samedi 11 juillet 2009

Commandos palestiniens anti-terroristes

Par YAAKOV KATZ

10.07.09
L'armée israélienne pense à permettre aux Palestiniens d'établir une unité spéciale anti-terroriste, un "modèle réduit" des unités de reconnaissance de l'armée israélienne, unités d'élite. Elle serait qualifiée pour mener des opérations ponctuelles et de précision contre des cellules terroristes du Hamas en Judée-Samarie.

Forces palestiniennes de sécurité.
PHOTO: AP , JPOST

Un tel commando d'élite pourrait mener des opérations spéciales contre le Hamas et les infrastructures du Djihad islamique en Judée-Samarie de façon plus efficace que les actuelles forces palestiniennes de sécurité.

Les Français ont d'ores et déjà proposé d'entraîner une telle équipe.

Cette décision a été prise suite à l'opération menée par l'Autorité palestinienne contre une cellule du Hamas à Kalkilya le mois dernier ; opération au cours de laquelle cinq terroristes du Hamas et quatre membres des forces de police palestinienne ont été tués.

Ces quatre bataillons palestiniens, entraînés par les Etats-Unis en Jordanie et déployés en Judée-Samarie ont appris à faire respecter la loi et sont amenés à conduire des contrôles de routine et des opérations propres à la police. Pour autant, aucun entraînement militaire ne leur a été dispensé. Ils sont équipés de pistolets, de Kalachnikov, et le contenu de leur entraînement a été approuvé par Israël.

L'armée israélienne réfléchit donc à permettre l'établissement d'une petite unité d'élite capable de conduire des opérations comme celle menée à Kalkilya, de façon plus efficace et en causant moins de victimes.

L'armée avait récemment opposé son veto à une requête de l'Autorité palestinienne qui demandait à recevoir un entraînement dans les explosifs.

L'AP avait auparavant demandé de pouvoir se doter d'un arsenal de communication militaire avancé ; requête refusée par l'armée qui s'inquiétait d'interférences entre les deux systèmes de défense.

Alors que le Commandement central de l'armée israélienne, sous la direction de Gadi Shamni, est parvenu à réduire de façon significative, l'activité terroriste en Judée-Samarie, un Officier a tiré la sonnette d'alarme jeudi, déclarant que l'armée craignait que le Hezbollah n'active des cellules terroristes dans la région et ne les enjoigne à attaquer Israël.

jerusalem post

Résistance populaire et identité islamique

Monde Arabe - 09-07-2009

Par Youssef Girard

La guerre d’octobre 1973 marque un basculement fondamental dans la résistance à la colonisation sioniste. Pour la première fois des armées arabes parvinrent à tenir tête à l’ennemi sioniste qui fut contraint de reculer. Après la perte du quart de son potentiel militaire, les sionistes, inquiets de voir leurs réserves s’épuiser, furent obligés de faire appel aux Etats-Unis pour organiser d’urgence leur ravitaillement en arme. Le pont aérien organisé entre Washington et Tel-Aviv permit aux sionistes de préserver les positions conquises durant la guerre de juin 1967.

Toutefois, si la guerre d’octobre 1973 vit un rééquilibrage des forces en faveur des armés arabes, elle fut aussi la dernière guerre conventionnelle entre une armée arabe et l’Entité sioniste. Après la guerre, Anouar as-Sadate déclara ouvertement : « cette guerre est la dernière. » [1] Cette déclaration heurta les résistants arabes mais elle exprimait clairement les projets des dirigeants de la région plus soucieux de mettre œuvre l’intifah – l’« ouverture » au capitalisme et à l’impérialisme occidental liquidant les acquis sociaux de la période nassérienne – que de résistance à l’hégémonie occidentale et la colonisation sioniste. A partir de là, tel les hypocrites suivant David, ils affirmèrent : « nous ne nous sentons pas aujourd’hui de force à résister à Goliath et à ses hommes. » [2]

Face à la forfaiture de leurs dirigeants, les peuples arabes répondirent comme ceux qui étaient convaincus de rencontrer leur Créateur parmi les hommes de David : « Combien de fois une troupe peu nombreuse a, par la grâce d’Allah, vaincu une troupe très nombreuse. » [3] Ainsi, alors que les gouvernements et les armées arabes abdiquaient devant la puissance de feu sioniste, la résistance populaire devint le principal acteur de la lutte de libération du Machrek, notamment en Palestine et au Liban. La résistance populaire devint la principale expression du refus des peuples arabes de capituler devant l’hégémonie occidentale et la colonisation sioniste.

Avant le renoncement des officiels Egyptiens, la résistance populaire commença à s’organiser à partir des camps de réfugiés Palestiniens de Jordanie ou du Liban. En 1959, le Fatah qui se proposait d’organiser la résistance du peuple palestinien, fut créé par des dissidents de l’organisation des Frères Musulmans, tels que Yasser Arafat, Khalil al-Wazir [Abou Jihad] et Salah Khalaf [Abou Iyad], et un proche du parti Ba’ath, Farouk Kaddoumi [Abou Loutof]. Fraîchement indépendante, l’Algérie, alors dirigée par Ahmed Ben Bella, fut le premier Etat arabe à accorder son soutien politique et militaire à l’organisation palestinienne qui souhaitait mener des actions armées. Dans cette perspective le Fatah créa une branche militaire, al-Asifa [la tempête], qui mena ses premières opérations commandos contre l’Entité sioniste à partir de la fin de l’année 1964. Dans le même temps, certains membres du Mouvement Nationaliste Arabe [MNA], tel que Georges Habache, envisageaient de plus en plus le développement de la lutte armée comme principal mode de résistance à la colonisation sioniste.

Au-delà de la lutte armée, ces organisations réussirent à donner aux Palestiniens dispersés dans les camps du Liban, de Jordanie et de Syrie et dans divers pays une structuration constituant la ‘assabiyya – l’esprit de corps - de leurs nations éclatées par la colonisation. A partir du 1968, cette ‘assabiyyase structura au sein de l’OLP qui représentait l’identité et les aspirations nationales du peuple palestinien.

La débâcle de juin 1967, donna une nouvelle impulsion à la résistance populaire qui se développa dans les territoires nouvellement occupés et dans les camps de réfugiés de Jordanie et du Liban. Les organisations palestiniennes voulaient développer la guerre populaire sur le modèle de la résistance algérienne ou vietnamienne. Faire de Amman un nouvel Hanoi devint l’un des objectifs du Front Populaire de Libération de la Palestine, créé au lendemain de la défaite par Georges Habache et des dissidents du MNA. La bataille de Karamé marqua l’affirmation politico-militaire de cette résistance populaire. Le 21 mars 1968, l’armée sioniste attaqua le camp de Karamé en Jordanie mais elle fut repoussée par la résistance palestinienne qui remportait sa première bataille. Ce succès contribua à renforcer la popularité de la résistance palestinienne dans le monde arabe où le feddayin devint l’incarnation vivante de la moumana’a – résistance - arabe.

Contre cette montée puissance de la moumana’a arabe, le roi Hussein de Jordanie se plia aux injonctions de l’Occident impérialiste et des sionistes en éradiquant la résistance palestinienne en septembre 1970. Les impérialistes et la réaction arabe refusaient que le Jordanie serve de base arrière à la résistance palestinienne. La terrible répression de Septembre noir fut un coup extrêmement dur pour les organisations palestiniennes qui furent contraintes de se replier au Liban où la résistance avait installé des bases militaires dans le Sud du pays après l’attaque de l’aéroport de Beyrouth par les sionistes le 28 décembre 1968. A partir de ces bases, la résistance palestinienne commença à lancer des attaques contre l’Entité sioniste. Cette résistance restera active jusqu’à l’invasion du Liban par les troupes sionistes en juin 1982. Suite à cette invasion, la résistance palestinienne fut contrainte de quitter le Beyrouth. Installé à Tripoli dans le Nord du Liban, Yasser Arafat et 4 000 de ses partisans furent une nouvelle fois contraints de quitter cette ville, le 21 décembre 1983, sous la pression des troupes syriennes et de certaines organisations palestiniennes hostiles à sa politique. S’installant à Tunis, la direction de l’OLP fit de cette ville, éloignée des théâtres d’opérations, son nouveau quartier général.

Ce départ marqua une évolution dans la moumana’a arabe. Premièrement, malgré l’opposition d’une grande partie de ses dirigeants palestiniens, la direction de l’OLP qui n’était plus directement en contact avec le peuple palestinien, s’engagea dans une politique de « compromis » avec l’ennemi. Deuxièmement, après le départ de la direction de l’OLP du Liban, lamoumana’a arabe vit l’émergence d’organisations ayant l’islam comme référence centrale. Le Hezbollah fut créé en 1982 et pris rapidement la tête de la résistance à l’occupation sioniste au Liban alors qu’en Palestine une nouvelle organisation de résistance émergeait en 1981, le Jihad Islamique fondé par Fathi Chakaki, un nationaliste arabe passé à l’islam politique révolutionnaire. Mais cette évolution de la moumana’a arabe était portée en germe par les modalités d’actions propres à la guerre populaire.

