vendredi 6 août 2010

Álvaro Uribe, Israël, et la mauvaise farce de l’ONU

Lamia Oualalou (Médiapart)
publié le jeudi 5 août 2010.
03 Août 2010
De retour d’un mois de vacances, me voici de nouveau à pied d’œuvre, dans un Brésil qui commence à se plonger dans la campagne électorale – nous en parlerons beaucoup dans les prochaines semaines. La remise à flot a été rude, lorsque j’ai découvert, via internet, une nouvelle qui me semblait d’abord une blague de fort mauvais goût : Alvaro Uribe, le président colombien sortant, vient d’être nommé par le secrétaire général de l’ONU Ban-Ki-moon vice-président de la commission chargée d’enquêter sur l’attaque meurtrière, le 31 mai dernier, de commandos israéliens contre la flottille transportant des centaines de militants pro-palestiniens et des tonnes d’aide destinées à Gaza.
Álvaro Uribe, qui quitte officiellement la présidence le 7 août – il laisse place à Juan Manuel Santos – secondera ainsi le président de la commission, l’ex-premier ministre de Nouvelle-Zélande, Geoffrey Palmer. Et le secrétaire-général de l’ONU de se féliciter de la bonne volonté démontrée par le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui vient d’accepter l’investigation de l’ONU sur l’épisode, après l’avoir longtemps rejetée. Ban a célébré un « accord inédit »… qui a tout de suite déclenché un mauvais rire dans toute l’Amérique latine, et notamment dans son pays.
Durant ses huit années de mandat, marquées par une bataille en grande partie gagnée contre la guérilla des Farc, Uribe, élu sur le slogan « je propose l’autorité » a été l’objet de nombreuses dénonciations de la part d’organisations des droits de l’homme, dans son pays comme à l’étranger. Elles relatent les exécutions sommaires, l’alliance douteuse avec des paramilitaires. En octobre 2008, un hebdomadaire a révélé des centaines d’exécutions extra-judiciaires attribuées à des soldats qui tuaient des civils avant de les présenter comme "morts au combat" pour obtenir des récompenses. Parallèlement, des centaines de syndicalistes ont été assassinés, allant jusqu’à troubler le Congrès américain qui a décidé d’en faire un prétexte pour ne pas accepter la mise en place de l’accord de libre-échange entre les Etats-Unis et la Colombie signé par George Bush et approuvé par Barack Obama. Au cours de la seule année 2009, des 101 syndicalistes assassinés dans le monde, 48 l’étaient en Colombie.
Que peut-on attendre d’un tel homme lorsqu’on agitera devant ses yeux la liste des dix morts tombés sous les balles de l’armée israélienne ? Qu’on ne peut pas faire d’omelettes sans casser d’œufs ? Et quand on lui rappellera que l’attaque s’est produite dans les eaux internationales, ce qui est, en plus d’immoral, totalement illégal ? Ah, mais nous oublions que nous avons affaire à l’homme qui a ordonné le bombardement, le 1er mars 2008, d’un camp de guérilleros de Farc… en Equateur. Sans bien sûr aviser son homologue à Quito de cette violation de territoire unanimement condamnée dans la région.
On ne peut que se désoler que Ban Ki-moon, qui n’a jamais démontré son indépendance à l’égard des Américains, continue à fonder son espoir de décrocher un deuxième mandat, sur l’obéissance absolue aux ordres de Washington. Il y parviendra peut-être, mais la crédibilité de l’ONU, déjà sérieusement écornée au Proche-Orient, devrait prendre un nouveau coup à la publication du rapport de la commission, qu’on attend déjà comme une farce.
http://www.mediapart.fr/club/blog/lamia-oualalou/030810/alvaro-uribe-israel-et-la-mauvaise-farce-de-l-onu
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Israël : appel au boycott

Vidéo : reportage ARTE
publié le jeudi 5 août 2010.
Pour isoler Israël et dénoncer sa politique d’occupation, certains groupes d’activistes emploient de nouveaux moyens très médiatiques. Ainsi Elvis Costello, Santana ou encore U2 ont récemment annulé leur concert en Israël. Ces artistes ont été sensibles au message du BDS pour "Boycott, Désinvestissments et Sanctions". Il s’agit d’un lobby présent dans de nombreux pays qui essaie d’être fidèle à la tradition du boycott chère au Mahatma Gandhi. Evidemment, tout cela déplait fortement à l’establishment israélien qui qualifie ce groupe de pression - ayant son siège à Tel Aviv et Ramallah - de terrorisme culturel. Un reportage signé Uri Schneider.
http://videos.arte.tv/fr/videos/israel_appel_au_boycott-3357272.html

Vidéo : reportage ARTE

Pour les arabes, Obama n’a pas changé la politique US au Proche-Orient

5 août 2010
Comme chaque année, l’institut de sondage Zogby a réalisé une étude sur la perception de la politique des Etats-Unis dans le monde arabe (voir document joint au bas de cette page).
Les résultats 2010 font notamment apparaître que :
- Les arabes, qui avaient été séduits par Barack Obama et son discours du Caire, sont aujourd’hui désabusés. Ils considèrent que si la nouvelle administration états-unienne est moins islamophobe, elle n’a pas vraiment changé sa politique régionale. Washington continue à soutenir aveuglément Israël et à occuper l’Irak.
- Les arabes considèrent que la Shoah est instrumentée pour créer une sympathie à l’égard d’Israël au détriment des arabes. Ils ressentent donc avec inquiétude l’abondance de programmes télé et de films à ce sujet.
- Une majorité d’arabes ont été convaincus par les médias que l’Iran poursuit un programme nucléaire militaire secret. Cependant, comme ils sont une encore plus grande majorité à penser que Téhéran a le droit de se doter de la bombe et que cela rééquilibrerait le Proche-Orient, il est possible qu’ils expriment là un souhait plus qu’une conviction définitive.
- La France reste la super-puissance la plus appréciée des arabes.
- Les trois leaders politiques les plus populaires dans le monde arabe ne sont pas arabes, mais turc (Recep Erdogan), vénézuélien (Hugo Chavez) et iranien (Mahmoud Ahmadinejad). Les trois leaders arabes vivants les plus populaires chez les arabes sont le Libanais Hassan Nasrallah, le Syrien Bashar el-Assad et l’Emirati Sheikh ben Rachid Al Maktoum.
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Atallah Hanna : l'occupation efface les aspects historiques de la chrétienté

05/08/2010      
L’archevêque de Sebastia, du Patriarcat orthodoxe grec de Jérusalem, Atallah Hanna,  a appelé les églises du monde à intervenir en urgence pour empêcher l'entité sioniste d'effacer les aspects historiques de la chrétienté dans le village palestinien "Eïn Karem" à l'ouest de la ville occupée d'al-Qods. 

Hanna a visité le village, accompagné de l'avocat Qaïs Youssef Nasser, pour inspecter l’état des  lieux historiques chrétiens qui sont menacés de démolition par les autorités de l'occupation israélienne.  
Il a appelé les églises et les patriarches à suivre ce dossier et à prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher l’entoté sioniste à  construire sur ces antiquités qui témoignent de  la présence chrétiennes dans ces territoires durant les 4 premiers siècles de notre ère.  
Rappelons que le village d'Eïn Karem situé à l'ouest de la ville occupée d'al-Qods, fait partie des centaines de villages palestiniens rasés par l'occupation.  

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=149188&language=fr 
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Regardez et soyez indignés et encouragés

Cisjordanie - 05-08-2010

Par Mazin Qumsiyeh
Hier mercredi fut un autre chapitre honorable et douloureux de la lutte du village d’Al-Walaja. Les soldats d’apartheid ont agressé des enfants et des adultes qui protestaient de façon pacifique, en ont blessé beaucoup et ont arrêté six Palestiniens.
La destruction de la terre du beau et ancien village a été stoppée pendant plus d’une heure et demie. J’ai été tout particulièrement touché par le courage d’Omar et de ses deux enfants, un d’entre eux a été frappé par un soldat par un coup de fusil sur la tête.
Regardez cette vidéo et soyez à la fois indignés et encouragés par le courage des habitants de Walaja. Ils ont besoin de votre soutien de nombreuses manières, en particulier pour exiger qu’Israël libère les détenus.
Rejoignez-nous, et agissez.
Mazin Qumsiyeh, PhD

Des rabbins prédisent: "Israël est menacé d’une guerre sanglante ce mois-ci"!

05/08/2010   
Selon le site internet du quotidien israélien  Maariv, un grand nombre de rabbins sionistes ont prédit que l’entité sioniste est menacée d’une guerre sanglante qui aura lieu ce mois-ci !
Maariv a souligné que le réputé rabbin Yitzhak Amnon a déclaré au cours de son sermon religieux, la semaine dernière, qu’une guerre sanglante menace l'entité sioniste dans les prochaines semaines.  
Yitzhak Amnon précise :  «Les avions de l'armée israélienne, qui se sont entrainés en Roumanie, ont  effectué ces manœuvres  afin de pouvoir attaquer des pays lointains, et au cours de l’opération « Plomb durci », nos avions ont bombardé les institutions du Hamas en prélude à une prochaine guerre contre le Hezbollah, dans laquelle les institutions libanaise seront bombardées".  
Le rabbin qui s’exprimait devant des dizaine de juifs ultra-orthodoxes, a ajouté que «  les guerres ne se font pas en hiver alors qu’à l’horizon profile la menace nucléaire iranienne, et le régime militaire d" Israël n’a pas l’intention de s’engager dans une guerre en hiver pour  ne pas plonger dans le bourbier libanais».  
Toujours selon la même source, le site internet «Kikar jeunes » a également participé à cette campagne avec les rabbins, en publiant il y a une semaine  un entretien avec le rabbin Elyezer Berlnd qui a parlé d’une  guerre le 2 août, mais à cette date la guerre n’a pas eu lieu, sauf que le lendemain une guerre a failli presque éclater suite à l'affrontement armé à la frontière libanaise ».

