jeudi 10 septembre 2009

Des organisations israéliennes de droit de l'homme appelle à juger les criminels de guerre israéliens

09 Sept 2009

Damas / Un rapport publié par l'organisation israélienne des droits de l'homme "Betslim" a révélé que la plupart des martyrs palestiniens qui ont péri lors de l'agression israélienne contre Gaza sont des civils.

Al-Jazira a rapporté, d'après l'organisation, que 252 parmi ces martyrs étaient des enfants contrairement aux prétentions israéliennes selon lesquelles la majorité était des résistants.

L'organisation a, par ailleurs, espéré que les considérables dégâts qu'ont subis les civils palestiniens donnent lieu à la menée d'une enquête indépendante sur l'agression de trois semaines contre Gaza, estimant que l'enquête menée par Israël n'était pas suffisante.

De son côté, le chef de l'association "al-Beit" pour la défense des droits de l'homme a indiqué que toutes les informations données par l'armée israélienne étaient falsifiées et fausses.

Il a appelé, à cet effet; à poursuivre en justice les criminels de guerre israéliens pour dissuader le gouvernement israélien de violer la loi internationale et les conventions de Genève sur les droits de l'Homme.

Il a, dans ce contexte, souligné que son association travaille en harmonie avec le mouvement européen de solidarité avec la cause palestinienne pour imposer des sanctions au gouvernement israélien pour sa violation de la loi internationale, et boycotter les établissements et les produits israéliens.

A.A.

sana.sy

3.3 Millions de livres syriennes remises à l'UNERWA pour le soutien des enfants de Gaza

09 Sept 2009

Damas / La commission des femmes d'affaires de la chambre de commerce de Damas a remis aujourd'hui à l'UNERWA /3.3/ millions de livres syriennes, dons des Syriens pour le soutien des enfants palestiniens dans la bande de Gaza.

Le président de la chambre de commerce de Damas, M. Mohammad al-Qallaa a loué les efforts caritatifs et humanitaires déployés par la commission des femmes d'affaires de la chambre qui donne une bonne image de la femmes d'affaires en Syrie.

Mme Sonia Khanji, membre du conseil d'administration de la chambre de commerce de Damas, présidente de la commission des femmes d'affaires, a fait noter que ces dons sont octroyés à l'occasion de la fête /al-Fitr/ aux enfants de Gaza qui ont besoins de matières alimentaires et scolaires notamment à l'approche de la nouvelle année scolaire.

Soulignant que ces dons étaient offerts par nombre d'institutions gouvernementales et civiles, Mme Khanji a affirmé la disposition de la commission des femmes d'affaires et de la chambre de commerce d'apporter toute aide possible dont ont besoin les frères palestiniens dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Pour sa part, la chargée d'affaires de l'UNERWA en Syrie, Mme Lisa Gillayan a exprimé son appréciation pour ces dons "qui répondraient à une partie des besoins des enfants Gazaouis".

Mme Gillayan a aussi fait l'éloge des aides apportées par la Syrie, gouvernement et peuple, à lors d'une campagne de soutien aux enfants de Gaza, organisée, janvier dernier, où /4/ millions de Dollars ont été collectés.

La commission des femmes d'affaires de la chambre de commerce de Damas qui était fondée en /2000/ œuvre à renforcer le rôle économique et social des femmes d'affaires syriennes, à travers le soutien et l'encouragement du rôle de la femme dans l'action économique et la vie publique.

La commission vise aussi à promouvoir le rôle de la femme syrienne dans le travail libre pour qu'elle puisse contribuer d'une manière efficace au développement de l'économie nationale, à la gestion des affaires et à l'établissement des projets féminins d'investissement en vue de créer de nouvelles opportunités de travail, notamment pour les femmes.

N.S. / Gh.H.

sana.sy

Basse besogne égyptienne

Quatre migrants d’origine subsaharienne qui tentaient d’entrer clandestinement en Israël ont été tués, mardi dernier, par des gardes-frontières égyptiens. Le drame a eu lieu au sud de la ville Rafah. Le responsable de la sécurité égyptienne n’a pas trouvé d’autre argument, pour justifier cet acte odieux, que la tentative d’évasion de ces migrants clandestins dont la nationalité n’a pu être établie parce qu’ils ne portaient pas de pièce d’identité. Depuis le début de l’année, les Egyptiens ont tué 8 migrants qui tentaient d’entrer clandestinement en... Israël. Tandis qu’au cours de l’année 2008, 28 clandestins ont été abattus, toujours par les gardes-frontières égyptiens. Les 250 km qui séparent les deux pays sont surveillés par les Egyptiens, à la demande des Israéliens ou, en d’autres termes, ils sont chargés de la basse besogne par Tel-Aviv, à savoir celle qui consiste à abattre tout migrant qui essaierait de franchir clandestinement la frontière avec Israël.

D’ailleurs, les organisations de défense des droits de l’homme ne manquent pas de dénoncer, à chaque fois, l’attitude égyptienne qui consiste à tirer sur les migrants. Des migrants qui fuient la misère de leur pays d’origine, contraint pour cela de parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres. Israël échappe ainsi à la « vigilance » des organisations de défense, car n’étant pas du tout directement concerné par ce drame qui se joue à ses frontières. En effet, personne ne songerait à condamner Tel-Aviv pour des candidats à l’émigration victimes de balles égyptiennes ; Israël « tire » habilement son épingle du jeu sans même faire le moindre effort, comme le laisserait supposer la logique, y compris en direction de l’Egypte, afin de réduire sensiblement ce flux migratoire clandestin.

Les Egyptiens, par contre, ne semblent pas du tout gênés d’une quelconque manière de jouer le rôle de gendarme et de peloton d’exécution au profit d’Israël, comme on l’a vu encore une fois avant et après l’agression israélienne contre la bande de Ghaza, à la fin de l’année dernière. Ils ont en effet été « sommés » par les Israéliens non seulement de surveiller la frontière, mais surtout d’empêcher par tous les moyens toute « incursion », palestinienne ou autre, à Ghaza, participant en quelque sorte ainsi à la mise en place d’un « cordon de sécurité » au profit d’Israël. Un dispositif qui a facilité le bouclage des territoires palestiniens, prélude à l’agression militaire Plomb durci dont a été victime la population civile de Ghaza. Pour preuve, les innombrables allers retours du ministre des Affaires étrangères israélien entre Le Caire et Tel-Aviv, à la veille de l’agression israélienne contre les Palestiniens. Plusieurs mois après, l’Egypte ne semble pas vouloir se départir de ce rôle.



Par Reda Bekkat

elwatan.com

Téhéran face aux grandes puissances

L’Iran a remis hier aux « représentants politiques à Téhéran » des grandes puissances chargées de discuter du programme nucléaire controversé iranien, son paquet de propositions en vue de la reprise des négociations, a indiqué l’agence de presse Fars.


Mardi, le chef de la diplomatie iranienne, Manouchehr Mottaki, a annoncé que le paquet de propositions avait été « remis à jour en tenant compte des développements dans le monde et de différents évènements qui se sont produits et serait remis au groupe 5+1 ». Ce groupe réunit les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne ainsi que l’Allemagne. M. Mottaki a ajouté que ce paquet de propositions permettrait de créer « une nouvelle opportunité pour des discussions en vue d’une coopération mutuelle ». Pour sa part, Allaeddine Boroujerdi, le chef de la commission parlementaire des affaires étrangères, a dit que l’Iran était « prêt à discuter et négocier (avec le groupe 5+1) dans le cadre des règles de l’Agence internationale de l’énergie atomique et du Traité de non-prolifération », selon l’agence Ilna. Le Conseil de sécurité de l’ONU a déjà adopté cinq résolutions, dont trois assorties de sanctions, exigeant la suspension du programme d’enrichissement d’uranium par l’Iran soupçonné de vouloir fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément avec force. Les responsables iraniens répètent depuis plusieurs mois que Téhéran accepte de reprendre les négociations avec les grandes puissances pour parler des grands problèmes dans le monde, mais refuse de discuter d’une suspension du programme nucléaire. Le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré lundi que « la question nucléaire était close » à ses yeux et que l’Iran ne discuterait pas de ses droits « indéniables » en matière nucléaire, tout en n’écartant pas un dialogue « juste » avec les grandes puissances. Il a indiqué que dans son « paquet », l’Iran proposait de discuter des moyens de « créer des opportunités pour utiliser à des fins pacifiques l’énergie nucléaire et (deuxièmement) prévenir le développement des armes nucléaires de destruction massive ». « Nous avons proposé un dialogue dans un cadre logique et juste avec tous les pays (...) qui peuvent permettre de changer les choses », a-t-il affirmé. L’Iran propose également de coopérer avec les grandes puissances de la situation au Moyen-Orient, notamment de l’Afghanistan, de l’Irak et du conflit israélo-palestinien. Les grandes puissances avaient demandé en avril à l’Iran de reprendre les négociations sur le nucléaire et le président américain Barack Obama avait laissé à Téhéran jusqu’à fin septembre pour y répondre.

elwatan.com

La diplomatie américaine en mal de résultats

Les échéances délicates s’accumulent en cette rentrée pour une diplomatie américaine en mal de résultats, du Proche-Orient à la Corée du Nord, en passant par l’Iran et l’Afghanistan.



