jeudi 15 avril 2010

L’épuisement et la perte de sa légitimité sont les plus grandes menaces pour Israël

mercredi 14 avril 2010 - 16h:41
Wadii Aawawda - Al Jazeera
L’étude sur la sécurité nationale, présentée lors de la dixième conférence d’Herzeliya (Israël), montre qu’Israël fait face aujourd’hui à des dangers stratégiques dus au développement de la résistance arabo-islamique. Le but de cette résistance est « l’épuisement et l’effondrement » d’Israël à travers des campagnes visant à lui enlever sa légitimité dans le monde.
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Soldat israélien blessé au Liban, juillet 2006 - Le Hizbollah a remis les pendules à l’heure en démontrant la faiblesse des troupes israéliennes sur le terrain face à une résistance arabe organisée et déterminée.
L’étude publiée par l’Institut de sécurité « Raout » - institut d’études créé en 2004 dont la mission est de conseiller les décideurs - affirme que les dernières guerres du Liban et de Gaza ont révélé un grand danger pour la légitimité d’Israël dans le monde.
A cause de son alliance avec les Etats-Unis, de ses rapports privilégiés avec les principaux Etats européens et de la paix avec l’Egypte et la Jordanie, Israël s’expose aujourd’hui à de dures campagnes dans le monde, y compris dans des Etats amis.
Boycott mondial
L’étude - à la préparation de laquelle ont participé de nombreux experts - indique qu’Israël est exposé à des opérations diaboliques qui cristallisent la menace de la dépossession de son droit à l’existence.
Pour preuve de cela, on cite les tentatives de boycott académique en Angleterre contre Israël et le boycott académique et économique dans certains pays européens, tandis que le rapport de Richard Goldstone (à propos de la guerre contre Gaza) marque le couronnement de ces campagnes.
Les auteurs de l’étude attirent l’attention sur les conséquences stratégiques résultant de la dégradation de la position d’Israël : la contraction de sa capacité de manœuvre dans l’utilisation de la force militaire, l’augmentation de l’intervention internationale dans les affaires concernant la situation des citoyens arabes israéliens et l’activité de tribunaux internationaux contre des Israéliens causant ainsi des tensions diplomatiques.
On pourrait penser qu’à priori les dangers et les défis auxquels fait face Israël paraissent anciens, mais par le passé également, il lui était difficile de consolider les acquis obtenus lors d’affrontements militaires, de même que le pays s’était exposé à de violentes critiques allant jusqu’à faire douter de sa légitimité, comme la décision des Nations-Unies en 1975 assimilant le sionisme au racisme.
Israël se trouve aujourd’hui devant un défi stratégique existentiel nouveau résultant de deux démarches coordonnées venant à maturité l’année dernière : la résistance arabo-islamique adopte une stratégie de l’épuisement d’Israël, pour aboutir à son effondrement, en utilisant plusieurs moyens : maintenir les charges qui pèsent sur Israël tout en les augmentant, développer une théorie de combat sur les fronts militaire et civil en tenant compte des rapports de forces inégales et enfin enlever à ce pays sa légitimité.
Les auteurs de l’étude observent que la résistance a remplacé ces dernières années le « discours de la destruction » direct basé sur l’invasion militaire, par le « discours de l’épuisement ». Ce dernier discours vise l’effondrement d’Israël de l’intérieur, par l’augmentation de la tension dans la société israélienne qui l’entraînerait à une guerre civile entre orientaux et occidentaux, faucons et colombes, religieux et séculaires ou juifs et arabes.
Exemples mondiaux
Le « discours de l’épuisement » a commencé en 1970 après l’échec de l’affrontement direct avec Israël, mais, dernièrement, ce discours a pris un nouveau départ qui s’est traduit par une série de lignes de conduite qui ont commencé à porter leur fruit.
Pour preuve du danger engendré par la stratégie de l’épuisement, l’étude présente des exemples de pays qui se sont effondrés suite à la perte de leurs assises politique et économique, comme l’Afrique du Sud, l’Union Soviétique et l’Allemagne de l’Est.
Et la prolongation (de la stratégique de l’épuisement) est la raison centrale de l’effondrement de ces pays qui s’est produit après un manque évident de l’équilibre entre les ressources et les besoins ou entre l’idéologie et la réalité.
Prolongation (de la stratégie de l’épuisement) et défis
Le sionisme fait face à cette stratégie depuis la guerre de 1967 qui a creusé un fossé entre ses valeurs traditionnelles appelant à un Etat juif démocratique et la réalité : l’occupation (de terres arabes) et la situation démographique qui en résulte.
L’étude signale également que la résistance a transformé l’occupation israélienne de fardeau en acquis pour elle : l’Organisation de libération (de la Palestine) a commencé à étayer sa nouvelle stratégie en 1974. Et certains voient dans les accords d’Oslo une des couvertures de cette nouvelle stratégie, la reconnaissance d’Israël par les Palestiniens (mentionnée dans ces accords) ne signifiant pas celle de son droit à l’existence.
Une autre démarche dangereuse se cristallise autour de la dé-légitimation d’Israël dans le monde, dans le but de le transformer en Etat atteint de la lèpre (symbole du mal envahissant), Etat qui finira par disparaître. Cette démarche fait découvrir la faiblesse du dispositif d’information israélien à destination de l’extérieur.
La menace contre le droit d’Israël à l’existence, représentée par la suppression de sa légitimité essentielle, représente l’un des défis principaux qui se posent à lui après 70 ans.
Cette menace est le produit des deux conduites mentionnées qui provoquent par leur interaction et leur alimentation une situation politique et diplomatique explosive qui peut se transformer en danger existentiel dans quelques années.
Méthodes de protection
L’étude - qui se base sur une enquête auprès de cent experts israéliens et étrangers et des enquêtes en Europe - montre clairement que la résistance (arabo-musulmane) agit aujourd’hui selon le « discours de l’épuisement » en relation avec les attaques politiques et économiques contre Israël.
Cette action vise à épuiser continuellement Israël afin de lui rendre le fardeau de l’occupation de plus en plus lourd et à lui enlever sa légitimité, en lui livrant une guerre de harcèlement sur le front intérieur, et tout ceci pour contrebalancer la supériorité militaire et technologique israéliennes.
L’étude insiste sur le fait que la résistance n’attend pas la fin de l’occupation israélienne de la Cisjordanie, mais elle utilise la cause palestinienne comme un moyen de se débarrasser d’Israël ; c’est pour cela que la création d’un Etat palestinien et la fin du conflit avec les Palestiniens n’arrêteront pas la démarche de la résistance visant à enlever sa légitimité à Israël.
Il est probable que la résistance arabe utilisera à l’avenir, si le règlement des deux Etats (palestinien et israélien) aboutissait malgré elle, d’autres arguments pour ébranler la légitimité d’Israël de l’intérieur et de l’extérieur comme : les Palestiniens de l’intérieur, l’arme nucléaire israélienne ou l’application des règlements relatifs aux Lieux Saints.
Pour relever les nouveaux défis, les auteurs de l’étude appellent Israël à s’appuyer sur des programmes dont les objectifs sont : le triomphe simultané sur les fronts militaire et politique, la fortification du front intérieur, le développement de l’information en passant de la défense à l’attaque par l’intermédiaire de nouveaux ambassadeurs non gouvernementaux, la construction de larges réseaux de relations personnelles avec des parties influentes dans le monde dans les différents domaines.
Il faut indiquer enfin qu’à la conférence d’Herzeliya, plusieurs exposés ont porté sur la guerre que doit mener Israël contre la prise de conscience du monde à son sujet et l’image que se fait ce monde d’Israël.
4 avril 2010 - Al Jazeera
Traduction de l’arabe : Siahmad Taleb
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8532

