mardi 10 novembre 2009

Rapport Goldstone : L’ONU garde l’épine dans le pied des Israéliens

publié le dimanche 8 novembre 2009

Luis Lema
La guerre des lobbies fait rage alors que l’Assemblée générale de l’ONU a approuvé une résolution visant à donner des suites au rapport Goldstone [1].

Comme prévu, sous l’impulsion des Etats arabes, l’Assemblée générale de l’ONU a approuvé une résolution visant à donner des suites au rapport Goldstone. Palestiniens et israéliens ont trois mois pour ouvrir des enquêtes sur les exactions commises durant l’invasion israélienne de Gaza, l’hiver dernier

Personne ne se fait d’illusions : ces enquêtes indépendantes ne verront sans doute jamais le jour, et personne n’est en mesure de les forcer vu les réticences des membres permanents du Conseil de sécurité, le seul organe de l’ONU muni de dents. Mais l’approbation de la résolution, obtenue par 114 voix, est une victoire symbolique d’autant plus importante pour les pays arabes qu’Israël avait lancé une vaste campagne de relations publiques pour l’empêcher. Seuls dix-huit Etats ont voté « non », au premier rang desquels Israël et les Etats-Unis, mais aussi une partie de l’Union européenne, qui continue d’afficher de profondes divisions sur la thématique du Proche-Orient.

Cette résolution non contraignante a été vivement contestée par Israël [2], qui a mis en avant les arguments déjà largement utilisés de la « lutte contre le terrorisme » et de la nécessité pour l’Etat hébreu de disposer d’un « droit à l’autodéfense ». Ce droit n’est toutefois pas contesté par le rapport du juriste sud-africain Richard Goldstone, qui se centre sur les violations au droit de la guerre commises dans les deux camps.

[1] http://www.un.org/apps/newsFr/story...

[2] voir aussi Luis lema :

La guerre des lobbies fait rage

Les organisations juives poursuivent leur offensive contre les conclusions du juge sud-africain estimant qu’Israël et le Hamas ont pu commettre des crimes de guerre dans la bande de Gaza l’hiver dernier

« Nous sommes en guerre. Une guerre de relations publiques contre le rapport Goldstone. » C’est en soldat que Danny Gillerman, l’ancien ambassadeur israélien auprès des Nations unies, a été envoyé à New York cette semaine. Le rapport du juge Goldstone, estimant qu’Israël et le mouvement palestinien Hamas pourraient avoir tous deux commis des crimes de guerre durant l’invasion de Gaza, l’hiver dernier, a beau être débattu au sein de l’Assemblée générale de l’ONU, c’est à l’extérieur que la vraie guerre se mène. Ses fantassins sont israéliens. Mais l’artillerie lourde est aux mains des lobbies pro-israéliens de Washington, qui ne lésinent pas à l’utiliser.

Il y a quelques jours, le directeur national de l’Anti-Defamation League (ADL), Abraham Foxman, prenait la plume pour écrire directement au magistrat sud-africain. « Vous êtes un juif fier qui sert dans le Conseil de la Hebrew University et dont la fille vit en Israël », disait-il, en lui accordant par conséquent « le bénéfice du doute ». Le chef de l’ADL ne peut se résoudre à croire que Goldstone soit « un juif honteux » : il n’a pu qu’être aveuglé par une « dangereuse naïveté ». Abraham Foxman lui demande donc de répudier le rapport qui porte son nom. « Pensez-y ! », conseille-t-il en achevant sa missive aux allures de menace d’excommunion.

publié par le Temps

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/56f...

Synthèse, note et intro : C. Léostic, afps

Paysans palestiniens en Cisjordanie : La bénédiction de l’huile d’olive

publié le dimanche 8 novembre 2009

el Watan
L’huile d’olive « équitable » au secours des paysans palestiniens qui doivent faire face aux interdits des colons israéliens.

Nasser Abou Farha a trouvé un bon moyen d’aider les paysans palestiniens de Cisjordanie : le commerce équitable qui lui permet d’exporter de l’huile d’olive « made in Palestine ». Et de faire ainsi payer au prix fort, mais politiquement correct, le coût de l’occupation israélienne. « Les gens achètent (cette huile) parce qu’elle vient de Palestine, et aussi parce qu’elle a un impact social sur le terrain », se félicite le directeur de la société Canaan, une des premières à obtenir la certification « commerce équitable » en Cisjordanie. « Ce qui ne gâte rien, l’huile est bonne », plaisante-t-il. Depuis sa création en 2004, la société Canaan —spécialisée dans la production d’huile d’olive, de tomates séchées, d’amandes, de miel et de savon (à base d’huile d’olive)— est devenue une coopérative qui emploie plus de 1700 paysans palestiniens du nord de la Cisjordanie. Ils sont mieux payés que les prix du marché ne l’autoriseraient.

« Le commerce équitable a toujours offert un prix plus élevé, pour être en conformité avec les spécifications internationales, ce qui est bon pour les prix et bon pour les paysans », souligne Samer Al Ahmad, directeur d’une ONG palestinienne de soutien aux fermiers de Cisjordanie. Ce surcoût est compensé par les consommateurs en Europe, aux Etats-Unis et au Japon, qui se considèrent comme « socialement responsables ». Une bouteille de 375 ml d’huile d’olive de Canaan se vend 16 dollars (11 euros) aux Etats-Unis, soit quatre fois le prix pratiqué en Cisjordanie. L’objectif du commerce équitable est habituellement d’aider les petits producteurs du tiers-monde à faire face à la concurrence des gros exploitants. Dans le cas de Canaan, il s’agit d’abord d’aider les paysans palestiniens « à travailleur la terre, à ne pas l’abandonner pour aller travailler dans les usines ou sur les chantiers israéliens », explique Nasser Abou Farha. Beaucoup de cultivateurs de la région de Jénine ont, en effet, vu leurs revenus fondre après la construct ion par Israël en 2004 d’une « barrière antiterroriste » — un « mur de l’apartheid », disent les Palestiniens — qui, une fois achevée, empiétera sur près de 10% de la Cisjordanie, selon l’ONU.

Dans le village d’Anin, les paysans doivent se soumettre chaque jour à un contrôle militaire pour franchir la clôture qui les sépare de leurs champs. Pendant la cueillette des olives, à l’automne, le point de passage est ouvert une heure le matin et une heure l’après-midi. Le reste de l’année, les horaires sont encore plus serrés. D’autres ne peuvent plus cultiver leurs oliveraies à cause de certains colons israéliens qui les empêchent de s’y rendre, souvent en usant de la force, quand ils n’arrachent pas ou ne brûlent pas simplement les arbres.

publié par El Watan, 3 novembre 2009

http://www.elwatan.com/

Sans Mahmoud Abbas, la paix est impossible

publié le lundi 9 novembre 2009

Pierre Rousselin
Mahmoud Abbas est une pièce essentielle de toute négociation de paix au Proche-Orient. Depuis que le président de l’Autorité palestinienne a annoncé son retrait, tout le monde se rappelle soudain qu’il existe et qu’il est irremplaçable [1].

C’était sans doute l’effet recherché. Et l’intéressé a déjà montré qu’il pouvait changer d’avis. Mais cela suffira-t-il à créer les conditions qui lui permettraient de revenir sur sa décision  ?

S’il en est là, c’est qu’il est en train de perdre pied, au sein de l’Autorité palestinienne, au sein du Fatah et vis-à-vis de l’opinion. L’abandon par les États-Unis de l’exigence d’un gel total de la colonisation, avant la reprise de négociations avec Israël a marqué, pour lui, le point de non-retour.

Mahmoud Abbas avait pris au pied de la lettre l’engagement, au demeurant assez hardi, de Barack Obama d’obtenir d’Israël l’arrêt total de la construction en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Lorsque Hillary Clinton a jugé «  sans précédent  » le gel partiel consenti par Benyamin Nétanyahou et exigé une reprise sans conditions des pourparlers de paix, le président de l’Autorité palestinienne s’est retrouvé sans arguments face au Hamas, qui l’accuse de capituler devant Israël.

L’avenir dira si la nouvelle Administration américaine a agi avec naïveté, en mettant la barre trop haut, sans se préparer à une épreuve de force avec un gouvernement israélien qui n’allait pas s’incliner, ou bien si la tactique choisie relève d’une stratégie encore inaboutie.

