samedi 30 juillet 2011

Ceux qui le peuvent ont l’obligation de se dresser contre l’oppression des plus faibles

vendredi 29 juillet 2011 - 12h:21
Samuel F. Hart - Silvia Cattori
Entretien avec Samuel F. Hart, ambassadeur des États-Unis.
(JPG) Samuel F. Hart, 77 ans, un ambassadeur états-unien à la retraite, était l’un parmi quelques trois cents participants à la « Flottille de la Liberté II » attendant à Athènes que le gouvernement grec l’autorise à appareiller pour Gaza. Humble et discret, le regard bleu intense, M. Hart a répondu aux questions de Silvia Cattori. Il a exprimé sans hésiter ce que tout politicien honnête, ou tout diplomate, devrait être capable d’exprimer, mais ne vous dit généralement pas.
Silvia Cattori : Quand vous êtes arrivé à Athènes vous pensiez embarquer rapidement pour Gaza (1) Dix jours plus tard, les garde-côtes grecs n’ont toujours donné aucun signe qu’ils laisseraient les bateaux de la « Flottille de la Liberté II » quitter le port. Quel est votre sentiment ? Les organisateurs devraient-ils continuer d’essayer jusqu’à ce que le blocus illégitime et inhumain de Gaza soit levé ?
Samuel F. Hart : (2) On peut toujours espérer que quelque chose de positif arrive. Je suppose que, si cette flottille ne peut pas partir, il y aura une autre tentative similaire. Si oui, j’essaierais de la réaliser différemment - peut-être en choisissant un autre pays de départ. Je pense que les gens ne vont pas dire : « OK, c’est comme ça, arrêtons ». Je pense qu’ils vont essayer à nouveau. Cela dépend tellement de ce qui peut se passer par ailleurs. Dire « OK, les Israéliens ont gagné » et accepter cela comme une défaite finale serait imprudent. Je ne pense pas que les organisateurs vont dire cela.
Silvia Cattori : Lors de la précédente « Flottille de la Liberté I », neufs passagers turcs ont été tués et beaucoup d’autres ont été blessés par les soldats israéliens qui ont attaqué leur bateau Mavi Marmara. Le fait que les soldats israéliens pourraient le faire à nouveau ne vous effraye pas ?
Samuel F. Hart : Voyez, je suis un homme âgé. Que peuvent-ils me faire ? Si je suis en mesure de faire quelque chose, je dois me poser ces questions : si ce n’est moi, qui ? Si ce n’est maintenant, quand ? Ceux qui le peuvent ont l’obligation de se dresser contre l’oppression des plus faibles. Nous avons une obligation. Nous sommes tous des êtres humains. Quand vous voyez des gens opprimés et que vous pouvez les aider, vous avez l’obligation de le faire.
J’ai choisi d’être ici parce que je pense qu’il s’agit d’un problème important ; et que je suis en mesure d’y apporter mon aide.
Silvia Cattori : Le fait que vous soyez prêt à risquer votre vie pour exprimer votre solidarité avec les Palestiniens qui souffrent sous l’oppression israélienne est quelque chose de très impressionnant. Si vous ne réussissez pas, vous pourrez être fiers d’avoir essayé, quoi qu’il arrive...
Samuel F. Hart : Le danger n’est peut-être pas si grand. Mais, bien sûr, je suis prêt à prendre ce risque. Vous savez, il n’y a que de rares actions qui valent vraiment la peine d’être menées. Si vous voulez rendre le monde un peu meilleur, vous devez essayer d’apporter votre contribution à ce monde meilleur. Et si vous échouez, vous essayez encore. Essayer et échouer, c’est mieux que de ne pas essayer du tout. Tous ceux qui sont impliqués dans cette action peuvent être fiers de faire quelque chose pour les autres. Il y a beaucoup de manières de faire quelque chose pour les autres. Vous pouvez aider votre voisin, vous pouvez aider les malades, et vous pouvez aussi faire un don à la Croix Rouge. C’est aussi une noble manière. Cette action-ci a une signification particulière parce qu’elle implique de vous mettre vous-même en danger.
Silvia Cattori : Vous attendiez-vous à ce que la « Flottille de la Liberté II » soit confrontée à autant de problème, dès son début ?
Samuel F. Hart : Je ne dirais pas que je m’y attendais, mais je ne suis pas surpris. Je ne m’attendais pas à ce que les choses se passent sans aucun problème. Cependant, je pensais que nous réussirions à prendre la mer et à faire voile vers Gaza. Je pensais à la manière dont j’allais me comporter quand le moment de vérité viendrait face aux Israéliens. Je ne pensais pas à la manière dont j’allais me comporter vis-à-vis du gouvernement grec, ou vis-à-vis du gouvernement des États-Unis. Donc, c’est comme de partir pour combattre dans une guerre et de découvrir que vous vous trouvez dans une autre.
Je ne sais pas ce qui motive le gouvernement grec à se faire l’allié du gouvernement israélien dans cette affaire. Certains ont suggéré que c’est à cause des problèmes économiques et financiers de la Grèce. Et que les Israéliens auraient dit : « Si vous voulez que nous vous aidions, vous devez faire cela pour nous ». Je ne pense pas que les Israéliens aient ce genre de pouvoir ; mais les États-Unis d’Amérique l’ont. Je crois que la seule chose qui ait pu convaincre le gouvernement grec d’interdire le départ des bateaux est une intervention des États-Unis.
Ce qui me surprend, c’est la peur que les Israéliens ont de cette flottille. L’énergie qu’ils ont déployée et la pression politique qu’ils ont exercée sont incroyables. Je suis surpris qu’ils soient allés aussi loin pour tenter d’empêcher cette flottille. Si j’étais à la tête du gouvernement israélien, il y avait un moyen très simple pour faire face à cette flottille, mais il est totalement contraire à la nature du gouvernement israélien. Ce moyen pour Israël était de dire : « OK, laissons partir la flottille. Nous allons monter à bord des bateaux et nous allons les fouiller pour nous assurer qu’aucune arme ni aucun équipement à usage militaire ne se trouve à bord. Et ensuite allez-y, allez à Gaza, déchargez votre cargaison, nous n’interviendrons pas. » La presse internationale aurait complimenté les Israéliens s’ils avaient dit cela, et cela aurait été une histoire d’un jour.
Mais ce genre de comportement est au-delà de la capacité d’un gouvernement israélien. Les autorités israéliennes croient en général que l’autre côté ne comprend que la violence. La plupart des Israéliens le croient également : alors, si la violence ne fonctionne pas, comme cela est arrivé avec la « Flottille de la Liberté I », la fois suivante vous augmentez le niveau de violence. Cela est arrivé maintes et maintes fois.
Silvia Cattori : Du point de vue d’Israël, toutes ces « Flottilles » ne sont que des provocations !
Samuel F. Hart : J’en reviens au mouvement pour les droits civiques aux États-Unis. Beaucoup d’entre nous dans la délégation états-unienne disent : « Nous sommes ici pour les mêmes raisons pour lesquelles les militants de la liberté sont allés dans le sud des États-Unis au début des années 1960. Parce que nous voyons une injustice, nous voulons attirer sur elle l’attention du public. Nous ne voulons pas que l’on continue à faire silence sur cette injustice. Nous voulons lancer un débat public. Par conséquent, nous essayons de trouver un moyen d’amener les gens à en prendre conscience ; à ne pas les laisser confortablement dans leur ignorance. »
Cela est-il une provocation ? Cela dépend de ce que vous entendez par provocation. C’est un défi ; mais je n’appellerais pas cela une provocation. L’appeler une provocation implique que les participants à la flottille sont eux-mêmes responsables si quelque chose leur arrive ; c’est blâmer les victimes. C’est comme si je vous offrais un bouquet de fleurs et que vous me frappiez à la tête en prétendant que vous êtes innocente parce que j’aurais dû savoir que vous n’aimez pas les fleurs ; donc c’est de ma faute si vous m’avez frappé à la tête. En hébreu on appelle cela « chutzpah » [du culot]. Quelqu’un qui a de la « chutzpah » est quelqu’un qui, ayant tué père et mère, réclame la miséricorde de la Cour parce qu’il est orphelin. J’ai terriblement honte que mon gouvernement semble adopter cette attitude envers la flottille.
Silvia Cattori : Un certain nombre de journalistes et de citoyens suivent probablement cet évènement aux États-Unis. Si, finalement, la « Flottille de la Liberté II » ne peut pas prendre la mer, qu’allez-vous leur dire, de retour chez vous ?
Samuel F. Hart : Je m’attendais à pouvoir dire en rentrant : «  Je suis monté sur ce bateau. Nous sommes partis pour Gaza. Quand la marine israélienne est arrivée, elle nous a tous arrêtés. Ils nous ont gardés en prison pendant quelques jours et finalement ils nous ont expulsés d’Israël en disant que nous ne pourrions pas y revenir pendant dix ans. » Après avoir raconté cette histoire, j’aurais ajouté que, comme nous avions pu attirer l’attention du monde pendant quelques minutes sur un sujet qui est le plus souvent ignoré, cela en avait valu la peine, quoiqu’il en ait coûté en termes de temps et d’argent.
Voila ce que j’espérais qu’il se passerait. Maintenant, si nous ne pouvons pas partir, je ne pourrai pas dire cela. Si nous ne pouvons pas partir, je devrai dire : « Nous voulions aller à Gaza. Nous avons essayé de le faire. Nous avons dû faire face à des problèmes qui ont rendu ce départ impossible en raison de l’action du gouvernement des États-Unis, du gouvernement israélien, et du gouvernement grec. Nous pensons que notre cause est juste. Nous pensons qu’elle mérite l’attention du monde. Elle a au moins obtenu quelques minutes dans les médias internationaux. Et nous reviendrons. »
Silvia Cattori : Pensez-vous que des erreurs ont été commises dans l’organisation de cette « Flottille de la Liberté » ?
Samuel F. Hart : Comme je ne participe pas aux réunions stratégiques, tout ce que je puis faire est d’observer les ombres sur le mur. Vous ne voyez jamais la réalité, vous en voyez seulement les ombres. Je pense que la nature même de cette organisation et les personnes impliquées conduisent à une certaine désorganisation. Si, par exemple, nous avions été capables de faire partir la flottille en mai, les choses auraient été plus faciles. Je ne dis pas que le gouvernement des États-Unis et le gouvernement israélien n’auraient pas trouvé les moyens de créer des difficultés. Mais je pense que le fait que la flottille ait été retardée si longtemps - de mars, à mai, à juin, finalement à juillet - leur a donné beaucoup de temps pour trouver les moyens de rendre son départ, non pas impossible, mais beaucoup plus difficile.
Vous savez, quand vous avez affaire avec une vingtaine de pays, et de nombreuses organisations dont certaines sont concurrentes au sein de ces pays, tout cela diminue la force, la solidarité du mouvement, et rend les accords plus difficiles à trouver. Mais cela ne veut pas dire que nous n’aurions pas atteint exactement le même résultat. Je viens d’apprendre aujourd’hui qu’il y avait eu un sabotage sur les bateaux il y a une année. Je l’ignorais ; donc on aurait pu penser que l’on aurait essayé de trouver un moyen d’empêcher que cela ne se reproduise ; c’est, bien sûr, plus facile à dire qu’à faire. Les bateaux sont à l’eau. Vous trouvez un port mais vous n’avez pas le contrôle de la sécurité du port. Donc, il est difficile d’empêcher un sabotage de se produire si quelqu’un a la capacité d’attaquer certains des bateaux avec des hommes grenouilles.
C’est vraiment décevant de constater que, en ce moment, nous ne sommes pas vraiment unis. Je ne suis pas ici pour jeter la pierre à qui que ce soit. Je ne suis qu’un volontaire disant qu’il espérait que nous trouvions un moyen d’affronter les Israéliens ; l’objectif réel. Pas le gouvernement des États-Unis, pas le gouvernement grec, pas les uns les autres ; mais c’est difficile à faire.
Silvia Cattori : Avez-vous quelque chose à suggérer aux organisateurs de la « Flottille de la Liberté » qui doive être amélioré ?
Samuel F. Hart : Je pense que, s’il y avait un consultant en gestion pour examiner cette organisation, il recommanderait d’embaucher un planificateur qui soit à plein temps sur l’affaire. Cette personne collecterait toutes les informations et élaborerait un calendrier précisant ce que nous allons faire. Ainsi, toutes les personnes impliquées seraient prêtes à agir rapidement. Maintenant, je sais bien que, quand vous avez une organisation de bénévoles - et j’ai participé à un grand nombre d’entre elles - c’est difficile à faire. Mais, sans une très bonne gestion au sommet, les choses ne fonctionnent généralement pas très bien : il y a trop de voix discordantes, trop de cuisiniers autour de la marmite.
Silvia Cattori : Aujourd’hui, 4 juillet, jour de l’Indépendance des États-Unis, en qualité d’ambassadeur à la retraite, vous pourriez être accueilli à la luxueuse fête officielle à l’ambassade des États-Unis. Mais vous êtes ici, dans ce modeste hôtel trois étoiles, un parmi les centaines de participants motivés par le projet de briser le siège de Gaza. N’est-ce pas quelque chose d’inhabituel pour une personne de votre niveau, pour un ambassadeur !? Pensez-vous que les gens, aux États-Unis, peuvent comprendre et soutenir un tel engagement de la part d’un de leurs anciens représentants ?
Samuel F. Hart : Je ne me soucie pas de participer à des célébrations à l’ambassade des États-Unis. Je me souviens du premier discours du 4 juillet que j’ai donné comme ambassadeur. C’était au temps de l’administration Reagan. J’ai dit que, lorsque nous célébrons la Constitution et l’indépendance, nous parlons aussi parfois du patriotisme. Pour certains, le patriotisme signifie : « qu’il ait raison ou tort, c’est mon pays » ; quoi que fasse mon pays, je le soutiens. Mais pour moi ce n’est pas du patriotisme. Pour moi, le véritable patriotisme n’est pas de dire « qu’il ait raison ou tort, c’est mon pays ». C’est aider à faire une union plus parfaite. C’est soutenir les politiques que vous croyez justes et essayer de changer les politiques que vous croyez fausses. Je pense que c’est cela le vrai patriotisme. J’ajouterais que la grande majorité des gens, aux États-Unis, n’approuvent pas cette définition.
Silvia Cattori : Ils considéreraient que vous êtes à la mauvaise place, une sorte de traître à la politique de votre pays ?
Samuel F. Hart : Le fait qu’à un moment j’aie servi comme ambassadeur ne m’enlève pas mes droits de citoyen. Cela m’empêchait d’être ouvertement critique vis-à-vis des politiques du gouvernement des États-Unis quand j’occupais cette position. Mais aujourd’hui je peux faire tout ce que je veux. Je n’ai pas de limites pour donner mon avis.
J’aime à croire que nous avons le droit, aux États-Unis, d’être en désaccord avec les politiques du gouvernement sans être qualifié de traître ; néanmoins, certains verront les choses de cette façon.
Je me suis aussi opposé à la guerre en Irak. Alors que la guerre du Vietnam avait commencé depuis une année, je me trouvais en Indonésie et en Malaisie, tout près de l’endroit où la guerre se déroulait. Au début j’ai pensé que nous n’avions pas d’autre choix que de poursuivre cette guerre. Parce qu’à cette époque, la théorie qui avait cours était la théorie des dominos : si le Vietnam tombe, la Thaïlande, le Cambodge, le Laos et l’Indonésie vont suivre. Quand je suis rentré aux États-Unis, en 1964, et que j’ai vu le prix que les gens payaient pour le Vietnam, j’ai changé d’avis et je me suis opposé à la guerre parce que c’était une guerre qui ne pouvait pas être gagnée, ou seulement à un prix que les États-uniens n’étaient pas disposés à payer ; aucun grand intérêt national n’était en jeu. J’ai dit qu’il était temps d’en sortir ; j’ai cessé d’être en faveur de la guerre et je suis devenu un opposant à la guerre.
J’ai toujours été opposé à la guerre en Irak, parce qu’elle était complètement stupide.
Silvia Cattori : À quel parti politique appartenez-vous ?
Samuel F. Hart : Je me suis toujours considéré comme indépendant. Mais à un certain moment dans ma vie, j’ai voté pour les Républicains libéraux. Puis la branche libérale du Parti républicain est morte. Je suis un progressiste dans le sens où beaucoup de libéraux républicains l’étaient. Je suis un conservateur dans le domaine fiscal et un libéral dans le domaine social. Aujourd’hui, je vote souvent pour les Démocrates.
Silvia Cattori : Ce n’est pas habituel de voir un ambassadeur aussi clairement engagé. Je pourrais difficilement trouver un tel exemple dans mon propre pays...
Samuel F. Hart : Aux États-Unis il y en a beaucoup. J’habite à Jacksonville, en Floride. C’est loin de Washington DC. Mais je reçois tous les jours des messages de gens qui sont à Washington. Je pense que si vous interrogiez en privé tous les diplomates de carrière qui ont servi comme ambassadeurs des États-Unis, la plupart d’entre eux seraient d’accord avec ce que j’ai à dire sur la question de la politique vis-à-vis d’Israël. Rares sont ceux qui pensent qu’elle a du sens. Elle est contraire à l’intérêt national des États-Unis. Dans de nombreuses ambassades, les diplomates ont une influence sur les décisions politiques. Mais en Israël, nos diplomates n’ont aucune influence sur la politique ; n’ont jamais eu voix au chapitre en ce qui concerne la politique. Cette affaire est traitée à la Maison Blanche et au Congrès. Comme il s’agit d’une chose à laquelle un simple individu ne peut rien changer, vous en arrivez à vous demander si votre désaccord avec la politique suivie est si important que vous deviez démissionner en signe de protestation. Eh bien, pratiquement personne ne démissionne. Après avoir fait connaître votre opinion par les canaux appropriés, si vous voulez poursuivre votre carrière de diplomate, vous vous tenez simplement à l’écart des domaines de profond désaccord et vous trouvez autre chose de valable à faire.
Silvia Cattori : Quand avez-vous commencé à vous préoccuper de l’oppression des Palestiniens ?
