vendredi 9 octobre 2009

Italie:Manifestation contre Abbas, Washington demande à Israël de le récompenser

08/10/2009 Des centaines de Palestiniens et arabes ont protesté, mercredi, contre la visite du président sortant de l'autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, en Italie.

Les manifestants ont brandi les drapeaux palestiniens et scandé des slogans réclamant la démission d'Abbas. Ils ont même appelé à sa sanction, pour avoir vendu le sang des victimes à Gaza.

"Abbas a sauvé l'occupation, en frappant les efforts de toutes les organisations juridiques internationales qui ont condamné "Israël", durant la guerre contre Gaza", a souligné, Mohamed Hanoun, le président de l'assemblée palestinienne en Italie.

La communauté palestinienne à Rome, a elle aussi, publié un communiqué, dans lequel elle a souligné que l'Autorité a mis en danger la question palestinienne.
Notons qu'Abbas, qui a cédé aux pressions américano-israéliennes et accepté le report du rapport Goldstone (accusant "Israël" de crimes contre l'humanité), a été très vivement critiqué dans les rangs palestiniens.

RECOMPENSE D'ABBAS

Dans ce contexte, le quotidien israélien "Maariv" a révélé que les Etats-Unis ont demandé à "Israël" de récompenser Mahmoud Abbas.

Selon le quotidien, Washington a demandé à "Israël" d'être flexible lors de la visite, de l'émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell. Washington veut renforcer la position d'Abbas, qui a subi de vives critiques, après avoir renoncé au rapport Goldstone, au conseil des droits de l'homme de l'Onu, ajoute le quotidien.

Citant un responsable israélien, "Maariv" poursuit qu'Abbas assume les conséquences de ses actes. Il ne devait pas jouer sur deux tableaux: Soutenir(avant de céder aux pressions)le rapport Goldstone, alors qu'il ne regrettait pas la guerre israélienne contre Gaza.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=106168&language=fr

Al Masri : Hamas étudie la possibilité de reporter l'accord de réconciliation avec Fatah

[ 08/10/2009 - 10:20 ]
Gaza- CPI

"Le Hamas étudie actuellement la possibilité de reporter la ratification d'un accord avec le Fatah, dans une mesure de contestation contre la position de l'autorité palestinienne qui avait rejeté l'adoption du rapport de Goldstone, devant le conseil des droits de l'homme", a déclaré le dirigeant au Hamas, Mouchir Al Masri.

Al Masri a souligné, le mercredi 7/10, lors d'une déclaration de presse, que les dirigeants du Hamas étudient actuellement la possibilité de répondre au report du rapport de Goldstone, par le report de toute ratification de réconciliation nationale avec le Fatah.

"Le scandale du présidant sortant, Mahmoud Abbas représente un grand crime contre les droits du peuple palestinien", a ajouté Al Masri.

Criez : cela leur est égal, tout à fait !

[ 08/10/2009 - 22:06 ]
Dr. Ibrahim Hamami

Criez, condamnez, indignez-vous, soyez scandalisés, manifestez, écrivez, protestez, faites ce que vous voulez. Cela ne sert à rien ; cela leur est égal, à ces mauvais leaders qui jouent à découvert.

Ces derniers jours étaient pleins de scandales, des scandales qui pourraient faire tomber non seulement une autorité fictive (qu’est cette autorité palestinienne de Ramallah), mais aussi de vrais gouvernements, et même carrément des pays tout entiers.

En effet, ce qui s’est passé ces derniers jours est exceptionnel. L’Histoire n’a jamais connu de telle trahison, au nom du nationalisme, au nom de l’intérêt supérieur d’un peuple, au nom du réalisme. L’Histoire n’a jamais connu de tel terrorisme, de tel enlèvement, de tel acharnement, de telle mauvaise conduite, commis au nom de la légalité !

Allons voir quelques-uns de ces évènements.

Le 22 septembre 2009, Liebermann, se trouvant aux côtés de Netanyahu et devant un certain nombre de journalistes, déclare qu’il venait de demander à Abbas de retirer sa demande présentée contre Israël devant le tribunal international de La Haye l’accusant d’avoir commis des crimes de guerre contre des habitants de la bande de Gaza. « J’ai dit, ajoute-t-il, aux membres de la délégation représentant l’autorité palestinienne, que c’était elle qui pratiquait des pressions sur Israël pour qu’elle aille jusqu’au bout dans sa guerre contre Gaza dans le cadre de l’opération Plomb durci ».

Le 2 octobre 2009, l’ambassadeur de l’autorité d’Abbas auprès des Nations Unies dit que son autorité essaie de retirer le projet de loi condamnant Israël pour ses crimes perpétrés durant sa dernière guerre menée conte Gaza.

Le 30 juin 2009, le ministre des affaires de la ville d'Al-Quds de l’autorité démissionne, accusant son gouvernement de ne dépenser pour la ville que 1% de son budget. Cependant, Israël dépense 20% pour la seule affaire de la colonisation dans la même ville !

Notons qu’au moment où cette autorité ne tend la perche à la ville sinistrée, elle dépense sans compter les biens du peuple palestinien dans une affaire louche et personnelle. Elle soutient Dahlan contre la chaîne satellitaire Al-Jazeera, au moment où elle se plaint d’un budget en péril.

Le 27 septembre 2009, des colons sionistes envahissent la sainte mosquée d’Al-Aqsa, sans que l’autorité palestinienne de Ramallah ne bouge un doigt.

Par contre, cette autorité essaie de rendre sans importance la transaction grâce à laquelle une vingtaine de captives palestiniennes ont été libérées. Les positions bizarres se comptent à la pelle.

Ainsi, tout dialogue sera inutile avec ces gens-là ; c’est une perte de temps. Ce ne sont que des représentants des occupants israéliens. Toute parole perdra tout son sens avec de tels corrompus qui ne s’intéressent ni de près ni de loin aux intérêts de leur peuple.

Maintenant, il faut que nous sachions qu'on ne doit pas rester inerte au nom de la neutralité. La neutralité ne joue qu’en la faveur de l’oppresseur, au détriment de l’opprimé.

L’unité, le travail et la pression populaire sont primordiaux. Sans cela, nous resterons comme nous sommes.

Que l’œil des lâches ne dorme jamais.

Article publié par Pholestin al-an, Palestine aujourd’hui.
Traduit et résumé par le département français du CPI

Pleins feux sur l’Autorité palestinienne

Palestine - 08-10-2009
Par Hassan Moali
L’ajournement à mars 2010 de l’examen du rapport Goldstone sur les crimes de guerre d’Israël lors de sa guerre contre Ghaza, à la demande du délégué palestinien au conseil des droits de l’homme de l’ONU a mis l’autorité de Mahmoud Abbas dans de sales draps.





















En effet pour une fois que l’Etat hébreu était mis en demeure de répondre de ses actes, il a bénéficié contre toute attente d’une planche de salut tendue par… l’Autorité palestinienne !

En effet, et contrairement aux déclarations de son représentant à l’assemblée générale du conseil à Genève, c’est lui-même qui a demandé le report de l’examen du rapport Goldstone et non pas le groupe arabe et musulman. Le délégué de Mahmoud Abbas aurait ainsi cédé aux pressions des Américains qui ne voulaient pas que leurs « poulains » israéliens soient accusés de crimes de guerre.

L’Etat hébreu s’en était donc sorti indemne de toute condamnation avec, ironie de l’histoire, la bénédiction du représentant du peuple qu’il a pulvérisé avec ses bombes phosphoriques !

