-saxons démentent cette possibilité, étant donnés les faits accomplis (8). Et si l’on arrivait à un « Etat » palestinien, de fait sans frontières libres, ni défense, ni autonomie économique, ce serait une entité subordonnée aux intérêts israéliens, états-uniens et européens. (9)
Dans son intervention au séminaire de Rome en janvier 2009, et il est opportun de le rappeler, Ilan Pappé a affirmé : « Avec l’adoption du modèle de la solution fondée sur deux Etats, nous avons directement contribué à rendre les Israéliens immunes de toute pression importante exercée par la communauté internationale pour qu’ils mettent un terme à cette politique criminelle qu’ils perpétraient sur le terrain. Cela n’a aucune importance que vous croyiez plus ou moins fermement dans la solution des deux Etats ou que vous pensiez qu’il n’y a pas d’autres solutions : le discours des deux Etats est celui qui garantit qu’Israël attaque des palestiniens innocents impunément et il en tuera d’autres, des enfants, des femmes et des hommes la prochaine fois, justement à cause de ce discours des deux Etats. Et l’élite occidentale, même avec Barack Obama ne fera rien ».
L’essai de Meron Benvenisti (« The inevitable Bi-national Regime »), publié dans l’édition en hébreu de Ha’aretz à la mi janvier, décrit la situation tragique mais réelle des Territoires occupés, la fragmentation du peuple palestinien en 5 groupes (ceux de Cisjordanie, de Jérusalem-Est, d’Israël, de la diaspora et de la Bande de Gaza), chacun avec des expériences de vie, des nécessités, des relations, des structures économiques, politiques, administratives désormais diversifiées : fruit du plan stratégique israélien, sioniste, de longue durée (selon la tradition coloniale du « Diviser pour régner» occidental) qui est en train de bouleverser leurs identités, en refusant un Etat et en détruisant l’unité d’un peuple. Et cela contribue à la création de facto d’un seul Etat (juif et non démocratique) avec deux nations, dont une cependant n’a pas de droits, et à qui est nié de fait jusque la reconnaissance de son identité nationale. Benvenisti en arrive à se demander si l’on peut encore parler de « peuple palestinien » dans ces conditions.
L’essai fait aussi de larges critiques aux cercles de la gauche « pacifiste » israélienne qui sont en compétition entre eux, poursuivent des « agendas différents » et contribuent au discours de la solution des « 2 Etats pour deux peuples » avec leur vision de l‘Etat palestinien, « ridicule caricature d’Etat ». Benvenisti termine sans espoir. Son essai écrit-il, n’est pas « prédictif » mais « informatif ».
Un essai important et approfondi en 2009 du sociologue palestinien Jamil Hilal (sous peu suivi en arabe d’un livre d’analyse de l’échec de la gauche palestinienne) met en évidence le système de polarisation et de fragmentation politique de la société palestinienne, accompagné de données mises à jour sur le chômage, les niveaux de pauvreté, la situation économique, etc. C’est une analyse qui part de l‘étude de l’histoire des deux dernières décennies et de la réalité d’aujourd’hui : de la polarisation et de la fragmentation du système politique (due à la fragmentation géographique, et par suite, sociale et politique, programmée par les gouvernements israéliens), du système électoral imposé par le monde occidental, un système mixte de représentation proportionnelle et majoritaire, celui qui a construit la polarisation et favorisé le parti Hamas comme majorité dans le PLC. Et imposé deux entités politiques (avec des programmes politiques très différents), qui ont eu comme issues dramatiques deux gouvernements et deux systèmes de sécurité. Mais ce sont deux entités politiques, avec leur propre base de masse, leurs propres appareils de sécurité et leur propre aile militaire qui suivait et suit son propre programme de résistance à l’occupant. Parce que même celle du Fatah n’a pas démobilisé, sauf dans les dernières années de « normalisation » du gouvernement de Ramallah.
Depuis 2008, des analystes ont dénoncé la « paix économique », c’est-à-dire la normalisation de l’occupation en Cisjordanie opérée par le premier ministre Fayyad (10), avec ses conséquences dramatiques sur la société, typiques du néocapitalisme et de la globalisation : ouverture de l’économie palestinienne aux investissements étrangers privés, qui encouragent la consommation et le crédit sur les maisons, dans les couches sociales actuellement en phase d’ascension (une ONG organise des focus groups et du training pour un programme d’« éducation pour acheteurs de maisons »), activation de zones industrielles légères (et exploitation lourde de la main d’œuvre), ouverture de centres commerciaux, de maisons de prostitution, en échange d’un plan de sécurité dure, avec destruction des groupes de résistance militaire, désarmement et renonciation à la lutte armée des groupes du Fatah en 2008, arrestations en masse des militants du Hamas, organisation et entraînement des forces de sécurité palestiniennes en fonction des stratégies militaires israéliennes, répression de la résistance populaire non-violente contre le Mur, les vols de terre et le nettoyage ethnique à Jérusalem Est.
