vendredi 22 août 2014

Tout en poursuivant les massacres dans Gaza, Israël accélère la colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem

Israël a entamé la construction de centaines de logements en Cisjordanie et à Jérusalem, depuis le lancement de son agression sur la bande de Gaza au début juillet, ont déclaré des experts palestiniens sur les questions de colonisation en Cisjordanie.
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Les troupes d’occupation kidnappent un jeune palestinien lors d’affrontements à Jérusalem-Est le 25 juillet 2014 - Photo : AFP/Ahmad Gharabli
Les experts ont déclaré à l’agence de nouvelles Anadolu que Israël s’est abstenu d’annoncer les travaux de construction en cours pour les nouvelles unités de logement, dans le souci d’éviter de nouvelles tensions en Cisjordanie en plus d’une possible pression internationale.
Le correspondant de l’agence Anadolu a rapporté que les activités d’expansion coloniale s’accélèrent depuis le début de la guerre à Gaza, Israël annexant de nouvelles terres agricoles palestiniennes pour construire de nouveaux logements dans les colonies qui se trouvent sur ​​la route reliant Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, à Ramallah au centre.
Le même correspondant a rapporté que selon des témoins directs, des travaux de construction sont en cours au nord, dans la vallée du Jourdain et à Bethléem, au sud de la Cisjordanie.
« Israël a officieusement donné le feu vert aux colons pour lancer des travaux de construction en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, surtout à l’intérieur des grandes zones de peuplement cololinal, sans appel d’offres ni octroi de licences [pour les nouvelles constructions] », a déclaré Suhail Khalilieh, chercheur à l’Institut de recherche appliquée à Jérusalem (ARIJ).
« Les institutions concernées interviendront plus tard, après la fin de la guerre, pour l’attribution des licences officielles [pour construire] », a-t-il ajouté.
« Grâce à un suivi quotidien des appels d’offres publiés dans les médias israéliens pour la construction de nouvelles unités de logement dans les colonies, nous pouvons dire qu’il y a une diminution significative [dans le nombre d’appels] en comparaison de la situation avant la guerre à Gaza, » a ajouté Khalilieh , notant que le gouvernement israélien adopte la politique de « l’expansion silencieuse des colonies », probablement parce qu’il craint une augmentation de la colère populaire en Cisjordanie et une montée des pressions internationales.
Ghassan Daghlas, qui surveille les activités de colonisation dans le nord de la Cisjordanie, a déclaré que la construction de colonies en Cisjordanie n’a pas cessé et que l’on constate un silence de plus en plus fréquent à ce sujet parmi les responsables israéliens. Daghlas a souligné que la construction de colonies a augmenté de 60 pour cent.
Il a ajouté que les attaques de colons contre les Palestiniens en Cisjordanie ont diminué depuis le début de la guerre à Gaza, soulignant que cela peut être attribué à la crainte de provoquer une nouvelle insurrection se développer en Cisjordanie, ce qui n’est pas souhaitée par les autorités israéliennes, particulièrement en cette période.
« La Cisjordanie a connu une baisse du nombre des attaques de colons israéliens pendant la guerre de Gaza. Il y a un souhait d’éviter la colère populaire », a-t-il expliqué.
Un autre expert spécialisé dans les activités de colonisation, Abdul Hadi Hantash, a classé les constructions dans les colonies en deux séries : les premières annoncées publiquement, et les secondes réalisées sans que les autorités israéliennes ne le signalent.
Hantash a déclaré à Anadolu que depuis le début de la guerre contre Gaza, Israël a accéléré les constructions de façon discrète, ajoutant que ces constructions étaient concentrées dans les grandes zones de peuplement telles que Gush Etzion près de Bethléem, de Maale Adumim à Jérusalem-Est, et Ariel au nord de la Cisjordanie.
Il a noté que les colons ont volé des milliers de dunums de terres agricoles à proximité de Salfit et Naplouse.
Hantash a également déclaré que le conseil des colonies israéliennes, le Conseil de Yesha, met actuellement en œuvre des plans préparés et soumis au gouvernement avant la guerre de Gaza. Le conseil veut maintenant profiter de la situation de guerre et appliquer ces plans sans attendre l’approbation du gouvernement, a expliqué Hantash.
Selon le correspondant de l’agence Anadolu, la Cisjordanie voit une augmentation des tensions en raison de la guerre israélienne contre la bande de Gaza. Depuis le 7 juillet, des manifestations et des sit-in sont organisés en Cisjordanie, aboutissant le plus souvent à des affrontements avec l’armée israélienne. Vingt-deux Palestiniens ont été assassinés depuis début juillet par les troupes d’occupation,tandis des centaines d’autres étaient blessés.
Ce mardi, Israël a repris les frappes aériennes sur un certain nombre de secteurs dans la bande de Gaza après avoir prétendu que des roquettes avaient été tirées vers les villes israéliennes. Pourtant, aucun groupe palestinien n’a revendiqué le tir de roquettes ce jour-là. Les Brigades al-Qassam, l’aile militaire du Hamas, et Saraya Al-Quds, la branche armée du Jihad islamique, ont annoncé plus tard avoir répliqué aux frappes israéliennes avec des tirs de fusées.
Les frappes israéliennes lancées ce mardi ont tué 19 Palestiniens, ce qui a porté à 2036 le nombre des victimes dans la bande de Gaza depuis le début de l’agression le 7 juillet.
21 août 2014 - Middle East Eye - Vous pouvez consulter cet article à :
https://www.middleeastmonitor.com/n...
Traduction : Info-Palestine.eu

Gaza nous remet en mémoire le péché originel du sionisme

Le matin de Lailat al-Qadr (Nuit du Destin), le nombre de morts à Gaza approchait les 1000. Al-Qadr est la nuit précédant le dernier vendredi du mois béni du Ramadan, qui selon la croyance est celle où le Coran a été révélé au prophète Mohammed.
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Trois enfants âgés de 7, 8 et 11ans ont encore été tués par une frappe d’Israël ce 21 août 2014 à l’est de Gaza Ville
J’ai passé cette nuit particulière avec des amis de la ville de Ramallah, en Cisjordanie occupée après avoir participé à la marche #48K pour Gaza.
La marche a commencé à Ramallah et s’est dirigée vers le poste de contrôle de Qalandiya. Elle avait démarré paisiblement, avec des familles accompagnées de leurs enfants et même de bébés en poussettes. Elle s’est achevée avec de jeunes Palestiniens blessés par balles et emmenés d’urgence à l’hôpital local.
Le poste de Qalandiya était fortifié et inattaquable et les soldats israéliens stationnés au sommet tiraient à balles réelles sur la foule. Comme l’ambulance fonçait dans la foule, je n’ai pu m’empêcher de me demander pourquoi il n’y a pas d’hôpital entre Qalandiya et Ramallah, une bonne distance qui inclut les municipalités de Jérusalem, al-Bireh et Ramallah.
La nuit suivante j’étais programmé pour quitter la Palestine et retourner aux États-Unis. Mais les forces israéliennes avaient bouclé toutes les routes de Ramallah à Jérusalem pour la nuit et elles seraient probablement encore bouclées le lendemain. A la pointe de l’aube, quand les choses se furent calmées, mon ami Samir m’emmena en voiture à un poste de contrôle qu’il pensait être ouvert. Il était bien ouvert, mais pour les Israéliens uniquement, et de là je retournai à Jérusalem.
Le soir, comme je m’apprêtais à quitter l’aéroport Ben Gourion près de Tel Aviv, les gens autour de moi essayaient de me calmer. « Ne les agace pas, coopère, et ils seront sympa » disaient-ils. « Pourquoi te créer tous ces ennuis inutiles ? »
Ils parlaient de « la gestapo souriante », les agents israéliens de la sécurité à l’aéroport de Tel Aviv qui portent le nom grinçant de « Division Sécurité Aéroport ».
Non-coopération et résistance
En les écoutant, je me suis rappelé les communautés juives sous le régime nazi qui croyaient que si elles coopéraient et se montraient de bons citoyens, tout irait bien pour eux. Mais la route de la coopération jusqu’aux camps de concentration puis aux chambres à gaz était une route directe.
La politique de discrimination et d’humiliation à l’aéroport Ben Gourion et la politique de nettoyage ethnique et d’assassinats de Palestiniens à Gaza, sont issues de la même idéologie.
Comme nous le voyons depuis 7 décennies, coopérer et courber l’échine n’améliorent pas les choses.
La coopération avec les autorité israéliennes apporte peut-être une aide à court terme, mais elle valide par ailleurs le « droit » d’Israël de terroriser et d’humilier les Palestiniens avec notre consentement, à « nous », tous les gens qui ont une conscience. Que nous soyons palestiniens ou non, l’heure est à la non-coopération et à la résistance contre l’injustice.
Aujourd’hui, Israël et ses partisans rejettent le blâme de la violence à Gaza sur le Hamas. Mais Israël n’a pas attendu la création du Hamas, fin des années ’80, pour commencer à lancer ses attaques contre Gaza. Israël s’est mis à attaquer Gaza quand l’enclave était peuplée de la première génération de réfugiés, au début des années ’50.
Les Palestiniens, et ceux de Gaza en particulier, ne sont pas devant une option : résister et être tué ou vivre en paix. On leur offre l’option d’être tués debout ou tués dans leur lit en plein sommeil.
« Une mer de haine »
Gaza est en train de se faire punir parce que Gaza rappelle constamment à Israël et au monde le péché originel du nettoyage ethnique de la Palestine pour la création de soi-disant état juif. Alors que la résistance palestinienne n’a jamais représenté une menace militaire pour Israël, elle a toujours été décrite comme une menace existentielle pour l’état.
Moshe Dayan, le fameux général borgne, a décrit cela dans un discours prononcé en avril 1956. Il parlait dans le kibboutz Nahal Oz, une colonie israélienne sur la frontière de la bande de Gaza où les chars israéliens prennent position chaque fois qu’il y a une incursion terrestre dans Gaza.
« Derrière la bande de terre de cette frontière, il y a une mer de haine et de vengeance », leur a dit Dayan. Ironiquement, six mois plus tard, quand Israël eut occupé Gaza et que mon père fut nommé son gouverneur militaire, il dit ne voir « ni haine ni désir de vengeance, mais un peuple avide de vivre et de travailler ensemble pour un avenir meilleur ».
Aujourd’hui encore, les commandants et politiciens israéliens disent toujours la même chose : Israël est destiné à vivre par l’épée et il doit frapper Gaza chaque fois que possible. Peu importe si les Palestiniens n’ont jamais posé un défi militaire, et encore moins une menace pour Israël. Après tout, les Palestiniens n’ont jamais possédé le moindre tank, ni de navire de guerre ni de jet de combat, voire pas même une armée régulière.
Alors, pourquoi cette peur ? Pourquoi cette campagne permanente, depuis déjà six décennies, contre Gaza ? Parce que les Palestiniens, plus que partout ailleurs, sont une menace pour la légitimité d’Israël.
Israël est une création illégitime forgée par une union entre le racisme et le colonialisme. Les réfugiés qui constituent la majorité de la population de la bande de Gaza nous le remettent sans cesse en mémoire.
Ils sont le rappel du crime de nettoyage ethnique sur lequel Israël a été établi. La pauvreté, le manque de ressources et le manque de liberté contrastent fortement avec l’abondance, la liberté et la puissance qui existent en Israël et qui appartiennent légitimement aux Palestiniens.
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Après les bombardements israéliens des Gazaouis récupèrent leurs affaires dans le quartier Khuza’a de Khan Younes, dans le sud de l’enclave, le 3 août 2014 - Photo : Basel Yazouri/ActiveStills
Une offre généreuse
De retour à l’aéroport Ben Gourion on m’a dit que si je coopère et implore le superviseur de l’équipe, les contrôles de sécurité iront plus vite. Quand j’ai décliné cette offre généreuse, ils m’ont dit « qu’ils n’aimaient pas mon attitude ».
Ils ont alors apposé sur mes bagages un autocollant avec le même code-barres que les Palestiniens et m’ont infligé le même traitement qu’eux reçoivent.
Au moment où j’écris ces mots, le nombre de Palestiniens tués par Israël à Gaza a dépassé les 2000.
L’appel de notre temps, c’est de mettre fin à ce régime intolérable, brutal et raciste qui a été créé par les sionistes en Palestine.
Critiquer la résistance palestinienne est impensable. Israël doit être soumis au boycott, au désinvestissement et aux sanctions. Les diplomates israéliens doivent être renvoyés chez eux avec la honte. Les dirigeants israéliens et les commandants israéliens voyageant à l’étranger doivent craindre d’être poursuivis en justice.
Et ces mesures sont à combiner avec la désobéissance, la non-coopération et la résistance sans compromis. Ceci et rien d’autre montrera aux mères, aux pères et aux enfants de Gaza que le monde se soucie d’eux et que le cri « plus jamais ça ! » vaut plus qu’une promesse vide.
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* Miko Peled est un écrivain israélien militant pour la paix, habitant San Diego. Son livre, Le fils du Général, évoque son père, le défunt général et militant pour la paix Matti Peled, et son implication dans le processus de paix israélo-palestinien.
Son blog : http://mikopeled.com/
http://electronicintifada.net/conte...
Traduction : Info-Palestine.eu - AMM