Et c’est fort logiquement que les autres factions palestiniennes ont dénoncé ce qu’elles en appellent la « haute trahison ». Pour le Hamas, le FPLP et le FDLP, l’Autorité palestinienne a « vendu la cause ». Même au sein du propre camp de Mahmoud Abbas, le report a eu l’effet d’une bombe. Un ministre indigné, a même démissionné de son poste en signe de protestation. Hier, c’était le tour du pourtant très « égyptien » Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, de réitérer sa « vive indignation » de la demande du report du vote sur le rapport Goldstone sur les crimes de guerre perpétrés lors des agressions israéliennes contre Ghaza.

Feuille de route, feuille de vigne…

Dans des déclarations à la presse publiées hier au Caire, M. Moussa s’est dit «profondément indigné » de cette attitude mettant en garde contre les répercussions négatives d’une telle décision à long terme. Cette décision prise à Genève « est d’une grande gravité et tout à fait négative », a martelé M. Moussa ajoutant qu’il était « inconcevable qu’un rapport demandé par l’ONU soit établi après une enquête sur les crimes commis contre la population en Palestine, particulièrement à Ghaza et qu’il soit toujours en suspens ». « La construction des colonies se poursuit alors que le rapport Goldstone est mis à l’écart sans qu’il y ait une position arabe commune », s’est interrogé M. Moussa qui s’est félicité du rapport, d’autant que « l’absence de justice sape tout espoir de relance du processus de paix ».

De son côté, l’Etat du Qatar, qui continue de casser l’unanimisme arabe, a mis les pieds dans le plat en déclarant hier que c’est l’Autorité palestinienne et non les pays arabes et islamiques, qui avait demandé le report du vote sur le rapport de l’ONU fustigeant l’attitude d’Israël pendant la guerre de Ghaza. « Le délégué palestinien a demandé le report de l’examen du rapport au cours de la réunion le 2 octobre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et a informé tous les participants de sa demande », a déclaré le directeur du bureau des droits de l’homme au ministère des Affaires étrangères, cheikh Khaled Ben Jassem Al Thani.

« Nous ne serons pas plus royalistes que le roi, puisque les Palestiniens ont eux-mêmes demandé le report », a ajouté le responsable qatari dans des déclarations à la chaîne satellitaire Al-Jazira. Cheikh Khaled a démenti que la demande de report ait été formulée à la demande du groupe arabe et islamique à l’Onu, comme l’avait annoncé l’Autorité palestinienne. Il a estimé que « le vote aurait pu avoir lieu et je crois qu’une bonne occasion (de condamner Israël) a été perdue et pourrait ne pas se renouveler ».

Ce feu nourri contre l’Autorité palestinienne coupable d’avoir « sauvé » Israël d’une condamnation, intervient au moment où l’armée d’occupation poursuivait hier le bouclage de la mosquée El Aqsa, à El Qods, dans le cadre de la politique israélienne de répression dans les territoires palestiniens occupés.

Selon des agences de presse, qui citent des témoins, des milliers de policiers israéliens ont été déployés pour la deuxième journée consécutive autour de la mosquée El Aqsa, dans la partie orientale d’El Qods. C’est là la première « récompense » d’Israël à Mahmoud Abbas qui semble obéir une autre feuille de route que celle qui vise à prendre Israël en flagrant délit de crime de guerre.
Source : El Watan

Rapport de l'ONU sur Gaza : Washington menace de mettre son veto

ONU - 08-10-2009
Par Al Manar
Les Etats-Unis ont à nouveau défendu mercredi le report de l'examen du rapport de l'ONU accusant "Israël" de crimes contre l'humanité, durant la guerre israélienne à Gaza.

Ian Kelly, un porte-parole du département d'Etat a prétendu que le rapport contient "des allégations très graves qui doivent être examinées en profondeur".
"Nous croyons aussi que ces problèmes doivent être débattus de manière constructive et non polémique" a-t-il estimé. "C'est pourquoi nous pensons que l'endroit adéquat pour ces discussions est le Conseil des droits de l'homme" de l'ONU.

Mercredi, sous la pression des pays arabes, les Occidentaux du Conseil de sécurité ont accepté d'avancer d'une semaine - du 20 au 14 octobre - le débat public que le Conseil tient chaque mois sur "la situation au Proche-Orient, incluant la question palestinienne".

Selon l'ambassadeur américain adjoint, Alejandro Wolff, le rapport Goldstone "n'est pas à l'ordre du jour du Conseil de sécurité" le forum adéquat pour en discuter est le Conseil des droits de l'homme". "Nous avons simplement accepté d'avancer le débat mensuel sur le Proche-Orient. Toutes les délégations seront libres de soulever (à cette occasion) toutes les questions qu'elles estimeront pertinentes", a ajouté Wolff.

Les pays occidentaux ont également refusé la tenue d'une réunion spécifique sur le rapport Goldstone, qu'ils considèrent comme "défectueux" et "déséquilibré".

Le document met en cause "Israël", et demande au Conseil de sécurité de saisir le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) si aucun progrès n'est réalisé d'ici six mois dans les enquêtes israéliennes sur les crimes qu'il a commis à Gaza.

Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU avait décidé, conformément aux demande d'"Israël' et ses alliés, de reporter à sa session de mars 2010 le vote d'une résolution sur le rapport d'enquête du juge sud-africain Richard Goldstone.

Le président palestinien Mahmoud Abbas, qui a cédé aux pressions américano-israéliennes et accepté le report de ce rapport, a été très vivement critiqué dans les rangs palestiniens.
Source : Al Manar

Selon des sources bien informées, l'entourage d'Abbas lui a conseillé de ne pas rentrer à Ramallah

Palestine - 08-10-2009
Par Palestine Info
Des sources palestiniennes sûres ont révélé sous couvert d’anonymat que son entourage a conseillé à Mahmoud Abbas de repousser son retour à Ramallah jusqu’à ce que la colère populaire et le scandale causés par sa décision vis-à-vis du rapport Goldstone s’apaisent.

Selon Quds Press, les sources ont dit que les conseillers politiques et sécuritaires d’Abbas lui ont demandé de ne pas rentrer à Ramallah et de continuer son voyage régional et européen en mettant sur pied un long programme de visites jusqu’à ce que la fureur populaire se calme.

Dans un contexte lié, le Ministre palestinien de l’Intérieur dans la Bande de Gaza a annoncé mercredi qu’il lançait des poursuites au nom de la police de Gaza et des hommes de la sécurité qui ont été tués par Israël pendant sa guerre contre la Bande contre tous les responsables de l’Autorité Palestinienne à Ramallah qui sont responsables du retrait du rapport Goldstone sur les crimes de guerre israéliens.

Le porte-parole Ihab Al-Ghussein a déclaré que le Ministère de l’Intérieur qu’il travaillerait à ses poursuites avec tous les organismes juridiques et des droits de l’homme concernés, notant que plus de 250 membres de la police palestinienne et autres appareils de sécurité ont été massacrés pendant la guerre israélienne contre Gaza.

Dans le même contexte, plusieurs professeurs et intellectuels palestiniens ont appelé les pays arabes et musulmans à ne pas traiter avec Abbas parce qu’il a abandonné les intérêts de son peuple, collaboré avec l’occupation israélienne et qu’il est devenu une menace à la sécurité nationale et arabe.

Lors d’une conférence tenue mercredi Place Palestine à Gaza-ville, leur porte-parole a dit qu’Abbas et son entourage ne représentaient pas le peuple palestinien après qu’ils aient préféré leurs intérêts personnels à ceux du peuple palestinien.

Le porte-parole a souligné qu’Abbas, par ce nouveau scandale, confirmait quelques-unes de ses positions traîtresses antérieures contre le peuple palestinien, les plus notables étant son implication dans la liquidation de l’ancien Président Yasser Arafat et sa collaboration sécuritaire avec l’occupation israélienne.

Le même jour à midi, Rome, la capitale italienne, a été témoin d’une marche de masse à laquelle ont participé des centaines de résidents palestiniens et arabes qui ont condamné la visite d’Abbas dans le pays et sa position sur le rapport Goldstone.

