mardi 14 juillet 2009

Vivre, c’est résister

Gaza - 13-07-2009

Par Eva Bartlett
A parcourir le sentier sablonneux du quartier As-Samouni de Zeitoun, il est clair que peu de choses ont changé, rien ne s’est amélioré, six mois après les attaques israéliennes sur Gaza qui ont tué 48 membres de la famille Samouni dans une série de tirs et de bombardements israéliens visant les civils.







































Um Talal (photo Eva Bartlett)


Un bulldozer a commencé à pousser de côté les empilements de maisons fracassées, tamisant, nettoyant les souvenirs de vie et de mort. Mais ces derniers demeurent, présents dans chaque bâtiment démoli, dans les allées entre les maisons, dans les terres rasées, dans l’absence pour les membres des familles.

Dans la maison de Mousa Samouni, les souvenirs de mort sont plus forts. Les graffiti des soldats israéliens n’ont pas été nettoyés ni masqués à la peinture, ils s’étalent sur les murs, insultant ceux qui passent par l’escalier et les pièces. Plusieurs des trous des attaques à la roquette ont été bouchés, d’autres béent.

Deux des tantes de Mousa, dont les maisons ont été détruites, vivent maintenant avec lui et ses frères et sœurs orphelins.

Mousa était à l’université lorsque je suis arrivée, dans l’après-midi. Mais la jeune Mona, une cousine qui a été sous les feux des médias pour son calme et sa maturité en dépit de son jeune âge, était là. Elle parle de réalités qu’aucun enfant ne devrait connaître. Et elle n’est pas la seule, en Palestine.

Sa grand-mère vit maintenant avec la famille. Um Talal, la mère de Talal, a trois martyrs dans sa famille proche. Elle revit sans cesse les jours de terreur, décrivant en détail ce qui s’est passé, qui était couvert de sang, qui appelait à l’aide, l’âge des enfants martyrs… C’est dans la maison à trois niveaux de Talal qu’environ 50 membres de la famille s’étaient regroupés, subissant une frappe de missile et des tirs avant d’être emmenés à la pointe des fusils israéliens dans le bâtiment Waed Samouni. C’était l’immeuble qui a été plusieurs fois bombardé ensuite, tuant et blessant des dizaines d’autres.

Après ma visite à la famille de Mousa, je suis allée voir la famille al-Helo. Sur mon chemin, le bruit des marteaux sur le ciment s’amplifiait. Un groupe de 5 jeunes garçons, de 12 ans et moins, était occupé à enlever de vielles pièces de mortier de blocs de ciment, pour pouvoir les réutiliser pour leurs maisons détruites. Ils travaillaient joyeusement, m’interpellant : “Daali, ashrub ahua,” “Viens boire un café”, m’a dit un d’entre eux dans un sourire. Ahmed était le plus sociable, mais tous les garçons étaient amicaux, accueillant, et semblaient heureux de travailler à quelque chose qui améliore leur condition de vie.

Ils ont commencé à discuter sur un journaliste qui était resté sur le secteur, et un photographe, se souvenant avec plaisir comment ils les avaient connus, puis me demandant de revenir souvent.

Je les ai laissés à leur travail de préparation et suis partie chez Shireen al-Helo. Sa maison est facile à trouver, même depuis un taxi qui va vite : les restes calcinés d’une voiture de livraison jouxtent toujours leur maison de ciment balafrée par les missiles.

Shireen et ses trois enfants étaient assis dans la cour, au rez-de-chaussée de leur maison, une brise agréable défiant la chaleur de l’après-midi. Elle rayonnait, et m’a très vite révélé la raison de sa beauté : elle est enceinte. Elle m’a annoncé la nouvelle avec un large sourire, et les mots : « C’est un cadeau de Dieu, parce que nous avons perdu notre dernier bébé. »

La petite Fara de Shireen et Amer a été tuée à bout portant par les soldats israéliens envahissant le secteur Zeitoun, après que le père d’Amer ait subi le même sort, et que la famille terrifiée aient reçu l’ordre de passer par une ruelle derrière la maison. C’est lorsqu’ils marchaient sur ce chemin, et dans les bras de Shireen, que Fara a été visée.

Leur plus jeune fils survivant souffre toujours de désordres psychologiques, passant du rire nerveux aux larmes et à la confusion en un instant.

En février dernier, lorsque j’ai rencontré Amer et Shireen pour la première fois,Amer était sous le choc du meurtre de sa fille. A l’époque, il disait qu’ils n’auraient plus jamais d’enfant, l’angoisse était trop grande, l’idée d’en perdre un autre trop douloureuse. Mais la grossesse inattendue de Shireen les remplit de joie, en dépit de leur immense chagrin.

Un peu plus tard, j’ai lu que la 1.505ème victime du massacre israélien de décembre-janvier à Gaza a été découverte, c’est un jeune homme d’une 20ne d’années, enseveli jusqu’à maintenant sous les décombres près de l’université islamique.

Les gravats commencent maintenant, très lentement, à être dégagés. Le même rapport parle d’un programme des Nations Unies de déblaiement, et d’un représentant qui appelle à l’ouverture des frontières de Gaza, pour reconstruire Gaza, pour « se remettre ».

Se remettre de quoi, exactement ? Des 23 jours d’attaques ? Des années de siège ? De décennies d’occupation ? Ou d’être ignoré du monde ?

Le dernier convoi, Viva Palestina 2, une délégation américaine, attend du côté égyptien, tentant d’abord de passer les nombreux checkpoints d’Egypte pour rejoindre Rafah, puis passer le passage frontalier qui a nié à des milliers de Palestiniens le droit à la vie, à la liberté, à la dignité. Pour aucune autre raison que la complicité dans le siège israélien contre les Palestiniens de Gaza, l’Egypte bloque l’entrée à Gaza à la délégation forte de 200 membres.

Et ceci survient juste deux semaines après le dernier bateau de Free Gaza ait été arraisonné sous la menace des fusils par plusieurs navires israéliens, les forces spéciales israéliennes donnant l’abordage et les 21 militants humanitaires et l’équipe enlevés et trainés dans une prison israélienne, puis expulsés sans charge.

Le Mouvement International pour Ouvrir la Frontière de Rafah (Intmorb) continue résolument à s’opposer au siège, à attirer l’attention sur les frontières bouclées, à mettre en lumière les cas des gens empêchés d’entrer à Gaza, et à faire pression sur le régime de Mubarak pour l’ouverture des frontières.

Près du port de Gaza-ville, aux premières heures, l’arrivée des carrioles tirées par des chevaux et des ânes sonnent le réveil du premier marché aux poissons de Gaza, jadis le marché vivant d’une industrie prospère, aujourd’hui le témoignage de la résilience des pêcheurs et des Palestiniens sous siège : en dépit de tout, en dépit des maigres prises, les pêcheurs continuent d’affronter la brutalité israélienne dans les eaux de Gaza, pour garantir un moyen d’existence à leurs familles, pour exister. Ils résistent.
Traduction : MR pour ISM

Gaza : Le PNUD commence à retirer les gravats


Un enfant palestinien au milieu des décombres d'une maison détruite à Gaza-ville.

10 juillet 2009 – Des entreprises travaillant pour les Nations Unies ont commencé vendredi à retirer environ 420.000 tonnes de gravats dus aux combats entre l'armée israélienne et le mouvement palestinien Hamas en décembre et janvier, a indiqué vendredi le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Le PNUD estime que 15.000 bâtiments ont été endommagés ou détruits durant les trois semaines du conflit. Le nettoyage prendra un an et fournira 200.000 journées de travail. Le coût total pour le PNUD est estimé à 12 millions de dollars. Le Canada a fourni 3,4 millions de dollars et la Suède 2,3 millions de dollars et le PNUD est en négociations pour obtenir le reste.

« Le retrait des gravats est une étape importante pour aider les Gazaouis à surmonter les destructions. Ce projet permettra de fournir du travail et d'améliorer l'environnement avant que la reconstruction puisse démarrer », a déclaré Jens Toyberg-Frandzen, représentant du PNUD dans le territoire palestinien occupé.

Depuis janvier, le PNUD et ses partenaires ont collecté de l'argent, formé du personnel et négocier l'accès et les contrats pour le retrait des gravats, qui posent des risques à la fois économiques et sanitaires. Certains sites endommagés contiennent de l'amiante et d'autres matériaux toxiques alors que d'autres pourraient contenir des explosifs.