A une semaine de l’ouverture de l’Assemblée générale de l’ONU, le président Barack Obama compte d’abord sur cette grand-messe pour servir de cadre à une reprise du dialogue nucléaire avec Téhéran. L’invitation a été lancée dès avril. Mais rien n’indique qu’après sa réélection contestée, le président Mahmoud Ahmadinejad s’apprête à faire un pas en direction des grandes puissances, qui doutent du caractère pacifique du programme nucléaire iranien. Sur la question israélo-palestinienne, M. Obama s’est démarqué très tôt de son prédécesseur George W. Bush, en accentuant la pression américaine sur Israël pour mettre fin aux implantations de colonies juives. Il vient d’essuyer un revers avec l’annonce par Tel-Aviv de nouvelles extensions. La Maison-Blanche veut rester prudemment optimiste, avant une possible rencontre tripartite à New York, en marge de l’Assemblée générale, entre Barack Obama, son homologue palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. La Corée du Nord, elle, fait peu de cas des sanctions renforcées contre elle en juin. Pyongyang vient ainsi d’annoncer le projet de fabriquer de nouvelles armes nucléaires avec des barres d’uranium usagées. Le sujet international le plus brûlant pour M. Obama, actuellement, reste la guerre en Afghanistan. Après avoir augmenté de 21 000 soldats le contingent américain engagé dans ce conflit, il doit bientôt décider si l’effort doit encore être accru ou pas. Sur le terrain, la coalition a subi en août ses plus lourdes pertes depuis le début de la guerre en octobre 2001. Et aux Etats-Unis, le soutien à la guerre faiblit de sondage en sondage. Les premiers pas diplomatiques de Barack Obama avaient été marqués par sa volonté affichée de dialoguer avec les adversaires de l’Amérique, qui contrastait avec la rigidité attribuée à l’administration Bush. Aujourd’hui, certains observateurs s’impatientent, voire jugent que la méthode ne portera pas ses fruits. D’autres, comme Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller du président Jimmy Carter (1976-1980) et soutien précoce du candidat Obama, reprochent au Président de tarder à prendre des décisions. « J’ai toujours pensé que pour s’attaquer aux problèmes difficiles, le plus tôt était le mieux », a-t-il déclaré, mardi, au Financial Times au sujet de l’Afghanistan. Et au Proche-Orient aussi, assène-t-il, « on a beaucoup trop traîné ». « L’administration est en place depuis moins d’un an et elle gère une crise financière mondiale. Ce n’est pas elle qui pose problème, c’est le niveau des attentes », réplique dans un entretien à l’AFP Anthony Cordesman, du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS). M. Cordesman évoque « l’espoir quasi surréaliste » suscité par l’élection de M. Obama. Thomas Carothers, de l’institut Carnegie, estime que les doutes actuellement entendus étaient « très prévisibles ». Lui non plus ne met pas en cause M. Obama, jugeant que « la situation internationale des Etats-Unis est la plus difficile depuis longtemps », en partie du fait de la précédente administration. « Je ne pense pas que le Président ait laissé passer une chance », dit-il, évoquant la révision en cours de la stratégie pour l’Afghanistan et le Pakistan. Pour l’instant, résume-t-il, « il n’y a pas de grande réussite ni d’échec visible. Tant qu’on sera dans cet entre-deux, il y aura des critiques mais M. Obama aura du temps pour agir ».

elwatan.com

Le chef de la diplomatie turque annule une visite en Israël

10/09/2009

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a annulé une visite qu'il devait effectuer en octobre en Israël, a-t-on appris hier de source officielle israélienne. « Nous regrettons cette décision car le ministre turc est toujours le bienvenu en Israël et nous avions préparé pour lui une série de rencontres au plus haut niveau », a déploré cette source. Selon la presse, M. Davutoglu a annulé sa visite après le refus d'Israël de lui permettre de se rendre dans la bande de Gaza par le point de passage israélien d'Erez pour s'entretenir avec des dirigeants du Hamas. La Turquie, pays musulman mais État laïque, est le principal allié régional d'Israël. L'offensive militaire israélienne menée à Gaza au début de l'année a toutefois porté un coup à leurs relations.
D'autre part, le président syrien, Bachar el-Assad, s'est entretenu hier avec le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, des perspectives de paix au Proche-Orient, au moment où des appels sont lancés pour une normalisation entre les Arabes et Israël. Selon l'agence officielle syrienne SANA, M. Assad a évoqué avec le chef de la diplomatie espagnole les efforts déployés pour relancer le processus de paix dans la région, réitérant « les constantes de la politique syrienne, à savoir la paix juste et globale basée sur les résolutions du Conseil de sécurité » de l'ONU.
L'orient le jour

Plus de la moitié des morts palestiniens étaient des non-combattants, selon B’Tselem

10/09/2009

OFFENSIVE ISRAÉLIENNE À GAZA
L'offensive israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza l'hiver dernier a fait près de 1 400 morts palestiniens dont plus de la moitié n'a pas pris part aux hostilités, a indiqué hier l'ONG israélienne B'Tselem qui a publié un bilan révisé du conflit. B'Tselem, qui a mené ses propres recherches, affirme que 1 387 Palestiniens ont été tués au cours des trois semaines de conflit. Parmi elles, « 773 n'ont pas pris part aux hostilités, y compris 320 mineurs et 111 femmes ». L'ONG précise que parmi les tués, « 330 ont pris part aux hostilités et 248 étaient des agents de police palestiniens, pour la plupart tués dans des bombardements aériens de postes de police le premier jour de l'opération » israélienne. B'Tselem, la principale organisation israélienne de défense des droits de l'homme pour les territoires palestiniens, ajoute ne pas avoir été en mesure de déterminer les causes de la mort de 36 personnes.
Dans un communiqué, l'armée israélienne a récusé ces données affirmant qu'elles étaient basées « sur de fausses statistiques » provenant d'organismes désirant gonfler les chiffres et la proportion de civils désarmés parmi les victimes. L'armée maintient qu'en tout 1 166 Palestiniens ont été tués, dont 709 appartiennent au mouvement islamiste Hamas et diverses organisations armées. Sur les 295 Palestiniens non impliqués dans les combats, 89 sont âgés de moins de 16 ans et 49 sont des femmes, selon l'armée. L'armée refuse de « révéler les méthodes d'investigation qui lui ont permis de fournir les données » sur les victimes palestiniennes, ces méthodes étant classées secret défense. Elle accuse également le Hamas « de camoufler les statistiques réelles pour obtenir un soutien international à ses actions terroristes et pour masquer le fait qu'il met délibérément en danger la vie des habitants de Gaza » par ses attaques contre Israël.
Selon l'armée et B'Tselem, les Palestiniens ont tué neuf personnes durant la guerre : trois civils et un membre des services de sécurité israéliens sont morts dans des tirs de roquettes de groupes armés palestiniens contre le sud d'Israël à partir de la bande de Gaza, et cinq soldats ont été tués dans la bande de Gaza. Quatre soldats israéliens ont par ailleurs été tués par des « tirs amis » de leur propre camp. Pour parvenir à ces chiffres, B'Tselem assure avoir visité les foyers des victimes et récolté des certificats de décès, des photos et des témoignages concernant l'ensemble des 252 enfants de moins de 16 ans et des 111 femmes qui ont trouvé la mort au cours de l'opération. Interrogés par l'AFP, les services d'urgence palestiniens ont avancé le bilan de 1 382 morts, dont 447 enfants et 117 femmes.
Ils ont précisé que celui-ci s'élevait à 1 503 morts en tenant compte des victimes décédées après le conflit à la suite de blessures. De son côté, le Centre palestinien pour les droits de l'homme (PCHR), qui publie également un bilan actualisé des victimes, affirme que 1 419 Palestiniens sont décédés durant l'opération, dont 1 167 étaient non combattants : 918 des civils (parmi lesquels 111 femmes et 318 enfants) et 249 des policiers non impliqués dans les hostilités.
L'orient le jour

