jeudi 10 juin 2010

Et maintenant ? La Flottille de la Liberté et le combat pour briser le siège de Gaza

mercredi 9 juin 2010 - 05h:51
Rafeef Ziadah
La solidarité doit veiller à ce que l’histoire ne s’arrête pas à des rassemblements de colère et à des lettres de condamnation. Il sera notamment intéressant de voir comment le gouvernement turc va manœuvrer dans les prochains jours autour de la question des sanctions économiques contre Israël.
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Israël croit qu’il peut détourner un convoi humanitaire dans les eaux internationales,
tuer des travailleurs humanitaires et enlever des citoyens de dizaines de pays,
sans être confronté à des recours.
Si dans le monde, on se trouve encore sous le choc des meurtres, par des commandos israéliens, de militants pour les droits humains, innocents, à bord de la Flottille de la Liberté pour Gaza, ceux qui, depuis un certain temps, sont attentifs aux actes de l’Etat israélien ne sont pas surpris par ces meurtres. C’est le cycle continu du terrorisme d’Etat et de punitions collectives par Israël. Alors que nous pleurons les morts sur les navires, il ne nous faut pas oublier que la Flottille elle-même est une réponse à une brutalité plus grande encore : faire souffrir de la faim un million et demi de personnes piégées dans une prison à ciel ouvert, une prison qui s’appelle la bande de Gaza.
Le siège de Gaza, désormais sur le devant de la scène avec l’agression contre la Flottille, se poursuit depuis 2006. Ce n’est pas moins qu’une punition collective. Ce siège n’est pas seulement illégal, il est encore totalement immoral : son objectif est d’étouffer carrément la population palestinienne. La politique, selon des officiels israéliens, est : « ni prospérité, ni développement, ni crise humaine. » Le but est de s’assurer que la vie dans Gaza est intolérable, tout en laissant passer un filet d’aides suffisant pour que cela ne devienne pas mortel. Les matériaux de construction ne sont pas autorisés à entrer, rendant ainsi extrêmement difficile toute reconstruction depuis la guerre israélienne contre Gaza de 2008/2009 (Plomb durci). Les enseignants des écoles de l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) assument toujours un double poste de travail et les fournitures, tels des carnets, ne sont pas autorisées dans Gaza par l’embargo israélien. Ceux qui ont besoin d’un suivi médical doivent déposer une demande d’autorisation aux Israéliens pour pouvoir partir, et la plupart du temps l’autorisation leur est refusée. La situation s’agissant de l’eau est déplorable. Malgré les proclamations israéliennes contre le Hamas et le terrorisme, il est évident que le siège de la bande de Gaza vise à contrôler la population et à lui rendre la vie aussi misérable que possible. Il n’y a qu’un Etat à pouvoir menacer une population sous son contrôle avec une telle cruauté - en violation de toute une série de lois internationales et de règlements sur les Droits humains - et qui soit capable de tuer des travailleurs humanitaires internationaux. Et de crier, avec défi, que c’est de « l’autodéfense ».
L’impunité israélienne
Les gouvernements occidentaux surenchérissent dans les « regrets de la perte de vies innocentes », mais c’est pourtant la « communauté internationale » qui permet à Israël d’agir avec une telle impunité (avec les USA et le Canada au premier rang pour fournir une couverture à Israël, à côté d’un acquiescement voilé des Etats arabes). Le Canada est le premier Etat à avoir réduit son aide au gouvernement démocratiquement élu du Hamas en 2006, sans considération pour les conséquences sur la population palestinienne et maintenant, il se fait le plus ardent défenseur d’Israël, quels que soient les actes de celui-ci, internationalement. En effet, alors que se déroulait l’attaque contre la Flottille, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu était accueilli à bras ouverts pour une réunion à Ottawa. Le Premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, rentrait juste d’un voyage en Israël où il s’était rendu pour renforcer les échanges commerciaux. Fait important dans le cas de la Flottille, les USA et le Canada ont honteusement protégé Israël contre toute enquête internationale impartiale, soutenant à l’inverse qu’Israël devait conduire l’enquête lui-même. C’est l’auteur du crime qui est chargé d’enquêter !
Au niveau international, Israël continue de tisser des liens économiques forts avec un grand nombre d’Etats. En mai 2010, l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) a pris la décision d’accepter Israël. Dans un communiqué de presse sur le site de l’OCDE, son secrétaire général, Angel Gurria, déclare : « Ce nouveau chapitre dans l’histoire de l’Organisation confirme notre vocation mondiale en tant que groupe de pays qui recherchent des réponses aux défis mondiaux, et établissent les normes dans de nombreux domaines politiques, tels que l’environnement, le commerce, l’innovation et les questions sociales. » Dans les mêmes moments, un porte-parole du comité national BDS (boycotts, désinvestissements, sanctions) portait ce commentaire : « En acceptant Israël, les pays membres de l’OCDE se rendent de façon flagrante complices des crimes de guerre israéliens, sapant les fondations même du droit international. Récompenser Israël revient à le conforter dans son impunité et à anéantir tout espoir réaliste de parvenir à une juste paix dans la région. » Il ne faut pas s’étonner que dès lors qu’Israël est récompensé de ses actions militaires brutales par plus d’intégration dans les structures des puissances mondiales - avec le soutien systématique du Canada et des Etats-Unis -, il persiste dans la même voie.
La Turquie et la Grèce, par exemple, avaient programmé des manœuvres militaires avec l’armée israélienne malgré la guerre et le siège en cours de Gaza (elles ne furent annulées qu’après l’attaque de la Flottille). Sans parler de la relation scandaleuse entre les régimes arabes et Israël, et de l’Egypte comme partenaire au siège de Gaza. Ces relations économiques, militaires et diplomatiques perdurent malgré toute cette masse de violations des droits de l’homme par Israël, malgré les constructions qui se poursuivent dans les colonies illégales d’Israël, malgré la construction du mur d’apartheid illégal, et les nombreuses résolutions des Nations unies concernant Israël. C’est sur ce type de soutien manifeste et d’acquiescement moral qu’Israël compte. C’est ce qui permet à Israël de croire qu’il peut détourner un convoi humanitaire dans les eaux internationales, tuer des travailleurs humanitaires et enlever des citoyens de dizaines de pays, sans être confronté à des recours.
L’arrogance même avec laquelle les porte-parole de l’Etat d’Israël répondent aux questions sur l’attaque de la Flottille entrent aussi dans cette stratégie de gestion des médias internationaux. Elle est constante dans chacune des campagnes de relations publiques israéliennes lancée à la suite de crimes de guerre. Cette campagne propagandiste se décompose en deux parties : d’abord, légitimer chaque action d’Israël comme un acte d’autodéfense et défendable en droit international ; et, ensuite, délégitimer les victimes des actions israéliennes car terroristes. Comme tels, les arguments d’Israël reprennent les mêmes thèmes répétitifs d’une innocence irréprochable. Les occupations de la Cisjordanie et de la bande de Gaza sont légitimes et justifiées en tant qu’autodéfense contre le terrorisme ; la guerre cruelle contre Gaza et son blocus sont des actes légitimes d’autodéfense contre les terroristes et donc à la fois justifiés et légaux ; et pour s’assurer qu’Israël ne se fait pas abusé par une aide aux terroristes, les commandos israéliens ont le droit d’attaquer un navire dans les eaux internationales. Et si ces civils et travailleurs des droits de l’homme sur les navires humanitaires pour Gaza se défendent contre une armée qui les attaque, c’est qu’ils n’ont pas bien compris qu’ils sont en train d’aider le terrorisme, et c’est de leur propre faute s’ils se sont retrouvés victimes de l’obligation légitime pour Israël de se défendre. On peut seulement constater, avec quelque ironie, que si les commandos israéliens se mettent à paniquer devant des chaises en plastique et des bâtons, c’est qu’Israël gaspille beaucoup d’argent en entraînement militaire !
Quant aux accusation israéliennes selon lesquelles les militants humanitaires seraient en relation avec Al-Qaïda et que les navires auraient transporté des armes, il n’y a même pas eu le commencement d’un début de preuve d’avancer. Les images des « armes » trouvées font la risée d’une puissance militaire qui possède un arsenal nucléaire et qui a accès à tous les armements les plus récents que l’aide des Etats-Unis peut lui fournir : des bâtons et des outils qu’on trouve sur tout navire, des billes pour les enfants et d’autres objets aussi banals. La tactique des médias israéliens est de marteler certains mots, Al-Qaïda, Hamas, Iran et terrorisme islamique aussi souvent que possible. La simple répétition de ces mots vise à faire passer pour justifiables toutes les actions israéliennes, et de s’assurer que le soutien diplomatique du Canada et des Etats-Unis reste acquis. Mais ces accusations stupides et le barrage propagandiste israéliens sont de moins en moins acceptés par les opinions. La société israélienne - historiquement imprégnée d’une paranoïa absolue et de racisme, qui s’oriente vers toujours plus d’autoritarisme dans sa propre politique nationale - peut être encline à croire ces mythes. Mais s’agissant du reste du monde, les analyses et la façon de se défendre des Israéliens à propos de leurs actions violentes sont au mieux délirantes, et au pire, font transparaître de grossières justifications à des crimes de guerre.
A la lumière de l’attaque criminelle contre la flottille de navires transportant une aide de base et conduite par des militants des droits humains, la campagne de communication israélienne perd de son assurance. L’absurdité des revendications d’autodéfense est trop évidente. Le décalage entre la version officielle de l’Etat israélien et ce que chacun dans le monde a pu voir en direct depuis les navires est trop frappant (même si les médias occidentaux ont repris de façon sélective les images israéliennes, et écarté ce qui était envoyé par les médias non occidentaux depuis les navires). Ce qui n’a pas empêché l’Etat israélien de lancer les mêmes versions et les mêmes mensonges tout en restant impénétrable. Il peut compter sur les grands médias du Canada, des Etats-Unis et de Grande-Bretagne pour qu’ils répètent comme des perroquets ses mensonges, et accordent au porte-parole israélien un temps d’antenne largement suffisant.
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La Flottille est elle-même est une réponse à une brutalité plus grande encore :
le siège de Gaza.
Turquie et Etats arabes : peuvent-ils être mis à l’épreuve ?
La Turquie et la plupart des Etats arabes ont réagi avec force à l’attaque. La rhétorique de l’AKP (Adalet ve Kalkinma Partisi - Parti pour la justice et le développement) au gouvernement en Turquie a certainement été très forte et la condamnation tant de l’attaque de la Flottille que du siège de Gaza a été nette. La question pour les prochains jours est de savoir quelle sera la détermination de la Turquie après ses déclarations et par quelles actions elle va les prolonger. Les gouvernements turcs ont une longue expérience de ces déclarations intrépides sur les questions du Moyen-Orient, mais qui sont suivies d’actions complètement à l’opposé. La motion finalement adoptée par le parlement turc appelle à distendre les liens économiques avec Israël, bien qu’il y ait eu débat sur ce point et que le parti au gouvernement se soit d’abord opposé à l’inclusion de cette demande. Et le vice-Premier ministre turc de déclarer : « Il n’est pas dans notre tradition de réduire les relations économiques dans un premier temps, nous allons compulser le droit international pour en décider. »
Comme la plupart des Arabes ne le savent que trop bien, à les entendre les gouvernements sont aussi fermement propalestiniens que possible, mais ils poursuivent des relations normales avec Israël. Ou, dans le cas de l’Egypte et de la Jordanie, ils travaillent ouvertement pour Israël. L’impulsion réelle en Turquie doit maintenant consister à réduire les liens économiques et militaires avec Israël. L’Etat turc, cependant, avec le soutien du gouvernement AKP, est profondément investi dans le néolibéralisme, totalement intégré dans les structures de l’OTAN et continue à forger des relations économiques solides avec Israël. Il sera intéressant de voir comment le gouvernement AKP va manœuvrer dans les prochains jours autour de la question des sanctions économiques contre Israël. Il subit en ce moment des pressions, d’un coté de sa base populiste et islamiste et, de l’autre des différentes forces laïques et de gauche, les deux étant de plus en plus favorables à la lutte palestinienne. Les militants de Turquie se sont saisis de l’occasion pour appeler à couper tous les liens avec Israël, et à utiliser les sentiments politiques créés par la tragédie de la Flottille pour affermir la Turquie dans un rôle constructif - et sortir de l’habitude qu’a l’Etat turc de retomber dans une rhétorique creuse - en brisant le siège de Gaza.
Quant à l’Egypte, sa complicité avec Israël (et les deux administrations US de Bush et d’Obama) dans le siège de Gaza dépasse le stade du simple embarras pour le régime décadent du Président Hosni Mubarak. Les Egyptiens ont ouvert le passage de Rafah vers Gaza, non comme un effet de la bonté de Mubarak ou de sa tristesse après les morts de la Flottille. C’est le résultat des pressions intérieures, en Egypte, et du chaudron bouillant de l’opposition devant l’inutilité de l’Etat égyptien. Mais on est seulement au début de l’acte du drame qui se joue. Et l’acte qui va suivre nous dira à quel moment, dans quelles circonstances et avec quelles justifications le gouvernement égyptien va expliquer pourquoi il referme la porte de Rafah. Il y a toutes les raisons du monde pour s’attendre à ce que l’Etat égyptien fasse ainsi, étant donné sa dépendance des Etats-Unis pour son existence politique et sa réticence, en toutes circonstances, à sacrifier son alliance avec Israël. Il est important que le mouvement international de solidarité se mobilise sur ce revirement car on s’attend à cette re-fermeture du passage de Rafah, et qu’il veille à ce que l’Egypte soit confrontée à des protestations venant du monde entier. Cela nécessitera aussi de soutenir les militants d’Egypte qui seront confrontés au régime violent de Mubarak.
On peut dire la même chose de la Jordanie et de ses relations dépendantes à l’égard d’Israël et des Etats-Unis. Le roi Abdullah, sous l’insistance constante des Etats-Unis, a renforcé ses liens avec Israël depuis un certain temps. En effet, les relations commerciales entre la Jordanie et Israël ont continué à se développer même avec l’approfondissement du désarroi en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Les fruits et les légumes israéliens inondent les marchés jordaniens, et les zones de libre-échange avec les entreprises israéliennes continuent de fonctionner et de s’étendre en Jordanie. La monarchie hachémite a tenté de compenser la colère massive de la population jordanienne après l’attaque de la Flottille en rappelant son ambassadeur. En réalité, tout ce que cela signifie c’est que l’ambassadeur a fait une heure de route et qu’il va dormir chez lui, à Amman, pendant quelques nuits, pendant que l’activité continue comme d’habitude. La Jordanie et l’Egypte peuvent être les pires exemples, mais elles sont toutes deux trop représentatives de cette sorte de gestes symboliques que les régimes répressifs arabes ont à l’égard d’Israël alors qu’en réalité, le resserrement des liens se poursuit, ainsi que leur accord pour le siège de la bande de Gaza.
La Ligue arabe et les Etats individuels ont tous tenu des réunions extraordinaires cette semaine, et, naturellement, ils ont condamné l’attaque de la Flottille dans les termes les plus forts, et appelé à débattre de la question devant les Nations-Unies. Le Koweit s’est retiré de l’ « initiative de paix » arabe, mais toute rupture des relations économiques est repoussée. Le Qatar a fait un geste vers une normalisation de ses relations avec Israël en rouvrant le bureau commercial israélien au Qatar, mais à condition que dès maintenant, Israël permette l’entrée des matériaux de construction si nécessaires à Gaza (Netanyahu a, sans surprise, tout simplement refusé la proposition). Au lieu de se rassembler pour réduire toutes les relations, ou pour trouver tout autre moyen d’aider à briser le siège, les dirigeants arabes sont devenus des maîtres en négociation de leurs propres concessions aux Etats-Unis et d’ouvertures à Israël. Les Etats arabes font des gestes, en parole, et signent des proclamations, sur le papier, mais ils sont là à regarder les Palestiniens se battre, sans eux. Cette obéissance pitoyable des Etats arabes aux structures de pouvoir existantes de l’ordre mondial doit être analysée.
Il y a de très forts et légitimes appels venant de Palestiniens pour que l’Autorité palestinienne (AP) suspende toutes les négociations - directes et indirectes - avec Israël. Jusqu’à présent, l’AP les a ignorés. L’AP a proclamé trois jours de deuil en Cisjordanie - un geste indispensable de solidarité, mais politiquement sans importance - pour réagir à l’attaque. L’AP, elle aussi, a appris des autres Etats arabes comment accomplir des actes symboliques pour désamorcer la colère populaire sans élaborer de nouvelles stratégies d’actions pour obliger Israël à lever le siège.
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La députée palestinienne Hanin Zoabi qui était à bord du Mavi Marmara,
agressée à la Knesset.