Selon M. Toyberg-Frandzen, le véritable travail de reconstruction dépend de l'assouplissement par Israël de ses sanctions contre Gaza. Par exemple, les gravats broyés pourraient être utilisés pour reconstruire des maisons et des infrastructures. Si Israël continue de bloquer l'importation de matériaux et d'outils, seule une reconstruction réduite pourra avoir lieu et les sites nettoyés resteront vides.

un.org

Le chef de la commission des avocats norvégiens- Les crimes de guerre israéliens

13 Juil 2009

Damas/ Le chef de la commission des avocats norvégiens chargée de la poursuite des criminels de guerre israéliens pour leurs crimes commis contre la bande de Gaza, a souligné que la commission possède tous les preuves et les documents confirmant que les forces de l'occupation avaient commis des crimes de guerre et des génocides contre le peuple palestinien assiégé à Gaza.


Dans un entretien accordé à la chaîne satellitaire al-Jazzera, le chef de la commission a indiqué que les massacres odieux commis par l'armée israélienne à Gaza ont suscité une réaction populaire mondiale, la chose qui avait poussé la commission à profiter de l'article de la spécialisation internationale incluse dans la nouvelle loi norvégienne qui "permet de poursuivre les criminels de guerre étrangers en Norvège".


Il a souligné que la commission a examiné les possibilités d'intenter un procès devant la cour pénale internationale pour poursuivre les criminels israéliens.
" La commission œuvre pour juger les dirigeants israéliens en tant que responsables de la violation de droit international à Gaza" a-t-il indiqué.


" Nous possédons des documentations confirmant le recours des forces israéliennes aux armes prohibées universellement, et nous les présenterons avec le procès" a affirmé le chef de la commission.


Il a, par ailleurs dit: " les documents que nous possédons sont nombreux et peuvent faire réussir ce procès".


Il a ajouté que la cour pénale internationale est en train d'exécuter d'une analyse primordiale pour découvrir la vérité de ce qui s'était passé à Gaza, mais elle affronte le problème du rejet israélien de l'accord de Rome.


Il a exprimé sa crainte de la soumission du gouvernement norvégien à des pressions israéliennes visant à arrêter le procès, soulignant la soumission de la Belgique à des grandes pressions quand elle avait intenté un procès devant ses cours contre /Ariel Sharon/, ex-président du gouvernement israélien, ainsi que l'Espagne dont son tribunal a promulgué une décision contre Israël.


" Israël avait violé, tout au long des années précédentes, les droits internationaux dans les territoires palestiniennes sans aucune critique de la part de la communauté internationale" a-t-il souligné.


Il a appelé à trouver des mécanismes pour interdire la vente des armes aux criminels de guerre israéliens, surtout que les forces d'occupation israéliennes avaient détruit à Gaza les bâtiments que la Norvège, l'union européenne et la communauté internationale avaient reconstruit plusieurs fois.


Il a affirmé l'appui du peuple norvégien au peuple palestinien assiégé à Gaza, soulignant que la commission va déployer tout effort pour juger les criminels israéliens.

A. Chatta / R. Bittar

sana.sy

Des étudiants palestiniens observent un sit-in à Rafah

13 Juil 2009

Damas / / Des centaines d'enfants et d'étudiants des camps d'été palestiniens ont observé aujourd'hui un sit-in devant le point de passage de Rafah pour demander son ouverture devant les malades et les étudiants palestiniens.


Selon la chaîne satellitaire /al-Aqsa/, ce sit-in intervient dans le cadre d'une série d'activités organisées par le mouvement de la résistance palestinienne /Hamas/ dans une tentative de briser le blocus imposé à la bande de Gaza il y a plusieurs années.


Notons que le point de passage de Rafah revêt une grande importance pour les Palestiniens qu'Israël prive de tous leurs droits approuvés par les droits internationaux et humanitaires.

N.S. / L.A.

sana.sy

Appels au soutien des détenus palestiniens

13 Juil 2009

Gaza - Rammallah / Le mouvement populaire pour le soutien des détenus et de tous les droits palestiniens a appelé les familles des palestiniens, notamment des Gazaouis, détenus dans les geôles israéliennes, à participer au sit-in hebdomadaire de solidarité devant le siège du Comité International de la Croix Rouge.


Cité par l'agence d'information palestinienne /Quds-Net/, le coordinateur du mouvement, membre du comité des détenus des forces nationales et islamiques, M. Nacha't al-Wahidi, a demandé aux factions de l'action nationale, politique et islamique d'œuvrer pour mettre fin à la division palestinienne intérieure qui portait préjudice à l'action palestinienne unifiée à l'égard du soutien des détenus et des droits palestiniens.


Par ailleurs, M. al-Wahidi a exhorté toutes les institutions des droits de l'Homme à sauver la vie du détenu palestinien /Imad al-Din Atta Zou'roub/ qui souffre d'une lymphadénite aiguë, faisant état de plus de /1300/ cas de maladies parmi les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes.


A cet égard, le coordinateur du mouvement a réappelé à la formation d'une commission parlementaire, juridique et médicale chargée de visiter les détenus et de s'informer de leur état de santé et humanitaire dégradé, affirmant que les autorités d'occupation israéliennes privent les détenus des droits de l'Homme les plus élémentaires tout en exerçant contre eux toute sorte de fascisme et de racisme, au moment où le monde civilisé se vente de la démocratie.


Dans le même contexte, le centre /Libres/ pour les études des détenus et des droits de l'Homme a appelé toutes les institutions juridiques et les organisations des droits de l'Homme à intervenir en urgence pour libérer le détenu /Ahmad Aouad/, condamné à 40 ans de prison dans les geôles israéliennes, après la dégradation de son état de santé.


Le centre /Ahrar / (Libres) a fait noter que le détenu Aouad souffre d'une maladie cardiaque due à la négligence médicale intentionnelle et aux médicaments qu'il prenait dans les hôpitaux israéliens.


N.S. / R.B.

sana.sy

La Ligue Arabe appelle à une position ferme et agissante des institutions internationales face aux mesures israéliennes menaçant al-Aqsa

13 Juil 2009


Le Caire / La Ligue Arabe a condamné aujourd'hui le plan israélien visant à construire une cité touristique au-dessous de la Mosquée d'al-Aqsa.

"Les travaux de creusement, les tunnels, les bazars et la synagogue, construits au-dessus de la Mosquée d'al-Aqsa risquent de l'effondrer", a averti la Ligue Arabe par la voix de son secrétaire général adjoint aux affaires de la Palestine et des territoires arabes occupés, M. Mohammad Sobeih, qui a fait état de scissions dans les établissements d'al-Qods du fait desdits travaux, et appelé toutes les institutions internationales, avec en tête les Nations Unies et son Conseil de Sécurité, le quartette et l'Union Européenne, a affronter fermement ces politiques et mesures israéliennes dangereuses.

Il a de même appelé les institutions régionales et internationales chargées de la protection du patrimoine et des civilisations humains à faire face avec fermeté au sabotage qui se fait par les forces d'occupation israélienne à al-Qods et leurs tentatives d'effacer les aspects arabes et islamiques de la ville sainte.

"Israël joue avec le feu et du sort du processus de paix", a averti M. Sobeih tout en affirmant que la forces militaire de l'occupant ne réussira pas à décider de l'avenir de la ville sainte qui restera arabe, comme elle l'est depuis cinq mille ans, et capitale de l'Etat palestinien.
Gh.H.

sana.sy

La paix des braves de Netanyahu

Il exige de Abbas la reconnaissance de « l’État Juif »


Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, a invité, hier, le président palestinien Mahmoud Abbas à le rencontrer pour relancer les négociations de paix.


« Au dirigeant de l’Autorité palestinienne, je dis, rencontrons-nous pour parvenir à une paix politique et économique », a-t-il déclaré à l’ouverture du Conseil des ministres hebdomadaire exceptionnellement réuni à Beersheba, dans le sud d’Israël. « Il n’y a aucune raison pour que nous ne nous rencontrions pas avec le président de l’Autorité (palestinienne) et je propose que cela ait lieu à Beersheba en vue de faire avancer la paix pour le bien des deux peuples », a-t-il ajouté Netanyahu, dont les propos ont été retransmis par la radio militaire. Le président Abbas a réagi en appelant les dirigeants israéliens à remplir leurs engagements dans le cadre de la « feuille de route ». « Comme nous l’avons déjà dit, ce qui est exigé (...) c’est que toutes les parties, palestinienne et israélienne, remplissent leurs obligations dans le cadre de la Feuille de route », a déclaré M. Abbas. La « feuille de route », un plan de paix lancé en 2003 par le Quartette (USA, Russie, UE, ONU) et approuvé avec des réserves par Israël, prévoit notamment l’avènement par étapes d’un Etat palestinien ainsi que la fin des violences et le gel de la colonisation en Cisjordanie. En début de soirée, M. Netanyahu a de son côté appelé les Palestiniens à reconnaître le caractère « juif » de l’Etat d’Israël. « La source du conflit avec les Palestiniens est leur refus de reconnaître le droit des juifs à leur Etat, et j’appelle la direction et le peuple palestinien à reconnaître ce droit pour que s’ouvre la voie de la paix », a déclaré le Premier ministre israélien lors d’une cérémonie à Jérusalem marquant le 105e anniversaire de la mort de Théodore Herzl, théoricien du sionisme politique.