Selon Ho Chi Minh, dans la guerre populaire « les troupes régulières, régionales ou de guérilla doivent rester étroitement unies à la population ; si elles s'en détachent, elles connaîtront la défaite. » [4] Cette nécessité d’être dans la population « comme un poisson dans l’eau » obligeait les militants à se mettre à l’écoute du peuple afin d’entreprendre un travail politico-militaire à partir de sa culture spécifique et de ses besoins réels. Les militants étaient appelés à se fondre dans les masses et non à se placer au dessus d’elles en « guide » omniscient. Toute rupture avec la culture des masses populaires arabes au sein desquelles la résistance déployait son action risquait de compromettre sa lutte.

Cette conception de la résistance populaire amena nombre de acteurs à repenser les rapports de moumana’a arabe à la culture et à la civilisation arabo-islamique avant l’émergence d’organisations ayant l’islam comme référence centrale. En 1973, Monah as-Solh écrivait : « quand les masses arabes parlent de leur islamité et ce, quand elles parlent d’une situation politique ou civilisationnelle, elles veulent le plus souvent souligner qu’elle refusent la vassalité à l’égard de l’Occident, entendant souligner ainsi qu’elles se sentent faire partie d’un tout historique et géographique, détenteur d’un héritage, de valeurs, de racines. […] Parfois même, en proclamant leur islamité, les masses populaires entendent signaler leur attachement positif à cette dimension, signifiant aux intellectuels, aux occidentalisés, aux pseudo avant-gardes : « J’appartiens à un monde et vous appartenez à un autre monde ; et nous sommes différents de vous. » » Il ajoutait : « L’attitude de l’intellectuel progressiste arabe consiste toujours à redouter de reconnaître cette unité profonde qui unit ces deux contenus [islamité et arabisme], en apparence vu son attachement à la pureté révolutionnaire et à l’entière rectitude idéelle, mais, en réalité, étant donné qu’il redoute, s’il venait à cet aveu, de donner au mouvement de libération arabe la densité et l’efficacité qui ferait de lui [une force], allant bien au-delà de l’engagement, du sacrifice, de l’esprit combatif qu’il est prêts à prodiguer. […] lui-même, en réalité, n’est pas encore devenu arabe au degré d’arabité vécue par les masses et que son arabité n’est pas haussé au niveau de l’islamité des masses.»

Monah as-Solh concluait ses propos en posant la question : « islamité des masses populaires constitue-t-elle un fardeau pour le mouvement nationalitaire arabe, ou bien plutôt une dimension supplémentaire de ce mouvement ? Telle est la question qui est ici posée aux gauchistes de l’aliénation idéelle comme à la droite [que cimente] l’intérêt –unis les uns et les autres dans leur acharnement à placer l’Islam hors la révolution. » [5]

Cette réflexion sur l’identité culturelle et civilisationnelle des masses arabes et la volonté de se fondre en elles, fut la base des réflexions des militants des Brigades étudiantes du Fatah ou de la Résistance Populaire dirigée par Khalil Akkaoui dans le quartier populaire de Bab at-Tabbané à Tripoli. Ces militants commencèrent à étudier l’héritage islamique afin d’être en phase avec les milieux populaires au sein desquels ils développaient leurs activités. Dirigeant des Brigades étudiantes du Fatah, Mounir Chafiq expliquait : « la ligne de masse, ça m’a aidé à redécouvrir une culture et un fond civilisationnel historique, l’islam. Et je crois que la ligne de masse, d’écouter les masses, de ne pas les mépriser dans leurs sentiments et leurs vécus, c’était très important. » [6]

Partis du marxisme, dans sa version tiers-mondiste, ces militants révisèrent leur conception idéologique du fait de leur pratique militante. Deux responsables des Brigades étudiante du Fatah, Mohammed Bassem Sultan et Mohammed Bohaïss affirmaient : « Marx, en ignorant la réalité de la pluralité des modes de civilisation et en considérant que la voie universelle du progrès était celle de l’Europe, a conclu, s’agissant de l’Inde par exemple, que la Grande-Bretagne y avait une double mission historique : détruire les vieilles structures traditionnelles et y implanter la civilisation européenne. L’hypothèse selon laquelle la destruction des structures civilisationnelles et du système social traditionnel des peuples non européens et la greffe de la civilisation européenne signifiait le progrès et la naissance du capitalisme n’a pas été confirmée par les évènements ultérieurs. Au contraire, les conséquences réelles de ce processus ont conduit à la construction de systèmes occidentalisés dépendant des métropoles capitalistes et impérialistes. La destruction des systèmes sociaux traditionnels était la condition pour saper les fondements de l’indépendance des peuples non européens et leur imposer un état de dépendance permanente qui allait se perpétuer après même les indépendances politiques… Dans l’une des phases de notre réflexion, nous avons affirmé que les processus révolutionnaires sont toujours singuliers, qu’ils sont liés aux spécificités des sociétés qui les engendrent. Indépendamment de nos convictions et de nos vœux, la question qui se posait était : Quel type de révolution sera engendré par la nation arabe ?... En étudiant les spécificités de nos pays, nous avons constaté que le seul système porté en germe par nos sociétés était l’islam. » [7]

Ces discussions sur les fondements idéologiques de leur action amena les militants à repenser le rôle de « l’avant-garde » au sein de la moumana’a arabe. Mounir Chafiq expliquait : « Je crois que le mouvement islamique au Liban et en Palestine a essayé d’aboutir à un autre concept d’avant-garde. Une avant-garde qui ne soit justement qu’une accoucheuse. Lorsque la sage-femme aide l’enfant à venir au monde, elle ne fait justement que l’aider en un sens. Ce n’est pas l’accoucheuse qui va changer les traits physiques de l’enfant, son poids, son code génétique : elle peut favoriser des éléments, ou les défavoriser, c’est vrai. Mais il y a une donnée qui est déjà là. Pour l’avant-garde révolutionnaire, c’est la même chose : tu peux favoriser un processus révolutionnaire, mais il y a des données qui sont là, historiques. Tu ne peux intervenir dans une société sans prendre en compte son histoire politique, sociale, culturelle, tous ces éléments enchevêtrés. […] Cela signifie, pour moi, avec Marx : les conditions d’une révolution viennent de l’intérieur d’une société, de son intérieur profond. Et dans cet intérieur profond, ici, que tu le veuilles ou non, que ça plaise ou non, il y a l’islam, qui a été un courant civilisationnel historique, profond. » [8]

Ces réflexions posées dans les années 1970 prirent une nouvelle ampleur dans les années 1980 avec l’émergence d’organisations de résistance ayant l’islam comme référence centrale et le développement de la lutte des Palestiniens de l’intérieur en dehors du cadre de l’OLP repliée à Tunis. Cette émergence politique des Palestiniens de l’intérieur qui se manifesta publiquement au cours de manifestations durement réprimées par les autorités sionistes en 1982, prit une ampleur nouvelle avec le déclanchement de la première intifadah en décembre 1987. Les émeutes populaires puis les grèves de commerçants firent de la résistance des Palestiniens de l’intérieur le point focal de la moumana’a arabe contre l’Entité sioniste. Une nouvelle étape de la résistance contre colonisation commençait au cours de laquelle le caractère national et islamique de la résistance pris une nouvelle dimension. Au niveau politique, différents mouvements politiques, dont le Fatah, le FPLP ou le Jihad Islamique, constituèrent une Direction patriotique unifiée pour soutenir et organiser l’intifadah.

Parallèlement à la Direction patriotique unifiée, l’organisation des Frères Musulmans en Palestine qui ne participait pas à la résistance populaire concentrant son travail sur la prédication religieuse et l’action sociale, entra dans la lutte en créant le Hamas dirigé par le cheikh Ahmed Yassine. La création du Hamas correspondait à l’intensification de la résistance des Palestiniens de l’intérieur et à la montée en puissance d’une nouvelle génération de militants au sein de l’organisation des Frères Musulmans en Palestine, tel que Abdelaziz ar-Rantissi, résolus à engager la résistance armée à la colonisation sioniste. Rapidement le Hamas mit sur pied sa branche paramilitaire, les Brigades Izz ed-Din al-Qassam, chargée d’organiser la lutte armée.

