lundi 12 octobre 2009

Les milices d’Abbas arrêtent le frère du directeur d’Al-Jazeera

Cisjordanie - 11-10-2009
Par Palestine Info
Les milices sécuritaires loyales à Mahmoud Abbas, dont le mandat en tant que chef de l’Autorité Palestinienne a expiré en janvier dernier, continuent leur campagne d’arrestation contre les citoyens palestiniens en fonction de leur affiliation, en Cisjordanie, et cette fois, c’est le frère du directeur de la chaîne de télévision Al-Jazeera qu’elles ont arrêté.

Le situe officiel du Hamas en Cisjordanie, Omama, a rapporté ce matin que ces milices ont kidnappé Mahdi Khanfar, le frère aîné de Waddah Khanfar, dans le village Rama, district de Jenin, pour la deuxième fois.

Lors de sa première arrestation, il avait été détenu dans les geôles d’Abbas pendant deux mois.

Le site précise que ces milices détiennent toujours Ayham Qanadilo, de Naplouse, depuis plus d’un an. Il a été arrêté immédiatement après sa libération des prisons de l’occupation israélienne.

Le gouvernement illégitime de Salam Fayyad à Ramalah a pour sa part viré deux enseignants de Tulkarem quelques jours après leur nomination.

Le Centre palestinien pour la défense des prisonniers dit que 4.000 personnes ont pris part à la campagne, annoncée samedi, de solidarité avec le militant palestinien pour les droits de l’homme, Fuad Al-Khafsh, qui est détenu dans les prisons de l’Autorité palestinienne.

Les messages que reçoit le Centre exigent de l’autorité de Ramallah la libération immédiate de Khafsh, précise le Centre, ajoutant que la plupart des expéditeurs disent que la détention de Khash nuit gravement au dossier des prisonniers car il dirige le Centre Ahrar, qui s’occupe des prisonniers palestiniens et des droits de l’homme.


Le mouvement d'al-Ahrar condamne la reprise des négociations entre l'autorité et l'occupation
Palestine Info (site en français)

Le mouvement palestinien d'al-Ahrar a condamné fortement l'accord de l'autorité à Ramallah pour reprendre les négociations avec l'entité sioniste, sous l'ombre de l'augmentation de la colonisation et les attaques sionistes contre la mosquée sainte d'al-Aqsa et les habitants d'al-Qods.

"L'acceptation d'Abbas à l'appel de Mitchell pour reprendre les négociations représente un nouveau renoncement aux droits du peuple palestinien après sa décision de rapporter les discussions du rapport de Goldstone au conseil des droits de l'homme, à Genève", a-t-il dit, le mouvement d'al-Ahrar dans un communiqué de presse dont le centre Palestinien d'information a reçu, le samedi 10/10, une copie.

Il a vu que l'actuelle direction américaine a renoncé à sa position envers l'arrêt de la colonisation et poursuit ses pressions sur l'équipe d'Abbas après qu'elle a été choquée par l'entêtement du gouvernement de Benjamin Netanyahu qui refuse la paix politique qui finira l'occupation militaire et coloniale dans les territoires palestiniens occupés.

Enfin, le mouvement d'al-Ahrar a appelé l'autorité d'Abbas à arrêter toutes les formes de négociations inutiles et adopter le choix de la résistance, notamment après l'échec des séries de négociations depuis plus de 20 ans.

Une voix assiégée dans la Mosquée Al-Aqsa (exclusif IslamOnLine) : Les défenseurs d’Al-Aqsa défient Israël

Jérusalem - 11-10-2009
Par Amr Taha > politics.indepth@iolteam.com
Amr Taha fait partie de l’équipe de journaliste du service Politics in Depth à IslamOnline.net. Diplômé de l’Université américaine du Caire, il est titulaire d’une maîtrise en science politique, et est spécialisé en droit international et relations internationales.
Assiégée entre le marteau du blocus israélien et l’enclume du silence officiel musulman, la Mosquée Al-Aqsa est sous menace imminente d’être envahie par les colons juifs extrémistes. Dès que les colons juifs extrémistes ont annoncé leur intention de s’emparer d’Al-Aqsa pendant Sukkot, une fête juive de sept jours qui a débuté le 4 octobre, les Palestiniens ont accouru pour défendre Al-Aqsa.IslamOnline.net a interviewé Sheikh Ali Abu-Sheikha, un des 200 Palestiniens retranchés à l’intérieur de la Mosquée Al-Aqsa et menacés d’être arrêtés à tout moment par les troupes israéliennes qui encerclent la Mosquée.






















Sheikh Ali Abu-Sheikha, le conseiller du mouvement islamique pour les affaires d’Al-Aqsa, au téléphone avec le service Politics in Depth ("la politique en profondeur") d’IslamOnLine.

IslamOnline.net (IOL) : Quelle est en ce moment la situation à l’intérieur de la Mosquée Al-Aqsa et comment faites-vous face au siège israélien ?

Sheikh Ali : La situation est très intense et continuera de l’être aussi longtemps que l’occupation continuera. Le siège israélien contre Al-Aqsa et contre les défenseurs d’Al-Aqsa retranchés à l’intérieur se poursuit. Des groupes extrémistes juifs et la police israélienne tentent de s’emparer et de profaner la Mosquée sacrée tous les jours.

Ceux qui sont à l’intérieur de la Mosquée sont déterminés à empêcher toute profanation d’Al-Aqsa et de résister à toute tentative des Juifs de la prendre d’assaut. Au sujet du siège qui nous est imposé, nous résistons à la pénurie de nourriture en priant tout le temps. Les forces israéliennes ont interdit l’entrée de la nourriture à Al-Aqsa. Nos familles, dans les quartiers d’Al-Quds, près d’Al-Aqsa, et des gens en Palestine mandataire, essaient de nous faire parvenir de la nourriture, mais les forces israéliennes d’occupation les en empêchent et interdisent que ces plats entrent à la Mosquée.

Néanmoins, nous avons nos propres façons d’avoir, d’une manière ou d’une autre, un peu de nourriture.


IOL : Souffrez-vous de ce manque de nourriture et d’eau, et vous affecte-t-il ?

Sheikh Ali : Pas du tout. Personne ne souffre du manque d’eau et de nourriture. Notre volonté est forte et notre moral très bon. Nous ne sommes pas, et ne serons pas, vaincus en dépit du blocus étouffant. Nous sommes fermement unis à l’intérieur d’une des lieux musulmans les plus importants, la Sainte Aqsa. Cet endroit nous donne du courage, le moral, et la persévérance vis-à-vis du manque de nourriture et d’eau. Si Israël maintient le blocus, nous défendrons fermement Al-Aqsa, quelles qu’en soient les conséquences.


IOL : Combien êtes-vous dans la Mosquée en ce moment ?

Sheikh Ali : Nous sommes à peu près 200, ou un peu plus, à l’intérieur de la Mosquée. Pendant les prières Zhuhr et Maghrib, beaucoup de Palestiniens de plus de 50 ans sont entrés à Al-Aqsa pour prier. Dans ces circonstances de blocus israélien, la police israélienne n’autorise que les Palestiniens de plus de 50 ans à entrer à Al-Aqsa pour prier, pendant un bref laps de temps, mais ils doivent d’abord remettre leurs cartes d’identité aux forces d’occupation. Ceux qui restent à l’intérieur d’Al-Aqsa un peu plus longtemps pour prier doivent aller chercher leurs papiers aux services secrets israéliens.


IOL : Quel est votre programme quotidien, à l’intérieur d’Al-Aqsa, pendant ce siège ?

Sheikh Ali : Après la prière Isha, nous fermons toutes les portes d’entrée d’Al-Aqsa et nous éteignons les lumières. Nous ne circulons pas sur le site, même si nous ne pouvons pas aller aux salles de bains pour faire nos ablutions, parce que dès vous sortez de l’enceinte, vous êtes arrêté. Nous faisons nos prières loin des fenêtres de la Mosquée parce que la police israélienne se tient près des fenêtres et essaie de nous repérer.