Netanyahu aurait effectué une visite secrète en Russie

10/09/2009
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a effectué lundi une visite secrète à Moscou, consacrée à des projets de ventes d'armes russes à l'Iran ou à la Syrie, selon plusieurs médias israéliens parus hier, des informations démenties par la Russie.
Selon le quotidien Yediot Aharonot, qui ne divulgue pas ses sources, M. Netanyahu a discuté avec des responsables de Moscou d'un nouveau contrat de ventes d'armes sophistiquées russes en cours de discussion avec l'Iran et la Syrie. Il aurait aussi évoqué les risques de transfert d'armes russes au Hezbollah. Selon la radio publique, M. Netanyahu a quitté dans la plus grande discrétion Israël à bord d'un avion affrété par la compagnie privée Merhav, appartenant à un homme d'affaires israélien. Le quotidien Haaretz affirme pour sa part sur son site Internet avoir eu confirmation de la visite auprès d'un haut responsable israélien parlant sous le couvert de l'anonymat. Selon cette source, M. Netanyahu était accompagné par son attaché militaire, le général Méir Kalifi, et son conseiller pour les affaires de sécurité, Uzi Arad.
Interrogé par l'AFP, un responsable du bureau du Premier ministre a réaffirmé hier que le Premier ministre n'avait pas quitté le territoire israélien lundi. Le Kremlin a également démenti les affirmations des médias israéliens. Benjamin « Netanyahu n'a été à Moscou ni la semaine dernière ni lundi », a déclaré à l'AFP un porte-parole de la présidence russe. Rumeurs et spéculations s'étaient multipliées lundi sur une possible visite secrète à l'étranger du Premier ministre. La radio militaire avait indiqué mardi que M. Netanyahu s'était rendu toute la journée au quartier général du Mossad, les services de renseignements israéliens, dans la région de Tel-Aviv. Mais elle est revenue hier sur son information, annonçant également que M. Netanyahu s'était rendu en Russie et affirmant avoir été trompée par une source militaire concernant la visite supposée au QG du Mossad.
En outre, le Jerusalem Post a affirmé hier, citant des rapports russes, que quatre avions MiG-31E vendus par Moscou à la Syrie manquent de capacités militaires et ne sont destinés qu'à un usage de renseignement. Selon les rapports russes, deux des avions seulement sont opérationnels tandis que les deux autres seront utilisés pour en retirer des pièces détachées. La Russie n'offrira pas non plus de service après-vente pour entretenir ces avions.
L'orient le jour

Netanyahu au Caire dimanche

L'annonce de la construction des 500 logements survient alors que l'émissaire spécial américain George Mitchell est attendu en fin de semaine à Jérusalem. D'autre part, M. Netanyahu sera dimanche au Caire pour des entretiens avec le président égyptien Hosni Moubarak, a confirmé hier le ministère égyptien des Affaires étrangères. Un responsable israélien, parlant sous le couvert de l'anonymat, avait indiqué mardi qu'une visite de M. Netanyahu était en préparation pour le début de la semaine prochaine au Caire. Selon Ynet, l'édition Internet du quotidien Yediot Aharonot, M. Netanyahu devrait également s'entretenir au Caire avec le chef des renseignements égyptiens, Omar Souleimane. Par ailleurs, Khaled Mechaal, le chef en exil du Hamas, a déclaré que le mouvement fabrique des armes, lors d'un discours hier à Khartoum devant des partisans du président Omar el-Béchir. « Vous, au Soudan, avez réalisé des miracles grâce à Dieu et vos frères en Palestine. En dépit du blocus et de la fermeture des points de passage, du grand complot et en dépit des flottes de l'est et de l'ouest, en dépit de tout cela, nous achetons des armes, nous fabriquons des armes et nous arrivons à faire passer des armes », a-t-il dit. M. Mechaal n'a pas précisé le type d'armes fabriquées, ni qui sont les fournisseurs d'armes.
L'orient le jour

Colonisation : Israël enfonce le clou

10/09/2009
Les autorités israéliennes ont approuvé des contrats pour la construction de 486 appartements dans un quartier de colonisation à Jérusalem-Est, 48 heures après l'annonce de projets pour bâtir 455 logements en Cisjordanie, a-t-on appris hier de source officielle. « Des contrats ont été approuvés avec des entrepreneurs par le ministère de l'Habitat pour ce projet dans le quartier de Pisgat Zeev », a indiqué à l'AFP un responsable de l'administration des biens domaniaux, qui a requis l'anonymat. Le responsable a précisé que des appels d'offres pour cette opération immobilière avaient déjà été publiés en octobre 2008. Mais cette première tentative avait échoué, l'administration ayant jugé insuffisantes les offres de prix présentées par les entrepreneurs pour les terrains à construire. L'administration a ensuite abaissé ses exigences afin de débloquer le projet. Réagissant à ces annonces, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que l'autorisation de nouvelles constructions israéliennes dans les territoires palestiniens est « contraire au droit international ». Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a récemment décidé d'accélérer la colonisation avant d'annoncer un éventuel « moratoire » de plusieurs mois destiné à apaiser la communauté internationale, qui réclame un gel total des constructions, et de permettre la reprise des négociations de paix avec les Palestiniens. Lundi, Israël a autorisé la construction de 455 logements en Cisjordanie occupée en dépit des pressions internationales. Quelque 300 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie et plus de 200 000 autres se sont installés dans une douzaine de quartiers érigés à Jérusalem-Est. Hier, des colons armés ont effectué une descente dans le village palestinien d'Assira el-Qablia, ont rapporté des habitants de cette localité du nord de la Cisjordanie. Ces incidents n'ont pas fait de blessés, selon des témoins et l'armée israélienne.
L'orient le jour

Comment le Mossad désinforme-t-il ?

publié le mercredi 9 septembre 2009

Georges Malbrunot
Guerre psychologique. En matière d’informations à publier, les services israéliens en connaissent un rayon.

Lundi, Benjamin Nétanyahou s’est rendu pendant plus de dix heures au quartier-général du Mossad à Tel Aviv, a indiqué ensuite la radio militaire israélienne. Cette visite ne figurait pas dans l’emploi du temps officiel du Premier ministre, dont dépend le service de renseignement extérieur de l’Etat hébreu. Et pourtant, la nouvelle a filtré. Involontairement ? Ou à dessein : histoire de relancer les rumeurs sur les intentions israéliennes de frapper les sites nucléaires iraniens ? Difficile à dire.

Une chose est sûre : en matière d’informations à publier, les services israéliens en connaissent un rayon.

Le Mossad dispose pour cela de sociétés de relations publiques, chargées de propager telle ou telle information ou plus généralement pour désinformer l’opinion. Ces officines dépendent du département de guerre psychologique du Mossad, le LAP – Lohamma Psichologit – créé il y a plus de trente ans.

Au fil du temps, écrit Gordon Thomas dans son "Histoire secrète du Mossad" (Editions Nouveau monde), "le LAP s’est bâti un vaste réseau de contacts dans les médias étrangers, dont il use avec habileté (fuites suffisamment étayées dans la presse après un attentat pour qu’elles fassent l’objet d’un article, fausses informations relayées par les attachées de presse dans les ambassades israéliennes à travers le monde etc..)".

Un ancien patron d’un service de renseignements français raconte : « après le raid israélien en septembre 2007 sur un site nucléaire syrien, un journaliste d’un quotidien israélien a prétendu être allé sur place, après avoir réussi à déjouer les contrôles syriens. Ca nous a surpris au service. Nous avons fait examiner par nos experts la photo de ses exploits qu’il avait fait publier dans son journal, et nous en avons conclu que c’était un montage. La manip était destinée à entretenir le mythe et susciter la crainte chez les responsables syriens », ajoute ce responsable.

Autre exemple de désinformation savamment orchestrée par le département de guerre psychologique du Mossad : au cours des premiers mois de la seconde Intifada, à partir de septembre 2000, les renseignements israéliens ont inondé les journalistes étrangers en poste à Jérusalem d’informations selon lesquelles c’est Yasser Arafat qui tirait les ficelles de la révolte contre les soldats israéliens. Sous entendu : « comment peut-on faire confiance à un tel Janus à deux visages, ce ne peut-être un partenaire pour la paix avec Israël ». Ce qui était largement exagéré, comme le reconnaîtra quelques années après le général Amos Malka, l’un des plus hauts responsables militaires israéliens de l’époque. Mais, dans cette affaire comme dans bien d’autres qui restent méconnues, la désinformation fonctionnera plutôt bien. Chapeau le Mossad !

publié sur le blog du Figaro, "l’Orient indiscret"

http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/

« le gouvernement israélien a choisi les colonies »

publié le mercredi 9 septembre 2009

Entretien avec Saeb Erakat
Saeb Erakat est le négociateur en chef de l’Autorité palestinienne. Il était de passage à Paris le vendredi 4 septembre, aux côtés du président palestinien Mahmoud Abbas (tous deux ont été reçus à l’Elysée par Nicolas Sarkozy). Saeb Erakat évoque l’hypothétique relance des négociations de paix israélo-palestiniennes, et avant tout les dernières informations concernant la colonisation israélienne, que l’Etat hébreu envisage de relancer avant d’accepter un éventuel gel exigé par la communauté internationale, Etats-Unis en tête.

RFI : Le gouvernement israélien envisage de bâtir de nouveaux logements dans les colonies juives de Cisjordanie, puis seulement ensuite d’accepter un gel limité de la colonisation. Comment réagissez-vous ?

Saeb Erakat : Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une manœuvre du gouvernement israélien. Je pense qu’ils n’ont jamais été aussi clairs qu’aujourd’hui. Que dit le gouvernement israélien ? « Nous allons poursuivre la colonisation. Nous n’allons pas l’arrêter alors que c’est l’une des obligations contenues dans la Feuille de route. Nous allons construire 2 500 logements. Nous allons lancer des appels d’offre pour des centaines d’autres constructions. Et après, si vous le voulez, nous pouvons parler de gel ! ». Donc, que disent-ils au président Obama ? Qu’ils se moquent de sa demande d’un gel de la colonisation conformément à la Feuille de route. Je pense qu’ils sapent les efforts de l’administration Obama. Ils sapent les efforts du président français. Ils sapent nos efforts à nous les Palestiniens, les efforts arabes, ceux de la Russie, des Nations unies. Je pense que le gouvernement israélien avait le choix entre les colonies et la paix, et qu’il a choisi les colonies.

