mercredi 8 septembre 2010

Les lumières s’éteignent sur la bande de Gaza

mardi 7 septembre 2010 - 06h:21
Mohammed Omer - IPS 
Les coupures prolongées d’électricité, de 12 à 16 heures chaque jour, sont le sujet de conversation sur toutes les lèvres dans la bande de Gaza. Il fait chaud, c’est le Ramadan, et les gens sont fatigués, ils ont soif, ils ont faim, ils sont désespérés.
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La fourniture d’électricité a commencé à décliner après la victoire du Hamas aux élections de janvier 2006 qui a conduit Israël et l’Egypte à imposer un blocus économique. Israël a lancé ses frappes aériennes en décembre 2008, faisant sauter tous les six transformateurs qui alimentaient la bande de Gaza en électricité.
Comme aucune reconstruction n’est en vue, tout le monde s’attend à ce que la situation empire.
« La vie est paralysée ici, » dit Sami Abu Ouaf, 45 ans, père de famille de sept enfants, au chômage, qui vit dans le camp de Buriej dans le centre de la bande de Gaza. « Et c’est le prix que nous payons pour la démocratie.
« Je n’aurais jamais imaginé une punition de ce genre - avoir mon électricité, mon eau et mon gaz coupés - à cause de mon vote, » ajoute-t-il. Abu Ouaf doit avoir l’œil pour être sûr de ne pas rater le moment de la fourniture rationnée quand elle arrive. « C’est une démocratie à la lueur de bougie - quand on a la chance de pouvoir se payer une bougie. »
Le calendrier des fournitures varie selon les localités mais aussi au fil des jours, dit Kanan Obied, l’un des responsables de l’Autorité pour l’électricité de Gaza. Et la situation a empiré il y a quelques semaines, coïncidant - comme par hasard - avec le début du Ramadan.
L’Union européenne qui payait l’Autorité palestinienne pour l’approvisionnement en diesel des générateurs de Gaza a coupé son financement en août, accusant le Hamas d’empocher les revenus de l’électricité. Le gouvernement de Gaza a répondu que la décision de l’Union européenne était intervenue après qu’elle ait identifié un fonctionnaire corrompu de la Compagnie de l’électricité.
En déambulant dans les marchés et les rues de Gaza, on entend presque tout le monde dire qu’il faut faire appel aux Nations-Unies, à l’Union européenne et à la Ligue arabe pour trouver une solution rapide à la crise. Zahran Awad, de la ville de Gaza : « Cette tentative de l’Occident pour nous faire nous retourner contre le Hamas va échouer ».
Alors que s’éteignent les lumières dans Gaza, l’attention des médias sur la crise de l’électricité semble s’estomper elle aussi. Beaucoup de citoyens gazaouis ont le sentiment que tout étant allé aussi mal et aussi longtemps, cela pourrait bien durer encore.
Environ les deux tiers du un million et demi d’habitants sont des réfugiés des guerres de 1948 et 1967 selon l’UNRWA (agences des Nations unies d’aide aux réfugiés palestiniens au Moyen-Orient), dont 675 000 vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Un économiste, basé à Gaza : « Obliger la population gazaouie à payer la facture est hors de question. Elle souffre d’un long siège, avec des frontières fermées et sans possibilités d’emplois. » On voit les gens passer d’un quartier à un autre juste pour recharger leurs téléphones et ordinateurs portables. Un journaliste peut faire recharger son ordinateur à l’hôpital local.
Abu Ouaf donne une idée de l’impact de ces pénuries. « Nous achetons la nourriture et les médicaments juste pour un seul jour, car il est impossible de faire faire fonctionner un réfrigérateur » dit-il.
Assurer la fourniture en carburant des générateurs reste le défi immédiat. Ni le gouvernement de Gaza, ni l’Autorité palestinienne, ne sont prêts à payer le montant exorbitant de 13 millions de dollars exigés pour chaque mois.
Un responsable du Hamas, le Dr Yousef Rizka, conseiller du Premier ministre Ismail Hanyieh, a lancé une initiative. Il propose que les gouvernements, à Ramallah et à Gaza, déduisent 45 dollars, chaque mois, à chaque fonctionnaire et employé. Le gouvernement Hamas emploie 30 000 agents, ce qui signifie qu’en théorie, environ 1,3 million de dollars seraient dégagés par mois pour payer les factures de carburant.
Mais ce ne pourrait être qu’une mesure provisoire puisque les dettes de la Compagnie d’électricité s’élèvent à 1,3 milliard de dollars, et personne ne s’est penché encore sur ce problème.
A Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, un vendeur de rue, Mohammed Abdelal, 85 ans, prépare son étal pour vendre des vêtements de contrebande venus d’Egypte. « Nous n’avons jamais traversé une période aussi difficile qu’aujourd’hui dans notre vie. » dit-il.
Selon son épouse, Hadia Abdelal, 75 ans, les coupures d’électricité sont « les derniers cauchemars dans le siège de Gaza ». Leurs petits-enfants, qui « ont beaucoup souffert ces dernières années », se sont maintenant habitués à étudier à la lueur d’une bougie.
Pendant ces mois chauds d’été, Abdelal se montre impatient « d’avoir un ventilateur et de boire de l’eau fraîche ». Mais il y a rarement de l’eau courante puisque l’alimentation en eau et celle en électricité ne coïncident jamais. Les gens relativement aisés se servent de générateurs pour pomper l’eau.
L’approvisionnement en eau de la famille Abdelal se fait une fois tous les trois jours, si bien que leur réservoir d’eau est souvent vide. Quand il y en a, l’eau est utilisée seulement pour boire. « Une douche est un luxe », dit un jeune homme de Jabalya. Mais son ami le corrige, « Non, c’est un rêve ».
Les coupures d’électricité ont un autre impact, sur la station d’épuration. En l’absence d’électricité, la station fonctionne sporadiquement et chaque jour, 88 000 mètres cube d’eaux usées, ou partiellement traitées, débordent dans la Méditerranée. Les eaux polluées sont dangereuses pour le poisson et faire une petite trempette dans la mer est même impossible à imaginer.
Une cliente à l’étal d’Abdelal, Ghalia Abu Jamiea, 49 ans, mère de neuf enfants : « Mes trois plus jeunes enfants se réveillent souvent la nuit en hurlant de frayeur, » dit-elle. « Et l’énurésie est devenu un problème, la nuit ».
Pour Abu Jamiea, il n’y a pas de solution, car même si quelqu’un lui faisait cadeau d’un générateur, il ne pourrait se payer le carburant pour le faire fonctionner.
Le petit-fils d’Abdelal, Mohammed, dit qu’il s’est réveillé aux environs de 3 h 30 ce matin, pour le suhur, le repas qu’il prend, comme les autres musulmans, avant le lever du soleil pendant le Ramadan. « Il est énervant de marcher à tâtons dans l’obscurité, de chercher les bonnes assiettes et d’essayer de trouver quelque chose à manger. Et on reste avec la faim et la soif tout le reste de la journée. »
Abu Jamiea dit qu’elle espère apprendre à ses enfants « à aimer la vie, même si l’obscurité persiste et si le monde abandonne la population impuissante de Gaza ». Cela ne s’améliorera pas après le Ramadan, et personne ne peut dire si cela s’améliorera jamais.

