mercredi 27 juillet 2011

Situation des enfants palestiniens détenus dans le système judiciaire militaire israélien

jeudi 21 juillet 2011 - 05h:25
DCI-Palestine/CPJPO
Le 19 juillet 2011, DCI-Palestine a soumis un rapport aux Nations-Unies : Avec leurs propres mots : rapport sur la situation des enfants palestiniens détenus dans le système judiciaire militaire israélien (juillet 2011).
C’est le deuxième rapport semestriel déposé par DCI-Palestine auprès des Nations-Unies traitant de la situation que connaissent les enfants palestiniens de Cisjordanie détenus dans les centres de détention militaires israéliens.
Le rapport couvre le semestre du 1er janvier au 30 juin 2011 et il se base sur les témoignages déposés sous serment par 45 enfants détenus durant cette période.
Dans 62 % des cas, les enfants étaient accusés d’avoir lancé des pierres. Les plaintes les plus fréquentes et les points inquiétants soulevés par les enfants dans leurs dépositions sous serment sont présentés dans le tableau ci-dessous :
Plaintes les plus fréquentes et
sujets de préoccupations
 :
 :
Nombre de cas  :
 :
Pourcentage
des enfants
Mains attachées  : 44  : 98 %
Yeux bandés  : 41  : 91 %
Violences physiques  : 39  : 87 %
Détentions en Israël en violation de l’article 76 de
la IV Convention de Genève
 :
 :
34  :
 :
76 %
Aveux pendant les interrogatoires  : 31  : 69 %
Arrestations entre minuit et 5 h  : 28  : 62 %
Violences verbales  : 27  : 60 %
Fouilles corporelles  : 25  : 56 %
Menaces  : 17  : 38 %
Transport étendus sur le plancher du véhicule  : 15  : 33 %
Documents signés ou montrés, rédigés en hébreu  : 13  : 29 %
Isolement solitaire  : 4  : 9 %
 :  :
Le rapport souligne aussi l’implication des colonies israéliennes dans le système, comme en témoigne le fait que dans 67 % des cas, les enfants disent avoir été maltraités par des soldats ou des policiers tout en étant détenus dans une colonie de la Cisjordanie occupée.
Chaque année, 700 enfants environ sont arrêtés, interrogés et détenus dans le système judiciaire militaire israélien, et les rapports sur les tortures et mauvais traitements sont monnaie courante.
(traduction : Info-Palestine.net)
Voir aussi : Ce qui se cache derrière l’arrestation des enfants palestiniens - Jillian Kestler-D’Amours

Briser le silence ... !

«  Si tu es neutre dans une situation d’injustice,
c’est que tu es du côté des oppresseurs !  »
Desmond Tutu
Comité pour une paix juste au Proche-Orient - Luxembourg
(PNG)
D’après le dernier bulletin de Defence for Children International/Section Palestine, il y avait 220 enfants palestiniens emprisonnés en avril 2011, dont 37 âgés entre 12 et 15 ans. Chaque année environ 700 enfants palestiniens sont détenus et poursuivis par les tribunaux militaires israéliens. L’acte d’accusation le plus souvent utilisé est “d’avoir jeté des pierres“. La grande majorité de ces enfants sont détenus en Israël, en contravention avec l’article 76 de la 4ème Convention de Genève.
Début avril des parlementaires britanniques Rapport intégral en visite dans la région avaient passé une matinée dans le Tribunal militaire de Ofer. La vue d’enfants amenés dans le Tribunal menottés et enchaînés avait amené le député Lord Dubs à s’adresser à la Chambre des Lords à son retour. Il y faisait part de son indignation concernant le traitement inhumain d’enfants terrorisés et l’arbitraire des accusations et des condamnations ne répondant à aucun critère de droit, ni israélien, ni international. Rapport : extraits Lord Dubs à aussi relevé que les interrogatoires n’offrent pas la sécurité d’enregistrement vidéo, que les délibérations en hébreu sont traduites en arabe d’une manière plus que hasardeuse et que les verdicts sont prononcés sur base de confessions non corroborées : quand un gosse risque 60 jours de prison parce qu’il aurait jeté des pierres contre un blindé israélien, on est en droit de se poser des questions. Pour Lord Dubs, ce processus d’humiliations n’a rien a voir avec la justice et la manière dont ces jeunes sont maltraités est en totale opposition avec le but pourtant affirmé par Israël de vouloir arriver à un règlement pacifique avec les Palestiniens. Il estime qu’Israël devrait appliquer des critères conformes aux droits humains dans leur manière de traiter les Palestiniens.
Toujours en Angleterre, l’Union Nationale des Enseignants, +/- 250.000 membres, a également adopté une motion en soutien des femmes et des enfants palestiniens prisonniers, et demande à ses dirigeants de mentionner cette cause à chaque occasion lors de rencontres internationales.
(GIF) Le 15 mars 2011, la sous-commission des Droits Humains du P.E. s’est penchée sur les conditions d’emprisonnement en Israël et dans les Territoires occupés. A l’issue de cette séance, le député P. de Rossa à fait un appel pour la libération immédiate des quelques 300 mineurs palestiniens emprisonnés comme pour la libération en phases successives des quelques 6 000 prisonniers adultes. Pour lui ces faits sont inadmissibles pour un État qui se veut démocratique. Il rappelle qu’il y a aussi une dizaine d’élus du Conseil Législatif Palestinien en prison et que 3 membres de ce même Conseil se sont réfugiés dans le centre de la Croix Rouge à Jérusalem pour éviter de se faire expulser de leur ville natale après leur libération. Il soutient aussi la demande internationale pour la libération du soldat Shalid détenu dans la Bande de Gaza et salue la condamnation sans équivoque, par le président palestinien Abbas, du meurtre de la famille Fogel de la colonie de Itamar. Si l’illégalité des colonies ne justifie en aucun cas de tels crimes, l’extension continuelle de ces mêmes colonies n’apportera pas non plus la paix que désire la très grande majorité des Palestiniens. Il a rappelé que depuis 1967, quelques 750 000 Palestiniens, dont 13 000 femmes et 25 000 enfants sont passés dans les geôles israéliennes.
DCI avait aussi fait parvenir à la sous-commission des Droits Humains des précisions sur les conditions d’interrogatoire et d’emprisonnement des enfants palestiniens, comportant mauvais traitements et torture.
* 27 % des enfants prisonniers sont forcés de signer des confessions en hébreu.
* 58 % des enfants sont emprisonnés en Israël, en contradiction avec l’article 76 de la 4ème Convention de Genève.
* 43 % des enfants ne sont pas séparés des détenus adultes.
* 55 % des enfants se plaignent par rapport à la nourriture, à l’eau et au logement
* La plupart ne reçoivent pas de visites familiales pendant les 3 premiers mois de leur détention, et aucun ne peut communiquer par téléphone avec sa famille.
* Les services d’enseignement dans les prisons sont insuffisants et parfois il n’y a pas d’enseignement du tout. Les enfants dans le centre d’interrogatoire et de détention Al Jalame près de Haifa sont systématiquement soumis aux mauvais traitements aggravés, consistant en positions contraignantes prolongées, privation de sommeil et détention en isolation.
DCI demande que tous les interrogatoires se fassent sous enregistrement vidéo et que plus aucun enfant ne soit emprisonné en Israël.
Début mai 2011, le Rapporteur Spécial de l’ONU pour les Territoires palestiniens, Richard Falk, interdit d’entrée dans les TPO par Israël !?, avait lui aussi fait part de ses préoccupations (Résumé en français) devant la détresse des enfants palestiniens. Pour lui, la communauté internationale ne «  devrait économiser aucun effort pour contraindre Israël de se conformer à ses obligations au regard du droit international humanitaire et des droits de l’homme » et « à mettre un terme à l’occupation illégale et prolongée » ainsi que de « respecter le droit d’auto-détermination du peuple palestinien ».
A nos politiciens aussi, de dire « en toute amitié, mais avec lucidité » à Israël de se comporter enfin en accord avec “ces valeurs communes“ que les uns et les autres prétendent partager !
Il est inadmissible d’évoquer « des raisons sécuritaires » quand on assiste « à cette guerre honteuse contre les enfants » Jonathan Cook (en français), notamment à Jérusalem-Est.
60 professionnels ont écrit en novembre 2010 aux responsables politiques israéliens pour mettre en garde contre les graves conséquences morales et physiques de ces maltraitances. Eux aussi refusent toute argumentation sécuritaire : ces sévices contre une population particulièrement faible ne servent ni le maintien de l’ordre, ni la sécurité : elles ne peuvent qu’attiser l’hostilité et la violence.
Même constat, sans appel, par une membre de l’ONG israélienne Machsom Watch Ofra Ben Artzi (en français) :
« La conclusion de mon expérience accumulée par mon groupe est claire et très pénible. Comme je le vois, ceux qui se préoccupent tant de la jeune génération des palestiniens ne croient pas à une solution politique. Nous avons ici une mesure bien planifiée qui constitue une étape dans une politique israélienne qui a comme objectif de continuer à soumettre les Palestiniens encore pendant un bon bout de temps. La politique de criminaliser des milliers de mineurs et de transformer quelques uns en collaborateurs et dénonciateurs fragmente et détruit la prochaine génération. Ce traitement préliminaire “cautérise la conscience“ de la jeune génération et les conditionne à affronter la vie adulte sous occupation, et non avec dignité dans leur propre État... Est ce que une de ces personnalités qui mettent en œuvre cette politique criminelle brisera le silence un jour ? »
Dossier sur les prisonniers adultes : paixjuste
Autre dossier sur les enfants prisonniers : paixjuste
Dans l’enfer de l’arbitraire : paixjuste
19 juillet 2011 DCI-Palestine - Comité pour une paix juste au Proche-Orient - Luxembourg
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Les "check points" militaires israéliens : un moyen de dominer, d’asservir, d’humilier

samedi 23 juillet 2011 - 09h:36
Silvia Cattori
Comment l’armée israélienne s’amuse à persécuter le peuple qu’elle a spolié.
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Seules les images peuvent dire l’indicible. Les Palestiniens ne peuvent pas voyager librement, sortir de leurs petits "territoires" militairement occupés par l’armée coloniale. Seule une petite élite, considérée comme "modérée", peut, elle, avoir ce privilège.
Nous, cela va de soi, que nous soyons riches ou pauvres, nous pouvons nous déplacer, sortir de nos villes et villages. Aller d’un pays à l’autre. Le monde sait-il que les Palestiniens n’ont pas ce droit là ?
En 2002 et 2003, lors de mes premiers voyages dans un pays qui avant 1948 s’appelait Palestine, un pays qu’Israël a effacé de la carte - on ne parle plus officiellement que de "Territoires palestiniens" - j’avais été profondément choquée des traitements brutaux que les soldats israéliens, étrangers à cette terre, et sans que rien ne le justifie, faisaient subir aux Palestiniens à tous les "check points" qu’ils avaient mis en place. [1]
Il y avait alors près de 800 "check points" fixes et mobiles. Il y en a encore aujourd’hui plus de 500.
Nos représentants politiques et les correspondants occidentaux sur place le savent. Pourtant, nous ne les avons jamais entendus condamner ces pratiques honteuses. Nous n’avons jamais lu aucun article ou vu aucun reportage télévisé, dans nos médias traditionnels, qui montre dans toute son horreur ce que les "check points" israéliens signifient au quotidien pour des millions de Palestiniens emprisonnés chez eux par des colons venus d’ailleurs.
Silvia Cattori
Pour le comprendre, regardez cette vidéo : 
22 juillet 2011 - Silvia Cattori 

