jeudi 22 avril 2010

L’atome, mais pas au service de la paix

Une agence « politisée malgré sa nature technologique », c’est l’avis de son ancien directeur Mohamad ElBaradei. Un état de fait qui confirme la domination occidentale sur l’AIEA.
« Elle joue un rôle essentiel dans la sécurité nucléaire », ont admis dans un communiqué commun les participants au sommet sur la sécurité nucléaire qui a eu lieu la semaine dernière à Washington, s’agissant de l’AIEA. Ils ont réaffirmé aussi leur appui à cette agence et une promesse de lui apporter davantage de contributions pour mettre en œuvre ses programmes visant à fournir des informations et des conseils ainsi que d’autres aides à ses Etats membres. Siégeant au 5 Wagramer Strasse, à Vienne, en Autriche, quel est exactement le rôle de cette agence ? Et dépendant directement du Conseil de sécurité des Nations-Unies, les travaux de cette agence sont-ils entravés et contrôlés par le veto américain quand il s’agit d’Israël ?
L’histoire de cette agence a commencé le 8 décembre 1953, quand le président Eisenhower a proposé, dans un discours intitulé « Atoms for peace » (l’atome au service de la paix), prononcé à l’Assemblée générale de l’Onu, la création d’une agence internationale de l’énergie atomique. Selon le Statut de l’AIEA, approuvé le 23 octobre 1956 par 81 pays, l’Agence a pour attributions « d’instituer et d’appliquer des mesures visant à garantir que les produits fissiles spéciaux et autres produits, les services, l’équipement, les installations et les renseignements fournis par l’Agence, à sa demande, sous sa direction ou sous son contrôle ne sont pas utilisés de manière à servir à des fins militaires ; et d’étendre l’application de ces garanties, à la demande des parties, à tout accord bilatéral ou multilatéral, ou à la demande d’un Etat, à telle ou telle des activités de cet Etat dans le domaine de l’énergie atomique ».
Elle entre officiellement en fonction le 29 juillet 1957. En 1968, avec la ratification du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP), l’AIEA devient le responsable de la surveillance de la bonne application du traité. Ce traité empêche les Etats signataires d’augmenter leur nombre d’armes nucléaires et pour ceux qui n’en ont pas de chercher à en avoir. Le rôle de cette agence devient de plus en plus actif, notamment suite aux chocs pétroliers dans les années 1970, plusieurs pays envisagent d’utiliser massivement l’énergie nucléaire pour leurs besoins énergétique. La catastrophe de Three Mile Island en 1979, et principalement celle de Tchernobyl en 1986, viennent apporter des réserves momentanées sur ces demande. Suite à ces catastrophes, l’AIEA augmente ses efforts dans le domaine de la sûreté nucléaire. En fait, l’AIEA poursuit cette mission avec diverses fonctions. Citons des inspections des installations existantes pour s’assurer d’un usage pacifique, informations et publications de standards pour la stabilité et la sûreté des installations nucléaires et le lien pour la recherche d’application et l’utilisation pacifique des technologies nucléaires.
L’AIEA en situation délicate
Malgré ce rôle, cette agence est fortement critiquée par les antinucléaires, accusant l’AIEA de favoriser la prolifération d’armes nucléaires via le développement du nucléaire civil. Ceux-ci voient que, si le but de cette agence est le développement de l’énergie nucléaire pour la production d’électricité dans tous les pays membres, la production de combustible militaire peut être effectuée, ou en tout cas facilitée, à partir de certains types de centrales nucléaires civiles. De plus, les inspections menées par l’agence rencontrent souvent de nombreux obstacles, ce qui l’empêche de contrôler parfaitement les activités de certains Etats. Certains pays comme l’Inde, Israël et le Pakistan se sont invités parmi les puissances nucléaires sans que l’AIEA ne puisse contrôler les programmes clandestins de ces pays non signataires du TNP.
Quant aux dossiers nucléaires de l’Iran et d’Israël, la partialité de cette agence est évidente. On remarque alors deux types d’AIEA : une AIEA sévère pour l’Iran, et une AIEA complaisant pour Israël. Mohamad ElBaradei, l’ancien président de l’agence, a récemment avoué que cette agence est « politisée malgré sa nature technologique ». Dans le dernier rapport de l’AIEA sur les activités iraniennes d’enrichissement, l’agence a fait, pour la première fois, état de ses inquiétudes concernant des activités en cours de l’Iran alors que dans les précédents rapports, il n’était question que d’activités passées. Selon le rapport, Téhéran a bien commencé à enrichir son uranium à un niveau élevé, soit 19,8 % dans son usine de Natanz, entre les 9 et 11 février. Et ce processus d’enrichissement a commencé sans attendre l’arrivée des inspecteurs de l’agence onusienne. Ce rapport a suscité la colère de Téhéran en dénonçant le « parti pris » du chef de l’AIEA, Yukiya Amano. « Il est évident qu’une partie de ce rapport répond à des recommandations et à l’influence d’éléments étrangers », dit Rafsandjan, ancien président iranien. Les Etats-Unis font déjà pression sur le Conseil de sécurité de l’Onu pour que celui-ci impose un quatrième train de sanctions à l’Iran, et ce rapport leur facilite bien cette affaire.
Une partialité évidente. Quand il s’agit d’Israël, l’agence croise les mains devant son arsenal atomique. En fait, le régime sioniste dispose d’un impressionnant arsenal nucléaire dans la région et développe, depuis un demi-siècle, un programme nucléaire militaire sans que l’Agence n’en ait le moindre contrôle. Une première dans l’Histoire, l’Assemblée générale de l’AIEA a voté, en septembre dernier, une résolution arabe appelant l’Etat hébreu à abandonner l’arme nucléaire. Depuis 1991, une telle résolution n’avait été adoptée à l’Agence internationale de l’énergie atomique contre Israël. Les pays occidentaux avaient toujours trouvé une majorité pour barrer la route à une résolution rappelant qu’Israël s’est doté de l’arme atomique. Mais toujours cette résolution n’est pas réactivée. Israël n’avait pas assisté à haut niveau à la Conférence internationale dans la crainte que les Etats arabes profitent de cette rencontre pour l’obliger à ouvrir ses installations nucléaires aux inspections de l’AIEA.
Aliaa Al-Korachi

