lundi 16 novembre 2009

Journal de Palestine (2)

dimanche 15 novembre 2009 - 07h:04

Jocelyne - AFPS

C’est mon amie Nina qui travaille en Palestine depuis 18 mois, qui m’avait demandé : « Viens-tu encore cette année pour la cueillette des olives ? ». Pourquoi pas, mais pas aux olives, plutôt pour vivre le quotidien des gens. Le gîte étant assuré, me voilà partie.

Du dimanche 25 octobre
au
vendredi 6 novembre 2009



Deuxième semaine

Pour voir la première semaine


Lundi, 2 novembre

Ce matin, parties de bonne heure (7h15) pour Nazareth. Nazareth est en Israël. A l’aller nous prenons l’autoroute israélienne pour arriver à l’heure, Nina doit se présenter dans 2 écoles arabes* qui enseignent l’allemand. On n’a pas fait 20 km que la pluie se met à tomber. Depuis 2 jours l’hiver s’installe tout doucement. Le long de la route, nous longeons le mur de Qalquilya : il est bien caché derrière des eucalyptus, les Israéliens ne le voient pas. Puis c’est Tulkarem : là c’est un talus qui cache le mur.

* écoles où on lui a parlé de discrimination des arabes israéliens qui ne peuvent aller à l’université ... alors quand on parle d’une solution à 1 Etat : quel Etat ? Un Etat avec les bons Israéliens et les mauvais Israéliens arabes ?

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Principales villes du séjour, soulignées en rouge.
Extrait d’une carte du Monde diplomatique

A Nazareth, je vais voir l’église de l’annonciation comme il se doit (là, Gabriel a annoncé à Marie qu’elle était enceinte). Il pleut à verse. Puis je marche dans les alentours, très beaux mais dès qu`on s’éloigne, les trottoirs ne sont plus pavés de pierres ocres mais vaguement cimentés, les maisons sont de guingois... Il pleut toujours. Mes pieds font floc floc, j’achète des chaussettes sèches !

A 15 h nous rentrons et décidons de prendre la route directe, route qui traverse toute la Palestine : Jénine, Naplouse, Ramallah mais tout compte fait il y a tellement de virages que cela fait 137 à 130 km ! Nous savons qu’il y a un gros check-point entre Israël et Jénine. L’affaire se présente mal : nous voyons les Palestiniens qui travaillent en Israël descendre de leur bus, traverser à pied leur passage (corridor) réservé, grillagé, encagé... mais aucune voiture n’est là. Puis on voit une barrière à 1/2 ouverte : ouverte pour ceux qui viennent de Jénine mais fermée pour nous. Nous prenons le sens interdit et aussitôt un jeune soldat vient à notre rencontre. Et alors voilà à peu près le dialogue entre Nina et le jeune :

- Nous voudrions passer pour aller à Jénine.
- C’est fermé, on ne peut pas passer. Vous êtes touristes ?
- Non, je travaille ici, vous voyez, j’ai un passeport rouge
(Nina a un passeport de service, le même que le passeport diplomatique, mais les soldats ne savent pas faire la différence). Il faut que j’aille à Jénine.
- C’est fermé.
- Alors ouvrez, Open the door.
- Non, je ne peux pas, je vais téléphoner à mon chef. (Il téléphone 30 secondes). Mon chef a dit non, on ne peut pas passer.
- Alors appelez votre chef, je veux le voir, je dois aller à Jénine, j’ai un passeport rouge, nous venons d’Europe, je dois passer.

Il rappelle et effectivement le chef vient, même pas en uniforme. Et cela recommence.

- Je dois aller à Jénine puis à Naplouse, c’est la route directe, je viens de Nazareth.
- Vous ne pouvez pas passer, la route ferme à midi.
- Comment cela, la route ferme à midi, je vois des voitures qui viennent de Jénine.
- On peut venir de Jénine mais la route ferme à midi pour y entrer.
- Comment ça, la route ferme à midi ?
- C’est comme ça, la route est fermée à midi. Tout le monde le sait.
- Ah mais pas du tout !
- Vous n’avez qu’à téléphoner avant de partir.
- Mais ce n’est pas normal. Qui décide cela ?
- Il faut en parler à notre gouvernement.
- Mais je dois absolument aller à l’université de Jénine, puis à Naplouse.
- Impossible, c’est fermé.

...J’en passe car c’était en anglais et je n’ai pas tout compris, mais Nina a encore et encore insisté, et je l’ai vraiment félicitée car cela a fini par :

- Bon, je vais vous ouvrir, pour cette fois !!!

On n’en croyait pas nos oreilles !!! Nina a avancé la voiture devant une immense barrière jaune qui s’est ouverte tout doucement. On aurait dit qu’on nous laissait entrer dans la cage aux lions ! Jénine n’était qu’à 7 km.

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Barrière jaune et passage piéton...

L’entrée dans Jénine est lugubre : aucune voiture, personne. Puis arrivé dans le centre ville, un peu d’animation, on se gare pour aller boire un café et fêter notre victoire (euh... surtout la sienne car moi ... enfin elle dit que toute seule, elle ne l’aurait pas fait, c’est vrai qu’en chemin, elle a failli changer d’idée : « Et si on allait à la mer ? » « Non, non, j’ai dit, on va à Jénine ! »)

A Jénine, on se gare devant une boutique, méfiance du commerçant car nous avons une plaque minéralogique jaune = israélienne. Tout de suite Nina va lui parler en arabe et la méfiance disparaît. Le centre ville est vraiment très animé, beaucoup de magasins, tous ouverts, des gens (95% hommes) partout, et là Nina décide d`aller voir le cinéma que le Goethe Institut est en train de rénover...

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Extérieur du théatre de Jénine

Et alors commence une autre histoire : comment grâce au hasard surtout et aussi à notre culot, on a rencontré l’architecte allemand puis le metteur en scène aussi allemand du film The Heart of Jenin (il vendait le DVD que j’ai acheté). Incroyable.

Et ensuite, le retour sur Naplouse sous une pluie battante, dans le noir complet, sur une petite route sans bande blanche sur les bords, encombrées de cailloux gros comme des balles de tennis que la pluie torrentielle a amenés des collines, absolument sans aucun panneau pour dire où nous étions... Mais nous étions rassurées : il y a le mur tout autour, alors, on ne peut pas se perdre beaucoup !