Israël et les flottilles : un mélange de folie et d’intelligence

dimanche 24 juillet 2011 - 01h:34
Eric Walberg - Al Ahram
Il y a beaucoup d’angoisse parmi les gens de conscience sur le sort de la flotille Liberté II, mais en la sabordant Israël, en réalité, enfonce plus de clous dans son propre cercueil, écrit Eric Walberg.
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Des enfants palestiniens brandissent des drapeaux grecs et palestiniens en soutien à la flottille internationale pour Gaza le 3 juillet 2011 à Gaza City
Les efforts d’Israël d’empêcher la flottille Liberté II de quitter la Grèce ont été couronnés de succès. Des 10 bateaux d’origine, seuls le bateau français Al-Karama (dignité) avec 10 activistes incluant des politiciens français, qui a quitté la Corse il y a deux semaines, et le Juliano, réparé, ont réussi à échapper aux gardes-côtes grecs. [Le bateau français a depuis été piraté en mer par l’armée israélienne d’occupation - N.d.T].
Al Karama fut appréhendé pendant qu’il se ravitaillait en carburant en mer près de la Crète. Le sort du Juliano (baptisé d’après Juliano Meir Khamis, le directeur assassiné du Théâtre libre de Jenin) n’est pas connu. Le dernier à résister au port était le canadien Tahrir mais les organisateurs ont renoncé quand les autorités grecques ont soudainement demandé de nouveaux papiers sachant que les organisateurs ne pourraient les fournir dans un bref délai.
Les agents spéciaux israéliens ont été autorisés à plonger dans les eaux grecques pour saboter des bateaux y compris le Juliano, propriété conjointe d’organisations Bateau pour Gaza suédoise, norvégienne et grecque. Les autorités grecques ont utilisés des plaintes « anonymes » (israéliennes) d’incapacité d’aller en mer pour retarder d’autres bateaux.
Les Grecs, agissant clairement sur des ordres israélo-américains, ont arrêté le capitaine du navire américain et ensuite les membres de son équipage qui, le 4 juillet, anniversaire de l’indépendance américaine, ont fait une grève de la faim devant l’Ambassade des EU à Athènes.
Le navire canadien Tahrir est parti avant que les officiels puissent arrêter son capitaine mais fut stoppé 5 km plus loin en mer. Son capitaine avait décidé qu’il mettait son équipage en danger en restant dans le port avec des hommes grenouilles israéliens susceptibles d’effectuer d’autres actes de sabotage. Le porte-parole Dylan Kenner a expliqué que les garde-côtes grecs ont illégalement arraisonné le bateau et l’ont remorqué jusqu’au port. Quand les 50 passagers ont refusé d’identifier le capitaine du navire ils ont tous été arrêtés.
Les autorités grecques ont joué leurs atouts bureaucratiques sans réserve insistant parfois pour que les générateurs électriques soient éteints « pour des raisons de sécurités » (lire : pour empêcher les médias de contacter le monde extérieur). Le canadien Dylan Kenner soutient que le gouvernement israélien à fait pression sur le gouvernement d’Athènes, étendant effectivement son blocage illégal de Gaza aux ports grecs.
La Grèce a proposé de transporter, en collaboration avec l’ONU, l’aide par ferry jusqu’à Gaza, offre refusée par les activistes comme insuffisante car leur mission concernait également les droits du peuple palestinien et non pas juste l’aide.
Les actions grecques ont enchanté Israël. A Jérusalem, le président israélien Shimon Peres a dit au président grec Karolos Papoulias « Je tiens à vous remercier d’avoir suivi les instructions du Secrétaire général des Nations Unies et d’avoir stoppé la flottille de Gaza. Israël a toujours la main tendue en faveur de la paix ».
La réponse du congrès EU fut un vote 407-6 pour suspendre les fonds à l’Autorité palestinienne si elle persiste dans sa déclaration unilatérale d’état aux NU en septembre. Le leader de la majorité au congrès Eric Cantor a dit « nous soutenons Israël comme notre allié le plus précieux ».
Information liée, un autre navire l’Esprit de Rachel Corrie de Malaisie, après avoir essayé de briser le siège durant sept semaines, fut finalement autorisé à décharger ses 32 tonnes de tuyaux de PVC dans le port égyptien d’Arish grâce à l’intervention directe du Premier Ministre égyptien qui a assuré les activistes que les tuyaux arriveraient à Gaza. Leur succès coïncide avec la visite en Egypte du précédent Premier Ministre malaisien Mahathir Mohamed, un ami dévoué de la Palestine. La Malaisie ne reconnait pas Israël et est l’un des rares pays ayant une position de principe vis-à-vis des atrocités israéliennes.
Tandis que les flottilleurs léchaient leurs plaies, le 8 juillet, des centaines d’activistes occidentaux essayaient d’entrer Israël en masse par avion pour montrer leur solidarité avec les Palestiniens de la Cisjordanie. Les « services secrets » israéliens étaient cependant préparés, fournissant aux aéroports européens des listes de déni de vol pour des pacifistes connus empêchant plus de 200 d’entre eux d’embarquer en violation (est-ce une nouveauté ?) de la loi internationale. Plus de 500 sont quand même arrivés à l’aéroport international Ben Gourion à Tel Aviv. 250 d’entre eux ont été arrêtés, 40 font la grève de la faim après qu’on leur ait refusé l’accès à des avocats et à des traitements médicaux et 69 ont déjà été déportés.
Comme toujours Israël réalise ses victoires tactiques restreintes aux dépens d’une stratégie à long terme pour gagner le respect en tant que nation légitime, et s’isole encore plus comme une nation criminelle sans souci des droits de l’homme ou du bien être des autres, et est méprisée par la plupart. Un sondage européen, effectué en 2010, montre que 60 % considère Israël comme la plus grande menace pour la paix (74 % aux Pays-Bas).
Il étend son occupation de Gaza et de la Cisjordanie aux ports grecs et aux aéroports européens. Il agit pour encourager un sentiment anti-juif là où il n’existe pas et prétend parler au nom des juifs du monde, sa véritable raison d’être étant d’agir comme un « refuge sûr » pour eux.
Selon Gilad Atzmon, la réaction exagérée d’Israël à ces protestations pacifiques prouve une fois de plus qu’Israël signifie que « l’état juif est une société fermée conduite par un ‘trouble, stress pré traumatique’ alimenté par des fantaisies imaginaires et vives de destruction ».
La flottille, composée de pacifistes bien intentionnés, peut-être naïfs, n’envisageait jamais de l’emporter sur la société super militarisée la plus dangereuse du monde. Face à tous les gouvernements du monde virtuellement esclaves d’Israël, elle avait pour seul but d’abord de montrer aux Palestiniens qu’ils ont l’appui des peuples du monde et de les encourager à continuer leur résistance héroïque et, ensuite, de souligner à quel point Israël est répréhensible comme état et sans principes et indigne de confiance comme partenaire.
Par ses actions le gouvernement israélien et ses meneurs ont involontairement participé à cette campagne de relations publiques pro-palestinienne. Quel que soit le sort de la flottille elle a encore alimenté la campagne de boycott, de dépossession, de sanctions et la lutte pour la perte de légitimité d’Israël ou plutôt pour l’assister dans le processus de perte de discrédit comme état apartheid qu’il s’inflige à lui-même.
Opportunément, cette semaine, septième anniversaire de la décision de la Cour internationale de Justice contre le mur de séparation, le mouvement de libération de Gaza (Free Gaza Movement FGM) et le Comité national de boycott palestinien ont appelé à un embargo militaire immédiat et complet contre Israël.
Israël a un long palmarès de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité et « la communauté internationale a une obligation légale et morale de mettre fin à sa complicité avec les actions illégales d’Israël » a déclaré le FGM. C’est l’unique moyen de faire pression sur Israël pour respecter la loi internationale, de cesser d’attaquer des navires civils dans les eaux internationales et de lancer des bombes au phosphore blanc sur des civils.
Les politiciens israéliens affichent un petit sourire supérieur à propos de leur habilité à coincer la flotille Liberté II. Mais, comme l’écrit le bloggeur Saker, c’est une victoire à la Pyrrhus pour l’état israélien. Il est semblable aux fêtards sur le pont du Titanic qui ignoraient le fait que, à cause de leur orgueil démesuré, leur navire allait bientôt reposer au fond de l’océan.
(JPG)
* Eric Walberg est un journaliste qui a travaillé en Ouzbékistan et qui écrit actuellement pour l’hebdomadaire Al-Ahram au Caire.
http://www.counterpunch.org/walberg...
Traduction de l’anglais : Lisette Cammaerts
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Des nouvelles mauvaises pour Murdoch, ne peuvent être que bonnes pour les Palestiniens

