jeudi 4 mars 2010

Non-violence, lutte pour la paix et "révolutions colorées"


Italie - 04-03-2010
Par Domenico Losurdo > d.losurdo@uniurb.it
Publié sur le blog de l’auteur, 4 mars 2010. 
On pouvait récemment lire sur le Corriere della Sera un illustre historien israélien évoquer tranquillement la perspective d’« une action nucléaire préventive de la part d’Israël » contre l’Iran. Le paradoxe est que, pour être efficace, la lutte pour la paix doit savoir démasquer la transformation, promue par l’impérialisme, du mot d’ordre de la non-violence en une idéologie appelée à justifier la prévarication et la loi du plus fort dans les rapports internationaux, et, en dernière analyse la guerre.


















Dalaï Lama / Martin Luther King / Gandhi ("fresque humaniste", hôtel particulier - Bruxelles, par Dan23)

Le nouveau livre de Domenico Losurdo, professeur de philosophie à l’Université d’Urbino, sera en librairie (en Italie, ndt) le 4 mars : La non-violenza. Una storia fuori dal mito (La non-violence. Une histoire hors du mythe) (Laterza, 287 p., 22 euros), titre de ce nouveau travail, destiné à susciter des débats et peut-être de vives polémiques, comme cela a été le cas pour nombre de publications de l’auteur italien.
Losurdo, de fait, se caractérise comme un historien à contre-courant, capable de définir et faire émerger des aspects de la philosophie et de l'histoire souvent refoulés par la culture dominante. Il a proposé une nouvelle image de Kant et surtout de Hegel dans les années 80 et 90 du siècle dernier, pour publier ensuite une monumentale monographie sur Nietzsche (de plus de mille pages) dans laquelle le grand philosophe allemand est réinterprété de façon jusque ici inattendue et hors du chœur habituel. Sans parler des études sur l’histoire de l’Occident re-parcourue de façon critique à travers ses récents Controstoria del liberalismo et Il linguaggio dell’Impero, jusqu’à sa monographie récente sur Staline (Staline. Histoire et critique d’une légende noire. Carrocci, Rome 2008, traduction française en cours), dernière publication avant l’ouvrage dont nous allons parler avec l‘auteur ; monographie (Staline) qui a elle aussi suscité de vifs débats et obtenu un succès de ventes notable, malgré son argument brûlant et volontairement passé sous silence, de divers côtés.