Mohammad Deif, ce dirigeant militaire paralysé du Hamas qui irrite Israël

Mohammad Deif, commandant des brigades Ezzedine el-Qassam, branche armée du Hamas, a échappé à cinq tentatives d’assassinat israéliennes. Pour Tel Aviv, il s’agit d’un ennemi dangereux.
Sa deuxième femme, Widad, (27 ans), et son bébé âgé de sept mois, sont tombés en martyre mercredi soir dans un raid aérien israéliencontre une maison dans le quartier cheikh Radwane dans la ville de Gaza.
Deif s’est marié avec Widad il y a sept ans. Ils ont deux autres filles alors que Widad avait deux autres enfants d’un mariage précédent.
 Mohammad Dyab Ibrahim el-Masri, alias Mohammad Deif, est né en 1965 dans une famille palestinienne réfugiée qui fut obligée de quitter son village « Qobeybeh » en Palestine occupée en 1948. Sa famille, très pauvre, s’est installée en premier lieu dans un camp de réfugiés palestiniens avant de s’établir dans le camp de Khan Younes au sud de la Bande de Gaza.
La condition économique de sa famille l’oblige de travailler dès son jeune âge dans plusieurs métiers pour aider son père, le couturier.
Pendant plus de 20 ans, Deif a planifié de grandes opérations militaires contre l’Entité sioniste. Enlèvement de soldats, opérations martyres, ainsi que le lancement de roquettes et le creusement de tunnels. Il est devenu commandant des brigades al-Qassam en 2002 après l’assassinat de l’ex-commandant Salah Chehadé dans un raid israélien.
Diplômé en biologie à l’université islamique à Gaza, il adopte la pensée du Hamas au début des années 80.
Il a été arrêté par l’Autorité palestinienne à Ramallah en mai 2000, mais il est parvenu à prendre la fuite avec le début de la deuxième intifada.
Ayant échappé à cinq tentatives d’assassinat israéliennes, il a été blessé à l’œil et aux pieds. En septembre 2002, il a survécu à un raid israélien contre sa voiture dans la région de cheikh Radwane au nord de Gaza.
Selon des sites d’information palestiniens, cette blessure l’a rendu « paralysé », mais cette information n’a jamais été confirmée. Une seule photo a été prise de Mohammad Deif il y a 20 ans. Il était maigre et non barbu.
Un responsable du Hamas sous couvert de l’anonymat a assuré que Deif n’utilise aucun moyen de télécommunication moderne, et « agit en grande discrétion. Il vit toujours en état de vigilance et est très intelligent ».
Il est appelé Deif (ou hôte) parce qu’il ne « demeure pas dans un seul endroit pour longtemps », indique la même source du Hamas.
 « Il était créatif dans le domaine théâtral et artistique, et très actif dans le volontariat et le service des pauvres élèves. C’est un jeune timide, humble. Il aime l’action caritative et adore le travail militaire depuis son adolescence », ajoute-t-on.
Ce cadre du Hamas a été arrêté pour la première fois en 1989 avec des centaines de membres et de commandants du Hamas. Il est resté 16 mois en détention administrative sans procès.
Il a pris à sa charge d’aider Ahmad Jaabari dans la direction des opérations des brigades al-Qassam. Israël a liquidé Jaabari le 14 novembre au début de l’offensive israélienne contre la Bande de Gaza en 2012. 
Le haut dirigeant du Hamas a également révélé que suite au martyre de Jaabari, un commandant exécutif dans l’action militaire, de nouvelles mesures touchant la structure des brigades al-Qassam ont été prises par Deif, mais ces mesures sont « top secret ».
Traduit du site alalam

Gaza : nouvelle réunion tripartite Abbas-Mechaal-émir du Qatar

L'émir du Qatar a réuni vendredi, pour la seconde fois en moins de 24 heures, le président palestinien Mahmoud Abbas et le chef du Hamas Khaled Mechaal, alors que des frappes israéliennes se poursuivent à Gaza, a indiqué une source palestinienne à l'AFP.
Il s'agit d'un "suivi" de la réunion de jeudi qui avait duré près de trois heures au palais du souverain qatari cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, a ajouté cette source.
Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas doit quitter Doha après la réunion de vendredi, selon la même source. Chaque délégation a procédé à des consultations avant la réunion de vendredi, mais la teneur exacte des échanges n'a pas été précisée.
Au moins quatre Palestiniens ont été tués vendredi par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, au 46e jour d'un conflit meurtrier entre le mouvement islamiste palestinien Hamas et Israël.

Gaza : quatre Palestiniens tués par des frappes aériennes israéliennes

Quatre Palestiniens ont été tués vendredi par deux frappes israéliennes distinctes dans la bande de Gaza au 46ème jour de la guerre, ont indiqué les secours.
Deux d'entre eux ont trouvé la mort dans une frappe sur une maison de Nousseirat, dans le centre du territoire. Deux autres ont été tués à Deir al-Balah (centre), a dit à l'AFP le porte-parole des secours locaux, Achraf al-Qodra.

ONU: les européens veulent une nouvelle résolution sur Gaza (diplomates)

Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont présenté les principaux éléments préparant une nouvelle résolution du Conseil de sécurité des Nations unies destinée à mettre un terme à six semaines de conflit, ont indiqué des diplomates jeudi à l'AFP.
Le document de deux pages, obtenu par l'AFP, appelle à un cessez-le-feu immédiat et durable qui mettrait un terme aux tirs de roquettes vers Israël et aux opérations militaires dans la bande de Gaza.
Les diplomates ont expliqué que cette initiative visait à obtenir le soutien unanime des quinze membres du Conseil de sécurité alors qu'une résolution proposée par la Jordanie a rencontré des résistances, surtout de la part des Etats-Unis.
Ce document répond notamment aux inquiétudes des Israéliens en matière de sécurité et accorde aux Palestiniens leurs doléances.
Il demande également au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon de faire des propositions pour "mettre en oeuvre ces éléments dans une résolution" destinée à relancer les négociations de paix au Caire.
"Nous recevons des messages positifs de la région selon lesquels ça pourrait aider", a déclaré à l'AFP une source diplomatique au sujet de l'initiative européenne.
Les discussions en étant encore à un stade préliminaire, ont souligné les diplomates, il n'est pas possible à ce stade de savoir à quel horizon un nouveau projet de résolution pourrait être prêt.
"Nous avons discuté de certaines idées et partagé des opinions et nous sommes toujours en train d'essayer de déterminer quelles seront les prochaines étapes", a expliqué un diplomate.
Plus de 2.083 Palestiniens ont été tués au cours de ce conflit qui a commencé le 8 juillet, pour la plupart des civils, selon des responsables de l'ONU.
Le document élaboré par les diplomates européens plaide pour un retour de l'Autorité palestinienne à Gaza, qui est dirigé par le Hamas depuis 7 ans.
Il prévoit aussi la levée des restrictions économiques et humanitaires dans la bande de Gaza pour permettre d'engager un effort de reconstruction de grande ampleur, et la réouverture des frontières.
Une mission internationale de contrôle et de vérification serait mise en place avec pour mission de signaler le non-respect du cessez-le-feu et de surveiller les flux de marchandises vers Gaza. Ce dernier point faisait défaut dans le projet de résolution jordanien.
Les responsables de l'ONU ont souligné que la destruction après ces six semaines de conflit était bien pire qu'en 2008/2009. Trois guerres se sont déroulées entre Israël et Gaza en six ans.
"Nous allons reconstruire (Gaza) mais ce doit être la dernière fois", a prévenu début août Ban Ki-moon.