samedi 23 juillet 2011 - 06h:47
Omar Radwan
Lors de l’arrestation du Cheikh Raed Salah , les organes de presse de Murdoch et David Cameron étaient parfaitement d’accord. Chacun était prêt à faire le sale boulot d’Israël.
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Rupert et James Murdoch, devant une commission parlementaire britannique, le 19 juillet 2011. © LCI
Le scandale du piratage téléphonique qui a frappé la publication de Rupert Murdoch, News International, grossit de jour en jour et n’a pas l’air de se calmer. L’effet sur la politique britannique a été comparé à une révolution, très calme toutefois, et on a utilisé l’expression de « printemps britannique ». Les gouvernements britanniques, aussi bien travaillistes que conservateurs, ont été à la botte de Rupert Murdoch et de son empire médiatique, s’efforçant continuellement de lui plaire et d’adapter les politiques à sa convenance.
Avant qu’il ne soit premier ministre, Tony Blair s’était rendu en Australie dans le seul but d’obtenir l’appui de Murdoch. Pour Blair, le soutien de News International et de publications telles que The Sun était capital s’il voulait remporter les élections. Ses successeurs, Gordon Brown et David Cameron étaient de même persuadés qu’il leur fallait continûment garder Murdoch dans leur camp. C’est ainsi que les journalistes de Murdoch avaient en permanence un accès spécial au 10 Downing Street leur permettant de sortir des « scoops » et des exclusivités.
Ceci n’était toutefois que la partie émergée de l’iceberg. Un des anciens assistants de Tony Blair prétend que celui-ci a donné à Murdoch un veto sur la politique européenne du gouvernement promettant à cet eurosceptique dur qu’aucun changement n’y serait apporté sans qu’il soit préalablement consulté. Quand Blair a indiqué qu’il approuverait l’infortunée constitution de l’Union en 2004 sans la soumettre à référendum, la presse de Murdoch s’est déchaînée contre lui l’accusant de trahison. Murdoch a menacé de priver Blair de son soutien aux élections suivantes et Blair a été obligé de faire volte-face et de promettre un référendum sur la question.
Après que le scandale du piratage téléphonique eut éclaté, le successeur immédiat de Blair, Gordon Brown, a dit devant le Parlement son angoisse lorsque News of the World, une publication de Murdoch, avait donné des détails sur la mucoviscidose de son jeune fils.
Cependant, l’influence de Murdoch était telle que Gordon Brown et son épouse se devaient d’entretenir des relations personnelles, chaleureuses avec l’éditrice en chef de News of the World, Rebekah Brooks, même après que celle-ci eut révélé la maladie de leur fils. Malgré cela, News International a enlevé son soutien au parti travailliste de Gordon Brown en 2009, au profit du parti conservateur et c’est à cela que Gordon Brown incrimine sa défaite aux élections de 2011 .
Quant à David Cameron, on a vu Murdoch sortir tranquillement de Downing Street par la porte arrière le lendemain des élections. Cameron a nommé Andy Coulson, ancien rédacteur de News of the Word comme directeur des communications. Jusqu’il y a quelques semaines, la position de Rupert Murdoch, l’homme le plus puissant de l’industrie médiatique de Grande-Bretagne et le faiseur de rois, semblait inattaquable.
Tout ceci a été bouleversé par le scandale du piratage téléphonique, scandale qui couvait depuis des années. En 2006, on a révélé qu’un journaliste du News of the World avait piraté les téléphones portables de membres de la famille royale, et en 2009 on a appris que les téléphones de célébrités et d’autres personnalités publiques avaient été mis sur écoute.
Cependant, il a fallu que l’on apprenne que le téléphone de Milly Dowler , une victime assassinée âgée de 13 ans, avait été piraté après son enlèvement et que ce piratage avait gêné l’enquête sur son assassinat, pour que le public soit scandalisé. Après cela, on a appris que les téléphones des soldats britanniques et des victimes de l’attaque du 7 juillet avaient également été piratés.
Du jour au lendemain, News of the World, jusque-là au sommet des ventes (bien que méprisé) est devenu un tabloïd toxique. Les annonceurs ont cessé de placer leur publicité dans le journal et celui-ci a été obligé de fermer le 8 juillet. Murdoch avait pensé que la fermeture de News of the World suffirait pour mettre fin au scandale et sauver la carrière de Rebekah Brooks, ancienne rédactrice en chef et directrice générale du journal que l’on a souvent appelé sa « cinquième fille ».
Cependant, les retombées du scandale ne faisaient que commencer. Brooks a été forcée de démissionner samedi. Elle a été arrêtée puis libérée en même temps qu’ Andy Coulson, qui en janvier 2011 avait démissionné comme directeur des communications de Cameron à cause des piratages téléphoniques. À la suite de l’indignation du public devant le scandale, l’établissement politique britannique, si longtemps sous la coupe des médias de Murdoch, s’est maintenant retourné contre le nabab des médias. Murdoch a été forcé de renoncer à prendre le contrôle total de BskyB, le plus grand organisme de radiodiffusion télévisuelle câblée de Grande-Bretagne. Lui et son fils James, ont été sommés de comparaître mardi devant le Parlement.
Murdoch a initialement refusé de répondre à la sommation, mais mardi, il a été forcé de céder et de connaître ce qu’il a appelé « le jour le plus humiliant de ma vie ». Le vendredi précédent, il avait fait des excuses en personne à la famille de Milly Dowler. Il y a un mois, personne n’aurait jamais pu imaginer que le tout-puissant Murdoch tomberait dans une telle disgrâce.
Le scandale a exposé au grand jour la relation confortable entre l’élite britannique et l’empire médiatique de Murdoch. C’est ce que l’on a vu lundi, lorsque que le chef de la police britannique, Paul Stephenson, a été obligé de démissionner à cause de ses liens avec News international, tout comme John Yates, le commissaire adjoint de la police métropolitaine qui n’avait pas fait d’enquête sur le piratage téléphonique révélé en 2009.
Mardi, Sean Hoare, journaliste à News of the World, qui avait dit qu’Andy Coulson était au courant du piratage téléphonique, a été retrouvé mort dans des circonstances mystérieuses. Le premier ministre, David Cameron, est de plus en plus assailli de toutes parts étant donné que Coulson était impliqué dans le scandale et il est peu probable qu’il s’en sortira indemne. Ce qui se passe en Grande-Bretagne est absolument sans précédent.
Les répercussions de ce scandale et de la disgrâce de Murdoch seront ressenties dans le monde entier. En ce qui concerne les Palestiniens, les mauvaises nouvelles pour Murdoch ne peuvent être que bonnes pour eux. Murdoch éprouve une profonde sympathie pour Israël et son hostilité à l’égard des Palestiniens est évidente. Son tabloïd est un champion de l’islamophobie et de l’incitation à la haine contre les Palestiniens.
C’est ce que l’on a pu voir récemment lorsque le Cheikh Raed Salah est arrivé en Grande-Bretagne et a été arrêté sous le prétexte fallacieux d’antisémitisme. Le Sun a mené la campagne de diffamation le traitant de « prédicateur de haine ». Concernant l’arrestation du Cheikh Raed Salah, David Cameron et les organes de presse de Murdoch étaient en cheville. L’un et l’autre étaient disposés à faire le sale boulot pour le compte d’Israël et à persécuter un homme innocent.
Au fil des années, il y a eu beaucoup d’autres occasions où la presse de Murdoch a diffusé de la haine, de la désinformation et des mensonges contre les Palestiniens. Le pire s’est sans doute produit pendant la guerre de Gaza de 2008-2009 : quand Israël a bombardé l’école Fakhoura le 6 janvier 2009 tuant des dizaines de Palestiniens qui s’y étaient réfugiés, la première page du Sun du lendemain a passé l’événement complètement sous silence.
Au lieu de quoi, il a publié une liste de cent britanniques juifs à abattre, notamment une personnalité de télévision, Alan Sugar ; cette liste avait été prétendument postée sur le site musulman Ummah.com. On a appris par la suite que ladite liste avait été "plantée" par un journaliste du Sun. L’expression « journalisme de caniveau » est faible pour décrire des actes aussi méprisables dont la liste est interminable.
Pendant les préparatifs de la guerre en Irak, la presse de Murdoch battait constamment le rappel en répétant à l’envi que l’Irak possédait des armes de destruction massive et qu’il était sur le point de les utiliser. Murdoch a toutefois admis ouvertement qu’il appuyait la guerre contre l’Irak parce qu’elle ferait chuter le cours du pétrole . À l’époque, seul Murdoch pouvait se permettre de faire une déclaration aussi impudente . Les activités méprisables de ses subordonnés l’ont à présent rattrapé et il a reçu un coup dévastateur qui a mis à jour la duplicité et l’hypocrisie de son empire. Sa mainmise sur les médias et la vie politique britannique est maintenant fortement affaiblie. Le public britannique exigera une presse plus responsable et les partisans de la cause palestinienne s’assureront que les nouvelles du Moyen-Orient soient rapportées de façon honnête et objective.
*Omar Radwan publie de nombreux articles dans le Middle East Monitor
20 juillet 2011 - Middle East Monitor - Cet article peut être consulté ici :
http://www.middleeastmonitor.org.uk...
Traduction : Anne-Marie Goossens
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Les diplomates grincheux de l’État voyou