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* Mohammed Omer a collaboré à de nombreuses revues et magazines, y compris le Washington Report on Middle East Affairs, Pacifica Radio, Electronic Intifada, The Nation, et Inter Press Service ; il a également fondé le blog Rafah Today. Il a été récompensé du Prix pour le Journalisme 2007 Martha Gellhorn.
6 septembre 2010 - Miftah - Source : IPS - traduction : JPP
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Obama : La paix ne se fera pas « rapidement »

08/09/2010
Le président américain Barack Obama a averti hier que la paix au Proche-Orient ne se fera pas « facilement » ni « rapidement », malgré la reprise des négociations directes entre Israéliens et Palestiniens. Dans un message destiné à marquer Rosh Hachana, le Nouvel An juif, M. Obama a toutefois souligné que les récents développements dans la région avaient relancé les espoirs de paix. « À une époque où Israéliens et Palestiniens ont repris un dialogue direct, c'est à nous d'encourager et soutenir ceux qui sont prêts à faire fi de leurs différences et travailler pour obtenir la sécurité et la paix en Terre sainte », a déclaré M. Obama.
De leur côté, de hauts responsables palestiniens ont mis en garde hier contre la difficulté des négociations directes qui doivent s'engager avec Israël, après la cérémonie inaugurale de Washington. Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas « a annoncé en toute clarté et bonne volonté qu'il était prêt à réussir ces négociations et que l'atmosphère qui régnait à Washington était différente », a déclaré Nabil Chaath, un des membres de la délégation palestinienne à Washington, où Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont officiellement repris le dialogue entre les deux camps le 2 septembre. « Mais cette atmosphère ne voudra rien dire s'il n'y a pas de résultat », a prévenu M. Chaath.
Un autre haut responsable palestinien a jugé improbable un effondrement total des négociations, malgré les interrogations sur la prolongation par Israël du moratoire partiel sur la colonisation en Cisjordanie, qui expire le 26 septembre, sans laquelle les discussions aboutiront à une impasse, selon l'Autorité palestinienne. « Il est inimaginable que l'administration américaine appelle à des négociations directes au début du mois pour accepter qu'elles s'arrêtent à la fin du mois, cela nuirait à leur crédibilité », a-t-il souligné, sous le couvert de l'anonymat, estimant que Washington parviendrait à un compromis avec Israël sur la colonisation.
M. Netanyahu a également rappelé que cette relance des pourparlers, suspendus pendant 20 mois, était une « tentative » pour réaliser un accord, dans un message aux Israéliens à l'occasion du Nouvel An juif qui débute ce soir. « Je dis que c'est une tentative parce que le succès n'est pas certain. Il y a beaucoup d'obstacles. Il y a beaucoup de sceptiques et de raisons de scepticisme », a-t-il reconnu dans ces vœux. Réaffirmant ses exigences de sécurité et de reconnaissance par les Palestiniens d'Israël comme « l'État-nation du peuple juif », il a assuré que son gouvernement engageait cette démarche « avec de bonnes intentions mais sans naïveté ».
De leur côté, les monarchies pétrolières du Golfe ont fait part mardi de leurs craintes de voir les négociations de paix israélo-palestiniennes compromises par les « agressions » israéliennes, alors que la Russie et la France ont réclamé la poursuite au-delà du 26 septembre du gel de la colonisation israélienne.  

Le long parcours des négociations directes

Le début était extrêmement pessimiste. Dès mon arrivée à l’aéroport dans la capitale américaine, j’ai rencontré mon ami, Saëb Erekat, président des affaires des négociations à l’OLP et ex-ministre de plusieurs portefeuilles pendant le mandat de Yasser Arafat.
Après les salutations, je me suis empressé de lui demander s’il était prêt pour le long marathon des négociations. La question était tout à fait justifiée, car Saëb Erekat a participé à la quasi-majorité des négociations israélo-palestiniennes. De plus, il est le seul à connaître tous les documents palestiniens. Il est reconnu pour son intégrité et son honnêteté. Il m’a surpris en répondant que les négociations ne seront pas longues du tout, car le 26 septembre prochain se terminera le délai du gel temporaire de la construction des colonies. Si le délai n’est pas prolongé, il n’y aura pas de négociations. « Nous insistons », a-t-il précisé. La réponse était tranchante et signifiait clairement que les négociations directes pour lesquelles se rencontrent des dirigeants et des présidents peuvent se terminer avant même de commencer.
La réponse m’a surpris bien que j’aie consulté pendant mon long voyage des articles publiés dans la presse internationale sur les négociations directes entre les Palestiniens et les Israéliens. J’ai remarqué le grand pessimisme qui y régnait. Et même quand j’ai eu l’occasion de rencontrer des responsables au Caire avant mon départ, rien n’indiquait l’optimisme dans leur discours. Au contraire, ils confirmaient que la partie israélienne n’a pas laissé de grandes chances de succès mais que le devoir impliquait de soutenir la partie palestinienne comme l’a toujours fait l’Egypte. En Palestine, les déclarations pessimistes n’ont pas seulement émané du Hamas ou d’autres parties rigoristes, mais aussi de parties modérées. C’est ainsi que le secrétaire général de l’initiative nationale, Marwane Al-Barghouti, a déclaré que les négociations directes entre les Palestiniens et les Israéliens ne mèneraient pas à de bons résultats. Même des sources du ministère iranien des Affaires étrangères ont parlé de fortes éventualités d’échec. Cependant, les nombreux rounds de négociations autour du conflit arabo-israélien ont toujours été entourés de ce pessimisme. En effet, il émane de l’immense capacité du conflit de se prolonger malgré le changement des époques et des régimes internationaux et régionaux pendant plus de 100 ans.
La longue voie des négociations, qui a commencé avant la conférence de Madrid en 1991, puis les négociations d’Oslo pour arriver aux pourparlers de Camp David II et aux ententes de Clinton en décembre 2000 et enfin le document de Taba en janvier 2001, a brisé de nombreux tabous que l’on croyait intouchables.
Il est fort étrange que ce pessimisme règne également parmi les citoyens palestiniens et israéliens qui approuvent quand même la voie des négociations et la recherche d’un règlement.
En arrivant à la Maison Blanche, nous avons entendu le discours du président Obama, entouré de la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, et de l’émissaire du prédisent américain pour les négociations du Moyen-Orient, George Mitchell. Celui-ci a déterminé l’objectif des négociations comme étant la libération des terres occupées pendant la guerre de juin 1967. Ce qui représente la demande de la partie arabe. Ceci engendrera la création d’un Etat palestinien démocratique voisin à l’Etat israélien. Ce qui représente la demande de la partie israélienne. Le discours était équilibré dans son ensemble. Cependant, il a mis en doute la fidélité arabe en disant que certains insistent sur la nécessité de créer un Etat palestinien sans pour autant être disposés à présenter quoi que ce soit pour cet objectif.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers la salle et les délégations ont commencé à y entrer. D’abord la délégation palestinienne, puis l’israélienne, suivie par la jordanienne et enfin l’égyptienne accompagnée de George Mitchell, Hillary Clinton et Tony Blair représentant le Quartette. Puis ont fait leur entrée les présidents Obama, Moubarak, Abou-Mazen et le roi Abdallah II. Chacun d’eux a prononcé un discours au cours duquel il a déterminé le cadre général de leurs demandes en prémices des premières réunions prévues pour le lendemain. Le discours égyptien a pour sa part été clair et tranchant en précisant que la partie égyptienne était là pour soutenir les Palestiniens.
Ces négociateurs possèdent des crédits sur lesquels ils peuvent compter. Premièrement, elles reposent sur un patrimoine de réussite représenté par deux traités de paix : égyptien et jordanien. Deuxièmement, il s’agit du changement radical de la position américaine. Alors que l’administration de Bush jugeait le conflit arabo-israélien insolvable, la position de l’administration d’Obama n’est pas seulement l’opposée, elle voit dans le conflit une menace à la sécurité nationale américaine. Troisièmement, la série des négociations précédentes mène à ce qu’on appelle la solution des deux Etats. Quatrièmement, il existe une initiative arabe approuvée par la Ligue arabe qui a consacré un comité des pays arabes pour son suivi. Cinquièmement, la région connaît de nombreux foyers de pression qui sont liés au destin du conflit arabo-israélien. Et enfin, tout le monde a réalisé que l’alternative du succès de la bataille diplomatique signifiera davantage de violence et mènera même au déclenchement de la guerre.
Mais la politique ne connaît pas seulement les crédits. Elle connaît aussi les fardeaux dont le premier est représenté par la division palestinienne. En effet, le négociateur ne peut se battre sur le front israélien alors qu’il est poignardé dans le dos par les opérations militaires contre les Israéliens. Des opérations que Netanyahu a utilisées avec éloquence dans son discours inaugural devant les caméras en déclarant que ce dernier incident ne s’adressait pas aux colons mais qu’une femme enceinte et une mère de 6 enfants ont trouvé la mort. Le deuxième est représenté par le fait qu’Israël possède un ministère fort extrémiste et rigoriste dans la politique israélienne, dont les membres ont refusé les présents pas de paix sous prétexte qu’ils ont mené à l’augmentation des menaces contre Israël et non le contraire. Le troisième qu’il n’y a pas de temps pour réaliser la réussite. En effet, l’opposition des deux parties s’est empressée d’empoisonner l’atmosphère des négociations, que ce soit en faisant pression sur les colonies du côté israélien ou en lançant des actes de violence palestiniens qui portent à la fin préjudice à la sécurité nationale et aux intérêts palestiniens. Le quatrième est que la partie israélienne a conféré un caractère historique et non pas stratégique aux négociations en parlant de la nature de l’Etat et de son acceptation. Le cinquième est que les leaders des deux côtés souffrent de leurs positions précaires. Cependant, ceci peut représenter un motif pour créer une réalisation dans les négociations surtout que le président américain a lui aussi grand besoin d’une réalisation historique avant les prochaines présidentielles. Le dernier est que toutes les questions sont épineuses et que les fossés sont énormes entre les positions des deux parties.
Enfin, est-ce que ces négociations pourront réaliser des résultats positifs loin des vagues d’optimisme et de pessimisme ? La réponse est oui.
Abdel-Moneim Saïd
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« Nous pouvons à peine exporter des fleurs »

