mardi 2 août 2011

Burgos : pas de troupes israéliennes au concours international de chorégraphie !

lundi 1er août 2011 - 06h:30
Plataforma Solidaria con Palestina
La Plateforme de Solidarité avec la Palestine de la ville de Burgos demande qu’il n’y ait pas de groupes israéliens au concours international de chorégraphie.
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Le chorégraphe israélien Ariel Sharon Fridman, un participant à la 10e édition de la compétition, est un collaborateur régulier de l’Ambassade d’Israël en Espagne.
La Plate-forme de Solidarité avec la Palestine a demandé à la ministre de la Culture, Alicia García Rodríguez, ainsi qu’au conseiller pour la culture et la municipalité de Burgos, Fernando Gómez Aguado, de ne pas répéter le recrutement de groupes israéliens à Burgos, comme cela a été le cas à l’occasion du Certamen Internacional de Coreografía Burgos. Cette demande s’inscrit dans le cadre de la Campagne internationale pour le Boycott, le Désinvestissement et les Sanctions contre l’Etat d’Israël.
Cette demande est fondée sur le fait que la compagnie « Projets en Mouvement », dirigée par l’israélien Sharon Fridman bénéficie d’une étroite collaboration et du financement de l’ambassade d’Israël pour l’organisation de ses activités en Espagne. L’ambassade d’Israël est le représentant officiel en Espagne de l’Etat d’Israël, lequel ne respecte toujours pas les résolutions de l’ONU concernant l’occupation de la Palestine et le retour des réfugiés provoqués par le nettoyage ethnique en 1948.
Dans sa lettre, la plate-forme demande à García Rodríguez et à Gómez Aguado de ne pas collaborer à ces campagnes de propagande en diffusant des produits culturels réalisés par l’Etat d’Israël mais au contraire de se joindre à la campagne du Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Cette campagne est une initiative promue par un grand nombre d’organisations palestiniennes non-violentes et populaires et s’inspire du boycott contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 80.
Il est également rappelé au ministre que le boycott culturel et universitaire est particulièrement important. En conséquence, la plate-forme demande « de ne pas établir de contrat ni de collaborer avec Israël ou ses associations dans les activités organisées, à moins que ces associations ne condamnent explicitement les pratiques et la politique de leur gouvernement envers le peuple palestinien. »
La lettre se termine par un appel « à renforcer les relations avec le peuple palestinien dans les domaines culturels, éducatifs et touristiques. »
La plate-forme de Burgos de solidarité avec la Palestine rappelle que l’organisation et l’exportation des produits culturels fait partie d’une stratégie d’Israël visant par ceux qui les produisent, à projeter une certaine image à l’étranger.
Après les crimes perpétrés à Gaza (plus de 1400 Palestiniens assassinées), le ministère israélien des Affaires étrangères a alloué deux millions de dollars pour améliorer l’image du pays à travers la culture et le divertissement. « Nous allons envoyer dans le monde nos romanciers et écrivains les plus célèbres... Cela fera apparaître le visage le plus humain d’Israël et évitera que l’on ne nous identifie que dans un contexte de guerre » (Arye Mekel, directeur général des affaires culturelles, Ministère de Affaires d’Israël, cité par le New York Times daté du 3 mars 2009).
27 juillet 2011 - Rebelion - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.rebelion.org/noticia.php...
Traduction : Info-Palestine.net
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Mise en garde contre l’achat de l’exportateur israélien Agrexco

mardi 2 août 2011 - 05h:28
BNC Media
Le Comité national palestinien du BDS (BNC), une coalition de la société civile palestinienne qui mène une campagne mondiale de boycott d’Israël, appelle la compagnie irlandaise de produits agricoles Total Produce à ne pas acheter la compagnie d’exportation israélienne en difficulté Agrexco.
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“Israël criminel, Agrexco complice” - Un millier de manifestants ont participé à la mobilisation du 25 juin 2009 - Photo : Midi Libre
Dans une lettre à Total Produce publiée aujourd’hui, la coalition détaille « la complicité d’Agrexco dans les crimes de guerre israéliens et ses activités illégales dans les colonies construites sur les terres palestiniennes occupées ».
Détenu en partie par l’Etat israélien, Agrexco est responsable de l’exportation de 60 à 70 % des produits agricoles cultivés dans les colonies israéliennes illégales en territoire palestinien occupé.
Dans sa lettre, le BNC se dit très inquiété par les rapports selon lesquels la compagnie irlandaise envisagerait une offre pour Agrexco et il a averti que si elle faisait l’achat, Total « sera visé de la même manière » qu’Agrexco.
« Nous vous pressons à abandonner cette idée mal conçue, d’acheter une compagnie qui commercialise la majorité des produits illégaux des colonies israéliennes et qui a subi un coup financier fatal », et indique la lettre, « en partie en conséquence d’un boycott vigoureux qui continuera sans nul doute quel que soit le nouveau propriétaire ».
Agrexco a souffert récemment de problèmes financiers aigus qui ont conduit à une procédure de faillite dans la capitale d’Israël, Tel Aviv. En juin, le journal israélien des affaires Globes a rapporté de « lourdes pertes » pour Agrexco, alors que la compagnie de produits frais se démenait pour gérer sa dette. Fruitnet.com a rapporté récemment que la compagnie devait 106 millions d’euros à ses créanciers.
Agrexco a été une cible de choix des militants solidaires des Palestiniens appelant au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) contre Israël.
Une nouvelle coalition de militants européens a promis le mois dernier de « mettre fin à la présence d’Agrexco en Europe ». 23 groupes ont signé une déclaration disant qu’ils ont établi des procédures pour coordonner les campagnes de boycott et les actions juridiques contre l’exportateur.
L’alliance des groupes européens, incluant la coalition française contre Agrexco, a fixé au samedi 26 novembre une journée européenne d’action contre la compagnie.
Les militants ont attiré l’attention sur la participation de l’exportateur dans les colonies illégales israéliennes par des coups d’éclat, des piquets et des actions directes. A Milan, en juin, les militants ont délivré des paniers cadeaux de fruits et de légumes pourris au siège de la compagnie, pour symboliser les produits agricoles palestiniens qui pourrissent aux checkpoints israéliens en Cisjordanie, alors qu’Agrexco exporte librement en Europe.
Notes pour les éditeurs :
* Le texte complet de la lettre du BNC à Total Produce a été publié sur http://
* Sources : “Only one bid for Agrexco”, Globes, 26 Juillet ;
Agrexco proposes 35% haircut to bondholders ;”, Globes, 23 Juin ;
Agrexco trustee wants worker cuts”, Fruitnet.com, 18 Juillet ;
Agrexco Agricultural Export Company”, base de données de http://www.WhoProfits.org.
* Vendus sous des noms de marques telles que Carmel, Coral, Biotop, et Eco-Fresh, les produits Agrexco des colonies ont été étiquetés faussement à répétition et présentés avec des documents prétendant qu’ils provenaient de l’intérieur de la ligne verte. Ces tentatives de leur faire bénéficier de droits de douane préférentiels selon l’accord d’association EU-Israël ont conduit à une condamnation par le Parlement britannique.
* La Cour européenne de justice a jugé que les produits des colonies ne peuvent pas bénéficier d’un tel traitement préférentiel. En février 2011, un rapport du tribunal de commerce de Montpellier, France, a établi que Carmel Agrexco a délibérément trompé les agents des douanes sur l’origine de ses produits.
* Le Comité national palestinien du BDS (BNC) est une vaste coalition de groupes de la société civile palestinienne qui inclut des partis politiques, des syndicats, des ONGs et des réseaux.
Pièce jointe :
1. BNC-PR-re-Total-Produce-1-8-2011 (106.9 kB)
1° août 2011 - BDS - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.bdsmovement.net/2011/bnc...
Traduction : JBP - CCIPPP
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Ramallah : les troupes d’occupation assassinent deux jeunes Palestiniens

mardi 2 août 2011 - 07h:46
Al Qassam Website
Deux palestiniens ont été assassinés par les troupes israéliennes lors d’une invasion du camp de Qalandia, près de Ramallah, à l’aube aujourd’hui (1° août).
Les parents de Mutasim Issa Udwan pleurent lors de ses funérailles à Qalandiya de Motasim Issa Odwan, 22 ans et Ali Khalifa, 23 ans, assassinés par les soldats israéliens qui procédaient à des kidnappings dans le camp situé entre Ramallah à Jérusalem - Photo : AFP/Abbas Momani
Des témoins directs ont déclaré que les soldats israéliens ont ouvert le feu sans distinction lors d’une tentative d’enlèvement de jeunes hommes dans le camp.
Les sources palestiniennes médicales ont indiqué que le jeune homme Motasim Issa Odwan, âgé de 22 ans, a été tué d’une balle dans la tête.
Les forces israéliennes ont également ouvert le feu sur Ali Khalifa, une balle lui perforant l’abdomen. Il a été transporté à l’hôpital de Ramallah pour y mourir suite à ses blessures.
Les forces israéliennes ont également tiré sur un autre Palestinien et les rapports médicaux ne sont pas précis sur son état.
Les témoins ont encore dit à notre correspondant que les troupes israéliennes ont pris d’assaut le camp à l’aube, et pendant le raid, les citoyens palestiniens ont manifesté contre les destructions infligées par les Israéliens contre leurs maisons.
Les soldats ont tiré sans discernement contre les citoyens palestiniens, faisant deux martyrs : Odwan et Khalifa.
Les sources palestiniennes ont ajouté que les forces israéliennes ont blessé dans le dos par balles le citoyen Mamoun Awad, et ont kidnappé deux autres personnes : Wajeih Ayman al-Khatib, et Anas al Manasrah.
Les témoins ont déclaré que les soldats ont attaqué les gens et ont ravagé l’intérieur de la plupart des maisons au cours du raid, lequel a duré plusieurs heures.
1° août 2011 - Al Qassam website - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.qassam.ps/news-4793-Isra...
Traduction : Info-Palestine.net
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Les Palestiniens préparent un soulèvement massif pour septembre