Samuel F. Hart : Dans les années 1977 à 1980, j’ai été en poste à l’ambassade des États-Unis à Tel-Aviv. À cette époque, j’étais le conseiller économique et commercial ; le numéro trois de l’ambassade. Je connaissais très bien la Cisjordanie et la Bande de Gaza. J’y ai passé beaucoup de temps et je parlais avec les gens. J’ai vu ce qui s’est passé à cette époque. J’ai vu le rôle qu’a joué mon gouvernement, non en étant la cause de ce qui s’est passé, mais en permettant que cela se passe. Nous n’avons pas dit aux Israéliens : non, vous ne pouvez pas coloniser la Cisjordanie ; non, vous ne pouvez pas punir collectivement la population de Gaza. À cette époque, l’accent n’était pas mis tellement sur Gaza, mais sur la Cisjordanie. La Cisjordanie était ce qui intéressait vraiment les Israéliens. Pour des raisons historiques, la Bande de Gaza n’a jamais fait partie du Grand Israël. Gaza a toujours été un territoire étranger à Israël.
Vous vous souvenez de l’histoire de Samson dans la Bible. Dalila était une étrangère, une Philistine de Gaza. Cela ne faisait pas partie d’Israël. Mais la Cisjordanie, que les Israéliens appellent Judée et Samarie, a fait partie à une époque d’un État israélien. Ce qui intéresse Israël dans les territoires palestiniens, c’est vraiment la Cisjordanie. Gaza est une chose secondaire. Parce que Gaza est palestinienne, elle est impliquée dans l’ensemble du problème. Mais si vous disiez aujourd’hui aux Israéliens : écoutez, vous pouvez prendre toute la Cisjordanie mais oubliez Gaza, ils concluraient l’affaire en une minute.
Lorsque j’étais en Israël, j’en suis venu à réaliser que le but à long terme des Israéliens était d’absorber l’ensemble de la Cisjordanie. Le cadre idéologique du parti Likoud, avec à l’époque Menahem Begin à sa tête, et des gouvernements ultérieurs du Likoud, a toujours été d’étendre les frontières d’Israël du Jourdain à la Méditerranée. La guerre de 1965 en a fait une possibilité réelle.
Silvia Cattori : Avez-vous rencontré Benjamin Netanyahou ?
Samuel F. Hart : Non. Quand j’étais en Israël Netanyahou était encore un jeune homme qui grimpait les échelons. Et il a été très précieux pour les Israéliens. Il est allé aux États-Unis alors qu’il était enfant et il est allé à l’école aux États-Unis. Je ne me souviens pas quelles ont été les circonstances exactes, mais il a vécu aux États-Unis, au moins comme adolescent. Et de ce fait, parce qu’il parle couramment l’anglais comme les Américains, il est très efficace lorsqu’il s’adresse à eux. Comme il parle comme un Américain, on ne dit pas : « Ah, c’est un étranger », comme on le dirait de quelqu’un qui a un accent israélien. Il peut dire les choses les plus scandaleuses et les plus destructrices de façon très calme et familière, et son bagout contribue à les faire paraître raisonnables. C’est un atout très important. Mais Netanyahou n’était pas au pouvoir à cette époque. C’étaient Begin et Shamir.
Silvia Cattori : Lorsque vous les avez rencontrés, quelle a été votre impression ?
Samuel F. Hart : J’ai vu Begin à de nombreuses reprises. J’ai eu une seule fois quelque chose à négocier avec lui, parce que, normalement, c’est la tâche de l’ambassadeur. Et à cette époque, j’étais conseiller. L’ambassade se trouve à Tel-Aviv et, bien sûr, tout le gouvernement israélien excepté le ministère de la Défense est à Jérusalem. Le ministère de la Défense est à Tel-Aviv. Un jour le bureau de Begin a appelé et a demandé à me parler ; j’ai naturellement accepté. J’ai appelé Washington pour les informer que j’étais appelé à Jérusalem pour rencontrer le Premier ministre. Je leur ai dit que je ne savais pas quel était le sujet, mais j’ai demandé s’il y avait quelque chose que Washington souhaitait que j’aborde avec lui. Je suis allé là-bas et aussi bien Moshe Dayan que Ezer Weismann étaient présents. J’ai plaisanté avec eux en disant que j’aurais dû prendre du renfort. Je ne savais pas que j’allais rencontrer tout à la fois le ministre des Affaires étrangères, le ministre de la Défense et le Premier ministre. Que puis-je faire pour vous, ai-je demandé ? Ils avaient une requête et je leur ai dit : « Eh bien, je vais voir, je vais la transmettre à Washington et je reviendrai vous apporter la réponse. Et en passant, pendant que je suis ici, y a-t-il quelque chose que vous puissiez faire pour mon pays ? » Il s’est avéré qu’un accord mutuellement bénéfique a pu être conclu. Quoi qu’il en soit, j’ai été amené à connaître Begin assez bien. Mais je me suis principalement occupé du domaine économique avec le ministre de l’Économie, le ministre des Transports et le directeur de la Banque centrale. Je n’ai jamais beaucoup parlé avec Itzhak Shamir.
C’était une époque, en 1977-80, où il y avait quelques progrès concernant la paix. C’était sous la présidence de Jimmy Carter, l’époque des Accords de Camp David et du Traité de paix avec l’Égypte. Le traité a représenté un grand avantage pour Israël parce que l’Égypte a été mise de côté en tant que seule force militaire crédible face à Israël. En retour, l’Égypte a récupéré la Péninsule du Sinaï. Mais le seul engagement que Jimmy Carter a réussi à obtenir de Menahem Begin sur le problème palestinien était qu’il pourrait y avoir quelques entretiens avec des « notables » palestiniens sur l’avenir de la Cisjordanie et de Gaza. L’OLP était exclue parce que, à cette époque, elle était encore considérée par Israël comme une organisation terroriste. Quiconque parlait avec Yasser Arafat était coupable d’un crime majeur. Il y avait un Israélien qui possédait un bateau appelé La Voix de la Paix. Son nom était Abie Nathan. Il avait un petit bateau avec des équipements de radiodiffusion au large des côtes israéliennes. Abie est allé voir Arafat, c’était peut-être au Maroc, et il a été accusé de soutenir l’ennemi. C’est ce qui arrivait à quiconque parlerait ou aurait le moindre contact avec l’OLP, cette « organisation terroriste ». Cela vous paraît-il familier aujourd’hui ?
Silvia Cattori : La plupart des gens, à cette époque, ne comprenaient pas ce qu’était Israël. Mais les dirigeants que nous connaissons aujourd’hui - Barak, Netanyahou, Sharon - nous avons appris à savoir avec quelle brutalité ils agissent. Les dirigeants que vous avez rencontrés à cette époque étaient-ils du même genre, aussi brutaux, aussi cruels ?
Samuel F. Hart : Un peu d’histoire au sujet de Begin. Sa préoccupation essentielle était de s’assurer que quelque chose comme l’holocauste ne se reproduise pas. Ce n’était pas seulement la préoccupation de Begin ; c’est quelque chose qui imprègne toute la psychologie de la population israélienne. Et on peut comprendre jusqu’à un certain point pourquoi. Mais lorsqu’il s’agit de Netanyahou ou de Sharon, la question devient : quels moyens utilisez-vous pour arriver à vos fins ?
Begin était le chef de l’Irgoun qui a capturé deux soldats britanniques à l’époque du mandat, les a exécutés, et les a pendus la tête en bas en piégeant leurs corps avec des explosifs en représailles contre les Britanniques pour avoir capturé des membres de l’Irgoun. Il avait donc du sang sur les mains.
Shamir était le chef du « gang Stern », qui a fait sauter l’Hôtel King David. Sharon a toujours été un soldat. Et son attitude envers les ennemis était : nous ne faisons pas de prisonniers, nous ne montrons aucune pitié. Ce n’était pas un mauvais soldat si vous l’aviez à vos côtés, mais personne ne l’aurait jamais appelé un humanitaire. Pour tous ces hommes, une vie israélienne innocente a toujours valu la vie d’une multitude, d’une infinité peut-être, de non-Israéliens innocents.
Est-ce que cela a toujours été ainsi ? Non. En fait avant eux, avant la montée du Likoud au pouvoir, il y avait des gens au sein du gouvernement, comme Moshe Sharett, qui avaient une opinion différente. Ils étaient prêts à accepter les frontières d’Israël comme elles étaient, et à essayer de développer une relation positive avec leurs voisins ; à être un membre pacifique du Moyen-Orient. Pour d’autres raisons, cela ne s’est pas produit. Les Arabes, à cette époque, n’y étaient pas prêts. Ils en étaient encore à essayer de renverser les résultats de la guerre de 1947-48. Ils pensaient encore qu’ils pourraient vaincre Israël. Ils n’étaient donc pas de bons partenaires pour la paix. Mais, après Sharett, de plus en plus nombreux ont été les membres de l’« establishment » politique israélien à accepter ce qui était essentiellement la vision du monde de Ben Gourion et certainement de Begin : « Israël est entouré d’ennemis, nous sommes constamment menacés d’anéantissement ; par conséquent, tout ce que nous faisons pour préserver notre existence est justifié. Par conséquent, la fin justifie les moyens. Par conséquent, nous ne sommes pas liés par des règles comme les Conventions de Genève ou les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies ».
Israël a commencé l’escalade de la violence en partie en réponse à des attaques à petite échelle. Mais une fois que vous entrez dans un cycle de violence, vous ne savez jamais qui a commencé. Il ne s’agissait pas d’une guerre sainte puisqu’elle ne porte pas sur la religion - mais la spirale de la violence était violemment engagée à l’époque du Traité de paix avec l’Égypte. L’Égypte a obtenu quelque chose, Israël a beaucoup obtenu, et les Palestiniens n’ont rien obtenu. J’étais le représentant des États-Unis aux pourparlers, après Camp David, avec les soi-disant « notables » palestiniens, qui ont été autorisés à venir et à parler avec les Israéliens. Nous avons eu deux réunions. Lors de la première réunion, il est apparu très clairement que les Israéliens n’étaient pas prêts à faire quoi que ce soit. Ils voulaient un traité de paix avec l’Égypte et ils ont donc accepté d’avoir quelques discussions, mais elles étaient dès le début supposées arriver à l’échec. Et après la deuxième réunion, cela s’est terminé.
Silvia Cattori : Avez-vous compris à cette époque que les Israéliens ne rendraient jamais la moindre parcelle de terre aux Palestiniens ?
Samuel F. Hart : Je ne dis pas cela. Je dis que le gouvernement Netanyahou ne rendra jamais rien. Mais il y a eu un moment où cela a été près de se produire ; alors qu’Yitzhak Rabin était Premier ministre et qu’il a négocié de bonne foi avec l’OLP, et que les Accords d’Oslo ont suivi. Parce que Rabin jouissait d’une grande crédibilité dans l’opinion publique israélienne - on l’appelait Monsieur Sécurité - il a pris la décision de faire la paix et de renoncer à la terre. Il était prêt à le faire et ceux qui appartenaient à l’école de pensée de Netanyahou l’ont tué. Tout comme les Frères musulmans ont tué Sadate. C’est la récompense que vous obtenez quand vous êtes un pragmatique et un faiseur de paix dans cet environnement.
Silvia Cattori : Le rejet de l’injustice n’est généralement pas ce qui guide les autorités des États-Unis ; un pays qui mène des guerres dévastatrices qui ont provoqué depuis les années 1950 des millions de morts et détruit des pays entiers. Je persiste à dire qu’il n’est pas courant ici en Europe de voir un ambassadeur se joindre en toute humilité à l’action de simples citoyens pour appeler les instances internationales à cesser de couvrir les crimes d’Israël. Quel a été votre parcours ?
Samuel F. Hart : J’ai rejoint les services des affaires étrangères en partie parce que je pensais que je pourrais y faire quelque chose de positif ; en quelque sorte rendre le monde un peu meilleur. Pour aller plus loin, ce qui me dérange le plus n’est pas que les Israéliens fassent ce qu’ils font, mais que mon gouvernement et mes impôts les aident à le faire. Et c’est la raison pour laquelle je pense que, comme un homme qui en sait assez sur cette situation pour pouvoir en parler avec une certaine autorité, j’ai l’obligation de le faire ; c’est pourquoi je suis ici.
Silvia Cattori : Quand est-il devenu évident pour vous que votre gouvernement allait continuer de mener des guerres illégales contre de nombreux pays ; que la politique étrangère des États-Unis était catastrophique ?
Samuel F. Hart : Avant d’avoir été en Israël je n’ai jamais focalisé mon attention sur les Israéliens. Quand j’y étais, il y avait assez peu d’Américains qui n’étaient pas juifs à l’ambassade des États-Unis. Et il y en avait beaucoup qui étaient juifs. Et la meilleure façon de convaincre un Américain juif qu’Israël n’a pas toujours raison et ne mérite pas toujours le soutien des États-Unis est de l’envoyer à l’ambassade américaine à Tel-Aviv ; parce que vous y voyez tous les jours la duplicité, la méchanceté, la division du monde entre eux et nous. Et vous auriez pu penser qu’il y aurait une certaine réciprocité, quelque reconnaissance de la part des Israéliens qui reçoivent journellement du contribuable américain une part de ce qu’ils mangent et de ce qu’ils utilisent pour jouir de la vie. Vous auriez pu penser qu’il y aurait un peu plus de sensibilité à l’égard de ce que les États-Unis considèrent comme leur intérêt. Et vous voyez que ce n’est pas le cas.
Alors, pourquoi est-ce que cela continue ? C’est ici que vous entrez dans la politique intérieure états-unienne. Comme je l’ai souvent dit, si vous voulez trouver aux États-Unis trois questions qui sont clairement des questions de politique étrangère mais qui ne peuvent pas être traitées comme des questions de politique étrangère, la première est la politique envers Cuba, la deuxième est la politique de la drogue, et la troisième est la politique vis-à-vis d’Israël. Toutes sont des questions de politique intérieure qui sont déterminées de façon parallèle, non pas par les intérêts de politique étrangère des États-Unis, mais par des considérations de politique intérieure du président et des membres du Congrès. Et cela est vrai tant pour les Républicains que pour les Démocrates. Et cela ne va pas changer.
Silvia Cattori : Mais, à l’extérieur, il est difficile de comprendre pourquoi les gouvernements successifs des États-Unis laissent Tel-Aviv faire tout ce qu’il veut, y compris leur répondre de manière très arrogante.
Samuel F. Hart : J’ai posé une fois cette question à un membre du Congrès qui était en visite en Israël. Je lui ai dit : dites-moi pourquoi chaque année quand nous recevons la demande d’aide israélienne et que j’ai passé en revue chaque ligne et écrit un rapport (et j’en sais peut-être plus que quiconque sur ce sujet) qui généralement recommande certaines réductions, lorsque ce rapport arrive à Washington vous maintenez le montant ou même vous l’augmentez. Pourquoi cela ? Il m’a répondu : si vous ne comprenez pas cela, vous ne comprenez pas le système politique des États-Unis. Si vous êtes un membre du Congrès ou un président ou n’importe quel fonctionnaire élu, et que vous voulez être réélu, vous regardez qui va travailler pour vous et qui va travailler contre vous.
Silvia Cattori : L’argent, l’argent...
Samuel F. Hart : Il ne s’agit pas seulement d’argent. Et il ne s’agit pas seulement de la composante juive du lobby pro-israélien américain. Il est probable qu’en nombre, la composante protestante évangélique du lobby pro-israélien est plus importante - les églises fondamentalistes. C’est un très curieux partenariat. Mais ils viennent et ils disent à quelqu’un au Congrès : si vous votez avec nous sur les questions liées à Israël, si vous vous faites le défenseur d’Israël, nous allons vous soutenir avec de l’argent, en convainquant les électeurs, et en exprimant des vues positives à votre sujet. Sur la plupart des questions il existe deux côtés, mais sur la question israélienne il n’y a pas de deuxième côté. Les Palestiniens n’ont pas de voix crédible. Les politiciens vont avec les Israéliens parce que, si vous ne le faites pas - et il y en a eu qui ne l’ont pas fait - ils vont travailler aussi dur qu’ils le peuvent pour vous battre. Et ils y arrivent souvent.
Interview réalisée à Athènes le 4 juillet 2011.
Silvia Cattori
[1] M. Hart a été invité à participer à la Flottille par le "Free Palestine Movement" (à ne pas confondre avec l’association concurrente "Free Gaza” qui l’a superbement ignoré).
[2] L’ambassadeur Samuel Hart a été soldat, diplomate et enseignant. Il est diplômé de l’Université du Mississippi, de la Fletcher School of Law and Diplomacy, et de l’Université Vanderbilt. Il a également suivi la JFK School of Government à Harvard. Comme soldat il a été parachutiste et aide d’un général. Il a été libéré avec le grade de capitaine. Pendant 27 ans Samuel Hart a été diplomate de carrière au Département d’État des États-Unis. Ses affectations ont principalement été en Amérique latine (Chili, Uruguay, Costa Rica, et Équateur), mais elles ont aussi inclus le Moyen-Orient (Israël) et l’Asie (Indonésie et Malaisie). De 1980 à 1982 il a été en poste à Washington en tant que directeur des relations des États-Unis avec le Venezuela, la Colombie, l’Équateur, le Pérou et la Bolivie. Au cours de sa carrière au Département d’État, Samuel Hart a reçu de nombreuses récompenses pour services exceptionnels. Cela a conduit à sa nomination comme ambassadeur en Équateur en 1982.
Depuis sa retraite, Samuel Hart est resté actif comme consultant en affaires et comme conférencier sur des questions de politique étrangère dans de nombreux collèges et universités en tant que Woodrow Wilson Visiting Fellow. Au cours des 15 dernières années, il a également été un conférencier très populaire sur des navires de croisière, principalement sur des questions de politique étrangère des États-Unis. En 1994, Samuel et son épouse, Jo Ann, ont déménagé à Jacksonville, en Florida, où ils ont été tous deux actifs au sein du World Affairs Council et dans d’autres activités bénévoles.
27 juillet 2011 - Silvia Cattori - Texte original en anglais (25.07.2011) - Traduit de l’anglais par JPH (28.07.2011)
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Les enfants palestiniens sont systématiquement maltraités par les tribunaux militaires israéliens, selon les rapports