Les Palestiniens en Israël
Un aspect important de ce qui bouge depuis l’attaque israélienne contre la Flottille est le rôle joué par les citoyens d’Israël, notamment et surtout, celui de Hanin Zoabi, députée palestinienne à la Knesset. Zoabi était à bord du Mavi Marmara, et à son retour, elle a expliqué aux médias internationaux qui ont bien voulu l’écouter que les commandos avaient commencé à tirer avant même d’avoir mis le pied sur le pont du navire. Quand Hanin Zoabi a voulu intervenir à la Knesset, des protestations ont fusé de toute l’assemblée ; elle n’a pas été autorisée à poursuivre son intervention et a été menacée. Miri Regev, députée du Likoud, a dit à Zoabi : « Vas-t’en à Gaza, traîtresse... Nous n’avons pas besoin de chevaux de Troie dans la Knesset. » Les médias israéliens ont également rapporté que le ministre de l’Intérieur examinait comment retirer à Zoabi sa citoyenneté israélienne.
L’ironie de ce différend à la Knesset est riche. A chaque fois que le mot « apartheid » est prononcé s’agissant d’Israël, le camp proapartheid des défenseurs israéliens de l’occupation se lève en criant, « Mais vous avez des députés arabes à la Knesset » (la plupart des Israéliens les appellent Arabes parce qu’ils refusent de les reconnaître en tant que Palestiniens afin de soutenir les mythes fondateurs sionistes). Le cas Zoabi a mis en évidence les contradictions de l’apartheid israélien : il prétend être une démocratie mais il traite les citoyens palestiniens d’Israël comme des citoyens de troisième classe. Le rôle des Palestiniens en Israël est un élément central du combat contre l’apartheid israélien, et les actions courageuses des dirigeants palestiniens, comme celle de Zoabi, soulignent le rôle de plus en plus positif qu’ils jouent dans le combat de libération.
La fin du siège : la clé avec BDS
La société civile palestinienne a constamment fait savoir, depuis cinq ans maintenant, que la seule façon de mettre fin aux crimes de guerre israéliens était de mener une campagne de boycotts, désinvestissements et sanctions (BDS) contre Israël. Cette campagne soutient qu’Israël doit être isolé et traité comme un Etat paria. Après l’attaque contre la Flottille de la Liberté pour Gaza, de nombreuses personnalités et organisations se sont tournées vers BDS comme une mesure importante pour mettre en évidence la complicité des gouvernements dans le monde avec l’apartheid israélien.
Déjà, des syndicats de dockers en Suède ont dit qu’ils ne chargeraient ni déchargeraient des navires arrivant d’Israël ou en partance pour Israël et qu’ils ne manipuleraient aucun produit israélien, entre le 15 et le 24 juin. Des déclarations condamnant l’attaque ont été publiées par de nombreux syndicats à travers le monde. Le Nicaragua et l’Afrique du Sud ont l’un et l’autre rappelé leur ambassadeur.
Le vrai travail maintenant pour la campagne internationale de solidarité avec les Palestiniens consiste à veiller à ce que l’histoire ne s’arrête pas à des rassemblements de colère et à des lettres de condamnation au cours des prochaines semaines (alors que d’autres navires suivent dans le sillage du Rachel Corrie [arraisonné] sur sa route vers Gaza pour briser le siège). D’autres actions concrètes de BDS doivent être décidées par des syndicats de travailleurs, d’étudiants, par des groupes confessionnels et communautaires. Ce ne sont pas les gouvernements qui prendront les devants pour mettre fin au siège de Gaza. Le siège ne prendra fin que par notre organisation et notre lutte à tous - militants du combat pour la libération palestinienne, travailleurs des droits de l’homme, organisateurs des communautés à travers de nombreuses campagnes, salariés en général dans les syndicats -, dans tous les espaces possibles. L’édifice qui protège l’apartheid israélien avait commencé à se lézarder. La Flottille de la Liberté pour Gaza révèle de nouvelles fissures, et maintenant, il nous faut mener la lutte plus avant, de façon toujours plus inventive, et avec toujours plus de détermination.
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Rafeef Ziadah est une chanteuse et une militante palestinienne. Réfugiée de la troisième génération, elle vit actuellement à Toronto. Son CD, Hadeel, est disponible sur www.rafeefziadah.ca. Elle milite dans la Coalition contre l’apartheid israélien (CAIA)
On peut l’écouter et la voir sur vidéo : http://video.google.com/videoplay?d....
5 juin 2010 - Socialist Project - traduction : JPP
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8902