Israël dans le rôle du souffleur

Braqué surtout sur l’Iran en dépit d’un ordre du jour différent, le sommet de Washington a été marqué par la confirmation de l’influence de l’Etat hébreu dont les armes échappent à tout contrôle.
La sécurité nucléaire est-elle entre les mains des grandes puissances uniquement ? Elles étaient toutes réunies lors du sommet de Washington qui vient de prendre fin et qui fut marqué par l’annonce d’une nouvelle doctrine nucléaire du président américain Barack Obama, s’ajoutant à ses succès politiques de ces dernières semaines. Prélude à cette conférence de Washington, l’accord entre l’Amérique et la Russie pour la réduction de leurs armes stratégiques. Il s’agit finalement de réduire le rôle des armes nucléaires dans les stratégies de défense nationale.
Certes, le nucléaire est loin d’être totalement domestiqué. Malgré certaines avancées, cette nouvelle doctrine américaine reste très en retrait et ne renonce pas à utiliser en premier l’arme atomique, y compris contre un pays qui n’en dispose pas. Qu’est-ce que cela veut dire ? Lors de la conférence, Obama n’a pas manqué, ainsi que les différents participants, mais à de degrés divers, de montrer du doigt l’Iran en tant que principale source de terreur nucléaire bien plus que la Corée du Nord. Toute une liste d’accusations contre Téhéran avec en filigrane des menaces à peine voilées d’un possible usage de la force si les sanctions n’aboutissent pas. Et aussi on a vu désigné, comme source de danger plus récent, le terrorisme nucléaire que pratiqueraient certaines organisations, notamment Al-Qaëda (lire page 5). Ainsi, c’est quasiment dans le cercle moyen-oriental que cette notion d’un danger nucléaire trouve son terrain. Mais l’acteur principal, lui, veut rester dans les coulisses ou même jouer le rôle de souffleur. Pas besoin de tenter d’aller chercher trop loin pour deviner de qui il s’agit. C’est Israël, cette puissance nucléaire avérée. La sixième du monde à avoir acquis l’arme nucléaire. La politique du secret, un secret de polichinelle somme toute, qu’il pratique est en premier lieu une arme d’intimidation à l’égard des Arabes.
Ces dernières années d’ailleurs, les allusions concernant ce dossier se sont faites de plus en plus transparentes, notamment de la part de Shimon Pérès, l’actuel président, considéré comme le « père » du programme nucléaire israélien, lancé en très étroite coopération avec la France à la fin des années 1950. En novembre 2001, Shimon Pérès a reconnu, dans un documentaire diffusé par la télévision publique israélienne, que la France avait accepté, en 1956, de doter Israël d’une « capacité nucléaire ». « Des quatre pays qui avaient à l’époque des capacités nucléaires, les Etats-Unis, l’Union soviétique et la Grande Bretagne, la France était seule susceptible de nous aider », avait admis Pérès.
La politique du flou
Aujourd’hui, selon les experts militaires, l’Etat hébreu dispose d’un arsenal nucléaire comprenant plus de deux cents bombes atomiques. « Nous continuons à dire qu’Israël ne sera pas le premier pays à dévoiler l’arme nucléaire au Moyen-Orient. Cette politique va continuer et aucune pression d’un quelconque pays ne la fera changer », a déclaré la vice-ministre israélienne des Affaires étrangères, Dany Ayalon.
La politique du « flou » constitue la position officielle israélienne depuis son adoption en 1965, date de l’inauguration de la centrale nucléaire de Dimona dans le Néguev au sud d’Israël. Or, dans le contexte nouveau-né de cette conférence de Washington, si l’Amérique a tenté de faire pression sur Israël, elle a tout de suite fait marche arrière. « En ce qui concerne Israël, je ne vais pas m’exprimer sur leur programme. Nous avons encouragé tous les pays à devenir membres du TNP, donc, il n’y a pas de contradiction », a affirmé le président Obama, qui poursuit : « Que nous parlions d’Israël ou de tout autre pays, nous pensons que devenir un membre du TNP est important. Ce n’est pas une nouvelle prise de position, c’était l’avis du gouvernement américain, même avant mon administration ».
Des appels bien timides comme on le constate alors que pour l’Iran, ce sont quasiment des déclarations de guerre. On rappelle d’ailleurs que l’Etat hébreu a conclu une « entente » en 1969 avec les Etats-Unis aux termes de laquelle les dirigeants israéliens s’abstiennent de toute déclaration publique sur le potentiel nucléaire de leur pays et ne procèdent à aucun test nucléaire. En échange, Washington s’est engagé à s’abstenir d’exercer des pressions sur ce dossier.
De toute façon, Israël n’est pas signataire du TNP et ce ne sont les douces invitations d’Obama qui l’obligeront à le faire. 190 Etats ont adhéré à ce traité, en dépit de certaines réserves, y compris tous les Etats du Moyen-Orient. Dans ce contexte, on ne peut que constater que c’est Tel-Aviv qui est le gagnant. « On pourrait penser que le TNP a été doublement profitable à Israël : d’une part, parce que sa non-adhésion lui a permis de garder ses options ouvertes et d’autre part, et inversement, parce que l’adhésion des Etats voisins lui a permis de bénéficier des contraintes que le TNP impose à ces Etats », relève le politologue Camille Mansour, professeur à l’Université de Versailles.
Or, il est clair que, vu du Proche-Orient, c’est Israël qui représente donc le principal danger au Proche-Orient. En fait, il se sert du nucléaire pour asseoir sa suprématie militaire, et puis joue le jeu contraire, celui de la crainte d’un nucléaire qui viendrait de l’Iran, par exemple, pour continuer à jouer ce double rôle. Oter un masque pour placer un autre, mais le visage réel est celui de Mars, le dieu de la guerre. Le bombardement de la centrale nucléaire iraqienne Osirak en 1981 est bien un exemple. Le danger vient donc d’Israël. Mais cet Etat parvient toujours à se dérober.
Selon le chercheur Mohamad Abdel-Salam, du Centre des Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, « il ne faut pas ignorer que le sommet de Washington avait pour chapitre principal dans son agenda de traiter avec les matériaux nucléaires qui pourraient s’infiltrer vers l’extérieur, c’est-à-dire des organisations terroristes par exemple. Contrôler les matières et non les armes était l’objectif du sommet. Mais il était entendu que cette question d’armes s’imposera, et c’est ce qui est arrivé. Certains ont fait campagne contre l’Iran tandis que les Arabes se sont mobilisés contre Israël ». Tout s’est déroulé selon les capacités de chaque partie. « Mais, ajoute-t-il, Israël arrive toujours à se dérober, parce que les pays occidentaux sont en majorité convaincus de ce que fait l’Etat hébreu. Obama n’a même pas commenté le programme nucléaire israélien. Ce sont les équilibres politiques qui ont prévalu et non l’ordre du jour ». Israël ne trouve pas de peine à se dérober. Ceci remonte à trois raisons, selon Mohamad Abdel-Salam. « Tout d’abord parce qu’il n’est pas signataire du TNP (Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires), donc aucune règle de ce traité ne s’applique à lui. Ensuite, Israël n’a pas jusqu’à présent déclaré officiellement qu’il détient des armes atomiques. Et enfin, les liens très solides qui existent avec les Etats-Unis. Il y a une compréhension américaine à l’égard de ce que fait Tel-Aviv concernant les armes nucléaires. Ceci d’autant plus qu’Israël a su promouvoir l’idée qu’il n’utilisera l’arme nucléaire que pour se défendre. D’ailleurs, l’Europe adopte la même attitude ».
Sources de menaces multiples
Par contre, les pays arabes n’ont pas, à ce jour, trouvé le moyen effectif de traiter cet état des choses. Comme le dit le politologue, les Arabes peuvent soulever un débat sur la question, mais pas la traiter. Or il semble qu’ils n’ont pas beaucoup de choix. Soit ils acceptent la réalité, et c’est ce qu’ils rejettent totalement. Soit ils tentent d’être à égalité avec Israël en se dotant d’armes nucléaires, ce qu’ils n’ont pas réussi à faire. La dernière option est l’élimination des armes nucléaires de toute la région. Mais là aussi, il s’agirait d’un discours plutôt médiatique. « Ce ne sont pas des propos négociables. Même le sommet arabe de Riyad 2007 a gelé un projet de résolution de la Ligue arabe pour l’élimination totale des armes de destruction massive, sous couvert de la nécessité de réviser le texte ». Or la question est d’autant plus complexe que pour les pays arabes en général, les sources de menaces sont considérées comme multiples. « Le danger provient d’Israël et de l’Iran. Tout est donc relatif. Le degré de danger est associé  pour chaque Etat à sa proximité avec la source et leurs intérêts communs », poursuit-il.
Mais un fait est sûr, le vrai risque provient d’Israël et cela ne date pas d’hier. Camille Mansour rappelle que dès la fin des années 1950, l’Egypte n’ignorait pas que le réacteur de Dimona était susceptible de servir à un usage militaire et le président Nasser lui-même évoqua la question dans un discours en décembre 1960. Quand en 1963, les émissaires du président américain John Kennedy proposèrent que Washington œuvre en vue d’un contrôle du programme nucléaire israélien, en contrepartie du gel de l’effort égyptien visant à développer des missiles balistiques, Nasser répondit que la politique de l’Egypte à l’égard d’Israël était une politique défensive et que la production par Israël de matières fissiles à usage militaire conduirait l’Egypte à une anticipation par une guerre de protection. D’ailleurs, Mohamad Saïd Idriss relève qu’Israël agit dans le même esprit et cite même Nasser. Un écrivain israélien, Alof Ban, a aussi écrit dans le journal Haaretz que cette vision d’une guerre préventive, les Israéliens la tirent d’une déclaration de Nasser et qu’Israël se l’est appropriée en faisant sa vraie doctrine. En fait, Israël joue la même rengaine depuis toujours, celle de l’Etat en danger. Une vision que soutiennent les Occidentaux.
Sentiment d’avoir été « abusés »
Or, s’il en est ainsi, il faudrait que l’Etat hébreu et l’Occident s’attachent principalement à la recherche de la paix. Il est important de rompre le cercle vicieux concernant la relation entre la bombe et la prétendue situation spécifique d’Israël. Mais comme on le voit dans le contexte politique actuel, Israël ne fait pas le moindre effort pour résoudre la question du Proche-Orient, en plus de son rejet du TNP. De quoi rendre le rendez-vous de mai prochain à New York, du Congrès de révision du traité, très important. Il déterminera dans quelle mesure les participants adopteront leur attitude au sujet d’Israël. Les pays du Moyen-Orient ont eu le sentiment d’avoir été « abusés » par le TNP pour lequel les puissances nucléaires n’ont pas tenu leurs engagements. C’est ce que d’ailleurs avait mis en relief un diplomate égyptien. « Nous, pays du Moyen-Orient, avons le sentiment d’avoir été abusés en faisant des concessions pour des promesses qui ne se sont jamais concrétisées », a expliqué Hicham Badr, représentant de l’Egypte auprès de l’Onu à Genève, lors de la Conférence du désarmement, organisée dans cette ville en mars dernier. « Il y a un ressentiment répandu dans la région contre le TNP, ses objectifs, sa partialité et son manque de volonté politique », a-t-il insisté. L’ambassadeur égyptien estime que les pays dotés de l’arme nucléaire n’ont pas tenu leurs engagements, alors que les tentatives de faire du Moyen-Orient une zone exempte d’armes nucléaires ont toujours été repoussées. Il a prévenu que les pays du Moyen-Orient pourraient jouer un rôle « central » dans le succès de la conférence de mai destinée à renforcer le traité. Les conférences de suivi du TNP se déroulent tous les cinq ans depuis l’adoption, en 1970, de l’accord. La dernière, en mai 2005, s’est terminée sur un échec. La prochaine sera-t-elle plus efficace ? Difficile à prévoir. Mais une chose est sûre : pour le Proche-Orient, les risques nucléaires et un Iran diabolisé sont les principaux alibis d’Israël.
Ahmed Loutfi
Chaïmaa Abdel-Hamid