Refusant d’abdiquer, contestant la conférence de Madrid de 1991 et les accords d’Oslo de 1993, le Jihad Islamique et le Hamas jouèrent un rôle central dans la résistance populaire à la colonisation sioniste dans les années 1990-2000. Au Liban, le Hezbollah remporta des victoires décisives contre l’Entité sioniste en 2000 et surtout 2006. Ce qu’aucune armée arabe conventionnelle n’avait réussi à faire, la résistance populaire du Hezbollah y parvint : faire reculer durablement l’ennemi sioniste. Durant l’attaque de Gaza en janvier 2009, le Hamas et l’ensemble des organisations de résistance empêchèrent, par leur lutte héroïque, l’avancée des troupes sionistes. Comme l’écrivait Ibn Khaldoun en évoquant les mouvements fondés sur la religion, « quand les croyants voient clair dans leurs affaires, rien ne peut les arrêter, parce qu’ils sont unis dans leurs perspectives. » [9]

L’expérience historique a prouvé que les guerres conventionnelles ne sont pas le moyen le plus efficace pour mener à bien les luttes de libération nationale. Du fait de la supériorité technique des puissances hégémoniques, les guerres conventionnelles ne font qu’entériner la domination technico-militaire des nations impérialistes et de leurs alliées. En revanche, les résistances populaires ont réussi à faire reculer les puissances impérialistes comme la France en Algérie, les Etats-Unis au Vietnam et maintenant l’Entité sioniste au Machrek. La victoire de la résistance libanaise dirigée par le Hezbollah et la lutte héroïque de la résistance palestinienne à Gaza marquent le couronnement de la résistance populaire comme modalité principale de lutte contre la colonisation sioniste et la réussite d’organisations de résistance en symbiose avec l’identité civilisationnelle des peuples arabes et palestiniens.

Youssef Girard

Notes de lecture :

[1] El-Bechry Tarek, Les arabes face à l’agression, Paris, al-Bouraq – GEBO, 2009, page 63
[2] Coran 2 : 249
[3] Ibid.
[4] Ho Chi Minh, Sur la guerre de guérilla, 1952
[5] Monah Al-Çolh, Islamité et arabisme, in. Abdel-Malek Anouar, La pensée politique arabe contemporaine, Paris, Ed. Seuil, 1970, page 226-230
[6] Interview, in. Dot-Pouillard Nicolas, « De Pékin à Téhéran en regardant vers Jérusalem : la singulière conversion à l’islamisme des « Maos du Fatah » »,Cahiers de l’Institut Religioscope, n°2, Décembre 2008
[7] Mohammed Bassem Sultan et Mohammed Bohaïss, « Question autour de l’islam et du marxisme derrière les barreaux », Cité par Walid Charara et Frédéric Dumont, Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste, Paris, Fayard, 2004, page 93-95
[8] Interview, art. cit.
[9] Ibn Khaldoun, Discours sur l’Histoire universelle, al-Muqaddima, Paris, Sindbab, 1997, page 242.

Le Hamas : entre principes et nécessité

vendredi 10 juillet 2009 - 06h:42

Ramzy Baroud



Beaucoup peut être dit pour expliquer ou même justifier les récentes concessions politiques faites par le Hamas, dans lesquelles ses principaux dirigeants à Gaza et à Damas ont affirmé leur accord de principe avec un règlement politique basé sur la solution à deux-états.

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Le Premier Ministre palestinien Ismaïl Haniyeh, lors d’un déplacement dans la ville de Gaza

Le 25 juin, le dirigeant du bureau politique du groupe islamique basé à Damas, Khaled Meshaal a réitéré le refus du Hamas de reconnaître Israël comme état juif, qualifiant avec raison cette désignation de « raciste, digne de Nazis, et comme d’autres prétentions dénoncées par la communauté internationale. » Cependant, il a approuvé l’idée d’une solution à deux-états, laquelle envisage la création d’un état palestinien indépendant sur approximativement 22% de la Palestine historique.

L’annonce était difficilement une surprise, parce que d’autres dirigeants du Hamas avaient fait référence ou avaient simplement fait connaître leur accord avec la même idée dans le passé. Mais ce qui en fait a changé est le langage utilisé par les dirigeants du Hamas pour endosser cette possibilité illusoire et de plus en plus impraticable de deux états. Le vocabulaire de Meshaal était en grande partie laïc, alors que des références au même principe faites par le Hamas auparavant étaient noyées dans un discours religieux.

Par exemple, le Hamas était par le passé d’accord sur un état palestinien couvrant tous les territoires occupés, ce qui imposait la disparition des colonies juives, sous le régime d’une « hudna » [trêve] à long terme. Le terme de « hudna » est chargé de références religieuses implicites et a été utilisé pour présenter les vues politiques du Hamas à la fois comme pragmatiques, mais également basées sur une tradition politique islamique consacrée.

Ahmed Yousef, conseiller en chef au gouvernement du Hamas à Gaza a fait référence au concept de « hudna » dans divers écrits et entrevues avec des médias. Mais ses appels ont sonné plutôt comme une tentative de trouver un espace commun entre les fermes croyances religieuse du mouvement islamique et la pression internationale sous la houlette des Etats-Unis qui vise à forcer le Hamas à entrer dans le même camp politique que celui qui a discrédité son rival du Fatah. Mais la variante introduite par Ahmed Yousef dans sa rhétorique ne peut pas être considérée comme identique aux récentes révélations politiques de Meshaal.

Le boycott du gouvernement élu du Hamas en 2006, et la violence orchestrée qui a conduit à la prise en main [de Gaza] par le Hamas, puis l’isolement et le siège de la bande de Gaza qui ont suivi, étaient censés forcer le Hamas à « modérer » sa position. Une immense souffrance collective a été imposée dans toute la bande de Gaza de façon à ce qu’Israël et ses alliés, dont la direction palestinienne basée en Cisjordanie, forcent le Hamas à sortir de ses retranchements idéologiques pour se joindre au camp « pragmatique », lequel s’est accommodé de compromis politiques stériles.

La constance du Hamas a été suffisante pour faire la preuve de sa crédibilité révolutionnaire et patriotique aux yeux de la plupart des Palestiniens et de ses partisans au Moyen-Orient et dans le monde. Le Hamas a impressionné beaucoup de gens, pas pour ses références théologiques, mais pour sa solidité politique et son refus de l’intimidation. D’une certaine manière, le Hamas a gagné le même statut et la même reconnaissance révolutionnaire que le Fatah dans les années 60.

Il n’est jusqu’à la guerre israélienne contre Gaza en grande partie sans défense commencée fin décembre 2008, dont le Hamas a semble-t-il tiré politiquement profit, et pour une bonne raison. Après tout, c’était un mouvement démocratiquement élu représentant les Palestiniens dans les territoires occupés. L’incapacité de ses rivaux à s’adapter à la nouvelle réalité politique, ainsi que les tentatives israéliennes incessantes de détruire le mouvement et l’emprisonnement en masse de ses parlementaires élus, ont été insuffisants pour le priver de sa légitimité.

Israël a alors lâché une de ses pires campagnes contre les Palestiniens, visant en grande partie les civils et leurs infrastructure dans Gaza. La guerre israélienne était censée faire encore plus que massacrer 1350 Palestiniens ( dont 437 enfants) et en blesser 5450 autres. Elle visait à frapper le mode de pensée même des Palestiniens qui avaient commencé à considérer un monde de possibilités au delà de l’emprisonnement et des promesses de paix peu consistantes infusées par le processus d’Oslo, lequel n’a servi qu’à enraciner l’occupation et à renforcer la colonisation.

La solidarité internationale se construisait lentement avant l’attaque israélienne. Pendant que les bombes israéliennes commençaient à pleuvoir, principalement sur l’infrastructure civile de Gaza, la solidarité internationale a surgi dans le monde entier. La brutale folie israélienne a servi à légitimer le groupe même qu’elle était censée écraser. Les voix qui ont inlassablement exigé du Hamas de céder aux conditions fixées, relayées par le soi-disant Quartet pour la paix au Moyen-Orient, ont été couvertes par les voix exigeant des Etats-Unis et des divers pouvoirs occidentaux de reconnaître et de discuter avec le Hamas.

Une des voix dominantes est celle de l’ancien Président des États-Unis Jimmy Carter, une des premières personnalités occidentales influentes à discuter avec le Hamas et à faire savoir que le Hamas « accepterait un accord de paix avec Israël basé sur deux-états s’il était approuvé par référendum dans la population palestinienne ou par un gouvernement palestinien nouvellement élu. » (The Gardian, 22 avril 2008).

L’insistance de Carter à impliquer le Hamas dans n’importe quel futur accord de paix l’a conduit à Damas, au Caire, en Cisjordanie, puis à Gaza. Sa récente visite dans le territoire assiégé le 16 juin dernier était plus qu’une manifestation de solidarité, car elle visait aussi à convaincre le Hamas de donner son accord à l’objectif de deux états et à l’initiative arabe de paix de 2002. Les conditions alternatives devraient offrir une sortie plus honorable que les demandes agressives et unilatérales du Quartet.