vendredi 29 juillet 2011 - 07h:36
Hugh Naylor - The National
Les abus systématiques perpétrés contre les mineurs palestiniens qui sont pris dans le système judiciaire militaire israélien font l’objet de deux rapports publiés ce mois-ci ! : B’Tselem et Défense Internationale des Enfants.
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Un soldats les a traités de "fils de putes".
BEIT UMMAR, CISJORDANIE/Sami est tombé aux mains de la justice militaire israélienne le 8 mars quand deux douzaines de membres d’un commando ont fait irruption chez lui peu après minuit. La famille du jeune Palestinien de 15 ans a regardé les soldats lui lier les mains, lui mettre un bandeau sur les yeux et l’emmener sans fournir la moindre explication.
Sami a raconté dans un interview qu’il a été forcé de parcourir à pied les 3 km qui séparent son village Beit Ummar d’une colonie juive avoisinante.
Là les soldats lui ont donné des coups de pied si violents que ses côtes étaient meurtries. A un moment donné ils l’ont fait asseoir par terre entre deux sofas que les soldats serraient pour écraser son corps mince.
"J’ai essayé de me raidir pour arrêter la pression. Je ne pouvais plus respirer" a dit Sami dont la famille a demandé de ne pas révéler le nom complet.
Il dit qu’on l’a forcé à avouer d’avoir jeté des pierres sur des colons, délit pour lequel il vient déjà de passer quatre mois dans les prisons israéliennes.
Son expérience est emblématique de ce que les associations des droits de l’homme appellent le calvaire d’une quotidienneté alarmante des enfants de Cisjordanie.
Les abus systématiques perpétrés contre les mineurs palestiniens qui sont pris dans le système judiciaire militaire israélien font l’objet de deux rapports publiés ce mois-ci : le premier par B’tselem, l’organisme israélien de surveillance des territoires palestiniens occupés, et le second par Défense Internationale des Enfants (DIE) une ONG de Genève.
Les rapports disent que dans le système qui prévaut pour les Palestiniens de Cisjordanie depuis plus de 40 ans, l’intimidation des enfants, dont certains n’ont que 9 ans, par la police prend la forme d’assauts verbaux et physiques, de refus de laisser leurs parents leur rendre visite, de sentences très lourdes et d’aveux obtenus par la force au cours de violents interrogatoires à huis clos.
Selon DIE, 45 enfants arrêtés pendant les 6 premiers mois de cette année ont témoigné sous serment. 39 d’entre eux se sont plaints de violences physiques (gifles, coups de pieds et coups de poing) pendant leur arrestation, leur transfert ou leur interrogatoire. Dans un des témoignages cités, Ahmad, 16 ans, qui a été arrêté en avril, raconte que l’homme qui l’interrogeait lui a dit : "Avoue ou je t’ouvre le cul en deux !"
Un autre enfant appelé Mohammad, 15 ans, a dit que les soldats israéliens l’avaient battu, lui et tous les enfants avec qui il était, quand ils ont été arrêtés dans le village de Bil’in en février. Un soldats les a traités de "fils de putes".
Bien que 28 des 45 enfants cités dans le rapport aient été arrêtés pour avoir jeté des pierres, les associations humanitaires sont incapables d’obtenir des informations sur ces arrestations de la part de l’armée israélienne.
Un "schéma de maltraitance systématique émerge avec des punitions et des mauvais traitements souvent cruels, inhumains et dégradants" conclut DIE dans son rapport intitulé : Un rapport sur la situation des enfants palestiniens détenus par le système judiciaire de l’armée israélienne.
Le système judiciaire militaire israélien attire depuis longtemps les critiques. On a souligné par exemple que tandis que les Palestiniens y sont soumis, les 300 000 colons juifs de Cisjordanie, eux, sont jugés selon le droit civil israélien.
Selon les estimations, plus de 700 mineurs palestiniens par an passent par le système judiciaire de l’armée, mais il est impossible d’obtenir des précisions de la part de l’armée. Une fois emprisonnés, ils sont considérés comme des prisonniers dangereux pour la sécurité et on leur refuse donc tout accès au téléphone et dans la plupart des cas leurs parents ne peuvent pas leur rendre visite.
En pratique le système facilite leur condamnation et leur incarcération en donnant aux procureurs militaires un grande marge de manoeuvre pour obtenir des aveux sous la contrainte selon le rapport de B’tselem : "Pas une affaire mineure".
Les juges militaires ordonnent la plupart du temps que les mineurs palestiniens restent en prison pendant les procédures.
"En conséquence beaucoup de mineurs préfèrent accepter un accord (plea bargain) et avouer ce qu’on leur reproche car ils craignent qu’en cas de procès ils ne soient forcés de rester en prison encore plus longtemps en attendant que l’affaire soit jugée" selon le rapport.
Selon le rapport entre 2005 et 2010, 93% des 835 Palestiniens de 17 ans et moins qui ont été arrêtés et accusés d’avoir jeté des pierres ont reçu des sentences allant de quelques jours de prison à 20 mois. Un seul a été acquitté.
Certains de ceux qui ont été emprisonnés avaient moins de 14 ans bien qu’il soit interdit en Israël d’emprisonner des enfants si jeunes, selon le rapport.
L’armée israélienne a dit que B’tselem faisait preuve de "parti pris" dans son rapport et que le système judiciaire israélien manifestait "une grande sensibilité" vis à vis des mineurs.
"B’tselem a été informé de 160 cas de jets de pierres, y compris du fait de mineurs, qui ont causé la mort et estropié des civils israéliens et des forces de sécurité" a déclaré l’armée sans donner de détails.
Mais Umm Mahmoud, 34 ans, qui vit à Beit Ummar, craint que son fils de 9 ans, Mahmoud, ne se remette pas du choc qu’il a subi le 18 février quand des soldats ont mis en joue son père, ont arraché Mahmoud à sa famille alors qu’il jouait dans la cour de sa maison et l’ont emmené dans un endroit inconnu pendant plus de six heures.
Ils ont ensuite découvert qu’il avait été emmené dans un poste de police de Kiryat Arba, une colonie israélienne, où les soldats ont giflé Mahmoud encore et encore : "Ils lui ont dit ’si tu jettes encore des pierres on t’enlèvera pour toujours’ a dit sa mère."
Ils l’ont déposé à la colonie de Gush Etzion plus tard dans la nuit sans l’accuser du moindre délit, selon elle.
"J’espère que Mahmoud n’est pas irrémédiablement traumatisé", a-t-elle confié. "Il continue à faire des cauchemars où des soldats entrent chez nous."
Hugh Naylor est un correspondant étranger. On peut le joindre à hnaylor@thenational.ae
27 juillet 2011 - The National - Traduction : Dominique Muselet
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La naissance d'un état palestinien aux forceps ?