Enquête sur la flottille : l’ONU est confuse

publié le jeudi 5 août 2010
Stéphane Bussard

Le raid meurtrier mené par Israël sur la « flottille de la liberté », qui visait à faire sauter le blocus de Gaza, donne lieu à deux enquêtes onusiennes parallèles
A quoi jouent les Nations unies ? Le président du Conseil des droits de l’homme (CDH) de l’ONU à Genève, Sihasak Phuangketkeow, a précisé mercredi au Palais des Nations les objectifs de la mission d’enquête sur l’abordage meurtrier, le 31 mai, par les forces israéliennes, de la « flottille de la liberté », qui souhaitait faire sauter le blocus de Gaza. Une mission créée par le CDH le 2 juin dernier. « Il s’agit d’établir les faits, les violations du droit humanitaire et des droits de l’homme », a insisté l’ambassadeur thaïlandais.
A cette fin, trois experts ont été nommés : Karl Hudson-Philips, qui a officié comme juge à la Cour pénale internationale, Desmond de Silva, un avocat qui fut procureur général du Tribunal spécial pour le Sierra Leone, et enfin Mary Shanthi Dairiam, qui a été membre du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes. Israël a déjà manifesté sa désapprobation. Sihasak Phuangketkeow croit néanmoins possible une coopération israélienne.
Panel de quatre experts
Fait étonnant : le CDH n’est pas la seule institution, au sein de l’ONU, à lancer une mission d’enquête sur l’abordage de la « flottille de la liberté » [1]. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a annoncé lundi la constitution d’un panel de quatre experts qui bénéficieront de l’aide surprenante du président colombien sortant, Alvaro Uribe [2]. Israël a d’ailleurs accepté pour la première fois de coopérer avec ces experts [3]. Mais ceux-ci ne risquent-ils pas de marcher sur les plates-bandes du Conseil des droits de l’homme ? Sihasak Phuang­ketkeow s’en défend et estime que la mission instituée à New York lundi aura un mandat « plus large ». [4]
A Genève, certaines voix s’élèvent et estiment que, si l’on avait voulu discréditer davantage le Conseil des droits de l’homme, on ne s’y serait pas pris autrement. La mission d’enquête du CDH remettra ses conclusions lors de sa prochaine session, en septembre.
publié par le Temps
notes : C. Léostic, Afps

Les « tambours de la guerre » se font entendre au Proche-Orient

publié le jeudi 5 août 2010
Pierre Haski

Malgré les appels au calme, tout le monde se prépare à une guerre possible, mais pas inévitable, à la frontière israélo-libanaise, au lendemain de l’incident qui a fait quatre morts mardi, le plus grave entre les deux pays depuis le conflit de l’été 2006.
Des renforts israéliens ont été déployés à la frontière nord du pays, même si le ministre de la Défense, Ehud Barak, affirme ne pas vouloir l’escalade. Même attitude côté libanais : le porte-parole de l’armée libanaise se dit prêt à « riposter » à toute « agression », tandis que le Hezbollah, très présent militairement dans le sud Liban, se dit prêt à couper « la main israélienne qui prend pour cible l’armée libanaise ».
Cette brusque montée de tensions n’est guère surprenante dans une région hautement inflammable dans laquelle aucune perspective de règlement négocié des divers conflits n’est en vue.
Au cours des trois derniers jours, on a ainsi assisté à trois incidents mortels :
1. Lundi, des roquettes tirées à partir du Sinaï égyptien, semble-t-il par un groupe armé islamiste, sont tombées dans les régions contigües d’Eilat, dans le sud-est d’Israël, et d’Aqaba en Jordanie, faisant un mort côté jordanien. 2. Mardi, l’incident israélo-libanais, provoqué par une opération israélienne destinée à abattre un arbre, s’est terminée avec quatre morts, deux soldats et un journaliste côté libanais, et un officier israélien. 3. Mercredi, un Palestinien a été tué par un tir d’artillerie israélien près du camp de réfugiés de Khan Younes, dans la bande de Gaza. Vendredi, déjà, Israël avait déclenché un raid aérien, tuant un cadre du Hamas, en représailles à un lancer de roquettes à partir de Gaza.
Aucun rapport entre ces incidents ? Certes, mais un climat d’instabilité majeure, et des incendies mal éteints, ou prompts à se répandre à la première occasion.
L’International Crisis Group : « Les Tambours de la guerre »
Le plus « chaud » est assurément celui qui menace à la frontière libanaise. La veille de l’incident meurtrier de mardi, l’International Crisis Group, un think tank basé à Bruxelles, publiait une note au titre prémonitoire : « Drums of War », « Les Tambours de la guerre »… La note commençait par cette analyse lucide :
« De toutes les explications du calme qui a prévalu à la frontière israélo-palestinienne depuis la fin de la guerre de 2006, la principale, celle qui devrait aussi susciter le plus d’inquiétudes, est la crainte des deux parties de voir le prochain conflit devenir plus dévastateur, et plus étendu, que le précédent.
Aucun des acteurs les plus pertinents -Israël, Hezbollah, Syrie, Iran- ne souhaite cette perspective, et tous, pour l’instant, s’emploient à retenir le feu.
Mais les racines politiques de la crise sont entières, les dynamiques sous-jacentes toujours explosives, et les erreurs de calcul ne peuvent pas être écartées. »
Est-on parvenu au stade de rupture ? Pas si sûr, même si les apparences sont inquiétantes. Il est significatif en tous cas que ce soit autour d’un incident mineur -la tentative israélienne d’éliminer un arbre gênant-, que ce soit enclenché l’échange de tirs de mardi, qui a pris tout le monde par surprise, à commencer par la malheureuse force d’interposition de l’ONU, la FINUL.
Paradoxalement, l’incident a mis aux prises un acteur relativement passif de la guerre de 2006 avec le Hezbollah, et qui ne figure pas parmi les « acteurs les plus pertinents » cités par l’ICG : l’armée nationale libanaise. Israël tenait d’ailleurs mercredi un officier libanais pour responsable de l’échange de tirs de mardi. Selon l’ONU, l’arbre au coeur du problème se trouvait bien en territoire israélien, confirmant la version israélienne de l’incident, et pas au Liban comme l’a affirmé Beyrouth.
Le climat autour du Liban est, il est vrai, particulièrement tendu en ce moment, avec des menaces de tensions communautaires entre chiites et sunnites, suite aux rumeurs sur l’implication par le tribunal spécial pour le Liban (TSL) du Hezbollah dans l’assassinat de l’ancien premier ministre libanais Rafic Hariri en 2005. Pour le Hezbollah, une telle accusation serait inacceptable et il a fallu un sommet régional avec le roi d’Arabie saoudite, et les présidents syrien et libanais vendredi pour calmer le jeu.
Pas de dynamique de paix au Proche-Orient
Le vrai problème global est l’absence de dynamique de paix quel que soit le « front » concerné. Les tentatives de relancer des passerelles entre Israël et la Syrie, avec l’espoir caché de couper l’axe Damas-Téhéran, ont échoué, et côté palestinien, c’est l’impasse. [La France a nommé mercredi Jean-Claude Cousseran, ancien ambassadeur de France à Damas, et ancien patron des services de renseignement français, émissaire spécial chargé de contribuer à la relance du volet israélo-syrien du processus de paix au Proche-Orient].
La nature du gouvernement israélien actuel, le plus à droite de l’histoire du pays, est évidemment au cœur du débat. Et si le Premier ministre Benyamin Netanyahou se dit désireux de négociations directes avec les Palestiniens, il est fortement soupçonné par les plus conciliants des Palestiniens de chercher seulement à gagner du temps et à endormir l’administration américaine, tout en poursuivant, en sous-main, la colonisation de la Cisjordanie.
Quel que soit l’angle de vision, les perspectives proche-orientales sont sombres. La mobilisation des troupes à la frontières israélo-libanaise n’est peut-être qu’une flambée de tension éphémère au cœur de l’été. Mais quoi qu’il en soit, il y a bel et bien dans cette région un climat de confrontation qui ne demande qu’un champs de bataille pour passer à l’acte.

L’UE participe au financement des salaries et des pensions de l’AP

Ecrit par PNN
05/08/2010 
PNN - Bethléem – L’Union Européenne (UE) et la Suède contribueront au paiement des salaires et des pensions des fonctionnaires de l’Autorité Palestinienne (AP). 
Cette initiative fait partie du plan de 2009 du Premier ministre de l’AP Salam Fayyad, visant à créer les conditions préliminaires à l’établissement d’un Etat Palestinien. Par le biais de l’organe PEGASE rattaché à l’UE, 70 millions de shekels seront alloués à l’AP pour le huitième mois de l’année.
La Suède contribuera à la hauteur de 50 millions de couronnes suédoises (plus de 26 millions de shekels.
PEGASE gère l’assistance européenne pour l’établissement d’un Etat Palestinien, en fonction des priorités et des besoins identifiés par l’Autorité Palestinienne dans son Programme de réforme et de développement, qui s’échelonne sur trois ans.
Lancé par la Commission Européenne le 1er février 2008, il s’agit du principal mécanisme de financement de l’Union Européenne en direction de l’AP pour l’assister dans son programme.
« L’appui financier continu de l’Union Européenne envers l’AP souligne la grande confiance que met l’UE dans la capacité du ministère des Finances de l’AP à gérer les fonds publics selon les plus exigeants standards internationaux” a déclaré Roy Dickinson, chef des opérations au bureau des représentants de l’UE.
Depuis 2007, l’UE a fourni une assistance au peuple palestinien-notamment à la société civile, aux organisations et aux réfugiés- s’élevant à plus de 500 millions d’euros annuels. 

Assassinat d'al-Mabhouh Un agent israélien sera extradé de Pologne en Allemagne

06/08/2010
Uri Brodsky, soupçonné d'être un agent israélien, impliqué selon la justice allemande dans l'assassinat à Dubaï du cadre du Hamas Mahmoud al-Mabhouh, sera extradé de Pologne vers l'Allemagne, a décidé hier une cour d'appel de Varsovie. « La cour d'appel a maintenu la décision du tribunal de première instance, autorisant l'extradition en vertu d'un mandat européen », a déclaré un juge. Uri Brodsky sera remis à la justice allemande d'ici à dix jours, ont précisé ses avocats. L'homme avait été interpellé le 4 juin à l'aéroport de Varsovie. Il est soupçonné de complicité dans l'obtention illégale d'un passeport allemand. Il est aussi soupçonné d'espionnage. Une semaine après l'arrestation d'Uri Brodsky à Varsovie, deux ministres israéliens avaient demandé à la Pologne de le rapatrier directement en Israël. Le Premier ministre polonais, Donald Tusk, avait alors qualifié l'affaire de « délicate ».

Campagne diplomatique israélienne : mobilisation de parlementaires français, les ministères concernés se renvoient la balle...