Pendant la prière Fajr, nous rencontrons les gens qui ont été autorisés à entrer. Après la prière Fajr et jusqu’au coucher du soleil, nous organisons des sit-ins près de la Porte Al-Maghriba pour empêcher les colons de donner l’assaut à Al-Aqsa. Au coucher du soleil, nous prions et nous rompons le jeûne. Puis nous faisons la prière Isha. La plus grande partie de notre temps est consacrée à des sit-ins et à la résistance. Nous restons éveillés en permanence parce qu’Israël peut donner l’assaut à tout moment. Au moment où je vous parle, la police israélienne se tient près des fenêtres de la Mosquée.


IOL : Est-ce que des groupes juifs israéliens sont entrés dans la Mosquée ces jours-ci ?

Sheikh Ali : L’autorité israélienne d’occupation a mobilisé des milliers de colons et de juifs extrémistes pendant Sukkot pour qu’ils pratiquent leurs rites à l’intérieur même de la Mosquée Al-Aqsa. Accompagnés et protégés par la police israélienne, les colons sont arrivés avec des tambours et des trompettes pour pratiquer leurs rituels à l’intérieur d’Al-Aqsa. Provoquant ouvertement le monde arabe et musulman, les Juifs ont annoncé leur intention de prendre Al-Aqsa d’assaut. La police israélienne a empêché les enfants, les jeunes, et les moins de 50 ans d’entrer dans l’enceinte d’Al-Aqsa.

De plus, la police a bloqué Al-Aqsa en fermant toutes les portes qui y mènent, après avoir assiégé la ville d’Al-Quds et l’avoir divisé en sections, pour mieux la contrôler. La police israélienne a installé des barrages sur toutes les routes qui mènent à Al-Aqsa. Tout ceci vise à faciliter la situation pour que les Juifs envahissent la mosquée. Malgré tout, grâce à Allah le Tout-Puissant, beaucoup de gens qui se trouvaient à l’intérieur d’Al-Aqsa ont décidé de rester dès qu’Israël a installé ses barrages sur les routes qui y conduisent. A partir de là, nous avons réussi à parer à toutes les tentatives israéliennes d’envahir la Mosquée.


IOL : De nombreux Palestiniens, de toute la Palestine, essayent de vous rejoindre à l’intérieur de la Mosquée. Y sont-ils parvenu ?

Sheikh Ali : Les forces israéliennes d’occupation ont barré les routes vers Al-Aqsa et à l’intérieur de nombreuses villes palestiniennes, Muthaleth, Jalil et Al-Ramelah. Ces barrages se trouvent à 200km d’Al-Aqsa, aucune voiture ne peut donc passer.

Depuis le premier jour, quand les forces israéliennes d’occupation ont empêché les convois palestiniens d’entrer à Al-Aqsa, beaucoup ont insisté pour faire à pied les 150km jusqu’à Al-Aqsa. Mais les Israéliens les ont empêchés de venir à pied. Alors les Palestiniens ont décidé de faire la prière Al-Fajr à 150km d’Al-Aqsa. Beaucoup d’entre eux ont réussi à arriver à Al-Quds en contournant les barrages israéliens. Mais ensuite, ils ont été dans l’impossibilité d’arriver jusqu’à Al-Aqsa à cause du blocus strict de la Mosquée.


IOL : Si les forces israéliennes et les colons juifs donnent l’assaut à Al-Aqsa, jusqu’où êtes-vous prêts à aller ?

Sheikh Ali : L’infâme projet israélien de donner l’assaut à Al-Aqsa est réel. Le 6 octobre, les forces israéliennes d’occupation ont tenté d’arrêter quatre d’entre nous, et d’envahir la Mosquée, mais notre volonté et notre solidarité les empêcher de mener à bien leurs plans. La tentative d’arrestation de quatre d’entre nous a été contrée par un affrontement bref avec les forces israéliennes, et les fidèles ont réussi à les libérer.


IOL : Pensez-vous que les Israéliens essaient maintenant de diviser Al-Aqsa, comme ils l’ont fait auparavant avec la Mosquée Al-Ibrahimi (à Hébron, ndt) ?

Sheikh Ali : Toutes les provocations israéliennes montre le dessein d’accélérer la construction du prétendu Temple juif sur les ruines d’Al-Aqsa. Le Ministère de l’Intérieur israélien a suggéré de diviser Al-Aqsa entre les Musulmans et les Juifs. Ces jours-ci, Israël essaie de mettre ce projet à exécution.


IOL : Quels sont les contre-projets du Mouvement islamique à l’intérieur de la Palestine mandataire pour faire face à ce plan israélien, en particulier parce que de telles provocations vont probablement continuer pendant des années ?

Sheikh Ali : A la veille de Yom Kippur, une fête juive, les juifs extrémistes avaient projeté d’envahir Al-Aqsa. Mais les Palestiniens en ont été avertis. Il y a eu des affrontements féroces entre la police israélienne, les colons et les Palestiniens qui se sont poursuivis pendant deux jours consécutifs. Maintenant, les Juifs essaient d’envahir Al-Aqsa pendant Sukkot, pourtant, grâce à Allah le Tout-Puissant, nous avons pu contrer toute offensive contre la Sainte Aqsa. Nous sommes à l’intérieur d’Al-Aqsa pour la défendre, quelque soit le temps que cela prenne.


IOL : Dans quelle mesure les tunnels creusés par les Israéliens autour et sous Al-Aqsa affectent-ils ses fondations ?

Sheikh Ali : Le creusement de tunnels continue sans cesse jusqu’à ce jour. Nous sommes actuellement débordés par la défense d’Al-Aqsa contre toute attaque alors qu’en même temps, les projets de creuser davantage de tunnels sous Al-Aqsa continuent.

Il y a des tunnels sous les quartiers As-Silwan, Wadi Helwa, sous la vieille ville, et même sous la Mosquée elle-même. Ce qui signifie que les maisons autour d’Al-Aqsa sont sur le point de s’effondrer, et la plus grande partie du secteur Al-Aqsa est construit sans fondations. Sans parler des nombreuses synagogues qui sont construites sous Al-Aqsa, et également à Ein-Helwa et As-Silwan.

Récemment, Netanyahu, le premier ministre d’Israël, a projeté d’ouvrir un tunnel qui va directement d’As-Silwan à la Mosquée Al-Aqsa. La Fondation Al-Aqsa a découvert ce tunnel, qui fait 600 mètres de long et 2 mètres de large.


IOL : Que voudriez-vous dire aux Musulmans ?

Sheikh Ali : Nous exhortons les Musulmans à s’unir pour la défense d’Al-Aqsa, qui est dans une situation très critique. Al-Aqsa n’appartient pas seulement aux Palestiniens. Elle appartient à chaque Musulman.


Reportage Press-TV sur les tunnels sous Al-Aqsa (en anglais et en arabe)

Source : Islam On Line

Les manifestants d’Al-Aqsa mettent fin à leur sit-in

Jérusalem - 11-10-2009
Par Maan News
Le sit-in à la Mosquée Al-Aqsa s’est terminé samedi matin, selon un responsable du Fatah qui a applaudi l’intervention de l’ambassade de Jordanie à Tel-Aviv, qui a semble-t-il négocié un accord avec Israël pour mettre fin à la crise.





















Hatem Abdul-Qader, responsable du dossier sur Jérusalem dans le mouvement Fatah, a dit que les 400 fidèles qui étaient retranchés dans l’enceinte de Jérusalem-Est pourraient partir et que la police israélienne avait levé le siège.

Le fonctionnaire a dit à Ma’an qu’Israël avait promis de ne détenir aucun des fidèles après leur départ et d’annuler les placements en garde-à-vue des manifestants, en plus d’autoriser un accès libre à la Mosquée sans interférence.

Il a ajouté que l’ambassadeur de Jordanie à Tel Aviv, Ali Ayed, avait négocié l’accord.

Ce dernier développement survient après que des centaines d’Israéliens de droite ait envahi samedi matin la Rue Al-Wad, près du marché Al-Qatanin, dans la vieille ville, où ils ont tenté d’accéder à la mosquée avant d’en être empêchés par la police israélienne.

Abdul-Qader a dit qu’il participerait à une conférence de presse dimanche matin, au cours de laquelle des responsables et des fidèles feraient un bilan de la semaine passé, et analysant les arrangements qui ont mis fin au sit-in.
Source : Maan News

Une occupation insidieuse, rampante et omniprésente

Palestine - 11-10-2009
Par Pete Jones
Pete Jones est londonien et fait des études de journalisme. Il a passé une année en France avant de partir en Palestine avec ISM
J’ai passé une partie de l’été 2009 en Cisjordanie. Au début, j’avais programmé un séjour de 3 semaines en Palestine, mais au dernier moment (le matin de mon vol, en fait), j’ai changé mon billet pour ne rentrer que le 24 septembre. J’ai donc vécu 7 semaines parmi les Palestiniens.























