mercredi 19 août 2009

Congrès de Béthléem : la seconde mort du Fatah

publié le mardi 18 août 2009

Julien Salingue
« La crise consiste précisément dans le fait que l’ancien meurt et que le nouveau ne peut pas encore naître ; durant cet entredeux, une grande variété de symptômes morbides se font jour » [1]

« Sang neuf », « Renouvellement d’ampleur », « Caciques évincés », « Direction sortante battue », « Victoire de la jeune garde »… La presse semble unanime pour commenter les résultats des élections internes du Fatah à l’occasion de son 6ème Congrès, reprenant à son compte une division « jeune garde/vieille garde » popularisée depuis plusieurs années par nombre de commentateurs, au premier rang desquels Khalil Shikaki [2]. L’emballement médiatique autour de cette opposition commode mais pourtant largement erronée appelle un certain nombre de réflexions : c’est ce que je tenterai de faire ici, même si en l’état actuel des choses je ne peux prétendre à produire une analyse réellement exhaustive du 6ème Congrès du Fatah.

Un « rajeunissement » très relatif

Un premier constat s’impose : parler du rajeunissement de la direction d’une organisation qui n’a pas tenu de congrès depuis 20 ans est au mieux une tautologie, au pire une banalité. Est-il besoin de rappeler ici que les membres du Comité Central (CC) sortant présentaient la respectable moyenne d’âge de 69 ans ? Est-il besoin de rappeler ici les décès, au cours des dernières années, de deux des membres les plus éminents du CC, Yasser Arafat et Fayçal al-Husseini ?

Qui plus est le rajeunissement n’est que très relatif : la survalorisation de l’arrivée de Marwan Barghouthi (50 ans) ou de Mohammad Dahlan (48 ans) est un prisme déformant. La moyenne d’âge du nouveau CC, dans lequel on retrouve Mohammad Ghneim (72 ans), Salim Za’noun (76 ans) ou encore Nabil Shaath (71 ans), se situe, selon les informations que j’ai pu réunir, entre 61 et 62 ans. Soit 12 ou 13 ans de plus que la moyenne d’âge du CC sortant lors de son élection en 1989. On le voit donc, en termes arithmétiques, le rajeunissement n’est que très relatif. On ne parlera pas ici de la féminisation, souvent révélatrice du renouvellement : il n’y a plus aucune femme au CC.

Dans l’organigramme du Fatah, si le CC est l’exécutif et, dans les faits, le lieu où se prennent les décisions importantes, il existe un organe de décision large, le Conseil Révolutionnaire (CR), également réélu à l’occasion du 6ème Congrès. À l’heure où j’écris, les résultats proclamés ne sont que très partiels. On pourra néanmoins noter ici que sur les 19 élus au nouveau CC, 15 étaient membres du CR sortant et sont donc loin d’être des novices dans les instances du Fatah, aussi faible soit le poids du CR.

La thèse de la « jeune garde »

Une deuxième question émerge rapidement : existe-t-il une quelconque homogénéité politique au sein du groupe appelé « jeune garde » ? Existe-t-il même un groupe ?

Au cours des années 2000, plusieurs analystes, dont Khalil Shikaki, ont défendu la thèse selon laquelle deux groupes coexisteraient de manière conflictuelle au sein du Fatah : une « jeune garde », composée de quarantenaires nés à l’intérieur des territoires occupés, cadres de la première Intifada, implantés localement, en lutte contre une « vieille garde » corrompue et despotique, composée de retournees cinquantenaires ou soixantenaires, revenus à Gaza et en Cisjordanie après les Accords d’Oslo, monopolisant le pouvoir et les ressources financières.

Le soulèvement de septembre 2000 a été analysé à la lumière de cette thèse : « La vérité est que l’Intifada qui a commencé en septembre 2000 a été la réponse d’une « jeune garde » au sein du mouvement national palestinien, non seulement à la visite de Sharon [sur l’esplanade des Mosquées] et aux impasses du processus de paix, mais aussi à l’échec de la « vieille garde » de l’OLP (…). La jeune garde a eu recours à la violence pour forcer Israël à se retirer unilatéralement de la Cisjordanie et de Gaza (…) et, dans le même temps, pour affaiblir la vieille garde et, à terme, la supplanter » [3]

Cet article n’est pas le lieu pour revenir sur cette interprétation très contestable des dynamiques du soulèvement de septembre 2000 [4] L’essentiel est ici l’idée selon laquelle il existerait un groupe relativement homogène, la « jeune garde » du Fatah, avec des visées et une stratégie communes : thèse que l’on retrouve dans nombre d’articles publiés à l’occasion du Congrès du Fatah. Thèse qui, comme on va le voir, ne résiste pas à l’analyse.

Dahlan, Rajoub, Barghouti : 3 hommes, un groupe ?

Mohammad Dahlan Trois noms reviennent régulièrement lorsque la « jeune garde » est évoquée : Jibril Rajoub, Mohammad Dahlan et Marwan Barghouti. Un examen un tant soit peu attentif du parcours de ces trois cadres du Fatah fait voler en éclats (au moins) trois des fondements de la thèse de la « jeune garde » : a) l’exclusion de ces cadres des structures de pouvoir mise en place avec Oslo, b) leur hypothétique volonté d’en finir avec les pratiques anti-démocratiques et la corruption, c) une vision politique commune.

a) Rajoub et Dahlan, jeunes militants du Fatah dans les territoires occupés durant les années 70 (Rajoub) et 80 (Dahlan), ont très tôt rejoint l’appareil de l’OLP à Tunis, après avoir été bannis des territoires dès 1988. Tous deux ont alors été rapidement associés au commandement des forces de sécurité de l’OLP. Ils sont revenus en 1994, à l’occasion de la mise en place de l’Autorité Palestinienne (AP), et ont été nommés responsables d’un des principaux organes sécuritaires de l’AP : la Sécurité Préventive. Dahlan l’a dirigée à Gaza, Rajoub en Cisjordanie. Lorsque l’on connaît le rôle central des services de sécurité dans l’appareil de l’AP, l’exclusion de Dahlan et de Rajoub n’est que très relative.

Si Rajoub, devenu en 2003 Conseiller à la Sécurité de Yasser Arafat, n’est pas un proche d’Abu Mazen (qui lui a offert par la suite le poste de… Président de la Fédération Palestinienne de Football !), le moins que l’on puisse dire est qu’il n’a jamais été très éloigné des structures de pouvoir. Quant à Dahlan, s’il n’exerce plus officiellement de poste dans l’organigramme de l’AP depuis son putsch manqué contre le Hamas en juin 2007 [5], il est de notoriété publique dans les territoires palestiniens et dans le Fatah qu’il est l’un des plus proches conseiller du Président de l’AP Mahmoud Abbas (Abu Mazen).

b) On peut également s’interroger quant au supposé positionnement anti-corruption et pro-démocratisation de Dahlan et Rajoub. La plupart des travaux sur les Services de sécurité palestiniens indiquent en effet que, loin d’avoir freiné la corruption, ils ont participé de sa généralisation : « Partenaire privilégié des services de sécurité israéliens, la Sécurité Préventive joue un rôle central dans la constitution d’une rente commerciale qui permet d’alimenter les réseaux de pouvoir de Yasser Arafat » [6] . La possibilité de négocier, avec Israël, des permis et autorisations pour la circulation des marchandises au sein des territoires palestiniens et entre les zones autonomes est rapidement devenue l’apanage des services de sécurité, ce qui a généré un vaste réseau de corruption et de clientélisme, dans lesquels Dahlan et Rajoub ont été largement impliqués.

C’est ainsi, par exemple, que la Sécurité Préventive de Rajoub a été chargée par la direction de l’AP de faire respecter son monopole auto-attribué sur les importations d’essence (source considérable de revenus servant à alimenter les réseaux de clientèle), car certaines stations-service palestiniennes continuaient d’importer de l’essence en contournant le monopole établi. Les hommes de Rajoub ont ainsi bloqué les camions transportant l’essence devenue illégale et averti l’ensemble des propriétaires de stations-service que plus une goutte d’essence ne parviendrait dans leurs stations s’ils ne respectaient pas les nouvelles règles. Au-delà, « après que l’Autorité palestinienne a consolidé son pouvoir dans les territoires, Rajoub s’est saisi de la situation et a annoncé que dorénavant les propriétaires de stations-service devraient payer une taxe additionnelle à un taux basé sur leurs ventes quotidiennes » [7]. De la sorte, Rajoub a établi une source indépendante de revenu pour ses services et pour son propre réseau de clientèle.

Mohammad Dahlan a lui aussi mis en place un vaste système de clientélisme dans la Bande de Gaza. Il s’est ainsi construit un véritable fief électoral dans la zone de Khan Younes (il a été réélu député en 2006). Après son départ précipité de Gaza en 2007, il a réussi à étendre son réseau de loyautés à plusieurs villes de Cisjordanie. C’est ainsi, par exemple, que lors d’un entretien, un responsable de la Sécurité Préventive à Jénine m’a déclaré : « (même si) Dahlan n’est plus à la tête de la Sécurité Préventive, (…) si jamais demain il me demande de faire quelque chose, je le ferai » [8]

Les préoccupations démocratiques de Rajoub et Dahlan sont elles aussi très relatives. Lors des élections primaires du Fatah organisées en vue du scrutin législatif de janvier 2006, des hommes armés proches de Rajoub (candidat aux primaires) ont « protégé » certains bureaux de vote du district d’Hébron, dissuadant nombre de membres du Fatah de « mal voter ». La forte implication de Mohammad Dahlan dans la tentative de renversement armé du Hamas [9] , pourtant démocratiquement élu, indique qu’il a, comme Rajoub (et nombre d’autres cadres du Fatah), une conception singulière de la démocratie [10].

c) Le dernier point problématique est celui de l’hypothétique homogénéité politique de la « jeune garde ». Et là encore, le moins que l’on puisse dire est que l’hypothèse ne résiste pas à l’analyse, que l’on s’intéresse aux relations entretenues entre les trois hommes ou à leurs positions politiques.

La rivalité, voire la haine, entre Dahlan et Rajoub, est quasiment proverbiale dans les territoires palestiniens. Elle a de plus été soigneusement entretenue, durant les première années de l’autonomie, par un Yasser Arafat passé maître dans l’art du divide and rule : « Yasser Arafat saisit l’occasion de distribuer des postes de direction à ses fidèles et de s’assurer de leur loyauté. En répartissant l’exercice de la force entre les mains de plusieurs responsables, il évite de confier trop de pouvoir à un seul homme » [11]. Dahlan et Rajoub ont, chacun de leur côté, longtemps espéré être le successeur de Yasser Arafat, qui ne s’est pas privé d’entretenir le doute à ce sujet.

Cette rivalité a connu un nouveau développement en 2003 lorsque Mohammad Dahlan, mis en disgrâce par Arafat après des déclarations très critiques à l’encontre du vieux leader, a été nommé Ministre de la Sécurité Intérieure par un Abu Mazen alors Premier Ministre et en conflit avec le Président de l’AP. Arafat a alors nommé Rajoub « Conseiller National à la Sécurité », dans le but de contrer l’influence de Dahlan, voire de le neutraliser.