mercredi 21 avril 2010

Le Bahreïn et l'Arabie Saoudite expriment leur inquiétude envers le blocus contre Gaza

[ 21/04/2010 - 09:43 ]
Manama – CPI

L'Arabie Saoudite et le Bahreïn ont exprimé leur inquiétude envers la continuation du sévère blocus sioniste contre les Palestiniens, notamment dans la Bande de Gaza.
Dans un communiqué commun publié à l'issue de la visite du roi saoudien, Abdallah Ben Abdelaziz au Bahreïn, les deux côtés ont exprimé, hier lundi 19/4, leur grande inquiétude de la continuation du sévère blocus sioniste contre le peuple palestinien, notamment contre les habitants de la Bande de Gaza assiégés depuis plus de 4 ans successifs.
Le Ryad et Manama ont affirmé également l'importance de respecter l'unité et l'indépendance de l'Irak et la protection de son identité arabe et islamique.

Les chars de l’occupation bombardent le centre et sud de la Bande de Gaza

[ 21/04/2010 - 09:25 ]
Gaza - CPI

Les chars militaires de l’armée de l’occupation israélienne ont bombardé, le mardi soir 20/4, l’est de Khan Younès et Dir Al Balah, au sud et centre de la Bande de Gaza, après que la résistance nationale a découvert et affronté une force armée sioniste qui envahissait la région.
Des sources locales ont affirmé que des chars sionistes ont tiré au moins 10 obus sur des régions agricoles, à l’est d’Al Karara et Wadi Salaka, à l’ouest du poste militaire de Kissoufim.
Les Sarayas du mouvement du Djihad islamique ont annoncé que leurs résistants ont découvert une force de l'armée de l'occupation qui pénétrait dans la région de Kissoufim, en menant un combat acharné face aux sionistes, ce qui a conduit à l’intervention des avions de guerre et l’artillerie des ennemis occupants qui ont protégé le retrait des soldats envahissants.

Les vedettes de l'occupation visent les pêcheurs palestiniens sur les côtes de Rafah

[ 20/04/2010 - 18:52 ]
Rafah – CPI

Les vedettes militaires sionistes ont ouvert le sur les barques des pêcheurs palestiniens qui se trouvaient près des plages de la vile de Rafah, au sud de la Bande de Gaza.
Le pêcheur Mohamed al-Bardawil a dit, le mardi 20/4, dans ses déclarations de presse que les forces occupantes ont tiré sur eux et ciblé leur barque directement pour les obliger de quitter la mer.
Une source sécuritaire palestinienne a affirmé que la marine sioniste a ciblé les pêcheurs palestiniens sur les côtes de Rafah, sans qu'aucun ne soit blessé.
D'une autre part, des habitants de la ville de Rafah ont dit que l'armée de l'occupation a ouvert le feu sur des dizaines de fermiers palestiniens qui plantaient leurs terres agricoles, à l'est de la ville.
Le directeur des secours et des urgences au ministère de la santé, Dr. Mouawia Hassanein, a dit qu'une équipe médicale est arrivée au lieu de l'événement pour chercher des blessés.
Les fermiers palestiniens souffrent extrêmement des risques et menaces sionistes lors de leur travail dans les champs agricoles.

L'occupation renforce son siège contre les villages d'al Khalil

[ 20/04/2010 - 18:44 ]
Al Khalil – CPI

Les forces de l'occupation ont renforcé leurs mesures oppressives et leur siège contre la ville d'al Khalil, au sud de la Cisjordanie occupée, en installant plusieurs barrages hasardeux en attaquant  plusieurs villages sans faire d'arrestations.
Des sources locales ont dit que les forces occupantes ont installé un barrage militaire à l'entrée nord du village d'Athna, à l'ouest de la ville d'al Khalil, en arrêtant des dizaines de véhicules palestiniens pour les fouiller.
Plusieurs patrouilles militaires sionistes ont envahi également le village de Halhoul, en installant un barrage à l'entrée sud, au moment où d'autres patrouilles se sont déployées dans les quartiers.
Les forces occupantes ont envahi aussi le village de Chioukh, à l'est de la ville d'al Khalil.
Les soldats sionistes avaient envahi le village de Beit Amr, au nord de la ville, en lançant des balles réelles et des bombes lacrymogènes sur plusieurs jeunes palestiniens sans faire de blessés.
On note que les forces occupantes poursuivent leur siège et fermetures dans toutes les entrées du village de Beit Amr, pour le sixième jour consécutif, en interdisant le déplacement des habitants.

Des colons sionistes déracinent les oliviers des palestiniens à Naplouse

[ 20/04/2010 - 18:34 ]
Cisjordanie – CPI

Des dizaines de colons sionistes ont envahi, le lundi soir 19/4, des terres agricoles dans le village de Kariout, au sud de la ville de Naplouse en déracinant les arbres oliviers.
Des sources locales ont dit, le mardi 20/4, que les colons sionistes ont déraciné plus de 250 oliviers dans les terres agricoles proches des colonies sionistes dans la région de Marah, à l'ouest du village de Kariout, dans une tentative pour interdire aux fermiers Palestiniens de planter leurs terres agricoles situées près des colonies sionistes.
D'autre part, les colons sionistes ont lancé leurs cochons qui ont attaqué les terres et les produits agricoles dans le village de Selfit, en faisant de grands dommages.
Des témoins oculaires ont dit que les colons sionistes lancent leurs cochons, durant la nuit, contre les champs agricoles des Palestiniens.
Les habitants de la ville de Selfit et des villages voisins ont appelé à mettre fin à ces pratiques sionistes sauvages qui causent de grands dommages au secteur agricole dans cette région.

Mechaal : Le Hamas refuse les appels de certains dirigeants pour la reconnaissance de l'occupation