Première chose, le sentiment étrange qu'on ressent de retour en Europe, même si je n’ai passé que 7 semaines en Palestine. L’expérience fut tellement intense, elle m’a semblé plutôt durer 7 mois, bien que mon séjour là-bas me semble, en même temps, comme une espèce de rêve, ou hallucination !

Je ne vais pas raconter tout ce que j’ai vu. Il est probable que vous avez déjà une connaissance de la situation, et même si vous n’en avez pas, il n’est pas trop difficile de trouver des comptes-rendus sur l’internet, etc. Raconter des épisodes de l’agression israélienne, ça ne servirait à rien. Pour comprendre tout ça, il faut y aller. Et malheureusement, je ne peux rien dire à propos de Gaza, ce qui serait plus intéressant actuellement puisque personne ne peut y entrer.

Mais je peux donner une idée, brièvement, de la vie sous l’occupation. Actuellement, les Israéliens sont en train d’asphyxier la Palestine et les Palestiniens, au point de la faire disparaître, mais ils le font tellement subtilement et sournoisement que personne en dehors de Cisjordanie ne peut le savoir.

En 2000-2006, il y a eu la deuxième intifada – la résistance palestinienne à main armée – et, alors, les chars israéliens étaient dans les rues arabes, les F-16s lançaient des missiles sur des villes palestiniennes, et le monde était choqué. Plus ou moins. Encore plus important était le fait que les Palestiniens pouvaient voir, clairement, leur ennemi. Il était dans le char, là.

La résistance, bien sûr, (était) a été écrasée. Et depuis de ce moment-là, les Israéliens sont été en train de construire leur mur en Cisjordanie. Ce mur était censé suivre la Ligne Verte – la limite du territoire palestinien comme il existait (suivant) avant la guerre de 1967. Mais le mur suit un chemin qui annexe des domaines palestiniens énormes ; à Bil’in, où j’ai travaillé pendent 5 semaines, ils ont annexé plus de 60% de la terre appartenant aux habitants du village.

Et sur cette terre volée, les Israéliens ont construit des colonies – ce qui est illégal selon la loi internationale. On ne peut pas transférer une population civile dans un territoire sous une occupation militaire. C’est il-lé-gal.

Aujourd’hui, il y a à peu près 400.000 colons en Cisjordanie. Ils ont le droit de porter des armes, et ils l’exercent, bien sûr. Normalement les colons sont les Israéliens les plus extrémistes (à Tel-Aviv, par exemple, j’ai rencontré pas mal de gens qui pensent que les colons sont complètement fous, et ils ont raison) et il est habituel de trouver des groupes de colons en train de tirer sur un groupe de Palestiniens, ou au moins jeter des pierres, même aux enfants palestiniens sur le chemin de l’école…

Un boulot qu’on fait à Hébron est d’accompagner les enfants à l’école car c’est trop dangereux pour eux et même pour leurs parents sans une présence internationale. La situation à Hébron est incroyable… C’est le seul endroit où les colons et les Palestiniens habitent la même ville. La tension est insupportable, et là j’ai vu des atrocités commises par les colons. Trois jeunes ont donné des coups de ceintures à une mère qui était avec son enfant. Nous avons dû appeler l’armée israélienne pour les disperser. L’armée a arrêté la Palestinienne.

Au-delà des colonies, les israéliens sont en train de classer toutes les rues et régions de Cisjordanie. On a zone A, zone B et zone C. Les zones classées ‘A’ sont dirigées par l’Autorité palestinienne et (in) habitées par les Palestiniens. ‘B’ (égal) équivaut à une région dirigée par l’armée israélienne mais habitée par les Palestiniens, et ‘C’ désigne les colonies. En classant une région ou une rue en ‘C’, les Israéliens découpent la Palestine en petits cantons. Ils diront, par exemple, qu’ils ont trouvé des tombes juives sur la route principale d’une ville et, par conséquence, cette route est maintenant classée en ‘zone C’. Une fois qu’un endroit est classé ‘C’, aucun Palestinien n’a le droit d’y aller, d’y être. C’est exactement ce qui arrive à Naplouse, et à Hébron, où il y a de vastes quartiers où les Palestiniens ne peuvent jamais aller.

Avec les 400.000 colons déjà installés sur le territoire palestinien, et la taille de ce territoire en train de se réduire chaque jour grâce aux petits actes bureaucratiques comme la reclassification des rues/régions, les Israéliens sont en train de rendre impossible un Etat palestinien à l’avenir. Et ce processus est appelé « l’occupation invisible » ; il n’y a pas de chars, pas de F-16s, pas de guerre. Mais la vie pour les Palestiniens devient plus en plus difficile, voire impossible. Cette occupation invisible est bureaucratique ; c’est ça qui est ingénieux de la part des Israéliens. Tout le monde en Europe se fiche de la reclassification d’une rue à Naplouse, mais l’effet pour les habitants est énorme ; ils ne peuvent plus aller à leur magasin, leur école ou université, ni voir leur famille. Et, ce qui est vachement important, c’est que les Palestiniens ne voient pas leur ennemi. Il est trop vague, nébuleux… c’est difficile d’entourer, de soutenir une résistance contre une occupation qui est largement cachée, bureaucratique. Un problème considérable est la désunion palestinienne. La résistance est devenue sans gouvernail, on pourrait dire.

Et, bien sûr, chaque jour apporte des actes brutaux de la part des militaires israéliens. Mais parce qu’il n’y a pas de combat, il n’y a pas d’histoires à raconter dans les journaux en Europe. Par exemple, il y a quinze jours un petit garçon de 14 ans est tué par l’armée. Vous en avez entendu parler ? Il était devant son école à Jenin quand il a été renversé par 4 soldats dans une jeep. Vous imaginez si c’était arrivé de l’autre coté, si un garçon israélien avait été tué comme ça ? Voilà ce qui se passe chaque jour en Cisjordanie. Les enfants sont régulièrement interpellés (c’est la loi militaire pour les Palestiniens, pour que les Israéliens puissent arrêter qui ils veulent et les garder en prison pendant 6 mois sans charge), ils écrasent des manifestations non-violentes avec des gaz lacrymogènes et même des munitions réelles, et les Palestiniens n’ont pas le droit de traverser leur territoire librement ou de travailler sur leur terre.

Les forces israéliennes ont lancé à Bil’in une campagne de terreur contre les habitants car l’armée ne parvient pas à réprimer la résistance ingénieuse des Bil’iners. Il y a 4 mois, l’armée israélienne a commencé une série de raids nocturnes dans le village. Une trentaine, une quarantaine, même quelquefois une centaine de soldats viennent au village pendant la nuit, tous armés, pour arrêter les leaders de la résistance et des enfants. Ils prennent des enfants pour les forcer à écrire des « confessions » qui reconnaissent que les leaders de la résistance leur ont demandé de jeter des pierres pendant les manifestations. Les leaders sont tous contre les manifestations violentes et, chaque vendredi, pendant la manifestation, ils préconisent aux jeunes de ne pas jeter de pierres. Mais ces « confessions » servent à condamner ces leaders ; c’est l’excuse employée par l’armée pour justifier ces raids.

Les raids servent à terrifier la population du village et à saper la force de la résistance ; les Bil’iners sont moins prêts à rejoindre la lutte, étant donnée l’ampleur de la terreur occasionnée par ces raids.

Voilà, c’est tout pour l’instant. Malgré tout, malgré le désespoir, j’ai passé 7 semaines formidables en Palestine. J’ai travaillé avec des gens incroyablement inspirants, surtout du côté palestinien, mais aussi quelques activistes internationaux, et c’est sans doute l’expérience la plus impressionnante, et touchante, de toute ma vie.