Massacre à Gaza : les leçons de l'histoire

Par
Publié sur Al-Akhbar en anglais le 20 août 2014. Le docteur Salman Abu Sitta est le fondateur et le président de la Palestine Land Society, membre du Conseil national palestinien, auteur de plus de 300 documents et articles sur les réfugiés et de plusieurs ouvrages, dont The Palestinian Nakba 1948 -(1998, réimprimé en 2000) ; The Return Journey (2007) et l'Atlas de Palestine 1917-1966 (2010).
Les armes utilisées pour attaquer Gaza peuvent se taire pendant un moment et reprendre les tirs plus tard, cela ne modifiera pas un modèle qui dure depuis 66 ans. Le bain de sang ne se terminera que si l'on sait comment et pourquoi il a commencé et comment le traiter.
Ces six dernières semaines, les réseaux sociaux, le nouveau média non censuré, ont montré au monde entier des photos d'enfants et de femmes déchiquetés. Les écrans de télévision ont diffusé des flashs décomptant le nombre des victimes, comme un baromètre quotidien de la mort et de la destruction. Des voix timides se sont lentement élevées, qualifiant le carnage de massacre ou même de génocide.
Massacre à Gaza : les leçons de l'histoire
Cette explosion des réseaux sociaux, qui réduit l'influence des médias traditionnels, a un effet énorme sur la compréhension de la lutte palestinienne contre Israël. Les gens posent maintenant des questions : qui sont ces gens ? Pourquoi ce conflit chronique dure-t-il depuis si longtemps ?
Dans la géographie de la Palestine, la "Bande de Gaza" n'existe pas. Cette "bande" a été créée par Israël.
Au printemps et à l'été 1948, Israël a complètement déraciné les habitants de 247 villages palestiniens au sud de la Palestine et les a parqués dans une étroite bande de terre le long de la côte, désormais connue sous le nom de Bande de Gaza. C'est ainsi qu'a été créé le plus grand et le plus durable camp de concentration au monde, et ces réfugiés sont depuis devenus la cible d'attaques israéliennes régulières.
Le jour de Noël 1948, les forces israéliennes ont tenté de scinder en deux la bande bondée et de la vider de ses réfugiés, mais à cette occasion elles ont été repoussées et le général russe qui commandait l'attaque a été tué. Au cours de l'année suivante, Israël a attaqué la bande par plusieurs raids transfrontaliers et la faite passer de 550 km², comme prévus par la Convention d'Armistice du 24 février 1949, à sa superficie actuelle de 360 km². Avant les récents combats, ce ruban a encore été réduit, 44% de cette superficie est une zone interdite.
En janvier 1948, Israël a bombardé des centres de distribution alimentaire pour les réfugiés à Khan Younis et Deir al-Balah à l'heure de pointe, tuant plus de 200 réfugiés. La Croix Rouge, témoin de l'événement, l'a décrit comme "une scène d'horreur". Mon oncle, Mohammed Abu Mughaisib, fut l'une des victimes.
Le 28 août 1953, Ariel Sharon, commandant de l'Unité 101 de sinistre mémoire, qui fut responsable de plusieurs raids meurtriers sur des camps de réfugiés le long de la Ligne d'Armistice, a attaqué le camp de Bureij et a tué 43 hommes, femmes et enfants dans leurs lits.
Le 2 novembre 1956, Israël a fauché plus de 250 civils à Khan Younis, deux d'entre eux étaient des frères de ma belle-sœur. Leurs corps jonchaient les rues, comme ceux de Shujayeh aujourd'hui.
En 1974, Ariel Sharon a rasé des rues entières de camps de réfugiés à Gaza et les a réduits à des décombres.
La même politique consistant à faire subir aux réfugiés d'énormes pertes humaines a été évidente au cours des deux dernières attaques sur Gaza, en 2008-2009 et 2012. Et aujourd'hui à nouveau, à travers la dernière guerre d'Israël contre Gaza.
Cette politique n'est pas seulement appliquée à Gaza. Le camp de Jenin, en Cisjordanie , et les camps de Sabra et Shatila au Liban l'ont subie également, pour n'en citer que quelques-uns.
Aujourd'hui, on publie en Israël des appels à "concentrer" les Palestiniens dans des camps nouvellement créés et à les "exterminer" "quand le génocide sera admissible."
Pourquoi cette détermination israélienne à éliminer les Palestiniens ? La raison est claire : les réfugiés palestiniens sont le corps du crime de guerre du nettoyage ethnique de la Palestine. Il faut que les réfugiés disparaissent et que la Palestine devienne ce qu'en a dit le slogan sioniste, "une terre sans peuple".
La doctrine d'élimination et d'assujettissement des Palestiniens comme seule façon de construire Israël sur la terre de Palestine a été élaborée dès le début, d'abord par Vladimir Jabotinsky, l'un des principaux idéologues du mouvement sioniste. Dans son ouvrage de 1923, Le Mur de Fer, il écrivait :
"Cette colonisation [sioniste] ne peut par conséquent continuer et se développer que sous la protection d'une force indépendante de la population locale - un mur de fer que la population autochtone ne peut pas franchir. C'est toute notre politique envers les Arabes."
Une politique suivie par Moshe Dayan 33 ans plus tard. Lors des funérailles d'un colon qui avait tué près de Gaza en avril 1956 sur la terre des réfugiés, Dayan a fait un discours direct qui est devenu le phare des opérations militaires israéliennes ultérieures contre les réfugiés palestiniens. Il a dit :
"Depuis huit ans maintenant, ils [les Palestiniens] sont dans les camps de réfugiés de Gaza et regardent comment, sous leurs yeux, nous avons fait nôtres les terres et les villages où ils vivaient, eux et leurs ancêtres (...). Nous sommes une génération de colons et sans le casque d'acier et le canon du fusil, nous n'arriverons pas à planter un arbre ou à construire une maison (...). C'est le destin de notre génération. C'est notre choix - d'être prêts et armés, tenaces et durs, ou bien l'épée nous tombera des mains et nos vies seront fauchées."
Soixante-six ans après la Nakba (la Catastrophe), les Palestiniens dépossédés sont toujours dans des camps de réfugiés, aspirant à rentrer chez eux de l'autre côté des fils de fer barbelés. Non loin du lieu de l'éloge funèbre de Dayan se trouve la colonie de Sederot, construite sur les terres des villages de Najd et Huj. Les 10.000 réfugiés de ces villages vivent dans des camps de réfugiés, à 3 km de là. Quand ils visent Sederot avec leurs roquettes artisanales, ils les lancent sur les occupants de leur terre, pour leur rappeler qu'ils veulent toujours rentrer chez eux.
Pourquoi ne reviendraient-ils pas ? Les Nations Unies ont affirmé leur droit au retour 135 fois depuis 1948. Les réfugiés sont maintenant entassés dans la minuscule Bande de Gaza, 1,3 pour cent de la superficie de la Palestine, avec une densité de 7.000 personnes au km², alors que les colons sur leurs terres ont une densité de seulement 7 personnes au km². Pendant ce temps, les terres des réfugiés, dans les zones rurales occupées par des Israéliens, sont toujours vides.
Alors que Netanyahu, suivant les pas de Jabotinsky et Dayan, continue d'attaquer les réfugiés palestiniens lors d'épisodes de mort et de destruction, il est clair que les Palestiniens ne se rendront jamais et ne disparaîtront pas du jour au lendemain. On ne pourra sortir de cette impasse que par une action déterminée de la communauté internationale - dont certains pays portent une lourde responsabilité historique pour avoir créé la souffrance des Palestiniens en premier lieu - consistant à prendre la seule voie possible : appliquer les principes de justice, du droit international et des résolutions de l'ONU. Comme mesure d'urgence, Israël doit lâcher son emprise sur la jugulaire des Palestiniens qui vivent à Gaza et lever son blocus aérien, terrestre et maritime. Gaza doit respirer.
Source : Al Akhbar
Traduction : MR pour ISM

Des dizaines de milliers de personnes assistent aux funérailles des leaders d’Al Qassam à Rafah

Des dizaines de milliers de palestiniens ont assisté jeudi 21/8 aux funérailles des trois martyrs et leaders d’Al Qassam : Raed Al Aatar, Mohamed Abu Shamala et Mohamed Barhoum.
Le correspondant du CPI a déclaré que les funérailles ont commencé de l’hôpital Abu Youssef Al Najar ou des milliers de citoyens s’étaient réunis afin de porter les corps des martyrs. Les participants, très en colère, ont appelé Al Qassam de répondre fermement aux meurtres des leaders.
Les palestiniens ont priés sur les corps dans la mosquée Al Awda au centre-ville de Rafah. Ni la mosquée ni ses alentours ont suffi pour contenir tous les participants qui sont venus des quatre coins de Rafah et de Khan Younis au sud de la bande de Gaza.
Le cheikh et prédicateur Nader Abu Sharakh a prononcé un discours dans lequel il a rappelé les vertus des leaders maintenant martyrs. Il a assuré que la résistance ne faiblera pas et sera même aussi forte que la douleur de la séparation de ses cadres.
Abu Sharakh a ajouté qu’ « Al Qassam se vengera pour le sang de ses leaders et de son peuple » Il déclare que la réponse sera forte et mémorable. 