3 questions à
Barakat Al-Farrah,
ambassadeur palestinien en Egypte.
Al-Ahram Hebdo : L’économie palestinienne est en état de précarité en raison du bouclage et du blocus. Comment les pourparlers avec Israël qui viennent d’être relancés aideront-ils à son redressement ?
Barakat Al-Farrah : Le développement de l’économie palestinienne ne pourra avoir lieu que si Israël met fin au bouclage en Cisjordanie et au blocus à Gaza et si l’on arrive à une stabilité sécuritaire. Les barrières qu’impose Israël entravent le déplacement des personnes, des matières premières ainsi que l’implantation de nouveaux projets surtout à Gaza. Sans stabilité politique et sécuritaire, il n’y aura pas de nouveaux investissements. L’entrée des Arabes dans les territoires palestiniens doit être autorisée par l’intermédiaire des Palestiniens et non d’Israël. Cela encouragera beaucoup d’Arabes à visiter la Palestine et à y investir.
— Peut-on donc dire que vous êtes optimiste quant aux conséquences des pourparlers ?
Je ne peux pas me dire optimiste. Il est très difficile de dissocier l’économie palestinienne de l’israélienne et de mettre fin à la dépendance palestinienne sur Israël. Mais il faut en tout cas essayer de fixer les bases et l’infrastructure légale nécessaire. Par exemple, Abou-Mazen a lancé un décret interdisant aux Palestiniens d’acheter les produits fabriqués dans les colonies bien qu’ils soient moins chers que ceux produits en Israël en raison du coût du transport.
— La Cnuced a dans plusieurs rapports présenté le développement régional et international du commerce de la Palestine comme un important aspect de l’économie palestinienne. Qu’en pensez-vous ?
Le commerce a toujours un effet sur l’économie et sur la croissance du PIB. Mais Israël impose trop de barrières et nos capacités d’exportation ont été réduites. Nous pouvons à peine exporter des fleurs, des tomates et quelques denrées alimentaires. Même notre production d’oranges est devenue limitée, surtout à Gaza où les terrains agricoles sont en diminution. Le problème est que le commerce interarabe en soi n’est pas développé car les Arabes ne produisent ni des machines ni des équipements. Par contre, nous pouvons développer notre production agricole en Cisjordanie si nous parvenons à bénéficier de toutes nos ressources en eau. Nous pourrons aussi développer l’industrie de l’agroalimentaire et du textile.
Propos recueillis par Marwa Hussein
Les pratiques israéliennes et le blocus ont provoqué un changement radical de la structure de l’économie palestinienne. Les secteurs producteurs, comme l’agriculture et l’industrie, ont considérablement régressé entre 1995 et 2008 en raison de la destruction des infrastructures, de la confiscation des terrains et du manque d’eau, cédant la place au secteur des services. Ce dernier constitue actuellement les trois quarts de l’économie, ce qui marque un signe de faiblesse.
Source : Cnuced
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L’économie dans les mailles de la politique

Les 6,8 % de croissance en 2009 ne sont pas perceptibles sur le terrain, comme le souligne un rapport de la Cnuced au moment de la reprise des pourparlers de paix avec Israël. Explications.
L’économie palestinienne est loin de la reprise et son développement est bien en dessous de ses capacités. C’est en bref la conclusion que tire le rapport de la Conférence des Nations-Unies sur le Commerce Et le Développement (CNUCED), publié le 31 août, sur la situation économique dans les territoires palestiniens occupés. Et cela malgré des statistiques positives annonçant une croissance de 6,8 % et une baisse de 1,6 % du taux de chômage après des années de stagnation et de recul. Sans que sur le terrain, une avancée positive quelconque soit ressentie. « Il faut considérer avec précaution ces chiffres, étant donné les taux de croissance bas réalisés en 2008 », notent les auteurs du rapport qui rappellent que « le Produit Intérieur Brut (PIB) par habitant demeure inférieur de 30 % à ce qu’il était il y a dix ans, alors que le taux réel du chômage dans les territoires occupés serait de 30 % ». En fait, la croissance réalisée en 2009 s’explique surtout par les aides qui ont afflué en Cisjordanie et qui ont connu une croissance de 8,5 %, alors que la bande de Gaza est toujours soumise à un blocus quasi-total avec une croissance minime de 1 %. Il s’agit d’une croissance déséquilibrée et loin d’être durable. « La croissance du PIB est due à la hausse des aides étrangères et ne reflète en aucune façon une hausse de la production agricole, industrielle, voire même du secteur de la construction. L’économie palestinienne est toujours déséquilibrée », note Barakat Al-Farrah, ambassadeur palestinien au Caire.
Une équation difficile à modifier tant que la situation politique n’avance pas. « Selon l’étude, la détérioration de la posture économique palestinienne est surtout due au bouclage et au blocus qu’impose Israël sur l’économie palestinienne, la fermeture des passages, la construction du mur de séparation et la confiscation des terres palestiniennes. A cela s’ajoute l’implantation de nouvelles colonies israéliennes en Cisjordanie », souligne Khawla Matar, directrice du Centre des Nations-Unies pour l’information au Caire, en faisant la représentation du rapport. La Cnuced estime que le bouclage et le blocus procurent à l’économie palestinienne des pertes annuelles de 600 à 800 millions de dollars, soit 13 % du PIB. Au niveau de l’emploi, les Palestiniens perdent par an entre 60 000 et 80 000 emplois. En plus des pertes directes, l’effet des aides internationales, qui représentent la partie majeure du budget de la Palestine, est réduit à cause du blocus et les Palestiniens n’en tirent pas tous le profit qu’ils devraient en tirer. La Cnuced a calculé qu’une injection de 1,6 milliard de dollars d’aide à l’investissement public entre 2010 et 2012 entraînerait une hausse annuelle du PIB palestinien inférieure à 1 % en moyenne si le bouclage et le blocus persistent. La même somme dépensée dans un contexte d’apaisement générerait une croissance annuelle de 14 % et pourrait créer 80 000 emplois par an.
Le risque de destruction matérielle ainsi que les maintes restrictions imposées sur le mouvement des biens et des personnes ont été des facteurs décourageants pour le secteur privé formel. Pour survivre, les Palestiniens ont eu recours au secteur non formel et celui des tunnels à Gaza. Celui-ci représente les deux tiers de l’activité économique de la Bande de Gaza. Mais pas sans inconvénient : le risque qu’endurent les individus impliqués dans ces activités et l’isolement de Gaza ont eu pour conséquence une hausse des prix dans la bande qui sont au-dessus de leurs niveaux en Cisjordanie ainsi que hors de la portée des habitants. « Les médias ont montré à Gaza les marchandises et produits entassés dans les magasins et ne trouvant pas d’acheteur, alors que 61 % des habitants de la bande sont touchés par l’insécurité alimentaire vu que la production agricole a régressé de 60 % au cours des 10 dernières années ».
Dépendance envers l’économie israélienne
Si la situation économique s’est détériorée depuis le blocus imposé sur Gaza en 2007, ce qui s’est traduit par une hausse des taux de chômage et de pauvreté, la dépendance à l’économie israélienne dure depuis toujours. Israël contrôle les frontières, tous les accès aux territoires palestiniens, l’eau et même la collecte de plusieurs taxes qui doivent être ensuite transférées à l’Autorité palestinienne mais ne le sont pas souvent. « L’accord d’Oslo et le protocole économique de Paris ont institutionnalisé cette situation. Les taxes commerciales sont collectées par Israël et supposées être transférées à l’Autorité palestinienne. Mais les taxes sont utilisées en tant qu’instrument de pression politique, une tendance qui s’est accentuée après la deuxième Intifada. Ces mêmes accords ont institutionnalisé le contrôle sur les affaires. Les projets des hommes d’affaires palestiniens ont été souvent contrecarrés par des retards d’octroi de permis d’appropriation de terrain, de construction, de transport de marchandises, d’importation et d’exportation en plus de toutes les transactions financières », note Noeman Kanafani, directeur de l’Institut de recherche des politiques économiques palestiniennes (MAS) (Palestine Economic Policy Research Institute), dans un papier sur l’intégration régionale de la Palestine. Les Palestiniens n’avaient d’autre solution que de dépendre totalement d’Israël, premier partenaire commercial, mais aussi un grand nombre d’employés palestiniens y travaillent, ce qui affecte l’économie des familles suite à chaque blocus. Le rapport de la Cnuced note que le commerce avec Israël représente les trois quarts du commerce palestinien et que malgré la baisse du déficit commercial palestinien avec Israël en 2009, il reste élevé avec 65 %. Il a de même dépassé les 2,4 milliards de dollars d’aide internationale versés aux Palestiniens. La Cnuced pense qu’une diversification des partenaires commerciaux pourra aider la Palestine, mais cela nécessite la fin du blocus et une plus grande indépendance. Alors les attentes sont pressantes sur la reprise des pourparlers entre Israéliens et Palestiniens après 20 mois d’arrêt, aux Etats-Unis le 2 septembre dernier. Mais sans trop d’optimisme, puisqu’il ne s’agit pas du premier espoir perdu.
Marwa Hussein

