vendredi 4 juin 2010

La leçon turque

jeudi 3 juin 2010 - 07h:33
K. Selim
Le Quotidien d’Oran
Trois jours après leur agression en haute mer, les Israéliens maintiennent un véritable blocus de l’information sur le nombre exact de victimes et leurs nationalités.
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Manifestation à Istambul, 2 juin 2010 - Les pays occidentaux vont-ils se voir "dépossédés" de la question palestinienne qu’ils ont délibérément laissée pourrir pendant des décennies ? Le temps est-il venu d’une solution imposée par le Proche-Orient lui-même ? - Photo : AP
Mais au fil des libérations des otages détenus par Israël, les circonstances de l’assaut criminel de ses troupes « d’élite » se confirment. Les Israéliens ont fait usage de leurs armes avant même de prendre pied sur les navires. Les militants, immédiatement brutalisés, se sont défendus avec des moyens de fortune, des bâtons et des chaises essentiellement.
Au fil des libérations d’otages et des témoignages, les scénarios péniblement mis au point par les officines sionistes et complaisamment répercutés par les médias occidentaux se délitent complètement. Ils ne convainquent même pas ceux qui sont chargés de les relayer.
Dans la stupeur générale encore palpable et les demi-condamnations bégayantes des défenseurs occidentaux des droits de l’homme, seule la voix de la Turquie est clairement perceptible. Il s’agit, selon tous les juristes et experts indépendants, d’une situation extrêmement grave, sans précédent, où des navires chargés d’aide humanitaire et transportant des militants pacifistes ont été très violemment arraisonnés dans les eaux internationales. Les assaillants ont tué des individus désarmés, saisi des navires et ont pris en otage les personnes à bord, les frappant pour certains et les plaçant tous en détention.
Les Turcs, par la voie de leur Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères, réaffirment leur exigence d’une commission d’enquête internationale, appuyés en cela par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies.
L’affaire jette une lumière crue sur les mœurs israéliennes et les méthodes criminelles auxquelles ils ont systématiquement recours dans le quotidien de l’occupation et du blocus de Ghaza. De ce point de vue, l’objectif des humanitaires consistait précisément à fracturer le siège imposé à un million et demi de Palestiniens. Le message destiné à l’opinion mondiale et aux dirigeants occidentaux a été parfaitement transmis. Beaucoup de voix s’élèvent pour exiger la fin de ce blocus. Les Turcs conditionnent la reprise de relations normalisées avec Israël à la levée de ce blocus. Les réactions d’une grande dignité, mais très fermes, des responsables turcs sont à la hauteur de la crise internationale provoquée par les terroristes israéliens.
La leçon turque aux régimes arabes « modérés » est rude. La Turquie démocratique, membre important de l’OTAN et allié traditionnel des Etats-Unis, démontre un degré d’autonomie auquel sont loin de prétendre ceux qui aspirent à jouer les rôles de leaders du monde arabe. Dans le paysage sinistre de la capitulation, la réouverture du point de passage de Rafah est un minimum qui doit absolument être maintenu. La position turque le démontre, l’alignement aveugle sur les Américains est une voie sans issue.
Faut-il attendre de ces régimes qu’ils fassent pression sur les Occidentaux, et sur le quartet en particulier, pour la levée immédiate et sans conditions du siège de Ghaza ? Ce qui est sûr est que la défaite politique israélo-américaine en Méditerranée orientale sanctionne avec une égale sévérité l’échec des « modérés ».


Retour des 32 Algériens kidnappés par les troupes israéliennes

M. Aziza
Les trente-deux ressortissants algériens, libérés par Israël, après l’attaque « de la flottille de la liberté » partie avec l’espoir de forcer le blocus imposé au territoire palestinien de Ghaza, étaient attendus hier soir à l’aéroport d’international d’Alger, a indiqué hier le ministre des Affaires étrangères.
S’adressant à la presse en marge de l’inauguration de la 43ème édition de la Foire internationale d’Alger, Mourad Medelci a déclaré « vous pouvez vous assurer qu’ils (ressortissants algériens) sont en bonne santé (à l’exception) de l’un d’entre eux qui a été légèrement blessé à l’oeil ». « Nous nous sommes mobilisés pour parvenir à ce résultat grâce aux contacts avec des pays amis de la région comme l’Egypte, la Turquie et la Jordanie », a-t-il ajouté. Le nouveau ministre de la Communication, M. Nacer Mehal, a précisé pour sa part que « l’arrivée des ressortissants algériens à l’aéroport Houari Boumediene aura lieu ce soir vers 22h00".
Un avion spécial de la compagnie Air Algérie, avec toute une délégation à son bord, s’est d’ailleurs envolé hier pour la capitale jordanienne afin de ramener les ressortissants algériens libérés. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères, chargé de la Communauté nationale à l’étranger, M. Halim Benatallah, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), M. Bouguerra Soltani, quatre médecins, dont deux psychologues, des membres des groupes parlementaires des partis de l’Alliance présidentielle (FLN, RND et MSP) et du groupe parlementaire des Indépendants ainsi que des journalistes font partie de cette délégation.
Le président de l’association algérienne des secours humanitaires, Hariti Abdelaziz que nous avons interrogé hier dans la matinée, nous avait assuré que « les ressortissants sont en bonne santé. On compte un seul blessé, un député qui a une blessure légère à l’œil ».
Le président de la cellule a saisi l’occasion de l’annonce de cette bonne nouvelle de libération des ressortissants algériens, pour lancer un appel aux Algériens afin de réserver à la délégation en retour de Jordanie un accueil populaire. « On est sûr que les autorités algériennes comptent leur réserver un accueil officiel mais on aimerait bien qu’il soit aussi populaire ».
Notre interlocuteur a tenu à souligner que « il est vrai que les aides n’ont pas pu parvenir aux habitants de Ghaza, en raison de l’attaque, mais le message est arrivé et les Egyptiens ont vite ouvert le passage de Rafah ». En ajoutant : « Des voix se sont élevées partout dans le monde pour appeler à la levée du blocus sur Ghaza ».
Les trente-deux algériens arrêtés par Israël, après l’attaque criminelle contre la flottille de la liberté, dans les eaux internationales, ont été libérés mercredi à 4h00 du matin.
Cette libération a été faite avec l’aide déployée par des gouvernements de certains pays amis (la Jordanie, la Turquie et l’Egypte), selon le ministère des Affaires étrangères.
Après l’attaque, l’Algérie avait appelé à la libération immédiate et sans condition de ses ressortissants détenus illégalement par Israël, et ce, conformément à la déclaration du Conseil de sécurité des Nations unies du 31 mai 2010. La délégation algérienne de la flottille humanitaire compte parmi ses rangs des députés, des journalistes, des médecins et des militants du mouvement associatif.
3 juin 2010 - Le Quotidien d’Oran - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.lequotidien-oran.com/?ne...
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8843

La Turquie organise les funérailles de ses citoyens assassinés

jeudi 3 juin 2010 - 14h:20
D’après Al Jazeera
Les experts légistes turcs ont confirmé que les neuf militants tués au cours du raid israélien sur la flottille d’aide humanitaire destinée à Gaza ont été tués avec des armes à feu.
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Les funérailles des 8 militants turcs assassinés ont lieu à Istambul ce jeudi
Huit étaient des citoyens Turcs et l’un d’entre eux un ressortissant américain d’origine turque, a rapporté l’agence de nouvelles Anatolie, disant que les funérailles ont débuté à Istambul.
Les autres militants, y compris certains qui ont été blessés dans le raid israélien, ont atterri dans la ville turque ce jeudi matin.
Jamal Elshayyal d’Al-Jazeera , qui faisait un reportage depuis le navire avant que le raid ait eu lieu, a également été envoyé en Turquie par les Israéliens après avoir été libéré.
Il a dit avoir assisté à certains de ces assassinats, et il a confirmé que au moins « une personne a été tuée par un coup de feu à la tête à partir d’un hélicoptère au-dessus. »
Notre correspondant était sur le pont supérieur lorsque le navire a été attaqué et a déclaré que quelques minutes après avoir vu les hélicoptères israéliens, il y a eu des coups de feu venant du haut.
« Les premiers tirs [en provenance des bateaux israéliens] depuis la mer étaient des grenades lacrymogènes, des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc revêtues d’acier. Les tirs à balles réelles ont commencé cinq minutes après. Il y a eu des coups de feu aussi bien depuis les airs que depuis la mer. »
Il a confirmé que certains passagers ont pris quelques-unes des bars de rambarde du navire afin de se défendre, alors qu’ils voyaient les soldats israéliens qui approchaient.
« Après les tirs et les premiers tués, les gens ont brandi des drapeaux blancs et des inscriptions en anglais et en hébreu. Un Israélien [sur le navire] a demandé aux soldats d’emporter les blessés, mais ils ont refusé et les blessés sont morts sur le navire. »