Nous avons demandé à DL d’anticiper quelques-unes des thèses les plus fortes contenues dans son livre. Marie-Ange Patrizio.
Q. Le thème de la non-violence nous fait immédiatement penser à Gandhi : quel jugement exprimes-tu sur cette grande personnalité historique ?
Il faut distinguer deux phases dans l’évolution de Gandhi. Au cours de la première phase, il ne pense pas du tout à une émancipation générale des peuples coloniaux. Il appelle au contraire la puissance coloniale, la Grande-Bretagne, à ne pas confondre le peuple indien, qui à l’instar des anglais peut faire état d’une antique civilisation et d’origines raciales « aryennes », avec les noirs, avec, même, les « grossiers cafres, dont l’occupation est la chasse et dont la seule ambition est de rassembler une certain nombre de têtes de bétail pour conquérir une femme et mener ensuite une existence d’indolence et de nudité ». Afin d’obtenir la cooptation dans la race dominante, dans le peuple des seigneurs (aryens et blancs), Gandhi appelle au début du 20ème siècle ses co-nationaux à se mettre au service de l’armée impériale engagée dans une répression féroce contre les Zoulous.
Surtout, à l’occasion de la première guerre mondiale, le présumé champion de la non-violence se propose de recruter cinq cent mille hommes pour l’armée britannique, et il le fait avec tellement de zèle qu’il écrit au secrétaire personnel du vice-roi : « J’ai l’impression que si je devenais votre recruteur en chef, je pourrais vous submerger d’hommes ». Et, qu’il s’adresse à ses co-nationaux ou au vice-roi, Gandhi insiste de façon quasiment obsédante sur sa disponibilité au sacrifice dont tout un peuple est appelé à faire preuve : il faut « offrir notre appui total et décidé à l’Empire » ; l’Inde doit être prête à « offrir, à l’heure critique, ses fils valides au sacrifice à l’Empire », à « offrir en ce moment critique tous ses fils idoines à combattre comme sacrifice pour l’Empire» ; « nous devons, pour la défense de l’Empire donner tout homme dont nous disposons ». Avec une cohérence (guerrière) d’acier, Gandhi souhaite que ses propres fils mêmes s’enrôlent et participent à la guerre.
Q. À ce propos, tu confrontes l’attitude de Gandhi avec celle prise par le mouvement antimilitariste d’inspiration socialiste et marxiste, et c’est ce dernier qui va le mieux s’en sortir.
Oui, en réfutant le mythe selon lequel le marxisme serait synonyme de culte de la violence, je renvoie en particulier à la figure de Karl Liebknecht (qui sera ensuite un des fondateurs du Parti Communiste Allemand, avant d’être assassiné avec Rosa Luxembourg). Eh bien, après avoir longuement lutté contre le réarmement et les préparatifs de guerre, alors qu’il est appelé au front, avant d’être arrêté à cause de son pacifisme, Liebknecht envoie une série de lettres à sa femme et à ses enfants : « Je ne tirerai pas […] Moi je ne tirerai pas même si on me l’ordonne. On pourra me fusiller à cause de cela ».
Q. Reste le fait que Liebknecht finit par saluer la violence de la révolution d’Octobre déclenchée par Lénine.
En fait il ne faut pas perdre de vue le fait que, au moment de l’éclatement de la première guerre mondiale, Lénine, bien loin de célébrer à la manière de Gandhi la valeur de la vie militaire et du combat au front, exprime sa « profonde amertume ». L’espoir, moral avant encore que politique, renaît chez lui grâce à un phénomène qui pourrait peut-être enrayer la machine infernale de la violence : c’est la « fraternisation entre les soldats des nations belligérantes, jusque dans les tranchées ». Lénine écrit : « C’est bien que les soldats maudissent la guerre. C’est bien qu’ils exigent la paix. La fraternisation peut et doit devenir fraternisation sur tous les fronts. L’armistice de fait sur un front peut et doit devenir un armistice de fait sur tous les fronts ». Malheureusement, cet espoir aussi sera déçu : les gouvernements belligérants traitent la fraternisation à l’instar d’une trahison. A ce point-là, il s’agit de choisir non pas entre violence et non-violence, mais bien entre la violence de la continuation de la guerre d’une part et la violence de la révolution appelée à mettre fin au carnage insensé, d’autre part.
Les dilemmes moraux de Lénine ne sont pas différents des dilemmes moraux auxquels font face aux Usa les pacifistes chrétiens des premières décennies du 19ème (c’est de ce chapitre de l’histoire que part mon livre). Contraires à toute forme de violence et à l’esclavage des noirs (lui-même expression de violence), tandis que la Guerre de Sécession se profile puis fait rage, les pacifistes chrétiens sont appelés à opérer un choix tragique : appuyer directement ou indirectement la continuation de cette forme particulièrement horrible de violence qu’est l’institution de l’esclavage ou bien adhérer à cette sorte de révolution abolitionniste que finit par être la guerre de l’Union. Les pacifistes les plus matures choisissent cette seconde partie du dilemme, en se situant ainsi de façon non différente de celle qui caractérisera plus tard Lénine, Liebknecht et les bolcheviques dans leur ensemble.
Q. Nous avons laissé Gandhi dans le rôle de chef recruteur au service de l’armée britannique qu’il a joué au cours de la première guerre mondiale. Tu as parlé cependant d’une seconde phase de son évolution. Quand et comment advient-elle ?
Deux événements l’ont déterminée : l’un de caractère international, l’autre national. La révolution d’Octobre et la diffusion de l’agitation communiste dans les colonies et en Inde même constituent un formidable coup de buttoir à l’idéologie de la pyramide raciale et rendent obsolète l’aspiration à la cooptation dans la race blanche ou aryenne, qui doit maintenant faire face à la révolte généralisée des peuples de couleur. Mais ce qui va surtout jouer un rôle décisif est avant tout une expérience directe et douloureuse pour le peuple indien. Celui-ci avait espéré améliorer sa condition en se battant vaillamment dans l’armée britannique au cours de la première guerre mondiale. Si ce n’est que, à peine les célébrations de la victoire s’étaient-elles terminées, le pouvoir colonial va au printemps 1919 se rendre responsable du massacre d’Amritsar, qui non seulement coûte la vie à des centaines d’indiens sans armes, mais comporte aussi une terrible humiliation nationale et raciale : par l’obligation pour les habitants des villes rebelles de devoir se traîner à quatre pattes pour rentrer chez eux ou en sortir. Pour le dire avec Gandhi, « des hommes et des femmes innocents furent obligés de se traîner comme des vers, sur le ventre ». Il en résulte une vague d’indignation à cause des humiliations, de l’exploitation et de l’oppression infligées par l’Empire britannique : son comportement est un « crime contre l’humanité, qui ne trouve peut-être pas de parallèle dans l’histoire ». Tout ceci fait disparaître chez les Indiens le désir d’être cooptés dans une race dominante qui leur apparaît maintenant odieuse et capable de toute infamie.
Q. À partir de quand Gandhi prend-il réellement au sérieux sa profession de non-violence ?
En réalité, chez le second Gandhi, rien n’a moins disparu que la disponibilité à appeler ses co-nationaux à accourir sur les champs de bataille aux côtés de la Grande-Bretagne ; mais il pose maintenant comme condition à cet appel aux armes la concession de l’indépendance de l’Inde. Il est par contre difficile d‘imaginer le second Gandhi faire la promotion de la participation de ses co-nationaux à la répression d’une révolte comme celle des zoulous (un peuple cruellement opprimé par le colonialisme). A partir de la révolution d’octobre et de la répression d’Amritsar le mouvement indépendantiste indien est une part intégrante du mouvement de libération nationale des peuples opprimés. Et Gandhi s’identifie pleinement avec ce mouvement sans procéder à une lacération entre violents et non-violents. En juin 1942, il exprime sa « profonde sympathie » st son « admiration pour la lutte héroïque et les sacrifices infinis » du peuple chinois, décidé à défendre « la liberté et l’intégrité » du pays. C’est une déclaration contenue dans une lettre adressée à Tchang Kai-chek, qui à ce moment-là est allié avec le Parti communiste chinois. En septembre 1946 encore -entre temps Churchill a ouvert la Guerre froide avec son discours de Fulton- Gandhi exprime sa sympathie pour le « grand peuple » de l’Union Soviétique dirigée par « un grand homme comme Staline ».
Q. Alors que tu livres un jugement positif, outre sur le dernier Gandhi, sur M. L. King aussi, tu as des termes très critiques sur le Dalaï Lama, qui est pourtant célébré de nos jours comme l’héritier de la tradition non-violente.
Dans mon livre je cite un ex-fonctionnaire de la Cia, qui déclare tranquillement que la non-violence était un « écran » dont le Dalaï Lama se servait pour une meilleure propagande sur le plan des relations publiques pour la révolte armée qu’il stimulait au Tibet, grâce aux financements et aux arsenaux états-uniens, révolte cependant échouée à cause du manque de soutien de la population. Eh bien, ajoute l’ex-fonctionnaire de la Cia, malgré son échec, cette révolte fournit aux Usa les leçons qui trouvèrent ensuite leur application « dans des lieux comme le Laos et le Vietnam » (c’est-à-dire au cours de guerres coloniales qui ont été parmi les plus barbares du 20ème siècle). Tandis que grâce à cette attitude le Dalaï Lama recevait à Washington reconnaissances et hommages, M.L. King organisait aux USA la contestation contre la guerre au Vietnam, et finissait par mourir assassiné pour cette raison justement.
L’antithèse entre Gandhi et le Dalaï Lama n’est pas moins nette. Le premier parle de « méthodes hitlériennes » et d’ « hitlérisme » à propos du bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki. Et ouvrons maintenant le Corriere della Sera du 15 mai 1998 : à côté d’une photo du Dalaï Lama les mains jointes en signe de prière, on trouve un petit article dont le sens est clair dès son titre : « Le Dalaï Lama se range aux côtés de New Delhi : ‘Eux aussi ont droit à la bombe atomique’ », afin de contrebalancer –est-il précisé ensuite- l’arsenal nucléaire chinois. (Evidemment on se tait sur le bien plus puissant arsenal nucléaire états-unien, pour se défendre duquel est conçu le modeste arsenal chinois).
Et l’on pourrait continuer sur cette voie…
Q. Il y a autre chose ?
L’identification de Gandhi avec le mouvement anti-colonialiste est si forte que le 20 novembre 1938, tout en dénonçant avec force la barbarie de la Nuit de Cristal et des « persécutions antijuives » qui « semblent n’avoir aucun précédent dans l’histoire », Gandhi n’hésite pas à condamner la colonisation sioniste de la Palestine en tant qu’« incorrecte et inhumaine » et contraire à tout « code moral de conduite ». Il ne me semble pas que le Dalaï Lama ait jamais exprimé de sympathie à l’égard des victimes de la colonisation sioniste persistante, et il ne pourrait en être autrement étant donné que les protecteurs états-uniens de Sa Sainteté sont les principaux responsables, avec les dirigeants israéliens, de l’interminable martyre infligé au peuple palestinien.
Q. Outre le Dalaï Lama, tu t’exprimes en termes assez critiques aussi sur les « révolutions colorées », en les faisant d’ailleurs partir des incidents de la Place Tienanmen.
Les documents que nous avons à présent à notre disposition, et qui ont été publiés et célébrés en Occident comme révélation ultime de la vérité, les dits Tienanmen Papers, démontrent sans l’ombre d’un doute que les manifestations qui se sont déroulées à Pékin (et en d’autres villes de la Chine) au printemps 1989 ont été tout autre que pacifiques. Les manifestants avaient eu recours même à des gaz asphyxiants et avaient à leur disposition des outils techniques sophistiqués au point de pouvoir falsifier l’édition du Quotidien du peuple. Il s’est clairement agi d’une tentative de coup d’Etat. Les « révolutions colorées » successives ont tiré profit de cet échec et ont mis au point des techniques plus sophistiquées, exposées et enseignées avec une patience pédagogique dans un manuel états-unien traduit dans les différentes langues des pays à déstabiliser, et diffusé gratuitement et massivement. Ce manuel (une sorte d’ « Instructions pour le coup d’Etat » à effectuer avec l’aide des ambassades et de certaines fondations états-uniennes et occidentales) est analysé minutieusement dans mon livre. On s’interroge, en faisant aussi référence aux événements récents en Iran, et en se servant toujours en majorité de sources et témoignages occidentaux, sur la signification stratégique qu’ont désormais pris dans le cadre de la politique du regime change, des outils comme Internet, Facebook, Twitter et les téléphones portables, etc.
Q. Dans ton livr,e tu analyses aussi le débat théologique et philosophique sur la violence, qui se développe au 20ème siècle et qui a comme protagonistes de grands théologiens comme Niebuhr et Bonhoeffer et de grands philosophes comme Arendt et Simone Weil. On a l’impression que tes sympathies vont aux théologiens…
Oui, je reconnais le charme de Dietrich Bonhoeffer qui, tout en ayant été pendant quelques temps admirateur et disciple de Gandhi, quand il se trouve face à l’expérience de l’horreur du Troisième Reich, conspire pour organiser un attentat contre Hitler (et affronte ensuite la pendaison). A ceux qui voudraient liquider comme une orgie de sang l’épisode historique qui a commencé avec l’Octobre 1917, et s’est poursuivi avec les autres grandes révolutions du 20ème siècle, je voudrais suggérer de réfléchir sur la polémique de Bonhoeffer avec celui qui « choisit l’asile de la vertu privée ». En réalité, ce n’est « qu’en se trompant lui-même [qu’il peut] garder pure sa propre irréprochabilité privée et éviter qu’elle ne soit tâchée en agissant de façon responsable dans le monde ». C’est l’attitude – affirme le théologien chrétien - du « fanatique », lequel « croit être capable de s’opposer au pouvoir du mal avec la pureté de sa volonté et de son principe ». En réalité, « il pose sa propre innocence personnelle au-dessus de sa responsabilité pour les hommes ».
Q. Partant du Dalaï Lama et des "révolutions colorées », tu dénonces la transformation du mot d’ordre de la non-violence en une idéologie de la déstabilisation, du coup d’Etat et en dernière analyse de la guerre. Mais ton livre contient-il aussi un message positif ?
Le livre se conclut en appelant à donner une nouvelle force à la lutte pour la paix, en réactualisant la grande tradition du mouvement anti-militariste. Au cours de l’histoire, jamais peut-être comme de nos jours n’a-t-on rendu un hommage aussi insistant au principe de la non-violence. Nimbé d’une auréole de sainteté, Gandhi jouit d’une admiration et jusque d’une vénération incontestées et universellement répandues ; les héros de notre époque trouvent leur consécration dans la mesure où, sur la base de motivations réelles ou de calculs de réalpolitique, ils sont placés au panthéon des non-violents. Ce n’est pas pour autant que la violence réelle a diminué, et elle se manifeste non seulement dans les guerres et menaces de guerre, mais aussi dans les blocus, les embargos etc. La violence continue à être aux aguets jusque dans ses formes les plus brutales.
On pouvait récemment lire sur le Corriere della Sera un illustre historien israélien évoquer tranquillement la perspective d’« une action nucléaire préventive de la part d’Israël » contre l’Iran. Le paradoxe est que, pour être efficace, la lutte pour la paix doit savoir démasquer la transformation, promue par l’impérialisme, du mot d’ordre de la non-violence en une idéologie appelée à justifier la prévarication et la loi du plus fort dans les rapports internationaux, et, en dernière analyse la guerre.
 http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13517&type=analyse&lesujet=Interviews

Un conseiller d’Abbas : le Hamas n’est pas invité au sommet de la Ligue Arabe

Cisjordanie - 03-03-2010
Par Maan News

Nabil Abu Rdeineh, porte-parole de Mahmoud Abbas, a déclaré mardi qu’aucune invitation n’avait pas été lancée au mouvement islamique pour participer au Sommet de la Ligue Arabe, qui aura lieu cette année à Tripoli, Libye, et que cette question n’avait pas fait l’objet de discussion lors du voyage récent d’Abbas à Tripoli. Le porte-parole a cependant dit que la réconciliation nationale avait été à l’ordre du jour pendant la visite. (sic !)
Au sujet de la récente visite d’Abbas en Egypte, où il a rencontré le président égyptien Hosni Mubarak, Abu Rdeineh a dit qu’ « il y a un accord pour qu’une position arabe unitaire soit prise pour faire face à toutes les questions conflictuelles… le Sommet de la Ligue Arabe en Libye doit réussir. »
Abbas était en Egypte pour discuter d’une proposition de pourparlers indirects sous médiation des Etats-Unis et de la réconciliation nationale. Il doit rencontrer des membres des ministères des affaires étrangères arabes de l’Initiative de Paix Arabe, et il est prévu qu’il discute de la possibilité de se rapprocher du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour définir les frontières d’un futur Etat palestinien.
Lundi, le dirigeant Fatah Mohammad Dahlan a dit à des journalistes que la Ligue Arabe travaillait à la réunification du Hamas et du Fatah dans un gouvernement d’unité. Il n’a révélé aucun détail sur la proposition.
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13514&type=communique&lesujet=Collabos

L’armée israélienne me cherche

Palestine - 03-03-2010
Par Mazin Qumsiyeh 
L’armée israélienne a envahi notre quartier hier matin vers 1h30, réveillant ma mère, ma femme et ma sœur. Des soldats lourdement armés ont bloqué les rues pendant « l’opération ». Lorsque ma famille a ouvert la porte, ils ont demandé à me voir. Elle leur a dit que j’étais déjà parti aux Etats-Unis. Après beaucoup d’autres questions, ils ont laissé un papier qui dit que je suis convoqué au bureau de liaison militaire lundi prochain. Ma sœur et ma femme ont dit aux soldats que je ne serais pas encore de retour ce jour là.