La flottille de la paix et la machine médiatique israélienne

publié le jeudi 10 juin 2010

Mohamed Salmawy

 
Israël excelle dans la manière de détourner de lui les yeux des médias.
Il est important de noter, dans la couverture médiatique internationale de l’agression terroriste déclenchée par les forces israéliennes contre la flottille de la paix arrivant avec des aides humanitaires pour les Gazaouis, cette condamnation évidente par les médias occidentaux. Mais également, ils se sont laissés entraîner, comme ils le font d’habitude, par la machine de propagande israélienne, connue pour sa puissante influence au sein de ces médias.
Ces derniers ont alors consacré un espace important aux allégations israéliennes officielles avançant que cette opération atroce, même si elle s’est déroulée dans les eaux internationales, faisant 20 morts [1], constituait un acte de défense contre une offensive à l’arme blanche menée par les militants internationaux de la paix contre les soldats. Ainsi, ces appareils sont tombés dans le piège de la propagande israélienne inversant les faits de fond en comble. Ils ont fait des soldats agresseurs, qui ont manipulé fusils et mitraillettes, des victimes et des activistes de la paix, venus pour des objectifs purement humanitaires, des agresseurs. Le résultat étant que les enquêtes, que ce soit dans la presse ou la télévision, s’étaient préoccupées de savoir si les passagers de la flottille, et surtout le navire turc agressé, étaient armés, et s’ils avaient effectivement mené une attaque contre les soldats israéliens.
La machine de propagande israélienne a bougé selon un plan bien ajusté et a arrêté ceux qui se sont trouvés à bord de la flottille et les ont incarcérés dans la prison de Bersheba. Cette machine a rompu tout contact entre les médias mondiaux et les défenseurs de la paix, incarcérés, jusqu’à ce qu’elle fasse prévaloir son point de vue, et afin d’acquérir une crédibilité sur la scène mondiale. Et ce, avant de les libérer et de les extrader. En même temps, elle a diffusé et distribué des photos d’armes blanches qui ont été, pour reprendre leurs termes, confisquées par les forces israéliennes. D’ailleurs, ces armes blanches sont, dans la plupart du temps, des outils ordinaires que l’on retrouve un peu partout, tels que les ciseaux, les couteaux et autres.
Ainsi Israël a-t-il gagné du terrain servant ses intérêts, afin de répondre aux besoins des médias, dans l’objectif de fournir une nouvelle matière fertile renfermant non seulement des déclarations, mais illustrée d’images et de films.
Je ne désire pas, en faisant l’inventaire de la méthode de propagande adoptée par Israël, insinuer qu’Israël a gagné la bataille de l’opinion publique dans cet accident criminel injustifié. C’est plutôt le contraire qui s’avère vrai, d’autant que les atrocités de l’opération ont non seulement contribué à mobiliser l’opinion publique mondiale, mais ont aussi suscité un sentiment de colère à tel point de toucher les appareils officiels qui avaient coutume de faire preuve de réserve de par le passé à chaque fois qu’il était question d’une agression israélienne. Ces dits médias tentaient à chaque fois d’édulcorer leur position d’une certaine dose de fausse objectivité en blâmant à la fois les deux parties, israélienne et palestinienne.
Mais face à ce sentiment de colère qui a dominé le monde entier, Israël a eu recours à ses armes traditionnelles vis-à-vis de la presse occidentale. Il a alors réduit beaucoup la dose de mécontentement qu’il a dû affronter de par le monde. Il a détourné les yeux des médias occidentaux de la réalité qui les a longtemps préoccupés et s’est attelé à prouver que ses soldats n’ont eu recours au meurtre et à l’assassinat que pour se défendre. Au lieu de focaliser sur la cause qui mérite le plus l’attention, celle de se demander ce qui a amené les soldats israéliens à se diriger vers la flottille qui n’avait pas navigué pour mener une offensive militaire sur Israël, et qui se trouvait dans les eaux internationales et donc sur lesquelles Tel-Aviv n’avait aucune autorité.
Il vaudrait mieux se poser la question suivante : ces soldats avaient-ils à l’origine le droit de se trouver dans cette flottille, indépendamment du fait qu’ils se défendaient contre des civils, activistes de la paix [2] ?
Celui qui suit de près la méthode adoptée par la machine de propagande israélienne au fil des ans se rendra compte que ce qui est arrivé avec la flottille dans les eaux internationales est une méthode israélienne habituelle dont nous avons auparavant témoigné. Comme par exemple dans les événements de Gaza en janvier dernier, lorsque la machine de propagande israélienne a inversé les réalités et a préoccupé l’opinion publique mondiale par une cause secondaire qu’elle a poussée au devant de la scène. Selon laquelle l’agression contre le peuple palestinien, sous blocus à Gaza, n’était que des mesures de rétorsion aux frappes palestiniennes de roquettes contre des sites israéliens. Et ce, au lieu d’essayer d’expliquer comment s’arrogent-ils le droit d’imposer le blocus à Gaza et ce qui leur donne le droit de frapper des civils d’un peuple sans armes, faisant des milliers de victimes parmi les femmes, les enfants, les jeunes et les vieillards.
C’est ainsi qu’Israël excelle dans la manière de détourner de lui les yeux des médias. L’intérêt devenant les affres qu’endure Israël dans les territoires occupés suite aux attaques terroristes menaçant sa sécurité et ôtant la vie à ses ressortissants. Personne alors ne s’est soucié de se demander que fait Israël dans ces territoires occupés.
J’ai suivi la couverture du crime israélien atroce contre la flottille dans les médias arabes depuis le jour où il a eu lieu, le 31 mai. Je n’y ai pas trouvé d’allusion à une stratégie médiatique contraire visant à tourner l’attention des médias internationaux vers la cause principale. Celle de savoir ce qui a poussé les soldats israéliens vers le navire turc qu’ils ont encerclé par les bateaux et sur lequel ils ont atterri, armés, avec les hélicoptères, faisant des dizaines de morts et de blessés.
Il est temps que s’arrête ce refrain démodé qu’Israël ne cesse de répéter jour et nuit sur l’autodéfense.
Israël continuera à chanter ce refrain tant qu’il demeurera l’unique acteur sur la scène des médias mondiaux. Et tant qu’il continuera à jouer en solitaire, il contrôlera l’arène et tous ceux qui y travaillent. Si Israël persiste dans son jeu, cela voudrait dire qu’il réalise très bien que l’intérêt des médias mondiaux, tourné vers les causes essentielles, ne sera pas à son bénéfice. Les gens, au lieu de se demander si Israël était dans un état d’autodéfense devant les passagers du bateau turc, se demanderont : qu’est-ce qui a entraîné ces soldats vers le navire ? Au lieu de se demander si Israël affrontait le terrorisme palestinien, ils se demanderont qu’est-ce qui a amené l’Etat hébreu dans les territoires occupés.
Probablement, c’est Israël qui continuera à gérer le cours des choses qui sont le point de mire des médias mondiaux, tant qu’il reste encore aujourd’hui l’unique acteur.
[1] 9 officiellement
[2] ici je crains que le chroniqueur ce cède lui même inconsciemment à la désinformation en utilisant le terme "se défendre" ! Voir d’ailleurs la suite de son texte qui dément cet égarement momentané. Voir aussi le billet d’humeur/humour noir de sébastien Fontenelle dans Politis le 3 juin :

Rotor Picture Show

Imaginons dix secondes, histoire de rire jaune (foncé), que des soldats iraniens donnent l’assaut, dans les eaux internationales, à un convoi (maritime) humanitaire et massacrent un peu tout ce qui bouge (neuf morts, trente-six blessés, tous civils, il va de soi), puis qu’Ahmadinejad, en guise de justification, déclare comme ça que ces victimes étaient liées au terrorisme international, et que d’ailleurs il y avait des gens, sur ces bateaux, qui avaient des couteaux, et aussi des lance-pierres, alors qu’on venait en paix avec nos hélicos d’assaut – des lance-pierres, nom de Dieu, allait-on laisser sans réagir décimer nos sections d’élite ? Foutre non : alors blam, blam, bla-a-a-am, t’aurais dû voir c’qu’on leur a mis, aux croisiéristes. (Entre nous, Jean-Pierre : le lance-pierre, ça fait sans doute vachement bien dans la Guerre des boutons, mais pour ce qui serait d’une confrontation un peu sérieuse avec les chevaliers du ciel, laisse-moi te dire que ça reste léger.) Imaginons, donc.
Et demandons-nous ce que serait la réaction du monde libre – lequel s’étend, je te rappelle, de Tuscumbia (Alabama) à Olomouc (République tchèque), avec un détour par Anglards-de-Salers (Cantal, France) – et de ses plus fameux penseurs, si le Persan allait à de telles extrémités ? L’Union européenne (UE) se contenterait-elle de lui donner un petit coup de règle en bubble-gum sur les doigts ? Bernard-Henri Lévy (BHL) lui recommanderait-il de trouver de moins sots modes d’expression, avant de l’assurer, nonobstant, de sa pleine et entière sympathie ? Je ne crois pas, non.
Mais ce lundi, et dans la vraie vie : c’est une soldatesque israélienne qui a fait un affreux carnage dans un convoi humanitaire – et BHL, après avoir rendu « un hommage appuyé à l’armée israélienne » [1], a considéré que c’était, je cite, « stupide ». Pas monstrueux du tout, hein ? Mais vachement ballot, parce que bon, y a « d’autres moyens d’empêcher une provocation »… (Puis BHL, hissant haut le dépassement des pudeurs, a exhorté Israël à « se libérer » des territoires palestiniens [2].) Et l’UE ? L’UE a réagi selon ses traditions : elle a demandé à Israël d’enquêter sur le massacre. (Genre : on sait que c’est toi qui as fait le coup, Buddy, alors ça serait bien que tu relèves tes empreintes, et que tu nous les envoies avec des aveux signés.) Sinon ? Sinon, rien, comme d’hab : le terrifiant rapport Goldstone n’a aucunement dissuadé l’UE de continuer à supporter le gouvernement israélien. War on terror, d’accord, mais faut pas non plus en abuser.
Je serais ledit gouvernement, je rirais, à gorge déployée, de me voir si impuni en ce miroir, et je commencerais à faire chauffer les rotors pour la prochaine stupidité : et reconnaissons qu’à partir du moment où la communauté internationale lui fait un prix d’ami sur la tuerie de groupe, il aurait tort de ne pas lui en commander quelques-unes d’avance. Notes
[1] Je te jure que je n’invente rien.
publié par al Ahram hebdo en français
(Ajout de) notes : C. Léostic, Afps