mardi 2 août 2011 - 05h:41
Mel Frykberg - IPS
Des membres éminents des Comités populaires palestiniens de Cisjordanie planifient pour septembre des désobéissances et des troubles civils massifs contre les autorités de l’occupation israélienne, au moment où les Palestiniens présenteront aux Nations-Unies leur dossier pour un État.
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"Nous n’arrêterons pas tant que n’aurons pas la liberté et l’indépendance.
C’est écrit sur le mur."
« Nous envisageons de descendre en masse dans les rues » déclare à IPS Musa Abu Maria, l’un des principaux dirigeants du Comité populaire de Beit Ummar, une ville à 11 km au nord d’Hébron, dans le sud de la Cisjordanie.
« Nous allons bloquer complètement les grandes routes qui desservent les colonies illégales d’Israël. Nous marcherons sur les colonies. Mais cela se fera dans la non-violence, les manifestants seront pacifiques.
« Nous avons travaillé à des stratégies créatives pour attirer plus fortement l’attention de la communauté internationale et des médias mondiaux sur l’occupation. Nous nous coordonnerons avec nos sympathisants internationaux en Europe et en Amérique pour que s’amplifie la reconnaissance internationale de la situation difficile des Palestiniens, alors que le vent tourne en notre faveur » poursuit Abu Maria.
Le gouvernement, les agences de renseignements et les forces de sécurité d’Israël se sont préparés pour une éruption des manifestations palestiniennes en septembre et ils s’attendent à ce que l’Assemblée générale des Nations-Unies appuie à une majorité écrasante la candidature palestinienne à l’indépendance.
Les forces de sécurité du pays ont effectué des exercices militaires en préparation d’affrontements massifs. Dans le même temps, la direction politique s’est lancée dans un tour d’Europe pour tenter d’obtenir des « pays européens de qualité » - les propres termes du gouvernement israélien - leur soutien et leur vote contre un État palestinien.
Le gouvernement israélien espère que les membres économiquement et politiquement les plus importants des Nations-Unies se rangeront du côté d’Israël, sachant qu’environ 140 États membres des Nations-Unies, « des pays en voie de développement et du Tiers Monde » entre autres, devraient voter en faveur de la Palestine.
Le gouvernement israélien est si inquiet que lundi il a menacé d’abroger les Accords d’Oslo de 1993 en réaction au projet de l’Autorité palestinienne de septembre. Selon des sources gouvernementales, ce n’est là qu’une des alternatives que le gouvernement israélien envisage pour contrer les pressions politiques.
Les Palestiniens ont le vent en poupe avec leur stratégie.
La semaine dernière, dans une initiative politiquement révolutionnaire, indépendante de l’officielle Autorité palestinienne et de la direction Hamas, plus d’un millier de militants et dirigeants politiques de premier plan, de l’ensemble des forces politiques, ont convergé vers Beit Ummar pour une conférence de trois jours destinée à planifier la stratégie palestinienne pour mettre fin à l’occupation israélienne.
Cette conférence de trois jours s’est tenue en trois villages différents, là où se déroulent les plus fortes manifestations hebdomadaires du vendredi contre l’expropriation de la terre palestinienne au profit des colonies israéliennes illégales.
Des représentants du Hamas, du Fatah, du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine) et du FDLP (Front démocratique de libération de la Palestine), parmi d’autres, ont convenu qu’ils appelleraient les leurs à lancer des campagnes de désobéissance civile massives dans toute la Cisjordanie en septembre.
« Nous avons dit aux différents dirigeants que s’ils voulaient faire passer leur propre parti politique avant la libération, ils n’étaient pas les bienvenus dans l’initiative. Mais que s’ils étaient déterminés à œuvrer pour la libération et l’unification de la bande de Gaza et de la Cisjordanie, politiquement et géographiquement, alors ils avaient notre soutien », a déclaré Abu Maria.
Selon Younis Arrar, dirigeant du Fatah, membre de la direction du Comité populaire de Cisjordanie et permanent de l’Autorité palestinienne, l’appui de l’ensemble des dirigeants palestiniens a été acquis.
« Ils feront descendre leurs militants et sympathisants dans les rues par milliers, sur une grande échelle. Nous ne parlons pas des villages palestiniens qui organisent actuellement des manifestations ponctuelles, mais de dizaines de grandes cités, villes et villages palestiniens à travers les territoires qui répondront à l’appel » indique Arrar à IPS.
Et il ajoute :
« Les Israéliens ont plus peur des troubles civils massifs non violents que de toute autre chose. Ils espèrent que nous passerons à la violence, car alors ils pourront user de leur force militaire supérieure pour nous écraser, comme ils l’ont toujours fait. Mais nous nous en tiendrons à une résistance non armée.
« Je crois que les Israéliens vont faire en sorte qu’il y ait au moins quelques victimes, par des tirs tendus de grenades lacrymogènes à haute vélocité ou à balles réelles, comme ils l’ont fait régulièrement dans le passé ».
Certaines des manifestations programmées en Cisjordanie incluent des rassemblements et autres manifestations à vélo, sur des thèmes politiques. Dans le village cisjordanien de Nabi Saleh, les villageois ont monté des tentes, style révolution égyptienne, pour mettre en évidence le vol de leur terre au profit de la colonie israélienne limitrophe de Halamish.
En plus de l’organisation de ces marches et manifestations de masse, le Comité populaire travaille avec différentes organisations populaires en Europe, notamment avec les militants des campagnes de BDS (Boycotts, Désinvestissements et Sanctions), pour organiser parallèlement des manifestations et marches tout en appelant au boycott économique des biens et produits israéliens.
Abu Maria pense que si la direction palestinienne n’est pas dynamique pour conduire le peuple dans le proche avenir, alors c’est le peuple lui-même qui organisera sa propre révolution. C’est ce qui s’est passé durant la Première Intifada où l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) a dû suivre l’exemple de la rue palestinienne quand s’est déclenché le soulèvement en 1987.
Abu Maria : « Je me suis engagé politiquement dès l’âge de 15 ans où j’ai été emprisonné pour la première fois par les Israéliens. J’ai les yeux et les oreilles grands ouverts, j’ai de nombreux contacts et je sais ce que pensent les gens ici. Nous n’arrêterons pas tant que n’aurons pas la liberté et l’indépendance. C’est écrit sur le mur ».
Beit Ummar, Cisjordanie occupée, le 29 juillet 2011 - IPS - traduction : JPP
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Le Premier ministre palestinien réclame des fonds d’urgence à la Ligue arabe

publié le lundi 1er août 2011
AFP
 
LE CAIRE - Le Premier ministre palestinien Salam Fayyad a exhorté mardi les nations arabes à débloquer d’urgence les fonds promis lors d’une réunion de la Ligue arabe consacrée à la crise financière que traverse l’Autorité palestinienne.
L’Autorité palestinienne a besoin de toute urgence de 300 millions de dollars pour sortir du goulot d’étranglement et faire face à la crise financière, a déclaré M. Fayyad à la presse au Caire après la réunion, organisée à la demande du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Il a précisé que l’Autorité palestinienne n’avait reçu que 331 millions de dollars d’aide en 2011, dont 79 millions de la part de pays arabes, ainsi qu’un don supplémentaire de 30 millions de dollars de la part de l’Arabie saoudite. Les pays arabes avaient pourtant décidé que l’aide devait s’élever à 330 millions de dollars tous les six mois.
L’Autorité palestinienne redoute maintenant de ne pas pouvoir payer les salaires de ses fonctionnaires, avait prévenu le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki.
Il est devenu urgent que les pays arabes honorent leurs obligations financières, étant donné qu’il apparaît possible que l’Autorité palestinienne se révèle incapable de payer les salaires pour le mois en cours et pour le suivant, qui est celui du ramadan, avait-il insisté.
M. Fayyad avait déjà averti au début du mois que si les fonds promis n’arrivaient pas, les fonctionnaires ne recevraient que la moitié de leur salaire. Si cette crise se poursuit, le gouvernement devra prendre de nouvelles mesures d’austérité, avait-il indiqué.
Les promesses non tenues ont provoqué un manque-à-gagner de 30 millions de dollars par mois dans les caisses de l’Autorité palestinienne, et l’aide reçue jusqu’à présent n’a couvert qu’un tiers des dépenses gouvernementales, selon M. Fayyad.
L’Autorité palestinienne dépend largement des donateurs étrangers pour équilibrer son budget annuel. Elle reçoit également de manière périodique des transferts de taxes prélevées par Israël sur des marchandises destinées aux Palestiniens transitant via les ports et aéroports israéliens.
Israël a suspendu le 1er mai ces transferts après l’accord conclu le 27 avril entre le Fatah et le Hamas. La mesure, en violation avec les accords internationaux signés par l’Etat hébreu, a été critiquée par la communauté internationale et même au sein du gouvernement israélien.

Bande de Gaza: raid aérien israélien, pas de victime

AFP | 02/08/2011
L'armée israélienne a lancé dans la nuit de lundi à mardi un raid aérien contre la bande de Gaza qui n'a pas fait de victime, a-t-on appris par des témoins.
Ce raid a visé un tunnel creusé sous la frontière entre le sud de la bande de Gaza et l'Egyte, à la hauteur de Rafah, a-t-on précisé.
Deux explosions d'origine non identifiée se sont par ailleurs produites dans le sectreur de la ville de Gaza, a-t-on également appris par des témoins.
Dans un communiqué, l'armée israélienne a confirmé que "l'aviation a attaqué dans le sud de la bande de Gaza un tunnel utilisé par des trafiquants".
"Cette attaque a été menée en riposte au tir d'une roquette contre le sud d'Israël qui a blessé une femme", a ajouté ce texte. 

Cisjordanie: deux Palestiniens tués par des soldats israéliens (Palestiniens)

01/08/2011
Deux Palestiniens ont été tués dans la nuit de dimanche à lundi par des soldats israéliens dans le camp de réfugiés de Kalandia en Cisjordanie, ont indiqué des sources hospitalières et des responsables des services de sécurité palestiniens.
Les deux victimes, Mortesen Adwan (23 ans) et Ali Halifa (22 ans), ont été tuées par des tirs de militaires qui effectuaient des arrestations dans le camp de Kalandia, situé près de la route reliant Ramallah à Jérusalem.
Selon des témoins, les soldats ont ouvert le feu à la suite de jets de pierres de Palestiniens.
Interrogée par l'AFP, une porte-parole de l'armée a confirmé que des affrontements avec des manifestants palestiniens avaient eu lieu lors d'une opération visant à arrêter des "suspects" à Kalandia.
Cinq soldats ont été blessés durant ces incidents, a-t-elle ajouté, sans confirmer la mort de deux Palestiniens.
Le 13 juillet, un Palestinien avait été tué par des tirs de soldats israéliens dans le camp de réfugiés d'El-Farah près de Naplouse (nord de la Cisjordanie occupée) alors que l'armée recherchait un militant du Jihad islamique. 

Incident frontalier avec le Liban : nos soldats ont agi comme il le fallait, affirme Netanyahu

01/08/2011
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé que « les soldats (israéliens) ont agi comme il le fallait » lorsqu’ils ont tiré sur un poste de l’armée libanaise dans la région du Wazzani aujourd’hui. L’armée libanaise a affirmé avoir tiré sur une patrouille israélienne lorsque celle-ci a franchi la ligne bleue qui délimite la frontière entre Israël et le Liban. Certains médias ont rapporté qu’un soldat libanais avait été blessé dans cet échange de tirs entre les deux armées. Lors d’une réunion de la commission parlementaire israélienne des Affaires étrangères et de la Défense, M. Netanyahu a affirmé, pour sa part, que les soldats israéliens « sont déterminés à se défendre et à défendre les frontières ». Il n’a donc pas reconnu une violation de la souveraineté libanaise.
Durant cette réunion, le Premier ministre a également affirmé que les soldats israéliens vont toujours se défendre lorsqu’ils sont attaqués, en référence aux deux Palestiniens qui sont morts dans des tirs de l’armée hier soir. En ce qui concerne le dépôt, en septembre, d'une demande de reconnaissance de l’État palestinien à l’ONU, M. Netanyahu a déclaré que les « Israéliens sont prêts pour différents scénarios », mais qu’ « aucun gouvernement israélien ne peut accepter toutes les demandes des Palestiniens ».

