mercredi 26 janvier 2011

Le monde n’est pas un Golem

publié le mercredi 26 janvier 2011
Uri Avnery – 22 janvier 2011

 
Israël est, comme nous le savons bien, la terre d’impossibilités illimitées. En Israël, par exemple, les diplomates sont en grève.
Une grève de diplomates ? Mais c’est impossible ! Des postiers font grève. Des dockers font grève. Mais des diplomates ? Les gens les plus conservateurs, les plus proches du pouvoir ? Les gens qui sont au service du gouvernement israélien, quelle qu’en soit la couleur ? Des gens qui trouvent de bonnes raisons pour toutes ses actions, quelles qu’elles soient ?
Eh bien, en Israël c’est possible. Tous les services des Affaires étrangères ont cessé de fonctionner. Pas de nouveaux passeports pour des citoyens qui ont perdu leurs papiers à Moscou, pas d’assistance consulaire pour des citoyens qui ont été jetés en prison à New York. Pas de de préparation pour la visite de Benjamin Nétanyahou à Paris. Depuis des années, les gens des Affaires étrangères souffrent de conditions de travail déplorables. Leurs salaires frisent le ridicule. C’est dans ces conditions qu’ils se sont mis en grève.
EST-CE QUE CELA met le Premier ministre en fureur ? Est-ce que cela dérange le ministre des Affaires étrangères ? En aucune façon. Nétanyahou ne change rien à ses habitudes pour mettre fin à la grève, et Avigdor Lieberman ne fait absolument rien pour amener ses employés à regagner leurs bureaux. Tous les deux n’en ont cure. Au contraire, ils paraissent presqu’heureux. Ça leur est bien égal de les laisser faire grève indéfiniment.
Et ils ont raison. Cette semaine, chacun a pris conscience du fait qu’ils ont raison.
Le Président de la Fédération de Russie, Dimitri Medvedev, était attendu en visite en Israël. Mais avant cela, il s’était rendu à Jéricho que l’on considère comme la ville la plus ancienne du monde. Là, en présence du Président Mahmoud Abbas, il a déclaré que la Russie avait reconnu l’État palestinien depuis longtemps, et qu’elle continue à reconnaître le droit des Palestiniens à leur propre État, avec sa capitale à Jérusalem Est.
Ce n’est pas tout à fait exact. Ce n’est pas la Russie qui a reconnu la Palestine, mais l’Union Soviétique. Et la reconnaissance était conférée à l’État virtuel déclaré par Yasser Arafat en 1988. C’est très différent de la reconnaissance de l’État Palestinien en ce moment, alors qu’il est en train de devenir réalité.
Après sa visite à Jéricho, Medvedev devait venir à Jérusalem pour se faire photographier aux côtés de Benjamin Nétanyahou et serrer la main d’Avigdor Lieberman. Comment Nétanyahou allait-il réagir à la déclaration de Jéricho ? Comment allait-il se sortir de cette affaire sans s’humilier ou sans offenser le plus vaste pays du monde ?
Ces difficultés furent évitées par les réactions des diplomates israéliens. Ils refusèrent de préparer la visite et d’organiser les rencontres. Medvedev renonça, et les deux grands hommes d’État – Nétanyahou et Lieberman – purent de nouveau respirer.
A plus profond du cœur, Lieberman a certainement béni les gens de son ministère, qu’il hait. Ils l’ont sauvé. Que pouvait-il dire à Medvedev ? Depuis son entrée au ministère des Affaires étrangères à la façon de l’éléphant dans le proverbial magasin de porcelaine, il s’est toujours vanté de l’excellence de ses relations avec la Russie. Les Américains le détestent ? Et alors ? Les Européens ne veulent pas le rencontrer ? Et alors ? Qui sont-ils de toute façon ?
Mais la Russie est la Russie. Nous avons là un ami véritable. Lieberman admire Vladimir Poutine, ce grand démocrate, qui sait comment traiter des gens impertinents comme les Tchetchènes. Lieberman s’entretient avec lui dans sa langue maternelle. Il se vante d’avoir établi des relations réellement intimes avec les Russes. Et maintenant ils lui font cette chose. Quelle honte.
MAIS LA vérité c’est que Poutine n’est en réalité pas son ami. Yvette Lieberman (son nom d’origine) a un seul ami véritable dans le monde : Alexandre Lukashenko, Président de Biélorussie, “le dernier dictateur d’Europe”.
C’est vrai. Lieberman n’est pas né en Biélorussie, mais en Moldavie soviétique. Il ne fait cependant aucun doute que la Biélorussie est sa seconde patrie. C’est dans sa capitale, Minsk, qu’il passe ses vacances. C’est là qu’il avait choisi de se cacher dans l’intention (couronnée de succès) de faire chanter Nétanyahou, lorsque “Bibi” le supplia de rejoindre la coalition gouvernementale. Lukashenko est son âme sœur. C’est son modèle. C’est de lui qu’il a appris comment se comporter avec les organisations de droits humains. Le brevet appartient au Président de Biélorussie et la licence d’exploitation est accordée seulement au dirigeant de “Israel our Home” (Israël notre Foyer). C’est Lukashenko qui adressa une mise en garde officielle aux militants des droits humains de son pays pour les menacer de lourdes sanctions s’ils continuaient à “déformer l’information” concernant la Biélorussie.
“Le ministère de la Justice a publié une mise en garde écrite” disait le texte, “au Comité Helsinki Biélorusse pour violations de la loi sur les organisations publiques et les mass-médias et pour la diffusion d’informations douteuses jetant le discrédit sur les organismes de la république chargés de l’application de la loi et de la justice.” La police a effectué une descente dans les locaux des organisations des droits humains et le KGB (oui, l’ancien nom subsiste en Biélorussie) a commencé à enquêter.
C’est là que Lieberman a trouvé son inspiration quand il a déclenché en Israël sa campagne contre les militants de la paix et des droits humains, qu’il a qualifiés cette semaine de “collaborateurs du terrorisme”. Je ne parle pas les langues slaves, mais je suis persuadé que cela résonne de façon plus authentique en Biélorusse qu’en Hébreu.
ON PEUT rire (pour le moment) de la prétention de Lieberman que les organisations pour la paix et les droits humains sont la cause de la délégitimation de l’État d’Israël, et particulièrement de la délégitimation de l’armée israélienne.
Mais on ne peut pas rire de la délégitimation elle-même. De plus en plus de gouvernements reconnaissent l’État de Palestine, infligeant ainsi une gifle au gouvernement Nétanyahou.
Lorsque le Conseil national palestinien déclara, il y a 22 ans, la fondation de l’État palestinien indépendant, environ 110 pays le reconnurent. Tous élevèrent le statut des Délégations palestiniennes au rang d’ambassades. Le gouvernement israélien les ignora. De son point de vue, il s’agissait d’une déclaration vide de sens et d’une reconnaissance sans objet. Cela ne modifia pas la situation sur le terrain. À ses yeux une nouvelle colonie en Cisjordanie était plus importante que l’opinion de cent pays. Comme on dit en yiddish : Oilam Goilam – le monde est un Golem (le monstre maladroit d’une légende juive).
Mais la nouvelle vague de reconnaissance de la Palestine est une affaire totalement différente. Lorsque des pays importants comme le Brésil, l’Argentine et le Chili reconnaissent la Palestine, et entraînent à leur suite les autres pays d’Amérique latine, cela est significatif. Lorsque la Russie réactualise sa reconnaissance, par la voix de sa plus haute personnalité officielle et cela sur le sol palestinien, c’est un événement important. Tous ceux qui se reposent, comme ils en ont l’habitude, sur le soutien ferme comme le roc des États-Unis devraient se montrer attentifs à une petite information parue cette semaine : la délégation permanente de l’OLP à Washington DC a été autorisée à hisser le pavillon palestinien sur son immeuble – un droit généralement réservé au seules ambassades.
Un intéressant complot est en train de se réaliser. Deux tiers des pays du monde ont déjà reconnu l’État de Palestine, et la vague est en train d’enfler. Ce ne sont plus seulement de petits pays du tiers monde, mais des acteurs importants de la scène mondiale. Mahmoud Abbas et Salam Fayad sont en train de construire tranquillement et avec obstination les institutions de l’État palestinien. Ils consacrent beaucoup d’efforts au développement, construisant une ville nouvelle au nord de Ramallah, réduisant les pouvoirs des services de sécurité et attirant la sympathie et l’attention des gouvernements du monde.
Et alors ? – demande l’Israélien moyen. Après tout, les goyim sont en train de prouver une fois de plus qu’ils sont tous des antisémites. En quoi cela a-t-il de l’importance ? Nous avons la maîtrise du territoire et aucune manœuvre diplomatique n’y changera rien. Et tant que nous avons le soutien sans limite des Américains, nous nous en fichons.
Vraiment ? Pendant de nombreuses années, nous avons pu nous reposer les yeux fermés sur les Américains. Chaque résolution “anti-israélienne” se voyait opposer un véto ferme des Américains. Mais cela est-il encore autant garanti ? Au moment où tous les pays importants du monde reconnaissent l’État de Palestine – est-ce que les États-Unis vont toujours rester sur leurs positions ?
Pendant que les diplomates israéliens font grève, une nouvelle initiative condamnant les colonies se développe au Conseil de sécurité des Nations unies. Le monde entier est contre ces colonies qui sont manifestement illégales au regard du droit international. Même les États-Unis ont demandé un gel. Les États-Unis peuvent-ils opposer un véto à une résolution qui traduit leur propre politique, sans devenir un objet de risée ? Et s’ils font encore cela cette fois-ci, qu’en sera-t-il la prochaine fois, ou la fois d’après.
Et si le véto américain impose encore sa loi au Conseil de sécurité – il ne l’impose pas à l’Assemblée générale des Nations unies. C’est l’Assemblée générale – et non le Conseil de sécurité – qui a décidé en 1947 de constituer en Palestine, l’un à côté de l’autre, un État juif et un État arabe. Si l’Assemblée décide maintenant que le temps est venu de réaliser la seconde moitié de la résolution – la création de l’État arabe de Palestine – cela renforcera encore plus la reconnaissance mondiale de la Palestine.
LES GOUVERNEMENTS ARABES qui n’ont récemment soutenu la cause palestinienne que du bout des lèvres, sans lever le petit doigt pour aider à la création de l’État – doivent maintenant y repenser.
En Tunisie le peuple s’est soulevé contre une dictature tout à fait semblable aux autres dictatures arabes – une petite élite corrompue, indifférente aux désirs de la population, collaborant ouvertement ou discrètement avec Israël. Pendant les 13 années du séjour de Yasser Arfat à Tunis, j’ai visité ce pays à maintes reprises. J’ai toujours su que derrière la façade libérale et attrayante se cachait un État policier dur et oppresseur. Mais je voyais les hommes tunisiens marcher dans les rues avec une fleur de jasmin à l’oreille (appelée Shmum) et je n’aurais jamais pu imaginer que c’était là, entre tous les lieux possibles, qu’éclaterait la première révolte populaire arabe.
Maintenant cela est arrivé. Et en Tunisie. C’est un appel à tous les pays arabes à se réveiller, depuis le Maroc jusqu’au sultanat d’Oman, pour que les dictatures tombent, pour qu’il y ait un mouvement d’établissement de régimes démocratiques, et, si cela ne réussit pas – ce sont des régimes islamiques qui vont l’emporter.
C’est ce qui est écrit sur le mur. Le gouvernement israélien actuel nous conduit au désastre. Mais cette semaine ce gouvernement a été encore renforcé, lorque Ehoud Barak, le Napoléon de poche, a fini par abandonner toute prétention à appartenir à la gauche sociale-démocrate pour créer un parti clairement de droite, quelque chose comme Likoud II, pour être un partenaire loyal de Nétanyahou et de Lieberman.
Avec de tels dirigeants, notre pays a-t-il vraiment besoin d’ennemis ?
Article écrit en hébreu et en anglais le 22 janvier 2010, publié sur le site de Gush ShalomTraduit de l’anglais "The World is no Golem" pour l’AFPS : FL

