dimanche 30 mai 2010

Justice à la carte

Edition du 29 mai 2010
Cela n’a absolument rien d’épique, en tout cas pas du genre d’aventure dont se passeraient bien volontiers tous ceux qui militent pour la justice là où elle est absente. C’est ce que cherchent à faire d’illustres anonymes, et c’est à leur honneur, en voulant percer le blocus imposé par Israël à la bande de Ghaza, privant près de deux millions de Palestiniens du strict minimum. Une manière bien à lui de tenter de les soumettre. Leur choix en faveur du Hamas lors des élections législatives de 2005 n’en étant que le prétexte, car ce qui se passe en Cisjordanie n’étant pas moins inhumain et donc moins attaquable et contestable.
Hamas, faut-il le rappeler, a remporté des élections qualifiées de démocratiques par les observateurs internationaux, mais cela n’a pas empêché Israël et certains pays de le déclarer mouvement terroriste et de soumettre la bande de Ghaza à un effroyable embargo. Même le ciment, se rend-on compte, a été décrété produit stratégique pour empêcher la reconstruction de ce qui a été détruit par Israël dans ce territoire, privant ses populations du gîte, sans parler des autres commodités qui ont cessé d’exister. C’est aussi pour briser ce mur du silence qu’une opération a été montée et appelée « Flottille de la paix », sans grands moyens, mais avec beaucoup de volonté pour alerter l’opinion internationale quant à la situation inhumaine imposée aux Palestiniens, où qu’ils soient à vrai dire, puisqu’il faille ajouter tous ces assassinats ciblés et autres formes de persécution, avec un certain consentement de la communauté internationale.
Ce que dit Israël n’a pas d’importance. Il est l’occupant illégal. « Nous avons le droit de quitter les eaux internationales pour entrer dans les eaux de Ghaza. Nous avons été invités par la population de Ghaza », a déclaré l’une des organisatrices de l’opération, marquée aussi par le silence des organisations dites de défense des droits de l’homme, acceptant tout juste de compter les morts. Normalement, cette flottille arrivera aujourd’hui au large des côtes palestiniennes à bord de huit bateaux chargés de 10 000 tonnes d’aide humanitaire et de matériaux de construction, mais Israël a averti que les navires ne seront pas autorisés à accoster.
D’après les organisateurs, les bateaux transporteront quelque 750 personnes originaires d’une soixantaine de pays, ainsi que des dizaines de responsables de pays européens et arabes. L’aide transportée consiste notamment en 100 maisons préfabriquées, 500 fauteuils roulants électriques, ainsi que d’équipement médical et des matériaux de construction. Et comme toujours, le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié les militants d’« anti-israéliens et d’éléments de l’Islam radical », échappant à d’autres accusations du genre anti-sémitisme, portées contre tous ceux qui s’opposent à la politique israélienne à l’égard des Palestiniens.
Même des organisations israéliennes ont été prises à partie, accusées presque de trahison pour avoir fait part de leurs craintes quant aux risques qui découleraient du blocage de tout processus de paix. Leurs animateurs ont eu plus de chance que les Palestiniens, interdits de tout pour continuer à revendiquer leurs droits les plus élémentaires. Ou encore continuer à résister. Et cela dure depuis la création d’Israël en 1948.
Par Mohammed Larbi
http://www.elwatan.com/Justice-a-la-carte

La flottille d'aide pour Gaza doit partir à midi, Israël la bloquera

29/05/2010  
La flottille internationale chargée d'aide à destination de Gaza partira pour l'enclave palestinienne à midi (09H00 GMT),
même si elle ne parvient pas à faire monter à son bord des députés européens se trouvant à Chypre, a affirmé une responsable du mouvement Free Gaza. 
"Nous attendons jusqu'à midi de voir s'il y a du progrès pour embarquer ces personnes sur un grand bateau turc. Nous ne pouvons attendre plus longtemps", a indiqué à l'AFP Audrey Bomse.  
Peu avant, un des passagers de la flottille avait indiqué à l'AFP que les organisateurs voulaient convaincre les autorités chypriotes de bien vouloir autoriser les députés européens à embarquer de Chypre. 
"La flottille va partir à midi et restera dans les eaux internationales. Elle ne s'approchera pas de Gaza avant demain (dimanche) parce que nous ne voulons pas y arriver de nuit", a ajouté Mme Bomse. 
Elle a précisé que la flottille était composée de cinq navires, deux petits bateaux ayant eu des problèmes techniques. 
Le passager Thomas Sommer-Houdeville avait indiqué auparavant que la flottille attendait toujours de pouvoir embarquer des députés européens "bloqués" à Chypre en raison du "refus des autorités chypriotes de les laisser monter à bord de bateaux chypriotes pour rejoindre le groupe dans les eaux internationales". 
Il avait accusé les autorités chypriotes d'avoir tendu un "vrai piège" à la flottille, en revenant sur un accord passé il y a deux semaines selon lequel les députés européens pouvaient embarquer, de Chypre, à bord de la flottille.  
Les organisateurs estiment que les autorités chypriotes ont cédé aux pressions israéliennes, ce qu'a catégoriquement démenti Nicosie. 
Les organisateurs de cette traversée avaient indiqué que le départ prévu vendredi de la flottille pour la bande de Gaza avait été reporté à samedi, invoquant notamment des menaces israéliennes de capturer un navire turc et des "difficultés techniques" sur l'un des navires.  
Israël a récemment fait savoir aux ambassadeurs de Grèce, Turquie, Irlande et Chypre, pays d'où devaient partir les bateaux, qu'il interdisait l'arrivée de la flottille à la bande de Gaza, soumise depuis juin 2007 à un strict blocus israélien.
La marine israélienne empêchera, de force si nécessaire, la flottille au cas où elle tenterait de s'approcher des côtes du territoire
palestinien, a prévenu samedi un responsable gouvernemental israélien.
"Nous tenterons de les empêcher de s'approcher des côtes de la bande de Gaza de manière pacifique, mais s'ils cherchent à passer en force, nous les bloquerons", a affirmé à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Ygal Palmor.
"De l'aveu même des organisateurs, il ne s'agit pas d'une opération humanitaire mais bel et bien d'un acte de provocation visant à causer une confrontation avec l'armée israélienne à des fins de propagande", a-t-il ajouté.  
L'organisation Free Gaza, à l'initiative de cette traversée, a de son côté qualifié d'"ignoble" le fait qu'Israël l'accuse de violer la loi internationale, alors qu'ils ont des "bateaux non armés transportant de l'aide humanitaire à des gens qui (en) ont désespérément besoin".
L'ONU, l'UE et la France ont rappelé récemment qu'ils étaient opposés au blocus.

Le Hezbollah salue les activistes de la flotille, condamne le silence mondial

29/05/2010  
Le Hezbollah a publié un communiqué au sujet du départ de la flotille de la liberté vers Gaza. Voici le texte complet:
"Le Hezbollah salue les activistes et les défenseurs des droits de l'homme et apprécie fort leurs efforts visant à aider des centaines de milliers de nos frères confinés à Gaza, au su et au vu de la communauté internationale et des gouvernements arabo-islamiques.
Le Hezbollah condamne fortement le silence international face au blocus  imposé par l'ennemi israélien sur Gaza, et y voit une implication dans le complot d'affamation de nos frères. Le Hezbollah espère que la nouvelle mobilisation de la flotille de la liberté constituera une occasion permettant à plusieurs personnes de revoir leurs calculs et poussant le monde arabo-islamique, la communauté internationale et les organisations mondiales d'assumer leurs responsabilités humaines et morales et de briser le blocus sur nos frères en Palestine". 

"Israël" a demandé à la FINUL de ne pas enregistrer ses violations aériennes

29/05/2010  
Selon le quotidien koweitien al-Ray,  une  réunion a eu lieu entre le chef d'état-major israélien le général Gabi Ashkenazi, et le commandant de la force de la «FINUL» au Liban-sud le  général Alberto Asarta, dans laquelle ils se sont mis d'accord sur une déclaration d'entente entre l'armée israélienne et la FINUL , selon laquelle cette dernière ne doit pas rapporter à l’armée libanaise les violations  quotidiennes de l’armée de l’air israélienne de la souveraineté libanaise.
Selon les lettres échangées entre le Bureau de Ashkenazi et le Bureau de Asarta, le premier aurait fait savoir au second ce qui suit : «Suite aux préoccupations exprimées par  le général Ashkénazi lors de sa réunion avec le général Asarta (au sujet des  informations rapportées à l’armée libanaise sur les mouvements de l'armée de l'air israélienne), l'armée de Défense israélienne souhaite recevoir une lettre officielle écrite de la part de la FINUL dans laquelle elle promet  de ne point fournir des informations sur le temps réel (real time) des survols israéliens du territoire libanais aux  autorités libanaises, et ce sur la base d’une promesse verbale faite par le général  Asarta au général Ashkénazi, qui a insisté sur un engagement écrit ».
Selon une source  de sécurité libanaise, «cet accord comporte un grand danger, et impose aux forces internationales de fournir une clarification rapide, car si cette information est vraie, cela signifie que la FINUL s'est écarté de son rôle impartial, et donc plus de prudence est exigée ».
Par ailleurs, selon le quotidien libanais as-Safir,  « cette question a été discutée au cours de dernières heures entre les deux parties internationale et libanaise, et devrait être résolue dans les prochaines heures. Mais, aucun commentaire n’a été exprimé  pour  confirmer ou nier l'engagement par écrit de la FINUL à l’entité sioniste ».
A Jérusalem, le porte-parole de l'armée israélienne, Afihai Darii, a confirmé la tenue d’une réunion entre le général Ashkénazi et le commandant de la FINUL le 30  avril.
La réunion  entre les deux hommes a été qualifié « de très importante  surtout que le général Asarta a expliqué que c'était sa première rencontre avec le général Ashkénazi  et que beaucoup de questions ont été étudiées dans  une atmosphère positive et derrière les coulisses ».  
Darii a refusé de donner des informations sur l'entente conclue entre l’entité sioniste et la  FINUL sur le fait de ne point révéler à l’armée libanaise les violations israéliennes de la souveraineté du Liban, soulignant: «Nous n’avons pas à discuter les détails de tels accords, nous ne n’avons pas à nous prononcer là-dessus, parce que ce genre d’accords ne se concluent que dans les coulisses en fonction de la compréhension commune entre les deux parties».