Si l’on dépasse les querelles personnelles, on se rend compte que les positions politiques de Rajoub et de Dahlan sont relativement proches : adhésion au processus d’Oslo, volonté (qui s’est vérifiée sur le terrain) d’une coopération avec les Israéliens, notamment dans les domaines sécuritaires et économiques, rejet manifeste de la lutte armée… Ce en quoi ils diffèrent largement des prises de position du « troisième homme », Marwan Barghouti : ce dernier, s’il prône le dialogue avec Israël, demeure un partisan de la négociation sous la pression de la résistance, y compris armée, et a exprimé à plusieurs reprises des critiques du Processus d’Oslo et de la construction de l’AP. Même si d’aucuns pourront affirmer que ces prises de position sont essentiellement tactiques, il n’en demeure pas moins que Dahlan/Rajoub et Marwan Barghouti incarnent deux orientations significativement différentes.

Sur une autre question-clé, les rapports au Hamas, il est de nouveau difficile de trouver une quelconque communauté de vue entre les trois hommes. Dahlan a fait montre d’une hostilité sans équivalent vis-à-vis de l’organisation islamique ; Rajoub (dont un frère est l’un des députés Hamas du district d’Hébron) fait preuve de davantage de nuance ; Barghouti, quant à lui, co-signataire en mai-juin 2006 du document des prisonniers appelant à la réconciliation nationale [12], est partisan d’un dialogue avec le mouvement d’Ismaïl Hanyhah, même s’il a adopté des positions très critiques lors des événements de juin 2007.

En termes politiques, la prétendue « jeune garde » présente donc un large spectre d’orientations qui, loin de constituer une quelconque plate-forme commune, s’avèrent contradictoires. Le rapprochement entre Barghouti et Dahlan avant les élections législatives de 2006 [13] n’était pas le fruit d’un accord politique quelconque mais l’un des avatars de la bataille rangée au sein du Fatah consécutive à la mort d’Arafat, qui avait conduit à des alliances conjoncturelles et à des rapprochements contre-nature, à visée essentiellement interne et tactique. Le supposé pacte Dahlan-Barghouti a d’ailleurs fait long feu.

On peut dès lors contester l’idée même de l’existence d’une « jeune garde ». Impossible d’établir une quelconque exclusion des postes à responsabilité de l’AP. Si Barghouti a longtemps été mis à l’écart par Arafat, ce n’est pas le cas de Dahlan et Rajoub. Impossible, également, de définir ce prétendu groupe en l’opposant aux pratiques clientélistes et autoritaires de la direction historique de l’OLP. Au contraire, des individus comme Dahlan et Rajoub en ont été, et en sont encore, partie prenante. Impossible, enfin, de trouver un quelconque programme politique commun fédérant des individus aux positions très diverses. Impossible, dès lors, de dégager la pertinence de l’opposition jeune garde/vieille garde.

Qui a gagné ?

S’il n’y a pas de triomphe de la prétendue jeune garde, quels enseignements tirer du 6ème Congrès du Fatah ? Il est encore trop tôt pour formuler l’ensemble des conclusions relatives à la réunion de Béthléem ou pour produire une analyse exhaustive des dynamiques qui s’y sont exprimées. On peut néanmoins dresser quelques bilans et formuler un certain nombre d’hypothèses.

Une question, simpliste mais nécessaire, s’impose : qui a gagné ?

Pour nombre de commentateurs, le « grand vainqueur » du Congrès est Mahmoud Abbas, réélu triomphalement à la tête du CC sans opposition déclarée. On pourra noter ici que certains ne sont pas à une contradiction près, qui soulignent dans le même temps la victoire de la pseudo-« jeune garde » et le succès d’Abu Mazen, 74 ans, membre fondateur du Fatah en 1959, à la tête de son CC, Secrétaire Général de l’OLP, responsable des négociations d’Oslo (c’est lui qui a signé la Déclaration de Principes en 1993), ancien Premier Ministre et actuel Président de l’Autorité Palestinienne. La notion de « vieille garde » est donc elle aussi à géométrie variable…

Affirmer qu’Abu Mazen est le grand vainqueur du Congrès du Fatah n’est cependant pas une contre-vérité. Il a en effet réussi à franchir le principal obstacle auquel il risquait de se heurter avec l’organisation de cette Convention : des critiques trop virulentes de la politique conduite par l’AP depuis sa création il y a quinze ans, qui auraient pu conduire à une remise en cause de sa légitimité personnelle pour diriger le Fatah. Le moins que l’on puisse dire est que, si des voix discordantes se sont exprimées, elles ont été pour l’essentiel contenues. Et ce pour principalement deux raisons : a) les modalités d’organisation du Congrès ; b) la fragmentation du Fatah.

a) En choisissant d’organiser le Congrès à Béthléem, Mahmoud Abbas et ses proches ont neutralisé une bonne partie des opposants « de l’extérieur » : nombre de militants et cadres critiques, résidant à l’extérieur de la Cisjordanie, ont tout simplement refusé de se rendre au Congrès, affirmant que la tenue du congrès d’un Mouvement de libération nationale dans un territoire sous occupation et donc, avec l’autorisation et sous contrôle de la puissance occupante, était un non-sens. Certains, qui avaient décidé de ne pas boycotter, n’ont pas reçu le permis d’entrée des autorités israéliennes.

Trois jours avant le début du Congrès, Azzam al-Ahmad, à la tête du Groupe Fatah au Conseil Législatif Palestinien, annonçait que le nombre de délégués avait été relevé de 1252 à… 2265 ! Soit un quasi-doublement, à la totale discrétion d’Abu Mazen et de certains membres du Comité d’organisation. En augmentant arbitrairement le nombre de délégués, désignés dans des conditions plus qu’opaques, l’équipe d’organisation de la Convention a non seulement « noyé » les opposants de l’intérieur, mais s’est aussi offert les loyautés de certains éléments critiques, leur offrant la possibilité de gonfler artificiellement le nombre de leurs partisans à la Convention et donc de prétendre à une place dans les instances de direction du mouvement.

En décidant de se faire élire en public, par acclamation, à main levée, et avant même les votes pour l’élection du CC et du Conseil Révolutionnaire (procédés qui favorise les réflexes légitimistes et dissuade les opposants de s’exprimer [14]), Abbas, tout en contournant les statuts du Fatah et en évitant de se mesurer aux autres candidats au CC (rien ne semble indiquer, bien au contraire, qu’il est celui qui aurait obtenu le plus de voix…), a parachevé son succès : la presse a relevé son élection « à l’unanimité » alors que tous les observateurs indépendants présents sur place ont refusé d’employer ce terme, tant la manœuvre était grossière. Le procédé est d’ailleurs aujourd’hui contesté à l’intérieur même du Fatah [15], entre autres par le Secrétaire Général sortant, Farouq Qaddoumi, qui affirme que « ce mode d’élection est une forme de coercition indirecte pour influencer la volonté de l’électorat et pour donner au dirigeant le pouvoir absolu de bannir ses opposants » [16].

b) Mais au-delà des manœuvres administratives, c’est l’état de décomposition avancée du Fatah qui explique la victoire d’Abu Mazen. Intérieur/extérieur, Gaza/Cisjordanie, Zones autonomes de Jénine/de Naplouse/de Béthléem/etc… : depuis les Accords d’Oslo le Fatah s’est progressivement transformé en conglomérat de fractions locales, dans lequel les groupes d’affinités ne se sont plus structurés en termes de clivages politiques mais autour des localismes et des réseaux individuels de loyautés.

Cette décomposition s’explique tant par la poursuite de l’occupation israélienne (fragmentation des Zones autonomes) que par la politique du noyau dirigeant de l’AP [17] : en favorisant l’émergence de potentats locaux, la direction de l’AP s’est assuré le monopole sur les instances « nationales » et a tenté d’asseoir sa légitimité en multipliant les réseaux dépendants de leur proximité avec le pouvoir central. Cette politique a montré ses limites lors des élections législatives de 2006, au cours desquelles les potentats locaux et nationaux ont été balayés par le vote populaire. Lors des primaires (internes) qui ont précédé ces mêmes élections, le Fatah a littéralement implosé en raison des candidatures multiples et des affrontements personnels entre notabilités locales [18].

C’est ce Fatah fragmenté par le népotisme, de moins en moins enclin aux débats internes quant aux questions politiques nationales, qui a tenu récemment son premier Congrès en 20 ans. On ne peut dès lors être que peu surpris de constater que la Convention n’ait pas été polarisée par les débats politiques mais par les querelles de personnes, les questions de procédures, les alliances tactiques et, au final, l’élection d’un CC qui n’est en aucun cas un organe de direction collective porteur d’une orientation politique mais essentiellement une juxtaposition d’individus portés par leurs réseaux personnels.

Et ce ne sont certainement pas les textes d’orientation adoptés lors du Congrès, qui, dans la tradition de l’OLP, prônent simultanément « la lutte jusqu’à l’élimination de l’entité sioniste » et la nécessité d’une solution négociée avec les autorités israéliennes, qui peuvent servir de mandat à la nouvelle direction. Au contraire, les contradictions inhérentes à ces textes leur confèrent une valeur proche de zéro.

Le mode d’élection du CC (vote sur des personnes, non sur des programmes) a largement participé de cette dépolitisation. Si l’on y ajoute le gonflement artificiel du nombre de délégués, qui a renforcé le fonctionnement en réseaux, on comprend d’autant mieux pourquoi aucune opposition politique structurée n’a émergé lors du Congrès.

Fatah : renaissance ou seconde mort ?

Ainsi cohabitent, au sein du CC, des figures historiques de l’OLP (Mohammad Ghneim, Salim Za’noun…), des fonctionnaires de l’AP sans passé militant (Saeb Erekat…), des ex-responsables des Services de Sécurité (Jibril Rajoub, Mohammad Dahlan, Tawfiq al-Tirawi…) ou des cadres du Fatah relativement populaires et identifiés comme critiques de la politique d’Abu Mazen (Marwan Barghouti, Mahmoud al-Aloul…). Mais au-delà de cette juxtaposition de légitimités, qui ne va pas manquer de se traduire en conflits dans les semaines et mois qui viennent, se dégagent un certain nombre de tendances qui permettent de porter une appréciation politique sur les résultats du Congrès de Béthléem.

Le 6ème Congrès du Fatah est-il, comme le prétendent nombre de nouveaux élus et de commentateurs, celui de la rupture et de la renaissance ?

Tout indique que l’on ne peut répondre à cette question que par la négative. Si rupture il y a eu, elle date de plus d’une quinzaine d’années, lorsqu’une fraction de la direction historique de l’OLP, et donc du Fatah, s’est résolue à signer un accord qui, loin de répondre aux revendications nationales des Palestiniens, ne leur offrait qu’un semblant d’autonomie qui s’est avéré, à l’épreuve des faits, n’être que la poursuite de l’occupation par d’autres moyens. Les Accords d’Oslo et la constitution de l’AP ont été une rupture majeure, réduisant la question palestinienne à celle des Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza et fixant comme principales tâches au Fatah la construction d’un appareil d’Etat sans Etat et la coopération, parfois à marche forcée, avec Israël, afin d’obtenir davantage dans le cadre du processus négocié, au détriment de la lutte quotidienne contre l’occupation et pour le retour des réfugiés.

Ce sont ces dynamiques qui ont été enregistrées lors du Congrès du Fatah, qui a davantage joué un rôle de révélateur que donné le signal d’un nouveau départ. Les militants du Fatah, acteurs de la lutte de libération, sont très minoritaires au sein de la nouvelle direction. La majorité du CC se compose en réalité de purs produits des « années Oslo » et de l’appareil de l’AP, quand bien même ils auraient un passé militant : Ministres, anciens Ministres, anciens Conseillers d’Arafat, Conseillers d’Abu Mazen, ex-responsables des forces de sécurité, « négociateurs », hauts fonctionnaires… Tout le panel du « personnel politique d’Oslo » est là.