RFI : Quelles sont les conditions pour une rencontre entre le président Abbas et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, autour de Barack Obama, ce mois-ci en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York ?

SE : Nous ne posons pas de conditions. Quand nous disons qu’Israël doit cesser la colonisation, y compris pour la croissance naturelle des colonies, ce n’est pas une condition palestinienne, c’est une obligation israélienne. Quand nous disons que nous voulons reprendre les pourparlers en vue d’un accord permanent sur Jérusalem, les frontières et les réfugiés, nous ne posons pas de conditions : c’est une obligation israélienne. Donc nous voulons qu’Israël remplisse ses obligations et nous pourrons reprendre la négociation.

RFI : Comment jugez-vous les pressions américaines sur le gouvernement israélien ?

SE : Je ne veux pas utiliser le terme de « pressions ». Les Etats-Unis ont affirmé leur intérêt pour l’établissement d’un Etat palestinien. La France, la Russie, la communauté internationale ont fait de même. Et quelle vue d’ensemble de la région avons-nous maintenant ? Soit elle tombe aux mains de Ben Laden, un extrémiste, si la colonisation continue comme d’habitude. Soit nous pouvons pousser cette région vers les modérés et la stabilité, si nous mettons un terme à l’occupation israélienne. Notre choix de Palestiniens est de poursuivre les négociations de paix. Nous pouvons parvenir à une paix reposant sur le principe de « Deux Etats ». En Israël, ceux qui pensent pouvoir continuer à parler de paix tout en dictant le résultat des négociations avec davantage de colonies, de murs, de fait accompli, ceux-là poussent la région dans les bras des extrémistes.

RFI : Israël attend toujours des Palestiniens qu’ils le reconnaissent comme « Etat juif ». Que répondez-vous ?

SE : Nous avons reconnu le droit d’Israël à exister sur 78% de la Palestine historique. Je ne me soucie pas du nom qu’Israël veut se donner. Mais si je vais à l’ambassade d’Israël à Paris, je vois une plaque à l’entrée qui dit « Etat d’Israël ». C’est ce nom qu’Israël me demande de reconnaître, c’est leur certificat de naissance aux Nations unies. Je les reconnais comme « Etat d’Israël ». Mais s’ils veulent s’appeler « la Nation biblique, antique, juive de David, Salomon et Rachel » ou n’importe quel autre nom, c’est leurs affaires ! Pas les miennes ! J’ai reconnu l’ « Etat d’Israël ». Et c’est vraiment embarrassant pour eux de me regarder dans les yeux et de dire « nous avons 1 million et demi de citoyens arabes, musulmans et chrétiens, mais nous attendons de vous que vous nous reconnaissiez comme Etat juif » !

RFI : Sur le plan interpalestinien, peut-il y avoir une réconciliation ? Et des élections l’an prochain ?

SE : C’est ce que nous voulons. Le Hamas est un parti politique qui a remporté les élections. La démocratie n’a pas échoué en Palestine : c’est le Hamas qui a échoué. Le Hamas ne peut pas dire « comme nous avons gagné les élections, les Nations unies doivent modifier leur Charte et ses résolutions, la Ligue arabe doit renoncer à son initiative et l’OLP doit annuler les accords passés avec Israël ». La première chose que fait un gouvernement qui arrive aux affaires, c’est de publier une déclaration dans laquelle il dit respecter les engagements des précédents gouvernements. Donc aujourd’hui le Hamas doit faire un choix. Ce coup d’Etat ne peut pas continuer. Ce coup d’Etat est devenu une arme dans les mains de Netanyahu. Par ailleurs, quand les peuples sont divisés – et particulièrement les Palestiniens sous occupation – la solution n’est pas dans les armes mais dans les urnes. Nous disons donc au Hamas : « organisons des élections ». Mais ils répondent par la négative. Je pense que nous traversons une grave crise interne et que si nous ne travaillons pas à en sortir, personne ne nous aidera à le faire. =

Propos recueillis par Nicolas Falez

publié par RFI

http://www.rfi.fr/actufr/articles/1...

mercredi 9 septembre 2009

Un plan pour transférer des réfugiés palestiniens au Kurdistan

08/09/2009 Des sources irakiennes et palestiniennes ont révélé au journal "Palestine" l'existence de tentatives sérieuses visant à transférer un grand nombre de réfugiés palestiniens au Kurdistan, au nord de l'Irak.


Selon les mêmes sources, une délégation palestinienne de Ramallah a l'intention de visiter le Kurdistan pour suivre les développements de ce plan et discuter des logements qui seront présentés aux réfugiés palestiniens.

Les réfugiés concernés par ce plan sont ceux qui vivent en Irak et au Liban, ont ajouté les mêmes sources.

almanar.com

Naomi Klein montre qu’il est possible de boycotter Israël sans mettre fin au dialogue sur la Palestine

mardi 8 septembre 2009 - 16h:26

Cecilie Surasky - AlterNet.


Interview de Klein et de son éditrice israélienne, Yaël Lerer, sur la raison pour laquelle le boycott fera pression sur Israël afin qu’il se conforme au droit international

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Cecilie Surasky

Peu de campagnes pour la justice dans le monde sont plus polarisantes, voire plus explosives, que le recours au boycott international, au désinvestissement et aux sanctions pour presser Israël de mettre fin à une occupation des territoires palestiniens qui dure depuis 42 ans.

Demandez donc à Neve Gordon.

Récemment, Gordon, chef du département de Sciences politiques à l’université Ben Gourion et militant de longue date en faveur de la paix, a publié un article déchirant dans le Los Angeles Times (NdT : ici en français) dans lequel il appuyait l’appel palestinien en faveur du boycott, du désinvestissement et de sanctions (BDS).

Après s’être initialement opposé à cette tactique, il a été convaincu, écrit-il, que les pressions extérieures sont « la seule manière de sauver Israël de lui-même ».

Il s’était préparé à un retour de bâton, mais pas du genre qu’il a affronté ces dernières semaines : des membres de la Knesset israélienne, tous partis politiques confondus, ont demandé son renvoi immédiat ; le ministre de l’Éducation a qualifié son article de « répugnant » et la présidente de son université l’a voué aux gémonies en disant « des personnalités et des universitaires animés de tels sentiments devraient se chercher un foyer personnel et professionnel ailleurs ». Elle a ensuite laissé entendre que l’article en question pouvait être assimilé à un acte de trahison.

De toute évidence, pour ceux qui croient que faire pression sur Israël est nécessairement un acte anti-juif, le BDS - qui fait partie de ce que l’on appelle la stratégie sud-africaine - dépasse les limites. Mais pour ceux qui le proposent, le BDS est une tactique non-violente qui peut faire pression sur Israël pour qu’il se conforme au droit international et qui aura un impact là où les efforts des gouvernements ont échoué, et échoué misérablement.

Bien que la société civile palestinienne ait lancé l’appel au BDS en 2005, celui-ci a pris son élan après l’attaque israélienne brutale contre Gaza, en décembre et janvier derniers.

Le mouvement prend indéniablement de l’ampleur, particulièrement dans le monde artistique. Des écrivains respectés comme John Berger, Eduardo Galeano et Adrienne Rich l’ont tous appuyé et plusieurs festivals de films israéliens ont été boycottés.

Récemment, quand le festival international du film de Toronto (10-19 Septembre), deuxième festival du film le plus important du monde (après Cannes), a annoncé qu’une séance spéciale de « ville à ville » célébrerait Tel-Aviv, il a failli dégénérer en protestations véhémentes.

Une des personnes les plus en vue qui ont soutenu l’appel au BDS est l’auteure et militante canadienne, Naomi Klein, qui connaît régulièrement un énorme succès de foule, qui jouit d’une importante couverture médiatique et dont les livres se vendent comme des petits pains lors de ses tournées de promotion dans le monde.

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Naomi Klein (Ph. J. Nadeau)

Quand elle a publié son dernier best-seller The Shock Doctrine en hébreu et en arabe, Klein a décidé que la situation politique en Israël et en Palestine appelait une approche entièrement différente.

Opposée à l’occupation israélienne, elle a décidé de ne pas signer un contrat traditionnel pour son livre avec avances et droits d’auteur. Au lieu de cela, elle a fait don de ce livre à Andalus, une maison d’édition qui travaille activement contre l’occupation. C’est le seul éditeur israélien qui se consacre exclusivement à la traduction d’arabe en hébreu, ce que sa fondatrice, Yaël Lerer, appelle « faire de l’édition un acte de résistance ».

Klein et Lerer ont préparé une tournée de promotion qui saluerait l’appel palestinien au boycott culturel d’Israël, tout en montrant également que les boycotts ne doivent pas nécessairement exclure un dialogue et une communication des plus nécessaires.