Il est clair que c’est la suite de l’avertissement de cet officier militaire à Ush Grail, dont j’ai parlé dans un de mes derniers emails.
Je suppose que je suis maintenant une « personne recherchée » pour avoir organisé une protestation non violente !
Merci à ceux qui ont participé à cette manifestation et l'ont filmée de se mettre en contact avec moi.
Ce qui me préoccupe, ce n’est pas le risque pour ma personne ; toute action contre l’oppression est faite en toute connaissance des risques personnels encourus. Ce qui me préoccupe, ce sont les effets (et quelques-uns imprévisibles) sur ma famille et sur les milliers d’amis de par le monde qui tiennent à moi. Ma mère, qui a 76 ans, m’a demandé au téléphone de ne pas rentrer et de travailler quelques temps aux Etats-Unis, une suggestion très douloureuse pour une mère qui n'a plus qu'un seul fils auprès d’elle ! J’ai essayé de la rassurer, que je n’avais rien fait de répréhensible et que je ne la laisserai pas… mais elle a commencé à citer de nombreux exemples de gens qui ne s’étaient livrés à aucune violence et qui ont été arrêtés, emprisonnés, et pour leurs familles, ce fut terrible.
Un ami m’a affirmé que je n’avais rien à craindre, que c’était une tactique de harcèlement pour nous pousser à cesser toute activité de protestation. Une autre a perdu le sommeil, à réfléchir à ce que nous pouvons faire. Je l’ai assurée que je continuerai ma tournée de conférences comme prévu, et que tout cela passera un jour. (la chanson « We shall overcome someday » (‘Un jour nous vaincrons’, ndt.) me vient à l’esprit).
Mais je ne suis pas différent de centaines d’autres. Israël s’acharne contre toute activité de résistance populaire/civile en Palestine parce que :
1) il n’y a pas de résistance armée aujourd’hui,
et
2) la résistance civile prend de l’ampleur et présage d’un nouveau soulèvement puissant.
La répression israélienne de la dissidence renforce dans nos esprits l’importance de la résistance civile, et nous savons que nous en paierons le prix. Plus de 30 militants ont été arrêtés à Bil’in l’an dernier, beaucoup d’autres à Ni’lin, à Al-Ma’sara et ailleurs. La répression révèle la banqueroute du régime sioniste et son excessive paranoïa qui, à mon humble avis, finiront par conduire à sa disparition. Une paranoïa inhérente aux fondements philosophiques de son idéologie. Cette idéologie, embrassée par un sous-ensemble de Juifs (le sionisme) enseigne simplement que « nous sommes le peuple élu de Dieu, il nous a donné cette terre, nous ne pouvons avoir tort lorsque nous agissons contre les Goyim, en particulier ceux qui étaient là quand nous sommes arrivés pour reprendre et nettoyer nos terres, et ni le droit international ni le droit humanitaire ne s’appliquent à nous. »
Ces délires autodestructeurs sont inculqués dès la prime éducation et perpétuent les mythes de « l’exception » et ils conduisent aux types de comportements qui sont maintenant difficiles à cacher (le nettoyage ethnique de 1948 ne fut que le début). Mais quelques Israéliens se sont débarrassés de ces mythologies et rejoignent notre lutte. A la fin, nous vivrons ensemble en dépit de toute cette répression.
Je dois réfléchir aux diverses options en réponse à cet événement particulier. Si vous avez un avis, j’apprécierais que vous m’en fassiez part. Je pense que nous devons d’abord intensifier notre travail pour la paix et les droits de l’homme dans cette période critique et historique : écrire aux médias, aux hommes politiques, à nos voisins et à quiconque prêtera l’oreille.
Ci-dessous un appel à action pour le 30 mars (la Journée de la Terre) auquel je vous exhorte à participer. On ne peut rester neutre dans un train en marche et il fut un temps, que ce soit aux Etats-Unis dans les années 1950 et 1960 ou en Afrique du Sud sous apartheid, quand le silence était bien sûr complice du crime.

Mazin Qumsiyeh, PhD
Un Bédouin dans le cyberespace, un villageois chez lui. http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13515&type=temoignage&lesujet=R%E9sistances

Mandat d’arrêt émirati contre Netanyahou et Dagan

03/03/2010  
Dubaï a émis un mandat d’arrêt à l’encontre du  Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, accusé d’avoir donné le feu vert pour tuer le militant du Hamas Mahmoud AlMabhouh sur son territoire, et à l’encontre du chef du Mossad Meïr Dagan.
Selon le chef de la police émiratie, le général Dahi Khalfane, le Mossad a grièvement porté atteinte à la principauté émiratie, ainsi qu’aux pays européens  desquels les passeports ont été utilisés.
Sachant que 27 suspects porteurs de faux passeports européens (Britannique, irlandais, français et allemand en plus du canadien) reconnus par les autorités émiraties sont soupçonnés d’avoir participé à l’attentat perpétré le mois de janvier dernier. 
Par ailleurs, le journal émirati anglophone «  The national » a révélé que Dubaï a présenté une requête auprès du FBI lui demandant d’enquêter sur des cartes de crédits américaines utilisées par les suspects pur évaluer l’ampleur de l’implication israélienne dans cette affaire. Vu que 13 sur les 27 suspects ont utilisé des Master Card promulgués par Meta Bank, afin d’acheter les billets d’avion et de réserver les chambres d’hôtel.
Selon Khalfane, lors de l’enquête sur cet assassinat, ont été effectuées des analyses de plusieurs centaines d’heures de cassettes enregistrées, des interrogatoires auprès de 300 chauffeurs de taxi pour savoir les voitures utilisées par les suspects, et les révisions des registres de quelques 15 milles européens qui visitent Dubaï quotidiennement. 

Les Arabes pour des pourparlers indirects, Israël se félicite

03/03/2010  
Les ministres arabes des Affaires étrangères se sont dits favorables mercredi au Caire à une proposition américaine de mener des négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens, c'est ce qu'a déclaré le responsable palestinien, Saëb Erakat.
"Les ministres sont favorables à la tenue de négociations indirectes entre Palestiniens et Israéliens pour une période de quatre mois, afin de donner une chance aux efforts américains visant à relancer le processus de paix", a précisé Erakat.
"Si ces négociations ne donnent aucun résultat, des mesures seront prises, dont le recours au Conseil de sécurité de l'ONU", a-t-il ajouté.
Erakat a en outre poursuivi que la direction palestinienne prendrait une décision à ce propos lors d'une réunion du Comité exécutif de l'OLP prévue samedi à Ramallah en Cisjordanie.
Notons que cette décision a été prise lors d'une réunion du Comité de suivi du processus de paix à la Ligue arabe, constitué de 16 membres, alors que les négociations de paix israélo-palestiniennes sont suspendues depuis plus d'un an.
Le comité de suivi s'est réuni en présence du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et du chef de la Ligue arabe Amr Moussa. Il regroupe, outre l'Autorité palestinienne, la Jordanie, l'Egypte, Bahreïn, la Tunisie, l'Algérie, l'Arabie saoudite, la Syrie, le Soudan, le Qatar, le Liban, le Maroc, le Yémen, les Emirats arabes unis, Oman et le Koweït. Tous les pays étaient représentés par leur chef de la diplomatie à l'exception de la Syrie.
La veille, le porte-parole de la présidence palestinienne, Nabil Abou Roudeina, avait appelé les pays arabes à accepter la proposition américaine.
"Israël ne veut pas revenir aux négociations et veut blâmer les Palestiniens en disant qu'ils ne veulent pas entrer dans des négociations. Il faut donc mettre fin à ce prétexte en révélant la vérité sur la position israélienne à la communauté internationale et à l'administration américaine", a-t-il affirmé.
Selon lui, ces négociations indirectes se feraient par le biais de navettes entre les parties de l'envoyé américain dans la région, George Mitchell.
Notons que les Palestiniens exigeaient un gel total de la colonisation y compris à l'est de Jérusalem occupée pour reprendre les négociations directes. Une demande rejetée par "Israël".
ISRAEL SE FELICITE
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est félicité mercredi du soutien des ministres arabes des Affaires étrangères à l'ouverture de négociations indirectes entre Israéliens et Palestiniens, a déclaré à  son porte-parole, Mark Regev.
"Nous nous félicitons de cette décision. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est toujours prononcé en faveur de négociations de paix, et nous espérons maintenant que les discussions vont pouvoir aller de l'avant", a-t-il estimé. 