Plus tôt le matin, trois avions sanitaires avaient atterri sur une base militaire à Ankara, la capitale turque, transportant les militants blessés qui ont été transférés vers les hôpitaux de la ville.
Des centaines de supporters, dont Bulent Arinc, vice-Premier Ministre turc et plusieurs autres responsables politiques turcs, étaient présents à l’aéroport d’Istanbul pour accueillir les militants.
Beaucoup brandissaient des drapeaux turcs et palestiniens et scandaient des slogans anti-israéliens.
« Ils ont fait face à la barbarie et à l’oppression, mais ils reviennent avec fierté », a dit Arinc devant les centaines de parents et de partisans en liesse à l’extérieur de l’aéroport et qui scandaient « Dieu est grand ! »
Une foule de plusieurs milliers de personnes était également rassemblée au centre d’Istanbul pour fêter le retour des militants.
Des responsables en Israël ont déclaré plus tôt qu’ils avaient libéré environ 700 militants, provenant de 42 pays, kidnappés à bord de la flottille d’aide humanitaire destinée à Gaza.
Plus de 100 militants, principalement venus des pays arabes, ont été ramenés dans des autobus au pont Allenby en Jordanie ce mercredi.
Un avion transportant 31 militants grecs, ainsi que trois français et un Américain, a atterri à l’aéroport d’Athènes dans les premières heures de jeudi, selon ce qu’a déclaré le ministère israélien des affaires étrangères.
Sept militants blessés dans l’acte de piratage de lundi étaient toujours traités dans un hôpital israélien [leur état étant certainement trop grave pour qu’ils puissent être transportés].
Trois autres - un Irlandais et deux femmes venant d’Australie et d’Italie - sont restés en Israël « pour des raisons techniques », a-t-il été ajouté, sans plus de précisions.
Mais Ayman Mohyeldin, correspondant d’Al Jazeera à Jérusalem, nous a fait savoir que quatre Palestiniens-Israéliens sont toujours en prison.
Israël persiste et signe
Israël continue à défier le monde en ce qui concerne son acte de piratage et se dit prêt à intercepter un autre navire d’aide humanitaire, le « Rachel Corrie », que les organisateurs de la Flottille de Liberté dise être attendu dans la bande de Gaza dans le courant de la semaine prochaine.
Action en justice envisagée
Ahmet Davutoglu, ministre des Affaires étrangères de la Turquie, a également appelé à la constitution d’une commission internationale [pour enquêter sur le piratage].
« Nous avons clairement indiqué que nous allions revoir nos relations avec Israël si tous les Turcs n’étaient pas libérés à la fin de la journée, » a déclaré Davutoglu lors d’une conférence de presse ce mercredi.
La Turquie a envoyé trois avions pour rapatrier des centaines de militants détenus à la suite du raid israélien de lundi dans les eaux internationales.
Davutoglu a ajouté que la Turquie était prête à renormaliser ses relations avec Israël si celui-ci levait son blocus sur Gaza, en ajoutant « qu’il était temps que le calme remplace la colère. »
Les relations entre la Turquie et Israël se sont rapidement détériorées après le raid meurtrier, la plupart des crimes de sang s’étant produits sur le « Mavi Marmara », un navire battant pavillon turc et transportant des centaines de sympathisants pro-palestiniens.
Les médias d’Etat ont rapporté mercredi que le ministère turc de la Justice envisageait une action en justice contre Israël.
Les responsables étudient les lois nationales et internationales pour voir quelles mesures pourraient être prises après l’opération de lundi dans les eaux internationales, selon un communiqué de l’agence de nouvelles Anatolie.
Des milliers de Turcs ont organisé deux jours de manifestations à travers le pays, dénonçant la piraterie israélienne à l’encontre de « la Flottille de la Liberté ».
3 juin 2010 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/e...
Traduction : Info-Palestine.net
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8849

Commission d’enquête : Israël cherche une échappatoire

04/06/2010
Israël a opposé hier une fin de non-recevoir à une commission d'enquête internationale sur le raid meurtrier contre la flottille humanitaire propalestinienne au large de Gaza, tout en cherchant une solution de compromis avec les États-Unis. Israël a rejeté la résolution du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève approuvant l'enquête internationale, estimant que cette instance n'avait aucune « autorité morale ».
En revanche, plusieurs ministres ont pris parti en faveur d'une enquête interne. « En matière d'enquête, il doit y avoir une enquête israélienne, c'est dans notre intérêt, nous n'avons rien à cacher. (...) Nous disposons d'assez de juristes éminents. S'ils veulent des observateurs étrangers, qu'il y ait des observateurs étrangers, mais la commission doit être israélienne », a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman. « Aux appels lancés pour la création d'une commission d'enquête internationale, il faut répondre sans hésitation qu'Israël est un État démocratique indépendant et pas une république bananière », a renchéri le Premier ministre suppléant chargé des Affaires stratégiques, Moshe Yaalon. « Nous sommes capables d'enquêter, d'en tirer les leçons puis de les appliquer. Mais il ne faut pas que durant tout ce processus nous nous livrions à l'autoflagellation », a ajouté cet ancien chef d'état-major, membre du cabinet gouvernemental de sécurité. Le ministre des Finances Youval Steinitz a suggéré la constitution d'un « comité de vérification » sous l'égide de la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement. M. Steinitz n'a pas toutefois exclu que « pour des raisons tactiques », Israël soit « malheureusement contraint » d'envisager une autre solution.
Selon les médias, Israël négocierait avec les États-Unis en vue de la constitution d'une « commission » acceptable par les deux alliés. « Des contacts sont en cours avec les Américains », a confirmé à l'AFP un haut responsable gouvernemental sous le couvert de l'anonymat, sans plus de précision. D'après les médias israéliens, parmi les options discutées avec Washington figure la création d'une commission d'enquête dirigée par un « juriste de renommée internationale » et composée de représentants israéliens et d'observateurs américains. Les États-Unis ont exprimé à nouveau mercredi leur souhait de voir les autorités israéliennes engager elles-mêmes l'enquête demandée par l'ONU sur le raid israélien, soulignant que l'État hébreu avait toute capacité de mener une investigation « crédible ». Washington avait approuvé mardi l'appel de l'ONU à une enquête « rapide, impartiale, crédible et transparente » sur le raid.
Par ailleurs, les États-Unis vont enquêter sur les circonstances de la mort d'un Américain à bord de la flottille pour Gaza, a annoncé hier le département d'État, en précisant qu'il ne s'agissait pas « à ce stade » d'une enquête criminelle. « Nous allons soigneusement évaluer toutes les informations que nous pourrons recueillir sur les circonstances de sa mort, et ces faits nous mèneront où ils doivent nous mener », a affirmé le porte-parole du département d'État, Philip Crowley. « Nous prenons au sérieux la santé des citoyens américains partout dans le monde », a-t-il souligné. M. Crowley a refusé de commenter le fait que les neuf personnes tuées après l'assaut de l'armée israélienne contre la flottille présentent des plaies par balle.
En outre, la chancelière allemande Angela Merkel a proposé hier que des représentants du quartette pour le Proche-Orient participent à l'enquête israélienne, a indiqué son porte-parole. Mme Merkel a fait part de sa suggestion lors d'un entretien téléphonique avec le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas, a ajouté Ulrich Wilhelm. Le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini a également préconisé hier la participation d'observateurs indépendants nommés par le quartette. L'Italie, tout comme les États-Unis et les Pays-Bas, s'était opposée au sein de l'ONU à l'ouverture d'une enquête internationale.  