Pour sa part, Ala’a Tafesh, secrétaire général du groupe Martyr Jawdah, affilié aux Brigades Al-Aqsa, la branche armée du Fatah, a dit mercredi que les combattants de la résistance au sein du Fatah allaient créer un tribunal révolutionnaire pour engager des poursuites contre tous ceux qui étaient impliqués dans le retrait du rapport Goldstone.

Tafesh a ajouté dans une déclaration posté sur Al-Jazeera.net que la seule punition qui convenait à ce crime politique était « la peine de mort » devant les masses palestiniennes, pour donner une leçon à ceux qui auraient la tentation de trahir le peuple palestinien et sa cause.

Abbas refuse une réunion arabe d’urgence sur al-Aqsa

Palestine - 07-10-2009
Par Palestine Info
Mahmoud Abbas, dont le mandat en tant que chef de l’Autorité Palestinienne a expiré en janvier dernier, a rejeté l’idée d’appeler d’urgence à une réunion arabe pour discuter de l’attaque israélienne contre Aqsa et des confrontations qui en ont résulté, ont révélé des sources palestiniennes bien informées.

Le quotidien égyptien Al-Shuruq a cité mardi des sources disant qu’Abbas ne souhaitait pas entendre des critiques arabes sur sa récente décision de reporter le vote du conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur le rapport condamnant les crimes de guerre israéliens à Gaza.

Pratiquement toutes les factions et institutions palestiniennes ont condamné la demande d’Abbas de reporter le vote à mars 2010, et la ligue arabe et la Syrie ont exprimé leurs regrets d’une telle décision.

Rapport ONU sur Gaza : Demande de réunion d'urgence du Conseil de sécurité

ONU - 07-10-2009
Par Al Manar
La Libye a demandé mardi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur le rapport de l'ONU accusant "Israël" de crimes contre l'humanité.

L'ambassadeur adjoint de Libye, Ibrahim Dabbashi, a indiqué que son pays, agissant au nom du groupe arabe à l'ONU, avait demandé la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil pour examiner le rapport de la commission Goldstone, qui avait été chargée, par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU, d'enquêter sur les crimes israéliennes commis à Gaza.

Selon des diplomates arabes, le Conseil de sécurité, dont la présidence est assurée ce mois-ci par le Vietnam, aura des consultations mercredi pour décider s'il tiendra ou non une réunion formelle sur le sujet.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a exprimé, sa satisfaction après la demande de la Libye, seul Etat arabe siégeant actuellement au Conseil de sécurité.

Abbas a lui-même opéré un revirement sur cette question, après avoir cédé aux pressions israélo-américaines et accepté un report du vote du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sur ce rapport, ce qui lui avait valu de très vives critiques dans les rangs palestiniens, y compris dans son propre camp.

Rappelons que le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a reporté à sa session de mars 2010 le vote d'une résolution sur ce rapport.

La guerre israélienne contre la bande de Gaza, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, a fait plus de 1.400 martyrs palestiniens, en majorité des civils.
Source : Al Manar

Note explicative à la suite de l'escamotage du vote du rapport Goldstone

ONU - 07-10-2009
Plomb durci : La défense des victimes progresse
Par Gilles Devers
Au milieu du fracas politique, la défense des droits des victimes palestiniennes progresse. Je reconnais les plus grands mérites à la politique, mais chacun sait que face au crime la justice est plus apte à répondre que la politique. Ce n’est pas la première fois que la justice est freinée par la politique, avant de rejaillir et de s’imposer.
En ce mois d’octobre 2009, rien n’est fait. De nombreux obstacles sont là mais nous pouvons dire que jamais nous ne sommes allés si loin dans la défense des droits des palestiniens.


La procédure devant la Cour Pénale Internationale repose sur deux actes :

Ø La déclaration du Ministre de la justice de Palestine du 21 janvier 2009donnant compétence à la Cour pour enquêter sur les crimes commis à Gaza

Ø La plainte des 350 ONG du 22 janvier 2009 demandant au Procureur d’ouvrir une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Cette procédure posait la question de la structure étatique de la Palestine. Nous savons que la structure est inachevée, et c’est l’objet même des négociations que d’obtenir ce statut complet. Mais dans le cadre de la justice pénale, l’analyse est totalement différente. Ce que la Palestine demande en justice c’est ce que son agresseur lui usurpe, à savoir les attributs de la souveraineté qui lui permettent de commettre des crimes et d’organiser son impunité. Contester à la Palestine la recevabilité, serait donner un permis à l’agresseur de poursuivre.

Comme l’a dit lui-même le Procureur près de la Cour Pénale Internationale, ce n’est pas parce que la structure juridique est incomplète que le peuple palestinien, qui n’est revendiqué par aucun autre Etat, peut être privé de la protection de la Cour.

Après les travaux de nombreux avocats, de juristes et d’ONG, deux rapports de dimension internationale, rédigés par des équipes de juristes renommés, renforcent cette analyse. Il s’agit du rapport No Safe Place rédigé au nom de la Ligue arabe sous la signature de John Dugard, professeur de droit, ancien rapporteur de l’ONU sur la Palestine. Il conclut à la réalité des crimes, à la nécessité d’une enquête et à la compétence de la Cour Pénale Internationale.

Il s’agit ensuite du rapport de Richard Goldstone, ancien Procureur près du Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie, désigné pour une enquête de recherche des faits par le Conseil des Droits de l’Homme.

Son rapport déposé le 15 septembre 2009 confirme la réalité des faits connus depuis l’origine, notamment à travers le Centre palestinien des Droits de l’Homme, légitime les actions entreprises et la plainte déposée par la Palestine le 21 janvier 2009 ; elle encourage instamment le Procureur à ouvrir l’enquête compte tenu de tous les éléments qui sont réunis.

L’ISESCO s’est prononcé publiquement ce 3 octobre 2009 et porte plainte à propos de la destruction systématique des biens culturels et cultuels.

Alors où en sommes-nous ?

Dans la mesure où aucun Etat n’a porté plainte et que le Conseil de sécurité ne le fera jamais, le Procureur ne peut pas ouvrir l’enquête lui-même. Il doit saisir la chambre préliminaire et c’est cette chambre qui dira s’il existe une base raisonnable aux poursuites. Mais ce n’est pas à elle de statuer sur la recevabilité et la compétence. Ces questions sont traitées beaucoup plus tard et relèvent des attributions de la Cour (Article 15.4 du statut).

La procédure a également avancé sur l’autre moyen à savoir la double nationalité de responsables militaires israéliens.

La Cour peut enquêter à partir de la nationalité, lorsque les auteurs relèvent d’un Etat ayant ratifié le Traité de la Cour Pénale Internationale. Nombre de responsables militaires et politiques israéliens ont une double nationalité, dont l’une peut relever d’un Etat ayant signé le Traité. Un dossier est très avancé concernant un responsable militaire israélien et sud-africain, et c’est vraisemblablement le premier d’une longue liste.

C’est dans ce contexte, qui établit l’avancée objective de la procédure, qu’intervient le report du vote devant le Conseil des Droits de l’Homme. Le Conseil des Droits de l’Homme ayant désigné le rapport Goldstone, il était normal qu’un débat ait lieu. Il aurait été très souhaitable que ce débat soit l’occasion de marquer un consensus autour de la volonté de renforcer la justice internationale. La décision prise est inverse, chacun en analysera les causes. Mais il faut souligner que ce débat devant le Conseil des Droits de l’Homme est déconnecté des besoins de la procédure devant la Cour Pénale Internationale. Le Conseil des Droits de l’Homme n’a pas de place dans la procédure. La Cour est une juridiction indépendante qui repose sur l’adhésion de 110 Etats, et aucun d’eux n’a jamais dénoncé la plainte déposée par la Palestine en janvier 2009.