Assad: "Je ne perderai pas mon temps sur ce que pensent les Israéliens"

29/05/2010  
Le président syrien Bachar elAssad a déclaré que les agissements israéliens déstabilisent la sécurité de la région. "Ni le Hezbollah ni n'importe quel autre mouvement de défense sont responsables de cette instabilité", a affirmé Assad dans une interview avec le journaliste Sharlie Rose sur la chaine télévisée américaine BBC. "Lorsqu'il n'y a ni agression israélienne ni occupation des terres, tous les problèmes seront résolus définitivement", a-t-il ajouté, soulignant que l'Iran a soutenu la décision de la Syrie de poursuivre les négociations de paix indirectes avec Israël, et que Damas est prête à le faire.  
Abordant les allégations israéliennes sur les missiles Scud, Bachar elAssad a dit: "l'affaire des Scud est une bonne histoire. Mais nous avons interrogé les Israéliens: Où est la preuve? Vous contrôlez la frontière libano-syrienne et vous survolez le  Liban 24 heures par jour. Ne pouvez-vous pas alors détecter un missile énorme comme le Scud? C'est irréaliste! Si vos renseignements ou les renseignements israéliens possèdent des preuves, présentez-les alors. Mais si vous croyez simplement que le Hezbollah possède des missiles Scud, je ne voudrai pas perdre mon temps sur ce que vous croyez et sur ce que vous ne croyez pas".  
"Le Hezbollah est une organisation forte et non pas faible. Tout le monde sait qu'elle possède des missiles, et c'est vrai. Israël doit savoir que seule la paix peut le protéger, au lieu de lancer des propagandes et de fabriquer des allégations erronées ou controversées", a-t-il poursuivi.  
A la question de savoir si Israël veut vraiment la paix, Assad a répondu: "Je pense que le peuple qui élit un gouvernement extrémiste ne veut pas de paix. Mais ceci ne veut pas dire que nous allons cesser de travailler pour la paix", se disant favorable à la médiation turque pour parvenir à une paix globale au Proche-Orient.
Evoquant la relation de son pays avec l'Iran, Bachar elAssad a rappelé que l'Iran avait soutenu les efforts syriens pour recouvrer sa terre en 2008 par le biais des négociations indirectes avec Israël, et avec la médiation de la Turquie. Les Etats-Unis ne comprennent ni l'Iran ni les pays de la région. "C'est une culture différente, mais après le 11 septembre, ils doivent savoir ce qui se passe au-delà de l'océan. Il ne s'agit pas de ce qu'ils pensent, mais de ce que nous pensons", selon lui.  
Et d'ajouter, l'Iran ne cherche pas à posséder l'arme nucléaire. "Le fait de refuser le dernier accord tripartite Iran-Turquie-Brésil compliquera encore plus les choses et empêchera de parvenir à une quelconque solution. Il est inconvenable de se concentrer sur l'Iran. Israël est le vrai problème, il est le seul pays qui possède la bombe atomique dans la région". 

