mardi 23 novembre 2010

Le Hamas accuse le Fatah d'entraver la réconciliation

22/11/2010    
Le mouvement islamiste Hamas a accusé lundi son rival le Fatah, mené par le président palestinien Mahmoud Abbas, de poser "de nouvelles entraves" à la réconciliation entre les deux partis en procédant à des arrestations de membres du Hamas.    
"Les arrestations effectuées par les services de sécurité de Mahmoud Abbas et (du Premier ministre) Salam Fayyad contre des symboles de l'action nationale et des représentants du peuple palestinien enveniment le climat et posent de nouvelles entraves à la réconciliation nationale palestinienne", affirme le Hamas dans un communiqué.    
Selon le mouvement islamiste, "plus de 50 hommes armés appartenant aux services de sécurité de l'Autorité palestinienne ont pris d'assaut dimanche soir la maison du député Fathi al-Qaraoui, arrêté un de ses fils et confisqué des ordinateurs".    
"Ils ont également arrêté la prédicatrice Tamam Abou-Saoud il y a cinq jours après l'avoir kidnappée de chez elle à Naplouse", poursuit le communiqué.
"Tout cela prouve que Mahmoud Abbas n'est pas sérieux dans sa volonté de réaliser la réconciliation (avec le Hamas) et qu'il existe des parties et des services de sécurité qui œuvrent pour saboter les efforts de réconciliation à travers des actes de provocation inédits", selon le texte.  
Les services de sécurité de l'Autorité sont "en étroite coordination avec ceux de l'occupation israélienne", accuse en outre le communiqué.    
Les deux mouvements palestiniens ont effectué deux séries de pourparlers de réconciliation, en septembre et en novembre à Damas, et ont convenu de les reprendre après la fête d'al-Adha qui a pris fin vendredi.    
Ils sont à couteaux tirés depuis que le Hamas a pris le contrôle de Gaza en juin 2007, après en avoir chassé les forces loyales à M. Abbas. L'Autorité palestinienne a son siège à Ramallah, en Cisjordanie occupée.    
Mi novembre, le Fatah a accusé le Hamas d'avoir projeté d'assassiner le gouverneur de Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie, une accusation démentie par le mouvement islamiste.    
L'Egypte mène depuis plus d'un an une médiation entre les deux groupes. Un accord a été signé en octobre 2009 par le Fatah, mais le Hamas s'est refusé jusqu'ici à l'endosser.
(AFP) 
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Escroquerie chez les ultra-orthodoxes israéliens

22/11/2010  
Nouvelle affaire d’escroquerie liée à des écoles religieuses juives, la police israélienne a capturé un groupe ultra orthodoxe accusé d’avoir imprimé des centaines de fausses cartes d’étudiants illusoires, dans le but d’extorquer à l’état sioniste des millions de dollars supplémentaires.
Dans une politique suivie depuis une dizaine d’années, l’état sioniste offre des subventions aux étudiants des écoles ultra-orthodoxes, et les exempt du service militaire, ce qui ne manque pas de léser les laïcs.  
Selon le chef de la police, l’arrestation de six membres de ce groupe s’est faite lors de perquisitions de trois écoles ultra orthodoxes juives, à Jérusalem AlQuds occupée, où un millier de fausses  cartes ont été confisquées.
Il a précisé que l’opération d’escroquerie s’est poursuivie depuis une année, et a coûté des dizaines de millions de shekels.

Manœuvre conjointe entre la Finul et "Israël"

22/11/2010  
Le quotidien libanais arabophone Al Akhbar a révélé que la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul) a mis au point depuis dix jours un plan qui prévoit des manœuvres conjointes avec l’armée d’occupation israélienne pour évacuer les blessés de la force onusienne vers des hôpitaux israéliens en cas de guerre.
Informée de cette initiative, l’armée libanaise a contacté le commandement de la Finul pour lui faire part de sa désapprobation : «  cette manœuvre constitue une démarche très négative car elle montre des liens entre la Finul et Israël » a-t-elle signifié, selon Al Akhbar

Prochaine guerre: Tel Aviv front de bataille

22/11/2010  
Depuis l'échec israélien cuisant durant la guerre 2006, les stratèges militaires israéliens abondent dans leurs analyses sur les scénarios de la guerre prochaine. Pour la première fois depuis le déclenchement du conflit arabo-israélien, les scénarios les plus dramatiques sont évoqués, voire prévus, à tous lesniveaux.  
En quittant son poste à la tête du services des renseignements militaires israéliens, le général Amos Yadlin a tenu à réitérer sa conviction que durant la guerre prochaine, c’est Tel Aviv qui sera le front de la bataille. Partageant l’avis du président du projet des missiles Hetz, l’ingénieur Auzi Robin qui a prévu il y a quatre jours que Tel Aviv fera l’objet d’un bombardement intensif qui parviendra à y paralyser la vie.
Se Voulant rassurant devant le cabinet ministériel israélien, Yadlin a tenu à signaler que « la force dissuasive israélienne est excellente », non sans relativiser : «  l’accalmie actuelle ne devrait tromper personne ; c’est le contraire qui est vrai : nos ennemis sont en train d’amplifier leur force et de s’armer ».
Selon Yadlin, la menace essentielle pour Israël provient aujourd’hui l’Iran, «  non seulement à cause de son programme nucléaire ». «  L’Iran est en train d’étendre des bras de pieuvre, pour soutenir tous ceux qui sont hostiles à Israël », a-t-il signifié, assurant que «  le conflit porte atteinte à l’existence même d’Israël ».
Le chef des renseignements militaires sortants qui a servi à ce poste durant cinq années devra être remplacé ce lundi par le colonel Aviv Kokhabi. Celui-ci est licencié en philosophie à l’Université hébraïque de Tel Aviv. Il a obtenu un magistère en administration générale de l’Université de Harvard en Grande Bretagne, et un autre de l’université John Hopkins aux États-Unis.
Le mois dernier, Yadlin avait mis en garde les membres de la Commission des affaires étrangères et de la sécurité de la Knesset israélienne que «  la prochaine guerre se fera sur plusieurs fronts, deux et plus, sera plus intensive, plus élargie, et fera beaucoup plus de victimes ».
Même son de cloche de la part Robin, qui a précisé devant un congrès organisé à Jérusalem AlQuds occupée sur l’espace et l’atmosphère que «  l’objectif de l’ennemi la guerre prochaine sera la société israélienne et non pas l’armée israélienne ». Signalant que cet ennemi tentera de se consacrer en tant que « force aérienne supérieure, sans recours aux avions », et ce en utilisant des missiles très précis, et dont la marge d’erreur est de 200 mètres seulement.
«  13 milles missiles sont actuellement braqués sur la majeure partie des régions habitées en Israël, d’Akka jusqu’au Néguev. 1500 d’entre eux le sont vers Tel Aviv. Chacun d’entre eux transportant 1400 tonnes d’explosifs », a-t-il ajouté.
Comme exemple, il a expliqué les effets du lancement d’une dizaine de missiles M600 sur le siège du ministère de la défense à Tel Aviv, et son entourage à 500 mètres de diamètre : «  Ils pourront brouiller la capacité militaire d’Israël, causeront des dommages considérables et tueront beaucoup de civils », a prévu Robin.
Selon lui, la riposte israélienne devrait plus se concentrer sur les opérations offensives, plus que les défensives. Et de s’attendre à un changement de la doctrine militaire de l’entité sioniste.
Cet ingénieur israélien qui s’est consacré à étudier le développement de la force militaire de la Syrie et du Hezbollah a invité les responsables israéliens à analyser les discours du secrétaire général du Hezbollah, Sayed Hassan Nasrallah, rappelant ses menaces de détruire des bâtiments à Tel Aviv, contre un bâtiment bombardé dans la Banlieue sud.
«  Aujourd’hui, le Hezbollah édifie ses capacités. Ce qui met en danger nos ports, nos stations électriques, nos centres de commandements civils et militaires »,  a-t-il appréhendé, estimant qu’il faut les prendre au sérieux, et à la lettre.
( Traduit d'AsSafir)  
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« Notre premier objectif, c’est d’être libres »