lundi 25 juillet 2011 - 08h:16
Ilan Pappe - The Electronic Intifada
Quand les Palestiniens auront résolu la question de leur représentation et quand la communauté israélienne aura révélé Israël pour ce qu’il est - c’est-à-dire le seul pays raciste du Moyen-Orient -, alors, politique et réalité pourront fusionner à nouveau.
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Manifestation de soutien à la Palestine à Londres.
La vraie cause des maux de tête des diplomates israéliens.
(Claudia Gabriela Marques Vieira/Flickr)
L’ambassadeur israélien en Espagne, Raphael Schutz, vient juste de terminer son mandat à Madrid. Dans une tribune publiée dans l’édition en hébreu de Ha’aretz, il résume ce qu’il qualifie de séjour très lugubre et semble véritablement soulagé d’en avoir fini.
Ce genre de lamentations semble actuellement être la lettre d’adieu type de tous les ambassadeurs israéliens en Europe occidentale. Avant Schutz, il y a eu l’ambassadeur israélien à Londres, Ron Prosor, qui, en route pour son nouveau poste aux Nations-Unies à New York, s’est énormément plaint, et sur le même ton, de son incapacité à s’exprimer sur les campus au Royaume-Uni et s’est lamenté à propos de l’atmosphère hostile en général. Et avant lui encore, l’ambassadeur à Dublin a exprimé un même soulagement au terme de son mandat en Irlande.
Ces trois râleurs étaient pathétiques, mais le dernier qui revient d’Espagne les bat tous. Comme ses collègues à Dublin et Londres, il a attribué son lamentable mandat à l’antisémitisme, celui des temps anciens et celui du pays. Ses deux amis des autres capitales sont restés très vagues sur les origines d’un nouvel antisémitisme car tant dans l’histoire de la Grande-Bretagne que dans celle d’Irlande, il est difficile de distinguer depuis le Moyen Age une quelconque période précise d’antisémitisme.
Mais l’ambassadeur à Madrid, sans la moindre hésitation, a rejeté la responsabilité de ses déboires et tourments sur l’Inquisition espagnole du XVe siècle. Ainsi, selon lui le peuple d’Espagne (son article était titré, Pourquoi les Espagnols nous haïssent) est anti-israélien soit parce qu’il est incapable d’assumer sa responsabilité dans l’Inquisition, soit parce qu’il y souscrit par d’autres moyens encore à notre époque.
Cette idée que les jeunes Espagnols doivent se voir imputer les atrocités perpétrées il y a plus de 500 ans, et non les politiques criminelles qui s’appliquent aujourd’hui, ou cette autre idée qu’il est possible de ressortir l’Inquisition espagnole comme unique explication au large soutien public à la cause palestinienne en Espagne, ne peuvent trotter que dans les têtes de ces diplomates israéliens désespérés qui ont, depuis longtemps, perdu la bataille de la moralité en Europe.
Mais cette nouvelle lamentation - et je suis convaincu qu’il y en aura d’autres à l’avenir - exprime quelque chose de plus important. La lutte de la société civile en soutien aux droits des Palestiniens dans les pays clés de l’Europe est un succès. Avec peu de ressources, dépendant parfois de l’action de très petits groupes d’individus engagés, et aidée dernièrement par son plus gros atout - l’actuel gouvernement d’Israël -, cette campagne a en effet rendu la vie quasiment infernale à tout diplomate israélien dans cette partie du monde.
De sorte que lorsque évaluons ce qui se profile à l’horizon, nous qui avons agi en Occident, nous avons le droit, un court instant, d’être satisfaits pour le bon travail que nous avons fait.
Ces trois ambassadeurs grincheux ne se trompent pas en sentant que ce n’est pas uniquement la politique israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza occupées qui est dénoncée, mais que c’est aussi la nature excessivement raciste de l’État juif qui a galvanisé les citoyens de conscience et justes - beaucoup étant juifs d’ailleurs - autour de la campagne pour la paix et la justice en Palestine.
En dehors de la question de l’occupation et de la réalité quotidienne de l’oppression partout en Israël et en Palestine, on distingue plus clairement que la plus formidable leçon de l’histoire nous viendra finalement de Palestine : les régimes du Mal ne survivront pas indéfiniment, et la démocratie, l’égalité et la paix atteindront la Terre sainte, comme le reste du monde arabe.
Mais avant que cela n’arrive, nous devons nous-même nous sortir de cette emprise des politiciens sur nos vies. En particulier, nous ne devons pas nous laisser égarer par le jeu des politiciens au pouvoir. L’initiative de déclarer aux Nations-Unies la Palestine, sur 22 % de ce qu’elle représentait à l’origine, en tant qu’État indépendant est une mascarade, qu’elle réussisse ou non.
Un appel spontané palestinien pour que la communauté internationale reconnaisse la Palestine dans l’enclave de Cisjordanie avec seulement une partie du peuple palestinien à l’intérieur, peut éventuellement impressionner ce gouvernement israélien à direction Likoud, mais il ne constitue pas un moment déterminant dans le combat pour la libération de la Palestine. Soit ce sera un non-évènement, soit il fournira aux Israéliens un prétexte pour de nouvelles annexions et dépossessions. Il s’agit d’une manœuvre de plus dans le jeu des politiciens au pouvoir qui ne nous mène nulle part.
Quand les Palestiniens auront résolu la question de leur représentation et quand la communauté israélienne aura révélé Israël pour ce qu’il est - c’est-à-dire le seul pays raciste du Moyen-Orient -, alors, politique et réalité pourront fusionner à nouveau.
Et lentement et sûrement, nous serons en mesure de replacer les pièces et de former le puzzle de la réconciliation et de la vérité. Ceci doit se baser doublement sur la reconnaissance qu’une solution doit inclure tous les Palestiniens (dans les territoires occupés, en exil et en Israël) et sur la construction d’un régime nouveau pour l’ensemble du territoire de la Palestine historique, offrant égalité et prospérité à tous ceux qui y vivent actuellement ou qui en ont été expulsés par la force au cours des 63 années d’existence d’Israël.
Le malaise évident que ces trois diplomates ont ressenti et exprimé n’est pas dû à un quelconque mépris manifesté à leur égard dans les ministères ou gouvernements étrangers. Mais si de nombreux Européens peuvent rendre la vie malheureuse à ces diplomates, leurs gouvernements respectifs peuvent toujours voir les choses autrement.
Que ce soit le désespoir financier et les pressions extérieures israélienne et américaine qui ont conduit la Grèce à collaborer contre la Flottille de la Liberté pour Gaza, ou la force de l’intimidation qui a fait taire même les journaux progressistes comme The Guardian en Occident, Israël est toujours sûr de son immunité en dépit de la misère de ses diplomates.
C’est pourquoi nous devons faire en sorte qu’il n’y ait pas que les ambassadeurs israéliens à se sentir en mauvaise posture dans les capitales européennes, mais tous ceux qui les soutiennent ou qui ont trop peur d’affronter Israël et de lui demander des comptes.
(JPG) Ilan Pappe est professeur d’histoire et directeur du Centre européen pour les études sur la Palestine à l’université d’Exeter. Son dernier livre, Out of the Frame : The Struggle for Academic Freedom in Israel est publié chez Pluto Press, 2010).
22 juillet 2011 - The Electronic Intifada - traduction : JPP
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C’est l’Etat d’Israël qu’il faut boycotter, et pas seulement ses colonies !

mercredi 27 juillet 2011 - 01h:17
Yousef Munayyer - Al Jazeera
Les colonies juives de Cisjordanie ne sont pas viables sans aide gouvernementale. C’est la raison pour laquelle le boycott doit aussi prendre pour cible l’Etat israélien lui-même, écrit Yousef Munayyer.
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La colonie d’Ariel en Cisjordanie occupée prospère, mais elle n’est économiquement viable que grâce au soutien du gouvernement israélien - Photo : EPA
La récente loi adoptée par la Knesset (parlement israélien) et que beaucoup de gens qualifient de loi « anti-BDS » [Boycott, Divestment and Sanctions], a soulevé un certain nombre de questions au sujet d’un « fascisme » montant en Israël. Ce vocabulaire n’est pas employé uniquement par les critiques du côté palestinien, lequel supporte depuis longtemps le fardeau des politiques anti-démocratiques israéliennes. A présent, beaucoup d’écrivains israéliens et juifs-américains ne peuvent plus ignorer cette tendance.
Si quelque chose de bon peut sortir de l’adoption de cette loi, ce sont deux choses : tout d’abord un nombre grandissant de personnes comprend à présent que le projet sioniste - l’imposition par la force d’une majorité ethnocentrique sur un territoire où la majorité faite des habitants d’origine est privée de droits - est originellement et fondamentalement antidémocratique. Ensuite, l’adoption de cette loi force le mouvement BDS à s’interroger sur le fond.
Tandis que toute discussion au sujet du BDS ne fera que renforcer ce mouvement, une tendance inquiétante s’est faite jour dans un certain nombre de commentaires sur le BDS en réponse au passage de la loi « anti-BDS ». C’est l’affirmation que le boycott des colonies ou de leurs productions est acceptable, tandis que boycotter l’Etat israélien ou les produits israéliens en-dehors de ceux des territoires occupés serait d’une manière ou d’une autre irrecevable.
Pour beaucoup, cet argument pourrait être avancé en fonction de considérations de stratégie politique et ne pas être basé sur des principes moraux ou sur une volonté de clarté. Il y a indubitablement une hésitation parmi ceux qui ont épousé la cause du BDS en tant que stratégie, pour étendre les activités BDS au-delà des produits issus des colonies en territoire palestinien sous occupation.
Cette attitude prévaut en particulier parmi les sionistes qui comprennent le danger que l’occupation représente pour Israël, mais qui ne veulent pas être vus comme ciblant Israël lui-même. La tendance BDS ne cesse pas pour autant de se renforcer, quel que soit l’élément du système d’occupation qui est visé. C’est clairement une menace pour Israël. Ce qui rend cette menace encore plus évidente est que l’Etat sioniste se sent suffisamment menacé pour tenter de la stopper par une loi répressive.
Bien que des approches variées élargissent le mouvement BDS, elles peuvent aussi amener de la confusion et s’avérer dangereuses. L’idée que les colonies sont des cibles BDS légitimes tandis que l’Etat israélien ne le serait pas, créé l’illusion que ces colonies existeraient dans une sorte de vide sans aide ni tacite ni délibérée de l’Etat israélien.
En fait, l’entreprise coloniale est une affaire d’Etat qui requière des efforts étatiques à plusieurs niveaux, dont des incitations d’ordre économique à travers les lois israéliennes pour soutenir le transfert de population juive dans les territoires palestiniens sous occupation, l’affectation de terres pour la défense et le développement des colonies, l’achat de terres, l’attribution de primes et autres mesures incitatives pour encourager l’investissement privé et le développement d’infrastructure dans le but de servir les implantations.
Les colonies comptent sur l’appui du gouvernement
Prenez par exemple la colonie d’Ariel. Ariel est située au cœur de la Cisjordanie. Il s’agit d’une grande colonie avec près de 20 000 habitants. Dans le processus de négociations, Ariel - comme Ma’ale Adumim, une monstruosité insérée en profondeur dans la Cisjordanie - a posé le plus grand défi pour un accord sur les frontières. Les Israéliens insistent sur le maintien de la colonie qui aurait pour effet de creuser un large fossé restant sous contrôle israélien dans la partie nord de la Cisjordanie.
La moitié de la population d’Ariel a émigré en Israël en provenance de l’ancienne Union soviétique et n’est arrivée que dans les deux dernières décennies. Pour faire face à l’afflux post-1990 des Juifs soviétiques (qui ont augmenté la population d’Israël de 12%), l’Etat israélien a mis en place des politiques d’absorption spécifiques qui comprennent un soutien pour les locations allant jusqu’à 10 000 dollars par famille pour la première année et des subventions hypothécaires de 50%. Avec cette arrivée massive en Israël, les prix de l’immobilier sont montés en flèche et les nouveaux immigrants ont trouvé des conditions de vie plus abordables en s’éloignant de la plaine côtière, où la métropole israélienne de Tel-Aviv a prospéré : dans les colonies illégales dans la Cisjordanie occupée.
La colonie d’Ariel, créée en 1978, a évolué d’un conseil local à une municipalité après que ces politiques de l’Etat aient permis une croissance massive de sa population. Afin de s’assurer que les colons puissent vivre dans une zone abordable financièrement pour eux tout en restant connectés à la région de Tel Aviv où la plupart d’entre eux travaillent, l’Etat a entrepris une expansion massive du réseau routier dans les années 1990 avec la construction de l’autoroute 5, également connue sous le nom de l’autoroute « Trans-Samarie ».
Sans surprise, aux élections de 2009 en Israël, Ariel a donné 45% de ses votes au Likoud et 30% à Israel Beitenou, le parti du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman. Les deux parties se consacrent au renforcement et au développement des colonies, et sont les principaux partis dans l’actuel gouvernement israélien d’ultra-droite.
Ainsi, alors il peut y avoir colons qui individuellement ou en petits groupes installent des tentes ou des remorques sur le sommet des collines palestiniennes en Cisjordanie, le transfert massif de population dans un territoire occupé ne peut pas se faire sans l’implication directe de l’État. Dire que les colonies sont des entités distinctes de l’Etat qui leur permet de prospérer , ce n’est pas seulement être mal informé et peu réaliste, mais c’est créer également l’illusion dangereuse que l’Etat est innocent et que le seul le mouvement des colons ne l’est pas. Les mouvements de colons ne parviendraient pas à défier avec une telle régularité le droit international ni à péréniser l’occupation, sans le soutien actif de l’Etat.
C’est pourquoi BDS le ciblage de l’Etat israélien par le BDS est aussi justifié que le ciblage des colonies et de leurs produits. Il serait ridicule d’avoir fait valoir que le boycott des produits provenant des plantations de l’Amérique sudiste à l’époque de la guerre civile était légitime tandis que l’action contre le gouvernement confédéré ne l’était pas. Bien que l’esclavage et l’occupation sont deux choses très distinctes, elles sont toutes deux des systèmes supportés par l’État et qui violent les droits humains. Tant que nous ne prendrons pas en compte le fait que la pression doit être placée sur l’Etat d’Israël pour l’obliger à modifier son comportement, nous verrons très probablement la continuation de l’occupation et la colonisation.
Mais heureusement, chaque jour les peuples sont de plus en plus conscients de cette réalité. Ironiquement, c’est la marée montante du fascisme en Israël qui est le catalyseur derrière la plupart de ces discussions récentes et peu claires.
(JPG)
* Yousef Munayyer est un analyste, écrivain et militant politique basé à Washington, DC. Il est actuellement directeur exécutif du Jerusalem Fund for Education and Community Development
http://english.aljazeera.net/indept...
Traduction : Nazem
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Flotille humanitaire ou de solidarité : Le blocus de Ghaza continue