La « paix économique » de Fayyad (qui a pris la parole le 2 février à la conférence sur la sécurité à Herzliya –Tel Aviv-, avec Netanyahu et Barak, et avec le directeur général du FMI, le français Dominique Strauss-Kahn), dont on a célébré les avantages dans la Palestine Investment Conference de Bethléem en 2008, et dont on parle et discute très peu dans les mouvements de solidarité en Italie (comme en France, NdT), est en train de créer de nouvelles et lourdes différences de classe et des différences dramatiques entre villes et campagne, avec la « désertification » des zones rurales et la poussée des jeunes vers de nouveaux (?) travaux dans les villes ; elle ne crée pas de développement économique, mais ce que Sara Roy et d’autres ont défini comme de-development. Et cela a in fine comme objectif de détruire la lutte de résistance non violente des comités populaires des zones rurales et de séparer et fragmenter l’identité nationale palestinienne.
Ce sont toutes des analyses très lucides sur ce qui est advenu « entre temps », tandis qu’en Italie, à part quelques rares groupes, on s’entretenait dans un infantile « âge de l’innocence » sur le problème « généraliste » de travailler pour arriver à la « paix juste », pour la solution ‘deux peuples-deux Etats’, certains groupes se limitant à des voyages de connaissance et rencontres « paritaires » entre Israéliens et Palestiniens (de préparation à la « normalisation » ?) ; mais tout en s’acharnant de façon obsédante et très peu politique sur l’ennemi juré, Hamas, « unique groupe terroriste », oubliant au passage la corruption ultra décennale et les complicités passées et actuelles des institutions de l’ANP, l’opacité de l’OLP, l’échec total du ‘processus de paix’, et l’impact de plus en plus dévastateur de tout cela sur les structures économiques et sociales des Palestiniens (11). Je me souviens des difficultés à parler ouvertement, après 2006 (sortie du livre de Pappé dans l’édition anglaise), de « nettoyage ethnique », pendant la présentation de l’édition italienne du livre d’Ilan Pappé (2008) ; je me souviens des difficultés, des distinctions subtiles, des longues discussions sur le mot « apartheid » et si l’on pouvait l’appliquer à Israël, et, en 2009 encore, dans certains milieux des mouvements, sur le mot « génocide ». La terreur face à l’accusation d’antisémitisme, utilisée souvent comme forme de chantage, dans un monde européen prône à la menace de la propagande pro-israélienne (12).
Que faire ?
Si on veut vraiment faire un saut qualitatif dans le travail des mouvements de solidarité, les choix à accomplir de la part des groupes devraient être différents : partir d’analyses mises à jour, approfondies, sur la situation réelle, commencer à réfléchir sérieusement sur le Hamas, qui est aujourd’hui un parti et un mouvement de masse, comme l’ont déjà fait des journalistes israéliens et des analystes anglo-états-uniens sur des journaux comme Ha’aretz, et sur des revues en ligne importantes comme Counterpunch (13) et autres. Sans ignorer que le gouvernement Hamas, même indirectement, parle depuis longtemps de négociations pour un Etat palestinien « à l’intérieur des frontières de 67 », en reconnaissant implicitement les frontières avec l’Etat d’Israël et, donc, Israël. Mais pas une reconnaissance comme condition préalable à des négociations définitives (voir encore De Soto). Et sans forcer des conclusions hâtives sur comment avancer « pour l’unité politique des palestiniens », alors que dans cette phase tragique je ne crois pas qu’on puisse parcourir la route tentée en 2005 et perfectionnée en mai 2006 avec le document des prisonniers, dont Paola Caridi (journaliste à Lettera 22, NdT) décrit minutieusement le difficile parcours dans son livre. Ce document a été saboté par Israël en juin 2006, comme toutes les médiations successives (Mustapha Barghouti et Abdullah d’Arabie) de l’automne 2006 et du printemps 2007, pour un Gouvernement d’Unité Nationale, où l’on arriva au seuil de la signature d’une coalition gouvernementale Hamas-Fatah, et où tout s’arrêta dans la tentative d’un coup d’Etat, financé par Israël, de Dahlan (14).