L’ hypocrite campagne de boycott de l’Autorité de Ramallah

dimanche 30 mai 2010 - 06h:25
Ali Abunimah - The Electronic Intifada
Ces dernières semaines, l’Autorité palestinienne (AP) basée à Ramallah, soutenue par Israël et les USA, a fait son cirque pour inviter les Palestiniens à boycotter les marchandises fabriquées dans les colonies israéliennes en Cisjordanie.
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En Cisjordanie occupée, Salam Fayyad jette au feu des produits provenant des colonies israéliennes (Mustafa Abu Dayeh/MaanImages)
En dépit d’une rhétorique de défi et de résistance, et des grands cris d’orfraie poussés par les groupes de colons israéliens, l’effort de l’AP semble réellement conçu pour coopter, déstabiliser et faire avorter la campagne BDS (boycott , désinvestissement et sanctions) beaucoup plus ample de la société civile palestinienne, et pour rassurer Israël quant à la docilité et la collaboration continues de son régime fantoche de Ramallah.
Dans le cadre de sa tournée de propagande quotidienne, on a pu voir le « premier ministre » non élu, Salam Fayyad , basé à Ramallah, jeter des paquets de marchandises produites par les colons dans un feu de joie. Quant au « président » de l’AP, Mahmoud Abbas, il a récemment signé l’engagement de « Karama » (N.d.T. dignité) par lequel il a promis de ne pas laisser de marchandises des colonies passer le seuil de sa maison et il a encouragé d’autres à faire de même. Des volontaires de l’AP ont fait du porte-à-porte en Cisjordanie occupée pour distribuer des listes de biens de consommation fabriqués par les colons à ne pas acheter.
Jusqu’ici, tout va bien. Les Palestiniens et leurs partisans devraient absolument boycotter les produits israéliens. Depuis 2005, des centaines d’organisations palestiniennes ont soutenu un appel « aux organismes internationaux de la société civile et aux personnes de conscience partout dans le monde pour qu’ils instaurent de larges boycotts et mettent en oeuvre des initiatives de désinvestissement contre Israël semblables à celles qui ont été appliqués à l’Afrique du Sud à l’époque de l’apartheid » (« "Palestinian Call for Boycott, Divestment, and Sanctions (BDS)," 9 July 2005.
Partout dans le monde, des militants du mouvement BDS ont incité des sociétés, avec succès, à cesser de faire des affaires en Israël et de ne plus vendre de produits israéliens ; ils ont demandé aux artistes internationaux de ne pas se produire en Israël, aux universitaires de refuser de coopérer avec les établissements israéliens et aux institutions culturelles de boycotter les événements patronnés par le gouvernement israélien qui cherche à faire écran à ses pratiques d’apartheid.
Récemment, des douzaines d’organisations de jeunesse palestiniennes, aussi bien indépendantes qu’alignées sur pratiquement toutes les factions politiques, à l’intérieur et en dehors de la Palestine historique, ont publié un appel commun sous le titre « La Jeunesse palestinienne unie contre la normalisation avec Israël. » La « jeunesse » déclare : « nous rejetons la normalisation avec Israël à tous les niveaux » - économique, politique, culturel et institutionnel - et nous adhérons aux principes du Comité national palestinien indépendant de boycott qui dirige le mouvement BDS ("Palestinian youth united against normalization with Israel," 28 April 2010). Le BDS représente le large consensus de la société palestinienne, mais la campagne de boycott de l’AP va en fait à l’encontre de cette campagne et incite les gens à défier l’appel BDS. Pendant une séance photo où il apposait un autocollant sur la porte de sa maison certifiant qu’elle était exempte de marchandises des colonies, Abbas a insisté : « nous ne boycottons pas Israël, parce que nous avons avec lui des accords et des importations. »
De même, le site Web officiel de l’AP de l’engagement au boycott, ironiquement appelé « Karama(N.d.T :dignité) » déclare : « Concernant le commerce avec Israël, le ministère palestinien de l’économie confirme qu’il poursuivra sa coopération comme il avait été convenu lors du sommet de Paris [de 1994] ».
Tout ceci relève indubitablement de la fameuse « adhésion » de l’AP « aux accords signés » dictés par le Quartet (USA, UE, Russie et ONU). Mais le site web de l’AP va jusqu’à reconnaître qu’Israël lui-même ne se conforme pas aux accords et qu’« Israël interdit l’accès à ses marchés de l’un quelconque de nos produits . En outre, Israël met beaucoup d’obstacles aux produits palestiniens en attente d’être exportés vers les pays étrangers... Israël nie même les droits palestiniens qui avaient été convenus dans l’accord de Paris. »
L’insistance de l’AP pour se conformer aux accords qu’Israël viole constamment prouve une fois de plus - si c’était nécessaire - son irrémédiable servilité. Vu cette position, le but principal de sa campagne est réellement de déstabiliser les méthodes et les buts du mouvement populaire BDS en plein essor et de prêcher aux Palestiniens qu’ils doivent et qu’ils devraient faire des affaires avec Israël et laisser les marchandises israéliennes pénétrer sur leurs marchés ainsi que coopérer et normaliser les relations avec Israël inconditionnellement.
L’appel palestinien au BDS de 2005 déclare que « des mesures punitives non-violentes devraient être maintenues » jusqu’à ce qu’Israël respecte tous ses engagements vis-à-vis des droits palestiniens et du droit international, c’est-à-dire : mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le mur de l’apartheid ; reconnaître les droits des citoyens palestiniens d’Israël et leur accorder la pleine égalité ; respecter, protéger et promouvoir le droit des réfugiés palestiniens à rentrer chez eux. La campagne de l’AP ne fait en revanche aucune allusion à ces objectifs et se concentre étroitement sur les colonies - et même en cela, son engagement est sans substance.
Dans le cadre de la campagne hasbara de l’AP, Abbas a publié un décret menaçant d’importantes amendes et de peines d’emprisonnement allant jusqu’à six ans, tous ceux qui vendent ou importent des marchandises en provenance des colonies de Cisjordanie. Il est intéressant de relever que ce décret n’applique aucune sanction aux hommes d’affaires palestiniens qui vendent des marchandises et fournissent des services aux colons. Ces dernières années, plusieurs allégations crédibles ont fait surface selon lesquelles plusieurs hauts responsables de l’AP et du Fatah - dont le plus notoire est l’ancien premier ministre de l’AP, Ahmed Qureia - ainsi que les membres de leur famille se sont enrichis en vendant du ciment à Israël pour la construction des colonies et du mur d’apartheid (ou en servant de courtiers pour l’importation de ciment en provenance d’Égypte pour le compte de sociétés israéliennes). En dépit des promesses répétées selon lesquelles l’avocat général de l’AP ferait une enquête et entreprendrait des poursuites pour de telles violations, il n’en est rien advenu. Bien entendu, Abbas et Fayyad - en dépit de leur nouvelle ardeur anti-colonies semblent ne pas se préoccuper d’une enquête sur la complicité de l’AP.
Tandis que le but principal de la prétendue campagne de l’AP est probablement la déstabilisation du BDS, ce n’est pas le seul. Le régime d’Abbas/Fayyad n’a aucune légitimité légale, politique ou démocratique. Il a investi tous ses efforts dans l’interminable et inutile « processus de paix » commandité par les USA qui a empiré le sort des Palestiniens de manière inimaginable. Ces dernières années, il y a eu des campagnes populaires indépendantes, notamment celle du BDS et des luttes non-violentes contre le mur et les colonies de Cisjordanie. Mais tout comme l’Organisation de Libération de la Palestine de Yasser Arafat a été surprise et inquiète devant le déclenchement de la première intifada palestinienne en 1987 qu’elle s’est efforcée rapidement de maîtriser et de coopter, le leadership de l’AP essaie de faire exactement la même chose actuellement. L’AP ne tente pas simplement de déstabiliser les campagnes BDS et les campagnes populaires indépendantes, elle veut les coopter précisément à cause de leur puissance croissante , de leur popularité et de leur légitimité en tant que stratégies de libération dans l’espoir qu’un peu de cette légitimité déteindra sur le régime de Ramallah.
Electronic Intifada a précédemment évoqué l’arrestation nocturne par l’AP de Mousa Abu Maria, , co-coordonnateur du projet de solidarité de la Palestine dans le village Beit Ommar en Cisjordanie occupée. Comme le mentionne The Economist, Abu Maria voit dans l’intérêt soudain de l’AP pour la résistance populaire non-violente une « tentative voilée de M. Fayyad de prendre les commandes d’un mouvement populaire indépendant et de transformer l’élan vers un Etat palestinien en une cause sans rebelles » ("Can Palestinians peacefully build a state ?"). Plus généralement, les paramilitaires de l’AP formés aux USA continuent à s’acharner contre toute tentative d’organisation, tout militantisme indépendant en Cisjordanie occupée.
Il y est aussi ironique de voir l’AP lancer sa campagne contre les colonies précisément au moment où elle est engagée dans « les entretiens de proximité » avec Israël sous les auspices des USA. L’AP s’était précédemment promise de ne pas retourner à une quelconque négociation jusqu’à ce qu’Israël ait arrêté toute construction de colonies dans l’ensemble de la Cisjordanie, y compris à Jérusalem occupée. Israël a fait fi des demandes du Président USA Barack Obama pour l’arrêt des constructions, mais au lieu de tenir tête à Israël, les Étasuniens ont fait pression sur l’AP pour qu’elle reprenne les négociations sans aucune condition ni garantie.
Ainsi, le boycott des colonies dissimule l’abjecte faiblesse de l’AP qui ne s’en tient même pas à ses promesses les plus modestes, et obtient encore moins de véritables concessions d’Israël ou de ses commanditaires US pendant les négociations. Il est tout aussi clair que la campagne est une diversion. Selon de nombreuses sources, les Israéliens et les Palestiniens ont convenu en principe pendant les entretiens de proximité d’un « échange de terres. » Ce n’est pas nouveau ; pendant longtemps, un article de foi de l’industrie du processus de paix prévoyait que dans une solution à deux États, Israël n’enlèverait que des colonies symboliques tout en annexant la grande majorité d’entre elles, particulièrement celles qui se trouvent à l’intérieur et à la périphérie de Jérusalem occupée- qui regroupe au moins 80 pour cent des colons. En échange du cadeau de Jérusalem-Est et de grandes parties de la Cisjordanie, Israël donnerait aux Palestiniens quelques dunes de sable près de Gaza (les prétendus sables de Halutza) et quelques lointaines collines stériles, au sud de Hébron.
Ainsi, les dirigeants de Ramallah - qui n’ont aucun mandat ni aucune autorité émanant des Palestiniens (que ce soit en tant qu’AP ou Organisation de Libération de la Palestine) pour négocier en leur nom - font semblant de boycotter les produits des colonies, alors que leur vrai programme est de favoriser la normalisation économique, de déstabiliser le BDS et de légitimer les colonies par des « négociations. »
Là où l’AP demeure fermement engagée en faveur du boycott c’est dans son soutien aux blocus et siège israélien total de la bande de Gaza occupée. En dépit des déclarations occasionnelles de pure forme demandant la fin du blocus, les dirigeants de l’AP de Ramallah affirment toujours que celui-ci ne se terminera que dans les limites dictées par le quartet : les milices de l’AP, soutenues par les USA et Israël, devront retourner à Gaza afin de maintenir l’ordre et de contrôler les Palestiniens pour le compte d’Israël, comme elles le font en Cisjordanie.
L’AP de Ramallah n’a notamment offert aucun appui à la courageuse flottille internationale actuellement en route vers Gaza dans le but d’essayer à nouveau de casser le blocus sous les menaces israéliennes. Pourquoi l’AP n’a-t-elle pas invité ses « amis » et ses bienfaiteurs de « la communauté internationale » à envoyer leur marine pour protéger cette flottille pacifique et non-violente et lui assurer le passage jusqu’à Gaza ? Dans la pratique, la politique de l’AP équivaut à un appui total au siège.
D’aucuns ont été impressionnées par la campagne de l’AP contre les colonies, la considérant comme un « pas dans la bonne direction ». Mais personne ne devrait être dupe. Les Palestiniens et leurs alliés devraient rester clairement concentrés sur le simple fait que ceux qui continuent à coordonner leurs actions avec les forces d’occupation israéliennes pour chasser les Palestiniens de nuit, ne peuvent pas revêtir le manteau de la résistance populaire de jour.
(JPG) * Ali Abunimah est cofondateur de The Electronic Intifada et l’auteur de One Country : A Bold Proposal to End the Israeli-Palestinian Impasse (Metropolitan Books, 2006).
http://electronicintifada.net/v2/ar...
Traduction : Anne-Marie Goossens
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8784

Nous partons !

dimanche 30 mai 2010 - 06h:30
Al Samoud - Free Gaza
[Aux dernières nouvelles, la flottille prendra le départ ce matin et escompte arriver dans la journée de ce dimanche dans le port de Gaza]
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Août 2005 : les pêcheurs de Gaza fête le départ des colons juifs de l’enclave côtière - Photo : Manu Pochez/RFI
Après des pressions énormes de la part des Chypriotes grecs, qui sont revenus sur l’accord qu’ils avaient conclu avec nous , nous avons été forcés d’emmener nos députés britanniques et des militants à Famagusta hier, sur le côté chypriote/ turc de l’île.
Nous avons passé toute la journée à faire la navette d’un port à l’autre, entourés par les hélicoptères et la police. Il est évident que notre marché avec les officiels chypriotes est tombé à l’eau, et nous sommes finalement les pions d’un feuilleton politique. Les membres chypriotes du Parlement, ceux qui avaient travaillé avec tant d’acharnement pour nous obtenir la permission de partir, étaient scandalisés. Les membres grecs du Parlement ont fini par nous dire d’aller au Nord. S’ils le pouvaient, ils le feraient. Les officiels chypriotes ont dit que le gouvernement prenait cette décision parce que, « la république de Chypre lutte pour sa survie », mais qu’il n’a pas plié sous la pression d’Israël. Ils ont dit cela en baissant la tête.
D’après l’accord que nous avions passé avec le gouvernement chypriote, nous embarquions nos passagers VIP et les membres du Parlement au large de Chypre. L’embarquement se ferait à l’abri des médias. Nos bateaux ne toucheraient pas Chypre. Nous prendrions de petites embarcations de nos propres bateaux et l’embarquement se ferait au-delà de la limite territoriale de 12 miles.
Les autorités ont décidé que nous ne pouvions même pas faire cela, précisant essentiellement que même si nous embarquions les passagers dans de petits bateaux n’importe où dans la partie grecque de Chypre, à partir de n’importe quel port, nous ne pourrions pas dépasser les limites territoriales pour aller à Gaza. 27 personnes étaient censées embarquer, dont neuf Chypriotes et deux Grecs. Aucun n’a pu venir avec nous quand nous sommes partis au Nord.
Ensuite, et au même moment, deux des bateaux de passagers ont mystérieusement eu des problèmes mécaniques, à 15:30. Challenger 2 a réussi à transborder 14 personnes sur le IHH, et s’est ensuite traîné jusqu’au port de Limassol, harcelé par des hélicoptères chypriotes http://www.youtube.com/watch ?v=BjGoe3Gi-ns&feature=player_embedded, nous interdisant essentiellement d’amener notre bateau endommagé jusqu’au port.
Notre autre bateau, Challenger 1, s’est dirigé vers Famagouste avec 16 passagers. Ce bateau là aussi était endommagé ; quelque chose clochait avec le gouvernail.
Nous nous sommes trimbalés pendant toute la journée d’ hier. Nous avions commencé à 7:00 et à 22:00 nous n’avions pas où embarquer et nos bateaux étaient hors service.
Mais nous avons tous la fièvre de Gaza et personne ne renonce.
Il nous a fallu toute la journée pour trouver quelqu’un sur le côté turc pour transporter certains de nos passagers par ferry jusqu’à la flottille qui attendait patiemment à cinq heures au large de Chypre. À 18:00, 20 de nos passagers sont partis pour rejoindre la flottille et le MP suédois et trois MP allemand sont à bord. Hedy n’est pas présente et nous sommes catastrophés de ce que, une fois de plus, elle ne pourra pas aller à Gaza.
La flottille part à Gaza demain aux premières heures et nous devrions arriver dans l’après-midi. Nous avons persévéré...
29 mai 2010 - Source : http://www.freegaza.org/fr/accueil/...
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8798