Hamas: Nous ne craignons pas les menaces de Yaalon de poursuivre les assassinats

Le mouvement  Hamas a confirmé que les menaces du ministre de guerre israélien, Moshe Yaalon, de poursuivre les assassinats ne font pas peur aux dirigeants du Hamas.
Le porte-parole du Hamas, Dr. Sami Abou Zouhri, a confirmé dans une déclaration de presse  jeudi  21/8 au soir, que la politique d'assassinat n'a pas réussi à affaiblir le mouvement Hamas ni a assurer la sécurité des israéliens.

Décision sioniste de recruter 10 000 soldats réservistes

Le cabinet israélien a approuvé par téléphone jeudi  21/8 après-midi, sur  proposition du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le recrutement de 10 000 soldats réservistes.
La radio publique hébreu a déclaré qu'une partie de ces soldats seront appelés à remplir la place de soldats réguliers dans le nord de l'Etat hébreu et pour des fonctions urgentes sur les frontières de Gaza.
L'armée israélienne a annoncé hier la convocation de 2 000 soldats.
Il est à noter que l'occupant israélien a recruté 82 000 soldats lors de son offensive terrestre  contre la Bande de Gaza et la plupart d'entre eux ont été licenciés à la fin de cette offensive, il y a plus de deux semaines

Hamas menace d'intensifier la bataille après l'assassinat des leaders d'el-Qassam

Les porte-paroles du mouvement  Hamas ont menacé d'intensifier la bataille et de la transférer vers de nouveaux, insistant que l'occupation s'est ouvert les portes de l'enfer en assassinant les trois dirigeants des Brigades el-Qassam dans la ville de Rafah au sud de la Bande de Gaza.
Le porte-parole du mouvement  Hamas, Dr. Sami Abou Zouhri, a confirmé que l'occupation se trompe si celle-ci pense que le meurtre des commandants d'el-Qassam à Rafah affaiblira la résistance
Abou Zouhri a déclaré  jeudi 21/8 dans un communiqué de presse, que les noms de ces leaders deviendront des noms de roquettes qui brûleront les Sionistes.
Dans le même contexte, Fawzi Barhoum, le porte-parole du mouvement a menacé de son côté de transférer la lutte vers de nouvelles zones après l'assassinat des trois éminents commandants militaires du Hamas à Rafah.
Barhoum a souligné que l'occupation a profité de la trêve de négociations du Caire pour recueillir des informations.
Il a confirmé que le crime qui consiste à cibler les dirigeants de la résistance à Rafah ne restera pas impuni. Il a promis que la résistance mènera la bataille dans de nouveaux fronts.
De plus, le député Mouchair al-Masri, a souligné qu'en assassinant les leaders, l'occupant s'est  ouvert les portes de l'enfer.

Le rescapé Yasser raconte la tragédie de sa famille

Le jeune Yasser Mahmoud Al-Hadj, 25 ans, ne pouvait croire que c’était sa maison qui avait été visée par les bombardements sionistes. Il avait quitté sa famille depuis une heure seulement ; il était sur le chemin du retour et il ne lui restait que quelque trois minutes pour atteindre la maison.
Ce soir-là, le jeudi 10 juillet 2014, il ne restait à Yasser que quelque deux cents mètres pour atteindre la maison familiale, dans le camp de Khan Younes, lorsqu’il a entendu le bruit assourdissant d’un explosif dont il a reçu quelques gravats.
« J’étais sûr et certain que les occupants sionistes étaient venus bombarder une maison. J’ai d’abord pensé à une maison voisine. Je n’avais pas pensé que cela pouvait être la nôtre ; il n’y avait aucune raison pour cela », explique-t-il.
Destruction et choc
Yasser s’est précipité vers la maison de sa famille pour s’assurer que tout allait et pour offrir son aide à ses voisins. Mais à son arrivée, il a trouvé sa maison, de deux étages, à terre, un tas de gravats, ainsi qu’une maison avoisinante.
Lorsqu’il avait vu la maison à terre, il a commencé à crier : « Toute ma famille est à l’intérieur, mon père, ma mère, mes frères, mes sœurs ». Devant les tas de gravats, il n’a rien pu faire.
Le choc a mis le jeune miraculé dans un état hystérique. Il a commencé à chercher du dessous des décombres les corps des siens, à main nue, en se disant qu’il fallait être avec sa famille. Quelques minutes plus tôt et il aurait été avec eux : « Si seulement j’étais arrivé pour tomber en martyre avec eux ».
La mort de toute une famille
L’état hystérique de Yasser a obligé les équipes de sauveteurs à le transférer vers l’hôpital avec une trentaine de blessés.
Le lendemain matin, il s’est réveillé et a remarqué que cela n’était pas un mauvais cauchemar, mais une dure réalité. Il a pris  conscience qu’il venait de perdre son père hadj Mahmoud, ses frères et sœurs Omer, 20 ans, Saad, 17 ans, Tareq, 18 ans, Asmaa, 22 ans, Najlaa, 29 ans, et Fatima, 12 ans.
Ce matin-là, le correspondant de notre Centre Palestinien d’Information (CPI) a parcouru la zone. D’une maison, il a remarqué qu’il ne restait que des tas de gravats, de blocs de ciment, de meubles dévastés. Les maisons avoisinantes étaient détruites, et les habitants les avaient quittées. Il a vu aussi les équipes de secours cherchant les corps de martyrs.
Quelques secondes avant le martyre
Yasser, l’unique rescapé de sa famille, se rappelle de cette nuit du jeudi du mois béni de Ramadan. Toute sa famille venait de rentrer après une visite faite à la famille de son oncle. Il les a laissés pour aller voir des amis. « Une heure et je reviens », lui a-t-il dit.
Les membres de la famille suivaient les nouvelles, sans penser qu’ils seraient sous les décombres moins d’une heure plus tard.
Yasser se met debout et ne trouve pas les mots pour parler de sa famille : « Ma mère voulait que je me marie ; moi je lui répondais que c’était très tôt. Cette maison, c’est mon père qui l’a construite. Nous y avons tous nos souvenirs, tristes et moins tristes. Comment sera ma vie après la perte de ma famille et ma maison ? »
De sa famille, il n’a que sa sœur Fidaa. Celle-ci n’est pas morte parce qu’elle ne vit pas dans la même maison, mais dans la maison de son mari, à Rafah, au sud de la bande de Gaza.
Finalement, Yasser, sa sœur Fidaa, les voisins et beaucoup de monde n’arrêtent pas de se poser la question suivante : pourquoi les occupants sionistes ont bombardé la maison avec ses habitants, sans aucun avertissement ?

Le Hamas appel à des manifestations de colère en Cisjordanie en soutien à la résistance

Le mouvement de résistance islamique Hamas a annoncé une série d’actions populaire qui auront lieu demain, vendredi 22/8, dans les différents gouvernorats de Cisjordanie occupée en soutien de Gaza et de la résistance, et par fidélité aux martyrs qui ont trouvé la mort lors de l’agression sioniste contre Gaza qui dure depuis plus d’un mois et demi.
Le mouvement Hamas a appelé les palestiniens en général et ses partisans en particulier  à  participer aux manifestations qui devront débutés après la prière du vendredi dans différentes zones de Cisjordanie occupée.
Dans un communiqué, le mouvement a assuré que la manifestation commencera à la mosquée Othmane Ibn Afane à Tulkarem au nord de Cisjordanie. Le mouvement a appelé à une forte participation  pour cette manifestation et pour les discours qui seront prononcés dans la place Jamal Abdenaceur au centre-ville dès la fin de la manifestation.
Une autre manifestation qui sandera le slogan « l’allégeance à la résistance » débutera à la mosquée Houseyn Ibn Ali à Hébron du sud de la Cisjordanie. Une autre manifestation avec le même slogan débutera à la mosquée Omar Ibn Al Khatab à Bethléem.
Le mouvement a appelé toutes les classes de la société palestinienne à manifester leur colère face à l’occupant et a participer aux actions et manifestations populaires qui encouragent la résistance et qui exercent une pression sur les sionistes.
Des groupements de jeunes avaient appelés à ce que la journée de demain soit une journée de colère face l’occupant sioniste et à son agression contre la bande de Gaza. Ils ont appelés à une forte mobilisation et a affronter les soldats de l’occupation. 

Depuis la fin de la trêve la résistance bombarde les villes occupées de 335 roquettes

L’armée sioniste a annoncé que les factions palestiniennes continuent de tirer des roquettes contre les villes et les villages sionistes.
Dans un communiqué publié vendredi 22/8 l’armée déclare qu'« environ 335 roquettes ont été tirées contre les zones sionistes depuis la fin de la trêve entre la résistance palestinienne et l’occupation dans la nuit de mercredi à jeudi à minuit »
L’armée de l’occupation poursuit sa guerre contre la bande de Gaza. Cette guerre a été la plus violente jamais connu et a fait 2083 morts et 10482 blessés. Des milliers de maisons ont été détruites sur les propriétaires.

Exode générale des habitants de Kibboutzim près de Gaza

Des centaines d’habitants de Kibboutzim à Eshkol au sud de Gaza ont quittés leurs maisons une nouvelle fois jeudi 21/8 au soir après la reprise de la guerre et la chutte de centaines de roquettes sur les villages qui entourent Gaza.
Le journal Yediot Aharonot a déclaré que cette exode est dû à la chute de roquettes et d’obus de mortier. Des centaines d’habitants de Kibboutzim, précisément  de Nir Oz et Al Ayn athalitha ont décidé de quitter leurs maisons pour quelques temps, jusqu’au retour au calme. Ils étaient retournés chez eux lors du cessez-le-feu.
Le site hébreu Wala a déclaré qu’un colon de Kibboutz Nir Oz à qouligné la difficulté de cette situation et le fait qu’ils se sentaient malheureux.
Plus de 30 roquettes sont tombées hier tout près ou à l’intérieur des colonies d’Eshkol. Des maisons ont été fortement abimées et un colon a été grièvement blessé  après avoir été touché par des débris d’obus de mortier. Il a été transporté à l’hopital Soroka de Bir Sheba pour se faire soigner.