L’indispensable IslamOnline ne doit pas faillir

mercredi 14 avril 2010 - 07h:11
Ramzy Baroud
Un site Web islamique très populaire a connu jusque très récemment un succès incontesté. IslamOnline était arrivé au moment où des millions de Musulmans avaient besoin d’une plate-forme commune et d’un moyen d’expression qui les unisse, écrit Ramzy Baroud.
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L’histoire d’IslamOnline concerne surtout la liberté et l’indépendance éditoriale des médias dans les pays arabes
Nous avions donc un site Web ni insipide ni aliéné. Son influence était encourageante et positive plutôt que destructrice ou sectaire. Ce n’était pas un moyen d’expression fait pour s’excuser, mais il présentait plutôt patiemment et progressivement au monde l’Islam d’aujourd’hui et les questions des Musulmans. Celles-ci ont été interprétées et transmises par des centaines d’associés et de journalistes qualifiés qui travaillaient jour et nuit depuis leurs bureaux du Caire.
Puis quelque chose est survenu qui a mis fin brutalement à cette noble mission. L’histoire d’une réussite s’est soudainement transformée en un terrible cauchemar pour les centaines de collaborateurs d’IslamOnline. Le site Web IslamOnline est resté en ligne, mais il était à peine mis à jour. Au lieu de cela des vidéos ont été diffusées sur Youtube™, montrant le personnel d’IslamOnline, apparemment éprouvé, criant des slogans dans l’entrée de leur bâtiment au Caire. Ils exigeaient le retour de leur liberté d’expression et de leurs droits éditoriaux. Ils réclamaient justice.
Ces journalistes brillants, parmi les meilleurs dans la région, devraient être assis derrière leurs écrans d’ordinateurs, écrivant, éditant et participant à des dialogues en direct avec des lecteurs investigateurs. Au lieu de cela ils étaient assis par terre, portant des insignes et des bannières et criant des slogans avec des voix fortes.
Quelque chose avait horriblement mal tourné.
Hadeel Al-Shalchi a tenté d’expliquer dans un communiqué récent d’Associated Press : « Le gouvernement qatari a limogé la direction modérée d’un site Web islamique populaire et veut remodeler celui-ci dans un sens plus religieux et conservateur ».
Toujours selon ce communiqué, « le site a été profondément perturbé... les propriétaires essayant de changer son orientation, et incitant ainsi 350 de ses employés au Caire à se mettre en grève. La direction, qui est à Doha, a alors coupé leur accès au site et a procédé à des mises à jour avec des articles d’information mais sans le contenu diversifié pour lequel IslamOnline est connu », ont déclaré d’anciens employés.
IslamOnline est financé par Al-Balagh, une compagnie basée à Doha. Al-Balagh a été dirigé par Sheik Youssef al-Qaradawi, qui est unanimement respecté et qui est aussi une autorité religieuse des plus sensibles et judicieuses. Il est connu et beaucoup apprécié pour ses vues progressistes sur l’Islam. Al-Qaradawi est très populaire parmi les Musulmans autour du monde, pour ses idées politiques innovantes, ses fortes prises de positions pacifistes et en faveur de la résistance, et pour sa clarté morale sur beaucoup de questions.
En bref, Al-Qaradawi est l’antithèse des ecclésiastiques religieux qui agissent comme on leur ordonne de le faire.
Un rédacteur en grève d’IslamOnline m’a décrit comment la crise s’est développée. Cela s’apparente à un coup de force : le Sheik a été licencié de la compagnie Al-Balagh, les directeurs du site ont été déplacés, une nouvelle direction a été installée (en fait imposée), et même les mots de passe de site Web ont été changés de sorte que les employés n’y aient plus accès. Bouleversés et exaspérés par ces changements impromptus, environ 350 employés ont fait grève - pour se retrouver finalement soumis à une enquête par des juristes de la compagnie pour avoir exercé ce qui est universellement reconnu comme un droit fondamental.
Le rédacteur m’indique aussi qu’ils ont été en particulier durement critiqués pour leur soutien intransigeant et courageux en faveur de la Palestine et de Gaza. En effet, IslamOnline avait inlassablement œuvré pour favoriser une plus grande conscience de la lutte en Palestine auprès des lecteurs Musulmans comme non-Musulmans.
Après les événements tragiques du 11 septembre, quelques sites ont joué le rôle vital qui est aussi celui d’IslamOnline. Ses rédacteurs ne servent pas la cause de fanatiques, avec leur interprétation terrible du monde et d’eux-mêmes, pas non plus qu’ils n’adoptent la fonction de porte-parole de gouvernements arabes.
Tout aussi important, ils n’ont pas essayé de simuler une position « modérée » de façon à plaire à un gouvernement - arabe ou autre. Au lieu de cela, ils ont réellement reflété et véritablement exprimé l’opinion de la majorité des Musulmans de tous les horizons, de partout dans le monde. C’était vraiment un exploit impressionnant de voir une telle ligne éditoriale indépendante émerger dans une capitale arabe [le Caire] et en grande partie financée par une autre [Doha].
Mais cela semblait trop beau pour être vrai - d’où les changements terribles, chaotiques et dévastateurs qui ont paralysé cet outil tout à fait vital. C’est la possibilité même de présenter au monde une voix musulmane éloquente qui est menacée.
L’histoire d’IslamOnline est présentée comme celle d’une rivalité entre Arabes : gouvernements, groupes et individus. Une terminologie réductionniste, tels que conservateurs contre modérés - imprègne une fois de plus un discours prévisible au Moyen-Orient. Mais beaucoup de questions demeurent sans réponse.
En fait, l’histoire d’IslamOnline tient plus à la liberté et à l’indépendance éditoriale des médias dans les pays arabes qu’à beaucoup de ce qui précède. La lutte est entre d’un côté quelques politiciens égoïstes ne pensant qu’à se servir, et de l’autre des centaines de professionnels du monde des médias - brillants et inspirés comme le sont les jeunes femmes et hommes qui composaient le personnel d’IslamOnline.
Pour eux, IslamOnline n’était pas juste un emploi. Il s’agissait d’une mission, d’une vocation même, et des millions de lecteurs à travers le monde appréciaient leur travail.
On ne peut qu’espérer qu’IslamOnline trouvera son chemin du retour, avec ses employés actuels et une ligne éditoriale intacte. Cette histoire qui a connu le succès ne doit pas finir ainsi. Les ambitions individuelles ne peuvent pas faire obstacle à cette si précieuse mission qui est celle d’une génération et qui est aujourd’hui tout simplement indispensable.
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* Ramzy Baroud (http://www.ramzybaroud.net) est écrivain et publie pour PalestineChronicle. Ses écrits sont publiés par de nombreux journaux, quotidiens et anthologies à travers le monde. Son avant-dernier dernier livre : La Seconde Intifada : une chronique du combat du peuple (Pluto Press, Londres) et le dernier tout récemment publié : Mon Père était un combattant de la liberté : l’histoire non dite de Gaza (Pluto Press, London).
Traduction : Naguib
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8523

