vendredi 18 septembre 2009

Voyage au Proche Orient

Palestine - 18-09-2009
Par Nadir Dendoune
Nadir Dendoune est journaliste, et auteur notamment d’un livre, "Lettre Ouverte à un fils d’immigré", éditions Danger Public.
Israël-Palestine, voyage au cœur des peuples (1)
Les villes ressemblent aux gens, le temps les fait changer. Parfois en bien, souvent en mal. A Jérusalem, capitale convoitée par les trois religions monothéistes, le temps est trop pressé pour s’arrêter. Sept années se sont écoulées depuis ma dernière visite. Arafat était coincé dans son palais, les chars israéliens encerclaient sa demeure et la partie arabe de la ville sainte retenait son souffle. On arrive par l’aéroport de Tel-Aviv et dès le début, on sait qu’avec sa gueule de métèque et son patronyme bien muslim, on va devoir passer de bureau en bureau pour subir un interrogatoire.
























L'agriculteur de Qalqilia (voir ci-dessous "A Qalquilia, l'eau coule en sanglots" (photo N. Dendoune)


On essaie tout de même d’afficher son meilleur sourire quand on présente son passeport à la nana de la douane. Elle vous demande votre prénom et votre nom, elle oublie le bonjour, elle ne sait pas lire, je me mets à penser, mais je réponds Nadir Dendoune, j’ajoute je suis né à Paris, histoire de brouiller les pistes et pour qu’elle croit que je suis un digne héritier de Charlemagne. Le nom de mon père ? La filiation, elle veut savoir les origines. C’est Mohand, je réponds, immigré algérien analphabète, venu prêter main forte à la France dans les années 50. Elle sourit, c’est un sourire de façade pour mieux attaquer derrière. « Va attendre dans la pièce là-bas », qu’elle me lance, en montrant avec son index une sorte de salle d’attente plantée sur le côté gauche de l’aéroport.

Ils finiront par me laisser entrer, je suis Français, même si j’ai trop pris le soleil, je suis également journaliste, carte de presse 106731, document installé sagement à l’intérieur de la poche de mon pantalon. Je ne suis pas seul à être suspecté de quelque chose. Beaucoup de « têtes cramées » attendent sagement sur un fauteuil confortable mais il y a aussi quelques hippies à la peau blanche, sans doute des gauchistes. Une télé crache un programme en hébreu. Les gens n’osent pas parler. Il y a une caméra cachée juste derrière la machine à café, je l’ai vue en arrivant, certains ne l’ont pas aperçue, mais tout le monde doit savoir que quelqu’un nous filme. On t’appelle, ils écorchent les noms, alors personne n’est certain que c’est bien soi qu’on vient chercher. On nous emmène dans une pièce, et on redemande le prénom, le nom, et le nom du père, amen ! On veut savoir pourquoi on vient en Israël, ils trouvent étrange que des personnes veulent juste visiter et que le tourisme c’est international.

Ils ont besoin de deux adresses email, une professionnelle et une personnelle, et comme on a qu’une seule envie : c’est de sortir de ce putain d’aéroport, on finit par abdiquer. Ils gardent votre passeport et vous demandent de revenir dans la salle d’attente.

L’horloge tourne. Ils ont le temps. Tic-Tac, Tic-Tac. Une nana, une blonde pétillante, semble contrariée. J’engage la conversation avec elle. Elle me reconnait : on était ensemble en business class avec la Swiss Air, on avait un billet en classe éco et on nous avait tous les deux, « upgraded ». Elle est Belge. Elle a voulu jouer l’honnêteté avec les douaniers, elle leur a dit qu’elle allait en Cisjordanie. Il ne faut jamais dire qu’on va rendre visite aux Palestiniens. Beau contact, on se raconte nos vies, pas de problème de branchement.

D’autres filles sont assises à côté, des Bougnoules-Américaines. Pour les Israéliens, des Américains de seconde classe.
L’une d’entre elle n’a pas 13 ans. C’est ridicule. Je balance une vanne. Tout le monde explose de rire. Je suis de nouveau appelé. La même putain de question : le prénom, le nom et le prénom de mon père. Je pense qu’il vaut mieux éviter de venir en Israël, si on vient juste de perdre son daron, imaginez : avoir à dire plusieurs fois le prénom de son papa qui vient de partir …Le gars a l’air sympa : good cop-bad cop, vieille ruse à deux shekels, la monnaie locale. On se détend. Les raisons de mon voyage en Israël ? Du tourisme, je réponds, et puis si j’ai le temps, peut-être un, ou deux reportages, faut voir. Je voyage avec une mini-caméra, et comme elle fait pro, il se doute bien que je vais m’en servir. Il me demande dans quelles villes je compte me rendre, si j’ai déjà un numéro de téléphone israélien, si j’ai de la famille ici ou des amis, tu me fais chier, j’aimerais lui balancer à la figure. J’attends déjà depuis près de deux heures et c’est pas tout Simone, mais j’ai un autre bus à prendre pour aller à Jérusalem. « Bon, je finis pas lui dire, google mon nom, et tu verras qui je suis». « C’est déjà fait, me réponds-il, tu peux partir ».


Jérusalem n'est plus la même (2)

Dans quelques années, on ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. Jérusalem n’est plus la même. Elle est toujours aussi belle, avec ses mosquées, ses synagogues et ses églises, ses souks et ses cafés, mais elle est devenue méchante. L’est de la ville, la partie arabe, se judaïse en accéléré. Sans complexe, les colons débarquent, munis de titres de propriété certifiés par un juge, donc, par l’État et brisent des foyers, pour ne pas dire des vies. Sans honte, avec l’aide de la police, ils viennent a l’aube, se saisir des maisons des familles palestiniennes, installées parfois depuis plus de cinquante ans.

L’Etat ’hébreu’ (des Chrétiens, des Musulmans et des Athées vivent dans ce territoire) rappelle que « Jérusalem est la capitale une et indivisible d’Israël » (même si aucun pays au monde ne reconnaît l’occupation de la partie orientale de la ville), une façon pour le gouvernement de faire ce qu’il veut, quand il le veut.

Dans le quartier de Sheikh Jarrah, la famille Hanoune est installée depuis 1952. A l’aube, la police a débarqué chez eux, les colons, tels des rapaces, suivaient derrière. Ils se sont retrouvés dehors, à peine le temps d’emmener leurs affaires, ils avaient reçu un avis d’expulsion en bonne et du forme. Le juge avait tranché : cette maison appartient à des Juifs, ils doivent quitter les lieux. Je rencontre la maman, elle rode autour de chez elle, sa fille l’accompagne. Des manifestants arrivent au compte-goutte. La police laisse passer, on peut même s’approcher de la maison violée. Merci pour son zeste de démocratie. Scène surréaliste quand un colon rentre chez sa nouvelle demeure avec un pack d’eau dans les bras. Comme s’il avait toujours vécu ici. Je me dis comment va-t-il pouvoir dormir ici ce soir, comment arrive-t-il à respirer dans une maison qui n’est pas la sienne ? Il croise le regard de l’ancienne propriétaire et il continue à avancer.

L’humanité a été licenciée chez cet homme et je ressens un profond dégout pour lui. Les slogans fusent. La pression monte. Il y a beaucoup d’occidentaux mais aussi des Israéliens, des "traîtres", pour la plupart des gens. 200.000 Israéliens vivent désormais dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-Est. Un chiffre qui augmente tous les ans. Et rien ne semble les arrêter. Surtout pas les États-Unis : Hillary Clinton, le ministre des Affaires Étrangères américain vient de demander du bout des lèvres le gel des colonisations pendant un an. Belle farce. Elle aurait dû fermer sa gueule !


"La prison, ça a la même gueule partout" (3)

La prison, ça a la même gueule partout. C’est juste le goût qui change. En Israël, dans la seule démocratie du Moyen-Orient (ne rigolez pas !), la zonzon ressemble, à première vue, aux geôles des pays « civilisés » : un passage dans un commissariat, une GAV (garde à vue), la possibilité de passer un coup de fil, de boire un verre d’eau, de bouffer un bout de pain, on vous lit même vos droits, et on peut aussi plaisanter avec les officiers sans se prendre une baffe dans la tronche.

C’était un mardi, soleil toujours au zénith, une chaleur de réchaud à gaz. Une famille de Palestiniens du quartier de Sheik Jarrah, à Jérusalem-Est, venait de se faire chourer leur maison. Leur expulsion était légale puisque le juge avait donné son accord. Les Colons, (cœur de pierre), certain que la Terre d’Israël leur appartient, n’avaient pas perdu une minute et on les voyait regarder les news, sagement installé sur leur canapé-lit. Quelques journalistes étaient présents. Pas la foule des conseils de ministres. Les policiers étaient postés devant la maison des nouveaux propriétaires.

On a vu le bras armé de l’Etat partir quelques minutes en direction de leurs voitures garées plus haut, une feinte pour nous piéger. On s’est approchés sans se méfier et on a profité de leur absence pour mitrailler la maison maudite. Les flics sont revenus très vite en petit groupe, ont bloqué toutes les entrées-sorties. L’un d’eux a voulu arracher mon appareil-photo. J’ai vu dans ses yeux qu’il était la réincarnation du vice. Je l’avais déjà croisé il y a quelques jours et on ne s’aimait pas, il m’avait foutu des coups de latte dans le pied pour que je dégage, je l’avais photographié de près et plus si affinités.

C’était du passé. Je me suis reculé et j’ai donné mon appareil à une autre collègue. Je me suis retourné, j’ai vu une ombre derrière. D’autres policiers sont arrivés en courant : des rhinocéros qui devenaient loufoques et qui se mettaient à charger. J’ai arrêté tout mouvement, j’ai mis mes mains vers le ciel, de peur d’être massacrés.

Les flics sont sanguins, certains font ce métier pour cogner sur les gens, ça les rend tout dur au niveau de la braguette. Ils criaient en hébreu, cette langue est déjà assez agressive comme ça sans qu’on en rajoute dans les décibels. Ils m’ont saisi, on n’est pas au marché j’ai pensé, j’étais comme un sac de pommes de terre qu’on transporte sans ménagement. Ensuite, ils m’ont enfermé dans leur voiture pin-pon. Des coups de poings ont atterri sur mon ventre, et des insultes ont fusé : « On va te tuer, tu crois que tu peux faire ce que tu veux ici ». Ils ont pris mon passeport et ils ont insisté sur mon prénom : «T’es un Arabe, pas Français, un muslim ». Ils auraient pu dire un Palestinien. C’était ça l’idée.

Je suis resté silencieux, j’ai planté mon regard dans le vide pour chercher autre chose. Je voyais au loin mes collègues s’inquiéter de mon sort, je les voyais, ils étaient à distance, empêchés par l’armée d’avancer. La camionnette est partie, ça sentait le roquefort moisi.

Au commissariat, on m’a demandé mon prénom, mon nom et le nom de mon père. J’ai répondu, je suis relou comme mec mais je suis poli. Je me suis assis sur une chaise, je n’avais pas les menottes. A moitié libre. Un flic est arrivé, bonne gueule, un anglais parfait. C’était le policier gentil, comme on en trouve dans tous les commissariats du monde. On a rigolé, je ne voulais pas rire avec lui, parce que je les connais, ce sont tous des pourris.

