mardi 17 novembre 2009

Un juge israélien qualifie le système judiciaire d’Israël de discriminatoire à l’égard des Arabes

lundi 16 novembre 2009 - 06h:50

Jonathan Cook - The National

« Si l’Etat estime que les infractions idéologiques méritent des décisions relativement clémentes pour les mineurs, alors ce doit être la politique à l’égard de tous les mineurs, quelles que soient leur nationalité et leur religion ».

Un juge israélien a rendu une décision historique la semaine dernière en décidant qu’un adolescent arabe devait être « protégé » du système judiciaire et en le jugeant non coupable alors qu’il était reconnu qu’il avait lancé des pierres sur une voiture de police durant une manifestation contre l’agression d’Israël sur Gaza l’hiver dernier.

Le procureur avait demandé que le mineur, un jeune de 17 ans de Nazareth dans le nord d’Israël, soit jugé coupable de détériorations sur un véhicule roulant, une accusation qui entraîne une peine pouvant aller jusqu’à 20 ans d’emprisonnement, une façon de dissuader les autres membres de la minorité arabe d’Israël de commettre les mêmes infractions.

Mais pour le juge Yval Shadmi, la discrimination dans le fonctionnement du système judiciaire israélien entre les mineurs juifs et les mineurs arabes, particulièrement dans les cas de ce qu’il appelle les infractions « pour motif idéologique », est « de notoriété publique ».

Dans son jugement, il écrit : « Je dirai que l’Etat n’est pas autorisé à caresser d’une main les criminels "idéologiques" juifs, et à flageller de l’autre les criminels "idéologiques" » arabes.

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Des adolescents israéliens ont manifesté durant le conflit de Gaza, mais très peu ont été arrêtés, indique un rapport des Nations unies.
(AFP)

Il se réfère en particulier au traitement indulgent par la police et les tribunaux des jeunes colons juifs qui ont agressé les soldats en Cisjordanie et qui se sont violemment opposés au désengagement de la bande de Gaza en 2005, ainsi que des extrémistes religieux qui pendant de nombreux mois se sont battus avec la police pour empêcher qu’un parking soit ouvert le jour du Sabbat à Jérusalem.

Pour Abir Baker, avocate d’Adalah, organisation juridique agissant pour la minorité arabe d’Israël, c’est la première fois qu’un juge de cour d’assises reconnaît que l’Etat poursuit une politique de discrimination systématique qui exige des sanctions plus dures pour les citoyens arabes.

« Nous savons cela depuis longtemps, mais il était très difficile pour nous d’obtenir une décision favorable d’un tribunal, » dit-elle. « Maintenant, nous avons une jurisprudence judiciaire que nous pourrons utiliser pour faire recours contre des condamnations dans des affaires similaires. »

Le jeune homme avait été arrêté lors d’une manifestation sur une route proche de Nazareth, quelques jours après qu’Israël ait lancé son opération contre Gaza en décembre dernier. Des dizaines de manifestations avaient eu lieu en Israël durant cette agression de quatre semaines, qui ont conduit à l’arrestation de 830 manifestants, dans ce que des organisations pour les droits de l’homme décrivent comme une opération de police israélienne souvent brutale.

L’immense majorité de ceux qui ont été arrêtés, disent ces organisations, étaient des citoyens arabes, bien que des juifs israéliens y participaient également. Adalah a indiqué que 250 manifestants avaient été inculpés par la suite, presque tous des Arabes et pour moitié, des mineurs.

Le juge Richard Goldstone, dans son rapport d’enquête pour les Nations unies sur l’agression à Gaza, publié en septembre, écrit qu’il a été « frappé » par le fait que, bien que de nombreuses contre-manifestations de juifs de droite aient tourné à la violence, la police semble n’y avoir procédé à « aucune arrestation ».

Il note également que, selon les informations qu’il a recueillies, la plupart des manifestants arabes s’étaient vu refuser une libération sous cautions et qu’on les avait gardés en détention pendant de longues périodes, même dans des cas où ils étaient accusés de charges relativement mineures.

S’agissant du système judiciaire, Mr Goldstone conclut que « le fait d’une discrimination entre... et du traitement différencié entre citoyens palestiniens et citoyens juifs d’Israël par les autorités judiciaires, tels qu’en témoignent les rapports reçus, était un motif sérieux de préoccupation. »

La décision de la cour de Nazareth semble confirmer ces conclusions.

Mr Shadmi, juge du tribunal pour enfant de Nazareth, précise dans son jugement que ces dernières années les autorités israéliennes avaient « travaillé avec deux niveaux d’application fondamentalement différents pour ce qui concerne les crimes de mineurs ».

Il souligne que dans les cas de violence commise par des jeunes juifs contre les services de sécurité israéliens, les procédures judiciaires étaient généralement gelées ou closes avant l’étape de la mise en accusation. Il déclare aussi ne pas avoir entendu parler d’un seul cas de mineur juif envoyé en prison pour de telles infractions, alors que la plupart des mineurs arabes étaient condamnés et emprisonnés.

Le juge a reconnu avoir hésité devant des demandes de poursuite contre ce jeune arabe avec une longue peine de prison, jeune qui ne peut être nommé du fait de son âge. Mais finalement, il dit avoir été convaincu par l’argument de la défense selon lequel des cas similaires de « violence idéologique » impliquant des jeunes juifs - comme les attaques de colons juifs contre les soldats - n’avaient que rarement, sinon jamais, conduit à des peines de prison.

« Si l’Etat estime que les infractions idéologiques méritent des décisions relativement clémentes pour les mineurs, alors ce doit être la politique à l’égard de tous les mineurs, quelles que soient leur nationalité et leur religion ».

Le ministère de la Justice a recommandé que 40 colons juifs reconnus coupables de résistance contre le désengagement de Gaza soient graciés au motif que leurs actes « avaient été suscités par un évènement historique inhabituel et que leurs auteurs n’étaient pas des criminels ». Selon certaines informations, on s’attendait à ce que la plupart des 300 colons arrêtés lors du désengagement ne soient jamais traduits en justice.

Mr Shadmi a ordonné au jeune de Nazareth de ne commettre aucune infraction contre la police pendant deux ans, contre une caution de 1 300 dollars US (871 €). Dans une procédure principalement réservée aux infractions de mineurs, il a exigé que le jeune fasse 200 heures de travail d’intérêt public, sans le condamner.

Le verdict a été accueilli avec surprise par la famille du jeune. Le père a déclaré aux médias israéliens : « Heureusement que nous avons eu un juge comme lui, qui n’est pas motivé par le racisme. Cela pourrait amener l’Etat d’Israël à comprendre qu’il est temps d’arrêter de traiter la population arabe comme des ennemis. »

Le procureur a annoncé qu’il ferait appel de la décision.

(JPG)Jonathan Cook est écrivain et journaliste basé à Nazareth, Israël. Ses derniers livres sont : Israel and the Clash of Civilisations : Iraq, Iran and the Plan to Remake the Middle East (Pluto Press) et Disappearing Palestine : Israel’s Experiments in Human Despair (Zed Books).

Le site de Jonathan Cook : http://www.jkcook.net/
son courriel : jcook@thenational.ae

Il est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont été présentés le 4 mars 2009.

Nazareth, Israël, le 14 novembre 2009 - The National - traduction : JPP

Abbas au pied du mur

lundi 16 novembre 2009 - 08h:28

Saleh Al-Naami - Al Ahram weekly

« Si Abbas est si choqué par l’insistance d’Israël sur les colonies, pourquoi continue-t-il à prendre pour cible les mouvements de résistance en Cisjordanie tout en poursuivant sa collaboration avec l’armée israélienne ? »

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Beit Furik - Cisjordanie sous occupation - Photo : AP/Majdi Mohammed

Les conseillers du président Mahmoud Abbas se sont répandus dans les médias arabes pour inverser l’impression générale que l’annonce faite par le président de son « inclination » à démissionner n’était qu’une manoeuvre visant avant tout à faire pression sur l’administration américaine pour forcer Israël à geler les colonies de peuplement.

Ils ont tout autant nié qu’il s’agissait d’un moyen de réparer l’image fortement dégradée d’Abbas après qu’il ait décidé de reporter la discussion [devant la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unis] sur le rapport Goldstone qui accuse Israël de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité lors de sa dernière agression contre Gaza.

Certains ont aussi accusé Abbas d’avoir fait l’annonce de sa démission de façon à rester au pouvoir aussi longtemps que possible - en particulier avec le Fatah qui a organisé plusieurs manifestations publiques pour demander qu’il reste président. Beaucoup d’observateurs dans la bande de Gaza et en Cisjordanie comparent toutes ces initiatives avec celles de certains dirigeants arabes qui veulent obtenir un soutien populaire.

Des soupçons sont apparus concernant les véritables intentions d’Abbas, dans le débat qui a suivi son communiqué. A l’exclusion des porte-parole du Fatah, les observateurs politiques et intellectuels en Cisjordanie ont invité Abbas à reconnaître que ses objectifs politiques avaient échoué après avoir toujours maintenu que la négociation avec Israël était la seule solution.

D’autres ont exploité cette annonce comme une occasion de rappeler à Abbas que lorsque les Accords d’Oslo ont été signés, le nombre de colons dans la seule Cisjordanie était de 109 000. Aujourd’hui, 16 ans après Oslo, le nombre de colons dépasse les 300 000.

Beaucoup de Palestiniens pensent que sous l’administration du président américain Barack Obama, comme l’a exprimé la secrétaire d’État Hillary Clinton qui a déclaré que le gel des colonies n’était pas une condition préalable à des négociations, Israël continuera à abuser des négociations comme d’un parapluie afin de poursuivre sa politique de colonisation et de judaïsation jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de terres sur lesquelles discuter.

Le scepticisme quant aux intentions d’Abbas est aussi aggravé par le fait que tandis qu’il critique plutôt avec retenue les actions d’Israël, il condamne avec véhémence le mouvement Hamas. Dans les meetings et lors des apparitions dans les médias, Abbas a poursuivi ses attaques virulentes contre le Hamas, amenant de nombreux observateurs a interpréter cela comme une indication claire que son annonce de démission ne favorisera pas une réconciliation nationale palestinienne.

Dans le même temps, M. Abbas s’est montré d’une irritabilité sans précédent envers le Hamas et les partis arabes. Il a été rapporté que lors de réunions privées Abbas a laissé éclater sa colère contre le secrétaire général de la Ligue arabe parce que celui-ci avait refusé de couper les ponts avec le Hamas.