29 Juillet 2011
Après 20 de négociations infructueuses avec Israël, les palestiniens auraient-ils choisi le passage en force ? C’est une bataille pour la reconnaissance qu’a entamé mercredi le président palestinien Mahmoud Abbas en déposant la candidature d’un état de Palestine à l’ONU.
« Nous allons au Conseil de sécurité via une requête au secrétaire général des Nations unies pour obtenir une adhésion à part entière à l'ONU et la reconnaissance de la Palestine sur les frontières de 1967 », a-t-il déclaré au début de la réunion de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine).
L’été –et la rentrée- s’annonce particulièrement chaud au proche-orient.  Plus de 120 nations du Moyen-Orient, d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine ont déjà approuvé cette initiative, le gouvernement d'Israël et les Etats-Unis, au conseil de sécurité ont déjà exprimé leur opposition à cette démarche.
De la sueur donc, et des larmes.
Si dans un premier temps, Benyamin Netanyahou s’était montré ouvert aux négociations, les relations se sont largement tendues depuis le début de la semaine. Chacun jouant désormais une partie d’échecs diplomatique délicate.
Mardi à New York, Riyad Mansour, le représentant palestinien s’est effondré en pleurs devant les membres du Conseil de sécurité, appelant l’ONU à reconnaître l’Etat de Palestine. Moins sentimental, l’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, Ron Prosor a pris à partie Riyad Mansour en lui demandant « au nom de qui il allait présenter le projet de résolution en septembre ? Monsieur Abbas ou le Hamas ? ».

Un déploiement de forces le long de la frontière syrienne

Décidé, Mahmoud Abbas n’en reste pas moins prudent, souhaitant éviter « une confrontation avec les Américains », certains observateurs palestiniens s’interrogent même sur l’honnêteté de sa démarche et voient dans son attitude le souci de chercher une porte de sortie. C’est que le pari est risqué : une simple mesure symbolique, voire un échec de l’opération affaiblirait d’autant la position de l’Autorité palestinienne et de Mahmoud Abbas. Connu pour son opposition à l’autorité palestinienne, le think tank politique Al Shabaka craint même l’avènement d’un bantoustan palestinien, sorte d’état-mirage réservé à une population de seconde zone. 
L’heure est donc aux opérations de sauvetage. La France et la Ligue arabe travaillent ensemble afin d'éviter des confrontations irréversibles à l'Assemblée générale des Nations unies en septembre.
Mais sur le terrain, les couteaux sont tirés. Avigdor Lieberman, le Ministre des affaires étragères d’Israel a déjà menacé les palestiniens de « représailles ».  Selon l’agence de presse Guysen News, Tsahal s’entrainerait le long de la frontière syrienne. L’armée israélienne se prépare à l’éventualité d’un déploiement de soldats syriens le long de la frontière nord de l'Eat juif qui défendraient activement les hommes tentant d’infiltrer le plateau du Golan en septembre : « Tsahal envisage de réagir en déployant des chars le long de la frontière, et en disposant des troupes capables de prévenir une violation de la souveraineté israélienne et de se confronter aux soldats syriens si nécessaire » précise l’agence.
Un responsable du Ministère de la défense a prévenu de son côté que « le commandement des forces terrestres a institué un ensemble de règles à respecter, à destination des snipers qui auront pour mission de stopper les marcheurs et les manifestants, précisant notamment à partir de quelle distance ils sont autorisés à ouvrir le feu ». De la sueur, des larmes et du sang ? 