À l’heure qu’il est, Benyamin Nétanyahou est singulièrement renforcé, puisqu’il a résisté aux États-Unis. Déconsidéré en Israël, Obama est en passe de l’être aussi chez les Palestiniens, où la ligne intransigeante du Hamas triomphe.

Pour renverser la tendance, Mahmoud Abbas joue ses dernières cartes.

- Depuis la disparition de Yasser Arafat, il est le seul chef de l’OLP disposant d’une légitimité historique. D’où les ralliements, palestiniens et internationaux, suscités par son annonce de retrait.
- Son projet d’élections, le 24 janvier, visait à sauver l’Autorité palestinienne, dont le mandat populaire expire dans quelques mois. En l’absence d’un scrutin, le Hamas pourra dénoncer le vide institutionnel et l’abus de pouvoir du Fatah. La coupure de la Palestine en deux cantons, avec d’un côté Gaza, aux mains des islamistes, et de l’autre la Cisjordanie, deviendra irréversible. Sans parler de ceux qui, de plus en plus nombreux parmi les Palestiniens, appellent à abandonner le projet des deux États.

«  Ou moi, ou le Hamas.  » Tel est le message de Mahmoud Abbas. Il s’adresse d’abord aux États-Unis, pour que de nouvelles pressions soient exercées sur Israël. Il s’adresse aussi à tous ceux qui ne veulent pas voir les islamistes triompher en Palestine, au premier rang desquels les Égyptiens, les Jordaniens et autres régimes arabes modérés, susceptibles d’être entendus à la Maison-Blanche.

L’annonce du retrait de Mahmoud Abbas peut être un électrochoc. En Israël, Ehud Barak et Shimon Pérès l’ont appelé à revenir sur sa décision. La diplomatie française, absente du Proche-Orient depuis de longs mois, se réveille. Bernard Kouchner se rend en Israël et dans les Territoires pour convaincre le dirigeant palestinien «  de continuer sa démarche vers la paix  ».

Mahmoud Abbas doit obtenir quelque chose. Il ne peut pas négocier sans un minimum de garanties. Les États-Unis, les pays arabes concernés et l’Europe doivent s’engager sur ce point. Le gel partiel de la colonisation auquel s’est engagé Benyamin Nétanyahou peut être un point de départ. Le but de la négociation doit être défini noir sur blanc  : les frontières de l’État palestinien, Jérusalem, les réfugiés... Les conditions de la négociation sont connues. Encore faut-il en avoir la volonté politique et ne pas se priver du président de l’Autorité palestinienne.

[1] c’est notamment vrai de nombre de médias, relais du discours dominant, dont la plupart se focalisent sur une analyse soudain positive du rôle d’Abbas, "rempart contre l’intégrisme" qui menacerait le monde "libre". Quant à la secrétaire d’Etat Clinton, elle a déclaré qu’elle travaillerait avec Abbas « quelles que soient ses fonctions », laissant ainsi entendre que les Etats-Unis pourraient faire sans Abbas et trouver au sein de la direction palestinienne un interlocuteur aussi prompt que lui à se plier à leur règle du jeu

publié sur le blog du Figaro "Géopolitique"

http://blog.lefigaro.fr/geopolitiqu...

note : C. Léostic, Afps

dimanche 8 novembre 2009

Cargaison d'armes au Hezbollah: la manipulation israélienne déchiffrée

Leila Mazboudi

07/11/2009 C'est en voulant en faire de trop, que l'administration israélienne s'est plantée sur l'affaire de l'interception d'une cargaison d'armes destinées au Hezbollah.
Ayant été surexploitée politiquement, elle est perçue comme étant une manipulation médiatique, qui avait pour but de contrer, ou de peser sur le vote de l'Assemblée générale des nations Unies en faveur du rapport Goldstone contre ses crimes de guerres dans la bande de Gaza.

La presse israélienne n'a pas manqué de le constater: l'information n'a pas été médiatisée comme elle aurait dû l'être.
" Nous ne devons pas beaucoup nous surmener. L'affaire du bateau n'a pas beaucoup suscité l'intérêt du monde. Nous avons certes observé une présence médiatique importante sur le lieu de l'évènement, mais les médias n'ont pas beaucoup publié cette information" a constaté Yoav Limor, le chroniqueur militaire de la dixième chaine de télévision israélienne.
Parlant de déception, le Yédiot Aharonot a constaté que cette information n'a pas eu l'effet de choc qu'elle aurait du avoir. Le journal israélien a même constaté que certains médias importants l'ont boudé, à l'instar des journaux britanniques "The Daily Telegraph " et " The Gardian"; alors que d'autres l'ont marginalisé, ne lui accordant qu'une place de côté, à l'instar du Washington Post et du New York Times américains.

Sur internet, les papiers de démenti du Hezbollah dans l'implication dans cette affaire ont été beaucoup plus consultés que ceux de l'interception de la cargaison d'armes: 200 contre 100, énumère le journal.
Au Liban, en plus de l'exploitation médiatique de l'affaire, c'est la rapidité avec laquelle l'équipage polonais du bateau allemand Francop a été libéré qui a mis la puce à l'oreille de certains observateurs. S'étonnant que les autorités israéliennes n'aient pas pressenti le besoin de les soumettre à l'interrogatoire.

En revanche, ce sont les services de renseignements de l'armée libanaise qui l'ont fait lorsque le bateau a accosté dans le port de Beyrouth au lendemain de la découverte présumée de la cargaison d'armes.
Cette négligence a fait planer le doute que cet équipage était de mèche avec l'entité sioniste, pour fabriquer cette affaire de toute pièce.
(Dans le cas du bateau russe Arctic Sea, soupçonné par Israël d'avoir transporté le fameux système de défense anti aérien S300 à l'Iran, et piraté par lui, l'équipage avait été gardé aussi bien par les Israéliens que par les Russes eux-mêmes pendant plus d'un mois).

D'autres observateurs, en l'occurrence au journal d'AsSafir, se sont penchés sur le parcours du Francop, publié sur Internet par la société d'assurance Loyds.
Celle-ci assure que le bateau travaille en Méditerranée depuis six mois, et que son parcours depuis la mi-septembre s'est limité à des navettes entre les ports de Doumiat en Égypte, de Limassol à Chypre et celui de Beyrouth où il ne jetait l'ancre que pendant quelques heures.
Khodor Taleb du journal, s'étonne que le parcours du bateau ne soit plus du tout précisé à partir du 27 octobre et jusqu'au 4 novembre, date à laquelle, l'entité sioniste a annoncé avoir intercepté la cargaison d'armements après être sortie du port égyptien de Doumiat. (Huit jours après avoir quitté le port de Limassol vers une destination inconnue).
Sachant que ces huit jours ne sont pas suffisants au bateau en question pour joindre le port iranien de Bandar Abbas situé au Golfe, pour y charger la cargaison estimée à plusieurs dizaines de tonnes, et puis retourner en Méditerranée. De plus en plus de chroniqueurs soupçonnent l'Égypte qui a observé un silence de mort sur l'affaire.

D'autres observateurs ont constaté que les inscriptions marquées sur ces armements exposés par la marine israélienne étaient en anglais. Alors qu'elles devraient être en chinois, russe, ou nord-coréen, pays d'où proviennent généralement les armements iraniens, outre ceux fabriqués en Iran. Au lendemain de la guerre 2006, les responsables israéliens s'étaient plaints auprès des responsables chinois et russes que l'armement du Hezbollah provenait de chez eux, montrant à l'appui les lettres de leurs langues.
La corde du mensonge est courte, cite l'adage arabe lequel convient à la stratégie médiatique sioniste qui n'arrive plus à persuader que ceux qui gardent les yeux fermés.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=110307&language=fr

Face au mur

samedi 7 novembre 2009 - 09h:32

K. Selim - Le Quotidien d’Oran

Mahmoud Abbas a annoncé qu’il n’a pas envie de se présenter à l’improbable élection de la présidence de l’Autorité palestinienne, qu’il a, unilatéralement, convoquée pour le 24 janvier prochain.