L’Égypte refoule des Palestiniens à Rafah après des heurts dans le Sinaï

01/08/2011
L’Égypte a refoulé samedi 450 Palestiniens souhaitant traverser le poste-frontière de Rafah après l’attaque d’un poste de police dans le Sinaï, a annoncé hier le ministère de l’Intérieur du Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza. Parmi ces personnes refoulées figurent des malades qui devaient recevoir des soins médicaux en Égypte, selon la même source.
Le communiqué ne précise pas les raisons de cette décision, mais l’incident intervient après que l’armée égyptienne a arrêté douze hommes, dont trois Palestiniens, soupçonnés d’avoir participé aux violences lors de l’attaque vendredi d’un poste de police d’el-Arich, dans le nord du Sinaï, et qui ont fait cinq morts. Le ministère accuse en outre dans son communiqué l’Égypte d’avoir fermé à plusieurs reprises le poste-frontière de Rafah, seule porte de sortie de la bande de Gaza, sans motifs.
L’Égypte a rouvert le 28 mai de manière permanente le terminal, pour la première fois depuis la prise de contrôle du territoire palestinien par le Hamas en juin 2007.
(Source : AFP) 

Al-Racheq : Le Fatah et le Hamas sont en contact pour parvenir à un accord

[ 01/08/2011 - 00:51 ]
Exclusif – CPI
Le membre du bureau politique du Hamas Ezzat Al-Racheq a déclaré qu'il y a actuellement des contacts intensifs entre le mouvement du Hamas et celui du Fatah pour tenir une réunion prochainement entre les deux parties, afin de discuter des dossiers de la réconciliation, en particulier les dossiers de l'OLP, des services de sécurité, des détenus politiques, des élections...
A propos du dossier du gouvernement, Al-Racheq a dit, dimanche 31/7, qu'il n'y a rien de nouveau jusqu'à maintenant, en raison de l'insistance de M. Mahmoud Abbas à vouloir nommer Salam Fayyad comme seul candidat pour la présidence du gouvernement, ce qui gêne l'application de l'accord de réconciliation signé au Caire.
Il a poursuivi : "Jusqu'à présent, la date et le lieu de cette réunion ne sont pas encore fixés".

Gaza: Crise sanitaire, population sinistrée sans quête

[ 31/07/2011 - 16:10 ]
Gaza – CPI
"La liste des médicaments qui ont été manqués dans la Bande de Gaza a été enlevée de nouveau à 180 variétés de médicaments et 149 de consommables médicaux", a confirmé Dr. Ashraf al-Koudra, directeur du département des relations générales et de l'information au ministère de la santé.
Dans une déclaration de presse, le samedi 30/7, el-Koudra a mis en garde que ce manque approfondit la gravité de la crise et représente une menace réelle au travail sanitaire dans les hôpitaux et les centre de soins primaires, ce qui réduit, au minimum, le nombre de services médicaux .
Il a fermement critiqué le mouvement tardif et trés lent des institutions et des associations juridiques et sanitaires pour mettre fin à cette souffrance de trouver des solutions radicales à la crise qui menace le travail de santé à Gaza au cours des 5 dernières années, et a également menacé la vie des patients dont des dizaines sont morts à cause de cette chute épineuse de la balance de médicaments.
El-Koudra a appelé toutes les parties et organisations des droits de l'homme à intervenir immédiatement pour empêcher l'effondrement du système de santé à Gaza et à cesser d'adopter la politique de la ponctuation qui intensifie leurs souffrances et complique la crise vers des stades plus graves.
Il a également noté que la crise ne se limite pas sur les médicaments, mais aussi les établissements de santé à Gaza souffrent d'un manque grave aux quantités du carburant essentielles pour le fonctionnement des générateurs, soulignant que le taux du déficit s'élevait à 75% et les quantités existantes ne sont que 25% dont plus de 10% ont été expirées.
"Ces quantités ne sont pas suffisants que pour un seul ou deux jours seulement, en particulier avec la coupure continuelle de l'électricité, en particulier dans les sections de soin intensif et d'autres, précisant qu'il est possible de la couper totalement.
Il a finalement assuré que tous les hôpitaux de la Bande de Gaza ont besoin plus de 2.100.000 à 2.200.000 de litres par an à la lumière de la coupure de l'électricité continuelle pendant 8 heures par jour.

La trilogie de Haniyeh : constance , unification et libération des détenus

[ 31/07/2011 - 01:21 ]
Gaza – CPI
Le premier ministre palestiniens, Ismaïl Haniyeh, a confirmé l'attachement aux principes , insistant sur le non renoncement au droit du retour des réfugiés palestiniens dont leur nombre à l'étranger a atteint 6 millions, ainsi que le travail pour libérer plus de 7 000 prisonniers, y compris ceux qui ont passé plus de 32 ans dans les prisons sionistes.
Lors de sa rencontre avec une délégation Malaisienne, le samedi 30/7, Haniyeh a renouvelé l'attachement à l'option de la résistance, confirmant que tout mouvement ou action doit être sur la base des principes, réaffirmant la reprise de l'unité du peuple palestinien comme une base nationale.
Il a souligné que la croyance forte à la profondeur arabe et islamique de la Palestine et l'optimisme au printemps arabe.
Il a exprimé son bonheur et l'appréciation à la solidarité continue de la Malaisie avec le peuple palestinien et sa question légitime, félicitant la délégation invitée et tous les peuples arabes et islamiques par le mois béni de Ramadan.
Il a remercié au nom du gouvernement et le peuple palestiniens, le peuple Malaisien et toutes les institutions islamiques, ONG et humanitaires qui fournissent l'aide et le soutien aux Palestiniens, ce qui a un bon effet et renforce la fermeté du peuple palestinien alors qu'il prouve le soutien de la nation à la Palestine et à Gaza assiégée.
"Le soutien de tous les hommes libres dans le monde entier promouvait la fermeté des Palestiniens", a-t-il ajouté.
Le premier ministre a souligné aux nombreuses délégations Malaisiennes qui ont été accueillies et se trouvaient aussi à bord de la "Flottille de la Liberté 1", considérant que toute aide a un bon et grand effet à promouvoir de la fermeté des Palestiniens.
De son côté, le membre du parlement du parti islamique en Malaisie, Khaled Sayed, a remercié le premier ministre palestinien pour l'accueil chaleureux et l'hospitalité généreuse, confirmant la poursuite du soutien de la Malaisie au peuple palestinien et sa cause.
Il a fait allusion à la fermeté et la stabilité du peuple palestinien qui était la source d'inspiration pour le monde libre d'être rebelle en face de l'injustice.
De plus, le vice-président de l'Association Malaisienne, Muslim CARE, Zulkifli Nani a confirmé que les Malaisiens porteront le souci palestinien et la cause palestinienne et d'être des ambassadeurs de la Palestine dans le monde.

Convoi anti-blocus:« Miles of smiles 4 » atteint Gaza

[ 01/08/2011 - 01:41 ]
Gaza- CPI
Dans un accueil officiel, le convoi d'aide humanitaire «Miles of Smiles 4" a atteint la bande de Gaza, dimanche ,soir du 31juillet par le passage frontalier de Rafah.
Les sources de sécurité  du point de contrôle de Rafah ont déclaré au communiqué du CPI :  «  Le convoi est composé de 8 bus transportant de l'aide, des fournitures médicales, des médicaments ,  des ambulances et des autobus pour des personnes ayant des besoins spéciaux. » 
Selon les mêmes sources : «  35 solidaires sont entrés avec le convoi, qui porte également des grandes quantités de lait« pharmacologiques G19 " pour bébé , nouveau-né " et prématuré", dont le secteur souffre d'une grave pénurie. »

Al-Khalil : un assaut au lacrymogène , provoque l'avortement d'une palestinienne

[ 01/08/2011 - 11:03 ]
Al-Khalil (Hébron) – CPI
Des sources médicales palestiniennes dans la ville d’Al-Khalil (Hébron) au sud de la Cisjordanie occupée ont rapporté qu’une palestinienne enceinte a fait une fausse couche samedi à l’aube après le tir d’une bombe à gaz lacrymogène dans sa maison située dans la vieille ville d’Al-Khalil occupée.
Elles ont ajouté que lors de leur assaut dans plusieurs quartiers  de la ville, les forces de l’occupation ont tiré de manière intensive des bombes à gaz lacrymogène sans aucune raison. Certaines de ses bombes ont atterri dans la maison de cette femme palestinienne qui a été asphyxiée et a fait une fausse couche. Les ambulanciers palestiniens l’ont transportée à l’hôpital de la ville où elle a reçu les premiers soins.
Les sources palestiniennes ont précisé qu’une énorme tension règne sur la ville suite à cet incident.

Ramallah :Les jeunes élus de Ramadan , rejoignent la caravane des martyrs

[ 01/08/2011 - 10:37 ]
Ramallah – CPI
Deux citoyens sont tombés martyrs par les tirs des forces de l’occupation sioniste, à l’aube du premier jour de Ramadan, lors d’un assaut effectué sur le camp de Qalandia à Ramallah.
Des sources locales ont rapporté que des soldats de l’occupation ont ouvert le feu de manière hasardeuse lors de leur assaut, dans une tentative d’arrêter deux jeunes du camp. Le jeune Moutasim Issa âgé de 22 ans a été touché d’une balle à la tête et est mort sur le coup.
Les sources ont ajouté que le citoyen Ali Khalifa a également été blessé d’une balle dans l’abdomen, et il a été transporté à l’hôpital de Ramallah avant de succomber à ses graves blessures. Un autre jeune a été blessé.
Les forces de l’occupation ont arrêté deux jeunes, Aymen Khatib et Anas Mounasara, après que des affrontements ont éclaté dans le camp.
Des témoins oculaires ont indiqué que des soldats de l’occupation ont agressé les familles et ont cassé de nombreux meubles dans les maisons lors de l’assaut qui a duré de longues heures.

Incursion armée en territoire libanais engendrant un blessé grave

[ 01/08/2011 - 12:59 ]
Al-Qods occupée – CPI
Des affrontements armés ont éclaté ce matin lundi 1/8, entre les forces de l'armée libanaise et l'armée de l'occupation sioniste stationnée le long des frontières entre le Liban et les territoires palestiniens occupés en 1948. Un soldat libanais a été gravement blessé par les tirs des forces occupantes.
Des sources militaires sionistes ont déclaré que le village frontalier de Ghajar, dans le sud des territoires libanais, fut le lieu d'un échange de tirs entre les forces occupantes et libanaises, blessant un soldat libanais.
De leur côté, des sources médiatique libanaises ont déclaré qu'un soldat libanais a été grièvement blessé, après un échange de tirs entre les deux côtés après qu'une force militaire sioniste s'est avancée à travers la clôture frontalière séparant les territoires libanais de l'entité.

Sépultures chimériques : Les colons prévoyants creuseront leurs propres tombes

[ 01/08/2011 - 13:49 ]
Al-Qods occupée – CPI
Des personnalités maqdissines ont mis en garde contre l’escalade des mesures de judaïsation par les associations colonialistes et les autorités de l’occupation dans la localité de Selwan au sud de la Mosquée d’Al-Aqsa. Cela concerne particulièrement le lancement d’un projet récent d’implantation de tombes juives « fictives ».
Cet avertissement a eu lieu lors d’un stand up de solidarité avec les habitants de Selwan organisé dans la tente de résistance du quartier d’Al-Boustane par les hommes de tribus et de réforme, et le comité de défense des terres et de l’immobilier de Selwan.
Ils ont affirmé que les associations colonisatrices juives ont l’intention d’ériger plus de 713 tombes fictives sur les terres du quartier de Ras al-Amoud, près de l’hôtel Panorama. Leur but est de les relier au parc biblique dans la zone de Tantur Pharaon et d’étendre les terres de Wadi Hilwa que les juifs appellent « Ville de David », jusqu’à Wadi Rababa.
Les participants ont affirmé que l’agression en hausse de l’occupation a commencé à prendre des proportions importantes. En effet, il y a trois jours, un tunnel portant le numéro 7 a été découvert, commençant dans la région de Ain Selwan vers le nord en direction des Palais omeyyades, le côté sud de la mosquée sacrée d’Al-Aqsa. Ces tunnels passent également près du prétendu centre d’antiquités Deminson, à l’intérieur de la Porte des Maghrébins (Bab al-Maghariba), pour arriver au Mur d’Al-Bouraq (Lamentations).