Gül : Israël a commis l’une des plus graves erreurs de son histoire

04/06/2010
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan rendant visite aux 
19 blessés soignés dans un hôpital d’Ankara. Umit Bektas/Reuters
Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan rendant visite aux 19 blessés soignés dans un hôpital d’Ankara. Umit Bektas/Reuters
En attaquant le convoi d’aides à destination de Gaza, « Israël a commis l’une des plus graves erreurs de son histoire », a affirmé hier le président turc Abdullah Gül, tout en assurant que les liens d’Ankara avec l’État hébreu « ne seront plus jamais les mêmes ». Ces déclarations interviennent alors que les examens des corps des neuf victimes ont montré que toutes avaient été tuées par balle. 
Deux chaînes de télévision israéliennes ont rapporté hier soir que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu envisagerait d'alléger le blocus imposé à la bande de Gaza. Selon la chaîne publique, M. Netanyahu pourrait permettre à des navires marchands de gagner le territoire palestinien, mais à condition que leurs chargements soient préalablement inspectés. De son côté, la chaîne 10 (privée) a précisé que les cargaisons civiles pourraient passer librement après une inspection impliquant éventuellement une coopération internationale. Les deux chaînes télévisées ont estimé que M. Netanyahu espère ainsi empêcher des transferts d'armes vers la bande de Gaza, tout en détournant les pressions et critiques internationales à l'encontre d'Israël après l'assaut sanglant contre le convoi maritime d'aide à Gaza.
De son côté, le vice-président des États-Unis, Joe Biden, a affirmé qu'Israël avait le « droit absolu » de défendre sa sécurité. « On peut disputer le fait de savoir si Israël aurait dû faire descendre des gens sur ce bateau ou pas (...) mais la vérité est qu'Israël a le droit de savoir (...) si oui ou non des armes sont introduites » à Gaza, a expliqué M. Biden. Mais il a aussi affirmé « qu'il ne faut pas oublier le calvaire des Palestiniens. Ils sont en mauvais état. Donc il faut que nous pressions, que nous incitions le plus possible Israël à les laisser importer des matériaux de construction » à Gaza. « D'une part, le Hamas, et d'autre part, Israël doivent être plus généreux avec les gens qui souffrent à Gaza », a développé le vice-président, en remarquant que « tout cela s'arrêterait demain si le Hamas était d'accord pour former un gouvernement avec l'Autorité palestinienne selon les conditions énoncées par la communauté internationale ».
D'autre part, les examens des corps des neuf victimes de l'assaut meurtrier contre la flottille propalestinienne - huit Turcs et un Américain d'origine turque - ont montré que toutes avaient été tuées par balle, dont une à bout portant, selon les conclusions des médecins légistes turcs.
Parallèlement, des centaines de militants du convoi maritime, expulsés par Israël, sont arrivés hier en Turquie. Israël, sous forte pression internationale après le raid sanglant, a confirmé que l'ensemble des 700 étrangers arrêtés avaient été expulsés, à l'exception de sept blessés. Au total, 488 militants turcs sont arrivés à l'aéroport d'Istanbul, où ils ont été accueillis en héros par un millier de personnes, agitant des drapeaux turcs et palestiniens, scandant des slogans anti-israéliens.
En outre, des représentants d'ONG arrivés en Turquie ont renouvelé les accusations de violences à l'égard d'Israël. Un militant espagnol présent dans la flottille, Manuel Tapial, a estimé que le bilan était plus lourd, évoquant « de 16 à 20 morts ». De son côté, le président de l'ONG islamiste IHH, un des principaux organisateurs de la flottille, a affirmé à son arrivée que toutes les victimes du drame ne sont pas connues. « Ils nous ont rendu neuf corps (...) Mais la liste des martyrs est plus longue », a affirmé à l'AFP Bülent Yildirim. Toutefois, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a démenti ces affirmations. « Il n'y a pas de passager manquant... Nous savons où se trouvent tous ceux qui étaient sur la liste qui nous a été donnée », a-t-il dit après avoir rendu visite aux 19 blessés soignés dans un hôpital d'Ankara. Cinq militants, dont on ignorait le sort, se trouvent dans les hôpitaux israéliens, a-t-il précisé.
Par ailleurs, le président turc Abdullah Gül, accusant Israël d'avoir commis « l'une des plus graves erreurs de son histoire », a assuré que les liens entre la Turquie - longtemps un des seuls alliés de l'État hébreu au Proche-Orient - et Israël « ne seront plus jamais les mêmes ». M. Gül a estimé que l'assaut contre la flottille avait engendré des « séquelles irréparables » dans les rapports bilatéraux, soulignant que « la Turquie ne pardonnera jamais » cette agression. « Cette affaire sera suivie. Il n'est pas question de la faire oublier ou de l'occulter », a ajouté M. Gül.
D'autre part, un navire affrété par une organisation irlandaise pour livrer de l'aide humanitaire à Gaza devrait arriver demain, mais son équipage n'opposera aucune résistance en cas d'intervention israélienne, a annoncé jeudi un porte-parole. S'exprimant depuis le bateau, l'un des passagers, l'ex-haut responsable de l'ONU Dennis Halliday, a « souligné que le but (de la mission) n'était pas de provoquer mais d'acheminer une cargaison humanitaire à Gaza ». « Nous appelons l'ONU à inspecter le cargo et à nous escorter jusqu'à Gaza, à faire monter à bord un représentant », a-t-il ajouté.
Pour leur part, les ministres arabes des Affaires étrangères ont décidé au terme d'une réunion extraordinaire mercredi soir au Caire de « briser » le blocus israélien imposé à la bande de Gaza « par tous les moyens ». Dans leur résolution, les chefs de la diplomatie arabes ont également décidé une série de démarches auprès des instances judiciaires internationales pour poursuivre les responsables israéliens qui assument la responsabilté de cette attaque. 

L’indignation libanaise s’amplifie

04/06/2010
Les Libanais, toutes tendances confondues, continuent de dénoncer l'attaque israélienne contre la « flottille de la liberté ».
Le président Michel Sleiman a pris contact avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avec qui il a passé en revue la situation dans les Territoires palestiniens après l'attaque de lundi contre la flottille. Ils se sont mis d'accord sur la nécessité de lever le blocus israélien de Gaza et de former une commission internationale d'enquête.
Le président Sleiman, qui a reçu l'ancien ministre Fouad Boutros avant de conférer avec la vice-présidente de la Fondation al-Walid ben Talal, l'ancienne ministre Leila Solh Hamadé, puis avec l'ancien Premier ministre Fouad Siniora et le ministre Fady Abboud, a également discuté avec ses visiteurs de l'affaire de la flottille. Cette question a été aussi évoquée par le ministre des Travaux publics, Ghazi Aridi, au cours de sa visite officielle à Damas. M. Aridi, qui a été reçu par le Premier ministre syrien, Naji Otri, a expliqué le comportement d'Israël par le fait qu' « il s'agit d'un État parasite qui se permet de violer les lois et les règles internationales ». Il n'en a pas moins estimé que « l'attaque contre la flottille a créé une nouvelle donne du moment qu'elle a mis l'État hébreu en vis-à-vis avec la Turquie, un des principaux États islamiques avec qui il entretient des relations ».
Par ailleurs, le député Ammar Houri a estimé dans une déclaration à Radio Orient qu'« Israël a prouvé qu'il ne connaît que le langage de l'agression et des crimes » et a jugé nécessaire que le Conseil de sécurité agisse en conséquence. Le député FL Antoine Zahra a pour sa part souligné que l'État hébreu n'avait aucune raison d'attaquer la flottille. La présidente de la commission parlementaire de l'Éducation et de la Culture, Bahia Hariri, s'est pour sa part rendue à l'ambassade de Turquie où elle a présenté ses condoléances au chargé d'affaires et lui a remis un message de condoléances au nom du Rassemblement de Saïda.
Pendant ce temps, des délégations partisanes composées de représentants du CPL, du mouvement Amal, du Courant du futur, du PSP, de la Jamaa islamiya et du PNL ont entamé depuis hier une tournée auprès des ambassades des pays membres du Conseil de sécurité pour leur remettre un mémorandum conjoint réclamant que des sanctions soient prises contre Israël.
L'ancien ministre Fayez Chokor a estimé quant à lui que le Liban est « directement concerné par l'affaire de la flottille, parce qu'il est au ceur des événements ».
Le BN et l'Option libanaise
Réuni sous la présidence de M. Carlos Eddé, le Bloc national a stigmatisé « l'extrémisme d'Isaël, qui transparaît à travers sa nouvelle idéologie militaire, qui consiste à frapper des civils désarmés à bord d'embarcations non militaires, au Liban ou à Gaza ». « C'est comme si Tel-Aviv essaie d'exterminer ses voisins en oubliant que nous sommes à l'ère de la communication et des satellites. »
L'Option libanaise, qui a tenu hier une réunion sous la présidence de M. Ahmad el-Assaad, a comparé l'attaque de lundi « aux crimes nazis contre l'humanité et les juifs », avant de relever « que la victime est aujourd'hui devenue un bourreau » et que « l'attaque contre la flottille a effacé des mémoires les images de l'holocauste ».
Dans les milieux religieux aussi, la dénonciation était vive. Le patriarche melkite, Mgr Grégoire III Lahham, a rendu un vibrant hommage aux militants pacifistes attaqués, dont notamment l'évêque Hilarion Kabouji, et a invité les chefs arabes à œuvrer pour sceller l'unité interpalestinienne et interarabe, ce qui permettra, selon lui, de faciliter une solution au conflit sanglant dans la région. Estimant que les condamnations ne sont plus suffisantes, Mgr Lahham a demandé aux dirigeants arabes de multiplier les efforts auprès des États occidentaux « pour pousser Israël à la paix ».
Le Conseil supérieur de la communautré évangélique au Liban et en Syrie a aussi salué les militants et exhorté « les forces œuvrant pour la paix et la liberté dans le monde à élever haut la voix pour dénoncer la nature de cette entitié raciste (Israël) qui poursuit ses agressions contre des civils et l'obliger à mettre fin à ses violations des droits de l'homme, ainsi qu'au blocus de Gaza ».
Les ulémas sunnites, qui ont tenu une réunion sous la présidence du mufti, cheikh Mohammad Rachid Kabbani, ont exhorté les dirigeants arabes de rompre leurs relations diplomatiques avec Israël, avant de dénoncer le soutien américain à l'État hébreu et d'inciter le Conseil de sécurité à assumer ses responsabilités.
Cheikh Kabbani a ensuite discuté de l'affaire de la flottille avec le nouvel ambassadeur d'Iran, Ghadanfar Rokon Abadi, qui a fait état d'une concordance de vues sur la nécessité de condamner cet acte criminel.
Réuni sous la présidence de son vice-président, cheikh Abdel Amir Kabalan, le Conseil supérieur chiite a jugé nécessaire d'« expulser l'ennemi sioniste de l'ONU et de l'obliger à lever le siège de Gaza ». Il a aussi appelé les Arabes à revoir leur politique concernant la cause palestinienne et a reproché au Conseil de sécurité de pratiquer la politique de deux poids deux mesures.