Est-il nécessaire de se demander s’il s’agit d’un retrait sincère ou d’une manoeuvre politique destinée, à la mode arabe, de laisser les appareils dont il dispose orchestrer un pathétique « ne nous quitte pas » ? Sincère ou purement politicienne, l’annonce de Mahmoud Abbas, une plainte douce à l’égard de ces Américains dont il se croyait l’ami, n’en comporte pas moins un sens indubitable, celui de l’impasse.

Tout le chemin accompli depuis les lointains accords d’Oslo, qui n’ont pas empêché une extension de la colonisation israélienne et de la purification ethnique anti-palestinienne, ont débouché sur un mur. Mahmoud Abbas et ses collaborateurs, ces indécrottables comédiens de la négociation, ne peuvent prétendre être surpris du parti pris de l’administration américaine en faveur d’Israël. Il y a eu tellement de Palestiniens de toute tendance qui les ont alertés sur le fait qu’ils faisaient preuve d’un angélisme impardonnable dans une région où l’on n’hésite pas à commettre des crimes de masse et à détruire des nations tout en prétendant diffuser la démocratie.

Le Fatah lui-même, malgré ses vicissitudes et ses lourdes branches corrompues - vendues, diront certains -, avait suffisamment d’expérience politique pour ne pas rester indéfiniment dans une négociation sans but. La raison première de l’impasse est, hélas, classique : l’accaparement du pouvoir et de la décision par un petit groupe entourant Mahmoud Abbas. Ce groupe, flatté d’être considéré comme un « bon interlocuteur » par les Occidentaux, en est arrivé à considérer que l’opinion des Palestiniens ne compte pas. Ce groupe pensait - il le pense sûrement encore - qu’il est tellement brillant qu’il peut se passer de l’avis des Palestiniens. Dans le meilleur des cas, Mahmoud Abbas et ses collaborateurs pensaient que les « résultats » obtenus par leur démarche « réaliste » permettraient d’inverser la tendance et de redorer le blason durablement terni des négociateurs.

A l’évidence, après avoir avalé une série de couleuvres américaines, dont l’incroyable épisode du rapport Goldstone, Mahmoud Abbas a eu de la difficulté à digérer l’ultime avanie d’une Hillary Clinton, venant à El-Qods, pour annoncer le plat alignement de Barack Obama sous les semelles de Netanyahu. Une humiliation de plus qui le pousse à se retirer ou... à menacer de se retirer.

Quand on arrive devant un mur, il y a deux attitudes possibles : s’arrêter et s’interroger sur les raisons qui ont mené à l’impasse, ou bien faire mine de chercher un trou dans le mur. A l’heure qu’il est, personne n’est sûr que Mahmoud Abbas - et ses pairs arabes présumés « modérés » aussi - soit prêt à une évaluation honnête du chemin qui a conduit au mur. Ce n’est pas une question de personnes, ce sont des choix politiques stratégiques qui sont en cause.

Le constat d’échec d’une stratégie, qui n’est pas encore fait par Mahmoud Abbas, doit libérer les Palestiniens et les amener à engager un véritable débat national. Cela dépasse largement les élections à la fantomatique Autorité palestinienne. Toute la question est là. Mahmoud Abbas veut-il que les Palestiniens rediscutent sur le fond une politique qui a lamentablement échoué ou bien essaie-t-il seulement de chercher des trous qui n’existent pas dans un mur qui, lui, est bien réel ?

6 novembre 2009 - Le Quotidien d’Oran - Editorial

Dehors dans le froid

Gaza - 07-11-2009
Par Saleh Al-Naami
Awatef Al-Assar a rempli des sacs de sable pour consolider les côtés de la tente, pour tenter en vain de la stabiliser. Ses enfants se souviennent encore des efforts qu’elle et son mari ont déployés, l’hiver dernier, pour maintenir le mât de la tente qui abritait leur famille, l’hiver dernier, alors que le vent soufflait fort et le faisait vaciller. Ils grelotaient de froid et de peur sous l’orage. La pluie avait trempé la tente et malgré leurs efforts, la tente s’est effondrée sur les enfants. La famille toute entière a dû chercher refuge dans une maison voisine.











































Comme des milliers d’autres, la maison des Al-Assar a été détruite pendant la guerre d’Israël contre la Bande de Gaza. Aujourd’hui, elle redoute la répétition de la même expérience de punition que l’hiver dernier. Sa voisine, Hajja Fatma Hamdan, qui vit dans le même camp de réfugiés avec sa famille, se souvient de la quantité de pluie qui a inondé la tente pendant que sa famille dormait. Ils se sont réveillés paniqués et tout ce qu’ils ont pu faire fut d’abandonner la tente et ce qu’elle contenait et chercher refuge ailleurs.

Les résidents du camp de réfugiés, installé près de Beit Lahia, disent que les conditions de vie sous les tentes ont provoqué beaucoup de problèmes de santé chez les sans-abris, en particulier les enfants, vomissements, diarrhées et crampes d’estomac. Nehaya, dont le mari a été tué pendant la guerre israélienne, dit que l’hiver dernier, elle a dû continuellement emmener ses enfants à la clinique de Beit Lahia pour des rhumes et des bronchites.

Alors que l’hiver approche, les occupants de ce camp – comme ceux des autres camps – se plaignent de ne pas avoir suffisamment de couvertures. Suleiman Al-Masri, dont la maison à Beit Hanoun, au nord-est de Gaza, a été détruite, dit que pour les 15 membres de sa famille, il n’a reçu que sept couvertures d’une organisation caritative. Neuf mois après la fin de la guerre, beaucoup de familles sans abri reviennent dans leurs maisons détruites à la recherche de couvertures sous les tonnes de gravats. La plupart du temps, ils ne retrouvent rien, soit parce que tout a été brûlé, soit parce que tout est enseveli sous les décombres.

Ces familles n’ont aucun refuge, sauf les camps dressés par le gouvernement Hamas, l’UNRWA ou les associations caritatives qui travaillent à Gaza. Des camps pour ceux qui ont perdu leurs maisons sont disséminés partout à Gaza. En fait, des camps ont été installés dans chaque secteur détruit pendant la guerre.

Ceux dont les maisons ont été complètement détruites pendant la guerre ne sont pas les seuls à souffrir du froid de l’hiver. Les Gazaouis dont les maisons n’ont pas été complètement démolies pendant l’attaque souffrent aussi. Dans beaucoup de ces maisons, il faudrait remplacer les fenêtres mais à cause du siège, on ne trouve pas de vitres, ou seulement par les tunnels, et les prix sont montés en flèche. Toutes les fenêtres de la maison de la famille de Ghassan Abu Samha, dans le Camp de Réfugiés d’Al-Maghazi, au centre de Gaza, ont été détruites par l’attaque israélienne. Les huit membres de sa famille sont exposés à l’hiver glacial tandis que la saison froide approche, et aucune réparation n’est possible.

Abu Samha dit à Al-Ahram Weekly qu’il n’a pu se permettre de réparer les fenêtres avec les vitres disponibles, qui sont de toute façon de mauvaise qualité. « La réparation coûte 2.500 shekels (450€), ce qui est pour moi une somme énorme. Je n’ai pas d’autre solution que de couvrir les fenêtres avec du plastique, ce qui me revient à une centaine de shekels (18€). » Le fils d’Abu Samha, Ahmed, 10 ans, se souvient que le froid l’a souvent empêché de dormir l’hiver dernier. Néanmoins, couvrir les fenêtres de plastique est devenu la solution commune à beaucoup de familles de Gaza.

Des centaines de Gazaouis qui vivent près de la frontière entre Israël et la Bande de Gaza, et dont les maisons sont restées intactes, ont décidé de partir par crainte d’être bombardés par Israël. Ils se sentent particulièrement vulnérables parce que leurs maisons sont situées en face des bases de l’armée israélienne, sur la ligne démarcation.