lundi 22 novembre 2010 - 07h:30
Khaled Mashal
« On a prétendu que nous sommes un obstacle au processus de paix. Nous ne sommes pas contre la paix. Nous sommes contre l’abandon des droits des Palestiniens », explique Khaled Mashal.
Après avoir échappé à une tentative d’assassinat en 1997 et avoir été banni de la Jordanie en 1999, Khaled Mashal, responsable du Hamas, s’est établi Damas, où Manuela Paraipan l’a interrogé la semaine dernière sur le positionnement du Hamas concernant les négociations de paix en cours, sur la force du Hamas, sur son engagement dans la résistance et sur l’importance des principes en politique.
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Khaled Mashal, responsable du bureau politique du mouvement Hamas, basé à Damas
Manuela Paraipan : Pourquoi un haut dirigeant du Hamas vivant à Damas ? Et qui est Khaled Mashal lorsqu’il se présente lui-même ?
Khaled Mashal : Pour ce qui est de votre première question, vous devriez demander aux Israéliens. Mais je peux répondre à la seconde.
Je suis un Palestinien, un Arabe, un Musulman et un être humain. Je suis à la recherche de la liberté et de l’autodétermination. J’ai deux objectifs dans la vie : servir Dieu tout-puissant et mon peuple.
Depuis que j’ai décidé de me mettre au service de mon peuple, je prends comme lumière pour me guider les valeurs humaines et religieuses.
Je suis l’un des fondateurs du mouvement Hamas et le modèle qui est le mien, comme pour les autres frères qui ont fondé ce mouvement, c’est de travailler pour notre peuple et de remplir nos objectifs nationaux.
Dans cette lutte, je suis prêt à payer n’importe quel prix afin de réaliser les objectifs de mon peuple et de la Oumma [communauté des Croyants].
Je suis la fusion de deux personnages : l’un plein d’humanité, qui aime ses semblables, leur veut du bien, respecte chacun et croit fermement aux valeurs de justice et d’égalité. Je ne fais aucune discrimination basée sur la race ou l’appartenance à un pays ou sur la religion.
Le second personnage, quant à lui, ne cédera jamais, quelque soit l’agresseur, et ne se rendra jamais aux occupants. Je n’ai pas peur des menaces ni d’aucune autre forme d’intimidation. J’ai « du souffle » et je suis persuadé que, avec mon peuple, nous allons finir par l’emporter sur nos ennemis.
Nous n’abandonnerons pas ce qui est notre destin face à la puissance militaire israélienne. Nous avons la capacité de tout supporter et nous avons la patience d’endurer les étapes de la résistance à venir. C’est tout cela, Khaled Mechaal.
Q : Si vous deviez démissionner de la position importante que vous occupez actuellement en tant que responsable du Bureau politique du Hamas, comment alors chercheriez-vous à servir votre peuple ?
R : Ma force ne vient pas de mon poste. Ceux qui ont besoin de tirer leur force de leur statut ne sont pas de vrais leaders. Je resterai fort quelle que soit la position que j’occupe. Et le poste n’est pas un objectif en soi. Il s’agit d’une situation temporaire. C’est la volonté de mes frères dans le mouvement qui m’a conduit là où je suis aujourd’hui.
Comment pourrais-je servir mon peuple ? Quoi de plus naturel pour tout dirigeant que d’être dans sa patrie ? Je n’ai jamais eu le choix d’être à l’intérieur de la Palestine et le choix de la quitter. Depuis l’âge de 11 ans j’ai rejoint les centaines de milliers de mes compatriotes qui ont été expulsés de leur terre en 1967. Ma présence en dehors de la Palestine, dans la Diaspora, est l’un des symptômes du problème des réfugiés palestiniens. Il est temporaire et incontournable.
Les étapes du mouvement Hamas
Q : Vous étiez avec le Hamas depuis le début. Quelles sont les étapes selon vous, que le mouvement a traversées depuis sa création ?
R : La phase initiale, la fondation, a été souterraine, pendant dix ans, de 1977 à 1987. J’étais l’un de ceux qui ont travaillé pour définir le projet national.
En 1987, le mouvement de l’Intifada est monté sur la scène de l’histoire. A partir de là a commencé la deuxième étape, le lancement du mouvement. Une des caractéristiques les plus importantes de cette époque a été l’impact obtenu par le Hamas, en faisant de la résistance un véritable mouvement.
Ce fut un moment de popularité croissante dans lequel nous étions en mesure de servir le peuple par le biais de nos institutions, nombreuses et variées.
Il a marqué le début d’un rapprochement avec d’autres factions palestiniennes et l’établissement de relations avec les pays arabes. Et dans le même temps, nous imposions une stature digne devant ces nations et devant la Oumma.
La phase suivante a été de 1994 à 2000, lorsque les premiers signes de l’échec des accords d’Oslo ont fini par produire la seconde Intifada. Pendant cette période, le Hamas a subi une forte pression sur sa sécurité, à la fois en Cisjordanie et à Gaza.
Q : Pression venant de qui ?
R : Les Israéliens et aussi du côté palestinien. Certains de nos cadres ont été arrêtés. D’autres dirigeants ont été assassinés. Il y avait une sorte de connivence entre des parties régionales et internationales pour que le Hamas soit affaibli, mais sans aller jusqu’à le briser. On a prétendu que nous sommes un obstacle au processus de paix. Nous ne sommes pas contre la paix. Nous sommes contre l’abandon des droits des Palestiniens et, en tant que mouvement, nous étions contre un accord sans consistance qui ne servira pas à la protection des droits des Palestiniens.
Cela a été un moment très difficile. Nous avons eu à beaucoup de coups, mais nous sommes restés fermes et les plans pour nous contrer ont échoué.
De 2000 à 2006, il y a eu une autre phase. Cela a été une étape cruciale, mais elle a également été celle où nous avons perdu, comme martyrs, les plus importants membres de notre direction : le cheikh Yassine, le Dr Abd al Rantissi et d’autres. Ce fut une perte énorme, mais en même temps, nous avons aussi gagné du terrain - en particulier quand il est devenu clair que le projet d’Oslo et le processus de paix avaient dans la pratique, échoué.
Comme d’autres factions de la résistance à cette époque, nous étions en mesure d’offrir une alternative.
Q : Quel type d’alternative ?
R : Comme je le disais, étant donné l’échec sur le terrain de l’accord d’Oslo, nous avons offert une alternative.
Q : Une alternative qui signifie la résistance armée ?
A : C’est ce que j’allais dire : nous avons offert une alternative pratique pour notre peuple, qui est bien sûr la résistance, une résistance qui soit capable de défendre le peuple et capable d’atteindre ses objectifs. Ce qui n’a pas été accompli par Oslo a été réalisé grâce à notre résistance. Celle-ci a contraint Sharon à se retirer de Gaza et à démanteler les colonies.
Nous avons analysé puis produit un nouveau cadre politique pour le projet national palestinien, pour une redéfinition du pouvoir et du rôle de la direction, au niveau de l’Autorité palestinienne (AP) et de l’OLP. Notre rôle était-il d’assurer la sécurité pour le compte des Israéliens, ou devions-nous tendre vers un but national en faveur du peuple palestinien ? Posant cette question, nous avons voulu réunir toutes les factions et participer à un nouveau programme pour l’avenir. Notre initiative a réussi à intensifier à l’intérieur de l’OLP l’appel pour une véritable réforme.
La dernière étape, qui a duré de 2006 jusqu’à aujourd’hui, a commencé avec la participation du Hamas dans le processus électoral, et son écrasante victoire qui a été une surprise pour le monde entier.
Q : Une surprise même pour vous ?
R : La victoire en tant que telle n’était pas si surprenante pour nous, mais l’ampleur du vote l’était peut-être. Au lendemain des élections les résultats ont été rejetés par les Américains, certains Palestiniens et des partis régionaux.
Le peuple palestinien a été depuis collectivement puni pour ce résultat, en l’assiégeant et en coupant son assistance. C’est la première fois dans l’histoire qu’un peuple a été autant puni pour avoir exercé son droit démocratique. Cela a conduit à un conflit interne palestinien d’une part, parce que le résultat des élections avait été ignoré, et d’autre part en raison de l’intervention étrangère en faveur d’un certain parti palestinien. Le support pour ce dernier était à la fois financier et militaire et a conduit à la division de 2007.
Nous sommes toujours bloqués à ce stade. Nous payons le prix fort pour cette division et nous sommes empêchés de nous unifier par cette intervention étrangère.
La guerre à Gaza a été jusqu’ici l’une des plus cruelles tentatives d’isoler et de chasser le Hamas.
Une caractéristique de cette période est la manipulation de la division palestinienne en utilisant les faiblesses du côté arabe et palestinien pour imposer un accord politique injuste. Ce que nous disons, c’est que, étant donné la position de l’administration américaine, tous les éléments les plus faibles [parmi les Palestiniens] sont sous pression pour que la question palestinienne soit retirée de l’ordre du jour.
Je vous ai donc présenté une introduction générale aux différentes étapes que le Hamas a connues depuis ses débuts.
La vision du Hamas
Q : Le fait même que le Hamas soit entré dans l’arène politique et s’engage dans des élections a certainement confirmé les limites de la résistance armée ? Pouvez-vous poursuivre par la résistance ?
R : Nous avons confiance dans le travail politique dans tous ses aspects. Cependant, nous choisissons le type le plus approprié d’action pour chaque étape. Quand il y a occupation et que le peuple souffre de l’occupation, la réponse stratégique doit être la résistance - une ligne constante et sans faille de la résistance jusqu’à ce que l’occupation ait pris fin. Aucun occupant n’a jamais été chassé sans résistance. Lorsque nous discutons de notre participation ou non au cadre politique existant, ces options sont en parallèle à cette ligne de résistance, pas en alternative.
En 2006, nous avons décidé de prendre part aux élections, mais nous n’avons pas fait cela comme une alternative à la résistance. Participer au système politique est une question entre Palestiniens, et la résistance est une question entre les Palestiniens et l’occupant israélien. Il n’y a ici aucune contradiction.
Q : Quand la résistance prendra-t-elle fin ?
R : Lorsque l’occupation se terminera.
Q : Qu’est-ce que vous entendez par l’occupation ?
R : le Hamas a une vision claire qui a été énoncée clairement dès le début. Le peuple palestinien a vécu en Palestine de plein droit : et nous ne parlons pas de l’histoire, ou même du moyen âge. Nous parlons d’il y a 60 ans. Il y a une terre appelée Palestine, qui appartient aux Palestiniens. Cette terre hébergeait des Chrétiens, des Musulmans et des Juifs, et parmi ces derniers, certains ne le nient pas. Ils vivaient en paix sous un régime palestinien et arabe.
Une question juive a éclaté à l’extérieur de la région. L’Europe voulait se débarrasser de ce problème, qu’il a ensuite exporté vers notre région. Elle a ainsi « tué deux oiseaux d’une seule pierre ». Il n’y avait donc pour eux plus de « problème juif », et ils ont été en mesure d’exploiter un projet sioniste visant à voler les ressources de la région. Il est clair pour nous qu’Israël a été créé dans le cadre d’une offensive contre notre peuple. Israël a expulsé notre peuple de ses terres. Pour conclure : il s’agit d’une occupation illégale et nous considérons son existence dans la région comme illégale également.
Q : C’est votre position définitive ?
R : Oui, mais parce que le Hamas est réaliste, nous sommes parvenus à un accord entre les factions palestiniennes et les pays arabes pour accepter un Etat en Palestine établi sur la base des frontières de 1967, avec Jérusalem comme capitale, et l’application du droit au retour des réfugiés .
Q : Peut-être demandez-vous également des indemnisations pour les réfugiés ?
R : Non.
Q : Si vous étiez en mesure de participer directement aux négociations, il faudrait faire des compromis par rapport à cette position. Dans cette éventualité, vous ne seriez pas seulement représentant du Hamas en tant que groupe, mais aussi le représentant de ceux qui vous soutiennent en tant que parti politique.
R : Le plus grand compromis a déjà été fait par les factions palestiniennes et les Etats arabes. Il a été d’accepter les frontières de 1967, nous laissant 20% de l’ensemble du territoire en litige.
Il n’est plus admissible que certaines puissance continuent à faire pression sur le côté palestinien pour lui demander d’autres compromis, parce qu’elles le considèrent comme le côté le plus faible.