Flottille de la liberté : analyse beyrouthine de la position arabe

Par Khalil FLEYHANE | 04/06/2010
Dans les coulisses de la diplomatie Dans les milieux diplomatiques libanais, on se montre sceptique quant au sort de la décision des ministres arabes des Affaires étrangères de se rendre au Conseil de sécurité de l'ONU pour demander à Israël de lever le siège qu'il impose à Gaza. Dans l'absolu, les services diplomatiques libanais estiment que la décision arabe est bonne. Son problème, à leurs yeux, est qu'elle est inapplicable et irréaliste, dans la mesure où elle se heurtera assurément au veto américain.
Dans ces milieux, on souligne que la Maison-Blanche et le département d'État assurent un appui inconditionnel à l'attaque militaire israélienne contre la flottille de la liberté, bien que celle-ci soit en violation du droit humanitaire international et des droits de l'homme. On rappelle aussi dans ce même cadre qu'aucun responsable américain n'a critiqué l'agression israélienne et qu'entre ses deux alliés, Israël et la Turquie, principale victime dans cette attaque, Washington a choisi le premier.
Le refus du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de lever le siège imposé à Gaza n'est pas pour arranger les choses non plus. Les États-Unis soutiennent également Israël dans le maintien du blocus, sous prétexte qu'il empêche l'afflux de roquettes au Hamas. La raison principale est qu'il souhaite maintenir le siège pour l'utiliser comme atout lors des négociations avec les Palestiniens, ce que les Américains soutiennent.
Toujours dans ces mêmes milieux, on s'est dit consterné par le refus des pays arabes qui entretiennent des relations avec Israël de rompre celles-ci pour protester contre le comportement israélien à l'égard des Palestiniens. Selon des informations en provenance du Caire, un éminent ministre arabe aurait répondu en ces termes à son interlocuteur qui lui demandait, avant la tenue de la conférence ministérielle, de menacer de rompre les relations diplomatiques avec Tel-Aviv si celui-ci ne lève pas le blocus imposé à Gaza : « Vous voulez qu'on prenne position au sujet des rapports diplomatiques avec Israël alors que la Turquie, qui a eu des morts et des blessés sur les embarcataions, s'est contentée de rappeler son ambassadeur à Tel-Aviv ? »

Test décisif pour l’unité palestinienne, la cohésion arabe et la crédibilité de l’ONU

Par Émile Khoury | 04/06/2010
Le commentaire Un ancien ambassadeur du Liban souligne que si le massacre de la flottille ne réconcilie pas les Palestiniens, ne réunifie pas les Arabes face à Israël et ne pousse pas l'ONU à imposer ses résolutions, plus rien ne retiendrait Israël, lancé sur la voie des agressions, des violations des droits de l'homme et des spoliations.
Ce ne sont pas les communiqués de dénonciation des Arabes ou de la communauté internationale, les ruptures de relations diplomatiques, le retour à un boycott généralisé, les manifestations de masse avec drapeaux israéliens incendiés qui peuvent empêcher les sionistes de continuer à tenir tête au monde entier. Il faut trouver un moyen de les contraindre à se soumettre aux résolutions de l'ONU, aux préceptes de la conférence de Madrid et aux mécanismes de la feuille de route du quartette.
Dans ce cadre, les Arabes, et les parties qui les soutiennent, doivent fixer un terme précis à la réponse qu'Israël doit donner à leur initiative adoptée lors du sommet de Beyrouth, ainsi qu'à un processus de paix équitable par voie de négociations. Après quoi, ils sont tenus de proclamer l'état de guerre, qu'elle soit classique, avec ouverture de tous les fronts, ou de harcèlement, avec opérations à l'intérieur du territoire ennemi.
Ils doivent surtout se montrer assez convaincus eux-mêmes que la situation a totalement changé après le massacre pour en persuader les Américains. Seuls à pouvoir influer sur Israël, pour le porter d'abord à lever le blocus de Gaza, l'inciter ensuite à cesser les colonisations, et l'amener enfin à de véritables négociations de paix.
Cependant, Israël justifie le maintien de l'embargo par la crainte de la reprise de tirs intensifiés de roquettes, ou de missiles, sur ses localités à partir de Gaza. Il met à profit la division, le conflit, entre le Hamas et le Fateh pour soutenir qu'il ne trouve pas devant lui d'interlocuteur vraiment représentatif des Palestiniens pour négocier.
Allant au-delà des obstacles que l'actualité présente, l'ancien ambassadeur cité estime nécessaire d'enclencher, une fois pour toutes, le traitement global du conflit arabo-israélien, cause palestinienne en tête. À son avis, le fractionnement du problème d'ensemble serait improductif. Car c'est d'une paix complète, d'un package deal que découleraient la solution des différents litiges et le coup d'arrêt à l'extension du terrorisme, régional et même mondial, dont le terrorisme d'État qu'illustre le massacre des humanitaires en route pour Gaza. En même temps, la résistance et son armement n'auraient plus lieu d'être, ni au Liban avec le Hezbollah, ou encore avec les organisations palestiniennes d'obédience syrienne, ni dans les territoires palestiniens avec le Hamas.
À propos de ce dernier, il passe en réalité en premier. En effet, souligne le spécialiste, il est absolument nécessaire que ce mouvement se réconcilie pour de bon avec le Fateh pour faire front à Israël. Et pour que l'idée d'un État palestinien devienne vraiment viable. Les Arabes doivent pousser à la roue dans ce sens, tout en faisant un travail similaire sur eux-mêmes, pour unifier leurs vues et leurs projets par rapport à un Israël que les USA ne parviennent plus à contrôler. Et qui, dès lors, ne se contrôle plus, se déchaîne dans le crime, et le reste à l'avenant, sans aucun doute. Avec danger de guerre dévastatrice généralisée à la clé.
De son côté, un officiel met l'accent sur la nouvelle chance que le massacre de la flottille offre à la diplomatie américaine. Avant cet événement, elle avait dû ravaler son fiasco quant à l'arrêt des colonisations israéliennes et à la reprise de pourparlers directs israélo-palestiniens. Maintenant, forte d'une levée de boucliers mondiale sans précédent contre Israël, elle bénéficie d'un nouveau moyen de pression sur son allié récalcitrant. Il faut qu'elle en profite, en montrant à Israël, faits à l'appui, que seule une paix équitable peut assurer sa sécurité. 

Nouvelle donne : la Turquie s’invite dans le conflit israélo-arabe

Par Philippe Abi-Akl | 04/06/2010
L’éclairage Le sanglant assaut israélien contre le bâtiment turc de la flottille transportant dix tonnes d'aides à Gaza bouleverse en profondeur le tableau régional. Seul ami d'Israël au Moyen-Orient, la Turquie, puissance considérable, en devient d'un seul coup l'ennemi le plus virulent. Elle exige des excuses, des indemnisations et la levée du blocus frappant Gaza. Elle va encore plus loin en sommant l'État hébreu de changer de comportement, de renoncer à son impudente arrogance et de cesser de croire qu'il est le plus fort. Son admonestation frise même l'ultimatum, puisqu'elle prévient Israël de ne pas mettre sa patience à l'épreuve. Pour conclure que, consciente de l'importance de son rôle, comme de sa position, sur l'échiquier géopolitique ou stratégique militaire, elle ne permettra plus jamais à Israël de lui porter atteinte ni de la défier.
Un élément qui accentue la gravité des dangers qui planent sur la région. D'autant qu'Israël n'en démord pas et refuse de lever le blocus de Gaza. En affirmant qu'il ne peut pas permettre l'afflux, dans ce port, de navires bourrés d'armements iraniens destinés au Hamas. Netanyahu précise donc que sous aucun prétexte, sous aucune couverture, humanitaire ou autre, un bateau ne sera autorisé à accoster à Gaza. En se braquant de la sorte, il fait monter la tension de plusieurs crans. Pour beaucoup de diplomates et d'observateurs, en ripostant par le défi à la vague d'indignation mondiale, et aux pressions des Occidentaux, Américains en tête, le leader extrémiste du Likoud annonce une fuite en avant qui ne peut être qu'encore plus agressive. Les spéculations vont donc bon train : va-t-il déclencher une nouvelle guerre contre Gaza, va-t-il se tourner contre le Hezbollah, ordonner des frappes contre des sites nucléaires iraniens ou syriens ? Pour ces sources, Netanyahu n'a que deux choix. Ou il fait oublier le massacre de la flottille par un surcroît de violence. Ou il compte sur le temps pour que les choses se tassent petit à petit. À leur avis, cependant, du temps il n'en a pas beaucoup, car même son protecteur américain exige, par la voix du président Obama, une enquête rapide et claire.
Cependant, la question est de savoir dans quelle mesure les Américains peuvent empêcher un aventurisme sioniste guerrier. Plus avant, comment y réagiraient-ils, et pourraient-ils le bloquer, comme ils l'avaient fait lors de la guerre de juillet 2006 lancée contre le Liban, avant qu'il n'embrase la région tout entière. La réponse qui saute à l'esprit est que, dans les coulisses, les Américains, en concédant le droit exclusif d'enquête à Netanyahu, lui précisent fermement que le recours à la force militaire, où que cela soit et à quel degré que cela puisse être, est une ligne rouge absolue. Partant de là, aucune escalade débouchant sur l'explosion n'est autorisée.
Dans ces conditions, des diplomates pensent qu'après avoir fait le matamore pour sauver la face, Israël va tenter de redorer son image de marque en Occident, pour ne pas en perdre, ou en diminuer, le soutien. Une seule voie s'offre à lui : faciliter la mission de George Mitchell qui s'emploie à faire redémarrer les négociations bilatérales en base du principe d'un État palestinien, aux côtés de l'État hébreu. Pour rouvrir ensuite le volet syrien, avec reprise des pourparlers sur le Golan. Le Liban, pour sa part, veut être le dernier à signer un accord de paix. Il n'empêche que son dossier reste le plus facile à traiter en pratique, et Israël devrait lui rendre Chebaa, Kfarchouba et Ghajar avant toute négociation juridique de paix.
Cela étant, la situation se présente, dans son ensemble, comme une course contre la montre entre les éventuelles velléités bellicistes d'Israël, plus exactement du Likoud, et l'offensive US de détente pacifique redynamisée. Objectivement, après le massacre de la flottille, et surtout après la réaction d'Erdogan que les Israéliens sont en droit de redouter, l'avantage est dans le camp américain. D'autant qu'Israël reste sous la menace d'une enquête internationale, en sus des poursuites judiciaires que la Turquie engage contre lui. Aidé par les Américains, qui en font toutefois une monnaie d'échange, l'État hébreu se voit autorisé à se charger lui-même de l'enquête. Comme il l'avait fait après la guerre de juillet 2006, la commission Vinograd mise en place publiant ensuite des conclusions très critiques.
Retour, et arrivée, en Turquie. Au fil des ans et des déclarations germano-françaises, son projet d'intégrer l'Union européenne s'estompe fortement. Elle se tourne donc de plus en plus vers cet Orient qui a si longtemps constitué l'ossature de l'Empire ottoman. Elle y a d'autant plus sa place, en réalité, qu'elle y représente, en nombre et en potentiel, le plus important rassemblement musulman sunnite. Et elle se trouve, en outre, dirigée par un parti religieux, bien que non théocratique comme dans l'Iran chiite. Avec l'histoire de Gaza, elle peut désormais avancer autant de prétentions sur la carte centrale palestinienne que Moubarak d'Égypte, qui vient de faire rouvrir Rafah, ou qu'Assad de Syrie, qui héberge Mechaal, chef politique du Hamas.