La procédure continuera, en s’appuyant sur le rapport Goldstone et sans être freiné en rien par les délibérations du Conseil des Droits de l’Homme.

On en évoque déjà le Conseil de Sécurité. A supposer que la question soit mise à l’ordre du jour, on sait qu’il y aura le veto américain. Quel en est l’intérêt politique ? Ce n’est pas mon sujet. En revanche, il ne faudrait pas accréditer qu’un échec devant le Conseil de sécurité, serait un nouvel échec pour les victimes palestiniennes, qui n’attendent rien de cette structure et tout de la Cour Pénale Internationale. La procédure doit se poursuivre sur la base de la déclaration du 21 janvier, sans tutelle de qui que ce soit.

La politique peut aider ou nuire, mais elle ne peut pas changer les bases juridiques de l’action qui se développera pour reconnaissance des droits des victimes.

Gilles Devers, porte parole du collectif d’avocats aux ONG.

L'ONU appelle à cesser les provocations à propos de Jérusalem

Robert Serry.

8 octobre 2009 – Les provocations de toutes parts concernant les sites religieux de Jérusalem doivent cesser, a affirmé jeudi le Coordonnateur pour le processus de paix au Moyen-Orient, Robert Serry, après une visite au Mont du Temple/Harem Al-Sharif et à la Mosquée d'Al-Aqsa dans la vieille ville de Jérusalem.

« Le Secrétaire général Ban Ki-moon est très préoccupé par les récents affrontements à Jérusalem et j'ai été en contact avec toutes les parties pour atténuer les tensions », a déclaré M. Serry après cette visite.

Il a aussi rencontré le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, le négociateur en chef de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Saeb Erekat, et le Premier ministre palestinien, Salam Fayyad, ainsi que le vice ministre israélien des affaires étrangères, Dany Ayalon, et de hauts représentants jordaniens à Amman.

« Cette ville sainte a une importance tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens et pour les fidèles de trois grandes religions. Les provocations de toutes part concernant les lieux saints, ainsi que les provocations concernant Jérusalem-Est, ne servent ni la cause de la paix ni les lieux saints », a dit Robert Serry.

Selon la presse, plusieurs incidents ont eu lieu ces deux dernières semaines, notamment à l'occasion de la fête juive de Souccot, qui a donné lieu à un important déploiement de police israélien. Le chef du Mouvement islamique en Israël, Raed Salah, a été arrêté pour incitation à la violence et libéré avec interdiction de rentrer dans Jérusalem pendant un mois.

« Ma visite à la mosquée d'Al-Aqsa et mes contacts m'ont montré que la situation n'est pas encore réglée, bien que les tensions se soient atténuées », a dit Robert Serry. « Nous ne pouvons pas permettre une nouvelle flambée de violence ou laisser les extrémistes décider du cours des événements ».

Par ailleurs, le Conseil de sécurité s'est réuni mercredi à New York pour des consultations réclamées par la Libye sur un rapport remis au Conseil des droits de l'homme (CDH ) concernant le conflit qui a opposé Israël au Hamas à Gaza en décembre 2008 et janvier 2009.

Le chef de la Mission d'établissement des faits mise en place par le CDH sur le conflit à Gaza, le Juge Richard Goldstone, a recommandé au Conseil de sécurité d'exiger d'Israël et de l'Autorité palestinienne des enquêtes et des poursuites sur les crimes de guerre commis, sous peine de référer les affaires à la Cour pénale internationale (CPI) si rien n'est fait dans les six mois.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20287&Cr=palestinienne&Cr1=

Relance de la navette US par temps d’orage

09/10/2009
En dépit des sourires et de la poignée de main de George Mitchell et d’Avigdor Lieberman, le processus de paix au P-O ne semble pas devoir progresser de sitôt.         Gali Tibbon/AFP
En dépit des sourires et de la poignée de main de George Mitchell et d’Avigdor Lieberman, le processus de paix au P-O ne semble pas devoir progresser de sitôt. Gali Tibbon/AFP
PROCHE-ORIENT L'émissaire américain rencontrera aujourd'hui le Premier ministre israélien et le président palestinien.

L'émissaire américain George Mitchell a entamé hier une nouvelle mission au Proche-Orient, sans grand espoir de progrès, pour tenter de ressusciter un processus de paix entravé par de nouvelles tensions. L'ex-sénateur américain, qui a multiplié les navettes dans la région ces derniers mois, n'a toujours pas réussi à relancer les négociations israélo-palestiniennes, au point mort depuis l'offensive israélienne dans la bande de Gaza en décembre-janvier.
M. Mitchell s'est entretenu à Jérusalem avec le président israélien, Shimon Peres, avant de rencontrer le ministre de la Défense, Ehud Barak, et le chef de la diplomatie, Avigdor Lieberman. « Nous allons poursuivre nos efforts pour parvenir à une reprise rapide des négociations car nous croyons qu'il s'agit d'un pas essentiel pour parvenir à une paix globale », a-t-il déclaré avant ses entretiens. « Il est temps d'avancer et de surmonter tous les obstacles. Aucun obstacle n'est insurmontable. Il faut démarrer les vraies négociations », a plaidé de son côté M. Barak. Aujourd'hui, M. Mitchell sera reçu par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, puis par le président palestinien, Mahmoud Abbas, en Cisjordanie.
L'émissaire américain arrive dans la foulée d'un sommet tripartite fin septembre à New York entre le président américain, Barack Obama, et MM. Netanyahu et Abbas, plus symbolique qu'autre chose. D'entrée de jeu, le bouillant Avigdor Lieberman a douché tout espoir de percée en affirmant qu'il ne croyait pas possible un accord global avec les Palestiniens. « Ceux qui croient que l'on peut parvenir dans les prochaines années à un accord global qui signifierait la fin du conflit ne comprennent pas la réalité. Ils sèment des illusions et nous entraînent vers un conflit général », a-t-il dit à la radio. Selon lui, il faut reporter « à bien plus tard les sujets difficiles » comme le statut de Jérusalem, où les tensions religieuses se sont ravivées, les colonies juives dans les territoires palestiniens occupés ou le droit au retour des réfugiés palestiniens, pour se concentrer sur un « accord intérimaire ». Les Palestiniens rejettent une telle approche et réclament un accord global. Pour sa part, dans un entretien accordé au quotidien israélien Haaretz, le roi Abdallah II de Jordanie a estimé que l'impasse dans le processus de paix renvoie la région « dans les ténèbres ». Évoquant le contentieux explosif de Jérusalem, il a jugé que la Ville sainte est « une poudrière dont l'explosion aura des répercussions dans tout le monde musulman ».
Les analystes, eux, s'accordent à penser que les chances de réussite de M. Mitchell sont quasi nulles. « Il serait très surprenant qu'il y ait des progrès significatifs. George Mitchell vient surtout pour tenter de calmer les choses », a estimé le politologue Mark Heller, de l'université de Tel-Aviv. Ce pessimisme se nourrit des récents heurts dans les quartiers arabes de Jérusalem, autour du conflit de l'esplanade des Mosquées, une poudrière politico-religieuse au cœur de la Ville sainte, et des divisions au sein de l'Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas. Ce dernier est affaibli et sur la défensive, critiqué jusque dans son propre camp. On lui reproche d'avoir réclamé, sous pression américaine et israélienne, le report du vote par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU d'une résolution sur le rapport Goldstone qui accuse Israël de « crimes de guerre » pendant l'offensive à Gaza. Face à la levée de boucliers, M. Abbas a dû opérer un revirement complet en appuyant une initiative libyenne pour examiner le rapport Goldstone devant le Conseil de sécurité de l'ONU. « La crédibilité du président palestinien au sein de son peuple et même du Fateh (son parti) est devenue très fragile », selon l'analyste palestinien Samih Shabib.
Côté israélien, le ton est à la victoire. Benjamin Netanyahu n'a pas cédé un pouce de terrain sur la colonisation, dont les Américains réclamaient le gel. Les Israéliens s'autorisent même à critiquer sans ambages le président américain : « Obama fait preuve de naïveté, il nage dans le brouillard », a estimé Binyamin Ben Eliezer, ministre travailliste de l'Industrie. « George Mitchell est confronté à de nombreux problèmes, car on sait maintenant que l'on peut dire non au président américain et survivre », souligne Eytan Gilboar, un expert des relations israélo-américaines.