Ce que nous avons offert a été le maximum. La pression doit être maintenant redirigée vers Israël. Il est immoral de maintenir la pression sur les Palestiniens tout simplement parce que les Américains et la communauté internationale ne font pas le poids face à M. Netanyahu.
Les partis qui négocient actuellement de nouveaux compromis n’ont aucune représentativité et leur action est sans valeur, car une solution qui ne concerne pas la nation dans son ensemble n’est pas une solution. Les réfugiés ne seront toujours pas de retour, alors (qu’Israël) adopte un décret pour que chaque Juif qui n’a jamais vu la terre de Palestine vienne s’y établir.
Q : Pourquoi les États-Unis ou quiconque d’autre devrait-il discuter directement avec le Hamas ? Vous dites que vous avez gagné un soutien national à travers les élections. Mais y a-t-il autre chose que vous pouvez mettre dans le balance ?
R : C’est une autre erreur dans le traitement des affaires de la région. Il est symptomatique d’une mentalité erronée que l’on retrouve surtout en Occident, aux États-Unis. Ils perçoivent bien qu’ils doivent trouver un accord avec le côté le plus faible, mais la seule façon dont ils pensent y parvenir est en le contraignant à donner encore plus. En bref, ce peut être une ouverture, mais qui ne mènera pas à une solution.
La question est de répondre aux intérêts de notre peuple et, si un accord est accepté par la majorité, alors tout accord peut réussir. Le Hamas est un mouvement tout à fait capable de réussir à faire en sorte qu’un accord soit mis en œuvre, à la condition qu’il y ait une acceptation générale de celui-ci.
Q : Ce serait alors la raison d’engager le Hamas dans les négociations ?
R : Et ils le savent. Mais ils disent, laissez-nous conserver cette option pour l’avenir quand il n’y aura pas d’autre moyen, en espérant qu’ils peuvent réaliser quelque chose avec le statu quo existant. Je veux leur dire qu’ils perdent leur temps. Ils ne réussiront pas.
Q : Si un accord était trouvé, que ferait le Hamas ? Respecteriez-vous l’accord signé ?
R : Nous utilisons une expression particulière pour décrire ce type d’accords - nous disons qu’ils sont mort-nés. Ils ne sont pas justes et ne peuvent pas être justifiés. Nous ne pouvons pas imposer un tel accord là où nous sommes en situation de responsabilité. Nous respectons la volonté de la majorité, la majorité réelle et non pas fictive.
Q : Comment pouvez-vous définir quel est la véritable majorité ?
R : Grâce à des référendums et des élections. Nous croyons en la démocratie et nous y sommes engagés. Nous respectons l’opinion de la majorité, même si elle diffère de la nôtre.
Q : Le Hamas protège la cause palestinienne. Mais d’autres organisations palestiniennes le font également ainsi que des pays arabes et musulmans. Quelle est exactement la cause palestinienne aujourd’hui et pourquoi a-t-elle besoin d’être protégée en particulier par le Hamas ?
R : Il est très facile de réclamer quelque chose : tout le monde peut tout réclamer. Mais il y a une revendication qui est prise en charge avec de bonnes cartes, et une autre qui consiste en un chèque en bois. C’est la différence entre le Hamas et les autres.
Solidarité avec le mouvement Hamas
Q : Considérez-vous que vous êtes dans une position de force vis-à-vis du Fatah et d’autres groupes palestiniens, même en plein siège ?
R : Nous avons tous subi des épreuves. Le Hamas souffre à Gaza et en Cisjordanie et évidemment nous l’admettons. Nous ne sommes pas une superpuissance. Néanmoins, nous représentons une volonté forte, notre organisation est solide et cohérente et nous respectons notre peuple.
Nous n’allons pas nous laisser intimidés au détriment des droits de notre peuple. Le rôle qui nous est donné n’est pas celui de simplement lancer un appel. Si nous avions demandé à jouer un rôle important dans ces négociations nous aurions accepté les conditions fixées par le Quartet international. Mais nous avons refusé. Nos liens avec notre communauté, avec le monde arabe et la communauté internationale dans son ensemble sont notre force. Nous sommes désireux d’avoir un plus large soutien et aussi qu’un plus large soutien soit visible dans les efforts pour lever le siège de Gaza. Il faut aussi reconnaître [ce soutien] dans la solidarité internationale avec le peuple de Gaza.
Dans de telles circonstances, lorsque tout le monde souffre, nous sommes en meilleure position que jamais.
Q : Vous avez parlé de solidarité plus large. Qu’en est-il de la solidarité des pays arabes ? Le passage de Rafah avec l’Egypte est encore fermé. Pourquoi ?
R : La solidarité n’est pas absolue, mais elle est large. Lorsque nous parlons des peuples arabes et musulmans, il y a une solidarité complète. Quand nous parlons des gouvernements, c’est une question de calcul. Certains nous soutiennent. Il y a aussi ceux qui ne nous aiment pas, et d’autres qui nous poignardent dans le dos.
Q : Et tous ceux-là viennent du monde arabe ?
R : Oui, je parle des Arabes.
C’est notre analyse réaliste de la situation sur le terrain. Même dans ces circonstances, et alors que l’Amérique utilise tout son pouvoir contre nous, et avec Israël contre nous, nous sommes soutenus financièrement, politiquement et spirituellement, et c’est une preuve de l’importance du Hamas au niveau de toute la région
Si l’administration américaine savait ce que nous disent de nombreux dirigeants de la région, derrière des portes closes, elle serait surprise.
Q : C’est en raison du Hamas que les habitants de Gaza sont punis. Pensez-vous que c’est juste ? Peut-être vos principes islamiques pourraient-ils vous inviter dans ces circonstances, à dire : d’accord, nous allons prendre du recul et laisser les autres faire ce qui est le mieux pour notre peuple ?
R : Bonne question. Pensez-vous que notre peuple en Cisjordanie n’est pas puni ? Ils sont punis par Israël et l’appareil de sécurité palestinien. Avant le Hamas, ils ont déjà été punis ; avec le Hamas, ils sont encore punis, et après que le Hamas ils seront toujours punis. Le châtiment ne vient pas du Hamas, mais de l’occupant israélien, de ceux qui sont en faveur d’Israël et de ceux qui gardent le silence face aux nombreux crimes commis contre notre peuple.
Etait-ce un péché de la part du Hamas de remporter les élections ? Mais tout résultat, même produit par des élections libres et justes, et qui ne convient pas aux objectifs de l’Amérique et d’Israël est saboté. Si vous céder devant une telle logique, alors le message que vous envoyez est le mauvais.
Q : Quelles sont alors vos priorités ?
R : Notre priorité est de ni manger, ni boire, ni vivre dans le luxe, mais pour être libres. Après que cela soit respecté, nous devons commencer à construire, à nous développer et à devenir prospères.
Q : Vous avez parlé assez longuement des États-Unis. Mais permettez-moi de demander pourquoi est-il préférable pour le Hamas de se tenir aux côtés de la Syrie et de l’Iran ? N’êtes-vous pas du côté de la Syrie et de l’Iran ?
R : Nous avons parlé de l’Amérique parce qu’ils portent une grande partie de la responsabilité de ce qui se passe.
Q : Contrairement à d’autres - Arabes ou non-Arabes ?
R : Il faut ici faire une distinction. D’un côté vous avez un côté qui est tellement puissant et dont l’inclinaison est en faveur du délinquant. D’autre part, vous avez certains éléments du monde arabe qui n’ont pas autant de pouvoir et qui ne sont pas dans les meilleurs termes avec nous. C’est un cas différent. Ils ne font pas leur devoir, mais ce n’est pas un crime. Le véritable crime, c’est celui qui occupe la terre et celui qui soutient l’occupation qui le commettent.
Mais pour répondre à votre question précédente : réduire les alliances du Hamas uniquement à l’Iran et à la Syrie serait une approche erronée.
Q : Donc, il y a une alliance plus large.
R : Certains pays sont des alliés, certains sont des amis, d’autres apportent un soutien public...
Q : Et les autres ?
R : Certains gouvernements nous soutiennent en privé. Nous remercions tous ceux qui nous aident, depuis la Syrie, l’Iran, la Turquie, qui assistent la bande de Gaza, la Cisjordanie et soutiennent notre droit à l’autodétermination.
Je prends l’entière responsabilité de ce que je dis maintenant. Et je mets au défi quiconque de prouver que le soutien qu’on nous accorde est un appui conditionnel. Ce n’est pas le cas. Personne ne dicte une politique ou des décisions au Hamas.
Q : Vous avez des intérêts communs avec Damas et Téhéran. Que faire si demain, ces intérêts disparaissent ? Qu’est-ce qui va se passer ensuite ?
R : Comme vous le dites - ce sont des intérêts communs - pas une simple réplique. Ces intérêts sont interdépendants et, en outre, tout ce qui nous lie représente un intérêt. Nous sommes également liés par de nombreux principes.
Q : Pensez-vous que des Etats peuvent se permettre d’avoir des principes ?
R : Sans aucun doute, un grand pourcentage de la prise de décision est une question d’intérêt ; mais les principes importent aussi. Cela est naturel. La mauvaise chose est de n’avoir que de purs intérêts, sans valeur ou même au détriment de la morale. Cela devient alors rien de plus que de la cupidité.
Q : N’est-ce pas cela la définition de la politique ?
R : Je vais revenir sur ce point.
En plus de la question de l’intérêt, on se retrouve avec une proportion de ce qui nous motive qui peut se réduire ou d’augmenter à un moment donné ; mais les principes sont là. Il est faux d’écarter les valeurs de la politique. L’une des erreurs qui ont été faites lorsqu’il s’agit de cette région est de négliger cet aspect. Les relations internationales sont pragmatiques, mais il y a cependant plus que cela.
Pour répondre directement à votre question, je vais prendre les États-Unis comme exemple. Écoutez les Américains eux-mêmes. Quel a été l’image des Etats-Unis il y a quarante ans ? Leurs valeurs ont été respectées par beaucoup, et cela en dépit de leurs politiques erronées. Aujourd’hui, cette réputation s’est considérablement dégradée. Ce ne sont pas simplement mes paroles à moi. Les Américains en disent eux-mêmes autant.
Q : Y a-t-il un rôle pour la Roumanie [Manuela Paraipan est roumaine - N.d.T] dans la région en général - à part le dossier palestinien ?
R : Bien sûr. La Roumanie aux côtés d’autres Etats européens peut jouer un rôle indépendant de la politique des États-Unis, laquelle est un échec. Nous nous félicitons des contacts avec la Roumanie et d’un élargissement de nos relations internationales. La Roumanie peut être un canal pour communiquer avec d’autres pays européens. Le vide existant en matière de projets politiques pour la région peut être rempli par les Etats européens et d’autres. L’Europe a une relation historique avec la région et ils connaissent mieux que tout autre. Alors que l’Amérique nous voit à travers son pouvoir, sa force, les Européens voient la région politiquement, en utilisant leur intelligence.
Q : Beaucoup disent que vous êtes une personne influente et que vous pouvez déclencher un conflit d’une seule main. Avez-vous vraiment cette influence ?
R : Ce n’est pas une question d’image stéréotypée et connue, que de provoquer un conflit ou une guerre.
Une personnalité influente doit faire de son mieux pour travailler pour la paix, en mettant l’accent sur les principes impliqués, la protection des libertés et la construction de relations équilibrées dans le monde. Il n’est pas juste de percevoir toute personne qui utilise son influence pour défendre les libertés de son peuple, comme la personne la mieux placée pour provoquer un chaos. Nous ne sommes des menteurs déclencheurs de guerre [allusion à Bush et Blair - N.d.T]. Nous ne sommes pas sortis de notre chemin en cherchant la guerre. Elle nous a été imposée. Lorsque nous résistons, ce que nous faisons c’est contribuer à établir la paix.
Je ne me soucie pas beaucoup ce qui se dit sur moi. Ce n’est pas important pour moi d’être loué par ceux-là même qui ne veulent pas des Palestiniens. Ce qui m’importe, c’est l’accomplissement des souhaits de mon peuple. Comme dit le proverbe : « Nous faisons la paix avec ceux qui veulent faire la paix avec nous, et nous résistons à ceux qui nous agressent. »
Manuela Paraipan : Je vous remercie.
Khaled Mashal : Vous êtes la bienvenue.
* Manuela Paraipan a reçu la bourse 2005 de la World Security Network Foundation. Elle vit à Bucarest est travaille comme analyste indépendante de politique étrangère.
7 novembre 2011 - Al Qassam Webiste - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.qassam.ps/interview-3733...
Traduction : Abd Al-Rahim
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« Israeltine, pays hybride »