"Et puis on a fait feu sur nous !"

publié le jeudi 3 juin 2010
Charlotte Noblet

 
Cinq Allemands rescapés, dont deux députées du Bundestag, se trouvaient sur le bateau turc de la flottille humanitaire sur lequel le commando israélien a tiré. Ils ont été expulsés hier vers Berlin par les autorités israéliennes.
« La brutalité des soldats israéliens était telle que nous avions l’impression d’être en situation de guerre », décrit Inge Höger, cinquante-neuf ans, hier midi à Berlin, juste après son rapatriement. La députée du parti de gauche, Die Linke, était à bord du ferry turc Mavi Marmara, une des six embarcations affrétées par l’organisation Free Gaza afin d’apporter de l’aide humanitaire à Gaza, malgré le blocus israélien imposé depuis 2007.
« une barbarie incroyable  ! »
« L’action commando menée à bord par les soldats israéliens a été d’une barbarie incroyable  ! Lundi soir, on comptait déjà seize morts et une cinquantaine de blessés parmi les 600 passagers des bateaux affrétés par Free Gaza », précise sa collègue Annette Groth, autre députée de Die Linke, également à bord du Mavi Marmara. « Les soldats israéliens se sont livrés à un acte de piraterie d’une violence inouïe en eaux internationales et envers un convoi d’aide humanitaire », dénonce également Norman Paech, soixante-douze ans, ancien député de Die Linke, lors de la même conférence de presse, hier midi, au Bundestag.
Aux côtés des trois députés, deux autres Allemands, rescapés et expulsés le matin même par les autorités israéliennes, sont venus témoigner  : Matthias Jochheim, président adjoint de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), et Nader El Sakka, président de la communauté palestinienne de Hambourg.
Ces cinq témoins directs de la tragédie qui s’est jouée au large des côtes de Gaza ont été dépossédés de leurs affaires personnelles. Ils apparaissent vêtus de simples T-shirts et chaussées de sandales ou de baskets. Dans une allure à mille lieux de l’image qu’ont voulu imposer initialement les autorités israéliennes qui n’ont pas hésité à les présenter comme une « armada de haine et de violence ». « La légitime défense invoquée par le gouvernement israélien n’a jamais eu lieu d’être », pointe Norman Paech. « Il n’y avait pas d’armes à bord », assure l’ex-député. « J’ai vu, dit-il, quelques militants réagir en se saisissant de bâtons de bois lorsque les soldats israéliens sont montés à bord, mais il n’avait même pas un couteau, même pas une barre de fer à opposer aux fusils mitrailleurs. » Et de montrer la taille des dits bâtons  : « Une cinquantaine de centimètres, pas plus. Et en face, des guerriers équipés de la tête aux pieds… »
Norman Paech déplore qu’on lui ait confisqué son appareil photo  : « Pour avoir une idée des soldats qui nous sont tombés dessus, explique-t-il, pensez aux images que vous connaissez d’Afghanistan ou d’Irak. C’était comparable  : une situation de guerre contre un convoi humanitaire. Et on a fait feu sur nous  ! »
Annette Groth et Inge Höger écoutent le témoignage de leur collègue. Comme la plupart des femmes à bord, les deux députées n’ont pas pu suivre toutes les opérations, enfermées une bonne partie de l’après-midi dans les cabines du ferry, aux étages inférieurs. « Nous avions enfilé les gilets de sauvetage, raconte Inge Höger. Nous ne savions pas ce qui se passait, si le ferry était déplacé. » Briser le silence sur le blocus de Gaza
« Nous nous attendions bien sûr à des contrôles », ajoute Annette Groth. Avant son départ, la responsable politique pour les droits de l’homme de Die Linke s’était expliquée sur les intentions de la flottille Free Gaza  : non seulement apporter de l’aide matérielle et humanitaire à Gaza en forçant le blocus, mais également briser le silence des médias et atteindre l’opinion publique afin de faire pression au niveau de la politique internationale et d’obtenir la levée du blocus israélien. « Il y avait une quarantaine de nationalités à bord. La communication était parfois difficile, mais les grandes lignes étaient claires  : les militants présents étaient pacifistes et voulaient agir en plein jour. Nous nous attendions à des contrôles mais pas à un tel sommet de brutalité  ! » Israël avait déclaré le port d’Ashdod comme zone militaire interdite d’accès. Le ministère des Affaires étrangères avait également recommandé aux citoyens allemands de ne pas participer à l’opération Free Gaza. « C’est pourquoi nous espérions augmenter la sécurité du convoi humanitaire par notre présence en jouant sur notre statut de parlementaires », explique Inge Höger. Après plusieurs heures d’incertitude, les deux députées interpellées par les autorités israéliennes furent autorisées à appeler des représentants de l’ambassade d’Allemagne, à 20 h 30, lundi soir.
« Nous avons finalement décidé de signer le “deportation paper” (acte d’expulsion) qui attestait de notre volonté de quitter le territoire israélien. C’était la seule manière d’assurer le suivi de l’information sur la tournure prise par les événements. » Le ton du récit de l’experte en désarmement de Die Linke traduit aussi, à ce moment, la difficulté qui fut la sienne de quitter ainsi ses compagnons de route restés, eux, aux mains des autorités israéliennes. Ces autres passagers étaient hier soir encore détenus dans la prison d’Al-Khiyam, dans le port d’Ashdod, donc interdite d’accès. D’autres, comme l’écrivain suédois Henning Mankell, seraient emprisonnés à Beerscheva, dans le désert du Néguev. Les traits tirés, les cinq rescapés revendiquaient, hier, le soutien de leur gouvernement comme de l’Union européenne  : « Nous sommes rentrés pour pouvoir mieux venir en aide à ceux qui sont restés prisonniers des forces israéliennes et nous demandons aux diplomates d’entrer en jeu au plus vite », déclare Annette Groth. Déjà, les premières réactions se sont fait entendre. Le ministre des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, s’est même prononcé en faveur de la levée du blocus israélien sur Gaza. « C’est un progrès par rapport à la position habituelle de l’Allemagne vis-à-vis de l’Israël », déclarait, hier soir, Gesine Lötzsch, nouvelle coprésidente du parti Die Linke. Elle précisait  : « La réaction de la chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, choquée par l’action commando, laisse bon espoir quant à la mise en place d’une commission d’enquête sur les événements. Mais il faut aller plus loin et porter le blocus criminel de Gaza à l’agenda politique. » Pour l’ex-député de Die Linke Norman Paech, qui suit de près le conflit au Proche-Orient depuis 1965, les gouvernements doivent faire enfin face à leurs responsabilités  : « La situation est dramatique, avec tous ces morts et ces blessés. Mais comme disait Johnson lors de la guerre du Vietnam, il faut parfois atteindre le pire pour obtenir le meilleur. De l’échec du convoi humanitaire doit maintenant naître la levée du blocus israélien. »