Le président Abbas conspué par les Palestiniens

publié le jeudi 8 octobre 2009

Agnès Rotivel
Le président palestinien a déclenché des manifestations en acceptant le report à mars 2010 du vote d’une résolution sur le rapport de la commission d’enquête des Nations unies concernant la guerre à Gaza

Depuis plusieurs jours, les manifestations se succèdent dans les Territoires palestiniens pour protester contre la décision du président Abbas de reporter le vote d’une résolution qui aurait permis le renvoi du rapport du juge Goldstone devant la Cour pénale internationale (CPI). Le rapport du conseil des droits de l’homme, remis par le juge sudafricain, fait état d’accusations de crimes de guerre commis à Gaza par Israël, et dans une moindre mesure par le Hamas, lors de l’offensive israélienne cet hiver.

Les Palestiniens accusent leur président d’avoir cédé aux pressions américaines et israéliennes. Les protestations émanent de tous côtés, Hamas, Fatah, et de la rue palestinienne. Le vote de la résolution est reporté à mars 2010, ce qui équivaut, selon les analystes, à l’enterrer. Une source palestinienne affirme que les Palestiniens avaient obtenu la majorité des voix des pays arabes et des non-alignés (33 sur 55) pour voter la résolution.

L’Autorité palestinienne a tenté de nier sa responsabilité. Mais Khaled Ben Jassem Al Thani, émissaire du Qatar à Genève, et Ekmeleddin Ihsanoglu, secrétaire général de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), ont apporté de l’eau au moulin des protestataires en confirmant que c’était bien l’Autorité palestinienne qui avait pris la décision du report du vote. La Syrie a pris des mesures de rétorsion en annulant la visite que devait effectuer hier Mahmoud Abbas à Damas.

L’adoption d’une résolution aurait ouvert la voie à d’éventuelles poursuites d’officiers et de représentants du gouvernement israélien devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye. Un vote du Conseil de sécurité de l’ONU pour saisir la CPI était cependant nécessaire. Certes, la position américaine le rendait peu probable, mais un pas aurait été franchi.

Annoncée hier, la tentative du président Abbas de revenir en arrière et de modifier sa décision ne changera rien. Le conseil des droits de l’homme de l’ONU ne va pas organiser une session de rattrapage. Cette affaire risque de tuer dans l’œuf les efforts de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. Une réunion était prévue à cet effet au Caire le 25 octobre.

Cet épisode a montré, une fois de plus, que les pays arabes sont incapables d’adopter une stratégie commune. Quant à l’Europe, toujours prompte à protester contre les violations des droits de l’homme, elle est restée ici très silencieuse. Enfin, en cédant une fois encore aux pressions israéliennes, après son échec face à la colonisation, le président Barack Obama semble abandonner une de ses promesses faites au monde arabe pour un examen rapide de ce conflit par la justice internationale.

publié par la Croix

www.lacroix.fr

Mobilisation de la population de Cisjordanie contre la décision de l’Autorité Palestinienne

publié le mercredi 7 octobre 2009

Laura
Le 2 Octobre dernier, la délégation d’Abbas aux Nations Unies à Genève (représentant officiellement l’Organisation pour la Libération de la Palestine) a refusé de soutenir une résolution invitant le Conseil des Droits de l’Homme à communiquer au Conseil de sécurité des Nations Unies, le rapport du juge Richard Goldstone sur les crimes de guerre à Gaza.

Ce 5 Octobre, la société civile ainsi que plusieurs partis politiques palestiniens ont appelé la population de Cisjordanie à s’unir contre la décision de l’Autorité Palestinienne.

Des centaines de personnes se sont réunis à Ramallah pour exprimer leur indignation. [1]

Voici le communiqué du Réseau des ONG palestiniennes

Le Réseau des ONG Palestiniennes (PNGO) condamne la demande faite par l’Autorité Palestinienne (AP) de reporter la ratification des recommandations du rapport Goldstone

Le PNGO est profondément indigné et condamne fermement la décision de l’AP de différer à Mars 2010 le projet de texte de la Commission des Droits de l’Homme (CDH) reprenant toutes les recommandations de la mission d’enquête de l’ONU (Rapport Goldstone). Ce rapport amène à la conclusion que des crimes de guerre, sinon des crimes contre l’humanité, ont été commis par l’armée Israélienne pendant l’offensive de 23 jours sur Gaza, du 27 Décembre au 18 Janvier 2009.

Le PNGO considère que cette décision de l’Autorité Palestinienne est non seulement une insulte faite aux victimes de l’opération Plomb Durci, mais renforce également l’impunité des suspects de crimes de guerre Israéliens. Et ceci alors qu’Israël maintient un siège sur Gaza depuis 28 mois, qu’il poursuit ses attaques militaires sur la population palestinienne ainsi que l’expansion de ses colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. PNGO est scandalisé par l’idée émise par l’Autorité Palestinienne selon laquelle rendre justice aux victimes de Gaza affecterait le processus de paix.

Le PNGO demande aux partis politiques palestiniens de prendre immédiatement une position claire concernant la décision de l’Autorité Palestinienne, et de demander à celle-ci de s’en expliquer publiquement. Cette décision a provoqué scandale et déception parmi les Palestiniens ainsi que parmi les militants de la communauté internationale qui ont lutté pour amener les auteurs de crimes de guerre commis à Gaza devant la justice. L’AP a manqué une importante opportunité de faire inculper Israël pour ses crimes de guerre et ses violations des droits de l’homme.

Selon les mots du Juge Goldstone lors de la présentation de son rapport devant le CDH le 29 septembre 2009, "il est temps d’agir. Une culture de l’impunité dans la région perdure depuis trop longtemps. L’impunité face aux crimes de guerre et aux crimes présumés contre l’humanité a atteint un point critique ; le manquement permanent de justice érode le moindre espoir d’issue positive au processus de paix et renforce un environnement propice à la violence. "

[1] voir aussi RFI

Manifestation contre l’Autorité palestinienne à Ramallah

Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas est la cible de vives critiques, y compris dans son propre camp, à la suite du report controversé du vote sur le rapport de l’ONU fustigeant l’attitude d’Israël pendant la guerre de Gaza. A Ramallah ce lundi (5 octobre), quelques centaines de personnes ont protesté contre l’Autorité palestinienne.

« Mahmoud Abbas ne sous-estime pas la volonté du peuple. Sa décision est injuste ». Ils sont quelques centaines à avoir répondu à l’appel de la gauche palestinienne. Un cortège modeste mais très remarqué dans le centre ville de Ramallah où les manifestations contre l’Autorité palestinienne sont extrêmement rares. La police se tient à l’écart. Ziad Moussa est professeur d’université. Il se dit choqué que des dirigeants palestiniens cherchent à affaiblir le rapport Godstone.

« Notre autorité a trahi le peuple et notre cause. Je crois que beaucoup de gens sont très, très, fâchés contre Abou Mazen, contre l’Autorité palestinienne. Cet homme ne sert pas notre cause maintenant. Il doit démissionner tout de suite. »

Depuis plusieurs jours, la colère monte dans les Territoires palestiniens. Plusieurs ministres ont demandé des explications à la présidence. Signe de tension au sein de l’exécutif palestinien, le Premier ministre, Salam Fayyad, a convoqué ce lundi une réunion d’urgence de son gouvernement pour tenter de trouver une sortie de crise.

http://www.rfi.fr/actufr/articles/1...

publié aussi par Echanges et Partenariats

http://emi-cfd.com/echanges-partena...