Une heure est passée et il a voulu savoir mon prénom, mon nom et le nom de mon père. J’ai répondu. Un collègue a montré son corps et son sourire dans la pièce où nous étions, j’ai été surpris de le voir, les policiers l’avaient laissé entrer. Ca m’a rassuré, je n’étais pas perçu comme un criminel. Il est resté à mes côtés. Le flic-bonne-gueule nous a demandé de sortir et d’attendre sagement sur une chaise. On a parlé de la situation qu’on était en train de vivre. Le taxi avec lequel était venu mon confrère nous attendait en bas depuis un bon bout de temps. Le chauffeur est monté pour voir dans quel sens notre affaire se dirigeait, s’il y allait avoir un sens interdit ou si on allait pouvoir reprendre la route sur une autoroute cinq voies. Un vrai moulin ce commissariat, je me suis dit. Le policier bien gentil a demandé à mon acolyte de redescendre, il souhaitait vérifier quelque chose avec moi. Je ne me suis pas méfié, il avait été tellement sympa. J’avais même oublié un moment que j’étais un Arabe dans un commissariat israélien. Il a souri, ses mains sur ses hanches, il a dit, j’ai une mauvaise nouvelle, tu es arrêté, tu as le droit de garder le silence, tout ce que tu diras pourra être retenu contre toi, etc…Comme à Hollywood. J’ai pas cru à son histoire, j’ai répondu tu rigoles, c’est une farce, moi en prison ? Il avait l’air désolé, c’était pas sa faute. Il avait essayé de convaincre ses chefs, il leur avait dit c’est un bon gars ce Français-Arabe dont le père se prénomme Mohand. Il m’a dit dix fois je suis désolé, je t’aime bien, tu as l’air correct. Je me suis énervé, je lui ai dit ne me parle plus, tu m’as bien eu avec ta gentillesse à deux shekels.

J’ai attendu dans une autre salle et j’ai eu le droit aux menottes en ferraille. J’avais oublié quel goût elles avaient. J’étais dégoûté mais je devais garder le moral. Il y a eu un moment de flottement, où rien ne se passe, où tout se fige. Les policiers criaient, leurs voix me tapaient sur le système humain. Je ne les aime pas, je crois que je ne les aimerais jamais, je dis ce que je pense. Je n’ai rien à vendre.

On m’a fait sortir du magasin de police, menotté en haut et en bas, Guantanamo style. Je suis monté dans une fourgonnette, des gens m’ont regardé, je faisais terro. La nuit avait mis un coup de latte au jour quand je suis arrivé à la Prison, dans le quartier russe de la ville, une tôle connue pour les sévices infligés aux prisonniers palestiniens. J’ai redit mon prénom, mon nom et le nom de mon père : Mohand. J’étais fier du prénom de mon daron. J’ai rendu mes effets, mes thunes, vingt shekels, une ceinture en cuir acheté aux Puces de Clignancourt. Ensuite, on m’a mis tout nu, heureusement que je suis tout en muscle, je me suis senti moins humilié.

On m’a redemandé mon prénom, mon nom et le nom de mon père. Je me suis énervé et j’ai dit regarde sur mon passeport ! J’ai attendu dans une cage individuelle, à l’intérieur, un banc en pierre. J’avais toujours les menottes et les chaines autour des chevilles, comme au temps de la traite des Noirs, dans le pays le plus démocratique du Moyen-Orient. Je voulais dormir. Je somnolais, un type est entré. Mon prénom, mon nom et le nom de mon père. Je me suis rendormi. Il m’a tapoté l’épaule pour que je me réveille. J’ai pas répondu, faut arrêter de me prendre pour un con. Il est ressorti.

Une heure s’est écoulée et un autre gars m’a dit de le suivre. On a marché dans les corridors, les cages étaient remplies de prisonniers. J’ai croisé des taulards et je les ai salué en muslim, le maton a pas aimé et a commencé à s’exciter. Il m’a tiré par le bras pour me remettre dans son droit chemin. Ensuite, on m’a dit d’attendre devant une porte, le numéro 10 inscrit en grosses lettres dessus, le numéro de Zidane en équipe de France. Je suis entré.

Je n’étais pas seul, salaam alikoum j’ai dit, à l’intérieur, ils avaient tous des têtes de Bougnoules. La porte s’est refermée. Neuf Palestiniens m’ont regardé, j’avais un short à la mode et un t-shirt siglé 93, le département de la dignité. Ils m’ont demandé d’où je venais : j’ai menti à moitié : j’ai dit que j’étais Algérien. On m’a filé à boire, des choses à grignoter, mais on m’a surtout souri.

Mon lit était celui à gauche de la porte. On a ri, des blagues sur l’autre Sexe, ça marche toujours, désolé la gente féminine ! On est parti dormir, pas pour longtemps, la lumière s’est allumée. Une lumière collective, les matons peuvent l’actionner à tout moment. Un gardien est entré avec arrogance et les autres se sont levés. Je suis resté dans mon pieu : je ne connaissais pas encore les règles du jeu de la démocratie. Il m’a gueulé dessus, ou peut-être qu’il parlait toujours de cette façon. Nos prénoms, nos noms et le nom de nos pères. J’avais jamais dit Mohand autant de fois dans une soirée. Redodo. Puis, de nouveau, la lumière s’amuse…J’ai fermé les yeux pour les rouvrir une nouvelle fois. Cette fois-ci, je me suis levé en même temps que les autres prisonniers. Tournez manège. Ca a duré jusqu’au petit matin.

Le jour s’est levé sans les croissants, juste du pain sec et un œuf dur. Welcome to Israël, the only democracy in the Middle East. Une petite ballade dans une cour carrée pour détendre les muscles et pour se jauger entre prisonniers. Beaucoup de Palestiniens mais aussi des Juifs. Ils sont rarement dans les mêmes cellules. Les matons sont plus corrects avec les Juifs. L’heure du transfert chez le juge. Une heure pour sortir de la prison. Les chaines aux chevilles, menottes aux mains, on monte dans un camion.

Au palais de justice, on est quinze dans une cage de 15m², les plaintes pleuvent, faites en sortir, on en peut plus. On fume clope sur clope et la ventilation est en vacances au nouvel hôtel cinq-étoiles construit à Jérusalem-Est. On attend notre tour. Le mien arrive vers 10h20. Mes amis sont là, il y a également deux nanas du consulat français qui me sourient pour m’aider à tenir bon ; à l’étranger il n’y aucun doute sur notre francitude.

J’ai une avocate, une as du barreau, une Israélienne engagée. Le juge gueule. Enfin, il a pas l’air content. Pas d’interprète pour moi, heureusement la diplomate française se propose de faire les traductions. Le juge crie, j’aimerais pas être sa nana, lui et l’avocate, ils ne partiront jamais sur les bords de la Mer Morte passer des vacances. Le juge me libère : j’ai l’interdiction de me rendre à Sheik Jarrah pendant 181 jours. Pas d’amende, aucune charge retenue, un procès pour que dalle. Je suis libre. Enfin presque. J’ai toujours les chaines au pied et je repars en prison.

Il est 11h. On me change de cellule, m’emmène dans des bureaux, me demande encore et encore mon prénom, mon nom et le nom de mon père. Je réponds une fois sur trois. Ce petit jeu dure jusqu’à 19h. Torture psychologique. J’imagine un mois ici. J’imagine un Palestinien qu’on enferme deux mois. Je sors de prison. La nuit m’accueille. Mes amis sont là, accompagnés d’un journaliste palestinien. Il y a de l’émotion dans leurs mots, dans leurs gestes et dans leur regard. Moi, j’ai la rage. Ah oui, j’ai la rage.


Le jour où j'ai pris une pierre… (4)

A Ramallah, les portraits d’Arafat sont visibles partout, dans les salons de coiffure et les kébabs, à l’intérieur des chaumières, sur les murs de la ville où les images de l’ancien raïs vieillissent avec le temps mais restent toujours intactes. Les citoyens lambda disent de lui que c’était quelqu’un d’abordable, qu’on pouvait venir le déranger à tout moment.

En 2002, je m’étais pointé devant son palais, les chars israéliens encerclaient son QG. Une bande de gamins refaisaient l’intifada, mimant leurs ainés en balançant des pierres sur les soldats. Je m’étais approché, David contre Goliath. Je voulais les prendre en photo, ils n’étaient pas d’accord, je pouvais être un espion. Ils m’ont montré des pierres, j’en ai pris une, ils ont été surpris. J’en avais trop envie, j’en avais tellement rêvé en fait. J’ai grandi dans une cité en Seine-Saint-Denis et même si la situation en Palestine ne peut être comparée aux conditions des quartiers impopulaires, en les voyant se battre contre l’occupant, je me suis revu enfant. Leur histoire me bouleverse, elle devrait bouleverser tous ceux qui ont subi l’injustice à un moment de leur vie. J’ai pris de l’élan et j’ai lancé le caillou avec toute la force qu’il me restait.

J’en ai ramassé d’autres en m’approchant toujours de plus près. Ce n’était pas un soldat israélien que j’avais en face mais un CRS, un policier français, le même mépris pour ces enfants de Palestine, la même violence, la même arrogance, pour les jeunes des banlieues. Un soldat est sorti de son char et a fait mine de nous viser. Les mômes ont compris que j’étais avec eux et m’ont demandé de les prendre en photo en action. Je n’avais pas peur. J’aurais pu mourir ici, vraiment, je ne pouvais pas faire autrement, il y a un moment dans la vie où il ne faut pas réfléchir, aller à fond dans l’émotion, laisser le cœur dicter nos actes. Les chars se sont avancés, les enfants ont reculés, les soldats ont reculés, nous nous sommes approchés. Je me suis senti Palestinien. J’ai du partir, l’après-midi souhaitait faire une sieste. Je les ai quittés en frères d’armes. Je suis retourné devant le Palais. J’ai attendu plusieurs heures et j’ai pu finalement m’entretenir avec Yasser Arafat pendant quelques minutes. Je n’ai même pas été fouillé.

J’ai vu un résistant fébrile mais sa volonté était intacte. Je lui ai parlé de mes deux pays, il m’a dit je les aime tous les deux. La France et sa politique étrangère « pro-arabe ». L’Algérie et son soutien inconditionnel à son parti l’OLP. Je l’ai enlacé, je tremblais de tous mes membres. Arafat est mort, mais ne le dites pas trop fort parce qu’ici on parle toujours de lui au présent. Pour les Palestiniens, c’était Abou Amar, parce que même entré en politique, il restait aux yeux de ses frères un guerrier. Il est enterré dans la cour à la Mouqaata, l’ancien quartier général de l’Autorité palestinienne, où depuis sa disparition, un mémorial blanc a été construit en son honneur, un magnifique lieu à la forme de la Kaaba (la pierre de la Mecque). Deux gardes se tiennent au garde à vous, ne bougent pas d’un orteil même sous les flashs des appareils-photos. Ils font face au tombeau. Sur la gauche, une mosquée moderne à l’image de la personnalité de l’ancien président. Arafat avait exprimé le souhait d’avoir sa sépulture sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est. Israël lui a refusé ce droit, le ministre de la Justice de l’époque avait déclaré : « Arafat ne sera pas enterré à Jérusalem parce que c’est une ville où sont enterrés les rois des Juifs et non pas les terroristes arabes ». Ariel Sharon, son ennemi de toujours, alors premier ministre, avait ajouté : « Tant que je serai au pouvoir, et je n’ai pas l’intention de le quitter, Arafat ne sera pas enterré à Jérusalem ». Israël craignait surtout que sa tombe ne se transforme en un lieu de pèlerinage pour les Palestiniens. Arafat est mort, emportant avec lui le maigre espoir de voir un jour une Palestine libre.

Mahmoud Darwich, considéré comme l’un des plus grands poètes palestiniens, a écrit un poème en hommage à Yasser Arafat. Ce texte est gravé sur une stèle à l’entrée du mémorial.

Yasser Arafat était le chapitre de le plus long de nos vies et son nom était l’un des noms de la Palestine nouvelle, renaissante des cendres de la Naqba (la catastrophe pour les Palestiniens, quand ils ont été chassés de leur terre en 1948), en passant pour la flamme de la résistance jusqu’à l’idée de l’Etat et en chacun de nous, il y a quelque chose de lui.


A Bil’in, cinq ans de manifestations (5)

Une manif’, si ça part pas en cacahuète, ce n’est pas vraiment une manif’. A Bil’in, village agricole à quelques kilomètres de Ramallah, chaque vendredi, en plus de la grande prière hebdomadaire, quelques centaines de personnes (le chiffre varie en fonction de l’actualité), et parmi eux beaucoup d’Occidentaux, manifestent pacifiquement contre le Mur qui se trouve à quelques minutes du centre-village et contre la colonisation décomplexée de l’Etat d’Israël. C’est le Comité Populaire du Bil’in qui chapeaute le truc. Une équipe bien organisée qui met un point d’honneur depuis 2004 à ne rater aucun rendez-vous.