Les peuples des Etats-Unis et du monde doivent mettre fin à l’impunité d’Israël

publié le jeudi 3 juin 2010
Cynthia McKinney

Une fois de plus, Israël a envoyé promener la communauté internationale – avec des résultats sanglants – parce qu’il le peut.
Je suis scandalisée par la dernière attaque criminelle israélienne. Je pleure mes compagnons de Free Gaza, les vies volées par le comportement inutile et cruel d’Israël contre des militants humanitaires désarmés. Mais je suis encore plus scandalisée qu’une fois encore, les actions israéliennes aient été facilitées et soutenues par la classe politique étasunienne corrompue au-delà de l’imaginable à cause de sa dépendance du financement de ses campagnes électorales par le sionisme et de son infiltration par des fanatiques sionistes pour qui aucun système d’armement US n’est de trop beau pour la machine de guerre israélienne, et par le silence des observateurs rendus insensibles pour cause d’indifférence.
J’ai récemment visité les bureaux d’IHH, l’organisation humanitaire turque qui a financé la flottille de la liberté, et qui a été visée par le raid meurtrier des Israéliens. Des nouvelles nous parviennent encore sur l’ampleur de la violence israélienne. Bien entendu, je m’attends à voir les défenseurs d’Israël dans la presse et au sein du gouvernement des Etats-Unis monter au front pour soutenir la machine de propagande israélienne. Retenez les noms. Les 12.000 trolls embauchés par le Ministère des Relations Extérieures Israélien pour défendre Israël et attaquer les militants pacifistes en ligne sont déjà à l’oeuvre et disséminent leur désinformation orchestrée dans le cyberespace. Soyez attentifs à ce que vous lirez dans la presse et sur Internet et qui pourrait être rédigé par des intérêts particuliers. Vous pourriez être en train de lire la prose d’un de ces hommes de main embauchés par Israël. Pour détourner l’attention sur cette affaire, je m’attends à voir aussi à la télévision une débauche de documentaires commémoratifs sur les atrocités de la guerre : aujourd’hui, c’est Memorial Day aux Etats-Unis, une journée de commémoration des sacrifices faites par les soldats US.
J’ai encouragé et soutenu la participation à la flottille du vétéran du (navire) USS Liberty, Joe Meador. Malheureusement, les membres de la flottille ont connu le même sort que les innocents du USS Liberty dans les eaux internationales, principalement à cause de la complicité du Congrès, et aussi de celle de la Présidence, pour étouffer l’attaque israélienne en 1967 contre un navire de surveillance US. Le tout combiné avec l’impuissance à poursuivre Israël pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre, génocide et crimes contre la paix. La Belgique et l’Espagne ont modifié leurs lois sur la juridiction universelle à la suite de pressions israéliennes. Toute la clique israélienne qui joue aux chaises musicales au pouvoir est composée de criminels de guerre. Pendant mon emprisonnement à Gaza, j’ai qualifié Israël d’état en faillite (failed state). Si Israël se sent menacé par les militants pacifistes humanitaires, désarmés, au point de les massacrer, alors Israël est un état en faillite. Israël est un état en faillite nucléarisé.
Le dernier cadeau d’Obama de 205 millions de dollars supplémentaires à Israël pour un « système de défense antimissile » est une mesure inique alors qu’au cours de la même semaine on apprenait qu’Israël avait offert des armes nucléaires à l’Afrique du Sud de l’apartheid. La semaine dernière, un document signé par l’ancien Premier ministre israélien Shimon Peres a été publié en Afrique du Sud et révélait qu’en 1975, Israël pouvait offrir à l’Afrique du Sud des armes nucléaires en « trois tailles différentes ». Le document était destiné au ministre de la défense sud-africain de l’époque, P.W. Botha. Cette information devrait ridiculiser toute l’administration Obama lorsqu’elle accuse l’Iran. Mais le soutien US à la politique sanguinaire israélienne est mortellement solide. Avec un résultat mortel.
Au mois de mai (2010), Israël est devenu membre de l’OCDE, ce qui constitue un camouflet aux efforts de Boycott, Désinvestissement et de Sanctions (BDS) partout dans le monde. Une fois de plus, Israël a envoyé promener la communauté internationale – avec des résultats sanglants – parce qu’il le peut.
Je suis fière de participer au Bertrand Russel Tribunal sur la Palestine. Sa prochaine session se tiendra à Londres, où nous examinerons les complicités des entreprises dans les crimes israéliens commis contre la Palestine. Le Tribunal siégera du 5 au 7 novembre. Notez la date. Nous devons tous faire tout ce que nous pouvons, là où nous sommes, pour mettre fin aux guerres contre les populations à domicile et aux guerres contre les droits de l’homme à l’étranger.
Pour finir, un ami vient de m’envoyer un message indiquant que les Israéliens ont perdu la tête. Malheureusement, si je me fie au passé, les Israéliens pourraient très bien arriver à la conclusion qu’ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent – m’emprisonner pour tenter d’apporter un peu d’amour aux enfants de Gaza et tuer des militants humanitaires qui font de même – parce qu’ils savent, au final, qu’ils s’en tireront. Il me semble que c’est nous qui avons perdu la tête, notre âme, nos esprits et notre dignité humaine si nous permettons aux israéliens de s’en sortir avec le meurtre – une fois de plus – sans rien faire.
Je lance un appel au peuple américain pour changer dés maintenant le cours des choses.
En ce jour de Memorial Day, je suis abasourdie et scandalisée au-delà de tout, tandis que je pleure les morts de la Flottille de la Liberté pour Gaza.

"Notre honte n’en sera que plus lourde"

publié le jeudi 3 juin 2010
David Grossman

 
Dans un texte pour le Nouvel Observateur, l’écrivain israélien David Grossman dénonce l’attitude de l’Etat hébreu lors du raid contre la flottille : "faut-il qu’un pays soit en proie à la peur, à la confusion, à la panique pour agir de la sorte !"
Rien ne peut justifier ou absoudre le crime qui vient d’être commis. Aucune excuse ne peut motiver l’action stupide du gouvernement et de l’armée. Israël n’a pas envoyé ses soldats tuer des civils de sang froid, c’était même la dernière chose qu’il souhaitait. Et pourtant, une petite association turque, aux conceptions religieuses fanatiques, radicalement hostile à notre pays, a pu gagner à sa cause plusieurs centaines de défenseurs de la paix et de la justice et attirer l’Etat hébreu dans un piège, précisément parce qu’elle savait comment il allait répondre, tant son comportement est prévisible, tel un pantin dont il suffit d’actionner les fils pour le manœuvrer.
Faut-il qu’un pays soit en proie à la peur, à la confusion, à la panique pour agir de la sorte ! En déployant une force militaire disproportionnée, en n’anticipant pas la véhémence de la réaction des passagers, Israël a causé la mort de civils, de surcroît, hors de ses eaux territoriales, comme si ses soldats n’étaient qu’une bande de pirates. Cela ne signifie pas pour autant que nous soutenons les buts, affichés, sous-jacents, parfois malveillants, de ceux qui ont pris part à cette équipée. Ces gens n’obéissaient pas tous à des motifs humanitaires ou pacifistes, comme le prouvent les déclarations de certains d’entre eux appelant à la destruction d’Israël. Mais ce constat importe peu aujourd’hui : de telles opinions ne méritent pas, que je sache, la peine de mort.
L’opération lancée lundi par Israël s’inscrit dans la suite logique du blocus honteux de Gaza qui, à son tour, ne fait que refléter une approche brutale et arrogante. Pour obtenir la libération d’un seul de ses soldats prisonnier, aussi aimé et précieux soit-il, le gouvernement israélien est prêt à punir un million et demi de Palestiniens innocents. Ce siège n’est que la conséquence encore une fois directe d’une politique rigide et maladroite qui, par défaut, ne repose que sur l’usage excessif de la force, au moment où il faudrait faire preuve de sagesse et de sensibilité.
Toutes ces calamités –les événements dramatiques de lundi compris- semblent être les symptômes du mal plus large qui frappe Israël. Confronté à des défis de plus en plus graves et complexes, notre classe politique à bout de souffle se montre à chaque fois plus inflexible. Elle est pourtant pleinement consciente que ses actions ont eu, au fil des années, des effets désastreux et l’ont plongé dans un inextricable imbroglio. Mais elle a perdu ce qui faisait la caractéristique d’Israël et de ses dirigeants : un mélange de créativité, d’originalité, de vivacité.
Le blocus de Gaza a échoué. Cela fait déjà plus de quatre ans qu’il ne fonctionne plus. Il n’est pas devenu simplement immoral, mais aussi impraticable. Il ne fait qu’empirer la situation et va à l’encontre des intérêts vitaux d’Israël. Les crimes du Hamas, qui a tiré des milliers de missiles sur les villes et villages israéliens, qui détient depuis quatre ans le soldat Gilad Shalit, sans même avoir permis une seule fois à la Croix Rouge de lui rendre visite, doivent être fermement combattus avec tous les moyens légaux dont dispose un Etat souverain. Maintenir en état de siège une population civile n’en fait pas partie.
Je voudrais croire que le choc provoqué par cette attaque violente conduira notre gouvernement à mettre fin aux souffrances des Palestiniens, à reconsidérer l’idée même d’un blocus et à débarrasser Israël de cette souillure morale. Mais dans cette région tragique, nous savons par expérience que le contraire se produira, que nous serons à nouveau entraîné dans un cycle de haine, de vengeance, de violence d’une amplitude encore inconnue. Plus que tout, cette opération insensée donne la mesure du déclin d’Israël. Inutile de le démontrer. Chacun peut le voir avec ses propres yeux. Déjà, certains parmi nous tentent de justifier l’injustifiable et de faire endosser au reste du monde la culpabilité d’Israël. Notre honte n’en sera que plus lourde à porter.
Figure du camp de la paix en Israël, David Grossman est l’auteur de nombreux romans et essais politiques dont "Les exilés de la Terre promise". Son fils Uri a été tué lors de la dernière guerre du Liban. Dernier livre paru : "Dans la peau de Gisela" (Seuil, 2008)
Ce texte de David Grossman a été publié également en hébreu dans le quotidien israélien Haaretz mercredi 2 juin 2010