Je crois en outre qu’on ne puisse plus raisonner avec des catégories occidentales pour des situations avec des traditions et des univers mentaux qui fonctionnent selon d’autres catégories ; mais qu’il faut tenir compte au contraire des efforts, dans le monde musulman, de réélaboration des références islamiques, que ce soit dans le domaine économique, qui essaient de résister au système néo-libéral, comme dans le domaine politique, comme par exemple le concept de démocratie et les modalités de gestion du pluralisme (15). Quand, en outre, les catégories politiques occidentales sont elles aussi en crise, et ne fonctionnent pas. Quand même ici ne fonctionne pas l’unité d’une opposition des partis de gauche. Et la situation de fragmentation est cependant différente : là-bas construite stratégiquement de l’extérieur, ici à l‘intérieur des formations politiques. Je crois que ceci est un nœud important à étudier et sur quoi débattre.
L’ignorance persiste encore chez certains groupes sur les séminaires et discussions qu’il y a eu dans la décennie passée sur ‘un Etat unique, laïc et démocratique’ en Israël. On ignore ou on feint de ne pas comprendre, (chez certains groupes, pour ne pas citer des partis et syndicats de la gauche) qu’ « Etat juif » signifie discrimination et oppression à l’intérieur d’Israël. Souvent tout cela se trouve aussi délaissé par une partie des mouvements, qui se limite à des choix purement humanitaires. Il est temps que tout cela soit clarifié sans incertitudes, sans ambiguïtés, et sans références continues aux jeux de la politique, électoraux et pas seulement, maintenant que le gouvernement israélien parle ouvertement d’ « Etat du peuple juif ».
Il faut étudier à fond, et proposer à l’opinion publique des mouvements, une analyse mise à jour du sionisme et de son projet d’occupation, d’expansion et d’expulsion de l’autre, depuis le début du XX° siècle ; thème sur lequel l’an dernier au séminaire de Rome du 24 janvier, l’historien Ilan Papé s’est longuement étendu (16). Pappé avait déjà dit dans un discours à Bi’lin le 18 avril 2007, « Temps expiré »: « Il n’est besoin d’aucune déconstruction sophistiquée pour comprendre qu’en ce point l’élite israélienne ne joue plus un rôle démocratique. Elle est en train de réaliser les derniers chapitres de son idéologie : faire de la Palestine un Etat juif avec une présence la plus réduite possible de Palestiniens ».
Ce thème tabou, volontairement ignoré et refusé jusqu’ici, par tous les partis de la gauche et par les syndicats, pris dans un chantage et des menaces institutionnelles d’antisémitisme, a été depuis peu ‘mis sous observation’ par Forum Palestina dans un premier séminaire à la fin novembre 2009. Mais la route est encore très longue. Il faut démonter l’idéologie sioniste, qui est coloniale et raciste, parce qu’elle veut une terre de Palestine « nettoyée », sans arabes (17). A présent ce discours, avec Lieberman et Netanyahu, revient beaucoup plus explicitement à la rescousse. Il faut dénoncer de plus en plus ouvertement quel rôle menaçant et de chantages continus tient Israël au Moyen-Orient et en Méditerranée, comme puissance militaire nucléaire, comme laboratoire terroriste d’expérimentation et de contrôle de la population civile, d’expérimentation de systèmes et dispositifs électroniques de dernière génération de contre-insurrection coloniale (18).
La « découverte » de BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions)
A partir du printemps 2009, après le massacre de Gaza, de nombreux groupes de solidarité ont « découvert » l’appel au BDS que la société civile palestinienne avait adressé à la communauté internationale le 9 juillet 2005 (19).
A partir du printemps dernier, divers groupes se sont lancés dans l’aventure BDS, avec même de nouveaux sites, mais avec des programmes souvent équivalents aux vieux, comme celui que, ce même 9 juillet 2005, l’ECCP européen avait lancé pour une campagne BDS sans B et sans D mais seulement pour des sanctions des gouvernements.