Feuille de route, feuille de vigne…

Or, en posant cette condition, Netanyahu se dispense de son devoir de geler la construction des colonies au vu et au su des Etats-Unis. Pis encore, le petit Etat palestinien qu’il a condescendu à accepter, à la mi-juin, n’est qu’un « micro Etat » « démilitarisé » et non souverain sur ses « aires », que le président Abbas a tôt fait de rejeter. Netanyahu et Abbas ne se sont pas rencontrés depuis que le premier a pris le pouvoir. La décision d’organiser le Conseil des ministres à Beersheba, non loin de la bande de Gaza, a été prise pour exprimer la volonté du gouvernement de développer la région désertique du Néguev, a souligné la présidence du conseil. Mais l’autorité palestinienne reste inflexible sur le gel des colonies. Le principal négociateur palestinien, Saeb Erekat, a répondu hier du tac au tac au Premier ministre israélien. Dans une déclaration à la radio Voix de la Palestine, M. Erekat a souligné qu’il n’y a « pas de solutions de compromis sur la question des colonies, soit l’activité de colonisation s’arrête, soit elle ne s’arrête pas ». A ce propos, le principal négociateur palestinien a précisé que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait adressé samedi un message à son homologue américain, Barack Obama, pour lui faire part de sa position sur cette question. « Si la construction de colonies se poursuive, Israël sera autorisé à construire un millier d’unités par-ci, deux mille unités par-là, ce qui conduira les Arabes et les Palestiniens à penser que l’administration américaine est incapable de faire comprendre à Israël d’arrêter ses activités de colonisation », a-t-il souligné. C’est dire que c’est le dialogue de sourds qui se poursuit entre l’Autorité palestinienne et Israël, devant des Etats-Unis incapables, pour le moment, de faire entendre raison à Netanyahu. Et ce sont les négociations de paix qui se retrouvent dans l’impasse alors qu’elles sont en panne depuis 2008, en raison justement de la poursuite de la colonisation juive dans les territoires palestiniens et des agressions israéliennes, notamment sur la bande de Ghaza. Le président américain Barack Obama, qui a pourtant ordonné à l’Etat hébreu de stopper totalement les colonies « sauvages ou naturelles », ne semble pas pouvoir infléchir la position du gouvernement de l’extrême droite dirigée par Benyamin Netanyahu.


Par Hassan Moali

elwatan

Va-z-y Bibi, largue ta bombe !

lundi 13 juillet 2009 - 07h:16

Pepe Escobar - Asia Time Online



Toute manœuvre intentionnelle ou non-intentionnelle de Biden ou de la Maison Blanche pour faire pression contre Téhéran au moyen d’une attaque israélienne implicite et imminente n’aura aucun effet à Téhéran.

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Bibi, à droite sur la photo, et congratulé par Zébulon 1°

La nouvelle administration de la « mollahcratie » nouvellement au pouvoir en Iran récolte déjà ce qu’elle a semé. En ce qui concerne le triumvirat de la croix de fer - le Dirigeant Suprême Ayatollah Ali Khamenei, le Président Mahmoud Ahmadinejad et le Corps des Gardes de la Révolution Iranienne (CGRI) - la « révolution verte » orchestrée par des étrangers (ainsi que la dépeint le régime) a été broyée. Mais une autre variété de lumière « verte » pointe (de façon sinistre) à l’horizon.

En ce qui concerne la direction politique à Téhéran, les poings desserrés façon Barack Obama restent - du moins pour le moment - inopportuns. Ainsi que Khamenei l’a fait comprendre une nouvelle fois en début de semaine, « Les dirigeants des pays arrogants, ceux qui s’immiscent bruyamment dans les affaires de la République Islamique, doivent savoir que peu importe si les Iraniens ont des différences qui leur sont propres, lorsque vous, les ennemis, vous impliquez, le peuple ... deviendra un poing d’acier contre vous. » Ensuite, le commandant en chef du CGRI, le général de division Mohammed Ali Djafari, a fixé la (nouvelle) loi à la poigne de fer de la mollahcratie dont les termes sont sans ambiguïté.

Le CGRI a littéralement pris le pouvoir en Iran et pas seulement en ce qui concerne la sécurité. Cela signifie « une renaissance de la révolution [de 1979] et la clarification des positions relatives aux valeurs de l’establishment, tant à l’intérieur du pays qu’à l’étranger ». Ce que l’Iran et le monde voient à présent est « une nouvelle étape de la révolution et les luttes politiques ; et nous devons tous, autant que nous sommes, comprendre ses dimensions. »

« Des différences de ton »

En plein milieu de cette « nouvelle étape de la révolution » s’est immiscée l’infâme loquacité du Vice-président étasunien, Joe Biden. Biden a déclaré à la chaîne ABC : « Israël peut déterminer pour lui-même - c’est une nation souveraine - ce qui est dans son intérêt et ce qu’il décide vis-à-vis de l’Iran et de quiconque d’autre. » Et que les Etats-Unis soient d’accord ou non n’a aucune importance. Biden a bien pris garde d’ajouter : « Il n’y a aucune pression de la part de quelque nation que ce soit qui altèrera notre attitude et notre manière d’agir. » Cette attitude - en référence à la nouvelle politique des « poings desserrés » d’Obama envers l’Iran - est « dans l’intérêt national des Etats-Unis, que nous croyons être, incidemment, également dans l’intérêt d’Israël et du reste du monde. »

Biden a donc dit essentiellement deux choses. L’une : La politique des poings desserrés d’Obama est maintenue, peu importe la nouvelle nature à la poigne de fer de la mollahcratie iranienne. La deuxième : si le gouvernement du Premier ministre Benjamin « Bibi » Netanyahou veut attaquer les installations nucléaires de l’Iran, c’est leur affaire, il n’y aura rien que Washington pourra faire. La première affirmation (qui prend ses désirs pour des réalités) est peut-être vraie pour l’essentiel. La deuxième est un non-sens. Le fait que des légions d’experts étasuniens se sentent obligées d’atteindre des sommets à la Sisyphe pour louer « l’indépendance de la prise de décision politique » par rapport à Israël quand il s’agit de l’Iran, en dit long !

Sérieusement, il n’y a pas plus ambigu que Biden. Il a laissé une « lumière verte » clignoter - refusant de « spéculer » si Israël obtiendrait ou non l’autorisation de survoler l’Irak - de la part des Etats-Unis et non du gouvernement irakien - pour attaquer l’Iran.

Le fait est là que le gouvernement de Bibi n’a pas besoin du feu vert de Washington pour attaquer l’Iran - peu importe que la Maison Blanche ou le Bureau du Vice-Président doive passer à la vitesse grand V de la propagande sur les « différences de ton » pour étouffer les spéculations sur un éventuel feu-vert. Les poings desserrés agissent ainsi : Israël et l’Iran semblent désormais enfermés dans un match face-à-face - peu importe le positionnement propre d’Obama en tant « qu’arbitre ».

Toute manœuvre intentionnelle ou non-intentionnelle de Biden ou de la Maison Blanche pour faire pression contre Téhéran au moyen d’une attaque israélienne implicite et imminente n’aura aucun effet à Téhéran. Le régime est parfaitement conscient de la manière dont le lobby d’Israël - aux Etats-Unis et en Occident en général - a mis au point une campagne très sophistiquée au fil des ans pour transformer le programme nucléaire iranien en une menace mondiale et pour dépeindre les dirigeants à Téhéran comme le nouveau visage du nazisme.

De toute façon, le régime sait pouvoir compter sur le soutien de la Russie et de la Chine. Et il sait également comment la doctrine stratégique d’ensemble des Israéliens est basée sur le fait qu’Israël est la seule puissance nucléaire (non-déclarée) au Proche-Orient et ils sont bien déterminés à le rester. Et c’est là où la puissance nucléaire rencontre l’émigration. L’émigration est le moteur du projet sioniste. Il suffit de parcourir la presse israélienne des derniers mois pour découvrir ce que l’establishment israélien déclare lui-même assez ouvertement : le véritable risque d’une présupposée bombe iranienne n’est pas la menace de destruction, mais de réduire l’émigration des Juifs [vers Israël] à zéro.