ISM Naplouse rencontre Linan Yousef Abo Gholbi à sa sortie de prison

Naplouse - 11-10-2009
Par ISM
Le 5 octobre 2009, un groupe de militants d’ISM a rencontré Linan Yousef Abo Gholbi dans sa famille, près de Naplouse, à l’invitation de Tanweer, une organisation de la base populaire basée à Naplouse. Linan est l'une des 20 prisonnières palestiniennes qui a récemment été libérée des prisons palestiniennes en échange d’une vidéo du Hamas prouvant que Gilad Shalit, le soldat israélien capturé en 2006, était toujours en vie.






















Une des prisonnières libérées début octobre (photo Keystone)


Depuis des générations, les membres de la famille de Linan font partie des combattants et des activistes du Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) dans la lutte palestinienne pour la justice. Beaucoup sont morts, beaucoup ont été emprisonnés. Ses parents ont passé des années à rendre visite à leurs enfants dans différentes prisons, et actuellement, un de ses frères est toujours en prison.

Le mari de Linan, Amjad Mletod, a été tué lors d’une bataille avec les soldats israéliens en 2004 et peu de temps après, Linan a été arrêtée et leur maison détruite. Bien qu’ils soient restés mariés pendant 5 ans, ils n’ont pu vivre ensemble que pendant un an, puisque Amjad était recherché.

Linan a été détenue dans un centre d’interrogatoires, où elle a été interrogée pendant 20 jours, une main et un pied attachés à une chaise, ce qui est une forme de torture. Elle a été condamnée à 4 ans de prison pour ses activités au FPLP, mais par pure vengeance, deux années ont été ajoutées, une pour les activités de son mari en tant que combattant, et une pour celles de son frère, qui avait été tué.

Elle a été envoyée à Ramlah, une prison pour les criminelles israéliennes, et peu après, à la prison d’Al-Sharon, pendant 3 ans et demi. Elle a passé ses deux dernières années de prison à Demon, une ancienne écurie pendant le mandat britannique. Toutes les Palestiniennes incarcérées là souffrent de l’humidité, de la saleté et des insectes, beaucoup tombent malades.

Linan évoque avec éloquence et de façon émouvante les privations et les abus dont souffrent les prisonniers et du traitement que les prisonnières endurent, et qui n’est pas moins dur que celui des hommes emprisonnés dans les geôles israéliennes.

Elles sont harcelées verbalement et physiquement, souvent soumises à des punitions arbitraires comme les jets de gaz lacrymogènes ou d’eau à l’intérieur de leurs cellules ; des chiens ont été mis dans leurs cellules ; la punition peut signifier d’être placée en cellule d’isolement ; des punitions comme les coups, ou être traînée par les cheveux, sont exécutées par des gardiens. De tels traitements sont constants et font partie d’un régime combiné de pratiques sadiques extrêmes et de cruauté.

Lorsque les prisonnières doivent être présentées devant le tribunal, elles sont fouillées à nu avant de quitter la prison. Au tribunal, elles ne sont pas autorisées à parler, ni à faire un signe à leurs parents, sous peine de punitions, habituellement la privation de couvertures, d’argent ou de livres. Lorsque Shalit a été capturé, le droit aux études a été annulé et les prisonniers venant de Gaza ont été collectivement punis par une interdiction de visites.

Elles n'ont aucune intimité – 14 détenues vivent dans une cellule, et dorment sur des matelas très minces. Les salles de bains sont à l’extérieur des cellules et les femmes doivent demander la permission de s’y rendre. De plus, elles ne reçoivent aucun traitement médical adéquat, même en cas de très graves maladies.

Bien que le jeune frère de Linan et son neveu soient dans la même prison qu’elle, pour des raisons de « sécurité », ils n’ont pas été autorisés à avoir de contacts d’aucune sorte et, pendant des années, ils se sont battus avec héroïsme mais sans succès pour faire reconnaître leur droit.

Lorsqu’on lui demande comment elle réagit devant ce passé tragique et injuste et ce qu’elle souhaite pour l’avenir, elle dit qu’elle garde le sourire et qu’elle est résolue à continuer à lutter. Elle est très fière de la ténacité de sa famille et de son mari. L’idée qu’elle pourrait être à nouveau arrêtée ne la dissuade pas. Ses 5 années de prisons n’ont fait que renforcer sa détermination à continuer ses activités dans la bataille pour la libération de la Palestine.

Une des principales préoccupations de Linan est le sort de ces Palestiniens qui languissent dans les prisons israéliennes, plus de 11.000 prisonniers, certains en détention préventive indéfinie, pendant des années, sans qu’aucune accusation soit portée contre eux. Elle exprime également le souhait que les organisations internationales pour les droits de l’homme et les groupes de la base populaire travaillent avec plus de vigueur pour que justice soit rendue et que les prisonniers, incarcérés parce qu’ils exercent leur droit à résister à l’oppression, soient libérés.

L’arrestation, la détention et l’incarcération sont parmi les armes les plus importantes dans la guerre israélienne totale contre le peuple palestinien. Ces actions constituent une violation des droits des populations occupées, visent à atteindre le plus grand nombre possible de personnes, affectent tous les segments de la société, et sont mises en œuvre pour tenter de briser la volonté des Palestiniens à résister à l’occupation.

Pour en savoir plus et vous impliquez dans la défense des prisonniers palestiniens, vous pouvez prendre contact avec :

- Addameer, association de soutien aux prisonniers et pour les droits de l’homme,

- Aseerat, consacrée aux prisonnières palestiniennes

- Defence for Children International, section Palestine, consacrée aux enfants

- The Palestine Prisoners’ Club.
Source : Palsolidarity

Retranché à Gaza, le Hamas attend son heure

publié le dimanche 11 octobre 2009

Laurent Zecchini
Le Hamas veut changer son image de marque.

La maison de Fathi Hamad, ministre de l’intérieur du gouvernement du Hamas à Gaza, est située à Beit Lahiya, au nord du territoire, un bourg proche de la limite avec Israël. Ses gardes du corps, tous vêtus de noir, sont nombreux mais discrets, presque accueillants. Peu d’armes sont visibles. On y entre par le garage, en longeant une Mercedes rutilante. Le ministre offre du thé et des gâteaux, il sourit et contrôle son verbe.

Le Hamas veut changer son image de marque. Son pouvoir dans la bande de Gaza n’est guère contesté, il profite des erreurs répétées du Fatah, le mouvement palestinien historique qui contrôle l’Autorité palestinienne, et résiste tant bien que mal au blocus économique imposé par Israël grâce à "l’économie des tunnels" (entre le sud de la bande de Gaza et l’Egypte), mais il lui manque une légitimité internationale.

En attendant, il estime que les événements tournent en sa faveur. Fathi Hamad exulte presque en soulignant l’attitude des "traîtres" du Fatah, qui ont fait en sorte que le rapport d’enquête de la commission présidée par le juge sud-africain Richard Goldstone, qui dénonçait les "crimes de guerre" commis notamment par Israël lors de la guerre de Gaza (27 décembre-17 janvier), soit enterré devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

Quelle meilleure preuve, demande-t-il, que le Fatah a tout fait pour inciter Israël à anéantir le Hamas pendant la guerre ? Le Fatah, insiste-t-il, est "lié à la vision israélo-américaine" du conflit. Dans les rues de Gaza, des affiches dénonçant l’attitude de son président, Mahmoud Abbas, ont été collées sur les murs, mercredi 7 octobre, et le Hamas aurait demandé le report de la réunion de réconciliation interpalestinienne prévue au Caire le 26 octobre.

Plus que jamais, le Hamas estime être le seul mouvement palestinien à incarner la résistance à Israël, même s’il a accepté une "pause" dans les hostilités, afin que la population de Gaza souffle un peu après un conflit qui l’a durement éprouvée. Mais la "guerre sainte reprendra", pour libérer "toute la Palestine historique", insiste Fethi Hamad. Et peut-être d’abord à Jérusalem, où "les juifs veulent détruire la mosquée (Al-Aqsa) pour reconstruire leur temple".

Face à cette situation, estime Fethi Hamad, les Palestiniens "doivent résister et, s’il le faut, mourir pour Al-Aqsa". Dans son bureau situé près du camp de réfugiés de Bourej, au sud de la ville de Gaza, la députée Huda Naïm est nettement plus explicite : "Il faut que le peuple se manifeste, que les résistants lancent des opérations contre les Israéliens. Il faut que la facture soit chèrement payée par les Israéliens ; il faut que les soldats israéliens aient peur."