On assiste aujourd’hui à une agitation frénétique de la part de certains groupes qui ont pendant des années refusé l’idée de BDS, après une rencontre à Pise en octobre 2009, qui a culminé avec la requête de la part des organisateurs de souscrire à un énième document, le document européen de Bilbao sur la campagne BDS, qui prévoyait dans son Plan d'Action certaines distinctions sur comment faire le BDS, « mieux vaut suivre les sensibilités de chacun » (« gradual, sustainable manner that is sensitive to context and capacity »), plus conforme à l’objectif de comment faire BDS en Italie ; s’est ensuite autoproclamé un BDS-Italia, qui a rassemblé certains groupes. Tandis que l'an dernier le Forum Palestina, avec d’autres petits groupes, comme ISM-Italia, avaient lancé le BDS comme boycott des produits d’Israël, des Territoires palestiniens occupés (TPO) et des plus grandes entreprises italiennes qui ont des rapports de collaboration étroite ou des usines en Israël (les initiatives, de réalisation non aisée, auraient pu avoir de bons résultats si elles avaient été organisées ensemble), on est en train d’en revenir maintenant à réfléchir sur comment définir seulement les produits dans les TPO (en créant ainsi d’évidentes difficultés puisque tout est étiqueté ‘Made in Israel’ ou exporté sous contrôle israélien). Pendant ce temps, on a perdu quasiment une année et tout cela pose quelque question, quand justement depuis plusieurs mois fait rage la nouvelle stratégie israélienne de « sabotage » et d’« attaque » contre le mouvement mondial pour la justice et la paix (20).
On cherche avec les mêmes modalités à organiser à présent une campagne alternative à celle pour le boycott universitaire et culturel d’Israël, qu’avait proposé ISM-Italia en juillet 2009 dans un séminaire à Rome auquel avait participé Omar Barghouti, un des promoteurs palestiniens, séminaire qui suivait les indications du PACBI palestinien (21). Mais un document du PACBI du 17.2.2010, “Intellectual responsibility and the voice of the colonized” affirme : “It is responsibility of the boycott supporters to understand the broadly-accepted boycott criteria and guidelines upon which this boycott is based and adhere to it, rather then attempting to invent or suggest idiosyncratic criteria of their own, as the latter would undermine the Palestinian guiding reference for the global boycott campaign against Israel”. [Souligné par l’auteur].
Le document met en garde contre ceux qui créent une confusion et essaient une fois de plus de mettre sous « formaldehyde »(étouffement, mise sous chloroforme, NdT) (22) aussi bien le BDS que le boycott du PACBI, et le travail que des groupes comme ISM-Italia et Forum Palestina font depuis plusieurs années, au milieu de mille difficultés et ostracismes.
Ce qui est décrit ici, et dont nombre d’entre nous sont témoins, est le très triste résultat de la politique à l’intérieur des mouvements de solidarité en Italie, pas seulement celle de ces dernières années. Aurions-nous besoin d’un Meron Benvenisti italien pour déclarer que « le roi est nu » ? Ou d’un George Galloway ?
Qu’est-ce qui empêche un travail unitaire en Italie ? Si les idéologies sont en crise, restent les anciennes appartenances, les références politiques, les vieux schémas idéologiques, la non autonomie par rapport à des positions/collusions partisanes et électorales.
Notre situation est aujourd’hui pire encore qu’il y a quelques années. Nous sommes, par rapport à d’autres pays européens (certes pas par rapport à la France où la « gauche » sioniste tient le haut du pavé dans les mouvements de solidarité, NdT) en retard de plus d’une décennie concernant l’engagement dans l’information, dans la possibilité de n’avoir à disposition que très peu de maisons d’édition pour publier des livres importants mais jugés « dangereux », sur la maigre adhésion des intellectuels, l’absence de courage d’universitaires et d’hommes politiques pour dénoncer la situation. En conséquence, une liberté de discussion devient difficile par rapport à un authentique engagement internationaliste antiraciste et anticolonialiste, comme par exemple en Grande-Bretagne.
Il nous manque aussi en interne une critique, et autocritique, courageuse pour produire ensemble des propositions communes efficaces. Si demeurent les obstacles, les chantages, les manœuvres partisanes, les personnages ambigus et collabos, les tentatives de faire obstacle, de manipuler, de contrôler et d’affaiblir les énergies des minorités « étiques », quelle solidarité peut-on construire en Italie (et en France, NdT) pour atteindre ce résultat vraiment efficient, avec des issues moins négatives que celles d’aujourd’hui ? Ici aussi sont à l’œuvre des stratégies de désagrégation et de polarisation. L’activisme pour l’activisme, sans motivations éthiques, n’a jusqu’à présent abouti à presque rien. Nombre d’entre nous se sont désormais rendu compte de cela. Il est temps d’affronter un débat sérieux, approfondi et positif. Parce qu’il est déjà tard.