Sévères mises en garde après le projet d’un groupe chrétien US de brûler le Coran

08/09/2010
Créé en 1986, le « Dove World Outreach Center », groupe fondamentaliste chrétien basé en Floride, a annoncé, il y a quelques semaines, son intention de brûler un exemplaire du Coran samedi à l'occasion du neuvième anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Ce groupe, qui accuse l'islam, « religion diabolique », de chercher à dominer le monde, a aussi appelé d'autres centres religieux à en faire autant pour se souvenir des victimes des attentats du 11-Septembre.
Hier, de multiples voix, notamment américaines, se sont élevées contre ce projet. Si ce projet était mis à exécution, cela servirait la propagande des talibans en Afghanistan et renforcerait le sentiment antiaméricain dans le monde musulman, a ainsi averti le général David Petraeus qui commande la force de l'OTAN (ISAF) et les troupes américaines en Afghanistan. « Je suis très inquiet des répercussions possibles, dans l'hypothèse où ils brûleraient un Coran », a-t-il déclaré dans un communiqué reçu à Kaboul. Et d'ajouter : « C'est précisément le genre d'action que les talibans utilisent et cela pourrait engendrer des problèmes significatifs. Pas seulement ici, mais partout dans le monde où nous sommes présents aux côtés de la communauté musulmane. » La Maison-Blanche s'est également dit préoccupée, hier, partageant les inquiétudes du général Petraeus concernant les conséquences de cet acte sur les troupes américaines.
Le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, a également condamné ce projet, en soulignant qu'un tel acte mettrait en danger les troupes déployées en Afghanistan. « Je pense que de tels actes sont en forte contradiction avec toutes les valeurs au nom desquelles nous nous battons », a-t-il affirmé.
De son côté, l'Iran a prévenu qu'une telle action déclencherait des réactions « incontrôlables ». « Nous conseillons aux pays occidentaux d'empêcher l'exploitation de la liberté d'expression pour insulter les livres saints, sinon les sentiments que cela provoquerait dans les nations musulmanes ne pourraient être contrôlés », a affirmé le porte-parole des Affaires étrangères à Téhéran. En Indonésie, pays musulman le plus peuplé du monde, la minorité chrétienne dit craindre aussi des « tensions ». L'Union des 20 000 églises chrétiennes protestantes d'Indonésie a envoyé une lettre au président américain Barack Obama pour l'exhorter à intervenir. Brûler le Coran « nous ramènerait au Moyen Âge et constituerait un acte contre la civilisation », a expliqué son président Andreas Yewangoe à l'AFP. Une centaine de radicaux musulmans avaient déjà manifesté fin août devant l'ambassade des États-Unis à Djakarta et menacé de déclencher une guerre sainte si le Dove World Outreach Center persistait dans son projet.
Aux États-Unis, des associations musulmanes ont estimé que cette initiative confirmait l'augmentation de l'islamophobie dans le pays. En outre, un projet de centre islamique près de « Ground Zero » à New York, site d'un des attentats du 11-Septembre, déchaîne les passions depuis quelques semaines.
Enfin, sous le titre : « Que personne ne brûle le Coran », l'Osservatore Romano, le quotidien du Vatican, se fait hier l'écho des multiples condamnations du projet de brûler publiquement un exemplaire du Coran.
Par le passé, des profanations présumées du Coran par des soldats américains, à la fois en Afghanistan et en Irak, ont attisé les tensions et provoqué des violences. La publication en 2005 au Danemark de caricatures controversées de Mahomet avait également provoqué une tempête de protestations, ainsi que de violents incidents dans plusieurs pays du monde musulman.
Terry Jones, le pasteur derrière le projet du « Dove World Outreach Center », a déclaré hier « prendre au sérieux » les inquiétudes formulées à ce sujet, tout en se disant « fermement résolu » à mener son projet à bien.

La colonisation, un mouvement inhérent à l’idéologie sioniste

Les colonies, principal obstacle à la paix, font partie de tout un système de pensée qui est le véritable mythe fondateur d’Israël.
Le grand test sera le 26 septembre, celui de la fin du moratoire accordé pour le gel des colonies. En fait, si la colonisation est le principal obstacle à un règlement, cela est inhérent à la nature même d’Israël et à son idéologie sioniste fondée sur la colonisation. L’historien Bernard Ravenel rappelle par exemple que le mouvement sioniste, lors de son installation en Palestine, s’accompagne d’un processus de colonisation de peuplement. En même temps, l’influence grandissante du courant sioniste ouvrier — qui deviendra majoritaire dans le mouvement sioniste au début des années 1930 — va donner à cette colonisation un caractère très particulier fondé sur un rejet des autochtones, les ayants droit, ce qui se poursuit jusqu’à présent. L’historien, dans son article qui date de 2005, précise ainsi « qu’il s’agit donc de créer non seulement un Etat juif mais surtout une société purement juive disposant notamment de sa propre base ouvrière. Par là, la colonisation sioniste diffère radicalement du schéma colonial classique. Il n’est plus question d’exploiter les indigènes mais bien de les remplacer. Distinction fondamentale en effet, mais non au point d’ôter au sionisme son caractère colonial ». Il s’agit essentiellement de spolier les Arabes. Ce qui est pire. Ainsi, les analystes relèvent que l’élargissement des implantations juives sera donc une priorité stratégique d’Israël jusqu’à aujourd’hui. De plus, le sionisme religieux de l’après-1967 devient plus puissant, plus militant, plus à droite. Il passe en 1977 d’une alliance avec les Travaillistes à une alliance avec le Likoud. Quel que soit le courant, l’idée de rendre la terre d’Israël aux Arabes passe mal dans la population, que ce soit de gauche ou de droite. Et une fois la gauche au gouvernement, elle a créé des implantations juives dans les territoires occupés dès 1968. Après 1977 et son arrivée au pouvoir, la droite se lance dans un programme beaucoup plus ambitieux : 50 000 colons en 1987, avant la première Intifada, 100 000 colons en 1993, avant les accords d’Oslo, 200 000 colons en 2000, avant la seconde Intifada, 245 000 fin 2005. Les zones fortement peuplées de Palestiniens sont également visées, pas seulement les zones vides. Les terres palestiniennes sont largement confisquées, pour construire des colonies, des routes, des postes militaires, ou simplement pour éviter les constructions arabes.
Cette idée de rejeter l’autre est donc courante. Un des derniers exemples vient de Jérusalem-est : des vigiles armés rétribués par le ministère israélien de l’Intérieur agissent à l’instar d’une milice privée des colons juifs qui a de plus en plus recours à la force et à la violence contre les Palestiniens. « Ceux portant plainte contre les colons juifs se retrouvent en position de suspects et arrêtés, et les dossiers sur des actes de violence perpétrés par des juifs sont clos, faute de preuves ».
Le rapport élaboré par une organisation israélienne des droits de l’homme fait également état d’interrogatoires par la police de mineurs palestiniens, « parfois âgés de moins de 12 ans », et de la présence de caméras de surveillance dirigées vers l’intérieur des maisons privées dans les quartiers arabes de Jérusalem-Est. De quoi confirmer cet esprit qui, comme le souligne Saïd Okacha, du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, est lié à une question de culture et de conviction juives. Un obstacle pas très facile à lever.
Ahmed Loutfi