Par Élie MASBOUNGI | 06/08/2010
La situation au Liban, et en particulier la campagne diplomatique annoncée par Israël pour empêcher la France et les États-Unis de fournir leur aide militaire promise au Liban, est suivie à Paris avec un intérêt variable au Quai d'Orsay, au ministère de la Défense et à l'Assemblée nationale, les députés accordant curieusement une plus grande attention à ce qui se passe depuis trois jours au Liban-Sud.
En fait, alors que le porte-parole du ministère des Affaires étrangères n'a cessé hier de renvoyer les journalistes à ses déclarations de la veille, expliquant la procédure suivie habituellement en matière de livraisons d'équipements militaires à l'étranger (une commission interministérielle), le service de communication du ministère de la Défense s'est contenté de répondre que l'attitude d'Israël porte sur l'aspect politique de l'aide militaire au Liban et qu'il faut interroger à ce sujet... le Quai d'Orsay.
Un gradé de permanence au service de communication de la rue Saint-Dominique a tout de même exprimé son étonnement face aux intentions israéliennes d'intervenir dans un accord libano-français déjà signé.
Sans plus, car, contrairement à certains parlementaires membres des groupes d'amitié France-Liban, les ministères des AE et de la Défense ne veulent probablement pas « faire de vagues » à un moment où les ministres et les hauts fonctionnaires viennent d'entamer leurs vacances d'été.
Pour en revenir à l'Assemblée nationale, et plus particulièrement aux parlementaires amis du Liban, on apprend qu'ils compteraient, sans attendre la fin des vacances, interroger le ministre de la Défense, Hervé Morin, sur ses intentions, si la « campagne diplomatique israélienne » intervenait au niveau gouvernemental.
De fait, l'un d'entre eux, Gérard Bapt, qui avait accompagné le Premier ministre François Fillon lors de son dernier déplacement à Beyrouth il y a plus d'un an, a rappelé hier que l'annonce des livraisons de missiles français air-sol destinés aux hélicoptères de l'armée libanaise était déjà rendue publique par M. Morin et qu'il adresserait aujourd'hui vendredi à celui-ci une lettre pour lui demander où en est cette fourniture de matériel.
« Il s'agissait de renforcer les capacités militaires des hélicoptères de l'armée libanaise et je suis scandalisé par le fait que rien n'a été encore fait », a déclaré M. Bapt qui a poursuivi : « Ce qui plus est, c'est qu'on nous annonce une campagne diplomatique israélienne pour s'opposer au renforcement des forces armées libanaises. C'est justement ce manque d'équipements appropriés qui avait causé de si lourdes pertes à l'armée libanaise lors de la bataille de Nahr el-Bared. »
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Tout compte fait, Israël a ses réponses...

Par Émile Khoury | 06/08/2010
Des sources politiques estiment qu'Israël a provoqué délibérément l'armée libanaise pour tester ses capacités de réaction, mais aussi pour voir si elle allait s'effacer devant la Résistance. Auquel cas, Israël aurait pu en prendre prétexte pour attaquer le Liban, la confrontation avec une milice le légitimant bien mieux que l'affrontement avec une armée régulière. Mais cette fois, il y a eu prompte riposte et engagement, avec des morts des deux côtés. Car l'enjeu était non pas de défendre un arbre, mais de porter un coup d'arrêt aux violations israéliennes de la 1701 et de la souveraineté libanaise.
Cependant, l'incident apporte un important éclaircissement nouveau. La Résistance s'est tenue de côté, laissant l'armée et la Finul traiter l'incursion israélienne. Et le secrétaire général du Hezbollah a précisé que « la Résistance s'est mise à la disposition de l'armée, après des contacts avec les trois présidents et avec le commandement de l'armée durant la confrontation à Adaïssé. » D'où l'on pourrait conclure que le Hezbollah se plie à l'ordre d'État républicain. Sauf que Hassan Nasrallah s'est hâté de prévenir que « la Résistance ne restera plus passive à regarder l'armée se faire bombarder par l'ennemi sioniste. Elle ne restera ni muette ni rangée en cas de nouvelle agression. Toute main qui tenterait de frapper l'armée libanaise, la Résistance la coupera ».
Il reste qu'en déclarant mettre ses forces à la disposition de l'armée, Nasrallah répond favorablement à la proposition du président Michel Sleiman, avancée devant le comité de dialogue, que la Résistance soit prête à soutenir l'armée et les FSI quand cela lui est demandé. Ce qui signifie que la décision de guerre et de paix revient à la seule autorité politique. L'armée devant en exécuter les ordres, en restant juge de la nécessité, ou non, de se faire aider par la Résistance.
Le sayyed rejoint également, à mi-chemin, le 14 Mars qui, cessant de réclamer la remise de l'armement du Hezbollah à l'État ou l'intégration de ses hommes à l'armée, se contente désormais de demander que le recours à l'arsenal du parti soit sous supervision de Yarzé. Quand le commandement juge avoir besoin d'un tel soutien. Une option dégagée pour faciliter un accord sur une stratégie de défense ou sur une stratégie de libération, comme Nasrallah veut la nommer.
Quoi qu'il en soit, l'incident de Adaïssé a mis en relief la capacité et le courage de l'armée libanaise, déterminée à tout sacrifice pour protéger les frontières de la nation. D'où un rassemblement massif, unanime, du peuple dans toutes ses composantes, autour de l'institution militaire. L'armée a prouvé qu'elle est le premier défenseur du Liban, d'autres concours ou rôles n'intervenant que selon les circonstances et les besoins. Pour rester dans l'ordre normal des choses : c'est aux forces régulières de l'État qu'incombe la responsabilité de toute sécurité et de toute stabilité, sur tout le territoire national. Qu'il s'agisse de la protection des frontières ou de la paix civile.
Il faut cependant relever que la Résistance a montré un sens élevé de la responsabilité, en refusant d'offrir à Israël, sur un plateau d'argent, un prétexte en or pour attaquer de nouveau le Liban. Elle s'est gardée d'intervenir, tout en précisant qu'elle reste à la disposition de l'armée. Cette attitude devrait faciliter la conclusion d'un accord sur la stratégie de défense en comité de dialogue, les positions se trouvant unifiées face à l'ennemi israélien. Du même coup, l'unité et la stabilité nationales s'en trouvent confortées.
Sur un autre plan, l'accrochage entre l'armée libanaise et les Israéliens entraîne des interrogations sur le rôle, et sur le comportement, de la Finul. Que signifie la reconnaissance, après les agressions qu'elle avait subies, de sa liberté de mouvement ? Elle aurait dû pouvoir entrer en jeu avant que rien n'arrive, pour prévenir des échanges de tirs qui ont fait des victimes et des blessés. Il aurait fallu l'avertir préalablement de tout mouvement, pour qu'elle arbitre tout conflit sur une zone contestée, au-delà ou en deçà de la ligne bleue dont elle a la charge. Pense-t-on la confiner dans un rôle de go between, de simple facteur, entre Libanais et Israéliens ? La mission que le Conseil de sécurité lui a confiée va bien plus loin, puisqu'elle doit veiller à soutenir en même temps la légalité libanaise, en partenariat avec l'armée, et l'application de la 1701.

Pour devenir une ligne rouge, la ligne bleue doit être redessinée

Par Philippe Abi-Akl | 06/08/2010
C'est révoltant. Un jeu sanglant, pour rien. Après avoir abattu trois Libanais, et causé la mort d'un de ses officiers, Israël se soumet à l'injonction de la Finul de n'approcher l'arbre de Adaïssé qu'après autorisation du Liban en bonne et due forme. Ce qui a été finalement fait. L'arbre a été déraciné, avec forte présence des Casques bleus. Mardi, les Israéliens avaient informé la Finul qu'ils se passeraient de cette permission, et ils étaient passés à l'action pour arracher l'arbre dans une zone contestée, au sud de la ligne bleue, où le Liban affirme des droits cartographiés. D'où la riposte de l'armée libanaise et l'affrontement meurtrier.
Pour le fond, c'est le tracé de la ligne bleue qui pose problème. Dès le départ, en 2006, le Liban a formulé des objections documentées sur un fil onusien dit de trêve provisoire, allant de Majidiya à Chebaa, qui est loin de respecter la ligne de sa frontière méridionale internationalement reconnue. En d'autres termes, ce tracé plaque dans le no man's land, ou même carrément en Palestine occupée, des terres bien libanaises. De plus, la parcelle en question à Adaïssé se trouve derrière la ligne bleue, du côté sud. Israël ne peut donc pas prétendre l'incruster dans son territoire. Tout au plus, il peut la revendiquer pour le principe. Et c'est d'ailleurs pourquoi l'ONU a décidé de placer cette terre sous sa propre autorité, ni le Liban ni Israël n'en disposant, en attendant un arbitrage final. C'est ce que rappelle le communiqué de la Finul qui, par là même, condamne l'incursion israélienne.
Le dossier dans son ensemble est confié aux cartographes et topographes de l'ONU, qui ont effectué plusieurs missions de reconnaissance sur le terrain. Leurs instructions étant de réajuster la ligne bleue pour qu'elle colle à la frontière internationalement reconnue séparant les deux pays. Et ne reste pas une ligne de cessez-le-feu et de retrait israélien, théâtre fréquent de frictions que la Finul ne cesse de traiter depuis quatre ans. 
Mais pourquoi tant de retard dans la correction de trajectoire ? Parce que, répondent des sources autorisées, le service cartographique du Palais de Verre ne peut pas rendre ses conclusions avant qu'Israël ne se soit retiré de la partie orientale, libanaise, du village de Ghajar, dont les habitants, détenteurs de la double nationalité syrienne et israélienne, protestent. Ainsi que, bien entendu, des hameaux de Chebaa et des hauteurs surplombant Kfarchouba. À noter que le site de l'incident de mardi à Adaïssé se trouve à l'exacte jointure de la triple frontière israélienne, syrienne et libanaise.
Briefing
Après le clash, le commandant en chef de la Finul, le général Asarta, a interrompu ses vacances pour diriger à Naqoura une réunion groupant Libanais et Israéliens, en présence de Michael Williams, qui a transmis un message de Ban Ki-moon appelant les parties à la retenue. Les militaires libanais ont assuré que leur gouvernement milite pour le calme et pour la stabilité, mais ne peut laisser Israël bafouer la souveraineté du Liban et continuer à violer, de plus en plus gravement, la 1701. Le général Asarta a conclu la rencontre en pressant les Libanais et les Israéliens de contrôler la situation, et de dialoguer par l'intermédiaire de la Finul pour régler tout différend.
Du côté des loyalistes, on estime que ce qui s'est passé est très important pour tous les Libanais. L'armée, malgré la modicité de ses moyens, a contré une tentative israélienne de violer la souveraineté libanaise. Elle a prouvé qu'elle assume pleinement la mission de défendre cette souveraineté, et partant, le pays et les Libanais. Dès lors, poursuivent les majoritaires, plutôt que d'avancer l'équation peuple-armée-Résistance, il faut s'armer de la devise peuple-État-armée. Car tout le peuple et toutes les institutions de l'État soutiennent l'armée dans la protection de la patrie, de sa souveraineté et de sa dignité.
Cela étant, il en est qui continuent à s'opposer à l'armement de l'armée et mettent systématiquement des bâtons dans les roues de l'État quand il conclut, ou tente de conclure, des accords pour des aides à cet effet. Il en a été ainsi, par exemple, quand le ministre de la Défense, Élias Murr, est revenu de Russie, il y a un an avec un cadeau de 10 Mig 28.
Par contre, un député du Sud signale que toute la région applaudit l'armée à tout rompre, ajoutant que la région se considère comme le foyer même de l'armée, et que les habitants se sentent maintenant encore plus enracinés à leur terre.
Un autre parlementaire minoritaire reconnaît que l'armée a prouvé qu'elle est bien combattante, malgré ses capacités réduites, sa détermination suffisant à dissuader Israël, en dépit de la disproportion dans les rapports de force. Bien que venant des rangs du 8 Mars, ce député souligne qu'il faut assurer en toute priorité les fonds nécessaires à l'armement et à l'équipement de l'armée auprès de n'importe quel État. Ce qui signifie que la fourniture de matériel sophistiqué américain et français est la bienvenue. D'autant, du reste, qu'elle a été vivement décriée par le ministre israélien de la Défense.
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Israël met en garde contre une « hezbollahisation » de l’armée libanaise