Les blessés continuent de souffrir dans Gaza

mercredi 14 avril 2010 - 06h:13
Stefan Christoff
« La communauté internationale doit obliger Israël à lever le siège par des sanctions, et elle doit agir contre le gouvernement israélien avec la même détermination dont le monde a fait preuve contre le régime d’apartheid d’Afrique du Sud à la fin des années 1980, par des sanctions économiques et par l’isolement politique. »
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Ces blessures de guerre interminables ont un impact dévastateur.
Ils sont des milliers dans toute la bande de Gaza à vivre avec des blessures graves : des jeunes amputés de guerre, des mères gravement brûlées par les bombes au phosphore, un nombre incalculable de Palestiniens confrontés à des troubles psychologiques, toutes ces blessures venant de la catastrophe provoquée sur Gaza par l’agression militaire israélienne, l’hiver 2008/2009.
Et les blessures de guerre sont toujours une réalité constante en 2010.
« Toutes les nuits, et même la nuit dernière, les avions israéliens bombardent Gaza, » déclare Muawiya Hassanein, directeur général des services ambulanciers et des services d’urgences pour le ministère de la Santé palestinien, dans une interview à Gaza ville, pendant les récentes frappes aériennes.
« Beaucoup sont blessés... il y a de graves blessures et ces personnes sont en ce moment même soignées à l’hôpital européen de Gaza. »
Des blessures graves dans Gaza, mais dans la presse, rien, aucun gros titres dans le monde, tel est le scénario habituel qui ne veut pas voir la violence normalisée, les morts et les blessures infligées régulièrement à des civils.
Ces blessures de guerre interminables ont un impact dévastateur, beaucoup de jeunes fréquentent l’école dans la bande de Gaza avec un ou plusieurs membres en moins, ou avec des éclats d’obus restés dans le corps, des blessures qui sont le résultat d’une violence militaire sans fin contre la population civile palestinienne.
« Beaucoup dans Gaza souffrent de traumatisme psychologique et ont besoin d’être suivis, » dit Hassanein. « Des milliers d’enfants ont des traumatismes graves ou vivent avec des blessures critiques qui affectent leur vie, leur éducation, leur famille et plus important encore, leurs rêves d’avenir, et aucun, aucun Israélien (dans les responsables) n’est tenu pour responsable de ces crimes de guerre. »
Alors que les manchettes de la presse mondiale se bousculaient sur les initiatives de promotion du « processus de paix » au Moyen-Orient, que la secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, s’adressait à la conférence de l’AIPAC en confirmant un soutien politique indéfectible de l’administration Obama à la politique du gouvernement israélien pour qu’il laisse la bande de Gaza en état de siège, il n’y eut qu’un intérêt tout relatif de la part des médias pour la souffrance physique et sociologique après l’opération Plomb durci.
En revanche, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, a publiquement exprimé une « solidarité » avec la population de Gaza lors de sa venue dans le territoire, condamnant le prolongement d’un blocus qui provoque « une souffrance inacceptable » pour le peuple palestinien.
En dépit des appels politiques aux plus hauts niveaux internationaux pour la fin de ce siège, les autorités israéliennes continuent de punir collectivement le un million et demi de Palestiniens de la bande de Gaza, provoquant une crise humanitaire qui s’aggrave dans un lieu que John Homes, secrétaire général adjoint des Nations-Unies pour les Affaires humanitaires, appelle « une vaste prison à ciel ouvert ».
Solidarité médicale dans Gaza
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Un médecin qui avait déjà connu une agression israélienne lors du siège de Beyrouth en 1982.
Alors que les missiles israéliens tombaient sur Gaza au lendemain du Noël 2008, Mads Gilbert, médecin norvégien, s’envolait pour l’Egypte avec le soutien diplomatique de la Norvège, pour entrer dans Gaza et apporter son aide d’urgence aux services médicaux palestiniens qui allaient à la catastrophe.
Les témoignages directs d’internationaux depuis Gaza sur les bombardements ont été limités car Israël a profité de l’opération Plomb durci pour investir et couper tous les accès à Gaza. Les journalistes, militants et travailleurs humanitaires internationaux n’ont pu entrer sur le territoire palestinien.
Ce fut une exception que Gilbert puisse entrer dans Gaza avec le soutien politique du gouvernement norvégien qui négocia son entrée avec les autorités égyptiennes. Gilbert fut l’un d’une poignée d’internationaux qui purent passer durant les bombardements israéliens.
Ce témoignage de première main qui donne des détails sur l’agression israélienne à Gaza s’est trouvé au centre de la conférence universitaire que Gilbert a tenue récemment en Amérique du Nord. Plus d’un an après les bombardements israéliens, Gilbert ne s’en tient pas aux massacres qui ont frappé la population de Gaza durant l’opération Plomb durci, il parle aussi des frappes aériennes israéliennes qui se poursuivent encore aujourd’hui et du traumatisme social enduré à la suite des blessures graves de guerre.
« Les pertes pour les familles sont étendues, douloureuses et durables, jamais vous ne pourrez oublier que votre enfant a été tué de la main humaine, » déclarait Gilbert pendant son séjour à Montréal. « Ce n’était pas une catastrophe naturelle, ce n’était pas un tsunami ni un tremblement de terre, c’était à cent pour cent une catastrophe provoquée par l’homme, planifiée et exécutée avec le plus grand soin par les chefs militaires israéliens sous l’égide du gouvernement israélien. »
Le témoignage de première main de Gilbert depuis Gaza, essentiellement basé sur son expérience à l’hôpital d’Al-Shifa, le plus grand centre médical dans Gaza, est clairement ancré dans les principes de solidarité internationale, articulé par un médecin qui avait déjà connu une agression israélienne lors du siège de Beyrouth en 1982, pendant lequel il soignait les blessés de guerre dans la capitale libanaise où plus de 10 000 civils perdirent la vie.
C’est sur l’humanité de Gaza que Gilbert se focalise, apportant des témoignages directs sur la tragédie avec un regard médical, comme pour la famille Samouni qui a perdu 29 de ses membres sous les attaques israéliennes selon les investigations de multiples organisations des droits de l’homme. Nous faisant profiter de son expérience, Gilbert met l’accent sur la détermination de la population de la bande de Gaza, avec toujours le même leitmotiv, « (Ils) n’ont pas besoin de notre pitié, mais de notre solidarité et de notre soutien ».
Au-delà des détails émouvants sur la lutte pour la vie qu’ont menée des centaines de Palestiniens, blessés et mourants, passés par l’hôpital Al-Shifa durant l’hiver 2008/2009 à Gaza, Gilbert se concentre aussi sur les conséquences à long terme de la politique israélienne visant à maintenir un blocus qui aujourd’hui n’attire guère l’attention internationale.
« Tous les enfants dans la bande de Gaza sont traumatisés par l’état de siège, » dit-il. « Les conséquences à long terme des blessures pour les survivants palestiniens de Gaza sont cruelles à vivre, ces blessures de guerre sont physiquement douloureuses et les moyens de réadaptation très limités à cause du siège. »
« Aussi, pour les jeunes enfants blessés de guerre et traumatisés physiologiquement, il est extrêmement important d’en revenir à la vie normale, d’aller à l’école, de voir leurs copains, de retrouver une certaine forme de réalité après le chaos de l’agression israélienne ». Gilbert poursuit, « mais parce que cet état de siège débilitant touche de plus en plus les enfants, la malnutrition se développe, l’anémie se généralise, tout cela à cause de la faim, d’une malnutrition voulue par l’homme, imposée par Israël avec le total soutien des U.S.A. Comment pouvons-nous accepter cela en 2010 ? »
Gaza, toujours assiégée par les Israéliens
S’il y eut une large condamnation des dernières mesures prises par Israël pour construire de nouvelles colonies dans Jérusalem-Est, les protestations politiques par les institutions sont peu nombreuses s’agissant de l’état de siège militaire de Gaza, de l’emprisonnement massif d’un million et demi de personnes dans un territoire méditerranéen minuscule, le tout coordonné par les gouvernements d’Egypte et d’Israël.
L’approvisionnement en eau de la bande de Gaza se fait de plus en plus rare, à 80% au-dessous des normes minimales qualitatives telles que définies par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), et récemment, la Compagnie de distribution d’eau des municipalités côtières (CMWU) a insisté sur le fait qu’à moins qu’une action ne soit décidée d’urgence, l’approvisionnement en eau pour la consommation des gens de Gaza sera coupé dans cinq ou dix ans.
Dans Gaza assiégée, les coupures d’électricité permanentes par Israël conduisent à une capacité électrique insuffisante, sans rapport avec les besoins des stations d’épuration, alors qu’il est interdit de faire venir à Gaza les pièces maîtresses nécessaires pour le traitement des eaux contaminées. Lentement, les grandes mares d’eaux usées qui s’étendent en surface s’infiltrent dans les nappes souterraines ; cinq Palestiniens ont été tués quand le bassin d’une station s’est effondré en 2007, inondant un village au nord de Gaza ville.
Le paysage de Gaza est marqué par la guerre, de nombreux immeubles détruits dans l’hiver 2008 par les missiles israéliens sont toujours en ruines, pendant que l’infrastructure sociale est de plus en plus instable, que les matériels indispensables aux institutions scolaires sont bloqués à la frontière en raison du siège, que l’approvisionnement en produits alimentaires se fait toujours avec parcimonie, que la malnutrition s’étend. Des milliers de victimes de la guerre dans Gaza sont un rappel constant de blessures non cicatrisées, tant individuelles que collectives, provoquées par l’opération Plomb durci.
« Des enfants amputés, des gens en fauteuil roulant sont devenus chose courante dans Gaza, vous en voyez tous les jours, les gens souffrent », dit le militant et universitaire palestinien, Haidar Eid, lors d’un entretien à Gaza ville.
« (En mars), à Gaza nous avons marqué le 1 000ème jour d’un siège illégal qui empêche la population de recevoir les soins médicaux élémentaires, nous sommes confrontés à une politique de punition collective, illégale au regard du droit international ».
« Ces dernières années, la communauté internationale n’a rien fait de concret pour obliger Israël à lever le siège et mettre fin à la souffrance de la population palestinienne dans Gaza, » dit Eid.
« La communauté internationale doit obliger Israël à lever le siège par des sanctions, et elle doit agir contre le gouvernement israélien avec la même détermination dont le monde a fait preuve contre le régime d’apartheid d’Afrique du Sud à la fin des années 1980, par des sanctions économiques et par l’isolement politique. »
Samar Aldaghma, journaliste et mère palestinienne, qui étudie actuellement à Montréal, a survécu aux bombardements de l’armée israélienne et la discussion avec elle sur Gaza glisse très vite sur les conséquences du siège pour les blessés de guerre palestiniens.
« Il y en a eu tant de brûlés gravement pendant les bombardements israéliens, des brûlures au troisième degré pour certains, ces brûlures s’infectent de façon critique, » raconte Aldaghma. « Le matériel chirurgical et les antibiotiques nécessaires aux soins manquent dans Gaza pour la plus grande part à cause du siège, des milliers de blessés qui vivent maintenant dans la bande de Gaza n’ont pas accès au traitement qu’il leur faudrait parce ils vivent dans la plus grande prison du monde.
« Beaucoup sont amputés, qui ont perdu une jambe, un bras, un œil, et ne peuvent malheureusement recevoir de prothèses. De nombreux enfants gravement blessés ont (trop) honte, ou craignent d’aller à l’école par exemple avec une seule main. Tant d’enfants sont devenus déprimés, et pourtant leurs familles et les communautés leur donnent généralement tout le soutien moral possible - dans les écoles locales, des prix spéciaux pour les jeunes handicapés de la guerre sont fréquents. »
Gaza, presses et actions internationales
Les titres de l’actualité sur la Palestine s’intéressent généralement à la politique politicienne dans les allées du pouvoir, aux crises théâtrales entre dirigeants politiques de Tel-Aviv et Washington. Au milieu de ces rumeurs médiatiques, la dernière vague de frappes israéliennes contre Gaza et les conséquences du blocus israélien passent quasiment inaperçues.
« L’insuffisance de couverture par la presse internationale des derniers raids aériens influe sur la situation d’ensemble de la bande de Gaza, » dit Rami Almeghari, écrivain palestinien. « A un moment (où) Gaza continue de souffrir (du) blocus permanent et des agressions fréquentes de l’armée israélienne, les médias du monde portent leur attention ailleurs que sur les conditions que l’on connaît ici. »
L’attention sur Gaza aujourd’hui est critique, et déplacer les projecteurs loin d’un « processus de paix » politique qui jusqu’ici n’a fait que fournir une couverture diplomatique à l’apartheid israélien est déterminant. L’absence d’intérêt pour Gaza, argue Almeghari, « soulage Israël (de) la pression qui est montée (avec) la condamnation d’Israël par le Comité des droits de l’homme des Nations unies pour les atrocités commises dans la bande de Gaza en janvier 2009. »
Quand des militants de la solidarité internationale du monde entier se sont rassemblés au Caire, l’hiver passé, pour la Marche de la Liberté pour Gaza, dans une tentative de briser ensemble le siège israélien via l’Egypte, l’attention mondiale est revenue brièvement sur l’état de siège de Gaza, même si tous les efforts incroyables de ces gens pour entrer dans Gaza furent finalement bloqués par les autorités égyptiennes.
Initiée lors de cette marche, une Déclaration historique du Caire a été publiée en réponse au siège permanent, élaborant une plate-forme pour une action mondiale en solidarité avec la population de Gaza.
Alors que le siège de Gaza se poursuivait, et en prévision d’une journée internationale d’action en soutien à la campagne de boycott, de désinvestissement et de sanctions, pour la Journée palestinienne de la Terre (30 mars), la Déclaration du Caire apportait des éléments clairs pour poursuivre la construction d’un mouvement mondial qui monte en solidarité avec la Palestine.
(JPG) Stefan Christoff est journaliste, militant social et musicien. Il est basé à Montréal. Il écrit pour Rabble.ca et est membre de Tadamon Montréal. Il peut être contacté sur twitter.
Du même auteur :
12 avril 2010 - Rabble.ca - traduction : JPP
http://info-palestine.net/article.php3?id_article=8522