Meurtre/Hamas: Israël continue de garder le silence le plus complet

03/03/2010  
Israël continue de garder le silence en dépit des allégations répétées du chef de la police de Dubaï qui accuse le service secret israélien Mossad d'avoir assassiné un cadre du Hamas et réclame l'arrestation du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Interrogés, le bureau du chef du gouvernement et le ministère des Affaires étrangères se sont refusés mercredi à tout commentaire alors que le chef de la police de Dubaï, le général Dhahi Khalfan, a annoncé avoir présenté au procureur de l'émirat une demande en vue de l'arrestation de M. Netanyahu et du chef du Mossad Méir Dagan.
Le général Khalfan affirme avoir désormais la certitude que le Mossad a tué Mahmoud al-Mabhouh, un cadre militaire du mouvement islamiste palestinien Hamas, en janvier dernier à Dubaï.
"A présent, je suis parfaitement sûr que c'est le Mossad", a dit mardi le général Khalfan. "J'ai présenté au procureur général une demande pour l'arrestation de Netanyahu et du chef du Mossad", a-t-il ajouté.
Mahmoud al-Mabhouh, considéré par Israël comme un maillon essentiel de la contrebande d'armes à destination de la bande de Gaza contrôlée par le Hamas, a été retrouvé mort dans sa chambre d'hôtel à Dubaï le 20 janvier.
Les responsables israéliens affirment que rien ne prouve l'implication du Mossad dans ce meurtre, même si certains d'entre eux se félicitent de l'élimination du responsable du Hamas.
Ils s'abstiennent de commenter les investigations menées par des enquêteurs de Grande-Bretagne et d'Australie en Israël à la suite de l'utilisation frauduleuse de passeports de ces deux pays par le commando qui a tué Mabhouh.
L'ambassade de Grande-Bretagne à Tel-Aviv a indiqué que des détectives de l'Agence britannique contre le crime organisé (Serious Organised Crime Agency, SOCA) avaient commencé à s'entretenir avec des Israéliens possédant la nationalité britannique dont les identités ont apparemment été utilisées par le commando à Dubaï.
Le porte-parole de l'ambassade Rafi Shamir a indiqué à l'AFP que les détectives avaient rencontré depuis lundi les "quelque dix" premières personnes dans ce cas et que les interviews se poursuivraient durant la semaine. Il s'est refusé à livrer plus de détails.
L'Australie a indiqué qu'elle avait dépêché ses propres détectives pour enquêter en Israël, mais son ambassade à Tel-Aviv n'a pas voulu donner de précision supplémentaire.
La police de Dubaï a publié une liste de 26 suspects porteurs, selon elle, de vrais-faux passeports (12 Britanniques, six Irlandais, quatre Français, trois Australiens et un Allemand) avec leurs photographies, indiquant que les passeports étaient authentiques et que les suspects en avaient fait une utilisation frauduleuse par usurpation d'identité.
Le général Khalfan a fait état mardi dans une déclaration de presse d'un 27ème suspect européen qu'il n'a pas identifié.
(AFP)

Damas refuse la décision de la reprise des négociations

03/03/2010  
La Syrie a critiqué la décision prise par le comité de suivi de l’Initiative de paix arabe au sein de la Ligue arabe en faveur d’une reprise des négociations indirectes entre Palestiniens et Israéliens pour une durée de 4 mois. Sachant qu’elles sont suspendues depuis près d’un an, en raison de la poursuite des activités de colonisation dans les territoires palestiniens de1967, notamment à Jérusalem AlQuds, selon l'Autorité palestinienne.
Selon le chef de la diplomatie syrienne Walid AlMouallem qui s’est abstenu de ce rendre au Caire pour se prononcer sur cette mesure, ce comité ne devrait pas avoir pour mission d’accorder une couverture aux décisions palestiniennes.
«  La décision d’aller vers des négociations directes ou indirectes revient exclusivement aux Palestiniens » a rétorqué AlMouallem, indiquant que cette décision n’a pas obtenu l’unanimité des membres du comité de suivi. Ce dernier s’était réuni en présence du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et du chef de la Ligue arabe Amr Moussa.
Il regroupe, outre l'Autorité palestinienne, la Jordanie, l'Egypte, le Bahreïn, la Tunisie, l'Algérie, l'Arabie saoudite, la Syrie, le Soudan, le Qatar, le Liban, le Maroc, le Yémen, les Emirats arabes unis, Oman et le Koweït. Tous les pays étaient représentés par leur chef de la diplomatie à l'exception de la Syrie.
A noter qu’à travers cette décision, les Israéliens qui insistaient sur une reprise des pourparlers  sans condition préalables, ont eu gain de cause. D’ailleurs, ils n’ont pas tardé à s’en féliciter.
Après avoir refusé pendant un an de les rencontrer, le chef de l’autorité palestinienne Mahmoud Abbas a fini par charger ce comité de la Ligue arabe de prendre la décision à sa place, dans une sorte de fuite à l’avant.
Bien entendu, Américains et Européens n'ont pas manqué de donner du leur.
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=127368&language=fr

Montréal : Semaine contre l’apartheid israélien - Ottawa s’oppose à la dénonciation d’Israël

mercredi 3 mars 2010 - 12h:34
Hélène Buzzetti -
La semaine contre l’apartheid israélien a débuté hier et se poursuit jusqu’au 14 mars.
Elle passe peut-être presque inaperçue au Québec, mais elle soulève les passions sur les campus canadiens et provoque l’ire du lobby pro-Israël : la Semaine contre l’Apartheid israélien, qui dénonce les actions d’Israël envers les Palestiniens, fera l’objet d’un vote à la Chambre des communes.
Un député conservateur d’arrière-banc, Tim Uppal, déposera une motion cette semaine au Parlement stipulant que « cette Chambre se considère comme une amie de l’État d’Israël ; que cette Chambre s’inquiète des manifestations d’antisémitisme sous le couvert de la Semaine contre l’apartheid israélien ; et que cette Chambre condamne explicitement toute action, au Canada et au palier international [sic], consistant à assimiler l’État d’Israël à la politique raciste et rejetée de l’apartheid ».
Selon toute vraisemblance, le Parti libéral appuiera cette motion. « Je suis contre ces semaines parce qu’elles établissent une comparaison injuste entre un pays démocratique, de droits et d’égalité juridique, Israël, et un pays, l’Afrique du Sud, qui n’était pas démocratique », a déclaré le chef Michael Ignatieff lors d’un point de presse hier midi.
La semaine dernière, 500 artistes québécois, dont Richard Desjardins et Gilles Vigneault, ont signé une lettre dénonçant les politiques d’Israël et encourageant son boycottage économique. Ils dénoncent « un système institutionnalisé de racisme et de ségrégation qui ressemble à l’apartheid sud-africain d’autrefois », incarné par ses clôtures électrifiées, ses checkpoints ou encore le mur.
La semaine contre l’apartheid israélien a débuté hier et se poursuit jusqu’au 14 mars. La législature ontarienne a adopté la semaine dernière à l’unanimité une motion similaire à Toronto.

Sixième semaine annuelle contre l’apartheid israélien
du 4 au 11 mars 2010 - Montréal

Joignez-vous au regroupement de quarante villes à travers le monde à l’occasion de la 6e semaine internationale contre l’apartheid israélien (SAI). Une semaine remplie de conférences, ateliers, projections de films et d’évènements culturels afin de vous familiariser avec les enjeux du conflit israélo-palestinien ainsi que pour donner de l’ampleur à l’élan grandissant de la campagne de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) contre l’apartheid israélien. Les évènements à Montréal auront lieu à l’UQÀM, Concordia, McGill et d’autres endroits à travers la ville. Vous trouverez le programme complet ci-dessous.
  • Suivez-nous sur Twitter et Facebook :
4 mars | 5 mars | 7 mars | 8 mars | 9 mars | 10 mars | 11 mars


Jeudi 4 mars
  • "Boycotte, désinvestissement et sanctions (BDS) : On célèbre les succès et surmonte les défis du mouvement BDS contre l’apartheid israélien".
    • Lieu : Université McGill, 3480 rue Université, McConnel Engineering, salle 204
    • Heure : 18h30
    • Conférenciers : Kate Raphael (Queers Undermining Israeli Terrorism, San Francisco), Shadi Rohana (Alternative Information Centre, Jérusalem), Dave Bleakney (Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, Ottawa), introduction par Nina Amrov (Solidarité pour les droits humains palestiniens nationale - SDHP)
    • Pour lancer la Semaine contre l’apartheid israélien 2010 à Montréal, cette conférence présentera quatre militants qui travaillent sur les différents aspects du mouvements BDS contre l’apartheid israélien. En se basant sur les campagnes de boycottes académique, syndical, culturel et consomateur locaux et internationaux en cours, les conférenciers traiteront les succès du mouvement BDS, les défis à venir et soulignerons les stratégies à entreprendre dès maintenant.


      Vendredi 5 mars
  • "L’apartheid israélien exposé : leçons de l’Afrique du Sud à la Palestine"
    • Lieu : Université McGill, 3480 rue Université, McConnel Engineering, salle 204
    • Heure : 18h30
    • Conférenciers : Noura Erakat (US Campaign to end the Occupation), Na’eem Jeenah (militant anti-apartheid sud-africain), introduction par Tala Al-Jabri (SDHP-McGill)
    • Cette conférence est dédiée à l’exploration analytique de l’apartheid et comment ce concept est applicable aux politiques de colonialisme, racisme et occupation appliquées par Israël. En se basant sur les leçons et expériences de l’Afrique du Sud, les conférenciers énonceront les similarités et les différences entre les deux contextes. Ils discuteront en profondeur sur l’apartheid israélien afin d’exposer le racisme et la colonisation systématiques dont envisage le peuple palestinien vivant en Israël propre, dans les territoires occupés et dans les camps de réfugiés à travers le monde. Les conférenciers vont également traiter les leçons et les stratégies du mouvement de boycotte, désinvestissement et sanctions contre l’apartheid de l’Afrique du Sud et expliqueront comment on peut les appliquer au mouvement BDS actuel pour la Palestine.