Les paris risqués d’Obama

Le locataire de la Maison Blanche a voulu parier sur une nouvelle approche du conflit palestino-israélien, mais il semble désormais condamné au même sort que ses prédécesseurs : un processus de paix sans fin.
« Faiseur de paix au Proche-Orient », c’est en portant cette veste qu’Obama a entamé sa vie présidentielle. Et le processus de paix était un dossier de « grande priorité » pour la nouvelle politique étrangère américaine. Tout le monde aspirait alors à ce que le nouveau président apporte un nouvel esprit de paix au Moyen-Orient, et qu’il réalise ainsi ce qui a été manqué par la plupart des administrations précédentes.
Avant son investiture, Obama promettait de mettre en place une équipe qui puisse s’engager « immédiatement » dans le processus de paix au Proche-Orient. Cette équipe « s’adressera à toutes les parties prenantes. Elle travaillera à mettre sur pied une approche stratégique qui garantisse que les Israéliens et les Palestiniens puissent satisfaire leurs aspirations », soulignait-il.
Elu, Obama s’est tout de suite attelé à cette tâche. Son entrée a été même très remarquée sur la scène internationale. Le 21 janvier 2009, le lendemain de son investiture, Obama appelle Mahmoud Abbass. Une rencontre qui a pris comme titre « Le règlement du différend arabo-israélien ». Le jour d’après, le 22 janvier, Obama nommait son nouvel envoyé spécial au Moyen-Orient en la personne de l’ancien sénateur démocrate George Mitchell, homme qui avait mené avec succès les négociations sur la question d’Irlande du Nord, qui aboutirent au fameux accord politique du Vendredi Saint (1998), où les leaders historiques de l’IRA abandonnèrent définitivement la lutte armée.
Dans son administration, beaucoup de gens se sont aussi investis dans ce dossier, en multipliant les mises en garde en direction de Tel-Aviv. Rahm Emanuel, le directeur du cabinet présidentiel, a ouvert le feu devant l’Aipac : « L’heure de vérité a sonné pour Israël ». Le principe des deux Etats, « l’unique solution », ne saurait être abandonné. La secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, puis le vice-président, Joe Biden, ont martelé des propos similaires. Le général James Jones, conseiller à la Sécurité nationale, a eu ces mots : « Nous n’allons pas pousser Israël sous les roues d’un autobus, mais nous serons fermes ».
Des rencontres ont été organisées entre Netanyahu et Abbass séparément à la Maison Blanche afin de maintenir des pressions sur eux pour les amener sur table.
D’autres indices favorables, c’était qu’Obama a ouvert la Maison Blanche pour recevoir le lobby israélien J-Street dont la pensée contredit celle d’Aipac.
D’une façon générale, les discours d’Obama ont été caractérisés en ces moments par un ton très optimiste. Mais c’est seulement de la rhétorique, dit-on.
 
Un recul obligé
Un an et demi plus tard, le bilan est plus modeste que ce que l’on pouvait espérer. Et une vague de critiques se dressaient envers Obama. Il est jugé être très loin de ses discours. Même plus loin que tous ses prédécesseurs.
« Le président américain, en dépit des espoirs qu’il a suscités au début de son mandat, s’est montré capable, comme tous les autres présidents américains, d’un recul rapide sur tout ce qu’il dit », dit Ossama Mégahed, politologue.
Il s’agit seulement des déplacements inauguraux. Il n’a pas touché le fond du conflit. Une des conditions « non négociable » du président Obama pour entamer le processus de paix, à savoir « le gel des colonisations », a été balayée par Israël qui poursuit toujours sa politique. Obama change aussi de terme, l’expansion des colonies doit être « limitée ».
L’intransigeance israélienne n’a même pas trouvé de honte de donner à maintes fois des camouflets diplomatiques à Washington. La veille de la visite de Mitchell, Israël a entamé un nouveau plan de colonisation.
La politique de la main tendue et sa volonté de surmonter les impasses politiques se heurtent à de vieilles rivalités. Ce qui pousse le président américain à avouer qu’il a mal évalué le dossier. « Devant, d’un côté, un différend interpalestinien, des ingérences régionales qui s’opposent aux négociations, comme celles de la Syrie et de l’Iran. Et d’un autre côté, un gouvernement de droite israélien qui refuse tout gel de colonisation, Obama devient le président américain le plus affaibli », dit Ossama Mégahed.
Obama est obligé alors de changer sa stratégie vis-à-vis du Proche-Orient. Selon Saïd Okacha, politologue au Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, il y a toute une différence entre la première rencontre froide d’Obama avec Netanyahu et celles chaleureuses qui l’ont suivie. Selon Saïd Okacha, Obama réalise à l’avance l’échec de ce sommet. « L’administration d’Obama qui a conditionné l’arrêt de la colonisation pour une sérieuse négociation a échoué à y parvenir. Il a réussi un gel des colonies, temporaire de 10 mois. Mais après la fin du moratoire, rien n’a jusqu’à maintenant été précisé », explique-t-il. Et d’ajouter : « Devant son incapacité à prendre des mesures sévères contre l’Etat hébreu, Obama a exercé de fortes pressions sur le côté palestinien et arabe pour participer au sommet. Il est alors évident qu’Obama cherche maintenant plus de succès diplomatique qu’un règlement du conflit ».
En fait, ce sommet a constitué un grand risque pour Obama. Il intervient à l’approche d’élections de mi-mandat qui menacent sa majorité au Congrès, et sa quête de remporter un second mandat en 2012. Les Démocrates doivent répondre d’une situation intérieure difficile, avec un chômage élevé (9,5 % en juillet) et une reprise économique poussive.
Alors, l’absence d’un accord de paix d’ici à l’été 2012 constituerait un lourd handicap pour Obama, dans sa campagne de réélection à la Maison Blanche. Car autant les élections législatives de mi-mandat aux Etats-Unis sont traditionnellement tournées vers l’économie et les thèmes de politique intérieure, autant les campagnes présidentielles comportent toujours un important volet diplomatique.
Devant ce statu quo, le président Obama reviendrait à la stratégie qui a déjà échoué : celle d’Annapolis, un processus de paix sans fin à l’abri duquel Israël continue sa politique de conquête et de colonisation.
Aliaa Al-Korachi

« Si ces négociations réussissent, ce sera un tournant dans le conflit »

Emad Gad, rédacteur en chef d’Israeli Digest, souligne qu’en cas de bonne foi, les pourparlers directs peuvent mener à une solution dans trois mois.
Al-Ahram Hebdo : Tout d’abord, pouvez-vous expliquer pourquoi les négociations sont relancées à présent en particulier ?
Emad Gad : Le conflit israélo-palestinien a toujours occupé une place importante sur l’agenda du président américain Barack Obama même depuis la présentation de sa candidature à la présidence américaine. Des négociations directes entre Palestiniens et Israéliens étaient le moyen qu’il envisageait pour arriver à une solution de ce conflit historique. Il fallait donc du temps pour préparer la relance de ces négociations dans un contexte mondial, ce qui n’est pas du tout facile. Et voilà enfin qu’elles sont lancées.
— Pensez-vous qu’elles puissent vraiment aboutir à une solution au bout d’une année comme prévu ?
— Elles peuvent même donner lieu à des résultats clairs au bout de 3 mois et non pas une année comme il est exigé. Cela dépend du respect des paramètres qu’avait établis l’ex-président américain Bill Clinton et qui furent approuvés en décembre 2000 par les deux camps israélien et palestinien. Ces paramètres se sont intéressés aux sujets sensibles tels que la colonisation, les réfugiés, les frontières et Jérusalem.
— Quels sont les obstacles devant ces négociations ?
— Concernant donc ces paramètres, l’OLP sera flexible parce que Arafat les avait déjà acceptés, on peut donc s’attendre à des résultats positifs. Quant au Hamas et les autres factions, ils se sont déclarés contre ces négociations et ont déclaré et souligné que leur riposte interviendra prochainement. C’est sur cela que compte Israël. Brandir des fusils ou mener des attaques violentes peut être un prétexte pour Netanyahu afin de geler les négociations. Il veut suivre les démarches de Sharon en traçant les grandes lignes d’une solution sans appliquer, c’est Netanyahu seul qui a le pouvoir de mettre les obstacles face aux démarches de paix ou, au contraire, les faire évoluer. Par exemple, Ytzhak Rabin après Oslo a choisi de poursuivre ce qu’il a commencé malgré les attaques violentes du Hamas.
— Comment la présence de l’Egypte et de la Jordanie a-t-elle placé le dossier dans un contexte régional ?
— La présence égyptienne et jordanienne représente une couverture arabe qui légitimise les négociations face au groupe formé de Syrie, du Hezbolah et du Hamas qui les considèrent illégitimes. Le choix de l’Egypte et de la Jordanie peut être expliqué dans le contexte des relations diplomatiques que ces deux pays entretiennent avec Israël, si par exemple l’Arabie saoudite avait des relations diplomatiques avec l’Etat hébreu, elle aurait pu y être invitée. Le président Moubarak, dans un article au New York Times avant les négociations, a indiqué les grandes lignes à respecter : le retour aux frontières de 1967, le gel des colonies et la normalisation avec Israël à condition de régler les dossiers syriens et libanais.
— A quel point il y aura une partie plus privilégiée que l’autre ?
— Les négociations reflètent la situation réelle. Les Palestiniens comprennent sans doute qu’il y a un plafond à leurs ambitions. Pas de droit absolu de retour des réfugiés en Palestine, pas de retour complet aux frontières de 67, donc le but c’est de parvenir au maximum de ce qui est réalisable. Le problème est que les dirigeants mentent à leurs peuples, on fait vivre les gens dans des illusions loin du réel.
— A quel point ces négociations peuvent-elles représenter un tournant de l’histoire du conflit ?
— Pour garantir la réussite de ces négociations, les Palestiniens doivent au moins être d’accord sur les paramètres de Clinton, et ils risquent des dangers s’ils n’arrivent pas à réaliser une réconciliation nationale entre différentes factions. Les Etats-Unis doivent soutenir les négociations puisque c’est la seule chance susceptible de réaliser la paix. L’Egypte soutient Abou-Mazen et lui fournit la couverture convenable. Israël doit faire preuve de bonne foi afin de parvenir à une solution. Si vraiment ces négociations réussissent, cela sera un tournant dans le conflit israélo-palestinien et peut-être le germe de paix entre des générations arabes et israéliennes à venir, surtout que les nouvelles générations arabes n’ont pas été témoins des grands événements du conflit.
Propos recueillis par Mavie Maher