Zaidan Sarar, qui vit sur la frontière, fait partie de ceux qui ont choisi de quitter leur maison et de déménager dans un appartement loué, par peur de l’armée israélienne. Sarar s’est installé dans un appartement à Deir Al-Balah et a abandonné sa maison, disant au Weekly qu’il préférait dépenser son argent dans une location plutôt que de prendre des risques pour sa sécurité. «Lorsque j’ai repensé aux corps des enfants tués pendant la dernière guerre, j’ai décidé de tout faire pour que mes enfants ne subissent pas le même sort, » dit-il. « C’est la raison pour laquelle j’ai cherché à louer un appartement et que j’ai laissé ma maison, dans la construction de laquelle j’ai mis toutes mes économies. »

D’autres familles se débattent avec l’entassement après avoir ouvert leurs portes à des familles sans abri. Gamal Al-Masri, 29 ans, dit qu’il attend la nuit avant de renter chez lui, dans le Camp de Réfugiés d’Al-Nosayrat, au centre de Gaza. Sa maison abrite en ce moment ses parents et ses jeunes frères et sœurs, depuis que leur maison du Camp d’Al-Maghazi, à l’est d’Al-Nosayrat, ait été anéantie l’hiver dernier. Al-Masri, qui est marié et père de cinq enfants, dit auWeekly qu’il passe le plus de temps possible hors de chez lui parce sa maison de trois chambres héberge maintenant 17 personnes. Tandis que l’hiver approche, il a de plus en plus de mal à rester dehors avec ses collègues de travail ou ses voisins, mais il est incapable de vivre dans une maison bondée. Son plus gros problème est aussi le manque de couvertures pour protéger chacun du froid de l’hiver.

Al-Masri n’est pas le seul à avoir été obligé de prendre sa famille chez lui après que l’armée israélienne ait détruit leurs maisons pendant la guerre. En fait, on pourrait dire qu’il a plus de chance que beaucoup d’autres qui doivent héberger leurs familles depuis la guerre israélienne. Adel Sala, 43 ans, n’a pas eu d’autre choix que d’accueillir les familles de deux de ses frères, après que l’armée israélienne ait détruit leurs maisons dans deux attaques distinctes.

Avec 25 personnes vivant maintenant dans sa maison de quatre chambres dans le village d’Al-Qarara, chaque famille s’est installée dans une chambre et les trois hommes dorment dans la quatrième. Sala reconnaît que ce sont des conditions de vie très difficiles, compliquées et embarrassantes. Par exemple, aller à la salle de bains demande une véritable coordination, et lui et ses frères vont à la mosquée pour leurs ablutions pour éviter toute gêne.

Les épreuves terribles sont sans fin cet hiver, et parmi les plus touchés sont les enfants dont les maisons ont été démolies et qui ont dû déménager loin de leur lieu de résidence. Ils ont maintenant à faire de très longues distances pour aller à l’école et manquent aussi de vêtements chauds pour les protéger du froid glacial de l’hiver.
Source : Al Ahram

"L'arme de l'apocalypse", par Gideon Levy

Publié le 7-11-2009


"Voilà comment on crée le scenario du prochain conflit". Une analyse de l’un des rares journalistes israéliens à dénoncer la propagande de guerre et les provocations israéliennes. Merci à Anne-Marie Perrin pour sa traduction.

"Toutes les quelques semaines, il vous faut semer la peur, tous les quelques mois, il vous faut lancer des menaces, et une fois par an ou tous les deux ans, il vous faut avoir une autre petite guerre. La coopération aveugle entre l’institution militaire et les médias assure la promesse d’un autre cycle de combats. De la sorte, il nous est possible d’esquiver en partie le blâme du Rapport Goldstone et de nous vautrer dans ce que nous aimons le mieux : être la victime, se sentir menacé et nous unir face au grand péril extérieur qu’on prétend être à l’horizon.

Les Forces de Défense israéliennes vont se placer au-dessus de tout cela et se laver d’une série de soupçons et d’échecs. Ce qui peut aussi se traduire en budgets énormes, glorification et influence à la fois pour les généraux et les commentateurs militaires. Ce qui génère aussi de bons scores d’audience pour la télévision et fait vendre des journaux à sensation et des systèmes d’armement sophistiqués. Qu’y aurait-il donc de meilleur pour nous ?

Le cri d’alarme le plus récent : la NASA en Palestine ; à Gaza, les systèmes Raphaël de Défense avancée d’Israël. Le Hamas lance une roquette iranienne – il faut qu’elle soit iranienne – à 60 kilomètres. Le chef du Renseignement militaire en a fait état. Le Premier Ministre Benyamin Netanyahu a immédiatement parlé de systèmes de missiles et les médias sont aussitôt entrés dans leur danse de guerre favorite. « Trois millions de citoyens à portée de tir », « Confrontation en décembre », « Etes-vous à portée de tir ? » « Les faubourgs de Tel-Aviv en danger », « Des armes apocalyptiques » - des titres effrayants, accompagnés de cartes non moins alarmantes. « Il s’agit pour l’armée d’une dimension nouvelle à affronter. Il ne s’agit pas d’une question simple mais d’une tout autre histoire. Nous devrions nous rappeler que les pertes seront nombreuses de notre côté », rugissait à la télévision ce baryton national qu’est le commentateur militaire.

Et nous voici de nouveau en prise au grotesque – une bande de terre assiégée et enfoncée dans sa détresse et ses ruines avec une pitoyable organisation paramilitaire dont l’arsenal d’armes serait une honte pour un camp d’entraînement basique de l’armée israélienne, et qui a déjà prouvé son inadéquation durant la dernière guerre. Mais les militants nous sont dépeints comme une superpuissance. Voilà comment on crée le scenario du prochain conflit. Voilà comment on donne du pouvoir non seulement à l’ennemi, mais d’abord et surtout aux Forces de Défense Israéliennes, qui sont à même de battre l’ennemi.

Les commentateurs militaires, tout à leur bellicisme, annoncent, que la guerre est pour bientôt, peut-être même pour le mois prochain. Leurs prédictions furieuses seront de nouveau une prophétie dont ils vont eux-mêmes assurer l’accomplissement . De même que dans ses horribles incarnations antérieures, nous pouvons nous attendre sous peu à une série d’ « incidents » qui vont « chauffer le front » - bombardement d’un tunnel, mitraillage d’un laboratoire d’armes.

Quelques paysans inoffensifs qui oseront s’approcher du mur de sécurité, leurs charrues rouillées en main, seront abattus et dépeints comme des terroristes posant des explosifs ; et en réponse les Palestiniens vont tirer des Qassams vides, semant la peur dans le Néguev et mettant sous pression le gouvernement pour qu’il « fasse quelque chose ».

« La haute hiérarchie ne se demande pas s’il y aura une autre confrontation militaire avec le Hamas, mais quand », selon le cliché relatif à la prochaine guerre. Mais, bien entendu, l’unique question importante n’est pas posée : « Pourquoi ? », plutôt que si ou quand. Là est la question qui ferait réfléchir.

Tout cela serait comique si ce n’était si démoralisant. Même la satire ne serait pas aussi ridicule que cette réalité récurrente. Aucune leçon n’est retenue. Mille commissions d’enquête ne nous épargneront pas cette marche de folie. Gaza est enfermée et tranquille, toutes proportions gardées. Il est sûr qu’elle ne restera pas tranquille si le siège n’est pas levé et si on n’accorde pas à ses habitants des conditions de vie qui soient humaines. Ceux qui aspirent à une autre guerre vaine et criminelle en décembre sont conviés à se joindre à la célébration de l’insanité qui nous submerge et qu’orchestrent les seigneurs de guerre – généraux et commentateurs.

Bienvenue à ceux qui veulent essayer d’arrêter ce cercle vicieux pour concevoir une alternative : la levée immédiate du siège, la reconstruction de Gaza, la libération de Gilad Shalit au prix fixé, un effort pour faire entrer le Hamas dans le processus de paix et une tentative pour atteindre avec lui un accord à long terme. Cela est possible. On ne l’a jamais tenté. Que feront donc les généraux et les commentateurs si – Dieu nous en préserve ! – le calme au Sud continue ?