L’administration Obama semble avoir réalisé qu’il est impossible d’empêcher par la force les Iraniens d’acquérir une capacité nucléaire. Elle semble également avoir réalisé que maintenir l’illusion d’une option militaire sur la table se résume à un mensonge éhonté. Mais tout cela laisse en suspens la véritable conséquence suprême d’un Iran devenant une puissance nucléaire, du moins au yeux des dirigeants iraniens : cela serait la fin de la menace américaine qui pèse sur le pays. Sous pression et acculé, l’Iran, avec le CGRI contrôlant le programme nucléaire, irait jusqu’au bout.

Deux faits sont incontournables. Le premier est le droit inaliénable de l’Iran de maîtriser l’ensemble du cycle nucléaire civil ; le deuxième est la seule feuille de route possible pour une solution, qui repose sur le fait que l’administration Obama continue à desserrer les poings, qu’elle essaye de normaliser les relations avec l’Iran et qu’elle essaye de participer au développement du pays en compagnie de la Russie, de la Chine et de l’Inde.

Il n’y a aucune preuve que Téhéran soit prêt à accepter cette possibilité - du moins, pas encore. Mais le régime actuel ne va disparaître - comme il vient juste de le prouver - et les Etats-Unis et l’Union Européenne doivent impérativement s’asseoir à la table des négociations. Aussi imparfaite soit-elle, en l’absence d’une différence de ton, c’est la seule lumière verte possible au bout du tunnel.

7 juillet 2009 - Asia Time Online - Vous pouvez consulter cet article à :
http://atimes.com/atimes/Middle_Eas...
Traduction : J.F Goulon - Questions Critiques

Israël et Territoires Palestiniens Occupés en chiffres

dimanche 12 juillet 2009 - 06h:32

IRIN News



Un nouveau rapport du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) décrit un tableau de la vie dans la Bande de Gaza très sombre : des logements en nombre insuffisant, des infrastructures détruites, un accès limité à l’eau potable et une mer polluée par le rejet des eaux non traitées.

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Des habitations détruites par l’armée israélienne à Jablia-Est, à Gaza, durant son offensive en janvier 2009 - Photo : Erica Silverman/IRIN

Le rapport identifie les restrictions de mouvement imposées aux personnes et aux biens au cours des deux dernières années comme l’une des principales causes de la crise à Gaza.

« Israël a le droit de protéger sa population contre les attaques », a dit Antoine Grand, chef de la sous-délégation duCICR à Gaza, dans un communiqué. « Mais est-ce que cela signifie que 1,5 million de personnes à Gaza n’ont pas le droit de mener une vie normale ? »

IRIN a compilé des statistiques comparatives entre Israël et les Territoires palestiniens occupés (TPO) - Cisjordanie et Bande de Gaza combinées - pour replacer le rapport du CICR dans le contexte.

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30 juin 2009 - IRIN News - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.irinnews.org/fr/ReportFr...

Netanyahu offre un poste de conseiller à un leader des colons


14/07/2009

Benjamin Netanyahu a offert un poste de conseiller à l'un des principaux leaders des colons juifs, impliqué dans la mort d'un jeune Palestinien lors d'une manifestation en 1988 en Cisjordanie, a-t-on appris hier. Selon un porte-parole du conseil des colons Yesha, dont il est le directeur général, Pinchas Wallerstein s'est vu proposer le poste de conseiller du Premier ministre israélien pour les affaires de colonisation. Un porte-parole de M. Netanyahu s'est refusé à confirmer ou infirmer que M. Wallerstein, qui est âgé de 60 ans, avait été sollicité. Sa nomination dépend d'un feu vert du procureur général d'Israël, dont la décision pourrait prendre quelque temps.
l'orient le jour

Londres aurait décrété un embargo limité sur ses ventes d’armes à Israël


14/07/2009

La Grande-Bretagne a imposé un embargo très limité sur ses ventes d'armes à Israël, en réaction à l'offensive israélienne meurtrière dans la bande de Gaza en décembre-janvier, a affirmé hier un responsable du ministère israélien des Affaires étrangères qui a requis l'anonymat. Il a critiqué l'embargo, mettant cette décision sur le compte de pressions de « groupes extraparlementaires et organisations non gouvernementales ». L'ambassade de Grande-Bretagne à Tel-Aviv a toutefois démenti qu'une décision d'imposer des sanctions ait été prise, et affirmé que Londres vérifiait uniquement si « certaines exportations d'armes étaient conformes à la loi interdisant leur emploi contre des civils ».
L'embargo ne concernerait que cinq permis de livraisons d'armes sur 182, dont 35 destinées à la marine de guerre, selon la même source. Il s'agit de la fourniture d'armes et de pièces de rechange à des vedettes lance-missiles de type Saar 4 ou 5 de la marine de guerre, consécutivement à leur engagement dans l'offensive contre Gaza.

Le ministre israélien des Affaires étrangère, Avigdor Lieberman, a minimisé la portée de cette mesure. « Il y a déjà eu des embargos dans le passé et nous nous sommes très bien débrouillés. Cela ne devrait pas nous gêner », a-t-il déclaré à la radio publique en référence notamment à l'embargo décrété par la France à la suite de la guerre de juin 1967.
L'organisation humanitaire palestinienne al-Haq avait saisi en février la justice britannique pour demander une enquête sur les relations entre le gouvernement britannique et Israël, notamment la poursuite des ventes d'armes en violation du droit international. Elle estimait notamment qu'en continuant à vendre des armes à l'État hébreu, Londres avait de fait aidé Israël à tuer et blesser des Palestiniens pendant l'offensive « Plomb durci ».
l'orient le jour

Israël rejette tout accord de paix imposé par la communauté internationale


14/07/2009

PROCHE-ORIENT
Israël a rejeté hier la déclaration du chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, en faveur d'un règlement de paix avec les Palestiniens qui serait imposé par la communauté internationale. « Un règlement de paix ne peut venir qu'à la suite de négociations directes et ne peut être imposé », a déclaré à la radio publique le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. Il réagissait aux déclarations faites samedi à Londres par le haut représentant de l'UE pour la Politique étrangère, selon lequel le Conseil de sécurité de l'ONU devrait imposer un règlement incluant la reconnaissance d'un État palestinien indépendant, si l'impasse se poursuivait dans le processus de paix. M. Solana a estimé que le Conseil de sécurité devrait reconnaître de façon unilatérale un État palestinien, comme « membre à part entière de l'ONU et annoncer un calendrier de mise en œuvre de cette résolution ».
Dans un communiqué, le ministère israélien des Affaires étrangères a affirmé que « toute mention d'une date butoir artificielle minait les chances d'aboutir à un règlement bilatéral ». Il a souligné qu'Israël avait appelé « à la reprise immédiate et sans conditions » des négociations de paix avec les Palestiniens, alors que ces derniers exigent au préalable un gel de la colonisation. M. Lieberman a par ailleurs relativisé la portée de cette déclaration de M. Solana, estimant que « ni les États-Unis ni l'Europe n'entendaient imposer une solution ».

Selon un porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, une reconnaissance par les Nations unies d'un État palestinien constituerait « une option si Israël faisait dérailler les efforts de l'administration du président américain Barack Obama et sa vision de deux États » comme solution au conflit. « L'Europe, en tant que membre du quartette international, doit poursuivre ses efforts pour faire pression sur Israël afin qu'il gèle la colonisation et arrête de gagner du temps », a déclaré Nabil Abou Roudeina à l'AFP. Interrogé sur la proposition de M. Solana, le négociateur palestinien Saëb Erakat a répondu : « Nous n'avons pas d'objection. Il est temps que la communauté internationale cesse de traiter Israël comme s'il était au-dessus des lois. »
D'autre part, M. Lieberman s'en est pris à M. Abbas. « Abou Mazen (surnom de Mahmoud Abbas) n'est pas totalement légitime », a déclaré M. Lieberman à la radio publique israélienne. « Qui représente-t-il exactement ? » a-t-il ajouté. En réponse à ces propos, M. Erakat a accusé M. Lieberman d'user de « tactiques de diversion » pour dissimuler l'incapacité d'Israël à mettre un terme à la colonisation en Cisjordanie occupée.
l'orient le jour

De leurs socs, ils ont forgé des glaives ; Histoire critique d’Israël

publié le dimanche 12 juillet 2009

Entretien avec Arno J. Mayer
L’historien, professeur à l’université de Princeton aux État-Unis, analyse comment la création d’Israël, présentée comme le rêve des juifs, est devenue le cauchemar des Palestiniens.