publié le dimanche 21 novembre 2010
entretien avec Ziyad Clot. Agnès Rotivel

 
"Abusé par sa supériorité stratégique et militaire, encouragé par la passivité des diplomaties occidentales, plombé par la faiblesse, les divisions et les errances palestiniennes, Israël a créé un monstre. "
"L’« Israeltine », qui s’étend du Jourdain à la Méditerranée, est un État raté, une réalité composite, un conglomérat de territoires peuplés d’hommes et de femmes aux quotidiens et aux aspirations souvent divergentes : Israël et ses citoyens juifs qui s’ajoutent aux Arabes israéliens ; Jérusalem et ses populations juive et arabe ; la Cisjordanie, ses Palestiniens et ses colons ; et Gaza. Tous soumis à la gouvernance israélienne.
Cette réalité impose la solution de l’État unique. Ce pays hybride, « Israeltine », deviendrait un État unique dans lequel Israéliens et Palestiniens jouiraient d’une égalité de droits. La résolution des questions du statut permanent s’accommoderait bien mieux d’un État plutôt que de deux : les propriétés des réfugiés palestiniens sont situées des deux côtés de la ligne de 1967, tout comme les sites religieux, qu’ils soient juifs, chrétiens ou musulmans. Idem pour les ressources en eau. Beaucoup de colons israéliens demeureront là où ils sont. Compte tenu de la colonisation rampante de Jérusalem-Est, une administration collégiale de la Ville sainte redevient également d’actualité. Enfin, l’obsession sécuritaire d’Israël pousse l’état-major à vouloir conserver le contrôle de la frontière avec la Jordanie et la capacité à déployer son armée en moins de vingt-quatre heures en Cisjordanie en cas de menace venue de l’est.
Ce nouveau paradigme présente malheureusement un réel danger. On voit mal une cohabitation sereine s’instaurer demain en Terre sainte. Le constat actuel est même alarmant : autisme et radicalisation de la société israélienne ; divisions, désespoir et absence de direction politique côté palestinien ; diplomaties occidentales dépassées… Le chantier est immense, mais un grand pas sera réalisé le jour où les principaux protagonistes se résoudront à la réalité de l’État unique.
D’ailleurs, l’Histoire ne les attendra peut-être pas… Elle est souvent l’objet de coups d’accélérateur renversants. Les murs tombent parfois sans prévenir. Autant s’y préparer. "
Ziyad Clot Avocat français, palestinien par sa mère, négociateur lors des pourparlers d’Annapolis en 2008 est l’auteur de Il n’y aura pas d’État palestinien , Éd. Max Milo, 286 p., 18,90 €.
publié par la Croix, 19 novembre http://www.la-croix.com/