06/08/2010
Au surlendemain des heurts meurtriers de mardi, l'État hébreu a lancé hier de nouvelles menaces contre le Liban.
« Il existe un danger de » hezbollahisation « de l'armée libanaise. Si elle commence à se comporter comme le Hezbollah ou si le Hezbollah réussit à en prendre le contrôle, nous devrons traiter l'armée libanaise d'une toute autre manière », a affirmé à la radio publique le vice-ministre des Affaires étrangères, Danny Ayalon.
La veille, le ministre de la Défense Ehud Barak avait affirmé que « l'incident de mardi n'a pas été programmé par l'état-major de l'armée libanaise à Beyrouth ni par le Hezbollah ».
Il confirmait ainsi des informations relayées par les médias israéliens selon lesquels un officier libanais radical aurait agi de son propre chef et serait à l'origine des tirs. Cette affirmation avait été qualifiée de « mensonge » par le porte-parole de l'armée libanaise.
Selon certaines informations relayées par des médias locaux, Israël aurait demandé à la Finul de presser le gouvernement libanais de limoger l'officier en question, faute de quoi, des mesures de rétorsion seraient envisagées contre le Liban.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a de son côté réitéré hier à la télévision israélienne les menaces qu'il avait déjà lancées la veille contre le Liban.
En outre, le journal à grand tirage Yediot Aharonot écrivait hier qu'il « s'en est fallu d'un cheveu pour que l'incident local survenu mardi ne dégénère en un grand incendie ».
Selon le journal, lorsque l'incident s'est produit, l'armée israélienne a envisagé un moment de mettre en œuvre son plan prévoyant la destruction totale de toutes les positions de l'armée libanaise au Liban-Sud, mais qu'en fin de compte, et suite à des pressions internationales, il a été décidé de se contenter d'une réaction localisée.
La Finul :retour au calme
Sur le terrain, un porte-parole de la Finul a annoncé hier que la force internationale a réussi de façon claire, au cours des deux derniers jours, à ramener le calme à la frontière libano-israélienne.
Le porte-parole a ajouté que la réunion tenue la veille au soir entre des représentants libanais et israéliens sous l'égide de l'ONU était « réussie » et « constructive », et que les deux parties ont réaffirmé leur volonté de respecter la résolution 1701 du Conseil de sécurité. « Cette réunion et les contacts entrepris par la Finul ont permis le retour au calme et à la stabilité dans le secteur d'opération de la force internationale au sud du Litani », a souligné le porte-parole.
Hier après-midi, une délégation conjointe d'officiers libanais et onusiens ont effectué une tournée d'inspection de la ligne bleue, entre Adaïssé et la porte de Fatmé, notamment les secteurs où il existe des bouts de territoire revendiqués par le Liban au-delà de la ligne bleue, comme c'était le cas pour ce qui est des incidents survenus mardi.
De l'autre côté de la frontière, l'armée israélienne a maintenu une présence intensive de ses effectifs dans tout le secteur situé entre les localités de Mtollé et de Misgav Am, tandis que l'aviation israélienne survolait le Liban-Sud à moyenne altitude.
À Beyrouth, le ministre des Affaires étrangères, Ali Chami, a poursuivi ses démarches auprès d'un certain nombre d'ambassadeurs accrédités au Liban, affirmant que les incidents de mardi sont une agression flagrante contre la souveraineté libanaise et la résolution 1701 du Conseil de sécurité.
Pas d'escalade
Toutefois, une escalade à la frontière entre le Liban et Israël est pour le moment improbable malgré les heurts meurtriers de mardi, car ni Israël ni le Hezbollah ne souhaitent une confrontation, selon des analystes libanais, cités par l'AFP.
« Israël avait une occasion en or pour déclencher une guerre et le Hezbollah un alibi extraordinaire pour défendre le pays contre » l'État hébreu, affirme Ghassan Azzi, professeur de sciences politiques à l'Université libanaise.
« La guerre, ce n'est pas pour demain. Le moment n'est pas opportun », estime-t-il.
Si ces heurts ont montré la volatilité de la frontière entre les deux pays, ils révèlent également qu'aucune partie ne semble prête, pour le moment, à pousser les choses jusqu'à la déflagration.
« Je ne vois pas d'escalade dans un avenir proche », affirme Oussama Safa, directeur du Centre libanais pour les études politiques. « Ce n'est pas l'armée libanaise qui va déclencher une guerre dans le Sud (...), les facteurs pour un conflit ne sont pas encore réunis », dit-il.
« Les deux parties ont montré des réserves pour dire qu'elles ne sont pas prêtes », renchérit M. Azzi.
« Le timing appartient au Hezbollah », estime M. Safa. Selon lui, une intervention de ce parti, qu'Israël accuse de posséder des dizaines de milliers de roquettes, aurait été fatale.
« Ils ont peut-être fourni un soutien logistique et des renseignements à l'armée, mais s'ils avaient combattu à ses côtés, cela aurait signifié une guerre régionale, ce qui n'est pas d'actualité », affirme l'analyste.
« L'armée libanaise applique le slogan figurant dans la déclaration de politique générale du gouvernement, qui dit que le gouvernement, l'armée, le peuple et la Résistance défendront ensemble la patrie », relève M. Azzi.
Mais la donne n'est pas locale, assurent les observateurs. « Si vous voulez savoir ce qui se passera au Sud-Liban, vous devez regarder du côté de la confrontation entre l'Iran et la communauté internationale », résume Oussama Safa.
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La puissance du Liban, la sagesse du Hezbollah

Jeudi, 05 Août 2010 10:42 
IRIB-L'armée du régime sioniste qui n’a eu de cesse d’attaquer par air, terre et mer le Liban, a procédé, il y a quelques jours à un autre acte de provocation, consistant cette fois-ci à arracher un arbre ce qui a fait l'objet d’un échange de tirs entre les soldats libanais et israéliens.
 Les affrontements ont commencé quand un soldat israélien juché sur une grue a enjambé la clôture frontalière tôt mardi pour couper un arbre. L'abattage de l'arbre a cette fois été suivi des tirs de l'armée libanaise qui voulaient riposter, fermement, à l'agression de l'ennemi. Un haut gradé israélien a été tué, une balle dans la tête. Un autre officier a été blessé. Le Liban considère toujours l'abattage de l'arbre comme une provocation, affirmant que ses soldats ont lancé des tirs d'avertissement après que les soldats israéliens eurent ignoré les appels de la FINUL, leur demandant de cesser leur intervention. Le porte-parole de l'armée du régime sioniste s’est déclaré étonné de la réaction de l'armée libanaise. L'armée israélienne dont les agressions et les provocations contre l'espace des pays arabes restaient, pendant plusieurs décennies, impunies, a reçu, en 2006, lors de la guerre de 33 jours, une réponse ferme et cuisante de la part du Hezbollah libanais. L'armée libanaise a pour sa part montré qu'il n'avait aucune considération pour défendre le territoire libanais, d'autant plus que le récent acte de provocation israélienne s'est justement produit au 4ème anniversaire de la victoire du Hezbollah contre l'armée du régime sioniste, qualifié d'invincible par l'Occident. Par un tel acte de provocation, le régime israélien voulait faire intervenir le Conseil de Conseil de l'ONU et monter le Hezbollah contre les autres groupes politiques sur la scène de la politique intérieure du Liban. Mais, le Hezbollah tout en faisant part de sa disponibilité à aider l'armée libanaise, a fait preuve de sagesse pour ne pas s'ingérer dans cet incident prémédité. En évoquant l'attaque d'Israël contre le village frontalier d'Al-Adayssé, le secrétaire général du Hezbollah, Seyyed Hassan Nasrallah, a déclaré qu'il couperait la main à celui qui agresserait le Liban. En fait, la disponibilité du mouvement de la Résistance islamique à aider, si nécessaire, l'armée libanaise, est un grand appui pour les forces armées du pays. Ceci dit, les analystes politiques estiment que le récent déplacement du Roi Abdallah d'Arabie Saoudite était destiné à faire un compris dans le cadre du scénario autour de l'assassinat de l'ancien premier ministre libanais, Rafic Hariri pour obtenir le désarmement du Hezbollah en échange de la suspension ou le report du verdict du Tribunal international pour le Liban, (TSL), qui aurait accusé certains membres du Hezbollah d'être impliqués dans l'assassinat de Hariri. Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite a déclaré que le Liban pourrait s’exposer à une crise, si l'unité interlibanaise ne se réalisait pas, mais il a ignoré le fait que tous les Libanais, tendances et partis politiques confondus, ont exprimé, dans diverses occasions, leur soutien à la Résistance.
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Une nouvelle flotille en route vers Gaza

Jeudi, 05 Août 2010 15:27 
IRIB - Les organisateurs de la "flottille de la liberté" pour Gaza, cible d'un assaut meurtrier des commandos israéliens, en mai, ont annoncé, mercredi, l'envoi d'une nouvelle flotte vers le territoire palestinien, avant la fin de l'année, au terme d'une réunion, à Stockholm. "Nous allons envoyer une (nouvelle) flottille, si le blocus (israélien sur Gaza) n'est pas levé.", a déclaré à l'AFP Dror Feiler, le Porte-parole de la branche suédoise du mouvement pro-palestinien "Ship to Gaza" et rescapé de l'abordage du 31 mai. "Nous nous y rendrons, avant la fin de l'année, et nous sommes pratiquement certains que la flottille sera plus importante, qu'il y aura davantage de navires et des bâtiments plus gros.", a-t-il dit.  
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Les chasseurs-bombardiers israéliens violent l’espace aérien du Liban

Jeudi, 05 Août 2010 22:56 
IRIB- Les chasseurs-bombardiers de l'armée israélienne continuent de violer l'espace aérien du Liban. Le commandement de l'armée libanaise a annoncé, dans un communiqué, que les avions de combat du régime sioniste ont violé, jeudi, à plusieurs reprises, l'espace aérien du Liban, brisant le mur du son, à Bent-Jbil, Nabatiya, Khayam et Marjaïoun. La violation de l'espace aérien du sud du Liban, par les chasseurs de l'armée du régime sioniste, intervient, moins de deux jours après les affrontements entre les forces libanaises et les militaires du régime sioniste, à la suite de l'agression israélienne contre al-Adayssa, dans le sud du pays.  