publié le samedi 23 juillet 2011
Chems Eddine Chitour

« Il est erroné de parler de flottille humanitaire, il s’agit d’une flottille de solidarité. La flottille est une action politique et symbolique. Il s’agit de dénoncer ce qui se passe à Ghaza. Ce territoire est toujours occupé. Ghaza reste une prison. Les matons sont à l’extérieur. » Rony Brauman. Ancien président de Médecins sans frontières
Pendant près de deux mois, la communauté internationale a été tenue en haleine à l’approche de l’anniversaire du carnage sur le Mavi Marmara le 31 mai 2010. Pour rappel, une flottille humanitaire a eu pour ambition coupable de porter assistance aux Ghazaouis coincés dans une prison à ciel ouvert. Résultat des courses, une dizaine de morts, une enquête de l’ONU bâclée, la récompense par le gouvernement israélien avec ostentation du commando de tueurs et le black-out total. Un an après, le blocus est toujours là, on annonce des flottilles et on se prend à rêver qu’elles puissent atteindre les côtes de Ghaza pour y apporter une aide symbolique et de la compassion en témoignant sur l’atrocité de la situation actuelle.
La solidarité par les flottilles
« Le siège inhumain de Ghaza a commencé avec la prise de pouvoir par le Hamas de la bande de Ghaza. Rappelons que le Hamas a été élu démocratiquement - de l’avis de tous les observateurs internationaux dont le président Carter -par les Ghazaouis. Pour l’avoir élu, les Ghazaouis sont mis au ban, le Hamas diabolisé par les pays occidentaux et Israël n’a fait que mettre en musique cette sanction en décrétant un blocus inhumain. « Depuis les bateaux Free Ghaza arrivés en 2008, écrit Eva Barlett, le mouvement qui amène des bateaux à Ghaza s’est développé de manière exponentielle. Free Ghaza a réussi à rentrer cinq fois dans le port de Ghaza et quatre autres expéditions ont été violemment contrecarrées par la marine israélienne. L’expédition maritime de 2008 a été interrompue par un navire de guerre israélien qui a arraisonné un bateau de Free Ghaza transportant du matériel médical, des militants non violents, des chirurgiens et des journalistes. La tentative de 2009 a avorté quand les soldats israéliens sont montés à l’abordage. En juin 2009, un autre bateau a été stoppé par la marine israélienne et ses passagers ont été kidnappés et déportés. Israël bloque le passage des bateaux qui veulent rentrer et sortir de Ghaza sous le prétexte de la sécurité pour soi-disant empêcher que des armes de contrebande n’entrent à Ghaza. Loin de défaire le mouvement des bateaux vers Ghaza, les agressions d’Israël ont eu l’effet inverse.
Des bateaux en provenance de Libye, de Malaisie et un bateau transportant des militants juifs ont fait route sur Ghaza et ont été bloqués par des navires de guerre israéliens avant d’arriver à la bande de Gaza. En mai 2010, Free Gaza, soutenu par l’organisation humanitaire turque IHH, a envoyé à nouveau des bateaux et des militants vers la bande de Ghaza assiégée, cette fois accompagnés par le grand bateau turc le Mavi Marmara. (...) Tout de suite après le massacre de l’année dernière, les autorités égyptiennes ont ouvert partiellement le passage de Rafah. Le siège de Ghaza a un impact sur l’eau potable (95% de l’eau de Ghaza a une qualité inférieure aux normes de l’Organisation mondiale de la santé), le système sanitaire (les eaux usées sont pompées quotidiennement dans la mer par manque de capacité de stockage), et les secteurs de l’agriculture et de la pèche (les soldats israéliens tirent tous les jours sur les pêcheurs et les fermiers). »(1)
Le blocus absolument illégal de Ghaza est considéré par le Conseil de sécurité des Nations unies comme « insoutenable et injustifiable punition collective imposée aux Ghazaouis. Pourtant et curieusement l’ONU donne raison à Israël, Eva Barlette écrit : « Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a suggéré que les nations empêchent leurs citoyens de prendre la mer en disant que les gouvernements devraient « utiliser leur influence pour décourager de telles flottilles qui peuvent engendrer une escalade de la violence ».(...) »(1)
« Pis encore, Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a appelé les gouvernements des pays de la Méditerranée à tout faire pour empêcher l’envoi d’une flottille pour Ghaza, expliquant que ces bateaux n’ont aucun intérêt humanitaire et ajoutant que pour envoyer de l’aide, il est possible de le faire à travers la route égyptienne ou les ports israéliens. Ban Ki-moon se dit particulièrement préoccupé par l’envoi d’une nouvelle flottille dans la mesure où la communauté internationale considère que ces activistes mènent une « action militaire contre Israël » (organiser quelque chose pour violer un blocus est "militaire"). »(2)
On remarquera que Ban Ki-moon n’a fait qu’obéir aux « ordres » à la fois des Etats-Unis et d’Israël, il ne propose pas de solution pour lever le blocus de Ghaza ! Même son de cloche de la part du Quartette - analogue à un groupe musical qui joue une partition, : le requiem de la cause palestinienne. Avec tout cela on nous dit qu’il n’y a pas de crise humanitaire. Laurent Zecchini écrit : « Les organisateurs de la nouvelle flottille pour Ghaza, dont le départ des ports grecs est désormais sérieusement compromis en raison du refus des autorités d’Athènes de la laisser appareiller. La dernière manifestation du succès remporté par cette offensive diplomatique israélienne est la déclaration publiée, samedi 2 juillet, par le Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, Union européenne, Nations unies et Russie), qui demande « à tous les gouvernements concernés d’user de leur influence pour dissuader toute nouvelle flottille, qui met en péril la sécurité des participants et fait peser la menace d’une escalade ». (...) Sur le plan régional, Israël a obtenu une victoire tactique significative en convainquant la Grèce, Chypre et la Turquie de refuser toute aide logistique à la flottille. »(3)
La situation à Ghaza et la politique de fuite en avant d’Israël
Laurent Zecchni poursuit en rapportant l’ambivalence du discours sans, toutefois, le critiquer : « « Ehud Barak(ministre israélien de la Défense) n’a pas tort de dire qu’il n’y a pas de crise humanitaire à Ghaza », résume, à Jérusalem, un haut responsable européen, « les gens ne meurent pas de faim dans les rues, mais tous les indicateurs, l’éducation, la pauvreté, le chômage, l’accès à l’eau, montrent une évolution négative ». Plus de 70% des quelque 1,5 million de Ghazaouis reçoivent une aide humanitaire internationale, et le taux de chômage, officiellement estimé à 30,7%, atteint en réalité 45,2% (l’un des taux les plus élevés du monde), selon l’Unwra, Depuis que le blocus de Ghaza a été imposé par Israël, le nombre de gens vivant dans une extrême pauvreté (avec 1,5 dollar par jour), a triplé, pour atteindre 300.000 personnes. Celle-ci, insiste Gisha, « a été accrue par des années de blocus et de restrictions de mouvements ». Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), l’allégement du blocus n’a eu qu’un « impact positif marginal ». Ghaza reste, d’autre part, un territoire étranglé : Vers le sud, le blocus de Ghaza n’a été que partiellement allégé : l’Egypte a annoncé, le 28 mai, l’ouverture du point de passage de Rafah. Mais celui-ci est exclusivement réservé aux mouvements de personnes et ces derniers restent limités. »(3)
Dans le même ordre, après le massacre opéré sur la flottille humanitaire l’an dernier, il faut garder en tête le fait qu’en l’espace des six derniers mois, 700 personnes (Palestiniennes, cela va de soi...) ont fait l’objet de déplacement forcé et 600 structures civiles (immeubles d’habitation, structures sanitaires, citernes d’eau,etc.) ont été détruites. Les expropriations et la construction de colonies en Cisjordanie ne font que se poursuivre ; les violences émanant de colons et des IDF (Israeli Défense Forces) est bien réelle (y compris à l’encontre d’enfants lorsque ceux-ci sont sur le chemin de l’école) ; les restrictions aux libertés d’associations et d’expression font rage ; la liberté de circulation quant a elle, est à l’agonie (check-points où on peut être retenue des heures pour des motifs fallacieux d’y voir des personnes âgées ou handicapées y faire preuve de patience dans la peine et des soldats de 20 ans aboyer sur des individus trois fois leurs aînés. Pendant ce temps, sur les autoroutes passent à grande vitesse des familles israéliennes les cheveux au vent et riant à gorge déployée.
Une tentative bloquée par l’Europe sur ordre d’Israël
« D’autre part, Israël présenté comme un îlot de démocratie dans un océan moyen-oriental d’arriération fait de la discrimination dans sa politique envers les Palestiniens. L’Etat d’Israël dépense 5 fois plus d’argent pour un écolier juif qu’un écolier arabe, la discrimination à l’embauche et la ségrégation grandissante en matière d’habitat. On dit qu’en 2010, la ségrégation en Israël entre Arabes et Juifs est presque totale : sous le couvert du nom faussement banal. La Knesset a finalisé un projet de loi destiné à contourner les décisions antérieures de la Haute Cour de Justice. Il ne sera pas possible de le décrire autrement que comme une loi d’apartheid. Le projet de loi permettrait dans les petites banlieues rurales de rejeter les demandes de familles arabes qui « sont incompatibles avec le tissu socio-culturel de la communauté. S’il devient loi, l’amendement donnera aux comités des villages communautaires le pouvoir de limiter la résidence dans leurs villes exclusivement aux Juifs. »(4)
L’opération « flottille » n’a pu être concrétisée du fait de l’aide de toutes les compagnies aériennes européennes qui ont reçu des listes d’Israël pour ne pas laisser embarquer des militants de la cause palestinienne. La flottille pour Ghaza n’a pas dépassé les ports grecs, les pro-palestiniens de l’opération « Bienvenue en Palestine » iront-ils plus loin que les passerelles de l’aéroport Ben Gourion de Lod ? Les autorités israéliennes sont déjà sur le pied de guerre et des militants ont été refoulés à l’embarquement de Roissy-Charles-de-Gaulle jeudi après-midi. Une liste noire de 329 ou de 342 militants jugés indésirables aurait été communiquée aux compagnies aériennes desservant Israël. Selon le Haaretz, un poste de commandement militaire devait ouvrir dans la soirée de jeudi à Ben Gourion. Avec en perspective une bataille d’images à livrer. Trente-six militants pro-palestiniens venus d’Europe et interdits d’entrée en Israël, ont été expulsés dimanche 10 juillet. 82 étaient toujours détenus dans l’attente de leur expulsion. Israël est parvenu à bloquer depuis jeudi la venue de centaines de militants qui voulaient débarquer à l’aéroport de Tel-Aviv pour se rendre en Cisjordanie occupée, soit à leur arrivée, soit en amont en dissuadant des compagnies aériennes de les embarquer »(5).
Ghaza refuse la charité du gouvernement grec
La lettre qui suit a été adressée au gouvernement grec, le 12 juillet 2011, pour lui dire clairement que la population de Ghaza ne veut pas la charité mais la liberté et le respect de ses droits humains, dont le droit à mener une vie digne. Sourd semble-t-il à sa position, un porte-parole du ministère grec des Affaires étrangères, M. Delavekouras, a réitéré « l’offre généreuse » de son gouvernement de livrer une quantité limitée d’aide humanitaire à la population de Ghaza, au lieu de l’aider à recouvrer la liberté à laquelle elle a droit.
« Nous, membres de la société civile palestinienne à Ghaza, avons observé les actions entreprises par votre gouvernement pour empêcher la Flottille de la Liberté 2 de naviguer vers la plus grande prison à ciel ouvert - la Bande de Ghaza - pour défier le blocus criminel d’Israël, qui nous prive de choses que la plupart des gens considèrent comme acquises, et d’abord et avant tout, notre liberté de mouvement. Nous sommes dans l’impossibilité de bénéficier de soins de santé adéquats ou de débouchés d’enseignement parce que nous ne pouvons pas voyager librement. Nous sommes coupés de nos familles dans les autres parties du territoire occupé et à l’étranger, et nous ne sommes pas autorisés à inviter des gens à venir nous voir à Ghaza. Et maintenant, vous avez étendu cette restriction aux gens dont la principale mission est de se tenir en solidarité avec nous. La population de Ghaza n’a besoin d’aide humanitaire que parce que nous ne pouvons pas bâtir notre économie. Nous ne sommes pas autorisés à importer des matières premières ou à exporter ; nos pêcheurs et nos fermiers sont la cible de tirs lorsqu’ils essaient de pêcher et de cultiver leur terre. A cause de la politique israélienne délibérée, 80% de notre population dépend de l’aide alimentaire, nos infrastructures sont en ruine et nos enfants ne peuvent imaginer un jour où ils connaîtront la liberté. »(6)
« Votre proposition de livrer la cargaison de la Flottille de la Liberté implique la notion que l’aide humanitaire résoudra nos problèmes et c’est une tentative médiocre de masquer votre complicité dans le blocus israélien. Les organisateurs et les participants de la Flottille de la Liberté reconnaissent que notre situation désespérée n’est pas une question d’aide humanitaire ; c’est une question de droits de l’homme. Ils emmènent avec eux quelque chose de plus important que l’aide ; ils emmènent l’espoir, l’amour, la solidarité et le respect. Bien qu’il soit évident que vous avez subi d’énormes pressions politiques pour vous soumettre à la volonté du régime israélien, de collaborer avec Israël pour violer le droit international et légitimer le siège, nous refusons d’accepter vos miettes. Nous avons soif de liberté, de dignité et de la capacité à faire des choix dans nos vies quotidiennes. Nous vous exhortons à reconsidérer immédiatement votre décision et à laisser partir la Flottille de la Liberté (...) défiant ainsi le blocus illégal israélien de la Bande de Ghaza et l’occupation illégale de la terre palestinienne. »(6)
Beau plaidoyer en vérité qui n’a pas convaincu... Si ce n’est pas une crise humanitaire ? Quelle est la solution ? Que font les pays occidentaux pour lever le blocus ? Israël continuera-t-il à imposer le fait accompli ? Chaque nouvelle bravade par de nouvelles constructions constitue un précédent irréversible. Que le Quartette avoue il y a quelques jours son impuissance n’augure rien de bon ! Les Palestiniens veulent leur Etat dans les frontières de 1967. Israël n’en veut pas ! Israël va-t-il rester dans sa tour d’ivoire et son bunker mental ! L’Heure de la raison et des concessions a sonné. Le calvaire de près d’un siècle du peuple de Palestine doit cesser. C’est une exigence morale. A quand un président ou une autorité disposant d’un magister moral capable de dire à la face du monde , à l’instar de John Fidgerald Kennedy au plus fort du blocus de Berlin avec son célèbre « Ich bin ein Berliner ! » , « Ich bin ein Ghazoui ! » [1]
[1] 1.Eva Bartlett. Invincibles, les flottilles de la liberté se multiplient http://www.ipsnews.net/news.asp ?idn..., Le 9 juin 2011
2.Jeremiah Albert – JSSNews
3.Pas de « crise humanitaire » à Ghaza, mais un blocus persistant et destructeur. Le Monde 06.07.11
4.Amnon Be’eri-Sulitzeanu. La ségrégation des Juifs et des Arabes d’Israël en 2010 est presque absolue. Ha’aretz 29/10/10
5.http://www.lemonde.fr/proche-orient...
6.http://www.alterinfo.net/Gaza-refus... grec_a61175.html ?preaction=nl&id=2634765&idnl=93642&
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz
publié par Agoravox