Source : http://www.haaretz.com/hasen/spages/1126077.html

(Traduit de l’anglais par Anne-Marie PERRIN pour CAPJPO-EuroPalestine)

CAPJPO-EuroPalestinre

samedi 7 novembre 2009

Abbas toujours le préféré des Israéliens

06/11/2009 Les dirigeants israéliens, tout en s'abstenant de faire des commentaires publics, ont exprimé vendredi leur préférence pour que le président palestinien Mahmoud Abbas reste au pouvoir.
"Nous considérons Abbas comme un partenaire pour la paix aussi longtemps qu'il est au pouvoir", a déclaré un haut responsable gouvernemental à l'AFP.
"Nous aimerions démarrer les négociations dès que possible avec la direction palestinienne modérée", a-t-il ajouté sous couvert de l'anonymat.

M. Abbas a annoncé jeudi qu'il ne briguerait pas un nouveau mandat lors des élections générales palestiniennes prévues en janvier, manifestant ainsi sa frustration devant le blocage du processus de paix.
"Nous ne nous immisçons pas dans les affaires internes des autres. Mais il est évident qu'Israël et les Etats-Unis ont tout intérêt à ce que les Palestiniens aient une direction pragmatique et responsable", a déclaré à la radio le vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon.

La décision du président palestinien de ne pas se représenter est analysée comme un "coup tactique" par les dirigeants et les éditorialistes israéliens.
"Cette annonce est un coup tactique destiné d'abord à faire pression sur les Etats-Unis tout en répondant à des besoins internes" palestiniens, a déclaré un responsable gouvernemental non identifié au quotidien Yediot Aharonot.
"Néanmoins, le Premier ministre (Benjamin Netanyahu) ne souhaite pas le départ de Mahmoud Abbas, car après lui viendront des dirigeants plus extrémistes", explique-t-il.

Selon le quotidien Haaretz, le président israélien Shimon Peres a appelé au téléphone M. Abbas vendredi matin pour lui demander de rester en poste.
"Si vous partez, les Palestiniens vont perdre leur chance de parvenir à un Etat indépendant et la situation dans la région va se dégrader", a plaidé M. Peres, cité par le journal.

Le ministre israélien de l'Environnement, Gilad Erdan, un proche de M. Netanyahu, a néanmoins accusé à la radio le président palestinien "de n'avoir rien fait en cinq ans pour parvenir à la paix".

La décision de M. Abbas, âgé de 74 ans, survient au moment où le processus de paix au Proche-Orient est complètement bloqué, les Etats-Unis ayant échoué à convaincre les Israéliens de geler totalement la colonisation dans les territoires palestiniens.
L'Autorité palestinienne réclame un arrêt de la colonisation israélienne, y compris à Jérusalem-est (occupé par Israël en juin 1967) avant de reprendre les négociations.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=110155&language=fr

Norvège: la justice classe une plainte contre Israël pour crimes de guerre

06/11/2009 La justice norvégienne a décidé de ne pas donner suite à une plainte pour crimes de guerre déposée à l'encontre de hauts responsables israéliens, y compris l'ex-Premier ministre Ehud Olmert, impliqués dans l'offensive militaire dans la bande de Gaza, a-t-elle annoncé vendredi.

Six avocats norvégiens avaient, le 26 avril, porté plainte pour "crimes de guerre" et "violations graves des droits de l'Homme" contre M. Olmert et neuf responsables israéliens accusés d'avoir joué un rôle dans l'intervention militaire qui avait duré du 27 décembre au 18 janvier derniers.

"Nous ne disons pas qu'il n'y a pas eu de crimes de guerre. Nous disons seulement qu'il n'y a pas lieu pour nous d'ouvrir une enquête sur ce point", a déclaré à l'AFP Mme Siri Frigaard, procureur en chef du parquet norvégien.

Les tribunaux norvégiens ont depuis peu une compétence universelle dans les domaines relevant des droits de l'Homme.
"Aucune des personnes visées par la plainte n'a de lien quelconque avec la Norvège", a toutefois souligné le Parquet dans un communiqué.
"Le parquet norvégien devrait faire preuve de retenue avant d'ouvrir une enquête sur des affaires où le crime supposé est commis à l'étranger sans que le coupable réside en Norvège ou ait quelle que relation que ce soit avec ce pays", ajoute le communiqué.
Selon des sources médicales palestiniennes, l'offensive israélienne contre la bande de Gaza, contrôlée par les islamistes du Hamas, avait fait plus de 1.400 morts palestiniens.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=110171&language=fr

AIEA: nos inspecteurs n'ont rien "trouvé d'inquiétant" sur le site nucléaire de Qhom

Téhéran.Irna. 06 Novembre 2009.

Selon le directeur général de l'AIEA, Mohamad El-Baradei, les inspecteurs n'ont fait aucune découverte inquiétante sur le site nucléaire iranien inspecté fin octobre.

Les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui ont pu se rendre sur le site nucléaire en cours de construction près de la ville sainte de Qhom n'y ont rien "trouvé d'inquiétant".

Le directeur général de l'agence onusienne, Mohamed El-Baradeï, l'a annoncé au New York Times dans son édition de jeudi, déclarant par ailleurs oeuvrer à une possible compromis entre l'Iran et les puissances que sont la Russie, la France et les Etats-Unis qui ont proposé de l'alimenter en combustible nucléaire à des fins civiles.

Les constatations des inspecteurs de l'AIEA sur le site en construction à l'intérieur d'un montagne du désert proche de Qhom "n'ont rien d'inquiétantes", a dit le diplomate égyptien.

L'Iran a révélé en septembre l'existence de ce site.

Les comparaisons des plans avec le site, entretiens avec les scientifiques et employés locaux et prélèvements d'échantillons de sol figureront dans le prochain rapport de l'AIEA sur les activités nucléaires sensibles de l'Iran, attendu à la mi-novembre.

Le directeur général de l'AIEA dont le mandat expire fin octobre, a affirmé par ailleurs qu'il n'existe aucun document à l'appui de soi-disant efforts de l'Iran pour se procurer des armes nucléaires.

Selon Reuters, Mohammad El-Baradeï l'a affirmé lors d'une réunion au Conseil des relations étrangères des Etats-Unis à New-York.

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-96/0911068727094209.htm

Ban : La paix entre Israël et le Liban est fragile


Un casque bleu de la FINUL le long de la "Ligne bleue" à la frontière entre le Liban et Israël.

6 novembre 2009 – Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, estime dans un rapport publié vendredi que la paix reste fragile entre Israël et le Liban, alors qu'un certain nombre d'incidents et de violations graves de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité ont été observés ces derniers mois.

« Globalement, la situation dans la zone d'opérations de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) est restée généralement stable pendant la période considérée et l'état de cessation des hostilités entre Israël et le Liban a persisté », estime M. Ban dans ce rapport remis au Conseil de sécurité.

« Néanmoins, cette période a été marquée par un certain nombre d'incidents et de violations graves de la résolution 1701 (2006) du Conseil, aussi bien au niveau de la Ligne bleue que dans la zone comprise entre la Ligne bleue et le Litani, ce qui témoigne à nouveau de la fragilité persistante de la situation et des risques de détérioration », ajoute-t-il.

Selon lui, dans tous ces cas, la FINUL est restée en liaison étroite et a agi en coordination avec les parties au niveau militaire par des voies bilatérales, les exhortant à faire preuve de la plus grande retenue afin d'éviter une escalade de la situation, puis a porté les incidents à l'attention du mécanisme tripartite. « En outre, mon Coordonnateur spécial pour le Liban est resté en contact étroit avec les parties aux niveaux politique et diplomatique et a cherché à régler les cas de forte tension comme à assurer de manière plus générale l'application de la résolution 1701 (2006) », ajoute-t-il.

Ban Ki-moon exhorte les parties à continuer d'agir avec la plus grande retenue et à respecter l'arrêt des hostilités et la Ligne bleue. Il s'est dit particulièrement préoccupé par les tirs de roquettes du 11 septembre et du 27 octobre – les quatrième et cinquième attaques de ce genre lancées en 2009 contre Israël depuis le Liban. La découverte d'un dépôt d'armes et de munitions à Khirbat Silim est un autre élément inquiétant, de même que les incidents survenus à Tayr Falsay et dans le secteur de Houla en octobre, qui font encore l'objet d'une enquête.

Par ailleurs, M. Ban demande à Israël de cesser immédiatement tous survols du territoire libanais, qui constituent des violations de la souveraineté libanaise et de la résolution 1701.