« N’oubliez-pas de prendre des manches longues pour vous couvrir le visage et veillez à rester groupés le plus possible », prévient un homme moustachu, l’un des principaux leaders du groupe. Une jeune blonde de l’Occident, qui pourrait récolter un 10-10 pour son physique de science-fiction, lui demande si elle doit laisser son passeport ici ou si elle doit le prendre avec elle. Le moustachu lui répond que la semaine passée, plusieurs militants se sont fait arrêtés et que tous ceux qui pouvaient prouver leur identité ont été embarqués par la police du pays qui se croit tout permis, et pourquoi il se gênerait Simone ? puisque tout le monde ferme sa gueule.

Ici, comme dans de nombreux bleds en Cisjordanie, la construction de colonies menace l’activité économique des villages. « Je ne comprends pas pourquoi la communauté internationale ne dénonce pas ce qu’il se passe ici. Lors de l’apartheid en Afrique du Sud, il y avait un consensus, déplore un jeune Français, qui souhaite garder l’anonymat. Israël pourrait m’interdire de revenir». Le départ est fixé à 11h. La température ne plaisante pas. On se couvre comme on peut. La crème solaire passe de paluches en paluches. Les journalistes portent des gilets spéciaux pour être reconnaissable, pour ne pas être confondus avec les autres zinzins, à cause de la chartre du journalisme, qui insiste sur l’objectivité. D’autres confrères ont dans les mains un masque, un citron et un oignon. Des enfants se greffent au cortège et ils s’agitent comme si leurs parents les emmenaient à la foire du Trône.

Les slogans sont repris avec un sourire de départ en vacances. Après dix minutes de marche, on arrive devant les barbelés. On distingue à peine les soldats israéliens, recroquevillés à l’intérieur de leur bunker. Ils se tiennent prêts, me dit un Belge. Prêts à quoi au fait ? Les militants ressemblent à des agneaux dans une bergerie, mis à part trois locaux qui balancent des cailloux de la taille d’une couille et qui atterrissent 10 fois sur 10 dans le vide, j’ai du mal à voir OBJECTIVEMENT parlant pourquoi les soldats paraissent si nerveux.

Le moustachu s’empare du micro et s’adresse en anglais aux militaires : « Si vous voulez vivre en paix, comme nous le voulons, libérez la Palestine, et arrêtez la colonisation ». Un Israélien, un homme d’une soixantaine d’années le relaie, il s’exprime en hébreu, un Palestinien traduit dans la langue de Shakespeare : « J’ai honte d’être Juif en vous voyant agir de la sorte, les Palestiniens sont nos frères, nous devons cohabiter avec eux, et non pas les exclure ». Le groupe s’approche de la barrière. Un mouvement de troupes s’opère de l’autre côté. Le moustachu conseille à tout le monde de reculer. Les soldats envoient une série de gaz lacrymogène, une cinquantaine sur les manifestants.

Pris de panique, les pacifistes courent dans tous les sens, se masquent le visage et tentent de reprendre leur respiration. Quelques minutes plus tard, ils se frottent les visages avec un oignon ou un citron, au choix. Les journalistes avec ou sans carte de presse homologuée, positionnés à droite, mitraillent la scène, certains portent des masques à gaz, leur look est impressionnant.

Les soldats font demi-tour. Le moustachu revient à la charge : « il va falloir beaucoup plus que ça pour qu’on abandonne le combat ». Un Palestinien d’une vingtaine d’années ramasse des pierres et essaie d’atteindre sans succès le bunker des militaires israéliens, son bras n’est pas assez long.

Déterminée, la communauté de la Paix reprend chaque slogan scandé de plus belle la vie. Les soldats bougent de nouveau. Un autre Palestinien, un trentenaire, kéfié sur la tête, ne craignant pas d’être dégommé, s’avance toujours plus près, pierre à la main. Un autre le suit, et brandit avec fierté le drapeau de la Palestine. La scène est filmée, photographiée en long et en large. Tout le monde applaudit. Je me retourne et tente d’avoir une vision à 360 degrés.

Des Français de Marseille, arborant avec classe une magnifique banderole Bleu Blanc Rouge s’insurgent au micro du « manque de courage de la communauté internationale ». La chaleur est étouffante dans cet endroit privé d’ombre. Je vérifie le niveau de la batterie de ma caméra. Le vent n’existe pas, quel salaud, les gaz lacrymogènes squattent notre espace. Le temps s’arrête un moment. Un silence prélude à une bataille. Les soldats reviennent.

Je commence à enregistrer. Cette fois-ci, c’est sûr ils vont balancer le double de fumigène. Les manifestants reculent, chat échaudé craint l’eau froide. Je me tourne en direction des Israéliens. Ils arment. Le feu d’artifice va commencer. La presse est comme la Suisse, elle est neutre et donc protégée. Les lance-lacrymo sont bien bas, à cette hauteur, ils vont louper leur cible. Mon gilet « presse » est jaune flou, il me va comme un gant. Ma nuque fait des allers-retours sur elle-même. Ca va chauffer, si j’étais un manifestant, je serais déjà parti. Les soldats ont le bras tendu. C’est bizarre : j’ai l’impression qu’on nous vise. Pas possible : nous sommes dans l’exercice de notre profession. On n’est pas en Chine quand même ! The only democracy in the middle East ne tire pas sur les journalistes. Ah bon, depuis quand ?


A Qalquilia, l'eau coule en sanglots (6)

Il ne dira pas son prénom, trop peur qu’ils viennent lui retirer le peu qu’il lui reste. Il est né ici, à Qalquilia en 1930, une petite ville au Nord-Ouest de la Cisjordanie, pratiquement une vingtaine d’années avant la création d’Israël. Il n’a jamais voulu partir.

D’une voix douce et posée, il dit : « Même si je dois manger de la paille et passer toutes mes nuits dehors, jamais je ne quitterai ma terre ». Je le rencontre par hasard, par chance je dirais, je me baladais le long du Mur, cette espèce de machin tout dégueulasse, qui m’a rappelé cet autre truc dégueulasse que j’avais aperçu au milieu des années 80 à Berlin. Il y avait un beau jardin qui lui faisait face, les deux n’allaient pas ensemble j’ai tout de suite pensé, la beauté et la cruauté.

J’ai vu un vieillard assis sur les genoux, je l’ai vu ramper à travers ses plantes. La scène m’a touché. J’ai tout de suite su que j’avais affaire à quelqu’un qui avait perdu beaucoup. Il était 16h et la lumière faisait la radine, cachée par cette haute « barrière de sécurité ». Je me suis approché avec une inhabituelle timidité. Je tenais la caméra dans les mains. Je me suis assis et il a commencé à me parler.

De son histoire, qui ressemblait à celles de milliers d’autres de ses frères, de mes frères de Palestine. De ses souffrances, une vie à souffrir. Il m’a tout dit, je le connaissais à peine mais il m’a tout dit. Il m’a donné sa confiance, c’est comme si qu’il savait que j’allais venir et m’a parlé avec une dignité de Seigneur. Je ne sais pas comment j’aurais réagi à sa place. Il avait été jusqu’au collège puis était parti travailler en Jordanie, une nécessité pour nourrir les siens, avant de revenir chez lui quelques années plus tard, son pays, sa famille lui manquaient trop.

Son jardin est beau, je vous le jure, le vieil homme l’aime comme on aime son enfant mais ses fruits manquent cruellement de lumière, et d’eau, parce que l’amour ça suffit pas toujours. Ses fruits bégaient, ils peinent à mûrir, ils peinent à grandir, ils sont aussi dur que le Mur de la honte. Son verger aurait besoin également de bras, mon ami a 79 ans et il s’occupe de tout, tout seul. Il parle et tu ne peux pas interrompre quelqu’un qui te donne autant.

Puis il se tait, un long silence s’abat. Il sourit et pousse péniblement sur ses bras pour hisser son corps vers le haut. Il se déplace à l’aide de béquilles et se repère dans son jardin peau de chagrin en tapotant les fruits qui pendent à ces arbres : je crois que sa vue est partie en même temps que ses terres. J’ai envie de le serrer dans mes bras, à la manière d’un fils qui retrouve son père, parti au combat.

Je le suis à bonne distance, avec pudeur. Il me montre avec fierté ses grenades, me dit d’en apporter une avec moi, ce sont de beaux fruits malgré tout, les raisins, eux, sont rachitiques, ils sont ridés de partout. Je le regarde beaucoup, je regarde ses mains, je croise son regard, c’est sûr : ce bonhomme a toujours été courageux. Il a perdu un œil, une maladie, il n’en dira pas plus. Il lui reste l’œil gauche. Il continue à vérifier les plantes de son potager, marche d’un pas laborieux et rien qu’à le voir, tu as les larmes qui te montent aux yeux.

L’eau coule en sanglots

Il s’empare d’un tuyau noir pour arroser sa terre, l’eau coule en sanglots. Il n’a pas les moyens d’en disposer davantage, l’Etat d’Israël fait la pluie et le beau temps quand il s’agit de l’approvisionnement de cette denrée essentielle. L’agriculteur sourit beaucoup, tant qu’on vit et tant qu’on aime, tout va bien. Un beau sourire de cinéma mais son œil gauche pleure. Je crois qu’il revoit sans cesse ces terres qu’on lui a dérobé, elles ne sont pas bien loin, elles vivent sans lui avec tristesse de l’autre côté du Mur. Je le regarde lui dans son jardin et je regarde le Mur. Les deux ne vont décidément pas ensemble.

J’ai envie de briser ce putain de Mur, j’ai envie de me battre avec un soldat de ce pays qui me fout tant les boules, lui défoncer sa tronche contre un rocher, le prendre par le col, et le ramener chez ce vieil homme et qu’il regarde droit dans les yeux. Je crois qu’Israël est allé trop loin, et qu’ils ne pourront jamais vivre avec tranquillité. Si j’étais né en Palestine…

Je vois revenir vers moi mon ami, il s’assied sur une sorte de table qu’il a aménagée. Se lave les mains, le visage, et les pieds plusieurs fois. Rituel du musulman. Il est prêt pour aller prier à la mosquée. Son petit-fils arrive. Une belle voiture. Pas surpris de nous voir le gamin. Son grand-père est une star. Je le connais pas tant que ça mais je l’aime profondément. Son visage s’est rallumé, il s’en va rejoindre Dieu. Il sourit beaucoup. J’avais raison, c’est un sourire de façade parce qu’il finit par m’avouer : « Sans mon amour pour Allah, je crois que j’aurais déjà tout abandonné ».


Au cœur de la Palestine, des Israéliens (7)

Des gens courageux, il en existe partout, même si, comme ailleurs ils ne courent pas les rues. L’être humain, en général, aime tourner la tête de l’autre côté, fermer les yeux, ou se boucher les oreilles. En Israël, les « braves » sont marginalisés, in the only democracy in the middle east, il ne fait pas bon de dénoncer le racisme d’Etat, la majorité de la société considère ces « valeureux » comme des traîtres, des vendus, des naïfs, des « à côtés de la plaque » parce qu’ils s’insurgent contre la politique raciste et colonialiste de leur gouvernement, parce qu’ils militent pour la Paix et parce qu’ils considèrent les Palestiniens comme des frères, ce qui est loin d’être une connerie Simone.

Menaces de mort, graffitis-insultes sur les portes de leurs maisons, des méthodes d’intimidation classiques, et pourtant ces vaillants israéliens continuent leur combat, certains d’avoir raison. A Sheikh Jarrah, dans la partie est de Jérusalem, où les enfoirés de Colons acquièrent gratis des villas palestiniennes, des pacifistes israéliens dotés de burnes énormes n’hésitent pas à aller jusqu’à l’affrontement physique avec la police.