La Suède boycotte les activités sportives de l’occupation après le massacre de la flottille Liberté

[ 03/06/2010 - 10:05 ]
Al Nassera- CPI

Le journal sioniste Haaretz a rapporté que l’union de football suédoise a annoncé son intention de boycotter les activités sportives programmées d’être organisées dans l’entité sioniste, dont un match de football officiel entre les deux cotés, suite au massacre de l’armée israélienne contre les bateaux de la flotte internationale «Liberté».
Le journal a indiqué dans son édition de mercredi que l’union suédoise de football a demandé à l’union européenne de football qu’elle a décidé de ne pas envoyer son équipe nationale des jeunes vers l’entité israélienne, en réponse au massacre de l’armée israélienne contre la flottille «Liberté».
Haaretz a publié que le président de l'Agence suédoise de football, Lars Acai Ajrl a dit : "Comme tous les êtres humains, nous nous opposons fermement à l'utilisation de la violence, et qu'on a été choqué par ce que nous avons vu".

L’occupation approuve officiellement l’exécution du crime solennel contre la Flottille

[ 03/06/2010 - 10:15 ]
Al Nassera - CPI

L’occupation israélienne a approuvé officiellement qu’elle a commis le crime très flagrant contre les humanitaires pacifistes de la Flottille «Liberté», en tuant plus 19 militants pro-palestiniens et blessant des dizaines d'autres.
Le ministre de la guerre sioniste, Ehud Barak, a salué l’héroïsme des forces de la marine israélienne qui ont exécuté l’assaut criminel contre la Flottille, en les rassurant que leur gouvernement et leurs dirigeants sont totalement satisfaits de leur mission nationale contre la Flottille internationale qui se dirigeait vers la bande de Gaza pour accomplir un acte humanitaire et noble.
«Nos soldats ont exécuté précisément ce qu’on leur a ordonné», a souligné Barak en saluant les commandos de la marine qui ont perpétré le crime très flagrant contre les activistes internationaux, civils et isolés, dans les eaux territoriales internationales, en leurs disant : «Je suis venu pour vous remercier de votre mission nationale». 

L’occupation libère 5 captifs palestiniens de la prison de Néguev

[ 03/06/2010 - 11:37 ]
Naplouse - CPI

Le centre palestinien d’Al Ahrar, chargé des études des captifs et des droits de l’homme a rapporté que l’occupation a libéré 5 captifs palestiniens de la prison de Néguev après la fin de leur peine illégale.
Le centre a dit, le jeudi 3/6, que la direction des prisons sionistes a libéré 5 détenus palestiniens qui ont fini leur jugement illégal.
De sa part, le directeur du centre, Fouad Al Khafache a félicité les captifs libérés, en espérant que tous les captifs soient libérés des prisons de l’occupation.

Blair reconnaît l'échec du blocus contre Gaza

[ 03/06/2010 - 11:32 ]
Bethléem - CPI

L’émissaire du Quartette pour le Moyen-Orient, Tony Blair, a reconnu l’échec de la politique de punition collective de l’occupation israélienne contre les habitants de la Bande de Gaza, qui dure depuis plus de 4 ans consécutifs, en soulignant que les résultats étaient tout à fait contraires et négatifs de ce qu'on attendait, en indiquant que cela n’aboutira jamais à la libération de Gilad Chalit.
«Le blocus a résulté à d’autres effets inattendus, et qu'Israël doit autoriser l’acheminement des matières de construction, la réparation des infrastructures comme le réseau des égouts, d’électricité, des ressources d’eaux, ainsi que l’amélioration des investissements», a souligné Blair.
En approuvant que le blocus sioniste n’a pas influé sur le pouvoir du Hamas qui a été élu d’une manière démocratique et a remporté les élections palestiniennes libres et transparentes, Blair a souligné que les habitants civils sont les seuls qui ont payé le prix lourd du blocus sioniste qui continue de les frapper cruellement, en violant la loi internationale et les droits de l'homme.

Ban Ki-moon appelle l’occupation à lever immédiatement le blocus contre Gaza

[ 03/06/2010 - 12:06 ]
Gaza - CPI

 Le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon a appelé le gouvernement de l’occupation israélienne à lever son embargo arbitraire imposé injustement depuis plus de 4 ans consécutifs contre les habitants de la Bande de Gaza.
«Le blocus est une violation et erreur insupportables», a souligné Ban Ki-moon, en ajoutant qu’Israël doit donner une clarification totale et détaillée de son assaut contre la Flottille internationale des activistes et militants humanitaires.
Ban s’est exprimé devant les journalistes, à New York, après son retour d’une visite au Brésil, le Malawi et l'Ouganda, le mercredi soir 2/6.
En annonçant qu’il va décréter une décision pour la création d’une commission indépendante, afin d’enquêter sur l’attaque sanglante de l’occupation israélienne contre la flottille internationale, Ban Ki-moon a souligné que toutes les parties concernées devront assumer leur responsabilité conformément à la loi internationale.
«Si l’occupation avait accepté les appels de l’Onu en demandant l’acheminement des aides humanitaires et des matières de construction présentées par les pays donateurs, cet assaut de la marine israélienne contre la flottille ne serait pas déroulé», a protesté Ban Ki-moon contre le blocus sioniste illégal.

40% des norvégiens boycottent les produits de l'entité sioniste

[ 03/06/2010 - 12:21 ]
Al-Nassera – CPI

Plus de 40% des norvégiens ont annoncé leur désir et intention de boycotter les produits sionistes, selon un sondage publié au Norvège après le massacre perpétré par les forces occupantes contre la flottille "Liberté" et les solidaires qui l'accompagnaient dans les eaux internationales.
Le journal hébreu "Yediot Ahronot" a publié dans son édition de mercredi 2/6, que le sondage organisé au Norvège, durant les deux derniers jours, dont ses résultats ont été publiés dans un journal local, ont montré que 33.5% des citoyens norvégiens ont l'intention de boycotter les produits sionistes, alors 9.5 autres ont commencé de boycotter ces produits.
Le journal a souligné que la ministre norvégienne de la santé, qui est également chef du parti de la gauche nationaliste, avait appelé la communauté internationale à boycotter tout achat ou vente d'armes avec l'entité sioniste.

Des avocats égyptiens appellent le Caire à renoncer à l'accord des passages avec l'occupation

[ 03/06/2010 - 12:40 ]
Le Caire – CPI

Lors d'une protestation contre le massacre sauvage des forces sionistes envers la flottille "Liberté", le comité des affaires politiques au syndicat des avocats égyptiens a organisé une marche devant son siège, au Caire, en demandant au gouvernement égyptien de renoncer à l'accord des passages avec l'occupation qui assiège le peuple palestinien dans la Bande de Gaza.
Dans ses déclaration de presse, le journaliste égyptien spécialiste aux affaires palestiniennes, Ibrahim al-Daroui a dit, le mercredi 2/6, qu'un communiqué a été publié lors de cette marche en appelant le gouvernement égyptien à renoncer à l'accord des passages utilisé pour encercler Gaza, ainsi que l'autorisation au ramassage des dons pour soutenir le peuple palestinien.
Le communiqué a salué le pas du président Mohamed Hosni Moubarak en autorisant l'ouverture du passage de Rafah, tout en demandant également le tirer de l'ambassadeur égyptien, à Tel-Aviv, et l'expulsion de son homologue sioniste au Caire.
Les avocats ont remercié le premier ministre turc, Recep Tayyeb Erdogan pour ses positions envers la question palestinienne, en l'appelant à accentuer ses efforts pour soutenir les Palestiniens, tout en appelant les pays islamiques à présenter une demande urgente à l'ONU pour expulser l'ambassadeur sioniste.