      Dimanche 7 mars
  • "Résistance contre l’apartheid de l’Ile Tortue à la Palestine : La jeunesse autochtone s’exprime !"
    • Lieu : UQÀM, 400 Ste-Catherine est, AM-050
    • Heure : 15h00
    • Conférenciers : Melissa Franklin, Marei Spaola, Jodi Voice (7th Generation Indigenous Visionaries, Kansas, E.U.)
    • Des réserves aux camps de réfugiés, et du manifeste du destin sioniste, les pratiques apartheid racistes sont entreprises non seulement en Israël, mais également à l’intérieur de l’Île de la Tortue (Amérique du Nord). Pendant que les Palestiniens ont lancé leur deuxième intifada la décennie dernière, les peuples autochtones luttaient déjà contre le colonialisme depuis l’arrivée de Columbus sur ces rives, et c’est une intifada qui continue jusqu’à ce jour.
Au cours de l’été 2009, un groupe de 18 jeunes autochtones et Xicana en provenance des États-Unis/Île de la Tortue, se sont rendus en Cisjordanie occupée et en Israël pour rencontrer les jeunes Palestiniens afin d’imaginer collectivement un avenir plus juste pour tous les peuples autochtones du monde.
La Délégation jeunesse autochtone à la Palestine, la première à jamais avoir été initiée, est un projet formé par des organisations de base à la fois aux États-Unis et en Palestine qui cible à réunir les jeunesses autochtone et Xicana des États-Unis avec celle de la Palestine. Ce forum d’échange et de partage transcontinental a permis aux jeunes d’apprendre de première main entre eux en termes d’outils et de stratégies de résistances contre les déplacements et la colonisation tout en se basant sur leurs luttes communes. Melissa Franklin, Marei Spaola, et Jodi Voice étaient membres de la délégation et ils font tous partie de la 7e génération autochtones Visionaries (7th GIV), une base collective au Haskell Indian Nations University au Kansas où ils étudient actuellement.
Cette présentation comportera également des photos et des clips à partir d’un documentaire vidéo que le 7th GIV produit à propos de la délégation.


Lundi 8 mars
  • Marche pour la Journée internationale des femmes - Bloc de solidarité avec la Palestine
    • Lieu : Carrée Cabot (coin Atwater et Ste-Catherine)
    • Heure : 17h30

  • Projection des films "Checkpoint Rock :Songs from Palestine" et "Up Front : Three Palestinian Women" par Cinéma politica
    • Lieu : Université Concordia, 1455 de Maisonneuve ouest, salle H-110
    • Heure : 19:30
    • "Checkpoint Rock" vous présente un voyage à travers l’une des régions les plus observées par le monde médiatique, mais si mal connu par la populace internationale. Quelle est la musique la plus jouée de ce lieu mythique ? Qui sont ses musiciens les plus emblématiques et comment vivent-ils ? Que pensent-ils de la situation unique dans laquelle ils vivent et comment est-elle reflétée dans leurs paroles et leurs mélodies ? Des néons et panneaux publicitaires de Tel Aviv, à la pauvreté et le désespoir des territoires occupés de la Cisjordanie et du vaste camp de concentration dont est devenue la bande de Gaza, "Checkpoint Rock" exposera différents musiciens voyageant de ville en ville et de barrage en barrage. "Checkpoint Rock" changera notre façon de voir le peuple palestinien dans le conflit actuel, ainsi que la façon dont nous nous voyons au sein de ces dynamiques. Co-présenté avec Cinema Politica et Tadamon.
Pour plus d’informations, voir : http://www.cinemapolitica.org/concordia


Mardi 9 mars
  • "Qu’est-ce que l’apartheid israélien ? Le rôle du Canada dans la pérennité de l’apartheid israélien"
    • Lieu : UQÀM, 320 Ste-Catherine est, DS-M280
    • Heure : 18:00
    • Conférenciers : Vincent Romani (Professeur en science politique, UQÀM), Lorraine Guay (Coalition pour la justice et la paix en Palestine)
    • Vincent Romani : Histoire et portée de la comparaison sud-africain dans le cas Palestiniens. Le propos est de donner une perspective historique aux usages de la comparaison entre l’Afrique du Sud et les politiques israéliennes d’occupation, L’objectif est de clarifier l’outil comparatif afin de maitriser son usage. On distinguera les comparaisons politiques des comparaisons scientifiques ; les premières débutent dans les années 60 avant que le qualificatif "apartheid" soit infamant, de la part des responsables politiques sud-africains blancs et israéliens. Le terme devenant ensuite infamant, les Palestiniens s’en emparent pour condamner Israël. Sur le plan scientifique, la comparaison en sciences sociales se heurte aux luttes de classements politiques ainsi qu’à des obstacles méthodologiques qui seront expliqués ici.
Lorraine Guay : Israël : une société d’apartheid avec la complicité du Canada


Mercredi 10 mars
  • "Entre l’oppression et l’autonomisation : citoyens palestiniens d’Israël sous l’apartheid"
    • Lieu : Université Concordia, Théâtre D.B. Clarke, 1455 de Maisonneuve Ouest (sous-sol)
    • Heure : 19:00
    • Conférenciers : Jamal Zahalka (Palestinien-israélien membre du Knesset), introduction par Kawtare Bihya (Coalition pour la Justice en Palestine-UQÀM) and Jihad El-Salah (SDHP-Concordia)
    • La conférence du Dr. Zahalka explorera comment l’apartheid opère à l’intérieur d’Israël à travers ses politiques de racisme et d’exclusion sociale de sa population citoyenne autochtone palestinienne formant la soi-disant « démocratie israélienne ». En soulignant les réalités de l’oppression rencontré par les israéliens-palestiniens, tels que les expulsions et les démolitions des maisons continues, l’attaque sur les organisations politiques palestiniennes, les restrictions sur l’accès à des terres, l’eau et autres services sociaux de base, Zahalka exposera la nature véritable de l’apartheid israélien dans les frontières de 1948.


      Jeudi 11 mars
  • "Tous unis pour la Palestine !’ Évènement culturel"
    • Lieu : Club Lambi, 4465 blvd St-Laurent (site pas accessible en fauteuil roulant)
    • Heure :20h
    • Coût : 10-15$
  • Artistes : Abeer (Hip-hop, Palestine !), Rami Kanazi (poète, New York), Rich Siegel (jazz piano, New York), Ghada Chehade (poète), Moody Mo (Hip-hop), Sikh Knowledge (Hip-hop)


    Note sur l’accessibilité : Tous les sites d’événements sont accessibles en fauteuil roulant sauf si indication contraire. Pour tous les évènements, une traduction chuchotée sera disponible. Service de garde d’enfant sera disponible pour certains événements - prière de nous contactez au iaw-mtl@riseup.net pour plus de détails.
Si vous souhaitez faire du BÉNÉVOLAT avec la SAI, faire un DON, ou pour ENDOSSER la SAI, s’il vous plaît nous contacter au iaw-mtl@riseup.net
SAI Montréal 2010 est endossée par les organisations suivantes :
Al-Hidaya Association * Association facultaire de sciences humaines UQAM (AFESH-UQAM) * Arab Law Students Association Mcgill * Canadian Friends of Sabeel * Centre des femmes d’ici et d’ailleurs * Centre for Philippine Concerns * Centre 2110 * CKUT Radio * Coalition pour la Justice en Palestine UQAM (CJP-UQAM) * Coalition for Justice and Peace in Palestine (CJPP) * Collectif de recherche sur l’autonomie collective (CRAC) * College and University Workers United (CUWU) * Concordia Sikh Student Association * Canadian Union of Postal Workers (CUPW-STTP) * D’abord Solidaires * First Peoples’ House McGill * Independent Jewish Voices Montreal * Ligue des droits et libertés * La Pointe Libertaire * Muslim Students Association Mcgill * No One Is Illegal Montreal * Not In Our Name Concordia * Palestinian and Jewish Unity(PAJU) * Presence Musulmane * Projet Accompagnement Solidarité Colombie (PASC) * Quebec Public Interest Research Group (QPIRG-Concordia) * QPIRG-McGill * Q-Team * Radlaw collective McGill * Solidarity Across Borders * Solidarity for Palestinian Human Rights (SPHR-Concordia) * SPHR-McGill * Tadamon * Union Communiste Libertaire * Un seul État démocratique / Groupe Rezeq Faraj * Women of Diverse Origins
Nous espérons vous avoir parmi nous pour la Semaine contre l’apartheid israélien 2010 à Montréal.

Libérons la Palestine !

2 mars 2010, Ottawa - Canada - Le Devoir
 http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8276