La piraterie reste de la piraterie, surtout quand elle est pratiquée par un état-voyou

vendredi 28 mai 2010 - 13h:21
Jamal Elshayyal - Al Jazeera
Alors qu’approche le départ tant attendu de la « Flottille de la liberté », Israël s’est activé à publier des déclarations et communiqués de presse précisant la manière dont il entend traiter le convoi de navires transportant de l’aide humanitaire à destination de Gaza.
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Décembre 2008 - Le DIGNITY arrive au Liban, après avoir été abordé et endommagé par la marine israélienne - Photo : Ali Hashisho/Reuters
Les militaires d’Israël disent avoir terminé la construction d’un centre de détention de masse à Ashdod où ils prévoient d’incarcérer les 800 militants, travailleurs humanitaires et journalistes qui sont à bord des neuf navires. Tel-Aviv a déclaré zone militaire les eaux au large des côtes de Gaza, interdisant tout accès sauf sur autorisation.
Mais le problème, c’est justement que les eaux de Gaza appartiennent à la bande de Gaza. La marine israélienne n’a légalement aucun droit d’entrer dans ces eaux et encore moins de déclarer la région zone militaire. Interrogez chacun des demi-million d’habitants de la bande de Gaza et vous verrez que tout ce qui touche à Israël n’est pas le bienvenu.
Par contre la « Flottille de la liberté » est attendue par le peuple assiégé de Gaza. Elle leur amène beaucoup de ce qui leur est nécessaire, du matériel scolaire et du matériel hospitalier. Aussi loin que les Palestiniens soient concernés, ce qu’Israël a apporté à Gaza depuis 1948, c’est des réfugiés, les guerres et les destructions. [...]
Ainsi, si l’armée israélienne décide de mettre à exécution ses menaces contre de la flottille, de la dérouter de force et de kidnapper ses passagers, ses actions, aux yeux des nombreuses personnes de conscience, seraient rien de moins que de la piraterie assortie de kidnappings.
La rançon probablement exigée pour la libération des 800 militants, parlementaires, travailleurs humanitaires et journalistes, sera alors :
1. Rester silencieux face à l’agression.
2. Détourner les yeux de la souffrance du plus grand nombre.
3. Ne pas contester les injustices israéliennes.
4. Oubliez même que Gaza existe.
Depuis la résurgence de la piraterie au large des côtes de la Somalie, les gouvernements occidentaux dont des navires ont été capturés par des pirates ces dernières années ont toujours insisté sur le fait qu’ils ne négociaient pas avec des pirates. On se demande s’ils vont faire bénéficier du même principe ceux qui sont à bord de la flottille.
Aujourd’hui, certaines sociétés multi-nationales ont adopté une approche différente lorsque leurs intérêts sont en jeu : payer des millions de dollars pour sécuriser leurs actifs financiers à bord de ces navires. Mais pour les 800 passagers en route pour la bande de Gaza, la rançon qui pourrait être demandée pour eux pourrait se révéler d’un prix trop élevé.
27 mai 2010 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://blogs.aljazeera.net/middle-e...
Traduction : Info-Palestine.net
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8791

Israël planifie l’“Opération Vent du Ciel”, l’attaque contre les navires qui se dirigent vers Gaza

publié le samedi 29 mai 2010
Saed Bannoura

 
Dernières nouvelles inquiétantes, les forces d’occupation israéliennes se préparent à attaquer la Flottille de la Liberté. Des voix multiples s’élèvent, y compris en Israël (ainsi Gush Shalom) ou même la Représentante de l’UE [1] pour empêcher cet assaut.
La marine et l’armée israélienne,sous supervision directe du gouvernement israélien, préparent une opération appelée “Opération Vent du Ciel” pour attaquer la Flottille de la Liberté qui se dirige vers Gaza [2] et kidnapper les militants qui sont à bord.
Selon des sources israéliennes, la marine a achevé les préparatifs pour s’emparer de la Flottille de la Liberté, par la force si besoin. Ils veulent l’empêcher d’atteindre la côte de Gaza, brisant ainsi le siège qui dure depuis 4 ans.
L’offensive prévue comporte 4 étapes :
1. Mise en garde ; la marine tentera d’empêcher les navires de dépasser une « ligne » jugée ligne rouge, Si les bateaux l’atteignent , on leur signifiera qu’ils « violent la loi »  [3].
2. Prise de contrôle des navires ; si les navires n’obtempéraient pas aux demandes de la marine, celle ci attaquera et prendra le contrôle des vaisseaux qui transportent environ 600 militants. Les navires seront alors amenés au port d’ Ashdod et les militants seront détenus dans une énorme tente installée à cet effet.
3. Expulsion, par avion, les soldats et policiers israéliens demanderont aux militants emprisonnés de signer une déclaration où ils acceptent d’être expulsés vers leurs pays. Ils seront alors expulsés par avion à partir de l’aéroport Ben Gourion.
4. Arrestation avant expulsion, Ceux qui refuseront de signer l’accord d’’expulsion seront arrêtés, soumis à un examen médical puis transférés à la Brigade Nahshon qui appartient aux autorités pénitentiaires israéliennes avant d’être envoyés à la prison de Be’er Sheva ou d’autres prisons.
Ils seront traduits en justice et plus tard expulsés.
Quelque 600 militants des droits humains sont à bord des 8 navires de la solidarité qui voguent vers Gaza. Ils sont déterminés à atteindre Gaza malgré les menaces israéliennes.
Greta Berlin, porte-parole du Free Gaza Movement, a déclaré que “rien n’arrêtera les bateaux”,et que les militants sont déterminés à briser le siège imposé à 1,5 million de Palestiniens à Gaza et à livrer leur cargaison humanitaire. [4]
[1] déclaration du porte-parole de Mme Ashton, haute Représentante de l’Union pour les Affaires étrangères qui la cite : "Nous incitons fortement toutes les parties concernées à agir avec retenue et responsabilité et à rechercher une solution constructive. L’UE reste très sérieusement préoccupée par la situation humanitaire à Gaza. La politique de bouclage qui est maintenue est inacceptable et politiquement contre-productive"
[3] Rappelons les résolutions des Nations unies -la loi !!!). Résolution 1860 de l’ONU appelant à un cessez-le-feu à Gaza : (...)
2. Le Conseil de sécurité appelle au libre approvisionnement et à la libre distribution à travers Gaza de l’aide humanitaire, y compris de la nourriture, du carburant et des médicaments.
3. Le Conseil de sécurité accueille favorablement les initiatives visant à créer et ouvrir des couloirs humanitaires, et les mécanismes pour la distribution suivie de l’aide humanitaire.
4. Le Conseil de sécurité appelle les États membres à soutenir les efforts internationaux pour soulager la situation humanitaire et économique à Gaza...
publié par le Point

Investir massivement pour sauver Jérusalem-Est

publié le samedi 29 mai 2010
Khaled Hroub

 
Nétanyahou aurait expliqué son intention de venir à bout de ce qui reste de Jérusalem-Est en y procédant à une colonisation intensive. Face à cette volonté de judaïsation, il faut donner aux Arabes de Jérusalem les moyens de rester.
C’est le titre que mon ami Hani Al-Masri a donné à l’un de ses récents articles. Mais cette phrase n’est pas de lui. Il ne fait que reprendre une déclaration du Premier ministre d’Israël Benyamin Nétanyahou. Elle a été rapportée par de hauts responsables après deux réunions à huis clos, l’une avec le gouvernement, l’autre avec des dirigeants du mouvement des colons, le 25 décembre dernier. Nétanyahou y aurait expliqué son intention de venir à bout de ce qui reste de Jérusalem-Est en y procédant à une colonisation intensive. Il aurait également justifié sa décision de suspendre la colonisation en Cisjordanie pendant une période de dix mois, car cela permettrait de mieux absorber Jérusalem-Est afin de faire de la ville la capitale éternelle et unifiée du peuple juif : “Mon but est de transformer l’Est en quartiers mixtes, avec des Juifs et des Palestiniens, comme à Haïfa et à Jaffa, de sorte que l’Autorité palestinienne ne puisse pas les revendiquer comme capitale d’un futur Etat palestinien.”
Face à cette volonté de judaïsation, il faut donner aux Arabes de Jérusalem les moyens de rester. Tout le monde connaît les problèmes qu’ils doivent affronter : la pauvreté, le chômage, l’impossibilité d’accéder à des logements en nombre suffisant, etc. Par ailleurs, des pathologies sociales telles que la toxicomanie et le vol se sont développées sous l’effet des pressions économiques israéliennes destinées à les faire partir.
Beaucoup ont déjà cédé. C’est une honte de voir le nombre d’habitants arabes reculer pour cause de pauvreté. Ceux qui y vivent encore ont besoin d’être aidés. Pas par des affirmations verbales de solidarité, mais concrètement, par des moyens financiers et économiques. Il serait possible de changer radicalement la situation en utilisant simplement une petite partie des capitaux arabes, capitaux dont tout le monde sait comment ils sont dilapidés.
Quand on se promène dans la ville, on voit de nouvelles constructions réalisées grâce à des investisseurs juifs américains, européens, russes et australiens. Pendant ce temps, Arabes et musulmans restent les bras croisés. Ils expliquent leur attitude par leur refus de la normalisation des relations avec Israël. Le résultat est que le terrain est abandonné à l’ennemi. Nous avons fini par être prisonniers de nos propres slogans, tellement sacralisés que personne n’ose les remettre en question. Cette attitude relève de la cécité politique.
Jérusalem-Est a besoin d’investisseurs afin d’affirmer sa dimension arabe et musulmane et afin de ne pas la laisser en proie à la judaïsation. Celle-ci s’intensifie chaque jour sous nos yeux, et nous sommes là à lancer des slogans. De plus en plus furieux, mais dans un mégaphone hors-service.
Khaled Hroub est journaliste et écrivain, directeur du programme d’étude sur les médias arabes à l’université de Cambridge, au Royaume-Uni.
Article publié en français le 22 avril 2010 dans Courrier international

Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale

publié le samedi 29 mai 2010
Hiram Lee

 
Alors qu’Obama affiche une nouvelle stratégie au Moyen-Orient [1], un article à la une du New York Times de mardi révèle l’existence d’une directive secrète signée par le général David Petraeus, chef du commandement central américain, donnant l’ordre d’accroître les opérations militaires secrètes de par le Moyen-Orient, l’Asie centrale et la Corne de l’Afrique.
Le document de 17 pages intitulé « Joint Unconventional Warfare Task Force Execute Order » fournit en essence à l’armée américaine carte blanche pour mener des actes d’agression contre quasiment n’importe quel pays.
Parue en septembre 2009, cette directive appelle à la création d’un réseau de corps expéditionnaires et d’unités de collecte de renseignement qui vont « pénétrer, perturber, vaincre ou détruire » n’importe quelle cible dans n’importe quel pays désigné par l’armée américaine. Ces forces vont mener des opérations clandestines qui « ne peuvent pas et ne seront pas accomplies » par d’autres moyens militaires.
Une fois entrées dans le pays ciblé, les forces américaines vont aussi « préparer l’environnement » à des attaques militaires de grande envergure. En plus du personnel militaire, dit le Times, la directive de Petraeus recrute « des hommes d’affaire étrangers, des universitaires ou autres » pour des efforts « de vigilance continue sur la situation », soit en d’autres termes pour l’espionnage.
Les Etats-Unis vont cibler des pays considérés comme hostiles ainsi que des pays avec lesquels ils entretiennent des relations amicales. Parmi les pays cités par le Times comme cibles potentielles on compte l’Iran, l’Arabie saoudite et la Somalie. Le Times rapporte aussi que le document « semble autoriser des opérations spécifiques en Iran, très probablement pour la collecte du renseignement sur le programme nucléaire du pays ou l’identification de groupes dissidents qui pourraient être utiles pour une offensive militaire à venir. »
Tandis que le gouvernement Obama indique publiquement qu’il va contrer la soi-disant menace nucléaire iranienne en faisant appel à des sanctions plus importantes des Nations Unies et des embargos commerciaux, la directive de Petraeus donne clairement à penser qu’Obama a en tête quelque chose de bien plus sinistre encore. Le Times cite des représentants américains disant que la directive « autorise aussi des missions de reconnaissance qui pourraient ouvrir la voie à de possibles frappes militaires en Iran si les tensions concernant ses ambitions nucléaires s’intensifient. »
On pense déjà que cette directive secrète a constitué le travail préparatoire de l’offensive de l’armée américaine au Yémen qui a débuté en décembre 2009. Des soldats des Forces spéciales américaines avaient pénétré dans ce pays pour entraîner son armée et se joindre à elle pour attaquer Al Qaïda dans la Péninsule arabique que l’on dit être membre affilié d’Al Qaïda au Yémen. En décembre, le président Obama avait donné l’ordre de frappes aériennes sur des bâtiments abritant soi-disant des militants et qui avaient coûté la vie à des dizaines de civils. Des navires de l’armée américaines ont aussi envoyé des volées de missiles sur le pays.
Le Times reconnaît avoir accepté de ne pas révéler toutes les informations contenues dans le document de Petraeus, dont le journal dit avoir vu une copie. Citant des « inquiétudes soulevées par un représentant du Commandement central des Etats-Unis quant à la sécurité des troupes, » le journal rapporte qu’il a accepté de supprimer certains détails concernant les déploiements de troupes.
Ainsi, « le journal de référence »politiquement libéral joue son rôle dans la promotion des desseins agressifs de l’armée américaine et le maintien des Américains dans l’ignorance sur les détails les plus cruciaux de ces opérations secrètes. Bien que le Times n’en dise rien, cette directive d’opérations secrètes, qui va au-delà des directives similaires sous le gouvernement Bush, n’aurait pas pu paraître sans l’assentiment du président Obama. Ceci souligne le fait que le gouvernement Obama poursuit et amplifie la politique du militarisme et de la guerre menée sous Bush et se prépare à étendre les actes d’agression militaire américains bien au-delà des confins de l’Irak et de l’Afghanistan.
L’utilisation de forces d’opérations spéciales militaires comme agents du renseignement à travers le Moyen-Orient et l’Asie centrale permet au gouvernement de placer les opérations d’espionnage sous la juridiction du Commandement central des Etats-Unis et du général Petraeus. Contrairement aux activités de l’Agence centrale du renseignement (CIA), les opérations secrètes d’espionnage menées par l’armée ne nécessiteront pas légalement l’assentiment du président ni ne seront soumises au contrôle du Congrès.
Article original, WSWS, paru le 26 mai 2010 et publié en français par Mondialisation
ajout de notes : C. Léostic, Afps