Pourquoi la Palestine est importante

par Israël Adam Shamir
La Palestine est importante, pas seulement parce qu'elle est aussi belle que la Toscane, ni parce que les Palestiniens y souffrent, ni même parce qu'elle se trouve occupée par un Etat juif. Ce qu'il nous faut comprendre, c'est qu'on a servi la Palestine sur un plateau aux juifs, et ce, non pour leur charme exquis, ni pour leur puissance, ni pour leur ferveur religieuse, mais dans le cadre d'un projet impérial.
La Palestine est importante en tant que pièce-maîtresse du fonctionnement impérial, l'un des points clé indispensables pour prendre le contrôle du monde. C'était la conviction des bâtisseurs d'empire britanniques du 19ème siècle, style Rhodes, et cette idée force a été constamment mise à jour en termes de géopolitique moderne. Au départ, il s'agissait d'une théorie secrète développée par HJ Mackinder, puis c'est devenu une force conductrice derrière la théorie de la globalisation. Nous n'allons pas commenter sa dimension de rationalisation d'une imagerie mythologique, acceptons simplement que c'est la façon de penser de l'élite toute puissante, point.
Mackinder avait projeté de soumettre la planète entière au joug de l'empire. Il avait remarqué que le monde arabe (“terre de passage”, selon ses termes) était central pour son entreprise, et il déclarait que “la colline-citadelle de Jérusalem a une position stratégique à l'échelle du monde, qui ne diffère pas radicalement de celle que lui attribuait la perspective idéaliste des temps anciens et médiévaux, ni de sa position stratégique entre l'ancienne Babylone et l'Egypte.” Il considérait que cette perspective “idéelle” faisant de Jérusalem le centre du monde, dans les cartes médiévales des Croisés, n'était pas un mirage religieux, mais relevait d'une compréhension inspirée des qualités propres aux lieux. Selon ses termes exacts, “ sur une carte établie par des moines, contemporaine des Croisades, qui est toujours accrochée dans la Cathédrale de Hereford, Jérusalem est soulignée comme le centre géométrique, le nombril du monde, et sur le sol de l'église du saint-Sépulcre à Jérusalem, ils vous montreront jusqu'à aujourd'hui l'emplacement excat du centre... Les ecclésiastiques médiévaux n'avaient pas tout faux.”
A la fois stratège et mystique, Mackinder soutenait ardemment la déclaration Balfour: “Une assise nationale juive en Palestine sera l'un des objectifs les plus importants de la guerre. C'est un sujet sur lequel nous pouvons nous permettre désormais de dire la vérité... un foyer national au centre physique et historique du monde.”
 Dans son livre qui vient de sortir « Les grands enjeux », The Great Games (précipitez-vous dessus, avant que les stocks soient épuisés, cher lecteur) notre ami du site dissident  Counterpunch Eric Walberg  le formule parfaitement: “l'inspiration de Mackinder n'était nullement sioniste mais plutôt impériale, et en installant les juifs dans une patrie palestinienne, il s'agissait d'assembler les pièces qui constituent aujourd'hui l'ordre impérial.”
Son impérialisme et sa géographie avaient eu des antécédents religieux, c'est sûr. La géopolitique est une géographie sacrée laïcisée, et son attraction vers la “colline citadelle de Jérusalem” et le royaume mythique de “Shambhala” [au Tibet] n'est pas une coïncidence fortuite. 
Mais en fait, toute idéologie est une doctrine crypto-religieuse. Comme le dit Carl Schmitt, “tous les concepts les plus porteurs de notre doctrine moderne sont des concepts théologiques qui ont été laïcisés.”
Les gens répliquent que la géopolitique relève  d'un fatras fantasmatique, mais c'est la doctrine qu'appliquent les élites. On peut rationnaliser la fixation impériale funeste sur l'Afghanistan en invoquant l'idée vague d'y faire passer un pipeline, mais il est plus facile de concevoir la dérive étatsunienne vers l'Afghanistan comme une nouvelle version de la quête de Shambhala. Mackinder a su rationnaliser ses sentiments, il invoquait une armée de Jérusalem pour défendre Suez, mais c'était sous l'influence des cartes anciennes, comme dans le cas d'autres bâtisseurs d'empire, et ce, au-delà de ce qu'il pouvait admettre.
C'est pour cette raison qu'il est difficile d'imaginer que l'empire puisse lâcher volontairement la Palestine; c'est beaucoup trop important idéologiquement, religieusement, au niveau géopolitique, et au niveau stratégique, aux yeux des élites impériales. Mais pourquoi l'empire a-t-il choisi les juifs pour constituer leurs troupes de choc en Palestine? Le professeur de géographie de l'université d'Indiana Mohameden Ould-Mey propose une explication dans un mémoire intitulé La genèse géopolitique du sionisme (Geopolitical Genesis and Prospect of Zionism), document qu'il n'a pas réussi à faire publier comme il le mérite. Son texte a été relu par ses pairs, évalué, et a fait l'objet d'un compte-rendu par le rédacteur en chef de la revue  Political Geography’s David Slater, mais deux ans plus tard un nouveau rédacteur en chef est arrivé, qui avait l'œil pour percevoir plus distinctement de quel côté la tartine était beurrée, et il a rapidement bloqué chose. Il a profité de sa position pour charger une certaine commission  de concocter quelques articles célébratoires autour de la fête de l'indépendance israélienne.
Dans son travail inédit, donc, à ce jour, le professeur Ould-Mey révélait que le mouvement sioniste n'était pas né chez des juifs du XIXème siècle: ces gens-là cherchaient quelque chose de plus près de chez eux. Ces juifs éblouis se voyaient bien à la tête d'une petite patrie quelque part en Ukraine ou en Pologne, pour y bâtir un Etat indépendant “exactement comme la Serbie”. C'étaient les Britanniques qui avaient une autre idée en tête, qui voulaient faire des juifs les colonisateurs anglais du Moyen Orient. Ils avaient besoin d'une poigne pour s'emparer de la Colline-citadelle, et “ils voulaient que les juifs remplacent les protestants autochtones manquants en Terre Sainte”. L'idée avait déjà été testée et elle avait échoué: Napoléon avait joué avec l'idée d'implanter les juifs en Palestine, comme une infanterie pour la France, mais les juifs n'avaient pas marché. Et puis les Anglais ont réussi leur coup, là où les Français avaient échoué.
Introduisez William Henry Hechler (1845-1931), “l'agent britannique qui est le véritable père du sionisme en Europe de l'Est et en Russie”. Hechler, c'est celui qui a fait de Leo Pinsker un sioniste. Pinsker, celui qui est devenu plus tard l'auteur du premier pamphlet pré-sioniste, et le plus décisif, initulé Auto-Emancipation. “C'est à ce moment que les Anglais ont commencé à injecter leur sionisme dans ce qui était au départ un mouvement d'émancipation local et normal, issu de la juiverie d'Europe orientale, qui s'épanouissait dans ce qui était leur propre territoire ancestral”, écrit Ould-Mey. Après avoir gagné sur Pinsker et après avoir établi les bases du premier mouvement juif pour l'installation en Palestine (Hibath Zion), Hechler s'en alla à Vienne pour toucher Theodor Herzl. A cette époque, Hechler était déjà “décrit comme un agent qui travaillait pour les intérêts anglais et allemands, et en particulier comme un 'agent secret' au service de l'Intelligence Service britannique.”
“Hechler participa activement au premier congrès sioniste de Bâle, en Suisse, en août 1897. Les relations entre Hechler et Herzl (comme les relations entre Hechler et Pinsker auparavant et les relations entre Balfour Weizman plus tard) allaient ressembler aux relations entre tuteur et disciple, plutôt qu'à des rapports prince-prophète, comme le suggère l'historiographie sioniste. Non seulement Hechler expliqua à Herzl de quoi il retournait, mais il présenta à l'empereur germanique à la fois Herzl et le sionisme, ainsi qu'au Tsar de toutes les Russies, au sultan ottoman, au pape Pie X, et à d'autres éminences encore.
 "Herzl était essentiellement un émissaire britannique envoyé chez les Allemands, les Russes, les Ottomans, et les juifs. On disait que Herzl convenait pour diriger le sionisme, précisément parce qu'il "ne connaissait ni les juifs, ni la Palestine ni la Turquie... »
Et Ould-Mey de conclure: « Les Anglais voulaient la Palestine pour des raisons impériales et religieuses, et ils se servaient des juifs sionistes comme de vassaux volontaires et des hommes de paille, qui au fil des événements devinrent des agents plus actifs."
Ceci fait sens, parce que cela dissout le mystère de l'apparition subite du mouvement sioniste juif. Le sionisme juif était encore dans les langes alors que les Russes, les Français et les Allemands avaient commencé à acheter des terres et à construire partout en Terre Sainte depuis quarante ans. La théorie d'Ould-Mey répond pertinemment à toutes les questions pertinentes. C'était un "coup-de-grâce", et c'était anglais.
Voilà donc une théorie très excitante, mais qui ne deviendrait jamais un scoop: le Service d'Intelligence britannique est réputé avoir bercé les Frères Musulmans naissants, la CIA d'avoir nourri en son sein les Talibans, et le Shabak israélien a couvé le Hamas. Aucun doute que toutes ces entités se soient mises ensuite à voler de leurs propres ailes, aient envoyé promener leurs maîtres, et qu'ils aient fini par leur causer bien des soucis. Depuis lors, les juifs se sont doublement intégrés à l'édification de l'empire: en tant que gardiens de la « colline-citadelle de Jérusalem » géopolitique, et en tant que zélotes de l'idéologie néolibérale postmoderne, l'idéologie des « insulaires », selon la terminologie de Mackinder, laquelle est étrangement proche de « l'idéologie traditionnelle juive » selon Milton Friedman, comme l'a montré Gilad Atzmon. Le premier groupe est basé principalement en Israël, le second aux USA.
 La conception sioniste selon laquelle les juifs sont les gardiens naturels de la “colline -citadelle de Jérusalem” devient maintenant bien sujette à caution. Du Moyen Orient ont surgi de nouvelles forces avec lesquelles l'empire collabore activement désormais. Il y a l'avant-garde, les Whahabites saoudiens agressifs, que Thierry Meyssan a identifié comme les Sudairi. Al-Jazeera du Qatar  est une arme puissante entre leurs mains. Ils jouent dans le camp d'Israël, mais ne sont pas des larbins sionistes. Ils sont nombreux, nuisibles, et se sont liés d'amitié avec l'Empire de leur plein gré.
Le discours d'Obama en mai a mis tout cela au clair. Israël n'est plus le seul avant-poste dans la jungle du Moyen Orient, ni un bastion occidental en Orient. La proposition d'Obama était semblable à celle qu'avait fait Jimmy Carter à la Chine et à Taiwan en 1979, lorsque les USA déplacèrent leur représentation diplomatique de Taïwan à Beijing, tout en maintenant des contacts commerciaux, culturels et d'autres, de façon non officielle. Trente ans ont passé, et Taïwan n'a pas souffert de cette baisse dans son statut.. De la même façon, Obama a offert à Israël un arrangement semblable: réduisez un peu vos prétentions et vous vivrez heureux et longtemps. Cette contraction ne devrait pas concerner seulement le territoire mais se produire aussi au niveau stratégique et idéologique. Nous serons ravis de continuer à vous considérer comme l'enfant chéri des USA au Moyen Orient, mais comme un enfant parmi d'autres enfants, et non plus comme un enfant gâté au milieu de vos esclaves. Bref, devenez un nouveau Taïwan et n'essayez pas de vous prendre pour la Chine.
Comme nous le savons, Israël a rapidement neutralisé cette offre en mobilisant les politiciens américains pro-juifs. Ceci a constitué une humiliation pour Obama, mais a donné du tonus aux nouvelles forces arabes pro-américaines pour agir. Leur nouvelle confiance en elles-mêmes a été mise en évidence par l'article d'opinion du prince Turki, et a fait l'objet de commentaires largement répandus. C'est une des raisons pour lesquelles Israël a agi de façon hystérique ces derniers temps, comme on l'a vu depuis les attaques de la Flotille, la détention de touristes à l'embarquement, et le massacre de Palestiniens désarmés, pour fêter l'anniversaire de la Nakba et de la Naksa.
Les Israéliens ont l'impression que leur position a fait l'objet d'une réévaluation, et ils rafraîchissent leurs liens avec les juifs à l'étranger, testent la flexibilité face à la puissance de leurs lobbies, remettent à jour l'hystérie autour de l'antisémitisme.  L'orchestration des élans de sentiments pro-juifs a été voyante dans le traitement brutal du réalisateur Lars von Trier et du modiste John Galliano, mais ce n'est pas fini.
Et voici que revient sur le tapis un débat important de la décennie passée. Noam Chomsky expliquait l'obsession américaine pour Israël par les intérêts impériaux et impérieux, tandis que John Mearsheimer et Walt parmi d'autres expliquaient le fait par l'activisme du lobby pro-israélien. Nous allons maintenant pouvoir tenter de résoudre la quadrature du cercle.
Certes, les plans impériaux de conquête du monde tels qu'ils furent conçus à la fin du XIXème siècle comportaient la création de la « colline-citadelle de Jérusalem », mise en œuvre par les juifs "en ordre de bataille" ("ranging Jews", le terme employé par Mackinder.) Les nouveaux éléments prouvent que ces plans n'avaient pas été soufflés par les juifs, mais délégués aux juifs par les planificateurs impériaux. Ces projets se transmirent de génération en génération, et il semblerait qu'ils soient admis par les élites impériales comme des données naturelles.
Pendant la Guerre Froide, cette idée était moins prééminente mais “depuis la fin de la Guerre Froide, comme les préoccupations stratégiques ont remplacé la confrontation bipolaire entre les deux superpuissances jumelles, la pertinence des études de Mackinder [et de ses concepts] devient à nouveau visible”, pour le dire avec les mots de  Leut.-Gen Ervin Rokke.
Alors, Chomsky avait donc raison? Pas si vite. Nous pouvons reformuler le vieil argument en termes nouveaux. L'argument de Walt et Mearsheimer peut être interprété comme suit: “les vieilles idées de Mackinder sont désuètes, parce qu'en fait la citadelle s'est faite obstacle  plutôt que bastion défensif utile, comme Belfort”. Ceci rejoint la vision arabe pro-impérialiste des Saoudiens. Ce peut être un point de vue assez convaincant, mais le Lobby est là pour bloquer les choses dans les faits.
 C'est un auteur russe moderne, Viktor Pelevin, qui a proposé une réponse définitive à la question des “juifs et de l'empire'.
            - Tout est dans les mains d'Allah, dit la jeune fille.
- Je vous demande pardon, intervient un jeune homme en se retournant, comment cela se peut-il? Mais que faites vous de la perspective de Bouddha? Les mains d'Allah n'existent que dans la perspective du Bouddha, vous en conviendrez, n'est-ce pas?
La jeune fille sourit poliment:
- Je n'en disconviens pas, les mains d'Allah n'existent que dans perspective du Bouddha, mais le fait est que la perspective du Bouddha est dans les mains d'Allah.
 Traduction: Maria Poumier

Israël veut « emmurer » le Golan

28/07/2011
Actuellement seuls 8 kilomètres sont finalisés, mais le mur devrait courir sur 120 kilomètres, fermant hermétiquement la frontière syro-israélienne. L’Etat hébreux, qui n’en est plus à un mur de séparation près, justifie cette construction par le souci d’éviter des incidents comme ceux qui avaient vu, le 5 juin dernier, des manifestants palestiniens et syriens protester à cette même frontière contre la colonisation juive du Golan et en souvenir de la défaite arabe de 1967 : 23 manifestants avaient été tués et 350 blessés par les tirs israéliens, selon Damas, Tsahal reconnaissant de son côté une dizaine de manifestants tués ou blessés.
Le 15 mai d’autres manifestants arabes avaient commémoré, drapeaux palestiniens et syriens déployés, l’anniversaire de la « Nakba » (la catastrophe), autrement dit l’exode de dizaines de milliers de Palestiniens consécutifs à la création de l’Etat hébreu en 1948.
« Nous n’autorisons pas d’intrusion sur notre territoire » a déclaré le colonel Shukroon, « chef de la barrière de sécurité » du plateau du Golan. « C‘est notre devoir en tant qu’armée et notre droit en tant qu’Etat de défendre nos frontière et de ne pas autoriser quiconque à pénétrer en Israël. »
Les droits, Israël a l’habitude de se les arroger à volonté, quand bien même ces « droits » seraient en contradiction avec le droit international.
Faut-il rappeler que l’annexion du Golan syrien, qui outre sa valeur stratégique est un véritable réservoir d’eau pour la région, n’a jamais été reconnue par l’ONU, le Conseil de Sécurité ayant condamné  solennellement l’annexion de 1981, sans toutefois qu’aucune mesure de rétorsion, économique ou a fortiori militaire, ne s’en soit suivie, Israël n’étant décidémment pas la Libye, ou la Syrie.
A propos de Syrie, on peut penser qu’avec leur mur, les dirigeants israéliens veulent apporter leur petite contribution à l’aggravation de la tension régionale, se substituant en quelque sorte à la Turquie, un temps menaçante vis-à-vis de Damas et depuis revenue à une attitude plus raisonnable.
L’ONU s’est d’ailleurs inquiétée de ces bruits de tracteurs qui semblent annoncer des bruits de bottes et de chars. Cette provocation israélienne est-elle de nature à menacer le cessez-le-feu de 1973 entre les deux pays ? Il paraît évident, au regard des tensions qu’elle traverse, que la Syrie ne songe nullement à se lancer dans une aventure militaire contre Israël.
En ce qui concerne ce dernier, c’est moins sûr, Tsahal ayant ces dernières années tenté d’écraser, avec de gros moyens, les milices du Hezbollah libanais – au risque de déclencher une nouvelle guerre régionale – et du Hamas gazaoui. Les dirigeants israéliens se limiteront-ils, dans cette affaire, à des provocations verbales, se contenteront-ils d’employer le génie et non pas les blindés et l’aviation, c’est toute la question.
Tsahal en position à la frontière syrienne, en juin dernier
Tsahal en position à la frontière syrienne, en juin dernier
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Alstom: contrat pour une centrale en Israël