A propos, c’est encore plus grave que je ne pensais : ils sont vraiment PARTOUT ! C’est effrayant ... Mais ce soir Nina pense qu’Israël peut être en faillite et alors les choses iraient vite... ( ?)

A suivre, car il est tard et demain sera un autre jour qui commence tôt !


Mardi 3 novembre

(JPG)Ce matin Bethlehem de nouveau : nous avons mis 2 heures pour y aller (35 km), beaucoup de circulation, de la pluie, des bouchons, 3 check points... et c’est tous les jours !

J’ai revu l’église de la Nativité, bondée de touristes, et la Chapelle où la Vierge en fuyant vers l’Egypte a laissé tomber une goutte de lait... puis ai fait un tour dans le marché, toujours aussi bruyant et coloré et odorant... mais il a encore plu, puis plus, puis encore. Je suis rentrée à l’appartement, trempée comme une soupe. Et me suis jetée sur « Yahoo météo Jérusalem » et cela doit s’arranger à partir de demain, ouf !

Donc hier, on arrive devant le cinéma de Jénine qui, en gros, n’est qu’une façade et un vaste hangar derrière, toit neuf, comme il n’y a pas de porte, nous entrons et tout de suite on est accueilli par un Palestinien qui nous fait visiter ce hangar. Un homme vient vers nous et demande si on parle allemand... et donc, c’est l’architecte des travaux ici, il vient de temps en temps, il a aussi restauré une grande maison à coté, « Vous voulez voir ? » « Oui... » Là il nous présente à un autre homme et avec Nina, ils parlent en anglais jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent qu`ils sont allemands tous les deux. Lui, c’est le metteur en scène du documentaire The Heart of Jenin(l’histoire est sur Internet), ce documentaire a eu un gros succès en Allemagne, alors il s’est dit, on va le montrer à Jénine et comme cela est née l’idée de remonter ce cinéma en ruine depuis 20 ans. Et la maison.

C’est une grande maison, sur 3 étages, elle sert d’accueil aux volontaires qui travaillent mais servira aussi pour les touristes. L’Allemagne finance et le travail est fait par des bénévoles, beaucoup de Palestiniens. Vu le taux de chômage, la main d’œuvre est partout. Ils ont mis 3 mois pour la maison ! Et le cinéma sera terminé fin février ! En août aura lieu un festival et il espère faire venir des vedettes internationales, et aussi des Israéliens. Puis toute la gestion reviendra aux Palestiniens.

Nous repartons vers 17h45, nuit noire. On demande la route à suivre : dobré-dobré, tout droit, facile à dire mais pas toujours évident. Aucun panneau, une petite route, de temps en temps on croise un taxi, alors on se dit qu’on est sur une grande route. Il pleut. L’eau a raviné les collines et il faut sans arrêt freiner pour éviter les cailloux ou les grosses flaques d’eau. On voit des lumières : une ville, ce doit être Naplouse, une station service, nous demandons où nous sommes : à mi-chemin entre Jénine et Naplouse ! dobré-dobré. On repart. Un peu avant Naplouse, on longe un haut mur, tiens qu’est ce qu’il fait là ce mur en plein milieu ? Puis un check-point. Pourquoi pas ? Il ne faudrait pas oublier qu’ils sont partout ! Nous traversons Naplouse et ensuite la route est beaucoup plus belle. Il fait nuit noire, il pleut toujours mais on voit bien toutes les collines environnantes car sur chaque colline, une belle guirlande de lampadaires, lumière orange, dessine le paysage. Parfois on aperçoit un village à la lumière blanche blafarde, c’est un village palestinien. Tout le reste, n’est que colonies. Elles se suivent depuis Naplouse jusqu’à Ramallah sans interruption.

Alors soyons réalistes : il y a des Palestiniens, oui, mais où est la Palestine ? Il y a des villes où les Palestiniens vivent mais :

- ils doivent demander un permis de construire à Israël qui le refuse toujours, alors ils construisent sans permis et tôt ou tard, les Israéliens viennent raser la maison car elle est illégale ;
- leur maison peut être réquisitionnée à tout moment pour des besoins « militaires » et hop, dehors tout le monde. Il y a des chanceux à qui l’on laisse disposer d’une pièce dans leur propre maison...
- à toute heure du jour mais souvent de la nuit, les soldats peuvent enfoncer la porte pour un contrôle ou une arrestation ;
- ils ont de l’eau quand Israël décident d’en donner, de toute façon en quantité insuffisante. Qusay (de Bethléem) a eu une coupure d’eau de 14 jours cet été puis de l’eau pendant 2 jours, puis re-coupure pendant 14 jours. Ils ont tous des réserves sur le toit, mais il faut économiser l’eau, donc pas de lessives ni de douches ... pendant ce temps les Israéliens pataugent dans leur piscine dans les colonies ;
- ils ne peuvent pas se déplacer sans une autorisation d’Israël. S’ils veulent voir la mer, ils vont en Jordanie, mais le trajet Ramallah/Ammam, dans les 70 km, prend entre 11 et 14 heures : et de là, ils vont à Aquaba ou bien prennent l’avion pour l’Egypte. La mer est, rappelons le, à 70 km de Ramallah, mais en Israël. Donc ils ne vont pas à la mer. D’ailleurs, ils vont nulle part, donc pas besoin de panneaux sur les routes ...
- ils n’ont pas le droit d’aller à Jérusalem et cela, vraiment, c’est ce qui leur manque le plus.
- Donc qu’est-ce que la Palestine ? Comment font-ils pour vivre dans cette permanente humiliation ? L’autre soir, on a été arrêtées à Ramallah par un check-point volant palestinien ! Ils avaient sûrement repéré la plaque jaune, mais Nina a sorti quelques mots d’arabe et on est reparties. Tout le monde rigolait !

A suivre ...

Je ne sais pas si mes courriers Internet sont « surveillés » ou pas mais c’est probable car G. me dit qu’il n’y avait rien dans mon 2eme mail l’autre jour : 2 oublis. Et après ce mail, « laposte.net » a refusé toutes mes adresses et je n’ai rien pu envoyer ! Or ceci est déjà arrivé à Nina.