Pourquoi Israël doit renoncer à son mythe ethnique

publié le jeudi 27 mai 2010
Tony Judt

 
Pour Tony Judt, insister sur le caractère exclusivement juif de l’État hébreu est un contresens historique. Et une faute morale.
Qu’est-ce que le « sionisme » exactement  ? Sa revendication centrale a toujours été que les Juifs représentent un seul et même peuple  ; que leur dispersion et leur souffrance multimillénaires n’ont en rien atténué leurs particularités collectives propres  ; et que le seul moyen pour eux de vivre librement en tant que Juifs – de la même façon que vivent les Suédois en Suède, peut-on dire – est de résider dans un État juif.
Ainsi la religion cessa-t-elle d’être, aux yeux des sionistes, le critère principal de mesure de l’identité juive. À la fin du XIXe siècle, alors qu’un nombre grandissant de jeunes Juifs était légalement ou culturellement émancipés du monde du ghetto ou du shtetl (village juif d’Europe centrale), commença à émerger au sein du sionisme l’idée qu’une minorité influente serait la seule alternative à la persécution et à l’assimilation ou la dilution culturelle. Ainsi, paradoxalement, alors que le séparatisme religieux et la pratique cultuelle commençaient à reculer, leur version séculaire était activement promue.
Je peux parfaitement confirmer, de par mon expérience personnelle, que le sentiment antireligieux – souvent d’une virulence que je trouvais gênante – s’était largement répandu dans les cercles de la gauche israélienne dans les années 1960. La religion, me disait-on, était bonne pour les haredim (orthodoxes) et les « fanatiques » du quartier Mea Shearim de Jérusalem. « Nous » sommes modernes, rationnels et « occidentaux », m’expliquaient mes professeurs sionistes. Mais ce qu’ils ne disaient pas c’est que l’Israël qu’ils voulaient que je rejoigne était également enraciné, et ne pourrait qu’être ancré dans une vision ethnique rigide des Juifs et de la judaïté.
L’histoire était la suivante. Les Juifs, jusqu’à la destruction du second temple (au Ier siècle), étaient des fermiers dans ce qui est aujourd’hui l’ensemble Israël-Palestine. Ils avaient alors été encore une fois contraints à l’exil par les Romains et erraient de par le monde  : sans toit, ni racines, et bannis. Enfin, « ils » « rentraient » et laboureraient à nouveau les terres de leurs ancêtres.
C’est ce récit que l’historien Shlomo Sand tente de déconstruire dans son livre polémique Comment le peuple juif fut inventé. Les critiques affirment que sa contribution est, au mieux, redondante. Depuis un siècle, les spécialistes se sont parfaitement familiarisés avec les sources qu’il cite et les arguments qu’il formule. D’un point de vue purement scientifique, je n’ai rien à redire à cela. Étant moi-même largement dépendant d’informations de seconde main sur le premier millénaire de l’histoire juive, je peux confirmer que le professeur Sand, en soulignant les conversions et le mélange ethnique qui caractérisaient les Juifs des premiers temps, ne nous dit rien que nous ne sachions déjà.
La question qui se pose est  : qui sommes-« nous »  ? Il est certain qu’aux États-Unis l’écrasante majorité des Juifs (et peut-être des non-Juifs) ne connaît absolument pas l’histoire relatée par le professeur Sand. Ils n’ont jamais entendu parler de la plupart de ses protagonistes. En revanche, ils se contentent trop facilement de la vieille version caricaturale de l’histoire juive que Sand cherche à discréditer. Si le travail de vulgarisation ne faisait rien d’autre que pousser un tel public à réfléchir et à lire davantage, alors il aura valu la peine.
Mais il offre plus que cela. Alors que l’État d’Israël­ avait d’autres raisons d’exister, et qu’il en a toujours (ce n’est pas par hasard si David Ben Gourion a voulu, planifié et orchestré le procès d’Adolf Eichmann), il est évident que le professeur Sand a dévalorisé la raison classique de la création d’un État juif. En bref, une fois que l’on a admis que le caractère uniquement juif d’Israël repose sur une affinité imaginaire ou choisie, quelle est la marche à suivre  ?
Shlomo Sand est lui-même israélien, et l’idée que son pays n’a pas de raison d’être lui serait odieuse. Et à raison. Les États existent ou ils n’existent pas. L’Égypte ou la Slovaquie ne sont pas justifiées en droit international par la grâce d’une quelconque théorie d’« égyptianité » ou de « slovaquité » profonde. Ces États sont reconnus comme acteurs internationaux, avec des droits et un statut, simplement par leur existence et leur capacité à perdurer et se protéger.
Ainsi, la survie d’Israël ne repose pas sur la crédibilité de l’histoire qu’il raconte sur ses origines ethniques. Si nous acceptons cela, nous pouvons enfin comprendre que l’insistance du pays à prétendre qu’il a une identité exclusivement juive est un sérieux handicap. En premier lieu, une telle insistance renvoie tous les citoyens et résidents non-Juifs à un statut d’Israéliens de seconde zone. Et cela serait vrai même si la distinction était purement formelle. Or elle ne l’est pas  : être un musulman ou un chrétien, ou même un Juif qui ne correspond pas à la définition de plus en plus rigide de la judéité de l’Israël d’aujourd’hui, a un coût.
La conclusion implicite du livre du professeur Sand est qu’Israël ferait mieux d’apprendre à se penser en tant que… Israël. L’obsession perverse qui consiste à vouloir identifier une judéité universelle à un seul petit morceau de territoire ne fonctionne pas, à bien des égards. C’est réellement le facteur le plus important dans l’échec de la résolution de l’imbroglio israélo-palestinien. Cela dessert Israël, et je dirais aussi que cela dessert les Juifs, qui sont, ailleurs, identifiés à ses actions.
Alors que faire  ? Shlomo Sand ne nous le dit absolument pas, et, à sa décharge, nous devons reconnaître que le problème est très difficile. Je le soupçonne d’être en faveur de la solution d’un seul État, ne serait-ce que parce que c’est l’aboutissement logique de ses arguments. Je serais moi aussi favorable à cette issue si je n’étais pas convaincu que les deux côtés s’y opposeraient vigoureusement. La solution de deux États pourrait tout de même être le meilleur compromis, même si elle laisse Israël à ses ethno-illusions. Mais, à la lumière des développements de ces deux dernières années, il est difficile d’être optimiste quant aux perspectives d’une telle décision.
Ce que j’aurais tendance à faire, alors, serait de concentrer mon attention ailleurs. Si les Juifs d’Amérique du Nord et d’Europe prenaient leurs distances avec Israël (comme beaucoup ont commencé à le faire), l’affirmation qu’Israël est « leur » État semblerait absurde. Avec le temps, même Washington finirait par trouver futile de lier la politique étrangère américaine aux illusions d’un seul petit État du Proche-Orient. Je crois que c’est la meilleure chose qui pourrait arriver à Israël. Il serait contraint de reconnaître ses limites. Et devrait se faire d’autres amis, de préférence parmi ses voisins.
Nous pourrions ainsi espérer, avec le temps, voir s’établir une distinction naturelle entre les personnes qui se trouvent être juives mais sont citoyens d’autres États, et les personnes qui sont des citoyens israéliens et se trouvent être juives. Cela se révélerait fort utile. Il existe de nombreux précédents  : les diasporas grecque, arménienne, ukrainienne et irlandaise ont toutes joué un rôle malsain en perpétuant l’exclusion ethnique et les préjugés nationalistes dans les pays de leurs ancêtres. Mais la guerre civile en Irlande du Nord s’est en partie achevée parce qu’un président américain a ordonné à la communauté irlandaise des États-Unis d’arrêter d’envoyer des armes et de l’argent à l’IRA provisoire. Si les Juifs américains arrêtaient de lier leur destin à Israël et utilisaient leur soutien financier à de meilleures fins, quelque chose d’équivalent pourrait se produire au Proche-Orient.
Historien, Tony Judt est professeur à l’université de New York et directeur de l’Institut Remarque.
publié par le Financial Times et en français par Jeune Afrique, le 22 mai

Israël s'accroche à une campagne médiatique, la Flottille de la Liberté sur son chemin pour Gaza

Ecrit par PNN / trad : Monique Poupon
29/05/2010
Gaza - PNN - Durant les deux derniers jours, le gouvernement Israélien s'est accroché à une campagne médiatique visant à discréditer la flottille de Free Gaza, la Flottille de la Liberté, se dirigeant vers la Bande de Gaza assiégée.
Le convoi de 7 bateaux est attendu à atteindre Gaza samedi à l'aube. Vendredi, le Ministre des Affaires Etrangères Israélien Avidgor Lieberman a appelé la flottille d'aide humanitaire une violente propagande contre la souveraineté d'Israël.
"Il n'y a pas de crise humanitaire dans la Bande de Gaza", a dit Lieberman à la radio nationale d'Israël.
Israël a placé la Bande de Gaza sous siège total depuis juin 2007, rendant les 1.5 millions de Palestiniens vivant là en manque de nourriture, de fuel et de fournitures médicales.
L'offensive Israélienne Coup de Plomb en 2009, qui a duré 23 jours, a seulement empiré les conditions de vie dans le territoire côtier. 1 300 Palestiniens ont été tués par bombardements aériens, maritimes et terriens. Le siège empêche les Gazaouis de reconstruire leurs maisons détruites.
Il y a 700 passagers sur les bateaux, parmi eux 36 journalistes de différentes organisations médiatiques du monde. Les bateaux transportent 2.5 millions de $ US de fournitures de construction, médicales, et de nourriture au peuple de Gaza.
Durant la semaine, la Navy Israélienne a annoncé qu'ils bloqueront les signaux et les communications de la flottille pour isoler ceux à bord des bateaux et empêcher le monde d'être le témoin de ce qui pourrait devenir une impasse navale prolongée.
Selon Israël, les soldats de la Navy ont reçu les ordres de prendre les bateaux et de les emmener au port Israélien de Ashdod près de Gaza, où une zone de détention spéciale a été installée pour les activistes Palestiniens et internationaux. 

Israël se prépare à intercepter la « flottille de la paix »

28/05/2010
Les militants sont déterminés à briser le blocus israélien imposé à l'enclave palestinienne.
Israël se préparait hier à intercepter une flottille chargée d'aide en route vers la bande de Gaza. L'État hébreu maintient un strict blocus de la bande de Gaza - sauf pour les produits de première nécessité - depuis la prise du pouvoir du Hamas en juin 2007.
« Ce que dit Israël n'a pas d'importance. Il est l'occupant illégal. Nous avons le droit de quitter les eaux internationales pour entrer dans les eaux de Gaza.
Nous avons été invités par la population de Gaza », a déclaré à l'AFP Greta Berlin, une des organisatrices de la « flottille de la paix ». Des centaines de militants propalestiniens espèrent arriver à Gaza samedi en milieu de journée à bord de huit bateaux chargés de 10 000 tonnes d'aide humanitaire et de matériaux de construction, même si Israël a averti que les navires ne seront pas autorisés à accoster.
« Nous sommes déterminés à briser le blocus israélien et nous ne nous laisserons pas intimider », a déclaré de son côté Fintan Lane, un militant irlandais embarqué sur l'un des navires.
D'après les organisateurs, les bateaux transporteront quelque 750 personnes originaires d'une soixantaine de pays ainsi que des dizaines de responsables de pays européens et arabes. L'aide transportée consiste notamment en 100 maisons préfabriquées, 500 fauteuils roulants électriques ainsi que de l'équipement médical et des matériaux de construction.
Côté israélien, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak s'est entretenu au téléphone avec les ministres grec, irlandais et chypriote des Affaires étrangères pour s'insurger contre l'initiative. Certains des bateaux sont partis de Grèce et d'Irlande et la flottille doit se rassembler au large de Limassol (Chypre) avant de se diriger vers Gaza.
« Il s'agit non pas d'une initiative humanitaire, mais d'une provocation politico-médiatique », a déclaré M. Barak selon un communiqué de son bureau.
Mark Regev, le porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a affirmé que les militants « prétendent agir au nom des droits de l'homme mais gardent le silence quand le Hamas prend délibérément pour cibles des civils israéliens, et se taisent aussi sur les brutalités de son régime ».
« S'ils étaient véritablement intéressés par le bien-être des habitants de la bande de Gaza, ils auraient accepté l'offre de l'Égypte ou d'Israël de transférer l'aide humanitaire (transportée par la flottille) avec les 15 000 tonnes qui parviennent chaque semaine à la population de cette région », a-t-il argué. « Au lieu de quoi, ils ont opté pour un tour de passe-passe politique bon marché », a souligné M. Regev. Le ministère israélien des Affaires étrangères a pour sa part qualifié les militants d' « anti-israéliens et d'éléments de l'islam radical ». Le Hamas, lui, a considéré comme de la « piraterie sioniste » la menace d'Israël d'intercepter la flottille. Israël prévoit, si les bateaux refusent de rebrousser chemin, de les arraisonner et de les diriger vers le port israélien d'Ashdod, au sud de Tel-Aviv, avant d'interpeller les militants et de les renvoyer dans leur pays.
Les autorités israéliennes ont ensuite l'intention d'inspecter le chargement et de le transférer à Gaza par les passages frontaliers terrestres entre Israël et la bande de Gaza. Une partie du port d'Ashdod a été bouclée en prévision de l'arrivée des militants.
Des toilettes chimiques ont été installées ainsi que de grandes tentes climatisées abritant des cabines où les militants seront fouillés et leur identité contrôlée. 