Cisjordanie: des dizaines de maisons détruites par les Sionistes

Jeudi, 05 Août 2010 22:57 
IRIB- Des centaines de militaires du régime sioniste s'en sont pris au village de Jalboun, à l'est de Jenine, dans le nord de la Cisjordanie. Ils ont endommagé l’intérieur de dizaines de maisons, avant de capturer 30 villageois. De même, 1.300 militaires israéliens ont détruit, jeudi, 20 maisons d'habitation palestiniennes, dans le village d'al-Araqib, au Néguev, dans le sud des territoires occupés. A Bethléem, en Cisjordanie, les forces du régime sioniste s'en sont prises aux manifestants qui protestaient contre le mur de séparation. Trois personnes ont été blessées, dont un enfant, et 16 autres, arrêtées, dont 10 pacifistes étrangers.  
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L'occupation arrête plus de 25 partisans du Hamas à Jénine

[ 06/08/2010 - 00:06 ]
Jénine – CPI
Les forces de l'occupation israélienne ont arrêté, à l'aube de ce jeudi 5/8, plus de 25 personnes d'entre les cadres, partisans du mouvement du Hamas et leurs proches dans la ville de Jénine, notamment dans le village de Jalboun à l'est de la ville.
De nombreuses sources ont affirmé que plus de 30 blindés militaires sionistes ont envahi le village de Jalboun à l'est de la ville et lancé une campagne de fouille hasardeuse dans les maisons résidentielles, notamment dans celles des partisans et cadres du Hamas et leurs proches. Les forces sionistes ont arrêté des dizaines d'entre eux avant de les emmener vers une direction inconnue.
Les sources ont ajouté que la majorité des personnes arrêtées sont d'anciens captifs dans les prisons des milices fidèles à l'ex-président de l'autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, et se sont plusieurs fois retrouvés captifs dans les prisons sionistes.

Dr. Adbul-Sattar Qassem refuse de recevoir le consul britannique

[ 06/08/2010 - 00:10 ]
Naplouse – CPI
Dr. Abdul-Sattar Qassem, professeur en sciences politiques à l'université nationale de Najah, a refusé d'accueillir le consul britannique, qui a demandé de lui rendre visite chez lui.
Dr. Qassem a affirmé son refus d'accueillir des consuls étrangers, notamment de la Grande-Bretagne, parce qu'elle est la raison principale de la catastrophe du peuple palestinien.
"Lorsque la Grande-Bretagne retourne l'histoire en arrière, nous penserons au sujet, car nous possédons un droit dans ces territoires et elle porte la responsabilité de la tragédie de tout le peuple palestinien."
Notons que Dr. Qassem avait refusé d'accueillir les consuls américain et français.

Une marche pour célébrer la commémoration de massacre de Chafa Amr dans les territoires de 48

[ 06/08/2010 - 00:13 ]
Al-Nassera – CPI
Le comité populaire dans la ville de Chafa Amr dans les territoires palestiniens occupés en 1948 a organisé, mercredi soir, le 4/8, une marche pour célébrer la 5e commémoration du massacre perpétré par le colon sioniste Natan Zada contre les Palestiniens dans la ville.
Des sources locales ont dit que des centaines de Palestiniens de 48, dont des leaders politiques et de hautes personnalités, ainsi que des dirigeants du mouvement islamique, ont participé à la marche qui s'est dirigée devant le siège de la municipalité vers les deux cimetières islamique et chrétien où les quatre victimes sont enterrés.
Les sources ont dit que les manifestants ont répété des slogans condamnant la position des autorités sionistes à l'égard du tueur.

Les délégations continuent à exprimer leur solidarité avec les députés de la ville d'Al-Quds

[ 06/08/2010 - 01:42 ]
Al-Quds occupée – CPI
Les députés de la ville d'Al-Quds menacés d’expulsion continuent leur sit-in dans leur tente installée dans le siège de la Croix-Rouge, pour le 36ème jour. Et les visiteurs, les délégations, les solidaires continuent à affluer vers elle pour confirmer leur solidarité avec les représentants légitimes du peuple palestinien et de la ville d'Al-Quds.
Dans ce contexte, jeudi 5 août, la tente a connu plusieurs visites officielles et populaires, islamiques et chrétiennes. L’archevêque de l’église latine Walim Chomeli et l’archevêque de l’église orthodoxe romaine Attallah Hana étaient parmi les visiteurs.
L’archevêque Chomeli s’est indigné de l’ordre israélien condamnant les députés de la ville d'Al-Quds à un éloignement de leur ville. C’est une décision politique discriminatoire qui vient à l’encontre des droits de l’homme les plus simples, a-t-il dit.
Pour sa part, l’ancien ministre des affaires de la ville d'Al-Quds l’ingénieur Khaled Abou Arfa a reçu une délégation représentant l’union mondiale des églises, accompagnée d’un certain nombre de solidaires européens.
La ville d'Al-Quds est sous l’occupation, donc ses habitants ne peuvent être déportés, dit le ministre. Il a appelé la communauté internationale à appliquer ce principe.
Il a affirmé que leur sit-in a réussi à attirer le regard de la communauté internationale. Les délégations et les organisations viennent nous montrer leur solidarité.
De son côté, une activiste britannique a promis de contacter les membres de la chambre commune britannique et le parlement européen afin qu’ils fassent pression sur l’occupation israélienne pour annuler cet ordre injuste.

jeudi 5 août 2010

Flottille pour Gaza : le Conseil de sécurité salue la nomination d'un panel d'enquête

4 août 2010 – Le Conseil de sécurité a salué mardi la création d'un panel de personnalités chargé d'enquêter sur le raid de l'armée israélienne, le 31 mai dernier, contre une flottille d'aide humanitaire partie de Turquie pour rejoindre la Bande de Gaza, et qui s'était soldé par la mort de neuf personnes.
Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait annoncé la création de ce panel lundi, après deux mois d'intenses consultations. Basé au siège de l'ONU, à New York, il sera présidé par l'ancien Premier ministre néo-zélandais, Geoffrey Palmer, assisté du Président colombien sortant Alvaro Uribe et de deux représentants israélien et turc, dont les noms n'ont pas encore été rendus publics.

Il travaillera en liaison avec des experts sur le terrain et en coopération avec les gouvernements concernés qui lui transmettront les conclusions de leurs enquêtes nationales. Le panel remettra ensuite un rapport au Secrétaire général, qui décidera alors des mesures ultérieures à suivre.

Dans un communiqué lu à la presse par l'ambassadeur de la Fédération de Russie auprès de l'ONU, les 15 membres du Conseil de sécurité saluent aussi la coopération de la Turquie et d'Israël et disent attendre avec impatience les résultats du mandat confié au panel.
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Israël-Liban : après l'échange de tirs, l'ONU organise une rencontre tripartite

4 août 2010 – Après l'échange de tirs meurtrier survenu mardi entre l'armée israélienne et l'armée libanaise à proximité de la localité d'Aadaissé, au Sud Liban, la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL) a organisé mercredi une rencontre tripartite avec des représentants des deux armées.
« Le Commandant de la FINUL, le général Alberto Asarta Cuevas, a appelé à la tenue d'une rencontre tripartite extraordinaire », a fait savoir mercredi un porte-parole de la FINUL. « Cette rencontre a pour but de répondre à la situation grave qui s'est développée ces deux derniers jours afin de prévenir le retour d'une telle situation », a-t-il ajouté.

La réunion tripartite entre représentants de l'ONU, de l'armée israélienne et de l'armée libanaise s'est déroulée mercredi soir au point de passage de Ras Al Naqoura au Sud Liban. Le Coordonnateur spécial de l'ONU pour le Liban, Michael Williams, était également présent.
"L'échange de tirs a commencé bien que nous ayons fait notre mieux pour l'empêcher", a dit le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, lors d'un point de presse à New York. Il a précisé que la FINUL avait négocié un cessez-le-feu pour mettre fin aux tirs.
Selon lui, l'incident de mardi est "le plus sérieux" depuis 2006. Il a estimé que l'existence d'un mécanisme tripartite réunissant la FINUL, Israël et le Liban, était un "succès important". Il s'est félicité que les deux parties aient accepté la proposition de l'ONU d'une réunion tripartite urgente.
Lors de cette réunion, la FINUL a présenté aux deux parties les résultats préliminaires de son enquête sur l'incident. Elle les a appelées à exercer un "maximum de retenue" et à "éviter toute action qui pourrait accroître les tensions", a dit la force onusienne dans un communiqué.
"Nous avons eu une réunion constructive", a dit le général Asarta. "J'ai souligné l'importance de garantir le plein respect de la Ligne bleue par toutes les parties."

Selon la presse, les violences ont commencé quand des soldats libanais ont ouvert le feu sur des militaires israéliens essayant de déraciner un arbre, qui se trouvait en territoire libanais, d'après le Liban, en territoire israélien, d'après Israël.

« Les enquêteurs de la FINUL se sont rendus sur le terrain et ont commencé l'enquête. Les recherches sont toujours en cours », indique la force onusienne. « Cependant, la FINUL a établi, que les arbres coupés par l'armée israélienne sont situés au sud de la Ligne Bleue du côté israélien », ajoute-t-elle.

« Dans cette zone, le gouvernement libanais avait quelques réserves concernant la Ligne Bleue, comme le gouvernement israélien en a à d'autre endroits », précise la force des Nations Unies. Le Liban et Israël ont confirmé au Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, « qu'en dépit de leurs réserves », les deux pays « allaient respecter la Ligne ».

Le respect de la Ligne Bleue est l'un des points les plus importants de la résolution 1701 du Conseil de sécurité qui a mis un terme en 2006 au conflit entre Israël et le mouvement libanais Hezbollah.

Mardi, Ban Ki-moon a appelé les deux parties « à un maximum de retenue » et s'est dit « très préoccupé par l'échange de tirs entre les Forces de défense israélienne et l'Armée libanaise ». Le chef de l'ONU a également « regretté la perte de plusieurs vies humaines » lors de cet incident, « le plus grave qui soit survenu entre les deux pays depuis la résolution 1701 du Conseil de sécurité ».