Flottille pour Gaza : entre sabotages et blocages, récit d’une semaine sous tension

publié le mardi 26 juillet 2011
Sabrina Kassa

 
Retour sur la première semaine de juillet
Après une tentative en mai 2010, qui s’était soldée par la mort de neuf personnes, les militants propalestiniens qui veulent forcer le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza ont tenté toute la semaine dernière de lancer une seconde flottille, depuis la Grèce. En vain ou presque. Seul un navire français est enfin parvenu à prendre la mer, mardi, après une semaine de bras de fer avec les autorités grecques.
Il s’agit du « Dignité/El Karama », avec à son bord Olivier Besancenot, du NPA, et l’eurodéputée Europe Écologie-les Verts Nicole Kill-Nielsen. Le navire est arrivé ce mercredi dans les eaux internationales... Mais tous les autres bateaux étaient toujours bloqués à quai mercredi, une semaine après le départ annoncé. Récit de cette semaine des plus tendues.
Sur le « Dignité/El Karama »
En plus d’être le plus jeune militant du bateau français pour Gaza, il est le seul ch’ti à bord et n’en est pas peu fier. Oussama Mouftah, du collectif Palestine 59 de Lille, est également membre du Collectif des musulmans de France, et adhérent d’Europe Écologie-Les Verts. « Je suis ici parce que je prends mes responsabilités. Je milite pour la Palestine depuis longtemps, je parle à tous d’engagement, alors quand on m’a proposé une place sur le bateau, je n’ai pas hésité. Sinon, j’aurais perdu toute crédibilité », confie-t-il tout en s’amusant à tenir la barre du bateau, à l’arrêt pour encore un moment.
Oussama Mouftah patiente en attendant des nouvelles des chefs depuis samedi 2 juillet, sous un soleil de plomb, sur le « Dignité/El Karama », un des deux bateaux français de cette seconde flottille de la liberté, dans une crique industrielle près de la petite ville de Salina, non loin d’Athènes. À bord : Olivier Besancenot du NPA, Annick Coupé de Solidaires, Nicole Kill-Nielsen, députée européenne EELV et d’autres encore.
Le bateau français ne veut pas céder à l’injonction politique du gouvernement grec qui, le 1er juillet, a formellement interdit, « le départ des bateaux sous drapeau hellénique ou étranger, depuis les ports grecs, ayant comme destination la bande sous blocus maritime de Gaza » et ce pour éviter « les risques imminents pour la vie et la sécurité ».
Pour les militants, cette décision est terrible : le blocus de Gaza vient de s’étendre à la Grèce. Le gouvernement israélien a réussi à convaincre le quartette (États-Unis, Russie, ONU, Union européenne) et la Grèce de le soutenir dans sa volonté farouche de ne pas laisser rentrer à Gaza de nouvelle flottille de la liberté. Thomas Sommer-Houdeville, membre du comité de pilotage de la flottille, fulmine : « Israël vient de gagner en Papandréou un nouveau sous-commandant aux affaires maritimes ! »
Dans ce yacht de seulement 13 mètres, ils seront bientôt douze entêtés, accompagnés de trois personnes de l’équipage, à tenter l’impossible : montrer que la volonté des pacifistes de la flottille de « briser le siège de Gaza » est inébranlable.
La seconde flottille de la liberté, avec sa dizaine de bateaux internationaux, joue ici sa dernière carte. Alors que lundi 27 juin, les organisateurs avaient annoncé à Athènes son départ imminent, la semaine qui s’est déroulée n’a enchaîné que nouvelles désastreuses et rebondissements politiques plombants. Retour sur cet enchaînement.
Lundi soir, sabotage
C’est en démarrant le moteur du bateau que les militants gréco-suédois de Ship to Gaza réalisent lundi soir que le scénario tant redouté était en train de se réaliser : le bateau a été saboté ! L’hélice et l’arbre de transmission ont été coupés, le bateau n’est plus en état de prendre la mer (voir sur la vidéo sur www.freedomflotilla.eu). L’année dernière, le bateau irlandais « Rachel-Corrie » avait fait les frais d’un tel sabotage. Les organisateurs n’ont désormais qu’une idée en tête : le remettre en état, et vite, pour que la flottille puisse partir avant la fin de la semaine. Coût de la réparation : 15.000 à 20.000 euros.
Conférence de presse, lundi 27 juin. Conférence de presse, lundi 27 juin. Parmi les 300 militants qui sont à Athènes en vue du départ de la seconde flottille de la liberté, c’est la consternation. « Ils n’ont pas osé, non, là c’est trop ! », entend-on dans le couloir de l’hôtel où se trouvent les militants français. Bien sûr, tout le monde pense que le gouvernement israélien est dans le coup, suivant une logique implacable : « À qui d’autre cela pourrait-il profiter ? » Mais bien sûr, personne n’a de preuve.
Pour la délégation française, 46 militants de 27 à 79 ans venant de tout le territoire national, la semaine s’annonce raide. Ils représentent tout, ou presque, de ce que la France contient d’organisations de soutien aux Palestiniens, partis politiques (EELV, PC, PG, NPA), organisations syndicales (CGT, Solidaires), associations musulmanes (CFM, PSM), juives (UJFP, Juifs européens pour une paix juste) et de la solidarité internationale (AFPS, CCIPPP, Cimade)...
Pour la première fois, pendant un an, 80 structures ont travaillé ensemble pour ce bateau et pour collecter près de 600.000 euros, dont 80% par des dons de moins de 20 euros. « Une mobilisation exceptionnelle ! » répètent-ils tous en chœur.
Mais ce lundi, la nouvelle du sabotage du bateau grec les atterre. Georges Gumpel, qui représente l’Union juive française pour la paix, et dont le père a été déporté à Auschwitz lors du dernier convoi du 11 août 1944, ne décolère pas et le fait savoir : « Mais bien sûr !, il n’y a rien d’étonnant, c’est toujours la même méthode. Sauf que là, c’est fait à Athènes, dans le berceau de la démocratie occidentale, et ça ce n’est pas du tout rassurant pour la suite. »
La délégation française décide d’organiser des tours de garde sur le « Louise-Michel » pour ne pas laisser saboter le bateau français. Le vieux monsieur de 74 ans, fougueux comme un adolescent, a vu juste. Mercredi, c’est au tour du bateau irlandais amarré dans le port turc de Gocek d’être saboté, et avec la même signature : l’hélice et l’arbre de transmission ont été endommagés. L’un des membres de l’équipage, l’ancien international de rugby irlandais Trevor Hogan, déclare à la RTE que si le sabotage n’avait pas été détecté ,il aurait eu pour conséquence « d’entraîner le naufrage du navire, en provoquant très certainement la perte de vies humaines ».
Mais là encore, aucune preuve. Ceci dit, il ne fait pas de doute que le gouvernement israélien doit se frotter les mains. Le lendemain, le ministre des affaires étrangères, Avigdor Lieberman, se félicite du succès des efforts diplomatiques et politiques d’Israël visant à limiter l’importance de la flottille. « Nos ambassadeurs et nos diplomates ont mené des centaines de discussions, et en fin de compte le nombre de navires et de passagers est moindre que prévu », dit-il à la radio publique israélienne.
Louise Michel est sans-papier
La seconde flottille de la liberté est en effet en train de se réduire dangereusement. Les organisateurs annonçaient une quinzaine de bateaux il y a un mois. Il n’en reste aujourd’hui plus que dix, et il n’est pas question de quitter les ports grecs.
Pour Thomas Sommer-Houdeville, membre du comité de pilotage de la flottille, « si le gouvernement grec ne nous donne pas les autorisations, alors qu’il est clair que tous nos bateaux sont en très bon état, le message sera clair, cela voudra dire que ce gouvernement accepte de faire le sale boulot pour Israël ». L’année dernière pourtant, le gouvernement avait permis le départ de la première flottille de la liberté, sans grande difficulté.
« Il y a parmi ceux qui s’obstinent à prendre le départ des activistes liés au terrorisme qui cherchent délibérément la violence et à verser le sang pour capter l’attention des chaînes de télévision, mais je pense que nous serons en mesure de leur faire face », insiste le ministre des affaires étrangères israélien.
Vangelis Pissias, le porte-parole de Ship Gaza Grec, dont le rôle est central dans la coalition internationale, est un peu las : « Nous sommes dans une bataille inégale où ils savent très bien que nous avons très peu de moyens. Alors ils ont décidé de nous épuiser par ces tracasseries administratives. C’est une guerre psychologique. » Les obstacles administratifs pleuvent, en effet, sur tous les bateaux. Le certificat de nationalité du « Louise-Michel » est bloqué par l’administration depuis une dizaine de jours. Les autorités portuaires bloquent aussi la livraison de fioul.