Plusieurs d’entre eux ont d’ailleurs été arrêtés et jetés en prison comme l’auraient mérité plusieurs proches de Sarkozy, le Président d’origine hongroise. Il y en a d’autres, qui travaillent à l’ombre du soleil, parcourant le globe, tentant de mobiliser la Communauté Internationale (toujours aussi lâche), conscients que la solution ne peut venir que de l’extérieur, bien au courant que la plupart des Israéliens soutiennent la politique fasciste de leur gouvernement. Je rencontre, quelque part en Cisjordanie, M, un Franco-Israélien. Il se définit comme un militant anticolonialiste car selon lui, il y a en Palestine, « une présence militaire qui opprime la population indigène et un rapport de pouvoir qui vise à étendre les frontières vers l’Est ».

Son visage m’est familier, une tête qui inspire la confiance, quand il me serre la paluche. Il vient souvent en Gaule moderne, notamment à la fête de l’Humanité qui a lieu tous les ans dans le plus beau département de France, si, si, ne rigolez pas la Seine-Saint-Denis est loin d’être ce que vous pensez, pour changer « notre image », on aurait besoin de journalistes qui franchissent le périph’ un peu plus souvent, pas seulement quand les voitures brûlent. Je kiffe, je me lâche, un brin moralisateur, vous ne trouvez pas ? Mais j’assume…

« Israël n’est pas un pays normal, commence à me dire M qui se bat aux côtés des Palestiniens depuis quarante ans, c’est pour ça qu’il doit être traité comme un pays anormal ». Comme un état-voyou. Selon sa constitution, Israël est un Etat Juif, se définir en tant que tel, donne à ce pays un prétexte pour une discrimination à l’égard de tous ses citoyens non juifs. L’ambiguïté qui entoure la question de la citoyenneté ne s’arrête pas sur le plan légal, elle est présente dans toutes les manifestations de la vie quotidienne, les droits des citoyens arabes ne sont pas les mêmes que ceux des citoyens juifs. Un Juif devient un citoyen israélien de fait, ce qui n’est pas le cas pour les « autres » qui doivent batailler ferme pour obtenir la nationalité.

Avec les lois sur le foncier, la terre appartient aux Juifs, « pas aux Israéliens », dénonce M. Les autres peuvent aller se rhabiller. Ses mots me font du bien, des semaines à me taper les Colons, les keufs, les touristes de merde qui viennent ici, sourire aux lèvres, appareil photo en bandoulière, pendant que de « l’autre côté », l’apartheid est sur son 31. Le militant anticolonialiste est optimiste et pessimiste à la fois. Mi chèvre-mi chou, mi ange-mi démon. Pessimiste parce qu’à chaque manif, ils sont de moins en moins nombreux. Optimiste, parce que pour lui la société israélienne est une société fatiguée, gâtée, engraissée, relativement en sécurité (ça n’a jamais été aussi calme depuis 1948, le dernier attentat suicide a eu lieu en 2006) et « qu’en face » la plupart n’ont rien à perdre et qu’il faudra bien un jour ou l’autre faire la Paix, de gré ou de force. Surtout, il est persuadé qu’on ne peut pas « jouer les voyous des quartiers indéfiniment, ça finira par nous retomber dessus ».

Pessimiste aussi parce que la Communauté Internationale n’a jamais été aussi gentille avec Israël : « Kouchner passe par exemple nous faire un petit coucou tous les mois et les Etats-Unis, même si Obama est moins pro-israélien que Bush, soutiendra toujours notre gouvernement ».

Pessimiste encore parce qu’en massacrant la population de Gaza, son pays a montré qu’il en avait rien à foutre de ce que les autres peuvent penser. Il peste contre le projet sioniste, si vanté dans nos beaux-pays de l’Occident, qui « vise en réalité à créer un état ethnique pour les Juifs par la Colonisation de la Palestine » et rappelle que ce n’est pas anodin si Israël n’a pas encore défini ses frontières (aucun texte à ce jour précise quelles sont les frontières de « l’Etat hébreu » où vivent beaucoup, mais beaucoup de Non-Juifs, c’est hallucinant, non ?).

Toujours prêt à gratter un peu plus chaque année, ces raclures. C’est le genre de gars que tu peux écouter des plombes, le genre de type que tu aimerais entendre plus souvent à la télé. Malgré son moral rikiki, il continue à se battre et ne lâchera jamais. Il le fait pour ses enfants, pour qu’ils ne deviennent pas des réfugiés (il pense qu’à long terme, les Juifs seront chassés) et promet qu’il leur donnera « un maximum de chances pour qu’ils vivent ici normalement avec leurs frères Palestiniens ». Il dit beaucoup de choses intéressantes, je retiens ce truc qui est tellement vrai, qu’il faudrait l’écrire avec un marqueur indélébile sur tous les murs du monde, une phrase, un appel pour tous ses frères Juifs : « vous croyez que défendre aveuglément l’Etat d’Israël sert à lutter contre l’antisémitisme, et bien vous vous trompez, et c’est le contraire qui risque d’arriver ».

A suivre...

La vie au check-point (8)
La prison pour les Palestiniens (9)
L'eau, nerf de la guerre en Palestine (10)
Le temps des adieux (11)
Le temps du retour (12)
Source : L'Humanité

Le président iranien : la question de Ghods concerne l'humanité toute entière

Téhéran.Irna. 17 septembre 2009

"La question de Ghods ne concerne pas non seulement un territoire, un peuple en particulier ou même les Musulmans, mais l'humanité toute entière" c'est ce qu'a affirmé mercredi le président iranien, devant des journalistes, à l'issue du conseil des ministres.

La nation iranienne doit commémorer demain, le dernier vendredi du mois de Ramadan, la journée mondiale de Ghods, en soutien à la nation opprimée palestinienne.


Le président Mahmoud Ahmadinejad, a déclaré que l'on peut trouver des stigmates d'insécurité, de tyrannie, de clivage social, de menace et d'arrogance dans la question palestinienne.


"La générosité, la noblesse, les droits de l'Homme et le droit à l'autodétermination en tant que fondements de la charte des droits de l'homme, ont été bafoués dans le cas de la Palestine" a déclaré le président iranien en appelant le peuple iranien à une participation enthousiaste à l’occasion du rassemblement organisé à l’occasion de la journée mondiale de Ghods.


Pour sa part, le ministre iranien des Affaires étrangères, Manoutchehr Mottaki qui s’est exprimé à l'occasion de la création d’un timbre en souvenir en l’honneur de Ghods, a fait allusion à l'adoption de la déclaration des droits de l'homme, lors de la réunion de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) a souligné que la journée internationale de Ghods, permettait de protester contre la violation des droits de tous les hommes et de leur droit le plus élémentaire qui est de vivre sur leur territoire.


C'est le fondateur de la République Islamique d'Iran, l'Imam Khomeiny qui a décrété le dernier vendredi du mois de Ramadan, journée internationale de Ghods.

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-97/0909182012005356.htm

Pas de preuve concrète que l'Iran a, ou a eu, un programme nucléaire militaire


Le directeur général sortant de l'AIEA Mohamed ElBaradei.

17 septembre 2009 – Réfutant des informations parues dans un média, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a répété jeudi qu'elle n'avait pas de preuve concrète que l'Iran a, ou a eu, un programme nucléaire militaire.

Le directeur général de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, a déclaré la semaine dernière devant le Conseil des gouverneurs de l'agence que les accusations selon lesquelles l'AIEA retenait des informations sur l'Iran étaient à la fois motivées politiquement et complètement sans fondement.

« L'agence reçoit des informations de différentes sources qui pourraient avoir de la pertinence concernant la mise en œuvre des garanties », souligne l'AIEA dans un communiqué publié jeudi, ajoutant que toutes ces informations sont examinées par des experts.

L'AIEA répète que toutes les informations et évaluations pertinentes qui sont passées par ce processus ont déjà été fournies au Conseil des gouverneurs à travers les rapports du directeur général.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20088&Cr=AIEA&Cr1=Iran

Moyen-Orient : Serry souhaite que la réunion du Quatuor contribue à une reprise des négociations


Robert Serry.

17 septembre 2009 – Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, a souhaité jeudi que la réunion du Quatuor sur le Moyen-Orient le 24 septembre, en marge du débat général de l'Assemblée générale, contribue à une reprise rapide des négociations entre Israéliens et Palestiniens.

M. Serry, qui s'adressait aux membres du Conseil dans le cadre de leur réunion mensuelle sur la situation au Moyen-Orient, y compris la question palestinienne, a appuyé les efforts menés actuellement par l'Envoyé spécial des États-Unis, George Mitchell, qui, a-t-il dit, « sont à une étape critique ».

Selon M. Serry, toute reprise des négociations doit se faire sur la base de la résolution1850 de 2008 par laquelle le Conseil de sécurité affirmait son soutien aux négociations bilatérales lancées à Annapolis (Etats-Unis) et demandait « instamment une intensification des efforts diplomatiques ».

« Il est essentiel que les parties s'engagent à remplir leurs obligations en vertu de la Feuille de route », a-t-il insisté, estimant que les activités de peuplement israéliennes, en particulier celles qui ont été récemment autorisées en Cisjordanie et dans Jérusalem-Est, constituent une source profonde de préoccupation.

M. Serry a rappelé que le 9 septembre dernier le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait souligné le caractère illégal des activités de peuplement et appelé Israël à appliquer la Feuille de route en gelant ces activités et en démantelant tous les avant-postes érigés depuis mars 2001, et ce, conformément aux demandes répétées du Quatuor.

Le Coordonnateur spécial a ensuite évoqué la position de l'Autorité palestinienne, en indiquant que, le 25 août dernier, elle avait annoncé son intention de bâtir, dans les deux prochaines années, les institutions propices à l'établissement d'un État palestinien internationalement reconnu.

Ce processus, a souligné M. Serry, doit être soutenu en tant que complément efficace à la relance du processus politique.

« La réunion du Comité de liaison ad hoc du 22 septembre sera l'occasion de réaffirmer les engagements à l'égard de ce processus », a-t-il dit. S'agissant de la réconciliation inter-palestinienne, il a exhorté les parties à s'engager, sous les auspices de l'Égypte, en faveur de l'offre de dialogue pour parvenir à l'organisation, au début de 2010, d'élections législatives, et à terme, à la réunification de Gaza et de la Cisjordanie comme le souhaite le Quatuor.

Concernant la sécurité dans la région, M. Serry a encouragé le gouvernement israélien à poursuivre les mesures prises au cours des derniers mois pour faciliter la circulation des biens et des personnes, dont le personnel des Nations Unies, en Cisjordanie et dans la vallée du Jourdain, et pour améliorer l'activité économique dans ces zones.

Sur ce dernier point, il a appelé Israël à autoriser les activités d'un opérateur de téléphonie mobile dans le Territoire palestinien occupé, l'utilisation de téléphones portables étant indispensable au fonctionnement normal de l'économie palestinienne.

M. Serry a salué la poursuite des réformes fiscales menées par l'Autorité palestinienne et a noté que la croissance économique avait augmenté de 5,4% depuis mai 2009.

« Cependant, les besoins budgétaires ne sont pas satisfaits », a-t-il dit, et l'appui financier des donateurs demeure vital pour éviter des pénuries de liquidités qui risqueraient de freiner la mise en œuvre du programme de réformes de l'Autorité palestinienne.

« La situation à Gaza reste instable et cela n'est dans l'intérêt de personne », a poursuivi le Coordonnateur spécial. Il a expliqué que si la situation sur place était relativement calme, de violents incidents étaient venus rappeler récemment la fragilité de la situation dans la zone. Il a évoqué des tirs de roquettes et de mortiers depuis Gaza et des opérations menées par les forces de défense israéliennes ayant causé la mort de six Palestiniens, dont deux enfants.

Appelant à la fin des violences et au plein respect du droit international par les deux parties, M. Serry a signalé qu'en raison du blocus israélien, les équipements nécessaires à la reconstruction des infrastructures agricoles, d'eau, d'éducation et de logement, n'avaient pu entrer dans Gaza. « L'entrée de ces équipements doit être autorisée d'urgence par Israël », a lancé M. Serry. Le maintien du blocus, a-t-il prévenu, aura des conséquences graves sur l'état des services publics, sur l'environnement et sur les populations qui sont gagnées par le désespoir et la frustration.