Le très gênant Rapport Goldstone

publié le jeudi 8 octobre 2009

Heba Zaghloul
Face aux pressions de Washington, l’Autorité palestinienne a accepté le report des discussions sur le « Rapport Goldstone » qui accuse Israël de crimes de guerre, faisant ainsi l’objet de critiques au sein même du gouvernement et creusant davantage le fossé avec le Hamas.

Israël peut crier victoire. Le Conseil des droits de l’homme a décidé vendredi dernier de reporter à sa session de mars prochain le vote d’une résolution sur le « Rapport Goldstone ». Le rapport en question, dont l’auteur est le juge sud-africain Richard Goldstone, qui met aussi en cause des groupes militaires palestiniens, est surtout accablant pour Israël. Il accuse l’Etat hébreu d’avoir commis lors de sa guerre contre Gaza l’hiver dernier, des « crimes de guerre » et de possibles « crimes contre l’humanité ». Le juge Goldstone va plus loin : il recommande de demander au Conseil de sécurité de saisir le procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) si aucun progrès n’est réalisé d’ici six mois dans les enquêtes menées par les autorités israéliennes et l’Autorité palestinienne. Le but de Goldstone est clair : la saisie de la CPI contribuerait à mettre fin à une « culture de l’impunité » qui, selon lui, existe depuis bien trop longtemps dans la région.

Ces recommandations sont rejetées en bloc par Israël, qui, depuis la publication de ce rapport le 16 septembre dernier, a intensifié ses efforts diplomatiques pour bloquer toute résolution à son encontre. Des efforts vigoureusement soutenus par les Etats-Unis, qui pour leur part ont exercé à leur tour de fortes pressions sur les membres du Conseil des droits de l’homme, mais aussi à l’encontre de l’Autorité palestinienne pour que cette dernière accepte le report des discussions sur la résolution. Le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, avait effectivement menacé la semaine dernière de ne faire aucun pas « ni prendre d’autres risques en direction de la paix » si le Rapport Goldstone était adopté.

Et l’Autorité palestinienne a fini par céder. Et ce n’est pas tant la décision du Conseil des droits de l’homme que la position de l’Autorité palestinienne qui a créé une polémique cette semaine, en attirant tout d’abord les foudres du Hamas. Ce dernier n’a pas mâché ses mots en accusant le gouvernement palestinien de « trahison », de « collaboration avec l’ennemi », ou pire encore de « complicité dans les crimes » commis à Gaza.

Le fossé est donc davantage creusé entre le Hamas et l’Autorité palestinienne, laissant peu d’espoir à une réconciliation ou un déblocage du dialogue qui était pourtant censé reprendre ce mois-ci entre les deux partis. Mais cette affaire est surtout une occasion pour le Hamas de discréditer davantage le gouvernement palestinien, et par là même de consolider sa position face à l’opinion publique palestinienne.

Même au sein du gouvernement palestinien, les critiques n’ont pas manqué. Le ministre palestinien de l’Economie, Bassem Khouri, est allé jusqu’à présenter samedi dernier sa démission pour protester contre la position palestinienne au Conseil des droits de l’homme. Un coup dur pour le premier ministre, Sallam Fayyad, qui en est déjà à la deuxième démission ministérielle depuis la formation de son gouvernement en mai ; la première étant celle du ministre palestinien en charge de Jérusalem, Hatem Abdel-Qader, qui avait démissionné début juillet pour protester contre un manque de soutien du gouvernement à la population palestinienne de la ville sainte face à Israël. Ces démissions ne peuvent que fragiliser davantage l’Autorité palestinienne.

Pourquoi donc avoir accepté de reporter le vote de la résolution ? Emad Zuhairi, observateur permanent adjoint de la Palestine au Conseil des droits de l’homme, a tenté d’expliquer : « Le rapport n’est pas mort, mais il faut faire preuve de beaucoup d’intelligence pour faire accepter un rapport aussi riche. Il faut du temps à la communauté internationale pour trouver un consensus ».

La communauté internationale ne serait donc pas prête à accepter les conclusions de ce rapport. Peut-être, car certains pays pourraient bien craindre que les recommandations de Goldstone ne donnent de nouvelles prérogatives au Conseil des droits de l’homme, permettant à ce dernier de pouvoir, quand il le décide, actionner la Cour pénale internationale.

Une concession de plus pour rien

Quant au gouvernement palestinien, il a certainement fait l’objet de fortes pressions américaines, mais peut-être aussi a-t-il reçu des promesses de la part de Washington pour la relance des pourparlers israélo-palestiniens. Ceci dit, rien ne laisse croire à un prochain déblocage des négociations. Israël continue sa politique de colonisation, multiplie ses mesures de fait accompli à Jérusalem-Est et dans le reste des territoires occupés. Dimanche dernier, des extrémistes juifs ont tenté une nouvelle fois l’entrée sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem. Il s’agissait là d’une nouvelle tentative de judaïsation de la ville sainte qui a donné lieu à de nouveaux affrontements entre Palestiniens et autorités israéliennes. Ce qui en l’occurrence met le gouvernement palestinien dans une situation encore plus difficile, accusée par l’opposition palestinienne d’avoir « sauvé Israël » en acceptant le report du vote de la résolution contre l’Etat hébreu sans aucune contrepartie de la part de ce dernier.

Or si l’Autorité palestinienne est dans une situation délicate vis-à-vis de son opinion publique, Israël pour sa part n’a pas caché sa satisfaction du report de la résolution. Certes, les Etats-Unis auraient bloqué au Conseil de sécurité toute résolution qui demanderait à Israël de comparaître devant la CPI, mais il n’en demeure pas moins que sa simple accusation, dans une résolution de l’Onu, d’être coupable de crimes de guerre et peut-être même de crimes contre l’humanité ne pouvait que ternir l’image de l’Etat hébreu au sein de l’opinion publique internationale. Et c’est précisément ce qu’espéraient les Palestiniens, et surtout les habitants de Gaza, encore traumatisés par une guerre qui a coûté la vie à plus de 1 400 Palestiniens et qui a fait des milliers de blessés : obtenir une justice, même si elle n’est que symbolique, mais qui marquerait la fin de l’impunité du gouvernement israélien. Le report du vote de la résolution sur le Rapport Goldstone est donc une nouvelle déception pour la population palestinienne, à moins que ce ne soit qu’un simple sursis pour Israël jusqu’en mars 2010, date de la prochaine session du conseil.

publié par al-Ahram hebdo en français

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahra...

Cheikh Ra’ed Salah banni de Jérusalem

Ecrit par Maisa Abu Ghazaleh
07/10/2009

JERUSALEM OCCUPEE / Maisa Abu Ghazaleh – Des nouveaux affrontements avec des soldats se sont produits dans la vieille ville de Jérusalem, où des centaines de policiers israéliens sont déployés massivement pour la deuxième semaine consécutive.

Mardi soir les forces israéliennes ont arrêté, et ensuite relâché, le cheikh Ra’ed Salah, le leader du mouvement islamique en Israël, figure importante des protestes qui se déroulent à la Mosquée Al-Aqsa actuellement.

Salah s’est vu interdire l’entrée de la ville sainte pendant 30 jours. Il est résident de Oum Al-Fahm.

Le cheikh avait organisé un sit-in dans le quartier de Wadi Joz, à Jérusalem-Est. Zahi Nujidat, porte-parole du mouvement islamique à l'intérieur de la Ligne verte et le Directeur du Centre de Jérusalem pour les droits économiques et sociaux, Ziad Hammouri, y participaient aussi.