L’affront d’une petite ville irlandaise à l’ambassadeur sioniste

mercredi 3 mars 2010 - 07h:15
Mounadil Djazaïri
En ce moment, les diplomates sionistes, quand ils ne donnent pas leurs dernières consignes aux agents du Mossad, sont assez affairés à essayer de redorer le blason de leur État voyou. Ainsi, le plénipotentiaire sioniste en poste à Dublin a-t-il entrepris récemment une tournée à travers l’Irlande pour porter la bonne parole et contredire les idées "fausses" sur son pays.
Tout se serait passé sans encombre s’il n’était passé par Carricjmacross où il a voulu rendre une visite impromptue à la mairie. Ce qui a amené des élus de cette ville à organiser à la hâte une petite manifestation puis à demander et obtenir, lors d’un conseil municipal ultérieur, la suppression de la page du livre d’or de la ville signée par le diplomate sioniste.
Un incident qui a tout de même provoqué une réaction du ministère irlandais des affaires étrangères.
Le conseil municipal provoque un incident diplomatique en faisant affront à l’ambassadeur Israélien
par MAEVE SHEEHAN, Irish Independent 28 février 2010 traduit de l’anglais par Djazaïri
L’ambassadeur Israélien en Irlande est au centre d’une polémique diplomatique après que des conseillers municipaux aient voté la suppression de la page du livre d’or de la ville qu’il avait signée lors d’une visite inopinée en janvier.
Les élus municipaux de Carricjmacross, Comté de Monaghan, ont voté par cinq voix contre quatre vendredi dernier pour retirer la page qui avait été signée par Zion Evrony pendant une visite dans cette ville commerçante. Parmi ceux qui étaient favorables au retrait de cette entrée du livre d’or, se trouvent un élu du Fianna Fail, deux Verts et deux élus du Sinn Fein.
Les conseillers municipaux ont donnée ce camouflet diplomatique suite à la visite des bureaux municipaux par l’ambassadeur Israélien.
Cet affront diplomatique a été largement rapporté par les journaux juifs dont un des éditorialistes a comparé cette suppression de la page du livre d’or avec une scène de Father Ted.
L’incident est survenu dans un moment de montée de la tension entre l’Irlande et Israël suite aux allégations selon lesquelles des agents du Mossad sont entrés le mois dernier à Dubaï avec des passeports irlandais contrefaits pour assassiner un dirigeant du Hamas. Israël a déclaré n’avoir aucune information sur ce complot.
L’ambassadeur israélien se trouvait dans le comté de Monaghan dans le cadre d’un "tour de l’Irlande" visant à contrer ce qu’il appelle des "idées fausses" sur Israël.
Il avait contacté le conseil municipal dans l’espoir de rencontrer des élus et d’autres personnalités de la vile, mais sa visite a déclenché une onde de protestations et une manifestation organisée à la hâte par le Sinn Fein. Environ trente manifestants ont chahuté l’ambassadeur à son arrivée au siège de la municipalité, accompagné d’une forte escorte policière. Le leader des protestataires, Math Carthy, élu du Sinn Fein, a dit à l’ambassadeur qu’il n’était pas le bienvenu et lui a demandé de s’en aller. Cependant, l’ambassadeur a pu prendre des rafraïchissements avec Mary Kerr-Conlon, la maire membre du parti Fine Gael.
Lors d’une réunion du conseil municipal il y a une dizaine de jours, Clir carthy a proposé que "cette page du livre d’or" signée par Zion Evrony soirt retirée et que le conseil écrive à l’ambassade d’Israël pour lui notifier qu’une nouvelle visite ne serait pas la bienvenue."
Les élus de Fine Gael n’étaient pas d’accord mais la motion a été votée et la page a été retirée. "Je ne pense pas que c’était de bonne diplomatie," explique Mark Clark, élu Fine Gael, "même si la question est 100 % justifiée, dans le sens que le conflit israélo-arabe doit être résolu."
M. Evrony a écrit à Gerry Adams, le président du Sinn Fein, pour condamner les protestataires.
Le ministère des affaires étrangères a déclaré ce week-end ne pas approuver la manière dont l’ambassadeur a été traité.
Un porte parole a refusé de dire si l’ambassadeur Israélien avait soulevé le problème de la manifestation au cours d’une réunion avec le secrétaire général du ministère pour discuter de l’usage allégué de faux passeports irlandais à Dubaï par les présumés assassins Israéliens.
La colère du gouvernement au sujet de l’usage allégué de passeports irlandais dans le complot a pris de l’ampleur.C’est seulement par des articles parus le 4 février dans la presse de Dubaï que le gouvernement a appris que les assassins présumés circulaient avec des passeports irlandais.
L’ambassadeur Irlandais aux Émirats Arabes Unis, Ciaran madden, a cherché à avoir plus d’informations auprès des autorités de Dubaï. Il les a rencontrées le 8 février, mais l’étendue des répercussions de l’utilisation des passeports irlandais n’est apparue qu’après la tenue, le 15 janvier, d’une conférence de presse par la police de Dubaï.
Depuis lors, la police irlandaise est restée en contact régulier avec celle de Dubaï. Elles enquêtent sur la manière dont les membres de l’équipe de tueurs ont choisi les adresses en Irlande qu’ils ont données au moment de remplir les fiches d’hôtel.
28 février 2010 : Mounadil al Djazaïri - Source : http://mounadil.blogspot.com/2010/0...
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8265

Arjan : une usine de qualité à Gaza malgré le blocus

mercredi 3 mars 2010 - 07h:16
Ziad Medoukh
Dans le cadre de leur ouverture sur les associations et les institutions de la bande de Gaza, et dans le cadre des activités extra-universitaires organisées par le département de français de l’université Al-Aqsa de Gaza, quatre étudiants et diplômés de ce département ont visité la nouvelle usine d’eau minérale Arjan et ont fait le reportage suivant :

Malgré le blocus, une usine de qualité à Gaza

Les étudiants du département de français en visite à l’usine d’eau minérale à Gaza.
Le jeudi 18 février 2010, le centre d’informations et des recherche francophone a organisé une de ses activités extra- universitaires avec une équipe de quatre personnes. Elles ont pu visiter l’usine d’Arjan de production d’eau minérale ; cette équipe a rencontré monsieur Mohammed El Bardawil, le directeur de cette usine et son administration, qui se compose d’experts agricoles et de techniciens. L’usine a été créée à Gaza sous blocus israélien, en 2009 !
Le groupe a rencontré le directeur et l’administration de l’usine. Au début de la rencontre, le directeur commença par une présentation générale du projet ; l’usine a ses locaux rue de Jamiate El Dowal El arabiya à Gaza. Elle a été créée en février 2009.
M. Bardawil a commencé par expliquer les raisons de la création d’une usine d’eau minérale à Gaza : l’eau est indispensable à la vie de l’homme, et l’être humain a besoin au minimum d’un litre d’eau par jour.
Mais, ici, à Gaza, il y a un problème très grave : le taux de sel de l’eau est très élevé et la pollution par la microbiologie provoque des maladies très graves pour les citoyens de Gaza ; en outre, l’occupation israélienne est en train de créer des projets extraordinaires qui consistent à voler l’eau de la bande de Gaza en creusant des puits et des canaux horizontaux sous le territoire Gazaoui. Alors, l’avenir de l’eau à Gaza reste un sujet très polémique c’est pour cela qu’on a décidé de réaliser ce projet qui sauvera la vie des Gazaouis.
Le directeur a ajouté que les filtres utilisés dans les maisons des citoyens ne sont pas efficaces pour la santé de l’homme, car ces filtres ne font qu’absorber et filtrer les sels en enlevant les éléments nutritifs importants et cela n’est pas suffisant pour la rendre potable.
Ensuite, il manque dans cette eau l’élément très important qu’est le calcium, puisqu’il entre dans la construction des os des bébés et des enfants.
L’administration nous a bien détaillé les étapes suivies pour créer leur projet :
  • la première étape, c’était d’avoir l’autorisation de creuser le puits et de faire sortir l’eau ;
  • la deuxième étape fut l’achat d’un grand filtre pour faire passer le taux du dessalement à 30 % ;
  • la troisième étape : l’eau passe par un autre filtre qui peut la nettoyer complètement pour arriver à 0% de PPB (partie par milliard) ;
  • la quatrième étape, c’est d’ajouter des éléments précis à l’eau, comme le zinc, le sodium, le potassium et le magnésium etc. Et on doit être sûr de la stabilité de ces éléments dans l’eau, c’est pour cela qu’on a créé un laboratoire avec des spécialistes en chimie pour tester l’eau régulièrement, toutes les 30 minutes, comme cela, la stabilité des éléments est bien fixée dans la production.
Ils avaient besoin de 12 machines pour l’usine. Mais, comme on est à Gaza, le siège israélien les touche comme les autres Gazaouis, notamment pour faire entrer des machines ou exporter les productions locales ; malgré tout ça, ils ont acheté neuf machines chinoises et les ont fait passer par des tunnels à travers l’Egypte. Ils ont acheté des bouteilles de types variés en Egypte. Mais, à cause de leur prix élevé qui les empêche de les acheter et par qu’ils débutent, le manque de machines se fait sentir en même temps, mais ils n’ont pas baissé les bras et ont profité de leur expérience et leurs compétences locales grâce à des ingénieurs capables de fabriquer les trois machines manquantes, ils ont réussi à fabriquer des machines de qualité internationale.
Un mois après sa création, l’usine a bien commencé a travailler avec quatre experts, cinq spécialistes et vingt-cinq ouvriers qui travaillent en deux périodes par jour, et le comité de commercialisation a commencé à diffuser la production sur le marché.
Au début, les magasins ont eu des difficultés à accepter cette production car elle était nouvelle et ils ont eu peur que les consommateurs ne l’acceptent pas, mais au bout d’un mois, les clients sont satisfaits, beaucoup de prix, surtout avec une meilleure qualité ; en peu de temps, la production est devenue connue et célèbre dans toute la bande de Gaza.
L’administration de cette usine a signé un accord avec des usines internationales afin d’exporter leur production à l’étranger, surtout que l’usine a eu le code international d’exportation, mais avec la fermeture des passages, ils ne peuvent l’exporter facilement.
D’autre part, la coupure quotidienne d’électricité ne permet pas à l’usine de travailler 24 heures par jour, alors, ils ont acheté un grand générateur pour leur permettre de travailler sans arrêt, ainsi la production augmente toujours.
M. Elbardawil ajoute : comme usine débutante, on a trop souffert de ce siège qui nous empêche d’avoir les machines et les éléments nécessaires, mais avec beaucoup de volonté, on a décidé de continuer ce projet qui va aider notre peuple dans l’avenir ; on pourra surtout éviter d’[importer] certaines marchandises d’autres pays, et cela aidera la production locale et l’économie nationale.
A la fin de la création de cette usine, le blocus israélien a interdit de faire passer le sodium qui est l’élément le plus nécessaire, mais on a des spécialistes qui ont pu le créer, alors ça va bien se passer.
On peut dire maintenant que l’eau d’Arjan est la seule eau minérale en Palestine avec des critères internationaux.
L’usine a la grande volonté, malgré tout ce dont elle souffre : siège et blocus israéliens, d’étendre sa production nationale et locale ; elle augmente et améliore son travail ;c’est pour cela qu’ils sont en train de préparer un plan pour l’avenir : agrandir les locaux de l’usine, ce qui leur permettra de fabriquer du jus de fruit.
A la fin de cette visite, l’équipe de centre d’informations et des recherche francophone a offert une liste de noms, d’emails et de numéros de téléphone des usines françaises les plus célèbres en France pour la création de jus de fruit, comme une aide symbolique, afin qu’ils puissent avoir des contacts avec eux, et pour donner toute ses chances d’avenir à leur futur projet.
La visite s’est terminée par un tour de l’usine avec l’équipe d’administration ce qui a permis de constater la qualité technique du travail.
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2 mars 2010 - diffusé par l’auteur
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Les patriarches et la colonisation