Washington élabore, dans la discrétion, un projet de boucliers antimissiles au Moyen-Orient

29/05/2010
Les autorités américaines veulent installer un puissant radar à bande X dans un État du Golfe, mais aucun pays n'a pour l'instant déclaré sa volonté de l'accueillir.
Le gouvernement américain élabore un projet de défenses antimissiles au Moyen-Orient qui prévoit l'ajout d'un radar avancé dans un État du Golfe pour contrecarrer une éventuelle attaque iranienne, a-t-on appris de sources américaines autorisées. L'administration Obama a discrètement aidé des États arabes à renforcer leurs défenses antimissiles avec l'objectif de les unifier à terme. Ce processus pourrait prendre encore deux à trois ans, selon des responsables américains.
Le plan qui se dessine ressemble à celui que le président Barack Obama avait présenté en septembre et qui devait unifier les défenses à terre et en mer autour des pays de l'OTAN en Europe. La version moyen-orientale de ce projet progresse dans la discrétion, en raison du caractère sensible de l'engagement militaire américain dans la région et de la coopération avec Israël, où les États-Unis ont installé en 2008 un puissant radar à bande X. Le futur bouclier moyen-oriental doit s'articuler autour de ce radar, contrôlé par des militaires américains dans le désert du Neguev.
Les stratèges du Pentagone estiment qu'un second radar AN/TPY-2 dans un État du Golfe renforcerait considérablement les capacités d'un bouclier régional. Aucun pays n'a pour l'instant déclaré sa volonté de l'accueillir. Les États-Unis veulent que le nouveau radar du Golfe soit installé sur un site qui lui permette de fonctionner avec celui d'Israël. Le fait que ce dernier soit manœuvré par des militaires américains pourrait, espère Washington, atténuer les réticences des pays arabes.
Le système AN/TPY-2, construit par le groupe de défense Raytheon, permet de suivre un missile balistique au cours des phases de propulsion, intermédiaire et terminale. Le seul autre radar de ce type en service au monde a été installé en 2006 à Shariki, au Japon, pour faire face à un éventuel tir nord-coréen.
« L'idée (d'un bouclier régional au Moyen-Orient) circule depuis un moment, mais les éléments spécifiques commencent à présent à se mettre en place », a commenté un responsable militaire. La défense antimissiles dans le golfe Arabo-Persique a commencé sous la présidence de George W. Bush et s'est accélérée depuis l'arrivée de M. Obama à la Maison-Blanche.
Récemment, de nouveaux systèmes antimissiles ont été installés dans divers pays du Golfe, renforçant ainsi leur capacité d'intégration dans un futur dispositif américain. Des missiles Patriot ont ainsi été livrés au Koweït, au Qatar, aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. D'autres pays devraient suivre, selon les responsables américains. Le dispositif serait complété par des navires de la marine américaine équipés de radars Aegis postés dans les eaux internationales.
Mais, selon des responsables américains, relier deux radars à bande X dans la région à des systèmes antimissiles Patriot ou Thaad pose plus de problèmes politiques que techniques. Outre la coopération avec Israël, celle d'États arabes, qui se méfient parfois les uns des autres depuis des années, entre eux est en effet délicate. Cependant, les progrès iraniens en matière de missiles balistiques ont aidé à convaincre plusieurs pays arabes à coopérer davantage à une défense commune. De source américaine autorisée, on souligne que la menace iranienne présumée a permis, au moins en privé, d'évoquer une coopération israélo-arabe encore inimaginable il y a quelques années.

L’Iran soutient des pourparlers indirects entre Israël et la Syrie, affirme Assad

29/05/2010
« Si nous avons la paix, Israël pourra alors avoir une vie 
normale », a affirmé le président syrien dans une entrevue à la chaîne 
de télévision américaine PBS.
« Si nous avons la paix, Israël pourra alors avoir une vie normale », a affirmé le président syrien dans une entrevue à la chaîne de télévision américaine PBS.
Téhéran et Damas reçoivent de la technologie nucléaire en provenance de Pyongyang, affirme un rapport de l'ONU.

« L'Iran a soutenu les négociations de paix indirectes entre Israël et la Syrie », a affirmé jeudi le président syrien Bachar el-Assad dans une entrevue accordée à la chaîne de télévision américaine PBS. Selon M. Assad, Téhéran a exprimé plusieurs fois publiquement et en privé son soutien à ces négociations informelles. En 2008, la Turquie avait agi comme médiateur entre la Syrie et Israël, mais ce processus a pris fin lorsque Ankara a vivement critiqué l'offensive de l'armée israélienne à Gaza.
Lors de son entrevue, le président syrien a également évoqué les liens qu'entretient Damas avec le Hamas et le Hezbollah, affirmant que son pays ne coupera pas ses relations avec ces mouvements tant que les Israéliens ne cesseront pas leur agression et leur occupation des territoires arabes. « Le principal obstacle à la paix dans la région n'est pas le soutien de la Syrie au Hamas et au Hezbollah, mais l'occupation israélienne des territoires palestiniens », a affirmé M. Assad. « L'aviation israélienne viole l'espace aérien libanais toutes les heures, à un rythme quotidien », a-t-il encore dit, tout en affirmant que le Hezbollah a le droit « de défendre son pays ». « Si nous avons la paix et la restitution complète de nos territoires, Israël pourra alors avoir une vie normale, comme tout autre pays dans la région », a déclaré le président syrien à PBS, tout en rejetant les rapports accusant Damas d'avoir fourni des missiles Scud au Hezbollah.
Hier, le journal israélien Haaretz a, par ailleurs, publié un rapport de l'ONU affirmant que la Corée du Nord exporte, en dépit des sanctions, de la technologie nucléaire et des missiles balistiques, vers plusieurs pays, dont l'Iran et la Syrie. Le document indique également que Pyongyang est impliquée dans des activités nucléaires et balistiques à Téhéran, Damas et Rangoun.
« La Corée du Nord fournit une assistance à la Syrie pour un programme nucléaire, avec l'élaboration et la construction d'un réacteur thermique à Deir el-Zor », indique le document. Les auteurs du rapport recommandent toutefois une analyse plus approfondie de ces activités suspectes, tout en appelant la communauté internationale à œuvrer en vue de leur interdiction. Toujours selon le Haaretz, la Syrie a démenti ces accusations dans une lettre adressée à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui, de son côté, serait en train de vérifier ces informations.
En décembre dernier, plus de 35 tonnes d'armes, dont des roquettes et des lance-roquettes, avaient été saisies à bord d'un avion-cargo après son atterrissage d'urgence à Bangkok. Selon les autorités thaïlandaises, l'avion venait de Corée du Nord. En janvier, le gouvernement thaïlandais a envoyé un rapport au Conseil de sécurité de l'ONU affirmant que les armes étaient destinées à l'Iran, allié de la Syrie.

TNP : accord sur un P-O dénucléarisé, mais le scepticisme reste de mise

29/05/2010
Les 189 États signataires du TNP ont avalisé hier soir une déclaration favorable à une « dénucléarisation » du P-O. Washington a cependant déclaré qu’une telle hypothèse ne peut se matérialiser qu’à la condition que la paix prévale d’abord dans la région.
La conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) est parvenue hier soir à un accord, le premier depuis 10 ans, portant notamment sur le désarmement et sur la création d'une zone exempte d'armes nucléaires au Proche-Orient. La conférence a adopté par consensus une déclaration finale de 28 pages qui prévoit quatre plans d'action sur chacun des trois piliers du traité - désarmement, vérification des programmes nucléaires nationaux pour assurer qu'ils sont pacifiques et usage pacifique de l'énergie atomique - ainsi que sur le Proche-Orient dénucléarisé. Sur ce dernier point, le document prévoit l'organisation en 2012 d'une conférence internationale, « à laquelle tous les États de la région sont censés participer et devant mener à l'établissement » d'une telle zone, ce qui implique la présence d'Israël et de l'Iran. La déléguée américaine, la sous-secrétaire d'État chargée du contrôle des armements et de la sécurité internationale Ellen Tauscher, a déclaré que les États-Unis s'engageaient à œuvrer au succès de cette conférence. « Nous nous attacherons, avec les pays de la région, à créer les conditions d'une conférence couronnée de succès », a-t-elle dit. Mais elle a aussitôt ajouté un bémol : « Nous notons toutefois que notre capacité à y parvenir se trouve sérieusement amoindrie du fait que le document final singularise Israël dans sa section consacrée au Proche-Orient, ce que les États-Unis regrettent profondément. » Le document affirme qu' « il importe qu'Israël adhère au traité et place toutes ses installations nucléaires sous les garanties globales de l'AIEA » (Agence internationale de l'énergie atomique).
En revanche, l'Iran n'est pas mentionné nommément, alors que les Occidentaux souhaitaient qu'il soit montré du doigt pour être en violation de résolutions de l'ONU exigeant qu'il suspende ses activités nucléaires sensibles et prouve le caractère civil de son programme nucléaire. L'Égypte et l'Iran avaient mené campagne pour qu'Israël soit spécifiquement invité à rejoindre le TNP, ce qui signifierait que l'État hébreu renonce à son arsenal nucléaire, et pour qu'il accepte la création d'une zone sans armes nucléaires au Proche-Orient.
Un responsable américain a émis des doutes sur les chances que la conférence sur le Proche-Orient dénucléarisé voie le jour. « Je ne sais pas si la conférence aura jamais lieu », a déclaré Gary Samore, conseiller à la Maison-Blanche sur la non-prolifération, dans une conférence téléphonique depuis Washington. Les États-Unis, qui ont accepté de coparrainer cette conférence, ne veulent pas qu'elle échoue, a précisé M. Samore. Mais il a souligné que Washington ne parrainerait l'événement que « si les conditions sont réunies. » Selon M. Samore, le vice-président américain Joe Biden et le conseiller pour les Affaires de sécurité nationale, le général Jim Jones, avaient dit aux ambassadeurs arabes à Washington que s'ils insistaient pour mentionner nommément Israël dans la déclaration du TNP, cela « rendrait beaucoup plus difficile pour Israël de venir à cette conférence. »
Israël, qui s'oppose à la création d'une zone sans armes nucléaires au Proche-Orient tant que la paix n'y règne pas, n'a jamais reconnu posséder l'arme atomique. Les États non nucléaires l'accusent d'échapper injustement aux mécanismes de vérification prévus par le TNP en n'en étant pas signataire.
L'ambassadeur d'Égypte à l'ONU, Maged Abdelaziz, a salué la conférence TNP pour « avoir enclenché un processus concret de mise en œuvre de la résolution de 1995 sur le Proche-Orient ». La conférence TNP de 1995 avait pour la première fois appelé à la création d'une telle zone. Entré en vigueur en 1970, le TNP a servi de directive mondiale pour limiter la prolifération des armes nucléaires.
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a salué le « succès » de la conférence. 