Le projet d'enquête internationale sur le raid israélien contre la flottille se meurt dans l'oeuf

Ecrit par L. Moulard
08/06/2010
BÉTHLÉEM - L'étau international se resserre sur Israël. Et le jeu d'échec au Moyen-Orient continue après l'intervention armée des forces spéciales israéliennes sur le Mavi-Marmarra. 
Les neuf militants turcs de la flottille internationale tués le lundi 31 mai ont fortement ému les opinions publiques à travers le monde, et les meilleurs soutiens d'Israël se sont vus contraints de questionner le mode opératoire de sa politique sécuritaire.
La Turquie d'abord, qui sort indéniablement grandie après l'épisode de la flottille. Rappelons-le, après la Révolution islamique iranienne en 1979, la Turquie était devenue le principal et seul allié d'Israël dans la région. Ce statut est en train de changer.
La Turquie a rappelé son ambassadeur en Israël puis menacé de rompre les relations diplomatiques, à moins qu'Israël n'accepte une commission d'enquête internationale et indépendante sous l'égide de l'ONU sur le raid israélien contre la flottille d'aide à Gaza, comme l'a déclaré Ahmet Davutoglu, le ministre des Affaires Etrangères turques. Selon ses propos, Tel-Aviv doit "donner le feu vert à la création de la commission prévue par les Nations-Unies", auquel cas "les relations (bilatérales) prendraient une autre direction".
Cette recommandation est à replacer dans le contexte de ces derniers mois qui ont vu le rôle de la Turquie changer de dimension sur la scène régionale et internationale. Tout en étant membre de l'OTAN et candidate à l'adhésion à l'Union Européenne, Ankara s'est placé en médiateur pour les négociations israélo-syriennes, entretient de bonnes relations avec l'Iran de Mahmoud Ahmadinejad et s'émancipe de la tutelle américaine en se posant avec Brasilia en médiateur sur le dossier nucléaire iranien. Ainsi, la Turquie tente de mettre à profit sa position géographique et stratégique de liant entre deux mondes.
Rejet israélien de l'enquête internationale
La France et la Grande-Bretagne ont suivi l'ONU et les États-Unis sur le projet d'une "enquête crédible, impartiale, transparente", insistant sur la nécessité qu'elle soit également "internationale". Nicolas Sarkozy a "invité" le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu à l'accepter, précisant que la France est prête à y participer.
Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, s'est entretenu samedi avec M. Netanyahu sur ce projet de commission d'enquête. Elle serait présidée par l'ancien premier ministre néo-zélandais Geoffrey Palmer et composée de représentants d'Israël, de la Turquie et des États-Unis.
Cependant dès dimanche soir, l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, Micheal Oren, a affirmé que l'État hébreux rejetterait cette proposition : "Israël est un Etat démocratique. Israël a la capacité et le droit d'enquêter par lui-même, de n'être un objet d'enquête pour aucune commission internationale".
B. Netanyahu a répondu à Ban Ki-Moon qu' "une enquête devait être menée de façon responsable et objective", comme l'a rapporté le quotidien Yedioth Aharonoth. "Je cherche d'autres solutions", aurait-il ajouté. Devrait donc l'emporter l'option d'une enquête nationale, comme celle conduite par le juge Winograd après la guerre israélo-libanaise de 2006.
L'Iran monde au créneau
Selon le journal Haaretz, M. Netanyahu a également déclaré que des discussions étaient déjà en cours à propos de l'assouplissement du blocus mais a répété qu'Israël "ne permettrait pas la création d'un 'port iranien" à Gaza".
Dans le même temps, l'agence de presse officielle iranienne Irna affirme que l'Iran va tenter d'envoyer par navires de l'aide à Gaza, navires que les Gardiens de la révolution, fer de lance du régime islamique, escorteraient. "Si le Guide Suprême nous en donne l'ordre, les forces navales des Gardiens de la révolution feront tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger ces navires, a annoncé un responsable des Pasdarans. Il est du devoir de l'Iran de défendre le peuple innocent de la bande de Gaza".
Alors qu'Israël tente désespérément de garder les mains libres au Proche-Orient, le théâtre palestinien sert de tremplin aux ambitions régionales de deux acteurs, le Turc et l'Iranien. 

La politique de la schizophrénie

Ecrit par L. Moulard
09/06/2010
A défaut de faire avancer les choses, l'épisode de la flottille semble au moins contraindre les opinions publiques et les dirigeants politiques à s'intéresser au conflit israélo-palestinien. En particulier les États-Unis.
Voyant tous ses efforts pour stopper la colonisation israélienne vains, l'acteur le plus important de la région a porté le regard de sa politique moyen-orientale vers l'Est. Mais Israël place une fois encore son meilleur allié dans une position délicate après la mort de 9 militants turcs lors de l'intervention du commando israélien sur le Mavi-Marmarra, lundi 31 mai. Barack Obama ne peut pas ne pas s'exprimer sur l'événement. Il ne tient pas non plus à essuyer une nouvelle défaite diplomatique : mieux vaut donc se concentrer sur le blocus de Gaza, juger "intenable et inacceptable" par Hillary Clinton, que sur la commission d'enquête indépendante et internationale proposée par l'ONU.
L'Etat hébreux a en effet annoncé, le 8 juin, la création d'une commission d'enquête civile qui statuera sur les aspects juridiques du blocus et de l'opération du commando uniquement.
Le journal en ligne Médiapart rapporte les propos d'un diplomate américain en poste en Europe souhaitant rester anonyme : "Nous avons limité la casse. Mais cet événement a envoyé une décharge d'électricité à Washington. Un certain nombre de gens dans l'entourage d'Obama commencent à se demander si le prix à payer pour un tel alignement avec Israël n'est pas trop élevé. Cela ne veut pas dire que notre politique va changer, juste que nous sommes conscients du problème".
Le président américain doit donc tout en même temps calmer l'anti-américanisme au Moyen-Orient qui est une cause du terrorisme, endiguer la menace iranienne et continuer de soutenir Israël, quoiqu'il arrive. Autrement dit, la politique de la schizophrénie.
Avec son discours au Caire, le 4 juin 2009, B. Obama a soulevé de nombreux espoirs quant à l'avenir de la région. Il avait même placé le conflit israélo-palestinien en haut des causes de l'instabilité du Moyen-Orient. Mais de là à y jouer son capital politique, il y a un pas. Il y a trop gros à perdre, et les échéances électorales prennent presque toujours le dessus sur les convictions politiques.
Robert Malley, ancien conseiller de Bill Clinton pour les affaires arabes et israéliennes, craint qu'un engagement de Washington, si engagement il y a, se fasse selon une grille du lecture du conflit obsolète. Il déclare à Paris le 4 juin 2010 : "Pendant que les États-Unis et l'Europe réfléchissent, la région bouge. Les partenaires traditionnels comme la Jordanie et l'Egypte comptent moins que la Turquie, comme on le voit en ce moment, ou même que l'Iran, le Qatar ou la télévision Al-Jazeera. Il n'y a plus de leader historique et légitime, pas plus du côté israélien que palestinien, pour défendre un accord de paix auprès de leurs citoyens".
A ce rythme, il semble que seule l'indignation soulevée par les erreurs diplomatiques de l'État hébreux pourra faire avancer la situation au Proche-Orient. Mais c'est aussi l'indignation qui a poussé des activistes internationaux à porter secours à Gaza. Avec les résultats que l'on connaît.