Qui plus est, la forte présence de représentants du secteur économique et du secteur sécuritaire est à l’image de la politique de l’AP depuis sa prise en main par le duo Abbas-Fayyad [19] : priorité accordée au développement économique (passant par la normalisation des relations avec Israël) et développement sans précédent des politiques sécuritaires.

D’autres éléments confirment cette tendance : quasi-disparition, au CC, des représentants des Palestiniens de l’extérieur, sur lesquels l’AP n’exerce aucune juridiction (un seul élu, Sultan Abu al-Aynayn, dirigeant du Fatah au Liban) et des Palestiniens de la Bande de Gaza, que l’AP a « perdue » en juin 2007 ; non-élection (remarquée) d’Hussam Khadr, figure respectée du Fatah, connu pour ses activités militantes et ses critiques de la politique de l’AP ; « recomptage » de dernière minute qui a permis à at-Tayyib Abdul Rahim, adjoint du Président Abbas, de « gagner » 26 voix et d’être finalement élu au CC alors qu’il était au départ donné battu…

C’est en ce sens que l’on peut parler de la « deuxième mort » annoncée du Fatah : passé de mouvement de libération nationale à principal acteur de la construction d’un appareil d’Etat sous occupation, le Fatah n’est désormais même plus une organisation politique pouvant prétendre représenter de manière cohérente le peuple palestinien. Le Congrès de Béthléem a sanctionné cet état de fait, même si l’organisation compte encore en son sein nombre de militants et de cadres honnêtes et sincères : le Fatah est un conglomérat de baronnies locales et de réseaux clientélistes, quasi-mafieux, sous la coupe d’un pouvoir non-élu [20] qui n’hésite pas à fermer les bureaux d’al-Jazeera, à traquer, enfermer, voire assassiner ses opposants, quand il ne les livre pas à Israël au cours d’opérations conjointes.

Depuis la fin du Congrès se succèdent les démissions, les accusations de fraude, les déclarations de non-reconnaissance des résultats du congrès et les affrontements physiques. Les événements en cours ne sont que les plus récents symptômes de l’irréversible agonie. Mais la mort du Fatah tel qu’il s’est constitué il y a 50 ans ne signifie pas la mort du peuple palestinien et de ses aspirations, ne préjuge en aucun cas des évolutions à venir et n’empêchera pas, comme chacun s’en rendra compte assez tôt, les explosions futures.

[1] Antonio Gramsci, Selections from the Prison Notebooks, Quintin Hoare et Geoffrey Nowell Smith (eds), International Publishers, New York, 1971, p.276 (traduction J.S.)..

[2] Voir, entre autres, Khalil Shikaki, Old Guard, Young Guard : the Palestinian Authority and the Peace Process at Cross Roads (novembre 2001), sur http://www.ipcri.org/files/oldyoung..., et Palestinians divided (février 2002), sur http://www.foreignaffairs.com/artic...

[3] Shikaki, Palestinians divided, op. cit..

[4] On pourra se référer utilement à Jean-François Legrain, « Le fantôme d’Arafat », Critique Internationale n°16, janvier 2002, pp. 40-48, sur http://www.gremmo.mom.fr/legrain/cr....

[5] Voir mon article Comment les Etats-Unis ont organisé une tentative de putsch contre le Hamas sur http://juliensalingue.over-blog.com...

[6] Laetitia Bucaille, « L’économie à l’ombre des services de sécurité », dans A. Gresh, D. Billion et al., Actualités de l’Etat palestinien, Paris, Editions Complexe, 2000, p. 53.

[7] Eli Halahmi, ancien PDG de la compagnie pétrolière Pedasco, cité par Ronen Bergman et David Ratner, « The Man who Swallowed Gaza », dans Ha’aretz, supplément week-end du 4 avril 1997.

[8] A Jénine, le Hamas est sous contrôle. Entretien avec Hisham Rohr, responsable de la Sécurité Préventive à Jénine (mai 2008), sur http://juliensalingue.over-blog.com....

[9] Salingue, Comment les Etats-Unis ont organisé une tentative de putsch contre le Hamas, op. cit.

[10] Ce qui a valu à Dahlan le surnom de « Pinochet palestinien » chez certains commentateurs et analystes… Voir par exemple Joseph Massad, Pinochet in Palestine ? (novembre 2006) surhttp://weekly.ahram.org.eg/2006/819... et Tony Karon, Palestinian Pinochet Making His Move ? (mai 2007) sur http://tonykaron.com/2007/05/15/pal...

[11] Laetitia Bucaille, Générations Intifada, Paris, Hachette Littérature, 2002, pp. 65-66.

[12] Voir le texte et les signataires sur http://www.france-palestine.org/art...

[13] Ils avaient alors menacé de déposer une liste concurrente à la liste officielle du Fatah.

[14] Voir entre autres Robert Michels, Les partis politiques, essai sur le tendances oligarchiques des démocraties, Flammarion, Collection « Champs », Paris, 1971 (Première édition française : 1914), notamment le chapitre « La stabilité des chefs ».

[15] Voir par exemple Angry Fatah members to deliver rejection memo to Abbas over elections surhttp://maannews.net/eng/ViewDetails...

[16] Qaddoumi rejects Fatah elections sur http://www.maannews.net/eng/ViewDet...

[17] Voir notamment Jean-François Legrain, « Autonomie palestinienne : la politique des néo-notables », dans Revue du Monde Musulmanet de la Méditerranée (REMMM), 81-82, 1996, pp. 153-206, sur http://www.gremmo.mom.fr/legrain/ne...

[18] C’est ainsi que dans le district d’Hébron plus de 100 candidats se sont présentés lors des primaires du Fatah (pour 9 places)… Certains des battus se sont néanmoins portés candidats aux élections législatives, divisant encore un peu plus le « socle électoral » du Fatah…

[19] Voir mon article L’échec programmé du plan « Silence contre Nourriture » : où va le gouvernement de Salam Fayyad ? (juin 2008) sur http://juliensalingue.over-blog.com...

[20] Le mandat présidentiel d’Abu Mazen a pris fin le 9 janvier dernier, tandis que le Premier Ministre Salam Fayyad n’a obtenu que 2.4 des voix lors des législatives de 2006…

Quand Netanyahou fait un bras d’honneur à Sarkozy

publié le mardi 18 août 2009

Pierre Barbancey
Le président français, qui avait demandé, en catimini, une « mesure de clémence » envers Salah Hamouri, essuie un arrogant refus du premier ministre.

Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a répondu avec mépris à la France : il a rejeté, jeudi, la demande de Nicolas Sarkozy de libérer notre compatriote Salah Hamouri. Un rejet motivé comme suit : « Le premier ministre a décidé de rejeter la demande de libération de ce Palestinien à la suite de la recommandation de la commission de libération du ministère de la Justice, qui a repoussé sa demande car il n’a jamais exprimé de regret. » Le conseiller juridique du gouvernement israélien, qui fait office de procureur général, Menahem Mazouz, a estimé, dans un avis, que Salah Hamouri continuait à « représenter un danger pour la sécurité du pays ».

C’est une véritable claque pour l’Élysée qui, jusqu’à présent, avait traité ce dossier sans trop de considération. Vérité à Tel-Aviv, erreur à Téhéran ? Il a fallu la pression du comité pour la libération de Salah, des articles de presse, pour que les autorités françaises commencent à s’inquiéter. Or, contrairement à d’autres cas, le Quai d’Orsay recommandait la « diplomatie silencieuse ». Comme si, en l’occurrence, il ne fallait pas gêner Tel-Aviv. Nicolas Sarkozy n’a ainsi jamais prononcé publiquement le nom de Salah Hamouri. Il n’a pas non plus reçu sa famille, laissant ce soin, il y a seulement quelques semaines, à l’un de ses conseillers. En revanche, il a reçu et même écrit aux parents de Gilad Shalit, ce soldat israélien possédant également la nationalité française, capturé dans la bande de Gaza.

Sarkozy a rencontré les parents de Florence Cassez, incarcérée au Mexique, et il est intervenu auprès de son homologue mexicain pour la libération de la jeune femme. Ces derniers jours, on a entendu le président français et son ministre des Affaires étrangères exiger la libération de Clotilde Reiss, cette universitaire française arrêtée en Iran, où elle était lectrice. La France a dénoncé une arrestation arbitraire de la part de Téhéran, des accusations « dénuées de tout fondement » et a annoncé être prête à tout mettre en oeuvre pour la libération de Clotilde. Le Figaro de samedi révèle même que « le chef de l’État gère en direct l’affaire Clotilde Reiss » [1].

Le refus de Netanyahou doit amener les autorités françaises à changer d’attitude. La France doit se faire plus pressante, mettre tout en oeuvre pour obtenir la libération de Salah Hamouri parce que les accusations portées contre lui sont « dénuées de tout fondement », sauf à penser qu’un tribunal militaire d’occupation, parce qu’il est israélien, aurait plus de valeur qu’un tribunal iranien. Sauf à penser que le « plaider-coupable » de Salah Hamouri - ce qui lui permettait d’être condamné à une peine bien inférieure à celle qu’il aurait reçue s’il niait - a valeur d’aveux. Salah pas plus que Clotilde ne peuvent être condamnés dans de telles conditions.

Dans la lettre qu’il avait fait parvenir à Netanyahou, mais jamais rendue publique comme si, là encore, on avait peur d’indisposer Israël, Nicolas Sarkozy demande une « mesure de clémence ». Ce qui laisse entendre que le président français, pourtant avocat de formation, prêterait un quelconque crédit à un tribunal militaire illégal. Le général de Gaulle était donc coupable, en son temps, jugé sous occupation de notre pays ? Netanyahou motiverait son refus par une absence de « regrets » de la part de Salah ! Mais Salah est innocent, tout comme Clotilde Reiss. Exprime-t-on des regrets pour un acte qu’on n’a pas commis ?

Ce qui est plus grave, c’est que la discrétion dont font preuve les autorités françaises s’agissant du cas de Salah Hamouri est bien l’expression d’un soutien à la politique israélienne. Paris, comme Bruxelles, serait bien inspiré de prendre enfin des mesures de nature à ramener Tel-Aviv dans le chemin du droit international, celui qui condamne l’occupation des territoires palestiniens, la destruction de maisons palestiniennes ou le blocus imposé à la population de la bande de Gaza. Soutenir la libération de Salah Hamouri, c’est rejeter l’arbitraire colonial qui fait de tout Palestinien un « terroriste » en puissance.

[1] C. Reiss a été libérée le 16 août, sous caution. 200 000 € auraient été versés par l’Etat français, ce que confirme B. Kouchner. Voir sur cette affaire le Temps

Sarkozy paie cher la libération de Clotilde Reiss

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/891...

et le NouvelObs

Affaire Reiss : les intérêts bien compris d’un rapprochement Damas-Paris

http://tempsreel.nouvelobs.com/spec...

publié par l’Humanité le 17 août

http://www.humanite.fr/2009-08-17_I...