Pour les Français, le sort semble en plus s’acharner. À peine arrivés à Athènes, le capitaine et deux membres de l’équipage du « Dignité/El Karama » se sont fait passer à tabac dans la nuit de jeudi à vendredi près de l’hôtel où séjourne la délégation.
« Ils mangeaient un sandwich vers trois heures du matin dans le quartier d’Omonia près de l’hôtel et ils ont été attaqués par une dizaine de nervis fachos. Certains portaient des casques », raconte Claude Léostic, la porte-parole du bateau français pour Gaza, devant les membres de la délégation, lors de la première réunion de 10h, d’une désormais longue série quotidienne, où l’on ne cesse de « faire le point » sur la situation. « Cela n’a rien à voir avec le contexte de la flottille, insiste-t-elle. Ils ne sont pas les seuls à avoir été bastonnés, il y avait aussi à l’hôpital six ou sept Algériens ou Marocains. Je pense qu’il s’agit plutôt d’une ratonnade. »
La délégation française accuse le coup. Mais les membres de la seconde flottille de la liberté essaient encore de sortir du traquenard. Vendredi matin, les militants du bateau américain « The Audacity of Hope », soutenus par une partie de la délégation française, ont manifesté devant l’ambassade américaine à Athènes pour réclamer qu’on les laisse partir. Après avoir chanté Free our boats sous les fenêtres de l’ambassade, ils ont bloqué la circulation une demi-heure après un face-à-face musclé avec la police grec avec, en première ligne, Olivier Besancenot du NPA, Annick Coupé de Solidaires, Nicole Kills-Nielsen, députée européenne EELV, et Jean-Paul Lecoq, député communiste.
Le show américain
Mais ce même vendredi, Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien, vient de marquer un point en faisant des remerciements appuyés à la Grèce. « Je remercie de nombreux dirigeants qui se sont exprimés contre la flottille en la qualifiant de provocation et ont œuvré contre sa venue, dit-il. Je remercie en particulier les États-Unis, l’Europe et le secrétaire général de l’ONU ainsi que notre ami le premier ministre grec Georges Papandréou. » Un compliment embarrassant pour le gouvernement grec qui, jusqu’à présent, a préféré multiplier les obstacles administratifs mais s’est bien gardé de déclarations politiques.
Vangelis Pissias, un responsable grec de la flottille, espère encore pouvoir retourner la situation et actionner ces réseaux pour faire sortir les navires des ports. Du coup, toute la délégation française reste suspendue à ce que « les Grecs » vont pouvoir faire. Beaucoup n’y croient plus, même si personne n’ose le dire publiquement. Les militants qui ont soutenu et payé pour la campagne du bateau auraient du mal à accepter un échec.
Vendredi, en fin d’après-midi, sans prévenir les autres militants, les Américains de Free Gaza ont fait leur « show ». Bravant l’interdit de sortie, ils ont largué les amarres, destination Gaza. Raté. À quelques milles du port, les gardes-côtes grecs les ont arraisonnés. Retour au Pirée, mais cette fois-ci, au port militaire. Si les journalistes et les militants ont été relâchés rapidement, ce n’est pas le cas du capitaine, emmené en prison.
Les Français ne veulent pas lâcher. Les réunions s’enchaînent à l’hôtel, les délégations sont éparpillées, pour certaines à Athènes, d’autres à Corfou ou à Chypre. Les Français veulent tenter une sortie, mais à condition que ce soit avec le reste de la flottille, à savoir le bateau greco-suédois qui devrait être réparé samedi, et les bateaux italien, espagnol, canadien ainsi que les deux cargos d’aide. Deux nouvelles journées de discussions intenses et d’embrouilles administratives commencent...
Samedi à 15 heures, la décision est prise. Les bateaux français largueront lundi 4 juillet les amarres pour Gaza, avec ou sans les autres bateaux passagers de la flottille. Les groupes du « Louise-Michel » et du « Dignité/El Karama » se forment. Le « Louise-Michel », amarré au Pirée, n’a toujours pas ses papiers en règle et le fioul n’a pas été livré. Vu l’expérience du « Audacity of hope », chacun sait qu’il pourra au mieux faire 20 mètres dans le port du Pirée avant d’être arraisonné, alors que le « Dignité/El Karama » a toutes ses chances.
Le petit yacht, ayant quitté la France dix jours plus tôt, a un statut « plaisance » et n’est théoriquement pas soumis à la même interdiction de départ que les autres embarcations de la délégation. Olivier Besancenot et Julien Rivoire du NPA, Nicole Kills-Nielsen, députée européenne EELV, Annick Coupé de Solidaires, Oussama Mouftah du collectif 59, Nabil Ennasri, président du Collectif français musulman, Jacqueline Le Corre, du Collectif 14 et membre du parti communiste français, Oumayya Naoufel Seddik, de la Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, sont partants. Le bateau est alors caché dans une « zone grise », dans une crique. En partant, le « Louise-Michel » pourra dire qu’il a bravé « le blocus d’Athènes », le « Dignité/El Karama » espère encore atteindre Gaza.
L’échappée belle
Le bateau Louise Michel. Le bateau Louise Michel. Dimanche matin, tout le monde se démène. Quelques-uns iront manifester avec les autres militants de la flottille devant l’ambassade américaine, puis pour certains devant l’ambassade israélienne. Sur le « Louise-Michel », en présence des illustres marins du bateau, Alain Connan, Jo Le Guen et Eugène Riguidel, la dernière grande réunion se tient jusqu’à 2 heures du matin où tout est discuté et analysé, la situation politique, les questions juridiques...
Il est décidé de porter plainte pour entrave à la liberté de circulation de citoyens européens dans l’espace Schengen, ainsi que de déposer un recours devant la Cour de justice européenne. Et lundi, le « Louise-Michel » mettra en scène « la cérémonie d’au revoir à l’État de droit », résume Julien Bayou.
Lundi à midi, quand Mustapha Barghouti, le député palestinien, arrive sur le bateau avec son keffieh, ses baskets et drapé des couleurs nationales palestiniennes, tout est prêt. Les voiles ont été hissées, les drapeaux français, palestinien et européen sont accrochés en haut du mât. Eugène Riguidel propose de mettre le grec en berne. Proposition acceptée à l’unanimité.
Les élus, Jean-Paul Lecoq, député communiste, Alima Boumedienne-Thiery, la sénatrice écologiste, et Julien Bayou, conseiller régional EELV, ceints de leur écharpe tricolore, s’affichent fièrement. Les militants américains sont là et sont ravis de la mise en scène française. Il y a aussi Hedy Epstein, cette infatigable militante, ancienne déportée née en Allemagne en 1924, très active depuis le début du mouvement. Georges Gumpel, de l’UJFP, l’embrasse tendrement. Il est ému.
Les militants sont heureux, la presse est là et surtout les télés, France 24, Reuters... Une fois la passerelle levée, klaxon, vrombissement du moteur. Tous chantent allègrement « Gaza we are coming ! » ou encore « Palestine vivra »... sans bien sûr larguer les amarres. Le but est de montrer qu’ils n’ont toujours pas renoncé à briser le siège de Gaza. « Je vous informe que tous les médias palestiniens suivent tout ça de près. Sachez que les Palestiniens sont très touchés et ont conscience que vous avez pris de votre temps et des risques pour briser ce siège et porter haut ce message de dignité », annonce le député palestinien. Applaudissements.
L’opération permet aussi de faire diversion. Car, pendant ce temps, le « Dignité/El Karama » est discrètement parti vers les eaux internationales. Difficile de savoir à quelle heure ni vers où, car pour cette opération, tout a été tenu secret. Alors que dans la soirée, les militants apprennent que le bateau canadien est sorti du port de Corfou et s’est rapidement fait ramener au port par les garde-cotes grecs qui au passage l’ont abîmé et que les bateaux espagnol et italien ont décidé de ne rien tenter, faute de capitaine acceptant de prendre le risque, le « Dignité » est quelque part en mer.
Mardi 5 juillet, à 13 heures, une grande partie de la délégation française est de retour à Paris. Tous apprennent la nouvelle : le « Dignité/El Karama » est dans les eaux internationales, avec à son bord Olivier Besancenot et Nicole Kill-Nielsen, et navigue vers Gaza.
Sabrina Kassa est une journaliste indépendante.
publié par Médiapart
Intro : CL, Afps