34 martyrs pour le 46e jour d’agression élevant à 2083 le nombre total de martyrs

34 martyrs pour le 46e jour d’agression élevant ainsi à 2083 le nombre total de martyrs
Au 46e jour d’agression contre la bande de Gaza, 34 personnes ont été tuées et des dizaines d’autres ont été blessés dans une série de raids qui ont visés des maisons, des terres agricoles et des citoyens dont trois hauts responsables des brigades Al Qassam à Rafah.
Au total, 2083 personnes ont été tués selon les sources médicales à Gaza dont 561 enfants, 255 femmes et 98 personnes âgées.
10482 personnes ont été blessées dont 3189 enfants, 1994 femmes et 388 personnes

L’occupation arrête le député Bassem Zarir à Hébron

Les forces d'occupation sionistes ont arrêté à l'aube du vendredi (22-8) le député au Conseil législatif Bessem Ahmad Zarir après la perquisition de son domicile dans la ville de Samu à Hébron dans le sud de la Cisjordanie.
Selon des sources locales, une force militaire sioniste a attaqué la maison du député Zarir et son frère de manière brutale et a procédé à une large opération d’inspection.
Elles ont rapporté que des affrontements violents ont éclaté dans la région d’el-Wali à la ville de Samu au cours desquels les forces israéliennes ont tiré des gaz lacrymogènes et des bombes sonores de manière massive en plus du lancement de balles en caoutchouc et réelles, tandis que les jeunes hommes ont répondu en jetant des pierres.

Un officier sioniste : nous avons largué des tonnes de bombes pour assassiner le3 cadres

Un officier dans l’armée de l’air de l’occupation sioniste a déclaré « ce matin à l’aube, nous avons largués de nombreuses bombes de plusieurs tonnes pour l’assassinat des leaders des brigades du martyr Azzdine Al Qassam au sud de Gaza »
Al Qassam a reconnu la mort de ses trois cadres, Raed Salah, Mohamed Abu Shamala et Mohamed Barhoum lors d’un violent bombardement sioniste contre une maison à l’ouest de la ville de Rafah.
L’officier sioniste a assuré, selon la chaine hébreu Chanel 10, que l’armée de l’air a larguée cette grande quantité d’explosif pour s’assurer que les trois cadres ne survivent pas à cet assassinat.
Al Atar et Abu Shamala sont membres du siège militaire des brigades Al Qassam. Ils étaient recherchés par l’occupant sioniste.

Affrontements, blessés et arrestations près de Jénine

A l’aube d’aujourd’hui (22-8), de larges affrontements ont été déclenchés avec les forces d'occupation dans différentes parties de Jénine, tandis que de nombreux citoyens ont été blessés et d’autres ont été arrêtés.
Des sources locales ont déclaré que des affrontements ont éclaté dans le quartier Malloul de Yaabod au sud de Jénine après que les forces d'occupation aient attaqué la ville et pris d’assaut la maison de Fathi Mitanni. Le fils de ce dernier Mohammed (15 ans) a été arrêté et emmené vers une destination inconnue.
Les sources ont souligné que les forces d'occupation ont érigé un barrage militaire à l'entrée de la ville ce matin, ont arrêté un certain nombre de véhicules et ont vérifié l'identité des citoyens.
D'autre part, la ville d’Araqa à l'ouest de Jénine a été témoin de larges affrontements violents hier soir et à l’aube d’aujourd’hui suite à la prise d’assaut des forces d'occupation de la ville, sachant que la ville connaît des affrontements continus ces derniers temps après chaque opération de prise d’assaut de la ville.
Les sources ont ajouté que les forces israéliennes se sont affrontés avec les citoyens au centre de la ville et ont lancé des dizaines de gaz lacrymogènes et des balles en métal, conduisant à de nombreuses victimes de suffocation, y compris les femmes qui se trouvaient à l’intérieur de leurs maisons tandis que deux jeunes hommes ont été blessés par des balles en métal.
Les forces d'occupation israéliennes se sont aussi déplacées à l'aube d’aujourd'hui dans la ville de Qabatiya, à l'est de Jénine, et ont mené une large opération de ratissage qui a abouti à l'arrestation du jeune Yasser Youssef Mohamed Kamel.

Malgré la politique américaine, les Amérindiens défendent les Palestiniens…

À Gaza et dans les médias, les jours se suivent et se ressemblent. Mornes, tristes, mortifères et désespérants. L’auteur de ces lignes revient d’un long périple en ex-Yougoslavie. Des belligérants de cette guerre civile ayant ensanglanté les Balkans à la fin du siècle dernier, j’ai entendu les doléances respectives. Certes, les Serbes orthodoxes ont causé plus de dégâts que les autres factions en présence ; logique : l’armée yougoslave était composée à plus de 70 % de Serbes orthodoxes, tandis que les Croates catholiques combattaient, coude à coude, avec leurs alliés Bosniaques musulmans, juste avant qu’une alliance de fortune, unissant orthodoxes et catholiques, ait décidé de dépecer la Bosnie musulmane. Ce retournement fut opérant à Mostar, ville dont le fameux pont – reconstruit depuis –, a été détruit par les catholiques. À Sarajevo, en revanche, là où durant un siège ayant duré plus de trois ans, catholiques, musulmans, ortodoxes, juifs et tziganes, tinrent bon leurs positions. Ils ne se battaient pas pour telle ou telle confession ; juste pour défendre femmes et enfants, maisons ayant vu naître leurs ancêtres et ville naguère modèle de pacifique coexistence religieuse. Au début, privés d’armes, ils se sont défendus, avec des couteaux, les autres avec des pistolets antiques remontant à la Première guerre mondiale. Le retournement d’alliance plus haut évoqué n’eut guère d’influence sur la cohésion de cette ville pas tout à fait comme les autres. Aujourd’hui, il y a moins de chrétiens à Sarajevo qu’autrefois, mais toujours assez pour que les cloches des églises viennent sonner entre deux appels de muezzins.
À Gaza, le phénomène se répète, telle la réplique d’un tremblement de terre : ville assiégée et privée de tout ; toutes confessions confondues, une fois de plus, sachant qu’une bombe israélienne ne fait pas de différence entre un enfant chrétien et un nourrisson musulman. Construction de tunnels permettant de faire passer l’essentiel : nourriture pour survivre et armes pour se défendre… après, les violences… Insupportable aux yeux d’observateurs “occidentaux” pour lesquels “droits de l’homme” et “démocratie” font figure de religion ultime, à répandre de gré ou de force sur notre vaste monde : sorte d’EIIL à l’occidentale…  Comme quoi il puisse arriver que diverses tyrannies religieuses à prétentions eschatologiques puissent entretenir d’étroits et consanguins cousinages.
D’autres assiégés, d’autres victimes de cette même idéologie viennent de voler, de manière inattendue mais finalement assez logique, au secours des martyrs de Gaza : les Indiens des USA. Comparaison n’est certes pas raison, mais comment de pas comprendre que ces Amérindiens soient de plus en plus nombreux à ressentir de l’empathie pour le peuple palestinien et à établir un parallèle troublant entre ce qui est arrivé aux peuples natifs d’Amérique du Nord et aux Palestiniens du Levant.
Ainsi, l’Association des études des peuples indigènes américains s’est rendue célèbre en décembre 2013 pour avoir été un des trois groupes académiques d’Amérique du Nord à soutenir la campagne palestinienne pour un boycott académique et culturel d’Israël.
En janvier 2013, le Jérusalem Post a publié un article intitulé : « Les Amérindiens se retournent-ils contre Israël ? »À la base de cet article, cette simple anecdote : « Joy Harjo, la diva poétesse et musicienne appartenant à la nation MuscogeeCreek, avait suscité une « tempête de protestation en annonçant sur Facebook qu’elle partait se produire en Israël. »Mais l’article qui explique le mieux l’ampleur de ce front inattendu demeure celui de Gyasi Ross, autre leader historique des premiers habitants de l’Amérique, en ces termes intitulé : “Pourquoi moi, un Amérindien, je soutiens le peuple palestinien. »
Ainsi : « En tant que membre du peuple autochtone de ce pays, je suis arrivé à la conclusion que je dois soutenir les Palestiniens et leur lutte pour un état palestinien autonome. Même si beaucoup pensent que ce qui relie les Indiens américains et les Palestiniens est le fait d’être des “peuples autochtones déplacés,” ce n’est pas la raison pour laquelle je me sens proche des Palestiniens. Ce qui suscite chez moi un sentiment de fraternité pour mes frères et sœurs de Gaza et de Cisjordanie, c’est un sentiment beaucoup plus primaire et viscéral : la peur ; une peur qui vient de la prise de conscience que ce qui arrive à un groupe d’opprimés va inévitablement arriver à d’autres. (…) Les peuples indigènes, comme d’autres groupes opprimés dans le monde sans distinction de race ou de religion, ont grandement intérêt à tirer les leçons des atrocités génocidaires commises par le gouvernement d’Amérique du Nord contre les peuples natifs d’Amérique. Tous ceux qui défendent l’humanité doivent aussi œuvrer à empêcher ces mêmes atrocités de se reproduire ailleurs, à une autre époque, contre d’autres peuples, et dans le cas présent contre les Palestiniens. »
Gyasi Ross n’est ni chrétien ni musulman. C’est un adepte des religions naturelles, religions ayant précédé celles des Révélations, mais qu’il convient aussi de préserver, tel un trésor, puisque nous en disant beaucoup sur ce que nous fûmes, avant de rejoindre la foi d’Abraham.
Et le meilleur pour la fin :
« Les Palestiniens, comme les Amérindiens sont prisonniers sur leur propre terre. Eux non plus n’ont nulle part où aller, personne ne veut les accueillir. Le Liban, la Syrie et l’Egypte se sont tous montrés insensibles aux épreuves des Palestiniens et ils les ont utilisés comme des pions contre Israël. Les Palestiniens, comme les Amérindiens, n’ont d’autre alternative que de continuer à être une épine dans le pied de ces gouvernements à la fois apathiques et oppressifs qui sont arrivés au pouvoir par tous les moyens. »
Dans le même temps, l’Occident ayant perdu ce qui lui demeurait d’honneur dans cette affaire, il fallait bien que la fierté de la France puisse être un brin sauvé. Ce qui fut fait par la bouche de Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac et surtout, ministre français des Affaires étrangères qui, en 2003, sut dire « Non » aux USA, à l’approche de la Seconde guerre du Golfe : « Par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s’est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième Intifada. Comment comprendre aujourd’hui que la France appelle à la “retenue” quand on tue des enfants en connaissance de cause ? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d’Israël ? Oui, il y a une terreur en Palestine et en Cisjordanie, une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu’on leur a fait jouer.»
Ite Missa Est, comme disent nos frères catholiques. Sitting Bull et Yasser Arafat ne sont plus ; leur esprit demeure, nonobstant, alliance du Sioux et du Palestinien. Alternative au Moloch des temps modernes ? Pourquoi pas…