Selon la presse, les échanges de tirs ont provoqué la mort de deux militaires et d'un journaliste libanais et d'un haut-gradé israélien.
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Communiqué de Presse du CBSP - Solidarité : des enfants palestiniens à Lille

Lille - 04-08-2010  
Par CBSP 
Dans le cadre des ses activités humanitaires, le CBSP met en place de nombreux projets en direction de la jeunesse palestinienne durant l’été. Parmi eux, l’accueil en France d’enfants parrainés ou non par notre association. Une fois encore, la solidarité apporte joie et bonheur à ceux qui en sont privés.
Paris, le 28 juillet 2010.
En partenariat avec l’association Amitié Calaisis Palestine, le Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens (CBSP) accueille un groupe d’enfants palestiniens originaires de Naplouse (Cisjordanie) du 1er au 9 août prochain.
Ces jeunes Palestiniens - trois filles et six garçons âgés de 11 à 13 ans - auront droit à de vraies vacances. Avec leurs deux accompagnateurs, ils entameront un programme mêlant détente et découverte spécialement élaboré à leur intention.
Par ailleurs, une soirée de bienvenue est organisée le lundi 2 août à partir de 19h00 à la salle Concorde située boulevard de Metz à Lille.
Pour tout renseignement :
Contacter le Dr Mohamed Salem au 06 85 87 89 55
A propos du CBSP
Fondé en 1990, le CBSP est la première ONG française dont l’action humanitaire est exclusivement axée sur la Palestine. Nous apportons une aide concrète au profit des Palestiniens les plus vulnérables dans des domaines aussi variés que l’aide alimentaire, la santé, l’éducation, le développement économique ainsi que l’urgence. Parallèlement, le CBSP place au cœur de son action le parrainage d’orphelins, de personnes handicapées, de familles et d’enfants démunis. Nous intervenons également dans les camps de réfugiés du Liban et de Jordanie où persiste une extrême misère.

L’Autorité palestinienne attaque les bureaux de Ma’an à Naplouse

Naplouse - 04-08-2010

Par Muhammad Oweiweih 
Les agents des douanes de l’Autorité Palestinienne ont attaqué la chaine de TV de Ma’an à Naplouse, agressant trois journalistes lors de la dernière d’une série d’opérations visant les diffuseurs locaux en Cisjordanie occupée.
Rami Swidan, reporter photo pour Naplouse TV, a dit que les forces de l’AP avaient attaqué les journalistes Duhana Abu Ayasheh, Ayman Alawi, et Ala Ash-Shanti lorsqu’elles sont entrées dans le bureau pour stopper les opérations.
Swidan a dit que Fursan Bani Jaber, fonctionnaire au département des douanes et employé du Ministère des Télécommunications de l’AP, a déclaré qu’ils avaient l’ordre de fermer le bureau.
Les employés ont demandé aux fonctionnaires de parler d’abord avec le directeur Mahmoud Barham. Une dispute a éclaté lorsque Barham est arrivé, à la suite de laquelle les 3 journalistes ont été agressés, a expliqué Swidan. Un officier des douanes a confisqué la caméra qui filmait l’attaque et l’a confisqué pendant plus d’une heure avant de la restituer, a-t-il ajouté.
Barham a dit que le bouclage soudain de la station était « déroutant » et qu’il était en contradiction avec la promesse du Ministère des Télécommunications qu’aucune station ne serait fermée en raison d’un désaccord en cours concernant les droits de licence. « Le Ministre des Télécommunications a violé la décision du gouvernement n° 182/2004, qui stipule qu’aucune station locale ne sera fermée sans décision d’un tribunal, » a dit Barham.
Plusieurs stations palestiniennes de radio et de TV ont été obligées d’arrêter d’émettre depuis le début de l’année, lorsque le Ministère a mis en place ce que les propriétaires de station ont qualifié de droits de licence exorbitants.
Le chef du bureau de Naplouse, Salim Swidan, a condamné cette dernière attaque, disant qu’il avait déjà porté plainte contre le service des douanes auprès de la Commission Indépendante des Droits de l’Homme, et qu’il le ferait également devant un tribunal palestinien.
Le directeur général de Ma’an, Raed Othman, a considéré le raid comme « inacceptable », faisant remarquer que les officiels palestiniens jouissent de leur liberté de parole sur les forums internationaux « tandis que certaines stations de TV locales continuent d’être fermées par le département des douanes. »
Soulignant le recours inhabituel du ministère au service des douanes pour fermer le bureau, Othman a ajouté : « Devons-nous nous attendre à ce que le gouvernement ferme d’autres stations, peut-être avec l’aide de la défense civile ou du service des ambulances, sans aucune considération pour la loi et la justice ? »
En réponse, le sous-secrétaire du Ministère des Télécommunications, Suleiman Zuhari, a dit que le ministère et le service des douanes travaillaient en coopération pour aider la campagne « d’organisation » des médias palestiniens après que les stations aient reçu une date-limite pour le dépôt des taxes de licence.
« Il y a environ 90 stations en Cisjordanie qui paient pour les licences nécessaires en vue de continuer à travailler, mais 14 stations n’ont toujours pas de licences, » dit-il. « Ce que nous avons fait aujourd’hui, c’est pour protéger les stations légales. »
Le Syndicat des Journalistes palestiniens a condamné la fermeture. Le chef du Syndicat, Abdel Nasser An-Najjar, a dit qu’il a protesté auprès des ministères des Télécommunications et de l’Intérieur, et ni l’un ni l’autre n’a indiqué être au courant de la mesure, qui semble faire controverse au sein de l’AP elle-même. Le Ministère de l’Intérieur de l’AP a refusé d’y prendre part, obligeant le Ministère des Télécommunications à chercher de l’aide auprès du service des douanes.
Othman a appelé le Premier ministre Salam Fayyad à cesser de « se moquer de la presse locale palestinienne », et Fayyad a répondu en ordonnant la réouverture de la station et a promis de dédommager Ma’an pour tout dommage qui résulterait.
Pour sa part, le Ministre des Télécommunications Mashhour Abu Daqqa a dit que l’incident ne se reproduirait pas.
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Safad, Bisan, Jenin

Gaza - 04-08-2010
Par Flora Nicoletta

Flora Nicoletta est une journaliste française indépendante qui vit à Gaza. Elle travaille actuellement sur son quatrième livre, sur la question palestinienne. 
Safad est une ville du nord de la Palestine historique. Bisan est elle aussi une ville de Palestine 48, mais son nom a été changé par le conquistador en Bet Shean. Jenin est située au nord de la Cisjordanie conquise en 1967.
Sami El-Qishawi a quatre filles, et il a donné à trois d’entre elles les noms de Bisan, Safad et Jenin. Il est directeur du bureau gazaoui d’El-Ayyam, un quotidien palestinien dont le siège est à Ramallah.