L’Autorité palestinienne accuse l’émir du Qatar de mener une « campagne » contre le Fateh

25/01/2011
Les Palestiniens accusaient hier al-Jazira de « créer la confusion » et propager des « mensonges » en diffusant des documents révélant l'ampleur des concessions proposées en 2008 pour faire la paix avec Israël, qui les avait pourtant jugées insuffisantes. La chaîne basée au Qatar avait entamé dimanche soir la diffusion de « plus de 1 600 » documents couvrant les pourparlers de paix depuis 1999, dont les premiers montrent que les négociateurs palestiniens étaient prêts en 2008 à des concessions considérables, en particulier sur Jérusalem-Est et les réfugiés.
« Le but de cela est de créer la confusion, j'ai vu moi-même ce que la chaîne a diffusé en disant que ce sont des documents palestiniens, alors qu'ils sont israéliens », a réagi le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. « Ce qui a été diffusé a été déformé et sorti de son contexte, et contient des mensonges », a déclaré à l'AFP Saëb Erakat, principal négociateur palestinien. « S'il est nécessaire de publier tous les documents du département des négociations, nous le ferons », a-t-il assuré. « Bien que de nombreuses idées aient été discutées par les deux parties dans un processus normal de négociations, y compris certaines que nous ne pourrions jamais accepter, nous avons dit constamment que tout accord proposé devrait obtenir un soutien populaire via un référendum national », a souligné M. Erakat dans un communiqué.
Un autre négociateur palestinien, Yasser Abed Rabbo, a accusé l'émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, d'avoir donné son « feu vert » à une « campagne » contre l'Autorité palestinienne. « Nous savons qui a sorti les documents, c'est un employé du département des négociations de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) », a-t-il indiqué, coupant court aux spéculations dans les médias israéliens attribuant les fuites à l'ex-homme fort de la bande de Gaza, Mohammad Dahlane, en conflit avec M. Abbas.
« Ces documents secrets sont graves et montrent l'implication de l'Autorité du Fateh (parti de M. Abbas, NDLR) dans les tentatives de liquidation de la cause palestinienne », a, pour sa part, commenté Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas à Gaza.
Certains documents présentent les négociateurs palestiniens comme prêts à renoncer « au quartier juif et à une partie du quartier arménien » de la vieille ville de Jérusalem, ainsi qu'à accepter l'annexion par Israël de la plupart des quartiers de colonisation juive. Ils s'y montrent également disposés à se contenter du retour de 100 000 réfugiés sur un total d'environ 5 millions, à raison de 10 000 par an sur dix ans. Le responsable du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), Robert Serry, a mis en garde dans un communiqué contre des « impressions inexactes » et attesté « de l'engagement de la direction palestinienne à sauvegarder les droits et intérêts légitimes du peuple palestinien ».
En Israël, ces révélations ont été diversement interprétées. Le ministre ultranationaliste des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a voulu y voir la validation de ses thèses sur l'impossibilité d'un accord de paix, tandis que des responsables du précédent gouvernement ont reproché au Premier ministre Benjamin Netanyahu d'avoir fait table rase de ces progrès. « Comme il s'avère que le gouvernement d'Ehud Olmert n'a pu parvenir à un accord en dépit des énormes concessions qu'il a faites, tout le monde comprend qu'il faut rechercher un accord intérimaire à long terme », a déclaré M. Lieberman.
Le gouvernement israélien « dispose d'un véritable partenaire pour la paix, encore faudrait-il qu'il la recherche » sincèrement, a estimé Haïm Ramon vice-Premier ministre dans le gouvernement Olmert, et député du parti Kadima (opposition centriste).
Les États-Unis, de leur côté, ont affirmé qu'ils continueront à rechercher une solution à deux États au conflit israélo-palestinien malgré la diffusion des centaines de « documents confidentiels » par al-Jazira.
À Paris, le président français Nicolas Sarkozy, critiquant implicitement la politique américaine, a réclamé hier une plus grande implication des Européens dans le processus de paix israélo-palestinien, promettant dans ce cas une nouvelle réunion de donateurs pour les Palestiniens.