M. Serry a ensuite regretté qu'à ce jour, Israël n'ait toujours pas répondu à une proposition de l'ONU concernant un projet de reconstruction de logements, de cliniques et d'écoles dans Gaza, qui serait conduit par du personnel civil de l'Organisation.

« Le gouvernement israélien cite la détention de Gilad Shalit comme principal obstacle à l'autorisation d'activités de reconstruction par des civils », a-t-il dit. Il a considéré que les projets d'assainissement des eaux à Gaza entrepris par l'ONU et approuvés par Israël ne pouvaient être qu'un début, « compte tenu de l'ampleur des besoins en eau pour la consommation domestique et l'agriculture, dont dépendent 1,5 million de Palestiniens ».

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20084&Cr=Serry&Cr1=moyen

Rapport de l’ONU sur Gaza : le juge Goldstone rejette les critiques en Israël

18/09/2009
Le président d'une mission de l'ONU auteur d'un rapport accusant Israël de crimes de guerre à Gaza, Richard Goldstone, a rejeté les sévères critiques israéliennes mettant en doute l'impartialité de l'enquête, dans une interview diffusée hier. De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a condamné hier le rapport, y voyant une « parodie de justice » et estimant que l'enquête était partiale dès le départ. Les responsables israéliens ont lancé une campagne internationale contre ce rapport. Ils craignent qu'à l'initiative de pays arabes, il soit soumis au Conseil de sécurité de l'ONU et que ce dernier décide de le transmettre à la Cour Pénale Internationale (CPI).
À Washington, un porte-parole du département d'État a affirmé hier que le rapport de l'ONU ne doit pas « ajouter d'obstacles » aux efforts entrepris pour raviver le processus de paix au Proche-Orient.

Mitchell appelle chacun à « prendre ses responsabilités »

18/09/2009
L'émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell a appelé hier au Caire les protagonistes du conflit israélo-palestinien à « prendre leurs responsabilités » pour relancer le processus de paix. Le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmad Aboul Gheit, a pour sa part affirmé que son pays « voit qu'un effort est fait pour tenter de poser les fondations en vue de négociations ». M. Aboul Gheit a ajouté que le président palestinien Mahmoud Abbas était de nouveau attendu en Égypte « vendredi ou samedi » pour une rencontre avec le président Hosni Moubarak. M. Abbas s'était déjà rendu au Caire le 5 septembre, suivi par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu le 13 septembre. La venue de M. Mitchell au Caire entre dans le cadre d'une tournée régionale au cours de laquelle il s'est déjà rendu en Israël, en Cisjordanie et au Liban. Il doit également se rendre en Jordanie et prévoit de revoir MM. Netanyahu et Abbas aujourd'hui. M. Mitchell et le chef du gouvernement israélien s'étaient quittés mercredi sans accord sur la question épineuse de la colonisation juive en Cisjordanie occupée, qu'Israël refuse de geler complètement malgré les pressions internationales.

Barak : Téhéran ne constitue pas une menace pour l’existence d’Israël

18/09/2009
Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak affirme dans une interview publiée hier que l'Iran ne représente pas une menace pour l'existence d'Israël, tranchant sur le discours israélien habituel. « L'Iran ne constitue pas une menace pour l'existence d'Israël. Israël est fort et je ne vois personne capable de représenter une menace pour notre existence », a déclaré M. Barak au quotidien Yediot Aharonot. « Toutefois, je pense que l'Iran constitue un défi pour Israël et le reste du monde », a-t-il ajouté. Le journal considère que les commentaires de M. Barack sont liés au fait que les États-Unis excluent pour le moment une intervention militaire contre Téhéran, soupçonné de chercher à se doter de l'arme nucléaire. « C'est le moment de la diplomatie et du durcissement des sanctions. Le mieux serait de faire les deux parallèlement », plaide M. Barak. Le chef du groupe parlementaire du Likoud à la Knesset, Zeev Elkin, a par ailleurs prévenu hier qu'une livraison de missiles russes S-300 à Téhéran pourrait pousser Israël à attaquer préventivement des sites nucléaires iraniens.
À Moscou, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé hier qu'imposer de nouvelles sanctions à l'Iran en raison de son programme nucléaire controversé serait une « sérieuse erreur ».

L’heure de vérité approche pour les espoirs d’Obama au Proche-Orient

18/09/2009

Le président américain Barack Obama jouant avec une épée en plastique devant la Maison-Blanche.Larry Downing/Reuters
Le président américain Barack Obama jouant avec une épée
en plastique devant la Maison-Blanche.Larry Downing/Reuters
Netanyahu espère voir le président américain céder sur les colonies lors de sa prochaine visite aux USA.
Les experts créditent Barack Obama d'avoir, en quelques mois, posé les principes d'une paix au Proche-Orient et adopté une méthode. Mais les acteurs du conflit, soulignent les analystes, attendent désormais des avancées concrètes de la part du président américain. L'éventualité d'une rencontre à trois entre M. Obama, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas est l'un des principaux espoirs de l'Assemblée générale de l'ONU qui débute. C'est aussi l'une de ses inconnues majeures.
Dès son investiture, analyse pour l'AFP Marina Ottaway, de l'institut de réflexion Carnegie, Barack Obama « a suscité une forte attente » en faisant du dossier une priorité et en « envoyant tous les bons signaux ». La chercheuse souligne en particulier l'importance du recrutement de George Mitchell en tant qu'émissaire de haut niveau dans la région.
M. Obama doit maintenant « présenter une approche plus complète » et détaillée, insiste dans un entretien à l'AFP Daniel Kurtzer, ancien ambassadeur des États-Unis en Israël et en Égypte. Que peut faire le président américain ? Avant tout, juge M. Kurtzer, « définir le cadre de la négociation. Si l'Amérique ne le fait pas, les deux parties auront beaucoup de mal à le faire ». Ensuite, poursuit l'ancien diplomate, « amener des idées, des ressources, des renseignements... Une fois que vous avez décidé d'agir, il y a de nombreux choix à faire : les États-Unis doivent-ils organiser une conférence ? Doivent-ils participer au débat régulièrement ou ponctuellement ? »
Si le plan n'a pas encore été dévoilé, constate Marina Ottaway, c'est parce que l'administration ne peut prendre le risque d'un projet qui n'aurait pas le soutien des parties. Or, constate-t-elle, « personne, aucun des deux côtés n'avance vers un accord ». « Il est évident, détaille-t-elle, que rien n'est acceptable pour les pays arabes sans un gel de la colonisation » juive. Quant aux Israéliens, « ils disent que la négociation d'un accord prendra encore des semaines ».
« Un accord sur les colonies, c'est le préalable indispensable », assure aussi Shibley Telhami, de l'Université du Maryland. Et c'est pourquoi les discussions qui doivent reprendre aujourd'hui entre MM. Mitchell et Netanyahu « sont vraiment la clé ».
En Israël, les attentes semblent toutefois différentes. Le Premier ministre israélien se rend aux États-Unis la semaine prochaine avec l'espoir de voir le président Obama céder sur les colonies, alors que les relations entre les deux pays alliés n'ont pas été aussi fraîches depuis des lustres. « Lorsqu'on en vient à nos droits les plus fondamentaux, à savoir le droit pour les juifs de vivre sur la terre d'Israël, les États-Unis s'en remettront à Israël. À condition, bien sûr, que nous défendions fermement nos droits », relevait récemment Moshe Arens, un ex-ministre de la Défense, dans le quotidien de gauche Haaretz.
M. Obama, souligne de son côté M. Kurtzer, ne doit plus « être l'otage » de la question des colonies. Et si celle-ci empêchait une réunion à trois, M. Obama pourrait toujours faire seul un « discours de lancement » de son plan. Dans tous les cas, affirme l'ancien diplomate, la réunion des principaux dirigeants mondiaux à New York serait le moment le plus opportun pour prendre une initiative forte. L'équipe Obama, souligne le chercheur, « va savoir maintenant si ses efforts ont produit un résultat. C'est soit le succès, soit le passage à une autre phase ».

Iftar dans la prison de Megiddo: cinq pommes de terre pour 10 personnes

Ecrit par Ali Samoudi
17/09/2009
DJENINE / Ali Samoudi – Cinq pommes de terre pour 10 prisonniers: c’est l’iftar, le petit-déjeuner du Ramadan, offert à la prison de Megiddo, d’après Hilal Zidan qui a été libéré hier après avoir détenu pendant sept mois.
Âgé de 27 ans, Zidan a déclaré que malgré l’accueil chaleureux de sa famille à Djénine, il sentait une tristesse profonde malgré le repas avec ses proches: «Je pensais à mes frères en prison, privés de tout».

Selon Zidan la nourriture fournie par le Département des prisons n'est pas suffisante ou de qualité, en particulier pendant le Ramadan, mois de jeûne. Des représentants des prisonniers politiques palestiniens ont contacté souvent l'administration pénitentiaire israélienne, en demandant de subvenir aux besoins spéciaux de Ramadan, mais les demandes de base ont été rejetées.

Le repas de Ramadan est composé par cinq pommes de terre pour 10 personnes et un morceau de chocolat. Toutes les marchandises supplémentaires doivent être achetées au magasin de la prison, à des prix exorbitants.

Zidan a été arrêté à son domicile le 26 février de cette année avec son neveu, Nasser Mohammad Zidan. Il souffre d’un ulcère à l'estomac, mais l'administration pénitentiaire israélienne a toujours refusé le traitement. «J'ai vécu pendant sept mois sans prendre de médicaments», a déclaré à PNN.

Pendant 18 jours, il a dû vivre dans une petite chambre étroite. Il n'était pas autorisé à communiquer avec son avocat ou avec la Croix-Rouge. «L’objectif de la pression psychologique était de me forcer à
plaider coupable d'appartenance au mouvement Fatah.»

Détenu à Megiddo, il a présenté une demande pour être déplacé dans la prison du désert du Néguev où il y a son neveu, mais l'administration a refusé. Pendant les premiers quatre mois de détention sa famille n’a pas pu lui rendre visite et il n’a pas pu recevoir les vêtements de ses proches et de la Croix-Rouge.

D’après Zidan, l’administration de la prison de Megiddo imposera les uniformes oranges aux prisonniers immédiatement après l'Aïd al-Fitr, la fête qui signe la fin du mois de Ramadan. (PNN)

Rosh Hashana: Cisjordanie bouclée

Ecrit par Leyla Jad
17/09/2009
JERUSALEM OCCUPEE – Israël a décidé de boucler complètement la Cisjordanie à l’occasion du Nouvel an juif, Rosh Hashana. Les fêtes commencent vendredi soir et s’achèvent dimanche soir.
«Le bouclage sera en vigueur à compter de jeudi 24H00 locales (21H00 GMT) jusqu'à lundi 24H00 (21H00 GMT)», a précisé un porte-parole militaire.

Seulement les cas humanitaires nécessitant un déplacement d’urgence seront autorisés à se rendre en Israël. Une exception spéciale sera accordée demain, le dernier vendredi du mois sacré de Ramadan, aux fidèles musulmans de Cisjordanie âgés de plus de 50 ans pour les hommes et de plus de 45 ans pour les femmes, qui pourront se rendre à Jérusalem pour prier à la Mosquée Al-Aqsa.

Prochainement, des bouclages seront aussi imposés à la Cisjordanie pour la fête juive de Yom Kippour, qui aura lieu du 27 septembre au soir jusqu'au lendemain. (PNN)

Que reste-t-il de Jérusalem ?

publié le mercredi 16 septembre 2009

Ahmad Y. Al-Qarei
Opinion : "la ville sainte est maintenant exposée plus que jamais à une attaque féroce visant à l’isoler totalement de son entourage arabe."