publié le jeudi 4 mars 2010
Michel Warschawski
 
En prétendant faire main basse sur deux symboles historiques, Israël prend le risque de mettre le feu aux poudres.
Benjamin Netanyahu et son gouvernement ne ratent aucune provocation pour mettre en échec toutes les tentatives de remettre sur les rails ce qu’on appelle le « processus de paix ». Dernière en date : la décision d’inscrire le caveau des Patriarches (Ibrahimiyeh en arabe) et le tombeau de Rachel au patrimoine national israélien. Il s’agit pourtant de deux sites historiques se trouvant en Cisjordanie et faisant donc partie du patrimoine palestinien. Que ces sites aient une forte charge symbolique pour les juifs – comme pour les musulmans et les chrétiens - ne fait aucun doute, et personne n’a jamais pensé le nier. Mais l’attachement symbolique et historique ne donne pas droit de propriété car, si tel était le cas, les Français se devraient de conquérir Aix-la-Chapelle, où Charlemagne avait sa capitale, et les Arabes d’occuper la péninsule ibérique, où ils avaient développé pendant plus de cinq siècles une civilisation florissante. Si des racines historiques donnaient un droit de propriété et de souveraineté, les revendications serbes sur le Kosovo auraient été justifiées tout comme celles de l’Allemagne sur l’Alsace et la Lorraine.
La décision du gouvernement israélien fait partie d’un projet colonial expansionniste et provoque des manifestations palestiniennes, à Hébron en particulier.
« Les Palestiniens refusent de reconnaître nos racines juives à Hébron et à Bethléem » a déclaré le Premier ministre israélien, laissant entendre que Mahmoud Abbas est un négationniste qui réécrivait l’histoire de la terre sainte en effaçant ses chapitres hébreux. Faux : ce que les Palestiniens, et leur président en tête, rejettent, c’est le fait de reconnaître que des liens historiques impliquent droit de propriété et souveraineté.
« Les Palestiniens essaient de faire croire que cette décision (d’inscrire ces sites comme patrimoine national ) est une menace (sur l’intégrité territoriale de la Cisjordanie), a renchéri un ministre israélien. Mais c’est bien plus qu’une menace, ces sites étant d’ores et déjà sous souveraineté israélienne de facto, et hors de toute forme de contrôle de la part des autorités palestiniennes, en dépit des accords signés avec l’OLP. Le tombeau de Rachel, par exemple, est coupé de la ville de Bethléem par une muraille, et on ne peut y accéder que par Israël. Ce qui n’empêche pas le président israélien Shimon Pérès de déclarer : « Nous n’empêchons personne d’avoir accès à ces lieux saints chers aux trois religions ». Sauf que depuis plus de deux décennies, aucun Palestinien, musulman ou chrétien, n’a eu accès au tombeau de Rachel ! Quant au caveau des Patriarches, la décision de Benyamin Netanyahu augure d’une remise en question du fragile équilibre, négocié il y a quatre décennies, entre l’administration militaire israélienne et les autorités musulmanes palestiniennes en vue de répartir les heures de culte entre les différentes communautés. Lors de son premier mandat, à la fin des années quatre-vingt, Benjamin Netanyahu avait mis le feu aux poudres et provoqué la première Intifada en ouvrant un tunnel sous l’esplanade des mosquées. Est-ce que sa nouvelle provocation va ouvrir, c’est la menace brandie par les dirigeants palestiniens, la voie à une troisième Intifada ? Incha’Alla
publié par Siné Hebdo , "le journal mal élevé" , hebdomadaire en vente dans les kiosques (2 euros) tous les mercredis.