En dépit des restrictions d’Israël, l’économie de la Cisjordanie résiste

publié le mercredi 14 avril 2010

Laurent Zecchini

 
Les délégations des pays donateurs pour la Palestine, réunis lundi 12 et mardi 13 avril, à Madrid, ont dressé un bilan positif de l’évolution de la situation économique en Cisjordanie. Cet état des lieux repose sur les rapports de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), lesquels soulignent les progrès significatifs accomplis par le gouvernement du premier ministre palestinien, Salam Fayyad, dont l’objectif est d’annoncer la création d’un Etat palestinien "vers 2011".
Le rapport du FMI souligne le contraste entre la Cisjordanie, où la croissance a atteint 8,5 % en 2009, et la situation de Gaza, où, en raison du blocus maintenu par Israël, l’activité économique n’a pas dépassée 1 %. Trois facteurs sont à l’origine des bons résultats de la première : les réformes menées par l’Autorité palestinienne – notamment l’amélioration de la sécurité, les finances publiques, la lutte contre la corruption et la gouvernance – ont renforcé la confiance du secteur privé.
La communauté internationale est restée mobilisée, son aide budgétaire à l’Autorité palestinienne représentant 22 % du PNB palestinien. Enfin, Israël a allégé certaines restrictions s’agissant de la liberté de circulation des personnes et des marchandises à l’intérieur de la Cisjordanie. Mais outre que celles-ci restent fortes dans les zones "C" (environ 60 % de la Cisjordanie), qui sont entièrement sous contrôle israélien, rien n’a été fait pour alléger ces restrictions s’agissant du commerce extérieur de la Cisjordanie.
RALENTISSEMENT DE LA MOBILISATION INTERNATIONALE
"Une économie avec un marché aussi limité ne peut pas avoir une croissance soutenue sans exportations, à plus forte raison sans port, ni aéroport", souligne Oussama Kanaan, représentant du FMI pour les territoires palestiniens. Or les trois-quarts des marchandises produites en Cisjordanie transitent par Israël ou sont vendues en Israël. De septembre 2008 à fin 2009, Israël a supprimé 80 "obstacles" (barrages, check-points) en Cisjordanie, mais 550 restent en place, selon le FMI. Le chômage a légèrement baissé de 2008 à 2009 en Cisjordanie (18 % contre 20 %), alors qu’il est resté identique à Gaza, à environ 39 %.
L’une des préoccupations pour 2010 tient au ralentissement de la mobilisation internationale : les déboursements de l’aide sont particulièrement lents et certains engagements, notamment en provenance de pays arabes, n’ont pas été concrétisés. Ainsi, sur les 1,24 milliard de dollars (914 millions d’euros) nécessaires pour financer les besoins budgétaires de cette année, 174 millions de dollars seulement avaient été déboursés au cours des trois premiers mois de 2010.
Le FMI constate que l’Etat juif n’a apparemment pas intégré le fait qu’il a tout à gagner à une forte croissance de l’économie palestinienne. "Il est important qu’Israël annonce une stratégie pour la Cisjordanie, au lieu de se contenter de mesures ad-hoc", relève Oussama Kanaan, pour qui, si les restrictions de mouvement, intérieures et extérieures, ne sont pas levées, "l’économie palestinienne reposera exagérément sur le secteur public". Les résultats économiques dans l’ensemble encourageants de la Cisjordanie soulignent davantage la précarité qui règne à Gaza, où la croissance est extrêmement faible et où la situation humanitaire s’aggrave.
Dans ces conditions, l’objectif de Salam Fayyad de déclarer un Etat palestinien indépendant est-il réaliste ? Le représentant du FMI estime que différentes conditions doivent être réunies : outre que l’Autorité palestinienne doit continuer à établir un bilan, celui-ci devra montrer "que les objectifs de transparence, de sécurité, de responsabilité, de construction d’un Etat de droit, sont atteints. Il faut que ce gouvernement puisse montrer qu’on peut lui faire confiance". Un Etat palestinien ne serait pas viable, ajoute-t-il, "si les restrictions imposées par Israël à la liberté de mouvements ne sont pas supprimées, si une grande partie des zones "C" ne passent pas sous contrôle de l’Autorité palestinienne, et si le blocus de Gaza n’est pas levé".

La paix selon Avigdor Lieberman

publié le mercredi 14 avril 2010
Propos recueillis par Saraï Makover-Belikov

 
OPINION (édifiante !) :