Diana Carminati, Turin, 21 février 2010
ISM-Italia
Notes de lecture :
(1) J’en ai été témoin direct : sont entrés les plus de 450 activistes et environ 150 des 200 véhicules (50, bloqués par les Egyptiens, ont été ensuite remis aux camps de réfugiés palestiniens en Syrie et au Liban).
(2) Nombreux travaux en anglais ; en italien voir l’analyse précise de Paola Caridi : Hamas. Ce qu’est et ce que veut le mouvement radical palestinien. Feltrinelli, 2009
(3) Voir le rapport de fin de mission du diplomate onusien Alvaro De Soto de mai 2007, refus accompagné par le blocage immédiat des salaires, par la fermeture quasi complète des passages et blocus des marchandises.
(4) Voir parmi les articles du diplomate Alaistair Crooke, du journaliste David Rose, de l’analyste Julien Salingue (Paris 8), de Paola Caridi dans son livre sur le Hamas, dans lequel pour la première fois en Italie est analysé le parcours et ensuite la décision du mouvement de résistance d’avoir une composante politique forte et de se transformer en parti. Jusqu’ici ce livre n’a eu que très peu de recensions 
(5) Je me souviens des accusations infâmantes et atroces passées sur le net l’été dernier sur les mariées enfants de Gaza, en fait les petites demoiselles d’honneur photographiées heureuses à côté de fiers jeunes gens Gazaouis, « bien sûr pédophiles » ; images reprises avec des légendes truquées par quelque site de propagande. Le crédit qu’on leur accorda alors ne fut heureusement que de quelques semaines.
(6) L. Bucaille, « Gaza : la violence de la paix », Presses de Sciences politiques, Paris (1998).
(7) Interview de « Una città », février 2010, à M. P.M. (Université de Pise et BDS-Italia), participant à la GFM.
(8) Voir comme exemple parmi les plus récents, le dernier article sur Ha’aretz du 24.1.2010 de Moshe Arens, au titre très significatif « Obama chasing rainbows with two-state solution » (« Obama se berce d’illusions avec la solution à deux Etats »), qui traite de pauvres ingénus les « rêveurs infatués. » « The continuing infatuation with the idea of a two-state solution is at the bottom of most of these naive dreams. » Et de nombreux autres ces dernières années.
(9) Voir article de Ziyaad Lunat « The Netanyahu-Fayyad ‘economic peace’ one year on » The Electronic Intifada, 10.2.2010 et autres sur Maan News, février 2010.
(10) Voir l’article de Julien Salingue sur le Palestinian Reform and Development Plan « L’échec programmé du plan ‘silence contre nourriture’. Où va le gouvernement de Salam Fayyad ? », 6.03.2008 in http://www.plomission.us/PRDPFinal.pdf Id., Les dynamiques économiques palestiniennes (1967-2009), I.S.M., 23.11.2009, et de Ziyad Lunat « The Netanyahu-Fayyad ‘economic peace’ one year on », ibid. note 9.
(11) Dans un article récent, on fait passer pour « querelle » avec le Hamas la dernière tentative d’Abu Mazen de ne pas reconnaître le rapport de la mission Goldstone, pendant au contraire qu’un chantage des israéliens frappait son fils, impliqué… dans les intérêts du nouveau réseau de téléphonie Wataniya.
(12) On devrait au contraire mettre en discussion le mot antisémitisme (catégorie linguistique inventée par les philologues européens à la fin du XVIII° siècle, et devenue ensuite une catégorie raciale au XIX° siècle avec Ernest Renan : à ce sujet voir la réflexion de Joseph Massad, élève de Edward Saïd, Columbia University, dans son texte « La persistance de la question palestinienne », La fabrique Editions, 2009) et, en conséquence, antisémitisme, utilisée toujours seulement pour définir les attaques contre les juifs, comme arme terrible de chantage dans un monde européen prône aux menaces de la propagande pro-israélienne.
(13) Dans le dernier document de Forum Palestina, sorti ces jours ci, on parle de « nécessité de définir les points de confrontation et ceux de divergence sur les perspectives ».
(14) Voir encore la description minutieuse de Paola Caridi.
(15) Voir, parmi de nombreux auteurs, Tariq Ramadan, « Nous musulmans européens », datanews, 2008 ; François Burgat, « L’islamisme en face », La Découverte, 2007.