[ 20/04/2010 - 13:50 ]
Damas-CPI

Le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal a refusé de nouveau les appels de certains dirigeants arabes proposant à son mouvement d'accepter les exigences politiques dont  la reconnaissance de l'occupation israélienne.
"Je vous jure que la résistance est capable de libérer tous les captifs palestiniens à travers la capture d'autres soldats sionistes", a souligné Mechaal en critiquant la politique et la stratégie des responsables arabes envers les intérêts suprêmes, droits et principes légaux du peuple palestinien, dont la résistance nationale contre l'ennemi occupant.
Dans son discours, le lundi soir 19/4, au cours des activités de la semaine du captif palestinien, à Damas, Mechaal a révélé que des dirigeants arabes ont proposé au Hamas d'accepter les demandes politiques du Quartet pour la réalisation de la réconciliation palestinienne, alors que la feuille égyptienne ne sera jamais modifié qu'après l'acceptation de leurs exigences, notamment la reconnaissance de l'occupation israélienne.
"Vous n'avez vraiment rien saisi", a répondu Mechaal aux appels de certains dirigeants qui tentent de profiter d'autres concessions en faveur de l'ennemi occupant israélien.
Mechaal a critiqué d'un ton très ferme la position irresponsable de certains gouverneurs arabes envers la question légitime palestinienne, notamment leur tentative pour obliger le peuple palestinien à accepter des dirigeants qui n'ont aucune histoire de lutte contre l'ennemi occupant, en encourageant  également la stratégie échouée d'Oslo, en faisant allusion à certains dirigeants du Fatah qui coopèrent avec les services de renseignements sionistes en poursuivant, arrêtant et exécutant les résistants patriotiques.
Mechaal a insisté sur les efforts nationaux, ainsi que le renforcement de la résistance en promettant aux captifs que leurs dirigeants, notamment ceux du Hamas s'engagent immuablement pour déployer tous leurs efforts et moyens pour appuyer la résistance qui va certainement œuvrer pour la capture d'autres soldats sionistes, tant que l'ennemi occupant continue de violer toutes les lois, règles, chartes, conventions internationales et humaines, en refusant une libération digne et juste des captives et captifs palestiniens.
En encourageant la résistance nationale, Mechaal a promis que les captifs palestiniens seront surement libérés un jour à travers la capture d'autres soldats sionistes à coté du sergent Gilad Chalit, en portant l'occupation israélienne responsable de tout nouveau enlèvement de ses soldats à cause de son obstination pour priver les détenus palestiniens de leur liberté juste et leurs droits légaux de vivre sur leurs territoires occupés, en avertissant et appelant les familles des soldats sionistes, dont la famille de Naoum Chalit de porter leurs responsabilités et presser sur leur  gouvernement terroriste et criminel qui a été la cause de l'échec de l'opération d'échange des captifs jusqu'à présent.

Des responsables Jordaniens appellent au boycottage total de l'occupation sionsite

[ 20/04/2010 - 14:15 ]
Amman - CPI

Des intellectuels et des politiciens jordaniens ont appelé leur gouvernement à adopter de nouvelles mesures dans les relations bilatérales avec l'occupation israélienne, en exigeant un boycott total au gouvernement occupant sioniste, en réponse à la décision illégale d'expulsion des Palestiniens de la Cisjordanie.

Les Jordaniens ont exigé dans un communiqué national signé par 50 personnalités célèbres, la nécessité d'entamer immédiatement un boycott total au gouvernement de l'ennemi occupant israélien qui menace la Jordanie et le peuple palestinien à travers ses décisions étranges et illégales, dont la récente décision pour expulser des milliers de Palestiniens de la Cisjordanie, en insistant également sur l'importance de rompre l'accord de Wadi Araba avec l'occupation.
Les protestataires Jordaniens ont appelé leur gouvernement à adopter une position claire et courageuse, et de répondre fortement aux menaces très dangereuses, sans précédent, de l'occupation, tout en appelant l'union européenne et les Etats-Unis à cesser d'offrir des concessions politiques aux occupants israéliens au dépend des droits légaux palestiniens et Jordaniens, tout en qualifiant la dernière décision illégale sioniste contre les Cisjordaniens d'un crime de guerre très flagrant contre l'humanité qui nuit solennement aux droits de l'homme et aux peuples qui souffrent sous l'occupation.
En avertissant le peuple Jordanien et Palestinien, ainsi que leurs dirigeants, les militants Jordaniens ont appelé au lancement d'une campagne nationale, officielle et populaire pour soutenir le droit de retour des réfugiés palestiniens à leurs terres et maisons confisquées par l 'occupation israélienne.

Gaza : L'occupation a tué 13 palestiniens depuis le début de 2010 seulement

[ 20/04/2010 - 11:30 ]
Gaza - CPI

Un rapport juridique a dévoilé les violations et crimes de l'armée occupante israélienne contre les innocents palestiniens, notamment dans la Bande de Gaza, en confirmant que les forces armées occupantes ont tué 13 citoyens depuis le début de cette année 2010 seulement.
"Des dizaines de Gazaouis ont été blessés, et d'autres ont été arrêtés par les troupes armées sionistes", a souligné le rapport juridique.
Le rapport a dévoilé les crimes et violations perpétuels des forces armées occupantes, leurs artilleries, leurs navires et leurs avions de guerre, en soulignant que les pêcheurs Gazaouis s'exposent régulièrement aux attaques et agressions brutales, alors que d'autres ont été pourchassés et arrêtés, puis agressés et transportés vers les postes interrogatoires dans les territoires palestiniens occupés en 1948.

En démasquant la sauvagerie de l'occupation durant les trois mois derniers de l'année courante, entre le 1 janvier et 31 mars, le rapport juridique du centre d'Al Mizane chargé des droits de l'homme a montré que 62 citoyens ont été blessés, dont 11 enfants et 2 femmes, ainsi que 13 incursions sauvages des forces armées sionistes dans la Bande de Gaza.
"Les forces armées occupantes agressent quotidiennement toute personne qui s'approche d'un  mètre près de la région crée comme zone sécuritaire sur les frontières entre la Bande de Gaza et les territoires palestiniens occupés, en privant les Gazaouis de leurs terres agricoles et leurs seules ressources de vie", a révélé le rapport en contestant contre les pratiques sionistes agressives et oppressives.
Le rapport juridique a montré également que deux pêcheurs Gazaouis ont été agressés et transportés vers les territoires occupés en 1948, alors que 14 maisons ont été endommagées dont 3 maisons complètement détruites, en agressant, exterminant et arrêtant les habitants de la Bande de Gaza, tout en soulignant que 45 citoyens palestiniens ont été enlevés durant ces incursions sionistes sauvages.
Le rapport a mis en garde contre les crimes barbares des forces armées occupantes, en appelant à une intervention juste, urgente et digne pour protéger les palestiniens victimes et leurs familles, en condamnant également le silence très ferme et honteux de la communauté internationale et sa politique officielle de deux poids, deux mesures.

L'occupation échoue de prouver son existence historique à Al Qods

[ 20/04/2010 - 10:57 ]
Gaza - CPI

Le ministre des legs pieux et des affaires religieuses, Dr. Taleb Abou Chaar, a affirmé que les creusements continuels de l'occupation sous les fondations et les alentours de la mosquée sainte d'Al Aqsa, n'ont découvert aucun signe ou symbole du prétendu patrimoine ou histoire hébreu.
"Des experts archéologistes juifs ont confirmé qu'ils n'ont trouvé aucun signe du prétendu temple juif ou toute histoire hébreu", a souligné le ministre palestinien.
Lors d'une déclaration de presse, le lundi 19/4, le ministre a mis en garde contre les violations et creusements continuels sous les fondations d'Al Aqsa, en soulignant qu'en dépit des mensonges des israéliens et leur échec flagrant de modifier la réalité historique, les sionistes tentent actuellement de tromper le monde à travers leurs propagandes mensongères à propos d'un faux patrimoine hébreu dans les territoires palestiniens occupés.
Dr.Taleb Abou Chaar a appelé le monde entier, notamment les musulmans et les chrétiens à presser pour arrêter les crimes et violations de l'occupation israélienne, notamment contre les lieux saints.

Falk : L'expulsion des palestiniens de la Cisjordanie est une violation à la loi internationale

[ 20/04/2010 - 09:56 ]
New York - CPI

Le rapporteur onusien chargé des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés a condamné fortement la décision militaire sioniste qui stipule l'expulsion des palestiniens de la Cisjordanie, en la qualifiant de violation très flagrante aux droits de l'homme et la loi internationale.
Falk a dit lors d'une déclaration sur le site de l'ONU, que les dernières décisions de l'armée israélienne contre les Cisjordaniens représentent une violation solennelle à la loi internationale et aux droits de l'homme.
"Le 49ème article de la 4ème convention de Genève interdit l'expulsion des gens qui vivent sous l'occupation", a contesté Falk contre les pratiques et décisions illégales des autorités de l'occupation. 

Les Palestiniens des territoires occupés en 1948 commémorent massivement la Nakba

Palestine 48 - 21-04-2010
Par Palestine Info 
Une marche massive des palestiniens de l'intérieur (des territoires palestiniens occupés) a été organisée, ce matin, le mardi 20/4, à partir de la ville de Tira, dans la région du Triangle vers le village de "Miska", dont leurs habitants ont été expulsés durant la Nakba.
Les habitants ont pris l'initiative de commémorer, chaque année, la "Nakba" qui coïncide aujourd'hui (20 avril) avec la 62ème année de l'occupation de la Palestine et de l'expulsion des ses habitants autochtones.
Le Comité préparatif de la 13ème marche du retour régional a tenu une réunion dans la ville de Tira, à la fin du mois de mars dernier, en approuvant cette marche avec la participation des membres du comité local, en plus des représentants de l'association de défense des droits des palestiniens expulsés de leurs terres par l'occupation israélienne.
Il est à noter que le processus de retour des régions palestiniennes évacuées par la force des occupants sionistes durant la Nakba, est devenu depuis 13 ans une tradition annuelle, sous le slogan "La journée de votre création représente notre Nakba", où les Palestiniens de l'intérieur commémorent cette occasion considérée par l'occupation comme le jour de son indépendance, en se référant chaque année à l'un des villages des Palestiniens expulsés. 