Israël assouplit légèrement le blocus de Gaza

10/06/2010
Sûr de son bon droit, Israël attendait toujours hier le feu vert américain à la création d'une « commission juridique d'enquête » israélienne sur le raid sanglant contre la flottille de la liberté pour Gaza.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que son gouvernement n'avait rien à cacher sur cette opération qui a produit une vague d'indignation de par le monde. « Moi-même, le ministre de la Défense (Ehud Barak), les autres ministres et le chef d'état-major (Gaby Ashkenazi) serons prêts à livrer les faits sans rien cacher », a-t-il déclaré. « Je veux que toute la vérité soit connue au grand jour et à cette fin l'examen doit donner des réponses à des questions que la communauté internationale préfère ignorer comme: qui était derrière le groupe extrémiste sur le bateau », a-t-il ajouté. Il faisait référence au Mavi Marmara, où neuf militants propalestiniens (huit Turcs et un Américano-Turc) ont été tués lors du raid. M. Netanyahu a confirmé qu'Israël est en « consultations avec des membres de la communauté internationale en ce qui concerne le processus d'examen nécessaire, qui permettra de révéler les faits, concernant la flottille ».
Mais pour l'heure, les sept principaux ministres israéliens n'ont pas abouti à une conclusion sur la composition et le mandat de la commission, a indiqué la radio publique. « Les contacts se poursuivent avec Washington pour obtenir son accord sur les contours d'une telle commission », a indiqué à l'AFP un haut responsable israélien qui a requis l'anonymat. Selon lui, le gouvernement ne devrait pas faire pas d'annonce officielle tant qu'une « coordination avec Washington ne sera pas mise au point ». Auparavant, la radio avait annoncé que le cabinet restreint allait présenter ses conclusions dans la journée à l'administration américaine, qui a réclamé « une participation internationale à l'enquête sur l'assaut du 31 mai ». L'armée israélienne a de son côté chargé le général de réserve Giora Eiland de superviser une « équipe d'experts », composée de généraux de réserve, qui doit rendre ses propres conclusions d'ici au 4 juillet sur le déroulement du raid.
Le cabinet restreint a par ailleurs donné son feu vert à un allègement du blocus terrestre de la bande de Gaza pour y laisser entrer plus de produits alimentaires et de boissons de base, tout en maintenant le blocus maritime. De source palestinienne en Cisjordanie, on croit savoir que, à partir de la semaine prochaine, Israël autorisera l'entrée à Gaza d'une gamme élargie de produits alimentaires, dont des chips, des biscuits, du hommos et des jus de fruits. « Ils vont envoyer des hors-d'œuvre. Nous attendons encore le plat principal », a ironisé le ministre palestinien de l'Économie, Hassan Abou Libdeh, ajoutant : « Nous attendons que ce siège injuste soit levé. » Raëd Fattouh, responsable du comité de l'Autorité palestinienne qui coordonne l'entrée des marchandises à Gaza à partir d'Israël, a déclaré ne pas savoir si le Hamas laisserait entrer la nourriture et les boissons de fabrication israélienne. Le Hamas a minimisé la portée de l'initiative israélienne, en assurant que Gaza possédait assez de manufactures pour répondre aux besoins de la population en chips et boissons gazeuses. « Ce que nous voulons, c'est une levée véritable du blocus, l'importation de matières premières pour l'industrie et de matériaux de construction pour rebâtir Gaza », a déclaré Ziyad al-Zaza, ministre de l'Économie du Hamas. L'État hébreu continue en effet d'interdire les livraisons de ciment, craignant que celui-ci soit détourné par le Hamas à des fins militaires au lieu d'être utilisé à la reconstruction des habitations et infrastructures détruites lors de l'offensive israélienne en décembre 2008 et janvier 2009.
Sur le plan diplomatique, le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, a proposé hier une mission de l'OTAN pour faire respecter l'accès des humanitaires à Gaza et « mettre fin à l'embargo ».
Par ailleurs, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a déclaré dans une interview à l'AFP que tout devait être fait pour éviter un incident semblable au raid israélien meurtrier contre la flottille pour Gaza. « Ce qui est particulièrement tragique, c'est que cet acte se soit produit dans des eaux neutres. C'est quelque chose de complètement nouveau et cela exige évidemment un examen particulier », a-t-il ajouté. Interrogé pour savoir si la Russie souhaitait qu'Israël lève le blocus sur Gaza, M. Poutine a répondu : « Nous avons toujours appelé à la levée du blocus. Je ne pense pas que de telles méthodes soient efficaces pour résoudre les problèmes auxquels la région fait face. »

Obama espère des « progrès significatifs » au Proche-Orient

10/06/2010
MM. Abbas et Obama ont énoncé des points de vue proches sur la 
situation dans la région, surtout en ce qui concerne Gaza, lors de leur 
entrevue hier.Larry Downing/Reuters
MM. Abbas et Obama ont énoncé des points de vue proches sur la situation dans la région, surtout en ce qui concerne Gaza, lors de leur entrevue hier.Larry Downing/Reuters
Malgré la tension déclenchée par le raid israélien contre la flottille humanitaire destinée à Gaza, Barack Obama a espéré hier des « progrès significatifs » cette année au Proche-Orient, en recevant le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas à la Maison-Blanche. De son côté, Israël a informé l’Autorité palestinienne qu’il allait alléger le blocus de Gaza en permettant l’entrée d’un plus grand nombre de produits alimentaires.
Le président américain, Barack Obama, a dit hier espérer des « progrès significatifs » cette année au Proche-Orient malgré le raid israélien contre la flottille humanitaire destinée à Gaza. En recevant le président palestinien Mahmoud Abbas à la Maison-Blanche, M. Obama a estimé que ces progrès étaient possibles d'ici à la fin 2010, promettant que les États-Unis pèseraient « de tout leur poids » pour faire sortir le processus de paix de « l'impasse ». Des négociations de paix indirectes parrainées par les États-Unis et dites « de proximité » ont repris il y a un mois entre Israéliens et Palestiniens, premier timide résultat engrangé sur ce dossier érigé en priorité de politique étrangère par M. Obama.
Concernant la situation dans la bande de Gaza, qui fait l'objet d'un blocus israélien, M. Obama a promis que les États-Unis allaient allouer 400 millions de dollars d'aide civile aux Palestiniens pour construire des logements et des écoles. « Non seulement le statu quo à Gaza est-il intenable, mais le statu quo est aussi intenable au Proche-Orient, il est temps d'aller de l'avant, de progresser sur une solution à deux États », israélien et palestinien, a affirmé M. Obama. Cette nouvelle aide américaine répond à une demande de M. Abbas de financement de « projets vitaux dans la bande de Gaza », contrôlée par les islamistes du Hamas, selon le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat. De même source, ces fonds transiteront par l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (Unrwa).
M. Abbas a réaffirmé de son côté qu'il fallait que l'État hébreu lève le blocus, neuf jours après le raid israélien contre la flottille humanitaire qui a fait neuf tués et des dizaines de blessés parmi les passagers. À ce sujet, M. Obama a dit attendre d'Israël qu'il se conforme aux demandes du Conseil de sécurité de l'ONU dans le cadre de son enquête sur cet arraisonnement sanglant.
La visite du président de l'Autorité palestinienne à Washington devait initialement faire suite à celle du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. Mais ce dernier, dont les relations avec l'administration Obama ont traversé une passe houleuse en mars sur la question de la colonisation à Jérusalem-Est annexée, a coupé court à son voyage en Amérique du Nord la semaine dernière pour s'occuper des conséquences du raid de ses commandos de marine. Selon un haut responsable israélien, la visite de M. Netanyahu à la Maison-Blanche se produira d'ici à la fin du mois de juin. Pour sa part, M. Abbas devrait également rencontrer à Washington le conseiller de M. Obama pour la sécurité nationale, le général James Jones, et des élus du Congrès.
En soirée, les Palestiniens ont annoncé que l'émissaire américain, George Mitchell, sera dans la région la semaine prochaine pour faire avancer les pourparlers dits de « proximité ».
http://www.lorientlejour.com/category/Moyen+Orient+et+Monde/article/660434/Obama_espere_des_%3C%3C_progres_significatifs_%3E%3E_au_Proche-Orient.html

Une condamnation asiatique au massacre sioniste contre la flottille "Liberté"

[ 09/06/2010 - 11:05 ]
Istanbul – CPI

Le président turc, Abdullah Gül, a dit que tous les participants au sommet de la réaction et de la construction de la confiance en Asie sauf "Israël" ont condamné, le mardi 8/6, l'attaque sioniste contre la flottille "Liberté" qui transportait des aides humanitaires aux Palestiniens assiégés dans la Bande de Gaza en tuant et blessant des dizaines de solidaires étrangers dans les eaux internationales.
Gül qui dirige le sommet asien qui a fini ses travaux mardi à Istanbul, a dit que cette condamnation montre qu'"Israël" est devenue isolée et qu'elle souffrira les résultats négatives de son crime contre la Turquie.

Les enfants de Gaza manifestent en solidarité avec les humanitaires de la Flottille "Liberté"

[ 09/06/2010 - 11:33 ]
Gaza- CPI

 Des centaines d’enfants palestiniens ont manifesté, hier mardi 8/6, à Gaza et Rafah, en solidarité avec les humanitaires de la flottille internationale «liberté» qui ont été sauvagement agressés par l’occupation israélienne, lors d’un assaut criminel qui a fait 9 martyrs turcs et des dizaines de blessés parmi les pacifistes qui effectuaient un acte humanitaire visant à soulager la grande souffrance des habitants de la Bande de Gaza, totalement assiégés depuis 4 ans consécutifs.
Les enfants palestiniens ont symbolisé les bateaux de la flottille humanitaire en les dessinant sur des feuilles, exigeant la levée immédiate du blocus injuste, et en appelant à la condamnation des criminels sionistes qui ont perpétré ce crime très flagrant contre l’humanité (des pacifistes internationaux innocents).
Dans ce contexte, une centaine d’enfants se sont regroupés au centre de la ville de Rafah, au sud de la Bande de Gaza, près des frontières égyptiennes, en chantant et répétant : «Vive la Turquie, vive Erdogan».

L'occupation envahit la maison du martyr al-Serkaji et arrête son fils

[ 09/06/2010 - 12:10 ]
Naplouse – CPI

Les forces de l'occupation ont envahi, le mardi à l'aube 8/6, la maison du leader martyr, Youssef al-Serkaji, dans la ville de Naplouse, où elles ont arrêté son fils Mouaz al-Serkaji, un seul jour avant la fête de sa sortie de l'université nationale de Najah.
Des sources proches ont affirmé au centre palestinien d'information que les forces occupantes ont envahi la maison avant la prière de l'aube, où elles ont lancé une campagne de fouille avant d'arrêter et emmener Mouaz vers une direction inconnue.
Notons que les forces de l'occupation ont assassiné son père, le leader martyr Youssef al-Serkaji dans la ville de Naplouse avec trois autres palestiniens, en 2001.

Les rabbins sionistes envahissent la mosquée sainte d’Al Aqsa sous la protection de la police

[ 09/06/2010 - 12:55 ]
Gaza - CPI

Des sources palestiniennes bien informées ont souligné que des rabbins sionistes protégés par la police sioniste ont envahi hier mardi 8/6, les esplanades sacrées de la moquée sainte d’Al Aqsa, à travers l’entrée des Magrébins, en ajoutant que les soldats occupants ont monté sur le toit de la moquée, en effectuant une tournée sous des prétextes sécuritaires.
Le ministre des legs pieux et des affaires religieuses et chef du comité d’Al Qods occupée, Dr. Taleb Abou Chaar a renouvelé sa condamnation à l’agression et l'envahissement raciste sauvage de l’occupation israélienne et ses rabbins extrémistes contre la mosquée sainte d’Al Aqsa.
«Cet agression représente un crime qui s'oppose à toutes les lois, règles, normes et chartes internationales, humanitaires et religieuses», a contesté Taleb, lors d’une conférence de presse contre la profanation des lieux saints dans les territoires palestiniens occupés, notamment la mosquée d’Al Aqsa.
Le ministre a appelé tous les gouverneurs arabes, islamiques et les hommes libres au monde à presser sur la communauté internationale et prendre une position efficace pour l’arrêt immédiat des pratiques et violations sauvages des autorités sionistes et des colons sionistes extrémistes contre la sainte mosquée.