Prisonniers du Hamas, des collaborateurs d’Israël se sont vendus à bas prix

26/01/2011
Mahmoud se mord les doigts d'avoir accepté de l'argent d'un officier israélien pour son mariage. Condamné à la perpétuité, il purge sa peine comme des dizaines d'autres, pour collaboration avec Israël, dans une prison du Hamas à Gaza. À l'image de cet homme de 24 ans rencontré par l'AFP dans un centre de rééducation, plusieurs dizaines de Palestiniens sont emprisonnés par le Hamas à Gaza, reconnus coupables d'avoir renseigné Israël sur les groupes armés du territoire. Nombre d'entre eux, affirme le Hamas, se sont laissé acheter à vil prix, pour quelques centaines de shekels (200 à 300 dollars).
« Je marchais près de chez moi dans le nord de la bande de Gaza, à côté de la frontière avec Israël, quand les forces spéciales (israéliennes) m'ont arrêté pour m'interroger », raconte Mahmoud, accroupi dans un coin de sa cellule. « L'officier du renseignement m'a demandé ce que je faisais là, je lui ai dit que j'étais déprimé parce qu'un mois avant mon mariage, je n'avais pas l'argent nécessaire. Il m'a dit : Travaille pour nous et nous te donnerons l'argent », poursuit-il. « Il m'a donné 1 000 shekels (environ 270 dollars) et une carte SIM Orange israélienne et m'a dit qu'ils me poseraient quelques questions, et qu'en échange des réponses ils me donneraient la même somme à chaque fois et m'aideraient à payer mon mariage », ajoute le jeune homme, les yeux rivés au sol, en avouant avoir accepté le marché. « Comme convenu, il m'a appelé un mois après mon mariage et m'a demandé de surveiller deux de mes voisins qui appartenaient aux Brigades Ezzeddine al-Qassam », la branche militaire du Hamas. « J'ai essayé de lui mentir mais il savait tout et s'en rendait toujours compte. » Démasqué par un cousin auquel il s'était confié, salarié des autorités du Hamas, il a été arrêté en 2008 après environ un an de collaboration pour Israël, précise-t-il. « J'ai tout avoué. »
Chadi, 21 ans, qui purge la première de ses sept années de prison, explique avoir été recruté dans des circonstances similaires après avoir été arrêté par les forces israéliennes près de la frontière. « J'ai accepté parce que j'avais peur et besoin d'argent, affirme-t-il, l'officier m'a donné 500 shekels et une puce de téléphone portable israélien. » « Il demandait des informations sur les endroits d'où étaient tirées les roquettes et les noms des auteurs de ces tirs », témoigne le jeune homme barbu, ancien militant du Hamas. « J'avais beaucoup d'amis au Hamas et dans les Brigades al-Qassam. L'officier m'interrogeait sur eux et il savait toujours si je mentais. » « Alors que j'étais en route pour le retrouver à la frontière, j'ai rencontré un groupe de combattants d'al-Qassam qui s'apprêtaient à tirer des roquettes. Ils m'ont soupçonné et m'ont remis au responsable du Hamas dans le secteur et j'ai tout dit », confesse-t-il.
Selon le directeur de l'établissement, Nasser Souleimane, une quarantaine de Palestiniens sont détenus pour des faits similaires à Gaza. « Nous nous sommes aperçus que le ressort économique était le principal moyen de pression exercé sur les collaborateurs, en particulier en raison du blocus », a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur du Hamas, Ihab al-Ghoussein, faisant état de sommes de quelques centaines de shekels. Le Hamas assure qu'il traquera impitoyablement les collaborateurs présumés d'Israël. Un Palestinien reconnu coupable de collaboration a ainsi été condamné à mort et deux autres à des peines de prison en décembre par un tribunal militaire relevant des autorités du Hamas.

Israël fustige la diplomatie « depuis longtemps partiale » de Dublin

26/01/2011
Israël a « regretté » hier la décision irlandaise d'élever la délégation palestinienne à Dublin au rang de mission diplomatique. « Nous regrettons cette décision, même si elle ne constitue pas une surprise compte tenu de la politique depuis longtemps partiale de l'Irlande sur le Moyen-Orient », a déclaré le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Yigal Palmor. « Elle ne fera que renforcer le rejet par les Palestiniens de tout retour au dialogue direct et aux négociations de paix », a déploré M. Palmor.
Le gouvernement irlandais a décidé hier d'élever le statut de la délégation diplomatique palestinienne à celui de mission, à la suite de la France, de l'Espagne, du Portugal et de la Norvège. La mission se situe un cran en dessous d'une ambassade dans la hiérarchie diplomatique, mais son chef a rang d'ambassadeur.

Erakat accuse al-Jazira de « campagne pour renverser l’Autorité »

26/01/2011
Dans une déclaration, le principal négociateur palestinien, Saëb Erakat, a accusé la chaîne al-Jazira basée au Qatar, qui a entamé dimanche soir la diffusion de documents couvrant les pourparlers de paix depuis 1999, « d'appeler les Palestiniens à la révolution contre leurs dirigeants pour faire tomber le système politique palestinien ». Il lui a également reproché de « participer à une campagne visant l'Organisation de libération de la Palestine dans le but de renverser l'Autorité palestinienne parce qu'elle refuse de reprendre les négociations tant que la colonisation se poursuit et insiste pour aller au Conseil de sécurité » sur cette question et la reconnaissance de l'État palestinien. « Al-Jazira a mis le feu en Tunisie, au Liban et dans divers pays arabes », a-t-il estimé, en référence aux mouvements de protestation dans ces pays, largement couverts par la chaîne, ajoutant que « ce plan était apparu au grand jour ».
Lundi, plusieurs hauts responsables palestiniens avaient également dénoncé les révélations d'al-Jazira, accusant le Qatar de prêter ainsi la main à une entreprise de sape de l'Autorité palestinienne. La chaîne a commencé dimanche soir à révéler des centaines de « documents confidentiels » relatifs aux négociations israélo-palestiniennes, montrant selon elle que les négociateurs palestiniens étaient prêts en 2008 à d'importantes concessions sur Jérusalem-Est et le sort des réfugiés.
Par ailleurs, le Front de l'action islamique (FAI), principal parti d'opposition en Jordanie, a accusé hier les négociateurs palestiniens d'avoir « trahi leur nation », après ces fuites. Dans un communiqué publié sur son site Internet, le FAI a souligné avoir vu « avec consternation comment les négociateurs palestiniens ont conspiré contre leur patrie ». « Les documents rendus publics (par al-Jazira) prouvent que les négociateurs palestiniens sont (...) malhonnêtes et faibles », a ajouté le Front, émanation des Frères musulmans. « Nous exigeons que le gouvernement jordanien condamne ceux qui ont bafoué les droits des Palestiniens et qu'il reconsidère sa relation avec eux », a-t-il encore affirmé.

L’Amérique du Sud s’affranchit de Washington en reconnaissant la Palestine

26/01/2011
La reconnaissance de l'État palestinien par plusieurs pays d'Amérique du Sud témoigne d'une diplomatie régionale plus indépendante des États-Unis. Depuis le 3 décembre, le Brésil, d'abord, puis l'Argentine, la Bolivie, l'Équateur, le Chili et le Pérou - lundi - ont reconnu l'État palestinien. L'Uruguay devrait le faire en 2011. Ces reconnaissances sont à la confluence de deux situations. D'un côté « le sentiment (des Palestiniens) que tout est presque bloqué et qu'il faut peut-être chercher de nouveaux partenaires », et de l'autre « le souhait parallèle du Brésil de jouer un rôle plus grand dans les relations internationales », explique Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l'Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris.
Face au blocage persistant des pourparlers de paix avec Israël, les responsables palestiniens ont appelé de nombreux pays à reconnaître l'État palestinien à l'intérieur des frontières de juin 1967 - d'avant la guerre des Six-Jours et l'occupation de la bande de Gaza et de la Cisjordanie. Le Brésil, l'Argentine, la Bolivie et l'Équateur ont été les premiers à le faire. Le Chili et le Pérou, plus proches des États-Unis, n'ont pas fait mention d'un tracé. Une fois atteinte une masse critique de pays - une centaine reconnaissait déjà la Palestine, la plupart dans les années qui ont suivi la déclaration d'« indépendance » proclamée en 1988 - les responsables palestiniens comptent porter leur revendication devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Pour Michael Shifter, du Dialogue interaméricain basé à Washington, les reconnaissances latino-américaines sont « largement symboliques, mais elles mettent l'accent sur une tendance continue en Amérique du Sud à poursuivre une politique étrangère indépendante, même sur des sujets les plus délicats comme le Moyen-Orient ». « Il est difficile de penser que le dossier va beaucoup bouger dans l'immédiat mais l'impact international a été assez fort. Sur ce dossier réservé aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne), il y a une présence latino-américaine qui était inexistante », estime pour sa part Jean-Jacques Kourliandsky.
Les reconnaissances surviennent en outre en prélude au IIIe sommet Amérique du Sud-pays arabes (ASPA) du 16 février à Lima. Depuis le premier sommet de ce type à Brasilia en 2005, où les deux blocs ont apporté un soutien unanime à la cause palestinienne et critiqué Israël, les relations entre les deux régions se sont consolidées. Début 2009, l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva s'est rendu à Ramallah et Jérusalem. Puis fin 2009, le président palestinien Mahmoud Abbas a réalisé une tournée en Amérique du Sud. Il existe un « développement croissant des relations entre régions du monde émergent et un changement stratégique régional, qui est un certain déclin de l'influence des États-Unis », souligne le politologue argentin Rosendo Fraga, de l'Institut Nueva Mayoria à Buenos Aires. En Amérique du Sud, « le leadership brésilien se consolide », souligne-t-il. Le géant sud-américain revendique un siège permanent au Conseil de sécurité et une place accrue des pays émergents dans les relations internationales.
En reconnaissant l'État palestinien, plusieurs gouvernements latino-américains tiennent aussi davantage compte du poids des communautés arabes influentes d'origine syro-libanaise et palestinienne vivant sur leur sol. La communauté palestinienne au Chili, avec 300 000 membres, est la plus grande d'Amérique du Sud.
La reconnaissance unilatérale de l'État palestinien est « contre-productive », a estimé de son côté à Bruxelles le ministre israélien chargé de la Diaspora, Yuli Edelstein. Israël est favorable à une solution impliquant deux États, Israël et Palestine, a rappelé M. Edelstein. Mais, a-t-il insisté, cela doit se produire à l'issue de « négociations sans préconditions ». 
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Fin de l’excavation d’un tunnel controversé sous la vieille ville