Les réflexions du ministre des Affaires étrangères israélien sur les Palestiniens, les Arabes d’Israël, les transferts de population, la diplomatie américaine et quelques autres sujets d’actualité.
Pourquoi êtes-vous dans le gouvernement Nétanyahou ?
Avigdor Lieberman Il y a un an, pendant la formation du gouvernement, lorsqu’il a fallu aborder le volet diplomatique, j’ai d’emblée fait savoir que je ne croyais pas à la piste George Mitchell [envoyé américain chargé de négocier une paix israélo-arabe] et que je ne me voyais pas accepter comme objectif le retour aux frontières d’Israël de 1967. Pour moi, nous n’allions pas faire l’économie d’une brouille avec les Américains, voire d’un isolement international. J’avais mis en garde le gouvernement contre l’impasse dans laquelle certains voulaient nous engager. Mais, comme la plupart des Israéliens préfèrent ne pas voir la vérité en face, j’ai dit : “Chiche, pendant un an, je ne vous dérangerai pas pendant que vous testerez la piste Mitchell.” Un an plus tard, nous en sommes exactement là où je craignais d’arriver.
Avez-vous peur d’une solution fondée sur deux Etats pour deux peuples ?
Je crois dans le Grand Israël [Palestine biblique], mais je suis prêt à accepter une solution fondée sur deux Etats. Cette solution ne me fait pas plaisir mais, dès lors qu’il y a une contradiction insoluble entre deux systèmes de valeurs, il faut opter pour une solution qui, à défaut de garantir l’intégrité de la terre d’Israël, garantisse celle de son peuple. Cela dit, la solution que l’on tente de nous imposer est belle mais irréaliste. Je suis prêt à accepter la solution des deux Etats, mais pas celle qui donnerait un Etat et demi aux Palestiniens et un demi-Etat aux Juifs. Or, comme la majorité des Arabes israéliens se définissent comme Palestiniens, ils ne reconnaîtront jamais Israël comme Etat juif et sioniste. Tout le monde nous vante les mérites des frontières de 1967, mais il ne s’agit que de la poursuite du conflit par d’autres moyens, encore plus redoutables. Kfar-Sava ou Tel-Aviv seront arrosées de roquettes Qassam tirées depuis Qalqiliya ou de mortiers tirés depuis Tulkarem [en Cisjordanie]. Le retour aux frontières de 1967, ce n’est pas la fin mais le transfert du conflit au cœur du Goush Dan [le Grand Tel-Aviv] et de Haïfa.
Dès lors, que proposez-vous ?
Nous ne pouvons plus tergiverser à l’infini. Nous devons aller de l’avant et présenter à la communauté internationale un modèle simple et intelligible, pas quelque chose d’embrouillé et d’illisible. Des échanges de territoires et de populations. C’est la seule solution. Ça ne me plaît pas de voir le ­Triangle [un groupe de villes et villages arabes israéliens contigus à la Cisjordanie, au sud-est de Haïfa] sous ­souveraineté israélienne. Là-bas, il n’y a presque pas de Juifs et il ne sera pas difficile de faire passer ces Arabes israéliens sous souveraineté palestinienne. En contrepartie, les blocs d’implantations [colonies] de peuplement en Cisjordanie, comme le Goush Etzion [au sud-ouest de Jérusalem et Bethléem], passeront sous souveraineté israélienne.
En somme, vous proposez de virer les Arabes israéliens ?
Il ne s’agit pas de déplacer les gens mais les frontières. Les gens resteront dans leurs foyers et sur leurs terres, mais ils passeront sous souveraineté palestinienne. Une partie d’entre eux devront être évacués, tout comme, selon ce modèle, je pourrais être amené à évacuer ma maison de Nokdim [une colonie de Cisjordanie]. C’est sans doute difficile à avaler, mais je sens que cette solution commence aussi à faire son chemin en Europe. Nous devons dire ce que nous voudrons faire quand nous serons grands, exactement comme le font les Palestiniens. Notre objectif, c’est un Etat d’Israël ET juif, pas un Etat de tous ses citoyens ou d’autres contes de grands-mères.
Echanger des populations, est-ce démocratique ?
Lors de la création de l’Etat d’Israël, les pères fondateurs ont pris une décision historique : s’il y a conflit entre les valeurs universelles et les valeurs juives, ce sont ces dernières qui priment. C’est précisément pour cela qu’a été adoptée la loi du Retour, une loi qui ne concerne que les Juifs. Chaque démocratie a ses propres spécificités. Aux Etats-Unis, quelle est la différence entre Schwarzenegger et Reagan ? Reagan était un acteur hollywoodien élu gouverneur de Californie avant de devenir président des Etats-Unis. Schwarzenegger était un acteur hollywoodien et il est aujourd’hui gouverneur de Californie. Pourtant, il ne sera jamais président des Etats-Unis, tout simplement parce qu’il n’y est pas né. Est-ce davantage démocratique ? Non.
Pourquoi la communauté internationale accepterait-elle votre solution ?
La communauté internationale en a marre de nous. Ce qu’elle veut, c’est une solution, quelle qu’elle soit. C’est donc à nous de faire une proposition intelligible et limpide.
Que pensez-vous des exigences américaines ?
Les Etats-Unis exigent que nous gelions la construction dans la plupart des quartiers juifs de Jérusalem comme Gilo, Ramot, Pisgat Zeev et Talpiot-Est. C’est inacceptable. Toute concession israélienne supplémentaire est vaine. Tout ce sur quoi nous cédons est aussitôt oublié pour céder la place à de nouvelles revendications. Il y a un an, à [l’université nationaliste de] Bar-Ilan, le Premier ministre Nétanyahou a prononcé un discours clair dans lequel il acceptait le principe du “deux peuples, deux Etats”, la levée de la majorité des barrages et le gel de la construction en Judée et Samarie [Cisjordanie]. Personne ne nous a dit merci. Dès lors, si nous ne parvenons pas à convaincre les Etats-Unis que leurs exigences sont insensées, nous devrons nous accrocher et en payer le prix.
Une telle position ne peut qu’aggraver la crise avec les Etats-Unis.
Il y a un nombre incalculable de conflits aux quatre coins du monde, en Corée du Nord, en Afghanistan, en Iran, en Irak, en Inde, en Somalie, etc. Comme ils ne trouvent pas de solution, c’est à nous qu’on présente la facture, comme si résoudre le conflit israélo-palestinien allait tout faire rentrer dans l’ordre. Or le conflit du Moyen-Orient ne porte pas sur des territoires mais sur des valeurs. Il oppose l’islam extrémiste à l’Occident éclairé. Quiconque pense que la paix peut être pliée d’ici deux ans se trompe et trompe son monde.
Quelle est votre opinion sur [le parti de centre droit de Tzipi Livni] Kadima ?
Kadima n’est pas un parti politique mais un catalogue d’individualités venues d’horizons différents avec des idéologies différentes, et dont le seul dénominateur commun est leur ­appétit pour le pouvoir et les portefeuilles ministériels. Par ailleurs, à la place des dirigeants de Kadima, je ferais vœu de silence et je me retirerais dans un monastère. Pour vendre leur plan de désengagement [de la bande de Gaza, été 2005], ils avaient promis un jardin de roses, un pays où couleraient le lait et le miel. Le résultat, c’est quoi ? Le terrorisme et les roquettes. Et ils voudraient donner des leçons à la droite.
Le Parti travailliste ?
Aucun intérêt.
Les députés arabes de la Knesset ?
Voilà des gens dont la seule aspiration politique est de détruire Israël en tant qu’Etat juif et sioniste. Un député comme Ahmad Tibi ne reconnaît pas le caractère juif et sioniste d’Israël. Mais, comme il jouit de tous les droits conférés par un Etat démocratique, il participe au nom de l’Autorité palestinienne à des conférences contre l’Etat d’Israël. Il se présente lui-même comme un député “palestinien” et ne rate pas une occasion de nous ­calomnier.
Il représente un courant d’opinion et participe à des scrutins démocratiques.
L’opinion arabe comprend qu’être extrémiste peut s’avérer payant. Les Arabes israéliens ont été loyaux lors de la guerre du Kippour [octobre 1973] et de la première guerre du Liban [été 1982]. Mais, ces dernières années, les dirigeants israéliens ont fait preuve d’indécision, ce que les Arabes israéliens ont vu et ils se sont radicalisés. Nous n’osons pas avoir de la poigne à leur égard. Nous nous conduisons comme des imbéciles et des pleutres. Au Moyen-Orient, quand on agit comme ça, le résultat est à l’avenant.
Si les Arabes israéliens se radicalisent, n’est-ce pas parce qu’ils sentent qu’ils ne sont pas des citoyens égaux en droits dans leur propre patrie ? Les Arabes israéliens ont trop de droits, et cela dans tous les domaines. Qu’ils arrêtent de nous casser la tête. En Judée et en Samarie, on traque la moindre terrasse construite illégalement [par les colons], mais, chez eux, des milliers de chantiers sont lancés sans permis. Les Arabes israéliens jouissent d’une liberté et d’un niveau de vie comme dans aucun Etat arabe. Ils le reconnaissent eux-mêmes, mais ils pensent tout simplement que nous allons perdre et parient sur la partie adverse.
Selon votre conception de la citoyenneté, les Arabes devraient donc chanter “L’âme juive vibre” [une strophe de l’hymne national israélien] ?
Absolument. En Angleterre, les Juifs chantent l’hymne national, font leur service militaire et meurent au ­combat.
La gauche voit en vous un raciste.
Les gens de gauche me font pitié. Ces malheureux souffrent apparemment d’une tare génétique. Que Dieu leur pardonne. Moi, cela fait longtemps que je leur ai pardonné.

L'occupation démolit des dizaines de tentes au Néguev

[ 14/04/2010 - 18:59 ]
Le Néguev – CPI

De grandes forces de la police sioniste accompagnées par des bulldozers gigantesques ont envahi, le mardi 13/4, le village de Touail Abou Jeroual, en démolissant des dizaines de tentes et cassant leurs contenus avant de les raser.
Les forces sionistes ont envahi également le village d'al Araqib, où elles ont démoli plusieurs maisons reconstruites par les habitants du village, et ont démoli également plusieurs maisons et tentes appartenant à la famille de Talalika dans la région de Néguev, au sud des territoires palestiniens occupés en 1948, après avoir effectué un assaut surprenant contre le village.
Les bulldozers militaires étaient accompagnés par de grandes forces de la police sioniste qui ont interdit aux habitants de ces villages de défendre leurs maisons démolies, en arrêtant plusieurs jeunes Palestiniens des arabes bédouins qui tentaient de s'approcher du lieu.
Les forces occupantes ont suspendu des ordres de démolition sur 9 maisons dans le village d'Oum Noumailah, dans la même région, sous prétexte de la construction sans permission.