Cela étant dit, Klein et Lerer ont utilisé la tournée pour attirer l’attention sur le boycott et la lutte palestinienne et pour provoquer un dialogue interne dans le pays au sujet du boycott comme moyen de pression sur Israël afin qu’il se conforme au droit international. Le mois dernier, j’ai rencontré Klein et Lerer à Tel-Aviv pour leur demander leurs objectifs, le sens et les détails d’un boycott culturel et aussi pourquoi Lerer, Israélienne juive, dit au monde « s’il vous plaît, boycottez-moi ».

Ci-après quelques extraits de cette interview

Cecilie Surasky : qu’est-ce que l’appel au Boycott, au Désinvestissement et aux Sanctions ? Pourquoi le soutenez-vous ?

Naomi Klein : Boycott, Désinvestissement et Sanctions ; c’est une technique dont l’objectif est très clair : forcer Israël à se conformer au droit international.

L’appel [au BDS] a été lancé en 2005 par des groupes très divers de la société civile, des partis politiques et des syndicats palestiniens. Ce mouvement n’a toutefois pris une dimension internationale qu’au moment de l’attaque israélienne contre le Liban pendant l’été 2006.

Au milieu de cette guerre, l’écrivain John Berger a envoyé une lettre signée par de nombreux grands artistes, européens pour la plupart, qui déclaraient leur soutien à la stratégie de boycott. Quand la lettre a fait surface, j’étais en train d’écrire The Shock Doctrine, et j’ai personnellement décidé de ne pas le faire publier par un éditeur commercial assez traditionnel, ce que j’avais fait avec les traductions en hébreu de mes deux livres précédents.

Au lieu de cela, j’ai fait ce que demandait John Berger, à savoir trouver le moyen de publier le livre en hébreu en soutenant directement des groupes travaillant à la fin de l’occupation. C’est ainsi que j’ai rencontré Yaël, qui n’a rien d’une éditrice israélienne traditionnelle et qui a manifesté franchement son appui au BDS, ce qu’elle a payé au plan professionnel.

Surasky : vous avez sûrement longuement réfléchi à l’idée du boycott culturel. Beaucoup de critiques diraient que celui-ci ferme les communications au lieu de les ouvrir. Qu’est-ce qui vous a amené à sauter ce pas ?

Klein : Eh bien, c’est parce que le gouvernement israélien utilise ouvertement la culture comme un outil militaire. Bien que les officiels israéliens pensent qu’ils gagnent la bataille pour la terre, ils savent aussi que le pays souffre de ce que le monde apprend au sujet du conflit dans la région : militarisation, illégalité, occupation et Gaza.

Le ministère des Affaires étrangères a donc lancé une campagne intitulée « Israël au-delà du conflit » ; celle-ci utilise la culture, les films, les livres, l’art, le tourisme et le monde universitaire pour créer toutes sortes d’alliances entre l’État d’Israël et les pays occidentaux ; son but est de promouvoir l’image d’un pays normal, heureux, se substituant à celle d’une puissance occupante agressive.

C’est pour cette raison qu’on n’entend plus parler de toutes parts que de festivals de films et de foires du livre avec « un coup de projecteur spécial sur Israël ».

Et donc, bien qu’en général je convienne entièrement que la culture est positive, les livres sont positifs et les films sont positifs et que que la communication, c’est merveilleux, nous devons savoir que nous avons affaire à une stratégie officielle visant à coopter tout cela pour rendre une occupation brutale plus acceptable.

Il y a d’autres choses qui relèvent de cette catégorie : l’État d’Israël recrute ouvertement les militants gays et lesbiennes ainsi que le féminisme dans ce conflit en confrontant le fondamentalisme du Hamas au libéralisme prétendument éclairé d’Israël, autre justification pour infliger aux Palestiniens une punition collective (peu importe que des juifs ultra- orthodoxes en Israël soient de plus en plus puissants et intolérants). C’est une stratégie très sophistiquée.

Cela signifie que nous devons trouver des stratégies tout aussi raffinées pour défendre la culture et les droits humains tout en rejetant toute tentative d’utiliser notre travail et de nos valeurs pour blanchir la hideuse réalité de l’occupation et de la ségrégation.

Surasky : vous avez fait une tournée de promotion de votre livre différente de toutes les autres tournées. Yaël Lerer, votre maison Andalus a publié le livre en hébreu. À première vue, il est incohérent de venir en Israël - Palestine, et d’y faire une tournée de promotion d’un livre, tout en soutenant le boycott. Pourtant vous y êtes arrivée. Pouvez-vous expliquer ?

Yaël Lerer : Andalus a fait face à cette contradiction depuis le début. Nous publions des écrivains arabes qui s’opposent à la « normalisation » de l’occupation, tout comme nous. Et nous essayons toujours de trouver la manière de résoudre ces contradictions.

En fait, c’est la première fois que nous avons fait une tournée de promotion, car normalement nous réglons ces contradictions en traduisant les livres, mais sans organiser d’événement. Nos écrivains ne viennent jamais ici. Ce défi s’est donc posé pour la première fois.

Nous avons organisé un grand lancement de l’édition en hébreu, non pas à Tel-Aviv, mais à Haïfa, au théâtre arabe, et nos invités venaient, non pas des institutions israéliennes officielles, mais des institutions palestiniennes minoritaires. (Comme vous le savez, les Palestiniens forment une minorité de 20 % en Israël).

Cet événement ne s’adressait toutefois pas uniquement aux Palestiniens- nous avons invité également des Israéliens juifs. On pouvait lire partout en hébreu « Naomi Klein vient à Haïfa, venez l’écouter ».

En même temps il était important que le premier événement concerne l’édition arabe à Jérusalem-Est et à Ramallah, et que, avant les réceptions de promotion, Naomi participe à une manifestation à Bil’in contre le mur de séparation.

Nous avons donc parlé avec le public israélien lors des événements et par l’intermédiaire des médias israéliens. Le livre est disponible en hébreu. En même temps, nous avons pris très fermement position contre la normalisation. Nous n’avons pas agi comme si tout était normal.

Klein : c’est exactement ça. Il ne s’agit pas de boycotter les Israéliens. C’est boycotter l’illusion que tout est normal en Israël , chose que les producteurs culturels sont habituellement invités à faire.

On a terriblement déformé la campagne de boycott en prétendant qu’elle vise les Israéliens, ou les juifs, ou qu’elle est antisémite. Avec cette tournée, nous essayons de dissiper ce malentendu.

Nous suivons des règles claires : nous ne participons pas à une foire du livre patronnée par l’État ; par exemple, j’ai refusé des invitations à venir en Israël pour parler dans des festivals de films patronnés par l’État ou à des événements de ce type.

Mais si je boycottais les Israéliens, je ne serais pas ici, en Israël, à avoir des contacts avec eux. Je serais restée chez moi.

Une des choses que nous essayons de dégager de cette tournée est que pour des étrangers comme moi, quelle que soit la manière dont je choisis de venir en Israël, je fais des choix et je prends parti. Il est possible de prétendre que vous ne prenez pas parti, mais c’est uniquement parce qu’Israël réussit à rendre le conflit invisible dans une bulle soigneusement aménagée.

Dans mon livre, il y a un long chapitre sur Israël et la construction de l’État sécuritaire. Ce chapitre examine de près les entreprises qui construisent les murs, barrières et postes de contrôle high-tech et qui maintiennent les Palestiniens dans les territoires occupés sous une surveillance permanente.

C’est à cause de l’efficacité du secteur de la sécurité intérieure qu’il est possible de venir dans des villes comme Tel-Aviv et d’oublier presque totalement ce qui se passe à Ramallah et à Gaza. Cet État est comme une gigantesque enclave privée. Il a perfectionné l’art de construire une bulle de sécurité et c’est dans un certain sens sa marque de fabrique.

C’est un label qui est vendu aux juifs de la diaspora comme moi. Il dit : « Avec nous, vous serez en sécurité ; nous pouvons créer pour vous, dans un océan d’ennemis, une bulle de sécurité afin que vous ayez de merveilleuses vacances à la plage, que vous alliez à des festivals de films et à des foires du livre- et cela alors même que nous bombardons Gaza, que nous transformons la Cisjordanie en une chaîne de mini-bantoustans entourés de murs, que nous étendons les colonies et que nous construisons des routes auxquelles les Palestiniens n’ont pas accès ».

Ce sont les deux faces de la même pièce : la bulle de normalité d’une part, et la brutalité de l’enfermement d’autre part. Profiter de la bulle n’est donc pas un acte politiquement neutre.

Ceci est un dialogue très sérieux et c’est pourquoi il est si important que nous publiions le livre en hébreu : à la fois pour diffuser l’information et pour défier les gens qui présentent une image faussée de cette tactique en prétendant que c’est un boycott des juifs ou un boycott des Israéliens. Ce n’est pas du tout ce que nous faisons.