Un message égyptien clair

L’Egypte, accusée d’habitude de subir des pressions pour convaincre les Palestiniens de négocier, est celle qui, cette fois-ci en particulier, fait pression pour la sécurité de la région et sa propre sécurité.
A chaque fois que la question palestinienne, et surtout en ce qui concerne les négociations, est soulevée, tous les regards se dirigent vers l’Egypte. Une série de questions vient alors s’imposer sur la scène s’interrogeant sur le rôle qu’elle joue : qu’a fait l’Egypte ? Que peut-elle faire pour sauver la Palestine ? Agit-elle sous pression ou pas ? Dans certains cas, nombreux se portent volontaires pour dire que l’Egypte n’a rien fait et pour d’autres, Le Caire est l’axe principal de ces négociations. Mais de toute manière, personne ne peut nier que l’Egypte a longtemps été l’escale obligée pour toute initiative visant à trouver une solution au conflit qui oppose Israéliens et Palestiniens.
Et voilà que de nouveau, et avec la relance des négociations directes organisée sous l’égide de Barack Obama, que le rôle égyptien réapparaît sur la scène politique. Les efforts égyptiens ne sont pas moins important que ceux des autres. En effet, l’Egypte déploie depuis des mois des efforts intenses pour inciter Israéliens et Palestiniens à se retrouver de nouveau sur la table des négociations. C’est d’ailleurs sur quoi a insisté Soliman Awad, porte-parole de la présidence égyptienne, en affirmant que l’Egypte s’est intéressée depuis plusieurs mois à préparer le terrain pour la reprise des négociations directes. En effet, non pas seulement le président égyptien Hosni Moubarak avait rencontré Netanyahu à de nombreuses reprises avant cette réunion en guise de préparation à ce premier sommet. Mais le président Moubarak a fait aussi escale à Paris en route pour les Etats-Unis avant d’aller participer à la reprise des discussions de paix entre Abou-Mazen et Netanyahu à Washington. Objectif : examiner avec Nicolas Sarkozy ces négociations avec la volonté de faire inclure la France et l’UE (Union Européenne) au processus. « Je souhaite que toutes les parties puissent saisir cette occasion alors que nous sommes à un tournant important », avait déclaré le président Moubarak lors de cette rencontre.
La mission égyptienne est donc bien précise. Le président Moubarak a appelé le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, à tenir son engagement de paix, affirmant que les Israéliens doivent saisir « la chance » qui se présente et arrêter la colonisation des territoires palestiniens. Le chef d’Etat égyptien a aussi affirmé, lors d’un discours à la Maison Blanche, qu’il souhaitait que le premier ministre concrétise ses déclarations en faveur d’une « paix longtemps attendue » par les Israéliens. Il a aussi dit qu’Israël « devrait totalement arrêter toute activité de colonisation, jusqu’à ce que le processus de paix parvienne à sa conclusion ». S’exprimant aux côtés de Netanyahu, du président américain Barack Obama, du roi Abdallah II de Jordanie et du président palestinien Mahmoud Abbass, Moubarak a aussi appelé les Israéliens à « saisir la chance de paix » et à ne « pas la laisser filer entre vos doigts ».
Pression ou pas ?
Pour le politologue Saïd Okacha, l’Egypte est un pays qui a des relations profondes avec tous ces pays et a signé un accord de paix avec Israël pour garantir la paix dans la région. « Même si la chance de réussite de ces négociations est très faible, il faut qu’on les soutienne. Car une solution alternative pourra menacer la cause palestinienne ainsi que la sécurité de l’Egypte », explique le politologue.
Sans aucun doute, c’est uniquement dans l’intérêt des Palestiniens et de la sécurité dans la région que l’Egypte agit. Moubarak a même évoqué quelques conditions fondamentales qui garantiraient le succès de ces négociations. Notamment, il a évoqué la nécessité du gel complet de la colonisation juive en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. « Un gel complet de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est est crucial pour le succès des négociations, à commencer par la prorogation du moratoire d’Israël sur la construction (...) qui expire ce mois », avait-il affirmé. Il a aussi par ailleurs rappelé l’importance d’une réconciliation interpalestinienne : le Fatah et le Hamas qui sont à couteaux tirés depuis la prise de pouvoir par la force de la bande de Gaza par ce dernier mouvement, en juin 2007. « Les Palestiniens ne peuvent pas parvenir à la paix si leur propre maison est divisée. Si Gaza est exclue d’un accord de paix, elle restera une source de conflit », a-t-il averti. Peut-on encore parler de pressions ? Sûrement pas. Ce n’est pas question de pression subie, bien au contraire, cette fois-ci c’est l’Egypte qui fait pression. Si dans un certain temps l’Egypte a été accusée d’agir dans cette affaire sous pression américaine, les rôles se sont aujourd’hui échangés. C’est l’Egypte qui fait pression. En effet, le président Moubarak a pressé son homologue américain, Barack Obama, pour intervenir directement dans le dialogue qui se reprend entre Israéliens et Palestiniens, a rapporté Soliman Awad, qui affirme que le message principal de Moubarak à la Maison Blanche était « que les Etats-Unis interviennent, demeurent concentrés et engagés et tendent la main aux deux parties pour aider à rapprocher les positions et résoudre les désaccords ».
Le porte-parole a rappelé le rôle éminent de l’ancien président Jimmy Carter pour conclure la paix entre Israël et l’Egypte en 1978, aboutissant aux accords de Camp David. « Le président Moubarak a dit au président Obama », a-t-il dit, « que si (le président égyptien) Sadate et (le premier ministre israélien) Menahem Begin avaient été laissés seuls à Camp David, ils n’auraient jamais atteint un accord de paix ». « Cette fois encore, les deux parties ne doivent pas être laissées seules, autrement il y aura de grands obstacles », a-t-il poursuivi.
Des tentatives de réconciliation qui se suivent, l’une après l’autre, afin de parvenir à un résultat positif qui pourra aider les Palestiniens.
Pour Okacha, il est normal qu’avec toutes les tentatives de négociations qui ont échoué, l’opinion publique éprouve un certain pessimisme et une sorte de perte de confiance. « Les gens s’ennuient puisque les rencontres ne réalisent pas grand-chose, c’est justement d’ici que les accusations viennent se jeter sur les épaules de l’Egypte qui joue le rôle de médiation dans cette affaire. Puisque les négociations ne mènent à rien c’est que l’Egypte a échoué », explique le politologue.
L’Egypte est tout à fait consciente qu’elle ne possède pas de baguette magique pour résoudre les problèmes. Cependant, elle possède une volonté sérieuse d’instaurer la paix dans la région. L’essentiel est que toutes les parties soient prêtes à accepter une paix réelle. Un grand effort se présente dans cette reprise de négociations directes. Jusque-là, un programme de négociation a été établi. La prochaine rencontre entre les deux hommes doit se tenir les 14 et 15 septembre à Charm Al-Cheikh en Egypte. Ils doivent ensuite se retrouver tous les 15 jours. Cela dit, toute la présence égyptienne tout au long de l’itinéraire des négociations israélo-palestiniennes ne fait que confirmer une nouvelle fois que le rôle égyptien ne peut en aucun cas être considéré comme un simple rôle intermédiaire. Le rôle égyptien est principal et indispensable.
Chaimaa Abdel-Hamid