26/01/2011
Des archéologues israéliens ont terminé l'excavation d'un tunnel passant sous les murailles de la vieille ville de Jérusalem et débouchant près de l'esplanade des Mosquées. « Après des travaux qui ont duré sept ans, la dernière partie de ce tunnel de quelque 600 mètres de long qui servait notamment au drainage des eaux de pluies à l'époque du deuxième Temple de Jérusalem, a été dégagée », a déclaré à un porte-parole du Département israélien des antiquités. Selon lui, ce tunnel « ne passe pas sous le Mont du Temple », en référence au Temple juif détruit par les légions romaines en l'an 70, le site le plus sacré du judaïsme où s'étend l'esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l'islam.
Un hélicoptère a survolé en début de matinée la vieille ville et selon les médias israéliens, les forces de police et de sécurité ont été placées en état d'alerte de crainte de « troubles », une information démentie par la police.
Le tunnel relie la Cité de David, un site archéologique géré par des colons juifs dans le quartier palestinien de Silwan, à un parc archéologique proche de la Porte dite des Immondices, au sud de l'esplanade des Mosquées. Silwan est le théâtre de heurts quasi quotidiens depuis des mois entre jeunes Palestiniens, colons juifs et forces de l'ordre.
La fin du chantier avait été retardée d'un an à la suite d'un ordre de la Cour suprême israélienne, saisie par des habitants palestiniens de Silwan qui estimaient que le chantier mettait en danger leurs maisons. Mais en 2009, la Cour avait rejeté l'appel et les travaux avaient repris. Le directeur adjoint du Département des antiquités, Uzi Dahari, interrogé à la radio, a assuré que les archéologues « n'ont aucune intention de déclencher des tensions religieuses. Nous ne nous occupons pas de politique, c'est un projet archéologique destiné à comprendre comment fonctionnait la ville ».
Le responsable du waqf islamique (biens religieux) de Jérusalem, Azzam Khatib, a affirmé que « creuser dans la vieille ville de Jérusalem est contraire au droit international », car elle est classée au patrimoine mondial de l'Unesco. L'association La Paix maintenant a, de son côté, affirmé qu'Israël, qui veut « ouvrir le tunnel pour des raisons touristiques », ne se « rend pas compte des conséquences de ce qu'elle fait ».
Tout ce qui entoure la vieille ville de Jérusalem et ses alentours immédiats a un caractère potentiellement explosif. 

Droit au retour des réfugiés palestiniens : la générosité de Condolezza Rice... avec la terre des autres !

mardi 25 janvier 2011
L’administration Bush a très sérieusement proposé lors d’une rencontre avec les négociateurs israéliens et palestiniens à Berlin en juin 2008 de répondre au "droit au retour" par l’octroi d’une terre aux réfugiés palestiniens en Amérique du Sud, révèlent les "Palestine papers", ces documents secrets issus des pourparlers de paix obtenus par la chaîne arabe Al-Jazira et le quotidien britannique The Guardian.
"Peut-être pourrons-nous trouver des pays pour contribuer en nature. Le Chili, l’Argentine, etc… (c’est-à-dire un don de terres)" est-il écrit dans le compte-rendu de la rencontre. "Ces minutes, qui ne sont pas un verbatim, portent les initiales CR avant les guillemets. Condoleezza Rice était la seule participante avec ces initiales", précise le Guardian qui révèle ce document.
Depuis, chère Condolezza, le Chili a reconnu un Etat palestinien dans les frontières de 67, après le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay, la Bolivie et l’Equateur. Mais ils doivent être contents d’apprendre que vous étiez prête à offrir aussi généreusement leurs terres.
Au fait, vous qui avez plus de 50 Etats, vous n’avez pas pensé à en offrir un, par la même occasion ?
CAPJPO-EuroPalestine
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Boycott des produits de l’occupant israélien au Carrefour de Vénissieux

mardi 25 janvier 2011
Une trentaine de personne ont exprimé, samedi dans le magasin Carrefour de Vénissieux (69), le sentiment d’indignation d’une partie croissante de la clientèle qui refuse de se rendre complice des crimes de l’occupant israélien contre le peuple palestinien. (vidéo suivra)










CAPJPO-EuroPalestine

Israël n’a jamais eu la moindre envie de négocier, révèlent les documents d’Al Jazeera et The Guardian

mardi 25 janvier 2011
Les documents diffusés depuis dimanche soir par la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et le quotidien britannique The Guardian, sortis sans permission des archives de l’Autorité Palestinienne, révèlent les honteuses concessions et le pathétique abaissement des « négociateurs » palestiniens avec les dirigeants israéliens, dans le cadre de cette poudre aux yeux nommée « processus de paix ».
Ces documents, 1.600 au total, couvrent quasiment les vingt années de la farce, depuis le début du « processus » avec la conférence de Madrid en 1991, jusqu’à l’année 2010. Al-Jazeera et The Guardian, qui va étaler ses publications sur plusieurs jours à [1]->http://www.guardian.co.uk/palestine...], assurent s’en être garantis l’authenticité.
Le jeune avocat franco-palestinien Ziyad Clot, qui a fait la douloureuse expérience d’une participation, pendant un an, à l’équipe des négociateurs palestiniens (la Negotiation Support Unit, organe censément palestinien, mais créé et contrôlé par des agents britanniques et états-uniens) avant de s’en retirer, dégoûté, et de publier un livre-réquisitoire, « Il n’y aura pas d’Etat palestinien », avait déjà donné un aperçu, de l’intérieur, de la corruption morale des dirigeants de l’Autorité Palestinienne.
Les documents en remettent une couche. On y apprend que Saeb Erekat, le patron des « négociateurs » côté palestinien, a offert, de manière réitérée, d’entériner l’incorporation de la quasi-totalité des colonies juives de Jérusalem-Est à Israël, à l’exception d’une seule, Har Homa, construite sur les ruines de la localité de Jabal Abu Ghneim. Non content de cela, Erekat a aussi concédé à son interlocutrice, l’Israélienne Tzipi Livni (responsable des massacres de Gaza de décembre 2008, mais qu’Erekat appelle affectueusement « Tzipi » au cours de leurs parlottes), toute une partie du quartier jérusalémite de Cheikh Jarrah, dont les habitants palestiniens résistent pied à pied aux démolitions-expulsions !
« Vous vous rendez compte, je l’espère, qu’on est en train de vous proposer le plus grand Yerushalim (Jérusalem, en hébreu, NDT) de l’histoire, et nous, on essaiera de se débrouiller pour avoir un Al Qods (Jérusalem, en arabe) », commente Erekat, bien conscient qu’il s’est transformé en marionnette. « Même ma femme et mes filles m’en veulent maintenant, pour avoir lâché tout cela sans rien obtenir », confesse-t-il dans un autre mémo.
De même, les documents confirment que les négociateurs palestiniens se déclarent constamment prêts à brader la question des réfugiés et leur droit au retour. « Mettons qu’on en accueillerait un millier », ricane à un moment le Premier Ministre israélien Ehud Olmert, ce à quoi Mahmoud Abbas répond : « C’est vrai, on ne peut pas vous demander d’accueillir les réfugiés dans votre Etat juif ».
Et puis ? Les documents, dont les premières publications couvrent prioritairement la période 2007-2009, confirment aussi que les dirigeants israéliens, Livni et Olmert, ont informé par avance Mahmoud Abbas de l’attaque sur Gaza, et celui-ci leur a prodigué ses encouragements pour l’assassinat de dirigeants du Hamas. Ce dont ils n’avaient au demeurant pas besoin, tout le monde en conviendra.
Et cela promet de continuer tout au long de la semaine, avec la publication de documents supplémentaires par Al Jazeera et The Guardian. A Ramallah, l’Autorité Palestinienne est furieuse, et accuse l’émir du Qatar, propriétaire de la chaîne de télévision Al Jazeera, de rouler pour le Hamas, lequel n’a pas eu besoin de la sortie de ces documents pour dénoncer la collaboration de l’AP avec Israël et les puissances occidentales.
En Israël, Benjamin Netanyahu a eu beau jeu, de son côté, de relever qu’il n’avait pas de raison de stopper la colonisation de Jérusalem-Est, puisque les dirigeants de l’OLP lui en avaient fait cadeau par avance, et que leurs protestations officielles à l’annonce de chaque nouveau plan de construction ne sont donc qu’une plaisanterie.
Mais comme le souligne l’éditorialiste du Guardian Ian Black, ces documents révèlent surtout l’appétit insatiable des dirigeants israéliens, incapables de signer un accord de paix, même quand les conditions les plus généreuses leur sont faites. A l’offre de capitulation sans conditions sur Jérusalem, Tzipi Livni répond que c’est encore insuffisant, car Israël veut conserver toutes ses colonies en Cisjordanie, et notamment celles de Maale Adumim (qui coupe la Cisjordanie en deux, de Jérusalem à la Mer Morte) et d’Ariel, qui éventre le nord d’un territoire à peine grand comme un département français. Et pour faire bonne mesure, Livni annonce cyniquement aux « négociateurs » palestiniens qu’elle est favorable à la déportation de Palestiniens israéliens dans le bantustan qu’elle se propose de créer. « Si ces documents montrent quelque chose », conclut le journaliste, « c’est qu’Israël a eu un partenaire pour faire la paix », mais qu’il ne veut pas de celle-ci. « Les concessions maximales que peuvent faire les Palestiniens ne sont jamais assez aux yeux des Israéliens », conclut-il.
CAPJPO-EuroPalestine
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lundi 24 janvier 2011

Le MAE palestinien n'écarte pas une relance du processus de paix palestinien sans condition

AMMAN, 23 jan 2011 (TAP) - Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Ryadh El-Maliki, n'exclut pas une relance du processus de paix israélo-palestinien "une fois établie une claire référence aux frontières de 1967'', rapportent dimanche les agences de presse.
''Nous sommes prêts à revenir aux négociations une fois établie une claire référence aux frontières de 1967'', a souligné Ryadh El-Maliki qui a participé à la rencontre du président palestinien, Mahmoud Abbas, avec la chef de la diplomatie française, Mme Michèle Alliot-Marie.
''Nous espérons que la réunion du Quartette (Etats-Unis, UE, Onu et Russie), prévue le 5 février à Munich en Allemagne, permettra d'aboutir à une déclaration politique claire et forte sur les paramètres de négociations de paix avec Israël'', a ajouté le responsable palestinien.
Le processus de paix au Proche-Orient est depuis fin octobre dans l'impasse après la reprise de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés, rappelle-t-on. 