Deuxième réunion entre Mechaal, Abbas et l'émir du Qatar aujourd'hui

Moussa Abou Marzouk, membre du bureau politique du mouvement de la résistance islamique "Hamas", a annoncé qu’une deuxième réunion rassemblera le chef du bureau politique du Hamas Khaled Mechaal, le Président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et l'Emir du Qatar Tamim bin Hamad.
Abou Marzouk a déclaré dans un communiqué publié sur sa page Facebook que la réunion aura lieu vendredi dans l’après-midi dans la capitale qatarie Doha.
Concernant les sujets de la réunion, il a confirmé qu’ils discuteront de l'unité du peuple, l’arrêt de la guerre ainsi que les demandes, en plus des travaux futurs qui sont les principales questions qui seront abordées.
L'émir du Qatar, Cheikh Tamim Bin Hamad Al Thani, a déjà discuté avec Mahmoud Abbas et Khaled Mechaal des moyens de stopper l'agression sur la bande de Gaza.
Cela est arrivé lors d'une réunion qui s'est tenue hier matin à Doha au cours de laquelle ils ont réaffirmé la nécessité de parvenir à une solution pour réaliser les exigences du peuple palestinien concernant l’établissement d’un Etat indépendant avec Jérusalem comme capitale.

Faire déguerpir les colons et vider les colonie

Fadwa Nassar
22 août 2014
Avant 1948, les villages et villes situés à proximité de la bande de Gaza s’appelaient Beer Saba’, Najd, Semsem, ‘Asqalan, Majdal, Joulos, Asdud, Falouja, Joura, Barbara, Herbiya, …..  En 1948, les envahisseurs sionistes et leurs bandes armées commettent des massacres et expulsent les survivants palestiniens, vers la bande de Gaza ou la région d’al-Khalil.
Asdud, qui comptait plus de 5000 habitants en 1948, fut ethniquement épurée, pour faire place à une colonie du nom d’Ashdod ; les sionistes n’ayant aucune mémoire ou histoire dans le pays reprennent souvent le nom d’origine en le modifiant pour faire croire qu’il s’agit d’un lieu juif. En 1998, les réfugiés palestiniens originaires d’Asdud étaient au nombre de 33.000 réfugiés. Le village de Najd, qui comptait 719 habitants palestiniens en 1948, est rasé et sa population expulsée, et la colonie nommée Sderot y fut implantée. Le nombre de réfugiés de Najd s’élevait en 1998 à 4500 réfugiés. La population de Herbiya, le bourg palestinien situé à 14 km au nord-est de Gaza, s’élevait à 2600 habitants, avant d’être rasé et sa population expulsée le 1er novembre 1948, pour que la colonie Zikim soit implantée. Le nombre de réfugiés originaires de ce bourg s’élevait il y a une dizaine d’années à 16.000 Palestiniens. Ce ne sont que quelques exemples de ce qu’était la « bordure de Gaza » où furent implantées des colonies juives. Ces terres volées, sur lesquelles les colonies furent construites à la place des villages, bourgs et villes, font partie de la Palestine, comme le reste des terres, notamment à al-Jalil au nord de la Palestine et al-Naqab, à l’Est de la bande de Gaza.
Aujourd’hui, la résistance palestinienne qui lutte à partir du territoire de Gaza, lance ses fusées et roquettes sur l’ensemble du territoire occupé par les sionistes, mais surtout sur les colonies implantées dans la « bordure de Gaza ». Les colons qui se sont crus longtemps à l’abri et pour lesquels leur entité a consacré d’importantes sommes d’argent pour les y installer, vivent les moments les plus « effroyables » de leur existence : leurs colonies sont sous les feux de la résistance. Depuis plus d’un mois, soit ils ont quitté leurs colonies pour se diriger vers le centre, soit ils vivent terrés dans les abris que leur entité a fait construire. Ils sont en colère contre leur gouvernement qui ne peut les protéger contre la résistance palestinienne. Ils souhaitent la destruction de Gaza, voire la disparition des Palestiniens mais leur gouvernement s’avère incapable : il a menacé d’envahir le territoire et a même essayé, mais les lourdes pertes subies par leur armée et la lâcheté de son élite super équipée qui ne fait pas le poids face aux combattants palestiniens, l’ont amené à reculer. Le gouvernement sioniste est dans l’impasse : il ne peut protéger ses colons ni ses colonies, quoiqu’il fasse. Il a pensé que le massacre de civils entraînerait la soumission de la résistance, mais c’était sans compter sur la solidité interne du front palestinien et de la volonté inébranlable des Palestiniens à vouloir continuer le combat. Il a pensé qu’en assassinant des dirigeants de la résistance (plusieurs dirigeants et leurs familles ont été ciblés et assassinés), mais c’était sans compter sur la volonté des résistants à prendre la relève et à poursuivre la lutte, une tradition d’ailleurs bien ancrée dans la résistance palestinienne.
« Les portes de l’enfer » sont ouvertes, a déclaré le porte-parole du mouvement Hamas, suite à la tentative d’assassinat du commandant des Brigades al-Qassam, Mohamad Dayf, comme elles furent auparavant ouvertes suite à l’assassinat du fondateur du mouvement du Jihad islamique, dr. Fathi Shiqaqi, et suite à l’assassinat de sheikh Ahmad Yassine et de dr. Rantissi, fondateur et dirigeants du mouvement Hamas, et suite à l’assassinat de Abu Ali Mustafa et tant d’autres dirigeants de la résistance. La résistance n’a pas faibli, au contraire. Elle est restée fidèle à la voie de ses fondateurs et dirigeants et a développé ses capacités, comme l’ont voulu les martyrs. Elle a décidé que « la bordure de Gaza » serait son champ opératoire et vidée des colons.
Suite à la reprise de l’agression sioniste, Abu Ubayda, porte-parole des Brigades al-Qassam, a ordonné aux colons vivant dans la bordure de Gaza de ne plus y revenir. La zone leur est interdite. Les bombardements intensifs de l’armée sioniste sur la bande de Gaza n’y changeront rien : les villes, bourgs et villages palestiniens sur lesquels furent implantées les colonies sionistes appartiennent désormais à la résistance. C’est à présent son champ opératoire. Un bout de la Palestine occupée en 1948, qui prolonge le territoire de Gaza, est en passe d’être libéré de la colonisation sioniste.
Des commentateurs et analystes, enfermés dans les cadres des accords d’Oslo, de la proclamation « d’indépendance » et du programme transitoire de 1974, souhaitent que la défaite sioniste entraîne le retrait des colons de la Cisjordanie et d’al-Quds, territoires occupés en 1967, ayant peu à l’esprit ou craignant de poser clairement la possibilité de « libérer toute parcelle de la Palestine occupée ». Ces commentateurs et analystes ont fait leur la vision de l’ONU et de la « communauté internationale », tout en admettant son injustice envers le peuple palestinien, et notamment envers les réfugiés, 6 millions de réfugiés palestiniens qui réclament de vivre libres dans leur pays. Depuis que la question de la Palestine fut conçue comme une affaire strictement palestinienne, et non plus arabe et musulmane, et que la direction de l’OLP s’est repliée sur un programme transitoire, qui serait « la libération des territoires occupés en 1967 », la conscience sur la possibilité de libérer toute parcelle de la Palestine, y compris des territoires occupés en 48, s’est évanouie.
Il est vrai cependant que, dans le rapport de forces actuel régional et international, la résistance palestinienne réclame juste la levée du blocus meurtrier contre Gaza et la libre circulation des Palestiniens vivant dans ce bout de territoire, comme il est vrai que la libération de la Palestine exige une participation plus large que les forces de la résistance actuelle. Mais il est aussi vrai que la résistance a réussi là où les négociations ont échoué : faire déguerpir des colons et vider des colonies, à l’intérieur des territoires occupés en 48, et non pas, comme le souhaite le programme de l’Autorité palestinienne, des territoires occupés en 67.
Ce qui signifie que, dans un contexte régional, notamment arabo-musulman, et international plus favorable au peuple palestinien et à sa résistance, la libération de territoires par la force des armes, où qu’ils se situent, est possible, hors des cadres coloniaux fixés par l’ONU et la « communauté internationale ». Il suffit juste de ne pas se soumettre à ces cadres, de penser tous les champs possibles ouverts à l’avenir et de mobiliser le peuple palestinien, les peuples arabes et le monde libre à toutes ces éventualités, car limiter ses revendications aux « frontières » d’un Etat palestinien sur les territoires occupés en 1967, obtenu par des négociations et sous l’égide de la « communauté internationale », signifie nécessairement reconnaître une certaine légitimité à l’occupation sioniste des territoires de 48. Or, c’est toute la Palestine qui est occupée et c’est toute la Palestine qui doit être libérée. 
Transmis par l'auteur

Le gouvernement canadien s’oppose à la venue d’enfants palestiniens blessés

Décidément, parmi les gouvernements occidentaux, c’est à celui qui montrera le plus d’ignominie. A côté des deux grands tueurs que sont Israël et les Etats-Unis, les autres se pressent pour être celui qui sera le plus solidaire ou celui qui aide le plus. Le gouvernement canadien figure dans le peloton de tête. Il se démène partout, en Ukraine comme en Palestine, pour être le premier de la classe, au point que l’on pourrait se demander s’il ne cherche pas à détrôner ses maîtres.