Mercredi matin, 4 novembre

Dès le réveil, mauvaise nouvelle. Martina a enfin donné de ses nouvelles. Martina a été contactée par Nina il y a déjà plusieurs jours pour faire le remplacement de Zora qui va partir en congé de maternité. Elles savent qu’elle attend ce poste et s’étonnent de n’avoir aucune réponse. La réponse est tombée ce matin. Martina vit depuis 25 ans en Palestine, elle est mariée avec un Palestinien mais elle habite du coté israélien, de l’autre coté du mur de Ramallah. Mais avant, il n’y avait pas de mur. Elle vit donc ici avec un permis de séjour (la vie n’est pas facile pour les Palestiniens qui ont un passeport étranger - contrairement à ce qu’on pourrait penser - car s’ils sortent du pays, ils ne sont pas sûr de pouvoir y revenir) : Donc A : pour les Israéliens, Martina est allemande. Maintenant il faut ajouter B : un fait que nous avons bien remarqué Nina et moi : les Israéliens sont en train de construire quelque chose à Qualandia (sortie de Ramallah vers Jérusalem), une sorte de corridor grillagé comme ils savent le faire. Et si on fait A + B cela donne que sous peu tout Israélien (ou tout autre ?) qui franchira Qualandia sera enregistré, (c’est Martina qui en a entendu parlé) et s’il le fait trop souvent comme devrait le faire Martina pour travailler ici, ce sera suspect (amitié / collaboration avec l’ennemi) et elle perdra son permis de séjour et sera renvoyée en Allemagne. Alors, elle préfère ne pas prendre le poste et rester dans son coin.

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Nouvelle construction à Qalandya,
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Le mur à Qalandya

Avec Nina on a même pensé ceci : combien de temps cela va-t-il prendre jusqu’à ce que les villes palestiniennes soient entièrement bouclées et totalement interdites aux étrangers et aux Palestiniens comme l’est Gaza actuellement ? Tout se passe en douceur, pas à pas, mais les plans sont déjà depuis longtemps dans les cartons et personne ne réagit. Déjà les étrangers n’ont plus le droit ou n’auront plus le droit d’aller aider à la cueillette des olives avec les Palestiniens, alors ... ça + ça ...

Ce matin, le ciel est bleu, le soleil brille, c’est une petite consolation.

Mercredi soir

J’espère avoir atteint la dernière marche de l’horreur : avec Jawad, le marchand du souk, nous allons derrière chez lui dans Shekh Jarah. C’est un quartier entièrement peuplé de musulmans (m’a dit Jawad), dans Jérusalem Nord-est, hors la vielle ville, entre la vieille ville et les consulats dont celui de France. Il y a 2 ou 3 mois, les Israéliens ont confisqué 3 maisons et y ont installé des colons juifs sous protection de l’armée. Un petit groupe d’hommes juifs orthodoxes en habit noir est là aussi. Sur les toits flottent des drapeaux israéliens. Les gens expulsés des maisons ont décidé de rester là et vivent maintenant sous une bâche tendue aux branches d’un figuier, en face de leur maison.

Qu’ont-ils fait ces derniers jours sous la pluie ? Car comme partout, la rue est en pente et ils devaient recevoir toute l’eau qui dévalait. C’est une grande maison où vivaient plusieurs familles palestiniennes, et maintenant, ils vivent là sur le trottoir en face de leur maison, matelas empilés, soutenus par des internationaux et des Israéliens pacifistes. Ce soir il y a au moins 200 manifestants, à chaque fois qu’un colon ou une famille de colons entrent dans la maison, il y a des sifflets de protestation. Jawad me dit que la moitié des Israéliens est là pour espionner les gens. Et il ajoute : « Mais où sont les Palestiniens ? Nous devrions être 2 000 chaque soir ici. Nous devrions être 5 000 ou 10 000 à marcher sur Bethléem pour faire ouvrir le check point. Ils ne peuvent pas tuer 2 000 personnes » et je dis « Comme les Indiens avec Gandhi ? » « Oui » « Et vous n’avez pas votre Gandhi. » « Non ». D’un autre côté, il faut trouver assez de volontaires pour se mettre aux premiers rangs... Mais si Jawad pense cela, d’autres Palestiniens sont prêts à partir, et dès qu’il y aura l’étincelle, il y aura la 3ème Intifada, et là.... oh la la , il y aura des morts.

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2 maisons saisies
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La tente où vit maintenant la famille chassée de sa maison, en face.


Jeudi, 5 novembre

Souk, promenade : toute la Via Dolorosa qui part du Mont des Oliviers et va jusqu’à l’église du Saint Sépulcre, c’est intéressant, est-ce que tout est vérité historique ??? Prison de Jésus, lieu de naissance de la Vierge, les stations du chemin de croix...

Le soir je repars en bus pour Ramallah. Tout de suite le chauffeur me dit « No Ramallah, the Check point is closed. To Qualandia ? » « Yes » et on avisera là-bas ! Qualandia est entre Jérusalem et Ramalah.

Voilà, c’est jeudi, veille du week-end musulman, beaucoup de monde sur la route, alors ils ferment le passage. Les piétons peuvent passer, mais pas les voitures. A Qualandia, avant le mur, tout le monde descend et je demande à mes 2 jeunes voisines (16/17 ans) si elle parlent anglais et si elle vont à Ramallah, Manara Place ? Elles disent oui et la dame derrière me dit : « no Problem, follow me ! » et ben voilà, je les suis. En chemin elles discutent en arabe et moi derrière. On marche 5 bonnes minutes en se faufilant entre les voitures car il y a un embouteillage monstre, on ne respire que des gaz d’échappement. Et je demande à ma voisine où elle va à Ramallah, elle me dit au Goethe ! Je demande si elle sait où c’est, non qu’elle dit. Alors là, c’est moi qui dit « no problem » je sais où c’est. Elles viennent pour recevoir leur prix car elles ont gagné au concours de poèmes organisés par le Goethe institut ! La dame chope un taxi et on va à Ramallah, centre ville ; je dis que le Goethe est près de « Place of watch » et la dame marmonne « de l’horloge », elle parle français ! Elle est palestinienne et a appris le français avec les Sœurs de St-Joseph et les pèlerins. Un français impeccable. C’est elle qui tient à payer le taxi.

Puis nous allons au Goethe institut qui est aussi le centre culturel français. Les filles ont 2 heures de retard à cause du check-point et de leur directeur qui avait donné une mauvaise heure. Le pire, c’est qu’elles veulent retourner chez elles à Jérusalem... et qu’on ne peut décemment pas les laisser tomber. Personne ne s’en soucie. Nina décide de les emmener à l’autre check-point (autorisé seulement pour les Israéliens/voitures à plaques jaunes) et par téléphone, elles joignent leur père qui les attendra de l’autre bord. Facile à dire, les 6 derniers km nous ont pris 2 heures dans un brouillard de gaz d’échappement ! Nina enrage contre leur directeur (un Allemand, c’est une école privée, chrétienne luthérienne) qui les a laissées partir sans aucun accompagnateur adulte. Et voilà comment on passe ses soirées...