Israël craint les campagnes de "délégitimation"

Reuters, 23/01/2011  
Des Israéliens redoutent que le mouvement pro-palestinien ait de plus en plus recours à travers le monde à des manifestations, des boycottages et des embargos, à l'instar des militants anti-apartheid qui ont réussi dans les années 1990 à isoler et à faire tomber le régime raciste en Afrique du Sud. 
Carlos Santana, Gil Scott Heron, Elvis Costello, Gorillaz Sound System, les Klaxons, les Pixies, Faithless, Leftfield, Tindersticks, Meg Ryan et le metteur en scène Mike Leigh ont tous décidé ces derniers mois de ne pas se rendre en Israël. 
La liste des artistes, universitaires et autres personnalités qui ont décidé de marquer ainsi leur désaccord avec la politique de l'Etat juif est consultable sur le site internet boycottisrael.info. 
D'autres vedettes, comme Paul McCartney, Elton John et Rod Stewart, ont résisté aux pressions des militants pro-palestiniens. 
Une telle campagne de boycottage, pendant des années, avait miné le régime d'apartheid en Afrique du Sud et largement contribué à son effondrement. 
Aujourd'hui, Facebook et Twitter, consultés par des millions de gens, sont des instruments de pression redoutables, susceptibles de convaincre des artistes de ne pas se rendre en Israël, dans le cadre d'une offensive qui viserait à "délégitimer" l'Etat juif. 
Le terme "délégitimation" est souvent employé par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et certains de ses ministres pour dénoncer les buts ultimes, selon eux, des campagnes d'opinion contre leur pays. 
Les Israéliens n'y voient pas seulement le risque de se retrouver isolés et incompris. Ils redoutent les conséquences stratégiques d'une telle offensive. 
Les négociations de paix israélo-palestiniennes dans l'impasse, les Palestiniens ont le sentiment qu'ils "tiennent les manettes", a expliqué récemment au parlement israélien Yuval Diskin, le chef du Shin Bet, le contre-espionnage. 
"On assiste à un processus qui gagne du terrain (...) Il y a une tendance de plus en plus marquée en faveur de la reconnaissance d'un Etat palestinien et la marge de manoeuvre d'Israël au niveau diplomatique se réduit", a-t-il souligné. 
La communauté internationale n'a jamais reconnu l'annexion par Israël de Jérusalem-Est, la partie arabe de la ville, et a également condamné les implantations juives en Cisjordanie. 
Mais d'un autre côté il est très peu probable que les Etats-Unis et leurs alliés reconnaissent une déclaration unilatérale d'indépendance des Palestiniens, comme ceux-ci l'évoquent périodiquement en n'excluant pas de se tourner directement vers les Nations unies au lieu de s'en tenir aux négociations sous parrainage américain. 
Israël a dû faire face à de nombreuses critiques après l'offensive de son armée contre la bande de Gaza en décembre 2008 et janvier 2009, qui a fait 1.400 morts parmi les Palestiniens, et la mort de neuf militants turcs pro-palestiniens en mai dernier lors de l'assaut contre une flottille qui voulait briser le blocus de Gaza. 
Sous la pression de ses alliés, Israël a assoupli en juin dernier le blocus du territoire côtier palestinien, où vivent un million et demi de personnes. 
Le Reut Institute, un groupe de réflexion israélien qui s'intéresse particulièrement aux questions de sécurité et aux problèmes socio-économiques, estime que ceux qui veulent "délégitimer" l'Etat d'Israël lui dénient en fait le droit moral à l'existence en le décrivant "systématiquement et délibérément comme cruel et inhumain". 
Israël, ajoute le Reut Institute, est "présenté comme l'Afrique du Sud du temps de l'apartheid" et les promoteurs de ce genre de campagnes se livrent à une diabolisation de l'Etat juif. 
Quand de jeunes juifs américains contestataires ont interpellé Netanyahu lors de sa venue à la Nouvelle-Orléans en novembre dernier, le Premier ministre israélien leur a répliqué vivement en affirmant qu'ils cherchaient eux aussi à "délégitimer" Israël. 
Son ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman, un ultra-nationaliste, met actuellement sur pied une commission parlementaire chargée d'enquêter sur le financement de groupes israéliens et étrangers hostiles à l'actuelle politique israélienne, comme Human Rights Watch, et soupçonnés de prendre part à cette campagne mondiale de "délégitimation" de l'Etat d'Israël. 
Plus de 80% des 192 pays membres de l'Onu reconnaissent Israël. L'Autorité palestinienne, elle, est reconnue par 108 Etats, après les récentes décisions de plusieurs pays sud-américains dont le Brésil. 
"Le monde est contre nous", disent certains Israéliens, un sentiment récemment brocardé par une émission satirique à la télévision israélienne, intitulée "Un pays merveilleux", dans un sketch "décalé" où l'on voit de petits élèves d'un jardin d'enfants réciter leur leçon. 
Une leçon qui dit qu'Israël "n'a personne avec qui parler" de paix, que cette paix "ne sera pas apportée par le démantèlement des colonies", que "l'armée d'Israël est morale", et que "si vous leur donnez la Cisjordanie, ils (les Palestiniens) voudront ensuite Haïfa", la principale ville du nord du pays. 
Et quand le maître montre sur une mappemonde le "petit Etat d'Israël", il demande aux enfants comment décrire le reste du monde et ceux-ci répondent en choeur: "antisémite!". 
Guy Kerivel pour le service français

Mission internationale de juillet en Palestine

janvier,23
Nous, organisations palestiniennes de la société civile et militants des droits de l’homme, appelons tous les militants du monde pour la paix et la justice, à venir nous rejoindre le 8 juillet en Palestine pour passer ensemble une semaine à nos côtés, et nous épauler dans notre lutte pour la paix. Israël n’a pas le droit de vous empêcher de nous rendre visite. Cela fait partie de nos droits humains fondamentaux. Le contrôle totalement arbitraire et abusif exercé par Israël sur les personnes qui souhaitent se rendre dans les territoires Palestiniens est illégal. L’occupant israélien ayant détruit notre aéroport, il ne peut pour autant interdire aux voyageurs de se rendre en Palestine.
Nous, Palestiniens de tout le pays et exilés nous continuons à croire et à construire une paix fondée sur la justice. Nous sommes convaincus, que la communauté internationale peut nous aider à accéder à la paix et à la liberté, à restaurer les valeurs et les principes que nous partageons en tant qu’être humains.
Nous croyons à la possibilité de construire la paix en faisant respecter de manière non violente le droit international et les droits de l’Homme. Nous sommes convaincus que chacun(e) d’entre nous peut contribuer au changement et que personne n’a le droit de refuser l’accès à des populations qui souffrent.
Nous vous invitions. Nous vous supplions. Rejoignez-nous et venez contribuer au changement de ce monde qui vous tient à coeur. Nous vous hébergerons sur place, afin que vous puissiez bénéficier de l’hospitalité palestinienne. Vous pourrez participer à un programme d’activités pour la paix et la justice dans les villes et villages palestiniens, dans un esprit fraternel.
Des groupes de nombreux pays d’Europe, d’Amérique du nord et du Sud, d’Afrique et d’Asie, ont commencé à se porter volontaires pour cette mission de juillet. Si vous souhaitez être mis en contact avec le comité d’organisation de votre pays pour avoir plus d’informationssur cette initiative, et vous inscrire, merci de nous envoyer un mail à info@palestinejn.org, en nous précisant bien votre pays.
(Ceci est un paragraphe pour la France, mais je vous conseille d’en faire de même et de donner une adresse où les gens intéressés peuvent vous écrire et où le coordonnateur palestinien peut vous réadresser les demandes qu’il reçoit en provenance de Belgique :
Pour la France, merci d’écrire directement à BienvenuePalestine@gmail.com, avec toutes vos coordonnées (et notamment votre ville) pour avoir tous les renseignements sur cette mission qui débutera le vendredi 8 juillet et se terminera le 16 juillet au soir.)
Al-Rowwad Cultural and Theatre Training Centre, www.alrowwad-acts.ps
Alternative Information Center www.alternativenews.org
BADIL Resource Center for Palestinian Residency and Refugee Rights:www.badil.org/
Bil’in Popular Resistance Committee www.bilin-village.org
Friends of Freedom and Justice, Bil’in www.bilin-ffj.org
Grassroots Palestinian Anti-Apartheid Wall Campaign www.stopthewall.org
Holy Land Trust: www.holylandtrust.org
International Solidarity Movement: www.palsolidarity.org
Open Bethlehem: www.openbethlehem.org
Palestinian Centre for Rapprochement between People www.PCR.PS
Palestine Justice Network www.palestinejn.org
Palestine Solidarity Project WWW.palestinesolidarityproject.org
Popular Struggle Coordinating Committee www.popularstruggle.org/
Siraj Center for Holy Land Studies, www.sirajcenter.org
Merci de vos réponses,
Revoici la vidéo de notre mission de Noel: http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=5790