Les festivités de Jérusalem « capitale de la culture arabe » prendront bientôt fin et il est clair que les activités n’ont pas été au niveau prévu ou attendu. Depuis janvier dernier, à cause de la guerre contre Gaza (décembre 2008 - janvier 2009), les festivités ont été annulées pendant le premier trimestre de l’année. Or, il aurait été possible de profiter de ce qui se passe en même temps à Gaza et à Jérusalem, partant du principe que ces deux villes forment avec la Cisjordanie les terres historiques de la Palestine. Cependant, ce qui se passe sur la terre de Jérusalem est bien plus dangereux pour l’arabité de la ville, à cause du plan de judaïsation de la ville qui est une des priorités sur l’agenda israélien.

C’est ainsi que la ville sainte est maintenant exposée plus que jamais à une attaque féroce visant à l’isoler totalement de son entourage arabe. En parallèle à cette attaque coloniale féroce, est une campagne sioniste furieuse visant à tromper l’opinion publique internationale en faisant douter de l’arabité et du caractère saint de Jérusalem. Cette campagne est basée sur la diffusion de mensonges. A titre d’exemple, l’historien israélien Mordakhaï Kidar fait douter du miracle du voyage nocturne du prophète et prétend que cet événement n’a pas eu lieu entre la mosquée Al-Haram et la mosquée d’Al-Aqsa, mais entre deux autres mosquées dans le village Al-Gaârana entre La Mecque et Al-Taëf. Sans oublier qu’Israël nomme l’esplanade des Mosquées « le mont de Salomon » et appelle les juifs à y prier pour commémorer la destruction du temple de Salomon.

Face à cette campagne israélienne, il faut s’interroger sur la position des historiens, des géographes et des hommes de médias arabes afin de réfuter les prétentions et les mensonges sionistes qui sont diffusés de part le monde en différentes langues.

Aujourd’hui, Jérusalem a besoin plus que jamais du soutien de tous les forums et institutions intellectuels, culturels et médiatiques arabes, aidés par les témoignages et les points de vue d’historiens et d’intellectuels étrangers qui assurent l’arabité et le caractère saint de Jérusalem. Quant à la Ligue arabe et l’Organisation de la conférence islamique, elles peuvent assumer un rôle très important en supervisant un projet de documentation de la propriété des territoires palestiniens depuis la guerre de 1948 en prenant référence auprès des archives ottomanes et britanniques afin d’avoir accès à leurs registres de propriété à la place de ceux qui ont été usurpés par les Israéliens. Parmi ces documents importants, il y a les registres des waqfs (bien religieux) concernant des quartiers entiers à Jérusalem.

Cette responsabilité arabe et islamique peut aboutir à des résultats positifs, à condition d’organiser une action commune pour sauver Jérusalem. En effet, l’Administration égyptienne, en coopération avec une équipe de travail palestinienne, a réussi à élaborer de nouveaux registres pour tous les terres villes et villages de la bande de Gaza. Israël avait volé les registres fonciers du secteur de Gaza lors de l’agression tripartite sur l’Egypte et l’occupation de la bande de Gaza.

C’est ainsi que les historiens et les spécialistes en biens religieux et fonciers peuvent positivement participer aux festivités de l’année de Jérusalem. Il serait intéressant qu’un nombre de capitales arabes et islamiques décident de fonder des centres d’études concernant la ville de Jérusalem qui ne se contentent pas d’enregistrer le patrimoine et de publier de nouveaux ouvrages. Ces centres doivent entrer en contact avec les centres d’études européens et américains afin de coordonner leurs activités, en organisant plus de colloques et de tables rondes avec une présence intellectuelle et médiatique arabe et mondiale.

publié par al-Ahram hebdo en français

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra...

Gaza, crimes de guerre, crimes contre l’humanité

publié le jeudi 17 septembre 2009

Alain Gresh
La mission des Nations unies sur les événements de Gaza a rendu son rapport le 15 septembre, disponible en anglais sous le titre : « Human Rights Situation in Palestine and Other Occupied Arab Territories. Report of the United Nations Fact Finding Mission on the Gaza Conflict ». C’est un texte de plus de 570 pages, résultat du travail de plusieurs mois mené par la commission présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone, un ancien membre de la cour constitutionnelle de son pays et un ancien procureur du tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie (TPIY) et sur le Rwanda (TPIR).

Cette mission s’est rendue à deux reprises à Gaza ; le gouvernement israélien lui a interdit l’accès à la Cisjordanie et à Israël, mais elle a pu entendre des témoins israéliens (dont le père de Gilad Shalit) à Amman. Elle a aussi effectué un certain nombre d’auditions publiques (sur son programme détaillé lire, « United Nations Fact Finding Mission on the Gaza Conflict. », qui donne les liens avec les auditions.

A écouter les commentateurs des médias, à lire la presse, on a l’impression que le rapport renvoie dos à dos les deux protagonistes, Israël et le Hamas. Effectivement, le rapport affirme que les deux sont coupables de « crimes de guerre », voire de « crimes contre l’humanité ». On serait donc dans une sorte d’équilibre... En fait, rien n’est plus faux. Et la lecture du rapport (on peut se demander si ceux qui en parlent l’ont lu), est accablante avant tout pour Israël.

Un des éléments les plus intéressants du rapport est la chronologie détaillée au chapitre III des événements entre le 18 juin 2008, date de la signature d’un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas sous l’égide de l’Egypte, et le début de l’offensive israélienne. Il apparaît clairement du travail de la commission que :

- Israël n’a pas respecté ses engagements d’ouvrir les points de passage à Gaza et a maintenu une politique de blocus contre la population, la privant des denrées de première nécessité ;

- le cessez-le-feu a été, en gros, respecté par les deux parties jusqu’à début novembre ;

- le début de l’escalade a eu lieu le 4 novembre, à la suite d’une incursion israélienne.

Cela confirme que, contrairement à ce que reprennent la plupart des médias et aussi le président de la République, ce n’est pas le Hamas qui a rompu le cessez-le-feu.

Autre point fort du rapport, le lien fait entre l’offensive contre Gaza et l’ensemble de la politique israélienne. Ainsi, selon le point 1674 du texte, cette opération est dans la continuité des « objectifs politiques israéliens concernant Gaza et les territoires occupés dans leur ensemble. » On ne peut donc comprendre l’offensive israélienne comme un seul ensemble d’objectifs militaires. Le point 1675 explique que cette offensive ne peut être vue indépendamment de « la politique de blocus qui a précédé l’opération et qui représente, selon la commission, une punition collective infligée intentionnellement par le gouvernement israélien au peuple de Gaza ».

Le point 1676 souligne : « Nombre de mesures adoptées par Israël en Cisjordanie durant et après l’opération militaire contre Gaza ont renforcé le contrôle israélien sur la Cisjordanie, y compris Jérusalem, et montrent une convergence d’objectifs avec les opérations militaires à Gaza. Parmi ces mesures, un accroissement de l’expropriation des terres, la destruction des maisons, des permis pour construire dans les colonies, des restrictions plus sévères aux procédures permettant à des habitants de Gaza de séjourner en Cisjordanie. »

Le paragraphe 1683 est consacré au principe de proportionnalité, un principe qu’André Glucksman et Bernard-Henri Lévy affirment ne pas comprendre. Nous leur en conseillons donc la lecture. « La commission reconnaît que toutes les morts ne représentent pas une violation du droit humanitaire. Le principe de proportionnalité reconnaît que dans des conditions très strictes, des actions qui ont occasionné des morts civiles ne sont pas forcément illégales ». Mais, « les actions des forces israéliennes et les déclarations des responsables militaires et politiques avant et durant les opérations indiquent que, de manière globale, elles était fondées sur une politique délibérée d’usage disproportionné de la force visant non pas l’ennemi mais des infrastructures qui les supportent ce qui signifie ici la population civile ». Et le rapport souligne que l’attaque a commencé le matin d’un jour ouvrable à 11:30, une heure à laquelle les rues sont bondées, les écoliers rentrent chez eux, etc.

Et le point 1691 conclut que pour les autorités israéliennes, les attaques disproportionnées, celles contre les populations civiles et la destruction de bâtiments civils sont des moyens légitimes.

Un des points les plus importants concerne l’absence d’enquêtes sérieuses menées par les autorités israéliennes sur les crimes de guerre (points 1756, 1757 et 1758). Cela renforce, selon la commission, la nécessité d’utiliser le principe de juridiction universel qui permet à des tribunaux nationaux de juger des personnes de nationalité étrangère accusées de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Lire, dans Le Monde diplomatique de septembre, l’article de Sharon Weill, « De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh ».

Le rapport n’épargne pas le Hamas, mais il est clair qu’il n’y a pas équivalence dans le texte entre une simple organisation et un Etat souverain. Le gouvernement israélien ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Il a décidé d’engager une grande offensive diplomatique pour contrer les effets du rapport, relatent Barak Ravid, Jack Khoury et Avi Issacharoff dans Haaretz le 16 septembre, « Israel girds for diplomatic war over ’biased’ UN Gaza report ». La crainte exprimée est de voir des responsables israéliens traduits devant la Cour pénale internationale.

Selon une dépêche de l’AFP en provenance de Jérusalem :

« “Nous allons faire tout notre possible pour empêcher qu’il y ait des suites juridiques à ce rapport en démontrant qu’il est malhonnête et politiquement biaisé”, a affirmé à la radio publique Gabriela Shalev, l’ambassadrice d’Israël auprès de l’ONU. (...) Dans un communiqué, le président Shimon Peres a estimé que ce rapport “se moque de l’Histoire”. “Les auteurs ne distinguent pas les agresseurs et ceux qui se défendent. C’est le Hamas qui a engagé cette guerre en commettant des crimes horribles. Ce rapport confère une légitimité au terrorisme et ne tient pas compte du devoir d’Israël de se défendre”, a affirmé M. Peres. “Goldstone n’aurait pas écrit ce rapport si ses enfants habitaient à Sderot”, une ville du sud d’Israël régulièrement visée par les roquettes palestiniennes, a ajouté le président israélien. »

Comme il est d’origine juive, le juge Goldstone a été violemment attaqué comme « juif honteux ». Interviewée par la radio militaire israélienne, sa fille a affirmé que son père est un « juif sioniste ».

Le porte-parole du Quai d’Orsay Bernard Valero a déclaré, le 16 septembre, que « les faits exposés dans le rapport de la Commission Goldstone sont d’une extrême gravité et méritent la plus grande attention (...) La France étudie actuellement le document dans le détail, ainsi que ses recommandations, sur lesquelles il est encore trop tôt pour se prononcer ».

Le rapport, toutefois, omet un problème important qui avait été souligné par Richard Falk, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967, dans un article du Monde diplomatique de mars 2009, « Nécessaire inculpation des respoonsables de l’agression contre Gaza » :

« Israël a tout fait pour biaiser cette perception en obtenant des médias et des diplomates qu’ils se concentrent sur une seule question de droit international : son usage de la force était-il ou non "disproportionné" ? Or cette manière de poser le problème occulte la question fondamentale : celle de savoir si ces attaques avaient bien, au sens juridique, un caractère « défensif ».

Et là, nous rejoignons le domaine politique et ce fait fondamental abordé de manière oblique par la commission (ce n’était pas son mandat), l’origine du conflit et le fait qu’il résulte de l’occupation illégale des territoires palestiniens par Israël depuis plus de 40 ans, en violation de toutes les résolutions des Nations unies...

publié sur le blog du Monde diplomatique "Nouvelles d’Orient"

http://blog.mondediplo.net/2009-09-...

Leyla Al-Qadr: des milliers de fidèles prient à la mosquée Al-Aqsa

Ecrit par Maisa Abou Ghazala
17/09/2009
JERUSALEM OCCUPEE / Maisa Abou Ghazala – Des milliers de visiteurs, 300.000 d’après les troupes israéliennes, ont animé la dernière nuit à Jérusalem.
C’était la Leyla Al-Qadr, ou Nuit du Destin, qui se déroule vers la fin du mois sacré du Ramadan. Au cours de cette nuit, le prophète Muhammad aurait reçu les premiers versets du Coran par l’ange Gabriel.