Des extrémistes sionistes agressent la mosquée d'Ebtine et écrivent des slogans racistes

[ 09/06/2010 - 13:11 ]
Haïfa – CPI

L'Association d'al-Aqsa pour les legs pieux et les patrimoines a déclaré que des extrémistes sionistes ont agressé, le mercredi à l'aube 8/6, la mosquée d'Omar Ben Khatab dans le village d'Ebtine, près de la colonie sioniste "Rakhasim", dans la ville de Haïfa.
Elle a souligné que les colons sionistes ont écrit des slogans racistes en appelant à la démolition des mosquées et en annonçant la guerre contre les arabes, notamment les habitants des régions de la Cisjordanie, et de se venger et attaquer les arabes et les musulmans.
"Ils ont causé de grands dommages aux voitures stationnées dans cet endroit", a ajouté l'organisation.
L'association d'al-Aqsa a montré que les colons sionistes ont attaqué également cette mosquée en 1988, en la brûlant et profanant le cimetière du village.
L'association voit que cette agression sioniste contre la mosquée d'Omar Ben Khatab dans le village d'Ebtine représente un crime sioniste dangereux contre des lieux de prière.
Finalement, l'Association a dit que l'occupation israélienne responsable des attaques contre cette mosquée en appelant à la poursuite et punition des sionistes coupables et criminels.

Hamdan : On refuse les propositions qui rendent légitime le blocus sioniste injuste

[ 09/06/2010 - 13:30 ]
Beyrouth - CPI

Le représentant du Hamas au Liban, Oussama Hamdan a affirmé que son mouvement n’accepte pas les propositions qui rendent légitime la continuation du blocus imposé injustement par l’occupation israélienne contre plus d’un million et demi d’habitants innocents de la Bande de Gaza, sous une protection internationale.
«Nous n’acceptons jamais des solutions qui sauvent l’occupation de sa crise et donnent la légitimité à son blocus arbitraire et illégal», a souligné Hamdan.
Les déclarations du leader du Hamas sont venues en commentaire aux déclarations de l’émissaire du Quartette pour le Moyen-Orient, Tony Blair, qui avait annoncé qu’il discute des propositions pour l’acheminement des marchandises vers Gaza, à condition que la sécurité d’Israël soit garantie, selon ses propos.
«Blair tente de donner la légitimité au blocus sioniste injuste et illégal contre la Bande de Gaza, et comme cela la communauté internationale commet de grandes bêtises», a protesté le leader du Hamas contre les déclarations de Blair, en estimant que ces déclarations ne sont qu’un signe très dangereux pour une nouvelle stratégie qui menace toute la région. 
Hamdan a souligné que le Hamas est prêt pour discuter de tous les moyens justes et légaux qui puissent contribuer à la levée du blocus et soulager l’énorme tragédie des habitants de la Bande de Gaza, en réaffirmant que le passage de Rafah n’a jamais été une issue de contrebande, mais pour faire entrer des aides humanitaire et des secours.

L’UNRWA : Le blocus contre Gaza est plus qu’une crise humanitaire

[ 09/06/2010 - 15:09 ]
Caire - CPI

 «Le blocus arbitraire sioniste imposé contre la Bande de Gaza est plus qu’une crise humanitaire simple, car il paralyse totalement tous les aspects et domaines de la vie palestinienne», a déclaré le commissaire général de l’agence onusienne (UNRWA) chargée du secours et du travail des réfugiés palestiniens, Philippo Grandi.
En renonçant au blocus injuste et appelant à sa levée immédiate, Grandi a ajouté : «Le blocus est devenu plus long que celui qui avait été imposé contre Sarajevo».
«L’embargo sioniste contre Gaza est illégal, honteux, inacceptable et catastrophique», a souligné le dirigeant onusien en critiquant fortement la continuation du blocus durant plus de 4 ans consécutifs.
Dans un communiqué régional de L’UNRWA publié, au Caire, le mardi 8/6, Philippo a porté la responsabilité toute entière envers les grandes souffrances des Gazaouis, sur la communauté internationale et l’occupation, en appelant les cotés concernés à assumer leur responsabilité et sauver plus d’un million et demi d'habitants de la Bande de Gaza totalement sinistrés, en indiquant que plus de 60% vivent sous le seuil de pauvreté, alors que 80% dépendent des aides humanitaires de l’ONU.
Le communiqué onusien a révélé aussi que les deux tiers des habitants de Gaza vivent sans abris, à cause de la dernière guerre de l’occupation (appelée opération plomb durci), tout en appelant les dirigeants internationaux à accomplir les décisions pour l’amélioration de la situation dans la Bande de Gaza et la reconstruction de ses infrastructures, en permettant l’acheminement des matières de construction.

Abou Zouhri : Abbas doit annoncer l'arrêt des négociations immédiatement

[ 09/06/2010 - 17:23 ]
Gaza – CPI

Le porte-parole du mouvement du Hamas, Dr. Sami Abou Zouhri, a appelé l'ex-président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, à annoncer devant le président américain, Barack Obama, l'arrêt des négociations avec l'entité sioniste.
Dans une déclaration de presse spéciale au centre palestinien d'information, Abou Zouhri a dit, le mercredi 9/6, que la coupure des négociations est une réponse naturelle au massacre perpétré par les forces pirates sionistes contre la flottille "Liberté", ainsi que les autres massacres et crimes sionistes contre le peuple palestinien.
Il a précisé que toute position prise par Abbas contre cette annonce représente une trahison à notre peuple et aux sangs des solidaires de la flotte "Liberté", en déclarant que son appel à la réconciliation n'est qu'une tentative pour couvrir sa position appelant à la poursuite des négociation avec l'occupation.
Notons que le président américain, Barack Obama rencontre aujourd'hui, Mahmoud Abbas, au milieu des analyses qui disent que cette rencontre vient dans le cadre de la couverture du crime sioniste perpétré contre le convoi de la liberté dans les eaux internationales et que la reprise des négociations directes ou indirectes fait partie d'un plan visant à frapper le travail et les pressions de la Turquie contre l'entité sioniste.

La résistance fait face à une invasion sioniste à l'est de Khan Younès

[ 09/06/2010 - 17:39 ]
Gaza – CPI

Les Sarayas d'al-Qods, la branche militaire du mouvement du Djihad islamique en Palestine ont annoncé, le mercredi après-midi 9/6, leur responsabilité dans l'explosion d'une charge explosive contrôlée sur un char sioniste de type (Mirkava), à l'est de la ville de Khan Younès, au sud de la Bande de Gaza.
De leur côté, les brigades de Nasser Salah Eddine, la branche militaire des comités de la résistance populaire, a adopté les tirs sur un regroupement de soldats sionistes, à l'Est du village de Khouza'a, au sud de la Bande de Gaza.
Quatre bulldozers sionistes accompagnés par trois chars ont envahi cette région, le mercredi 9/6, à travers le poste sioniste de Kisouffim, au milieu des tirs hasardeux sur les maisons résidentielles et ont rasé de grandes surfaces des terres agricoles sur les frontières du village d'al Karara, au nord de la ville de Khan Younès.
D'autres sources ont affirmé que 9 bulldozers militaires sionistes accompagnés par 5 chars ont envahi la région à une profondeur de 200 mètres à travers la porte d'al-Maleika, à l'Est de la ville de Gaza, en rasant de grandes surfaces des terres agricoles palestiniennes.

Une délégation du Hamas dirigée par Mechaal arrive à Khartoum

[ 09/06/2010 - 18:04 ]
Khartoum – CPI

Une délégation du mouvement du Hamas est arrivée, aujourd'hui mercredi, à la capitale soudanaise, Khartoum, sous la direction du chef du bureau politique, Khaled Mechaal, pour rencontrer le président soudanais, Omar al-Bachir et de nombreux responsables soudanais.
La délégation comporte également le vice-président du bureau politique du Hamas, Dr. Moussa Abou Marzouq, et les deux membres du Bureau politique, Ezzat el-Rachaq et Mohamed Nasr.

Haniyeh : Nous refusons les tentatives pour une levée figurative du blocus

[ 09/06/2010 - 19:20 ]
Gaza – CPI

Le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, a affirmé que le peuple palestinien refuse toute tentative pour une levée figurative et progressive du blocus tout en appelant à sa fin de façon définitive et réelle pour un respect digne au peuple palestinien.
Lors de sa réception à la délégation parlementaire égyptienne au siège du gouvernement, à Gaza, Haniyeh a dit, le mercredi 9/6, que certains côtés veulent rendre légitime le sévère blocus sioniste  contre la Bande de Gaza et ne cherchent pas à le finir, tout en soulignant que ces parties tentent aussi de revenir à des agendas refusés par le peuple palestinien.
Il a appelé à multiplier la campagne médiatique contre l'entité sioniste après son crime contre la flottille "Liberté".
"Les Gazaouis s'exposent à un blocus économique qui interdit toute importation ou exportation et politique à travers le boycottage du gouvernement, à Gaza, ainsi qu'un embargo sur le niveau humain en empêchant l'entrée des aides à la Bande de Gaza", a ajouté Haniyeh, tout en appelant l'Egypte à ouvrir le passage de Rafah de façon continuelle pour garantir le voyage des palestiniens et l'entrée des matières de construction de façon urgente à Gaza.
Au sujet du consensus national, le premier ministre palestinien a affirmé que son gouvernement insiste sur la réalisation de la réconciliation palestinienne et finir les désaccords internes, mais Salam Fayyad et son gouvernement illégal, à Ramallah, adoptent un autre choix loin de l'entente.
De son côté, le chef de la délégation des parlementaires égyptiens, le député Ahmed al-Baltaji, a affirmé qu'on va continuer d'organiser des campagnes de solidarité pour briser le blocus injuste contre Gaza.