Khaled Mechaal, responsable du bureau politique du Hamas, a instamment demandé à Abbas de cesser « ses concessions à Israël », et lui a demandé d’être honnête avec le peuple palestinien et d’admettre l’échec de l’option des négociations. « L’acceptation d’un terrain d’entente avec Israël à Oslo, en 1993, n’a ni arrêté l’expansion des colonies israéliennes, ni rapproché les Palestiniens de la création d’un Etat indépendant sur les territoires occupés depuis 1967 », a affirmé M. Mechaal. « Tout dirigeant qui est déterminé à propos de Jérusalem, du droit au retour, de la terre, et de la disparition des colonies doit savoir que la route vers ces objectifs ne passe pas par la négociation ni en s’appuyant sur les Américains, mais par la résistance du Jihad et l’unité nationale ».

Mohamed El-Hindi, membre du bureau politique du Jihad islamique, a été encore plus critique à l’égard d’Abbas. « Celui qui admet l’échec de son programme politique devrait se retirer du pouvoir au lieu de lancer des menaces en l’air », a-t-il rétorqué. « La cause palestinienne a reculé durant les négociations entre l’Organisation de Libération de la Palestine [OLP] et Israël, et Mahmoud Abbas était le plus favorable à ces négociations. Après cet échec, il doit quitter son poste. »

Il a ajouté qu’il était erroné de se concentrer sur les aspects personnels de l’annonce d’Abbas, car elle fausse la vérité sur son programme politique en échec. « Si Abbas est si choqué par l’insistance d’Israël sur les colonies, pourquoi continue-t-il à prendre pour cible les mouvements de résistance en Cisjordanie tout en poursuivant sa collaboration avec l’armée israélienne ? » demande El-Hindi.

De nombreux porte-parole des organisations palestiniennes estiment que personne ne s’attend à ce qu’Abbas appelle à un retour à la résistance armée contre Israël... Dans le même temps, ils ne peuvent comprendre comment Abbas peut exprimer sa déception concernant les actions d’Israël, mais tout en aidant le gouvernement du premier ministre Binyamin Netanyahou en traquant les combattants de la résistance palestinienne en Cisjordanie et en arrêtant leurs partisans. Ils affirment que ces arrestations ne sont pas liés à des divisions internes.

Les représentants de ces organisations sont persuadés que la réponse évidente aux actions d’Israël et des Etats-Unis est que le gouvernement de Ramallah mette fin à la coordination sécuritaire avec les forces d’occupation et soutienne le peuple palestinien sur sa terre, plutôt que d’abandonner cette responsabilité.

C’est également l’avis du chef du Fatah Hatem Abdel-Qader, qui était précédemment en charge du portefeuille de Jérusalem dans le cabinet du premier Ministre Salam Fayyad, mais qui a démissionné en signe de protestation contre la complaisance du gouvernement de Fayyad à l’égard des crimes d’Israël à Jérusalem.

L’écrivain et analyste politique palestinien Zakaria Mohamed a affirmé que le discours de démission d’Abbas n’était pas destiné à la population palestinienne, mais principalement à l’administration américaine et à Israël. Selon Mohamed, Abbas a reçu une véritable gifle de la part de Washington après que Clinton ait déclaré que « l’administration des Etats-Unis traitera avec M. Abbas, quelle que soit sa position. » Cela signifie que l’administration américaine ne tentera pas de faire revenir Abbas sur sa décision.

En outre, Mohamed a ridiculisé les manifestations en faveur du président palestinien, disant qu’elles auraient été recevables si le discours d’Abbas avait été destiné au peuple palestinien plutôt qu’aux Américains. « M. Abbas a de sérieux problèmes », explique Mohamed. « S’il annule son abdication, il sera en retour un leader beaucoup plus faible, et s’il démissionne, il n’aura pas procédé à un transfert en douceur et organisé du pouvoir ».

Au lieu de cela, M. Abbas aurait dû appeler le peuple palestinien à rechercher d’autres options puisque la voie des négociations est bloquée, a suggéré Mohamed. « le problème d’Abbas est qu’il ne peut pas accepter le fait qu’il nous a menés à une impasse qui a été clairement vue comme telle dès le départ », ajoute-t-il. « Il était clair depuis au moins l’année 2000, donc après les entretiens de Camp David II, que cette route ne mènerait nulle part. Et cela est devenu absolument évident pour tout le monde depuis 2002, lorsque les villes de Cisjordanie ont été envahies et [feu le président palestinien Yasser] Arafat été placé en état de siège ».

Les Palestiniens conviennent généralement que pour être en mesure de répondre aux actions d’Israël et des Etats-Unis, il faut la fin des divisions internes. Ils conviennent également qu’il est ironique que l’un des obstacles empêchant la réconciliation nationale soit l’insistance de M. Abbas pour que tout gouvernement palestinien se plie aux conditions du Quartet, à savoir la reconnaissance d’Israël, le renoncement à la résistance présentée comme une forme de terrorisme, et l’acceptation des accords précédemment signés avec Israël.

La question dont on se préoccupe dans les territoires palestiniens en ce moment est de savoir si la colère d’Abbas contre Israël et les États-Unis est crédible - surtout qu’il continue à promouvoir les conditions du Quartet. L’opinion générale est que le respect des exigences du Quartet sont uniquement bénéfiques à Israël.

Même si M. Abbas était sincère et ne participait pas aux prochaines élections, cela ne veut pas dire qu’il démissionnerait de son poste actuel parce qu’il aurait réalisé qu’il était impossible d’organiser des élections selon le décret publié plus tôt. Par conséquent il restera de facto président de l’Autorité palestinienne jusqu’à ce que les élections aient lieu après qu’une réconciliation nationale ait abouti. Mais ceci semble un objectif en soi difficile à atteindre.

Abbas affirme ne pas désirer le pouvoir, mais ses comportements vont dans le sens opposé et laissent entendre qu’il est prêt à aller loin pour s’accrocher à son poste. Toute personne ayant suivi le sixième congrès du Fatah sait déjà que M. Abbas n’est pas sérieux lorsqu’il parle d’abandonner ses fonctions, surtout que, durant le congrès, il a tenté de s’imposer comme le seul leader du mouvement. Il a également violé la Charte de l’OLP en organisant une réunion du Conseil National Palestinien sans réunir le quorum nécessaire, afin de pourvoir aux sièges vacants à la direction de l’OLP.

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14 novembre 2009 - Al-Ahram Weekly - Vous pouvez consulter cet article à :

http://weekly.ahram.org.eg/2009/972...
Traduction : Claude Zurbach

Des souffrances difficiles à décrire par des mots : La vie dans les camps de réfugiés palestiniens à Gaza

Gaza - 17-11-2009
Par Ayman T. Quader
Les camps de réfugiés palestiniens ont été construits tout de suite après la guerre de juin 1967 et l’occupation de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza par Israël. Les réfugiés palestiniens y vivent dans des conditions très difficiles. Vivant moi-même dans un de ces camps, j’ai pris quelques photos du camp de réfugiés de Deir Al-Balah, au centre de la Bande de Gaza, pour vous faire partager nos souffrances.




Pour voir les photos de Deir Al-Balah, cliquez ici.




Pour voir les photos du Camp d'Al-Nuserat,cliquez ici.





Bien à vous,

Ayman T. Quader
Blogger basé dans la Bande de Gaza
Palestine

Mob: 00972599448628
E-mail: ayman.qauder@gmail.com ; ayman.quader@yahoo.com
Skype: peaceforgaza
Facebook: ayman.quader

18 manifestants arrêtés après avoir forcé le mur à Deir Al-Ghussoun

Tulkarem - 16-11-2009
Par ISM
Le 14 novembre, dix-huit manifestants ont été arrêtés dans le village de Deir Al-Ghussoun, au nord de Tulkarem, après que des activistes palestiniens, internationaux et israéliens aient ouvert une brèche dans le mur d’apartheid israélien. Les manifestants ont tenté d’aller sur les terres du village isolées derrière le mur, et ont réussi à forcer une des portes de la barrière métallique mais n’ont pu atteindre leurs terres, les soldats les attaquant par des tirs à balles caoutchouc-acier et des grenades lacrymogènes. Un des manifestants a été blessé à la jambe par une balle.





















Alors que la manifestation se terminait, la troupe a surpris un groupe de manifestants en les empêchant de revenir vers le village ; 18 jeunes du village ont été arrêtés.

La manifestation marque le début d’une campagne civile lancée par la municipalité de Deir Al-Ghussoun et des fermiers, qui appuiera un appel auprès de la Haute Cour de Justice israélienne pour le démantèlement du mur déjà construit sur les terres du village, appel qui sera interjeté dans les jours qui viennent.

Dans ce secteur, le mur entre profondément dans la terre du village, et vole 2.500 dunams de terres à l’ouest du mur (du côté « israélien »), et affecte 120 propriétaires.
Source : Palsolidarity

Des diplomates états-uniens retenus à un checkpoint

Cisjordanie - 16-11-2009
Par Maan News
Des soldats contrôlant un checkpoint militaire financé par les USA ont retenu un convoi de véhicules du Consulat des Etats-Unis dimanche pendant plusieurs heures, rapporte le quotidien en hébreu Maariv.

L’incident a semble-t-il éclaté lorsque les diplomates ont refusé de se soumettre à une fouille demandée par les soldats israéliens au nouveau checkpoint de Jalamah, qui a été ouvert cette semaine.

Les soldats ont bouclé le checkpoint, provoquant un énorme bouchon, pendant que des responsables haut placés au Ministère israélien de la Défense et la police locale étaient interpelés au sujet de l’incident, rapporteMaariv, ajoutant que les Américains avaient refusé de s’identifier.

D’après le journal, les soldats gardant le checkpoint ont tenté d’expliquer qu’ils voulaient fouiller seulement les conducteurs palestiniens, mais que le groupe tout entier a refusé la fouille, pour le principe, jusqu’à ce que l’Ambassade US à Tel Aviv convainque ses collèges de présenter leurs papiers d’identité.

Un des soldats a été cité décrivant l’incident comme « la dernière provocation des employés du consulat, lorsque les chauffeurs palestiniens ont refusé d’être fouillés, » alors « que nous voulions nous assurer que chacun était en possession de passeports diplomatiques – ce que nous ne pouvions faire en regardant à l’intérieur, car les voitures appartenant au Consulat US ont des vitres tintées. »

L’incident a provoqué de longs retards pour les Palestiniens qui se rendaient à Jénine, rapporte Maariv.