Fort esprit de résistance à Iraq Burin

Naplouse - 21-04-2010
Par ISM 
Les activistes locaux et internationaux ont envoyé un message de protestation contre la violence des colons et de l’armée, samedi 17 avril à Iraq Burin, marchant vers les terres menacées situées entre le village et la colonie illégale de Bracha. La manifestation a montré l’esprit de résistance du village, qui refuse de faiblir en face de la répression militaire sévère. Iraq Burin, présenté par ses habitants comme le plus beau village de Palestine (affirmation avec laquelle les activistes internationaux sont d’accord) est situé juste au sud de Naplouse, au nord de la Cisjordanie.
















Les protestataires locaux, auxquels se sont joints des activistes d’ISM, se sont rassemblés samedi vers midi sous un soleil radieux au sud du village, en face des terres agricoles menacées par les colons de Bracha et vers lesquelles les manifestants devaient marcher pour faire valoir leurs droits.
Vers 13h, la marche a démarré, par une nouvelle route qui descend de la montagne dans les pierres de laquelle sont construites les maisons, passant par des oliveraies aux arbres jeunes plantés par des militants locaux et internationaux lors d’une action de plan d’arbre il y a 6 mois.
Le choix de cette route était stratégique par rapport à celle prise habituellement qui descend dans la vallée en face du village et qui permet aux forces israéliennes de contrer les manifestants en se postant sur la colline opposée ; c’est un gros désavantage pour les participants et elle n’est prise que par les protestataires les plus acharnés. Une atmosphère pleine d’entrain a accompagné les chants lyriques et de défi entonnés par la foule, qui commémorait de façon émouvante la mort de deux martyrs du village, Ussayed et Mohammad Qaddous, assassinés par les forces de l’occupation israélienne il y a un mois.
La marche a été bloquée par cinq soldats israéliens flanqués de 2 jeeps positionnés à quelques 50m de sommet de la colline. Alors que la marche faisait une pause et s’étirait à travers champs pour faire face aux soldats, trois jeeps supplémentaires et 20 soldats sont arrivés sur les lieux tandis que les manifestants continuaient à chanter, levant les poings et les drapeaux en face des forces de l’occupation.

30 minutes après, les premières volées de gaz lacrymogènes ont été tirées, dessinant des arcs haut dans le ciel bleu vers le village d’Iraq Burin. Alors que les vieux et les enfants du village se repliaient à l’arrière, et que les jeunes se précipitaient en avant pour défendre leurs terres, les soldats ont tiré un barrage de gaz lacrymogènes directement sur les manifestants.
La manifestation s’est terminée assez vite après, tant l’armée que les anciens du village se montrant prudents après les morts violentes de Mohammad et d’Ussayed Qaddous. Les manifestants sont toutefois repartis vers le village en grande forme, chantant, échangeant des idées pour l’action directe de la semaine prochaine et prenant de grandes inspirations d’air frais tandis que les restes de gaz lacrymogènes étaient poussés vers la colonie par une forte brise du sud.
Le village d’Iraq Burin a commencé les manifestations de protestation non violente contre l’expansion de la colonie israélienne illégale de Bracha en août 2009, ainsi que contre les attaques souvent très violentes lancées par les colons, des attaques fréquemment soutenues et facilitées par l’armée israélienne.
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13749&type=temoignage&lesujet=R%E9sistances

Des groupes palestiniens ont besoin de votre soutien

Palestine - 20-04-2010
Par Mazin Qumsiyeh 
Chers amis,
Certains d’entre vous reçoivent mes emails depuis plus de 10 ans ; ils savent que je partage avec vous des histoires qu’on ne trouve pas dans les grands médias, puis je vous demande d’agir. C’est ainsi que j’ai demandé à plus de 50.000 destinataires d’écrire aux médias et aux hommes politiques, de signer des pétitions ou de vous engager dans les campagnes de Boycott, Désinvestissement et Actions (BDS). La paix ici est importante pour enrayer une politique sanguinaire et tordue qui mène à des guerres dans d’autres parties du monde. Vos actions précédentes ont fait une différence et le vent tourne. Nous continuerons à vous envoyer des thèmes d’action qui ne vous demanderont qu’un peu de temps et de travail.






























Les enfants d'Al-Rowwad (photo MR/ISM)
Mais aujourd’hui je voudrais changer la tradition et demander également votre aide financière. J’ai retenu en particulier 3 organisations qui sont chères à mon cœur et pour lesquelles je crois que vos dons, petits ou importants, peuvent faire une grande différence sur le terrain. Si vous décidez de faire un don, je vous remercie de m’envoyer un mot pour me dire que vous avez fait un don et son montant, de manière à ce que j’en fasse le suivi, que je m’assure que votre don est bien parvenu à son destinataire.

1) Le Centre Palestinien de Rapprochement entre les Peuples (Palestinian Center for Rapprochement Between People - PCR) d’où sont parties des actions de résistance populaire innovantes et qui continue d’être très actif. Son service média, the International Middle East Media Center (IMEMC) produit d’excellentes vidéos (par exemple celle de notre manifestation à Ush Graib le 21 février dernier) et a aidé des endroits comme Bil’in et d’autres villages à intégrer le pouvoir du visuel dans leur résistance populaire.

Le PCR fut également un moteur du développement du soutien international sur le terrain en Palestine, avec la création de l’International Solidarity Movement (ISM), dont les fondateurs furent Ghassan Andoni, Georges Rishmawi, Neta Golan et Huwaida Arraf. Le PCR et sa division IMEMC utiliserait un soutien financier à régler les très petits salaires ou le loyer du local, qui n’ont pu être payés à cause du déficit. Merci d’aller sur le site du PCR pour effectuer un don en ligne (avec déduction d’impôt).

2) Le Centre Culturel et Société du Théâtre d’Al-Rowwad (Al-Rowwad Cultural and Theater Society), dans le camp de réfugiés d’Aida, à Bethléem, fait un travail formidable. C’est une ONG indépendante, dynamique, basée sur la communauté, qui participe à différents projets de création d’emplois et de développement local. Il a reçu à ce titre des subventions de l’UNRWA et de l’UNDB (autre organisation des Nations Unies) pour l’entretien du camp, mais son fonctionnement (eau, électricité, frais des bénévoles) n’est subventionné que par des particuliers. L’objectif principal est de créer pour les enfants un environnement sain pour les aider à surmonter le stress engendré par la violence des agressions israéliennes et trouver un lieu où ils puissent vivre une "vie normalement humaine". (Société des Amis d’Al-Rowwad).

Lorsque je vivais aux Etats-Unis, j’ai fait venir la troupe de théâtre deux fois pour des représentations et tous ceux qui y ont assisté ont été touchés par l’humanité des Palestiniens et par leurs souffrances, et beaucoup ont décidé ensuite de s’impliquer dans des actions pour les droits palestiniens. Parmi les activités d’Al-Rowwad destinées aux enfants et aux femmes : le dessin, l’éducation, la santé et l’environnement.

Cliquer ici pour faire un don.

Pour plus d’information :
- Site Alrowwad Cultural & Theater Society : Beautiful Resistance,



- Images for Life.

3) Le Groupe pour un Etat Démocratique (The One Democratic State group - ODSG) milite pour la solution la plus logique au contexte palestinien actuel. Votre soutien peut renforcer l’efficacité de son travail.

Cliquer ici pour faire un don.