29 juillet 2011
Alstom a signé un contrat d'un montant d'environ 330 millions d'euros avec Dalia Power Energies Ltd pour la centrale électrique au gaz de Tzafit, en Israël. Il sera enregistré au deuxième semestre 2011-2012.
Le contrat de service prévoit l'exploitation quotidienne ainsi que la maintenance des deux unités au gaz à cycle combiné, situées à 40 km au sud-est de Tel-Aviv.
Chaque unité est équipée d'une turbine à gaz GT26 d'Alstom, une turbine à vapeur, un alternateur, un système de contrôle et un générateur de vapeur à récupération de chaleur (HRSG). L'exploitation commerciale de la centrale de Tzafit devrait débuter en 2014.
Ce projet, qui est à ce jour le plus important jamais réalisé en Israël par un producteur d'électricité indépendant, permettra d'ajouter 835 MW au réseau électrique du pays, soit 7% de sa base installée actuelle.

vendredi 29 juillet 2011

Vive émotion en Israël après le meurtre d'un rabbin

AFP | 29/07/2011
L'assassinat dans la nuit d'une figure rabbinique, Eleazar Abu Hatzeira, provoquait vendredi une vive émotion en Israël. Agé de 70 ans, ce rabbin cabaliste (tradition mystique juive) connu pour ses dons de guérisseur, a été assassiné à coups de couteau à Beersheva (sud) alors qu'il recevait des fidèles venus quérir sa bénédiction, rapportent les medias locaux. Le meurtrier présumé, qui avait déjà consulté le rabbin à plusieurs reprises, a été arrêté par la police, ajoutent-ils.
Le ministre israélien de l'Intérieur Eli Yishaï, également chef du parti ultra-orthodoxe Shass, a exprimé "son choc après cette grande perte". Eleazar Abu Hatzeira était le petit-fils de Baba Sali, un rabbin marocain vénéré. Ses funérailles sont prévues vendredi à Jérusalem.

Haniyeh : L'Etat et les droits s'octroient et ne s'accordent pas

[ 29/07/2011 - 11:04 ]
Gaza – CPI
Ismaïl Haniyeh, Premier ministre palestinien a affirmé que les droits et l'Etat palestinien doivent être repris et ne sont pas un don, diminuant ainsi l'importance de l'agitation au sujet de la détermination de l'Autorité palestinienne à se rendre à l'ONU pour obtenir une reconnaissance d'un Etat palestinien.
Dans ses déclarations de presse publiées jeudi en marge d'une cérémonie organisée par le ministère des Communications et des technologies de l'information, à l'occasion du lancement de trois nouveaux timbres, Haniyeh a affirmé : "Il y a des dizaines de résolutions émises par les Nations Unies concernant la question palestinienne, mais elles ne sont pas appliquées".
En ce concerne la crise financière dont souffre le gouvernement, le Premier ministre a assuré que "La situation financière est stable, mais cela ne signifie pas qu'elles sont très bonnes", insistant sur le besoin d'aides arabes et islamiques et des hommes libres dans le monde entier, parce que l'embargo sioniste est toujours imposé fortement et violemment sur la Bande de Gaza.
Il a appelé à la continuation du soutien et de la solidarité ainsi qu'à l'assistance matérielle et morale au peuple palestinien pour faire face aux effets du blocus.
Haniyeh a démontré que son gouvernement possède une gestion financière avec un haut degré d'intégrité, de transparence, et de préservation de l'argent public, ce qui les rend capables d'affronter les avantages financiers, malgré les circonstances difficiles, tout en réaffirmant que le gouvernement n'a pas de dette.
Il a finalement fourni le "timbre des jeunes" aux cadres palestiniens de la jeunesse, assurant que son gouvernement soutient tous les jeunes hommes palestiniens, sur la base de ses engagements religieux et nationaux pour l'intérêt du peuple palestinien.

Le tribunal militaire de l'AP reporte le procès de neuf enlevés à Naplouse

[ 29/07/2011 - 10:29 ]
Naplouse – CPI
Jeudi 28 juillet, le tribunal militaire de l'Autorité palestinienne a reporté le procès de neuf enlevés appartenant  au Mouvement de la Résistance Islamique « Hamas » pour la fin du mois de septembre prochain.
Les familles des enlevés ont affirmé au correspondant du CPI que le procès de leurs enfants a été reporté pour le 28 septembre prochain. C’est la neuvième fois consécutive  que le tribunal retarde le jugement final. Les enlevés sont tous de Tulkarem et sont emprisonnés à El Junaid, prison militaire à Naplouse.
Les kidnappés sont : Hamza et Hazem, fils du député de l'Assemblée législative, Fathi Qaraawi, Moussab Khader, Maher Hattab, Ahmed Abuzana, Radi Aliya, Ahmad Jayousi, Suhaib Moush, et Mohammad Alqub. Ils sont détenus depuis le 20 novembre 2010.

Abou Zouhri : Dahlen , la main de la zizanie !

[ 29/07/2011 - 10:24 ]
Gaza – CPI
Sami Abou Zouhri, porte-parole du mouvement du Hamas, a affirmé que le communiqué publié par le Comité central du Fatah qui expose les crimes dans lesquels Dahlan est impliqué, constitue un véritable acquittement pour le Hamas de la responsabilité dans les affrontements qui ont eu lieu en juin 2007.
Abou Zouhri a assuré dans une déclaration exclusive au CPI : « Malgré la confirmation du Hamas que l’affaire Dahlan est un problème interne au Fatah, nous considérons le communiqué du Comité central comme une déclaration d’acquittement du mouvement de sa responsabilité dans les incidents passés causés par les voyous et escadrons de la mort de Dahlan, au sujet desquels le mouvement du Hamas n’a cessé de parler, et dont la plus haute direction du Fatah confirme aujourd’hui l’existence, après quatre ans ».
Il a ajouté que le communiqué du Fatah tient Dahlan clairement responsable de la formation d’escadrons de la mort qui ciblaient des personnalités et factions palestiniennes, et ont provoqué la panique dans les rues de la Bande de Gaza. Il a souligné que ces crimes ont conduit le Hamas à se défendre lui et le peuple palestinien à Gaza, à affronter Dahlan et l’empêcher de continuer ses crimes contre notre peuple et les dirigeants palestiniens.
Le Comité central du Fatah a affirmé que la décision d’exclure Mohamed Dahlan du mouvement était essentiellement fondée sur des excès « concernant la sécurité nationale et sociale palestinienne, dont l’intimidation avec des éléments extérieurs, des assassinats pendant de longues années,  et des pratiques immorales qui n’ont épargné ni notable ni leader politique ni homme d’affaires dans la bande de Gaza, en employant des voyous et des escadrons de la mort ».  Le communiqué a précisé que les habitants de la bande de Gaza sont les témoins de ce qu’ils ont appelé « les opérations d’atteinte aux dignités, aux biens, aux classes sociales et même à l’honneur sans aucun scrupule ni conscience ».

Etat palestinien: Paris et la Ligue arabe veulent éviter une "confrontation"

28-07-2011
La France va travailler avec la Ligue arabe pour éviter une "confrontation" aux Nations unies en septembre, date à laquelle les Palestiniens veulent demander au Conseil de sécurité l'adhésion d'un Etat de Palestine à l'ONU, a indiqué mercredi le ministère des Affaires étrangères.  
Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a reçu mercredi après-midi le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Al-Arabi.  
"Alain Juppé a rappelé la mobilisation de la France en faveur d'une reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens et souligné que l'initiative française visait à la reprise de ce dialogue, sans lequel il ne pourra pas y avoir de solution durable", a déclaré à l'issue de cet entretien le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.  
"Alain Juppé et Nabil Al-Arabi sont convenus de rester en contact étroit et de travailler ensemble dans les prochaines semaines pour que l'échéance de septembre à New York ne tourne pas à la confrontation, qui ne serait dans l'intérêt de personne", a-t-il ajouté.  
La France a proposé d'organiser une conférence des donateurs pour le futur Etat palestinien et de la transformer en une véritable conférence de paix. Après avoir proposé de tenir cette conférence en juin, puis en juillet, Paris évoque désormais la première quinzaine de septembre.  
Faute de reprise des négociations, les Palestiniens ont annoncé leur volonté de faire reconnaître la création de leur Etat lors de la prochaine Assemblée générale de l'ONU qui débutera à la mi-septembre à New York. Israël et les Etats-Unis sont hostiles à cette initiative, à laquelle la Ligue arabe est favorable, tandis que les Européens sont partagés.  
Les deux responsables ont aussi évoqué les dossiers libyens et syriens.

Israël: les bédouins doivent payer la démolition de maisons illégales

28-07-2011
Les autorités israéliennes ont décidé de poursuivre en justice des habitants d'un village bédouin afin qu'ils assument les frais engagés pour détruire leurs maisons érigées sans permis, a indiqué mercredi un responsable.
"Ils (les bédouins) ont illégalement construit une quarantaine de structures, et sont revenus à plus de vingt reprises pour les reconstruire après leur démolition" depuis juillet 2010, a indiqué Ortal Tzabar, une porte-parole de l'Administration israélienne des domaines.  
"Cela nous coûte beaucoup d'argent, car il faut à chaque fois mobiliser des bulldozers, de la main d'oeuvre et des policiers", a-t-elle ajouté.  
"En additionnant les frais engagés à répétition, nous avons constaté qu'ils se montaient jusqu'ici à 1.8 million de shekels", soit 367.300 euros, a-t-elle ajouté.  
Elle a précisé que des poursuites ont été engagées mardi au tribunal de Beersheva, la capitale du Néguev, désert du sud de la Palestine ocupée , où se trouve Al-Araqib, le village bédouin en question, contre 34 membres des clans familiaux Abou Mediam et Abou Jabber.  
L'administratrion des domaines accuse ces derniers de vouloir ériger sans permis un village alors qu'"ils disposent de maisons construites légalement par les autorités israéliennes à Rahat (50.000 habitants)", une des six villes bédouines du Néguev.  
Les bédouins se disent propriétaires de milliers d'hectares de terres arables dans le Néguev, mais l'entité sioniste leur reproche de squatter depuis 1998 des terres domaniales qu'ils avaient louées durant plusieurs années en vue de les exploiter pour l'agriculture. 
Environ 160.000 Bédouins sédentarisés vivent en Palestine occupée, dont plus de la moitié dans des villages du Néguev qui ne bénéficient pas de services municipaux comme l'eau et l'électricité car non reconnus par les autorités israéliennes.