Note : CL, Afps

Le manifestant Anderson blessé dans un «acte de guerre»

Ecrit par Leyla Jad
18/08/2009
BETHLEEM – Israël a déclaré que le manifestant désarmé américan Tristan Anderson aurait été blessé par l’armée israélienne en Cisjordanie dans «un acte de guerre».
Les autorités israéliennes cherchent ainsi d’éviter d’indemniser la famille de Anderson. Elles ont fait savoir à ses proches que les soldats auraient ouvert le feu dans «un acte de guerre» et que donc l’armée israélienne ne pourrait donc être poursuivie, ont indiqué les avocats de la victime.

«Elles (les autorités israéliennes) nous ont répondu que la situation (à l'époque) correspondait à un acte de guerre», a déclaré à l'AFP l'avocate Lea Tsemel, femme du militant israélien Michel Warshawski.

Tristan Anderson, 37 ans, avait été été grièvement blessé au front par une grenade lacrymogène le 13 mars dernier lors d'une manifestation non-violente contre la barrière de séparation érigée par Israël à Ni’lin, dans l’ouest de Ramallah (Cisjordanie).

Il est depuis hospitalisé à Tel Hashomer (Tel Aviv) et est dans le coma.

«La loi israélienne stipule que si l'Etat cause un dommage, physique au autre, lors d'un acte de guerre, il est totalement exempt de toute responsabilité», a ajouté l'avocate. Cette loi est souvent utilisée dans des cas concernant des victimes palestiniennes.

Tristan Anderson ne comportait absolument pas un risque pour les soldats israéliens lors de la manifestation. «Si Israël définit une manifestation de civils désarmés comme un acte de guerre, cela signifie clairement qu'Israël est en état de guerre avec des civils», a déclaré un autre avocat de la famille, Michael Sfard, dans une déclaration publiée par le International Solidarity Movement. (PNN)

Ces Palestiniens qui ne dorment jamais

Par Magali Audion
mardi 18 août 2009, par : Rédaction Enfants de (la) Palestine,

eux qui ne dorment jamais On parle beaucoup des manifestations de Bil"in, village palestinien empiété par la construction du Mur et harcelé par l'armée israelienne. Mais qu'en est-il de la vie quotidienne de ses habitants ? Voici le témoignage de Francais qui y sont restés une journée et une nuit.

il'in est un peu le village symbole de la résistance contre le Mur, même si ce qu'il vit est commun a beaucoup de villages palestiniens. Comme dans plusieurs autres villages, des manifs y ont lieu tous les vendredis pour s'opposer a l'avancee du Mur sous toutes ses formes. En partant pour la manifestation de Bil'in, nous ne pensions pas que le plus fort de la journée ne serait pas cette manifestation. Pourtant, les temps sont chauds a Bi'lin, la mort en avril d'un résistant du village abattu dans une des manifs pacifiques, et les arrestations nocturnes rècentes dans le village, ont fait progressivement monter la pression. Les internationaux sont appeles a la rescousse.

C'est un petit garçon, Mohammed, qui vient nous chercher à la descente du bus (nous, les membres de la mission civile 154), s'adressant a nous dans un anglais que beaucoup d'entre nous ont à lui envier. Il nous méne chez son père, Iyad, qui est notre hôte.

Il y a particulièrement beaucoup de monde dans la manif d'aujourd'hui, peut-être 400 ou 500 personnes, beaucoup d'internationaux. Des Francais notamment, puisque nous y retrouvons un groupe de Génération Palestine, très actifs. Nous rencontrons egalement Michel Warschawsky, éminent israelien anticolonialiste né en France, qui nous parle de la perte de vitesse des mouvements anti-colonialistes en Israel et, de façon générale, de la décadence politique dans le pays aujourd'hui sous gouvernement d'extrême-droite.

Nous sommes parés pour la manif : lingettes d'alcool et lunettes de piscine contre les gaz lacrymo (mais le ridicule n'est pas toujours du cote ou l'on croit), pancartes "French people against the Wall"... Cela commence par un cortège animé assez proche de nos manifs parisiennes, avec des slogans dans toutes les langues. Puis nous arrivons près du Mur, matérialisé ici par des rouleaux de fils barbelés. Les soldats sont aux aguets à quelques mètres, en haut de la colline. Prises de parole au porte-voix de Palestiniens et Israeliens anti-colonialistes, puis nous passons à la phase active : les Palestiniens coupent les fils barbelés pour ouvrir un passage. Evidemment, c'est l'acte attendu par les soldats pour commencer a répliquer vraiment. Les grenades lacrymogènes fusent, surtout sur les cotés de la manif d'ou de jeunes garçons lancent des pierres à la fronde, mais aussi par dizaines d'un coup sur nous. Mouvement de panique, mais cela ne dure pas trop longtemps. Un autre enorme tank s'approche de nous, c'est un lanceur d'eau puante, une nouvelle arme qui consiste à souiller les manifestants d'une eau fétide dont l'odeur persiste plusieurs jours parait-il. Les médias sont aux premières loges, blindés de gilet rembourrés et de masques à gaz. Finalement cela dure à peine plus d'une heure et nous sommes relativement épargnés, parce que beaucoup d'étrangers.

En revenant au centre du village, nous croisons le petit Mohammed inquiet qui cherche son père. Quand il le voit arriver il nous dit avec un grand sourire en le pointant du doigt "C'est mon père, c'est mon père !". Iyad lui caresse la tête et prend tendrement sa petite fille dans ses bras (5 ans environ, habillée comme une poupée). Tous savent que la vie de chacun, et particulièrement d'Iyad, est en danger à tout moment. L'épée de Damoclés qui les menace est terrible, et ça se sent dans le lien fort que les gens ont entre eux.

Le repas qui nous est fait à la maison est délicieux, nous remercierons nos hôtes en achetant de ces productions artisanales que la femme vend, seul revenu de la maison dans ce contexte de guerre.

Avant la tombée de la nuit, deux enfants nous emmènent nous promener dans le village. Une petite balade à la fraiche qui démarre tres agréablement. Mais rien n'est jamais normal ici. Les enfants jouent à la guerre avec des armes en plastique, même cette petite fille habillée en robe de princesse rose. Nous passons devant le cimetière et la tombe de leur martyr Bassem, dont nous voyons des images partout dans le village (les Palestiniens publient des affiches pour faire honneur a leurs résistants). En sortant du village, nous entendons dans les maisons la musique d'une fête de mariage, en cueillant des fleurs et nous amusant avec les enfants. Tout cela est bien champêtre, mais dans le crépuscule sur la colline d'en face se dessinent les silhouettes des soldats, de leurs tentes, chars, et tours.

Les enfants nous préviennent que nous ne pouvons pas descendre trop la route (cette route qui se dirige vers le Mur) sinon les soldats viendront les attraper. En effet, quelques mètres plus loin, les enfants s'agitent soudain : une jeep descend vers nous (peut-être alertée par les flashs de nos appareils photo). Nous commencons a faire demi-tour et entendons un tir vers nous. Non, nous ne rêvons pas, c'est bien une grenade lacrymogène qui vient d'être tirée en notre direction, alors que nous sommes sur les terres du village a plusieurs centaines de mètres du Mur ! Les enfants nous pressent "Ya Allah ! Vite, vite, ils vont nous attraper". L'un d'eux, 10 ans environ, nous dit qu'il a déjà été pris deux fois alors qu'il allait chercher je ne sais quelle plante dans ces champs, les soldats lui ont dit que la prochaine fois ils le mettront en prison. Les enfants finissent par fuire en voyant approcher dans les buissons deux soldats qui remontent la colline. Nous sommes éberlués par leur capacité de discernement dans l'obscurité. Mais nous sommes surtout profondément choqués, ce harcelement, sur des enfants en plus, est inhumain. Ce sont leurs terres !

En repartant de jeunes gens nous interpellent d'un toit, nous montons les rejoindre et l'un d'eux nous montre la petite collection qu'il s'est faite a partir de ce qu'il recolte sur les terrains de la manifs : des balles en caoutchouc, d'autres réelles, collées sur des planches pour dessiner une colombe de la paix ou un coeur, une bombe à explosion qu'il a transformée en fleur, une planche qui garde la trace de son sang (il a été touché plusieurs dizaines de fois). Avec gravité et gentillesse, il nous laisse un petit cadeau de la Palestine en partant.

Nous finissons la soirée par une rencontre avec le Comité populaire du village de Bil'in et celui de Nilin, village voisin qui vit les mêmes situations. Ces comités sont organisés comme des associations accueillant toutes les bonnes volontés du village pour organiser la résistance. Ils nous redisent combien notre solidarité les rend plus déterminés encore, dans leur combat pacifiste. Ils nous racontent ce que nous avons déjà entendus tant de fois : les démolitions, les expulsions, les morts (dont Ahmed Moussa, 10 ans, tué par balle dans une manif), les prisonniers (qui quand ils sont relâchés pour manque d'accusation sont sommés de payer quand même les frais de leur arrestations !)... A Ni'lin ce sont 80 pour cent de leurs terres qui ont été confisquées, et autant de fermiers bafoués dans leur identité, dont certains sont devenus fous. Certains avaient prévu d'aller vivre en Jordanie pour y trouver du travail mais les autres les en ont empêché, car "c'est exactement ce que les Israeliens recherchent". Une solidarité dans le village s'est donc instaurée pour aider ces gens expropriés à survivre. Ils nous parlent aussi des chiens que les soldats lachent sur les gens, des bombes assourdissantes envoyées sur le village la nuit pour maintenir la pression. Quelques fois, l'acces a leurs terres est interdit jusqu'à 3 km avant le Mur. Même si des procès ont été gagnés pour le faire reculer, ces décisions de justice ne sont jamais appliquées pour des "raisons budgétaires".

"Nous n'avons pas de réponse à donner à nos enfants quand ils nous demandent pourquoi nous ne pouvons pas aller chez nous".

Iyad nous accueille avec chaleur malgré une fatigue immense qui se lit sur son visage, comme sur celui de sa femme. Il nous explique que les hommes du village, et en particulier ceux qui sont recherchés par l'armée israelienne comme lui, sont obligés de veiller toutes les nuits pour prévenir les incursions de soldats dans le village. La présence d'internationaux est capitale, pour les protéger. C'est la 2e action qu'ils nous confient. Marianne, activiste d'ISM présente au village depuis plusieurs semaines, nous explique en quoi cela consiste et quelle attitude nous devons adopter devant les soldats le cas échéant, ce qui arrive plusieurs fois par semaine.

Nous dormons un petit peu avant qu'Iyad nous réveille. Il nous repartit en 3 groupes, notre mission et d'autres militants internationaux. Nous marchons dans le village tous les 6 en silence. Seules quelques maisons sont éclairées. L'atmosphère est étrange, notre chef de patrouille est vigilant, rassurant et drôle tout à la fois. Il nous améne d'abord au QG pour charger la vidéo de la manif sur internet. Je fais ma petite contribution personnelle à la résistance en l'aidant à télécharger le bon logiciel. Sur le chemin du village, on regarde les alentours tout en cueillant des figues et du raisin. Bruit de coqs, un ane qui braie... Nous rentrons finalement a l'aube. Le village restera calme cette nuit-là.

2 heures plus tard, nous quittons la maison sur la pointe des pieds. La femme d'Iyad dort habillée sur le canapé, Iyad, lui, doit dormir dans une autre maison. J'ai le coeur très serré, j'aurais aimé les embrasser et leur transmettre ma solidarité profonde. Que ces heures de sommeil leur permettent de s'échapper un peu de leur enfer quotidien

"Nous croyons que ce Mur tombera un jour mais cela se fera grâce à notre combat non-violent. Il ne tombera pas si nous dormons"

mardi 18 août 2009

Juif d’accord, sioniste, non

lundi 17 août 2009 - 07h:39

Joharah Baker
Miftah


Inutile de le dire, Uri Davis n’est pas un Israélien banal. Aujourd’hui, il est proposé pour être membre de l’un des organes de direction les plus hauts du Fatah, le Conseil révolutionnaire.