J’ai fait don de mes droits d’auteur à Andalus, donc je ne profite pas personnellement de ce livre et j’ai choisi de travailler avec Andalus parce que c’est une maison d’édition militante qui prend manifestement position contre l’occupation.

Si le livre se vend bien, il aidera Andalous à poursuivre son travail. La campagne de boycott ne demande pas aux gens de ne pas venir en Israël ou dans les territoires occupés pour un partage intellectuel et artistique - elle demande que nous le fassions en opposition manifeste à l’occupation et à la discrimination.

Surasky : et comment les médias israéliens ont-ils réagi à la première tournée de promotion d’un livre en faveur du boycott ?

Klein : pas bien. Une des contradictions que nous confrontons est que nous voulons vraiment déclencher un débat en Israël parce que si le BDS fait l’objet de débats en Europe et au Canada, il est presque invisible en Israël ; il y a une vraie censure autour du sujet.

Tout ce que vous entendrez pratiquement c’est « voilà une bande d’antisémites qui détestent les Israéliens et détestent les juifs" - c’est une grosse, très grosse déformation.

Notre but est de rendre ces distorsions plus difficiles à faire en présentant quelques faits et en disant « regardez, nous avons traduit ce livre, je suis ici en Israël. Dialoguons et communiquons sur ce qu’Israël serait déterminé à défendre avec tant de vigueur ».

Nous constatons, que si les Israéliens sont très intéressés par le débat, celui-ci se heurte à une énorme résistance de la part des médias israéliens, qu’il s’agisse du rôle joué par le secteur de la sécurité dans les pressions hostiles à la paix, ou du rôle que pourrait jouer un mouvement de boycott dans la création de nouveaux groupes de pression en faveur de la paix.

Après que j’ai exposé clairement ma position sur le boycott dans le journal Haaretz, beaucoup de médias ont annulé leurs entretiens avec nous, ce qui en dit long sur la diversité du débat, mais ce n’est pas du tout surprenant non plus.

Surasky : quel est l’objectif de cette campagne ? Que voudriez-vous qu’il en sorte ?

Klein : la campagne est copiée sur le modèle sud-africain de la lutte contre l’apartheid qui a remporté beaucoup de succès dans les années 80. Elle comportait le boycott universitaire, le boycott culturel et le boycott par les consommateurs.

Toutefois, le levier économique clé est venu des universités et des municipalités qui retiraient leurs investissements des entreprises faisant des affaires avec l’Afrique du Sud de l’apartheid. La campagne est devenue trop coûteuse, tant pour les entreprises sud-africaines, que pour les multinationales occidentales ayant d’importants investissements en Afrique du Sud.

Il avait aussi une situation quelque peu analogue à celle d’Israël : vous aviez une minorité blanche en Afrique du Sud qui estimait qu’elle faisait partie de l’Europe, qu’elle faisait partie de l’Occident. Et brusquement, cette minorité n’avait plus accès aux concerts usaméricains et européens qu’elle voulait, et elle n’avait pas les foires du livre qu’elle voulait, et elle n’a pas aimé ça.

La minorité blanche a donc fait pression sur son gouvernement pour qu’il mette fin à l’apartheid, même si elle estimait avoir raison et enrageait devant les boycotts et les sanctions. On espère que ce type de dynamique fonctionnera en Israël, parce qu’il est tellement important pour l’image de soi israélienne que le pays soit considéré comme un membre honorifique de l’Union européenne ou comme un complément des USA.

Lorsque les écrivains et les artistes cesseront de collaborer à la stratégie du gouvernement israélien qui utilise la culture pour cacher ce qui se passe de l’autre côté des murs de béton, les Israéliens décideront peut-être finalement que ces murs sont un risque et décideront de les faire tomber.

Lerer : je suis entièrement d’accord. En tant que citoyenne israélienne, il me faut boycotter pour deux raisons.

Tout d’abord, je veux que les Israéliens se rendent mieux compte que tout n’est pas normal. Il n’y a aucun sens à ce que beaucoup d’Israéliens prétendument gauchistes disent : « c’est terrible ce qui se passe à Gaza et à Hébron » tout en continuant à mener leur vie quotidienne comme si tout allait bien.

Ils vont au spectacle et ils vont au concert. Ces gens sont l’élite de ce pays. Ce sont les journalistes qui travaillent dans les journaux. Je veux les toucher. Je veux les secouer et leur faire comprendre qu’ils ne peuvent pas continuer à mener une vie normale alors que les Palestiniens de Qalqilya [ville de Cisjordanie entièrement enfermée par la barrière de séparation]— à 15 minutes seulement de Tel-Aviv— sont en prison.

La deuxième raison pour laquelle je dois boycotter est que j’ai perdu l’espoir de créer le changement depuis l’intérieur, ce que j’ai essayé de faire en tant que militante pendant de longues années.

Il y a 20 ans, je n’aurais jamais pu imaginer cette situation de semi-apartheid. L’avenir de cet endroit me tient à cœur. Mes concitoyens israéliens me sont chers. J’ai une énorme famille ici et beaucoup, beaucoup d’amis.

Je connais beaucoup de gens qui n’ont pas d’autre passeport et qui n’ont pas d’autre option. Je crois que la solution pour ce pays, le seul avenir possible, est la coexistence. Malheureusement, à ce stade, je ne vois pas comment cet avenir peut se concrétiser sans une pression internationale.

Et je crois que le boycott est un outil non-violent qui nous a déjà montré son efficacité. Je demande donc : s’il vous plaît boycottez-moi.

Klein : je crois aussi que nous devons être très clairs : c’est un conflit extraordinairement asymétrique dans lequel l’État israélien est le premier boycotteur. Les économies de Gaza et de Cisjordanie ont été complètement détruites par les fermetures.

En plus de la fermeture des frontières empêchant les producteurs de Gaza de faire sortir leurs fruits et légumes, [plus de 200] fabriques à Gaza ont été frappées pendant les attaques de décembre et de janvier. Ce fut la destruction systématique de l’économie afin de « donner une leçon à Gaza » pour avoir élu le Hamas. Donc des boycotts, il y en a.

En ce qui me concerne, nous utilisons le BDS à cause de l’impunité d’Israël. Celui-ci refuse absolument d’appliquer le droit international. Le Hamas a commis des crimes de guerre, et la communauté internationale a réagi à ces crimes. [Les crimes de guerre israéliens, qui se situent sur une échelle exponentiellement bien plus importante, ne suscitent aucune réaction].

Il y a peu, nous étions à Gaza. Ce qui m’a vraiment frappée c’est que la population était dans un état de choc en voyant que même après les attaques de décembre - janvier, que même après la mort de centaines d’enfants, la communauté internationale n’avait rien fait pour tenir Israël responsable.

Je veux dire qu’Israël a montré un dédain total, il a joui d’une impunité absolue vis-à-vis du droit international, des lois de la guerre - qui soit dit en passant ont été décrétées à la suite des atrocités commises par les nazis pendant la seconde guerre mondiale.

Et pourtant, non seulement ces crimes n’ont entraîné aucune conséquence, mais le siège illégal de Gaza est toujours en place.

Ce que dit le BDS, c’est que nos gouvernements ont échoué. Les Nations unies ont échoué. La prétendue communauté internationale est une plaisanterie. Nous devons combler la lacune.

Je crois aussi que ce mouvement changera le jeu aux USA. Rappelons-nous que si la lutte anti-apartheid a connu un tel succès dans les années 80, c’est en grande partie grâce à l’éducation de la population.

Dès que vous disiez « notre école ou notre ville devrait se désinvestir de l’Afrique du Sud de l’apartheid » vous deviez immédiatement organiser une séance d’information et expliquer ce qu’était l’apartheid ; il vous fallait être convaincant. Et les gens devenaient convaincus.

Le BDS palestinien pourrait créer ce mouvement aujourd’hui et donner aux gens des éléments concrets sur lesquels se baser pour organiser leurs écoles et leurs communautés.

Que [le président Barack] Obama le reconnaisse ou non, il faut que la lutte palestinienne devienne une affaire populaire, mobilisant les gens à la base, comme dans le cas de la lutte pour l’Afrique du Sud.

Obama a fait de très petits pas pour établir une sorte de nouvelle relation avec Israël, mais il est confronté à une énorme résistance de la part de la droite. Il faut qu’il y ait une contre-pression sur Obama qui lui dise : « En fait vous n’allez pas assez loin. Excusez-moi, pas de nouvelles colonies ? Et pourquoi pas, pas de colonies du tout, point barre ? ».

Le seul espoir pour le sortir de cette position intermédiaire est qu’il y ait un mouvement populaire exigeant très clairement qu’Israël se conforme au droit international sur tous les fronts, et c’est exactement ce qu’est le BDS.

Surasky : comment les Israéliens de gauche réagissent-ils à l’idée d’un boycott ?

Lerer : quelque chose s’est produit pendant la dernière guerre contre Gaza en janvier. Cinq cent quarante Israéliens - notamment d’importants universitaires, acteurs et réalisateurs de films - ont signé une pétition demandant qu’une pression internationale s’exerce sur Israël.