Il est difficile de savoir si le Hamas ira dans le sens de sa demande. Mais ce qui est clair, c’est que le Hamas envoie des signaux variés, tels que sa volonté de s’engager dans un dialogue avec l’administration d’Obama, et aussi l’acceptation de la solution à deux-états, laquelle — selon n’importe quelle évaluation raisonnable « des faits accomplis israéliens sur le terrain » dans Jérusalem et en Cisjordanie occupées — est aujourd’hui une perspective quasi irréalisable.

Inutile de dire que le Hamas en tant que mouvement politique — avec un gouvernement élu et exerçant une juridiction sur presque un tiers du peuple palestinien — a le droit et bien plus l’obligation de manoeuvrer politiquement, de se repositionner et même de se remettre en cause. Briser le blocus de Gaza exige de la constance, c’est exact, mais également de l’ingéniosité politique.

Ceci dit, le Hamas doit être prudent par rapport au prix politique et historique à payer, s’il ne tire pas profit de l’expérience du Fatah aujourd’hui discrédité et corrompu. Les droits des Palestiniens sont sertis dans le droit international et renforcés par les sacrifices sans fin consentis par le peuple palestinien à Gaza comme ailleurs. Par conséquent, le prix de la fin de l’ostracisme, du dialogue et de la reconnaissance politique ne doit pas se faire aux dépens du peuple palestinien, où qu’il se trouve, comme il est stipulé dans de nombreuses résolutions des Nations Unies dont la résolution 194 stipulant le droit au retour pour les réfugiés palestiniens.

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* Ramzy Baroud est écrivain et rédacteur en chef de « PalestineChronicle.com ». Ses écrits ont été publiés dans de nombreux journaux, magazines et anthologies dans le monde entier.
Son dernier livre est « The Second Palestinian Intifada : A Chronicle of a People’s Struggle » (Pluto Press, London).

Site Internet :

www.ramzybaroud.net

29 juin 2009 - Communiqué par l’auteur

Traduction : Claude Zurbach

La Cisjordanie ne doit pas être « nettoyée des juifs », déclare Netanyahu



11/07/2009

Israël doit conserver l'essentiel du Golan, affirme le conseiller national à la sécurité.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré au chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier qu'arrêter la colonisation en Cisjordanie occupée en ferait un territoire « Judenrein », le terme nazi pour « nettoyé des juifs », a-t-on appris hier auprès de la présidence du Conseil.
C'est la première fois qu'un Premier ministre israélien use de ce terme, qui établit un parallèle entre l'exigence d'un démantèlement des colonies de peuplement juives et l'antisémitisme génocidaire nazi. Lors de la campagne avortée contre le démantèlement des implantations israéliennes de Gaza, à l'été 2005, des colons radicaux et groupes ultranationalistes israéliens avaient accusé le gouvernement de vouloir rendre Gaza « Judenrein ».

« L'usage de ce terme est inadmissible et particulièrement injuste, s'adressant au chef de la diplomatie de l'Allemagne, un pays qui plus que tout autre s'oppose au passé nazi », a déclaré à la radio militaire l'ancien ambassadeur d'Israël en Allemagne, Avi Primor. « Personne ni même les Palestiniens ne réclame que la Cisjordanie soit "Judenrein". Il est tout à fait envisageable que des juifs puissent y vivre dans l'avenir, mais pas que ce territoire reste sous contrôle israélien », a poursuivi l'ancien diplomate qui a dénoncé dans les propos de M. Netanyahu une « banalisation de la Shoah ». Sur un autre plan, Israël est prêt à se retirer de certaines parties du plateau du Golan, mais ne renoncera pas à d'autres grands secteurs de ce territoire, dans le cadre d'un éventuel accord de paix avec la Syrie, a déclaré le conseiller national israélien à la sécurité, Uzi Arad. « S'il doit y avoir compromis territorial, ce compromis verra le maintien d'Israël sur les hauteurs du Golan, et cela profondément à l'intérieur », estime Uzi Arad en rappelant que le plateau dispose de précieuses ressources en eau.
Benjamin Netanyahu s'est déclaré prêt à des négociations de paix avec la Syrie, sans conditions préalables, mais souligne que tout accord devra répondre aux nécessités d'Israël en matière de sécurité.
Dans une interview au quotidien israélien Haaretz, publiée hier, ce proche collaborateur de M. Netanyahu a ajouté que dans le cadre d'un accord sur la création d'un État palestinien, il faudrait qu'Israël puisse entrer dans l'OTAN, à titre de contrepartie. Uzi Arad dit ne pas exclure qu'une forme ou une autre d'État palestinien voie le jour dans les années à venir - il mentionne comme date 2015 -, mais estime qu'il s'agira d'une structure fragile. « Un château de cartes », dit-il.
l'orient le jour

vendredi 10 juillet 2009

Ligue arabe : la relance du processus de paix est impossible avec la poursuite de la colonisation


Téhéran.Irna. 9 Juillet 2009.

International.

La relance du processus de paix est impossible avec la poursuite de la colonisation dans les territoires occupés palestiniens, c'est ce qu'a souligné, le secrétaire général de la Ligue arabe.

Amr Moussa a soutenu la résolution du conflit palestinien ainsi que l'instauration de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient, tout en indiquant que la poursuite de la colonisation avait rendu impossible la relance des pourparlers de paix.


Il a affirmé que le régime sioniste devait arrêter, totalement, la colonisation dans les territoires palestiniens pour réunir les conditions nécessaires à la relance du processus de paix.


Les ministres arabes réunis au Caire en juin dernier avaient indiqué qu'avant une normalisation des liens avec le régime israélien, ce dernier devrait "geler définitivement les activités de colonisation y compris à Jérusalem-est".


L'Union Européenne a affirmé dans un communiqué récent que les colonies "étranglent l'économie palestinienne" et maintiennent les Palestiniens dans un état de dépendance vis-à-vis des pays donateurs.


irna.ir

Territoire palestinien occupé : Appel au démantèlement du mur de séparation


Maxwell Gaylard, Coordonnateur humanitaire des Nations Unies dans le territoire palestinien occupé.

8 juillet 2009 – A la veille du cinquième anniversaire de l'avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) qui avait établi que la construction par Israël d'un mur dans le territoire palestinien occupé était contraire au droit international, le bureau du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme en Cisjordanie, a appelé ce mercredi au démantèlement de ce mur.

Le Bureau qui constate que « la situation ne s'est pas améliorée » dans le territoire occupé, appelle également le gouvernement israélien à verser des réparations aux populations qui ont souffert de la construction du mur. Il l'appelle aussi à mettre fin aux restrictions de mouvement actuellement en vigueur « afin que les résidents palestiniens puissent exercer leurs droits à la liberté de mouvement, au travail, à l'éducation et à la santé ».

« Il est encore temps de changer la situation », a déclaré le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies pour le territoire palestinien occupé, Maxwell Gaylard, lors de son intervention sur le sujet, indique un communiqué publié ce mercredi.

Au nom des agences humanitaires, M. Gaylard a appelé Israël à « geler la construction du mur en Cisjordanie, à la lumière de l'avis consultatif sur le mur et de l'impact humanitaire ».

De son côté, l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) indique que sa commissaire général, Karen AbuZayd, a récemment accueilli un groupe de plus de 70 jeunes de Gaza, de retour d'un voyage touristique en Pologne, destiné à aider les enfants particulièrement affectés par le récent conflit à Gaza.

un.org

News Tracker: autres dépêches sur la question

Le mur construit par Israël illégal, prononce le Tribunal de l'ONU

Le président libanais sollicite une pression britannique sur Israël pour accepter l'initiative de paix arabe



BEYROUTH, 8 juillet (Xinhua) --Le président libanais Michel Sleimane a espéré mardi que la Grande Bretagne pourrait mettre la pression sur Israël afin que ce dernier accepte l'initiative de paix arabe, selon l'Agence de presse officielle nationale NNA.