L'imbroglio diplomatique

Moyen-Orient - 16-11-2009
Par Elie Chalhoub
On assiste ces derniers temps à un nouveau battage des cartes diplomatiques, voire à une reconfiguration des priorités régionales, de manière à réaffirmer le rôle syrien dans le contexte actuel de l'impasse palestinienne et de la mise en veilleuse du dossier nucléaire iranien. Le dernier évènement a été sans doute la rencontre Obama-Netanyahu. Cette réunion a suscité des informations contradictoires quant à son contenu, mais la manière dont elle s'est tenue, que ce soit le choix de la date ou la volonté d'éviter les journalistes (absence de conférence de presse et même de photo réunissant les deux hommes), montre bien que le climat était tendu et négatif, voire conflictuel. Les lèvres tremblantes de Netanyahu à sa sortie du bureau ovale en sont la preuve.


















Rencontre entre Bachar al-Assad et Nicolas Sarkozy à Paris le 13 novembre 2009 (Photo Gonzalo Fuentes / Reuter)


La politique de "l'imbroglio diplomatique" est un moyen de protéger les relations américano-israéliennes des effets d'un éventuel antagonisme entre les deux hommes. Le message de Netanyahu, selon lequel il aurait réussi à imposer à Obama la poursuite de la colonisation n'est pas passé inaperçu. A l'évidence, l'administration Obama est incapable d'arracher au gouvernement Netanyahu la moindre "concession" susceptible de raviver les négociations. Le seul point sur lequel les deux hommes sont d'accord est la nécessité de conserver Mahmoud Abbas, malgré la mort clinique où il se trouve politiquement. La déclaration de Saeb Erekat sur l'échec de 18 ans de négociations n'est qu'une reconnaissance officielle de l'échec de l'autorité et de ses symboles, en tant que projet politique issu des accords d'Oslo de sinistre mémoire.

Tel Aviv est très intéressée par ce projet en tant qu'alternative à la résistance. L'administration sioniste est bien entendu disposée à procéder à certaines initiatives "positives" du type libération d'un certain nombre de prisonniers ou réduction du nombre de checkpoints, pour les beaux yeux de Abou Mazen. Mais elle préfère le principe de la conservation de Abbas et de son projet via la liquidation de l'alternative, soit la suppression du "Hamastan" et de ce qu'il représente.

De nombreuses informations indiquent que l'occupant se dirige vers le scénario suivant : poursuite des menaces contre Gaza sur la base de "la contrebande d'armes susceptibles de menacer l'équilibre sécuritaire". Une nouvelle agression se profile à l'horizon, la seule chose qui pourrait l'empêcher étant les informations selon lesquelles l'armement de Hamas a atteint le niveau de celui du Hezbollah à la veille de l'agression de juillet 2006. Quoi qu'il en soit, le statu quo qui règne sur les territoires palestiniens est appelé à se perpétuer en dépit des manœuvres de Abou Mazen qui touchent à leur fin depuis qu'il est clair et évident pour tous que les élections ne se tiendront pas dans un avenir proche et en l'absence d'un accord de réconciliation entre les factions.

C'est peut-être ce qui a poussé des analystes états-uniens à commencer à propager une nouvelle vision qui viendrait compléter la vision de George Bush concernant "la solution des deux Etats", sauf qu'il s'agira cette fois de "solution de trois Etats" : Israël, la Cisjordanie et Gaza.

Les relations Etats-Unis-Israël ne sont pas au beau fixe actuellement, et la panne du dossier des négociations avec les Palestiniens a ouvert deux brèches : l'incursion "conviviale" de la France et la renaissance de la voie syrienne. C'est dans ce cadre que s'explique le message de Netanyahu à Assad via Sarkozy : arrêt des infiltrations d'armements, négociations directes et sans conditions.

Mais la réponse syrienne a été plus rapide que prévu.

Assad avait déjà répondu à l'invitation aux négociations quelques jours auparavant lors de sa visite en Turquie, qu'il a invitée à améliorer ses relations avec Israël pour mieux jouer le rôle d'intermédiaire, ce qui confirme la volonté de négocier, mais par l'intermédiaire d'Ankara. La réponse à la deuxième partie du message se trouve dans le discours déterminant par lequel Assad a déclaré qu'un nouveau Moyen-Orient était en construction sur la base de la résistance.

Ce projet ambitieux dépasse désormais de loin le soutien aux mouvements de résistance et consacre trois aspects :

- le dépassement au niveau du concept de résistance qui n'est plus simple résistance à l'occupation mais résistance au projet impérialiste dans toutes ses manifestations, parmi lesquelles l'entité sioniste et l'occupation (en Irak et en Palestine), pour aboutir à une résistance qui se fonde sur la légalité, le droit et les notions philosophiques de droits naturels des hommes (parmi lesquels pourrait figurer la religion),

- le dépassement au niveau des objectifs de la résistance, de sorte que les hommes récupèrent leurs territoires face au néo-colonialisme, avec les implications de souveraineté et d'indépendance et le retour à la solution de "un seul Etat"

- le dépassement au niveau des moyens, de sorte que la résistance ne se limite plus au combattant, aux armes, au soutien logistique, tactique et politique fourni, mais qu'elle devienne un fait de société (adopté par les gouvernements) qui impacte tous les aspects de la vie sociale, économique, technique, musicale, théâtrale, industrielle, agricole, technologique, informatique, par le développement humain et administratif, la lutte contre la corruption, la diffusion d'idées, de systèmes et de législations extra-raciales et extra-confessionnelles, par un Etat-providence fondé sur la justice sociale et non sur l'accumulation de la richesse, un Etat gouverné par des hommes d'esprit et non des militaires, pour un Moyen-Orient nouveau avec une place centrale dévolue à l'Iran et à la Turquie, dans lequel l'Iran qui construit sa voie depuis des décennies et la Turquie qui se restructure, seraient pour nous des exemples.
Source : Al Akhbar

Ban estime qu'Israël devrait mettre fin au blocus de Gaza


Le point de passage de Karni entre Gaza et Israël.

16 novembre 2009 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, estime dans un rapport publié lundi qu'Israël devrait mettre fin au blocus de Gaza et rétablir la liberté de circulation des Palestiniens en Cisjordanie.

« Le gouvernement israélien devrait lever le blocus de Gaza, qui pèse lourdement sur la situation humanitaire de la population civile et compromet la jouissance des droits de l'homme », écrit M. Ban dans ce rapport remis à l'Assemblée générale de l'ONU. « Il devrait en particulier laisser entrer librement à Gaza l'aide humanitaire ainsi que les produits non humanitaires nécessaires à la reconstruction des immeubles et de l'infrastructure. Israël devrait aussi aider immédiatement et effectivement à résoudre les problèmes critiques de distribution de l'eau, d'assainissement et de pollution de l'environnement qui se posent à Gaza », ajoute-t-il.

Le rapport intitulé « Pratiques israéliennes affectant les droits de l'homme du peuple palestinien dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est » porte sur la période allant de septembre 2008 à août 2009.

Selon le Secrétaire général, toutes les parties au conflit doivent s'acquitter scrupuleusement des obligations que leur imposent le droit international des droits de l'homme et le droit international humanitaire. « Toutes les allégations de violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme devraient faire l'objet d'enquêtes menées par des organismes de mise en œuvre de la responsabilité crédibles, indépendants et transparents, qui devront tenir pleinement compte des normes internationales garantissant le droit à une procédure régulière. Il est tout aussi crucial que soit garanti le droit des victimes à réparation », écrit-il.

M. Ban estime également que « le gouvernement israélien devrait prendre les mesures voulues pour rétablir la liberté de circulation des Palestiniens en Cisjordanie ». « Comme l'a demandé la Cour internationale de Justice dans son avis consultatif, Israël devrait cesser immédiatement les travaux d'édification du mur et démanteler immédiatement les parties de l'ouvrage situées sur le territoire occupé », dit-il.

Selon lui, « Israël devrait également publier des plans de zonage réalistes et adopter une procédure de délivrance des permis de construire à Jérusalem-Est et ailleurs en Cisjordanie qui soit moins compliquée et qui ne soit pas discriminatoire. En attendant, il devrait mettre un terme aux évictions et aux démolitions d'immeubles palestiniens. Les victimes d'évictions forcées devraient avoir accès à des recours utiles. Les démolitions à titre punitif devraient cesser immédiatement. »

Le Secrétaire général estime par ailleurs, qu'en sa qualité de puissance occupante, Israël doit faire en sorte que les droits des enfants soient respectés. « Le gouvernement israélien devrait prendre toutes les dispositions nécessaires pour répondre aux préoccupations exprimées dans le présent rapport en ce qui concerne l'arrestation et la détention d'enfants palestiniens; il devrait faire en sorte que toutes les détentions respectent strictement le droit international des droits de l'homme, en particulier les principes garantissant le droit à une procédure régulière, en tenant dûment compte de la vulnérabilité particulière des enfants. Le gouvernement israélien devrait aussi veiller à ce que toutes les allégations de torture et de mauvais traitements fassent rapidement l'objet d'une véritable enquête et que les auteurs des faits allégués soient poursuivis en justice ».

« Israël devrait ne pas faire de discrimination entre les enfants palestiniens et les enfants israéliens en ce qui concerne l'âge de la majorité pénale. Le gouvernement israélien devrait étudier la possibilité de remplacer la détention des enfants par d'autres mesures et faire en sorte que la détention d'enfants soit une mesure de dernier ressort », ajoute-t-il.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20603&Cr=Isra%EBl&Cr1=

Un général iranien disparu en Turquie serait emprisonné en Israël

17/11/2009
Un général iranien, disparu il y a deux ans en Turquie, serait emprisonné en Israël, ont rapporté hier plusieurs journaux iraniens, citant un site Internet conservateur. Le général Ali Reza Asgari, vice-ministre de la Défense sous le gouvernement de l'ancien président réformateur Mohammad Khatami, a disparu en Turquie en février 2007. « Deux ans d'investigations par les organes compétents montrent que Ali Reza Asgari est détenu dans les prisons du régime israélien », a rapporté le site conservateur Alef, sans toutefois citer de sources. « M. Asgari a été enlevé par le Mossad et les services de renseignements allemand et britannique, et emmené en Israël », a ajouté le site. Certains médias étrangers avaient alors affirmé qu'il avait fait défection, alors que le gouvernement israélien avait nié tout lien avec la disparition de M. Asgari.

Première crise au sein du gouvernement Netanyahu

17/11/2009
Le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a menacé hier de retirer son soutien au gouvernement sur fond de différend budgétaire avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui connaît ainsi une première crise dans sa coalition. Chef du parti ultranationaliste Yisraël Beitenou, troisième force parlementaire, Lieberman a contesté une disposition budgétaire visant à apporter des fonds à des écoles financées par un mouvement juif orthodoxe. « C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase », a-t-il déclaré.

