Ecrit par Pierre Tiercin | |
19.10.11 | |
Christian al-Bandak a quitté sa cellule pour rejoindre Gaza mardi
dernier. Il a enfin pu profiter de l'air frais du bord de la mer
méditerranée, son premier souffle de liberté après 9 ans de détention
dans une prison militaire israélienne.
C.
al-Bandak, originaire de Bethléem, avait été condamné en 2003 à quatre
peines de réclusion à perpétuité. Il a affirmé qu'on aurait dit que le
tonnerre éclatait dans la prison lorsque les gardiens sont venu annoncer
aux détenus la nouvelle de la mise en oeuvre de l'échange de Gilad
Shalit.
"Jusqu'à maintenant, je ne pouvais toujours pas y croire", a rapporté
Christian à PNN, au cours d'une interview téléphonique. "Nous avons
suivi les informations depuis la prison, et nous avons entendu nos noms
cités dans la liste, mais nous avons alors entendu qu'il ne s'agit pas
d'une liste définitive, que cette liste n'était pas officielle. Nous ne
pouvions contenir notre joie quand nous avons finalement appris que nous
serions libérés".
Christian a décrit un sentiment, comme beaucoup d'autre prisonniers libérés, de "joie teintée de chagrin". "Mes amis co-détenus me manquent maintenant, j'aimerais qu'ils soient tous avec moi aujourd'hui, que nous partagions cette joie tous ensemble", a-t-il expliqué. "Mais je sais que ce sont des hommes robustes. Ils tiendrons bon, ils resteront forts et déterminés quoiqu'il arrive". C. al-Bandak a confessé que les larmes lui montent encore lorsqu'il se remémore ses années passées à Bethléem. Il a raconté qu'il se rappelait de tout, à propos de sa ville natale, et de sa famille qui ne l'a toujours pas revu. En dépit de la distance, il a indiqué qu'il avait toujours espoir de les revoir, et a tenu à les remercier publiquement pour leur soutien pendant toutes ses années de détention. "Gaza fait partie de la Palestine", a-t-il repris. "Finalement, je remercie Dieu de m'avoir libéré. J'ai pu avoir ma famille au téléphone, ils m'ont souhaité leurs meilleurs voeux de bonheur alors que j'arrivais à Gaza. Je suis au beau milieu d'une célébration dont nous n'avions jamais osé rêver". Pour Christian, c'est pourtant bien un rêve qui devient réalité. Au téléphone, il a rapporté à PNN qu'il était assi sur la plage, qu'il profitait du soleil, de la mer, du parfum de la liberté dans l'air, en espérant pouvoir un jour rejoindre sa ville et sa famille. Il a tenu a rappelé qu'il n'oubliait et n'oublierait pas les frères et les soeurs avec lesquels il avait passé les 9 dernières années de sa vie, avec qui il avait partagé joies, douleurs, rêves et espoirs. Il souhaite désormais revendiquer leur cause et oeuvrer pour leur libération. |