Le titre de votre ouvrage, De leurs socs, ils ont forgé des glaives, suggère-t-il qu’au départ le projet sioniste était humain, voire humaniste ?

Arno Mayer. Dès le début dans le sionisme, il y avait l’idée d’un retour à la terre. Retour à la terre voulait aussi dire de la travailler. Un des symboles, une des choses les plus emblématiques du sionisme c’était tout de même les kibboutz. Cela procédait de la même idée. Il y avait toutes sortes de raisons pour lesquelles on a mis l’accent là-dessus : les juifs, surtout en Europe (le sionisme est tout de même avant tout une affaire des juifs européens et non pas des juifs d’Afrique du Nord ou d’ailleurs), ne pouvaient pas être propriétaires de la terre. L’idée de retourner à la terre faisait même partie de l’idée d’une normalisation du peuple juif. La première fois que je suis allé en Israël, ce devait être en 1950, c’était pour participer à la vie d’un kibboutz. C’était la grande attraction pour les juifs. Y compris pour ceux qui n’allaient pas faire leur alya (littéralement « la montée » vers Israël – NDLR). Donc la charrue, le soc, était le symbole de ce retour à la terre.

Le sous-titre du livre est Histoire critique d’Israël. La critique se situe par rapport à une histoire officielle ? Quel est votre but ?

Arno Mayer. En fait, ce qui m’a poussé à écrire ce livre a été vraiment la visite d’Ariel Sharon sur le mont du Temple (le dôme du Rocher pour les musulmans – NDLR) en septembre 2000. C’est là que j’ai été secoué. J’ai écrit des articles dont la thèse était que, sans abandonner ce que vous, en français, appelez les colonies et que nous appelons en anglais the settlements, c’est-à-dire les implantations, il n’y a pas de base pour un début de négociation sérieuse. Pour être tout à fait franc, je ne pensais pas écrire des choses très radicales. C’était ce qu’il y avait de plus élémentaire à mes yeux. Il se trouve que je ne suis pas parvenu à publier ces articles aux États-Unis. En revanche, j’ai pu le faire en France, dans un quotidien du soir.

Mais le déclic pour faire ce livre ne provient pas seulement de ce refus d’avoir une discussion là-dessus aux États-Unis. Lors de la publication du deuxième article en France, plusieurs personnes, intellectuels parisiens qui n’étaient pas juifs, m’ont dit : « Arno, tu sais très bien ce que j’écrirais sur ce sujet si j’étais juif. Mais en tant que non juif, je ne peux pas. »

Au moment de la provocation de Sharon, comment réagissez-vous ?

Arno Mayer. Comme je le dis dans le livre, je réagis comme un juif non juif mais aussi comme un sioniste non sioniste. On a tendance à traiter le sionisme comme un bloc. Il n’était pas écrit dans les astres que ce sionisme allait devenir un sionisme politique, un sionisme militaire, etc. Il y avait d’autres sionismes : culturel, religieux… C’est pourquoi j’ai décidé de baser mon enquête sur les écrits et les propos des critiques intérieures du sionisme. La critique intérieure qu’ils ont faite était d’une sagesse extraordinaire si l’on songe à des gens comme Ahad Haam, Martin Buber, Leon Magnes et Ernst Simon [1] qui se trouvait avoir été un ami très proche de mon père. Ils étaient ensemble à l’université de Heidelberg. En 1950, en Israël, Ernst Simon, par deux fois, m’a emmené avec lui lorsqu’il avait des discussions avec Martin Buber. Ce qui m’a marqué. Ce sont des critiques qu’on peut difficilement traiter d’antisionistes. Ils étaient des sionistes qu’on pourrait appeler pur jus. Ils ont été totalement éliminés du discours public en Israël et aussi du discours juif sioniste de la diaspora. Je m’en suis servi dans une certaine mesure. Ils ont été mes guides dans ma lecture critique du sionisme tel qu’il a évolué.

Le propos de base du livre est qu’il y avait d’autres possibilités historiques, d’autres possibilités d’évolution du sionisme. Il n’était pas déterminé d’avance que le sionisme allait avoir comme figure de proue Jabotinsky [2], même si ce n’est pas admis publiquement. Car s’il y a une marque idéologique et politique du sionisme et de ce qu’il est devenu dans l’État d’Israël, c’est bien celle de Jabotinsky.

Le degré auquel sont parvenues cette politisation et cette militarisation du sionisme et, plus tard, de l’État d’Israël, n’aurait pas été possible sans l’alliance avec les États-Unis. Sans, en particulier, le soutien de la diaspora américaine qui, du point de vue de son pouvoir, de son influence, s’est développée d’une manière foudroyante après la Seconde Guerre mondiale. C’est devenu l’un des lobbies les plus imposants. Mais dès qu’on parle du lobby juif, on subit toutes sortes de critiques. Parce que les gens ne comprennent pas qu’aux États-Unis les lobbies font fonctionner la politique. Il y a le lobby du pétrole, celui des retraités, celui des chambres de commerce, des armes… Ils font partie intégrante du politique et de la politique aux États-Unis.

Quand on parle du lobby juif ou sioniste, qui est 100 % israélien, ce n’est pas quelque chose de secret. C’est public. Les directeurs de ces lobbies se vantent de l’influence qu’ils ont, du pouvoir qu’ils peuvent exercer. Il n’y a pas moyen de comprendre la construction d’Israël tel qu’il s’est développé sans se rendre compte qu’après la guerre les États-Unis ont pris le relais de ce qu’on appelait « le parapluie impérial britannique ». C’est une chose dont Herzl était totalement conscient : la construction d’un Israël, un foyer pour les juifs, était impossible sans ce parapluie impérial. Justement parce que c’était dans un espace géopolitique qui était tout sauf européen, un espace en premier chef colonial. Il n’était pas possible d’avoir une implantation d’un foyer juif sans cette protection. Ce sont donc les deux éléments qui m’ont guidé. Les critiques intérieures et le refus d’admettre à quel point la politique étrangère et la diaspora américaines ont compté dans cette affaire.

Originellement, il y a aussi ce mensonge qui voulait que cet espace soit « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », que l’on retrouve dans l’essence du sionisme ?

Arno Mayer. Oui, mais ça n’a pas duré très longtemps. Ils se sont rendu compte que ce n’était pas le cas. Les chefs sionistes ont bien vu que les rapports avec les autochtones, c’est-à-dire avec les Palestiniens, étaient très difficiles et qu’en plus, je rends hommage à mon ami Edward Saïd, ils avaient une vision orientaliste des rapports entre sionistes (juifs) d’un côté et Palestiniens (musulmans et même chrétiens) de l’autre. Je ne sais pas à quel point Edward Saïd connaissait les écrits de Haam, de Buber et de Magnes. Parce que leur démarche, leurs réflexions critiques sur l’évolution du sionisme vers un sionisme politique anticipaient ce qui est devenu la prise de conscience d’Edward Saïd sur ces rapports très compliqués entre le monde occidental et ce qu’on appelle le tiers-monde.

Vous avez parlé de Sharonen l’an 2000. Mais est-ce qu’en réalité depuis le départ on ne pouvait pas sentir que les socs des charrues allaient se transformer en glaives ? Est-ce que ce n’était pas inscrit, en réalité ?

Arno Mayer. En 1950, la première fois que je suis allé en Israël, on a fait un voyage dans le Néguev avec les responsables du kibboutz dans lequel je me trouvais. Ils avaient des fusils. Cela m’a fait réfléchir. Peut-être étais-je stupide ou mal informé ? Je ne me rendais pas compte à quel point les éléments stratégiques, tactiques ont compté dès le début. Même l’emplacement de certains kibboutz n’était pas choisi au hasard.

Il y a un débat pour savoir qui étaient les plus forts en 1948 et en 1949. Il y a ceux qui, encore maintenant, maintiennent qu’Israël (où les forces qui allaient constituer Israël) s’en est sorti miraculeusement, parce qu’en état d’infériorité. Je ne fais pas partie de ceux-là. Ceux qui avaient lu Jabotinsky et ceux qui étaient dans le bain sans l’avoir lu se sont rendu compte que les armées des pays arabes n’étaient pas à la hauteur. Il suffit de comparer le niveau d’éducation des sionistes au moment de la guerre et de le comparer au taux d’alphabétisation des pays arabes.