"La solution commence avec l'engagement à appliquer l'initiative de paix arabe approuvée au cours du sommet arabe de 2002 de Beyrouth et adoptée plus tard lors d'un sommet arabe à Doha", a indiqué Sleimane pendant sa rencontre avec une délégation britannique accompagnée par l'ambassadeur de Grande-Brétagne à Beyrouth Francis Guy.
Sleimane a mis l'accent sur le fait "qu'il n'y a pas de solution à la crise au Moyen-Orient tant qu'Israël ne donne pas aux Palestiniens leurs droits, principalement le droit de retour sur leurs terres".
Il a indiqué que "la constitution libanaise, la situation politique et infrastructurelle ne peuvent pas permettre aux 400. 000 Palestiniens de s'installer au Liban avec un style de vie honorable, à un moment où les jeunes Libanais immigrent vers d'autres pays à la recherche de meilleures conditions de vie".
Selon l'agence onusienne des secours et des travaux pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), le Liban, un pays arabe de plus de 4 millions d'habitants, accueille entre 350.000 et 400.000 réfugiés palestiniens, dont la plupart vivent dans douze camps de réfugiés.
L'initiative de paix arabe appelle à un retrait total israélien des territoires conquis en 1967 et à une solution à la question des réfugiés palestiniens pour une paix totale avec le monde arabe.
Source : XINHUA
Libnanews

Barak menace le Liban : Nous n’avons pas achevé tous nos objectifs, les jours du conflit ne sont pas terminés


Beyrouth, le 9 juillet – Dans une déclaration faite à l’adresse des 121 israéliens décédés durant le conflit de juillet 2006 contre le Liban, le ministre de la défense israélien Ehud Barak a accusé le Hezbollah de continuer à s’armer, estimant que les jours du conflit ne sont pas terminés.

Ehud Barak a également poursuivi accusant le gouvernement libanais d’avoir accordé au Hezbollah une légitimité dans ses actions futures contre l’état hébreu.

Pour rappel, le conflit avait débuté suite à la capture par le Hezbollah de 2 soldats israéliens d’une patrouille le long de la ligne bleu, ligne de démarcation entre les 2 pays depuis 1948 et avait fait plus de 1200 morts et plus de 4000 blessés cotés libanais. Les autorités libanaises ainsi que de nombreux pays avaient dénoncé l’usage disproportionné de la force par les forces militaires israéliennes.

Libnanews

Presse: accord sur les colonies entre "Israël" et les Etats-Unis


08/07/2009 "Israël" et les Etats-Unis seraient parvenus à un arrangement aux termes duquel l'entité sioniste pourra achever la construction en cours de 2.500 logements dans les colonies de Cisjordanie occupée, c'est ce qu'a indiqué, ce mercredi, le quotidien Maariv.

Cet accord aurait été conclu lors d'une rencontre lundi à Londres entre le ministre israélien de la Guerre Ehud Barak et l'émissaire spécial américain pour le Proche-Orient George Mitchell, affirme Maariv sans dévoiler ses sources.


Barak et Mitchell auraient également convenu que les constructions dans les colonies seraient totalement arrêtées uniquement dans le cadre de négociations
régionales qui incluraient certains pays arabes.

Interrogé par l'AFP, Mark Regev, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est contenté d'indiquer que "les contacts continuent pour parvenir
à un arrangement. Le reste n'est que spéculation".

almanar.com

Un nouveau projet colonial viole les terres palestiniennes



08/07/2009 Le ministre sioniste de l'intérieur, Eli Yishaï, et le ministre d'habitat, Ariel Atias, ont présenté un projet colonial pour construire deux grands villages pour les extrémistes juifs, sur les terres palestiniennes, dans la région du triangle al-Jalil.

Les deux ministres qui représentent les chefs du parti "Shass", ont insisté sur la nécéssité de trouver des solutions qui garantissent la vie des sionistes, notamment après les appels internationaux au gel de la colonisation.

Eli Yishai a prétendu que les arabes qui habitent dans la ville d'Al Nassera entrent dans la ville de "Nitsiret Ailit" (une ville juive construite sur les terres agricoles des habitants palestiniens, de la ville d'Al-Nassera").

Selon ce plan, ces deux villages seront construits à Nitsiret Ailit et dans la ville d'Ara.

CPI

Lieberman réitere le refus israélien de tout retrait du Golan


08/07/2009 Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a réitéré, ce mercredi, le refus israélien de tout retrait du Golan syrien.

"En ce qui nous concerne, nous sommes prêts à ouvrir des négociations directes sans conditions préalables et sans nous engager à un retrait du Golan".

Il a également estimé à la radio militaire israélienne que la Syrie ne souhaitait pas la paix avec l'entité sioniste.

Selon lui, "la Syrie est l'élément le plus négatif sur la scène internationale".

"La Syrie est le premier pays à avoir félicité l'Iran pour l'élection présidentielle. Elle continue à entretenir des relations avec la Corée du nord et à infiltrer des armes au sud du Liban pour le Hezbollah", ainsi qu'en Irak
pour des groupes qu'il a qualifiés de "terroristes", a-t-il ajouté.

La Syrie et Israël ont lancé en mai 2008 des négociations indirectes de paix par l'entremise de la Turquie. Ces pourparlers ont été suspendus en décembre après la guerre israélienne contre la bande de Gaza.

Ils buttent principalement sur la question du plateau du Golan, dont la Syrie réclame la restitution intégrale. Israël s'y refuse après avoir occupé ce territoire en 1967.

almanar.com

ONU: le mur de séparation a un impact majeur sur les Palestiniens


archives

08/07/2009 La barrière de sécurité séparant l'entité sionistte de la Cisjordanie a des conséquences humanitaires dramatiques sur la vie quotidienne des Palestiniens, c'est ce qu'a affirmé mercredi le Bureau de coordination des
affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

Le bureau des Nations unies présentait un état de la situation en Cisjordanie à l'occasion du cinquième anniversaire de l'avis de la Cour internationale de Justice (CIJ), principal organe judiciaire onusien, qui a jugé ce mur illégal et en a réclamé le démantèlement.

"La barrière est l'une des mesures employées pour restreindre les mouvements et la vie des Palestiniens", a déclaré un responsable d'Ocha dans une conférence de presse.

"La barrière fait partie d'un régime général de fermeture (...) qui affecte les mouvements des Palestiniens, restreint leur espace, et ajoute à la fragmentation de la Cisjordanie", a-t-il ajouté.

Il a affirmé qu'"elle a eu un impact humanitaire dramatique sur les Palestiniens" depuis le début de sa construction, en 2002.

Présentée par "Israël" comme une soi-disant"clôture antiterroriste", la barrière, qui doit s'étendre à terme sur plus de 700 km, est qualifiée de "mur de l'apartheid" par les Palestiniens.

Dans son avis rendu le 9 juillet 2004, la CIJ avait jugé que "la
construction par Israël, puissance occupante, du mur en territoire palestinien
occupé, notamment dans et autour de l'est de Jérusalem occupée est contraire à la loi internationale."

Selon Ocha, la barrière aura lorsqu'elle sera entièrement construite une longueur de 709 km, dont 85% seront établis en Cisjordanie même et seulement
15% sur la ligne verte, la ligne de démarcation de 1949 entre la Cisjordanie et "Israël".

A ce jour, 60% du tracé final de cette barrière a été construit, selon l'agence onusienne, qui précise que celle-ci empiètera une fois achevée sur 9,5% de la Cisjordanie.

almanar.com

Peres impose ses diktats chez Moubarak au mépris des droits arabes,sans réaction

Leila Mazboudi

08/07/2009
Depuis la guerre de Gaza, le président israélien Shimon Peres ne rate aucune occasion ou tribune, pour défendre la cause sioniste, et imposer les diktats israéliens, au mépris des droits arabes.
La dernière occasion a eu lieu mardi, lors d'une conférence de presse à Sharm el-Cheikh. " Israël sera un état juif, et la Palestine un état arabe, la question est tranchée" a-t-il lancé au nez du président égyptien Hosni Moubarak.

Au mépris des positions arabes qui refusent la judaïcité d'Israël, vu qu'elle exclut catégoriquement le retour des réfugiés palestiniens vers les territoires de 1948, (un droit stipulé par des résolutions onusiennes) et menacent ceux qui sont restés sur la terre de leurs aïeux d'un nouveau transfert.
Signalant que la seule solution est celle des deux états, " avec le peuple palestinien d'un côté, le peuple israélien de l'autre", il n'a eu de réponse de la part du dirigeant égyptien : " lorsque nous serons autour de la table des négociations, les choses seront plus claires" lui s'est contenté de dire le raïs égyptien.

Une scène aussi défiante avait eu lieu au Kazakhstan, la semaine dernière, lors d'un forum inter religieux. En présence du cheikh d'al-Azhar, Mohammad Sayed Tantaoui, du ministre égyptien du lègue, et d'autres responsables jordanien et saoudien, Peres était au rendez-vous, évoquant pour thème central la régression arabe perçue à l'encontre d'Israël, leur rappelant que ce sont les Arabes qui ont changé de positions, abandonnant leur refus de négocier avec Israël, optant pour une solution qui accepte l'état d'Israël, fustigeant "le terrorisme islamiste", et condamnant les mouvements de résistance et l'Iran. Là non plus, aucun des responsables arabes présents n'a eu de mot pour lui répondre. Seule la délégation iranienne avait boycotté la séance avant même que le dirigeant sioniste ne prenne la parole.
Cette séance rappelle un autre forum, celui économique de Davos en février dernier, auquel Peres avait tenu à participer pour défendre les alibis israéliens dans leur guerre contre la Bande de Gaza. C'est le Premier ministre turc Recep Tayeb Erdogan qui lui a tenu tête à Peres, lui évoquant les crimes que son armée a commis alors que le secrétaire général de la ligue arabe Amro Moussa n'a soufflé mot.