Bahr : La démocratie à géométrie variable renie le choix palestinien !

[ 01/08/2011 - 12:45 ]
Gaza – CPI
Le premier vice-président du Conseil législatif palestinien, Dr. Ahmad Bahr, a affirmé que le monde continue de punir le peuple palestinien, et en particulier la Bande de Gaza, en raison des résultats des dernières élections démocratiques qui ont porté le mouvement du Hamas au pouvoir.
Lors de l’accueil d’une délégation solidaire Malaisienne au Conseil législatif dans Gaza-ville, Bahr a déclaré : « Tous les fonds alloués à la reconstruction de la bande de Gaza après la guerre menée par l’Etat de l’occupation à la fin de l’année 2008, restent gelés pour des raisons punitives claires ». 
« En raison des choix du peuple palestinien, ils punissent tous les citoyens, qu’ils soient malades, étudiants et autres. Ils veulent marchander notre liberté et notre dignité », a-t-il ajouté en précisant que le peuple palestinien ne se satisfera pas de moins de liberté et de dignité et la fin de l’occupation, pour la raison qu'il est le problème essentiel face à la question palestinienne.
Bahr a salué les efforts déployés par la Malaisie et les partis islamiques de ce pays, considérant la visite de la délégation à Gaza comme une avancée pour briser le blocus sioniste imposé sur la bande de Gaza depuis plus de cinq ans, et comme un soulagement du fardeau qui pèse sur les citoyens.
Le vice-président du Conseil législatif a loué le soutien de la Malaisie aux familles pauvres, à l’éducation, et aux enfants de prisonniers qui croupissent dans les prisons de l’occupation. Il a insisté sur la nécessité de poursuivre la voie de la reconstruction des maisons détruites à Gaza afin que les citoyens puissent retourner dans leurs maisons.

Salah Chahada, une vie de résistant, de moudjahid et de martyr

[ 02/08/2011 - 00:09 ]
Gaza – CPI
Il y a neuf ans, la Palestine a fait ses adieux à un cavalier du djihad, de la résistance. Les occupants israéliens l’ont tué de façon inhumaine.
En effet, le 22 juillet 2002, les chasseurs sionistes ont tiré plusieurs missiles sur un quartier résidentiel densément peuplé, le réduisant en décombres. Ils ont tué le chef Salah Mustapha Mohammed Chahada, avec 17 civils. Il y a aussi eu plus de 150 blessés.
La naissance
C’est le 24 février 1952 et dans le camp Al-Chati qu’est né le chef Salah, d’une famille exilée de la ville de Yafa, occupée en 1948.
En 1958, il a gagné l’école primaire de l’UNRWA et c’est en Egypte qu’il a obtenu sa maîtrise en service social. Dès son retour dans la bande de Gaza, Cheikh Salah a commencé à travailler en tant que chercheur social.
En 1976, il s’est marié. Sa femme a été tuée avec lui dans le bombardement. Ils sont partis en laissant derrière eux six filles. La dernière est née pendant son arrestation.
En 1982, il a changé de poste et a commencé à travailler au bureau des affaires des étudiants de l’Université Islamique de la ville de Gaza.
Son parcours de djihad
Cheikh Chahada représentait le chef musulman par excellence. Il ne connaissait ni l’ennui ni la fatigue. Tout le monde demandait ses conseils. Sa personnalité militaire lui permettait de prendre les décisions adéquates.
Cheikh Salah est connu comme étant le premier fondateur de l’appareil militaire du mouvement de la résistance islamique du Hamas. Plus tard, il a été accusé par les occupants israéliens d’avoir constitué des cellules militaires, entraîné leurs membres à l’utilisation de l’arme, donné des ordres pour attaquer des objectifs militaires sionistes.
Après dix ans d’emprisonnement, Salah est sorti plus déterminé, jurant de leur faire payer cher les crimes qu’ils font envers le peuple palestinien. Puis il est revenu à la direction des brigades d’Al-Qassam afin de continuer à développer leurs opérations. Enfin, il s’est retrouvé obligé de se cacher. Il est devenu le premier recherché par l’armée israélienne, durant l’Intifada d’Al-Aqsa.
Il a réussi à faire beaucoup de mal aux occupants israéliens avec des opérations martyres, des roquettes Qassam, fabriquées avec les moyens du bord, laissant des centaines de morts et de blessés. Les services des renseignements sionistes n’avaient pour but que de lui mettre la main dessus.
Au début de l’an 2000, Chahada a pu reconstruire l’appareil militaire du mouvement du Hamas, appareil détruit par l’autorité en 1996, après l’accord d’Oslo.
Dans les prisons de l’occupation israélienne
Cheikh Salah a beaucoup souffert des prisons israéliennes, physiquement comme psychiquement. Les enquêteurs sionistes l’ont torturé, frappé et même lui ont même arraché les poils de la tête et de la barbe.
Sa première arrestation a eu lieu en 1984 ; les autorités de l’occupation israélienne l’ont arrêté et emprisonné pour deux ans.
Dès sa sortie en 1986, il a occupé le poste de directeur des affaires des étudiants de l’Université Islamique, jusqu’à une deuxième arrestation en 1988 pour subir une période d’enquête d’un an.
Il a été accusé d’avoir été responsable de l’appareil militaire du Hamas, d’avoir été derrière l’enlèvement dse deux soldats Sportis et Saadoun, d’avoir dirigé le Hamas et sa division médiatique du Nord de Gaza. En fin de compte, les occupants israéliens l’ont condamné à dix ans de prison. Il n’en est sorti qu’en mai 2000.
Dans les prisons, il montrait beaucoup de courage et d’audace. Une fois, il a dit au général Mordakhay, chef de la région sud : « Sache, général, que mes hommes sont fidèles et courageux ; ils ne connaissent pas le mensonge, ni la lâcheté d’ailleurs. Ils ont enlevé tes soldats bien armés. Cependant, tes soldats tuent les enfants, les femmes, les personnes âgées, les jeunes sans armes. Tes soldats ont fait dans leurs fringues, durant leur enlèvement. Ils ont embrassé les pieds des moudjahidin, pour qu’ils les relâchent. Ils criaient comme des femmes ; ils appelaient leurs mères au secours ».
Cheikh Salah a finalement quitté la prison, menacé par des officiers sionistes de renseignements qu’il serait assassiné dès qu’il ferait des activités contre les occupants israéliens. Quelques mois plus tard, il a donné sa démission pour travailler contre l’occupation israélienne à plein temps. Et il l’a fait jusqu’à sa mort, et il est tombé en martyre par les missiles de l’occupation.

Témoignage de Juliane Nicolas, 75 ans, emprisonnée en Israël

lundi 1er août 2011

"Message à mes concitoyens, de la part de Juliane NICOLAS :
Médiatisée à mon insu par des reportages suscités par des amis inquiets avant ma sortie de prison le 12 juillet 2011, je suis heureuse de pouvoir revenir sans intermédiaire vous confier des détails importants de cette aventure.
Qu’avais-je donc affaire dans cette galère israélienne ? La réponse est : RIEN !
Je viens d’avoir la preuve, avec quelques dizaines d’autres personnes, que, dans ce pays soit disant éclairé et démocratique , l’arbitraire peut vous conduire en prison . Si vous ne voulez pas en être sa victime, apprenez à mentir « par omission ».
C’est simple : à l’aéroport de Tel Aviv , ne dîtes surtout pas à l’officier du contrôle des passeports que vous désirez visiter la Cisjordanie ou Jérusalem-Est. Parlez simplement de votre goût pour un tourisme en Israël paré de toutes les attractions . Oubliez les Palestiniens et leur triste destin. Et bien NON ,je n’ai pas voulu mentir.
A la première question posée par le fonctionnaire israélien chargé du contrôle des passeports étrangers :« quel est votre projet ? » , ma réponse à été claire : « I would like to see how Israelians and Palestinians could live together. Le dialogue est imposé en anglais, on aura compris : « je désirerais voir comment Israéliens et Palestiniens pourraient vivre ensemble »
A la deuxième question « Irez-vous à Jerusalem ? », je réponds « bien sûr ! »........ !
Il n’y a pas eu de troisième question. Mon sort était déjà scellé. L’officier interrogateur ne m’a pas rendu le passeport que je lui avais présenté. J’ai été sommée de suivre une « hôtesse » jusqu’à un bureau de l’Immigration. C’était le début d’un scénario très long et laborieux doté d’attentes et de fouilles méticuleuses , sans la moindre explication fournie. La phase clef du processus conduisant à l’incarcération est , je crois, atypique.
Je me retrouve , avec quelques jeunes gens inconnus, invitée à suivre un « appariteur » zélé, secondé par des « gardes », le long d’un très long couloir. Rien ne nous est dit sur notre destination. Nous sommes réduits à l’état de petit troupeau obligatoirement docile.
Mais le couloir est décidément trop long et mon jeune voisin, à ma gauche, s’arrête tout à coup : « où allons-nous ? » Eh oui, on nous conduit quelque part, mais où ? nous ne le savons pas ! Le jeune réagit . Mouvements divers. Le jeune homme se retrouve maîtrisé au sol puis remis sur pieds. « Je veux aller en Palestine. Je refuse de vous suivre ! » La réponse claque : : « Vous me suivez ou c’est la prison ! » La réponse du petit troupeau aussi est quasi instantanée :
« Nous voulons la prison ».
Curieux choix ? Non , choix militant. Ainsi, sans se connaître, tous les petits « moutons » qui, au départ étaient conduits en catimini, ont instantanément saisi que la prison suivie d’un procès permettrait de mettre en lumière, outre l’illégalité de notre arrestation arbitraire, le sens profond de notre demande à visiter le territoire palestinien, territoire en grande partie honteusement colonisé, au mépris des « droits de l’homme » et au mépris des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies votées depuis des années et pourtant restées lettres mortes.
Je remercie les promoteurs de la « grande mission internationale » à laquelle, avec des centaines(650...) de militants pacifiques, je me suis ralliée avec enthousiasme et qui m’a amenée à débarquer le 8 Juillet à l’aéroport de Tel Aviv .
Son but exposé sur internet était magnifique : répondre à l’invitation de 15 associations palestiniennes à venir partager une semaine de leur vie, du 8 au 16 juillet, en participant à un programme d’activités pour la paix et la justice dans un esprit fraternel. Occasion de dire non , sans violence, à la colonisation et à la discrimination. invasives..
Engagement citoyen pour l’égalité des droits humains car Israéliens et Palestiniens ne trouveront la paix tant espérée que lorsque les murs et les ghettos seront démantelés : n’en êtes-vous pas convaincus comme moi ?"
Lien 

dimanche 31 juillet 2011

Baraka: l'UNRWA au Liban vit une corruption généralisée

[ 31/07/2011 - 10:51 ]
Beyrouth – CPI
Le représentant du mouvement du Hamas au Liban, Ali Baraka, a confirmé qu'une corruption généralisée vécue par l'UNRWA au Liban et que la souffrance des réfugiés palestiniens utilisée pour assurer les salaires élevés des employés étrangers.
Dans un entretien exclusif avec le CPI, Baraka a déclaré que 47 employés étrangers de l'UNRWA au Liban reçoivent environ demi-million de dollar par mois au moment où l'employé palestinien n'obtient que moins d'un mille de dollars par mois.
Il a appelé l'UNRWA a améliorer ses services fournis aux réfugiés palestiniens au Liban, déclarant qu'ils ont ouvert un dialogue avec le directeur général de l'UNRWA au cours des dernières années, mais n'a abouti à rien.
Il a souligné que le Hamas avec les factions et les instituions de la société civile au Liban ont déménagé pour faire pressions sur l'UNRWA afin d'améliorer ses services, confirmant que cette campagne est encore continue, et que l'UNRWA doit améliorer ses services ou licence Lombardo, afin de nommer un autre directeur qui travaille pour améliorer les situations des réfugiés.
"Nous craignons qu'il y ait un projet américain pour la liquidation des services de l'UNRWA", a-t-il ajouté.