Enfin, pour vous donner des idées, il y a eu à Paris des actions stupéfiantes pour la Palestine, en protestation de la dénomination d’une rue du nom du criminel de guerre Ben Gourion. Regardez et souriez…

Mazin Qumsiyeh, PhD
Un Bédouin dans le cyberespace, un villageois chez lui
Comité Populaire de Résistance au mur d’apartheid et aux colonies, Beit Sahour,
Professeur, universités de Bethléem et de Birzeit,
Président du Conseil d’Administration du Centre palestinien de rapprochement entre les peuples. http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13748&type=temoignage&lesujet=R%E9sistances

Sarkozy et Peres lancent «Europe-Israël»

Europe - 20-04-2010
Par CRIF

Le 15 avril 2010, au Palais de l’Élysée, le président de la République française, Nicolas Sarkozy et son homologue israélien, Shimon Peres, ont officiellement annoncé la création d’ « Europe-Israël : Maison Commune ». Ce projet très ambitieux a été lancé grâce à l’initiative de la Fondation France-Israël que préside Nicole Guedj, ancien ministre. Ce lancement a eu lieu en présence de Simone Veil, ancienne présidente du Parlement Européen, qui devrait assurer la présidence d’Europe-Israël, de l’écrivain Jorge Semprun, ancien ministre espagnol de la Culture pressenti pour en être le vice-président et de l’ancien ambassadeur d’Israël en France, Avi Pazner.
Des représentants de plusieurs structures homologues telle la Casa Sefarad Israel de Madrid ou le Centre Bronislaw Geremek de Varsovie ou encore l’European Coalition for Israel ( Belgique-Finlande) d’organisations de jeunes comme l’Union Européenne des Étudiants Juifs, de plusieurs acteurs de la société civile comme le Comité Français de Yad Vashem ou l’Institut Weizman France-Europe ainsi que de grandes entreprises, notamment Alsthom, Dassault, Sephora et Publicis seront les premiers partenaires de ce projet de rapprochement entre Israël et l’Europe.
En fin d’après-midi, pour célébrer ce lancement historique, un cocktail a été donné dans les salons du ministère des Affaires étrangères au quai d’Orsay.
Après une introduction sur l’avenir de la nouvelle structure par Christian Masset, directeur général de la Mondialisation du ministère des Affaires étrangères et Européennes et membre du Conseil d’Administration de la FFI, au cours de laquelle il a été rappelé que l’Europe a été créée dans une salle attenante par Maurice Shumann en 1950, ce qui est pour le moins un symbole fort, Nicole Guedj a présenté dans le détail le projet, insistant sur la force que représente la participation très importante de la jeunesse européenne avant d’inviter précisément des représentants de ces jeunes à prendre la parole. Sont alors intervenus Deborah Abisror, présidente de l’Union Européenne des Étudiants Juifs qui regroupe 34 organisations nationales et le Finnois Tomas Sandell de l’ECI. Ofer Bronchtein, représentant de la Casa Sefarad Israel à Paris a prononcé l’allocution finale de cette réunion très intéressante et très prometteuse.
Une centaine d’invités ont assisté à ce cocktail de lancement parmi lesquelles plusieurs personnalités dont l’ambassadeur de France en Israël, Christophe Bigot, son prédécesseur, Jean-Michel Casa, le député-maire de Saint-Mandé, Patrick Beaudoin et le Grand rabbin de Paris, David Messas.
Le CRIF était représenté par son président, Richard Prasquier, entouré de Meyer Habib, vice président, de Jean-Pierre Allali et Raoul Ghozlan, membres du Bureau exécutif et de plusieurs membres du Comité directeur.

Qana, massacre sioniste du 18 avril 1996. On n'oublie pas (vidéo)

Liban - 20-04-2010
Par Nadine Acoury 
Dans la longue série des milliers de massacres perpétrés par les sionistes contre les peuples du Moyen-Orient depuis leur incrustation en Palestine en 1948, on commémore aujourd'hui celui de Qana au sud-Liban où, il y a 14 ans, le 18 avril 1996, dans le cadre de l'attaque intitulée "Raisins de la colère" (on se demande de quelle colère il s'agit) lancée par le prix Nobel de la Paix Shimon Peres, l'armée d'occupation sioniste a bombardé un bâtiment des forces de l'ONU dans lequel s'étaient refugiés 800 femmes et enfants, laissant 106 morts et 116 blessés.
On se rappelle aussi que ce même village de Qana était à nouveau bombardé 10 ans plus tard, le 30 juillet 2006, par les mêmes sionistes, qui persistent, avec l'aide indéfectible des puissances occidentales et de la communauté internationale, à vouloir imposer leur loi dans la région, laissant près de 60 tués dont pour moitié des enfants.

Vidéo Shimon Peres : Le Boucher sioniste aux mains rouges

http://www.ism-france.org/news/article.php?id=13746&type=temoignage&lesujet=Crimes%20de%20Guerre 

Moubarak fête l’état d’Israël

Edition du 21 avril 2010
Les Israéliens célébraient hier « la fête de l’Indépendance » marquant le 62e anniversaire de la création de « l’Etat d’Israël ». Une ironie de l’histoire pour un « Etat » construit sur la terre dont il a chassé, par la loi de la force, ses légitimes propriétaires… Et, comme un pied de nez aux Palestiniens et aux Arabes non encore remis de la « Nakba » de 1948, l’entité sioniste a baptisé l’événement « fête de l’indépendance » ! Indépendance par rapport à quoi ? Par rapport à qui ? Ce peuple hétéroclite venu de tous les coins du monde peupler la Palestine historique pour donner « vie » à la promesse du Lord Balfour en 1917 et tuer l’espoir des Palestiniens, a-t-il un jour été colonisé ? En 1897, à Bâle, le congrès constitutif du mouvement sioniste de Théodore Herzl proposait juste un « plan de réunification nationale juive ».
L’Ouganda fut d’ailleurs le premier pays qui devait accueillir le « foyer national », avant que l’option de la Palestine — terre promise au propre et au figuré — ne soit retenue définitivement. 62 ans après le fait accompli, les Israéliens fêtent l’indépendance et les Palestiniens pleurent leur terre presque totalement perdue. Hier, à Tel Aviv et dans toutes les grandes villes d’Israël, le ciel est illuminé de feux d’artifice. Et de l’autre côté du mur de la honte, les Palestiniens de la Cisjordanie mais surtout ceux de Ghaza martyrisés, guettaient un éventuel raid aérien de l’armée israélienne. Parce que, pour cet immense ministère de la Guerre qu’est devenu Israël, il n’y a pas de quartier pour leurs « encombrants » voisins, même en temps de fête. Dans les territoires sous administration de ce qu’il convient d’appeler « l’Autorité Palestinienne », on n’est jamais à l’abri d’un tir de missile, d’un bombardement, ou d’une incursion intempestive de l’armée d’occupation.
Israël a définitivement compris que les récriminations américano-européennes sur ces outrances contre les Palestiniens servent juste à sauver la face d’un monde irrémédiablement injuste. En pleine prétendue crise sur la poursuite des colonies, et l’expulsion des Palestiniens de la Cisjordanie, Barack Obama a tout de même trouvé les mots « qu’il faut » pour permettre à Netanyahu de bomber un peu plus le torse. Le président américain a assuré Shimon Pérès, dans un message de félicitations, de « l’engagement inébranlable des Etats-Unis à la sécurité d’Israël et l’objectif commun d’une paix durable ». Ceux qui prêtent à Obama des vertus messianiques de paix sont bien servis…
Mais le plus grave est que même le président égyptien, Hosni Moubarak, n’a pas raté l’occasion de participer à la fête d’Israël. « Oum Eddounia », le « cœur palpitant du monde arabe » et le « dépositaire de la conscience arabe », a osé féliciter son homologue Pérès d’avoir spolié la terre palestinienne ! C’est cela le comble de l’histoire. Gamal Abd Nasser devrait se retourner dans sa tombe. Théodore Herzl, lui, peut se reposer en paix. L’Etat juif d’Israël est créé et avec les compliments des Arabes…
Par Hassan Moali
http://www.elwatan.com/Moubarak-fete-l-etat-d-Israel

Le sionisme pour les nuls

Israel - 20-04-2010
Par William James Martin > wmartin@math.uno.edu.