Al-Kilani, maladie et souffrances dans les prisons israéliennes

[ 10/06/2010 - 01:11 ]
Al-Quds occupée – CPI

Les autorités pénitentiaires de l’occupation israélienne continuent de priver les Palestiniens enfermés dans leurs prisons de tout soin, hormis des cachets inutiles. Les souffrances sont encore plus intenses en ce qui concerne les captifs condamnés à de lourdes peines ; Zaïd Al-Kilani en fait partie.
Le captif Zaïd représente un exemple probant de tous ces maux dont souffrent les détenus, souffrances pourtant mêlées à de très fortes doses de volonté.
Al-Kilani est enfermé dans la prison israélienne de Jalbou où il endure un état de santé très sérieux, sans profiter d’aucun soin médical de la part de l’administration pénitentiaire. Cette administration pratique avec pas mal d’arrogance sa politique préméditée de négligence médicale. Les bourreaux israéliens jouent de la vie des captifs palestiniens.
Hadj Irsan Al-Kilani, le père de notre captif Zaïd, raconte l’arrestation de son fils. Les forces israéliennes d'occupation ont mis la main sur lui le 3 mars 2001, l’accusant d’avoir participé à une opération de résistance pratiquée par les brigades d’Al-Qassam à Wadi Araa. Un officier de l’armée d’occupation y a été tué, quatre soldats ont été blessés. Zaïd était gravement blessé lorsque les forces israéliennes d’occupation l’ont arrêté. Les soldats l’ont emmené vers leurs caves d’interrogation, sans aucun ménagement de son état, pourtant si grave. Puis les occupants israéliens l’ont condamné à une perpétuité plus quarante ans !
Ont-ils peur de cet homme lourdement malade ? En effet, dit le père : « Dans l’opération, mon fils a perdu son œil gauche. Maintenant, c’est son œil droit qui commence à fonctionner de plus en plus mal. Il a aussi perdu sa main gauche et les doigts de sa main droite. Il a été grièvement blessé au ventre ».
L’absence de soin médical
Zaïd a besoin de plusieurs opérations médicales et à un suivi continuel, rapporte le père de rapports médicaux. Cependant, l’administration pénitentiaire n’applique même pas les instructions de ses médecins. L’état du malade n’arrête alors de s’empirer.
La famille d’Al-Kilani a déjà perdu un garçon et elle n’est pas au bout de ses peines. Elle l’a perdu au début de l’Intifada d’Al-Aqsa. Les forces israéliennes d'occupation l’ont criblé de balles réelles ; il participait dans une manifestation pacifique contre le passage de Sharon dans la sainte mosquée d’Al-Aqsa.
Interdiction de visite
Cachées derrière des excuses sécuritaires, les autorités de l’occupation israélienne interdisent à sa femme de lui rendre visite. C’est au père, très âgé, de le faire.
Ce n’est pas pour des raisons sécuritaires que les occupants israéliens l’empêchent de lui rendre visite depuis plus de neuf ans, mais cela fait partie de cette punition collective sioniste pratiquée contre le peuple palestinien, dit Mme Sohad, la femme du captif.
Pour une fois, elle a eu une permission de visite. Mais le jour J, la Cisjordanie était sous ce régime répété d’encerclement. L’interdiction revient encore en charge. Toutes les institutions juridiques n’ont rien pu faire pour cette famille dont le fils est lourdement malade et passe sa vie derrière les barreaux de l’occupation israélienne.
Enfin, sa femme dit que les médecins israéliens eux-mêmes confirment que l’œil droit du captif a besoin d’une opération urgente. Toutefois, l’administration pénitentiaire israélienne l’interdit. Elle appelle alors les institutions juridiques à intervenir de façon urgente pour pratiquer cette opération.

Pour le journal Le Monde, Gaza est en Israel !

Publié le 10-06-2010
On venait justement de parler de la presse française ! Cela fait longtemps que l’on sait à quoi s’en tenir sur Le Monde. Mais là, il se lâche carrément, en allant jusqu’à nous dire que Gaza est en Israël. L’Iran ne peut pas envoyer des bateaux humanitaires à Gaza, car son gouvernement ne reconnait pas Israël, explique La Voix de son Maître. C’EST ECRIT EN TOUTES LETTRES !

Ci-dessous l’article intitulé : "Des bateaux libanais et iraniens devraient partir pour Gaza"
LEMONDE.FR | 09.06.10 | 20h46
"Des bateaux libanais et iraniens devraient se diriger vers Gaza dans le courant de la semaine prochaine, mais leurs chances d’arriver à destination sont quasi nulles, Israël ayant dit à plusieurs reprises qu’il empêcherait toute tentative de passer outre le blocus.
Le bateau Naji-el-Ali (nom d’un caricaturiste palestinien) quittera le Liban avec à son bord des journalistes et du matériel scolaire pour les enfants. Yasser Kashlak, président du mouvement Palestine libre, qui organise ce convoi avec l’association libanaise Reporters sans chaînes, a déclaré que cette nouvelle campagne servira à transporter des journalistes et invité "toutes les personnes qui se considèrent comme libres" à y participer.
Ghassan Jaafar, président du Rassemblement national et démocratique des médecins (organisation libanaise), a également lancé un appel aux professionnels de la médecine pour les inviter à prendre part à cette deuxième flottille et aider le personnel des hôpitaux une fois à Gaza.
PROVOCATION
De son côté, le Croissant-Rouge – équivalent de la Croix-Rouge dans le monde musulman – iranien a annoncé, lundi 7 juin, qu’il allait envoyer trois bateaux avec "de la nourriture et des volontaires humanitaires" et un avion rempli de 30 tonnes d’aide humanitaire à Gaza.
Cette nouvelle tentative iranienne semble s’apparenter à une provocation, Téhéran ne reconnaissant pas l’Etat d’Israël. Les Gardiens de la révolution, armée idéologique du régime iranien, ont fait savoir qu’ils pourraient escorter la flottille humanitaire "en faisant usage de leurs capacités et équipements". En 2009, l’Iran avait déjà tenté d’envoyer de l’aide humanitaire. Le bateau, affrété par le Croissant-Rouge, avait été empêché d’accoster à Gaza par la marine israélienne. Il avait finalement déchargé sa cargaison dans un port égyptien.
La diplomatie américaine a accueilli négativement l’annonce de l’Iran. "Je ne pense pas que les intentions de l’Iran vis-à-vis de Gaza soient bienveillantes", a commenté le porte-parole Philip Crowley. "Nous essayons de notre côté de trouver le moyen d’augmenter l’aide qui arrive au peuple de Gaza", a-t-il également affirmé.
Enfin, le mouvement Free Gaza ("Liberté pour Gaza"), à l’initiative de l’envoi de la première flottille, avait indiqué qu’il tenterait une nouvelle fois de briser le blocus "dans les deux prochains mois". "Nous reviendrons", promettait-il dans un communiqué."
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2010/06/09/des-bateaux-libanais-et-iraniens-vont-partir-pour-gaza_1370384_3218.html#xtor=AL-32280340
(On appréciera au passage Obama en train de craindre que "les intentions de l’Iran vis-à-vis de Gaza" ne soient pas bienveillantes" ! Ecrit au premier degré ! Et après ils s’étonnent de ne plus avoir de lecteurs ! )
CAPJPO-EuroPalestine

Un article que l’on ne risque pas d’en lire dans la presse française

Publié le 10-06-2010
Article de Stéphane Gendron paru dimanche dans le grand quotidien canadien, le Journal de Montréal, sans être censuré ! Il parait qu’Ehud Barak arrive en France la semaine prochaine. Ce n’est pas la peine de vous attarder dans les kiosques et de jeter votre argent par-dessus les fenêtres : la presse française de "révérence" s’écrasera, comme d’habitude.

Bienvenue au Canada !
par Stéphane Gendron
"C’est en ces termes que Stephen Harper a souligné la venue du premier ministre israélien au Canada dans la foulée de la tuerie d’Israël envers les militants de la flottille de la liberté, naviguant de l’Europe en faveur des citoyens emprisonnés dans le camp de concentration des temps modernes que représente la Bande de Gaza. Dégueulasse et répugnant. J’ai jamais eu honte à ce point d’être Canadien.
Car à la face de la planète, le Canada est devenu le pauvre caniche de l’État sioniste d’Israël. Un gouvernement digne des plus grands criminels contre l’Humanité. Dix-neuf personnes tout juste exécutées, l’odeur de sang encore sur le bras d’Israël qui nous déverse depuis hier sa désinformation à travers les micros du monde entier : « Nous avons dû agir envers ces terroristes infiltrés par l’Iran et le Hamas ». Mensonge et démagogie meurtrière.
Stephen Harper -au lieu de convoquer l’ambassadeur d’Israël à son bureau et lui demander des comptes -en rajoute : « Je suis désolé que cet événement porte ombrage à votre visite. Mais je suis ravi que nous ayons pu nous rencontrer dimanche soir et aujourd’hui. Nous avons eu des discussions importantes. Bienvenue au Canada encore une fois. » J’ai mal d’entendre ces paroles aussi stupides de la bouche d’un chef d’État comme le nôtre.
Quand c’est Israël, on nous sert toujours le plat réchauffé de la défense à l’encontre du terrorisme. Personne dans la Communauté internationale n’ose ramener à l’ordre ce petit pays illégitime qui a pourtant pratiqué le nettoyage ethnique de toute une nation pour assouvir sa soif de souveraineté en 1948 lors de sa « guerre d’indépendance ». Parce que, pendant que l’Europe était occupée à panser ses plaies du drame horrible de l’Holocauste où l’on a vu disparaître six millions de juifs au nom de la folie humaine, les terroristes sionistes menaient un carnage en règle contre les occupants de la Palestine, vidaient des villages entiers et détruisaient tout sur leur passage. Ras-le-bol
Comment expliquer à Stephen Harper le triste sort d’un enfant emprisonné parce qu’il n’a d’autre arme que des pierres pour se défendre contre un État meurtrier digne des pires années de l’apartheid en Afrique du Sud ? Ce même Israël qui a tué sa famille tout en le reléguant dans une prison à ciel ouvert autour d’un mur de 25 pieds de haut, dans les immondices et le manque de matières de première nécessité ? Et on s’étonne que le germe du terrorisme puisse prendre racine à Gaza ?
Qui sème le vent récolte la tempête. Voilà la devise de l’état illégitime d’Israël. Et je ne suis pas le seul à le penser. Plusieurs juifs en ont ras le bol de cet État guerrier qui utilise la Shoah pour faire taire toutes les critiques et qui nous plante le pseudo-terrorisme qu’il a lui-même attisé pour justifier ses actes de barbarie. Israël possède l’arme nucléaire, mais on s’émeut que l’Iran puisse en faire autant. On a pendu Saddam Hussein pour son crime envers les Kurdes, mais on a passé l’éponge sur le massacre de populations palestiniennes au nom de la sécurité nationale.
Vous me répugnez tous avec votre complaisance envers un État qui aurait dû être traduit devant les tribunaux pour crimes de guerre contre l’Humanité. Dites-moi, Stephen Harper : quelle est la différence entre le ghetto de Varsovie et le camp de concentration de Gaza ?"
CAPJPO-EuroPalestine