L'Egypte promet de ne pas indemniser Israël pour les ruptures d'approvisionnement en gaz

Egypte/Israël - 31 juillet 2011
Par Middle East Monitor
Le ministre du Pétrole d'Egypte, Abdullah Ghorab, a affirmé que son gouvernement ne s'était pas engagé à verser des indemnités à Israël après que l'exportation du gaz naturel ait été interrompue pour des "raisons impérieuses".
Dans une déclaration aux médias du mercredi 27 juillet, Ghorab a dit que la rupture de fourniture de gaz à la Jordanie et à Israël n'était pas une décision gouvernementale, mais plutôt la conséquence de circonstances impérieuses. Le pipeline qui transporte le gaz aux deux pays a été bombardé pendant le bouleversement politique. Ghorab a affirmé que ce n'était pas une question d'entêtement égyptien et que le gouvernement égyptien n'était pas obliger d'indemniser Israël ou aucun autre Etat. Il a ajouté que le droit international autorise l'Egypte a stoppé le pompage du gaz temporairement.
Le ministre égyptien a noté que son gouvernement avait l'intention de revoir tous les accords de fourniture gazière pour garantir des prix justes, car les anciens prix étaient très inférieurs à ceux du marché international.
Pendant ce temps, l'ancien ministre du pétrole et six autres responsables du régime Moubarak dégagé sont actuellement inculpés de dilapidation de fonds publics. Ils sont accusés d'avoir signé, en 2005, un accord fournissant à Israël 40% de ses besoins en gaz naturel qui a entraîné pour l'Egypte une perte de 700 millions de dollars.
Note ISM-France : La dernière attaque contre le gazoduc du Sinaï (la cinquième depuis février 2011) a eu lieu hier samedi 30 juillet. Lire "Militants attack gas pipeline in Egypt's Sinai", sur Maan News.
Traduction : MR pour ISM

Des colons envahissent Beit Ommar et Surif

Hébron - 31 juillet 2011
Par Palestine Solidarity Project
Vendredi 29 au matin, les habitants de Beit Ommar et de Surif, ainsi que deux internationaux, ont vu un groupe important de colons traverser la terre de Beit Ommar et de Surif. Le groupe, composé d'une quarantaine de colons, dont deux étaient armés, et de 4 soldats, a harcelé les villageois de Surif pendant qu'il traversait le village. Puis les colons se sont assis près de l'entrée d'une maison palestinienne, ils ont sorti des cartes et ont pris des photos de la terre et des maisons palestiniennes.
Des colons envahissent Beit Ommar et Surif
Les villageois ont répondu à cette intrusion en leur jetant des pierres. Les deux soldats qui escortaient les colons ont aussitôt répondu à tirant à balle réelle dans leur direction.
Surif a un long passé de violences coloniales, depuis la création de la colonie illégale Bat Ayn en 1990 et les violences se sont accrues ces dernières années. En janvier, des colons de Bat Ayn ont tiré sur deux jeunes du village. Yousef Ikhlayl, 17 ans, a été tué. Les mêmes colons incendient régulièrement les oliviers et les figuiers appartenant aux fermiers du village.
Carte du nord du gouvernorat d'Hébron (Source ARIJ)
Photo
En bleu : les colonies israéliennes illégales
En vert : les zones d'habitat palestinien