(JPG)
Uri Davis

Peu de Palestiniens connaissaient le nom d’Uri Davis jusqu’à hier, quand les médias ont indiqué que le « membre juif du Fatah » avait été proposé pour siéger au Conseil révolutionnaire du mouvement. Davis, qui a été recruté pour le Fatah dans les années 80 par le dirigeant assassiné, Khalil Al Wazir, est né à Jérusalem au début des années 40 dans une famille d’immigrants juifs qui croyaient dans le rêve sioniste.

De toute évidence, Davis n’a pas fait sienne l’idéologie de ses parents, se désignant lui-même comme un « juif palestinien ». Universitaire, Davis s’est montré un fervent partisan des droits de l’homme, spécialement palestiniens, et s’est opposé à la nature d’Israël en tant qu’Etat juif. En 1987, il a publié le livre, « Israël : Etat d’apartheid », et il a écrit son autobiographie en 1995 sous le titre, « Autobiographie d’un juif palestinien antisioniste ».

Inutile de le dire, Uri Davis n’est pas un Israélien banal. Aujourd’hui, il est proposé pour être membre de l’un des organes de direction les plus hauts du Fatah. Le Conseil révolutionnaire, qui comprend 80 sièges, est le second organe le plus important dans le Fatah, après le Comité central de 18 membres. Jusqu’ici, il y a environ 700 candidats au Conseil, les résultats des élections sont attendus dans les tous prochains jours.

Que Davis soit élu ou non au Conseil n’est pas vraiment l’essentiel. Il est déjà membre du Fatah et depuis longtemps et même membre observateur du Conseil national de Palestine. Bref, il a fait ses preuves et il ne laisse aucun doute sur sa loyauté.

Sa situation exprime quelque chose de très important au sujet des Palestiniens, et qui devrait être rappelée plus souvent. Les Palestiniens n’ont jamais été opposés aux « juifs » en tant que tels. De par leur religion monothéiste, les Palestiniens respectent le judaïsme et ses adeptes tout comme ils révèrent les chrétiens et les musulmans. Ce n’est pas le judaïsme que les Palestiniens combattent, c’est le sionisme. Sinon, pourquoi le Fatah, le plus ancien et le plus vieux mouvement révolutionnaire, accepterait-il un juif (avec la nationalité israélienne) parmi ses membres ? Pourquoi le dirigeant du Hamas, Ismail Haniyeh, aurait-il accueilli les membres de Neturei Karta - juifs ultraorthodoxe et antisionistes - dans la Gaza assiégée ? (*) La réponse est simple. Le combat existentiel des Palestiniens est engagé contre un mouvement politique fondé sur une idéologie raciste qui octroie la supériorité d’un peuple sur un autre, sur le seul critère de la race. Le sionisme arrive à exploiter le judaïsme, reliant les deux, et les rendant inextricablement inséparables.

Toutefois, des gens comme Uri Davis, comme l’universitaire juif américain, Norman Finkelstein, et beaucoup d’autres, sont la preuve que cette théorie est erronée et ils sont prêts à faire front à des raz-de-marée de critiques pour faire entendre leurs voix. Ils sont appelés les « juifs qui ont la haine de soi », ils sont méprisés par la majorité des Israéliens qui pensent que soutenir le droit des Palestiniens à la libération de l’occupation équivaut à une haute trahison - apparemment de l’Etat et de leur identité, en tant que juifs.

Si on voit la question sous cet angle, il est clair que les juifs sionistes sont principalement à blâmer pour avoir créer un tel lien étroit entre judaïsme et sionisme. Ce ne sont pas les Palestiniens ni les Arabes, ni nul autres, qui ont établi cette relation. Par conséquent, Israël ne devrait pas se déchaîner contre quiconque émet la plus petite critique à son égard en les stigmatisant comme « antisémites » ou, dans le cas d’Uri Davis, ou même du chef de cabinet de la Maison-Blanche, Rahm Emmanuel, comme juifs qui ont « la haine de soi ».

Depuis des années, Israël joue la carte de la religion pour créer des clivages entre les peuples de la région et pas seulement avec les juifs. Remontons aux années 90, quand la Première Intifada était à son apogée, Israël essayait d’attiser les musulmans et chrétiens palestiniens en prétendant que les musulmans (environ 95% de la population palestinienne) persécutaient la petite minorité chrétienne. Ces accusations n’ont eu aucune portée étant donnée qu’elles étaient sans fondement. Palestiniens chrétiens et Palestiniens musulmans ont toujours entretenu ensemble des relations saines et n’ont jamais permis à Israël de les monter les uns contre les autres.

Cela dit, les Palestiniens ne nient pas qu’ils sont opposés au sionisme, auquel la plus grande partie de leurs problèmes actuels peut être rattachée. La dépossession, l’occupation, la discrimination et l’oppression des Palestiniens trouvent leur cause directe dans le rêve sioniste, qui n’est viable que si les aspirations de l’autre sont niées.

C’est ce que croit quelqu’un comme Uri Davis et c’est pourquoi il a choisi de ne pas mettre ses pas dans ceux de ses parents. Il a évidemment pris conscience des injustices faites aux Palestiniens en son nom et aussi, à tort, au nom du judaïsme. C’est pourquoi il a refusé de laisser Israël parler pour lui.

En ce sens, le Fatah doit être loué pour avoir brisé une barrière sociale et psychologique, et pour avoir marqué un point très important. Quiconque, quels que soient sa religion, sa race ou ses principes, soutient le droit légitime des Palestiniens à la libération et à se libérer de l’oppression est accueilli à bras ouverts. Cela ne veut pas dire que cette règle est sans exception. En effet, il y a des Palestiniens qui ne séparent pas la religion du mouvement politique, et considèrent que « juif » et « sioniste » sont synonymes. Mais ils sont une minorité et ils suivront, espérons-le, l’exemple des Palestiniens à l’esprit ouvert, qui ont le courage de faire la distinction entre les deux, alors même qu’Israël ne la fait pas.

L’exemple d’Uri Davis, membre du Fatah, est parfait. Il met en lumière un point fondamental qui résume les relations embrouillées entre Palestiniens et Israéliens. Juif, d’accord. Pas sioniste.

Joharah Baker écrit pour le programme communication et information au Miftah (Initiative palestinienne pour la promotion d’un dialogue mondial et la démocratie). On peut la contacter à l’adresse : mip@miftah.org

10 août 2009 - MIFTAH - traduction : JPP

Marwan Barghouthi : symbole de l’Intifada en prison

lundi 17 août 2009 - 07h:40

Pal Telegraph



Marwan Barghouthi, qui a été élu au Comité central du Fatah palestinien mardi, est depuis longtemps un des dirigeants palestiniens les plus populaires ; il a été considéré comme l’organisateur de la deuxième Intifada qui a éclaté en 2000.

Ramallah

(JPG)
Marwan Barghouthi

Israël a arrêté le dirigeant cisjordanien du Fatah, âgé de 50 ans, en Israël au mois d’avril 2002 et l’a condamné à cinq peines de perpétuité pour meurtre deux ans plus tard, étant donné le rôle qu’il avait joué dans les attaques mortelles contre des Israéliens pendant le soulèvement.

Pendant le temps qu’il a passé derrière les barreaux, celui qui était auparavant considéré comme le successeur naturel de Yasser Arafat, et du président actuel, Mahmoud Abbas, est resté très populaire dans la rue palestinienne.

Il a été l’un des principaux architectes de l’Intifada de 2000, mais il s’opposait aux attaques contre les civils en Israël y compris contre les nombreuses attaques suicides émanant de groupes armés.

« Je m’oppose fermement aux attaques contre les civils à l’intérieur d’Israël, notre futur voisin » écrivait Barghouthi dans le Washington Post en 2002.

« [Mais] je me réserve le droit de me protéger et de résister à l’occupation israélienne de mon pays ainsi que le droit de lutter pour ma liberté ». Le dirigeant, un homme courtois qui parle couramment l’anglais et l’hébreu, a préconisé la formule des deux états comme solution au conflit qui dure depuis des dizaines d’années.

« La vaste majorité des Palestiniens - et moi-même - sommes prêts pour une réconciliation historique basée sur les résolutions internationales qui conduiront à la création de deux Etats » a-t-il dit.

« Nous sommes prêts pour une réconciliation qui donnera à nos enfants et aux vôtres une vie sans menaces de guerre et d’effusions de sang ». Barghouthi a vivement critiqué la prise de pouvoir sanglante du Hamas dans la bande de Gaza en 2007, parlant d’un « coup d’Etat militaire » que le mouvement islamiste, grand vainqueur des élections de 2006, avait organisé contre l’Autorité palestinienne.

Depuis sa prison, il a réitéré ses appels à la réconciliation entre Palestiniens.

Par le passé, Israël a généralement refusé de libérer des prisonniers palestiniens ayant du « sang sur les mains » - ceux qui avaient été impliqués dans des attaques mortelles contre des Israéliens - mais un nombre grandissant de ministres soutiennent la libération de Barghouthi.

Celui-ci est largement considéré - y compris par certains Israéliens - comme le seul dirigeant qui puisse maîtriser potentiellement les factions armées et mobiliser le soutien pour une paix historique qui créerait un État palestinien indépendant.

Ephraim Sneh - ancien ministre adjoint à la Défense qui a visité Barghouthi en prison - a dit « il serait plus utile hors de prison qu’à l’intérieur ». Et le ministre de l’Environnement, Gideon Ezra, a fait au moins trois démarches auprès du Premier ministre, Ehud Olmert, pour la libération de Barghouthi qui renforcerait l’autorité d’Abbas, soutenu par l’Occident.

Barghouthi est né dans un village près de la ville cisjordanienne de Ramallah, le 6 juin 1959. Il a étudié à l’université de Beir Zeit proche. Il a passé plusieurs années dans une prison israélienne avant d’être exilé en Jordanie pendant la Première Intifada en 1987.

Il est rentré en Israël après les accords de paix d’Oslo en 1993 et a été élu au parlement palestinien lors des premières élections qui ont suivi l’octroi d’une autonomie limitée au territoire.

Il a toujours eu une réputation de politicien coriace, implacablement opposé à l’occupation israélienne et prêt à mobiliser l’opinion publique - ou selon les Israéliens, la résistance armée - contre Israël.

En août 2001, après qu’un missile israélien eut frappé une voiture de son escorte, il a juré d’escalader les opérations militaires contre l’État juif.

L’armée israélienne ciblait notamment Barghouthi lorsqu’elle a lancé une attaque massive contre les combattants de Cisjordanie en 2002 ; en avril de la même année, il était arrêté.

Dès les premiers jours de l’Intifada, les Israéliens l’ont accusé d’orchestrer l’activité des jeunes jeteurs de pierre palestiniens affrontant presque quotidiennement les troupes israéliennes.

Mais il a toujours insisté que « ce n’est pas moi qui dirige l’Intifada c’est le peuple ».