(16) « Tous les efforts faits par les Israéliens pour décrire ce phénomène comme une réalité complexe sont une tentative de cacher une histoire très simple et funeste de colonialisme, d’occupation, de nettoyage ethnique et maintenant de génocide ». Et il se demandait « Comment nous confronter avec cela quand nous avons cette « chape » de propagande au niveau universitaire, au niveau des médias et au niveau politique, quelque chose qui donne l’impunité aux crimes israéliens et sionistes ? »
(17) Outre Pappé, d’autres chercheurs, comme par ex. Jonathan Cook dans ses livres : « Blood and Religion. The Unmasking of the Jewish and Democratic State », Pluto Press, 207 et « Disappearing Palestine. Israel’s Experiments in Human Despair », ZedBook, 2008, dans lesquels le plan du général Yigal Allon de 1967 (trois cantons en Cisjordanie : Naplouse et Jenine, Ramallah et Salfit, et Hébron) et ensuite de Moshé Dayan, pour une option jordanienne et une option égyptienne : c’est-à-dire donner en échange certains territoires ou déplacer la population. Les déclarations et propositions d’Avigdor Lieberman sur les demandes à faire à la population palestinienne d’Israël (ou souscrire une déclaration de fidélité inconditionnelle à Israël comme Etat juif ou devenir résident immigré avec permis de travail et de séjour à temps déterminé ou émigrer). Sur ces thèmes, voir l’article de Marco Allegra dans « Conflits mondiaux » n. 6, « Israël comme paradigme » et sa prévision d’un avenir où il y aura « une entité dominante et un entité dominée ».
(18) Voir rapport de Lalleh Khalidi à la SOAS de Londres le 22 février 2009, et voir l’article de G. Frankel, « le Moyen-Orient et la Bombe : duel atomique ou équilibre entre Israël et Iran ? », in Biblioteca della libertà, n. 189, octobre-décembre 2007.
(19) Voir l’histoire de ces épisodes dans le livre « Boicottare Israele : una pratica non violenta », Derive/Approdi 2009, dont je suis co-auteur (avec Alfredo Tradardi, NdT).
(20) Voir Ali Abunimah, “Israel’s new strategy : « sabotage » and “attack” the global justice movement”, The Electronic Intifada, 16.2.2010. « La nouvelle stratégie d’Israël : “saboter” et “attaquer” le mouvement mondial pour la justice », I.S.M. 18.2.2010.
(21) Alternative parce que c’est un programme d’ « éducation » des Palestiniens, qui veut informer les universitaires italiens ‘sensibles’ sur une situation qu’ils devraient connaître depuis au moins une décennie. Les premières demandes de boycott sont arrivées, en 2002-2003, d’universitaires israéliens et juifs anglais comme Tanya Reinhart, Steve et Hillary Rose, Ilan Pappé et d’autres ; certains d’entre eux sont aussi venus en Italie depuis 2004 et ont parlé de BDS dans différentes rencontres organisées par ISM-Italia. Nombreuses ont été les rencontres sur BDS en Italie promues par ISM-Italia, avec des interventions d’Omar Barghouti et de Jamil Hilal. Important aussi l’article de Judith Butler, « Israël/Palestine and Paradoxes of Academic Freedom », Radical Philosophy, janvier-février 2006, que j’ai plusieurs fois rappelé aussi dans divers séminaires des Donne in nero (Femmes en Noir, NdT) à cette époque. Voir « Boycotter Israël », déjà cité.
(22) Terme utilisé dans son rapport par Alvaro de Soto, le diplomate de la Road Map, citant Eliot Abrams et Dov Weisglass qui avaient « congelé » la Feuille de route : « mise sous chloroforme » avait été utilisé très explicitement par le chef du staff de Sharon, Dov Weisglass, dans une interview par Aron Shavit sur Ha’aretz le 8 octobre 2004 : « J’ai laissé de côté ce cauchemar des colons indéfiniment. Voilà quelle est la signification de ce que nous avons fait. La signification est la congélation du processus politique. Et quand tu congèles ce processus tu empêches que ne se constitue un Etat palestinien, et tu empêches la discussion sur les réfugiés, les frontières et la question de Jérusalem ».
A ce sujet et sur les initiatives du conseiller du Département d’Etat états-unien Elliot Abrams, avec Dov Weisglass, pour congeler la Feuille de route, on se reportera à l’article de Kathleen Christison et au livre de T. Reinhart (L’héritage de Sharon, La fabrique, 2006).
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