Libye, Syrie : le calendrier des guerres programmées

28-07-2011 
Pourquoi la France, cette malheureuse est-elle embarquée militairement en Libye et diplomatiquement en Syrie dans d’infernales galères prétendument au service des droits humains ? Car est-ce bien là le fond de la question ? Un doute raisonnable est en effet permis en ce domaine.
Chacun peut constater avec quelle fougue Paris enfourche ces temps-ci le blanc destrier des indignations vertueuses contre des hommes avec lesquels Paris avait affiché hier d’éclatantes réconciliations.
D’abord avec Bachar el Assad, le maudit accusé d’avoir commandité le meurtre de Rafic Hariri en 2005, cet ex Premier ministre libanais et grand ami de l’ex président Chirac. Les accusations ayant fait long feu, certains témoins ayant été convaincus de mensonges et d’affabulations, il a bien fallu se résoudre à désigner un autre coupable politiquement incorrect, en l’occurrence le Hezbollah, le « Parti de Dieu »… accessoirement acteur fondamental de la vie publique libanaise.
Bachar le paria revenu temporairement en grâce, assiste au défilé du 14 juillet 2008, en compagnie il est vrai d’une cinquantaine de chefs d’État invités pour une grand-messe euro-méditerranéenne.
Le 28 mars précédent Bachar el-Assad recevait à Damas le libyen Mouammar Kadhafi qui de son côté avait décliné l’invitation du président Sarkozy, lui ayant opposé une verte fin de non-recevoir au motif que l’« idée » même d’une Union pour la Méditerranée n’était à ses yeux qu’un « appât » et pour tout dire « une sorte d’humiliation » : « Nous ne sommes ni affamés, ni des chiens pour qu’ils nous jettent des os » ! Ce mauvais état d’esprit n’était peut-être pas si sot que cela comme l’avenir le prouvera ? Pourtant à la mi-décembre 2007, le bouillant Colonel allait être reçu à Paris, mais en invité d’honneur cette fois et en grande pompe… jusqu’à être autorisé de planter sa tente bédouine sur la pelouse de l’Hôtel Marigny afin que le Guide de la Jamahiriya libyenne puisse y recevoir ses invités « conformément à la tradition du désert, qu’il respecte à la lettre ».
Ah mais ! Paris valait bien une messe et le premier client miraculeux décidé à acquérir une poignée de Rafales (invendables) valait bien d’avaler quelques couleuvres voire des anacondas ! Oubliés les infirmières bulgares et tant d’autres sujets mineurs de fâcheries (le malheureux vol d’UTA ?)...
Autre temps, autres mœurs, les deux hommes hier salués pour leur retour d’enfants prodigues dans le giron démocratique de la Communauté des croyants dans les insignes vertus du libre Marché - à l’instar du libre renard dans le libre poulailler – sont aujourd’hui les bêtes noires de la communauté internationale réduite aux acquêts : É-U + UE (France, Royaume-Uni, l’Italie en proie à la vindicte de ses Marchands de Venise, ses Shylock intimes, ayant fait piteuse défection) + Israël, 28e États de l’UE et 51e état de l’Union américaine...
Une belle brochette parlant haut et fort au nom de la planète entière. À ceci prêt que si Russie et Chine se sont, volens nolens, laissées forcer la main en votant la Résolution 1973 relative à la protection des civils dans la Libye en guerre civile, chacun sait que réitérer la même manœuvre – et nul ne s’y risque – au détriment de la Syrie se verrait immédiatement sanctionné au Conseil de Sécurité par un veto catégorique des deux membres permanents précités (sur cinq : É-U, France, GB).
En Libye l’échec de l’Otan devient chaque jour de plus en plus patent, les arsenaux sont vides et il ne suffit plus (en dépit d’une guerre des communiqués triomphalistes), aux « oppositions » (les tribus et le lumpenprolétariat islamiste de la Cyrénaïque en rébellion contre à l’État central et la Tripolitaine) de recevoir in situ les exhortations enflammées du triste sire BH Lévy, lequel tisse l’étoffe de sa médiocre gloire parisianiste avec la vie des autres !
Mais faire couler des flots de sang dans des guerres atroces (Yougoslavie, Irak, Soudan…) n’a jamais vraiment perturbé nos petits marquis si joliment autoproclamés « nouveaux philosophes » ! En vérité mieux vaudrait les nommer brandons de discorde à l’instar du mauvais dieu Loki, des gens dont la science infuse se réduit à manier le verbe comme un fouet pour faire se battre les montagnes… Revenons aux dissidents libyens armés et désormais encadrés par les forces spéciales de l’Otan (R-U et France rappelons-le exclusivement), mais qui marquent désespérément le pas, et ce malgré les roulements de tambours de la grande presse qui ne manque pas une occasion d’exalter leur bravoure et de stigmatiser les exactions réelles et supposées des forces loyalistes.
Ne parlons pas plus du décompte macabre des morts dans les manifestations qui se succèdent en Syrie comme vagues sur la grève… Or nous avons connu cette même presse plus fine bouche lorsque l’aviation de Tsahal bombardait en 2006 les infrastructures et la population libanaises, lorsque les israéliens en guise d’adieu disséminèrent des centaines de milliers de micro mines au moyen de bombes à fragmentation sur le Sud Liban ou encore lorsqu’ils allumèrent délibérément (assortissant leur vilenie de sempiternelles excuses a posteriori) un poste d’observation des Nations Unies liquidant d’un seul coup au but cinq casques bleus… Une presse résolument modérée lorsqu’il s’est agi de faire le (lourd) bilan de l’Opération Plomb durci en janvier 2009, treize cents morts civils passées par pertes et profits…
Bref, une presse partiale et amnésique impuissante à chercher les vraies causes – pas forcément cachées d’ailleurs – des malheurs frappant les Nations souveraines méritant (« on » le dit) d’être classées parmi les États voyous et à ce titre, traitées comme tels. Parce qu’enfin les crises ne tombent pas du ciel sans crier gare, elles s’annoncent de longues années à l’avance, elles naissent, grandissent, prennent corps sous nos yeux, encore faut-il savoir et vouloir les voir : la crise financière de septembre 2008 était annoncée à cor et à cris deux ans auparavant… or personne, surtout pas les politiques, n’avaient tenu compte des signaux d’alarme ! Et à ce propos, si l’on se donne la peine de remonter le temps sur une courte décennie, l’on commencera à entendre d’une tout autre oreille les commentaires vengeurs annonçant dans nos lucarnes domestiques la fin imminente des deux dictateurs, autrement dit d’hommes qui ne se sont pas totalement pliés, et assez vite, aux impérieux diktats de la Communauté internationale (… réduite aux acquêts).
En 2002, le 6 mai, John Bolton Sous-Secrétaire d’État de GW Bush donnait une conférence à l’Heritage Foundation 1 dans laquelle Cuba, la Syrie et la Libye venaient rejoindre l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord sur la Liste noire de l’Axe du Mal. Il y dénonçait notamment la Syrie pour sa possession « de réserves de gaz neurotoxique sarin 2… laquelle poursuivrait le développement de l’agent VX, plus dangereux encore et plus puissant ».
Simultanément, le Secrétaire à la Défense, M. Rumsfeld rappelait que la Syrie figurait toujours sur la Liste noire des États soutenant le terrorisme international (nous sommes un an et demi après le 11 sept.) et qui « s’est associée au [mouvement extrémiste] Hezbollah en acheminant des terroristes, du matériel terroriste, des équipements et des explosifs à travers la vallée de la Bekaa ».
Un an et une guerre plus tard, le commentateur de Radio France Internationale Elio Comarin, le 14 avril 2003, plus lucide que la moyenne, n’hésitait pas à en déduire que « ces prises de positions semblent indiquer que Washington a [déjà] choisi sa prochaine cible ».
Le 10 mai 2002, le même Bolton, un homme prévoyant envoyait une lettre au Secrétariat général des Nations Unies pour annuler la décision du Président Clinton de participer à la création d’une Cour Pénale Internationale. L’Amérique n’entendait en effet, en vue des guerres imminentes (un an après fer et feu s’abattront sur l’Irak), exposer, ne serait-ce que d’un poil, ses militaires à une justice qui ne doit s’appliquer qu’aux vaincus… et non à des soldats auxquels la bride serait bientôt lâchée avec le beau résultat que l’on sait : six cent mille, un million de morts en Irak pour 9 ans d’occupation ?!
En fait, le principe d’une attaque simultanée de la Libye et de la Syrie avait été adopté à Washington quelques jours seulement après les attentats du 11 Septembre. Le général Wesley Clark ancien commandant en chef de l’Otan avait, le 2 mars 2007 à l’occasion d’un entretien télévisé 3, en témoignait sans aucune ambiguïté et livrait le palmarès gagnant des sept États devant être détruits « dans les cinq ans » par les États-Unis d’Amérique : Irak, Syrie, Liban, Lybie, la somalie, Soudan et in fine, l’Iran. Alors aujourd’hui qu’en est-il ? L’Irak, c’est fait ; le Soudan est en bonne voie de décomposition ; la Libye, c’est en cours ; quant aux autres ils sont plus que jamais dans le collimateur d’Israël et des É-U, et pour tout dire, en ce qui concerne la Syrie, le ton monte graduellement… Le Liban et l’Iran ne perdent, eux, certainement rien pour attendre.
Maintenant en ce qui concerne Paris, contrairement à ce que le lecteur pourrait imaginer le tournant n’a pas été pris en 2007, mais depuis belle lurette, mais ceci est une autre histoire…

L’armée israélienne accuse des soldates de négligence..

28-07-2011
L’entité sioniste a renvoyé à la cour militaire des services de renseignements de l'armée, trois femmes soldats accusées de négligence dans l'execution de leur mission de surveillance  sur le front nord avec le Liban et la Syrie, au point de mettre en danger la sécurité nationale de l’entité sioniste.
L'affaire dénonce les défis que  l'armée israélienne doit confronter dans le renforcement de ses défenses, surtout  lors des prochaines manifestations prévue à la frontière en Septembre prochain . Soit, quand  les Palestiniens réclameront la reconnaissance d’un Etat palestinien par les Nations Unies ..
Selon les médias israéliens, les soldates israéliennes ont succombé au sommeil pendant leur mission de nuit voire elles ont saboté l'équipement de surveillance.
Toujours selon des sources israéliennes, rapporté par l’agence REUTERS en langue arabe, ces soldates étaient responsables de surveiller la côte s’étendant  entre le Liban et la Palestine occupée sachant que par le passé des militants ont tenté  de s’infiltrer par la mer pour lancer des opérations de résistance  ou acheminer des armes !
Kobe Markolov , l'avocat de la défense des accusées,  a estimé que "leur affaire doit être considérée comme une sonnerie d’alarme sur les conditions de service des unités de renseignement militaires sur le terrain qui sont déplorables."
Et de déclarer sur la chaîne israélienne canal 1 : "Les yeux de la nation sont tristes et embuées de larmes !
Le porte-parole militaire a confirmé  dans un communiqué que "les soldates sont accusées de négligence dans l'execution de leur mission au point de mettre en danger  la sécurité nationale."
Il a ajouté que  "certaines accusées doivent faire face à des accusations de sabotage de l'équipement militaire."
Lien 

Des colons sionistes incendient des terres agricoles à Naplouse

[ 28/07/2011 - 21:06 ]
Naplouse – CPI
Un groupe de colons sionistes vivants dans la colonie "Itamar" installée illégalement sur les terres agricoles de la ville de Naplouse dans le nord de la Cisjordanie occupée, ont mis le feu à des terres agricoles dans le village d'Awarta à l'est de la ville, le jeudi 28/7.
Le conseil municipal du village d'Awarta a déclaré dans un communiqué de presse que les colons sionistes ont brûlé les terres dans le côté nord-est du village, incendiant de plus de 6 dunums de terres d'oliviers.
Le communiqué a ajouté que les forces de défense civile dans le village voisin de Burine tentaient d'éteindre l'incendie qui a endommagé les biens des agriculteurs palestiniens.