Vendredi, 6 novembre

Je vais faire le ‘political tour’ à 13h30. Donc j’ai le temps d’aller ce matin chez Zora, la jeune Palestinienne prof d’allemand qui habite à Ramallah qui m’a invitée. C’est un appartement de 160 m2 qu’elle me fait visité, beaucoup d’espace pour la réception : un salon (occidental) - salle à manger, un autre salon oriental : coussin/ matelas par terre qui sert aussi de chambre d’amis, une grande cuisine, une grande chambre pour eux et une petite pour le petit. Des rideaux partout. Zora est belle comme un cœur, noirs cheveux longs bouclés, hyper féminine. Son mari est absent, en déplacement depuis une semaine.

Je repars en taxi jusqu’au centre ville puis en bus jusqu’à Jérusalem. Re-check-point à Qualandia, mais là, cela a perdu l’attrait de la nouveauté et je me sens bien coincée dans cet enclos en fer à attendre que les soldats israéliens aient bien l’amabilité d’ouvrir le tourniquet en nous beuglant dessus. Devant moi, un monsieur de 70 ans environ avec son fils. Et je vois bien que le vieux monsieur est là pour la 1ère fois, il essaie de passer dans le tourniquet en même temps que son fils, alors il faut reculer, on l’aide ...Quelle humiliation !

Devant l’hôtel prévu, j’attends pour le ‘Political tour’ et voilà les 3 filles de l’Ouest qui arrivent et me disent à ce soir... et là je comprends que mon cerveau a fait des nœuds : je pars ce soir alors que je pensais partir demain soir, samedi, alors que je sais que je voyage samedi... enfin ouf, j’ai un ange gardien !

Le ‘political tour’ : cela m’a permis de joindre quelques pièces de puzzle, mais je n’ai pas appris grand chose. 2 choses : le guide est de mon avis, bientôt Ramallah, Naplouse et Jénine vont être totalement enfermés, comme Gaza. Nina pense même qu’ils n’ouvriront le check-point que de 6 à 18 h par exemple ! Deuxième chose : nous étions 3 Allemands dans le minibus et 7 Français, 3 couples de la bonne 50aine et moi. Le monsieur à côté de moi était très curieux, prenait des notes... mais ne comprenait rien, alors il me demande « C’est quoi les colonies palestiniennes ? » oh la la, le gouffre est profond pensé-je et je lui explique : « Mais il n’y a pas de colonies palestiniennes. » Il comprend encore moins. « C’est quoi alors la Palestine ? » ; moi : « La Palestine, c’est ce qui est restée aux Palestiniens une fois qu’on a eu donné une terre (la Palestine) aux Juifs ». Alors là il comprend encore moins « Mais alors qu’est ce que font les Israéliens ici ? » « Et ben, voilà, ce sont ça les colonies israéliennes ! » Choc, il a compris. Ces 3 couples passent leurs vacances à Jérusalem-Ouest (Israël) et avaient décidé de comprendre, c’est louable. Ils ont fait d’autres visites guidées en Israël, l’une leur a appris qu’il y avait de bons arabes qui avaient décidé de prendre la nationalité israélienne et avec ceux-là, il n’y avait pas de problèmes. Sauf, que je dis, que les élèves arabes ont très peu de chance d’aller à l’université ... « Ah, ce n’est pas ce qu’on nous a dit en Israël. »

Fin de la visite 17h. Et le marathon commence. Aller chercher les keffiehs dans le souk (pour vendre au marché de Noël) keffiehs fabriqués à Hébron et non en Chine. Essayer de joindre Nina, mais son téléphone est sur répondeur ; Je décide de prendre le bus ; elle réussi à me joindre, elle me prend à la sortie du bus, un peu après car la place des Lions (centre ville) est toujours encombrée et particulièrement ce soir : des jeunes barrent les rues avec des voitures pleines de drapeaux et de photos de Mahmoud Abbas qui, je l’apprends plus tard, a décidé de ne pas se représenter aux élections. On dîne, je fais ma valise et on retourne sur Jérusalem. Mais trop tard, les 3 filles sont déjà parties... Je prends un taxi, le chauffeur à l’air louche, j’ai grand peur : sa voiture ralentit sans arrêt, j’ai l’impression qu’on perd une roue et quand il y a une ligne droite, il décélère et ferme les yeux....

A l’aéroport, je retrouve les Angevines qui dorment dans un coin et on attend pour passer au contrôle, en faisant semblant de ne pas se connaître, évidemment.

A 2h40 j’y vais. Une jeune soldate de 18/20 ans m’interroge en anglais :

- Pourquoi êtes-vous venus en Israël ?
- Je suis venue chez une amie.
- Comment s’appelle-t-elle ?
- Nina F.
- Que fait-elle ?
- Professeur d’allemand
- Où ?
- A Jérusalem
- A Jérusalem-Est ?
- Non à Jérusalem-Ouest (c’est la partie Israélienne.)
- Comment s’appelle l’école ?
- Je ne sais pas, elle travaille dans plusieurs écoles.

Alors là, cela lui a semblé louche, attendez un peu ici, et elle s’en va avec mon passeport. Je me dis que cela se corse. Je cherche dans mon sac une feuille sur laquelle j’avais imprimé les coordonnées de Nina et ses titres. Le chef arrive, jeune, petit, teigneux. Je lui montre tout de suite la feuille. Il ne comprend rien. Il dit :

- Où c’est écrit ‘allemand’ ?
- Là, vous voyez ‘deutsch’.
- Est-ce que vous pouvez tout traduire ?
- Non, mais là c’est écrit ‘deutsch’ et ça veut dire ‘german’.

Alors il prend la feuille et la montre à une 3ème soldate qui traduit et c’est OK. Ouf !