Tourner la page des accords d’Oslo

publié le lundi 22 novembre 2010
Bernard Ravenel

 
l’ensemble du mouvement national palestinien arrive à la conclusion qu’il est inéluctable de repenser encore une fois sa stratégie
L’échec actuel de la relance du « processus de paix » entre l’Autorité palestinienne et Israël était prévisible. Et le récent échec électoral du président américain Barack Obama ne fera que renforcer la détermination du premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à continuer la colonisation de la Palestine et éloigner encore plus la perspective de l’État palestinien. Il est déjà établi que, même si elle était « relancée », cette négociation ne déboucherait en aucune façon sur la naissance d’un État palestinien souverain. Face à une telle impasse, l’ensemble du mouvement national palestinien arrive à la conclusion qu’il est inéluctable de repenser encore une fois sa stratégie.
La société palestinienne est arrivée à une double conclusion. La première, c’est que, à travers son interprétation des accords d’Oslo, Israël n’a jamais vraiment envisagé de mettre fin à l’occupation et à la colonisation et, par conséquent, d’accepter l’instauration d’un État palestinien indépendant. La deuxième, c’est que, par leur politique et leurs déclarations, les Israéliens ont transmis un message sans équivoque : l’autodétermination pour les Palestiniens n’a jamais figuré à leur agenda.
C’est dans ce contexte d’impasse des négociations qu’en 2008 des personnalités du Fatah et du Hamas, ainsi que des personnalités du monde des affaires et des milieux intellectuels, ont constitué un groupe de réflexion dit « groupe d’Oxford » qui a élaboré un document important.
L’idée centrale est que les Palestiniens doivent démontrer aux Israéliens que ce qu’ils considèrent comme des stratégies alternatives à des négociations loyales (susceptibles d’aboutir à la création de l’État palestinien) ne leur seront pas plus favorables qu’un véritable accord négocié. Parmi d’autres propositions, le document défend l’idée que la direction palestinienne « reconsidère » sa stratégie, ce qui signifie d’abord l’arrêt des négociations dans le cadre actuel. Le document recommande en même temps la généralisation de la « résistance pacifique » .
De son côté, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a constitué un groupe de travail qui comprend des membres importants des différentes composantes de l’OLP, en particulier l’initiateur du « groupe d’Oxford », Mohammed Shtayyeh, pour proposer des alternatives à l’actuelle stratégie de négociation. Concernant l’option d’un seul État, plusieurs personnalités palestiniennes, comme Saeb Erekat et des journalistes proches de l’OLP l’ont déjà évoquée publiquement. Elle fait son chemin, mais sans être une stratégie qui serait contradictoire avec celle de la création d’un État palestinien.
En fait, quels que soient les scénarios sur la table, la quasi-totalité des mouvements politiques palestiniens continuent de revendiquer la création de l’État palestinien, sur la base du droit international. Certains dirigeants estiment que, dès lors que les Israéliens ont réussi à rendre caducs les accords d’Oslo, l’OLP est en droit de demander à l’Organisation des Nations unies de revenir au droit international, d’assumer ses responsabilités et de mettre le territoire palestinien sous tutelle internationale en déployant une force internationale à ses frontières. De leur côté, les États de la Ligue arabe et l’OLP demanderaient à l’Assemblée générale de l’ONU la reconnaissance de l’État palestinien dans les frontières de 1967 sur la base de l’offre palestinienne du Conseil national palestinien d’Alger de 1988.
S’adresser à l’ONU pourrait, pour l’OLP, signifier prendre acte de la fin officielle des accords d’Oslo et en même temps poser la question de l’avenir de l’Autorité palestinienne qui en est issue – Mahmoud Abbas a déjà, à plusieurs reprises, évoqué indirectement l’hypothèse de sa dissolution. On entrerait alors dans une période de redéfinition stratégique du mouvement national palestinien qui, pour en finir avec l’occupation et permettre l’existence de l’État palestinien, déploierait son action au moins sur deux axes complémentaires :
– une offensive diplomatique auprès de tous les États pour qu’enfin l’ONU reconnaisse l’État de Palestine et décide de mettre en place les mesures nécessaires pour appliquer ses propres résolutions ;
– un développement généralisé de la résistance populaire non-violente regroupant l’ensemble des forces nationales.
Ces deux axes de lutte nécessitent une mobilisation accrue des sociétés civiles au niveau international, condition du succès comme l’a montré toute l’histoire de la décolonisation au XX siècle.
Bernard Ravenel, président d’honneur de l’Association France Palestine solidarités (AFPS) a écrit avec Patrice Bouveret l’article « Coopération stratégique : l’axe Paris-Tel-Aviv », dans le livre collectif Sarkozy au Proche-Orient , dirigé par Farouk Mardam-Bey (Sindbad-Actes Sud, octobre 2010, 175 p., 17 €).
publié par la Croix

Qui est-ce qui rit ?