Exécution de traîtres : grande satisfaction de la rue palestinienne

[ 29/07/2011 - 00:47 ]
Gaza – CPI
Les traîtres, agents des occupants israéliens, restent un phénomène très dangereux qui ronge la société palestinienne. Ces occupants font tout pour attirer les jeunes Palestiniens dans leur toile d’araignée, dans l’intention de les utiliser pour exécuter leurs politiques contre le peuple palestinien.
Par contre, le gouvernement palestinien, dans la bande de Gaza, ne reste pas les bras croisés. Il fait tout pour combattre ce phénomène. Le ministre de l’intérieur en a pris la charge, en commençant par une campagne médiatique afin d’expliquer au public ce fardeau, ses dangers, ses conséquences désastreuses pour la société palestinienne, un problème à cause duquel beaucoup de combattants et leaders des factions palestiniennes ont perdu la vie.
Le gouvernement palestinien avait donné à ces agents une période pour qu’ils se rendent et expriment leur repentance. Dès la fin de cette période, le gouvernement a commencé à mettre la main sur ceux qui s’entêtent dans leurs méfaits.
La peine de mort
Heureusement, le gouvernement a mis la main sur plusieurs d’entre ces traîtres, des traîtres qui avaient osé travailler pour les occupants israéliens. Leur culpabilité étant approuvée, les tribunaux les ont condamnés à la peine de mort.
Puis le ministère de l’intérieur a déclaré, mardi 26 juillet 2011, l’exécution de cette peine de mort pour deux personnes, après les avoir condamnés pour avoir travaillé pour le compte des autorités de l’occupation israélienne.
De son côté, le tribunal a confirmé qu’il avait publiquement annoncé son verdict, et ceci à l’unanimité.
Satisfaction palestinienne
La décision de mettre à exécution la sentence a été reçue avec une satisfaction remarquable, dans la rue palestinienne. Le journaliste Amina Ziyada dit que notre peuple palestinien attend tout le temps que les traîtres soient exécutés.
La majorité du peuple palestinien, ajoute-t-elle, montrent leur satisfaction : ces traîtres ont participé à la mise à mort de nos enfants.
Pour sa part, Bahaa Al-Ghol, journaliste et présentateur de la chaîne satellitaire Al-Aqsa, croit que l’exécution de la peine de mort est une nécessité nationale pour que cela soit une leçon pour quiconque penserait à coopérer avec les occupants israéliens.
Il ajoute que l’exécution de la peine de mort limite les chances de l’occupation israélienne d’abuser de notre peuple palestinien. Une telle fin poussera toute personne à compter jusqu’à mille avant d’accepter de coopérer avec l’occupation israélienne.
Une sanction dissuasive
Le journaliste Ali Abou Khalifa a le même avis qu’Al-Ghol. Lui aussi croit que la décision de la peine de mort est correcte et sage. Beaucoup de gens qui ont osé contacté l’occupation israélienne pourront retourner vers le droit chemin grâce à cette décision.
Toutefois, cette décision est venue un peu tardivement, croit Ahmed Al-Qarra. Pour lui, le gouvernement palestinien devra réagir et mener une campagne contre ces traîtres, afin qu’ils soient dénigrés.
Il appelle le gouvernement palestinien à ce que la mise à mort des traîtres soit exécutée en public, dans les places publiques, afin qu’elle soit tout à fait persuasive pour toute personne qui ose coopérer avec l’occupation israélienne.
Le Palestinien Ayech Safi, de la ville Khan Younes, a salué la peine de mort ; il faut continuer à poursuivre les traîtres pour débarrasser le peuple palestinien de ces fardeaux.
La position d’organisations juridiques
A noter que des organisations des droits de l’homme, dans la bande de Gaza, ont refusé la sentence de la peine de mort. Elles ont appelé le gouvernement palestinien à l’annuler.
Le journaliste Abou Khalifa dit que l’homme qui coopère avec l’ennemi de son peuple se vend et vend sa patrie et les siens ; peut-on alors parler de droits de l’homme pour de telles personnes ?
Pourquoi n’applique-t-on pas les droits de l’homme pour l’Entité sioniste qui tue et détruit chaque jour ?
Ces traîtres ont participé, directement ou indirectement, à des assassinats en coopérant avec l’occupation israélienne qui a tué un certain nombre de chefs des factions palestiniennes.
Enfin, dit Al-Ghol, le droit international assure à tout le monde un jugement juste et impartial, sans s’occuper de la forme de la sanction.

jeudi 28 juillet 2011

L'occupation oblige les habitants d'al-Arkib de payer 2 millions de Shekels

[ 28/07/2011 - 20:22 ]
CPI
Dans une escalade grave et sans précédent, le gouvernement sioniste a présenté une demande auprès du tribunal pour imposer une amande coûtant environ 2 millions de Shekels sur 35 personnes des habitants du village d'al-Arakib, comme une compensation aux bulldozers de qui ont démoli leurs maisons.
Le Cheikh Syah Turi a confirmé que 35 personnes des habitants du village d'al-Arakib ont reçu des appels pour le paiement de plus de 2 millions de Shekes, comme un nouveau moyen de pression pour frapper la fermeté des habitants du village.
Il a déclaré que les villageois sont impliqués dans leur fermeté et la détermination sur leurs terres et que de tels moyens ne les affecteront jamais, mais ils renforceront leur fermeté d'y résister.
Le Cheikh Syah a appelé tous les cadres et les représentants des Palestiniens à condamner les plans gouvernementaux sionistes qui veulent porter atteinte au droit des résidents d'al-Arakib dans leurs maisons et de vivre sur leurs terres.

Action urgente pour le convoi écossais pour Gaza bloqué à Rafah depuis jeudi 21 juillet

Egypte - 28 juillet 2011
Par Gaza Solidarity
Les dirigeants militaires du Caire continuent de faire obstruction à l'entrée à Gaza de 3 camions écossais chargés de founitures médicales et de 2 ambulances pour Gaza. Protestons auprès des autorités égyptiennes.
Action urgente pour le convoi écossais pour Gaza bloqué à Rafah depuis jeudi 21 juillet
Entrée à Gaza d'un convoi écossais précédent
Envoyez un email à :
Dr. Essam Sharaf, Prime Minister, The Arab Republic of Egypt
pm@cabinet.gov.eg
cc:
Embassy, The Arab Republic of Egypt
embassy@egyptembassy.net
Lire : "Un convoi écossais interdit d'entrée à Gaza depuis jeudi", ISM-France, 25 juillet 2011

Source : Gaza Solidarity
Traduction : MR pour ISM

Manifestation contre le mur à Al-Walaja le 27 juillet (vidéos)

Bethléem - 28 juillet 2011
Par Mazin Qumsiyeh
5 Israéliens et 2 Palestiniens, dont moi-même, avons été brutalisés par les soldats de l'apartheid israélien puis enlevés alors que nous filmions la destruction de la terre du village d'Al-Walaja. Dans mon cas, l'officier m'a reconnu, il s'est précipité sur moi, m'a poussé par terre, m'a donné des coups de pied puis a demandé à ses soldats de m'emmener. Shireen a été enlevé un peu plus tard par les soldats fascistes qui avaient envahi le village.
C'est très douloureux de voir comment petit à petit les vieux arbres sont déracinés pour la construction du mur sur la terre du village qui séparera les villageois de leurs terres agricoles. Des arbres et une route agricole (construite avec des fonds européens) ont été détruits dans le village. Le plus vieil olivier du district de Bethléem, qui a 3-4000 ans, est sur le tracé du mur d'apartheid.
Les soldats israéliens qui jouent le rôle de sous-traitants pour les voleurs de terre et les racistes ont aussi attaqué le Freedom Theater à Jenin, fondé par notre ami et martyr Juliano Mer-Khamis et ils ont enlevé plusieurs personnes.
Nous vous demandons d'écrire aux hommes politiques, aux médias, etc. pour les alerter sur ces violations continues des droits humains fondamentaux.
Il faut intensifier la pression par les boycotts, les désinvestissements et les sanctions.
Traduction : MR pour ISM

Les sionistes parviendront-ils à faire officialiser leur histoire mythologique ?

France - 28 juillet 2011
Par Youssef Girard
Après trois semaines d’atermoiements, les éditions Hachette Education se sont finalement résolues à remettre en vente les manuels scolaires d’histoire destinés aux classes de Première et de Quatrième contestés par diverses organisations sionistes (1). L’éditeur a décidé de résister aux pressions de ceux qui souhaitaient transformer les manuels d’histoire, destinés aux collèges et aux lycées français, en relais de la propagande sioniste.
Contre le refus des éditions Hachette Education de se plier aux injonctions sionistes, le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), présidé par Sammy Ghozlan, a décidé de solliciter l'arbitrage du Ministère de l’éducation nationale. Le BNVCA demande au Ministère « de faire retirer les manuels incriminés » (2) afin qu’il officialise l’enseignement de la mythologie sioniste - celle d’« un peuple sans terre pour une terre sans peuple » – dans les programmes d’histoire des collèges et des lycées français.
Pour l’association Europe-Israël qui est à l’origine de l’offensive sioniste contre les éditions Hachette, Jean-Marc Moskowicz appelle « l'ensemble de la communauté juive », « l'ensemble des amis d'Israël »  et « l'ensemble des professeurs » à boycotter les manuels scolaires d’Hachette Education et à se tourner vers « les manuels d'autres éditeurs beaucoup plus sérieux et surtout beaucoup plus neutres » (3).
Ne s’arrêtant pas à demander le retrait des manuels scolaires des éditions Hachette, ces organisations s’attaquent aussi à l’éditeur. Dans son communiqué, le BNVCA accuse, entre autre, Hachette d’être un « relai de la propagande palestinienne » et d’inciter « à la haine ». Pour Europe-Israël, Hachette, en refusant de se plier aux injonctions sionistes, mène une « propagande anti-israélienne ».
Bien plus, ces organisations sionistes accusent les éditions Hachette d’antisémitisme. Ainsi, le BNVCA parle de la réapparition de L’Enseignement du mépris (4) en référence au célèbre ouvrage de l’historien Jules Isaac traitant des origines chrétiennes de l'antisémitisme. Selon Jules Isaac, l’antisémitisme chrétien était transmis aux enfants par le catéchisme. Pour le BNVCA, les manuels d’Hachette s’inscriraient dans cette tradition de l’enseignement de l’antisémitisme chrétien. « Ce nouvel enseignement de la haine », trouverait, selon le BNVCA, « son vecteur dans un parti pris pour la seule cause palestinienne ».
Instrumentalisant la mémoire de la lutte contre l’antisémitisme, l’association Europe-Israël menace Hachette de publier des « révélations » sur son passé et sur « ses vieilles "amitiés" particulières qui expliquent peut-être ce type de positions anti-israéliennes ».
Outre ces accusations d’antisémitisme, le BNVCA affirme étudier, avec « ses conseils », « l'opportunité d'une procédure pénale contre Hachette » et « contre les auteurs des textes ». Ces propos relèvent plus de la menace que d’autre chose car il sera très difficile, pour le BNVCA, d’engager une procédure contre les éditions Hachette et les auteurs des manuels incriminés puisque ceux-ci ne font que raconter un moment de l’histoire de la Palestine. L’association Europe-Israël se montre plus menaçante à l’égard de l’éditeur puisqu’elle promet « d'autres actions contre la société Hachette ».
La Ligue de Défense Juive (LDJ) ayant déjà mené une expédition « musclée » contre les éditions Hachette, nous pouvons nous poser des questions sur la nature des futures « actions » évoquées par l’association Europe-Israël (5).
Au-delà de ces accusations et de ces menaces, les organisations sionistes démontrent, par leur activisme portant sur le contenu des manuels scolaires, qu’elles ont très bien compris l’enjeu représenté par l’enseignement de l’histoire. Significativement, le BNVCA évoque, dans son communiqué, les « enfants et adolescents perméables à toute information avec un statut officiel ». Ces organisations savent pertinemment que l’officialisation de la mythologie sioniste dans les programmes de l’éducation nationale française est une garantie durable de la délégitimation des revendications historiques du peuple palestinien et de ceux qui, en France, les soutiennent.
Chaque année, plusieurs centaines de milliers d’élèves étudient l’histoire dans les collèges et les lycées français. Si les organisations sionistes parviennent à faire officialiser leur mythologie par le Ministère de l’éducation nationale, alors des centaines de milliers d’élèves seront soumis à cette propagande et à travers eux des millions de foyers. Après cela, il deviendra très difficile, pour les soutiens de la Palestine en France, d’expliquer à des millions de personnes que ce qui leur a été enseigné par leurs professeurs n’est qu’une mythologie ne reposant sur aucun fondement historique réelle. L’officialisation de la mythologie sioniste dans les collèges et les lycées serait un des plus durs coups portés au soutien à la Palestine en France.
En conséquence, la question du contenu des manuels scolaires devraient être au centre de la mobilisation de tous ceux qui, en France, veulent soutenir le peuple palestinien dans sa lutte pour faire aboutir ses revendications historiques légitimes.
(1) Girard Youssef, « Les sionistes chargés de réécrire l’histoire de la Palestine pour les lycées français », ISM-France, 10 juillet 2011
(2) « Le BNVCA demande l’arbitrage du Ministre de l’Éducation Nationale suite à la décision des Editions Hachette de remettre en vente des manuels d’histoire contestables et contestés, perçus comme des relais de la propagande palestinienne », BNVCA, 22 juillet 2011
(3) Moskowicz Jean-Marc, « France: l’éditeur Hachette refuse de corriger les manuels scolaires anti-israéliens ! », Europe-Israël, 22 juillet 2011
(4) Isaac Jules, L’Enseignement du mépris, Paris, Ed. Fasquelles, 1962. Notons que Jules Isaac fut l’auteur, avec Albert Malet, d’une célèbre collection de manuels d’histoire, appelée « Malet et Isaac », éditée en son temps par les éditions Hachette.
(5) Hamza Hicham, « Des extrémistes pro-israéliens envahissent les locaux des éditions Hachette », Oumma.com, 14 juillet 2011