Reste le contrôle du gros sac, qui passe dans le scanner. Ok. Puis je le présente à une autre jeune soldate qui doit l’ouvrir pour le fouiller mais elle me dit, le sac est OK, « Vous pouvez passer ». Je donne le sac pour qu’il soit embarqué et vais à la vérification des passeports et contrôle du petit sac à dos. Tout est OK, ils ne voient même pas que j’ai une bouteille pleine d’eau. J’attends les filles de l’Ouest dans la salle d’attente, mais je ne les vois pas. Elles passent seulement quand je suis assise dans l’avion. A l’arrivée à Amsterdam, on se parle, l’une d’elles (nom arabisant ou presque) a été interrogée pendant une heure, le sac entièrement fouillé. Mais on n’a pas le temps de parler davantage, mon avion part tout de suite pour Paris et pas le leur.

Arrivée à la maison sans problèmes.


Conclusion

Qu’est-ce que la Palestine aujourd’hui et que peuvent faire les Palestiniens ? J’en ai parlé à Zora qui m’a dit que, quand les Palestiniens avaient un travail, une maison, et de quoi nourrir la famille, ils étaient contents et n’avaient plus d’énergie pour le reste.

J’ai vu beaucoup d’hommes, d’adolescents et d’enfants dans les rues de Ramallah désœuvrés. Les enfants (garçons) essaient de vendre des chewing-gums dans les embouteillages au check point. Nina entend beaucoup parlé de 3ème Intifada. Combien de temps vont-ils encore subir l’humiliation quotidienne, l’enfermement, la diminution de leur territoire, l’arbitraire des Israéliens qui ouvrent, qui ferment, qui beuglent ?

C’est insupportable et c’est pour le respect des droits de l’homme que l’on doit se battre et de la dignité humaine.

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Bethléhem

Témoignage Jocelyne, AFPS

Irrémédiables criminels de guerre

dimanche 15 novembre 2009 - 07h:05

Khalid Amayreh - Palestine Thinktank

AshkeNazi menace Gaza d’un autre « petit holocauste ».

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Le criminel de guerre Gabi Ashkenazi, entouré de seconds couteaux...

Le nom Gabi Ashkenazi semble lui aller comme un gant. Le chef d’état-major israélien est considéré comme un des principaux criminels de guerre israéliens responsables du génocide contre la Bande de Gaza l’hiver dernier. Ses mains meurtrières, sont salies de tonnes de sang innocent, notamment celui de plus de 340 enfants, tués sous les bombes obscènes déversées par Israël sur des quartiers civils.

La semaine dernière, Ashkenazi aurait dit qu’Israël était capable de commettre un autre quasi holocauste sur Gaza, ajoutant que l’armée d’occupation israélienne pénétrerait dans tous les recoins et les ruelles les plus intimes du territoire côtier.

Tout comme le reste des criminels de guerre israéliens, Ashkenazi, sinistre assassin de masse, devrait être à la Haye pour préparer sa défense contre des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Après tout, les crimes qu’il a commis le mettent au rang des criminels de guerre nazis qui ont été jugés pour les crimes contre l’humanité qu’ils avaient commis pendant la deuxième guerre mondiale.

Cependant, en raison du grave déséquilibre moral qui afflige notre monde aujourd’hui, à preuve la complicité occidentale avec le sionazisme, Ashkenazi et les types de son genre sont non seulement libres, mais ils vont jusqu’à menacer leurs victimes d’un nouvel holocauste. Dans un certain sens, le comportement arrogant d’Ashkenazi fait partie de l’ordre normal des choses.

La réaction totalement inadéquate de la communauté internationale devant le blitz de style nazi contre les Gazaouis sans défense doit avoir encouragé les dirigeants israéliens, et les a convaincus qu’ils pourront toujours faire ce qu’ils veulent avec le 1,5 million d’habitants sans défense, enfermés dans un blocus et réduits à la famine dans l’enclave côtière, sans avoir à s’inquiéter de conséquences ni de répercussions sérieuses.

D’où ses déclarations répugnantes.

Il est vrai que beaucoup de dirigeants politiques moraux, à l’esprit libre, tels que le Premier Ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ont vigoureusement condamné la barbarie israélienne à Gaza.

Il est également vrai que le rapport Goldstone, établi par le juge sud-africain Richard Goldstone, a dénoncé Israël pour les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité qu’il a commis pendant l’attaque éclair contre Gaza, et ce rapport est un développement positif.

Il est cependant également vrai que les criminels de guerre prêtent peu d’attention aux condamnations verbales même si elles proviennent d’organisations et de personnalités internationales de premier plan.

Les remarques d’Askenazi doivent donc être prises avec le plus grand sérieux pour deux raisons principales : d’abord, parce que l’armée israélienne, ou Wehrmacht sioniste, est capable de commettre l’impensable, y compris le bombardement massif de secteurs civils, avec des bombes à sous munitions, comme cela s’est produit au-dessus du Liban pendant l’été de 2006, ou avec du phosphore blanc comme à Gaza l’hiver dernier.

Et en deuxième lieu, parce qu’Israël est essentiellement un État rebelle qui n’a jamais pris le droit international au sérieux. Plus scandaleux encore : les pays occidentaux, particulièrement les Etats-Unis, ont toujours traité l’entité judéo-nazie comme si elle était au-dessus du droit international.

Il est par conséquent impératif que le peuple palestinien abatte ses cartes avec prudence et intelligence. Après tout, quand on lutte avec un taureau énorme, on doit compter sur son cerveau, non sur ses muscles, faute de quoi on peut se faire écraser par l’énorme bête.

C’est un fait dont les Palestiniens doivent toujours être conscients parce que leur survie en tant que peuple dépend en grande partie de la bonne volonté de la communauté internationale, et non pas de leur propre force militaire ou politique. Après tout, la plupart des Palestiniens sont en fait prisonniers de l’interminable occupation militaire israélienne.

Les Palestinien doivent par conséquent chercher à mobiliser les meilleurs esprits et les porte-parole les plus éloquents pour que les peuples du monde soient avertis de l’holocauste sournois qu’Israël essaye d’infliger à notre peuple sans défense.

La peur d’être accusés d’exagérer ne doit pas nous empêcher de parler d’holocauste. En effet, si ne fût-ce qu’un dixième de ce qui s’est produit à Gaza au début de cette année était arrivé aux israéliens juifs, Israël aurait invoqué l’holocauste non stop, et aurait lancé des appels pressants dans le monde entier pour sauver les juifs et empêcher les Arabes de terminer ce qu’Adolphe avait commencé il y a presque soixante-dix ans.

Pour être plus précis, il n’est pas impensable qu’Israël exécute une sorte d’holocauste.