Cette impuisance officielle arabe a été le thème central de l'éditorial du quotidien libanais arabophone, signé par Talal Salmane, qui dénonce ce qu'il considère être la capitulation du " régime arabe" au principe qu'il ne détient plus le droit de décider son avenir, au point d'en arriver à ne plus vouloir défendre ses causes.
Fort heuresement, face à Perez l'israélien s'est dressé Ahmadinejad l'Iranien, qui ne manque aucune occasion ou tribune internationale pour condamner l'entité sioniste et défendre les droits arabes usurpés , à leurs tête la cause palestinienne.
almanar.com

Une vie en ruines

jeudi 9 juillet 2009 - 07h:06

Peter Beaumont - The Guardian



Au lendemain des trois semaines de la sanglante guerre israélienne contre le Hamas en janvier, Peter Beaumont a séjourné à Gaza pour rencontrer les Palestiniens ravagés par la mort de leurs familles et la destruction de leur voisinage.

Six mois plus tard, il les retrouve toujours dans l’attente de pouvoir reconstruire à la fois leurs maisons et leurs vies.

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Shifa Salman dans les ruines de sa maison familiale, détruite par l’incursion israélienne dans la Bande de Gaza en janvier 2009. Photographe : Antonio Olmos

La puissance de l’explosion qui a détruit la maison de Shifa Salman dans le nord de Gaza, district de Jabal al-Rayas, a plié étage sur étage comme une simple pâtisserie. Elle a poussé les piliers à travers le béton, reconfigurant la maison en dôme hérissé. L’aileron d’une des bombes israéliennes responsables se trouve toujours au sommet des ruines, inoffensif comme un vieux jouet d’enfant. Ces jours-ci, pigeons et moineaux nichent dans l’espace en forme de grotte creusé par la détonation à l’intérieur des ruines, où sont stockés des matelas et des sacs de farine, ces derniers estampillés aux initiales du Programme Alimentaire Mondial. Des jeunes coqs lustrés, agressifs, patrouillent sur le terrain et se précipitent vers les intrus.

Six mois après la guerre d’Israël contre Gaza, Shifa, une étudiante de 20 ans, dort avec sa famille derrière la maison écroulée. A travers les décombres, un sentier de terre battue mène à une rangée de petits abris délabrés ouverts aux quatre vents et couverts de toiles à sac. Ils sont identiques aux enclos à bétail qui les jouxtent.

De plus près, je puis voir que les charpentes ont été construites à partir d’assemblages de sections de bois et de métal dépareillées. Les quelques cloisons existantes sont fabriquées à partir de vieilles palettes et de branches tressées en claies rudimentaires. Ou plus grossièrement, plantées dans le sol pour faire des brise-vent sommaires.

La famille de Shifa est bédouine. Jusqu’à récemment, ils exploitaient cette terre proche de la barrière, dans une zone naguère utilisée pour lancer des missiles contre les communautés juives de l’autre côté. C’était une des rares zones de Gaza destinées à la production agricole sur un territoire urbain très peuplé, abritant 1,4 million de personnes. A cause des missiles, ce voisinage de fermes et de petites manufactures a été traité par une politique de la terre brûlée.

A l’intérieur de la minuscule « enceinte » au sol sale de Shifa, un foyer a été creusé dans la terre et empli de brindilles. Par-dessus se trouve la casserole noircie dans laquelle Shifa et sa mère préparent des ragoûts de molokhiya [corète potagère] - des légumes ressemblant à des épinards - avec du poulet, de l’ail et des oignons. « Voilà ma cuisine », dit timidement Shifa, en anglais. Un panneau brisé est posé sur deux bidons pour servir de table. Dans un pot à confiture, il y a un pilon et un unique couteau bien aiguisé.

Je suis venu dans cette maison pour la première fois en janvier, juste après la guerre d’Israël contre Gaza, rendant visite à la famille de Shifa presque chaque jour. La famille dormait dans les ruines pour être à l’abri de la pluie, entourée des corps puants de leurs moutons tués pendant l’assaut. Shifa se plaignait que les enfants plus jeunes restent éveillés la nuit à cause du bruit des meutes de chiens fouillant les charognes à l’extérieur.

Shifa, une jeune femme jolie et menue aux sourcils foncés, marche le long d’une rue où les maisons en ruines du voisinage s’alignent de chaque côté, comme des tombes de pierres entassées dans un désert. Il est 7 heures du matin et elle va prendre le bus pour se rendre à l’université. Elle porte une abaya noire, le voile couvrant de la tête aux chevilles qui est l’uniforme de l’université, et une pile de livres. Livres et voile sont été offerts par la faculté après que la famille de Shifa eut perdu presque tout ce qu’elle possédait. « Il y avait une usine ici » dit Shifa en montrant une structure effondrée en métal peint. Je me souviens de la dernière fois où j’ai vu cette construction. Un troupeau de vaches abattues gisait dans le champ au-dehors.

« Ma vie était si bien quand nous avions une maison. Maintenant, c’est horrible ». Elle écrase subrepticement une larme. “Cette rue était toujours pleine de voitures” explique Shifa. “C’était facile d’aller à l’université. Maintenant je dois marcher une demie-heure avant d’avoir un bus. Il y avait des maisons ici, mais après l’attaque des F-16, tout le monde a fui. Après, les tanks ont attaqué. Seuls quelques-uns d’entre nous sont restés ».

Tellement peu, en fait, j’ai vite appris leurs noms. Il y a la famille de Khader, qui a construit un abri compliqué avec des murs de toile, au sommet des ruines d’une de leurs maisons, une structure qui, au fil des mois, s’est agrandie de nouvelles pièces. Un jour j’ai trouvé les hommes de la famille rampant dans un trou sombre au-dessous de la maison pour y retirer des tommettes de ce qui était naguère leur rez-de-chaussée, afin de les vendre pour de la nourriture, dérangeant un nid grouillant de souriceaux roses nouveaux-nés.

Il y a le propriétaire de la crèmerie, Mohammed al-Fayoun, dont le bétail a été tué. Il a réinstallé son commerce en bas du virage et a tordu des chevrons de son toit métallique, où il est assis chaque jour sur une chaise en plastique. Il se plaint que ses clients sont encore trop effrayés pour venir le voir si près de la frontière avec Israël.

Alors que pères et oncles travaillent la terre, Shifa représente la nouvelle génération - la première de sa famille à fréquenter l’université. Elle dit qu’elle veut devenir professeur de géographie et aujourd’hui elle passe un examen. « J’avais un téléviseur dans ma chambre » dit-elle en passant devant la maison de Nabil Nasser Hassan, naguère son voisin, dont la maison est à présent entourée d’une barrière de tôle ondulée pour dissuader les pillards à la recherche de tuyaux et de câblage à recycler. « Au début, les gens venaient nous donner des tissus et des couvertures. Mais pendant longtemps, personne n’est venu nous voir. Personne ne nous a parlé de reconstruire notre maison. J’ai peur de vivre là où nous vivons. Tout le monde a peur dans la famille, en particulier ma sœur Safa, quand elle entend les jets [israéliens] ».

La marche quotidienne de Shifa, à 7 heures du matin, pour rejoindre l’Université Islamique n’est pas la seule marque du changement dans sa vie. Avant la destruction par les bombes, les tanks et les bulldozers, dit Shifa, elle veillait après le coucher du soleil, lisant ses livres dans sa propre chambre décorée de posters d’animaux. Maintenant, quand la nuit tombe, elle doit cesser d’étudier. « Je passais des soirées entières à travailler. Je suis bonne » dit-elle avec confiance. “Mais maintenant je me bats. Et je sais que si je puis réussir, je pourrai donner une vie meilleure à ma famille”.

L’opération israélienne Plomb Durci a été lancée le 27 décembre 2008. Le 18 janvier, quand elle s’est terminée, avec les déclarations de cessez-le-feu unilatéraux d’Israël et du Hamas - qui gouverne Gaza - plus de 1.300 Palestiniens avaient été tués, beaucoup d’entre eux étant des civils. Ils avaient péri sous une pluie de bombes, de balles, de missiles et d’artillerie, y compris des munitions au phosphore blanc.