Hanine Zoabi attaque l'entité sioniste de l'intérieur de la Knesset

[ 03/06/2010 - 13:45 ]
Al-Qods occupée – CPI

La direction de la Knesset sioniste a décidé de désigner des gardes corps pour protéger la députée du parti Balad (Alliance nationale démocratique), Hanine Zoabi, après qu'elle a reçu des menaces d'assassinat et son exposition aux attaques de certains membres d'extrême droite à la Knesset sioniste à cause de sa participation à la flottille "Liberté".
Le bureau de la députée Hanine Zoabi a dit qu'on a reçu des dizaines de messages électroniques et de contacts téléphoniques qui appellent à sa mort ainsi que les membres de sa famille après sa participation avec les solidaires à la flottille "Liberté".
Zoabi s'est exposé aux attaques et aux provocations de plusieurs membres de la Knesset sioniste lorsqu'elle prononçait son discours, le mercredi 2/6, dans l'une des violentes séances de la Knesset depuis plusieurs années, notamment après qu'elle a qualifié le massacre d'un acte criminel et de piraterie.
Elle a affirmé que les menaces et les provocations sionistes ne peuvent pas l'empêcher de faire son devoir national et humain, en disant : "Je participerai, de nouveau, à la flottille de la liberté malgré tous les actes racistes.
Hanine Zoabi, 41 ans, l'une des 12 membres des arabes de 1948 à la Knesset sioniste, a été sur l'un des bateaux de la flottille qui transportaient des aides humanitaires, et a été enlevée et emprisonnée par les forces occupantes avant de la libérer à cause de son immunité.
Des députés de certains blocs parlementaires sionistes dont le Kadima, le parti travailliste et le Likoud ont participé à cette provocation contre Zoabi en l'insultant et la qualifiant de terroriste et appelant à l'expulser hors de la Palestine.

Nacef : le massacre sioniste contre la flottille est un terrorisme contre la liberté

[ 03/06/2010 - 14:23 ]
Al Qods occupée - CPI

Le dirigeant du Hamas en Cisjordanie qui souffre dans les prisons sionistes, Raafat Nacef, a condamné d’un ton très ferme le crime très sanglant perpétré par la marine israélienne contre les pacifistes humanitaires internationaux qui se dirigeaient dans la mer méditerranée vers Gaza.
«L’assaut israélien contre la Flottille «Liberté» est un crime très flagrant contre la voix libre internationale en solidarité avec le peuple palestinien», a souligné Nacef en qualifiant l’assaut criminel de sauvage, terroriste, raciste et néonazie qui vise à paralyser le soutien international aux droits légitimes et humains des habitants de la Bande de Gaza totalement assiégés.
Dans un communiqué qui a été envoyé, aujourd’hui jeudi 3/6, de sa prison, Nacef a affirmé qu’on ne peut pas cesser ces crimes sauvages de l’occupation israélienne que par son boycottage et son isolement et que la communauté internationale doit presser sur lui.
«Ce crime très flagrant, sauvage qui a dépassé toutes les limites va rester une honte pour la communauté internationale, notamment les Etats-Unis, les pays arabes et islamiques, ainsi que  l’union Européenne qui devront tous assumer leur responsabilité éthique, politique et humaine pour cesser les violations et crimes barbares de l’ennemi occupant contre toute l’humanité, et de renforcer la justice en emmenant les dirigeants coupables sionistes vers la cour pénale internationale», a souligné Nacef.

Gül : "Israël" a commis une grande erreur et la regrettera

[ 04/06/2010 - 01:48 ]
Istanbul – CPI

Le président de la république turc Abdullah Gül, dans un communiqué, dit que les relations de son pays avec "Israël" ne seront plus comme elles étaient avant l’attaque israélienne menée contre la flottille internationale « La liberté » dans les eaux internationales.
La Turquie ne pardonnera jamais l’agression sioniste contre des citoyens turcs. L’Entité sioniste a commis l’erreur la plus énorme de sa vie. Elle s’en rendra compte et la regrettera.
Le monde entier a reçu la nouvelle de cette agression sioniste, tout le monde est en colère, tout le monde a bien compris comment "Israël" vise l’humanité, dit-il.
Les relations de la Turquie avec "Israël" ne seront jamais comme avant. L’agression israélienne a laissé des effets nocifs irréparables.
Le président turc a insisté à dire qu’il ne parlait pas sous l’effet de l’émotion et qu’il mesurait ses paroles.
Il a aussi insisté à dire que le problème ne se trouve pas entre la Turquie et "Israël" ; le problème est entre "Israël" et le monde entier. Le problème a pris un autre sens, après que les Israéliens ont tué des citoyens turcs.

L’évêque Kabouchi a été le sujet d’une agression sioniste

[ 04/06/2010 - 01:52 ]
Damas – CPI

La délégation syrienne qui avait participé dans la flottille internationale « La liberté » est revenue en Syrie après trois jours de détention. Ses membres disent qu’ils ont été agressés par les occupants israéliens.
Les quatre membres de la délégation syrienne sont arrivés dans leur pays, via la Jordanie, hier jeudi 3 juin 2010. Parmi eux se trouve l’évêque de la ville d'Al-Quds, exilé, Kabouchi.
Dans des déclarations de presse, l’évêque dit qu’il a été le sujet d’agressions comme les autres solidaires : « Un soldat a même tenté de me jeter par terre ».
Les occupants israéliens ont montré leur vrai visage, fasciste. Et cela était l’intention des solidaires.
La force sioniste est relative. "Israël" n’est pas forte. Elle a l’air si forte parce que nous sommes faibles, c’est tout. Les Palestiniens devront s’unir pour reprendre leurs droits.
La solidaire syrienne Chatha Barakat, 45 ans, dit pour sa part que l’armée israélienne a jeté des citoyens turcs dans la mer après les avoir tués.

Arrivée à Paris de six Français de la Flottille

Publié le 3-06-2010

Six des Français de Free Gaza enlevés en haute mer puis séquestrés par l’armée israélienne sont arrivés jeudi après-midi à Paris. Un septième, Youssef Benderbal, avait été libéré plus tôt par les Israéliens, et était arrivé mercredi. Voici un compte-rendu de l’AFP sur les déclarations faites par nos camarades jeudi à Paris.

Flottille : les 6 Français fustigent Tsahal
Six militants français propalestiniens, qui étaient sur les bateaux arraisonnés lundi par la marine israélienne au large de Gaza, ont fustigé, ce soir à leur arrivée à Paris, l’assaut des commandos israéliens "extrêmement violent et disproportionné".
Ces six Français - cinq membres Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP) et un de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP) - sont arrivés à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle en deux avions différents.
Salah Berbagui, Mounia Cherif et Miloud Zenasni ont débarqué vers 16H45 d’un vol de la compagnie Turkish Airlines, en provenance d’Istanbul. Ahmed Oumimoun, Mouloud Bouzidi et Thomas Sommer-Houdeville sont arrivés deux heures plus tard à bord d’un vol d’une compagnie grecque venu d’Athènes. Ils avaient tous été expulsés d’Israël hier soir après que leurs bateaux eurent été arraisonnés par des militaires israéliens au large de Gaza. "Ils n’ont respecté aucune règle (...) Ils nous ont enlevés dans les eaux internationales", a déclaré Mounia Cherif, âgée d’une vingtaine d’années. "Ils nous ont frappés avec des matraques, des Taser", a souligné la jeune femme domiciliée en Seine-Saint-Denis et membre du CBSP.
Salah Berbagui, 38 ans, responsable du CBSP de Lyon, a qualifié l’assaut d’"extrêmement violent et disproportionné". "Il n’ont pas tiré à balles réelles, mais c’était quand même violent", a précisé Thomas Sommer-Houdeville, du CCIPPP.
Selon un bilan de l’armée israélienne, l’opération a fait neuf morts, tous des passagers civils, et sept blessés dans les rangs de Tsahal. Les militants tués sont huit Turcs et un Américain d’origine turque, tous morts par balle, dont un à bout portant, selon des médecins légistes turcs. AFP
CAPJPO-EuroPalestine

Morts inconnus, blessés inconnus : Israel refuse de donner les noms et notre gouvernement ne les demande pas

Publié le 3-06-2010

Quatre jours après le massacre de civils à bord du Marmara, on ne connait ni le nombre exact, ni l’identité des personnes tuées ou blessées lors de cet assaut israélien meurtrier. Mais qui exige ces informations ? Nous manifesterons aujourd’hui pour avoir le droit de mettre un nom et un visage sur ces courageuses victimes du terrorisme israélien.

Intolérable ! Quel mépris pour ces hommes et femmes qui ont eu le courage de faire ce que nos gouvernements ne font pas et qui sont mortes pour la liberté et le droit, parce que nos dirigeants se foutent du droit, de la liberté et de l’avenir de notre société.
Donc ce sont actuellement des morts et des blessés anonymes. Ils n’ont ni failles, ni amis, n’est-ce pas ? En fait, ils n’existent pas ! Circulez, il n’y a rien à voir !
Pensez-vous que les partis, les médias posent la question ?
Non, ils préfèrent relayer la propagande israélienne, osent demander à Israël de mener une enquête "indépendante" et "transparente" ! Eh ben voyons, c’est normal. C’est toujours au meurtrier que l’on demande d’enquêter sur son propre crime, non ?
Nous voulons des noms, des photos. Nous voulons saluer le courage de ces hommes et ces femmes qui ont perdu la vie pour nous tous, pour l’exigence de liberté, pour l’exigence de justice. Nous voulons leur rendre hommage. Nos politiciens sont des lâches, qui n’exigent même pas cela de leur "ami" israélien. Honte à eux !
Aujourd’hui, nous manifesterons avec les cercueils des victimes inconnues, de ces martyrs de la liberté, pour exiger de connaître leur identité exacte et savoir qui nous devons remercier d’avoir donné sa vie pour l’honneur de l’humanité.
Rejoignez-nous à 18 H sur le Boulevard St Michel, à la sortie du M°-RER Luxembourg (angle Bd. St Michel et rue Gay Lussac. En face du jardin du Luxembourg) !
CAPJPO-EuroPalestine