Des soldats israéliens refusent de démanteler une colonie sauvage

17/11/2009
Des colons rassemblent ce qui reste d’une structure construite dans une colonie sauvage et détruite par l'armée israélienne. David Buimovitch/AFP
Des colons rassemblent ce qui reste d’une structure construite dans une colonie sauvage et détruite par l'armée israélienne. David Buimovitch/AFP
Plusieurs soldats israéliens ont refusé hier d'exécuter l'ordre de démanteler deux baraquements sauvages de colons juifs à la périphérie de la ville de Hébron, en Cisjordanie. Le porte-parole de l'armée a déclaré que ces militaires - une demi-douzaine selon un site Internet - avaient été relevés de leurs fonctions et que deux d'entre eux seraient traduits dans la journée devant une cour martiale. Cet acte de mutinerie a été qualifié par l'armée israélienne d'« erreur fondamentale ».
Néanmoins, les baraquements sauvages ont finalement été détruits par l'armée israélienne.

Visite discrète de Sarkozy à Riyad pour renforcer les liens franco-saoudiens

17/11/2009
Le président français Nicolas Sarkozy est attendu aujourd'hui à Riyad pour une visite aux allures de séjour privé destinée à resserrer les liens entre la France et l'Arabie saoudite, un acteur incontournable de la scène diplomatique dont les dollars font saliver les entreprises tricolores.Conduit au pas de charge, le premier déplacement du chef de l'État français dans le royaume wahhabite, en janvier 2008, avait quelque peu laissé le roi Abdallah et son entourage sur leur faim. Celui que le monarque octogénaire a surnommé le « cheval fougueux » y avait enchaîné au triple galop entretiens et discours, avant de repartir pour le Qatar.
Le roi Abdallah a invité Nicolas Sarkozy à passer la nuit dans son « ranch » personnel, non loin de la capitale saoudienne. Une visite « de nature privée », dit-on dans l'entourage royal, afin de « renforcer les liens » et « élargir le spectre des relations ». Car malgré ces couacs de forme, Riyad suit avec intérêt l'énergie déployée par le locataire de l'Élysée sur la scène internationale, à l'heure où ses alliés américain et britannique semblent moins attentifs à son endroit.
Sans surprise, les questions régionales occuperont une large part des conversations du roi et du président, à commencer par le blocage du processus de paix entre Israël et les Palestiniens. Sur ce dossier, la position ferme de la France sur l'indispensable gel de la colonisation israélienne est très appréciée des Saoudiens, tout comme celle qu'elle exprime sur le nucléaire iranien. Sur les autres sujets, les deux capitales sont au diapason. Un temps inquiet de la main tendue par Paris à Damas, le roi Abdallah s'est lui aussi rapproché de la Syrie. De même qu'il s'est investi pour la formation d'un gouvernement d'union au Liban.
Le président français compte aussi profiter de son séjour pour pousser l'avantage des entreprises françaises.

Israël met en garde les Palestiniens contre toute déclaration d’indépendance


17/11/2009
À Hébron, en Cisjordanie, des policiers palestiniens défilent pendant une manifestation marquant symboliquement la déclaration d’indépendance de l’État palestinien. Hazem Bader/AFP
À Hébron, en Cisjordanie, des policiers palestiniens défilent pendant une manifestation marquant symboliquement la déclaration d’indépendance de l’État palestinien. Hazem Bader/AFP
L'Autorité a sollicité l'appui de l'UE pour son projet.
Des dirigeants israéliens ont menacé les Palestiniens de rétorsion s'ils proclament un État indépendant sans accord avec Israël, tout en doutant de leur détermination à mettre un tel projet à exécution. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a mis en garde la direction palestinienne contre toute « action unilatérale », mais sans préciser quelles mesures Israël pourrait prendre. L'avertissement de M. Netanyahu répond à la décision des Palestiniens de demander à l'ONU de reconnaître leur indépendance. Les Palestiniens ont l'intention de saisir le Conseil de sécurité de l'ONU afin d'obtenir son soutien en faveur de la création d'un État palestinien indépendant dans les frontières de juin 1967 (soit avant l'occupation israélienne).
« Toute action unilatérale défera la trame des accords passés et entraînera des actions unilatérales d'Israël », a toutefois averti M. Netanyahu, qui a appelé à nouveau l'Autorité palestinienne à reprendre la négociation, stoppée depuis plus d'un an, « sans condition préalable ». Plus explicites, des ministres de son parti, le Likoud (droite), ont énuméré toute une série de mesures de rétorsion qu'Israël pourrait prendre, y compris l'annexion unilatérale de blocs de colonies en Cisjordanie, ce qui reviendrait à annuler les accords de paix d'Oslo de 1993. Le ministre de l'Environnement Gilad Erdan a accusé les dirigeants palestiniens de « jouer avec le feu » sur la question d'un État indépendant. Mais il a estimé qu'il pourrait s'agir d'une « tempête dans un verre d'eau » et d'« une manœuvre interne destinée à rehausser l'image de Mahmoud Abbas », le président affaibli de l'Autorité palestinienne. « Les Palestiniens auraient eux-mêmes beaucoup à perdre en cas de proclamation unilatérale d'indépendance », a ajouté ce proche de M. Netanyahu, évoquant la possibilité qu'Israël « stoppe les transferts d'argent » dus à l'Autorité palestinienne en vertu des accords signés sur les tarifs douaniers. Israël, qui occupe la Cisjordanie, pourrait également, selon lui, rétablir un certain nombre de barrages routiers retirés dernièrement et - plus sérieux - « procéder à une annexion formelle d'une partie des implantations » juives en Cisjordanie.
Le ministre travailliste du Commerce et de l'Industrie Benyamin Ben Eliezer a reconnu que l'initiative palestinienne « traduisait la frustration d'une population qui ne voit pas d'issue à une occupation qui dure depuis près de 43 ans ». S'inquiétant d'un « isolement croissant d'Israël sur la scène internationale », le ministre travailliste a exhorté le gouvernement « à faire tous ses efforts pour relancer au plus vite la négociation », y compris en annonçant un gel total mais temporaire de la colonisation.
Du côté palestinien, le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina, a accusé Israël de « chercher des prétextes et des excuses pour s'opposer à l'établissement d'un État palestinien ». « La réponse du Premier ministre est un aveu que l'actuel gouvernement israélien ne veut pas la paix », a commenté M. Roudeina.
Les Palestiniens, qui ont suspendu les négociations il y a près d'un an après des années de tractations infructueuses, accusent les Israéliens d'être les premiers à mener « une action unilatérale » en créant des faits accomplis de colonisation, 500 000 Israéliens s'étant désormais installés en Cisjordanie (dont 200 000 à Jérusalem-Est). Hier, l'Autorité palestinienne a sollicité l'appui de l'Union européenne à son projet. « La réponse initiale de l'UE est positive », s'est félicité le négociateur palestinien Saëb Erakat. Toutefois la France a fait savoir qu'« une démarche unilatérale pourrait être préjudiciable à l'établissement de cet État (palestinien) que nous appelons de nos vœux ».
De son côté, le sénateur américain Joe Lieberman, en visite à Jérusalem, a prédit que Washington opposerait son veto à toute tentative palestinienne de porter l'affaire devant le Conseil de sécurité - une « perte de temps », a-t-il dit.
La négociation entre Israël et les Palestiniens est « le meilleur moyen » de faire naître un État palestinien, a réaffirmé de son côté la diplomatie américaine.

Présentation de la campagne "Territoires palestiniens, non à l’enfermement"

publié le lundi 16 novembre 2009
Plateforme des ONG francaises pour la Palestine
La Plateforme lance la campagne « Territoires palestiniens, non à l’enfermement ! » durant les mois d’octobre et novembre 2009. Ces mois d’actions seront l’occasion de sensibiliser et informer sur l’enfermement, l’asphyxie des Territoires palestiniens provoquée par la colonisation, le Mur en Cisjordanie ou les expulsions récentes à Jérusalem Est...Le symbole exacerbé de cet enfermement est le blocus que subit, depuis des années, la bande de Gaza.

L’objectif est de faire évoluer les lignes et positions politiques des élus français à partir d’une forte mobilisation locale en les poussant à s’engager pour la fin du siège de la bande de Gaza, qui conditionne aujourd’hui l’efficacité de l’aide internationale.

La mobilisation de novembre se base sur trois demandes :

- la réouverture complète de la bande de Gaza ;
- la mise en place d’un dialogue avec les représentants élus du Hamas ;
- la mise en œuvre, par le Conseil de sécurité des Nations unies, des recommandations de la mission d’enquête menée par le juge Goldstone ;
- Le démantèlement du Mur construit illégalement par Israël en Cisjordanie.

Les Palestiniens demandent le soutien de l’ONU pour proclamer leur Etat

publié le lundi 16 novembre 2009

Le Monde
Les Palestiniens veulent obtenir du Conseil de sécurité de l’ONU qu’il appuie la proclamation unilatérale de leur Etat, en raison du blocage des négociations de paix avec Israël, a affirmé dimanche le principal négociateur palestinien.

"Nous avons décidé de nous adresser au Conseil de sécurité pour essayer d’obtenir son soutien à la création d’un Etat palestinien indépendant ayant Jérusalem pour capitale et dont les frontières seraient celles de juin 1967" avant l’occupation israélienne, a déclaré à l’AFP ce négociateur Saëb Erakat. "Nous allons chercher à obtenir l’appui de l’Union européenne ainsi que celui de la Russie et d’autres pays", a-t-il ajouté.

Plusieurs ministres israéliens ont aussitôt mis en garde les Palestiniens contre toute démarche unilatérale. "Cette initiative hostile supprimerait tout espoir de négociations de paix. S’ils (les Palestiniens) vont de l’avant dans leur projet de proclamation unilatérale d’un Etat, nous devrons étendre notre contrôle sur les secteurs C" de la Cisjordanie, a affirmé le ministre des Infrastructures Uzi Landau (Israël Beiténou - droite nationaliste). Les secteurs C de la Cisjordanie occupée sont contrôlés par la police de l’Autorité palestinienne, et l’armée israélienne y assume la sécurité globale.

"J’espère que la communauté internationale ne coopérera pas avec ce projet et s’exprimera clairement en faveur de l’unique approche possible, à savoir la tenue de négociations directes", a-t-il estimé le ministre chargé des affaires de la Diaspora, Yuli Edelstein. Le président palestinien Mahmoud Abbas exige qu’Israël gèle totalement la colonisation avant toute reprise des pourparlers de paix. Selon des responsables palestiniens, il a été heurté par la récente volte-face de l’administration américaine sur ce point.

UNE CONFÉRENCE DE PAIX À PARIS ?