L’année dernière, le vice-ministre de la défense israélien, Mattan Vilna’ai, a averti qu’Israël déclencherait un holocauste contre les Palestiniens si c’était ce que les Palestiniens souhaitaient. Et pendant la guerre éclair contre Gaza, le ministre des affaires étrangères israélien, le psychotique Avigdor Lieberman, aurait dit, selon les médias israéliens, qu’il fallait lancer une bombe nucléaire sur Gaza.

Par conséquent, les craintes palestiniennes ne sont pas, et ne devraient pas être considérées comme phobiques et irrationnelles. Après tout, nous avons affaire à un État irrationnel et une société morbide noyés dans un type unique de psychose collective.

Néanmoins, il ne suffit pas que nous fassions entendre nos voix. Nous devons également chercher à mobiliser l’attention et l’appui des organismes internationaux de défense des droits de l’homme dans toute la mesure du possible. Ce sont des témoins crédibles dont les témoignages pourraient être cruciaux pour sauvegarder les droits de notre peuple, aussi bien ceux des morts que des vivants.

Nous devons également recueillir et documenter méticuleusement chaque information imaginable concernant les crimes et les criminels sionistes, depuis le soldat ordinaire sur le terrain jusqu’au plus haut commandant. Ce ne devrait pas être difficile car il y a déjà beaucoup d’information concernant les criminels de guerre israéliens, même sur Internet.

En outre, les Palestiniens et leurs partisans devraient toujours communiquer aux responsables du monde entier l’information impliquant les dirigeants militaires et politiques israéliens. Nous devrions chercher à limiter leur horizon, à leur interdire l’accès aux capitales mondiales ; nous devrions les traquer partout où ils iront. Ces gens sont des criminels de guerre et des tueurs d’enfants et il ne faut jamais leur laisser la paix. Leurs crimes doivent les condamner à une vie d’inquiétude, de stress et de dépression existentiels.

Naturellement, les sionazis ne se rendront pas et ne se laisseront facilement battre. D’ailleurs, les gouvernements immoraux du type USA et Allemagne, pour ne nommer que ceux-là, s’empresseront de soutenir Israël et de le protéger manifestement de toute mesure pro-active qui mettrait la pression sur le régime sioniste et lui ferait comprendre que l’occupation a un coût qui doit être pleinement payé.

Toutefois, avec nos alliés nous pourrions défaire ce véritable axe du mal en établissant un front mondial composé de millions d’hommes et de femmes libres et honnêtes qui chasseront les criminels de guerre partout où ils iront et révéleront leurs crimes.

Heureusement, un tel mouvement est déjà en place. Mais nous devons mieux nous organiser et être plus efficaces. Les buts ne sont pas difficiles à atteindre car le monde en a déjà marre d’Israël, un État que nous devons constamment comparer avec l’Allemagne nazie parce que, finalement, penser, se comporter et agir comme les nazis du siècle dernier fait des sionistes juifs, des nazis. Nous n’avons pas à nous en excuser.

10 novembre 2009 - Palestine Thinktank - Cet article peut être consulté ici :

http://palestinethinktank.com/2009/...
Traduction : Anne-Marie Goossens

Israël .. L’armée sous la domination des religieux

samedi 14 novembre 2009 - 07h:08

Saleh Al-Naami - Al Jazeera

Les programmes, enseignés dans les écoles religieuses organisées au sein de l’armée, sont racistes et forment les soldats à être les plus féroces pour tuer les Arabes, écrit Saleh Al-Naami.

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L’armée israélienne, armée de tueurs assermentés, est gangrenée par le fondamentalisme religieux et ne se sent forte que face à des populations civiles désarmées - Photo : AP

La conférence annuelle tenue par des officiers supérieurs de l’armée israélienne et présidée par le chef d’état-major Gabi Ashkenazi, a récemment eu lieu dans une base militaire dans le centre d’Israël et a été suivie par tous les officiers de grade de lieutenant-colonel ou supérieur.

L’écrasante majorité des officiers ayant assisté à la conférence font partie du courant religieux sioniste ; un reportage diffusé par les chaînes de la télévision israélienne de cette réunion montrait une pléthore d’officiers supérieurs portant une kippa crochetée, ce qui a poussé le chef du renseignement militaire israélien, le général Shlomo Gazit, à déclarer : ces images prouvent que « l’armée israélienne est tombé sous l’emprise des religieux sionistes. »

L’éruption du courant sioniste religieux aux postes de direction dans l’armée et dans les unités d’élite militaire à conduit à une vive polémique en Israël concernant la répercussions de ce phénomène sur l’avenir de l’Etat sachant que les religieux sionistes ne représentent que 8% de la population juive en Israël, tandis que les adeptes du courant religieux ultra-orthodoxe ne constitue que 22% de la population, ces derniers ne sont pas mobilisables dans l’armée et sont exemptés du service militaire afin de leur permettre la poursuite des études à temps plein dans les écoles religieuses.

Le différend entre les religieux sionistes et les religieux orthodoxes réside dans la justification de la création de l’Etat d’Israël. Au début, le courant religieux orthodoxe, s’est opposé à la création d’Israël qui, selon lui, ne pourra intervenir que lors de la venue du Messie, alors que le courant religieux sioniste considère que la création d’Israël est une condition de la venue du messie et non le contraire.

C’est pour cette raison que les religieux sionistes se sont engagés dans les différentes institutions de l’État, en particulier l’armée, alors que les religieux orthodoxes ont accepté Israël comme un fait accompli.

Données significatives

Selon les chiffres publiés par le ministère de la défense en 2008 : 60% des officiers des unités de combat, 70% des brigades d’infanterie et 75% des unités spéciales sont des religieux sionistes.

L’ancien vice-chef d’état-major, Dan Harel, affirme que les sionistes religieux, dirigent la plupart des bataillons et des brigades d’infanterie, à savoir : les brigades Hnahal , Golani et Givati. Les religieux sionistes monopolisent totalement la direction des unités d’élite de Sayeret Matkal, Eyjoz, Samson et Dokhaevat, ainsi que le contrôle des unités d’élite de la police israélienne YASAM.

L’ancien commandant de la région du nord dans l’armée israélienne, Moshé Kaplinski prévoit le contrôle, par les religieux sionistes, de tous les organes de l’armée au cours des deux prochaines décennies si leur engouement vers les postes de direction perdure.

Les adeptes du mouvement religieux sioniste ne se sont pas contentés de courir derrière le contrôle de l’armée, ils se sont aussi rendu compte de l’importance d’investir le service de renseignement interne (Shabak connu sous le nom de Shin Bet), considéré comme l’organe le plus influent dans la prise de décision dans l’État juif.