Dans cette pétition, un paragraphe mentionnait que seul le boycott avait été efficace dans le cas de l’Afrique du Sud. Ce n’était pas encore un appel direct au boycott, mais c’était néanmoins une étape très importante. Maintenant, nous formons un nouveau groupe de citoyens israéliens qui appuient l’appel palestinien au boycott - Boycott From Within(BFW) (boycott de l’intérieur).

En 2005, nous avons essayé de mettre sur pied un groupe d’artistes pour soutenir l’appel palestinien au boycott universitaire et culturel et nous avons échoué. On nous disait « Comment pouvons-nous nous boycotter nous-mêmes ? C’est trop difficile, c’est trop radical ». Beaucoup ont maintenant signé la pétition de Gaza et ont rejoint notre nouveau groupe BFW.

Ils ont compris qu’il ne s’agit pas de nous boycotter nous-mêmes, mais de demander à la communauté internationale, de demander à nos concitoyens partout dans le monde d’agir : s’il vous plaît aidez-nous à nous boycotter.

Surasky : donnez-moi des exemples précis d’autres personnes qui appuient cet appel.

Klein : la plupart des artistes ne connaissent pas cet appel au boycott, au désinvestissement et aux sanctions bien que l’idée provienne de centaines de groupes palestiniens. Nous travaillons dans un contexte où les voix palestiniennes sont pratiquement inaudibles en Occident.

Certains viendront donc en Israël pour accepter un prix ou pour donner un concert à Tel-Aviv sans savoir qu’en faisant cela, ils traversent en fait essentiellement un piquet de boycott. La plupart ne savent même pas qu’il y a un appel à la résistance non violente lancé par un peuple qui, souvenons-nous en, a été vilipendé pour avoir utilisé toutes les formes de résistance armée possibles.

Enfin voyons : si vous rejetez la résistance armée et que vous rejetez les boycotts et les sanctions, qu’est ce qui reste ? Des pétitions sur Internet ? Croyez-vous vraiment que ça va mettre fin à l’occupation ?

Oui, certains cinéastes militants politiques ont décidé de ne pas participer à des festivals de films israéliens ou patronnés par Israël.

Ken Loach s’est retiré du festival international de cinéma de Melbourne parce qu’il était patronné par le gouvernement israélien. Le cinéaste canadien John Greyson a retiré son excellent film intitulé Fig Trees du festival de cinéma gay et lesbien à Tel-Aviv.

Il y a peu, les Yes Men ont écrit une lettre vraiment sérieuse au Festival de cinéma de Jérusalem expliquant pourquoi ils avaient décidé de retirer leur nouveau film, The Yes Men Save the World du festival.

Et il est maintenant question d’organiser un festival de films pro BDS à Ramallah, une fois de plus pour boycotter la normalisation tout en faisant sortir ces films là-bas.

Surasky : je viens de lire une critique du BDS qui disait : « Vous ne demandez pas le boycott de la Corée du Nord, ni des USA à cause de l’Afghanistan ou de l’Irak. Vous est donc antisémites ». Comment répondez-vous à cette critique ?

Klein : j’ai entendu ça aussi, mais je n’appelle pas au boycott de qui que ce soit. Je respecte un appel au boycott lancé par des centaines de groupes palestiniens. Je crois que les peuples opprimés ont droit à l’autodétermination. Ceci est au cœur de cette lutte. C’est une tactique non-violente qui a été choisie par un large spectre de groupes de la société civile.

Que je sache, les Irakiens n’ont pas appelé aux tactiques BDS contre les USA alors qu’ils en auraient certainement le droit. Et pourtant, certaines personnes réagissent comme si j’avais concocté ça dans l’intimité de ma chambre à coucher, du genre « Qui vais-je boycotter aujourd’hui ? Ams tram gram, pique.. : Corée du Nord, Zimbabwe, Birmanie, Israël ! ».

Une fois encore, la seule raison de ce BDS est que les voix palestiniennes sont si efficacement marginalisées dans la presse occidentale.

Incidemment, la plupart des exemples qui sont mis en avant dans ces débats concernent des pays qui font déjà l’objet de sanctions officielles très claires. Nous n’avons donc pas affaire à des cas d’impunité comme celui d’Israël. Dans ce dernier cas, vous avez besoin d’un projet émanant de la base comblant le vide laissé par les gouvernements qui ont totalement abdiqué leur responsabilité de faire pression au nom du droit international.

Lerer : non seulement ça, mais ces pays n’ont pas de festivals de films et Madonna ne va pas donner un concert en Corée du Nord.

Le problème c’est qu’il y a une communauté internationale qui traite Israël comme s’il s’agissait d’un État européen, occidental, normal. Et ceci est la base de l’appel au boycott : la relation spéciale que les universités israéliennes entretiennent avec les universités européennes et les universités des USA, relation que n’a pas le Zimbabwe.

Je crois vraiment qu’Israël ne maintiendrait pas l’occupation un seul jour de plus sans l’appui des USA et de l’Union européenne. La communauté occidentale soutient l’occupation. Comme le dit Naomi, ne rien faire c’est agir.

Surasky : certains disent :« Cela ne servira à rien. Les Israéliens se considèrent eux-mêmes assiégés. Nous, juifs nous nous voyons sous siège. En fait, le boycott rendra les Israéliens moins ouverts à la paix ».

Klein : il est inévitable que, du moins à court terme, le BDS alimente la mentalité d’assiégés des Israéliens. Ce n’est pas rationnel parce qu’en fait, nous avons affaire à un contexte où Israël a été récompensé.

Jetons un regard sur les années clé qui se sont écoulées depuis l’élection du Hamas, quand le siège de Gaza est devenu absolument brutal et indéniablement illégal : le commerce avec Israël a en fait augmenté de façon spectaculaire. Il y a eu de nouveaux accords spéciaux avec l’Union européenne et avec l’Amérique latine. L’année dernière les exportations israéliennes vers le Canada ont augmenté de 45 %.

Bien qu’Israël soit récompensé pour ses crimes et s’en tire malgré une violence extraordinaire, le sentiment d’être assiégés augmente chez beaucoup d’Israéliens.

La question est de savoir comment pouvons-nous répondre à cette irrationalité ? Parce que si nous l’alimentons, il s’ensuit que nous ne ferons rien, que nous renonçons volontairement aux outils les plus efficaces de l’arsenal non-violent.

Bien que tout prouve le contraire, Israël pense que le monde entier est contre lui et que toutes les critiques qui lui sont adressées sont dictées par l’antisémitisme. Ceci est carrément faux et en tant que militants, nous ne pouvons pas continuer à permettre que le complexe de victimisation d’une nation dissimule la victimisation très réelle du peuple palestinien.

1° septembre 2009 - Cet article peut être consulté ici :
http://www.alternet.org/story/14234...
Traduction : Anne-Marie Goossens
Edition : Fausto Giudice

De grandes attentes

mardi 8 septembre 2009 - 06h:55

Ezzat Ibrahim - Al Ahram Weekly


Mais sont-elles justifiées en ce qui concerne le Moyen-Orient ? A Washington, Ezzat Ibrahim analyse les réponses à la visite de Moubarak.

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Mubarak, inamovible symbole d’un système autocratique et corrompu, est un triste faire-valoir pour Obama et sa prétendue "nouvelle politique proche-orientale".

Suite à l’élection de Barack Obama, Francis Fukuyama avait publié un article dans American Interest où il écrivait que le nouveau président pourrait bien « articuler les larges idées qui vont définir un âge nouveau, idées qui vont devenir les points de référence consensuels au cours des prochaines années ».

« L’administration Clinton n’a jamais fait rien de tel » poursuit Fukuyama, « acceptant plutôt la plupart des idées centrales du reaganisme et déplaçant simplement la politique un peu à gauche ». Il prédit que « dans cinquante ans plus personne ne se réfèrera à l’ère Clinton, mais quon parlera sans doute de l’ère Obama remplaçant l’ère Reagan si le nouveau président peut formuler une définition claire de ce que défendent les Etats-Unis pour sa politique intérieure et étrangère ».

Des idées récentes venues de Washington sur le remodelage du Moyen-Orient seront centrales pour le grandiose paradigme qui fixe l’agenda de tant de choses futures. Sur le plan intérieur, on peut dire que l’ère Obama a démarré sur la confrontation avec l’assurance-santé, tandis que le Moyen-Orient semble devoir devenir le test décisif pour la nouvelle architecture globale de l’Amérique. Inutile de dire que les deux questions sont hautement problématiques.

Les stratèges d’Obama partent du principe que travailler avec des partenaires est une source de puissance, non un signe de faiblesse. Anne-Marie Slaughter, directrice de la Planification politique pour le Département d’Etat, l’indiquait tout autant dans un récent article. Elle écrivait que « au vingt-et-unième siècle, la capacité exceptionnelle des Etats-Unis à se connecter plutôt qu’à se tenir dans un splendide isolement ou une domination hégémonique, rénovera sa puissance et restaurera son objectif global ».

Avant la dernière visite du Président Moubarak à Washington, Susan Rice, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’ONU, prononça un discours à l’Université de New York intitulé « Une nouvelle ligne de conduite dans le monde, une nouvelle approche à l’ONU », dans lequel elle élaborait ce que certains analystes décrivent comme la Doctrine Obama.