publié le mardi 23 novembre 2010
Uri Avnery – 20 novembre 2010

 
Cette semaine, Avineri a publié un article avec pour titre “Fascisme ? Vous me faites rire !” Qu’est-ce qui le faisait rire ? L’argument ridicule (à ses yeux) qu’il existe des tendances fascistes en Israël.
“UN DÉSASTRE !” d’écrièrent les courtisans du roi de Hanovre, “Sept professeurs réputés de l’Université de Göttingen ont publié une déclaration de protestation à votre encontre !”
C’était il y a 173 ans. Le roi avait suspendu la constitution libérale promulguée par son prédécesseur.
“Et alors,” répondit le roi, “Je peux toujours acheter des tartes, des danseurs et des professeurs.”
Je tiens cette histoire de Yeshayahou Leibowitz, qui était lui-même professeur dans une demi-douzaine de disciplines très différentes, de la chimie biologique à la philosophie des sciences. Il avait un profond mépris pour beaucoup de ses collègues.
Il me raconta cette histoire alors que nous parlions d’un professeur particulier : Shlomo Avineri, qui venait d’accepter les fonctions de directeur général du ministère des Affaires étrangères sous l’autorité du ministre Ygal Alon. Alon était l’auteur du “Plan Alon” qui prévoyait l’annexion de larges portions des territoires occupés.
CETTE SEMAINE, Avineri a publié un article avec pour titre “Fascisme ? Vous me faites rire !”
Qu’est-ce qui le faisait rire ? L’argument ridicule (à ses yeux) qu’il existe des tendances fascistes en Israël. Il nous rappelait que fascisme signifie la Gestapo, les camps de concentration et le génocide. Comment pourrions-nous l’oublier.
Avineri est un professeur respecté, un expert de Hegel et du sionisme. C’est aussi un valeureux combattant contre les “post-sionistes” et autres mécréants qui critiquent le sionisme classique.
Je suppose que, si en 1923 quelqu’un avait dit à son père dans la ville polonaise de Bielsko que dans la ville bavaroise de Munich un personnage excentrique portant une drôle de petite moustache était en train d’exposer à la population son projet de devenir le dictateur de l’Allemagne et d’envahir la Pologne, lui, aussi, se serait exclamé : “Vous me faites rire !”
En ce temps-là en Allemagne de nombreux petits groupes “völklisch” surgissaient avec le même genre de revendications : révoquer la citoyenneté des Juifs, expulser les Juifs de leurs quartiers et promouvoir des serments d’allégeance au Reich comme l’État-nation du peuple allemand (en incluant bien entendu les Autrichiens.)
À l’époque, on se moquait de ces groupes. Comment quelqu’un pouvait-il imaginer qu’un pays civilisé, la nation de Goethe, de Schiller et de Kant – et, même, de Hegel – pourrait porter ces fous au pouvoir ?
Au cours des quelques années qui suivirent, beaucoup de ceux-là même qui s’étaient gaussé se retrouvèrent dans des camps de concentration, où ils eurent tout loisir de méditer et de se dire : si nous avions agi pour arrêter les fascistes quand il était encore temps au lieu de nous gausser, cela ne serait pas arrivé.
LE JOUR où Avineri s’efforçait de ne pas rire, on publia un autre document qui n’avait rien de drôle.
Il informait qu’une délégation de “membres dirigeants de La Paix Maintenant”, conduite par le directeur général Yariv Oppenheimer, avait rencontré le secrétaire d’État aux Affaires étrangères Danny Ayalon.
Les circonstances de cette rencontre soulèvent quelques questions. Bien plus, c’en était le but.
Danny Ayalon avait attiré l’attention du monde lorsque, ayant convoqué l’ambassadeur de Turquie, il le fit asseoir sur un canapé bas, tout en expliquant à haute voix aux journalistes israéliens présents que son intention était d’humilier la Turquie.
Il est difficile de sonder la profondeur de bêtise de ce geste infantile et de l’homme qui l’a commis. L’humiliation publique d’une nation fière, détentrice d’une position clef dans notre région, a entraîné une longue suite d’évènements : l’opinion publique turque s’est retournée contre Israël, un navire turc a fait route vers Gaza et son interception violente a provoqué une tempête mondiale, la Turquie s’aligne sur l’Iran et la Syrie – et l’histoire ne s’est pas encore arrêtée. C’est vrai, Ayalon n’a pas causé lui-même tout cela, mais il mérite à coup sûr sa part de gloire.
Alors, comment est-il venu à l’esprit de ces “membres dirigeants de la Paix Maintenant” de rencontrer ce démagogue et de lui attribuer ainsi une légitimité ?
Et pas seulement à lui. On pourrait faire valoir qu’Ayalon est présenté comme l’idiot du village, de façon qu’il ne jouisse d’aucune légitimité. Mais derrière Ayalon apparaît l’homme qui l’a nommé : le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman.
Lieberman est un symbole international de racisme, un colon et un défenseur des colons, le principal auxiliaire de Benjamin Netanyahou dans ses actions pour faire obstruction à la paix et pour éterniser l’occupation. En ce moment même, il fournit à Netanyahou le prétexte pour s’opposer au gel de la colonisation et torpiller les négociations de paix avec les Palestiniens.
Des dizaines de ministres des affaires Étrangères refusent de rencontrer Lieberman. Aucun dirigeant arabe n’accepte de lui serrer la main. Les Égyptiens le détestent ; pour les Palestiniens il est le symbole du mal. Il ne peut pas se présenter dans la société internationale respectable.
Alors, au nom du ciel, qu’est-ce qui a conduit les “Membres dirigeants de la Paix Maintenant”à légitimer cette personne ?
LE SUJET de la rencontre est encore plus surprenant. On a dit que les gens de La Paix Maintenant ont proposé une “coopération” avec le ministère des Affaires étrangères. Il serait bon pour vous, ont-ils dit à leur hôte, de distribuer dans le monde des documents de La Paix Maintenant, afin de montrer qu’Israël n’est pas seulement un État d’occupation et de colonisation, mais aussi de militants de la paix. Cela améliorerait l’image de l’État et aiderait le ministère des Affaires étrangères à faire taire les critiques.
En d’autres termes : les “membres dirigeants de La Paix Maintenant”sont disposés à servir de feuilles de vigne au gouvernement de Nétanyahou et au ministère des Affaires étrangères de Lieberman. Ils leur offrent un alibi.
Le mouvement La Paix Maintenant jouit d’une réputation tout à fait positive dans le monde entier. Les gens s’en souviennent pour la manifestation de protestation géante après le massacre de Sabra et Chatila. L’impression est largement répandue qu’il s’agit du seul mouvement pour la paix en Israël. Les médias du monde le traitent de façon favorable, tout en ignorant pratiquement toutes les autres forces de paix israéliennes.
C’est ce qui rend cette rencontre si dangereuse. Beaucoup de gens dans le monde vont se dire : si La Paix Maintenant rencontre les gens de Lieberman et leur proposent une coopération, ils ne sauraient être si mauvais.
Ainsi, La Paix Maintenant est au service de Lieberman comme Shimon Peres et Ehoud Barak sont au service de Nétanyahou. Et comme Shlomo Avineri, en son temps, était au service d’Ygal Alon. Le roi de Hanovre savait de quoi il parlait.
COMMENT La Paix Maintenant en est-il arrivé là ?
Je ne suis pas un opposant au mouvement. Au contraire j’apprécie beaucoup son combat contre les colonies. C’est vrai, ils ne se sont pas associés au boycott des produits des colonies que nous avons initié il y a douze ans, mais ils suivent les activités de construction dans les colonies et les portent à l’attention du monde. C’est une action importante et tout à fait louable.
L’ennui, c’est que le mouvement qui pouvait à une époque rassembler des centaines de milliers de personnes dans les rues, arrive difficilement de nos jours à en mobiliser quelques centaines.
On peut attribuer cela à l’effondrement général du mouvement de la paix israélien depuis l’année 2000, lorsque Ehoud Barak déclara que “Nous n’avons aucun partenaire pour la paix”. Mais le cas de La Paix Maintenant mérite une analyse particulière.
Le mouvement a pris naissance en 1978, lorsqu’il semblait que Menachem Begin traînait les pieds et n’apportait pas une réponse suffisamment positive à l’initiative de paix historique d’Anouar el-Sadate. Begin, juriste de profession et de caractère, chicanait sur chaque petit détail, et on courait le risque de manquer une occasion unique. Les manifestations du jeune mouvement La Paix Maintenant aidèrent à pousser Begin dans la bonne direction.
Le zénith du succès de La Paix Maintenant fut la “manifestation des 400 mille”après le massacre de Sabra et Shatila au cours de la première guerre du Liban. Même si le nombre est exagéré, ce fut une énorme manifestation, unique en son genre, qui traduisait une réelle révolte de l’opinion publique israélienne.
Mais ce succès avait un prix. À la veille de la guerre, Shimon Peres et Yitzhak Rabin, les dirigeants du parti travailliste, allèrent voir Begin pour l’inciter à déclencher la guerre. Et ici, ce sont ces deux là qui sont apparus comme les principaux orateurs de la protestation de La Paix Maintenant. C’était un marché : La Paix Maintenant donnait à ces deux là un certificat “casher”, et le parti travailliste amènerait alors les masses de ses adhérents à la manifestation.
Cela m’a rappelé le marché conclu entre Faust et Méphistophéles : pour un succès mondain, il vendit son âme.
LA STRATÉGIE de La Paix Maintenant n’était cependant pas dépourvue de logique.
Cela a été expliqué par Tzali Reshef, qui a été le vrai dirigeant du mouvement pendant plusieurs décennies. En 1992, lorsque Rabin déporta 415 militants islamiques à la frontière libanaise, un débat public se déroula à Tel Aviv sur la réponse qu’il convenait d’y apporter. Je proposai de planter des tentes de protestation devant les bureaux du Premier ministre et de rester là jusqu’à ce que les déportés soient autorisés à revenir. Reshef refusa, disant franchement : “La Paix Maintenant s’adresse à un vaste public et nous ne pouvons pas nous permettre de faire quoi que ce soit qui inciterait les gens à s’éloigner de nous. Avnery peut se permettre de dire toutes les choses justes, nous ne pouvons nous offrir ce luxe.”
Nous nous permîmes ce luxe, plantâmes nos tentes et restâmes là jour et nuit par des températures inférieures zéro. (C’est sous ces tentes mêmes qu’est né Gush Shalom.) Au fil des années, La Paix Maintenant adopta progressivement nos positions, mais toujours avec un délai de plusieurs mois ou années. C’est ainsi qu’ils ont adopté tardivement la solution à deux États, la nécessité de dialoguer avec l’OLP, le principe de deux capitales à Jérusalem, etc.
Cette stratégie aurait pu être légitime et même se justifier – si elle s’était avérée efficace. Mais, dans la vraie vie, c’est le contraire qui s’est produit : les masses ont quitté La Paix Maintenant, et le mouvement est maintenant, comme nous tous, engagé dans un combat d’arrière-garde désespéré contre la marée montante de la droite.
Et contrairement au professeur Avineri – je n’éprouve aucune envie de rire.
Article écrit en hébreu et en anglais le 20 novembre 2010, publié sur le site de Gush Shalom – Traduit de l’anglais "Who’s laughing ?" pour l’AFPS : FL

Il est désormais interdit de boycotter

publié le lundi 22 novembre 2010
Benoist Hurel

 
la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une « provocation publique à la discrimination envers une nation »
On a les victoires qu’on peut : Michèle Alliot-Marie a, il y a quelques mois, par une simple circulaire, commis un attentat juridique d’une rare violence contre l’un des moyens les plus anciens et les plus efficaces de la contestation des Etats par les sociétés civiles, à savoir le boycott. Le 12 février, la Chancellerie a eu cette idée extraordinaire selon laquelle tout appel au boycott des produits d’un pays n’était qu’une « provocation publique à la discrimination envers une nation », punie d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. Le ministère demande aux procureurs de la République d’assurer une répression « ferme et cohérente » de ces agissements.
Soyons justes : la paternité de cette brillante initiative revient au procureur général de Paris qui avait, dans son rapport de politique pénale 2009, suggéré que « les faits de boycott ou de provocation au boycott peuvent s’analyser, selon les espèces, soit en une provocation à la discrimination, soit en une discrimination ayant pour effet d’entraver l’exercice d’une activité économique ». On peut rappeler les actions de ce type dans l’histoire : boycott du Royaume-Uni en 1930 initié par Gandhi contre la colonisation, boycott de l’Afrique du Sud dans les années 70 par les militants antiapartheid, boycott, à la même époque, par la communauté homosexuelle américaine d’une marque de bière qui refusait d’embaucher les gays ou, plus récemment, boycott des produits chinois par les soutiens de la cause tibétaine et des produits israéliens par les militants palestiniens… Pour l’ex-garde des Sceaux, il ne s’agit pas là d’entreprises de protestation et d’émancipation, souhaitables en démocratie, mais d’associations de malfaiteurs en vue d’attenter à la bonne marche du commerce, donc du monde.
La notion de discrimination ne peut s’entendre que d’une différence de traitement n’obéissant à aucun but légitime. Une action collective qui viserait à ne pas consommer de produits d’une entreprise parce qu’elle licencie ou délocalise sa production, ou d’un Etat parce qu’il maltraite ses minorités ne peut être qualifiée de discriminatoire, sauf à ôter aux consommateurs leur seul pouvoir, celui de ne pas de consommer n’importe quoi et n’importe comment. Que l’on se rassure : les Etats qui décideraient d’imposer un embargo à un pays étranger n’encourront pas les foudres de la loi pénale…
L’instrumentalisation d’un texte qui visait à combattre le racisme, le nationalisme et le sexisme est inadmissible, surtout lorsqu’elle vise à faire taire l’engagement citoyen. La circulaire en question, qui a su convaincre au moins un tribunal, constitue donc, pour la société civile, une régression d’une ampleur peu commune. Cette provocation s’est pour l’instant heurtée à un mur de silence. La pénalisation de la contestation est toujours une mauvaise nouvelle pour la démocratie. L’absence de contestation de la pénalisation, lorsque celle-ci ne répond à aucun autre objectif que celui de museler les peuples, n’en est pas une meilleure.
BENOIST HURELest Secrétaire général adjoint du Syndicat de la magistrature
publié par Libération