L'article original, "Zionism for Dummies", est paru sur The Palestine Chronicle le 8 septembre 2009. L'auteur est professeur à la Faculté de Mathématiques de l'Université de la Nouvelle-Orléans. 
Plus je réfléchis au conflit israélo-palestinien, plus je constate que très rares sont les gens à avoir une compréhension basique du conflit et qu’encore plus rares sont ceux qui sont capables de le définir ne serait-ce qu’en termes approximatifs. Ainsi l’on entend dire parfois que tout tournerait autour du « terrorisme » arabe/palestinien, autour des attentats suicides et que le but ultime des terroristes palestiniens serait de « jeter tous les juifs à la mer, morts ou vifs », que leur motivation ne seraient rien d’autre que l’antisémitisme et une haine viscérale des juifs. Ceux qui entretiennent cette vision considèrent que le conflit tourne essentiellement autour de la survie d’un Etat juif au milieu d’un océan de haine irrationnelle.
C’est ainsi que les sionistes voient la chose, et c’est la vision qu’ils voudraient que le monde retienne. On entend aussi parfois dire que le conflit serait religieux, entre juifs et Arabes et que ce conflit durerait, sans interruption, depuis « des millénaires ».
Tout cela est faux.
Le premier attentat-suicide palestinien s’est produit en 1994, quarante jours après le massacre, par Baruch Goldstein, natif de Brooklyn, de vingt-neuf fidèles en prière à la Mosquée d’Abraham, à Hébron. A l’époque, cela faisait plus de vingt-cinq ans que la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza étaient sous occupation, à la suite de la guerre de juin 1967. Ainsi, une génération entière de Palestiniens avait accédé à l’âge adulte sans avoir rien connu d’autre que l’occupation militaire, au moment où le premier attentat-suicide s’est produit.
La phrase « jeter tous les juifs à la mer, morts ou vifs » fut dite pour la première fois par le Premier ministre israélien Ben Gourion devant la Knesset (le parlement israélien) ; c’était en 1961. Ce fut sans doute la première occurrence de cette phrase, prononcée par une personnalité politique éminente, si bien qu’en tout état de cause cette citation a une origine juive, et non une origine arabe. La propagation de cette phrase chargée d’émotion dans l’ensemble du débat israélo-palestinien trouve donc sa source chez le Premier ministre israélien lui-même (voir : « Qui pousse qui, à la mer ? » [Who is Pushing Whom into the Sea? ] :
L’idée qu’il s’agirait d’un conflit religieux, qui se poursuivrait depuis des milliers d’années, est inexacte. Depuis près de deux mille ans, juifs et Arabes entretenaient des relations harmonieuses et, depuis quatre siècles avant la Première guerre mondiale jusqu’à celle-ci incluse, ils avaient les mêmes droits, en tant que citoyens de l’Empire ottoman. De fait, les juifs occupaient des positions officielles éminentes, dans l’administration dudit Empire.
Tout a changé en 1896, avec la publication de l’ouvrage de Theodore Herzl, L’Etat juif, dans lequel il proposait l’idée de l’inévitabilité, de l’immuabilité, de la permanence et de l’omniprésence de l’antisémitisme, arguant que la seule solution à ce problème était un Etat séparé, pour les juifs.
L’idée hertzlienne de l’inéluctabilité de l’antisémitisme a sans doute été auto-réalisatrice, puisque plutôt que de s’opposer à l’antisémitisme, durant la première moitié du vingtième siècle, les sionistes firent cause commune avec Hitler, Eichmann et les nazis, utilisant l’antisémitisme et le nazisme en tant que moyens d’obtenir leur but, la création d’un Etat juif. Les deux mouvements réactionnaires (le nazisme et le sionisme, ndt) avaient en partage l’idée que les juifs qui vivaient en Allemagne représentaient dans ce pays une « race » étrangère et que la séparation raciale devait être pérennisée à tout prix (l’historien Lenny Brenner a écrit trois ouvrages remarquables sur la collaboration siono-nazie).
L’utilisation du nazisme par les sionistes prit notamment la forme du blocage de voies de secours pour les juifs vers d’autres pays d’Europe et leur détournement vers la Palestine, même après que les trains de la mort eurent commencé à sillonner l’Europe.
L’ascension politique d’Hitler et son accession au pouvoir n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque opposition du mouvement sioniste, antérieurement à la création de l’Etat d’Israël.
L’histoire aurait sans doute été bien différente, si la composante sioniste de la communauté juive s’était opposée au nazisme, il n’y aurait sans doute jamais eu d’Holocauste. Et il n’y aurait peut-être pas d’Etat d’Israël (ce que beaucoup de sionistes, à l’époque, avaient parfaitement compris).
Voici ce qu’en dit Lenni Brenner :
… parmi tous les juifs opposants actifs à l’idée de boycotter l’Allemagne nazie, le plus important fut l’Organisation Sioniste Mondiale [World Zionists Organisation – WZO].
Non seulement cette organisation acheta des équipements allemands, elle les revendit et elle alla jusqu’à chercher de nouveaux clients à Hitler et aux industriels qui le finançaient et le soutenaient.
… « La WZO perçut la victoire d’Hitler comme sa filiale allemande, la ZVfD, l’Organisation Sioniste d’Allemagne : elles y virent non pas principalement une défaite pour tous les juifs, mais comme une preuve positive de l’échec de l’assimilation et du libéralisme »
[Brenner, Zionism in the Age of Dictators].
Mais la collaboration des sionistes avec les nazis, ainsi qu’avec les fascistes et Mussolini est une vaste question, à laquelle il faudrait consacrer des dizaines de volumes, que nous nous ne développerons pas ici.
Bien qu’Herzl eût envisagé de jeter son dévolu sur une région d’Argentine, et même sur une région de l’Ethiopie, la Palestine fut le site sur lequel se dégagea le plus important consensus. A propos des indigènes palestiniens, qui étaient à l’époque environ un million à vivre en Palestine, il avait dit :
« Nous ferons disparaître la population sans le sou à travers la frontière en lui refusant tout emploi. Le processus de l’expropriation et le déplacement des pauvres doivent être menés à bien avec discrétion et circonspection. C’est ainsi que fut introduit le concept de nettoyage ethnique de la Palestine. Cela ne relève pas de la physique nucléaire, ça n’est pas sorcier : si vous voulez créer un Etat qui soit peuplé exclusivement de juifs européens au beau milieu du Moyen-Orient, vous devez, avant toute chose, vous débarrasser des Arabes.
Herzl créa donc l’Organisation Sioniste Mondiale, dont l’intention était d’établir un Etat sioniste en Palestine et de se muter en proto-gouvernement, d’où émergerait le gouvernement du véritable Etat, sans raccords, une fois créé l’Etat juif.
Le monde semble ne pas comprendre quelle est la véritable intention du programme sioniste. Mais il faut dire que les sionistes eux-mêmes n’étaient pas d’accord entre eux, à ce sujet.
Dans son ouvrage Le Mur de fer, paru en 1923, Vladimir Jabotinsky, fondateur de l’aile « révisionniste » du sionisme, écrivait :
« Il ne saurait être question de réconciliation volontaire avec les Arabes, ni aujourd’hui, ni dans un avenir envisageable. Tous les gens bien intentionnés, à l’exception des aveugles de naissance, ont compris depuis bien longtemps la totale impossibilité de parvenir à un accord volontaire avec les Arabes de Palestine sur la transformation de la Palestine, de pays arabe qu’elle était, en un pays peuplé d’une majorité de juifs.
« Tout peuple voit dans son pays son foyer national, dont il veut être le maître total. Un peuple ne laissera jamais son pays, de son plein gré, à un nouveau maître. Ce sont donc les tenants d’un compromis avec les Arabes, parmi nous, qui sont invités à nous convaincre que les Arabes sont des sortes d’imbéciles qu’il serait possible de duper avec des formulations dissimulant nos objectifs fondamentaux. Je refuse tout de go d’avaliser cette vision avilissante des Arabes palestiniens…
« Les Palestiniens vont se battre comme ils le font tant qu’il leur restera la moindre étincelle d’espoir…. Peu importe les termes dont nous usons pour expliquer notre colonisation. La colonisation a sa signification, intégrale et inéluctable, que chaque juif et que chaque Arabe connaît fort bien. La colonisation n’a qu’un seul but. C’est dans la nature même des choses. Changer cette nature est quelque chose d’impossible. Il a été nécessaire de poursuivre la colonisation à l’encontre de la volonté des Arabes palestiniens, et les conditions actuelles sont strictement les mêmes.