Ça passe ou ça casse

Après un début mi-figue, mi-raisin à Washington, une rencontre est prévue les 14 et 15 septembre à Charm Al-Cheikh, en Egypte. Il sera un test fondamental. Etat des lieux.
Lors du dialogue qui a eu lieu entre le président Hosni Moubarak et le chef de l’exécutif américain Barack Obama à la Maison Blanche avant l’ouverture de la nouvelle phase des négociations directes entre Palestiniens et Israéliens, le chef de l’Etat égyptien a transmis un message direct, à savoir que c’est l’engagement américain d’agir pour réaliser du progrès qui l’a poussé à participer à ce sommet. Et c’est le contraire de ce qui s’est passé à Annapolis il y a trois ans. Les Américains, de leur côté, relèvent la contribution égyptienne à la relance du nouveau processus. Une réunion jeudi dernier au Département d’Etat américain s’est focalisée sur l’encouragement des Palestiniens sous la direction du président Mahmoud Abbass à reprendre les négociations là où elles s’étaient arrêtées il y a deux ans. Il s’agissait aussi d’encourager les Palestiniens à faire preuve du maximum de souplesse dans leur façon de traiter avec le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.
En dépit du pessimisme qui a prévalu avant cette réunion, les sources diplomatiques américaines ont fait état de l’importance de tirer profit de l’expérience égyptienne dans les négociations avec Israël qui s’étend sur une période de plus de 30 ans. Ce que d’autres administrations américaines n’ont pas fait, et à titre d’exemple celle du président Bill Clinton lors des négociations de Camp David II en 1999. La diplomatie égyptienne non invitée n’a pu donc contribuer à réduire le fossé entre les deux parties.
Quoi qu’il en soit, ce sont Charm Al-Cheikh, la ville jordanienne d’Aqaba et Jérusalem qui vont jouer à présent le rôle principal, du moins un rôle très important dans le suivi des négociations bilatérales entre Abbass et Netanyahu. De quoi confirmer l’importance de l’expérience arabe, celle de l’Egypte et de la Jordanie notamment, en matière de négociations. Ceci d’autant plus que, comme l’a affirmé le président Obama, cette chance qui se présente actuellement serait la dernière.
Et c’est à Charm Al-Cheikh, les 14 et 15 septembre, que se tiendra la deuxième journée de ce processus qui a débuté à Washington. En dépit de cette initiative, les dirigeants arabes mettent en avant la nécessité d’une extrême méfiance quant à ces négociations. C’est ce que relève de manière évidente la déclaration du principal négociateur palestinien Saëb Erakat selon laquelle « il est prématuré de parler d’un optimisme palestinien ».
Quoi qu’il en soit, c’est une sorte de flou qui règne. Les médias américains dans l’ensemble sont plus optimistes. Ils trouvent des signes encourageants dans le langage du dialogue entre Abbass et Netanyahu à la Maison Blanche et au Département d’Etat. Cela a reflété une forme de souplesse de la part des deux parties. Et pour la comparaison avec d’autres exemples, ils remontent à bien loin, la réunion à la Maison Blanche entre Arafat et le premier ministre israélien Ytzhak Rabin il y a 17 ans. Arafat ne souhaitait guère serrer la main à Rabin au vu et au su de tout le monde et devant le président Clinton. Cette fois-ci, la poignée de main a eu lieu. Des gestes symboliques. Ont-ils une signification, face à d’éventuelles difficultés dans le prochain round ?
La question des colonies
Le New York Times a publié un article du président Moubarak qui a confirmé que l’acceptation par les Arabes de toute solution est basée sur la nécessité d’arrêter la colonisation de manière totale, l’établissement d’un Etat palestinien sur les territoires de juin 1967 sans la moindre présence militaire israélienne et le déploiement de forces internationales ou de l’Otan. Celles-ci auraient pour tâche de faire le suivi d’une application de l’exécution des accords de sécurité suite à l’accord final. Sur le plan politique, il s’agit de s’attacher à l’initiative de paix arabe comme base d’un règlement global et d’une normalisation avec Israël. Un des points forts de l’article, c’est le fait que Jérusalem deviendrait la capitale des deux Etats dans le cadre d’un accord final.
Le porte-parole présidentiel, Soliman Awad, a, lui, tenté de minimiser l’obstacle que constitue la colonisation dans la mesure où dans le cadre d’un règlement final, il sera automatiquement question d’établir un statut de Jérusalem-Est et des colonies. Celles qui seront à l’intérieur des frontières de l’Etat palestinien seront considérées comme illégales. Cela dit, pour les Palestiniens à l’heure actuelle, il faut tester le sérieux du premier ministre israélien quant à poursuivre les négociations par la fin de ses discours sur un nouveau cadre des pourparlers, par la formation de comités spécialisés. C’est une perte de temps, soulignent à juste titre les Palestiniens. Il faut reprendre les négociations au point où elles se sont arrêtées en 2008. Et le test, sans doute principal, est celui de prolonger le moratoire du gel des colonies qui se terminera le 26 septembre. A cet égard, Netanyahu doit convaincre les partis religieux extrémistes qui font partie de la coalition au pouvoir d’accepter une formule souple à cet égard. Entre autres, autoriser la construction dans les grands blocs de colonies situées dans les régions qui seraient à l’avenir dans la partie israélienne dans le cadre d’un échange des territoires. Ce qui est prévu dans le cadre d’une solution basée sur la création de deux Etats.
Les radicaux israéliens et autres
La diplomatie américaine œuvre à cet égard avec celle israélienne à mettre au point des conceptions concernant le gel des colonies dans le cadre de réunions continues à Washington et Tel-Aviv. Ce qui est craint du côté américain, c’est qu’un gel des colonies aboutisse à l’effondrement du gouvernement de Netanyahu, mettant en échec les négociations. C’est ce que soulignent les éléments radicaux en Israël et le lobby pro-israélien en Amérique. Ces derniers avancent un autre argument contraire, celui de la division entre Palestiniens, d’autant plus que le Hamas s’est engagé à mettre en échec les négociations. Mais les plus optimistes à Washington donnent pour exemple les réalisations du gouvernement de Soliman Fayad à Ramallah, sur lesquelles il faut rapidement investir. La situation sécuritaire s’est améliorée de manière qui n’a pas été précédée. Le nombre d’attaques en Israël à partir de la Cisjordanie a beaucoup baissé.
Sur ce point précis, le président Moubarak a souligné dans l’article du New York Times que l’Egypte est disposée à intervenir pour résoudre les questions en rapport avec Gaza et le blocus imposé au Hamas par Israël par les négociations. Du côté pratique, les sources politiques égyptiennes soulignent l’existence de grandes difficultés dans les négociations avec le Hamas. Le point de vue de ce mouvement est qu’il n’est pas nécessaire de négocier avec Israël, que le conflit peut durer des dizaines d’années et que le facteur temps est dans l’intérêt des Palestiniens. Et si Israël veut parvenir à un règlement, c’est pour éviter le problème démographique qui constituera un véritable traquenard pour lui.
Le point de vue égyptien s’oppose à ce genre d’analyse. Le porte-parole Awad, dans une conférence de presse à Washington, a critiqué les organisations palestiniennes établies à Damas et financées par Téhéran pour saboter les négociations à travers des opérations militaires. De quoi imbriquer l’Iran et son dossier nucléaire, principal alibi israélien, dans la chose.
Les deux principales semaines constitueront ainsi l’une des phases les plus importantes de la question palestinienne. Un échec, au cas d’une reprise de la colonisation, aura pour l’Amérique des conséquences graves face aux ambitions iraniennes.
Ezzat Ibrahim

"Il n'y aura pas d'Etat palestinien" (Netanyahou)