La tarte putride de Lieberman

23-01-2011 
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, l'a si bien dit. Nous avons affaire au plus mauvais gouvernement israélien de tous les temps. Et ce n'est pas seulement à cause du fait que Tel-Aviv tarde à faire ses excuses à propos de son piratage d'Etat au large de Ghaza. Si le gouvernement Netanyahou est considéré comme le plus nul parmi tous ses prédécesseurs c'est par la faute de certains de ses ministres qui n'auraient rien à faire en politique.
En tête de liste, le chef de la diplomatie israélienne, Avigdor Lieberman. Pour Tayyip Erdogan, le chef du parti Beïtouna, il constitue un problème pour l'Etat hébreu et les Israéliens ont le devoir de s'en débarrasser au plus vite. Si, évidemment, ils souhaitent se rabibocher avec la Turquie et, plus important encore, conclure la paix avec les Palestiniens, à défaut de la signer avec les Arabes.
Il faut dire qu'avec Lieberman, on a tout vu et tout entendu. Du bon coup de pied qu'il est pressé de donner aux arabes israéliens à la paix pas avant les dix années (au mieux), le chef de la diplomatie aurait-il quelque chose à envier à Michèle Alliot-Marie, la nouvelle patronne du Quai d'Orsay, qui collectionne les bourdes ? François Fillon aurait eu raison, en ne voulant pas d'elle de son gouvernement.
Quant à Avigdor Lieberman, Benjamin Netanyahou ne peut se passer de lui. Déjà que le transfuge du parti travailliste israélien, Ehud Barak, n'a pas pris de précautions d'usage pour informer le Premier ministre Netanyahou de ses vœux à créer son propre parti.
Compte peu, donc, si le ministre israélien des affaires étrangères continue d'être traité d'imbécile en diplomatie, un attribut que lui collait un diplomate chinois. Ou que Tayyip Erdogan espère son départ pour sa nullité avérée. «Bibi» n'a pas d'autre choix que de le couver, bien au chaud,
son éventuelle défection fera le bonheur de Tzipi Livni qui s'impatiente de voir pointer des élections législatives anticipées. Pieds et poings liés, Benjamin Netanyahou ne peut faire autrement si ce n'est écouter les sottises de son chef de la diplomatie. Il vient de lancer une tarte putride à la figure de Mahmoud Abbas qui se dit disposé à reprendre les pourparlers directs si Washington se décide à reconnaître les frontières de 1967. Pour cela, il faudrait d'abord que la Syrie montre sa volonté à aider à la stabilité du
Liban, au sein du nouveau groupe de contact, sous la baguette de Nicolas Sarkozy. D'ici là, Avigdor Lieberman ne cesserait d'enchaîner ses balivernes.
Après maintes réflexions, de haute facture, il a fini de rédiger un accord de paix provisoire pour le futur Etat palestinien. Durable, celui-ci, au moins ? Très loin des exigences palestiniennes, le génie Lieberman prévoit ainsi l'établissement futur de la Palestine sur 50% du territoire de la Cisjordanie, avec des frontières non permanentes. Même le partant Ehud Barak s'en offusquerait.
Lui, qui offrait à feu Yasser Arafat, à Camp David, 94% de ce même territoire. Quel sacré Lieberman qui tient à gagner du temps pour faire en sorte que l'expansionnisme israélien devienne, demain, irréversible. N'aurait-il pas autre chose à faire ? Si les mauvaises idées pouvaient elles aussi finir au fond d'une poubelle.
Par Anis Djaad

Le président palestinien lundi au Caire pour des entretiens sur le processus de paix

LE CAIRE, 23 jan 2011 (TAP) - Le président de l'Autorité nationale palestinienne, Mahmoud Abbas, se rendra lundi au Caire pour des entretiens avec le chef de l'Etat égyptien, Hosni Moubarak sur les derniers développements sur la scène palestinienne.
Les "efforts palestiniens et arabes pour permettre l'adoption par le conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution dénonçant les activités de colonisation israéliennes dans les territoires occupés", seront également au centre de ces entretiens, a précisé l'ambassadeur de Palestine au Caire et son délégué permanent auprès de la Ligue arabe, Barakat al-Farra dans une déclaration à la presse.
Lors de cette visite, le président palestinien évoquera aussi les résultats de ses récents entretiens à Ramallah avec le président russe Dmitri Medvedev, ainsi que le dossier de réconciliation inter palestinienne, ajoute-t-on de même source.
Les derniers pourparlers directs de paix ont été suspendus quelques semaines après leur coup d'envoi en septembre dernier, Israël refusant les demandes américaines et palestiniennes de proroger un gel de l'implantation de nouvelles colonies dans les territoires occupés. 

De nouvelles dimensions de la trahison de l'Autorité autonome aux idéaux palestiniens

24 Janvier 2011 08:27 
IRIB - Al-Jazeera et le Guardian ont publié des documents importants sur la trahison de l'Autorité palestinienne. Ces documents montrent que les négociateurs palestiniens étaient prêts à faire des concessions considérables aux Israéliens sur de nombreux points, dont la question des colonies construites dans et autour de Qods. «C'est la plus importante fuite de documents dans l'histoire du conflit israélo-palestinien», a annoncé Al-Jazeera, qui a publié dimanche, avec le quotidien britannique le Guardian, 1.700 documents confidentiels» relatifs aux négociations de paix israélo-palestiniennes. L'ancien négociateur en chef palestinien Ahmad Qoreï aurait assuré aux Israéliens qu'ils pouvaient garder «toutes les colonies construites dans et autour de Jérusalem depuis 1967, à l'exception d'Abou Ghneim». A propos des réfugiés palestiniens, près de cinq millions avec leurs descendants et dont le sort est l'une des principales pierres d'achoppement dans les négociations, Saëb Erakat se dit prêt à «accepter le retour de 100.000 dans 10 ans. Un des documents indique que le président palestinien Mahmoud Abbas avait été informé par un haut responsable israélien du Ministère de la Défense, Amos Gilad, «de l'intention d'Israël de lancer une offensive à Gaza» fin 2008. Le négociateur Ahmad Qoreï  avait demandé à Tzipi Livni en 2008 «de renforcer le blocus israélien imposé à Gaza», contrôlé par le mouvement rival Hamas.
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"Le Viva Palestina Malaisie" part pour la bande de Gaza

23 Janvier 2011 21:14 
IRIB- L'ancien Premier ministre malaisien, Mahathir Mohammad, a inauguré un convoi d'aide humanitaire, pour la bande de Gaza assiégée, afin de venir en aide à la nation palestinienne. Le "Viva Palestina Malaisie" (VPM) a été, officiellement, inauguré, à Kuala Lumpur. S'exprimant, lors de la cérémonie, le Dr Mahathir a critiqué les États-Unis et la Grande-Bretagne, pour leur soutien constant au régime israélien, affirmant qu'ils ont autorisé des violations flagrantes des droits de l'Homme contre les Palestiniens. "Sans le soutien des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, ces choses auraient fini depuis longtemps.", a dit l'ancien Premier ministre.
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Mobilisations contre le soutien du conseil Régional de Midi Pyrénées au CCFI