Ces derniers jours, Salah avait exhorté à plusieurs reprises les musulmans en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés à «défendre la mosquée Al-Aqsa» face à Israël.

Les soldats ont attaqué la manifestation avec des chiens et en frappant les personnes avec des bâtons et des crosses de fusil, a dit le cheikh Housam Abou Layla.

Le leader Salah aurait été été arrêté «en raison de ses appels incendiaires au cours des derniers jours et pour incitation à la violence», selon la police israélienne. Ce n'est pas la première fois que le cheikh Salah a été arrêté à Jérusalem pour son activisme non violent. (PNN)

http://french.pnn.ps/index.php?option=com_content&task=view&id=4418

Une histoire de trahison

publié le mercredi 7 octobre 2009

Uri Avnery – 3 octobre 2009
Sous plusieurs aspects, l’affaire Gilad Shalit peut être considérée comme une métaphore de l’ensemble du conflit.

AUJOURD’HUI est le 1196e jour de captivité pour le soldat Gilad Shalit

Un prisonnier de guerre ne doit pas être laissé en captivité. Un soldat blessé ne doit pas être laissé sur le champ de bataille. L’Etat signe un contrat tacite avec toute personne qui rejoint l’armée, et plus spécialement avec celui qui sert dans une unité de combat.

Le comportement des gouvernements israéliens qui se sont succédé au cours de cette période de 1196 jours, hommes politiques et généraux responsables de ce scandale, constitue une violation de ce contrat, un abus de confiance. En bref, une infamie. Cela scandalise toute personne honnête et pas seulement les soldats combattants.

LA TRAHISON est déjà présente dans la terminologie utilisée. Dans les mots du Livre des Proverbes (18.21) : “La mort et la vie sont dans le pouvoir de la langue”.

Un soldat capturé par un ennemi dans une action militaire est un prisonnier de guerre – dans toutes les langues, et dans tous les pays.

Gilad Shalit fut capturé dans une action militaire. C’était un soldat en uniforme, armé. Dans ce contexte, peu importe si l’action elle-même était légale ou illégale, et si ceux qui l’ont capturé étaient des soldats d’une armée régulière ou des guérilleros.

Gilad Shalit est un prisonnier de guerre.

LE DÉNI commença dès le premier instant. Le gouvernement israélien refusa d’appeler cette capture par son nom et insista sur le fait que c’était un “enlèvement” ou encore un “kidnapping”.

Les médias israéliens disciplinés, marchant, comme la garde prussienne, au pas derrière les généraux, se sont joints au chœur. Pas un seul journal, pas un seul présentateur de radio ou de télévision n’a jamais parlé de “prisonnier de guerre”. Tous, presque sans exception, ont parlé depuis le premier jour de soldat “enlevé” ou “kidnappé”.

Les mots sont importants. Toutes les armées sont familières des échanges de prisonniers de guerre. Généralement, ceux-ci interviennent après la fin des hostilités, quelquefois alors que la guerre se poursuit. L’armée libère les combattants ennemis en échange de la libération de ses propres soldats capturés.

Ceci ne s’applique pas aux personnes enlevées. Quand des criminels enlèvent une personne et la détiennent pour obtenir une rançon, la question se pose de savoir s’il faudra payer le prix demandé. Le paiement peut encourager les enlèvements et récompense les criminels.

Au moment où Gilad était qualifié d’“enlevé”, il était condamné à subir ce qui lui est arrivé par la suite.

Il perdait aussi son honneur de soldat. Un soldat n’est pas “enlevé”. Les millions de soldats capturés durant la Seconde Guerre Mondiale – Allemands, Russes, Britanniques, Américains et autres – se seraient sentis insultés si on avait suggéré qu’ils avaient été “enlevés”.

LE PLUS GRAND DANGER qui plane sur la tête de Gilad depuis qu’il est en captivité, ne vient pas du Hamas mais de notre propre armée.

Il est clair que, si une opportunité se présentait, l’armée essayerait de le libérer par la force. Cela est profondément ancré dans son éthique. Ne jamais céder aux “ravisseurs”.

Si j’étais le père de Gilad et pieux, je prierais tous les jours : Mon Dieu, je t’en prie, ne laisse pas l’armée trouver l’endroit où Gilad est détenu !

Nos commandants sont prêts à exposer les prisonniers à d’énormes risques pour les libérer par la force au lieu de les échanger contre des prisonniers palestiniens. Pour eux, c’est une question d’honneur

Dans une telle opération, les vies des libérateurs sont exposées. Mais surtout, c’est la vie du prisonnier qui est en danger.

Une des plus célèbres opérations des annales de l’armée israélienne a eu lieu à Entebbe en juillet 1976. Elle permit la libération de tous les passagers d’un avion d’Air France détourné, qui avait été forcé d’atterrir sur l’aéroport d’Entebbe en Ouganda. L’opération suscita l’admiration mondiale. Seul un libérateur y perdit la vie, le frère de Benjamin Nétanyahou.

Dans l’ivresse du succès qui s’ensuivit, un fait fut occulté : dans l’audacieuse opération, d’énormes risques avaient été pris. Si un seul détail de cette action complexe avait mal marché, il aurait provoqué une catastrophe pour les passagers retenus. L’action aurait pu se terminer par un bain de sang. Comme elle a réussi, personne n’a osé soulever de questions.

Les résultats de l’opération de libération des athlètes des Jeux Olympiques de Munich en 1972 furent très différents. Quand la police allemande, sous l’incitation du gouvernement de Golda Meir, essaya des les libérer par la force, tous les athlètes y laissèrent leur vie. La plupart d’entre eux furent probablement tués par les balles des fusils de policiers allemands. Comment expliquer autrement le fait que ce jour-là même, les gouvernements d’Israël et d’Allemagne ont ensemble refusé de communiquer les résultats des autopsies ?

La même chose est arrivée deux ans plus tard quand l’armée israélienne reçut l’ordre de Golda Meir et de Moshe Dayan de libérer les 105 enfants détenus par des commandos palestiniens dans Maalot, ville israélienne du nord. L’action fut mal conduite, et 22 enfants ainsi que 3 enseignants y perdirent la vie. Dans cette affaire aussi, il semble que plusieurs d’entre eux – sinon tous – furent tués par les balles de leurs libérateurs. Ces rapports d’autopsie ne furent pas publiés non plus.

La même chose arriva quand l’armée essaya de libérer le soldat “enlevé” Nashshon Waxman en Cisjordanie. L’armée eut les renseignements exacts, l’action fut méticuleusement planifiée, quelque chose tourna mal, et le prisonnier fut tué.

Récemment on a appris qu’un officier supérieur avait appelé ses soldats à se suicider plutôt que d’être enlevés. Il a donné l’ordre de tirer sur les “ravisseurs”, même si cela mettait en danger la vie du soldat capturé.

Il se pourrait qu’une des raisons de la prolongation des souffrances de Gilad Shalit réside dans l’espoir des commandants de l’armée d’obtenir des renseignements sur l’endroit où il se trouve, afin d’essayer de le libérer par la force. Il n’est un secret pour personne que la Bande de Gaza est truffée d’indicateurs. Les dizaines d’“assassinats ciblés” et nombre d’actions de l’opération “Plomb durci” n’auraient pas été possibles sans un dense réseau de collaborateurs recrutés durant les longues années d’occupation.

Il est incroyable – cela frôle le miracle – que les services de sécurité israéliens aient été incapables de répondre à cet espoir. Il semble que les ravisseurs de Shalit aient réussi à maintenir rigoureusement le secret. Cela explique par la même pourquoi ses ravisseurs ont catégoriquement refusé de lui faire rencontrer les représentants de la Croix Rouge internationale et de transmettre des lettres de lui et vers lui, y compris des colis (qui pourraient contenir des procédés sophistiqués de repérage). C’est peut-être ce qui lui a sauvé la vie.