Jamal, à bord du Marmara : un témoignage qui fait froid dans le dos

Publié le 10-06-2010
Jamal Elshayyal, citoyen britannique, raconte en détail l’attaque israélienne, comment il a été kidnappé, détenu, volé, ainsi que l’absence totale de réaction de son gouvernement.

Tout d’abord, je dois m’excuser d’avoir pris si longtemps pour mettre à jour mon blog. Les événements des derniers jours ont été fiévreux, pour ne pas dire plus, et je suis encore en train d’essayer de tirer au clair ce qui s’est produit.
Voilà une semaine à cette même heure que je me trouvais sur le pont supérieur du Mavi Marmara, et que j’ai d’abord aperçu au loin des navires de guerre israéliens, tandis qu’ils s’approchaient de la flotille humanitaire. Je n’imaginais guère combien ce qui allait bientôt se produire serait meurtrier et sanglant.
Ce que je vais écrire ici est factuel, jusqu’au dernier mot. Rien n’est de l’ordre de l’opinion ni de l’analyse, et c’est à vous, lecteur, que j’en laisse le soin.
Après avoir repéré les navires de guerre à distance (aux environs de onze heures du soir), les organisateurs ont enjoint aux passagers d’enfiler leurs gilets de sauvetage et de rester à l’intérieur tandis qu’ils géraient la situation. Les navires de guerre et les hélicoptères qui les accompagnaient sont restés au loin durant plusieurs heures.
A deux heures du matin, heure locale, les organisateurs m’ont appris qu’ils avaient modifié le trajet du bateau, le plus loin possible d’Israël, le plus profondément possible dans les eaux internationales. Ils ne souhaitaient pas de confrontation avec l’armée israélienne, du moins pas de nuit. Juste après quatre heures du matin, les Israéliens ont attaqué le bateau, dans les eaux internationales et hors de toute provocation. Ils ont utilisé des gaz lacrymogènes, lancé des grenades assourdissantes, et des balles d’acier gainées de caoutchouc ont été tirées de presque toutes les directions.
Des douzaines de canots rapides transportant en moyenne quinze à vingt soldats israéliens, armés jusqu’aux dents, ont cerné le Mavi Marmara qui transportait quelque six cents civils non armés. A un moment, deux hélicoptères rôdaient au-dessus du bateau. Des commandos à bord des canots à moteur se sont joints à la fusillade, utilisant des balles explosives avant qu’aucun des soldats n’ait pris pied sur le bateau.
Deux civils non armés ont été tués à quelques mètres de moi. Des douzaines de civils non armés ont été blessés sous mes yeux mêmes.
L’un des soldats israéliens, armé d’un lourd fusil automatique et d’un pistolet, a été maîtrisé par plusieurs passagers, qui l’ont désarmé. Ils n’ont pas fait usage de ses armes mais les ont jetées à la mer par-dessus bord.
Après ce qui a paru durer une trentaine de minutes, des passagers du bateau ont levé un drapeau blanc. L’armée israélienne a continué à tirer des balles explosives. Les organisateurs du bateau ont annoncé par haut-parleur la reddition du bateau. L’armée israélienne a continué à tirer des balles explosives.
J’ai été le dernier à quitter le pont supérieur. En bas, dans les dortoirs, tous les passagers s’étaient regroupés. Etat de choc, colère, peur, humiliation, chaos. Des médecins couraient dans toutes les directions en tentant de soigner les blessés, il y avait du sang sur le sol, des larmes coulaient sur les visages des gens, des cris de douleur et de deuil s’entendaient partout. La mort était dans l’air. Trois civils grièvement blessés étaient soignés à même le sol de l’espace de réception du bateau, leurs vêtements trempés de sang. Des passagers se tenaient à côté, en état de choc ; quelques-uns récitaient des versets du Coran pour les apaiser, les médecins tentaient désespérément de sauver les blessés.
Plusieurs annonces ont été faites par haut-parleur en hébreu, en arabe et en anglais. « Ceci est un message à l’armée israélienne, nous nous sommes rendus. Nous ne sommes pas armés. Nous avons des blessés graves. S’il vous plaît, venez les chercher. Nous n’attaquerons pas ». Il n’y a pas eu de réponse.
Un des passagers, membre du parlement israélien, a écrit en hébreu une pancarte avec exactement le même message ; elle le portait en même temps qu’un drapeau blanc et s’est approchée des fenêtres à l’extérieur desquelles les soldats israéliens se tenaient debout. Ils ont pointé vers sa tête leurs fusils à guidage laser et l’ont obligée à s’écarter.
Un citoyen britannique a fait la même tentative avec une pancarte en anglais mais en portant un drapeau britannique et en se dirigeant vers d’autres soldats postés à d’autres fenêtres. Ils ont répondu de la même manière.
Trois heures plus tard, la mort des trois blessés était avérée. Les soldats israéliens qui leur avaient refusé les soins avaient réussi là où leurs collègues avaient échoué en prenant ces hommes pour cibles de leurs balles.
Vers huit heures du matin, l’armée israélienne a pénétré dans la zone des dortoirs. Ils ont menotté les passagers. J’ai été jeté au sol, les mains liées derrière le dos, dans l’impossibilité de bouger d’un pouce. J’ai été emmené au pont supérieur, où se trouvaient les autres passagers, forcé à rester accroupi sous le soleil brûlant.
L’un des passagers avait les mains si étroitement liées que ses poignets prenaient toutes sortes de couleurs. Quand il a demandé qu’on desserre les menottes, un soldat israélien les a serrées encore davantage. Le cri qu’il a poussé m’a glacé jusqu’aux moelles.
J’ai demandé à aller aux toilettes. J’en ai été empêché, et le soldat israélien m’a dit d’uriner là où j’étais, dans mes vêtements. Je n’ai été autorisé à bouger que trois ou quatre heures plus tard.
J’ai alors été, avec les autres passagers, reconduit vers les dortoirs. L’endroit était dévasté, ressemblant à la suite d’un tremblement de terre. Je suis resté sur le bateau, assis, sans aucune nourriture ni boisson, si ce n’est trois gorgées d’eau, pendant plus de vingt-quatre heures. Durant tout ce temps, des soldats israéliens maintenaient leurs fusils pointés vers nous, le doigt sur la gâchette. Durant plus de vingt-quatre heures.
J’ai ensuite été emmené du bateau vers Ashod où il m’a été demandé de signer un ordre d’expulsion, lequel disait que j’étais entré illégalement en Israël et que j’acceptais mon expulsion. J’ai dit à l’officier que, en fait, je n’étais pas entré en Israël mais que l’armée israélienne m’avait kidnappé dans les eaux internationales et conduit en Israël contre ma volonté ; par conséquent, je ne pouvais pas signer le document.
Mon passeport m’a été enlevé. On m’a dit que j’allais être emprisonné. C’est seulement à ce moment –là que mes mains ont été détachées. J’ai passé plus de 24 heures avec les mains liées derrière le dos, sans rien à manger et en ayant à peine quelque chose à boire.
A l’arrivée à la prison, j’ai été placé dans une cellule avec trois autres passagers. La cellule mesurait à peu près trois mètres sur trois mètres et demi. J’ai passé plus de vingt-quatre heures en prison, sans l’autorisation de passer un seul coup de téléphone.
Le consulat britannique n’est pas venu me voir. Je n’ai pas vu d’avocat.
Il n’y avait pas d’eau chaude pour une douche. L’unique repas était du pain surgelé et des pommes de terre.
La seule raison pour laquelle je pense avoir été libéré est que les prisonniers turcs sont refusé de partir sans que soient aussi libérés les ressortissants d’autres nationalités (ceux dont les consulats n’étaient pas venus pour leur élargissement).
On m’a conduit à l’aéroport Ben Gourion. Quand j’ai réclamé mon passeport, le fonctionnaire israélien m’a présenté un morceau de papier en me disant : « Félicitations, voici votre nouveau passeport ». J’ai répondu : « Vous plaisantez, vous avez mon passeport ». A quoi le fonctionnaire israélien a répondu : « Portez donc plainte contre moi ! ». Puis on m’a de nouveau demandé de signer un ordre d’expulsion, ce que j’ai de nouveau refusé.
On m’a placé dans un avion à destination d’Istanbul.
Des soldats israéliens masqués et des commandos m’ont kidnappé dans les eaux internationales.
Des fonctionnaires israéliens en uniforme m’ont détenu derrière des barreaux.
Le gouvernement britannique n’a pas levé le petit doigt pour m’aider. A ce jour, je n’ai rien vu ni entendu d’un fonctionnaire britannique.
Le gouvernement israélien a volé mon passeport. Le gouvernement israélien a volé mon ordinateur portable, deux appareils-photo, trois téléphones, 1500 dollars et tout ce que j’avais sur moi.
Mon gouvernement, le gouvernement britannique, n’a même pas reconnu mon existence.
J’ai été enlevé par Israël. J’ai été abandonné par mon pays.
(Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine)
CAPJPO-EuroPalestine