Communiqué de presse

publié le jeudi 4 mars 2010
Tribunal Russell sur la Palestine

 
Lundi 1er mars se tenait à Barcelone la première session du Tribunal Russell sur la Palestine consacré aux manquements de l’Union européenne par rapport à l’application des règles du droit international protégeant la population palestinienne. La matinée a été consacrée à l’installation du tribunal d’opinion et au rappel des violations des règles du droit international par Israël.
En ouvrant la séance de l’après-midi, une lettre adressée par le président de la Commission européenne M. Barroso a été lue : l’Union entend conforter les efforts de paix dans la région avec pour objectif la création d’Etat indépendant, viable, démocratique vivant côte à côte avec Israël. L’Europe et le Conseil réitèrent leur soutien et la coopération pour la création de l’Etat de Palestine reconnu en temps opportun. M. Barroso se dit opposé aux démolitions de maisons, aux expulsions illégales qui sont des obstacles sérieux à la paix et à la solution à deux Etats. Le Conseil appelle le gouvernement Israélien à arrêter les extensions des colonies, immédiatement à Jérusalem-est et dans le Cisjordanie, ainsi qu’à l’arrêt des « augmentations naturelles » des colonies et pour le démantèlement des colonies d’après 2001. L’Union réitère son appel pour que l’aide humanitaire, les biens commerciaux et l’aide aux personnes puissent se réaliser à Gaza.
L’annexion de Jérusalem-Est
L’annexion de Jérusalem-Est fut le thème de l’intervention de la palestinienne Ghada Karmi. L’experte décrivit les formes prises par la colonisation israélienne dans Jérusalem-Est : colonisation politique en faisant de la ville, annexée en 1967, la « capitale d’Israël », colonisation physique avec la démolition de maisons arabes remplacées par des colonies juives, changement démographique par des politiques de judaïsation en limitant le droit de résidence des habitants arabes, en limitant leurs droits, en ne leur donnant pas de permis de construire, en les expulsant. Ainsi, une population 100 pc arabe en 1967 est passée à 30 pc ! Même l’archéologie a servi cette politique par des fouilles extensives dans la vieille ville et à Silwan afin de prouver la présence historique juive de ces sites. Ces fouilles menacent les fondations des sites islamiques anciens et menacent de détruire les traces historiques des périodes islamiques et pré-islamiques.
Des colonies et l’extension du Mur ont privé les Palestiniens de parties considérables de leur territoire. Et la restriction sévère de la mobilité des Palestiniens les coupe de ce qui fut un centre majeur de la vie palestinienne.
Or, tout en rappelant le droit et en condamnant maintes fois ces agissements illégaux, l’Union européenne n’a jamais exercé de véritables pressions ni sanctions contre l’Etat d’Israël et n’a jamais demandé réparation des destructions des installations qu’elle avait financé. Au contraire, elle a renforcé ses liens politiques, économiques et scientifiques avec cet Etat, se rendant ainsi complice des violations des lois internationales.
Mme Ghada Karmi pris l’exemple de l’étroite collaboration dans le domaine scientifique et éducatif avec Israël qui jouit d’accès privilégié aux recherches et aux fonds européens. Ce pays est très admiré par les Européens pour son expertise en recherche et développement ; Il est donc inclus dans l’accord cadre sur la recherche européenne (European Research Area) et cela pour 5 ans avec 50 milliards d’euros dépensés pour ce programme. Huit universités israéliennes collaborent avec des pays européens. Or, des projets ont lieu dans des territoires occupés malgré l’opposition de certains parlementaires européens notamment des Verts. Pour la majorité, la recherche était considérée comme plus importante que les droits humains ! Il fut précisé qu’une proportion importante du budget recherche et développement, environ la moitié est consacrée aux armements. Donc, les fonds européens y interviennent.
Que faire ? « Le temps est venu pour que les peuples prennent les choses en main et réclament des comptes à leurs gouvernements. Que les citoyens d’un pays portent plainte contre leurs gouvernements n’est pas impossible, ce sont les impôts payés par les citoyens qui sont canalisés ainsi vers Israël. », souligna Ghada Karmi.
Meir Margalit (Israël) s’exprima comme témoin et en tant que membre du conseil municipal de Jérusalem et du comité israélien contre les démolitions des maisons. Il fait partie d’un réseau pacifiste israélien dont une grande partie du budget vient de l’Union européenne ! « Nous aimerions renoncer à cet argent si l’UE en contrepartie adoptait une politique plus radicale, plus claire vis-à-vis d’Israël, nous avons la sensation que cet argent sert à laver les consciences européennes ! » Le témoin apporta quelques nuances : l’UE n’est pas une entité univoque. Ainsi la délégation européenne en Palestine voit les choses de manière différente de celle qui se trouve à Tel Aviv. D’ailleurs appelée « les sionistes » par la délégation européenne de Jérusalem ! Celle de Tel Aviv se plaignant en outre des pressions venues de Bruxelles qui la freinent dans une politique plus claire. Il exposa ensuite la teneur du document « secret » des consuls européens de Jérusalem, tenu au secret par l’Europe mais donné à l’association pour qu’on le diffuse…
Meir Margalit expliqua ensuite qu’on assiste à un processus de dégénérescence quotidien, le visage de Jérusalem-Est change progressivement et bientôt on ne pourra plus parler d’une Jérusalem palestinienne. En attendant, 33 % de la population reçoit 10 % du budget et cela c’est de la discrimination raciale. Or, les Palestiniens payent les mêmes impôts que les Israéliens à Jérusalem. Comment faire changer les Israéliens ? Par de sanctions ou des incitations ? Si l’Israélien moyen qui veut faire partie de l’Europe comprend que l’oppression a un prix, c’est-à-dire être rejeté par l’Europe, alors il réfléchira. Si l’UE l’incite à en finir avec l’occupation, peut-être changera-t-il. Car Israël ne changera pas de politique à travers des sanctions car le gouvernement sera encore plus dur qu’aujourd’hui. Le combat n’est pas juridique mais politique. L’orateur évoque cependant une sanction qui peut avoir de l’influence sur la politique européenne : il s’agirait de traiter les Israéliens comme ils traitent les Européens dans les aéroports !
« Le fantôme de l’holocauste flotte dans l’air et il empêche l’UE d’être plus claire. L’accusation d’antisémitisme est tout le temps utilisée. J’ai l’impression que le gouvernement israélien commencerait à comprendre la situation s’il ne bénéficiait plus de l’appui international. J’ai l’impression que l’occupation est en train de s’épuiser toute seule. Le discours pacifiste est assez répandu aujourd’hui même dans des groupes de droite. C’est le moment où les amis d’Israël devraient s’asseoir avec Netanyahu et discuter avec lui jusqu’à une solution de paix. C’est un moment similaire que celui qu’a vécu l’Afrique du Sud. Voilà pourquoi ce tribunal est important pour qu’il puisse faire pression sur l’UE. », déclara Meir Margalit.
Quant au Palestinien Charles Shamas, il parla de la responsabilité de l’UE. « Ce sont les plus faibles qui s’adressent à la loi, la question est donc d’appliquer correctement la loi, d’abord. Les sanctions sont une action politique. » Exemple : l’affaire Brita et le jugement allemand sur l’importation de ces produits fabriqués dans des colonies sur un territoire occupé : Israël ne peut être traité comme un souverain légitime des territoires occupés et donc les règles commerciales européennes ne peuvent s’y appliquer. » En signant un traité, les Etats s’engagent à appliquer ces règles dans leur propre droit national. Mais Israël signe des accords et les met en œuvre illégalement au sein de l’Union européenne, ce qui provoque une responsabilité légale des institutions.
Cette première session s’est terminée par la question des colonies et le pillage des ressources naturelles. Charles Shamas explique que dans la cadre de la politique de voisinage européenne, il avait été proposé que tous les accords et tous les projets financés devaient être formulés et mis en œuvre avec les obligations auxquelles est contrainte la Communauté européenne ; mais cela n’a jamais été mis en œuvre. La Commission et le Conseil ont mis de gros obstacle car ils ne veulent pas que cela débouche sur des lois concrètes. S’il y avait une véritable mobilisation politique, cela pourrait changer. Israël doit donc apporter des amendements à ses législations internes pour se conformer aux règles européennes. Ou alors c’est la législation européenne qui doit s’appliquer directement dans le cadre de ces accords.
Exemple : la banque européenne d’investissement a une législation européenne très claire et donc, pour recevoir cet argent il faut se conformer au droit européen. Autre exemple : à Jérusalem, des biens immobiliers dans les colonies sont à vendre sur le marché européen, des banques israéliennes opérant en Europe sous législation européenne font des hypothèques sur ces propriétés dans les colonies. Or, légalement parlant, à côté de Jérusalem, les terres sur laquelle ces colonies ont été construites ont été expropriées par le ministère des Finances israéliens par le biais du commandant des armées. Or, la Grande Bretagne et d’autres Etats membres ne reconnaissent pas ces actes administratifs.
Les pressions sont plus efficaces en ce qui concerne les entreprises privées : la pression de l’opinion publique nuit à l’image de marque des entreprises commerciales.
Un autre témoignage fut celui de l’Irlandais James Phillips : « Israël pratique l’apartheid et le nettoyage ethnique, ce n’est une démocratie que si on est Juif », affirme-t-il. En 1967, l’Etat a occupé le Golan, Gaza, la Cisjordanie, un moment idéal où il pouvait échanger la terre contre paix. L’Etat ne l’a pas fait et a immédiatement établi des colonies en Cisjordanie et à Gaza en tant qu’occupant militaire et a confisqué la terre de nombreux Palestiniens. Déjà en 1948, 750.000 Palestiniens ont été chassés de leur terre. Ensuite les colonies ont été renforcées, installées à des endroits appropriés pour s’assurer que si le jour arrivait où existerait l’Etat palestinien il serait inviable par la discontinuité territoriale créée par les colonies et cela au nom de la sécurité d’Israël. Cet Etat est une puissance nucléaire et l’argument selon lequel le Mur et les colonies sont nécessaires à sa sécurité n’est même plus évoqué par les Israéliens, il s’agit purement et simplement de confiscation des terres. La population civile est chassée des territoires de manière délibérée. De plus, Israël fait de l’argent avec l’occupation : pour chaque profit généré 60% rentre dans les caisses de l’Etat.
« Le Mur est le crime parfait car il crée la violence qu’il est censé empêcher. La violence des colons contre les Palestiniens n’est quasi jamais sanctionnée. » L’effet immédiat des colonies est le retard dans le processus d’autodétermination, le territoire est fractionné, la population déshumanisée physiquement et psychologiquement. On chasse les Palestiniens de leur terre car leur vie devient impossible, c‘est une politique de nettoyage ethnique.
L’eau, ressources naturelle, est utilisée cinq fois plus par les colons que par les Palestiniens, les nappes phréatiques en territoire palestinien sont sous contrôle total des Israéliens qui ne donnent pas l’autorisation de creuser des puits…
Au large de Gaza, les familles palestiniennes ne peuvent pêcher, elles n’osent même pas aller sur la plage car les Israéliens tirent depuis les bateaux. Ajoutons à cela le régime des check points qui ôtent leur dignité aux palestiniens et empêche la réunion des familles et contribue à détruire l’économie palestinienne avec cruauté. C’est un génocide lent, accuse James Phillips. Or, il y a suffisamment de lois qui pourraient protéger les Palestiniens. Le seul problème est qu’elles ne sont pas appliquées. Les personnes en charge de faire respecter ces lois manquent à leurs obligations. Elles devraient comparaître devant une cour internationale de Justice. Il faudrait aussi suspendre l’accord économique avec Israël, L’UE devrait dénoncer Israël pour ses crimes et les dommages infligés aux traités, aux accords et à la législation européenne.
L’orateur expliqua aussi comment on a effacé la présence palestiniennes sur les terres confisquées : à l’emplacement des villages palestiniens rasés, on a planté des milliers de pins européens afin de dissimuler le passé et aucune référence n’est faite de la présence historique des Palestiniens. D’autres terres ont été simplement éliminées des registres et donc les Palestiniens ne peuvent pas les revendiquer ni obtenir des compensations. Les indemnisations sont devenues impossibles car il s’agit de milliards d’euros de même que l’on rend impossible le droit au retour des réfugiés.
Autre réquisitoire fort : celui de Michael Sfard, avocat israélien, travaillant dans le droit humanitaire. Il a voulu apporter des faits et des chiffres sur les colonies. Il y a 120 colonies en Cisjordanie. Plus de la moitié des colons juifs se sont installés en Cisjordanie après les accords d’Oslo ! 20 % de colons possèdent 80 % de la terre. La construction n’est qu’une manière de faire croître les colonies mais il y a aussi la violence que les colons exercent contre les Palestiniens pour reculer sans cesse les limites de leurs terres. Il y a aussi le processus de planification administrative continue : plus de 4 nouveaux plans de nouveaux quartiers pour des colonies approuvées après l’annonce du gel des colonies ! Cela annonce le boum de la construction ! Les colonies sont une créature qui ne peut que grandir… son essence est d’absorber de plus en plus de terres. En Israël, il y a une norme juridique particulière pour les colonies et les colons se trouvent dans une bulle légale : Israël n’a pas annexé la Cisjordanie mais elle applique ses propres lois dans les colonies et pour les colons. Il n’y a pas une loi pour un Juif et une autre pour un non Juif. Les commandants militaires appliquent à travers des ordres militaires la loi israéliennes aux colons et dans les voisinages des colonies : c’est cela la bulle légale qui entoure le colon, même dans sa voiture. Il s’agit d’une définition légale et en conclusion certaines politiques appliquées par Israël à travers cette zone géopolitique qu’est Cisjordanie et Gaza constituent un crime d’apartheid.
Troisième aspect abordé par Michael Sfard : l’exploitation des ressources naturelles. Le sol de Cisjordanie est transporté en Israël : 12 millions de tonnes de graviers sont extraites par des compagnies israéliennes, européennes, américaines. Environ 9 millions de tonnes sont utilisées par le secteur de construction israélien et le reste va certainement dans les colonies… et une partie vendue aux Palestiniens ! C’est une violation du droit collectif des Palestiniens : ils n’ont pas de souveraineté sur leurs propres ressources naturelles, un des droits les plus importants pour les populations.
Question d’un membre du jury : est-il temps pour l’Europe de mettre fin aux relations avec un Etat voyou ?
Réponse de Michael Sfard : Israël n’a pas encore atteint le stade d’Etat voyou, il s’agit d’un Etat qui n’a jamais été traité sérieusement par rapport à ses fautes. L’Europe ne devrait plus octroyer de tarifs douaniers préférentiels aux produits des colonies. Il faut commencer par la base : le désinvestissement des colonies qui vivent grâce au commerce avec l’Europe. Il faut faire comprendre à Israël qu’il y a un prix pour ce qu’il fait.
La deuxième journée de la session, mardi 2 mars, devrait examiner les questions suivantes : les accords d’association EU-Israël, le blocus de Gaza et l’opération « plomb durci », le mur construit dans les territoires palestiniens occupés.
Informations complémentaires : www.russelltribunalonpalestine.org La session est retransmise en direct sur http://www.bcnsolidaria.tv/tv/