On peut supposer que la vidéo qui fut remise hier par le médiateur allemand contre la libération de 21 prisonnières palestiniennes fut méticuleusement préparée pour empêcher toute possibilité d’identifier l’endroit où Shalit est gardé.

CETTE AFFAIRE montre aussi l’absolue supériorité de la machine de propagande israélienne sur toutes ses concurrentes – s’il en est.

Les médias du monde entier ont adopté, presque sans exception, la terminologie israélienne. Dans le monde, on parle de soldat israélien “kidnappé”, plutôt que d’un prisonnier de guerre. Les journaux britanniques et allemands qui utilisent ce mot n’imagineraient même pas de l’appliquer à leurs propres soldats en Afghanistan.

Le nom de Gilad Shalit a été prononcé par les dirigeants du monde comme s’il était, finalement un des leurs. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont parlé de lui naturellement, certains que ceux qui les écoutaient chez eux savaient de qui il s’agissait. Libérer le “soldat kidnappé” est devenu un but déclaré de plusieurs gouvernements.

Cette formulation est devenue en elle-même un triomphe pour la propagande israélienne. Les négociations portent sur un échange de prisonniers entre Israël et le Hamas, avec la médiation allemande et/ou égyptienne. Un échange de prisonniers comporte deux parties – Shalit d’un côté, les prisonniers palestiniens de l’autre. Mais dans le monde, comme en Israël, on ne parle que de la libération du soldat israélien. Les prisonniers palestiniens à libérer ne sont que des objets, de la marchandise, pas des êtres humains. Mais ne comptent-ils pas aussi les jours, comme leurs parents et leurs enfants ?

Le plus grand obstacle à un tel échange est mental, c’est une question de langage. Si l’échange avait concerné des “combattants palestiniens” il n’y aurait pas eu de problèmes. La libération de combattants en échange d’un combattant. Mais notre gouvernement – comme tout gouvernement colonial avant lui – ne peut pas reconnaître des insurgés locaux comme des “combattants” qui agissent au service de leur peuple. La philosophie coloniale – comme le “code éthique” de notre professeur d’éthique Assa Kasher – exigent qu’ils soient appelés “terroristes” ayant “du sang sur les mains”, vils assassins, ignobles meurtriers.

Une chanson irlandaise émouvante raconte qu’un combattant irlandais de la liberté, le matin de son exécution, demande à être traité comme un “soldat irlandais” et être fusillé, et non pas “pendu comme un chien”. Sa demande fut refusée.

Quand on parle de la libération de “centaines d’assassins” en échange d’un soldat israélien, on se heurte à un énorme obstacle psychologique. La vie et la mort dans le pouvoir de la langue.

SOUS PLUSIEURS aspects, l’affaire Gilad Shalit peut être considérée comme une métaphore de l’ensemble du conflit.

Des mots lourds de sens dictent la conduite des dirigeants. Les versions différentes et opposées empêchent une compréhension entre les parties, même sur des points mineurs. Les obstacles psychologiques sont immenses.

La grande supériorité du gouvernement israélien en matière de propagande, si clairement démontrée dans l’affaire Shalit est maintenant également testée au sujet du rapport Goldstone. Les efforts du gouvernement israélien pour empêcher la soumission du rapport au Conseil de Sécurité ou à l’Assemblée générale de l’ONU ou à la Cour Pénale internationale de La Haye, sont maintenant soutenus par le Président Barack Obama et par les dirigeants européens. Les habitants de la Bande de Gaza, comme les Palestiniens détenus dans les geôles israéliennes, sont devenus de simples pions, objets sans visage humain.

Et en ce qui concerne Gilad Shalit : les négociations doivent être accélérées pour effectuer un échange de prisonniers dans un avenir très proche. Jusque là, les médiateurs devraient obtenir un engagement non équivoque qu’il n’y aura pas de tentative de libérer Shalit par la force, contre l’engagement du Hamas de le laisser rencontrer le personnel de la Croix Rouge et peut-être aussi sa famille.

Tout autre chose est manipulation et faux-semblant.

Article publié le 4 octobre, en hébreu et en anglais sur le site de Gush Shalom – Traduit de l’anglais “A Story of Betrayal” pour l’AFPS : SWPHL

Le Hamas, grand gagnant

Palestine. Alors que l’affaire Goldstone met à mal l’Autorité palestinienne, le Hamas, lui, marque un point avec la libération des prisonnières palestiniennes.

En concluant ce marché — une vidéo prouvant que le soldat israélien Gilad Shalit est en vie contre la libération de 19 Palestiniennes —, le Hamas a marqué un point précieux face à Israël et à ses rivaux de l’Autorité palestinienne. Depuis la capture du soldat à la lisière de la bande de Gaza, en juin 2006, c’est un des rares succès dont peut se prévaloir le mouvement islamiste qui a évincé l’Autorité palestinienne de ce territoire en juin 2007. Certes, le Hamas n’a réussi ni à desserrer le blocus israélien imposé après ce coup de force, ni à opposer une résistance sérieuse aux offensives militaires israéliennes, ni à acquérir une légitimité internationale, restant considéré comme « organisation terroriste » par les Etats-Unis et l’Union européenne. Mais il peut se targuer d’avoir permis à des Palestiniennes de recouvrer la liberté sans la moindre contrepartie politique et ce grâce à la lutte armée. « C’est évidemment un gain important pour le Hamas. En fin de compte, il a pu obtenir ces libérations contre rien. Ce n’est qu’une preuve que Shalit est vivant que le Hamas a donnée. Ce n’est pas une concession pour le mouvement, au contraire, c’est un point positif. La preuve de vie du soldat israélien va servir son ultime objectif, à savoir l’échange d’un nombre important de prisonniers palestiniens contre la libération de Shalit. Ce qui était l’objectif originel de la capture de ce dernier », estime le docteur Hicham Ahmad, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire.

En effet, depuis sa capture en 2006, de nombreux doutes planaient sur la mort de Shalit. Aujourd’hui, avec cette nouvelle preuve, les négociations sur l’échange de prisonniers vont être ranimées. Et le Hamas pourra obtenir de nouvelles libérations et de nouveaux gains.

Sur le plan des luttes internes également, le Hamas marque un point. Avec ce marché, il gagne en popularité auprès de l’opinion publique palestinienne. C’est le Hamas qui est parvenu à obtenir cette libération, considérée comme une concession israélienne et non l’Autorité palestinienne, qui, de son côté, multiplie les concessions sans rien obtenir en retour. Voilà ce que pensent aujourd’hui les Palestiniens.

Il est vrai que dans le passé, Israël a relâché des prisonniers en gage de bonne volonté envers l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbass, son partenaire dans les négociations de paix. Mais cette fois-ci, les négociations se sont faites avec le Hamas. C’est là le gain le plus important. Le mouvement islamiste s’impose de facto ainsi comme un interlocuteur incontournable, alors qu’Israël a jusque-là refusé toute négociation avec lui.

Aussi, « le Hamas veut se présenter avec une image de modéré, en acceptant également le projet de réconciliation avec le Fatah proposé par les Egyptiens. Il veut prouver qu’il ne fait pas obstruction aux tentatives de réconciliation nationale, alors que le Fatah, Israël et les Etats-Unis ont toujours voulu véhiculer cette image », analyse le Dr Hicham Ahmad.

Toute une stratégie qui va bien au-delà de l’affaire des prisonniers politiques. On se retrouve désormais en pleine campagne préélectorale, en prévision des élections générales de 2010. Le Hamas opte pour des concessions à moyen terme en vue d’un objectif à plus long terme : évincer le président Mahmoud Abbass lors des prochaines élections, ou au moins garder un poids politique capital et influent.

Abir Taleb

http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2009/10/7/marab2.htm