De son côté, Nicolas Sarkozy a proposé la semaine dernière au premier ministre israélien Benjamin Netanyahou de participer à une conférence internationale de paix organisée à Paris et réunissant les principaux acteurs au Proche-Orient, indique le quotidien israélien Haaretz. Le président français a proposé d’accueillir une rencontre entre M. Nethanyahou et les présidents syrien et palestinien, Bachar al-Assad et Mahmoud Abbas.

Cette conférence de paix réunirait aussi le roi de Jordanie, Abdallah II, le président égyptien Hosni Moubarak, le président libanais Michel Sleimane, ainsi que des représentants du Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU). Selon le Haaretz, M. Sarkozy a appelé jeudi au téléphone M. Abbas pour lui faire part de cette proposition, et en a également parlé avec M. Assad durant la visite de ce dernier vendredi à Paris.

Ni M. Netanyahou ni M. Abbas n’ont rejeté la proposition française, selon le Haaretz. La position de l’administration Obama n’est pas encore connue. Interrogé par l’AFP, un responsable gouvernemental israélien a déclaré, sous couvert de l’anonymat, qu’"Israël se félicite par avance de toute possibilité de rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les présidents syrien et palestinien". [1]

[1] voir aussi, toujours sur le Monde :

Sarkozy propose une conférence internationale de paix à Paris

Le président français Nicolas Sarkozy a proposé la semaine dernière au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de participer à une conférence internationale de paix organisée à Paris et réunissant les principaux acteurs au Proche-Orient, a indiqué dimanche Haaretz.

Selon le quotidien, durant leur entretien mercredi dernier à l’Elysée, M. Sarkozy a invité M. Netanyahu à relancer le processus de paix au Proche-Orient en rencontrant les présidents syrien et palestinien, Bachar al-Assad et Mahmoud Abbas, dans le cadre d’une conférence internationale organisée à Paris sous son égide.

Cette conférence, précise le Haaretz, réunirait aussi le roi de Jordanie, Abdallah II, le président égyptien Hosni Moubarak, le président libanais Michel Sleimane, ainsi que des représentants du Quartette (USA, UE, Russie, ONU).

Toujours selon le quotidien, M. Sarkozy a appelé jeudi au téléphone M. Abbas pour lui faire part de cette proposition, et en a également parlé avec M. Assad durant la visite de ce dernier vendredi à Paris.

Ni M. Netanyahu ni M. Abbas n’ont rejeté la proposition française, selon le Haaretz.

La Russie souhaite également depuis plusieurs mois organiser une conférence de paix sur le Proche-Orient à Moscou.

Interrogé par l’AFP, un responsable gouvernemental israélien a déclaré, sous couvert de l’anonymat, qu’"Israël se félicite par avance de toute possibilité de rencontre entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu et les présidents syrien et palestinien".

MM. Sarkozy et Moubarak sont les co-présidents de l’Union pour la Méditerranée (UPM) qui vise à convertir l’espace méditerranéen en zone de paix par le biais de projets, en particulier sur l’environnement ou le transport.

Haaretz indique par ailleurs que durant sa visite à Paris, M. Netanyahu a exprimé son mécontentement à M. Sarkozy à propos des déclarations du chef de la diplomatie française Bernard Kouchner dans lesquelles il avait déploré qu’il n’y ait plus d’"aspiration à la paix" en Israël.

M. Kouchner n’a pas assisté à l’entretien mercredi entre MM. Sarkozy et Netanyahu. Il est attendu mardi et mercredi en Israël et dans les Territoires palestiniens.

Dans une interview exclusive publiée dimanche par le quotidien Yédiot Aharonot, le chef de la diplomatie française se présente comme "un grand ami d’Israël" et affirme : "mon rêve est que je puisse voir la paix au Proche-Orient, avant ma mort".

« Sans conditions préalables »...

publié le lundi 16 novembre 2009

Alain Gresh
Pendant quelques jours, la nouvelle a fait la Une de l’actualité au Proche-Orient. Elle aurait même été, selon la presse, au centre des entretiens entre les présidents Sarkozy et Assad le 13 novembre : le premier ministre israélien Netanyahou serait prêt à reprendre sans conditions préalables les négociations avec Damas. Il l’a affirmé au président Sarkozy lors de la rencontre entre les deux hommes le 11 novembre. Selon certaines informations, il aurait même remis au président français une lettre en ce sens. Au moment où le dossier palestinien est au point mort, ne serait-ce pas une avancée significative ?

D’autre part, selon le quotidien Haaretz du 12 novembre, le président Sarkozy aurait téléphoné à Mahmoud Abbas durant sa rencontre avec Netanyahou pour lui demander de répondre positivement à l’offre israélienne de reprise des négociations sans conditions préalables...

Selon Dan Margalit, dans le quotidien israélien Israel Hayom (12 novembre), Netanyahou aurait accompagné son message au président syrien sur la reprise des négociations d’un deuxième message, plus menaçant : Israël ne peut rester encore longtemps passif face au flot d’armes livrées au Hezbollah. Le quotidien Yedioth Ahronoth, pour sa part, publie des informations sur les capacités du Hezbollah à récolter des informations sur l’armée israélienne et à suivre à la trace à la fois les drones qui survolent le territoire libanais et les soldats qui patrouillent le long de la frontière.

Promesses de paix d’un côté, menaces de l’autre ?

En réalité, et malgré ce qui semble ressortir de nombreux commentaires de presse français, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Les gouvernements israéliens successifs ont toujours été prêts à négocier, à rencontrer tel ou tel leader arabe. A une seule condition, si l’on peut dire : c’est qu’il n’y ait aucune condition. Cette mention (« sans conditions préalables ») n’a qu’une signification : le refus israélien du droit international comme base de négociations...

Prenons un exemple pour être clair. En 1990, l’Irak envahit le Koweït, la famille royale s’enfuit. Quelle aurait été la réaction internationale si Saddam Hussein avait annoncé qu’il était prêt à négocier sans conditions préalables avec la dynastie Al-Sabah ? Tout le monde aurait compris que c’était une manœuvre et que, compte tenu des rapports de force, ces négociations, si elles avaient eu lieu, n’auraient pu déboucher sur aucun accord.

Lors de la conférence d’Annapolis de novembre 2007, bien oubliée malgré les « espoirs » qu’elle avait suscités dans les médias, une déclaration israélo-palestinienne avait été adoptée. J’expliquais alors : « Le plus inquiétant dans la déclaration commune, c’est l’absence de toute base juridique ou légale aux négociations. Il n’y a aucune référence au droit international, ni même à la résolution 242 du Conseil de sécurité et à l’idée d’échange de la paix contre les territoires. Les deux parties s’engagent à “des négociations bilatérales en toute bonne foi”. En toute bonne foi ? Mais que signifie ce terme ? Ehoud Olmert pense, “en toute bonne foi”, que Jérusalem, y compris sa partie arabe conquise en 1967, est “territoire israélien” ; il pense “en toute bonne foi” que les grands blocs de colonies doivent être annexés à Israël. Il pense aussi, “en toute bonne foi”, que la sécurité des Israéliens est plus importante que celle des Palestiniens. »

Aujourd’hui, Netanayhou pense, « en toute bonne foi », que la Cisjordanie est une partie d’Ertez-Israël et que les Palestiniens devraient émigrer dans un des multiples pays arabes. Il pense, « en toute bonne foi », que le Golan est essentiel à la sécurité d’Israël et qu’on ne peut s’en retirer.

Cela fait des années maintenant que les négociations entre Israéliens et Palestiniens sont dans l’impasse. Il existe un « processus », mais sûrement pas de paix. L’Autorité palestinienne a décidé de ne pas reprendre les négociations sans gel total de la colonisation. Mais, même dans ce cas, sur quelles bases reprendraient les négociations ? Quelles chances auraient-elles d’aboutir alors que le gouvernement israélien refuse la mise en œuvre du droit international, des résolutions de l’ONU ?

Lors d’une rencontre avec journalistes et intellectuels le 13 novembre, le président Assad est revenu sur la question des colonies. Il a souligné que l’arrêt de leur construction était « un pas positif mais sûrement pas final ». La question fondamentale était le contenu des négociations, et donc le retrait israélien des territoires occupés en 1967. La Syrie a toujours mis une condition à des négociations directes : l’acceptation par Israël du principe du retrait sur la ligne du 4 juin 1967. C’est parce qu’Itzhak Rabin avait accepté ce principe en 1994 que des négociations directes s’étaient déroulées entre les deux pays (« Quand Israël et la Syrie étaient au bord de la paix »). En 2007, des négociations indirectes avaient repris sous l’égide de la Turquie avec le gouvernement d’Ehoud Olmert (« Le nucléaire, la Syrie et Israël ») ; Damas demandait, pour passer au stade des négociations directes, qu’Olmert confirme l’engagement de Rabin. La situation n’a pas changé depuis l’arrivée de Netanyahou : si Israël souhaite des négociations directes, il faut accepter l’engagement de Rabin. La Turquie a confirmé qu’elle était prête à poursuivre sa médiation. Et le président Assad a demandé à la France de faire pression en ce sens. Ajoutant, avec un rien de perfidie, que puisque Sarkozy se targuait de ses bonnes relations avec Netanyahou, cela ne devait pas être impossible.

Un sujet sur lequel les bonnes relations entre Netanyahou et Olmert n’ont pas de conséquence, c’est celui de Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien emprisonné depuis quatre ans en Israël, alors qu’il est pourtant « libérable » (« Le scandale Salah Hamouri »). Profitons-en pour saluer le courage du comédien François Cluzet, qui, lors de la présentation de son film sur France 2, a évoqué le cas de Hamouri, cas que le président du groupe UMP à l’Assemblé nationale Jean-François Copé, présent sur le plateau, affirmait ignorer totalement. Profitez-en pour aller voir le film A l’origine, où joue Cluzet : un excellent film social. Al-Qaida contre le Hamas Retour à la table des matières

Une excellente analyse de Jean-Pierre Filiu sur le conflit entre les Frères musulmans, le Hamas et Al-Qaida, intitulée « The Brotherhood vs. Al-Qaeda : A Moment Of Truth ? », en anglais, sur le site du Hudson Institute. Et qui explique l’impitoyable répression menée par le Hamas à Gaza contre les groupes se réclamant d’Al-Qaida. Notons qu’un récent sondage du quotidien israélien Haaretz (13 novembre) indiquait qu’une majorité d’Israéliens étaient favorables à un dialogue avec le Hamas (« 57% of Israelis support plan to talk to Hamas »). Dialogue que le gouvernement français, lui, refuse toujours...