Cet article peut être consulté ici : http://www.paltelegraph.com/palesti...
Traduction de l’anglais : Anne-Marie Goossens

Tollé israélien: des terres de la Galilée achetée par des richissimes arabes

Leila Mazboudi

17/08/2009 Des richissimes arabes ont acheté des centaines d'hectares de terres privées en Galilée, en Palestine occupée.

C'est ce qu'a indiqué la radio israélienne qui n'a pas donné de détails sur les lieux qui ont été vendus, ni sur l'identité des acheteurs. Se contentant de signaler que des associations agricoles juives et d'élevage de bétails n'étant pas parvenues à récolter les fonds nécessaires en raison de la crise économique ont vendu leurs terres à travers des médiateurs étrangers.

Citant le maire israélien de la localité "Roch Bina", située à proximité de Safad, le Fond national juif auquel il a demandé d'acheter ces terres n'a pas répondu à son appel, a rapporté la radio israélienne.

Selon le journal palestinien en ligne, Arabs 48, 93% des terres de la Palestine occupée en 1948 sont des propriétés de l'état sioniste, alors que 7% de ces terres seulement sont des propriétés privées possédées par des Juifs.

Au lendemain du rapport en question, des membres de la Knesset se sont mobilisés exigeant du gouvernement d'intervenir pour arrêter la vente des terres de la Galilée à des parties arabes.

Selon le parti Kadima, " ce dont il appréhendait est arrivé, et les terres israéliennes sont désormais vendues à ceux qui paient le plus" . Alors que le parti Meretz s'est attaqué à la politique du gouvernement de privatiser les terres."

almanar.com

Yediot Aharonot:Israël sait très bien que nous y retournerons,les Libanais aussi

17/08/2009 " Depuis un certain temps, nous étions là-bas; il semble que nous devrions y retourner; nous savons bien ceci et eux aussi le savent ", c'est une prévision exprimée par l'éditorialiste israélien du quotidien israélien Yediot Aharonot, Alex Fishman selon lequel ce qui se passe sur les deux bords de la frontière entre la Palestine occupée et le Liban n'a rien à voir avec la teneur des mises en garde politiques proférées de part et d'autre.

Selon Fishmann," la menace venant du Liban du sud est réelle pour Israël, et ne cesse d'augmenter avec les jours".
"Elle réside surtout dans l'éventuel changement de la nature des armes du Hezbollah, qui pourrait chercher à s'acquérir de nouveaux missiles antiaériens, des roquettes anti chars ou des missiles sol-sol plus performants et plus destructeurs" précise-t-il.
Et d'ajouter que la menace provient également de la volonté du Hezbollah de venger l'assassinat de son responsable militaire Imad Moughniyeh.

S'étonnant que rien ne se soit passé malgré les mises en gardes bilatérales belligérantes des deux antagonistes, Fishman prétend que les photographies aériennes du Liban montrent "des villages entiers qui ne sont que des secteurs militaires dans lesquels grouillent de combattants de l'infanterie, de l'ingénierie, des lanceurs de missiles, des poseurs de bombes, des artilleurs et des francs tireurs, et qui sont les villageois eux-mêmes" . "Il se peut fort que l'architecture du Hezbollah soit parvenue à ouvrir des tunnels reliant les maisons à une réserve naturelle" indique-t-il.

Selon cet éditorialiste, ces combattants présents sur place dans les villages ont pour but de contrer les forces israéliennes de l'infanterie qui vont pénétrer au Liban en cas de guerre signalant qu'il existe 150 villages qui sont en réalité des positions militaires.
Fishmann croit que les villages situés dans les lignes premières auraient pour mission de harceler les habitants du nord d'Israël, alors que ceux situés dans les lignes arrière auraient pour fonction de faire face aux forces envahissantes et de lancer les missiles de longues portées.
Il estime que chaque position dispose d'une indépendance et se doit de défendre les positions qui l'entourent. Alors que chaque groupe de positions villageoises constituent un secteur à part, et chaque région de ce secteur dispose d'une force similaire à un contingent.
" dans ces villages à l'apparence paisible, il y a des dépôts à l'instar de celui qui a explosé ( à Kherbet Selem) et dans lesquels sont stockés des missiles qui peuvent atteindre toute la région de Goush Dan: des missiles Fajr3, Fajr5, à la portée de 70 à 150 Km, il y a des missiles de 302 mm à la portée de 220 Km, et des milliers de roquettes de 40 Km de portée. Au nord du Litani, il y des missiles de type Zelzal qui devraient occuper Israël entre Tel Aviv et Dimona. Entre les positions, se trouvent des zones ouvertes que l'armée israélienne devrait traverser. Là-bas elle fera face à des centaines de membres du Hezbollah armée de roquettes antichar de longue portée, comme les Cornets, (…)" avance Fishman comme données, sans préciser leurs sources.

Selon lui, de part et d'autre de la frontière, chacun des deux antagonistes est en train de gonfler ses muscles: " lorsque les langues se délient, l'artillerie se tait" conclut-il.

almanar.com

Une éventuelle attaque contre le nucléaire iranien vouée à l'échec


17/08/2009
C'est du moins l'avis de David Clark, le chroniqueur politique du quotidien britannique The Guardian, selon lequel une attaque contre les installations nucléaires iraniennes comprend des risques très graves, et semble être vouée à l'échec: " non seulement elle ne contribuera pas à contraindre l'Iran à stopper son programme, mais elle ne pourra même pas l'entraver, car ses installations se trouvent dans des dépôts construits à de grandes profondeurs,

" Même si Israël parvient à bombarder ces installations, l'Iran pourra reconstruire ce qui a été détruit" affirme l'analyste britannique qui assure que le président américain Barack Obama ne soutien pas le projet de frapper l'Iran.

"Raison pour laquelle le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ne devrait pas s'attendre à obtenir un feu vert américain" conclut-t-il.

almanar.com

Appel à l’arrêt immédiat de la Mission de l‘EUBAM-Rafah

Europe - 17-08-2009
Par IntMorb > intmorb@googlemail.com
Après la guerre de Gaza et les promesses d'argent pour sa reconstruction, le siège de Gaza est toujours bien en place et les 1,5 millions d'habitants de Gaza vivent toujours dans leur prison à ciel ouvert.
Par son maintien de l'EUBAM-Rafah et de son engagement dans l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA), l'Union Européenne participe à ce crime de guerre qu'est le siège de Gaza !
AGISSONS !


















La Mission d'assistance à la Frontière au point de Passage de Rafah de l'Union européenne (EU BAM Rafah), qui n’a aucune légitimité juridique internationale, a été mise en place pour une période d’un an reconductible le 25 novembre 2005 dans le cadre de l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA) signé entre l’Autorité Palestinienne et Israël suite à l’application du Plan de Désengagement de Gaza par Israël (août 2005).

L’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA) qui n’a lui non plus aucune légitimité internationale, était déjà en lui-même une acceptation par l’Autorité Palestinienne de la poursuite de l’occupation de Gaza.
En effet, cet accord stipule en termes clairs : “L’utilisation du passage de Rafah sera limitée aux détenteurs de carte d’identité palestinienne et à d’autres par exception appartenant à des catégories approuvées avecnotification préalable au Gouvernement d’Israël (GoI) et accord de la direction de l’Autorité Palestinienne (AP). Le Gouvernement d’Israël répondra dans les 24 heures avec ses objections, s’il y en a, et les raisons de ces objections»

L’EU BAM Rafah devait permettre une ouverture totale de Gaza vers le monde extérieur en envoyant des observateurs européens, sous contrôle israélien, pour «veiller à la qualité du contrôle opéré par les douaniers palestiniens sur la circulation des personnes et des marchandises transitant par le terminal ainsi qu'à l'application correcte des standards internationaux

Mais cette mission européenne basée à Ashkelon en Israël, a montré qu’elle était totalement soumise aux diktats d’Israël et qu’elle ne servait qu’à maintenir l’occupation de Gaza pour le compte d’Israël, puisqu’entre le 25 novembre 2005 et le 11 juillet 2007, les observateurs européens n’ont été autorisés à accéder au Passage de Rafah, le poste-frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza, que 295 jours sur 595, selon le site internet d’EUBAM Rafah, soit 300 jours de fermeture de la frontière.

Malgré la fermeture hermétique de toutes les frontières de la Bande de Gaza par Israël en juillet 2007, interdisant ainsi même l’entrée des produits de base, des médicaments, du carburant et en coupant l’électricité, un crime de guerre et un crime contre l’humanité selon toutes les conventions internationales, l’Union Européenne a encore prorogé le mandat de l’EUBAM-Rafah jusqu’au 24 novembre 2009 et par ce fait, elle nous rend complice de ce crime de guerre qu’est le blocus de Gaza.


Pourquoi sommes-nous complices dans ce crime de guerre ?

- Parce qu’avec son implication dans le Passage de Rafah, l’Union Européenne est tenue, selon la Convention de Genève, de faire tout ce qu’elle peut pour empêcher les violations de la convention. L’implication continue de l’Union Européenne dans l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA) via l’EUBAM-Rafah constitue donc une complicité dans un acte de punition collective et est donc une violation de la Convention de Genève ;

- Parce que la mission de l’EUBAM-Rafah est payée avec l’argent de nos impôts. Rien qu’entre novembre 2005 et mai 2008, cette mission a coûté 14,6 millions d’Euros aux contribuables européens et en 2008, son budget était de 7 millions d’Euros.

- Parce que l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA) et l’EUBAM-Rafah ne sont pas basés sur le droit international, qu’il s’agisse de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, de la Quatrième Convention de Genève ou des Résolutions des Nations-Unies ;

- Parce qu’Israël utilise l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA) et l’EUBAM-Rafah pour poursuivre son occupation de Gaza, maintenir près d’1,5 millions de Palestiniens dans une prison à ciel ouvert et empêcher sa souveraineté et son développement économique ;

- Parce que l’Egypte utilise l’implication de l’Union Européenne dans l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA) et l’EUBAM-Rafah comme prétexte à la fermeture du Passage de Rafah et s’absout ainsi de toute complicité dans ce crime de guerre qu’est le blocus qu’elle impose aussi à Gaza.


Quoi faire ?

- Ecrivez à votre député européen et demandez-lui de soulever cette question urgente lors de la prochaine session au Parlement Européen.

- Ecrivez à :
. Marc Otte, envoyé spécial de l’Union Européenne au Moyen-Orient pour le Processus de Paix,
. Nigel Milverton, porte-parole de l’EUBAM-Rafah,
. et à Robert H. Serry, coordonnateur spécial des Nations-Unies pour le Processus de Paix au Moyen-Orient, à l’UNSCO,

et Demandez à l’Union Européenne de se désengager de l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA) et d’annuler immédiatement la mission de l’EUBAM-Rafah

N’oubliez pas de mettre en copie, l’Ambassade d’Egypte dans votre pays et votre député européen.

(1) EUBAM-Rafah : Mission d'assistance à la Frontière au point de Passage de Rafah de l'Union européenne
http://www.eubam-rafah.eu/portal/en/node/9



Modèle de lettre


De : .......................................
à : marc.otte@consilium.europa.eu; nigel.milverton@eubam-rafah.org; mironr@un.org
Cc : ambassadedegypteaparis@hotmail.com, vos députés européens

Messieurs,

Je vous envoie cette lettre pour vous faire part de mon irritation concernant le maintien de la Mission d'assistance à la Frontière au point de Passage de Rafah (EU BAM Rafah) et l’implication de l'Union Européenne dans l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA).