Mardi, 07 Septembre 2010 13:23 
IRIB - "Il ne faut pas permettre qu'un Etat palestinien et anti-israélien soit mis en place.", a déclaré le Premier ministre du régime sioniste, Benyamin Netanyahou. En martelant que ce sont les Sionistes qui doivent avoir la suprématie démographique, en Palestine occupée, Netanyahou a déclaré: "Un Etat palestinien et anti-israélien ne sera jamais formé, dans cette région." Selon lui, être majoritaire est une question stratégique pour les Sionistes.  
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L’armée israélienne enlève une famille palestinienne à Sourif

[ 07/09/2010 - 09:41 ]
Al Khalil- CPI
Un groupe de sionistes  alliés à l’armée israélienne et déguisés de vêtements arabes ont enlevé lundi , le 6/9, une famille palestinienne, lors d’une attaque contre  sa maison au village de Sourif, dans le nord-ouest de la ville occupée d’Al Khalil, en Cisjordanie.
Selon des sources locales dans le village ont affirmé qu’une force occupante israélienne a arrêté, le citoyen Ali Ahmed Mousa Abou Rich, 55 ans et ses trois fils, Ahmed, 26 ans, Moussab, 23 ans, et Abdel-Rahmane, 19 ans, ainsi son épouse, Fatima Abdul Qader Mohammed Abou al-Rish, puis ils ont été emmenés vers une destination inconnue.
 « Les forces de l’occupation et les sionistes déguisés de vêtements arabes (Al Mousta’ribines) ont attaqué lundi après-midi, le village de Sourif et ont encerclé la maison d'Abou al-Rich, la fouillé et altéré son contenu, avant l'arrestation de la famille », ont souligné les sources.
Les sources ont ajouté que des affrontements ont été déroulés entre les citoyens qui ont tenté de confronter les forces occupantes qui ont lancé des bombes sonores et du gaz lacrymogène.

Haniyeh : la solidarité avec Al Qods prouve ses dimensions arabes et islamiques

[ 07/09/2010 - 10:39 ]
Gaza- CPI
Le premier ministre du gouvernement d’entente, Ismail Haniyeh a affirmé que les priorités du conseil des Oulémas consistent à protéger la religion et la pensée islamique, ainsi l'image des croyants palestiniens,  les droits et constantes islamiques palestiniens et de ne pas les renoncer ou abandonner, aussi d’alléger les souffrances du peuple palestinien à travers la gestion du pays d'une politique sage.
Lors d’un discours d’Iftar (rupture du jeûne) , organisé sous l’égide des Oulémas, le lundi 6/9, à Gaza, en présence d’une délégation des Oulémas algériens, Haniyeh a insisté qu’aucun responsable, quiconque, dans son gouvernement ne pourra dépasser la science islamique ( la Charia) en gouvernant ce pays.
« Les Oulémas ont donné un modèle lumineux à suivre en Palestine, ils se sont attachés hautement à la science et au djihad, ils ont participé au système politique, agissant en trois voies, la prédication, le djihad et la politique », a ainsi souligné Haniyeh.
En se félicitant des activités de la délégation des Oulémas algériens et leur présence à Gaza, Haniyeh a salué fortement le rôle de la solidarité arabo-islamique et des hommes libres au monde entier avec la question légitime palestinienne, notamment durant la journée mondiale de la solidarité avec Al Qods.
« L’action de la solidarité mondiale avec le peuple palestinien a témoigné trois étapes, premièrement dés le débuts de l’embargo sioniste imposé contre la bande de Gaza, deuxièmement durant la guerre néonazie commis récemment contre la population de Gaza et troisièmement suite à l’assaut très sanglant de la marine de l’armée sioniste sur la flottille humanitaire de la liberté », a loué Haniyeh la solidarité mondiale avec la Palestine occupée, indiquant que les solidaires internationaux se sont soulevés au cours de l’assaut meurtrier sioniste et qui ont prouvé que leur solidarité veut dire que la question palestinienne est parfaitement arabo-islamique.

30 M de dollars de l’Organisation de la Conférence Islamique pour soutenir la lutte des Maqdissins

[ 07/09/2010 - 11:17 ]
Le Caire - CPI
L’Agence Bayt Mal al-Qods a annoncé qu’elle mettra en œuvre un certain nombre de projets de développement pour installer les Maqdissins dans leurs terres, au cours de la prochaine année, afin de répondre à la politique de judaïsation qui continue dans la ville sainte.
Mohamed al-Sharqawi, directeur des Affaires publiques et des médias de l’Agence, rattaché au Comité d’al-Qods de l’Organisation de la Conférence Islamique, a annoncé que l’Agence à investi une somme de 2,6 millions de dollars en 2008, qui a atteint 5,7 millions de dollars en 2009, et 12 millions de dollars en 2010.
Nous espérons fortement atteindre les 30 millions de dollars investis dans divers secteurs de la ville saintes en 2011.
Lors de la conférence de presse au siège de la Ligue arabe au Caire, lundi 6 septembre, Al-Sharqawi a appelé les gouvernements des pays arabes et islamiques, en particulier l’Arabie Saoudite, à contribuer l’Agence, pour être en mesure de s’acquitter de son rôle principal de sauvegarder la ville d’al-Qods, et d’aider ses habitants.
Il a souligné que l’Agence s’appuie pour son financement sur le soutien des institutions arabes et islamiques, et sur les organisations populaires et privées, dans le cadre approuvé par l’Organisation de la Conférence Islamique avec des moyens appropriés.
Il a ajouté que ce que reçoit l’Agence Bayt Mal al-Qods comme dons reste en dessous des attentes, puisque son budget a atteint cette année 12 millions de dollars. Il a noté que le Fonds a élaboré une stratégie à partir de 2006 jusqu’en 2014 pour répondre aux besoins des Maqdissins.
Il a précisé que le principal objectif de l’Agence n’est pas politique, mais développemental et social, afin d’installer les habitants d’al-Qods sur leurs terres, et de traiter sérieusement les actions israéliennes sur le terrain.
Il a montré que l’Agence procède à l’achat de biens et les enregistre en fonction de leurs origines pour le compte de la Maison des Legs pieux à al-Qods. De plus, le soutien des institutions d’al-Qods permet le développement de toutes les constructions de manière égale, en effet, 6 écoles viennent d’être réhabilitées, et des travaux sont en cours aujourd’hui pour subventionner 4 nouvelles écoles dans le camp de réfugiés de Shufat, la ville de Wadi al-Joz, et d’autres.

Les pays du Golfe se méfient des négociations israélo-palestiniennes

[ 07/09/2010 - 11:23 ]
Agences
Les pays du  Golf se sont méfiés des conséquences de la reprise des négociations directes avec l’ennemi sioniste, exprimant leurs inquiétudes de l’échec très flagrant de ces pourparlers, après leur relance à Washington le jeudi passé critiquant la situation dans les territoires palestiniens occupés.
 Le Conseil de coopération du Golfe (CCG ) qui comporte l'Arabie saoudite, Koweït, les Emirats arabes unis, Qatar, Oman et le Bahreïn, a averti que les agressions continuelles de l’occupation israélienne au sein des Palestiniens  vont saper tout effort sérieux pour la réalisation de la paix dans la région, et n’attribueront jamais à parvenir à un tel compromis pour la stabilité au Moyen-Orient.
Lors d’un communiqué publié à l’issue d'une réunion, à Jeddah,  des ministres des Affaires étrangères de ces pays, ils ont aspiré que
ces négociations vont emmener  à "l'instauration d'un Etat Palestinien indépendant, viable et souverain avec Jérusalem-Est (la partie orientale d’al Qods occupée en 1967) comme capitale.
Selon le communiqué les pays du Golf ont exprimé leur inquiétudes envers la crise du programme nucléaire Iranien, appelant d’adhérer les efforts  internationaux pour un arrangement diplomatique et affirmant le droit des pays d’accéder à l’ énergie nucléaire à des fins pacifiques,  dans le cadre des normes fixées par l'Agence internationale de l'énergie atomique.
Ils ont exigé  la soumission de  l’occupation israélienne aux normes de l’Agence internationale de l’énergie atomique, critiquant sa politique officielle de deux poids deux mesures, tout en mettant en garde contre l’armement nucléaire israélienne qui menace toute la région. 
Il est à noter que le ministre sioniste des affaires étrangères, Avigdor Liebarman a annoncé l’échec des négociations directes, dés son premier tour à Washington, ignorant leur poursuite à Charm Al Cheikh, les 14 et 15 septembre, insistant à la nécessite de poursuivre le colonialisme en Cisjordanie et sapant par ses déclarations racistes et hostiles tout effort international déployé pour le soi-disant compromis de paix avec les Palestiniens.