Pour ceux qu’intéressent les débats internes et les évolutions des Frères musulmans, l’article de Husam Tammam, « Back to the future » (Al-Ahram Weekly, 29 octobre 2009). La crise de l’organisation comme reflet des blocages et de la fermeture totale du système de pouvoir égyptien.

publié sur le blog du Monde diplomatique "Nouvelles d’Orient"

http://blog.mondediplo.net/2009-11-...

lundi 16 novembre 2009

Journal de Palestine (1)

samedi 14 novembre 2009 - 11h:13

Jocelyne - AFPS

C’est mon amie Nina qui travaille en Palestine depuis 18 mois, qui m’avait demandé : « Viens-tu encore cette année pour la cueillette des olives ? ». Pourquoi pas, mais pas aux olives, plutôt pour vivre le quotidien des gens. Le gîte étant assuré, me voilà partie.

Du dimanche 25 octobre
au
vendredi 6 novembre 2009

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La Palestine : c’est Gaza à l’ouest au bord de la mer, actuellement fermée : rien ne rentre, rien de sort, même pas le ciment pour reconstruire les maisons bombardées en décembre 2008/janvier 2009, prison à ciel ouvert, et la Cisjordanie, à l’est, territoire occupé par les Israéliens. Voir carte suivante.

(JPG)

En vert foncé, la Palestine en 1946, puis en 1947 avec la partition de l’ONU. Guerre des 6 jours en 1967 et depuis grignotage perpétuel de la Palestine par les colonies israéliennes. La Palestine n’est plus qu’une suite d’aquariums côte à côte, et tout Palestinien doit demander à Israël pour passer d’un aquarium à l’autre. Il doit aussi avoir une raison valable.

1ère semaine

Lundi 26 octobre

Nazareth Jénine Tulkarem Naplouse Qalquilia Ramallah Jérusalem Bethléem Hébron

Bonjour à tous.

Ce soir lundi, on a eu un bonheur que ni les Français, ni les Allemands ne connaissent : nous sommes arrivées à la maison sans problèmes ! Juste 10 minutes de bouchon* et un détour de 15 km, enfin on a mis 1h10 pour faire les 15 km entre Jérusalem et Ramallah... Ici le temps s’étire et tout prend des proportions hors normes.

* bouchon dû au check-point de Qualandia + au match de foot qui se joue à Ramallah : Palestine contre Jordanie. Y’a de quoi faire tourner en bourrique tout Israélien : tant d’ennemis réunis d’un coup !

Je résume les 2 jours passés :

A l’aéroport, samedi 24 octobre : aucun problème, j’ai dit que j’allais chez une amie et hop, je passe. J’ai bien remarqué dès Amsterdam 2 groupes de françaises qui avaient le look AFPS mais je n’ai rien dit. On a la consigne de ne pas se parler, pour n’éveiller aucun soupçon. Et hier dans le souk de Jérusalem, je les revois, les 2 groupes avaient fusionné et je leur ai parlé. Ce sont des filles d’un groupe de l’Ouest de la France et nous prenons en partie le même vol au retour. La terre est petite.

Dimanche 25, j’ai traîné dans la vieille ville. Le St-Sépulcre est archi-plein de touristes. J’ai remarqué beaucoup de nouveaux "magasins" russes et beaucoup entendu « Spaciba » (merci) ; j’ai vu aussi Jawad, un marchand du souk et lui en ai parlé, il est également de cet avis. Dimanche matin, il y a eu du grabuge sur l’esplanade des mosquées car les Israéliens ont voulu y aller, ou y sont allés, mais l’après midi, je suis allée devant le mur et si je n’avais pas vu l’info à la télé le matin (BBC), je n’aurais rien remarqué. Beaucoup de soldats, c’est vrai, mais on s’habitue... Ils savent effacer les traces.

Avec Jawad j’ai fait une pause dans le souk, sur mon tabouret comme tout bon marchand du souk et regardé les passants passer en sirotant un verre de thé. « Peu de Français, beaucoup d’anglophones et de Russes, et j’ai quand même fait une vente ! »

Je trouve que le souk ressemble de plus en plus aux souks d’ailleurs : beaucoup d’importations de Chine et d’Inde.

18h : rendez-vous avec Nina, mon amie allemande. Elle habite à Ramallah et travaille ici depuis 18 mois et elle aide les collègues d’allemand en Palestine et aussi depuis peu en Israël. En Israël, ce sont les écoles arabophones qui enseignent l’allemand.

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Ramallah derrière le mur

Ramallah est entièrement entourée par le mur pour empêcher les Palestiniens d’aller à Jérusalem.

Aujourd’hui lundi 26, on a passé le temps à ne pas faire grand-chose. Nina devait rendre à Jérusalem une clé connexion Internet, on y va. Elle donne la clé mais ils doivent faxer au chef le non fonctionnement de ladite clé et on doit revenir dans une demi-heure. 40 min plus tard, pas encore de réponse du chef. La réponse arrive : annulation du contrat entièrement en alphabet hébreu, elle râle et demande une traduction en anglais, le vendeur dit : « Là il y a votre nom et là c’est écrit "annulation". » « Ok, alors écrivez-moi une traduction sur ce papier. » « Non, je n’ai pas le droit mais je vous assure... bla bla bla » et rien à faire. Tout en arrogance comme beaucoup d’Israéliens. Alors on va dans le magasin suivant (marchand d’oiseaux) et elle demande au vendeur de lire la feuille pour avoir confirmation et tout était vrai. Mais comme elle a déjà eu des déboires avec les Israéliens, elle est devenue méfiante.

Je suis aussi allée au centre culturel français pour avoir des tuyaux pour aller à Gaza, mais comme c’est une Israélienne qui était là, elle ne pouvait pas me renseigner. Les Israéliens n’ont pas le droit d’aller à Gaza. Elle m’a donné le numéro de téléphone du consulat. J’ai appelé et là c’est la même chose : il faut écrire aux autorités compétentes, et j’aurais déjà dû le faire. J’ai dit que je leur avais écrit il y a 3 semaines et que je n’avais reçu aucune réponse. Mais elle n’était au courant de rien. Je vais frapper à une autre porte.

J’ai aussi vu en passant en voiture sur le trottoir un petit stand pour récolter des fonds ou des signatures avec un agrandissement de la photo de Gilat Shalit. Ce devait être dans la partie israélienne de Jérusalem (Nina a une "carte blanche" qui lui permet d’aller partout).

Sinon la limonade de l’hôtel... est toujours aussi bonne, le ciel toujours aussi bleu, j’ai ressorti tee-shirt et sandalettes.

Voilà pour aujourd’hui. Pardon pour les fautes qui sont en partie dues au clavier qwerty, je vais m’habituer.


Mardi 27 octobre

Aujourd’hui, mardi, journée encore chargée. Dès 8 h nous étions en classe à Ramallah. C’est une école de filles qui va jusqu’à la 3ème. Là, on a eu 2 cours : avec la classe 4 (elles ont 9 ans) et avec la 5 (elles ont 10 ans). La classe 4 débute l’allemand mais a déjà 2 ans d’anglais ! C’est-à-dire qu’à 9 ans, beaucoup d’enfants peuvent déjà lire dans 2 alphabets ! Mais il y a aussi des enfants qui ne savent pas lire et Nina regrette ce système, que nous avons aussi en France, où tous les enfants quelque soit leur niveau sont ensemble, ce qui n’est pas le cas en Allemagne. Il y avait 39 et 36 élèves par cours mais elles sont calmes, sans stress. Le cours est fait à 2 voix : Nina et Zora, une jeune femme de 26 ans qui parle parfaitement allemand et arabe, que Nina a formée car elle n’était pas prof. Mais compétente !

(JPG)
Elèves de la classe 4 (CM1)

Puis nous avons changé d’école et été dans une plus grande qui accueille jusqu’au bac. J’ai salué la directrice. Là encore 2 cours (filles) classe 4 et 5, les mêmes cours. Le cours est fait à 99% en allemand avec gestes et chansons et jeux... Mais le programme est fait pour l’international et ils doivent tous ingurgiter les mots "vers de terre" et "porc-épic" qui sont très utiles en Palestine certainement... A ce moment-là, c’était la fin de la matinée, et comme chez nous, les élèves étaient bien fatiguées. Nina m’a raconté que parfois aussi, une ou l’autre a mal dormi car les soldats ont fait irruption en pleine nuit dans la maison, ont tout fouillé et déchiré quelques cahiers...

Puis direction le centre culturel français qui est aussi le Goethe Institut, donc maison de la culture franco-allemande. On y donne des cours et il y a une grande médiathèque et des expos... on avait rendez-vous avec une jeune fille du consulat français qui fait la même chose que Nina mais pour la langue française. Aurélie, elle a la trentaine, diplômée de Science Po, impressionnante de maturité. Elle était avec une autre de son âge qui fait le suivi des profs de français ici, également d’un grand professionnalisme ! La réunion s’est passée au restau et j’y ai appris qu’il y a 5 800 élèves (= 38 écoles) qui apprennent le français ici, en Cisjordanie et à Gaza. La France a lancé le projet en 1995 et maintenant, cela roule. La France paie les livres et les cahiers ainsi que les salaires d’Aurélie et des 2 personnes qui font le suivi des profs palestiniens. Nina avait besoin de billes car elle reçoit des huiles la semaine prochaine et elle, elle doit tout faire et en plus donner des cours ! Les visions aussi sont différentes : la France ne recherche pas une élite, ce que cherchent les Allemands et contre quoi lutte Nina. Maintenant, France et Allemagne vont travailler ensemble sur plusieurs projets ici.

J’en ai profité pour parler de Gaza, elles voient cela mal aussi. Il faut appartenir à un organisme bien reconnu. J’en ai parlé aussi au monsieur de l’entrée du CCF, trilingue ou plus : allemand, français, arabe, d’une simplicité remarquable avec en plus de l’humour, lui, pense qu’il faudrait avoir un ami israélien...

Aurélie m’a aussi soumis un projet de petit partenariat avec un quartier de Jérusalem qui ne voudrait pas disparaître, les Israéliens ont déjà pris 2 maisons. Et je me demande si ce n’est pas auprès de chez Jawad, car il m’en a parlé aussi. A creuser.

Puis on a marché dans Ramallah, grouillant de vie, de couleurs et d’odeurs, beaucoup d’hommes dehors car ici 70% de chômage. Nous cherchions une montre avec des chiffres arabes (ou indiens car ce sont nos chiffres qui sont arabes !) car Nina en a une et elle me plaît bien. Pas moyen d’en trouver une ! Elles ont toutes nos chiffres ou des chiffres romains alors qu’ils ne s’en servent pas. Bizarre, non ?

A 17h30 il faisait nuit noire, car le temps était couvert mais encore très chaud.

A +

Mercredi 28 octobre

Encore une journée riche de riens mais de pleins ! Rien ne se passe comme prévu.