Coiffée d’un foulard blanc, la députée du Hamas frappe son bureau du plat de la main : "Tout soldat qui se trouve sur les territoires occupés de 1967 doit être une cible !" Elle reprend bien vite son calme, souligne que le Hamas n’a pas pris la décision de déclencher une troisième Intifada, et reconnaît que la population palestinienne est fâchée "parce qu’on a oublié Jérusalem au profit de Goldstone".

Disant cela, Huda Naïm pointe du doigt l’un des principaux défis que doit relever le mouvement de la résistance islamique, confronté à la surenchère de jeunes militants pour qui le Hamas, en acceptant une trêve de fait avec Israël, a abandonné "la lutte contre l’ennemi sioniste". Ce sont ces déçus du Hamas qui ont grossi les rangs de groupes radicaux, comme le mouvement salafiste Jund Ansar Allah, dont la rébellion a été réprimée dans un bain de sang à la mi-août, et dont le dernier chef, Mahmoud Taleb, a été arrêté mercredi.

Inspirés par Al-Qaida mais non affiliés à l’organisation terroriste, ces groupuscules ne représentent pas une menace militaire pour le Hamas. Politiquement en revanche, leur jusqu’au-boutisme islamiste gêne les efforts du Hamas pour redorer son image de marque internationale. "Le mouvement leur laisse la bride sur le cou et, lorsqu’ils vont trop loin, il frappe", résume Issam Younis, directeur du centre pour les droits de l’homme Al-Mezan.

"Le Hamas, ajoute Omar Shaban, directeur de l’Institut d’études stratégiques PalThink, se montrera toujours d’une extrême fermeté avec quiconque se posera en rival sur le plan islamique." Ces deux experts ne croient pas que le mouvement ait été politiquement affaibli par la guerre avec Israël. "Il contrôle toujours tout", insiste Omar Chaban.

Tenant fermement en main le pouvoir, le Hamas peut se permettre de cultiver une apparence de libéralisme : il condamne officiellement les excès de l’islamisation de la société gazaouie prônée par certains éléments soi-disant "incontrôlés", il montre une relative ouverture envers les Occidentaux, et tolère la présence de militants du Fatah à Gaza, pourvu que ceux-ci ne se réorganisent pas.

Rien ne dit que cette stratégie se révélera payante. Le Hamas a toujours bâti sa stratégie sur les erreurs du Fatah et, de ce point de vue, les événements récents le confortent. Quant à une reconnaissance internationale, c’est autre chose : pour les Américains et les Européens, il reste un "mouvement terroriste".

Nobel de la Paix ; Etonnement et perplexité en Israël et en Palestine

publié le dimanche 11 octobre 2009

Laurent Zecchini
Après les Etats-Unis, le pays le plus surpris par l’attribution du prix Nobel de la paix à Barack Obama est sans doute Israël, l’étonnement des Israéliens le disputant à celui des Palestiniens. Cette décision, que Reuven Rivlin, président de la Knesset (Parlement) et membre du Likoud, le parti du premier ministre Benyamin Nétanyahou, a qualifiée, vendredi 9 octobre, de "bizarre", ne pouvait l’être davantage alors que George Mitchell, envoyé spécial américain pour le Proche-Orient, se trouvait à Jérusalem pour tenter de ressusciter un processus de paix dont l’absence de résultats a écorné la crédibilité du chef de la Maison Blanche dans la région.

Jérusalem Correspondant

Officiellement, les deux parties, soucieuses de se concilier les bonnes grâces de Washington, ont usé du registre diplomatique. A commencer par Shimon Pérès, lauréat du prix Nobel de la paix en 1994. "Vous avez apporté à l’humanité tout entière un nouvel espoir. Sous votre leadership, la paix est devenue une vraie priorité", écrit le président israélien dans une lettre à M. Obama. Même ton pour M. Nétanyahou : "Vous avez déjà inspiré tellement de gens à travers le monde, et je sais que cette récompense exprime aussi l’espoir que votre présidence sera annonciatrice d’une nouvelle ère de paix et de réconciliation."

L’Autorité palestinienne n’a pas été en reste, même si son président, Mahmoud Abbas, s’est montré plus politique, espérant que "la paix prévaudra en Palestine et dans la région sous la présidence de M. Obama, grâce à l’instauration d’un Etat palestinien avec comme capitale Jérusalem-Est".

"Promesses"

Le Hamas a été le seul à crier que le roi était encore un peu nu... Le président des Etats-Unis a "encore beaucoup à faire avant de mériter ce prix", a estimé le mouvement de la résistance islamique. "Il n’a rien présenté aux Palestiniens, si ce n’est des promesses et de bonnes intentions. Dans le même temps, il accorde un soutien absolu à l’occupation" (israélienne).

Aucune percée n’était attendue durant la visite de M. Mitchell. Elle s’est déroulée alors qu’une vive tension régnait à Jérusalem. Vendredi, le déploiement de plusieurs milliers de policiers et de soldats a assuré le calme. L’ensemble du pays était placé en "état d’alerte avancée".

Annulation de manœuvres aériennes Israël-Turquie-États-Unis

12/10/2009
Selon la radio militaire israélienne, l'annulation de cet exercice traduit la dégradation des relations entre Tel-Aviv et Ankara.
Des manœuvres aériennes qui devaient avoir lieu à compter d'aujourd'hui en Turquie avec la participation d'Israël ont été reportées, a indiqué hier l'armée israélienne dans un communiqué. « L'exercice nommé Anatolian Eagle (Aigle d'Anatolie), qui devait avoir lieu en Turquie du 12 au 23 octobre, a été reporté jusqu'à nouvel ordre à la suite de la décision de la Turquie de modifier la liste des participants en excluant Israël », selon ce texte. « Cette décision a été prise quelques jours avant la tenue de l'exercice, qui a lieu périodiquement et permet un entraînement pour la coopération aérienne internationale », a ajouté l'armée sans donner d'autres détails.
Selon la radio militaire, l'annulation de cet exercice, auquel devaient également participer des appareils américains et de pays de l'OTAN, traduit la dégradation des relations entre Israël et la Turquie depuis l'opération militaire menée par l'armée israélienne dans la bande de Gaza en début d'année. Cette opération de 22 jours a fait plus de 1 400 morts palestiniens, selon des sources médicales palestiniennes. En 1996, Israël et la Turquie ont signé un premier accord militaire prévoyant un entraînement de l'aviation des deux pays dans leurs espaces aériens respectifs. Cet accord a été vivement critiqué par la plupart des pays arabes et l'Iran.
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a tenté hier de minimiser la décision d'Ankara. « La Turquie a été et reste un point d'ancrage stratégique très important au Moyen-Orient, et ses relations avec Israël servent les intérêts de toute la région », a affirmé M. Ayalon à la radio publique. Il a également qualifié la Turquie « d'État tolérant faisant partie du monde occidental et qui sert de contre-modèle au régime iranien ».
La radio publique a pour sa part précisé que ces manœuvres devaient comprendre des exercices d'attaques dans l'espace aérien turc près des frontières avec la Syrie, l'Irak et l'Iran, ainsi que des exercices d'attaque de système terrestre de défense aérienne et de ravitaillement en vol.
La Turquie, pays majoritairement musulman au régime laïque, est le principal allié d'Israël dans la région, mais entretient des liens étroits avec les Palestiniens, dont la cause bénéficie d'un large capital de sympathie dans le pays. Début septembre, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, avait annulé une visite qu'il devait effectuer en octobre en Israël, selon des sources officielles israéliennes.
Selon la presse, cette annulation faisait suite au refus d'Israël de lui permettre de se rendre dans la bande de Gaza par le point de passage israélien d'Erez pour s'entretenir avec des dirigeants du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle le territoire palestinien depuis plus de deux ans. Les autorités israéliennes refusent d'accueillir des hôtes officiels étrangers qui veulent se rendre à Gaza sans s'engager au préalable à ne pas avoir de contact avec le Hamas, considéré par Israël comme une organisation terroriste.