France - 23-01-2011

Par Campagne BDS-France 
Depuis 2005, le Conseil Régional de Midi Pyrénées soutient le développement de relations économiques entre entreprises de Midi Pyrénées et israéliennes, mis en oeuvre par la Chambre de Commerce France Israël (CCFI) de Midi Pyrénées.
Nous avons dénoncé publiquement ce soutien en juin 2010. Au même moment se déroulait la mission économique annuelle de la CCFI Midi Pyrénées, subventionnée par la Région. Avec l'appui des élu-e-s de Europe Ecologie et du Front de Gauche, la mobilisation de comités de la société civile de la Région (8 départements) [1], a amené le Conseil Régional à se positionner publiquement en dénonçant le carnage perpétré contre les membres de la flottille de la liberté et en assurant qu'aucun représentant-e de la Région ne participerait à cette mission.
Aujourd'hui, la CCFI Midi Pyrénées a déposé une nouvelle demande de subvention pour sa nouvelle mission économique annuelle en mai 2011. Habituée au soutien renouvelé depuis des années par la Région, le président de la CCFI Midi Pyrénées, M. Daniel Abehsera, s'est arrogé le droit de mentionner, dans ses documents de communication relatifs à cette mission, le soutien de la Région, alors que la subvention n'était pas encore votée! Une nouvelle pression des personnes de conscience de la société et des élu-e-s Europe Ecologie et Front de Gauche a permis que le cabinet de Martin Malvy, le président du Conseil Régional, fasse enlever ces mentions d’un soutien de la Région.
Jeudi 20 janvier une deuxième petite victoire a été obtenue en amenant les membres, dont certain-e-s nous soutenaient entièrement, de la commission qui devaient étudier la demande de subvention à ajourner cette étude pour la reporter à une nouvelle commission spécifique qui aura lieu le 27 janvier. La mise en avant, entre autres, des dimensions militaires, coloniales et politiques comprises dans ces missions ont été des leviers importants pour aboutir à cette situation. Jusqu'à présent le soutien régional à ces missions était justifié par le Parti Socialiste et Républicain et les Radicaux de Gauche en se retranchant derrière leur envergure exclusivement économique.
Nous restons vigilants : si la commission spécifique du 27 approuve la subvention, nous nous mobiliserons lors de la réunion plénière. Si la subvention est votée, nous interviendrons en direction des élus, des média et des industriels contre toute subvention ultérieure. Notre campagne s’inscrit dans la durée. Parler d’une écoute attentive aux arguments de la campagne BDS ne suffit pas tant que cela n’est pas suivi d’un complet revirement d’attitude de la majorité du Conseil Régional.
[1] Collectif Solidarité Palestine 31 ; comités spécifiques : BDS Comminges; Stop Apartheid Toulouse, Europalestine, La Guerre Tue, AFPS Montauban, Comité Palestine 81, Palestine12, Palestine Rodez, Gers Palestine, Couserans Palestine, Solidarité Palestine Cahors, Comité Palestine Figeac, UJFP.

Des arbres pour déposséder les Bédouins de leurs terres : Stop à la campagne du Fonds National Juif (FNJ) dans le Néguev !

Negev Coexistence Forum for Civil Equality et Tarabut – Hit’habrut – Arab–Jewish Movement for Social & Political Change
publié le dimanche 23 janvier 2011.
Jusqu’en 1948, il n’existait pratiquement pas de colonies juives dans le Néguev (région désertique du sud d’Israël). Avant la fondation de l’État d’Israël, la population de Bédouins comptait entre 60 000 et 110 000 habitants. Rares furent ceux qui restèrent après la guerre israélo-arabe de 1948 : on en dénombrait environ 11 000 dans le recensement de la population au début des années 1960.
Quelques colonies juives furent construites sur des terres rachetées par le FNJ (1) à des propriétaires bédouins. Des autorités britanniques et ottomanes aux experts fonciers du FNJ, tous s’accordaient à reconnaître le droit des Bédouins à la propriété de la terre, même s’ils étaient conscients que très peu de terres avaient été correctement enregistrées.
Suite aux actes juridiques mis en œuvre dans les premières années d’Israël, les Bédouins perdirent la plupart de leurs terres. À partir des années 1970, les citoyens Bédouins firent des demandes répétées de droit à la propriété, mais la plupart du temps, aucune décision n’a été prise en leur faveur. Précision importante, tous ces désaccords — sources d’un conflit douloureux entre les autorités et les habitants Bédouins indigènes, lié chez ceux-ci à un sentiment amer de discrimination — ne concernent pas plus de 6 à 7% de la région du Néguev que les Bédouins revendiquent comme leur appartenant.
Le village bédouin d’Al-Arakib, situé à quelques kilomètres au nord de Beer Sheba, était fréquenté par de nombreux Bédouins avant la création de l’État d’Israël. En témoigne le cimetière communal situé à côté de Beer Sheba, mais également des documents attestant des droits à la propriété des Bédouins dans les procédures juridiques, dans l’administration des impôts, dans les procès et enfin, dans des traditions locales. Après la création de l’État d’Israël, les Bédouins reçurent l’ordre de quitter la région avec la promesse qu’ils auraient le droit d’y retourner peu de temps après. Jusqu’à ce jour, aucune permission de ce genre ne leur a été accordée.
Les habitants du village d’Al-Arakib ont adressé des demandes au bureau d’enregistrement des terres gouvernementales pour rentrer en possession de leurs terres. Aucun accord ne fut trouvé. Leurs terres restèrent en friche. Il y a une dizaine d’années, ils retournèrent dans leur village, conscients que s’ils ne cultivaient pas les terres de leurs ancêtres — conformément à ce qui arrive dans tous les cas semblables — ils seraient irrévocablement expropriés. Aujourd’hui, le village ­ — qui fait partie des 45 villages bédouins « non reconnus » du Néguev — compte environ 300 habitants. Ils vivent sans accès à l’eau, sans électricité et sans aucun service social.
Bien que le problème des droits à la propriété ne soit pas encore résolu, l’Administration foncière israélienne a transféré les terres au Fonds National Juif à des fins de reforestation. Le reboisement unilatéral a engendré des dégâts irréparables sur le sol. Sous le prétexte séduisant de faire fleurir le désert, le FNJ est en fait en train de déshériter la population indigène du Néguev, rendant la culture impossible sur la zone qui était cultivée auparavant par les Bédouins. Les Bédouins d’Al-Arakib pratiquent l’agriculture traditionnelle, en s’adaptant aux conditions locales et en les respectant. Tel n’est pas l’objectif du FNJ : le 3 mai 2010, le ministre de l’Agriculture israélien a reconnu publiquement au Parlement que le but des mesures de reforestation par le FNJ était en fait de s’assurer le contrôle du territoire, et que les arbres pourraient être ultérieurement enlevés (comme cela a été fait dans la région pour permettre l’expansion d’une colonie de Juifs appartenant à la classe moyenne à Giv‘ot Bar).
Pour briser le moral des résidents bédouins locaux, les autorités de l’État ont vaporisé par voie aérienne des produits chimiques toxiques sur leurs récoltes et leurs maisons. Les pesticides ont provoqué des dommages écologiques et ont affecté la santé des habitants. La Cour Suprême d’Israël a interdit cette pratique en 2003. Depuis lors, on utilise la reforestation et le labourage afin d’empêcher les Bédouins de cultiver leur terre, de faire fleurir leur terre.
Ce conflit a atteint son paroxysme avec les destructions totales et répétées du village d’Al-Arakib depuis le 27 juillet 2010. Pour la sixième fois, le 13 octobre 2010, le village a été complètement démoli. Des centaines d’enfants, de femmes et d’hommes sont restés sans toit sous le soleil brûlant du Néguev, au cours de l’une des périodes les plus chaudes de l’été. Des organisations pour les droits de l’homme ont protesté, de même que la presse et de nombreux intellectuels israéliens ; parmi eux, les écrivains les plus célèbres (pétition dans Haaretz du 13. 09. 2010). Pendant ce temps, on a appris que le FNJ américain était gravement impliqué dans des tentatives importantes pour implanter de nouvelles colonies juives dans le Néguev — dont beaucoup, comme celle de Giv‘ot Bar, sur des terres revendiquées par les Bédouins, au mépris des droits historiques de ceux-ci.
Les arbres sont un symbole fort, tant pour les Arabes que pour les Juifs ; ils sont un symbole de vie et de prospérité. Certes le Néguev devrait fleurir, mais pour l’intérêt de tous ses habitants, sans discrimination et dépossession. Nous ne pouvons pas imaginer que les donateurs du FNJ savent que les arbres plantés en leur nom sont utilisés pour déshériter la population indigène du Néguev, c’est-à-dire les citoyens Bédouins d’Israël.
Nous vous demandons de protester contre les mesures de reforestation à Al-Arakib et d’obliger le FNJ à cesser de soutenir une campagne qui menace de déposséder les Bédouins, et qui augmente les tensions entre les citoyens arabes et juifs du Néguev.
(1) Le Fonds National Juif (FNJ) ou plus précisément, le Keren Kayemeth LeIsrael (KKL) créé en 1901, est un fonds central qui rachète des terres en Palestine afin, en partie, de les reboiser : « Figure emblématique du KKL, l’arbre constitue l’une de ses principales vocations. (…) Chaque année, le KKL produit et plante trois millions d’arbres et arbustes. (…) Ces millions d’arbres ont contribué à adoucir le climat et préserver les sols contre l’érosion, sans compter qu’ils participent chaque jour à l’amélioration de la qualité de vie environnementale des citoyens israéliens » (http://www.kkl.fr/Environnement/L-arbre-uid507.html).

Comment agir ?