J’appelle Ziad à Gaza, il est chez lui, il me dit d’appeler Mme G. au consulat à Jérusalem, je fais. Elle n’est pas encore arrivée. Comme je vais à Jérusalem, je décide que je prendrai un taxi et irai la voir.

Voyage en bus de Ramallah à Jérusalem. Nina, m’avait tout expliqué et tout se passa comme prévu. On monte dans le bus. Le bus part quand il est plein. Ma voisine, une femme d’une 60aine d’année, ne me parle pas, elle lit le Coran. On traverse Ramallah jusqu’au check-point de Qualandia à la sortie de Ramallah, sur la route de Jérusalem.

Là tout le monde descend, je repère le numéro de la plaque minéralogique du bus et suis les voyageurs, en repérant ma voisine pour phare. Tout le monde se cale dans des enclos couverts avec un tourniquet au bout. Tout d’un coup, l’enclos de droite doit dégager, ils viennent avec nous en râlant. Le tourniquet est fermé. 5 ou 6 min plus tard, il s’ouvre et laisse passer 3 personnes, puis 2 ou 1 puis 3 et à chaque fois il y a quelqu’un qui reste coincé dans le tourniquet ! Ouf, c’est pas moi, je suis 2ème. On doit mettre le sac à dos sur le tapis roulant pour être scanné et plus loin, présenter ses papiers. La soldate me crie « Stamp » que je lui fais répéter car je n’avais pas compris, alors je feuillette mon passeport et trouve le tampon de l’aéroport. C’est ce qu’elle veut, je passe. Couloir puis tourniquet et re-tourniquet.

Puis commence le petit jeu : retrouver son bus parmi la 10aine qui attend. Chacun reprend sa place. Ma voisine me demande en anglais si je suis touriste, « Yes », et elle me dit : « Il faut raconter, dire ce que les Juifs nous font, qu’ils nous traitent comme des animaux ». « Yes I do ». Puis elle caresse son Coran et dit « Holy Coran » et elle reprend sa lecture jusqu’à Jérusalem.

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Check-Point de Qualandia, quand on passe en voiture : attente, puis inspection du coffre.

A Jérusalem, je cherche tout de suite un taxi pour le consulat. Je sais que ce n’est pas loin mais ça grimpe. Embrouille avec le chauffeur qui me demande trop cher, je ne suis pas d’humeur à marchander, je descends, il avait déjà fait 15 mètres ! J’en prends un autre moins gourmand. Non mais des fois ! Au consulat je demande Mme G. Toujours pas arrivée, je vais voir Aurélie, rencontrée hier mardi et elle me dit que Mme G. est malade aujourd’hui et ne le sera peut-être pas demain. Alors...

Je reviens en ville à pied et cherche l’hôtel où j’ai rendez-vous à midi pour faire le tour des colonies, un circuit alternatif. Presque arrivée, je demande mon chemin et là j’ai fait la connaissance de la gentillesse palestinienne ! Un Palestinien veut rendre service et quand on lui demande son chemin, il répond et accompagne un petit bout. Il ne dira jamais : « Je ne sais pas ». Et moi, je vous dis, heureusement qu’il n’y a que 4 points cardinaux car je les ai tous faits ! Tout droit, à gauche, à droite, demi-tour... Et au lieu de mettre une demi-heure comme nécessaire, j’ai marché une heure, raté le rendez-vous, suis arrivée rouge comme une tomate, de plus il faisait entre 25 et 30 degrés à l’ombre et à midi il n’y a pas d’ombre ! Sans rancune ! C’est vraiment dommage que nous, les femmes, soyons nées sans le sens de l’orientation ! Enfin j’ai bien apprécié le verre de limonade et le houmous de l’hôtel !

J’ai passé l’après-midi dans la vieille ville : devant le mur des lamentations, beaucoup de touristes, puis j’ai visité sans encombres tout le quartier juif. Petit cours succinct pour ceux qui ne connaissent pas : la vieille ville est divisée en 4 quartiers : musulman, juif, chrétien et arménien. Le quartier juif est très beau, tout de pierre ocre, comme toute la ville, tout rénové comme un sou neuf, tout en courbes, en arches, arcs, escaliers, très très vide, très minéral, seul un Juif en redingote passe furtivement (il y a même une expression toute faite en allemand : mit jüdischer Hast = mot à mot : avec hâte juive) et quelques chats très propres eux aussi, contrairement aux chats des autres quartiers. Puis j’ai revu le Saint-Sépulcre et me suis même retrouvée coincée dans un embouteillage de pèlerins, un groupe récitant le Je vous salue Marie et l’autre chantant un cantique en anglais, chaque groupe avec sa casquette. Il faut de tout pour faire un monde. Puis + tard (hors souk) j’ai vu un défilé de franciscains qui accompagnait un corbillard. Dans le souk, j’ai trouvé une montre avec chiffres arabes, mais pas 2 ! C’était la seule parmi au moins 300 montres.

17h30 : nuit noire malgré le ciel bleu.

18h Nina passe me prendre et nous retournons à Ramallah par le long détour. Contrôle au check-point, 1 voiture sur 10 et bingo, c’est nous. On passe, évidemment. Et nous allons dîner au Pronto, resto italien, Edith Piaf à tue-tête toute la soirée. L’an dernier, il y avait pendant le Ramadan 4 restos ouverts dans la journée à Ramallah, cette année le Pronto est resté le seul ouvert.

Je passe à aujourd’hui, jeudi, 29 octobre

Ce matin repos pour moi. Je vais lire car cette nuit : insomnie, alors j’ai lu un livre que Nina m’a prêté. D’une auteure palestinienne (pacifiste, qui a longtemps travaillé avec des femmes israéliennes jusqu’à ce que cela soit interdit) des environs de Ramallah, qui parle allemand et écrit en allemand. C’est un journal qu’elle a tenu du 11 juin 2006 au 15 mars 2007. Elle y parle, sans animosité ni rancoeur, de l’enlèvement de Gilat Shalit par le Hamas qui va encore compliquer sa vie, des hommes qui reviennent souvent stériles des prisons israéliennes, des enfants ou adolescents palestiniens mis en prison en Israël et qui suite aux « traitements » deviennent collaborateurs, de ses difficultés pour se déplacer : 11 à 14 heures pour aller à Amman, 70 km...

Cette nuit, j’ai regardé la ville par la fenêtre. Imaginez-vous : ce quartier est aussi peuplé que Sarcelles, et bien : pas un bruit, silence absolument total. Seuls, deux coqs au loin se répondaient. A 4h12, le muezzin a chanté.

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Vues de Ramallah

Cet après-midi, on va marcher, j’avais un peu peur car le ciel est gris et menaçant. Mais pas de problème, on va dans le désert ! C’est ça qui est bien ici, on a tout - ils avaient tout - à portée de main : désert, montagne, mer, ville, campagne et ils ne peuvent pas faire plus de 20 km autour de chez eux !


Jeudi 29 octobre

C’est à pleurer.

Cet après-midi nous sommes allées marcher dans le désert qui ici est fait de collines rocailleuses, vertes au printemps, dorées maintenant. D’une beauté à couper le souffle. C’est entre Ramallah et Jéricho, à gauche à mi-chemin. Nina y était allée au printemps cette année. Et bien depuis : une nouvelle barrière est arrivée, mais encore sans gardien. On descend dans la vallée et en bas il y a de l’eau qui coule, avec des poissons quand il y a une retenue d’eau alors qu’il n’a pas plu depuis le printemps.

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Dans le désert...

A l’entrée de la vallée, il y a une sorte de construction/préau, avec une retenue d’eau et dedans un bassin rond qui ressemble à un bassin de baptême. On est bien sûr en pleine Cisjordanie. Et bien, là, il y avait un groupe d’ados sans doute pour la journée, et sur la construction : le drapeau israélien flottait !

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Le préau devenu israélien

In-cro-ya-ble. Un des derniers endroits où les Palestiniens venaient pour se rafraîchir, Nina ne décolérait pas. On a longé le ruisseau (1 m de large), vu des poissons et des marmottes, croisé deux couples de jeunes hommes, puis nous sommes rentrées à la nuit. Sur chaque colline, on voyait des lumières : des colonies, ILS SONT PARTOUT !!!

Et je me rappelle ma 1ère conversation avec Nina dans la voiture dimanche : moi optimiste, les Palestiniens vont bientôt voir le bout du tunnel, et elle : « moi je crois que les Israéliens ont déjà gagné ». Oh là le choc ! Je ne veux pas le croire, mais après tout, c’est elle qui vit ici, pas moi... On va voir. Vraiment aujourd’hui, je vois que c’est une course contre la montre. Les uns sont libres et vont partout à leur guise, avec armes et arrogance, ou sans armes mais avec plein de bébés, et les autres sont enfermés chez eux. Car hier, les gens qui étaient dans le bus avec moi avaient tous demandé une autorisation à Israël pour aller à Jérusalem (15 km). Pas question pour un Palestinien de Ramallah de dire, « tiens on va prendre un pot à Jérusalem. »

Alors petit à petit : des idées, on n’en a plus, cela ne sert à rien d’avoir des envies, des projets, rien ne verra le jour, alors on reste chez soi, on regarde la télé, joue à l’ordinateur ou lit le Coran. Et c’est cela qui est triste, plus personne ne réagit d’autant plus et je viens de le lire ce matin, le rôle des collaborateurs n’est pas moindre. Israël a très bien su mettre en place un réseau d’observation très efficace : ce sont souvent des enfants mis en prison à 12-14 ans, plus ou moins torturés voire violés et hop, ils observent famille et amis, renseignent les Israéliens et les tirs ciblés atteignent leur but. La résistance en Inde avec Gandhi ou la résistance des Allemands de l’Est étaient autre. Il y avait une unité des gens et l’occupant respectait un minimum le droit international. Ici pas d’unité, ou unité brisée par l’occupant, on bidouille dans son coin, on trouve toujours un truc pour déjouer l’occupation, les internationaux filent un coup de main pour rendre la vie plus vivable mais Israël continue ses constructions et fait « fleurir » le désert, je n’ai pas vu de fleurs, certes, mais beaucoup d’arbres en haut des collines alors que ce n’est que caillasses. C’est vrai, ce soir je suis bien pessimiste et je me demande si on n’assiste pas à une fin programmée. Le monde entier regarde et compatit et pendant ce temps, Israël continue à grignoter le terrain.

... Bonne nuit quand même.


Vendredi 30/Samedi 31 octobre

Bon, par quoi commencer ? Que d’impressions accumulées, souvent négatives ...