Le premier bouclage de la Bande de Gaza a été imposé à la fin mars 1993 par Yitzhak Rabin à l’époque des négociations de paix palestino-israéliennes à Washington et pendant les pourparlers secrets palestino-israéliens qui ont débouché sur les Accords d’Oslo. Le Premier ministre israélien qui a inventé et mis en œuvre le régime de bouclage a été récompensé quelques mois plus tard par le Prix Nobel de la Paix.
Depuis la paix d’Oslo, El-Ayyam, El-Quds et El-Haya El-Jadida – deux autres quotidiens palestiniens publiés à Ramallah – ont été très souvent absents des kiosques de Gaza à cause d’une série d’innombrables bouclages brefs, de bouclages longs, de bouclages indéfinis, puis d’un bouclage éternel et autres interdictions.
En 2001, le maître israélien a introduit une nouvelle mesure : les journaux entrant dans la Bande de Gaza devaient être fouillés par des chiens spécialement dressés. Le Palestinien ordinaire qui a eu affaire à ces chiens dit qu’ils ont un rang dans l’armée. La mesure a duré jusqu’à 2006.
L’employé d’El-Ayyam chargé de la distribution allait chercher tous les jours au passage de Beit Hanoun (Erez) un éventail de journaux et magazines. Les chiens spécialement dressés avaient coutume de détruire un certain nombre de copies, de dévorer les sièges de la voiture et, de temps en temps, de mordre l’employé.
Depuis que le bouclage éternel a été imposé à Gaza, l’employé n’a pas été licencié, mais il est au chômage. On peut le rencontrer, à certains moments, marchant dans les bureaux du journal et il semble très triste.
Dans le passé, El-Ayyam était le seul quotidien palestinien à avoir participé à la Fête du Livre de Gaza, jusqu’à sa dernière édition en 2003. Une pièce adjacente au bureau de Sami El-Qishawi est pleine de livres invendus, de rapports et de magazines politiques en arabe et en anglais. Bien que ce soit des publications anciennes, elles sont toujours très intéressantes, mais tout est poussiéreux aujourd’hui…
Il y a quelques années, on pouvait rencontrer les deux fils de Sami El-Qishawi dans les bureaux d’El-Ayyam situés dans la Tour Palestine, à Gaza-ville. Le flamboyant Basel, 26 ans aujourd’hui, était comptable. Au sujet du second, Mohammad, son père nous disait qu’il était très paresseux et qu’il ne voulait pas étudier à l’école. Et aujourd’hui, nous continuons à écouter Sami El-Qishawi…
« J’ai appelé trois de mes filles Safad, Bisan et Jenin parce que c’est une forme de résistance. Safad a 22 ans, Bisan 26 et Jenin 15. Jenin est née le 25 octobre 1995. Ce jour-là, au même moment, nos forces, la police palestinienne, sont entrées à Jenin [tandis que l’armée israélienne se retirait à la suite des Accords d’Oslo].
« Ce jour-là, j’écoutais les informations à la radio. J’étais à l’hôpital avec sa mère et le bébé était né exactement au moment où notre police palestinienne prenait le contrôle de Jenin.
« J’ai appelé ma première fille Safad parce que je suis allé dans cette ville il y a 30 ans. C’est une très belle ville, au nord de la Palestine… un très bel endroit… J’aime énormément Safad.
« Bisan est ma première fille, elle est née en 1984. Après Bisan, notre premier fils Basel est arrivé, il a aujourd’hui 26 ans. La ville de Bisan est située dans la plaine de Marj Ibn Amr, en Palestine historique. Mon défunt ami Zaki Alah était écrivain et poëte. Il écrivait des nouvelles. Lorsque nous sommes allés ensemble à Bisan et à Marj Ibn Amr, il a écrit un vers... Il a écrit : ‘Marj Ibn Amr, ne m’oublie pas…’. Ce vers est resté gravé dans ma mémoire. Je me suis dit alors que j’appellerais ma première fille Bisan.
« Quand je suis allé là-bas avec Zaki, j’étais enseignant. Je travaillais dans une école de l’Unrwa et j’ai emmené les enfants de l’école visiter Marj Ibn Amr, Bisan et le nord de la Palestine. Lorsque j’ai vu Marj Ibn Amr, j’ai beaucoup pleuré… J’ai oublié l’année… [il pleure].
« Mon village natal s’appelait El-Qubeba. C’était un petit village dans le district d’Er-Ramla, et il y avait environ 20 km entre El-Qubeba et Yafa, et 5 kms d’Er-Ramla. J’y suis allé plusieurs fois. Il ne reste pas une maison. On avait des orangers, environ 30 dunums [1 dunum = 1.000 m²]. J’avais les titres de propriété... mais je les ai perdus…
« Mon père et moi sommes revenus voir notre terre après la guerre de 1967, et nous avons vu la porte de métal de notre propriété. Il y a un trou dans la porte… mon père m’a dit que c’est lui qui l’a fait, avant 1948…
« Je suis né à Gaza-ville, le 9 février 1954. Je suis né dans une clinique de l’Unrwa, près de l’hôtel El-Amal, rue Omar El-Mukhtar, dans le quartier Rimal. Nous vivions dans le camp de réfugiés de la Plage.
« Ata Abu Kersh était mon professeur de biologie, à l’école secondaire, et il était le directeur de l’école de la prison en 1972, à Gaza-ville, dans la prison centre de Gaza, Saraya. En 1972, j’ai été incarcéré et Ata Abu Kersh était directeur de l’école d’une prison israélienne [sous le régime Fatah, Ata Abu Kersh est devenu sous-secrétaire au Ministère de l’Agriculture].
« Lorsque nous avons passé le Tawjihi [baccalauréat] dans une prison israélienne à Gaza-ville en 1972, beaucoup d’enseignants sont venus d’Egypte pour superviser les examens. En bref, nous étions à Gaza occupée, dans une prison israélienne, avec un directeur palestinien de l’école de la prison et les anciens gouverneurs égyptiens de Gaza [jusqu’en juin 1967] venaient superviser les examens en prison… parce que jusqu’à la création de l’Autorité Nationale Palestinienne, nous suivions le programme scolaire égyptien.
« J’ai été arrêté en février 1972, dans le camp de réfugiés de la Plage, j’avais 18 ans. J’ai été libéré un an après, en 1973. Après le Tawjihi, je voulais continuer mes études à l’Université Ein Shams du Caire. Il n’y avait pas d’université à Gaza à l’époque. Une fois que les étudiants avaient le Tawjihi, ils devaient attendre un an à Gaza… parce que l’Egypte acceptait environ 1.000 étudiants par an mais il fallait une année pour s’inscrire.
« Cette année-là, en octobre 1973, une guerre entre l’Egypte et Israël a éclaté et les étudiants sont restés à Gaza ; au lieu d’attendre un an, nous avons attendu deux ans. Le Comité international de la Croix-Rouge emmenait les étudiants en Egypte et les ramenait à Gaza… parce que l’Egypte et les Israéliens étaient ennemis.
« En 1975, le CICR nous a emmené de Gaza à El-Arish, en Egypte, et des autobus israéliens nous ont transportés d’El-Arish au Canal de Suez, à travers la péninsule du Sinaï [le désert égyptien était occupé par Israël depuis juin 1967]. Et les délégués du CICR nous accompagnaient !
« La première fois que je suis allé à l’université, ça a pris longtemps… Nous avons quitté Gaza à 16h et sommes arrivés au Caire à minuit, nous étions ensemble, garçons et filles. Je suis resté en Egypte de 1975 à 1980. Tous les ans, nous revenions chez nous par le même chemin puis nous retournions à l’université. C’était avant le traité de paix de Camp David entre l’Egypte et Israël, mais il y avait déjà une sorte d’accord entre l’Egypte et Israël. L’armée israélienne était stationnée au Canal de Suez et les autobus égyptiens faisaient le trajet du Caire au Canal de Suez, jusqu’à la ville d’El-Kantara. Et les autobus israéliens traversaient le désert du Sinaï jusqu’à El-Arish… et ma famille pouvait venir me voir !
« Je suis devenu professeur de physique. J’ai passé mes diplômes à l’Université Ein Shams et je me suis spécialisé en physique atomique. En 1980, je suis revenu à Gaza, au camp de réfugiés de la Plage, et les Israéliens m’ont donné l’ordre de ne pas quitter Gaza pendant 10 ans... et depuis, je suis ici… Je ne suis parti qu’une fois depuis 1980… l’année dernière, lorsque je suis allé accomplir le pèlerinage en Arabie Saoudite.
« En 1980, j’ai trouvé un poste de professeur à l’école de l’Unrwa… à l’époque, les Palestiniens qui avaient été emprisonnés par les Israéliens ne pouvaient pas travailler dans une école du gouvernement, ni avec l’administration civile israélienne [i.e. l’occupation militaire]. C’est pourquoi j’ai travaillé dans une école Unrwa, comme professeur de sciences, mais seulement pendant trois ans. C’est grâce au projet de l’OLP appelé Projet Abu Setta que j’ai pu travailler. Ce projet donnait un poste à des diplômés pendant deux ou trois ans dans une école Unrwa et les salaires étaient payés par l’OLP.
« Ensuite, je suis devenu négociant. Un jour, en 1990, un ami, le docteur Sami Tarazi, est rentré des Etats-Unis avec un projet pour les étudiants palestiniens. Cela consistait à leur donner des cours de mathématiques, de science, de biologie, de chimie en anglais dans les écoles secondaires. Nous avons signé des accords avec des universités du Royaume-Uni et des Etats-Unis, nous avons organisé des tests à Gaza et nous avons envoyé les étudiants terminer leurs études à l’étranger. J’étais directeur de ce projet.
« Puis il y eu les Accords d’Oslo et l’ANP a été créée et Yasser Arafat est arrivé à Gaza en 1994. Avec Yasser Arafat, le journaliste Akram Haniyeh, qui était à l’époque conseiller politique de Yasser Arafat. J’avais rencontré Akram Haniyeh lorsqu’il faisait ses études en Egypte. Akram a proposé de créer le journal El-Ayyam et m’a demandé de diriger le bureau de Gaza.
« Tu peux prendre cette photo de Mohammad… Mohammad est né le 1er février, en 1988 je pense… j’ai oublié maintenant. Mohammad était dans la résistance, avec les Brigades des Martyrs El-Aqsa – Palestine – le groupe Jihad El-Amarin. Mohammad travaillait aussi avec la garde présidentielle. Il m’a dit qu’il était un combattant de la résistance, et il l’a dit aussi à sa mère. Il a commencé avec le Front Populaire, puis il est allé au Fatah.
« Une nuit, sa mère m’a dit : « Il est minuit et ton fils n’est pas rentré. » J’ai attendu près de l’entrée. Quand il rentrera, je le battrai pour arriver si tard, me suis-je dit. Il est arrivé… j’ai ouvert la porte… Il portait une kalachnikov… [il pleure]. Je lui ai dit : « tu es bien jeune pour porter ça… » Mohammad m’a répondu : « L’occupation israélienne t’a jeté en prison alors que tu étais au lycée. Au lieu d’être à l’école, tu étais en prison. J’ai terminé mes études secondaires, papa… » [il pleure]. C’était avant qu’il soit tué, un ou deux ans avant...
« Mohammad ne voulait pas faire d’études… il n’aimait que la résistance. Je suis sûr, je suis sûr, Flora, je suis sûr qu’il savait qu’il pouvait mourir à tout moment. Un jour, je lui ai dit : « Nous avons une belle maison et je peux te trouver une fille, celle que tu veux. » Il m’a répondu : « Pas maintenant. » Je ne sais pas à quoi il pensait. Il a dit : « Je ne suis pas un d’entre eux, un de ceux qui veulent se marier. Je ne peux pas me marier. » « Pourquoi, mon fils ? » « Je ne sais pas, mais je ne resterai pas longtemps en vie, » m’a-t-il répondu.
« Le jour où il est mort… c’était le 15 novembre… un jeudi. J’étais à la maison parce que c’était mon jour de libre… c’était le jour de l’Indépendance… en 2007. Je suis allé faire des courses avec ma femme au marché du camp de la Plage, le marché aux poissons. Nous avons acheté du poisson et nous sommes rentrés chez nous. Ma femme a commencé à préparer le repas et je lui ai demandé où était Mohammad. Elle m’a répondu : « Il est parti ce matin. » Une heure après, mon téléphone portable a sonné. C’était vers 14h. Un homme, un ami de Mohammad, m’a dit : « Mohammad est blessé, il est à l’hôpital. »
« J’ai appelé mon voisin pour qu’on aille ensemble à l’hôpital. J’étais très fatigué ce jour-là. Une demi-heure après, ou un quart d’heure, le portable a sonné à nouveau. C’était le même homme. « Mohammad est mort. » J’étais toujours à la maison. Mon fils Basel est arrivé... il est arrivé avec son oncle. Et ma femme… elle criait, pleurait, allait en tous sens…
« Chez moi, à ce moment-là, j’étais obligé de montrer que j’étais un homme fort… pour mes quatre filles, pour ma femme… Si elles m’avaient vu pleurer, ça aurait été pire.
« Mon fils Basel est allé à l’hôpital Shifa avec un groupe de jeunes du quartier. Une heure après, Mohammad est arrivé… Il était porté par les jeunes sur un brancard, sur leurs épaules… pas en voiture, pas en ambulance… Ils venaient à pied de l’hôpital Shifa jusqu’à notre quartier, El-Karameh… et c’est très loin. Je l’ai vu, et ma femme et mes filles l’ont vu… Il n’est pas resté longtemps ici… Ils l’ont emmené et l’ont porté jusqu’au cimetière Sheikh Radwan.
« Tous les combattants de la résistance, tous les amis de mon fils ont tiré en l’air [comme c’est la coutume] et je suppose que tu sais… C’était en novembre et cinq mois après que le Hamas soit au pouvoir dans la Bande… seulement cinq mois… et c’était interdit de tirer en l’air, dans n’importe quelle circonstance, depuis le premier jour. Mon fils était un martyr du Fatah et malgré l’interdiction, ils ont tiré en l’air… et le Hamas n’est pas intervenu.
« Tous les gens du secteur ont marché, tout le monde a marché, de 15h à 17h, pendant deux heures, depuis chez moi dans le quartier El-Karameh jusqu’au cimetière, et ils ont entonné des slogans. Dans le cimetière, nous avons mis Mohammad dans sa tombe, avec les vêtements qu’il portait. Comme tu le sais, le martyr ne doit pas être lavé.
« Ensuite, tous les gens de mon quartier et de toute la Bande sont venus à la maison pour présenter leurs condoléances. Ils sont venus chez nous pendant quatorze jours, oui… au lieu de trois jours, selon la coutume. En plus, beaucoup de gens sont venus parce que mon fils était du Fatah. A cette époque, le Fatah était vaincu et les gens du Fatah saisissaient toutes les occasions pour relever la tête.
« Un journaliste m’a dit que les Brigades El-Aqsa voulaient tirer des roquettes [artisanales] sur Sderot. Les jeunes étaient à Beit Hanoun. Les forces israéliennes ont tiré des missiles sol-sol et Mohammad a été tué, et un autre aussi a été tué, de la famille El-Bayari, et trois autres ont été blessés.
« Pendant la période de deuil, je n’ai jamais pleuré et lorsque mes amis pleuraient, je leur demandais d’arrêter… mas un an après, lorsque je suis allé voir mon fils au cimetière, j’ai pleuré. Aujourd’hui, pendant que je te parle, je pleure… Tout à l’heure, quand j’ai vu les photos de mon fils sur mon ordinateur, j’ai pleuré. Quand je mange quelque chose qu’il aimait, je pleure… je ne sais pas… c’est la vie…
« Mon fils venait souvent me voir ici… El-Ayyam a été interdit d’entrée à Gaza par les Israéliens de février 2009 à juillet 2010. Maintenant, le Hamas me demande d’empêcher l’entrée d’El-Ayyam à Gaza jusqu’à ce que tous les journaux imprimés à Gaza soient distribués librement en Cisjordanie. Mais El-Ayyam n’est pas un journal du Fatah. Nous ne faisons pas partie du Fatah. Je ne suis pas au Fatah. El-Ayyam est une société composée de gens différents. Ce n’est pas un journal Fatah. Ce n’est pas l’ANP qui me verse mon salaire, mais la société El-Ayyam, qui est indépendante. Pourquoi le gouvernement de Gaza considère El-Ayyam comme un journal Fatah ? Pourquoi ? Pourquoi ?
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Nayef Rajoub : "Le sionisme porte en lui les germes de sa propre disparition", entretien avec Khalid Amayreh