La lauréate israélienne prône la libération des Palestiniens détenus

12/10/2009
Ada Yonath, prix Nobel de chimie 2009, s'est déclarée samedi en faveur de la libération de tous les prisonniers palestiniens détenus par Israël, adoptant une position pacifiste radicale en Israël. « Il faut libérer tous ceux que nous appelons des terroristes et pas seulement pour obtenir en échange le soldat Gilad Shalit », enlevé en juin 2006 à la lisière de la bande de Gaza, a déclaré Mme Yonath à la radio militaire israélienne. « C'est en gardant ces détenus en prison que nous poussons à l'exaspération leurs proches et que nous fabriquons des terroristes », a ajouté la scientifique. « Le meilleur moyen d'empêcher les enlèvements d'Israéliens en vue qu'ils servent de monnaie d'échange, c'est de libérer ces détenus », a-t-elle souligné. Selon elle, c'est le désespoir qui pousse des Palestiniens à des opérations-suicide : « Cela n'arrive pas à des gens qui ont un horizon et une espérance dans leur vie. » Issue d'une famille juive modeste de Jérusalem, alors sous mandat britannique, Ada Yonath, 70 ans, qui se dit inspirée par Marie Curie, est le Premier prix Nobel féminin d'Israël. Quelque 8 000 Palestiniens détenus pour activités anti-israéliennes sont actuellement sous les verrous en Israël ou en Cisjordanie occupée.

Fin de la navette diplomatique de Mitchell

12/10/2009
L'accord interpalestinien pourrait encore être reporté, selon le ministre égyptien des Affaires étrangères.
L'émissaire américain au Proche-Orient, George Mitchell, a achevé hier sa neuvième navette diplomatique au Proche-Orient depuis janvier sans laisser entrevoir de signe d'une reprise imminente des pourparlers israélo-palestiniens.
M. Mitchell, reçu une première fois vendredi par le Premier ministre israélien, a rencontré hier Benjamin Netanyahu après s'être rendu la veille au Caire. Dans un communiqué diffusé après la seconde entrevue, les services de M. Netanyahu ont annoncé que deux négociateurs israéliens se rendraient à Washington dans la semaine à venir pour poursuivre le dialogue.
« La réalisation d'une paix globale au Proche-Orient demeure un objectif important de la diplomatie américaine et du président (Barack) Obama, a déclaré Mitchell à des journalistes dans la capitale égyptienne. Nous comprenons qu'il y a beaucoup de difficultés, beaucoup d'obstacles. Mais nous sommes bien déterminés à poursuivre nos efforts jusqu'à ce que cet objectif soit atteint. »
De son côté, le Comité central du mouvement Fateh, dirigé par le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, a réitéré son opposition à toute reprise des négociations avec Israël sans un arrêt complet de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem. Le Comité central a souligné dans un communiqué la nécessité d'une « position ferme sur le processus de paix ».
M. Mitchell, qui a multiplié ces derniers mois les navettes dans la région, sans résultat tangible, avait réitéré vendredi le soutien de Washington à la coexistence d'Israël et d'un État palestinien, à l'issue d'entretiens avec M. Netanyahu puis le président palestinien Mahmoud Abbas.
M. Mitchell a indiqué avoir également rencontré samedi soir le chef des services de renseignements égyptiens Omar Souleimane impliqué dans le dialogue indirect entre Israël et le Hamas qui contrôle la bande de Gaza, ainsi que dans les efforts de rapprochement entre ce mouvement islamiste et l'Autorité palestinienne. Toutefois, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmad Aboul Gheït, a estimé hier que le Hamas et le Fateh pourraient reporter au mois prochain la signature de leur accord de réconciliation, prévue initialement le 26 octobre.
Par ailleurs, l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, dont l'accès était interdit depuis une semaine à la suite de manifestations, a été rouverte hier aux fidèles musulmans et aux visiteurs, a annoncé à l'AFP un porte-parole de la police. Le conflit autour de l'esplanade des Mosquées s'est rallumé à la fin septembre, des Palestiniens protestant contre l'intrusion selon eux d'extrémistes juifs venus prier sur le site, ce que la police a démenti.
L'esplanade, qui abrite les mosquées al-Aqsa et du Dôme du Rocher, est considérée comme le troisième lieu saint de l'islam.
Enfin, environ 750 kilos d'explosifs et des armes automatiques ont été saisis hier près de la frontière avec la bande de Gaza par la police égyptienne, a indiqué un responsable de la sécurité. La bande de Gaza est soumise à un strict blocus par Israël depuis la prise de pouvoir de ce territoire par le Hamas en juin 2007.

dimanche 11 octobre 2009

Obama prix Nobel... Une farce sanglante !

samedi 10 octobre 2009 - 09h:02

Peter Eyre
The Palestine Telegraph


J’ai été choqué de lire les gros titres aujourd’hui selon quoi le Président Obama avait eu le Prix Nobel de la Paix 2009 pour « ses efforts extraordinaires dans le renforcement de la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples ».

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Pour les civils afghans, le prix Nobel Obama, c’est des bombardements, du sang et des larmes...

Cela doit sûrement être le prix le plus rapide jamais attribué dans d’aussi brefs délais.

Serait-ce une sorte de lot de consolation après avoir perdu la candidature olympique ?
Serait-ce une récompense pour avoir retardé le procès des crimes de guerre israéliens ?
Serait-ce pour faire semblant de retirer ses troupes d’Irak, mais en permettant à des entreprises privées de sécurité d’y placer des milliers de leurs agents et poursuivre leurs activités clandestines ?
Serait-ce pour avoir étendu la guerre en Afghanistan et vouloir ajouter des milliers de soldats dans la zone de guerre ?
Serait-ce pour vouloir réduire les armes nucléaires, mais sous la tromperie de vouloir faire fabriquer beaucoup plus de petites armes conventionnelles de destruction massive ?
Serait-ce par qu’il se tient aux côtés d’Israël et cède à toutes ses exigences ?
Serait-ce parce qu’il applique continuellement des pressions sur l’Iran qui ne sont même pas une menace pour les Etats-Unis ?
Serait-ce en récompense de son soutien pour les institutions financières en place et pour avoir condamné les pauvres a en payer le prix ?

Je suis sûr qu’une fois que nous nous serons tous remis de ce choc, nous pourrons énumérer bien d’autres raisons. Alors, quelles sont donc ses réalisations qui justifient un prix si prestigieux ?

Avant d’étudier cet homme de plus près, nous devons nous rappeler que la plupart des discours et des actions prises par un président ou un premier ministre sont rédigés par leurs conseillers appropriés. Prenons un moment pour étudier les promesses qu’il a faites à son peuple et au monde à son entrée en fonctions au titre de 44e président des États-Unis.

Barack Obama a promis une nouvelle ère de domination américaine dans laquelle la puissance militaire pourrait être tempérée par de l’humilité et de la retenue.

M. Obama a établi le contact avec le monde musulman et a déclaré que l’Amérique devait à nouveau mériter sa grandeur.

M. Obama a promis de rétablir des alliances et a dit que les Américains devaient reconnaître leurs devoirs « à nous-mêmes, à notre nation et au monde ». Il a dit aussi que leur puissance militaire n’autorisait pas les Etats-Unis « à faire ce qui leur plaît ».

« Sachez-le bien, ces devoirs seront remplis. En ce jour, nous nous réunissons parce que nous avons choisi l’espoir contre la peur, l’unité des objectifs contre le conflit et la discorde », dit-il. « A partir d’aujourd’hui, nous devons nous relever, secouer la poussière sur nous et entamer à nouveau la tâche de reconstruire l’Amérique ».

Aux musulmans il a offert une « nouvelle voie, fondée sur l’intérêt mutuel et le respect mutuel », mais il a averti les terroristes qu’ils seraient battus. Pour ceux qui nous regardent, a-t-il ajouté, « sachez que l’Amérique est un ami de chaque nation et de chaque homme, femme et enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à être à nous tenir en tête une fois de plus. » Ses promesse de fermer Guantanamo Bay et certaines de ses citations clés ont été retentissantes mais le temps montrera la véritable nature de cet homme qui ne fait que parler. Jusqu’à présent, nous avons vu la faiblesse de sa promesse à propos de Guantanamo Bay, son incapacité à mettre Israël au pas et ses inutiles discours agressifs à l’égard de l’Iran.

Nous voyons aussi président avançant ses objectifs cachés en expliquant pourquoi les Etats-Unis sont en Afghanistan, et utilisant des tactiques alarmistes similaires à celles d’autres dirigeants dans le monde pour « terminer le travail ». Il a donné son accord à une nouvelle tactique consistant à envoyer plus de troupes en Afghanistan, et il a même changé le commandant américain pour manque de résultats à ce jour.