L'occupation démolit des établissements dans un village près de Selfit

[ 14/04/2010 - 18:58 ]
Selfit – CPI

Les forces de l'occupation ont envahi, le mercredi 14/4, le village de Hares, près de la ville de Selfit, où elles ont démoli une maison et plusieurs parcs, sous prétexte de la construction sans permission sur des terres qui appartiennent au village et dont les propriétaires possèdent des documents.
Des témoins oculaires ont dit que des dizaines de blindés militaires ont envahi, ce matin, le village et ont démoli une maison de deux étages et trois parcs, de façon agressive.
Les habitants ont souligné que les soldats sionistes ont encerclé la maison de Maher Sultan avant de la démolir par les bulldozers.
Les forces occupantes ont envahi des régions, à côté du village, où elles ont démoli trois autres parcs situés dans les terres agricoles palestiniennes.

L'occupation ouvre le feu sur les fermiers à Gaza

[ 14/04/2010 - 18:37 ]
Gaza – CPI

Les forces de l'occupation ont ouvert, ce matin mercredi 14/4, le feu sur les fermiers palestiniens, à l'est de la ville de Jabalia, au nord de la Bande de Gaza, en les obligeant de quitter leurs terres agricoles.
Des sources locales ont dit que les chars sionistes qui se trouvent dans un poste militaire sioniste, derrière le cimetière des martyrs, à l'est de la ville de Jabalia, ont ouvert le feu de leurs armes lourdes sur les fermiers palestiniens dans cette région, en les obligeant de quitter leurs terres agricoles.
Les forces sionistes imposent une région isolée sur les frontières entre la Bande de Gaza et les territoires palestiniens occupés en 1948, en interdisant aux fermiers palestiniens d'arriver à leurs terres agricoles.

Trois Palestiniens blessés par les tirs de l'occupation à Gaza

[ 14/04/2010 - 17:52 ]
Gaza – CPI

Trois Palestiniens ont été grièvement blessés par les tirs des forces de l'occupation qui ont attaqué, ce mercredi à midi 14/4, une marche pacifique, à l'Est de la ville de Gaza pour condamner la zone d'isolement que l'occupation veut imposer sur les frontières de la Bande de Gaza avec les territoires palestiniens occupés en 1948.
Le directeur des secours et des urgences au ministère de la santé, Dr. Mouawia Hassanein, a dit que les équipes de secours ont pu transporter trois blessés à l'hôpital de Chifa.
Dans le même contexte, 5 blindés militaires sionistes accompagnés par 6 bulldozers ont envahi, ce matin, de façon limitée la région située à l'est du camp d'al-Boureidj, au milieu de la Bande de Gaza, en rasant des terres agricoles dans cette région et lançant une campagne de fouille dans les terres plantées d'arbres oliviers.
Les forces occupantes ouvrent le feu de façon continuelle et hasardeuse sur les maisons résidentielles et les terres agricoles dans cette région.

Hamdan met en garde contre l’expulsion des palestiniens en Cisjordanie et à Al Qods

[ 14/04/2010 - 14:10 ]
Beyrouth- CPI

  Le représentant du Hamas, au Liban, Oussama Hamdan, a mis en garde contre la décision de l’occupation israélienne d’expulser des milliers de palestiniens en Cisjordanie et à Al Qods de leurs maisons dans les territoires palestiniens occupés, en considérant que cette décision sioniste est le résultat du processus prétendu de paix.
 
«Puisque l’occupation a trouvé des négociateurs qui se mettent à genoux, en lui présentant tout ce qu’elle veut, en s’engageant à des décisions très sévères contre les droits du peuple palestinien», a contesté Hamdan contre les négociations inutiles avec l’ennemi occupant qui viole, de façon sans précédent, les lois internationales et humaines et augmente la souffrance et la tragédie des palestiniens.
Hamdan a qualifié la nouvelle décision sioniste pour expulser les palestiniens de la Cisjordanie d’un nouveau transfert catastrophique ciblant même les habitants d’Al Qods.
Lors de son entretien avec le journal jordanien, «Al Sabil», le mardi 13/4, Hamdan a appelé les pays arabes et les dirigeants de l’autorité palestinienne à adopter une position sérieuse et courageuse pour arrêter la barbarie de l’occupation israélienne, tout en appelant à renoncer, une fois pour toute, au prétendu compromis de paix, après son échec total, et l’annonce au soutien des droits palestiniens qui ne seront arrachés que par la résistance nationale.
«Les dirigeants arabes doivent cesser leurs déclarations stupides en soulignant que la décision sioniste d’expulsion des milliers de palestiniens influe sur le compromis de paix», a protesté le leader du Hamas contre la faiblesse de la politique arabe officielle.
Hamdan a insisté sur les efforts arabes et sérieuses pour la ratifications de la réconciliation palestinienne, tout en critiquant l’entêtement du médiateur égyptien qui s'attache à la signature de sa feuille sans prendre en considération les remarques du Hamas, et en refusant l’intervention des aides arabes en faveur des intérêts suprêmes du peuple palestinien et sa résistance nationale.

Barhoum : la décision du tribunal espagnol encourage l'occupation de commetre d'autres crimes

[ 14/04/2010 - 13:51 ]
Gaza – CPI

  Le porte-parole du mouvement du Hamas, Fawzi Barhoum, a exprimé sa condamnation à la décision de la cour suprême espagnole qui a décidé de fermer le dossier de la question du massacre du quartier de Daradj, au milieu de la ville de Gaza, où les forces occupantes ont lancé une bombe de 500 tonnes sur la maison du fondateur des brigades d'al-Qassam, la branche militaire du Hamas, le martyr Salah Chahadah, en l'assassinant et causant la mort et la blessure des dizaines des habitants du quartier, durant l'été 2002.
Dans une déclaration de presse, Barhoum a dit, le mercredi 14/4, que la décision de la cour suprême espagnole va encourager l'entité sioniste de perpétrer d'autres crimes contre le peuple palestinien.
"Tout le monde a condamné le massacre du quartier de Daradj et a affirmé qu'il représente un crime contre le peuple palestinien, en conséquence, tous les côtés doivent le considérer ainsi, soit au niveau des tribunaux internationaux ou locaux", a ajouté Barhoum.
Il a appelé l'Espagne à revoir cette question, de nouveau, et rouvrir son dossier pour se rejoindre aux pays qui s'occupent des droits humains et palestiniens, en insistant sur la nécessité de condamner les crimes de guerre sionistes.
La cour nationale espagnole avait refusé une proposition présentée par des associations juridiques qui ont appelé à la poursuite des enquêtes et la réouverture de ce dossier après la décision de cette cour, en juin dernier, de le fermer en prétendant qu'elle n'est pas apte de voir de telles affaires dans son pays.

L’occupation poursuit la démolition des maisons palestiniennes à Al Qods occupée

[ 14/04/2010 - 12:53 ]
Al Qods occupée- CPI

Des sources de la municipalité sioniste, à Al Qods occupée, ont affirmé, le mardi soir 13/4, que le maire, Nir Barakate, a donné ses ordres aux équipes de destruction pour reprendre la démolition des centaines de maisons palestiniennes, dans divers quartier de la ville sainte d’Al Qods occupée.
«Cette nouvelle campagne de démolition va se concentrer plus particulièrement dans plusieurs quartiers de la ville sainte, notamment à Selwan après l’approbation officielle du gouvernement», ont précisé des sources.
De son coté, le membre du conseil municipal, Meir Margalit, du «parti Meretz» a déclaré que la municipalité de «Jérusalem» a décidé de poursuivre la démolition des maisons (prétendues construites illégalement), après l’arrêt d’une durée de 5 mois, suite aux pressions américaines sur le gouvernement sioniste, selon ses propos.
De sa part, le membre au comité de défense des maisons palestiniennes menacées de destruction, à Selwan, Fakhri Abou Diab, a affirmé l’intention décisive de l’occupation d’effectuer, aujourd’hui mercredi 15/4, la première opération de destruction contre les maisons palestiniennes dans ce quartier, en confirmant que le gouvernement sioniste à ignorer complètement les appels internationaux dont celui du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, et des dirigeants arabes, tout en condamnant la faiblesse de la politique arabe officielle, ainsi que le silence honteux et complice de la communauté internationale.