Palestine - 05-08-2010

Par Nayef Rajoub 
Nayef Rajoub, 52 ans, est l’un des leaders islamiques les plus populaires en Palestine occupée. Sa promotion courageuse des droits palestiniens, dont le droit au retour des réfugiés palestiniens, a attiré l’attention non désirée des services de la sécurité israélienne. Il totalise huit ans passés dans les geôles israéliennes, principalement sur des accusations mensongères comme « incitation contre l’Etat israélien ». M. Rajoub a été libéré il y a quelques semaines, après avoir été incarcéré pendant 50 mois pour le « crime » d’avoir participé aux élections palestiniennes de 2006. A Al-Khalil (Hébron), Rajoub a remporté plus de voix que n’importe quel autre candidat. Les élections avaient obtenu le feu vert d’Israël et des Etats-Unis dans l’espoir que le Fatah gagnerait. Cependant, lorsque le Hamas a remporté une victoire écrasante, les Etats-Unis et la plupart des pays européens, ainsi que les régimes marionnettes des Etats-Unis au Moyen-Orient, furent hostiles au nouveau gouvernement palestinien, et ont imposé un siège financier (suivi par le siège total de Gaza) visant à rendre les territoires occupés ingouvernables par les nouveaux dirigeants islamiques.
Au nom de Middle East Monitor, Khalid Amayreh a interviewé Nayef Rajoub dans son bureau, à Dura, au sud de la Cisjordanie.










Nayef Rajoub, libéré de sa dernière incarcération, le 20 juin 2010.

Khalid Amayreh : Comment voyez-vous la cause palestinienne d’ici vingt ans ?
Nayef Rajoub : Je pense que l’Autorité Palestinienne de Ramallah continuera à marcher sur son chemin stérile de concessions et de capitulation jusqu’à ce qu’il ne reste rien, ou si peu, en termes de droits palestiniens. Israël peut accepter de donner à l’AP un Etat kafkaesque dépourvu de dignité, de viabilité et de souveraineté.
Pour ce qui est de la fin du conflit, personne n’a de certitude, mais je suis sûr que le conflit ne se terminera qu’avec la disparition de l’idéologie du sionisme, qui fait d’Israël un Etat colonial. Ce n’est pas un vœu pieux : le sionisme porte en lui les germes de sa propre disparition et Israël est un Etat fondé sur la dépossession d’un autre peuple. Il est donc fondé sur l’oppression et l’injustice. En tant que tel, sa durée de vie ne sera pas très longue.
KA : Voyez-vous une possibilité de coexistence entre les Juifs et les Arabes en Palestine ?
NR : Tant que le sionisme sera l’idéologie qui sous-tend Israël, la coexistence est impossible. Comment pouvons-nous coexister avec une communauté qui s’acharne à nous asservir et à nous persécuter ? En outre, les sionistes (juifs et non juifs de même) ne veulent pas de coexistence ; ils veulent la suprématie juive en Palestine et le nettoyage ethnique du peuple indigène, les Palestiniens.
KA : Mais le scénario de l’Afrique du Sud n’a-t-il pas fait la preuve que la coexistence était possible entre des communautés auparavant irréconciliables ?
NR : La comparaison avec l’Afrique du Sud est intrinsèquement fausse. Israël est une entité fondée sur le nettoyage ethnique et le vol de la terre, et il n’acceptera en aucune circonstance que la majorité gouverne, contrairement aux Sud-Africains.
KA : Etant donné la faiblesse de la position arabe globale, pensez-vous qu’Israël puisse recourir à une provocation majeure, comme la démolition de la Mosquée Al-Aqsa ?
NR : Oui ; si l’Autorité Palestinienne et les Etats arabes continuent avec leur politique de capitulation, y compris de conspiration avec Israël et les Etats-Unis contre les droits légitimes des Palestiniens, l’establishment sioniste se sentira encouragé et Israël s’embarquera dans des crimes plus audacieux, et la destruction de la Mosquée Al-Aqsa pourrait en être un.
KA : Pensez-vous que le temps d’un processus de paix est passé, à la lumière de l’échec chronique de ce processus, à aujourd’hui ?
NR : Ce qui est appelé, de façon erronée, « le processus de paix » est en fait une série de diktats israéliens imposés aux Palestiniens, qui ont été réduits au statut de mendiant vaincu quémandant ce qu’Israël condescend à donner. Malheureusement, cette situation est susceptible de perdurer dans un avenir prévisible, du moins jusqu’à ce que la Oumma musulmane puisse générer assez de volonté dans la communauté internationale pour faire quelque chose de plus positif.
KA : Que voulez-vous dire par « quelque chose de plus positif » ?
NR : Parvenir à une position où nous pourrons négocier en position de force ; le faire d’une position de faiblesse finit par mendier.
KA : Le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas a averti qu’il se tournerait vers une stratégie de solution à Un Etat si Israël continue à construire des colonies juives en Cisjordanie, en particulier à Jérusalem Est. Qu’en pensez-vous ?
NR : C’est la reconnaissance claire que la folie appelée « processus de paix » a échoué. L’AP s’est livrée à des gesticulations futiles et a échoué ces vingt dernières années. Cela montre aussi que les Etats-Unis ne cherchent pas sérieusement un accord qui mettrait fin au conflit arabo-israélien.
Je ne pense pas qu’un Etat unitaire, ou les menaces d’établir une telle entité, ont une réelle chance de succès dans les circonstances présentes. Israël ne permettra pas qu’une majorité arabe détermine la direction d’un tel Etat, et en outre le côté palestino-arabe n’est pas assez fort pour obliger Israël à accepter une solution démocratique.

KA : Le mouvement islamique en Palestine croit-il à la possibilité de la création d’un Etat viable en Cisjordanie à l’intérieur des frontières de 1967 ?
NR : Non, pas dans les circonstances actuelles, étant donné la faiblesse de la position arabe globale et à cause de la collusion et de l’alliance des Etats-Unis avec Israël.
KA : Si vous étiez à la place du Président de l’AP, que feriez-vous ?
NR : Je pense que quiconque à ce poste doit accepter d’abandonner les principes ; je ne serai jamais prêt à ça, dont je ne serai jamais président de l’AP.
KA : Si vous aviez su en 2006 ce que vous savez aujourd’hui, le mouvement islamique aurait-t-il participé aux élections législatives ?
NR : Oui, nous l’aurions fait. Nous savions depuis le début que notre chemin ne serait pas bordé de roses. Nous devions participer aux élections pour mettre un terme à l’avalanche de corruption et de concessions aux sionistes. Pour le dire simplement, quelqu’un devait arrêter la pourriture.
KA : Qui est responsable de la fracture nationale entre le Fatah et le Hamas ?
NR : Ceux qui sont responsables de la fracture sont ceux qui n’ont pas respecté le résultat des élections. Ce sont le Fatah, les Etats-Unis, l’Union Européenne et Israël, en plus des régimes arabes aux ordres de l’Amérique.
KA : Les Etats-Unis et leurs alliés insistent pour que le Hamas reconnaisse Israël avant d’accepter le mouvement islamique comme partenaire politique légitime. Le Hamas doit-il reconnaître Israël, en toutes circonstances envisageables ?
NR : C’est à la fois déraisonnable et illogique de demander aux victimes de reconnaître la légitimité de ses bourreaux. C’est à Israël de reconnaître d’abord les droits légitimes des Palestiniens, dont le droit à l’autodétermination et le droit à la liberté.
KA : Comment voyez-vous le soi-disant document égyptien qui vise à parvenir à la réconciliation entre le Fatah et le Hamas ?
NR : Le document est une recette concoctée par le Fatah et l’Egypte destiné à servir les intérêts du Fatah. Ce dont la Palestine a besoin, c’est d’une réconciliation sans conditions.
De plus, j’aimerais dire que ce que l’AP fait en Cisjordanie, c’est-à-dire la persécution continuelle du Hamas, souligne le manque de sérieux du Fatah quant à la réconciliation nationale.
KA : Le Fatah accuse le Hamas de soumission à l’Iran. Est-ce vrai ?
NR : Le Hamas n’est inféodé à aucun pouvoir terrestre, sauf au peuple palestinien. Toute autre suggestion ou insinuation doit être comprise dans le contexte de la propagande contre le mouvement islamique.
En outre, la cause palestinienne est la cause de tous les peuples arabes et islamiques. C’est donc un devoir religieux de tous les Musulmans et de tous les Etats musulmans de soutenir la cause palestinienne. C’est loin d’être déshonorant, pour les Etats arabes et musulmans, de soutenir notre constance, alors qu’il est vraiment déshonorant de se jeter aux genoux de nos ennemis.