Si l’on reprend l’évocation de Jabotinsky, peut-on voir sa « patte » dans l’érection de ce mur dit de séparation, que les Palestiniens appellent le mur de l’apartheid ?

Arno Mayer. Jabotinsky avait compris une chose : le développement du nationalisme dans l’espace environnant était inévitable. Ils disaient qu’ils étaient autant attachés à leur terre que les juifs sont attachés à la leur. Mais les juifs avaient un avantage : une avance militaire qu’il fallait capitaliser. Il a développé la tactique et la stratégie du « mur de fer ». Si l’on considère la période actuelle, il y a ceux qui considèrent que la construction du mur est une réussite totale, que les attaques suicides ne se produisent plus. C’est certainement vrai dans un sens. Mais la résistance se manifeste d’une autre manière.

Ces murs doivent être replacés dans un contexte beaucoup plus large, comme nous sommes en train de le découvrir aux États-Unis. Nous sommes en train de construire un mur très impressionnant le long de la frontière avec le Mexique. On ne va pas me convaincre que les gens ne vont pas apprendre à le franchir. C’est dans l’ordre des choses.

Il y a beaucoup de nouvelles déclarations américaines depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama mais peu de pressions sur Israël. Comment voyez-vous les choses ?

Arno Mayer. Comme toujours en politique internationale, lorsqu’on arrive à un point névralgique, deux éléments doivent jouer. Il faut qu’il y ait une pression de la part de Washington mais en même temps il faut qu’il y ait des choses qui se passent en Israël. Mais en Israël le consensus est presque à 100 %. Il est pour moi navrant de voir qu’en Israël la gauche existe à peine. On ne peut pas dire que les intellectuels israéliens se couvrent de gloire dans leur résistance à certaines politiques de leur pays. Des politiques pourtant pas compatibles avec un régime démocratique, ça crève les yeux.

Bien sûr, je ne sais pas ce que je ferais si j’étais professeur à Haïfa ou à Tel-Aviv. Mais je suis néanmoins ahuri de leur comportement, qu’il s’agisse de Gaza ou de la guerre au Liban en 2006. L’un d’entre eux, très connu, a prononcé des discours de soutien au gouvernement, a dit que les autres se servaient de civils comme boucliers…tandis que l’armée israélienne se comportait comme il fallait. Il lui a fallu deux ou trois semaines pour changer de discours.

En Israël, en ce moment, je ne vois pas très bien d’où viendrait une pression pour renverser la vapeur. Les Israéliens eux-mêmes sont responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent. Et je crains qu’ils aillent droit dans un mur. Si les Américains exercent une pression sur Israël c’est parce que les États-Unis revoient leur politique impériale. Nous avons, nous Américains, perdu pas mal de notre superbe. Il y a des problèmes économiques et financiers. D’autres puissances se ressaisissent, comme la Russie ou la Chine. Tout cela fait partie des réflexions d’Obama mais pas seulement, car quiconque dirigerait les États-Unis devrait revoir sa copie. Il est donc plus probable que la pression vienne de l’extérieur. Et dès que les Américains vont changer, les Européens aussi, bien sûr, sans aucun doute.

En Israël il y a une certaine schizophrénie. Il y a un double discours. D’un côté ils disent : « nous sommes le peuple élu », « nous faisons partie de cette civilisation occidentale qui continue à pratiquer sa mission civilisatrice », « nous sommes les plus forts d’un point de vue militaire ». En même temps, ils disent « nous sommes les plus menacés ». Il y a toujours un danger existentiel. Le dernier c’est l’Iran. Il y en a eu bien d’autres avant.

À chaque fois qu’il y a un leader des pays environnants qui se manifeste et paraît avoir un certain punch (Nasser, Arafat, Saddam Hussein, Ahmadinejad), c’est un Hitler. Ce qui veut dire que la banalisation de la Shoah est au centre de la Weltanschaung (vision du monde) des Israéliens. De l’autre côté ils disent : « Nous sommes des juifs, nous sommes entourés d’ennemis et pourtant les États-Unis vont nous abandonner. » Je ne vois pas comment ils vont pouvoir se sortir de cette schizophrénie.

[1] Ahad Haam (1856-1927) : sa conviction profonde était que l’État juif ne pourrait jamais rassembler tous les juifs. Martin Buber (1878-1965) : partisan d’une solution étatique binationale, il a néanmoins approuvé le partage de la Palestine par l’ONU en 1947. Leon Magnes (1877-1948) : rabbin américain, fondateur avec Einstein et Freud de l’université hébraïque de Jérusalem, opposé au partage de la Palestine et fondateur d’un petit parti binational, Ihud (unité). Ernst Simon (1899-1988) : appartenant comme les précédents au mouvement Brit Shalom, prônant un État binational.

[2] Vladimir Jabotinsky (1880-1940) : fondateur du parti révisionniste, aile droite du mouvement sioniste, qui réclamait un État juif sur les deux rives du fleuve Jourdain, intégrant aussi la Transjordanie, l’actuelle Jordanie. Dans un livre fameux, le Mur de fer. Nous et les Arabes, publié en 1923, il prônait pour poursuivre la colonisation sioniste de la Palestine la construction d’« un mur de fer que la population autochtone ne pourra pas franchir ».

Entretien réalisé par Pierre Barbancey

publié dans l’Humanité

http://www.humanite.fr/Entretien-av...

Un syndicat québécois se prononce pour BDS

publié le lundi 13 juillet 2009

CSQ
La Centrale des Syndicats du Québec troisième fédération de travailleurs en taille, forte de 180,000 travailleurs au Québec, Canada, a adopté le 30 juin la résolution ci-dessous.

Il est résolu que :

* La CSQ réponde favorablement à la demande de 172 organisations palestiniennes qui appellent au boycott d’Israël, au retrait des investissements dans ce pays et à l’imposition de sanctions contre l’état israélien.

* La CSQ se joigne à la campagne internationale appelant au boycott d’Israël, au retrait des investissements dans ce pays et à l’imposition de sanctions contre l’état israélien.

* La CSQ s’engage aussi à faire la promotion de cette campagne de boycott et à inciter ses membres à soutenir le peuple palestinien dans sa résistance au quotidien pour mettre fin à l’occupation israélienne.

* L’appui de la CSQ au boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël demeure jusqu’à ce que Israël se conforme au droit international et aux principes universels des droits humains.

Réchauffement des relations entre al-Assad et Obama

publié le lundi 13 juillet 2009

AFP
Le président Obama se dit prêt à accepter une invitation à se rendre dans la capitale syrienne pour un face-à-face avec le président Bachar al-Assad.

Le président américain Barack Obama s’est déclaré favorable à s’engager avec Damas tout en se déclarant « troublé » par certains aspects de la conduite de la Syrie dans un entretien accordé à la chaîne de télévision britannique Sky News qui doit être diffusé dimanche.

Dans cette interview, le président Obama se dit prêt à accepter une invitation à se rendre dans la capitale syrienne pour un face-à-face avec le président Bachar al-Assad.

« Nous avons commencé à voir quelque contacts diplomatiques se nouer entre les États-Unis et la Syrie », a indiqué le président Obama dans cette entrevue enregistrée alors qu’il effectuait sa visite au Ghana.

« Il y a des aspects de la conduite syrienne qui nous troublent », a-t-il cependant poursuivi, « et nous pensons que la Syrie peut jouer un rôle beaucoup plus constructif sur bon nombre de questions. »

« Mais comme vous le savez, je crois à l’engagement et mon espoir est qu’on peut continuer à assister à des progrès dans ces domaines », a ajouté Barack Obama.

Au début du mois de juillet, le président Bachar al-Assad avait invité son homologue américain à venir le rencontrer en Syrie afin de discuter des problèmes du Moyen-Orient, dans un entretien exclusif avec la chaîne britannique Sky News.

« Il serait le bienvenu en Syrie, absolument. Je suis très clair à ce sujet », avait-il alors déclaré.

L’invitation informelle du président Assad avait été lancée après l’annonce par les États-Unis en juin dernier qu’ils allaient envoyer un nouvel ambassadeur en Syrie après quatre ans d’absence.

La précédente administration Bush avait rappelé l’ambassadeur américain à Damas après l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005, pour lequel le régime syrien avait été pointé du doigt.

La Syrie, à qui les États-Unis avaient imposé des sanctions économiques en 2004, était décrite par George W. Bush comme un « État voyou », alors que le nouveau président américain voit en elle une des clés de la paix au Proche-Orient.