En effet, le blocus de Gaza imposé par Israël a montré que l’Accord sur l’Accès et le Mouvement et l’EUBAM-Rafah ne servaient que les intérêts d’Israël dans la région, c’est-à-dire la poursuite de l’occupation de Gaza et de la Palestine.

La prolongation du Mandat de l’EUBAM-Rafah jusqu’au 24 Novembre 2009 démontre la complicité de l’Union Européenne dans la punition collective imposée par Israël et l’Egypte aux Palestiniens de Gaza, une violation de la Convention de Genève.

Aussi, je vous demande d’annuler immédiatement la mission de l’EUBAM-Rafah et votre implication dans l’Accord sur l’Accès et le Mouvement (AMA).

Je vous exhorte de faire tout votre possible pour obtenir d’urgence l’ouverture du Passage de Rafah afin de rendre aux Palestiniens vivant à Gaza leur droit à la liberté de Mouvement (Article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme), de permettre la reconstruction et le développement économique de Gaza ainsi que l’entrée de tous les produits dont on besoin quotidiennement les Gazaouis ;

En tant que contribuable européen, je n’accepte pas que mon argent soit utilisé pour commettre un crime de guerre comme le blocus de Gaza.

En espérant avoir une réponse sur ce sujet grave,

Acceptez, Messieurs, mes salutations distinguées.

Nom
Adresse
Ville, Pays





Contacts :

Nigel Milverton, porte-parole de l’EUBAM-Rafah
Phone: +972 (0) 54 472 1645
E-mail: nigel.milverton@eubam-rafah.org

Marc Otte, l’envoyé spécial de l'Union européenne au Proche-Orient pour le processus de paix
Email : marc.otte@consilium.europa.eu

Représentations du gouvernement égyptien en France :

Ambassade d’Egypte à Paris, France
56, Avenue D'iena
75116 Paris
Tel: (+33) 1 53678830-32
Fax: (+33) 1 47230643
ambassadedegypteaparis@hotmail.com

Consulat d’Egypte à Marseille, France
166 Avenue de Hambourg
13008 Marseille
Tel : 04 91 25 04 04
Fax: 04 91 73 79 31
http://www.consulats-marseille.org/

Consulat d’Egypte à Paris, France
114 rue de la Boètie,
75008 Paris
Tel : 0145009989 - 0145007427 - 0145007710
Fax: 0145003528
Email: Paris_Con@mfa.gov.eg

Pour obtenir les coordonnés des ambassades d'Egypte dans d'autres pays,cliquez ici


Richard Miron, Chief Public Information Officer
UNSCO, Office of the United Nations Special Coordinator for the Middle East Peace Process
Tel : +972 (2) 568-7289
Fax : +972 (2) 568-7289
Email : mironr@un.org


Vous trouverez ci-dessous les coordonnés de vos députés européens

Euro Région Sud-Ouest
kader.arif@europarl.europa.eu, dominique.baudis@europarl.europa.eu, jose.bove@europarl.europa.eu, francoise.castex@europarl.europa.eu, christine.deveyrac@europarl.europa.eu, catherine.greze@europarl.europa.eu, alain.lamassoure@europarl.europa.eu, jean-luc.melenchon@europarl.europa.eu, robert.rochefort@europarl.europa.eu, marie-therese.sanchez-schmid@europarl.europa.eu

Euro Région Ouest
christophe.bechu@europarl.europa.eu, alain.cadec@europarl.europa.eu, sylvie.goulard@europarl.europa.eu, yannick.jadot@europarl.europa.eu, nicole.kiil-nielsen@europarl.europa.eu, stephane.lefoll@europarl.europa.eu, elisabeth.morinchartier@europarl.europa.eu, bernadette.vergnaud@europarl.europa.eu

Euro Région Massif Central-Centre
jean-pierre.audy@europarl.europa.eu, jean-paul.besset@europarl.europa.eu, sophie.auconie@europarl.europa.eu, catherine.soullie@europarl.europa.eu henri.weber@europarl.europa.eu

Euro Région Est
sandrine-sabrina.belier@europarl.europa.eu, arnaud.danjean@europarl.europa.eu, joseph.daul@europarl.europa.eu, nathalie.griesbeck@europarl.europa.eu, liem.hoangngoc@europarl.europa.eu, veronique.mathieu@europarl.europa.eu, michele.striffler@europarl.europa.eu, catherine.trautmann@europarl.europa.eu

Euro Région Sud-Est
damien.abad@europarl.europa.eu, francois.alfonsi@europarl.europa.eu, malika.benarab-attou@europarl.europa.eu, jean-luc.bennahmias@europarl.europa.eu, michel.dantin@europarl.europa.eu, gaston.franco@europarl.europa.eu, francoise.grossetete@europarl.europa.eu, sylvie.guillaume@europarl.europa.eu, vincent.peillon@europarl.europa.eu, michele.rivasi@europarl.europa.eu, marie-christine.vergiat@europarl.europa.eu, dominique.vlasto@europarl.europa.eu

Euro Région Ile-de-France
michel.barnier@europarl.europa.eu, pervenche.beres@europarl.europa.eu, pascal.canfin@europarl.europa.eu, jean-marie.cavada@europarl.europa.eu, daniel.cohn-bendit@europarl.europa.eu, rachida.dati@europarl.europa.eu, karima.delli@europarl.europa.eu, marielle.desarnez@europarl.europa.eu, harlem.desir@europarl.europa.eu, marielle.gallo@europarl.europa.eu, eva.joly@europarl.europa.eu, philippe.juvin@europarl.europa.eu, patrick.lehyaric@europarl.europa.eu

Euro Région Nord-Ouest
helene.flautre@europarl.europa.eu, jean-paul.gauzes@europarl.europa.eu, estelle.grelier@europarl.europa.eu, pascale.gruny@europarl.europa.eu, jacky.henin@europarl.europa.eu, corinne.lepage@europarl.europa.eu, gilles.pargneaux@europarl.europa.eu, dominique.riquet@europarl.europa.eu, tokia.saifi@europarl.europa.eu

Euro Région Outre-Mer
elie.hoarau@europarl.europa.eu, maurice.ponga@europarl.europa.eu, patrice.tirolien@europarl.europa.eu

Manuel Baroso, président de la Commission Européenne :
sg-web-president@ec.europa.eu

OCHA : Gaza, deux ans de blocus


Gaza

17 août 2009 – Le territoire palestinien de Gaza, une des zones les plus peuplées sur la terre, est en proie à une dégradation des conditions de vie et des infrastructures dans les domaines de la santé, de l'eau, de l'hygiène et de l'éducation, affirme un nouveau rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Au cours des trois derniers mois, Israël a autorisé l'entrée dans Gaza d'un petit nombre de camions transportant des biens auparavant interdits. Bien que ces mesures soient bienvenues, leur impact réel comparé aux besoins de Gaza reste négligeable », affirme le rapport intitulé « Enclavé : L’impact humanitaire de deux ans de blocus sur la Bande de Gaza ».

Le nombre de camions entrant dans Gaza chaque jour depuis le blocus (112) représente 1/5ème du nombre de cargaisons passant la frontière auparavant, soit 583 entre janvier et mai 2007. Quant aux exportations elles ont été totalement interdites à part 147 camions de fleurs et de fraises.

En tout depuis deux ans, 120.000 emplois du secteur privé ont été perdus. Les résidents de Gaza sont soumis à des coupures d'électricité de 4 à 8 heures par jour.

Quatre-vingt millions de litres d'eaux usagées ou partiellement traitées sont déversées chaque jour dans l'environnement en raison du manque d'entretien du réseau d'égout.

Le régime alimentaire des Gazaouïs est passé d'une alimentation de qualité riche en protéines à une alimentation bon marché riche en sucres.

Enfin, au premier semestre de 2007-2008, 20% seulement des élèves de sixième ont réussi leurs examens de mathématiques, de sciences, d'anglais et d'arabe.

un.org

Les fausses surprises

Par Christian Merville | 18/08/2009

LE POINT
Hillary Clinton ne pourra pas dire, comme Condoleezza Rice lors du raz-de-marée islamiste aux législatives de janvier 2006 : « No one saw it coming. » (nul ne l'avait vu venir). Aux grandes assises du Fateh, conclues le week-end dernier sur la triomphale entrée à la direction du Fateh d'Uri Davis, israélien mais antisioniste, converti à l'islam, marié à Miyassar Abou Ali et enseignant à l'Université al-Qods. Tout ces deux dernières années laissait présager l'épilogue auquel l'on vient d'assister, salué par le monde entier comme présageant la fin des malheurs qui frappent le Proche-Orient depuis six décennies. La cause, ne cesse-t-on de nous ressasser depuis, est entendue : l'opinion publique en a assez des excès du Hamas, les Cisjordaniens vivent bien mieux qu'il y a trois ans, du sang neuf vient d'être injecté dans les veines de la formation créée par Yasser Arafat et la reprise du dialogue de paix n'attend plus qu'un signal qui viendra d'Israël aussitôt que Benjamin Netanyahu aura mis un peu d'ordre dans sa maison. Trop idyllique pour être vraisemblable, le tableau ? Tous ceux qui en douteraient sont des prophètes de malheur que les mois à venir se chargeront de faire taire.
Ils étaient 700 au départ, mais par un prompt renfort, ils furent 1 250 puis 2 355 en arrivant au port - pardon à Bethléem -, la majeure partie d'entre eux ayant été sélectionnée par Mahmoud Abbas et son état-major. Cette jeune garde, comme on s'est plu à la qualifier, est composée de quadras (des quinquas pour certains) venus de la rive occidentale du Jourdain, ce qui s'explique par le fait que les maîtres de Gaza avaient interdit toute sortie de la bande si les centaines de détenus dans les geôles de l'Autorité palestinienne n'étaient pas remis en liberté. Quant aux anciens, notamment Farouk Kaddoumi et Hani el-Hassan, non seulement ils n'ont pas pris la peine d'assister aux réunions, mais ils se sont aussi dépêchés d'en remettre en cause la légitimité, Aboul Lotf allant même jusqu'à accuser Abbas et Mohammad Dahlan d'avoir comploté avec les Israéliens pour empoisonner Abou Ammar. Ambiance... Certes, les observateurs n'ont pas manqué de relever quelques craquèlements dans une façade qui se voulait uniforme comme lorsque l'on constata, au moment de la proclamation des résultats, que Tayeb Abdel Rahim avait été recalé. Pareille fausse note faisant plutôt désordre - après tout, il s'agissait du principal lieutenant du président -, on ordonna un nouveau décompte des voix qui permit de rectifier l'erreur. Pour un peu, on se serait cru en Floride, en l'an 2000.