L’entité sioniste demande à ses ressortissants de quitter immédiatement Sinaï

[ 14/04/2010 - 12:39 ]
Al Nassera - CPI

La prétendu «Organisation anti-terroriste» sioniste, allié directement au bureau du premier ministre, Benjamin Netanyahu a annoncé, le mardi soir 13/4, un avertissement urgent appelant les sionistes qui se trouvent, à Sinaï, de quitter le lieu immédiatement, sous prétexte des renseignements sécuritaires stipulant l’enlèvement des sionistes.
Des médias hébreux ont diffusé l’avertissement en disant qu’un sioniste a disparu à Sinaï.
L’organisation sioniste a demandé aux ressortissants israéliens de quitter immédiatement la péninsule de Sinaï.
Les rapports d’un journal sioniste a dévoilé qu’en dépit des avertissements de l’organisation prétendue anti-terroriste pour la réduction du nombre des voyageurs vers Sinaï, mais les rapports des autorités de l’Aéroport indiquent une progression de 36%, durant la dernière fête de pâque juive, par rapport à l’année passée, en précisant qu’environ 69 mille sionistes ont traversé le passage de Taba durant les jours de la fête de Pâque.

Des appels pour arrêter les fouilles nues sur le passage de Jalama

[ 14/04/2010 - 11:48 ]
Jénine – CPI

 Les familles des captifs ont appelé, le mercredi 14/4, les organisations juridiques et le comité international de la Croix-Rouge à mettre des pressions contre les autorités de l'occupation pour arrêter la politique des fouilles nues sur le passage de Jalama.
Elles ont dit que l'occupation oblige les femmes et les épouses des captifs ainsi que leurs mères d'entrer dans la chambre de fouille nue, au passage de Jalama.
Une femme a dit que la soldate sioniste lui a demandé de se déshabiller complètement dans la chambre de fouille, mais elle a refusé en demandant d'annuler la visite.
Les autorités de l'occupation adoptent la politique des fouilles nues, sous prétexte de chercher des téléphones portables, dans le but de casser la volonté des captifs et leurs familles à travers ces humiliations.

Des désaccords épineux au comité central du Fatah pour nommer un adjoint à Abbas

[ 14/04/2010 - 11:04 ]
Ramallah - CPI

Un haut responsable du comité central du mouvement du Fatah a révélé l’existence des désaccords épineux entre les membres de ce comité, lors de leur réunion de lundi 12/4, pour parvenir à la nomination d’un adjoint à l’ex-président Mahmoud Abbas.
L’agence de presse «Milad» proche du Fatah a rapporté d’un haut responsable qui a préféré garder l’anonymat que la nomination d’un adjoint à Abbas a été proposé, plusieurs fois, au comité central, mais les désaccords provoqués par des membres centraux ont fait échouer l’adoption de cette décision de nomination.
«Abbas avait auparavant proposé la nomination de Mohamed Ghouneim, mais le groupe allié à Dahlan s’est opposé à cela», a indiqué le haut responsable du Fatah.
Le responsable a confirmé que Dahlan tente par tous les moyens d’être nommé comme l'adjoint d’Abbas, en soulignant qu’il a contacté plusieurs membres du comité central pour les convaincre de le soutenir.
Il est à noter que la loi fondamentale palestinienne donne l'avantage légal au président du conseil législatif de gouverner pour une durée de 2 mois et de préparer des élections, au cas où le pouvoir est vacant ou le président est incapable de gouverner.

Les forces de l'occupation envahissent la maison du captif Ayed Doudine

[ 14/04/2010 - 10:54 ]
Al Khalil – CPI

Les forces de l'occupation ont envahi, le mardi 13/4, la maison du captif palestinien Ayed Doudine, du village de Dora, à al Khalil, simultanément avec le prolongement de son arrestation administrative pour la 8ème fois successive.
Le directeur du centre d'al Ahrar pour les études des captifs et les droits de l'homme, Fouad al-Kafache a dit que la décision sioniste de prolonger la détention administrative contre le captif Ayed Doudine vient au moment où de grandes forces de l'armée sioniste ont envahi sa maison qui était vide, en cassant ses contenus.
Al-Kafache a dit que le captif Doudine, 43 ans, qui travaille comme vice-directeur des secours dans la ville d'al Khalil est père de 6 enfants, a passé plus de 13 ans continuels dans les prisons sionistes.
L'épouse du captif Doudine, Oum Hamza, a appelé à travers un contact téléphonique avec le centre d'al Ahrar, les organisations internationales et les associations des droits de l'homme à intervenir immédiatement pour garantir la libération de son mari captif.

La municipalité sioniste à Al Qods occupée discute un nouveau projet colonial

[ 14/04/2010 - 10:39 ]
Al Qods occupée - CPI

Des sources médiatiques sionistes ont révélé que la municipalité d'Al Qods occupée a décidé de débattre un nouveau projet colonial pour la construction de nouvelles habitations publiques sur des terres palestiniennes, dans la ville sainte.
Les sources ont souligné que l’ordre du jour de la réunion qui va se tenir, le jeudi 15/4, par le haut comité allié à la municipalité sioniste, a montré qu'il va débattre la construction de ces habitations publiques dans le quartier de Ghilo, au sud de la partie Est d’al Qods occupée, précisément au quartier résidentiel «H», situé prés du parc de la forêt de Ghilo.
«C’est une nouvelle approbation au projet n° 4309 qui a été discuté en 1993 et ratifié en 1995», a dévoilé la radio hébreu.
De sa part, le secrétaire du gouvernement sioniste, Zvi Hauser a déclaré à la radio sioniste, le mardi 13/4, que Benjamin Netanyahu n’a aucune intention de changer la politique des expansions coloniales prise depuis 40 ans, à Al Qods.

Point presse du Quai d’orsay sur la visite de Peres : Si vous êtes dégoûtés, venez le dire !

Publié le 14-04-2010
Ci-dessous les réponses du ministère des affaires étrangères, concernant la visite de Pérès, l’inauguration de la "promenade Ben Gourion", le viol de l’espace aérien libanais par Israël, la falsification de passeport français par des israéliens, et la contribution de la France au blocus de Gaza. Un "Point presse" qui s’est déroulé aujourd’hui et où des journalistes eux-mêmes semblent assez estomaqués !

VISITE EN FRANCE DE SHIMON PERES (13-16 AVRIL)
Déclaration du Qaui d’orsay : Shimon Peres, président de l’Etat d’Israël, sera reçu à Paris du 13 au 16 avril. Il s’entretiendra avec le président de la République, le Premier ministre, le président du Sénat et avec le ministre des Affaires étrangères et européennes, Bernard Kouchner. Shimon Peres, homme de paix, artisan des accord d’Oslo, récompensé par le Prix Nobel de la paix 1994 avec Yasser Arafat et Yitzhak Rabin est un grand ami de la France. Cette visite sera pour nous l’occasion de lui renouveler l’amitié de notre pays et notre attachement indéfectible à la sécurité de l’Etat d’Israël ainsi que notre vœu d’une relance rapide du Processus de paix.
A l’occasion de sa visite, le président Peres inaugurera avec le maire de Paris, la "promenade David Ben Gourion". Il participera à plusieurs événements : une soirée organisée par le Conseil Pasteur- Weizmann contre le cancer initié par Simone Veil il y a près de 30 ans, et le lancement, à l’Elysée, de la "Maison commune Europe-Israël", initiative de la Fondation France-Israël visant à rapprocher toutes les composantes des sociétés européennes et israéliennes, dans un esprit de dialogue et d’échange.
-  Question de la presse : M.Peres a accusé la Syrie d’avoir livré des Scuds au Hezbollah. Avez-vous cette information ? Quel est votre commentaire ?
Nous appelons à la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité dans toutes ses composantes. Je vous rappelle que cette résolution prévoit, entre autres, un embargo sur les armes à destination du Liban. Cette résolution fixe le principe de "l’exclusion de toute vente ou fourniture d’armes et de matériels connexes au Liban, sauf celles autorisées par le gouvernement libanais".
-  Vous évoquez la résolution 1701 à propos de l’embargo sur les armes. Hier, les avions israéliens ont violé l’espace aérien libanais et le Liban a saisi le Conseil de sécurité. Que pouvez-vous-nous en dire sachant que le président Shimon Peres se trouve aujourd’hui à Paris ?
Nous verrons ce qu’en dira le Conseil de sécurité s’il a été saisi. S’agissant de la frontière libanaise, nous avons toujours cette résolution à l’esprit à laquelle nous ne cessons de nous référer.
-  N’avez-vous aucune réaction concernant la violation de l’espace aérien libanais ?
Nous nous sommes déjà prononcés à de très nombreuses reprises à ce sujet. La France est indéfectiblement attachée à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban et au respect de la résolution dont nous parlions à l’instant.
-  Est-ce que, lors de ces entretiens, vous allez rappeler au président israélien les positions françaises concernant l’embargo sur Gaza, sur la colonisation, sur les mesures d’expulsion des Palestiniens de Gaza vivant en Cisjordanie et tous les autres sujets sur lesquels vous insistez à chaque point de presse ?
Nos positions sur l’ensemble des sujets que vous venez d’évoquer, et sur d’autres, leur sont bien connues. S’il y a un sujet central au cours des conversations que nous aurons avec le chef de l’Etat israélien, ce sera notre mobilisation autour de la nécessité de la reprise du dialogue entre Israéliens et Palestiniens au bénéfice du Processus de paix.
-  Est-ce que vous avez reçu depuis quelques semaines des explications des Israéliens au sujet des passeports falsifiés ? Cela sera-t-il évoqué dans les entretiens ?
Aucun sujet n’est interdit. Les discussions seront très ouvertes. S’agissant de votre question très précisément, je n’ai pas d’éléments à vous apporter à cet instant.
-  Des sources palestiniennes évoquent le fait que les Européens sont impliqués dans les coupures d’électricité à Gaza du fait du non-paiement de leur partie. Quel est votre commentaire ? )
- Je n’ai pas de précisions à ce sujet. Je voudrais rappeler que l’effort principal des autorités françaises est d’être le plus utile possible pour la reprise du dialogue dans la recherche de la réactivation du processus de paix. Il est évident que tant qu’une dynamique de ce type n’aura pas été enclenchée, se poseront ces problèmes.
-  Vous êtes donc toujours aussi mobilisés pour une reprise des négociations entre les Palestiniens et Israël, directement ou indirectement. Maintenez-vous votre position sur le fait qu’il faut que les colonisations s’arrêtent, qu’il y ait un gel total de la colonisation pour que ces pourparlers puissent avoir lieu ? )
Nous en avons parlé cent fois, et je vous renvoie vers toutes les déclarations des autorités françaises. Notre position est bien connue sur ces sujets.
NDLR : La Préfecture de police de Paris a autorisé CAPJPO-EuroPalestine et Droits Devant à organiser un rassemblement demain matin, à 10 H, à l’angle du Pont de l’Alma (sortie M° Alma-Marceau sur la ligne 9). Nous y dénoncerons haut et fort la manière odieuse dont les dirigeants français collaborent avec le fascisme israélien.
CAPJPPO-EuroPalestine