Traduction : MR pour ISM

Kidnappée et séquestrée par Israël du 8 au 13 juillet

Israël - 31 juillet 2011
Par Fatima Ghouadni
Fatima Ghouadni est française et habite à Bordeaux. Elle est originaire de la tribu des Ouled Merah (Ghriss, ex-Thiersville, wilaya de Mascara, Algérie)
J'ai souhaité répondre à l'invitation des organisations palestiniens qui nous ont proposé de les rejoindre, en Palestine occupée, du 8 au 16 juillet, et j'avais prévu de rester une semaine de plus, jusqu'au 21 juillet. Je souhaitais visiter Jérusalem, me joindre aux activités de la mission et témoigner ainsi de mon soutien à la cause palestinienne, aux justes revendications du peuple pour le droit au retour, le droit à se libérer de l'occupation sioniste, le droit à vivre en paix sur sa terre, à y circuler librement, comme n'importe quel autre peuple qui dispose de son destin.
C'est dans cet état d'esprit que je me suis inscrite avec beaucoup d'espoir à "Bienvenue en Palestine" mais l'expérience a vite tourné au cauchemar à cause de la pathologie de la toute-puissance que développe l'Etat israélien et de son mépris des êtres humains.
Kidnappée et séquestrée par Israël du 8 au 13 juillet
Le retour du groupe à Toulouse, le 14 juillet
Vendredi 8 juillet 2011 - Arrivée vol Alitalia Rome/Tel Aviv à l'aéroport Ben Gourion à 13h40
Nous étions trois, Joël, Claudine et moi-même. Nous sommes arrivés normalement, sommes passés par le "tube" et juste avant de sortir de ce "tube" pour entrer dans le couloir en vitres qui mène au hall d'arrivée, nous voyons un groupe d'environ 8 personnes en uniforme bleu marine et chemise bleu clair. Ils se sont regardés et nous encadrent instantanément, 3 devant nous, 3 dernière nous et 1 de chaque côté. Nous avons marché quelques mètres avec cette escorte, qui s'est effacée très vite. Pour gagner du temps et nous permettre de laisser arriver tous nos compagnons, nous sommes allés nous rafraichir quelques minutes.
Puis nous sommes partis dans la zone de présentation des passeports pour l'obtention du visa d'entrée. Comme nous savions qu'ils pratiquaient la ségrégation, nous avions décidé d'un commun accord que les gens "colorés" ou au nom à consonance arabe passerait en premier pendant que les "blancs" restaient à l'arrière pour s'assurer qu'il ne nous arrive rien de fâcheux. Nadia (de Belgique), qui était dans un autre groupe, m'a rejoint dans la file. J'avance jusqu'au guichet et je présente mon passeport à l'employée. Elle me demande mon nom, que je lui indique, le prénom de mon père et ensuite le prénom de mon grand-père et elle me demande de lui écrire ces prénoms. Je lui demande si elle veut aussi le nom de ma mère, et elle me répond que non, ce qu'elle veut savoir, c'est où je vais. Je lui réponds que je vais à Bethléem. A ce moment là, elle m'a fait signe de patienter et j'ai eu l'impression qu'elle cherchait mon nom sur son ordinateur. Puis immédiatement, elle m'a à nouveau fait signe de patienter et il m'a semblé, à voir le mouvement vers l'avant de son corps, qu'elle appuyait sur un bouton ou une sonnette. Aussitôt deux hommes en uniforme gris m'ont encadrée, l'un est passé du côté du guichet pour prendre mon passeport, ils se sont fait un signe et le second a disparu. Celui qui avait mon passeport m'a demandé de le suivre et nous sommes allés dans une salle d'attente, toujours dans le hall d'entrée, où se trouvaient déjà une trentaine de personnes.
Je rentre, et un policier en tenue bleu marine et chemise bleu clair me demande de m'asseoir. Je lui demande pourquoi je suis là et il me répond dans un français parfait que c'est "pour faire des vérifications". Je lui demande lesquelles, et il me répond, "peut-être que vous-même vous les ignorez". Il me dit : "Cela ne va pas durer longtemps, voulez-vous de l'eau ?" Je lui dis que oui, et il me porte un verre d'eau. Je me rends compte que je ne connais personne des gens présents dans cette salle, en attente comme moi, jusqu'au moment où Nadia, qui était ma voisine au guichet des visas, arrive. Je comprends en la voyant entrer que "l'écrémage" avait commencé et que peut-être les autres personnes qui étaient là étaient des militants de la mission que je ne connaissais pas. Le policier est revenu et nous a dit : "Dès que les vérifications sont faites, on vous appellera pour vous remettre votre passeport et vous pourrez partir." Il a commencé à appeler des gens que je voyais sortir, sans savoir où ils allaient. Quand mon tour est venu, il m'a appelé par mon nom, Fatima Ghouadni, et je l'ai suivi par un escalier étroit jusqu'au premier étage, dans une salle où se trouvaient déjà une soixante de personnes.
Je ne connaissais personne, le groupe étant constitué des militants belges arrivés par le vol précédent, vers 12h30. Le policier a disparu et j'ai été "accueillie" par un groupe d'une dizaine d'hommes en uniforme gris sombre et certains en civil, à qui le policier avait transmis mon passeport en le déposant dans une corbeille.
Je suis restée dans cette salle au moins 3 heures, au cours desquelles d'autres militants nous ont rejoints, au fur et à mesure qu'arrivaient les avions transportant les militants, où nous avons été filmés et photographiés en permanence. A un moment donné, fatigués par ces prises de vue continues, les policiers ont posé les caméras sur un réfrigérateur, orientées vers nous, et filmant automatiquement de façon continue.
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Les officiers ne cessaient de nous demander de changer de place, nous indiquant à côté de qui nous devions aller nous asseoir. Tous les quarts d'heure, il fallait changer pour aller s'asseoir à côté d'une autre personne. "Vous, là, vous vous mettez là, ensemble". "Vous, là, vous ne restez pas ensemble".
Pendant ces 3 heures, ils nous ont indiqué plusieurs fois : "Ceux qui ont soif auront à boire dans cinq minutes et vous aurez aussi vos passeports." Nous n'avons eu ni l'un ni l'autre.
Je suis donc restée dans cette salle jusque vers 18h, quand ce fut mon tour d'être appelée et qu'un homme ayant mon passeport à la main m'a demandé de le suivre. Ce que j'ai fait, et je me suis retrouvée à l'extérieur de l'aéroport, et je devais monter dans une voiture de police qui était là (fourgon bicolore blanc et noir avec l'inscription POLICE sur le côté, deux séries de 3 sièges et larges fenêtres) dans laquelle j'ai reconnu mes camarades (Odile et une autre que je connaissais de vue). Ils m'ont fait monter puis aussitôt m'ont demandé de descendre, me disant que je ne partirai pas dans ce véhicule, qui est donc parti avec une place libre puisqu'il y avait trois places. Ils m'ont obligée à rester debout au soleil pendant au moins un quart-d'heure, et m'ont indiqué un véhicule (couleur grise, sans fenêtre sauf quelques interstices dans les portes, sièges en fer scellés) qui était déjà là à mon arrivée et où ils m'ont emmenée.
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Je suis montée dans ce fourgon et assez rapidement, quelques minutes peut-être, est arrivée Fatiha qui, choquée par la vision du véhicule dans lequel on lui demandait de monter, a eu un mouvement de recul ; deux ou trois hommes en uniforme se sont mis à la pousser ; elle a été bloquée par le marche-pied et les hommes l'ont bousculée pour l'obliger à monter rapidement. Elle s'est débattue et ils l'ont brutalement maîtrisée et saisie aux cuisses, aux jambes et aux bras. Celui qui filmait et qui se trouvait en face d'elle lui a dit en riant, en arabe, et en simulant un acte sexuel, "Je vais t'emmener dans la chambre." ("a khodek illa el rorfa"). Ils l'ont engouffrée dans le véhicule couchée, sa tête a cogné la paroi de fer, et le bruit a alerté des militants qui était déjà dans le fourgon, derrière la paroi, et dont je ne supposais pas la présence puisque je ne pouvais pas les voir. C'est ainsi que je découvre que peut-être trois femmes sont là, nous parlons à travers la paroi et je réalise qu'elles sont toutes les trois d'origine arabe, et je comprends que la ségrégation a commencé : les militants d'origine arabe sont dans des véhicules blindés et beaucoup moins "confortables" que ceux dans lesquels les autres militants sont transportés.
Les portes du fourgon sont violemment fermées, je me suis même demandé si Fatiha n'avait pas un orteil ou un pied pris dans la porte. Une fois la porte fermée, les hommes ont continué à la prendre en photos, à la filmer, et à lui faire des gestes obscènes et des grimaces à travers le grillage.
C'est ainsi que Fatiha et moi (plus les camarades dont nous venions de découvrir qu'elles étaient déjà là) nous nous sommes retrouvées dans ce fourgon qui a démarré en trombe une fois la porte fermée. Après environ un quart d'heure de trajet, le fourgon s'est arrêté devant un terminal situé d'un autre côté de l'aéroport. Nous sommes montées sous escorte jusqu'à un immense hall partagé en deux parties par une cloison de verre, d'un côté le tapis roulant de récupération des bagages et des officiers, de l'autre des cabines de fouille.
Là à notre grande surprise, environ 200 policiers et militaires (selon l'évaluation de certains d'entre nous) nous attendaient. Je me suis aussi rendu compte qu'il y avait une sorte de buffet où il y avait de l'eau, des sandwichs qui leur étaient réservés puisqu'ils étaient en train de manger.
Etant donné que j'avais à prendre un médicament, en arrivant dans cette salle, j'ai dit à une femme qui nous escortait que j'avais besoin d'un peu d'eau. Elle a commencé par me regarder avec dédain, puis lorsque je lui montrai le cachet que j'avais sur la langue, elle m'a tendu brutalement une bouteille d'eau entamée posée sur un meuble, que j'ai refusée, lui faisant remarquer que la bouteille était déjà ouverte et commencée. Elle l'a reposée en me disant, "tu n'auras rien d'autre."
Prenant nos passeports un à un, les officiers nous ont appelés et nous ont demandés de nous asseoir. Une fois que nous avons été tous assis, ils ont séparé les "Arabes" des "Européens", ces derniers sur des sièges plus confortables que les chaises raides et en plastique réservées aux "Arabes". J'ai été moi-même du côté "européen" lorsqu'un officier s'est mis à gesticuler au milieu de la salle et à hurler plusieurs fois : "Fatme Khaled" ! Il s'est avancé vers moi et m'a dit, en français : "C'est à toi que je parle, je sais que tu comprends l'Arabe !". Je n'ai pas répondu, et il a insisté : "C'est toi, Fatme ?" Je lui dis : "Non, moi c'est Fatima." Il m'a dit, "Toi, tu vas t'asseoir là" en me montrant l'endroit où étaient assis les "Arabes".
A ce moment-là, j'ai sorti de mon sac à dos une boîte d'amandes que j'avais emportée en prévision d'une longue journée sans repas normal et parce qu'un problème de santé m'empêche de manger du pain. J'ai donc ouvert ma boite d'amandes et j'en ai offert à mes camarades autour de moi. Le même policier qui m'avait appelée "Fatma Khaled" a surgi et m'a demandé,
- Qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce que c'est ?
- Des amandes.
Deux ou trois autres policiers se précipitent.
- Des amandes de France ?
- Oui.
Je lui présente la boîte pour lui montrer le contenu, et il en prend une poignée, en riant il en propose à ses collègues, qui se servent eux aussi, et ils me rendent ma boite, où il ne reste qu'un fond d'amandes, en me disant :
- Oui c'est bien des amandes, tu peux la garder.
Ensuite, il est allé jusqu'au milieu de la salle, il a fait demi-tour, est revenu jusqu'à moi, s'est penché et, pointant son index sur moi presque à me toucher, et en riant, il m'a dit : "Je suis sûr que toi tu parles Arabe, Madame !". Je n'ai pas répondu et il a ajouté d'un ton très fier : "Moi, je le parle !" Il a éclaté de rire et il est parti.
Au fur et à mesure que les bagages arrivaient sur le tapis roulant, des officiers appelaient les gens présents pour qu'ils reconnaissent leurs valises, qu'ils fouillaient devant eux en leur disant que "oui, après", on allait les leur rendre. Aucune bagage n'a été restitué le temps que nous avons passé dans cette salle.
Ils nous ont ensuite appelés un à un en brandissant notre passeport pour aller dans un coin de la salle délimité par un ruban, du côté de l'endroit où se tenaient les officiers. Une fois qu'une 50ne de militants ont été réunis, ils nous ont appelés un par un. Quand ce fut mon tour, l'officier m'a présenté mon passeport, m'a demandé si je me reconnaissais sur la photo, j'ai répondu par l'affirmative et il m'a dirigée vers les cabines de fouille, où deux jeunes femmes nous attendaient, l'une nous faisait poser nos bagages à main, appareil de photo etc. par terre, et l'autre nous conduisait à la cabine de fouille.
Je suis entrée dans une cabine, une jeune femme en uniforme m'a demandé de mettre mon portable dans mon sac à main et de le fermer. Elle m'a demandé où était mon appareil photo, qui était dans une poche de mon sac à dos. Elle m'a dit que mes deux sacs ne risquaient rien, qu'ils restaient là. Elle voulait s'assurer que je ne garde pas sur moi de portable et d'appareil photo. Elle m'a emmenée dans la cabine, m'a rassurée d'un geste, a passé devant et derrière mon corps un appareil électronique et a palpé à la main les agrafes de mon soutien-gorge et l'ourlet de mon pantalon. Elle n'a donc pas trouvé ma carte bancaire et mon argent que j'avais attachés à ma taille dans un étui plat.