L’ancien président du Shabak, Perry Yaakov, indique que la plupart des responsables du Shabak sont des religieux, sachant que l’actuel vice -président du Shabak, désigné par « A » est aussi un religieux sioniste et il est le plus probable remplaçant du président de l’agence du contre-espionnage, Yuval Diskin.

Les motivations pour rejoindre les unités de combat

Jusqu’au début des années quatre-vingts, la proportion des sionistes religieux dans les instances dirigeantes de l’armée était faible. Jusqu’à cette période, les membres des kibboutzim qui étaient laïques contrôlaient d’une manière exclusive les postes de direction, à tel point que l’appartenance au kibboutz signifiait l’appartenance aux unités d’élites, Moshe Dayan , Yitzhak Rabin, Moshé Ya’alon, Amnon Lipkin-Shahak, Uri Ssagyh et d’autres généraux venaient de kibboutzim .

Mais depuis cette époque il y a eu un retournement important de la situation et la proportion des personnes provenant des kibboutzim rejoignant les unités de combat a considérablement diminué en raison de la désillusion de ces derniers sur « le devoir de se sacrifier pour l’Etat ». A la différence du mouvement sioniste religieux qui, lui, a incité ses partisans à s’engager dans des brigades et des unités spéciales. Si le service militaire est obligatoire en Israël, l’armée ne force pas les soldats à rejoindre les unités de combat et chaque nouvelle recrue au sein de l’armée choisit elle-même l’unité qu’elle souhaite intégrer.

Les autorités du mouvement sioniste religieux n’ont pas caché leurs motivations derrière l’incitation de leurs membres à rejoindre les unités de combat et à s’accaparer des postes de direction dans l’armée, plusieurs rabbins de premier plan ont affirmé que cette approche vise à renforcer leur contrôle sur l’armée, car cela constitue une garantie importante pour ce courant d’avoir un impact sur la prise de décision dans le pays, et de ce fait, leur influence sera beaucoup plus grande comparée à leur proportion dans la population totale.

Le rabbin Abraham Shapira, chef de file de ce mouvement, a émis une fatwa dans les années quatre-vingts qui considère que « la mobilisation dans des unités de combat est un sacrifice pour dieu » et que « le service militaire et l’esprit combatif sont imposés par Dieu pour diriger le projet sioniste ».

Foyers du terrorisme

Afin d’assurer à leurs fidèles de préserver les valeurs religieuses durant leur service militaire, les responsables religieux de ce mouvement ont réussi à conclure des accords avec les dirigeants de l’armée afin de créer des institutions religieuses permettant à des officiers et à des soldats religieux de bénéficier d’études religieuses durant leur service militaire et des instituts connus sous le nom Yeshivat Hesder furent crées. Jusqu’à présent, 42 instituts de ce type ont vu le jour, le plus important et le plus grand est l’institut Mercaz Hrab dans Jérusalem occupée.

Bien que c’est l’armée qui finance la création de ces instituts et paye les salaires les rabbins qui les dirigent, ce sont les sionistes religieux qui ont un contrôle absolu sur ces écoles. En raison de l’extrême importance de ces écoles pour le courant sioniste religieux, leur gestion est confiée aux plus grands rabbins et d’autres personnes connus pour leur extrémisme radical.

Les programmes enseignés dans ces écoles sont des programmes racistes et forment les soldats pour être les plus féroces pour tuer les Arabes.

Le rabbin Shmuel Rosen, président de l’Institut religieux militaire à Maale Adumim, a déclaré enseigner à ses étudiants (soldats et officiers), la fatwa « Amalek » émise il y a deux années par le Rabbin Mordechai Eliyahu, président de l’institut Tsomet et grande référence religieuse juive. Cette fatwa émise en mars 2008 et qui a reçu un large succès appelle à l’application de la loi dite des « Amaleks » sur quiconque voue une haine à Israël. Cette loi appelle à tuer les hommes, les enfants, les nourrissons, les femmes, les vieux et même les animaux : « Tuez tous les Amaleks, tuez-les et dépossédez-les de leurs biens, n’ayez aucune pitié d’eux. Tuez-les les uns après les autres. Ne laissez aucun enfant, aucune végétation, tuez leur bétail, du chameau jusqu’à l’âne. »

Eliyahu considère les Palestiniens comme les « Amalek » de ces temps sur lesquels doit s’appliquer cette loi.

Plusieurs fatwa racistes ont été émises par les directeurs de ces écoles ; ainsi, le rabbin Shlomo Riskin, directeur de l’Institut militaire de la colonisation religieuse Shomron Krnih dans le nord de la Cisjordanie, a émis une loi pour rendre licite le pillage des récoltes d’olives palestiniennes et l’empoisonnement des puits d’eau.

Le Rabbi Iiezer Mlmid, Directeur de l’Institut religieux militaire dans la colonie Tafouh, au sud de Naplouse, a édicté une fatwa à ses étudiants les autorisant à voler les récoltes agricoles des palestiniens, au motif qu’ « ils font partie des goys. »

La guerre à Gaza comme exemple

on ne peut pas comprendre la brutalité de l’armée israélienne dans sa guerre criminelle contre la bande de Gaza sans tenir compte de la nature de la composante humaine des brigades et des unités militaires israéliennes qui ont participé à cette guerre.

Bien qu’il existe des instructions précises du commandement de l’armée de l’adoption de la stratégie de la « terre brûlée » pendant la guerre, on ne peut pas ignorer le fait que toutes les brigades d’infanterie qui ont participé à la guerre, à l’exception de la Brigade des Parachutistes, étaient dirigées par des généraux qui sont des sionistes religieux, justement ceux qui subissent un fort endoctrinement raciste.

Le journal israélien Ha’aretz a révélé que les écoles rabbiniques ont distribué aux soldats une fatwa émise par le rabbin Shlomo Avner, directeur de l’école extrémiste Kohnim Attiyrat dans Jérusalem, demandant la mise à mort des Palestiniens.

Au même moment, le rabbin militaire en chef, le général de brigade Avi Ronzki accompagné de rabbins extrémistes, a rendu plusieurs visites aux soldats durant la guerre au cours desquelles, il a exhorté les soldats à tuer les Palestiniens, soulignant qu’il n’y a pas de civils parmi eux.