L’émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, s’était rendu le 14 juin à Damas pour y rencontrer Bachar al-Assad. Il avait qualifié ses entretiens de « sérieux et productifs », rappelant que « l’objectif du président (Obama) a toujours été, depuis le début, une paix globale dans la région ». [1]

RÉFUGIÉS PALESTINIENS ET DROIT INALIÉNABLE AU RETOUR


Par Houria TAÏK
lundi 13 juillet 2009, par : Rédaction Enfants de (la) Palestine,

Je m'adresse à notre sœur palestinienne et je dis : ô sœur palestinienne, mère de martyr, mère de captif, mère d'orphelin, mère de résistant, si tu as mis ton premier enfant sur une terre étrangère, je suis sûr que le deuxième, tu le mettras au monde sur la terre de Palestine », Cheikh Raïd Salah, Conférence des Palestiniens d'Europe, le 2 mai 2009.

es réfugiés palestiniens comme réalité humaine et historique sont, par le seul fait d'exister, la preuve irréfragable que les drames de la Nakba et de l'expulsion de tout un peuple de sa terre natale ont bien eu lieu. Poser la question des réfugiés palestiniens c'est redonner à l'Histoire objective sa place entière, c'est à la fois démentir les discours négationnistes mais aussi réhabiliter un vécu, rappeler un traumatisme et démontrer le colonialisme inhérent à l'entité sioniste déclarée en 1948.

Les réfugiés palestiniens - avant d'être « un problème » à liquider dans les « négociations », « processus de paix » et autres tentatives de submersion des droits élémentaires des Palestiniens - sont garants, avant tout, de la continuité de l'identité palestinienne par delà des frontières de la Palestine historique. Ils sont les garants de la langue, de la culture et de la dimension multiconfessionnelle de tout un peuple.

La nécessité d'évoquer les réfugiés palestiniens est d'autant plus impérieuse que le discours dominant, sioniste et occidental, tente de faire oublier cette réalité pour sauvegarder les intérêts colonialistes. Mais depuis 61 ans cette tentative continue d'échouer dans les consciences palestiniennes, tout simplement parce qu'à partir du moment où il y a un déracinement forcé il y a immanquablement une volonté de « Retour ». Et c'est ce droit au Retour qui constitue aujourd'hui la substance de la Cause palestinienne.

Nous allons dans un premier temps rappeler rapidement l'Expulsion progressive du peuple palestinien de sa Terre depuis 47 (I), puis exposer la façon dont la « question » des réfugiés a été traitée par les sionistes dans les différents accords et « processus de paix » (II) Enfin, nous décrirons ce que revêt aujourd'hui la revendication du « droit au retour » en particulier à l'aune des récents massacres de Ghaza et nous montrerons comment elle est portée, aujourd'hui, par le Mouvement de Soutien en France.(III)

1. « Israël » ou l'artefact colonial bâti sur une idéologie de « transfert »

On peut dire que l'idéologie de transfert des populations palestiniennes s'illustre avec les préconisations de la « commission » Britannique Peel créée en 1937 et chargée de trouver, entre autres, des mesures de « pacification » à la grande révolte palestinienne de 1936 (1). Ben Gourion (2) comprend alors qu'un Etat juif serait impossible sans que la population palestinienne ne soit expulsée. Les sionistes fomentent donc un plan de nettoyage ethnique détaillé pour procéder à cette expulsion et mettent au point le « Plan Daleth »(3). Les commandants de la Haganah, milice sioniste, se chargent de le mettre en œuvre.

Les expulsions eurent lieu dès le mois de décembre 1947 - juste après le partage de la Palestine le 29 novembre 1947. La stratégie de la Haganah était celle de la « défense agressive » : pour chaque attaque arabe il faut une réponse décisive par la destruction des lieux ou par l'expulsion des habitants en prenant leur place. Dès le partage, la Haganah débute ses exaction (villages arabes détruits et brûlés puis occupation). Les massacres et exécutions sommaires n'étaient pas en reste : le massacre le plus connu demeure celui de Deir Yassin le 09 avril 1948.

Menachem Begin, qui allait plus tard devenir Premier Ministre du Likoud, était en 1948, le chef de la milice de l'Irgoun et a mené ses membres dans le village palestinien de Deir Yassine où ils ont massacré plus de 100 habitants, dont des femmes et des enfants.

La première expulsion massive se situe entre la date du partage de la Palestine et la proclamation de l'entité sioniste par Ben Gourion le 14 mai 1948. Une deuxième vague d'expulsion va intervenir après le 14 mai 1948. Puis interviendront diverses petites vagues d'expulsions jusqu'en 1951. Au total on peut constater le déracinement de plus de 900 000 habitants de Palestine.

S'ajoutent à ces expulsions, des massacres ainsi que des destructions de quartiers entiers de villes, de villages et de hameaux. Se sont au total 531 villes et 300 hameaux qui seront totalement détruits, et la grande majorité d'entre eux avant le 14 mai 1948. La destruction des villages et la construction de colonies à leur place ou à coté ont été réalisées afin d'empêcher tout retour définitif des expulsés sur leur terre.

Le fait que la grande majorité l'ait été avant le 14 mai 1948 est révélateur que sans cette expulsion massive, jamais l'entité sioniste n'aurait vue le jour.

La deuxième grande phase de l'expulsion commence le 5 juin 1967 avec la guerre qui donnera l'occasion aux sionistes d'occuper la Cisjordanie, la Bande de Gaza, le Sinaï en Egypte, le Golan en Syrie. Par le contrôle de ces territoires, un autre aspect du sionisme va se développer avec la politique du « fait accompli » qui permettra de mettre en place une colonisation progressive. C'est ainsi que de Cisjordanie 300 000 Palestiniens seront à leur tour transformés en réfugiés et iront pour la plupart sur d'autres territoires de la Palestine.

Depuis 1948, cette politique de grignotage et de colonisation des terres palestiniennes se poursuit inexorablement. Chaque semaines des procédures d'appels d'offre pour la construction de logements dans les territoires palestiniens non occupés sont lancés et des Palestiniens sont expulsés de leurs demeures notamment récemment des quartiers anciens d'Al Quods. L'idéologie du transfert en tant que politique raciste sioniste n'est pas enterrée, Sharon en 2001 a même proclamé que « les Palestiniens avaient déjà un pays : la Jordanie » et qu'il conviendrait de tous les y transférer. Et on ne peut rien espérer de meilleur avec l'actuelle élite politique sioniste.

Les réfugiés palestiniens sont aujourd'hui les plus anciens parmi les réfugiés de l'histoire politique contemporaine et les plus nombreux proportionnellement à la part totale des réfugiés dans le monde. Ils sont au nombre actuellement de 6.5 millions sur une population totale de 10 millions.

C'est en cela que le droit au retour est incompatible avec le sionisme et l'existence de l'entité sioniste. L'un se réalisera par la destruction de l'autre.

2. Le « problème » des réfugiés palestiniens dans les différentes « politiques de règlement »

Nous l'avons dit la question des réfugiés palestiniens a toujours constitué la substance de la Cause Palestinienne. C'est parce qu'elle revêt ce caractère qu'elle a été traité « avec des pincettes » par les uns et les autres dans les différentes phases de la guerre sioniste en Palestine.

Le droit au retour des réfugiés palestiniens est reconnu par diverses dispositions du droit international, la résolution 194 des Nations Unies, adoptée le 11 décembre 1948, affirme notamment « qu'il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible... ».

Mais c'est en tant « qu'élément de négociation » qu'il est intéressant de voir la question des réfugiés. En effet les sionistes ont concentré leurs efforts à faire miroiter aux Palestiniens et à chaque étape du conflit, l'éventualité de résoudre la question des frontière et donc la création d'un Etat palestinien indépendant mais sans jamais intégrer la question du Retour dans un « plan de règlement ». Les accords d'Oslo illustrent parfaitement cette démarche, la question du retour des réfugiés étant différé à des « négociations finales » c'est-à-dire des négociations hypothétique car complètement absorbée par les autres questions : Jérusalem et les frontières

C'est ainsi que les sionistes ont noyé systématiquement la question du Retour et son application car c'est en vérité le nerf de la guerre. Lors du dernier processus de paix d'Annapolis à l'initiative de Bush en 2007, le sujet était introduit dans le projet sous l'expression d' « une solution juste pour les réfugiés ». Or non seulement le processus a été avorté sans surprise, mais en plus la notion de « justice » chez les sionistes est difficilement compréhensible quand la solution proposée ne peut être qu'inacceptable pour la diaspora palestinienne.