Alors qu’Israël soulignait que la guerre était destinée à faire cesser le lancement de missiles artisanaux à partir de la Bande de Gaza, ses cibles suggéraient des objectifs plus vastes, notamment le démantèlement d’institutions palestiniennes. Postes de police, ministères, écoles et hôpitaux ont été touchés. Des orangeraies et des tunnels en plastique pour la culture des fraises et des légumes ont été détruits. Et des milliers de maisons ont été endommagées.

A mon retour, j’écume Gaza en quête de preuves que les choses se sont améliorées pendant les mois après la guerre. Mais les maisons et autres constructions détruites pendant le conflit demeurent, comme des monuments évidés et poussiéreux à la violence. A certains endroits, des propriétaires ont essayé de réparer les constructions avec un adobe de boue et de paille cuit au soleil. Mais ce sont des solutions très provisoires.

Dans le bureau du Dr Ibrahim Radwan, chargé par le Hamas d’enregistrer les dégâts causés par les trois semaines de guerre, je note les chiffres qui décrivent ce qui est arrivé. Quelque 3.800 maisons et commerces gravement endommagés d’une manière ou d’une autre - même s’il admet que cela inclut des dommages datant de précédentes attaques israéliennes. En outre, 80 bâtiments gouvernementaux ont été touchés. Radwan a ses propres catégories pour décrire les degrés de destruction, mais après une semaine passée dans tout Gaza, les dommages sont conformes à ses propres catégories. Les grands murs métalliques des ateliers sur Salahadeen Road, où ont eu lieu les combats les plus violents, laissent filtrer la lumière par des centaines de perforations de balles, d’autres murs sont troués des éclats de missiles tirés depuis des drones, des pâtés d’immeubles touchés par le feu de l’artillerie montrent des trous noircis. Et dans tout le nord de la Bande de Gaza se dressent les bizarres igloos des maisons aplaties par les bombes.

Il y a eu des changements que je puis noter pendant les six mois de l’après-guerre. Les cadavres des animaux morts ont été enlevés, les ruines ont été explorées pour retirer les restes humains. Elles sont débarrassées de l’odeur de décomposition qui se mêlait à l’odeur acide des explosifs et du phosphore répandu. Basculés et broyés par les bulldozers militaires, les vestiges enchevêtrés d’une orangeraie devant laquelle je passais chaque jour ont disparu, reconvertis en bois de chauffage.

Et sans béton ni acier, aluminium ni verre, sans tuiles pour les toits ni bardages pour les escaliers et les salles de bain - tout étant interdit d’entrée à Gaza par le blocus économique d’Israël qui est maintenu - aucune reconstruction n’a commencé. Pour ceux qui ont le plus souffert, la guerre continue.

Un jour je suis tombé par hasard sur le père de Shifa au marché aux puces de Gaza City, dans le district de Yarmouk. Il me dit qu’il vient tous les quinze jours pour voir les échoppes vendant des choses cassées ou superflues, dans l’espoir de trouver quelque chose qui pourrait alléger leurs conditions de vie. Il me montre le contenu de son sac de plastique blanc : deux joints de plastique pour connecter des canalisations d’eau. Achetés dans l’espoir qu’il pourra un jour s’en servir.

Ce ne sont pas seulement les symptômes physiques qui persistent comme un rappel de ce qui s’est passé à Gaza. La famille de Sana al-Ar vit dans un cinquième étage clair mais chichement meublé d’un immeuble de Shujaiya. Au mur il y a des photographies des jeunes frères de Sana, 16 ans, Rakan et Ibrahim, et de son père Mohammed, tous tués pendant l’attaque israélienne. Il manque les photos de sa sœur de 18 ans, Fida, et de l’épouse de son frère, Iman, qui ont également péri. Dans une pièce décorée de rideaux dorés et de coussins de sol, Malak, le plus jeune enfant survivant, joue sur le tapis, dans un T-shirt portant le slogan imprimé "Daddy’s Little Tiger". Mais Daddy est parti.

Le 3 janvier, les tanks israéliens attaquaient la zone où vivent Sana et sa famille. Leur maison, comme celle de Shifa, se trouvait près de la frontière, pas loin d’une jolie mosquée à la coupole dorée et d’un cimetière. La famille de Shifa Salman a réussi à fuir. Mais celle de Sana - me dit sa mère - a été soufflée en « morceaux de chair ». C’est à la grand-mère de Sana de raconter l’histoire, pendant que la jeune fille et sa mère écoutent. Elle raconte comment une roquette a touché la maison, blessant Fida d’un éclat. Elle a rapidement perdu tout son sang. Le père a dit à la famille de fuir dans leur carriole à âne, mais un deuxième missile a explosé, le blessant mortellement, lui aussi. J’écoute la grand-mère de Sana décrire comment dans la fumée de l’explosion la mère en larmes a trouvé son fils Ibrahim « avec une moitié de visage en moins ». La famille a rassemblé ce qu’elle a pu de ses morts dans une couverture et les a emportés dans une maison voisine, où ils ont été piégés, assis avec les corps, pendant cinq jours.

J’avais entendu parler de Sana en janvier, par le Dr Fadel Abu Hein, au Centre communautaire de formation et de gestion de crise. Fadel envoyait des équipes de travailleurs sociaux et de thérapeutes pour animer des ateliers destinés aux enfants les plus gravement affectés, travaillant même avec eux assis sur des couvertures au milieu des décombres. Comme nous parlions des types de traumatismes subis par les enfants pendant le conflit, il mentionna une fille qui avait vu mourir la plus grande partie de sa famille et qui avait passé des jours enfermée avec leurs corps. Je l’ai rencontrée le lendemain au domicile d’un oncle avec qui elle vivait. Et j’ai essayé de parler à Sana. Mais assise sur un lit dans une pièce froide et nue du rez-de-chaussée, elle était restée repliée derrière le mur de son chagrin, ne réussissant à dire que quelques mots. A sa place, les autres membres de la famille qui peuplaient la pièce ont répondu à mes questions. La seule chose que j’avais apprise est qu’elle aimait peindre, alors je lui avais acheté du matériel, puisque le sien était perdu.

Assise dans son nouvel appartement, Sana apporte le seul dessin qu’elle dit avoir fait depuis la mort de ses frères - au fusain gris-anthracite sur un fond ombré de bleu, avec le nom des garçons. Le lendemain, j’apprends par Nahid Hanrarah, le travailleur social qui a été le plus proche de Sana, qu’elle a fait d’autres peintures, des peintures de sa famille baignant dans le sang.

« Peindre leurs noms est un progrès » dit Nahid. Il ajoute que Sana a beaucoup avancé, mais quand je lui pose des questions, elle répond en phrases hachées. « Les choses ne vont pas tellement mieux. Tout est encore ... Je sens que les choses sont séparées. La colère et la tristesse. Celui qui pourrait nous rendre heureuses [le père de Sana] est celui que nous avons perdu ».

Il y a de longues pauses quand Sana détourne les yeux. « Les gens ont essayé de m’aider. Il y a eu des gens à l’école ... ». Sana évoque son irritation contre ceux de ses amis qui insistent pour essayer de lui parler de ce qui est arrivé le 3 janvier et les jours suivants. « Je sens que je ne peux pas me concentrer à l’école comme avant » explique Sana. « Je la hais parce que les gens à l’école continuent à demander comment ma famille est morte. Ils pensent que si je parle, cela m’aidera. C’est pour cela que je suis allée voir Nahid. Parce que cela me bouleverse tellement. Je ne veux pas en parler ». Sana a aussi peur d’aller seule aux toilettes et elle souffre de cauchemars. J’apprends par Nahid que Sana était suicidaire quand elle lui a été envoyée. « Elle ne voulait pas vivre. Elle n’avait pas d’espoir » explique-t-il calmement.

Ce n’est pas seulement à l’école que Sana a été confrontée à ce qui est arrivé. A la maison aussi, elle devait vivre avec le rappel permanent de sa perte, le chagrin de sa mère, Laila étant même encore plus démoralisant.

« Je pense, suggère Nahid, que Sana est la seule dans la famille proche qui comprend réellement ce qui leur est arrivé, et qui peut aider la famille. Sa mère ne peut rien faire, vraiment. Donc la responsabilité est tombée sur Sana. Sana grandit [en tant que personne] par la connaissance de toutes les choses qu’elle a traversées, ce qui l’aide à l’emporter. Mais c’est un processus qui est loin d’être achevé. Ils étaient une famille de neuf et ils ne sont plus que quatre ».

Il y a des moments où on perçoit un écho de ce que cette famille a dû être un jour. Avant que les soldats israéliens ne viennent. Avant la guerre. Malak rampe jusqu’au genou de sa mère avec sa poupée et pousse des cris aigus : « Mords-la ! Mords-la ! » Tout à coup je me rends compte que Sana sourit à sa mère. C’est la première fois en cinq visites à cette famille que je la vois sourire. Et ce faisant, elle laisse transparaître brièvement une autre fille.