Lettre à la ministre des Affaires étrangères

publié le lundi 22 novembre 2010
D. Hamouri

 
La mère de Salah écrit à Mme Alliot-Marie
Madame Hamouri Annick-Denise
21, route de Naplouse
Po Box 19587
Jérusalem
Objet : Salah Hamouri
A l’attention de Madame Michèle Alliot-Marie
Tout d’abord je me permets de vous envoyer ce message pour vous présenter mes félicitations auprès votre nomination au Ministère des Affaires étrangères.
Ensuite, je souhaiterais vous rappeler la situation de mon fils, Salah Hamouri, Franco-palestinien, détenu en Israël depuis mars 2005 et condamné à 7 ans de prison par un tribunal militaire d’occupation en avril 2008.
Je suis persuadée que vous connaissez l’existence de ce dossier douloureux car j’ai fait appel à votre ministère et donc à votre prédécesseur de nombreuses fois. Je l’avais d’ailleurs rencontré à Jérusalem en février 2008.
Salah qui est âgé de 25 ans a passé plus de 5 ans dans les geôles israéliennes alors qu’il n’a commis aucun acte délictueux : il est en prison pour des raisons politiques et uniquement politiques liées à la situation qui existe au Proche-Orient.
Je ne doute pas un seul instant que vous allez reprendre en main ce dossier « mis de côté ».
Je reste à votre entière disposition pour toutes informations complémentaires concernant la situation de mon fils, Salah.
Dans l’attente de votre réponse,
Je vous prie d’agréer, Madame la ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Madame A-D Hamouri
Jérusalem, 18 novembre

Israël salue le rôle de l'Italie dans le retrait du village libanais de Ghajar

22/11/2010 
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré lundi que la décision israélienne de retirer ses troupes du village de Ghajar, aux confins de la Syrie et du Liban, était le fruit de la médiation du gouvernement italien.
M. Netanyahu a souligné le rôle joué par le ministre des Affaires étrangères italien Franco Frattini, qui se trouve actuellement en Israël pour une visite de quatre jours destinée à soutenir les négociations de paix israélo-palestiniennes, actuellement au point mort.
"Nous ne serions pas parvenus à trouver une solution à ce problème sans l'implication de l'Italie et de vous personnellement sur cette question", a déclaré M. Netanyahu à M. Frattini, selon des propos rapportés par le bureau du Premier ministre israélien.
Le gouvernement israélien a approuvé il y a une semaine le retrait de ses troupes de la partie nord du village divisé de Ghajar pour en remettre le contrôle à la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), et redéployer son armée au sud de la Ligne bleue.
Après le retrait israélien unilatéral du Liban sud en 2000, l'ONU a tracé une Ligne bleue fixant la frontière qui place la partie nord du village au Liban et la partie sud dans le Golan syrien occupé par Israël depuis 1967.
La Finul a demandé à Israël de se retirer du nord de Ghajar en vertu de la résolution 1701 mettant fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah en 2006, durant laquelle l'armée israélienne a réoccupé la partie nord du village.
Le contingent italien est le plus important en taille au sein de forces de la Finul.
M. Frattini, arrivé lundi en Israël, a rencontré M. Netanyahu et la dirigeante de l'opposition Tzipi Livni. Il devait rencontrer des dirigeants palestiniens, dont le président Mahmoud Abbas, en Cisjordanie mardi avant de se rendre dans la bande de Gaza.
M. Netanyahu a par ailleurs souligné qu'il était déterminé à ne pas laisser le Hezbollah reprendre le contrôle du nord de Ghajar, un village de 2.000 habitants, sans préciser comment il s'y prendrait.
"C'est mon intention que nous nous retirions de la partie nord du village et que nous y établissions une gouvernance afin d'éviter une vacance du pouvoir qui permettrait au Hezbollah de reprendre la main", a déclaré M. Netanyahu. 

Israël impose un référendum avant tout retrait du Golan et de Jérusalem-Est

22/11/2010
e Parlement israélien a adopté lundi une proposition de loi controversée imposant un référendum avant tout retrait du plateau syrien du Golan et de Jérusalem-Est, imposant ainsi un préalable à la conclusion de tout accord de paix avec la Syrie et les Palestiniens.

Israël convoite le sol irakien

Lundi, 22 Novembre 2010 21:46 
IRIB - Israël songe à un autre complot pour la région. Certaines sources d’informations régionales ont révélé le projet du régime sioniste de faire main basse sur le sol irakien. Le site d’informations arabe «Donia Alwatan» a dévoilé qu’Israël élabore un projet visant à étendre son influence et domination sur plusieurs parties du territoire irakien. Des médias d’informations ont, déjà, publié de nombreux rapports sur le complot israélien pour l’Irak. Le journaliste américain, Wayne Madsen, a, publié, récemment un rapport révélant le plan du transfert des Kurdes d'origine juive de la Palestine occupée, à Mossoul, dans la province de Ninive, dans le nord de l’Irak. Pour le rappel, les Juifs israéliens ont multiplié, depuis 2003, leurs visites et navettes, en Irak, sous prétexte de visiter les tombeaux des prophètes israéliens, enterrés, en Irak, Et dans une démarche préméditée, ils ont procédé, depuis la même année, à l’achat de terres, dans le nord de l’Irak. Les Kurdes d'origine juive, encouragés par les rabbins sionistes, ont, en effet, acheté des terres, dans le nord de l’Irak. Certaines informations font état de l’achat, rien que dans les premières années de l’occupation de l’Irak, par les Etats-Unis, de 250 hectares de terres, à Kirkuk, Mossoul et les régions situées aux alentours de ces deux villes. Les terres ont été, pour la plupart, achetées aux familles pauvres kurdes de l’Irak. Tout ne finit pas ici, car le MOSSAD est derrière tout cela. Les agents du MOSSAD cherchent à asseoir leur influence sur le nord de l’Irak, et pour cela, ils ne lésinent sur rien. Vu les relations qu’entretiennent certains groupes kurdes avec le régime sioniste, Tel-Aviv a ciblé, précisément, le nord de l’Irak. En effet, l’occupation de l’Irak a donné au régime sioniste une occasion en or, pour parvenir à ses objectifs, entre autres, l’accès au marché irakien. Des dizaines de compagnies israéliennes, avec des noms non hébraïques, généralement, des noms arabes et latins, poursuivent, depuis un certain temps, des activités économiques, en Irak. Outre le marché irakien, le régime israélien songeait toujours à lancer l’oléoduc Kirkuk-Haïfa et Mossoul-Haïfa. On peut, donc, dire qu’accéder au pétrole irakien figure parmi les plus importants facteurs encourageant Israël à se focaliser de plus en plus sur l’Irak. En tout état de cause, l’ambiance, au sein de l’Irak, est sévèrement braqué contre le Sionisme. Tout comme l’opinion publique arabe et régionale, pour le peuple et le gouvernement irakien, aussi, le régime sioniste est une tumeur cancéreuse, au cœur du Moyen-Orient, face à laquelle, il faut résister, fermement, afin de déjouer ses complots néfastes, pour l’Irak, voire, pour la région.
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Révélations sur un nouveau scandale des militaires sionistes

Lundi, 22 Novembre 2010 19:24 
Farsnews - Dans un nouvel acte scandaleux, les militaires israéliens ont déshabillé et photographié un jeune palestinien.
Cité par le correspondant de Farsnews, à Ramallah, un jeune palestinien de 23 ans, habitant, en Cisjordanie, a révélé qu'une fois arrêté par les militaires israéliens, ces derniers l'avaient forcé à se déshabiller, en présence des soldates sionistes. Ils ont, également, pris des photos scandaleuses de ce jeune palestinien, alors que les soldates israéliennes posaient à côté de lui.
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Les Sionistes inquiets de la visite éventuelle d’Ahmadinejad en Egypte

Lundi, 22 Novembre 2010 20:22 
IRIB - Les responsables du régime sioniste se sont déclarés inquiets de l’éventuel accueil chaleureux que pourraient réserver les Egyptiens au président iranien. Lors d’interviews avec les médias israéliens, les responsables du régime sioniste ont exprimé leur inquiétude, quant à la présence éventuelle du président iranien, au Caire, pour le Sommet de l’OCI, prévu, au mois de mars, visite qui pourrait avoir des impacts négatifs, sur le plan politique et sécuritaire, comme celle effectuée au Liban. Malgré les efforts israéliens pour isoler l’Iran, les relations entre les Arabes et ce pays se renforcent, ce qui soulève l'inquiétude d'Israël.