Nous avons maintenant un nouveau commandant qui nous dit que si davantage de troupes ne sont pas expédiées la guerre sera perdue. Le président a été jusqu’à déclarer au premier ministre britannique que les rues de Grande-Bretagne étaient désormais plus à risque que celles des États-Unis. Depuis quand les Talibans ont-ils mené des attaques terroristes en Europe ou aux Etats-Unis ?

Nous voyons cet autre président prendre le contrôle de l’Organisation des Nations Unies en annonçant publiquement ce que les autres pays devraient ou ne devraient pas faire, mais tout en ne tenant aucun compte de ses exigences. Peut-être verrons-nous Ban Ki-Moon recevoir le Prix Nobel l’année prochaine pour services rendus à l’humanité ! Je suis sûr qu’il y a beaucoup plus de gens qui mériteraient d’être retenus pour ce prix, ce qui fait de toute cette histoire une plaisanterie.

9 octobre 2009 - The Palestine Telegraph - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.paltelegraph.com/diaries...
Traduction : Info-Palestine.net

Remanier l’Iraq et recommencer en Iran ?

samedi 10 octobre 2009 - 07h:14

Graham Usher
Al-Ahram Weekly


Barack Obama recherche un Iran sans arme nucléaire dans un Moyen-Orient avec l’arme nucléaire, écrit Graham Usher, depuis New York.

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"Nous ne discuterons pas de nos droits à l’énergie nucléaire civile, mais nous sommes prêts à parler du désarmement nucléaire et de la non-prolifération."


« Nous ne sommes pas intéressés pour discuter pour le plaisir de discuter, » déclarait Barack Obama le 1er octobre, après les premiers pourparlers directs en trente ans entre l’Iran et les Etats-Unis. « Si l’Iran ne prend pas des mesures dans un avenir proche pour répondre à ses obligations, alors les Etats-Unis ne continueront pas à négocier indéfiniment, et nous sommes prêts à accentuer les pressions. »

Les discussions qui se sont tenues à Genève entre l’Iran et ce qu’on appelle le P5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité : les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie et la Chine, plus l’Allemagne) sur le programme nucléaire de Téhéran ont été « constructives » dit Obama.

L’Iran a accepté d’ouvrir le « deuxième » site d’enrichissement d’uranium proche de Qom, récemment révélé, à l’inspection de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Et il est prêt à discuter d’une proposition selon laquelle il enverrait la plus grande partie de son uranium pauvrement enrichi en France et en Russie pour y être transformé en carburant pour réacteur.

Si cela se faisait, ce serait un changement significatif, dit Ray Takeyh, ancien conseiller sur l’Iran pour l’administration Obama. « Si vous arrivez à un arrangement où le carburant d’Iran est exporté à l’étranger, alors, cela soulagera de quelques degrés votre crainte de la prolifération. »

Ce serait aussi, semble-t-il, un bon coup pour la politique d’engagement d’Obama avec la République islamique. En une séance, il aurait obtenu plus de « concessions » de la part de l’Iran que l’administration Bush après des années d’ostracisme et de rodomontades.

C’est du moins ce qu’il y paraît. Mais derrière les poignées de main - et des bavardages informels de 45 minutes entre l’Iran et les Etats-Unis à Genève - Obama y est allé de quelques entretiens personnels.

Genève a été précédée de la révélation par l’Iran du site de Qom, un aveu largement forcé par le fait que l’Iran savait que les Etats-Unis, soutenus par les Français, le Royaume-Uni et les services de renseignements israéliens, étaient sur le point de rendre l’information publique. Il y eut ensuite une « fuite » publiée par le New York Times le 4 octobre citant l’AEIA qui estimait que « l’Iran avait suffisamment de connaissances pour concevoir et produire un dispositif à implosion nucléaire exploitable » ou une ogive.

Cela semble confirmer les allégations britanniques, françaises et israéliennes que Téhéran serait engagé dans la fabrication d’une bombe nucléaire. Et cela coïnciderait avec les rapports selon lesquels les USA revoyaient leur estimation que l’Iran était encore à « des années » d’avoir une telle capacité.

Cela contredit l’opinion du directeur sortant de l’AIEA, Mohammed El-Baradei. Alors que l’Iran ne répondait pas aux questions sur une possible dimension militaire de son programme nucléaire, l’agence disait « n’avoir aucune preuve concrète » qu’il recherchait l’arme nucléaire, et encore moins qu’il concevait une ogive nucléaire, déclarait-il en septembre.

Les accusations sur des sites nucléaires secrets et les évaluations contestées de services de renseignements nous rappellent étrangement les positions US à l’égard de l’Iraq. Est-ce écrit selon le même scénario ?

Nicolas Burns était le chef de file des « négociateurs » avec l’Iran dans l’administration Bush. Il soutient « l’engagement » d’Obama mais pas parce qu’il croit qu’il obtiendra une coopération avec l’Iran.

« Il est probable que ces discussions (à Genève) n’aboutiront pas, » a-t-il dit au Middle East Progress, le 1er octobre. « Et si elles n’aboutissent pas, les Etats-Unis et d’autres pays devront avoir une liste de sanctions à mettre en avant. Je pense que le Président Obama sera en position forte pour plaider en faveur de sanctions car il aura d’abord tenté la diplomatie. »

Si Burns n’est pas partisan d’une action militaire contre l’Iran, c’est seulement à cause des représailles probables qu’elle entraînerait. Il soutient, au lieu de cela, une politique visant à limiter l’expansion de l’Iran semblable à celle qui fut imposée à l’Iraq dans les années 90. Les Etats-Unis devraient « essayer d’isoler l’Iran : renforcer nos relations militaires avec les voisins de l’Iran, et aussi avec Israël, pour faire comprendre à l’Iran que nous allons limiter et contenir la puissance iranienne au Moyen-Orient. »

Cela correspond un peu à la politique de l’administration Obama pour l’Iran. On y trouve la même conviction qu’une approche désordonnée des discussions, des inspections et des sanctions obligera l’Iran à plier ou l’affaiblira de façon irrémédiable. Il y a aussi la conviction qu’Israël et les Etats arabes « modérés » pourront d’une certaine manière se former en un bloc contre l’Iran.

Ni l’un ni l’autre ne sont probables. La Russie et la Chine n’approuveront pas de sanctions qui nuiraient à leurs intérêts économiques, énergétiques et militaires extensifs en Iran. Et les dirigeants arabes ne convaincront pas leur population que la principale menace est l’Iran alors qu’Israël reste un Etat nucléaire armé jusqu’aux dents et que les Etats-Unis ont des bases militaires en Iraq, en Afghanistan et dans le Golfe.

Au lieu des pressions, Obama devrait tenter un véritable engagement. Pendant des années, les régimes iraniens - « réformiste » et « radicaux » - ont préconisé ce qui revient à « un grand marché » avec les USA : coopération stratégique sur les conflits régionaux tels que l’Iraq, l’Afghanistan et la Palestine, ainsi qu’un désarmement nucléaire dans toute la région, en échange de la garantie que les Etats-Unis cesseront leur politique officielle et officieuse pour un changement de régime en Iran.

C’était encore sur la table à Genève. « Nous ne discuterons pas de nos droits » à l’énergie nucléaire civile, avait dit Said Jalili, chef négociateur iranien pour le nucléaire. « Mais nous sommes prêts à parler du désarmement nucléaire et de la non-prolifération. »

Obama n’y est pas prêt. Un tel marché est aujourd’hui plus difficile à faire passer dans son pays après les manifestations massives contre les élections présidentielles truquées d’Iran, en juin.

Mais la raison la plus profonde est qu’un tel réalignement de la stratégie signifierait de s’en prendre non seulement aux Etats disposant de potentialité pour l’arme nucléaire comme l’Iran, mais aussi aux Etats dotés actuellement de l’arme nucléaire comme le Pakistan, l’Inde et, bien sûr, Israël. Ce serait un éléphant dans la cuisine de la politique d’engagement d’Obama, dit Phyllis Bennis, analyste de l’Institut des études politiques.