Vétilles que tout cela. Aujourd'hui, le vieux dicton arabe voulant que « le kohol vaut mieux que la cécité », tout le monde ou presque fait semblant de croire qu'un réel coup de balai a été donné qui va permettre d'y voir plus clair. L'une des multiples preuves en est l'échec d'Ahmad Qoreï, qui crie à la triche après avoir été largué, lui l'ex-Premier ministre et figure de proue du mouvement. Mais pour son malheur, il se trouve que sa famille possède une cimenterie qui fournit à l'État hébreu le matériau pour édifier le fameux mur de la honte. Difficile aussi de faire passer Jibril Rajoub, ancien patron des services de sécurité en Cisjordanie, pour une terreur des Américains quand, jusqu'à une date récente, trônait sur son bureau le portrait de George Tenet, directeur à l'époque de la Central Intelligence Agency. On pourrait allonger la liste en citant tous ceux dont les noms sont liés à la corruption et au népotisme, deux des maux dont souffre l'organisation. Ou encore, tel Dahlan, qui ont piteusement échoué lors de la bataille de Gaza. On le voit, tout n'est pas irréprochable, il s'en faut, dans l'opération entreprise en ce torride mois d'août pour remettre en selle le Fateh en prévision des élections prévues en janvier, qui devraient, a-t-on prévu à Washington, voir la déroute du Mouvement de la résistance islamique. Dans ce scénario, au départ trop bien léché pour paraître plausible, deux imprévus ont surgi : la victoire écrasante d'hommes « propres » comme Marwan Barghouti, le maire de Naplouse Mahmoud el-Aloul et Ziad Aboul-Aïn ; l'émergence à Gaza d'un groupuscule salafiste, les Jund Ansar Allah, maté (provisoirement ?) mais dont, paradoxalement, la présence fait le jeu des hommes de Khaled Mechaal. Le premier, condamné à vie en Israël, paraît seul capable de réunifier les rangs palestiniens pour peu que s'accroissent les pressions US en vue d'obtenir sa libération dans le cadre d'un échange de prisonniers entre les deux parties. Quant aux tentacules des seconds, elles pourraient repousser demain et compliquer davantage encore l'écheveau.
Pour maintenir, tant bien que mal, un statu quo branlant, il avait fallu jadis tout le charisme, toute la maestria d'un Arafat. On voit mal le curieux assemblage né des journées de Bethléem réussir là où il faudrait, au moins, un nouvel Abou Ammar.

USA : PRIME À LA COLONISATION DE JÉRUSALEM-EST

Publié le 17-08-2009


Les donateurs américains d’une association d’encouragement à la colonisation juive à Jérusalem-est bénéficient d’une exemption de taxes accordée aux Etats-Unis au titre d’aide à des "projets éducatifs", affirme lundi le quotidien israélien Haaretz.

"Selon le journal, Les "Amis américains d’Ateret Cohanim" ont recueilli ces dernières années plusieurs millions de dollars pour cette association qui s’est donné pour objectif de rejudaïser la partie orientale de la ville annexée par Israël en juin 1967, et plus particulièrement la Vieille ville.

Pour bénéficier d’une exemption de taxes, les "Amis américains d’Ateret Cohanim", sont enregistrés aux Etats-Unis en tant qu’organisme de financement d’"institutions éducatives" en Israël, précise Haaretz.

"Les ’Amis d’Ateret Cohanim’ financent exclusivement nos institutions éducatives", a déclaré à l’AFP le responsable de la campagne de fonds Daniel Luria.

Il a néanmoins reconnu qu’Ateret Cohanim, une association ultra-nationaliste et religieuse, s’employait à "renforcer les racines juives à Jérusalem-est par la rédemption de la terre", en référence aux achats de terrains par cette association pour installer des colons au coeur de quartiers arabes.

Pour l’année fiscale 2007, les "Amis américains d’Ateret Cohanim" ont recueilli 2,1 millions de dollars, selon le Haaretz.

L’un des principaux bailleurs de fonds de cette association est l’homme d’affaires juif américain Irving Moskowitz, dont le projet de construction d’un ensemble immobilier, approuvé récemment par Israël, dans le quartier Cheikh Jarrah à Jérusalem-est, a provoqué de vives protestations, en particulier de Washington.

Au début du mois, des Palestiniens ont été expulsés de deux maisons dans ce même quartier. Quelque 200.000 Israéliens vivent dans une douzaine de quartiers de colonisation à Jérusalem-est, aux côtés de 270.000 Palestiniens."

Source AFP (Agence France presse)

CAPJPO-EuroPalestine

Israël se débat avec le problème iranien

publié le lundi 17 août 2009

Ramzy Baroud
Les responsables israéliens sont confrontés à une énigme qui pourrait nécessiter plus que le déploiement de leurs muscles militaires pour être résolue : comment s’occuper de l’Iran ? La solution à ce dilemme ne nécessitera pas moins que du pur génie politique.

Cela doit être énervant pour les décideurs israéliens, leurs amis et leurs soutiens partout dans le monde de rester à se tourner les pouces alors que l’Iran poursuit son programme d’enrichissement nucléaire, ne faisant face à rien de plus que des bravades de la part des Américains et des Européens et à une simple menace de sanctions supplémentaires qui ne feront probablement pas plier la détermination iranienne.

Considérant l’aisance relative qui a conduit les Etats-Unis, leur timide coalition et leurs adulateurs israéliens à déclencher une guerre contre l’Irak, cela est doublement frustrant. Hélas, ces temps sont révolus depuis longtemps ! A présent, les Etats-Unis masquent avec inquiétude leur échec en Irak en mettant la pression sur la nécessité de s’occuper de batailles plus urgentes ailleurs, à savoir, en Afghanistan.

Sans tenir compte de la raison pour laquelle les Etats-Unis ont pris l’Irak pour cible et pourquoi leurs objectifs n’ont pas été remplis, les propres calculs d’Israël ont été couronnés d’un succès surprenant, puisque la menace irakienne (fabriquée ou réelle) a été éliminée et que les fantômes du chaos hanteront probablement ce malheureux pays pour les années à venir.

Maintenant, c’est au tour de l’Iran. En fait, c’est son tour depuis des années, mais rien ne semble bouger sur ce front. Si l’expérience irakienne avait été couronnée de succès, les Etats-Unis auraient assurément sauté sur l’occasion de piétiner l’Iran, un pays riche en pétrole dont la position stratégique est cruciale. Contrôler l’Iran aurait été la pièce manquante du puzzle qui aurait repoussé les frontières du contrôle et de l’influence des Etats-Unis pour croiser le fer, si nécessaire, avec les géants asiatiques et, évidemment, la Russie.

Mais un mouvement militaire étasunien contre l’Iran, dans les circonstances actuelles, ne serait rien de moins qu’un suicide militaire. L’Irak a établi les limites de la capacité de l’armée américaine, inspirant les Taliban à établir les leurs. Juillet 2009 restera dans l’histoire le mois où les forces américaines auront enregistré le plus grand nombre de pertes. Ce mois de juillet meurtrier promet d’être répété à de nombreuses reprises alors que les audacieux Taliban et toutes sortes de milices tribales en Afghanistan émergent plus forts et plus au point qu’auparavant.

Une attaque à grande échelle des Etats-Unis contre l’Iran – et, inutile de dire, l’invasion et l’occupation qui s’ensuivraient – est tout simplement invraisemblable. Si une telle imprudence devenait réalité, un enfer absolu se déclencherait également en Irak, considérant les liens politiques et sectaires solides qui unissent les deux pays qui partagent également une frontière infinie.

C’est précisément la source de la frustration parmi les responsables israéliens, qui ont compté sur la générosité militaire des Etats-Unis pour intimider les ennemis d’Israël ou, comme ce fut le cas en Irak, pour les démanteler.

La contrariété israélienne a dû aussi se transformer en pure rage lorsque la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton a une fois de plus remis à l’ordre du jour la question d’un « parapluie défensif » sur le Proche-Orient, afin de le protéger contre une future attaque nucléaire iranienne.

« Si les Etats-Unis étendent un parapluie défensif sur la région, si nous faisons encore plus pour développer la capacité militaire de ceux dans le Golfe, il sera improbable que l’Iran soit plus fort ou plus sûr parce qu’ils ne pourront pas intimider et dominer comme ils pensent apparemment pouvoir le faire, une fois qu’ils auront une arme nucléaire », aurait-elle dit lors d’une interview à une chaîne de télévision thaï.

La réinvention par Clinton de l’idée d’un parapluie défensif – introduite par un rapport publié le 4 mars dernier par un think-tank israélien, l’Institut de Washington sur la Politique au Proche-Orient (le WINEP) – est en contradiction avec sa promesse enthousiaste « de rayer complètement de la carte » l’Iran si jamais il attaquait Israël, tout en essayant de leurrer ses supporters durant les primaires présidentielles de l’année dernière. Il semble que les Etats-Unis – malgré l’utilisation d’un langage menaçant – se dirigent vers l’idée de vivre avec et de « contenir » un Iran nucléaire, mais, comme l’on peut s’y attendre, ce n’est pas la position d’Israël.

Le gouvernement de droite du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou manœuvre à présent pour inciter les Etats-Unis à adopter une position plus ferme envers l’Iran, en particulier alors que la récente déstabilisation intérieure de la République Islamique n’a pas réussi à accoucher. Les manœuvres israéliennes sont à la fois politiques et militaires. The Times a rapporté un accord donnant-donnant dans lequel des « concessions » israéliennes concernant ses colonies illégales dans les territoires palestiniens occupés seraient payées de retour par une approbation des Occidentaux pour une attaque israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. « Israël a choisi de placer la menace iranienne au-dessus de ses colonies », a déclaré un haut diplomate de l’Union Européenne au Times, le 16 juillet.

Ce plan politique a été compété par une démonstration de force, puisque deux navires de guerre israéliens lanceurs de missiles et un sous-marin capable de lancer une frappe nucléaire auraient reçu l’autorisation de traverser pour la première fois le Canal de Suez. Ce déploiement sans précédent dans la Mer Rouge était destiné à signaler que l’Iran se trouve à portée des Israéliens. Ce message portait toutefois une signification politique plus profonde – qu’Israël est capable de frapper l’Iran avec l’aide d’alliés dans la région. Autrement dit, ce n’est pas Israël qui est le camp isolé dans ce conflit. De plus, considérant les sérieuses tentatives des Etats-Unis destinées à affaiblir l’alliance irano-syrienne, le message du Canal de Suez était encore plus chargé politiquement, bien que sa valeur militaire doive encore être déterminée.

Militairement, les choses ne sont pas très prometteuses, puisque l’exercice militaire israélien claironné sur tous les toits – mené récemment aux Etats-Unis – a enregistré peu de succès. Israël a annulé les tests sur son système antimissile Arrow à cause de problèmes techniques. Le programme Arrow, financé à moitié par les Etats-Unis, est destiné à intercepter et à détruire les missiles iraniens, tels que les Shehab-3.

Alors que l’option militaire américaine contre l’Iran se dissipe largement, la frustration et les inquiétudes d’Israël grandissent. Si l’Iran n’est pas neutralisé militairement – comme les Etats-Unis le firent avec l’Irak – alors un Iran nucléaire est une question de temps. Si Israël frappe l’Iran, il n’y aura aucune garantie qu’une telle action – qui nuirait certainement aux intérêts stratégiques des Etats-Unis – détruirait en aucune manière ou même ralentirait le programme nucléaire iranien.

Les Etats-Unis et leurs alliés européens semblent ne plus avoir d’idée sur la manière de s’occuper de l’Iran, laissant Israël avec une énigme majeure : soit vivre dans la crainte potentielle d’un Iran nucléaire, qui serait de ce fait une puissance régionale sur le long-terme, ou frapper la République Islamique dans l’espoir que son régime perçu de façon erronée comme « branlant » se désagrègerait rapidement, laissant les Etats-Unis ramasser les morceaux et toute la région supporter le chaos qui s’ensuivrait sûrement.

publié par Asia Times Online, le 2 août 2009

http://atimes.com/atimes/Middle_Eas...

article original : "Israel wrestles with Iran problem"

et en français par Questions critiques

http://questionscritiques.free.fr/e...

Traduction : JFG-QuestionsCritiques.