Un rapport onusien accuse l'entité sioniste de violer la convention des droits de l'enfant

[ 22/11/2010 - 11:11 ]
Genève – CPI
L'organisation de l'Onu pour l'enfance, l’UNICEF, a accusé l'entité sioniste de violer ses engagements et obligations selon la convention des droits de l'enfant.
Dans un communiqué publié à l'occasion de la Journée mondiale de l'Enfance et du 20e anniversaire de la signature de la Convention de Genève pour protéger les droits des enfants, l'UNICEF a déclaré qu'"Israël" n'applique pas les lois internationales créées pour protéger les enfants.
Le communiqué a ajouté que « la question de la protection des enfants est répartie entre divers bureaux du gouvernement sioniste, et pas un seul département ne traite ce sujet correctement ».
L'organisation onusienne a accusé l'entité sioniste de « ne pas avoir une stratégie globale pour les droits de l'enfant ou pour appliquer la convention internationale », et qu'elle exclut la Cisjordanie et la Bande de Gaza de cette application, même s’il s’agit de zones occupées qui sont soumises à son contrôle militaire.

Promesse américaine de faire échouer le projet de création de l'Etat palestinien

[ 22/11/2010 - 11:22 ]
Al-Qods occupée – CPI
Uzi Arad, conseiller à la sécurité nationale sioniste, a affirmé que « l'administration américaine comprend désormais que nous n'accepterons le prolongement du délai du gel de la colonisation une seule fois seulement ».
Il a souligné que les Etats-Unis ont promis d'utiliser leur véto contre toute résolution onusienne qui soutiendrait la création de l'Etat palestinien si elle est réalisée sans négociations avec l'occupation.
Dans son entretien avec le programme "Rencontre avec la Presse" sur la deuxième chaîne de la télévision sioniste, Arad a déclaré, le samedi soir 20/11, que « les accords sionistes et palestiniens concernant la question du gel de la colonisation sont toujours en vigueur, mais leur application sur le terrain a besoin d’un certain temps ».
Arad a affirmé que le premier ministre sioniste, Benjamin Netanyahu, ne soumettra ces accords au cabinet ministériel pour leur approbation seulement après que leur compatibilité avec les intérêts sionistes soit confirmée.
Notons que l'entité sioniste a révélé dernièrement une promesse américaine écrite de ne pas mettre la pression sur Israël pour cesser la colonisation en Cisjordanie de nouveau.

L'occupation commence la construction d'une clôture électronique avec l'Égypte

[ 22/11/2010 - 12:56 ]
Al-Qods occupée – CPI
La radio de l'occupation a affirmé que les travaux de construction de la clôture sécuritaire sur les frontières de la Palestine occupée en 1948 avec l'Égypte commencent aujourd'hui, lundi 22 novembre. L’objectif de cette clôture est d’empêcher l'entrée des infiltrés (travailleurs illégaux) du Sinaï à l'entité sioniste.
Elle a déclaré que ce projet coûte plus d'un milliard et 350 millions de shekels.
Elle a ajouté que les services de sécurité sionistes installeront des capteurs électroniques sur d’autres sections de la frontière pour les surveiller.
Le ministre sioniste de la Guerre, Ehud Barak, a qualifié ce projet de « mission nationale », soulignant qu'il a chargé les hauts responsables de son ministère de terminer les travaux de la clôture le plus tôt possible.
De son côté, le directeur général du ministère de l'armée sioniste, Odi Chani, a déclaré que le lancement des travaux de cette clôture plusieurs mois après la décision du gouvernement, est devenu possible grâce à des travaux de planification et des émissions d’appels d’offre de manière rapide.
Notons que plus de 400 personnes tentent d’entrer clandestinement dans l'entité sioniste chaque semaine à travers les frontières avec l'Égypte, la majorité d'entre eux sont des africains qui cherchent du travail.

Demande d'ouvrir une enquête contre les rabbins qui incitent à la haine raciale

[ 22/11/2010 - 13:26 ]
Qods presse
Le député arabe à la Knesset sioniste, Afou Aghbarieh, a mis en garde contre les risques du fascisme en Israël qui augmente de façon constante, avec l'utilisation de la religion par les mouvements religieux extrémistes juifs pour servir leur activité raciste.
Il a ajouté que le phénomène de l'extrémisme religieux s’accentue en entité sioniste, puisque l’on entend chaque jour des déclarations de rabbins juifs qui incitent à la haine racial contre les arabes et les non arabes.
Le député Aghbareih a souligné que le sommet de leur insolence eut lieu récemment, lorsque cinq rabbins sionistes de la ville de Bani Bezrak ont appelé à ne pas louer de logements aux travailleurs étrangers parmi les réfugiés africains. Ils ont menacé de malédictions tous ceux qui leur fourniraient des logements.

L'occupation rase des fermes et des terres à al-Essawia dans le centre d’al-Qods

[ 22/11/2010 - 12:15 ]
Al-Qods occupée – CPI
Des témoins oculaires ont déclaré, ce matin lundi 22/11, que des bulldozers et blindés qui appartiennent à l'occupation israélienne ont démoli des terres et des fermes agricoles dans la zone orientale du village d'al-Essawia, dans le centre de la ville occupée d'al-Qods.
Le président de l'association de bienfaisance d'al-Essawia, Cheikh Riyad al-Essawi, a déclaré que « les blindés de l'occupation ont démoli pour la deuxième fois des fermes agricoles, et ont rasé des terres lui appartenant ainsi qu’à d’autres citoyens, de plus le danger menace toutes les terres agricoles dans la zone ».
Le village d'al-Essawia subit de nombreuses campagnes coloniales sionistes qualifiées par les habitants du village de vindicatives, à cause de la participation de jeunes palestiniens aux affrontements avec les forces occupantes qui ont conduit à la fermeture de plusieurs entrées du village, et l’établissement de patrouilles militaires sur l'entrée principale au côté nord-est pour contrôler les déplacements des citoyens.
Les forces occupantes avaient posé des fils barbelés sur les terres du village dans une tentative de confisquer des dizaines de dunums. Il s’agissait des terres restantes appartenant aux palestiniens après que l'occupation se soit emparée de la majorité des terres du village pour construire des milliers de logements coloniaux, les bâtiments de l'université hébraïque, l'hôpital de Hadassa, et d’autres installations.

L’inauguration d’un quartier colonial près de Ramallah et l’extension d’un autre près de Naplouse

[ 22/11/2010 - 14:10 ]
Ramallah - CPI
Des sources médiatiques sionistes ont affirmé que les autorités de l’occupation ont inauguré, récemment, un nouveau quartier colonial, qui vient dans le cadre de l’élargissement de la colonie Etrat Benyamin, près de la ville de Ramallah.
 Selon le site électronique de la 7ème chaîne sioniste, un nouveau quartier qui sera composé de 18 unités coloniales va être construit, dans une période très rapide, durant la première phase de ce projet qui est situé à quelques mètres seulement de la ville palestinienne de Rawabi.  
 De leur côté, des sources palestiniennes qui activent dans le domaine des droits de l’homme et la lutte contre le colonialisme ont rapporté que des colons ont commencé, hier dimanche 21/11, des travaux de ratissage dans les terres palestiniennes proches de la colonie de Rahalim, installée illégalement dans les terres du village de Sawia et Yatma, au sud de la ville de Naplouse, en Cisjordanie occupée.
 Le responsable du dossier du colonialisme au nord de la Cisjordanie, Ghassan Daghlass, a indiqué que des bulldozers sionistes protégées par des dizaines de colons armés jusqu’aux dents ont ratissé les terres palestiniennes et enlevé les pierres rocheuses, dans un pas pour élargir leur colonie située sur la même ligne des autres colonies installées illégalement au sud de la ville de Naplouse, au nord de la Cisjordanie.   
 Daghlass a appelé le Quartette à assumer ses responsabilités et arrêter les travaux et pratiques des colons sionistes qui continuent de confisquer les terres palestiniennes, alors que les israéliens parlent du prétendu gel des colonies.