Le Secrétaire général estime que l'absence de progrès, s'agissant de certains aspects clefs de la résolution 1701, continue d'empêcher l'instauration d'un cessez-le-feu permanent et d'une solution durable entre les parties. Il juge toutefois qu'Israël comme le Liban restent attachés à l'application intégrale de cette résolution.

Il note par ailleurs qu'au moment de la rédaction du rapport, le Premier ministre désigné Saad Hariri, menait toujours des consultations en vue de constituer un gouvernement. « Plus de quatre mois après la tenue des élections législatives, le Liban est toujours sans gouvernement. J'espère que les consultations conduites actuellement par le Premier Ministre désigné Saad Hariri aboutiront bientôt à la formation d'un gouvernement qui aura la confiance du Parlement. Je compte aussi que le nouveau gouvernement s'engagera sans équivoque à appliquer intégralement la résolution 1701 (2006) », dit-il.

http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=20536&Cr=Liban&Cr1=

Le communiqué de la Syrie auprès des Nations unies sur le rapport de Goldstone

06 Nov 2009

Damas / M.Bachar al-Jaafari, délégué permanent de la Syrie auprès des Nations unies, a affirmé que la délégation de la Syrie a voté pour la résolution adoptée par l'Assemblée générale portant sur la criminalisation d'Israël pour ses crimes de guerre commis lors de sa dernière agression contre Gaza "partant de la conviction de la Syrie de la justesse de la cause palestinienne et de la lutte du peuple palestinien pour la libération de ses territoires".

Dans un communiqué lu au nom de la Syrie devant l'Assemblée générale à New York, M.al-Jaafari a souligné que la Syrie considère comme "critère de crédibilité" le vote des pays membres pour la résolution, tout en affirmant le refus de la délégation syrienne de toute allusion sur l'égalité entre l'agresseur et la victime "car c'est Israël qui occupe les terres palestiniennes et qui a utilisé des armes interdites universellement pour tuer les civils palestiniens".

Le communiqué critique vivement l'abstention de certains pays à voter en faveur de cette résolution "car le devoir humain leur implique à affronter les crimes et les violations d'Israël du droit international et des droits de l'Homme", indiquant que lesdits pays se sont allés plus loin dans leur politique de deux poids deux mesures.

"Le renversement des faits constitue un déni des droits d'un peuple sous l'occupation à la résistance contre l'occupant", a fait noter le communiqué, tout en incitant tous les pays membres à sanctionner les Israéliens qui ont commis des crimes de guerre contre l'humanité dans la bande de Gaza.

Notons que l'Assemblée générale des Nations Unies a approuvé à une grande majorité de /114/ le rapport de /Goldstone/ sur les crimes commis par Israël au cours de sa dernière agression contre la bande de Gaza.

Rappelons que le rapport du juge Richard Goldstone, dont /18/ ont voté contre et /44/ d'autres se sont abstenus, avait affirmé la violation par Israël des droits de l'homme et ses crimes de guerre commis contre le peuple palestinien lors de sa dernière agression contre Gaza.

A. Chatta / R.Jorf

http://www.sana.sy/fra/51/2009/11/06/254342.htm

Mahmoud Abbas claque la porte


Abou Mazen se sent trahiAbou Mazen se sent trahi

Au cours d’un discours qualifié d’historique par beaucoup d’observateurs, le président palestinien, Mahmoud Abbas, a annoncé jeudi, d’un ton calme et ferme, son désir de ne pas se porter candidat à la prochaine élection présidentielle.


Ghaza. De notre correspondant

Au siège de la présidence à Ramallah, devant des membres du Comité central du fatah, du comité exécutif de l’olp et d’autre responsables, le président Abbas, qui semble avoir été fortement déçu par le ralliement des Américains sur la position du gouvernement israélien de droite, relative à la colonisation dans les territoires palestiniens, a déclaré : « J’ai dit aux frères dans le comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et dans le Comité central du Fatah que je ne désire pas me présenter à la prochaine élection (présidentielle). » « je souhaite qu’ils comprennent ce désir, sachant qu’il y a d’autres pas que je prendrai en temps opportun », a ajouté le président palestinien. Mahmoud Abbas, alias Abou Mazen, âgé de 74 ans, symbole de la modération palestinienne, qui a longtemps cru et qui croit encore en la possibilité de règlement de la question palestinienne par les moyens diplomatiques, qui s’est présenté candidat à la succession de son compagnon de route, le défunt Yasser Arafat, en 2005, avec un programme politique déclaré au cours de sa campagne électorale, excluant la résistance armée, se sent aujourd’hui abandonné et seul en face d’israël, dont le gouvernement est le plus à droite depuis sa création.

Ni la communauté internationale ni la nouvelle direction américaine n’ont pu persuader Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien et son gouvernement à aller dans le sens d’une véritable paix ; pis, Barack obama, qui au début de son mandat demandait un gel complet de la colonisation comme le veulent les palestiniens et le président Abbas pour une reprise sérieuse du processus de paix, s’est complètement rallié à la position israélienne qui exige une reprise des négociations sans conditions préalables et qui refuse l’arrêt de la colonisation. la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, l’a dit haut et fort la semaine passée, durant sa visite dans la région : « Les parties doivent reprendre immédiatement les négociations sans conditions préalables. »

L’arrêt de la colonisation : perte de temps

Et a qualifié la proposition du Premier ministre, Benyamin Netanyahu, de limiter la colonisation de « sans précédent ». Même s’il ne l’a pas dit ouvertement au cours de son discours, la nouvelle position égyptienne annoncée par Ahmad Abou El Gheit, le ministre des affaires étrangères, au cours d’une conférence de presse commune avec la secrétaire d’Etat américaine, au caire, la semaine passée, qui, désormais, considère comme perte de temps l’exigence de l’arrêt de la colonisation, a dû peser lourd dans la décision du président palestinien. « Nous devons nous concentrer sur l’objectif final, plutôt que perdre du temps à exiger telle ou telle chose », avait déclaré le chef de la diplomatie égyptienne. Il ne fallait pas plus pour Abou Mazen pour se sentir trahi, poignardé dans le dos, alors qu’il a dû endurer beaucoup de critiques, d’insultes et d’accusations graves de collaboration avec l’ennemi sioniste par ses détracteurs, que ce soit au niveau local, principalement par le mouvement Hamas, ou au niveau régional.

Par la voix de la secrétaire d’Etat, Hillary clinton, la direction américaine a, semble-t-il, accepté le départ du président Abbas. « Il a réaffirmé son engagement personnel à faire tout son possible pour parvenir à une solution à deux Etats pour résoudre le conflit israélo-palestinien (...). J’espère continuer à travailler avec le président Abbas, dans quelque nouvelle fonction que ce soit », a-t-elle dit à Washington. Au niveau local, le mouvement Fatah et l’Organisation de libération de la palestine (OLP) continue de réclamer au président Abbas de revenir sur sa décision et le considèrent toujours comme leur unique candidat. Des manifestations populaires spontanées en guise de soutien au président Abbas, dans lesquelles les citoyens exprimaient leur refus de sa décision de ne pas briguer un second mandat, ont été notées dans plusieurs villes de cisjordanie, dont Ramallah et Jenine. Dans la bande de Ghaza, contrôlée par la force par le mouvement Hamas suite à un putsch armé au mois de juin 2007, et dans laquelle le président Abbas n’a plus aucune autorité, les citoyens ont suivi avec beaucoup d’attention le discours présidentiel, chez eux ou dans les cafés.

Par crainte d’être réprimés par les forces du mouvement islamiste, les citoyens ne sont pas sortis dans les rues comme en cisjordanie. Le mouvement Hamas, accusé par le président Abbas d’être responsable de la division interpalestinienne et d’avoir donné le prétexte à Israël de prétendre qu’il n’existe pas de partenaire palestinien crédible pour faire la paix, a considéré la décision d’Abou Mazen comme une affaire intérieure du Fatah. Oussama Hamdane, le représentant du Hamas au Liban, a qualifié l’évènement de « pièce théâtrale ». En tous les cas, si le président Abbas reste décidé à mettre un terme à son parcours militant en tant que premier responsable palestinien, israël et les Américains auront perdu une occasion inouïe de faire la paix avec les palestiniens par les moyens diplomatiques. cela signifie l’échec de la politique de modération, qui, automatiquement, devrait laisser la place à une autre qui embrasera de nouveau la région.