-  En envoyant des lettres de protestation au Fonds National Juif de votre pays ou de votre région (vous trouverez les adresses sur le site http://www.kkl.org.il/kkl/english/top_toolbar/kkl_offices/office_addresses/officesaddresses.x) ainsi qu’aux Ambassades d’Israël à l’étranger.
-  En signant les pétitions : Amnesty International a lancé une pétition adressée à l’Administration foncière israélienne (http://www.amnesty.org/en/node/18593 ou http://www.amnesty.org/en/library/asset/MDE15/027/2010/en/bcac289b-eb07-4f2c-bf94-2f9177d2eaf0/mde150272010en.html)  ; L’Alliance Juive pour le Changement (Jewish Alliance for Change) a lancé une autre pétition — dont les juifs américains sont à l’origine — adressée au Premier ministre israélien : (http://bedouinjewishjustice.blogspot.com/p/sign-petition-to-prime-minister.html)
Negev Coexistence Forum for Civil Equality
info@dukium.org
http://www.dukium.org/index.php?newlang=english
Tarabut – Hit’habrut – Arab–Jewish Movement for Social & Political Change
tarabut@gmail.com
http://www.tarabut.info/en/home/
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Un hiver très froid pour une famille palestinienne à Al-Nu'eman


Jérusalem - 23-01-2011
Par Anne Paq 
Pendant que j'étais confortablement en France en Décembre afin de profiter de Noël et de la famille, je continuais de vérifier mes e-mails épisodiquement et les nouvelles de Palestine ... oui, il est difficile de déconnecter et je me sens attachée à l'endroit et à ses gens, activistes engagés, temporaires ou permanents ou habitants devenus amis. Je sais aussi qu'ils ne sont pas immunisés quand je suis loin et je ne me pardonnerais pas si quelque chose de terrible arrivait et que je ne puisse pas réagir d'une manière ou d'une autre juste parce que je ne savais pas. J'ai donc lu un email avertissant de la démolition d'une maison à Al-Nu'eman, un village coincé entre Bethléem et Jérusalem que j'ai visité à plusieurs reprises.

















La maison de la famille Shawawra, photo prise le 12 novembre 2010 par Anne Paq
Al-Nu'eman est un cas très particulier. Le village est complètement isolé de la Cisjordanie et de Jérusalem. Israël considère que les terres du village appartiennent à la municipalité de Jérusalem, mais la plupart des villageois ne détiennent pas de carte d'identité de Jérusalem ! Ainsi, seules les personnes d'Al-Nu'eman peuvent entrer dans ce village, ce qui signifie qu'ils ne peuvent pas recevoir des visites d'amis ou de famille de la Cisjordanie. Aucun nouveau permis de construction n'a été donné, et de nombreuses maisons ont des ordres de démolition. Il n'y a qu'une seule entrée et sortie au village, et l'on doit passer par un poste de contrôle militaire israélien. Les jeunes ne pensent bien sûr qu'à quitter un village qui se meurt lentement.
La dernière fois que je me suis rendue à Al-Nu'eman, c'était en Novembre, pour justement rendre compte du risque de la population d'être déplacée. J'ai pris des photos de deux maisons qui avaient des ordres de démolition ; ces ordres avaient été reçus il y a des années et nul ne sait jamais quand ils vont être appliqués.
Je voulais bien sûr savoir quelle maison avait été démolie. Mais à partir de rapports, je ne pouvais pas vraiment comprendre, alors lorsque je suis revenue en Palestine, j'ai décidé de vérifier par moi-même et de me rendre une nouvelle fois au village.
J'ai tout de suite reconnue Siham, une femme qui, lors de ma dernière visite, m'avait gentiment fait la traduction et m'a fait visiter quelques maisons, y compris la sienne.

Photo Anne Paq
C'était bien sa maison qui avait été démolie. Siham était dévastée. Toutes leurs économies y sont passées, ils n'ont nulle part où aller, ni revenu, sauf quelques moutons. Le Croissant-Rouge leur a donné une tente. Elle y demeure avec son mari et ses trois enfants, l'un d'eux a maintenant une infection de l'oreille (il n'a qu'un an et demi) et a peut-être besoin d'une chirurgie. Siham était également malade et pouvait à peine parler. Tout était mouillé par la pluie. Maintenant, en Palestine, c'est l'hiver et il fait en fait très froid la nuit.
Les démolitions de maisons ne sont pas des cas isolées, elles font partie d'une vraie politique. Il y a eu une augmentation significative en 2010 par rapport à 2009. Selon les ONG, par rapport à 2009, nous avons assisté à une augmentation d'environ 60% dans le nombre de démolitions par les autorités israéliennes des structures palestiniennes (430 contre 275) au cours de l'année. Chaque semaine, d'autres familles se retrouvent sans abri, avec des conséquences dévastatrices pour les civils.

Photo Anne Paq
Comme m'a dit Siham, "en démolissant notre maison, ils ont détruit ma vie".
Ci-dessous un appel d'une activiste du groupe israélien Ta'ayush pour leur venir en aide :
"Chers amis,
Cette lettre concerne le petit village d'An-Nu'eman, situé entre Jérusalem et Bethléem. Le 21 décembre 2010, à 05.30 du matin, les forces armées israéliennes ont débarqué avec des bulldozers et de nombreux soldats pour démolir la maison de Siham et Ra'ed Shawawra et de leurs trois enfants âgés de 6 ans, 4 ans et 1 an.
L'armée n'a pas donné de temps à la famille pour sauver ses meubles, livres et jeux des enfants. La famille est bouleversée. Ra'ed est un travailleur agricole et toutes ses économies avaient été investi pour cette maison. La famille vit désormais dans une tente mise à disposition par la Croix-Rouge.
Comme beaucoup d'entre vous le savent, le village d'An-Nu'eman compte moins de 200 habitants, et a été confisqué par Israël en 1967 et ensuite annexé à la ville de Jérusalem. Cela dit, la carte d’identité stipulant qu’ils appartiennent à la municipalité de Jérusalem n'a pas été donnée aux habitants de ce village. En effet, les habitants sont enregistrés sous une adresse indiquant qu'ils habitent dans les territoires occupés (en Palestine- Cisjordanie). De ce fait, vivre dans sa propre maison devient illégal pour les habitants d'An-Nu'eman. Aucun permis de construire n'est délivré dans ce village. Les villageois sont donc forcés de quitter leur village. C'est ainsi qu'Israël réussit à transférer de nombreux "arabes" en dehors de Jérusalem.
La famille Shawawra demande un soutien financier. Si vous pouvez donner une petite contribution, s'il vous plaît, envoyer un chèque à :
- BEN- ZE'EV
26 Mevo Hama'avak,
JERUSALEM 97877
ou faire un virement sur le compte de Ta'ayush : Bank Hapoalim, 574
- numéro de compte : 160213, IBAN: IL61-0125-7400-0000-0160-213
Veuillez nous informer par email du virement fait à l'association pour que nous puissions l'utiliser pour le cas de cette famille.
Merci,
Efrat
al.nueman@gmail.com
"
Pour plus d'information, visitez le site dédié au village d'Al-Nu'eman.

Photo Anne Paq

Photo Anne Paq
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Les Palestiniens rejettent le rapport israélien

24.01.11 
Les Palestiniens ont rejeté, hier, le rapport de la commission israélienne justifiant l’assaut sanglant lancé, en mai 2010, par l’armée d’occupation contre une flottille d’aide internationale au large de  la bande de Ghaza, dénonçant une «tentative désespérée» de légitimer les crimes sionistes.
L’Autorité palestinienne a exprimé son refus catégorique de ce rapport  préliminaire, publié hier, dans lequel la commission israélienne a indiqué  que le blocus maritime imposé à Ghaza et le raid mené par Israël pour empêcher  une flottille d’aide de briser ce blocus, étaient «conformes au droit international». Selon Ghassane El Khatib, le directeur du Centre d’information de l’Autorité palestinienne, les résultats de cette enquête sont «inacceptables» et le rapport israélien n’a «aucune crédibilité». Ce responsable a réaffirmé que l’agression sioniste le 31 mais contre la «Flottille de la liberté», chargée d’aide humanitaire pour les Palestiniens de Ghaza constituait une «violation flagrante du droit international et des  lois des Nations unies», ajoutant que l’Autorité palestinienne rejette tout rapport israélien sur ce crime.
Pour sa part, le mouvement de résistance palestinien Hamas a également dénoncé le rapport de la commission d’enquête israélienne justifiant le blocus en vigueur à Ghaza depuis 2006 et l’assaut meurtrier contre la flottille d’aide internationale qui tentait de le briser.
Ce rapport «confirme l’absence de toute justice dans l’entité sioniste (Israël)», a déclaré à la presse Fawzi Barhoum, un porte-parole du Hamas,  qui contrôle la bande de Ghaza depuis 2007. «Il s’agit là d’une tentative désespérée de légitimer les crimes de l’occupation et d’améliorer l’image de marque (d’Israël) en masquant ce crime», a ajouté M. Barhoum estimant «nécessaire d’entreprendre des démarches  concrètes pour juger les auteurs de ce crime devant des instances internationales».