La deuxième Flottille de la Liberté a t-elle atteint son but ?

publié le mercredi 27 juillet 2011
Jacqueline Lecorre

 
OPINION :
"il ne peut y avoir de lutte efficace pour l’émancipation des peuples, qu’internationale."
Le but de la Flottille, notre but, est de briser le siège imposé à la Bande de Gaza par Israël avec la complicité des « grandes » puissances. Il n’est donc pas modeste, on pourrait même dire qu’il est présomptueux étant donné le rapport des forces en présence.
Plusieurs tentatives en ce sens ont eu lieu ces dernières années, par la mer : « Gaza, we are coming » , le « Bateau juif » , la « Flottille n° 1 » , et par la terre : « la Marche pour la liberté de Gaza » à partir du Caire et de Jérusalem.
Cette fois-ci nous avons préparé de longue date et à une échelle aussi internationale que possible, une grande campagne populaire de recueil de dons qui a abouti à l’achat de 10 bateaux qui devaient voguer ensemble vers Gaza avec plusieurs centaines de militants de 22 nationalités, à partir de la Grèce où ils s’étaient donné rendez-vous.
La campagne française ayant été particulièrement fructueuse, nous avons pu acheter un 2è bateau.
Le Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, en relation avec les collectifs locaux, ont organisé un RV à Athènes le 26 juin pour tous les militants qui devaient embarquer.
Hélas, au fil de la semaine qui a suivi, nous avons constaté que le gouvernement grec avait subi de telles pressions, qu’il nous interdisait le départ de ses ports. En outre, 2 bateaux furent sabotés par les services israéliens.
Ne restait plus que le 2è bateau français « Dignité-Karama » qui mouillait incognito au large d’une île, à quelques encablures d’Athènes. J’eus la chance de pouvoir monter à bord avec 8 autres militants et 3 membres d’équipage, en tant que « médecin du bateau » et représentante du Collectif Palestine 14. Comme on peut l’imaginer, la sélection fut difficile et douloureuse.
Ce bateau, portant pavillon français, leva l’ancre le 4 juillet à 4H30 du matin et navigua vers la Bande de Gaza, empruntant de nombreux détours et subissant plusieurs immobilisations forcées de la part des autorités grecques … jusqu’au 19 juillet, date de son arraisonnement illégal, de la part de l’armée israélienne.
A la faveur des escales, certains militants ou marins montèrent à bord, d’autres nous quittèrent. La composition de l’équipe « passagers » fut à géométrie variable, essayant de respecter un difficile équilibre entre les organisations qui composent le Collectif (associations, syndicats et partis politiques ). Deux député-e-s furent partie-prenante.
Une certaine dose « d’international » fut instillée puisque ce petit bateau représentait finalement toute la flottille.
Par ailleurs, deux journalistes d’Al-Jazeera et une célèbre journaliste israélienne nous rejoignirent en milieu de parcours.
A noter : nous bénéficiions de bons moyens techniques de communication : radio VHS, ordinateurs, téléphones satellites … que nous avons jetés à la mer à l’approche des bateaux de guerre israéliens, avant l’abordage.
Au cours du voyage, qui durait plus longtemps que prévu, se sont dessinés deux « courants d’intention » , autant parmi les passagers que parmi l’équipe de la campagne française, à Paris, qu’au sein du Comité de pilotage international ( nous communiquions avec eux par Skype ).
Le 1er courant estimait que l’aventure avait assez duré, qu’elle commençait à coûter trop cher et qu’elle n’avait plus de pertinence à continuer, que les médias ne parlaient plus de nous, que c’étaient les vacances pour tout le monde.
Le 2è courant, par contre, était déterminé à aller aussi loin que possible, y compris par la ruse, pour s’approcher le plus possible des côtes de Gaza et faire prendre ses responsabilités à l’armée israélienne.
Grâce à la ténacité de ses partisans le 2è courant l’emporta : nous fûmes interceptés dans les eaux internationales, non loin de l’Égypte, à 40 miles de Gaza, ce qui constitue un acte de piraterie, par une armada de taille démesurée. Israël s’est ridiculisé.
Vue avec un peu de recul, la traversée ne fut pas toujours facile ; il y eu des tensions, il y eu des longueurs ; des doutes, des frustrations et des malentendus, parfois des conflits ( latents ou déclarés ).
Mais … de la résolution des conflits naît le progrès : nous avons avancé, nous avons fait avancer la cause que nous défendons. N’est-ce pas là l’essentiel ?
Je pense que le but politique est atteint, même si nous n’avons pas eu le plaisir de poser le pied sur la terre de Gaza et de serrer nos amis dans nos bras.
Et cette opération, nous l’avons menée de façon coordonnée, nationalement, entre organisations qui ne sont pas toujours prêtes à coopérer et à se respecter (et même en évitant, autant que faire se peut le parisiano-centrisme ! ) et surtout, internationalement, et c’est là l’aspect principal à mon avis : il ne peut y avoir de lutte efficace pour l’émancipation des peuples, qu’internationale.
Jacqueline Le Corre le 24 juillet 2011

France-Israël, comme en 1956

publié le mardi 26 juillet 2011
Alain Gresh

 
"Les relations entre l’Armée Israélienne et l’Armée française sont le reflet de la relation politique qui existe entre les deux pays. Il s’agit de deux pays profondément alliés."
C’est au cours d’une visite en Israël que Nicolas Sarkozy, alors président de l’Union pour un mouvement populaire (UMP), salua à Herzliya, le 16 décembre 2004, le combat commun mené par « nos soldats » en 1956, lors de la triste expédition coloniale contre l’Egypte de Nasser pour récupérer le canal de Suez. Combat qui se poursuit grâce à l’action « de nos services de renseignement »… Cette déclaration n’a été reprise, à l’époque, par aucun organe de presse en France.
Sept ans plus tard, et quatre ans après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, on peut effectivement dire que les relations entre la France et Israël sont revenues à l’époque de 1956, quand les socialistes français et les travaillistes israéliens combattaient ensemble les mouvements de libération nationale, de l’Algérie à l’Egypte.
Il y a quelques jours, à l’occasion du 14 juillet, le colonel G. Bailleux de Marisy, attaché militaire de l’Armée française en Israël, déclarait : « Les relations entre l’Armée Israélienne et l’Armée française sont le reflet de la relation politique qui existe entre les deux pays. Il s’agit de deux pays profondément alliés. Cette coopération se traduit par des échanges, des visites de délégations militaires et par le partage de nos expériences militaires respectives. »
Et puis est venue cette annonce de la fin de l’embargo sur le commerce des armes avec Israël (« France to buy Israeli-made drones, ending 42-year weapons embargo », Haaretz, 24 juillet) :
« Israel Aerospace Industries s’est refusé à tout commentaire sur l’accord, mais un responsable important a déclaré durant le week-end que c’était un retour historique au point de départ. L’embargo français décidé par le générale de Gaulle, qui nous a refusé les avions français développés avec l’expertise israélienne, a donné un coup de pouce à l’industrie israélienne et c’est maintenant nous qui fournissons la France avec un avion israélien. »
Heureusement, nous n’allons pas nous fournir en drones uniquement en Israël : la France décidé aussi d’acheter des drones à Dassault ; on est rassuré (« La France choisit Dassault pour ses nouveaux drones », RFI, 21 juillet).
Ce rapprochement des industries militaires s’accompagne d’une coopération renforcée dans le domaine policier, Israël faisant part de son expérience de contrôle des populations, que la France pourrait utiliser pour ses banlieues ! « Nous » combattions les fellaghas ensemble en 1956, nous continuons le combat contre les « musulmans »...
La dérive de la politique française a été marquée par un appui systématique aux positions israéliennes, malgré la réaffirmation par Paris d’un appui purement formel à l’idée de deux Etats. Paris condamne même régulièrement la colonisation ou le blocus de Gaza, mais développe parallèlement ses relations avec Israël. C’est la France, sous l’impulsion de Bernard Kouchner, qui a obtenu le renforcement des relations entre l’Union européenne et Israël, à la veille de l’invasion israélienne de Gaza.
Paris s’est régulièrement fait le porte-parole des injonctions israéliennes. Mais la France est allée encore plus loin dans l’affaire de la flottille de Gaza et des militants qui voulaient se rendre en Israël par avion pour affirmer leur solidarité avec les Palestiniens.
Interrogé sur la flottille, le porte-parole du Quai d’Orsay a déclaré le 5 juillet :
« Notre position, c’est de dissuader ce bateau de se rendre à Gaza, d’autant plus qu’à ma connaissance ce bateau ne comporte pas de cargaison humanitaire. Nous ne pensons pas que c’est une bonne idée. Pour nous, l’essentiel aujourd’hui est de favoriser la reprise des discussions entre les autorités israéliennes et palestiniennes. Toute notre énergie est concentrée sur cet effort destiné à favoriser la reprise des pourparlers israélo-palestiniens pour la recherche de la paix. Nous pensons que c’est cela l’important et le plus urgent. C’est dans cette perspective qu’Alain Juppé a reçu ce matin Tony Blair, le représentant spécial du Quartet, pour lui rappeler l’initiative française et la volonté de reprise des pourparlers israélo-palestiniens et la meilleure façon d’y parvenir. C’est cela aujourd’hui la priorité de la diplomatie française. »
Rappelons que la fameuse initiative française a pitoyablement échoué, mais que le blocus israélien de Gaza – que Paris condamne régulièrement – est toujours en vigueur.
Quant aux militants qui souhaitaient se rendre en Palestine par avion, nombre d’entre eux ont été refoulés à... Roissy. (« Bienvenue en Palestine… à Ben Gourion », Guerre ou paix, 7 juillet 2011). Israël déciderait-il maintenant qui a le droit d’embarquer dans les aéroports français ?
publié sur le blog du Monde diplomatique "Nouvelles d’Orient"