Par Fares Chahine

http://www.elwatan.com/Abou-Mazen-se-sent-trahi

L’ONU demande des enquêtes sur la guerre à Gaza

07/11/2009
L'Assemblée générale des Nations unies a adopté jeudi une résolution demandant à Israël et aux Palestiniens d'enquêter sur les accusations de crimes de guerre du rapport Goldstone sur l'offensive de la bande de Gaza. Après deux jours de débats, ce texte non contraignant a été voté par 114 voix contre 18 et 44 abstentions. Israël et les États-Unis ont voté contre, de même que plusieurs européens, illustrant les divisions de l'UE sur le sujet. Récusant la résolution, le ministre israélien des Affaires étrangères a jugé l'Assemblée générale de l'ONU « complètement déconnectée de la réalité ». Israël, poursuit-il dans un communiqué, se réserve toujours un « droit à l'autodéfense » et « continuera à protéger ses citoyens du terrorisme international ». Le texte s'appuie sur les conclusions du rapport sur l'intervention israélienne dans le territoire palestinien, en décembre et janvier derniers, établi par le juriste sud-africain Rochard Goldstone et commandé par le Conseil des droits de l'homme de l'ONU. Dans son rapport, rendu public le 15 septembre, le juriste fustige les deux parties, mais réserve ses traits les plus durs pour Israël. Le conflit s'est soldé par la mort de près de 1 400 Palestiniens et de treize Israéliens.
L'adoption de cette résolution, qui n'a aucun caractère contraignant, est peu susceptible de déboucher sur les enquêtes qu'elle réclame, mais elle représente un succès diplomatique pour les pays arabes, promoteurs du texte.

Une brèche dans le mur !

07/11/2009
Alors que le monde s’apprête à célébrer le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, de jeunes Palestiniens ont ouvert, hier, une brèche dans le mur de Cisjordanie. « Peu importe leur taille, tous les murs tombent », pouvait-on lire sur une banderole collée sur la structure.
Alors que le monde s’apprête à célébrer le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, de jeunes Palestiniens ont ouvert, hier, une brèche dans le mur de Cisjordanie. « Peu importe leur taille, tous les murs tombent », pouvait-on lire sur une banderole collée sur la structure.
Tout en s'abstenant de faire des commentaires publics, les dirigeants israéliens ont exprimé leur préférence pour que le président palestinien reste en place.
En annonçant son intention de ne pas se représenter, le président palestinien Mahmoud Abbas a exprimé sa frustration devant le blocage du processus de paix et mis la pression sur les États-Unis, dont il espérait le soutien face à la colonisation israélienne. Pour l'heure, il reste en poste jusqu'aux élections générales palestiniennes, prévues en principe le 24 janvier, mais qui pourraient être repoussées en raison des divisions internes palestiniennes. Ses adversaires ont beau jeu de dénoncer une nouvelle « manœuvre tactique » de la part d'un homme qui a souvent brandi les menaces de démission durant sa longue carrière de dirigeant palestinien, quitte à faire marche arrière au dernier moment.
Mais aux yeux de ses partisans, ce geste fort illustre l'exaspération de tout un peuple lassé d'un processus de paix avec Israël qui n'a guère avancé depuis son lancement à Oslo en 1993, tandis que sur le terrain, la colonisation israélienne multipliait des faits accomplis difficilement réversibles. M. Abbas « croit toujours aux vertus d'une solution négociée mais il ne peut continuer sans obtenir quelque chose des Américains », a estimé hier l'analyste palestinien Hani al-Masri.
Les espoirs que le numéro un palestinien avait mis dans le président Barack Obama ont été douchés par le recul de l'administration américaine qui exhorte désormais les Palestiniens à renoncer à leur exigence d'un gel total de la colonisation en vue d'une reprise des négociations de paix avec Israël. M. Abbas, dont la cote de popularité chez les Palestiniens s'est effondrée ces dernières semaines, « a voulu adresser un message aux États-Unis et à Israël pour dire à quel point l'option modérée qu'il représente est en péril », estime le politologue Naji Sharrab.
La décision de M. Abbas, 74 ans, survient au moment où le processus de paix est complètement bloqué, les États-Unis ayant échoué à rapprocher les vues entre les deux protagonistes. En faisant part de sa décision jeudi, M. Abbas n'a pas caché sa déception devant la politique de l'administration Obama. « Nous nous sommes félicités et nous avons été optimistes lorsque le président Obama a annoncé la nécessité d'un arrêt complet des colonies » en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée en 1967, a souligné M. Abbas. « Nous avons été surpris par son soutien (ultérieur) pour la position israélienne », a-t-il déploré, en allusion aux récents propos de la secrétaire d'État Hillary Clinton. Mme Clinton avait apporté à Jérusalem son soutien au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui veut une reprise des pourparlers sans conditions préalables et ne propose qu'un gel partiel de la colonisation. Même si Mme Clinton a fait ensuite marche arrière, ses propos ont suscité une immense surprise et de l'incompréhension, sinon de la colère, dans le camp palestinien.
Israël, tout en s'abstenant de faire des commentaires publics, ne cache pas sa préférence de voir le modéré et pragmatique Abbas rester en place. Ce dernier « pourrait fort bien revenir sur sa décision sous la pression populaire ou des instances politiques (palestiniennes) », souligne M. Sharrab, de l'Université al-Azhar de Gaza. Les cadres de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et du parti Fateh - organisations dirigées par M. Abbas - ont fait savoir au président qu'ils rejetaient sa décision et le soutenaient toujours comme leur candidat à la présidentielle. Dans les villes de Ramallah, Hébron et Jéricho, en Cisjordanie, des Palestiniens ont manifesté pour demander à M. Abbas de se présenter à l'élection.
À l'étranger, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a exhorté le président palestinien à revenir sur sa décision, selon l'agence de presse égyptienne MENA. De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a estimé que M. Abbas devait « continuer sa démarche vers la paix ». Pour sa part, le chef de la diplomatique britannique David Miliband a estimé que le président palestinien a « un rôle majeur » à jouer pour l'avenir du processus de paix au Proche-Orient.

Des Palestiniens ouvrent une brèche dans le mur de séparation

publié le samedi 7 novembre 2009

Le Monde
De magnifiques photos de Palestiniens qui, à un moment où en Occident on ne parle que du Mur de Berlin, rappellent au monde que d’autres murs, honteux et illégaux, existent aujourd’hui, comme celui que l’occupant israélien construit sur et contre leur terre, pour les en spolier, encore... [1].

[1] Intro : C. léostic, Afps

Un échec

publié le vendredi 6 novembre 2009

Amira Hass
Intervention d’Amira Hass à la réception de son Prix du Courage en Journalisme 2009 [1]

Permettez-moi de commencer par une correction. Correction ô combien impolie, allez-vous penser à juste titre, mais de toute façon, nous, les Israéliens, nous sommes pardonnés pour bien pire qu’une impolitesse.

Ce qui est si généreusement appelé aujourd’hui par la Fondation internationale des femmes dans les médias (IWMF) l’œuvre de ma vie doit être requalifié. Parce que c’est un Echec. Rien de plus qu’un échec. L’échec d’une vie.

Pensez-y, c’est juste cette partie de ma vie qui pose question : après tout, c’est environ un tiers de ma vie, pas plus, que j’ai consacré au journalisme.

Aussi, si cette période de ma « vie » vous donne l’impression que je vais bientôt prendre ma retraite - alors cette impression il faut la dissiper. Je n’envisage pas d’arrêter très vite ce que je fais.

Qu’est-ce que je fais ? On me définit en général comme journaliste pour les questions palestiniennes. Mais en réalité, mes articles portent sur la société et la politique israéliennes, sur la Domination et ses ivresses. Mes sources ne sont pas des documents secrets ou des comptes rendus divulgués de réunions de personnalités de Pouvoir et au Pouvoir. Mes sources sont les chemins ouverts à tous par lesquels les opprimés sont dépossédés de leurs droits à l’égalité en tant qu’êtres humains.