Je suis sortie de la cabine et j'ai tenté de prendre mon sac à main qui contenait mes médicaments. Ils ont refusé, me disant : "Vous ne prenez rien, vous l'aurez après," et ils me disent de repartir dans le secteur délimité par le ruban. A nouveau, ils nous appellent un par un pour un interrogatoire qui a lieu dans la pièce, dans une désorganisation et un cafouillage complet, éclats de rire, sauts et pas de danse, consommation de nourriture, etc.. Des tables alignées, des officiers assis derrière ayant en main nos passeports, et une chaise où on me demande de m'asseoir.
A ce moment-là, j'entends des hurlements sur ma gauche. Je regarde et je vois au moins quatre soldats en train de traîner Fathia par les cheveux et lui mettre des coups de pieds. En la traînant, ils sont passés à 50cm de moi, et un soldat m'a bousculé et m'a fait lever car j'étais dans le passage. Je me suis retournée et j'ai vu un jeune homme traîné lui aussi par terre, et criant. Des militants ont crié : "Ils le battent parce qu'il voulait porter secours à Fathia, voilà ce qui lui arrive."
Du coup je n'ai pas été interrogée, j'ai essayé de récupérer mon sac, disant que j'avais de l'asthme et que j'avais besoin de mes médicaments, mais on m'a à nouveau répondu "Plus tard," et on me demande d'aller m'asseoir à côté, avec un groupe de jeunes filles. Une fois assise, je me rends compte qu'une jeune femme, Yaman, était en train d'avoir un malaise après avoir vu le traitement de Fathia et Djibril. Elle s'écroule de sa chaise sur le sol, et là enfin ils consentent à nous apporter une bouteille d'eau, qu'elle refuse parce qu'elle a commencé une grève de la faim. J'ouvre la bouteille et je lui mets de l'eau sur le front, les mains et les pieds. Comme j'avais caché un anxiolytique (Xanax) dans une poche, je lui en ai donné une moitié car elle étouffait d'angoisse et elle se calme. A la faveur de cet incident, j'évite l'interrogatoire.
Sur le moment, je n'ai plus revu Fatiha ni le jeune homme.
Puis un homme en uniforme, mon passeport à la main, m'a appelée - toujours par mon prénom et en le déformant, "Fatme" - précisons qu'ils nous ont toujours appelés par nos prénoms. Je le suis, nous descendons, il fait nuit, et je me retrouve face à un fourgon-cachot. Petit, étroit, gris ou kaki, avec une petite ouverture en haut. Pour la première fois depuis le début de ma détention, j'ai très peur, je sens mes forces me quitter, j'ai peur de défaillir, j'ai des palpitations, je suis très mal. Ils me poussent brutalement, je monte dans ce fourgon et là une femme est là, elle pleure. Elle est "européenne", elle a pu obtenir ses médicaments. Elle a comme moi de l'asthme et des allergies et elle me donne un cachet antihistaminique et je me sens un peu mieux. On attend une troisième personne, c'est Odile, elle aussi est impressionnée par cet espèce de petit van en forme de tonneau. Il démarre, et pour savoir où nous allons, je me mets à genoux sur le siège pour pouvoir voir par la petite ouverture en haut de la paroi. A la lumière des réverbères, je vois des panneaux indiquant la direction "Al-Quds / Jerusalem/Beit Shemesh". Croyant qu'ils ont débaptisé Al-Quds en Beit Shemesh, je me mets à pleurer (j'apprendrai plus tard que Beit Shemesh est une colonie sioniste de la banlieue de Jérusalem). Le geôlier me crie de m'asseoir. On roule environ 25 mn, et on arrive dans une prison dont nous ne connaissons ni le nom, ni la localisation. C'est la consule de France à Tel Aviv qui nous a appris deux jours après, lors de sa première visite, que nous étions à la prison Givon de Ramla.
Je me retrouve dans une cellule qui semble être une lieu de transition avec mes environ 50 camarades femmes. Ils divisent le groupe en deux et je pars avec mon groupe dans une nouvelle cellule, très sale, les murs constellés de nourriture et de crachat. Le policier qui s'obstine à m'appeler "Fatma Khaled" m'appelle à nouveau et me dirige vers une jeune femme chargée de me fouiller. Elle est en uniforme, chemise bleu pâle et pantalon bleu marine. Sa peau est très foncée, de type hindou et les cheveux frisés, parlant l'anglais avec un fort accent, il m'a semblé qu'elle pouvait être une Falasha d'Ethiopie. Quand je me suis retrouvée face à elle, elle m'a dit en français : "Pas peur, pas peur, vous". Mettant mes deux mains en avant, je lui ai fait signe de ne pas me toucher et d'attendre ; j'ai défait le lien du porte-monnaie que j'avais attaché à ma taille et elle m'a dit : "C'est bon, tu verras après."
Ensuite, nous sommes passés devant un homme qui s'est présenté comme un médecin et qui était accompagné d'une interprète, à qui nous laissons tous nos effets en échange d'un reçu et à qui nous pouvons présenter nos ordonnances si nous en avons. Après avoir regardé le contenu de mon sac à dos, il me demande de lui remettre mon appareil de photo, un cahier et un stylo, mon carnet d'adresses, mon portable, ma MasterCard et mon argent qu'il compte au centime près après me l'avoir fait compter moi aussi, et la fameuse boite d'amandes, que je lui laisse en lui disant que je n'en veux plus. Il marque tout sur un reçu et met l'ensemble des objets dans un sac en tissu avec un double du reçu, et je garde l'original dans mon sac à main, que je récupère en même temps que mon sac à moitié vidé.
Voyant ma MasterCard, le médecin me dit :
- Ah, vous avez une MasterCard, ça veut dire que vous avez de l'argent ! Vous habitez en France ? J'aimerais bien venir en France. Parlez-vous hindi ? Oh, j'aimerais beaucoup aller habiter en France !
- Inch'allah, et vous laisserez cette terre à ses propriétaires légitimes, je lui réponds en me levant.
Il me répond "Inch'allah" en hébreu, je ne suis pas sûre qu'il ait compris ce que je lui ai dit.
On nous donne un tube de dentifrice, une brosse à dents, une petite savonnette et nous partons ensuite pour une cellule de 6 personnes (la porte de la cellule se compose de deux parties, chacune comportant une ouverture, grillagée et fixe en haut, pleine et avec un battant en bas), en entrant dans celle-ci, je demande à Claudine si elle a l'heure. Elle me répond : 21h25.
La cellule fait selon moi 9m² et nous sommes 5 : Julie (Belgique), Anissa (Belgique), Rim (Belgique), Claudine (Toulouse) et moi-même. La première impression de la cellule est violente. Nous sommes écrasées par la lumière de deux longs néons d'1m chacun pour une si petite pièce. En face de nous deux portes, une pour la douche, l'autre pour les toilettes et dans le prolongement de ces deux portes, une armoire murale en fer avec 3 casiers en bas, 3 casiers en haut. Au-dessus de l'armoire, au bord du plafond une sorte d'ouverture grillagée d'1m de long sur 30cm de hauteur. Je vois tout de suite que les toilettes ne garantissent aucune intimité. Sur le mur gauche, un évier en métal et au-dessus, très en hauteur, un ventilateur qui fait un bruit d'enfer. Sur le mur droit, 4 lits superposés, et en angle, 2 lits superposés (sur le mur de la porte d'entrée). Des lits très étroits, en fer, scellés au sol. Un matelas fin, étroit, recouvert d'un drap housse kaki avec des marques en hébreu et une couverture de l'armée grise pliée en quatre, le tout posé sur un planche.
Nous nous installons, on nous glisse brutalement sur l'évier 5 assiettes contenant de la nourriture et une grosse miche de pain. Ce soir-là, je n'ai pas mangé, je n'avais besoin que de dormir.
A 3h du matin, je suis réveillée par une femme qui est précipitée dans notre chambre et qui, effrayée, essaie de me parler car son lit est au-dessus du mien. C'est Angela ou Angelica (Allemande). Elle me dit qu'elle a été torturée, qu'elle a été malmenée et qu'ils se sont conduits "comme des animaux". Mais j'ai pris un cachet pour dormir et je suis dans l'incapacité de discuter avec elle.
Samedi 9 juillet - en prison (nous ne savons toujours pas où nous sommes)
Nous sommes réveillées par des coups dans les portes, les néons sont restés allumés toute la nuit, nous ne savons pas si le jour est levé ou non. Nos gardiennes crient qu'il faut se lever et qu'elles vont nous apporter le petit déjeuner.
Nous nous assoyons sur nos matelas, nous discutons, nous faisons notre toilette, imaginant que si on nous réveille si tôt et avec tant d'urgence, quelque chose d'important va arriver. Nous libérer ? Nous laisser passer ? Nous expulser tout de suite ? La visite de l'ambassadeur ?
En fait, environ 2h plus tard, une gardienne nous apporte un broc d'eau chaude, des gobelets en plastique, des sachets de thé et du café moulu dans un verre de plastique. Nous nous préparons donc un verre de café imbuvable ou de thé.
Vers midi, ils nous font passer par l'ouverture de la partie supérieur de la porte 6 assiettes de nourriture.
Dans l'après-midi, on m'appelle et on m'informe que c'est mon tour de téléphoner à mes proches si je le souhaite. Je suis la gardienne jusque dans le bureau du médecin à qui nous avons remis nos effets personnels lors de notre arrivée, il me donne mon téléphone portable sachant que je ne pourrai pas appeler puisqu'il n'y a pas de réseau. Je lui demande si je peux utiliser, avec ma MasterCard, les taxiphones visibles dans la cour ; sa collègue me dit qu'il n'y en a aucun qui marche.
Dans l'après-midi, cellule par cellule, nous sommes autorisées à marcher dans le couloir pendant 10mn, observées par les gardiennes qui nous laissent parler à nos camarades dans les autres cellules et nous pouvons fumer.
Le soir, idem pour le repas, dont je ne me souviens toujours pas car je n'ai pas pu manger pendant 48h.
Nous demandons que les néons soient éteints, la gardienne nous répond, "Oui, après !", elle ferme la porte et ne les éteint pas.
La journée est vite passée, nous nous entendons bien entre co-détenues, nous nous occupons les unes des autres, nous partageons mes vêtements, savons etc. car mes compagnes n'ont que les produits que nous ont remis les gardiens à notre arrivée, et elles n'ont pas récupéré leurs bagages de soute et donc leurs affaires avant d'entrer en prison.
Dimanche 10 juillet - en prison (nous ne savons toujours pas où nous sommes)
Nous sommes réveillées vers 7h ou 7h30 et comprenant que nous sommes là pour quelques jours, nous entreprenons la décoration de notre cellule. Chacune sort de son sac ce qu'elle a pu garder, feutres, crayons à maquillage, rouge à lèvres, dentifrice. Et nous écrivons d'abord sur la partie basse de la porte : "Free Gaza", et sur le linteau "Viva Palestina". Puis sur tous les murs : "Palestine invincible", "Israël terroriste et assassin", "Jérusalem capitale arabe éternelle", "Palestine mon amour" et un dessin accompagnant un slogan et qui rappelle des gouttes de sang. Nos camarades font de même dans toutes les cellules.
Photo
En fin de matinée, des gardiennes ouvrent les portes des cellules, nous appellent individuellement. A mon tour je la suis, ainsi que 5 ou 6 camarades d'autres cellules, nous partons dans une sorte de cour où il y a des soldats et des policiers, et des préfabriqués au fond de cette cour. Dans l'un de ces préfabriqués, nous rencontrons en groupe la consule de France.
Elle avait vu un groupe avant nous qui visiblement l'avait fatiguée puisqu'elle nous accueille en nous disant d'emblée :
- Je vous avertis, je n'ai pas de temps et je suis fatiguée. Je suis sur pied depuis vendredi 6h du matin à l'aéroport.
D'après ce dont je me souviens, elle nous explique qu'elle n'est pas là pour nous aider, et je comprends que dans son langage diplomatique, elle nous dit que c'est notre faute si nous en sommes là, que depuis vendredi je "bataille" pour vous et c'est très difficile. Elle nous dit que les vols sont pleins, que ça tombe mal c'est l'été, qu'il n'y a pas de place pour nous renvoyer, etc...
Je lui demande où nous sommes, c'est à ce moment là que j'apprends que nous sommes à la prison Givon/Ramle, dans les environs de Tel Aviv.
Cette femme a l'air mal à l'aise avec les hommes en uniformes qui nous entourent et qui écoutent tout ce qui se dit. De plus, elle a un interprète qui fait le va-et-vient pour traduire en hébreu tout ce qu'elle nous dit aux hommes qui sont dehors et pour leur rapporter nos demandes et leurs réponses. Nous sommes tous sous haute surveillance, elle compris.
Comprenant que la situation est bloquée et que nous ne serons pas libres avant deux ou trois jours, je lui demande : "Pouvez-vous au moins obtenir que les néons de nos cellules soient éteints la nuit ?", ce qu'elle a accepté et qui a été fait.
Après son passage, j'ai remarqué une légère amélioration de notre traitement : récréation matin et après-midi dans la cour en groupe, une glacière d'eau fraîche dans l'après-midi, un cocotte électrique dans laquelle on pouvait faire chauffer de l'eau pour un thé ou un café.
Lundi 11 juillet - prison Givon-Ramle
Nous sommes réveillés par 3 policiers plus la gardienne qui photographie les murs, nous sommes aveuglées par les flashs. Ils repartent.
Plus tard, ils nous apportent le petit déjeuner ainsi que des éponges et du savon pour nettoyer nos graffitis mais nous n'y arrivons pas et nous laissons tomber le nettoyage. La même chose dans toutes les cellules.