« Un accord volontaire est inconcevable. Toute colonisation, aussi raisonnable soit-elle, doit continuer, défiant la volonté de la population indigène. Par conséquent, la colonisation ne peut se poursuivre et se développer qu’à l’abri d’un bouclier protecteur comportant un Mur d’Acier, que la population locale ne pourra jamais franchir. Telle est notre politique arabe. La formuler différemment ne serait que pure hypocrisie.
« Que ce soit au moyen de la Déclaration Balfour ou du Mandat, la force extérieure est nécessaire à l’établissement, dans le pays, des conditions administratives et militaires au moyen desquelles la population locale, quelles que soient ses aspirations, sera privée de la possibilité de faire obstacle à notre colonisation, que ce soit administrativement ou physiquement. L’armée doit jouer son rôle – avec force et sans indulgence. En cela, il n’y a aucune différence d’une quelconque importance entre nos militaristes et nos végétariens. Les uns préfèrent un Mur de Fer constitué de baïonnettes juives, et les autres le préfèrent, constitué de baïonnettes britanniques.
« Si vous voulez coloniser une terre déjà habitée par des gens, vous devez lever une armée pour conquérir cette terre…
Sinon ?
Sinon, renoncez à votre colonisation, car, à défaut d’une armée qui rende physiquement impossible toute tentative pour détruire cette colonisation ou en empêcher l’installation, la colonisation est impossible. Le sionisme est une aventure de colonisation : la question de son échec ou de sa réussite tourne toute entière autour de sa force armée. Bien entendu, parler hébreu, c’est important. Mais, malheureusement, il est encore plus important de savoir viser et tirer – sinon, je n’ai rien contre l’idée de jouer à la colonisation…
« Au reproche absurde que ce serait là une position immorale, je réponds que c’est absolument faux. C’est notre éthique. Il n’y en a pas d’autre. Tant qu’existera la moindre étincelle d’espoir, chez les Arabes, de nous en empêcher, ils ne renonceront pas à cet espoir – ils n’y renonceront pas, quoi qu’il en soit, pour de bons mots ni pour quelque bouchée de choix. Parce que ce peuple, le peuple palestinien, ça n’est pas un lapin de garenne : non, c’est un peuple, un peuple vivant. Et personne ne fait des concessions aussi énormes sur des questions aussi cruciales, sauf lorsque tout espoir (pour les Arabes) sera perdu, c’est-à-dire quand nous aurons bouché jusqu’à la moindre faille visible, dans notre Mur d’Acier ».
Les « sionistes révisionnistes » étaient partisans de réviser le mandat britannique sur la Palestine afin d’y inclure la rive orientale du Jourdain (la Transjordanie, ndt), qui constitue aujourd’hui la Jordanie, aussi bien que la Cisjordanie, le Jourdain formant la frontière orientale du territoire sous mandat britannique, à l’époque.
Le parti « révisionniste » s’est transformé, au fil des années, en l’actuel parti Likoud, le parti de droite de Menahem Begin, qui voyait en Jabotinsky sont parangon et son mentor philosophique. C’est aussi le parti d’Yitzhak Shamir, qui est devenu le chef du parti Révisionniste au moment de la mort de Jabotinksky, ainsi que celui d’Ariel Sharon et de Benjamin Netanyahu.
Ainsi, en 1937, Ben Gourion avait affirmé :
« Le transfert forcé des Arabes des vallées de l’Etat juif futur pourrait nous donner quelque chose que nous n’avons jamais eu, même à l’époque où nous étions solidement établis, aux jours où existaient le premier et le deuxième Temples. »
En 1937 toujours, il écrivait, dans une missive envoyée à son fils :
« Nous devons expulser les Arabes et prendre leur place, et si nous devons recourir à la force armée afin de garantir notre propre droit à nous installer dans ces lieux, alors nous aurons une armée à notre disposition. »
Au début de l’année 1948, le même Ben Gourion écrivait, dans ses carnets de guerre :
« Durant l’assaut, nous devons être prêts à frapper le coup décisif ; c’est-à-dire soit à détruire les villes, soit à en expulser les habitants, afin que notre peuple puisse prendre leur place. »
Et, en février 1948, Ben Gourion disait à Yosef Weitz, directeur de la colonisation du Fonds National Juif et chef du Comité du Transfert de 1948 :
« C’est la guerre qui nous donnera notre terre. Le concept de ce qui est à nous et de ce qui n’est pas à nous est un concept qui relève uniquement d’une situation de paix : nous sommes en guerre, et ces concepts ont perdu toute signification. »
Et en 1940, Josef Weitz, qui était le chef des achats de terres de l’Organisation Juive Mondiale, ainsi que le chef de l’un des multiples « comités de transfert » (visant à étudier les manières d’expulser les Arabes de Palestine) écrivait :
« Entre nous, il doit être clair qu’il n’y a pas de place pour deux peuples vivant ensemble, dans ce pays. Nous n’auront pas atteint notre but s’il y a encore des Arabes ici. Il n’y a aucun autre moyen que de transférer les Arabes vivant ici vers des pays voisins – de les transférer tous ! Aucun village, aucune tribu ne devront être épargnés. »
En 1983, Raphael Eytan, alors chef d’état major des Forces Israéliennes de Défense [d'occupation, ndlr] a dit :
« Nous déclarons ouvertement que les Arabes n’ont aucun droit à s’installer sur le moindre centimètre carré de la Terre (sacrée) d’Israël [Eretz Israel]… Apparemment, la force est la seule chose qu’ils comprennent ou comprendront. Nous devons user de la force la plus extrême jusqu’à ce que les Palestiniens viennent ramper devant nous… Quand nous aurons peuplé les terres, la seule chose que les Arabes seront en mesure de faire, c’est de courir partout, comme des cafards saouls enfermés dans une bouteille… »
Quant aux raisons, au juste, pour lesquelles le peuple palestinien n’a aucun droit à vivre sur la terre où ils sont nés et où leurs ancêtres sont nés avant eux, ou pour lesquelles les colons juifs européens, eux, ont ce droit, M. Eytan reste silencieux.
En 2002, Moshe Yaalon, chef d’état-major de l’armée israélienne, a dit :
« Il faut faire comprendre aux Palestiniens, jusqu’aux tréfonds de leur conscience, qu’ils sont un peuple vaincu. »
Entre l’époque où Israël s’est autoproclamé un Etat, en mai 1948, et l’été 2005, Israël a tué 50.000 Palestiniens, estime l’historien israélien Ilan Pappe. Et depuis octobre 2000, Israël a tué 6.348 Palestiniens, affirme le site ouèbe If Americans Knew [Si les Américains savaient ça…] Ce dernier chiffre correspond à environ 2 Palestiniens tués, chaque jour, par Israël [1,932, selon un calcul personnel] Une chose est sûre : Israël n’est pas la victime, même s’il ne cesse de couiner, mais bien le bourreau.
Alors, quelle est la cause de ce conflit ? Quel est le thème qui parcourt comme un fil rouge toute l’histoire du sionisme, depuis son origine ?
La destruction du peuple palestinien en tant que peuple et la prise de possession de sa terre ancestrale, voilà ce qui est au programme du sionisme.
Il est des sionistes qui seraient favorables à une solution à deux Etats et à un retrait de la présence militaire israélienne à l’intérieur des frontières de l’Israël pré-1967, tout en autorisant la création d’un mini-état « palestinien » sur les 22 % de la Palestine restants. Mais la réalité, sur le terrain, c’est qu’Israël s’est étendu au-delà du point de ce retrait, avec l’installation de 300 000 colons en Cisjordanie et de 183 000 colons à Jérusalem Est (à la date où cet article est écrit), avec au minimum 200 colonies en Cisjordanie dont certaines sont deux fois plus étendues que Manhattan, avec leurs écoles, leurs universités, leurs centres commerciaux et leurs milliards de dollars d’investissements en infrastructures tant publiques que privées et un système ségrégué de 4502 km d’autoroutes réservées aux seuls juifs, coupant en deux la Cisjordanie, les Palestiniens étant emprisonnés entre ces barrières de béton et d’asphalte, en des bantoustans discontinus.
Mais, quoi que pensent ces sionistes modérés qui prônent le retrait à l’intérieur des frontières de 1967, la dynamique d’Israël, c’est l’expansion, comme cela a toujours été le cas, depuis sa création. Les forces centrifuges qui poussent à cette expansion sont multiples et complexes ; elles sont religieuses, elles sont militaires, elles sont sécuritaires, elles sont dues à une soif de pouvoir pour le pouvoir. Mais elles sont constantes, elles ont derrière elles un élan séculaire, et elles représentent un siècle de sionisme en action.
Le cœur du conflit israélo-palestinien, c’est la volonté de détruire le peuple palestinien et de l’évacuer, et la prise de contrôle totale, par l’Etat juif, de la Palestine jusqu’au Jourdain. L’enjeu est donc de savoir si les Palestiniens finiront par être détruits et éliminés en tant que peuple, avec sa culture et son histoire propres, et un attachement à la terre où il est né, et où ses parents et ses ancêtres ont vécu avant lui.