Et Sana sourit à nouveau la fois d’après. Nous parlons de choses ordinaires - autres que l’horreur qui lui est arrivée ; à propos des films qu’elle aime voir - Bollywood et films d’action, les X-men - à propos de son nouvel ordinateur et de la connection Internet qu’elle attend avec impatience : « Auparavant, nous n’avions pas d’ordinateur, je l’ai depuis deux semaines ». Ensuite, la douleur est à nouveau dans la pièce. « La première chose que je ferai c’est d’y mettre des photos de mon père et de ma sœur et de mes frères ». Elle paraît triste, mais non intouchable. Je demande à Sana si elle ira à la plage pendant les vacances, mais c’est sa mère qui répond : « On avait l’habitude d’aller à la mer, tous ensemble. Nous n’y allons plus... ». Il y a des fantômes dans la pièce et Laila ne peut les ignorer. Et comme Laila ne peut les ignorer, Sana aussi est forcée de les contempler et de réfléchir le chagrin de sa mère.

Laila dit qu’il ne lui reste plus rien, et je lui rappelle Sana et Malak. Elle lève les yeux sur les photos. « Rakan était le plus beau » soupire-t-elle, tandis que Sana se met à pleurer doucement. « Il n’avait que quatre ans et demi. C’était un vrai petit coquin. Les gens disaient à son père : ce garçon deviendra quelqu’un. Quand sa sœur est allée le soulever, je ne l’ai pas reconnu. Il était en morceaux ».

Dans le bureau du Dr Fadel, décoré de photos de combattants palestiniens morts, il tente de dire ce qui a changé et ce qui n’a pas changé. Certains ont commencé à reconstruire leur vie, tandis que d’autres, vivant sous tente, ou réfugiés, ou vivant - comme la famille de Shifa - au milieu des ruines, restent largement dans les conditions où ils étaient à la fin de la guerre. « Le principal obstacle que nous rencontrons est chez les gens dont les problèmes ne sont pas terminés - qui vivent dans une atmosphère de guerre qui se poursuit. Rien ne se passe pour les maisons détruites parce que nous vivons dans un état permanent de siège économique. Donc il y a des gens qui vivent encore toujours sous tente, ou dans les décombres ».

Un jour dans son bureau, je suis confronté à la démonstration des progrès de ceux qui souffrent des dommages du conflit. Au mur, il y a des dessins réalisés par des enfants traumatisés, des images de l’avant et de l’après dont le véritable sujet montre les effets de l’exposition à la violence, et de la remédiation possible.

Les images « avant » montrent des soldats avec des fusils, des tanks et des jets, des images de destruction et de mort. Les images « après » montrent l’arsenal ordinaire de l’enfance, cerfs-volants, images de famille et d’amis, de fleurs, produites après un long travail avec les travailleurs sociaux du Centre. Je crois à tort qu’elles proviennent du conflit récent. On m’avise qu’elles datent d’avant la guerre - décrivant l’expérience des incursions militaires israéliennes et des frappes aériennes. Quand je demande à voir des dessins d’après la guerre de janvier, on m’amène devant une autre série d’esquisses qui dépeignent uniquement des combats. En les examinant, je me souviens d’un autre dessin que j’ai vu quelques jours plus tôt à Khan Younès, dans le sud de Gaza, dans la chambre à coucher d’un enfant.

J’avais rencontré Rewa’a Omer, âgée de 30 ans, à l’hôpital Nasser, debout entre les lits de ses deux enfants, sa fille Ola et son fils Yahya. C’était quelques jours après le cessez-le-feu et Rewa’a tenait un morceau de vêtement ensanglanté. Une heure avant environ, Ola, 10 ans, et Yahya, 9 ans, se tenaient près des portes de leur école avec un groupe d’autres enfants de l’école primaire, attendant une voiture qui les ramènerait à la maison. Pendant qu’ils bavardaient, un drone israélien avait tiré des missiles sur un combattant du Hamas passant à moto à trois mètres des enfants. L’explosion avait envoyé un éclat dans les jambes des enfants et un autre dans l’œil de Yahya.

Jusqu’à ce que je voie le poster dans la chambre d’Ola, je pense qu’elle s’est mieux rétablie que son frère. Il montre le visage souriant d’un bébé. Mais quelqu’un a dessiné des traînées de sang coulant du nez et de la bouche et ajouté de petites coupures écarlates. Rewa’a me dit que c’est Ola qui a défiguré le dessin. Je note aussi qu’elle a ajouté des cernes autour des yeux du bébé, si bien que la peau apparaît jaune. Je pense au visage de son frère tel qu’il a dû être sur son lit d’hôpital, contusionné sous les pansements et coloré par un produit iodé.

La famille de Rewa’a provient de ce qui passe pour la classe moyenne à Gaza. Son mari était un capitaine de police de l’Autorité Nationale Palestinienne avant la prise en main de tout le pouvoir exécutif par le Hamas en 2007, au terme de la période la plus violente des luttes internes entre Fatah et Hamas. A présent il ne travaille pas mais reçoit toujours son salaire. Eduquée, Rewa’a parle un excellent anglais. La famille me demande une copie de la photographie que j’ai prise le jour où les enfants ont été blessés, et Rewa’a me montre une image sauvée sur son téléphone cellulaire, que lui a donnée un voisin, et qui montre son fils emporté dans les bras de quelqu’un, la tête pendante et ensanglantée. « C’était à la télévision. Et je n’étais pas là pour les protéger ».

Il reste encore des marques sur les jambes de sa fille, des contusions sombres. « C’est mon fils qui a été le plus gravement blessé » dit-elle. « Il est toujours gêné de porter des shorts à cause des cicatrices. Il y avait un éclat d’obus dans son œil et nous l’ignorions. Il a dû aller en Egypte pour être opéré. Physiquement ils sont rétablis » ajoute Rewa’a « mais émotionnellement ma fille est plus ravagée que mon fils. Cette première fois où elle a vue saigner son frère est restée gravée en elle. Je pense que ce sera toujours en elle. Elle parle de ce qui est arrivé et ses résultats scolaires ont souffert. Il a fallu un mois et demi avant qu’elle puisse retourner à l’école ».

Rewa’a dit qu’Ola a toujours peur d’aller jusqu’à l’arrêt du bus et que « les enfants se disputent tout le temps à présent. Je m’inquiète tout le temps pour eux, en attendant qu’ils rentrent de l’école ».

Ola veut raconter ce qui lui est arrivé. « La voiture était en retard. Il y a eu un bruit et je me suis réveillée et tout était noir. Des choses étaient cassées et il y avait du sang. Alors les gens sont venus secourir mon frère. Quelqu’un m’a pris la main. J’ai dit ‘Mon frère ! Mon frère !’”Je demande à Ola ce qu’elle aimerait le plus. Elle n’a pas besoin de réfléchir : « Je voudrais vivre dans un endroit sûr ».

Yahya veut parler de l’Egypte, où il est allé se faire extraire l’éclat d’obus de son oeil. « Je suis allé au zoo et j’ai vu les pyramides ! ».

« Je sens qu’il n’y a plus aucun endroit sûr à Gaza » ajoute Rewa’a. « Auparavant je pensais que ... vous savez, nous sommes des gens ordinaires. Cela [la violence] n’a rien à voir avec moi ».

A ma visite suivante, nous grimpons sur le toit plat de leur immeuble. Des cerfs-volants décolorés sont emmêlés dans leurs ficelles contre la balustrade. Rewa’a semble oppressée par ce qui s’est passé. « Je voudrais qu’ils aient une enfance normale. Je n’ai pas grandi à Gaza, j’ai grandi en Arabie Saoudite. Je suis revenue à Gaza à 16 ans. J’ai eu une belle enfance. Je voudrais la même chose pour eux. Pas ceci ... A chaque retour des vacances d’été, je voudrais qu’ils aient quelque chose à faire. Des loisirs qui les aideraient à grandir. Mais il n’y a rien de tel ici”. Je lui rappelle quelque chose que Yahya m’a dit quand je lui ai demandé ce qu’il voudrait faire plus tard. Il a répondu qu’il voulait être un combattant. « C’est ce que Yahya dit. Mais c’est juste une idée dans sa tête”.

Au moment de partir, je demande à Rewa’a si elle a l’espoir que les choses puissent changer à Gaza. Elle semble triste. « Rien ne change jamais. On ne reconstruit pas. Tout devient pire. Ici, rien ne change en bien”.

* Peter Beaumont est responsable du service étranger à l’Observer et est l’auteur de “The Secret Life of War : Journeys Through Modern Conflict” (éditeur Harvill Secker).

5 juillet 2009 - The Guardian - The Observer - Vous pouvez consulter cet article ici :
http://www.guardian.co.uk/world/200...
Traduction de l’anglais : Marie Meert