Dans la matinée, je suis appelée et on m'emmène voir un représentant consulaire français. Il me dit qu'il est assistant social consulaire. Il me demande ma situation, je lui dis que je suis la seule de Bordeaux et il me propose d'essayer de me faire rapatrier directement sur Bordeaux. J'accepte et je repars dans ma cellule.
On m'appelle à nouveau. Je rencontre cette fois l'assistante sociale de la prison, qui ne parle pas français. Elle est accompagnée d'une interprète qui parle français, espagnol et arabe.
Elle me demande des nouvelles de ma santé et de mon moral, je lui dis que je ne dors pas bien. Elle me répond que si je suis encore là mardi, mercredi elle fera venir un psychiatre qui me donnera un somnifère. Les échanges entre moi et l'interprète furent détendus, elle me dit que ses parents sont marocains et espagnols et qu'elle-même est née en Espagne. Sur ce, l'assistance sociale israélienne rit et d'un geste qui indique qu'elle n'a rien à voir avec tout ça, : "Moi je suis d'Europe de l'Est."
En début d'après-midi, je suis à nouveau appelée ; je me dirige vers les préfabriqués pour rencontrer la consule, son interprète, l'assistant social.
J'attendais mon tour dans la cour quand un homme, qui était dans un des bureaux de ce préfabriqué et qui s'avèrera être Anan Odeh (1), de l'association palestinienne Addameer, sort et me dit qu'il est avocat palestinien et il me demande si je veux lui parler et faire un témoignage. Je lui réponds que oui et je rentre dans son bureau, qui est en fait celui de la consule, mais séparé par une demi-cloison. Nous avions commencé l'entretien depuis quelques minutes que l'interprète de la consule nous interrompt, me demande mon billet d'avion pour en faire une copie, et me dit d'aller voir la consule. Interrompu grossièrement en plein entretien, Anan me dit en souriant, "Ça ne fait rien, je vous attends !".
La consule m'informe qu'"elle bataille pour savoir si nous sommes fichés, si nous sommes interdits de séjour, s'il y a de la place dans les avions, que c'est très difficile parce que c'est l'été, les touristes, etc... etc... et que je serai expulsée vers Rome, de là où je viens, et qu'elle n'a pas à tenir compte de mon lieu de résidence.
Je reviens voir Anan, coincé dans un coin du bureau, au milieu d'un brouhaha incroyable, les policiers qui passent et repassent, qui parlent fort, qui s'interpellent, qui font claquer portes et fenêtres, nous perturbant, faisant comme si ni Anan ni moi, ni la consule d'ailleurs, n'étions là. Mon entretien avec Anan a eu lieu en arabe, il est la seule personne avec qui j'ai accepté de parler cette langue. Anan ayant fait ses études en Tunisie, et sur sa proposition, nous avons décidé de discuter en arabe dialectal, de peur que la consule et son interprète installés à moins d'un mètre et qui écoutaient tout parlent l'arabe classique. Anan m'a demandé de décrire mon arrestation, ce que j'avais vu, il a pris beaucoup de notes, l'entretien a duré une vingtaine de minutes, il m'a dit que notre action était très importante, que la presse en parlait beaucoup, qu'il y avait beaucoup de soutien à Bethléem et dans toute la Cisjordanie . Il a eu les larmes aux yeux lorsqu'à sa question, "Qu'est-ce que tu as éprouvé quand tu es montée dans le camion-cachot ?", je lui ai répondu m'être dit que j'avais l'honneur d'être à la place de combien de Palestiniens, qui ont été bien plus maltraités que moi.
Anan m'a dit qu'il fallait continuer le combat, de là où nous étions, témoigner de ce que nous avions vu et vécu, il m'a laissé ses coordonnées et à la fin de l'entretien, m'a présenté Samir, un de ses collègues.
Dans l'après-midi, la comédie du téléphone recommence, comme le samedi après-midi, on me dit que je vais pouvoir téléphoner, mais il n'y a pas de réseau, etc... etc...
Mardi 12 juillet
Réveil, petit déjeuner (pain et un demi-poivron). Puis la gardienne arrive et nous dit de la suivre tout de suite avec nos affaires.
Nous la suivons et des autobus nous emmènent dans une salle où ils ont installé un immense drapeau d'Israël. Ils nous font asseoir, en rang et nous filment, nous photographient et nous sommes à nouveau fouillés, après nous avoir enlevé nos effets personnels.
On m'emmène pour la fouille dans une cabine où une femme de type européen d'environ 25 ans me demande de mettre face au mur, les mains et les jambes écartés, les mains appuyées contre le mur. Je me sens épuisée, j'appuie mon front contre le mur, je me mets à prier et elle l'entend. Je sens que mon attitude la déstabilise, elle me fouille d'une main moins ferme, un peu tremblante, et elle a même un geste de réconfort sur mon dos, et ne me touche plus avec la main mais elle passe l'appareil de détection de métaux. Elle me demande de me retourner, je suis face à elle, bras et jambes écartés, et je continue de prier. J'ai une médaille autour du cou, elle s'approche et la fixe. Je prie pour résister à la tentation de lui donner "un coup de boule".
Nous remontons dans les autobus et nous remarquons que les soldats mettent dans ces autobus une grande quantité de sandwiches, dont nous supposons qu'ils seront pour nous. Nous décidons que s'ils nous les proposent, nous les refuserons dignement. Les autobus s'arrêtent sur la piste d'atterrissage mais nous n'avons pas le droit de descendre. Les policiers qui nous accompagnaient descendent des autobus, retrouvent deux ou trois collègues sur le tarmac et commencent à manger les sandwiches, à s'en offrir en riant, gesticulant, jetant la nourriture par terre sous nos yeux, buvant des petites bouteilles d'eau.
Au bout d'un long moment, on nous fait descendre de cet autobus un par un en nous appelant par nos noms (le mien toujours déformé) et nous ramassons nos affaires qui sont posées par terre. Une fois que j'ai pris mon sac à main, mon sac à dos et une poche où j'avais mis des tennis que je n'avais pu faire rentrer dans mon sac dans la précipitation du départ, un soldat me montre une poche qui est elle aussi par terre et il me dit de la prendre. Je lui fais remarquer qu'elle n'est pas à moi, on voit parfaitement que ce sont de grosses chaussures de marche d'homme noires. Il me crie dessus et m'oblige à les prendre. Dès que j'arrive dans l'avion, je demande à mes camarades si ces chaussures sont à eux, mais personne ne les reconnaît et le policier dans l'avion m'oblige à les mettre avec mes affaires dans le coffre à bagages.
Bien que les Israéliens présents avec nous pendant ce trajet nous aient dit que notre consule serait au pied de la passerelle pour nous parler et nous remettre nos passeports, nous ne l'avons pas vue. Par contre, le commandant de bord du vol Alitalia est venu nous voir, très amicalement, dans le bus où nous attendions. Il nous a dit que c'est lui qui allait nous conduire à bonne destination, jusqu'à Rome, que nous n'avions plus rien à craindre, et qu'il allait avoir nos passeports et qu'il nous les donnerait à l'arrivée à Rome. Et c'est ce qui s'est passé. Quand je suis montée dans l'avion, mon portable a pu aussitôt fonctionner, et j'ai pu donner quelques appels, entre 13h50 et 14h heure française.
Dans l'avion, nous avons été constamment suivis et encadrés par au moins 8 civils israéliens (Mossad ?), 2 derrière nous, et 6 entre nous et les autres passagers.
Dès que l'avion a été dans le ciel, chacun de notre groupe (photo ci-dessous) a explosé de joie, lancé des malédictions et des sarcasmes contre Israël.
Pendant le vol, nous avons eu un repas complet. Les hôtesses ont été très serviables avec nous, nous ont systématiquement demandés si nous voulions d'autres portions de nourriture car elles savaient ce qui nous était arrivé et que nous avions faim et soif.
Nous arrivons à Rome vers 15h30. Les civils qui nous accompagnaient nous demandent de rester à nos places, de ne pas nous lever. Quand tous les passagers furent sortis, les israéliens nous ont demandé de commencer à sortir. En haut de la passerelle, nous attendaient le commandant de bord et les hôtesses. La main sur le cœur, s'inclinant devant nous et avec un grand sourire, il nous a exprimé en italien son respect, sa déférence. Pour la première fois depuis cinq jours, je me suis sentie un être humain. Il nous a informé qu'il avait nos passeports, que l'hôtesse nous remettrait.
Rappelons qu'à part moi qui avais un petit sac à dos, aucun de mes compagnons n'avait vu sa valise depuis le vendredi précédent lorsqu'ils l'avaient aperçue sur le tapis roulant à Tel Aviv et que les douaniers israéliens les avaient fouillées (mais gardées).
La consule de France à Tel Aviv nous avait promis qu'elle serait au départ à Ben Gourion et que nous serions pris en charge à notre arrivée à Rome, et que nous partirions sur un vol vers Paris à 18h30, 2 ou 3h après notre arrivée à Rome.
De même qu'elle n'était pas à Ben Gourion au départ, personne ne nous attendait à Rome (et il n'y avait rien de prévu pour un départ sur Paris, selon ce que nous a dit un responsable d'Alitalia que nous sommes allés voir) sauf les hôtesses italiennes qui nous ont fait un passage privilégié rapide pour nous remettre nos passeports puis ont ouvert deux guichets réservés à notre groupe pour que les formalités se déroulent le plus rapidement possible.
Nous partons au guichet Alitalia pour nous enregistrer sur le vol Rome/Paris de 18h30 dont nous avait parlé la consule de France. L'employée nous informe qu'il n'a aucune réservation pour nous... et devant notre étonnement, elle fait venir un responsable qui confirme qu'aucune demande n'a été faite pour nous par les autorités françaises. Notre réservation concerne le vol Rome/Toulouse du lendemain mercredi 13 !
Ce responsable Alitalia nous dit que ce qui nous fera le plus de bien, c'est une bonne nuit et il nous propose d'appeler une famille qu'il connaît et qui tient une maison d'hôte à 1/4 d'heure de Rome. Certains de notre groupe acceptent (les autres font le choix d'aller passer la nuit à Rome) parce que la proposition est vraiment intéressante, 40€ par personne hébergement, petit déjeuner et trajets aller/retour compris. Nos hôtes viennent nous chercher, lui et son épouse, en deux voitures, et nous arrivons chez eux vers 19h. Vers 20h nous partons manger une pizza dans le quartier.
Un détail qui a eu lieu avant que nous partions chez cette famille. Nous portions toujours cette fameuse poche que m'avait obligé de prendre, à Ben Gourion, le soldat israélien, bien que je lui ai affirmé qu'elle n'était pas à nous. Nous sortons pour la première fois les chaussures de la poche, et nous découvrons que ce sont des Rangers neuves, pointure 41, portant des inscriptions en hébreu ! Ce qui nous a confirmé qu'elles n'appartenaient à aucun d'entre nous et nous avons décidé de les poser en évidence devant l'aéroport, pour que quelqu'un d'intéressé les prennent... Il n'en reste pas moins que nous ne comprenons toujours pas pourquoi le soldat à Tel Aviv nous a obligés à emporter cette poche, dont il voyait parfaitement le contenu...
Le lendemain matin, jeudi 14 juillet, petit déjeuner de rois chez ces gens si sympathiques. Ils étaient très touchés par notre aventure et se sont efforcés de prendre soin de nous, moralement et physiquement, pendant toute la matinée. Autour de midi, ils nous ramènent à Rome-Fiumicino. Nous buvons un café en attendant notre vol Rome/Toulouse, où nous arrivons vers 15h. Un comité d'accueil nous y attend, avec la presse et la radio locales.
Je prends un train Toulouse/Bordeaux où j'arrive à 19h, après un périple direct Rome/Prison Ramlé et retour, sur 5 nuits et 4 jours...
CONCLUSION
Nous avons vécu sous un régime d'incarcération ponctué d'humiliation et de mauvais traitements (en particulier lorsque nous étions à l'aéroport) et de chantage, lorsque nous étions en prison (par exemple : Tu veux de l'eau chaude ? tu fais le ménage dans le couloir. Vous voulez sortir fumer une cigarette ? tenez-vous bien, ne parlez pas. Si tu te tiens bien, tu pourras aller téléphoner, etc. Ce qui n'arrivait jamais, quel que soit notre comportement).
J'ai été aussi très choquée par le fait que les Israéliens auxquels nous avons eu affaire, que ce soit à l'aéroport ou à la prison, n'aient pu se parler entre eux ou nous parler qu'après avoir demandé l'origine ethnique de l'interlocuteur. C'était la question avant même de dire "bonjour" : "Quel est ton pays d'origine ? Ton père ? Ton grand-père ? De même ils se présentaient tout le temps à nous non pas par leur nom, mais par leur origine : "Mon père est de tel pays, ma mère de tel pays, mon grand-père..." !
Je me suis toujours sentie Française dans l'âme tout en étant fière de mes origines algériennes, et j'ai davantage ressentie la ségrégation là-bas qu'ici tant j'ai été obligée d'occulter mon origine familiale pour ne pas satisfaire leur demande : "Je suis Française," une réponse que visiblement ils ne supportaient pas, insistant pour connaître l'origine de mon père et de mon grand-père. A cause de cette violence raciste, je me suis sentie pendant 4 jours comme entre parenthèse de ma propre personne.
(1) Lire l'interview d'Anan Odeh du 9 juillet 2011 sur "Welcome to Palestine".
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