Vendredi 30, j’ai d’abord téléphoné à Mme G. au consulat de France. Je l’ai enfin eue après 2 essais (et 4 hier) : je lui ai parlé de Gaza et sa réponse a été on ne peut plus claire : « Oubliez cela tout de suite, personne ne rentre et personne ne sort : j’ai eu beaucoup de mal à faire rentrer Ziad chez lui. Ce sera peut-être possible dans un mois, mais pas en ce moment... » Bon, voilà, je sais à quoi m’en tenir maintenant.

Puis Nina m’a emmenée à Bethlehem chez un collègue palestinien, Qusay (prononcez : cou-sa-i) professeur d’allemand chez qui je suis restée les 2 jours. Arrivée vers 11h30, Nina repart, nous allons chez lui boire un verre. Il a 30/35 ans, est marié avec Lali et a un bébé de 4 mois. Sa femme est en jeans et tee-shirt manches longues, petite brunette bien souriante. Ils vivent dans une vieille maison rénovée qui lui vient de sa famille. Une maison toute en voûtes, fenêtres en ogives, des fauteuils partout, vue sur tout le sud de la ville, superbe.

Puis Qusay me propose d’aller faire un tour dans un camp de réfugiés, chez le frère de Lali. Le camp s’appelle Do Aicha, il est peuplé de 7 000 personnes environ, ce sont des petites maisons auxquelles on a rajouté des étages. C’est très serré et le chemin n’est pas toujours goudronné. Au départ, il y a 60 ans, c’était des tentes puis, petit à petit, ils ont construit en dur. Ils restent là car sinon, ils perdraient leur statut de réfugiés et avec cela leur droit au retour. Mais Qusay lui-même ne croit pas en leur retour dans ce qui est maintenant Israël. Puis on a vu les fosses ou cuves (pool) de Salomon qui recueillaient l’eau venant de Hébron, allant à Jérusalem. Et là, on a pris une sage décision : rentrer à la maison en taxi car on était trempés comme des soupes ! Et oui, il pleuvait depuis qu’on avait fait 100 mètres ! Il était 14h, on a déjeuné, Lali cuisine très bien, dixit son mari, elle avait préparé le plat typiquement palestinien, du poulet au riz, avec des épices, vraiment très bon. Puis sieste et télé. Nous ne sommes ressortis qu’à la nuit vers 18h30, Bethléem by night quand les touristes sont partis. Les touristes de toutes façons ne voient rien de Bethléem : ils descendent du car, vont visiter l’église de la Nativité, font la queue à l’intérieur pour toucher l’étoile sensée figurer l’endroit où Jésus est né, ils remontent dans leur car et regagnent Israël, car les tour-opérateurs sont toujours israéliens.

Ici à Bethléem, la vie est simple pour un Palestinien : sans check-point, il peut faire 5 km dans un sens et 3 ou 2 dans l’autre. Il lui est absolument interdit d’aller à Jérusalem, à 8 km de là. Il voit sa terre grignotée petit à petit. Près des cuves de Salomon, le dernier petit bosquet vient d’être confisqué et ils s’attendent à voir fleurir une nouvelle colonie juive sous leur nez, avec ce qui va avec : route privée et no man’s land sécurisé. Où qu’il regarde, il voit le mur ou une colonie. Qusay raconte avec humour (noir) : « En Allemagne, je m’ennuie, personne ne m’arrête pour me demander où je vais, pourquoi j’y vais... » Mais aussi, il n’arrête pas de dire : « Ce n’est pas juste, c’est une injustice. » C’est vrai : tout n’est qu’injustice ici.


Samedi 31 octobre

Lever comme presque tous les jours à 6h30 (quelles vacances) pour aller à l’école ou plutôt aux écoles de Qusay car ce doit être le sort des profs d’allemand du monde entier d’enseigner dans plusieurs écoles. On va à pied dans la 1ère, il fait beau, ciel bleu ou presque, même pas frisquet. L’école commence à 8h mais il faut y être au moins à 8h moins 25. Il se passe des tas de choses : une femme parle dans un micro, les 350 élèves sont devant elle, rangées par classe, 2 par 2, sages ou presque. Puis, il y a quelques mouvements de gymnastique (j’ai filmé) : mains devant, en haut, on frappe des mains et on recommence, on sautille... Puis 2 élèves apportent le drapeau et tout le monde entonne l’hymne national. Je dirai plutôt hurle l’hymne national. Moi, cela me serre le cœur de les voir croire si fort en la Palestine.

Puis les cours commencent. Ils durent 40 minutes. Ici, il y a une jeune allemande, donc elle et Qusay prennent la moitié de chaque classe, ce qui fait des groupes de 15 à 18 élèves quand même. Et c’est bien agréable de voir chez les élèves cet enthousiasme, cette attention, cette écoute, cette volonté d’apprendre, de bien répondre tout en étant complètement décontractées, souvent debout à coté de la chaise.

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Elèves attentives

Dans cette école. Il n’y a que les classes 4, 5 et 6 (compter 1 pour le CP, classe 2 = CE1 etc.).

A 11h, nous avons changé d’école (c’est aussi une école de filles) pour aller dans celle à qui nous payons Internet. Pour y aller Qusay prend un taxi, c’est toujours le même qui connaît ses horaires et vient le chercher. Dans cette école, ils ont classe 7, 8, 9 et 10. Le bac se fait ailleurs, classe 12, comme chez nous. La directrice nous attendaient pour une petite collation : du pain, des olives et des falafels (boulettes frites de purée de pois chiche), une tasse de thé. Puis je suis présentée salle des profs. Ensuite, la directrice m’offre dans son bureau un cadeau : une enveloppe de coussin et un porte-monnaie brodé typiquement palestinien.

Dans le 2ème cours, les élèves écrivaient un poème pour répondre à un concours du CCFA, (centre culturel franco-allemand de Ramallah, très actif). Je ne connais pas la consigne exacte mais c’était sur le mur et tous les poèmes avaient : « à cause du mur, je... malgré le mur, je... » et elles mettaient leurs idées. Les poèmes étaient en allemand et c’était assez poignant : « malgré le mur je danse et je chante, je nage... à cause du mur, je ne peux pas aller voir ma tante Zia à Jérusalem, je ne peux pas aller prier à la mosquée Al-Aqsa, je ne peux pas aller voir la mer... ».

A 13h45 : fin des cours. Le taxi arrive et nous allons à la gare routière pour prendre un mini bus pour Ramallah où Qusay donne des cours au CCFA. Plein de minibus, tous ont 7 passagers, donc en 10 minutes il est plein. Le taxi est palestinien et ne doit prendre que des routes autorisées aux Palestiniens. Donc énorme détour autour de Jérusalem, à vol d’oiseau il y a 25 km et nous mettons 1h20 par la montagne. Ce sont de toutes petites routes, avec parfois une pente si raide que certainement c’est interdit en France. Il y a 2 check-points sur le trajet, mais les soldats nous laissent passer aujourd’hui sans problème. Il y a aussi un stop avec un bouchon : notre route croise un route qui va à une colonie, et cette route, entièrement vide, a priorité et le Palestinien doit s’arrêter. Colère de Qusay.

Nous arrivons à temps au CCFA, puis je rentre à pied chez Nina, mon sens de l’orientation ayant fonctionné cette fois.


Dimanche 1er novembre

Petit déjeuner et Zora, la jeune Palestinienne qui fait cours avec Nina, arrive pour préparer les cours de la semaine. J’en ai appris un peu plus sur elle. Je m’étonnais de son allemand parfait, volubile (qui me faisait rougir du mien !), j’ai l’explication : ses grands-parents sont partis en 1960 en Allemagne, son père avait 17 ans. Il s’est marié à 35 ans avec une Palestinienne et Zora est née en Allemagne (1983), à Munich où elle a vécu 24 ans. Elle a un passeport allemand et un palestinien par son mariage. Elle est parfaitement bilingue. En 1968, les grands-parents sont revenus en Jordanie. Pendant 30 ans son père (il vit maintenant en Jordanie) n’a pas pu venir en Palestine, puis il a eu une autorisation pour les vacances : 3 semaines. Et cela fait maintenant 14 ans qu’il n’est pas revenu : il essaie mais depuis 7 ou 8 ans, les Israéliens ne donnent plus d’autorisation de séjour aux Palestiniens qui veulent venir voir leur famille ou passer des vacances ici. Qui va à la chasse... Quand on raconte à Zora ce qu’on a vu dans le désert : le préau avec les Israéliens et le drapeau israélien, elle dit : « Pour moi, c’est clair, là où flotte un drapeau israélien, cela veut dire, interdit aux Palestiniens. »

2 oublis qui me reviennent.

Samedi sur la route entre Bethlehem et Ramallah, nous avons traversé Abu Dis, ville palestinienne coincée entre Jérusalem (avec le mur, vu que les Palestiniens ne peuvent pas aller à Jérusalem) et la colonie israélienne de Ma’ale Adummim : or les Israéliens veulent réunir Ma’ale Adummim et Jérusalem, donc les jours d’Abu Dis sont comptés : mais si cela se réalise, cela ne se fera pas sans morts...

Autre problème ici : les poubelles. Nous devons sans arrêt fermer les fenêtres de l’appartement car cela sent mauvais. Les gens amassent leurs ordures sur un terrain vague ou un container en métal, puis y mettent le feu. Imaginez les gaz qui se dégagent... car ils brûlent tout : plastiques, cartons, caoutchouc, épluchures... mais ils ont les plans et l’argent pour faire mieux, mais Israël ne délivre aucun permis de construire pour cela... Pareil pour les eaux usées. Petit à petit, les Palestiniens vont soit étouffer soit sortir du pays et ne plus avoir le droit de revenir. Ils peuvent aussi être tués sans sommation chez eux. Qusay est resté une fois plusieurs jours coincé chez lui (c’est Nina qui m’a raconté), avec seulement 2h une fois pour aller se ravitailler. Lui et sa femme n’osaient même pas aller aux toilettes, ou seulement en rampant car les Israéliens tiraient sut tout ce qu’ils voyaient. Un nombre impressionnant de gens meurent ainsi, chez eux, abattus comme des lapins quand ils passent devant une fenêtre. Il ne faut surtout pas se mettre à la fenêtre avec un drapeau blanc !

Dimanche après-midi.

Visite culturo-religieuse : le Mont des Oliviers, puis descente à pied vers la vieille ville, halte au jardin de Gethsémani où il y a des oliviers si vieux qu’ils ont peut être vu Jésus-Christ. Puis on va sur la colline de Zion avec le roi David... Mais je ne connais pas assez la Bible pour tout reconnaître. On fait aussi un tour dans le grand cinéma de Jérusalem (coté Israël) et je vois qu’il projette le film israélien Eyes wide open qui traite de l’homosexualité masculine en Israël.

A suivre

Témoignage de Jocelyne, AFPS