« Tant que les USA voudront que seul, l’Iran soit un pays démuni de l’arme nucléaire au Moyen-Orient et n’admettront pas que tout le Moyen-Orient soit une zone sans arme nucléaire - y compris sans l’arsenal nucléaire d’Israël - cette partie des négociations est vouée à l’échec » dit-elle.

Al-Ahram/Weekly - publication n° 967, 8 - 14 October 2009 - photo 7/7 - traduction : JPP

Accord de partenariat entre la Syrie et l’UE: France se réjouit,Israël en colère

G.Houbballah

10/10/2009
Le ministère des Affaires étrangères français a estimé que la signature d’un accord de partenariat entre l'Union européenne et la Syrie le 26 Octobre prochain était une "nouvelle phase dans la convergence dynamique", telle que l’a souhaité la France .

Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Bernard Valero a affirmé au cours d’une conférence de presse « que l'accord contribuera à la promotion du développement et de l'ouverture de la Syrie," rappelant que l'accord a été paraphé à Damas l'an dernier durant la présidence française de l'Union européenne.

Valero a ajouté : "cela marquera la signature d'une nouvelle étape dans la dynamique de rapprochement entre la Syrie et l'Union européenne, conformément aux souhaits de la France."

IL faut rappeler qu’un tel accord avait déjà failli être signé en 2004, mais les Pays-Bas y avaient mis leur veto.

Cette fois-ci, les Pays-Bas, pour retirer leur veto, ont exigé une promesse de la part de Bachar El-Assad d’améliorer la situation des Droits de l’Homme en Syrie. Mais au mois de septembre, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, avait déclaré « que son pays n’accepterait pas un accord assorti de conditions politiques ». A ce moment, la Présidence suédoise de l’Union, toujours soucieuse de ménager les pays arabes, a trouvé une formule de compromis : « L’accord sera signé, mais l’Union européenne se réserve le droit de suspendre l’accord en cas d’atteinte aux Droit de l’Homme en Syrie »….

Cet accord de coopération prévoit de nombreux avantages accordés à la Syrie sur le plan des relations commerciales avec les pays de l’Union européenne, ainsi que la signature de nombreux projets de coopération. Jusqu’à présent, seules la Libye et la Syrie ne disposaient pas d’accords d’association avec l’UE parmi tous les pays du pourtour méditerranéen.

Damas doit notamment cette énorme faveur au gouvernement français, qui a exercé de lourdes pressions sur ses homologues européens, Paris voulant remercier Damas du rôle joué par la Syrie dans la libération de Clotilde Reiss, qui avait été arrêtée et incarcérée à Téhéran au mois d’août pour « espionnage ».

En « Israël », on réagit avec consternation : « Comment l’Union européenne peut-elle à ce point faire semblant d’ignorer ce qui se passe en Syrie, et quel jeu joue ce pays sur le plan international ? Il s’agit d’une manifestation de plus du double langage européen ! », déclare un responsable au ministère des Affaires étrangères.

L’entité sioniste a adressé plusieurs réclamations à l’Union européenne au sujet de cet accord en préparation, mais dès le mois de juillet, mais peine perdue.

L’incompréhension en « Israël » est d’autant plus grande que ce rapprochement de l’Union européenne avec un pays comme la Syrie, considérée il y a peu encore comme un Etat-terroriste, va de pair avec un refroidissement des relations avec l’entité sioniste. Depuis plusieurs mois, des responsables européens menacent l’entité sioniste de geler voire remettre en cause les accords de coopération entre l’UE et l’entité sioniste ainsi que les clauses commerciales privilégiées, si « Israël » n’obéit pas aux injonctions européennes concernant le processus de ‘paix’ avec les Palestiniens.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=106464&language=fr

Appel d'AlQuds: les Musulmans doivent assumer leur responsabilité

10/10/2009 L'Imam de la mosquée d'Al-Aqsa à Jérusalem AlQuds Cheikh Akrama Sabri a lancé un appel aux Musulmans pour qu'ils assument leurs responsabilités à l'encontre de cette ville sainte, menacée de judaïsation.

Assurant qu'AlQuds constitue une partie intégrante de la foi des Musulmans, lors d'un entretien accordé à la télévision arabophone al-Alam, Cheikh Akrama a affirmé qu'il incombe aux régimes arabes et musulmans de défendre les lieux saints des Musulmans.

Cheikh Akrama a révélé que les sionistes profitent des occasions des fêtes religieuses juives pour prendre d'assaut la mosquée d'AlAqsa et y imposer un nouveau statu quo. Assurant toutefois que la police n'a pu parvenir à faire entrer les extrémistes juifs à l'Esplanade, car "les entrées sont fermées et des habitants arabes de la ville sainte se trouvent à l'intérieur de la mosquée, en prévision à toute attaque" israélienne.

L'imam palestinien a en outre fustigé le bouclage imposé par les autorités de l'occupation israélienne, assurant qu'il a transformé la ville sainte en une grande prison.

La semaine dernière, les soldats de l'occupation israélienne se sont déployés par milliers pour empêcher les palestiniens des territoires de 1948 d'accourir pour défendre l'esplanade des mosquées dans la ville sainte

Le mois de septembre dernier, celle-ci a été investie par des colons extrémistes, qui ne cachent pas leur velléité de s'emparer de ce troisième lieu saint de l'Islam, sous prétexte qu'il abrite le Mont du temple

Des accrochages ont éclaté et plusieurs palestiniens ont été arrêtés et blessés

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=106444&language=fr

Une organisation suisse: l'occupant accroît ses escalades contre Gaza pour couvrir ses crimes à Qods

[ 10/10/2009 - 19:06 ]
Genève – CPI

Une organisation juridique suisse a appelé la communauté internationale et les institutions de l'ONU à intervenir immédiatement pour arrêter les tentatives sionistesrépétées pour envahir la mosquée sainte d'al-Aqsa qui coïncide avec une l'escalade militaire contre les Palestiniens dans la Bande de Gaza.

Elle a considéré que cette escalade vise à couvrir les crimes perpétrés contre al-Qods et al-Aqsa.

Dans une déclaration de presse écrite, l'organisation suisse appelée, "Droits pour tous" a dit, le samedi 10/10: "nous appelons à l'arrêt de ces opérations et empêcher "Israël" de perpétrer de nouveaux crimes de guerre contre les Palestiniens".

Elle a appelé le monde à soutenir le peuple palestinien qui s'expose aux agressions sionistes, quotidiennes, et faire face aux défis qui menacent la mosquée sainte d'al-Aqsa.

Un responsable Onusien : le rapport de Goldstone est le plus fort dans toute l'histoire de l'ONU

[ 10/10/2009 - 13:43 ]
Gaza - CPI

"Le rapport de Goldstone est le plus fort dans toute l'histoire onusienne", a affirmé, le vendredi 9/10, Saoul Takahachi, le vice-président du bureau du haut commissaire de l'ONU, chargé des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés en 1948.

Lors de ses déclarations à l'agence "Safa", Takahachi, a souligné que le conseil des droits de l'homme a été devant une opportunité réelle pour la condamnation des dirigeants sionistes, mais le report du rapport de Goldstone n'a pas aidé notre conseil pour approuver cette condamnation.

"Le rapport de Goldstone comporte beaucoup de preuves accomplies sur la scène des crimes sionistes (la Bande de Gaza), car la guerre sioniste a ciblé horriblement les lieux de l'Onu, les écoles, et que les plaintes réelles des institutions des droits de l'homme vont pousser certainement pour que les criminels israéliens soient condamnés au niveau international", a souligné le haut commissaire onusien.

Le haut commissaire de l'ONU a montré que le rapport a attiré l'attention de la communauté internationale, envers la force disproportionnelle qu'avait utilisé l'occupation israélienne pour exterminer des civils palestiniens.

"De nombreux rapports de la commission d'enquête sur les crimes des forces armées de l'occupation dans la Bande de Gaza, de mon groupe chargé des droits de l'homme, ainsi que d'autres rapporteurs spéciaux et celui du secrétaire général de l'ONU, à propos du ciblage sioniste aux bureaux de l'UNRWA, vont condamner les dirigeants de l'occupation durant la séance du conseil des droits de l'homme, prévue en mars prochain", a confirmé le haut commissaire onusien, en indiquant que le report du rapport de Goldstone va influer sur les débats de cette question.