***

Le gouvernement conservateur canadien vient d’opposer une fin de non-recevoir à la demande d’entrée au Canada pour assurer des soins à une centaine d’enfants palestiniens blessés par les récents bombardements de l’armée israélienne sur la bande de Ghaza.
Cette initiative vient d’un médecin canado-palestinien, le docteur Izzeldin Abuelaish, qui a lui-même perdu trois de ses filles, en 2009, tuées par le tir d’un char israélien sur leur maison à Ghaza. Cette expérience est racontée dans un livre qu’il a publié en 2011 sous le titre  « Je ne haïrai point ». Le gouvernement canadien justifie sa décision par les risques liés au transport qui pourrait aggraver l’état de santé de ces enfants.
La séparation de ces enfants de leurs familles en serait l’autre raison, selon le porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères. Le Dr Abuelaish a affirmé aux médias canadiens qu’il est choqué par le fait qu’on puisse refuser des soins à un enfant blessé. «Imaginez un moment que ce soit votre enfant», s’est-il adressé aux conservateurs. «Notre responsabilité éthique est de leur prodiguer l’aide nécessaire au moment où ces enfants en ont besoin», a-t-il ajouté.
Pour lui, si la volonté politique est présente, il suffit d’un avion pour ramener ces enfants. Et l’avion est prêt. Il a aussi mis à contribution les services médicaux et sociaux de la province de l’Ontario. Les 100 enfants, qu’il compte toujours ramener malgré le refus du gouvernement qui doit délivrer les visas, ont des blessures ou sont dans un état qui leur permet de voyager de Ghaza jusqu’au Canada. La majorité a besoin de soins orthopédiques, de chirurgie plastique, vasculaire ou nerveuse.
Plusieurs citoyens canadiens ont proposé d’héberger ces enfants pendant leur séjour au Canada. Le ministre ontarien de la Santé a affirmé, dans un communiqué, qu’il y a «une responsabilité morale à assister les enfants blessés dans des conflits armés». Pour ne pas laisser mourir ce projet, le Dr Abuelaish a lancé une pétition sur internet dans l’espoir d’avoir un appui populaire massif qui infléchirait la position du gouvernement canadien.
Cette attitude du gouvernement canadien ne surprend pas les observateurs qui y voient une volonté des conservateurs de ne pas laisser une telle opération aboutir, car elle risque de ternir l’image de leur allié dans l’opinion publique. Dès le début des bombardements israéliens sur Ghaza, le Premier ministre, Stephen Harper, s’est porté pour la défense d’Israël. Il a affirmé à plusieurs reprises que «le Canada continuera d’appuyer de façon inébranlable le droit d’Israël de se défendre».
Le dernier appui à Israël remonte à deux jours avec la mise en place d’une commission d’enquête de l’ONU sur de possibles crimes de guerre à Ghaza. Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, s’en est pris à cette commission. «C’est une honte totale, qui ne fera rien pour promouvoir la paix et la dignité dans la bande de Ghaza et pour le peuple palestinien», a-t-il dit.
Marche pour Ghaza
L’attitude du gouvernement canadien dans le dossier palestinien a été dénoncée par plus de 10 000 personnes lors d’une marche qui a sillonné les rues de Montréal, dimanche dernier. Organisée par une coalition de syndicats, d’organisations populaires ou communautaires ainsi que des partis politiques, la marche avait pour but d’exiger l’arrêt de «l’agression israélienne contre Ghaza» qui est «soutenue par le Canada» et «la fin du blocus de Ghaza», entre autres.
«Ghaza, Ghaza le Québec est avec toi», «Ghaza, Ghaza, le Québec ne t’oublie pas» ou «Israël assassin, Harper complice», sont quelques-uns des slogans entendus pendant la marche. Les organisateurs ont tenu à rappeler que ce qui se passe en Palestine est une guerre d’occupation. «Nos voix porteront dans les rues, dans les organisations, dans les médias sociaux et dans les élections», s’est adressée aux manifestants l’une des organisatrices.
Samir Ben

Gaza : un terrain d’expérimentation de la technologie militaire israélienne

Des officiers de haut rang de l’armée israélienne font souvent une seconde carrière dans l’industrie de l’armement après leur retraite et, pendant qu’ils sont dans l’armée, ils en profitent pour rendre d’inestimables services à leurs futurs employeurs en testant les systèmes d’armement mis au point par l’industrie de l’armement israélienne, en convainquant le gouvernement israélien que ces armes sont nécessaires pour gagner la guerre et en encensant les firmes qui les produisent.
Les foires commerciales de technologie militaire et d’équipement de sécurité à usage interne sont fréquentes en Israël, particulièrement après chaque attaque et/ou invasion de Gaza. Le principal argument de vente de ces entreprises d’armement est que la technologie « a déjà été utilisée par l’armée israélienne ».
L’industrie d’armement israélienne opère en coopération étroite avec sa grande sœur étasunienne. L’aide militaire que les États-Unis donnent à Israël garantit cette coopération, et chaque conflit au Moyen-Orient augmente les profits des géants de l’armement étasuniens (comme Boeing, General Dynamics, Lockheed Martin, et Raytheon) encore plus que ceux des marchands d’armes israéliens.
Gaza la cible facile
Les guerres causent des morts civiles, et la plupart des secteurs de l’économie israélienne qui n’ont pas de lien direct avec le secteur de l’armement souffrent du conflit permanent dans lequel Israël est impliqué. La lutte pour la répartition de ressources publiques limitées s’est intensifiée au fil des années et, tandis que le ministère de la Défense continue d’exiger une part du gâteau toujours plus grande, la population se plaint de voir son niveau de vie stagner ou même baisser. Ce mécontentement a provoqué les explosions sociales des étés 2011 et 2012. Mais la seule réponse d’Israël à toute suggestion de diminuer le budget de la Défense a été un regain de violence contre les Palestiniens ou contre le Liban. Quand le vent de la guerre souffle, toute velléité de couper les crédits de la Défense s’éteint.
Après la guerre de 2006 contre le Liban, qui a été fort humiliante pour l’armée israélienne, le gouvernement israélien s’est rabattu sur la bande de Gaza. Gaza est un territoire exigu, encerclé et densément peuplé qui n’a pas les capacités de défense que le Hezbollah avait en 2006 au Liban.
Depuis cette date, l’armée israélienne a pris l’habitude d’attaquer Gaza tous les deux ans. Elle a ainsi réussi à échapper aux coupes budgétaires, les marchands d’armes ont augmenté leurs profits et, dès 2012, les exportations d‘armes israéliennes culminaient à 7 milliards de dollars.
Plus aussi facile
Lors de l’attaque précédente, “opération Pilier de Défense”, en 2012, la star du show était le système anti-roquette “Dôme de Fer”. Les missiles du Dôme de Fer qui coûtaient 50 000 à 100 000 dollars pièce, interceptaient les roquettes artisanales de Gaza qui revenaient à un peu plus de 1000 dollars. En tous cas, le système a permis aux Israéliens de vaquer tranquillement à leurs occupations pendant que l’armée s’amusait à tirer sur la population sans défense de Gaza, ce qui n’a pas manqué de divertir nombre de gouvernements et d’armées de par le monde. Les ventes d’armement israélien dépendent de cette guerre asymétrique.
Le Hamas qui l’a fort bien compris a tenté de briser le cycle. Il a offert un cessez-le-feu au tout début de l’attaque israélienne : il promettait de ne plus attaquer Israël pendant 10 ans en échange de la levée du siège. Cela semblait être ce que voulait Israël. Après tout, Israël prétendait que le siège était seulement une mesure de protection contre les attaques palestiniennes, mais le Hamas savait qu’Israël n’accepterait jamais son offre. L’industrie israélienne de l’armement perdrait son avantage si elle devait rester 10 ans sans pouvoir tester ses armes.
L’importance des destructions à Gaza et les 2000 Gazaouis tués pourraient facilement faire oublier que la guerre de l’été 2014 n’a pas été facile non plus pour l’armée israélienne. Non seulement, elle a lourdement pesé sur l’économie israélienne, mais elle a montré qu’en dépit de sa supériorité technologique, elle n’est pas capable de vaincre le Hamas ni d’atteindre ses objectifs stratégiques. La violence excessive dont ont fait preuve les soldats israéliens a montré que la “précision chirurgicale” dont se vantent les entreprises ne sert plus à grand’ chose quand un peuple sous occupation a toutes les raisons de se lever contre la domination israélienne et que tout un chacun devient suspect.
Lorsque plus rien ne discipline les soldats israéliens qui tirent sur des civils, ils se montrent de plus en plus brutaux et la liste de leurs atrocités s’allonge. Tous les espoirs israéliens de mener, grâce à des armes de pointe, une guerre “propre” qui leur évite les retombées politiques et légales de l’assassinat de civils, ont été anéantis. L’Angleterre, l’Espagne et même les États-Unis ont déjà pris leurs distances avec l’industrie de l’armement israélienne et ont adopté des mesures pour contrôler leurs ventes d’armes à Israël.
Inégalité et profits de guerre
Malgré tout, les journaux économique israéliens ont publié une série d’articles sur les nouveaux contrats signés par les marchands d’armes israéliens, et des firmes comme Elbit Systems et IAI (industrie aérospaciale israélienne) ont émis avec succès une grande quantité d’obligations*. Bezhalel Machlis, le PDG d’Elbit Systems, a dit dans un interview que tous les produits d’Elbit avaient été utilisés dans l’opération en cours à Gaza. Mais l’armée israélienne n’a pas testé les armes made in Israël dans une guerre conventionnelle depuis plus de 40 ans.
L’armée israélienne est spécialisée dans la guerre asymétrique, la répression des manifestations et de la guérilla. En conséquence ce sont les gouvernements des pays où règne une grande inégalité qui achètent le plus d’armes israéliennes pour réprimer les soulèvements que ces inégalités engendrent. Il n’est donc pas surprenant que les plus gros acheteurs d’armes israéliennes soient l’Inde, le Brésil et les États-Unis.
En fait, la bande de Gaza est davantage qu’un laboratoire pour les armes mortifères israéliennes. Elle leur sert aussi à faire des expériences sociales sur toute une population incarcérée et isolée, contrôlée de la terre, de la mer et du ciel et qui ne survit que grâce à l’aide alimentaire (qui ne coûte rien à Israël). Les marchands d’armes affirment avoir les moyens d’endiguer la résistance palestinienne et de garder la population sous le joug. Mais si c’est vrai et qu’ils continuent de vendre des armes à d’autres pays, on peut se demander qui sera le prochain peuple qui fera les frais de cette politique d’endiguement.
 Middle East Eye -
Traduction : Info-Palestine.eu - Dominique Muselet]