Il reste tant encore à apprendre sur Israël, sur ma société, et sur les décideurs israéliens qui inventent des restrictions comme interdire aux étudiants de Gaza de s’instruire dans une université palestinienne de Cisjordanie, à quelque 70 kilomètres de chez eux. Autre interdiction : interdire aux jeunes (de plus de 18 ans) d’aller voir leurs parents à Gaza, pour s’enquérir de leur santé. S’ils venaient à mourir, des responsables israéliens respectueux des ordres permettraient la visite. S’il s’agit de jeunes de moins de 18 ans, la visite serait autorisée. Mais, d’un autre côté, les parents au second degré ne sont pas autorisés à rendre visite à des frères et sœurs mourant ou en bonne santé à Gaza.

C’est une question philosophique curieuse, pas seulement journalistique. Pensez-y : qu’y a-t-il de si dérangeant pour le système israélien, dans le fait de savoir si des pères ou des mères sont en bonne santé ? Qu’y a-t-il de si dérangeant dans le fait qu’un jeune choisisse et acquière une meilleure instruction ? Et ce ne sont-là que deux parmi une longue, longue liste d’interdictions israéliennes.

Et quand j’écris sur le territoire palestinien de Cisjordanie, qui est petit à petit détruit et morcelé, ce n’est pas seulement sur des gens qui ont perdu leurs biens familiaux et leurs moyens de substances ; ce n’est pas seulement sur des opportunités de plus en plus rares pour un peuple coupé de tout dans des enclaves surpeuplées. J’écris en réalité sur l’habileté des architectes israéliens. C’est une manière de faire savoir comment l’urbanisme israélien sur le terrain contredit les proclamations officielles, un phénomène qui caractérise les actes de tous les gouvernements israéliens, d’autrefois comme d’aujourd’hui. Bref, il y a tant de choses pour me tenir occupée pendant une autre vie, ou au moins pendant le reste de ma vie.

Mais, comme je l’ai dit, la véritable correction est ailleurs. Ce n’est pas d’une réussite que nous devrions parler, mais d’un échec.

C’est l’échec de ne pas avoir amené l’opinion publique israélienne et internationale à utiliser et à accepter les termes et les mots justes - ceux qui reflètent la réalité. Et non pas le nouveau langage orwélien qui prospère depuis 1993 et qui a été adroitement imposé et propagé par ceux qui y ont intérêt.

La terminologie du processus de paix, qui a dominé, brouille la perception des véritables processus en cours : un mélange particulier d’occupation militaire, de colonialisme, d’apartheid, d’autonomie palestinienne limitée dans des enclaves, et de démocratie pour les juifs.

Ce n’est pas mon rôle en tant que journaliste de faire accepter par les juifs et mes compatriotes israéliens que ces processus sont immoraux et gravement imprudents. C’est mon rôle, par contre, d’exercer le droit à la liberté de la presse afin de donner les informations et de faire que les gens sachent. Mais, comme je ne l’ai que trop découvert, le droit de savoir ne signifie pas un devoir de savoir.

Des milliers de mes articles et des millions et des millions de mes mots se sont envolés. Ils ne pouvaient rivaliser avec le langage officiel qui a été adopté volontiers par les médias de masse, et qui est utilisé afin de décrire de façon trompeuse la réalité. Un langage officiel qui encourage les gens à ne pas savoir.

En effet, un échec retentissant pour un journaliste.

[1]

Amira Hass a reçu le prix international de la Liberté de la presse de l’Unesco :

Le Prix mondial de la liberté de la presse UNESCO/Guillermo Cano 2003 a été décerné à la journaliste israélienne Amira Hass, qui vit et travaille depuis dix ans dans les Territoires palestiniens pour le quotidien israélien Ha’aretz, par le Directeur général de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, sur recommandation d’un jury international.

« Amira Hass a montré un engagement professionnel et une indépendance exceptionnels, ainsi qu’un véritable courage, tout au long de la décennie écoulée. Si la paix s’établit entre Israéliens et Palestiniens, ce sera grâce à des personnes comme Madame Hass, qui sont capables de regarder les faits et de les comprendre, sans préjugé », a déclaré Koïchiro Matsuura.

Le jury était présidé par le Jamaïcain Oliver Clarke, Président de Gleaner Company Limited, qui a déclaré : « Ces dix dernières années, Amira Hass a fait preuve d’un courage et d’un professionnalisme exemplaires alors que son travail de recherche de la vérité lui valait d’être soumise à de fortes pressions ».

Amira Hass est la première et unique journaliste israélienne vivant dans les Territoires palestiniens. Elle a emménagé à Gaza après la signature des accords israélo-palestiniens de décembre 1993 puis s’est installée à Ramallah en Cisjordanie en 1997. Malgré des restrictions imposées tant par les autorités militaires israéliennes que par les autorités palestiniennes (ANP), Mme Hass a écrit sans relâche des articles empreints de compassion sur la vie quotidienne et les difficultés des Palestiniens. Le regard indépendant et critique qu’elle porte tant sur la politique israélienne que sur celle des Palestiniens a exposé cette journaliste à des pressions des deux côtés.

Fille de survivants de l’Holocauste, Madame Hass est née à Jérusalem en 1956 et a étudié l’histoire à Jérusalem et à Tel-Aviv. Après avoir enseigné, elle a commencé à exercer la profession de journaliste en 1989 à la rédaction de Ha’aretz et a commencé à écrire sur les Territoires palestiniens en 1991, aucunement intimidée par le danger et les critiques des Israéliens et des Palestiniens.

Le prix d’un montant de 25 000 dollars est décerné chaque année sur la recommandation d’un jury international de professionnels des médias du monde entier. Il sera remis le 3 mai à Kingston (Jamaïque) lors d’une cérémonie organisée par l’UNESCO pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse.

Créé en 1997 par le Conseil exécutif de l’UNESCO, le Prix est destiné à mettre en valeur le travail d’une personne, d’une organisation ou d’une institution ayant contribué de manière notable à la défense et/ou à la promotion de la liberté d’expression dans n’importe quelle partie du monde, surtout si cette action a mis sa vie en péril. Le Prix porte le nom du journaliste colombien Guillermo Cano, assassiné pour avoir dénoncé les activités des puissants barons de la drogue de son pays. Les candidatures sont proposées par des organisations régionales et internationales qui font la promotion de la liberté d’expression.

Les journalistes qui ont été lauréats du Prix mondial de la liberté de la presse sont : Geoffrey Nyarota (Zimbabwe) en 2002 ; le journaliste actuellement détenu, U Win Tin (Myanmar) en 2001, Nizar Nayyouf (Syrie) en 2000, Jesus Blancornelas (Mexique) en 1999, Christina Anyanwu (Nigeria) en 1998 et Gao Yu (Chine) en 1997.

http://portal.unesco.org/ci/fr/ev.p...

Amira Hass est journaliste à Haaretz. Elle vit à Ramallah en Palestine occupée.

Un convoi belge à destination de Gaza bloqué en Egypte

publié le samedi 7 novembre 2009

BELGA
Un convoi humanitaire à destination de Gaza est bloqué par les autorités égyptiennes à Port-Saïd depuis plusieurs semaines. Cette aide humanitaire a largement été fournie par des donateurs belges.

L’opération de solidarité "Miles of Smiles" est destinée à fournir des véhicules et du matériel médical aux enfants de la bande de Gaza. "Les donateurs belges ont fourni, à eux seuls, 25 minibus scolaires et une centaine de chaises roulantes", indique Mohammed Hajjaji de l’Asbl Aksahum.

Les premiers chargements ont été débarqués à Port-Saïd début octobre. Un convoi par route devait acheminer les camionnettes et conteneurs à Gaza, à 240 kilomètres de Port-Saïd, où l’aide est pour l’instant bloquée pour des raisons de "sécurité".

Les associations impliquées dans l’opération déplorent la "mauvaise volonté" dont feraient preuve les autorités égyptiennes, qui invoquent un problème d’embarcation, et l’impossibilité d’assurer la sécurité du convoi. Mohammed Hajjaji a obtenu des autorités de pouvoir transférer l’aide par voie maritime vers le port d’El Arish, "mais cela ne signifie pas encore que l’aide arrivera à bon port, à Gaza", précise-t-il dans Le Soir.

publié par la Libre Belgique

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