Israël refuse de souscrire à l'accord sur le TNP au Proche-Orient

30/05/2010

"Cette résolution ignore les réalités du Proche-Orient et les vraies menaces auxquelles la région et le monde tout entier sont confrontés", a affirmé le gouvernement israélien dans un communiqué publié à Toronto, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu est actuellement en visite./ AFP
Israël a fustigé samedi "l'hypocrisie" de l'accord de la Conférence de suivi du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et annoncé qu'il ne participerait pas à sa mise en oeuvre portant sur la création d'une zone exempte d'armes nucléaires au Proche-Orient. C'est la première fois qu'Israël, considéré comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient mais qui n'est pas signataire du TNP, est ainsi montré du doigt sur la scène internationale pour ses activités nucléaires sur lesquelles il maintient systématiquement un flou volontaire.
Les Israéliens n'ont jamais reconnu disposer de l'arme atomique et refusent d'adhérer au TNP en considérant que ce traité a "prouvé dans le passé sa totale inefficacité pour empêcher la prolifération nucléaire".
"Cette résolution de la conférence est profondément hypocrite et défaillante. Elle ignore les réalités du Proche-Orient et les vraies menaces auxquelles la région et le monde tout entier sont confrontés", a affirmé le gouvernement israélien dans un communiqué publié à Toronto, où le Premier ministre Benjamin Netanyahu est actuellement en visite.
La Conférence de suivi du TNP a adopté par consensus vendredi une déclaration finale prévoyant notamment la tenue en 2012 d'une conférence internationale pour un Moyen-Orient dénucléarisé. Le document singularise l'État hébreu, affirmant qu'¨il importe qu'Israël adhère au traité et place toutes ses installations nucléaires sous les garanties globales de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)".
La résolution "stigmatise Israël, la seule véritable démocratie au Proche-Orient et le seul pays menacé d'anéantissement", déplore le communiqué israélien. "Étant donné la nature biaisée de cette résolution, Israël ne sera pas en mesure de prendre part à sa mise en oeuvre", souligne le communiqué qui précise qu'en tant qu'État non signataire du TNP, Israël n'est pas "tenu à appliquer les résolutions de la Conférence".
Toutefois, le gouvernement israélien "prend note des clarifications apportées par les États-Unis quant à leur politique", et annonce que ce dossier sera discuté lors de la rencontre prévue jeudi à Washington entre le Premier ministre israélien le président américain Barack Obama.
"Notre politique en matière de nucléaire est bien connue, bien comprise et solide comme un roc", a indiqué un haut responsable israélien voyageant avec M. Netanyahu. "L'administration américaine a changé sa politique en matière de non prolifération", a estimé le haut responsable israélien. "Nous n'avons pas fini de parler de ce sujet", a-t-il ajouté.
L'accord, le premier depuis 10 ans, a été salué par le président américain Barack Obama qui l'a qualifié d'"équilibré et réaliste". "Les États-Unis saluent l'accord obtenu lors de la conférence de suivi du Traité de non-prolifération (TNP) pour renforcer le régime de non-prolifération globale", déclare M. Obama dans un communiqué. Il a cependant ajouté être "fortement" en désaccord avec le fait que la conférence ait singularisé Israël dans sa section consacrée au Proche-Orient.
La République islamique d'Iran, accusée malgré ses démentis par une partie de la communauté internationale de chercher à se doter de l'arme nucléaire s'est pour sa part félicitée du résultat de la conférence sur le TNP. "C'est un pas en avant vers la création d'un monde sans armes nucléaires", a estimé Ali Asgar Soltanieh, représentant de l'Iran à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) cité par l'agence officielle Irna.
La France par la voix de son ministre des Affaires étrangères a accueilli favorablement ce document à l'instar de l'Union européenne. "La France se félicite de l'adoption, par la conférence, d'un document final comportant une feuille de route ambitieuse, apte à relancer la dynamique de ce Traité essentiel qu'est le TNP", a indiqué dans un communiqué Bernard Kouchner. "Les textes auraient certes pu, selon nous, être plus incisifs sur les crises de prolifération, en particulier la crise iranienne qui est au coeur des préoccupations de la communauté internationale", a-t-il ajouté.
À Bruxelles, la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton a salué "avec enthousiasme" le texte. "L'UE va immédiatement s'atteler à la préparation de sa contribution au processus d'application de la résolution sur le Proche-Orient", a-t-elle indiqué.

Menacer la flotte « La liberté » est un signe de faiblesse

[ 28/05/2010 - 01:04 ]
Gaza – CPI

L’Entité sioniste a menacé de faire barrage et de bombarder la flotte « La liberté » qui devra atteindre la côte de la bande de Gaza vendredi prochain. Elle vient d’imposer une nouvelle condition : la liberté du soldat Shalit contre la permission d’entrer dans les eaux de Gaza. La flotte l’a refusée et a continué son parcours.
Ces menaces ne reflètent que la faiblesse et l’arrogance de l’Entité sioniste, disent des habitants à l’envoyé de notre Centre Palestinien d’Information (CPI). Les occupants israéliens ont une forte appréhension de voir son arrogance brisée, tout comme son pouvoir absolu sur les eaux internationales et sur les eaux palestiniennes locales. Ils ont peur aussi que leur blocus imposé depuis environ quatre ans soit rompu.
La flotte, une gifle à l’occupation
"Israël" est un Etat raciste, dit un Palestinien habitant dans la bande de Gaza, 22 ans. Cet Etat utilise la force pour assurer ses intérêts. C’est pour cela qu’il veut empêcher la flotte d’arriver à Gaza. La flotte sera pour lui une gifle, ainsi que pour tous ceux qui participent au blocus de Gaza dont quelques pays arabes et le Conseil de Sécurité.
Le Entité sioniste ne veut pas que ses bateaux s’approchent de Gaza, ajoute-t-il. Elle a peur ; elle faible et arrogante ; elle ne respecte aucune loi internationale, ni la vie des gens.
Et maintenant, les pays islamiques et des gens libres du monde entier tentent de venir en aide aux habitants de Gaza qui vivent une tragédie sans précédent. Ils appellent tous les pays musulmans à pratiquer des pressions efficaces sur l’Entité sioniste et sur le Conseil de Sécurité pour briser définitivement le blocus de Gaza.
Briser le blocus par la mer
Yehya Al-Yaaqubi, envoyé du magazine Al-Saada, croit, lui aussi, que les menaces israéliennes reflètent son appréhension : ces bateaux pourraient être un prologue, d’immenses flottes pourraient les suivre et rompre le blocus de Gaza définitivement.
L’Entité sioniste tente par tous les moyens d’empêcher la flotte d’atteindre les plages de Gaza. Elle exploite sa machine médiatique pour faire peur aux participants.
Mamdouh Quidir, habitant du quartier Al-Dardj de la bande de Gaza, ne croit pas que les pays propriétaires de ces bateaux permettront aux occupants israéliens d’interpeller les bateaux et d’y mettre la main dessus. Ils arriveront alors à Gaza, après quelques petites altercations.
Pour sa part, le mouvement de la résistance islamique Hamas a catégoriquement condamné les menaces sionistes. C’est tout simplement du piratage. Le monde entier se rend compte de la sauvagerie de l’occupation israélienne et de ses crimes. Gaza représente désormais la résistance et l’endurance.
Opinion internationale contre le blocus
Par ailleurs, l’analyste politique Ibrahim Abrach commente la condition qu’a placé l’occupant, qui est de libérer le soldat Shalit. Il dit que les occupants israéliens voudraient lever le blocus de Gaza, mais avec une contrepartie : que la scène palestinienne reste divisée, que les pressions restent fortes sur le mouvement du Hamas.
Pour lui, les bateaux largueront les amarres à Gaza, vendredi prochain. Toutefois, ils ne pourront pas briser le blocus de Gaza. Ce ne sont pas des bateaux officiels, mais des initiatives personnelles, même si elles reflètent une opinion internationale solidaire avec le peuple palestinien.
Le représentant du comité gouvernemental pour briser le blocus Khalil Abou Laïla dit que le gouvernement de Gaza a tout fait pour la réception de la flotte et des participants.
Dans une conférence de presse, il dit que la flotte représente un bon message adressé au peuple palestinien lui confirmant la solidarité du monde entier avec la cause palestinienne. Il a appelé tous les pays arabes à prendre la Jordanie et le Koweït en exemples et à rejoindre la flotte.