Selon le journaliste israélien Amos Harel, citant un des soldats qui ont participé à la guerre, le rabbin de Safed Eliahou Saül , a fait un certain nombre de sermons aux soldats pendant la guerre, les exhortant à « tuer des Palestiniens sans aucune compassion. »

Garantie de la poursuite du conflit

Les enjeux du courant sioniste religieux actuel est de pousser ses partisans à accéder à des postes-clés dans l’armée et dans les établissements de sécurité afin d’influencer les décideurs du pays.

Bien que le gouvernement soit l’organe décideur officiel, il est d’usage en Israël que la décision politique soit subordonnée à l’avis des militaires et des services de sécurité avant toute prise de décision importante. Cette influence prépondérante des militaires a amené Dan Kertiser, ancien ambassadeur américain à Tel - Aviv, à déclarer que « le chef du Shin Bet est le dirigeant de facto d’Israël. »

Il est bien évident que si les adeptes du courant sioniste religieux continuent à rafler les postes de direction dans l’armée et la sécurité, les conseils qu’ils fourniront aux politiques seront largement influencés par leurs positions religieuses.

Par exemple, l’ancien ministre israélien de l’Education, Yossi Sarid, a accusé l’ancien directeur du Collège de défense nationale de l’armée israélienne, le Général Yaakov AmiDror sioniste religieux, d’avoir "fabriquer" selon sa ligne politique des évaluations stratégiques et de les avoir fourni au gouvernement ; il a ajouté que Dror avait dépassé le cadre de sa fonction pour convaincre les membres du gouvernement de l’inutilité des négociations avec l’Autorité palestinienne, la Syrie et le Liban.

D’autre part, les partis israéliens se font la concurrence dans le recrutement des généraux qui partent à la retraite dans leurs listes électorales, ce qui ouvre la voie aux sionistes religieux dans plus de participation aux prises des décisions politiques. Plus le nombre de haut gradés religieux sionistes partant à la retraite est grand, plus leur influence sur la décision politique augmente. Ce qui signifie que la course des religieux sionistes vers des postes clés dans l’armée sera un facteur supplémentaire de l’échec des chances pour parvenir à un règlement politique du conflit.

Etant donné que la force de contribution des adeptes de cette tendance à l’effort de guerre dépasse celle de n’importe quel autre courant, les chefs religieux et les élites intellectuelles de ce mouvement exigent du gouvernement une oreille attentive et une prise en compte de leur position. Les religieux sionistes ne cessent de rappeler leur forte contribution dans la deuxième guerre du Liban, en mettant en parallèle le nombre de soldats tués dans cette guerre de la colonie Eli, ville de sept cent colons où habitent des adeptes de ce courant, qui est égal au nombre de soldats tués de Tel-Aviv, une ville de plus d’un million d’habitants.

Atteinte à la démocratie

Il est clair que le contrôle des adeptes du courant religieux sioniste de l’armée à des effets profonds sur la nature du régime en Israël, et entraînera l’érosion de la vie démocratique dans ce pays. Bien que l’une des caractéristiques d’une démocratie est que la hiérarchie militaire est sous les ordres du gouvernement élu, les partisans de cette tendance placent la loi de la Torah au dessus de toute autre loi y compris les lois émises par le gouvernement élu en Israël.

Quand un journaliste a demandé au rabbin le général Rontski « Si le gouvernement élu vous donne des instructions contraires à celles données par le Rabbin Mordechai Eliyahu, à quelles instructions allez-vous obéir ? » Rontski répondit fermement et sans équivoque : « Je suivrai les instructions du rabbin Eliyahu et je démissionne de l’armée. »

De là, il n’est pas étonnant de voir des officiers et des soldats de l’unité de Samson, dont la grande majorité sont des sionistes religieux, annoncer lors d’une cérémonie, vendredi dernier, que si le gouvernement émet des ordres d’évacuation des colonies, ils refuseront d’obéir. Il est à noter que des politiciens de la droite israélienne ont défendu ces soldats et rejeté les appels pour les punir.

Sur le même sujet lire l’article :
http://www.isesco.org.ma/francais/g...

9 novembre 2009 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.aljazeera.net/NR/exeres/...
Traduction de l’arabe : Leïla

Obama approuve des opérations israéliennes ponctuelles en territoire libanais

13/11/2009 Le Premier ministre israélien Benjamin Netenyahou aurais compris au cours de sa dernière rencontre avec le président américain Barack Obama que ce dernier "ne s'oppose pas à d'éventuelles opérations militaires israéliennes ponctuelles en territoire libanais ou dans la zone frontalière israélo-syrienne", rapporte le quotidien palestinien "Almanar" de "sources européennes informées.

le journal "Almanar" révèle par ailleurs que le sujet du "Hezbollah" était au centre des discussions du ministre de la Défense israélienne Ehud Barak avec de hauts responsables militaires américains, les dirigeants israéliens auraient fait part à l'administration américaine de leur conviction: "la FINUL n'est plus en mesure de bloquer le trafic d'armes à destination du Hezbollah", notant de ce fait qu'il est primordial de prendre des mesures dans le but de stopper la montée en puissance du parti de résistance libanais.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=111129&language=fr

Source française à al-Hayat: option militaire israélienne contre l’Iran ouverte

G.Houbballah

14/11/2009
Selon le quotidien saoudien al-Hayat, qui cite des sources françaises diplomatiques, au cours de sa réunion avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu la semaine dernière, le président français Nicolas Sarkozy a eu l'impression que, en ce qui concerne une opération militaire contre les projets nucléaires de l'Iran, cette option est bien vivante.

Les sources précisent que Sarkozy a tenu à transmettre ce message au président syrien Bachar al-Assad.

Al-Hayat ajoute que le président syrien a demandé à ce qu’on accorde de l’attention aux progrès de Téhéran et ne pas les rejeter automatiquement.

Pour sa part, Sarkozy estime qu'il ne faut pas permettre de croire à de faux espoirs ou permettre de fausses spéculations dans le dossier nucléaire iranien.

Selon les sources françaises, Sarkozy a averti que si les négociations n’aboutissaient pas à de résultats concrets, cela pourrait conduire à une situation délicate, compte tenu notamment du fait qu’une opération militaire d'Israël contre l’Iran est une possibilité réelle.
Les sources ont indiqué que Nicolas Sarkozy a eu cette impression, de Netanyahu lors de leur réunion la semaine dernière.

http://www.almanar.com.lb/NewsSite/NewsDetails.aspx?id=111319&language=fr