Les musulmans venus avec des autobus depuis les villes palestiniennes en Israël, de Cisjordanie en franchissant les check-points et de Jérusalem ont prié à l’Al-Aqsa, sur l’esplanade des Mosquées, et ont animé les marchés de la Vieille ville.

Les forces israéliennes ont installé des nouveaux check-points à proximité de la Vieille Ville de Jérusalem et ont fermé les rues principales.

Le directeur du Waqf, le cheikh Azzam Al-Khatib, a affirmé avoir offert 150.000 repas pour l’iftar, le déjeuner du soir.

Plusieurs personnes ont été secourues par les volontaires de l'Union des travailleurs arabes, après avoir perdu connaissance à cause de la fatigue du voyage, la chaleur et la grande foule.

L'Imam a récité des versets du Coran et a lancé un appel pour sauver la mosquée Al-Aqsa de fouilles archéologiques israéliennes et de la colonisation. Il a demandé de lever le siège imposé sur Gaza, libérer les prisonniers et a invité le peuple palestinien à s’unifier. (PNN)

Israël perdra-t-il les chances de la paix ?

publié le jeudi 17 septembre 2009

Abdel-Moneim Saïd
Une idée est ancrée depuis longtemps dans la pensée occidentale, que les Palestiniens ont perdu toutes les occasions qui leur étaient offertes pour faire la paix. En réponse à cela, il y a eu toujours des répliques en guise de défense, disant que les Palestiniens n’ont jamais eu de chances réelles.

Cette polémique qui se répétait sans cesse était l’un des outils de la guerre psychologique et de propagande dans le conflit arabo-israélien. Cependant, un intérêt moindre a été orienté vers les occasions qu’Israël n’a pas saisies tout au long de sa longue histoire. Depuis le début de l’itinéraire, « la question juive » est passée d’un simple récit de minorités juives haïes dans un nombre de pays pour se confiner à un Etat où se sont rassemblés les juifs. Les Israéliens ont laissé passer la chance dans les années 1920 après l’entente Fayçal-Eisman, de la mise en place ensemble d’un Etat indépendant garantissant les droits des minorités y compris les juifs. Ils ont laissé passer également une autre chance en 1948, lorsqu’ils ont transformé la Palestine d’un refuge des juifs persécutés en Europe en Etat israélien. Et une troisième fois, lorsque les forces israéliennes ont tenté d’envahir les terres palestiniennes, faisant fi de la résolution de partage, à un moment où les armées arabes luttaient afin de l’appliquer.

Mon objectif en étalant ces occasions perdues est de dire qu’il existe actuellement des chances pour la paix avec une administration américaine disposée à déployer un effort présidentiel mobilisant les efforts internationaux et régionaux afin de mettre un terme au conflit arabo-israélien. Ajoutons à cela qu’Israël n’a jamais maintenu le calme actuel sur tous ses fronts, même celui du Hezbollah et du Hamas, et jamais Israël ne disposait, comme il est le cas maintenant, de chances de développement économique et de prospérité. Non moins importante dans ce contexte est l’initiative arabe globale au règlement du conflit ne garantissant uniquement pas de mettre un terme à l’état de guerre avec Israël, mais en l’occurrence de coexister et de normaliser avec lui à la lumière d’un ordre régional sécurisé. Tout au long des derniers mois, les signaux provenant de nombreux pays se sont multipliés, faisant état d’une disposition à présenter des initiatives de bonne volonté. A l’heure où Le Caire a maintenu l’ouverture de nombreux canaux avec Israël pour saisir les chances qui lui sont disponibles.

Tout ceci porte à croire qu’Israël a une chance réelle de régler le conflit arabo-israélien, permettant à la région de coexister avec les autres pays. D’autre part, ceci donnerait l’occasion à son peuple de vivre normalement en contrepartie de son retrait des territoires arabes occupés en juin 1967 et de l’approbation de la mise en place d’un Etat palestinien indépendant avec comme capitale Jérusalem-Est. En réalité, Israël peut réaliser d’énormes gains en réalisant un règlement juste à la cause palestinienne.

En premier, Israël se débarrassera en partie de l’hostilité à son égard et l’état de suspicion qui entoure la légitimité de son existence, voilà plus de six décennies, et ceci auprès de larges secteurs de l’opinion publique arabe. Y compris les pays ayant signé avec Israël des traités de paix, comme l’Egypte et la Jordanie. Jusqu’à maintenant, il s’avère que les relations sur le niveau populaire sont froides en raison de l’absence de la confiance mutuelle. D’autant plus que l’opinion publique populaire a tendance à classer Israël dans la case de l’ennemi et notamment dans les périodes d’affrontements entre Israël et les parties arabes. Ce qui s’est manifestement révélé pendant la guerre du Liban en juillet 2006, la guerre de Gaza en décembre 2008 et en 2009 avec le Hezbollah et le mouvement du Hamas.

La paix peut représenter un nouveau début pour une éventuelle coopération économique efficace dans la région du Moyen-Orient, ce qui sera bénéfique certes pour Israël.

La conclusion de la paix avec les Palestiniens va contrecarrer les prétextes des factions armées, avec en tête le Hamas et le Djihad islamique de poursuivre l’affrontement avec Israël. Le fait de se dérober à la paix et d’ignorer les droits du peuple palestinien engendre souvent des mouvements de violence chaotiques, tels que les soulèvements (intifada) et les opérations kamikazes, d’une manière qui mènerait la région à sombrer dans un état de violence et de contre-violence.

Les actes de violence connaîtront une escalade si les Palestiniens n’ont d’autre choix que de continuer à résister contre l’occupation. La preuve en est que le mouvement Fatah a renouvelé son engagement, durant sa dernière conférence, à résister par tous les moyens contre l’occupation israélienne. Il est difficile également de parier sur le calme actuel qui règne sur Gaza tant qu’il y a une dégradation de la situation en raison de la persistance du blocus d’une part et du trébuchement du règlement politique de l’autre. Nous ne pouvons pas non plus parier sur la tendance du Hamas à la modération tant que ceci n’est pas lié à un règlement politique global, sinon de nouveaux courants plus rigoristes que le Hamas émergeront en surface. Et enfin, la mise en place de la paix avec les pays arabes pourrait réduire l’influence de certaines forces qu’Israël considère comme menaçant son existence, telles que l’Iran.

Mais selon toute vraisemblance, Israël laissera passer cette occasion au même titre que les autres. Ceci revient à deux facteurs intrinsèquement liés. Le premier se rapporte à la compréhension du statut actuel et l’autre se rapporte aux résultats découlant de cette compréhension. Lorsque j’étais à Washington, un ami américain, travaillant dans un centre de recherches renommé, disait à propos de cette compréhension de ce statut actuel qu’il y a aujourd’hui un état de décontraction en Israël et Tel-Aviv ne ressent effectivement aucune menace à l’heure provenant de Gaza ou de Cisjordanie. En conséquence à cet état de faits, ils ne sont pas véritablement motivés pour la négociation. D’ailleurs, on les entendait souvent prétexter pendant « les jours de menaces » que la partie palestinienne pratiquait la violence et qu’il n’était pas prêt à s’asseoir comme allié sur une même table de négociations. Que désire Israël ? Le calme ou la violence ? Cette logique inversée à toujours été à l’origine des chances perdues. Lorsque le calme règne, la paix est écartée parce qu’elle n’est plus une urgence. Mais si au contraire, l’affrontement est le mot d’ordre, la paix est écartée parce qu’on est en temps de guerre.

Quant au second facteur, il se rapporte au comportement de l’actuel gouvernement israélien qui n’a pas ménagé un effort pour s’affirmer davantage par des opérations d’implantation actives et agressives. Mais, ceux qui ont vécu l’expérience du conflit arabo-israélien depuis le début savent qu’il n’y a pas de paix avec la colonisation, surtout après le rétrécissement au maximum de la terre palestinienne.

publié par al-Ahram hebdo en français

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra...

Al-Quds, capitale du ciel

Izzidîne al-Manasira, poète palestinien
jeudi 17 septembre 2009, par : Fadwa,

Al-Quds… cœur de la Palestine… matérialisation sincère de l'attachement de la terre au ciel et de l'être humain aux valeurs.

Al-Quds dans le christianisme : plus de 47 vestiges et monuments chrétiens parsèment la ville d'al-Quds, appartenant aux diverses églises chrétiennes (catholiques, orthodoxes, coptes, arméniennes etc..) : surtout des églises et des monastères.

Al-Quds dans l'islam : plus de 197 vestiges musulmans sont enracinés dans la ville sainte, des mosquées, dômes, palais, écoles, etc.. appartenant aux diverses époques musulmanes. Parmi les plus importants, la mosquée al-Aqsa, qui comprend tout ce qui se trouve dans l'enceinte sacrée est incontestablement le lieu saint le plus important en Palestine et l'un des plus importants dans le monde.

Dans le cimetière Bab al-Rahma sont enterrées de nombreuses personnalités musulmanes, ayant habité al-Quds avant d'y mourir. Outre le cimetière Ma'manullah, les tombes des pieux, les diverses mosquées, les zawiyas et les takiyas (lieux de retraite spirituelle), se trouve la Khanqa Salihiyya fondée par Salah Eddine al-Ayyoubi. Rien que dans la ville d'al-Quds, se trouvent plus de 15 zawiyas, plus de trente écoles historiques et plusieurs bibliothèques renfermant les livres religieux, historiques et linguistiques les plus rares..

1948 : Partage d'al-Quds, massacres et expulsion collective

Suite à la résolution de l'ONU sur le partage de la Palestine en novembre 1947, les forces sionistes déclenchent une attaque contre les quartiers arabes situés hors du mur historique de la ville d'al-Quds. Dans la partie occidentale d'al-Quds, Les Arabes vivaient surtout dans les quartiers al-Qatamon, al-Buqaa, Talbiya, Wa'riya, Ma'manullah, Musrara et Deir Abu Thur. Les quartiers arabes ont été fondés hors du mur au XIXème siècle, et surtout au temps du mandat britannique qui a encouragé aussi la création de quartiers étrangers et d'autres réservés aux colons juifs. Les quartiers juifs se situaient au nord et à l'ouest de la partie occidentale d'al-Quds, entourés du nord au sud par des villages arabes comme Lifta, sheikh Badr, Deir Yassine, Ain Karem, Malha et Beit Safafa. Au cours de la guerre de 1948, la défense de la ville a été organisée par les forces « Jihad al-Muqaddas » dirigées par le grand combattant Abdel Qader al-Hussaynî, qui comprenaient près de 380 hommes de la ville et 250 des villages voisins. Plus de 100 à 150 combattants de l'armée constituée par la Ligue arabe, sous la direction de Fawzî Qawiqjî, y ont également participé.

L'agression sioniste contre les quartiers et les villages arabes a pris la forme d'explosions et d'expulsion de la population. A Lifta et sheikh Badr, les explosions et les destructions des maisons ont entraîné l'expulsion forcée de la population dès le début de 1948, alors que la plupart des habitants de Qatamon avaient refusé de quitter leur quartier après la grande explosion menée par les sionistes de l'hôtel Semiramis le 4 janvier 1948.

Le 6 avril 1948, la Haganah (bande terroriste sioniste) commence à exécuter les plans Delta et Nahshon pour occuper les villages palestiniens et expulser leurs habitants. Dans les banlieues d'al-Quds, elle occupe al-Qastal, où tombe en martyr le héros et dirigeant Abdel Qader al-Hussaynî et le 9 avril, les forces sionistes commettent l'horrible massacre de Deir Yassine, pour « donner une leçon » aux Palestiniens, et notamment aux habitants d'al-Quds et ses environs. Le massacre entraînera la fuite collective d'al-Quds et des villages voisins, malgré les appels successifs du comité national d'al-Quds. Cette attaque constitue le début de l'épuration ethnique et religieuse de la ville d'al-Quds.

Après la chute des quartiers arabes de la ville arabe d'al-Quds, l'agence juive installe les nouveaux colons dans les maisons des Palestiniens. Et au cours de l'été 1949, les colons juifs sont installés dans le village de Deir Yassine. En mai 1949, Israël s'empare de la partie nord du village de Beit Safafa, après un accord signé avec la Jordanie, et élève un rempart qui divise les familles et sépare la population de ses terres.