La chasse aux sorcières contre les ONG israéliennes

Publié le 14-04-2010
Des groupes israéliens de défense des droits de l’Homme se considèrent en état de siège, le gouvernement israélien les attaquant en les accusant de mettre en cause l’existence d’Israël et de représenter un "danger pour la nation"
Les responsables de quelques-unes des plus importantes organisations israéliennes des droits de l’Homme déclarent qu’elles travaillent dans un environnement de plus en plus hostile et qu’elles se trouvent attaquées pour des actions mettant prétendûment le pays en danger.
Selon les défenseurs des droits, les pressions sur leurs groupes se sont accrues depuis qu’Israël est accusé de crimes de guerre, et ils s’interrogent sur les limites de la liberté d’expression et de contestation dans la démocratie israélienne tant vantée.
« Au fil des ans, dans un ensemble d’arènes internationales », assure HagaI El-Ad, directeur de l’Association pour les Droits civils en Israël, « il était essentiel pour les officiels israéliens de proclamer : ̎Il est vrai que nous connaissons beaucoup de problèmes, peut-être même des abus ; néanmoins, nous avons une société civile forte et vigoureuse, avec une pléthore d’opinions, et nous en sommes très fiers ̎.
« Il est incohérent de faire ces déclarations et dans le même temps de créer une situation qui nous fait passer pour des traîtres aux yeux du public ».
Il est rare que les gouvernements et les associations de vigilance qui les mettent en garde partagent les mêmes points de vue. Mais les défenseurs des droits soulignent les responsables du gouvernement de droite israélien d’Israël, les accusations de crimes de guerre contre les militaires israéliens, subséquentes à la guerre de Gaza au cours de l’hiver 2008-2009, présentent la critique pour les droits de l’Homme comme une menace existentielle qui "déligitime" Israêl.
Le premier ministre Benjamin Nétanyahou a qualifié de "menace stratégique majeure" ce qu’il appelle l’ « effet Goldstone », c’est-à-dire la délégitimation d’Israël à l’étranger.
L’été passé, il avait attaqué comme « sélectivement anti-israélienne » une organisation de gauche, "Briser le silence", qui avait publié des accusations émanant de soldats israéliens anonymes sur les violations des droits de l’homme commises pendant la guerre.
Certains organismes internationaux de défense des droits, tel Human Rights Watch, qui se sont montré critiques à l’égard d’Israël, ont accusé le gouvernement israélien d’avoir « déclenché une propagande de guerre » pour les discréditer. Un des principaux collaborateurs de Nétanyahou a affirmé l’an dernier lors d’une interview qu’Israël « allait consacrer du temps et des effectifs pour combattre ces groupes ».
Selon les défenseurs des droits, de tels commentaires émanant de personnalités officielles ont généré une atmosphère de harcèlement. A Cheikh Jarrach, le quartier de Jérusalem-Est où plusieurs familles palestiniennes ont été expulsées de leurs maisons et remplacées par des colons israéliens, la police a arrêté au cours des derniers mois des douzaines d’Israéliens qui participaient à des manifestations pacifiques de protestation. M. El-Ad a été détenu durant 36 heures en janvier, en même temps que 16 autres militants, après qu’il eut expliqué aux policiers que leur décision de disperser une manifestation n’avait pas de fondement légal. L’un des organisateurs de la protestation a été arrêté dans la maison de ses parents à Jérusalem une nuit à la fin de mars et relâché trois jours plus tard.
Sari Bashi, directeur de Gisha, un groupe de défense qui se concentre sur la liberté de mouvement des Palestiniens, indique que son association a été harcelée l’an passé par les services fiscaux israéliens. Ils ont demandé pourquoi Gisha devrait être exemptée d’impôts alors que l’exonération était conçue pour des organismes de promotion du bien public. Les services, dit-elle, ont pourtant reculé.
Puis une ONG ultra-sioniste dénommée Im Tirtzu (en hébreu : "si vous le voulez" – au début de la célèbre maxime de Théodore Herzl) a attaqué une association importante, la New Israel Fund, laquelle avait en 2009 acheminé quelque 29 millions de dollars vers des groupes israéliens, certains d’entre eux étant non sionistes et dirigés par des Arabes. Cette fondation se définit elle-même comme pro-israélienne et reconnaît n’être pas d’accord avec toutes les positions des groupes qu’elle aide, mais elle soutient leur droit à se faire entendre. Im Tirtzu a publié en janvier un rapport affirmant que 92% des citations venant d’organismes non officiels israéliens qui avaient soutenu des accusations contre Israël dans le Rapport Goldstone émanaient de 16 ONG financées par la New Israel Fund.
Trois semaines durant, Im Tirtzu a placardé à travers tout le pays des panneaux exhibant une grossière caricature de la présidente de la New Israel Fund, Naomi Chazan. Les affiches la représentaient avec une corne fixée à son front (en hébreu, le mot qui désigne une fondation signifie aussi corne) et portaient la légende : « Naomi Goldstone Hazan ».
Il se peut que le signe le plus alarmant pour les défenseurs des droits soit un vote préliminaire au Parlement pour soutenir une décision imposant aux groupes qui bénéficient d’aides de gouvernements étrangers de s’enregistrer auprès du consignateur des partis politiques – ce qui pourrait modifier leur statut fiscal et paralyser leur capacité à collecter des fonds à l’étranger.
En février, la décision a fait l’objet d’un vote au Parlement, qui compte 120 sièges, avec 58 pour et 11 contre. Ses promoteurs affirment que la décision s’impose pour accroître la transparence. « Jusqu’ici, ces organisations ont bénéficié d’un effet de halo en tant que gardiens hautement considérés des droits de l’homme », déclare Gerald Steinberg, un spécialiste israélien en sciences politiques, président de NGO Monitor, un groupe de vigilance conservateur financé par des philanthropes juifs américains. « On ne les voyait pas comme des organisations politiques préjudiciables et portées à des déclarations fausses. Désormais, elles vont être soumises à une certaine surveillance ».
Mais les associations de défense des droits disent qu’il leur est d’ores et déjà demandé de publier les sources de leur financement.
Des organismes de droite, comme ceux qui encouragent la colonisation juive dans les zones arabes de Jérusalem-Est, reçoivent une part énorme de leur financement d’individus et d’associations philanthropiques dont les identités sont rarement révélées.
Pour l’instant, la décision a été effectivement bloquée jusqu’à ce que ses promoteurs parviennent à un accord avec les ministres travaillistes de la coalition gouvernementale, qui essaient de la diluer. Mais selon Mme Chazan, il n’y a pas d’affinement possible pour une telle décision. « Il faut que cette loi disparaisse », assure-t-elle. « C’est la plus dangereuse menace sur la société civile israélienne depuis ses origines ».
Mais pour M.Steinberg, des associations comme la New Israel Fund, avec leurs importantes ressources financières et leurs multiples recours à la Cour Suprême israélienne, ont « perverti l’échange des idées ».
Isabel Kershner, The New York Times, 5 avril 2010.
(Traduit par Anne-Marie PERRIN)
CAPJPO-EuroPalestine