On peut citer Ramadan Shallah Dirigeant du Jihad Islamique lorsqu'il décrit en ces termes la « solution juste » : « Concernant les réfugiés, pour eux, il n'y a pas de Retour. Il y a un mensonge grossier officiel, arabe et palestinien. Cent mille Palestiniens seront autorisés à retourner, dans un laps de plusieurs années, Israël définira leur âge, leur appartenance, leur poids, leur hauteur, ce qu'ils doivent manger et ce qu'ils doivent boire. Ils ont dédouané Israël de la question des réfugiés, qui ne se sentira plus obligé, moralement, de considérer ce qui se passe hors des frontières de ce qui s'appelle Israël. »

Le nouveau gouvernement sioniste ne change pas de politique, et pour cause, Netanyahu dans sa récente allocution de ce même mois a clairement exclu l'éventualité du Retour pour les Palestiniens mais a introduit la possibilité d'un Etat palestinien démilitarisé. La stratégie décrite précédemment reste inchangée, mettre l'accent et négocier sur les problèmes frontaliers c'est faire l'impasse sur la question des réfugiés et du Retour.

Dans son discours au monde musulman Obama a souligné son « attachement » à voir la création d'un Etat palestinien mais il a également refusé d'envisager le Retour. S'adressant aux réfugiés palestiniens il les a clairement encouragés à prendre la voie de la résignation.

Aujourd'hui on veut vider la question des réfugiés et plus généralement la question palestinienne de sa substance politique et la transformer en « problème humanitaire ». On parle de leurs conditions de vie dans les camps, des tensions avec la population et les institutions des pays d'accueil.

Mais on élude la question du Retour comme facteur politique de résistance dans ces mêmes camps et dans les consciences de ces mêmes réfugiés.

3. Le Retour : fin d'une Utopie, début d'une culture de la Victoire

Malgré toutes les manœuvres sionistes, et dès l'instant où les réfugiés ont été dépossédés, la volonté du retour s'est faite irrépressible dans l'esprit de chacun d'entre eux. Ils ont refusé d'être niés dans leur histoire, ont cultivé le sentiment de colère et en ont fait une dynamique collective pour atteindre l'objectif final.

Le rapport d'une commission d'enquête parlementaire britannique publié au terme d'une visite des camps de réfugiés de Syrie, du Liban, de Jordanie, de Cisjordanie et de Gaza (septembre 2000) rapporte : « Partout où nous sommes passés, les réfugiés affirment que le droit au retour s'applique à tous les réfugiés, quelle que soit leur situation matérielle ou financière actuelle et où qu'ils demeurent aujourd'hui »

En effet, cette volonté de retour chez les Palestiniens a cette particularité unique de se transmettre de génération en génération sans perdre de sa vigueur, bien au contraire.. Les descendants des réfugiés palestiniens nés au Liban en Syrie ou encore en Jordanie, parlent de rentrer « chez eux » alors même qu'ils n'ont pour la plupart d'entre eux jamais foulé la Terre de Palestine. Les réfugiés de « 67 » quant à eux gardent précieusement les clés de leurs demeures.

Les accords d'Oslo ont porté un coup certain à cette conscience collective chez les réfugiés. Tout a été mené pour pousser les réfugiés à s'implanter durablement sur leur terre d'accueil, pour saper toute volonté de retour, toute perception d'une situation qui serait « temporaire ». Mais le fait de voir le but se transformer de plus en plus en utopie n'a pas pour autant eu pour conséquence de l'annihiler.

Les récents massacres de Ghaza de Décembre 2008-Janvier 2009 ont clairement changé la donne. On est passé de l'Utopie et à une nette culture de la Résistance puis de la Victoire menant au Retour. La mobilisation des réfugiés dans les camps du Liban et de Jordanie en solidarité avec leurs frères pendant les bombardements a été exceptionnelle. Le Peuple palestinien ne faisait plus qu'Un, sa conscience et sa volonté sont indivisible.

Les sionistes ayant échoué dans leur volonté d'annihiler l'esprit de Résistance, les Palestiniens sont ressorti victorieux des évènements et ceci n'a fait que raviver la flamme chez tous les Palestiniens, ceux des territoires de 48 tout comme ceux de l'extérieur. Le Retour est à nouveau perçu comme un fait inéluctable, avec une réalisation du but dans un avenir qui semble de plus en plus proche.

Comme un écho à cette nouvelle dynamique sur le terrain le mouvement de soutien en France s'achemine de plus en plus vers la défense de ce droit inaliénable et imprescriptible alors que les plateformes et mouvements étaient jusqu'alors minoritaires à se prononcer clairement en faveur du retour intégral. Les revendications militantes dans le mouvement de Solidarité étaient réticentes à ce sujet car il porte en lui même tout le positionnement sur le conflit. Les intérêts de uns et des autres qui dépassaient le plus souvent le cadre national et qui étaient en lien direct avec les partisans de la « liquidation » n'ont fait que favoriser l'abandon du Retour. C'est ainsi que beaucoup reprenait le mot d'ordre d'une « solution juste pour les réfugiés » ou encore revendiquaient un Etat dans les « frontières de 67 » excluant par là même toute éventualité d'un droit au retour intégral.

Ghaza a là aussi changé la donne, et a permis de décomplexer beaucoup de monde. Même s'il n'est jamais trop tard, ce positionnement tardif est à déplorer car la question du Retour doit être portée sans ambiguïté et avec fermeté par tout mouvement qui se dit de « soutien ». Par ailleurs, certaines organisations persistent à évacuer la question des réfugiés ou ne l'abordent que sous l'angle humanitaire ou social.

Au Mouvement de Soutien à la Résistance du Peuple Palestinien nous revendiquons clairement le droit au retour intégral des Réfugiés en Palestine et dans leurs demeures ainsi que le démantèlement de l'entité coloniale raciste « d'Israël ». En coordination avec les militants de la Cause en Palestine et dans les Camps nous ne voyons d'autre issue pour les Palestiniens que celle de la reconquête de leurs droits inaliénables pour une réhabilitation complète d'un peuple dans son entièreté et dans sa dignité.

28 juin 2009 Houria TAÏK

- 1. Grande Révolte arabe de 1936-1939 : rébellion des Arabes palestiniens pour la création d'un État indépendant en Palestine mandataire et contre l'autorité mandataire britannique qui avait par ailleurs promis aux sionistes l'instauration d'un Foyer National Juif dans la Déclaration de Balfour.
- 2. David Ben Gourion : homme politique et militant sioniste, Premier ministre d'« Israel » de 1948 à 1953.
- 3. Plan Daleth : Plan établi par la Haganah en mars 1948. Il vise à spolier les arabes palestiniens de leurs terres.

DES NEW-YORKAISES PROTESTENT CONTRE LA POLITIQUE ISRAÉLIENNE

Publié le 13-07-2009


Une première : des manifestantes en bikini, contre la politique israélienne, troublent la "fête de Tel Aviv" sur la fausse plage de Central Park, à New York.

Plusieurs jeunes femmes sont venues se mêler à une "fête de plage" organisée par le Ministère israélien des Affaires étrangères à Central Park, à New York, à la fin juin.

Vêtues d’un bikini et portant des panneaux où étaient écrit « Libérez Gaza » et « Le sable ne couvrira pas vos crimes de guerre » les femmes ont été sortie par la police et la sécurité de la « Plage Tel Aviv », organisée à Manhattan pour célébrer le centenaire de la capitale israélienne.

D’après les médias US, les femmes, affiliées au groupe anti-guerre CODEPINK, se sont couvertes de boue pour protester contre « la sale politique d’Israël envers la Palestine » et ont scandé « Tel Aviv, tu ne peux pas te cacher, nous pouvons voir ton sale côté ».

Pour la fête de plage, des tonnes de sable véritablement de Tel Aviv, envoyées par avion de la côte d’Israël, avaient été déversées provisoirement dans Central Park. Un orchestre reggae israélien et un DJ de la radio de l’armée du pays assuraient le divertissement.

A la fin mai, des militants d’associations autrichiennes se sont également mêlés à un événement de plage similaire sur la rive du canal du Danube à Vienne. Les organisateurs ont créé une « Plage de Gaza » sur la rive opposée à « la plage obscène de Tel Aviv » , gâchant l’ambiance de la plage israélienne avec leur calicot, « Le soleil à Tel Aviv, le feu à Gaza ».

Source : http://www.maannews.net/en/index.php ?opr=ShowDetails&ID=38726

CAPJPO-EuroPalestine