« Dans le monde d’aujourd’hui, plus que jamais, » disait Rice « Les intérêts de l’Amérique et nos valeurs convergent. Ce qui est bon pour les autres est souvent bon pour nous. Quand nous manifestons notre engagement à nous attaquer aux menaces qui attendent tant d’autres nations ; quand nous investissons dans la protection de la vie des autres ; et quand nous reconnaissons que la sécurité nationale n’est plus un jeu à somme nulle, alors nous augmentons la volonté d’autres pays de coopérer sur les questions qui nous sont les plus vitales ».

Dans le cas de la relation américano-égyptienne, le sommet de Washington entre le Président Hosni Moubarak et Barack Obama le 18 août dernier a servi à réassurer les deux gouvernements sur le fait qu’ils sont toujours étroitement liés par d’importants intérêts mutuels et qu’ils peuvent facilement travailler en partenariat. Certains analystes américains, du moins jusqu’au récent rapprochement, avaient décrit la relation comme un arrangement utilitaire et contractuel. Ils la comparaient à un long mariage qui aurait viré à l’aigre et n’aurait pas réussi à produire d’enfants, mais où le divorce n’était pas envisageable. Bien sûr, la partie fonctionnant le mieux dans la relation, en particulier du point de vue états-unien, est la coopération militaire.

La première réaction à la visite de Moubarak de la part d’acteurs de think tanks américains vint de Steven Cook, spécialiste du Moyen-Orient au Council on Foreign Relations. Il a évalué les résultats de la rencontre à la Maison Blanche entre Moubarak et Obama en trois points principaux : premièrement, Obama n’a pas réussi à obtenir « de la part de Moubarak, un engagement à faire un geste envers Israël » ; deuxièmement, les Egyptiens ont informé le président US sur les questions régionales mais n’ont pas même évoqué leurs propres préoccupations majeures, notamment la piraterie en Mer Rouge, et n’ont pas spécifié les mesures que Le Caire serait disposé à prendre bien que, dans son troisième point, Steven Cook insiste sur le fait que « ce fut une bonne chose que le Président Obama et son Secrétaire d’Etat évoquent la question de la réforme même s’ils ont l’intention de traiter la relation de manière plus large que leurs prédécesseurs ».

Dans un échange publié sur le site web de Harvard consacré au Moyen-Orient, Michele Dunne, auteur d’un article cinglant le jour même de la rencontre Moubarak/Obama, convenait avec Steven Cook qu’Obama n’avait pas reçu suffisamment de soutien à plus de normalisation entre les Etats arabes et Israël, mais sans être d’accord avec lui sur la question de la démocratie. Elle concluait que « lorsqu’il s’agit de démocratie au Moyen-Orient, peut-être le Président Bush et son équipe peuvent-ils être accusés d’avoir eu trop d’imagination sur un possible changement, ou d’avoir trop espéré pour un futur trop proche. Mais en ce qui concerne la question de la démocratie, l’équipe Obama n’a pas fait preuve de la moindre imagination ».

Tamara C Wittes du Brookings Institute a porté la discussion ailleurs en déclarant : “la visite de Moubarak n’a pas été très substantielle, mais je pense que Steven conclut trop rapidement que Moubarak est venu à la Maison Blanche pour démontrer qu’il est de retour et que les relations bilatérales sont en bonne voie, sans rendre la pareille à son hôte ».

Wittes précisait : « Les premières phrases de la bouche de Moubarak [à la conférence de presse] rendaient explicitement la politesse. Il a dit que le discours d’Obama au Caire a levé tous les doutes à propos des relations entre les Etats-Unis et le monde musulman ... le monde islamique avait cru que les USA étaient contre l’islam, mais son grand et fantastique discours là-bas a levé tous ces doutes ».

Par ailleurs, au cours de la conférence de presse avec Moubarak, Obama n’a pas mentionné une seule fois sa phrase d’accroche favorite : « let me be clear ». Selon le réseau Politico, le président US se sert régulièrement de cette phrase quand il parle de politique étrangère pour « revendiquer une politique, pour prendre et attribuer des responsabilités, et pour mettre en garde contre de fausses interprétations diplomatiques de faiblesse, parfois pour amasser de multiples déclarations très claires sur le temps nécessaire pour parvenir à un résultat complexe et très spécifique ».

Lors de la rencontre avec Moubarak, l’avancement réel d’un plan de paix US n’était pas clair. Le chroniqueur du Washington Post Jackson Diehl a dépeint un sombre tableau à cet égard : “Obama, écrit-il, ne va pas offrir un modèle spécifiquement américain pour un accord de paix - comme un certain nombre de gouvernements arabes l’ont pressé de le faire - il va probablement détailler une vision pour le moins partiale du règlement biétatique que l’on soutient maintenant de tous côtés, et la direction que devraient prendre les négociations. Plus significativement, il a l’intention d’établir un calendrier ambitieux pour compléter l’accord de paix - ce qui plaira aux arabes mais pourrait irriter Israël ».

Diehl, longtemps critique vis à vis des gouvernements moyen-orientaux, s’attendait qu’Obama soit confronté à des temps difficiles au cours des semaines à venir étant donné sa bataille au Congrès pour imposer sa réforme de l’assurance-maladie, l’escalade des affrontements en Afghanistan, la situation en Irak et une confrontation menaçante avec l’Iran. Avec un ordre du jour aussi chargé, Diehl se demande ironiquement pourquoi « à ses moments perdus Obama ne s’attacherait pas à résoudre le conflit israélo-palestinien, un problème censé intraitable et qui a vu échouer 11 administrations US passées ? On dirait que ce président-qui-allait-tout-faire ne s’essaiera qu’à cela ».

Le Caire a longtemps mis en garde les administrations américaines contre une vision partiale de la paix au Moyen-Orient. Néanmoins il semble qu’un réel modèle requiert toujours un « coup d’état » dans la politique étrangère US. Les observateurs états-uniens attendent toujours les signes de ces « larges idées qui vont définir un âge nouveau » prédit par Fukuyama quelques heures après la prestation de serment d’Obama.

Le conflit israélo-palestinien demeure la question centrale dans la relation entre l’Occident d’une part et les arabes et les musulmans d’autre part. Les pays arabes ne seront pas disposés à accepter un petit pas dans cette marche terriblement longue vers la solution de deux états, et ils ne normaliseront pas les relations avec Israël avant des négociations sur le statut final. En outre, l’Autorité palestinienne veut un gel complet des colonisations avant des pourparlers. Mais le gouvernement israélien n’est pas prêt à geler les implantations et il est divisé sur l’étendue des futures négociations.

Certains membres du gouvernement israélien veulent des négociations visant un Etat palestinien provisoire avec des frontières temporaires. Entre temps, le Ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman continue d’accueillir avec mépris toute proposition possible des USA. « Bien que nous donnions tout » a-t-il dit la semaine dernière, « nous avons été incapables de conclure la paix 16 ans après les accords d’Oslo. Je suis prêt à parier qu’il n’y aura pas non plus de paix d’ici 16 ans, certainement pas une paix basée sur la solution biétatique ».

27 août 2009 - Al-Ahram Weekly - Vous pouvez consulter cet article ici :
http://weekly.ahram.org.eg/2009/962...
Traduction de l’anglais : Marie Meert

Mystérieuse visite de Netanyahu au QG du Mossad

08/09/2009 Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a effectué, lundi, une visite de plusieurs heures au quartier général du Mossad, les services de renseignements israéliens, dans la région de "Tel-Aviv", c'est ce qu'a indiqué mardi la radio militaire.

Cette visite, qui n'avait pas été annoncée et ne figurait pas sur l'emploi du temps officiel de Netanyahu, a déclenché une vague de rumeurs sur une possible visite secrète à l'étranger du Premier ministre israélien.

Après plusieurs heures d'incertitude, l'attaché militaire du Premier ministre, le général Meïr Kalifi, a précisé qu'il avait accompagné Netanyahu au QG du Mossad avec le conseiller à la sécurité nationale Uzi Arad, lui-même un ancien haut responsable des services de renseignements.

Cette visite a été "exceptionnellement longue" et a duré une dizaine d'heures, ont ajouté les médias, sans en préciser l'objet.

Le Mossad, ainsi que le Shin Beth, le service de sécurité intérieure israélien, relèvent directement de l'autorité du Premier ministre.

En juin dernier, Netanyahu a prolongé d'un an supplémentaire le mandat du chef du Mossad, Meïr Dagan, qui est chargé notamment de "gérer" le dossier nucléaire iranien.

Meïr Dagan a déclaré récemment que l'Iran pourrait disposer d'une bombe atomique "prête à l'emploi" en 2014 si son programme nucléaire n'était pas entravé.

Selon Dagan, l'Iran constitue aujourd'hui la principale menace visant Israël, en raison de son programme nucléaire mais aussi de son appui à des pays comme la Syrie ou au forces de résistance, notamment le Hezbollah et le Hamas.

almanar.com