Les soldats israéliens humilient un Imam en le forçant à se mettre tout nu devant sa famille

Après la dévastation, l’humiliation

Au milieu des bombes, nous avons entendu des automatiques : "Nous avons crié que nous étions des civils. Mais ils ont continué à tirer comme si nous n’avions rien dit," a expliqué Najjar, un Iman de 55 ans connu et respecté de sa communauté.Quelques minutes plus tard, un chien de l’armée a bondi à l’intérieur en effrayant les enfants ; de derrière le mur troué par les tirs, l’Iman a crié en hébreu aux soldats : " Nous sommes des civils, il y a des enfants et des bébés avec nous et nous n’avons pas de lait ni de médicaments."
Les soldats ont hurlé en hébreu : "Sortez un par un !"
Dehors, les soldats ont ordonné à tout le monde de se coucher par terre - les femmes et les enfants d’un côté et les hommes de l’autre - et ont amené d’autres femmes du voisinage au coin de la rue.
"Devant toutes ces femmes ils m’ont forcé, à la pointe du fusil, à me mettre tout nu," raconte l’Iman tout en marchant dans le quartier en ruines.
"Je suis un homme respecté, et me retrouver tout nu devant tout le monde est ce qui m’est arrivé de plus humiliant de toute ma vie,”a ajouté l’Iman, sans pouvoir contenir les larmes qui jaillissaient de ses yeux noirs au regard normalement fier.
Une telle situation aurait été embarrassante pour n’importe quel homme, mais pour un musulman profondément religieux et attaché aux traditions qui est considéré comme un pilier de la communauté, elle était particulièrement révoltante.
Mais l’humiliation ne s’est pas arrêtée là. Najjar raconte que les soldats lui ont ordonné ainsi qu’aux autres hommes nus de rester debout les bras écartés. Quand la douleur est devenue insupportable, Najjar a dit à un soldat en hébreu : "J’ai mal aux bras". Alors on l’a fait s’asseoir. "Ils m’ont apporté une chaise et c’est la seule fois où ils m’ont écouté." a-t-il dit.
Ce n’était pas la première fois que l’Imam et sa famille ne pouvaient pas dormir du fait de la violence des attaques israéliennes mais ce petit matin-là a été le pire de tous. Najjar l’appelle désormais : "Le Mardi Noir du 22 juillet".
Sans lui permettre de se rhabiller les soldats lui ont ordonné "d’emmener les femmes et les enfants ailleurs". Le seul endroit possible était la maison de son frère, à deux rues de là, où il espérait qu’ils seraient en sécurité.
"Les bombes et les bulldozers avaient fait d’énormes trous dans les rues, et j’ai dû porter ma vieille mère sur les épaules jusqu’à chez mon frère," a-t-il dit.
Mais quand ils sont arrivés là, la maison était pleine de soldats israéliens couchés par terre sur le dos, et certains dormaient sur les matelas et les draps de la famille.
"Ces soldats étaient furieux qu’on nous ait laissés venir ici," a dit Najjar, ce qui laisse supposer que la communication entre les différentes unités israéliennes n’était pas parfaite à Khuza’a.
Les hommes ont été encerclés pendant que les Israéliens décidaient qui ils allaient arrêter et qui ils allaient laisser partir.
Najjar, a été emmené à la Mosquée de Kuuza qui avait été fortement endommagée et dégradée par les soldats israéliens. C’est là que l’officier en charge des hommes qui se trouvaient chez son frère l’a interrogé avec insistance sur des membres de la famille Abu Rida, une famille très grande, bien connue à Gaza.
"Oui, je vois Abu Rida à la mosquée, à la prière du vendredi," a répondu l’Imam.
En continuant de le menacer de son arme, l’officier lui a demandé "d’où les roquettes venaient". L’Iman a répondu : "les seules roquettes que je connaisse sont les missiles israéliens des F16 et des drones."
L’officier c’est alors mis en colère et l’a interrogé sur les "tunnels" qu’Israël utilise comme prétexte pour étendre sa campagne militaire à Gaza.
Najjar a répondu, sans se laisser intimider : "Malgré toute vos capacités de renseignements et toute votre technologie, vos drones, vos F16, vous Israéliens, vous ne savez pas où sont les tunnels ; croyez-vous que ceux qui les construisent vont venir me dire où ils sont ? "
L’interrogatoire a duré encore un moment, puis un frère de Najjar a été amené à la Mosquée. Il s’est aperçu qu’un soldat regardait un graffiti sur le mur avec le nom que le Djihad Islamique donne à l’opération Bordure Protectrice "al-Bunian al-Marsoos" - un terme coranique qui signifie structure compacte - et il lui a demandé s’il voulait qu’il l’efface. Mais le soldat a répondu qu’il "allait s’en occuper". Peu après, en effet, un bulldozer est arrivé et a démoli le mur tout entier.
L’arrivée du bulldozer aurait dû faire comprendre à Najjar que ses épreuves n’étaient pas terminées.
Les soldats ont ordonné à l’Imam de se rhabiller et l’ont fait sortir avec son frère à la pointe de leurs fusils. Ils ont dit à Najjar de marcher devant eux en direction du centre de la ville et d’appeler tous les habitants pour qu’ils sortent dans la rue et se rendent.
Les soldats israéliens ont choisi un habitant respecté de tous, l’Iman, sachant que les habitants lui feraient confiance et croiraient qu’en faisant ce qu’il dit, il ne leur arriverait rien même si les soldats avaient prévu des représailles en cas d’échec.
Le frère de l’Iman a entendu l’officier dire à ses soldats en hébreu que "si les gens ne sortaient pas, il fallait tuer les deux frères."
Les soldats les ont fait avancer après les avoir avertis : "On surveille vos moindres gestes, nos armes sont pointées sur vous, alors attention. Si vous vous écartez du milieu de la rue, on vous tue."
Les gens ont vu l’Iman qui avançait tout seul. Un autre de ses frères l’a appelé d’une fenêtre : " Khalil, Khalil". L’Imam a dit à tout le monde de sortir, qu’il ne leur arriverait rien.
Les jeunes sont sortis, ils voyaient l’Iman mais pas les soldats qui s’étaient cachés en attendant que tout le monde sorte. C’est seulement alors que les soldats se sont montrés et ont crié à tout le monde de mettre les mains sur la tête.
Mais des gens étaient restés chez eux. Un soldat a dit l’Iman "qu’il restait plus de 1000 personnes chez elles". Les Israéliens ont alors ramené l’Iman à la Mosquée où un officier a levé son arme sur lui et lui a ordonné de démarrer le générateur électrique de la mosquée et de dire au haut-parleur que si tous les jeunes sortaient de chez eux, il ne leur arriverait rien.
"Ma gorge était sèche et je n’arrivais pas à appeler les gens à la prière tellement j’étais épuisé par le manque de sommeil et le jeûne, alors le soldat a mis son fusil sur ma tempe et m’a ordonné de dire à tout le monde de sortir," a dit Najjar.
Quand l’Iman a eu fini de parler, les soldats l’ont emmené dehors pour que les gens, qui étaient sortis à son appel, le voient.
Puis les soldats lui ont dit : "Prends ta mère et va-t-en. Si j’entends une seule de ces femmes dire un seul mot, je bombarde votre maison tout de suite."
Tous les jeunes hommes qui étaient sortis ont été arrêtés et ils n’ont laissé derrière que les femmes, les enfants et les vieillards. L’Iman a transporté sa mère chez son frère en se frayant un chemin au milieu des innombrables tanks.
Quand il est arrivé chez son frère, les soldats étaient toujours couchés partout. Ils ont enfermé la famille dans une pièce et ont gardé le reste de la maison pour eux.
"J’ai entendu un soldat israélien raconter au téléphone ce qu’ils faisaient à Gaza. il disait qu’ils ’mettaient Gaza à feu et à sang’," a dit l’Iman.
Najjar pleure maintenant les plus de 2000 morts et se désole pour les centaines de milliers de personnes qui n’ont plus de maisons -, mais ce ne sont pas la brutalité et les destructions qui l’ont le plus marqué ; c’est la honte d’avoir dû se dénuder en public qu’il n’arrive pas à surmonter.
"Quoiqu’il arrive je ne pourrai jamais oublier cette humiliation. La honte me poursuivra toute ma vie," a-t-il affirmé.