Il ne reste plus que quelques centaines de Palestiniens dans la partie occidentale d'al-Quds. Tous les autres sont devenus des réfugiés. Les forces sionistes détruisent 37 villages sur les 41 qui existaient dans la partie occidentale tombée sous leur domination dans la province d'al-Quds. Le nombre des Maqdisis ayant été expulsés de leurs maisons et dont les propriétés leur ont été arrachées s'élèvent, en 1948, à 98.000 Palestiniens. La superficie de leurs propriétés s'élèvait à 273.000 dunums. Le nombre de villages ayant subi le nettoyage ethnique s'élève à 39.

1967 : occupation et annexion : destruction et modification humaine dans al-Quds

L'ennemi israélien a occupé la partie orientale de la ville d'al-Quds en juin 1967, alors qu'elle se trouvait sous administration jordanienne depuis 1949. Cette partie comprend l'ancienne ville et les quartiers hors mur ainsi que des villages situés au nord, au sud et à l'ouest.

Quatre jours après l'occupation d'al-Quds, les forces de l'occupation détruisent le quartier al-Maghariba jouxtant la mosquée al-Aqsa, y compris les 135 maisons où vivaient 650 personnes, ainsi que deux mosquées, pour le transformer en une grande place réservée à la prière des Juifs. 24 autres maisons seront ensuite détruites par l'armée sioniste, par explosifs, qui prétend se venger des actes de la résistance. En 1969, les autorités sionistes détruisent 14 bâtiments religieux et historiques, dont la mosquée et la zawiya al-Fakhriya. En conséquences de ces actes de terreur, plus de 1000 personnes d'al-Quds seront refoulées. Le 21 août 1969, les colons tentent d'incendier la mosquée al-Aqsa, mais les habitants d'al-Quds se mobilisent pour éteindre l'incendie qui a provoqué des dégâts importants dans sa partie méridionale.

Les autorités de l'occupation annoncent l'unification des deux parties d'al-Quds le 28 juin 1967, ce qui signifie l'annexion de la partie orientale et l'application des lois israéliennes sur ses habitants, en ce qui concerne les tribunaux, l'éducation et la vie économique, dans une tentative d'israéliser la ville et ses habitants. Suite à l'annexion, les autorités de l'occupation comment à creuser sous la vieille ville, et notamment sous la mosquée al-Aqsa, prétextant être à la recherche d'un prétendu temple. Mais les excavations, qui ont dénaturé la ville et ébranlé les fondations de la mosquée, ont prouvé le contraire : il n'y a aucun temple juif dans la ville d'al-Quds.

Concernant les Maqdisis (la population d'al-Quds), les autorités de l'occupation ont suivi la politique de judaïsation et d'epxulsion : elles expulsent plus de 70.000 Maqdisis hors de la ville et refusent d'enregistrer des milliers qui y sont nés.. Plus de 40 colonies sont installées dans la ville après 1967, dont le quartier juif dans la vieille ville, Gilo, French Hill, Talpot, Kfar Adomim, Maale Adomim, Atarot, pour encercler la ville par les colonies juives qui la séparent de son environnement arabe en Cisjordanie. D'autres colonies sont installées dans la vieille ville et des quartiers arabes comme sheikh Jarrah, où des groupes de juifs extrémistes essaient de s'emparer des maisons par la force, en vue de s'étendre le plus possible.

La résistance

Les Maqdisis ont résisté aux projets de colonisation et de la mainmise sur les lieux saints dès le début de la colonisation sioniste, comme ils ont participé à toutes les protestations, manifestations et grèves qui se déroulaient dans les villes palestiniennes.. La révolte d'al-Bouraq a été déclenchée à al-Quds en 1929 après les agressions sionistes sur le mur al-Bouraq et le déferlement des colons. 133 sionistes ont été tués lors de cette révolte alors que 116 Palestiniens y sont tombés martyrs . Les autorités britanniques arrêtent 900 citoyens.

Après l'occupation de la totalité de la ville en 1967, les résistants ont mené plusieurs opérations, ciblant les colonies et les soldats avec des charges explosives et des tirs de mitraillettes. Dans les années 80, les opérations de la résistance se développent : les charges explosives ciblent les colonies comme French Hill, le quartier Ramot, la rue Herzl et les résistants ciblent également les véhicules des colons et des services du Mossad. Dans les années 90, les résistants utilisent plus souvent les poignards et les couteaux, pouvant ainsi facilement approcher les colons et les soldats. Et dès 2008, la bataille des bulldozers prend le relai au moment où des opérations militaires de qualité sont menées : en mars 2008, des résistants maqdisis mènent une opération audacieuse dans une école religieuse dans la partie occidentale de la ville, tuant et blessant plusieurs colons.

Les Maqdisis ont participé à la première intifada avec tous leurs moyens disponibles, ils organisent les protestations populaires, mènent des grèves et boycottent les institutions sionistes. Des appels émis dans al-Quds appellent à la désobéissance civile, au refus de payer les taxes et impôts et le boycott des produits israéliens.

Au cours de l'intifada al-Aqsa, la résistance mène d'importantes opérations (explosions, assassinat du du terroriste Rahbaam Ze'ivi), dont l'explosion d'une voiture piégée dans la colonie Talpot en 2001, dans le marché Mahnie Yehouda et la colonie Gilo. Plusieurs opérations martyres ont lieu dans la station de bus qui transportent les colons, ébranlant l'entité sioniste dans son ensemble.

Il faut indiquer la résistance populaire menée par les masses d'al-Quds pour protéger la mosquée al-Aqsa et la vieille ville menacée par la colonisation. Les Palestiniens de 48 (vivant dans la partie de la Palestine occupée en 48) ont largement participé à cette résistance, sous la direction de sheikh Ra'ed Salah, proclamé « sheikh d'al-Aqsa ». Ayant réussi à rénover le lieu de prière al-Marwanî dans l'enceinte maqdisie, loin de la surveillance des appareils sionistes, le mouvement islamique de sheikh Ra'ed Salah organise des visites quotidiennes, par dizaines de bus, de l'intérieur palestinien vers la ville d'al-Quds, pour défendre la mosquée al-Aqsa, s'opposer aux excavations et également, encourager l'activité économique dans l'ancienne ville, après que la ville a été séparée de son environnement en Cisjordanie et la bande de Gaza.

Les poursuites contre les Maqdisis se sont intensifiées ces dernières années, des dizaines de citoyens ont été arrêtés. Le nombre des prisonniers de la ville d'al-Quds s'élèvent aujourd'hui à environ 550 prisonniers, certains étant considérés comme d'anciens prisonniers, ayant été arrêtés avant les accords d'Oslo en 1994 (soit plus de 15 ans de détention). Le plus ancien prisonnier maqdisi est Fouad Qassim Razzâm, arrêté le 30 janvier 1981, membre du Jihad islamique. Les institutions nationales et d'al-Quds plus particulièrement réclament que les prisonniers d'al-Quds fassent partie de toutes les opérations d'échanges de prisonniers, refusant les critères de l'ennemi qui considèrent les prisonniers d'al-Quds et ceux de la Palestine 48 comme étant hors du mouvement national des prisonniers.

Suite à l'intifada al-Aqsa qui a assisté à une résistance armée et populaire dans al-Quds, les autorités de l'occupation ont procédé à l'isolement de la ville de son environnement palestinien en fermant les voies de passage entre la Cisjordanie et al-Quds et en installant le mur de l'annexion et de la colonisation, qui sépare les villages voisins de la ville, pour s'emparer de leurs terres et les annexer à l'entité sioniste. Il a fermé, détruit et pillé les institutions nationales, dont Bayt al-Machriq (la maison de l'Orient) symbole de la fermeté de la population face à l'occupation. Les sionistes ont pillé le contenu de Bayt al-Sharq comme les documents historiques importants, comme ils ont fait en occupant la ville, volant le contenu du musée national et des bibliothèques palestiniennes. Mais les Maqdisis poursuivent leur ferme résistance en enracinant leur présence dans la ville et en fondant des institutions et des associations sociales, culturelles et religieuses, malgré les mesures répressives.

Récemment, il est apparu que l'Etat sioniste projette de bâtir une ville juive qui démantèle une grande partie de la partie orientale d'al-Quds, allant du quartier Sheikh Jarrah jusqu'au quartier de Silwân, en passant par la mosquée al-Aqsa, profitant des tunnels qu'il a creusés et qui font partie de cette ville semi-souterraine. Et au cours de cette année choisie pour être la capitale de la culture arabe, les autorités sionistes ont pris un ensemble de mesures pour empêcher une quelconque manifestation culturelle dans la ville, au moment où elles poursuivent leur politique de destruction des maisons des Maqdisis, en vue de les faire partir.

Plusieurs institutions maqdisies mènent depuis plusieurs années des actions soutenues pour faire échec à ces projets, parmi lesquelles la coalition civile pour la défense des droits des maqdisis dans al-Quds, qui rassemble plusieurs institutions et le front islamo-chrétien pour la défense d'al-Quds. Par ailleurs, plusieurs institutions dans le monde arabo-musulman se sont organisées pour soutenir la fermeté exemplaire de la population, par divers moyens, médiatiques ou économiques.

La proclamation par l'Imam al-Khumaynî de la journée mondiale pour al-Quds, le dernier vendredi de chaque mois de ramadan, constitue un des moyens importants pour soutenir la résistance de notre peuple dans la ville d'al-Quds.

Cirepal (Centre d'Information sur la résistance en Palestine)

Vote historique des syndicats britanniques en faveur du boycott d'Israel

Publié le 17-09-2009


Dans une décision historique, les syndicats britanniques ont voté à une écrasante majorité la décision de mettre en œuvre un mouvement de masse pour boycotter, désinvestir et sanctionner Israël jusqu’à l’obtention d’un accord négocié fondé sur la justice pour les Palestiniens.

Communiqué du 17 septembre 2009

"La motion a été votée lors du TUC (Trade Union Congress) au Congrès Annuel 2009 de Liverpool ce jeudi, par des syndicats représentants 6,5 millions de travailleurs anglais.

Hugh Lanning, président de la Campagne de Solidarité avec la Palestine, a déclaré : « Cette motion est le point culminant des motions passées dans les congrès syndicaux cette année, à la suite des violences lors de la guerre sauvage d’Isarël contre Gaza, et reflète la montée massive du soutien en faveur des droits des Palestiniens. Nous avons travaillé avec les TUC pour développer une campagne massive de boycott des produits israéliens, en particulier les produits agricoles qui sont produits dans les colonies israéliennes illégales, dans la Cisjordanie palestinienne ».

De plus, a motion engage le Conseil Général des TUC à faire pression sur le gouvernement britannique pour qu’il mette un terme aux ventes d’armes à Israël, et qu’il soutienne les mouvements pour la suspension des accords économiques entre l’Europe et Israël. Les syndicats ont aussi encouragé le désinvestissement des entreprises qui profitent des 42 ans d’occupation israélienne à Gaza et en Cisjordanie.

La motion a été présentée par l’Union des Compagnies de Pompiers. Les syndicats les plus importants de grande-Bretagne, dont Unite, le syndicat du secteur public, et UNISON, qui représente les travailleurs des services de santé, ont voté en faveur de la motion.

La motion a également condamné les déclarations de l’Hisradrut, le syndicat israélien, qui soutient la guerre d’Israël contre Gaza qui a tué 1450 Palestiniens en trois semaines, et a appelé à appelé les TUC à revoir leurs relations avec l’Histadrut.

Les syndicats britanniques rejoignent ainsi ceux d’Afrique du Sud et d’Irlande dans leur vote pour qu’une campagne massive de boycott soit utilisée comme outil capable de ramener Israël dans la droite ligne du droit international, et l’obliger à respecter les résolutions de l’ONU qui encouragent justice et égalité pour le peuple palestinien."

(Traduit Par Carole SANDREL pour CAPJPO-EuroPalestine)

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